L’action du mois : pourquoi il ne t’est plus possible d’acheter sur Amazon

Après les librairies, Amazon menace les supermarchés (Dessin de Chappatte, dans The New York Times. 22/06/17)

« Acheter un livre sur Amazon. Rien d’immoral là-dedans ! » (sic)

Peut-être partages-tu ce point de vue (lu sur la toile) de celui qui « ne peut pas s’empêcher de rester fasciné par l’entreprise Amazon et l’ambition(re-sic) du fondateur Jeff Bezos ».

Effectivement, lorsque tu achète sur Amazon, « tout est fluide, rapide et simple » (1) comme un simple « clic », promesse d’un « monde meilleur » où tous les services et les plaisirs sont à portée de main, « sans effort »(2). A quel prix ?

Comme le souligne « Zeboute » sur son blogue(1), il n’est pas question ici du prix de ce que tu achètes, mais « du prix de (ta) petite conscience ». En effet, préfère-tu « rester un citoyen qui a une conscience, une éthique ou oublier ce qui se cache ? »

Tu peux revendiquer la meilleure vision biblique du monde, pour mieux glorifier Dieu dans tous les aspects de ta vie, et être en décalage avec cette même vision en achetant (ou en encourageant à faire ses courses) sur Amazon !

Tu pourrais être surpris en osant « regarder dans l’arrière-boutique d’Amazon », dans laquelle « tout n’est pas aussi simple. Ni fluide. C’est plutôt une dure réalité »(1).  Et même une « utopie bidon », selon la formule du documentariste Pierre Carles, car « ce monde meilleur » est en réalité « synonyme de sang et de larmes pour la majorité de la population mondiale… » (2)

Ok, ok. Tu en as certainement déjà entendu sur ce sujet. Tu choisis de zapper. « Mais si (tu mets) bout à bout tous les sujets autour de l’entreprise Amazon, (tu pourras) prendre conscience, en toute objectivité sur l’intégralité de l’attitude tellement formidable d’Amazon ! » (1)

Ainsi, veux-tu t’offrir « le beau produit pas cher, en écrasant les salariés ? »

Serais-tu « d’accord d’être licencié par une machine ? » [En un an, l’entreprise est capable de licencier sur un même site 300 personnes.- soit de recycler et jeter des salariés, notamment des salariés à faible formation. Qui finiront au chômage].

Veux-tu « cautionner le désastre écologique et cynique d’Amazon ? » [Alors qu’en France, les restos du coeur demandent à lutter contre la pauvreté. Alors que les associations humanitaires se battent au quotidien pour offrir à Noel à des enfants nécessitant des cadeaux, Amazon, lui détruit des millions d’objets neufs (pour) éviter les taxes sur les stocks que chaque entreprise doit payer (…)ces produits qu’Amazon stocke sont ceux de leurs vendeurs de la market place. Amazon laisse libre choix (sic) aux vendeurs de payer des frais inconsidérés de stockage, ou de détruire leurs produits, pour une bouchée de pain]

Veux-tu être surveillé dans ta chambre par Amazon ?

Veux-tu laisser Amazon vendre les techniques de reconnaissance faciale aux gouvernements ?

Veux-tu laisser Amazon devenir un monopole du commerce mondial ? [Qui dit monopole – lequel n’est pas que d’Etat –  dit arrangement, pratiques déloyales, fin de la concurrence. Et l’impossibilité de laisser la place à de nouveaux acteurs sur le marché ! Et laisser le monopole décider. Vous n’aurez plus le choix. Même si aujourd’hui est propice : rapidité, bon prix…..]

Veux-tu te promener dans des centres ville morts ? [Estime-tu que voir disparaître les librairies des villes où elles sont présentes physiquement est « un progrès » ?]

Veux-tu qu’Amazon pille les logiciels gratuits et ouverts, développés par toute la communauté de développeur dans le monde entier. Pour les reconditionner sous forme de services managés payants ?

[Veux-tu la mort de la diversité culturelle ?]

Veux-tu que le monde suive les « bonnes pratiques » d’Amazon ? (1)

(…)

 

Personnellement, je n’achète plus sur Amazon depuis longtemps, sachant tout cela, et pour une question de cohérence. J’achète mes livres en librairie.

« Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Vivez en enfants de lumière. Et le fruit de la lumière s’appelle : bonté, justice, vérité » (Eph.5v8-9).

« Tu ne voleras pas (…)Et si tu travailles pour un salaire, le prix de ta peine te sera payé le jour même. Ainsi est-il dit à celui qui t’engage : « Dans sa journée, tu lui donneras son salaire et le soleil ne passera pas au-dessus de lui, car il est pauvre et vers ce salaire il lève sa respiration. » (Deutéronome, 24, 15). Celui qui retient chez lui la paie due à l’ouvrier qui a fait son travail est semblable au voleur, mais il opprime un pauvre, ce qui est pire […]. Si la personne humaine est rabaissée au niveau d’une marchandise, d’un butin, celui qui la réduit à ça est un voleur ».

Tel est le commentaire d’Erri de Luca de l’une des « 10 Paroles » du Deutéronome (Et il dit, Gallimard, 2012, « Du Monde entier », pp 79-80)

A toi de jouer !

 

 

Notes : 

(1) https://zeboute-infocom.com/2019/05/28/pourquoi-ne-pas-acheter-amazon-boycott/  (Voir aussi https://antigone21.com/2016/02/16/4-bonnes-raisons-ne-pas-commander-chez-amazon/)

(2) http://www.acrimed.org/article3488.html

 

 

« Création en crise ? » Un numéro de Promesses consacré à l’écologie

En 2100, la Terre privée d’ours polaires
Dessin de Kal. Courrier international, 15/11/04
L’Arctique fond à grande vitesse ! Les pôles dégoulinent ! Un désastre écologique menace !
« Les mecs… je l’sens pas. Personne ne fait attention à nous, les ours polaires !
— Non !
— Tu rigoles !
— Qu’est-ce qu’on fait ?
— Faut trouver quelque chose qui attire l’attention des gens…
— Quelque chose d’irrésistible ! »
Crise morale en Arctique ! Droit au mariage pour les ours polaires gay ! Un Esquimau antiavortement avalé par un épaulard gauchiste !

Contrairement à ce qu’une vision caricaturale pourrait laisser entendre, l’intérêt des protestants évangéliques aux questions écologiques n’a jamais cessé, et ce, depuis quarante ans.

En témoigne ce numéro de juillet-septembre 2019 de la revue « Promesses »(1), lequel soumet « quelques approches bibliques de l’écologie » à notre réflexion, nous invitant à un regard équilibré à ce sujet. En prime, notre recension de « La pollution et la mort de l’homme » de Francis Schaeffer, initialement parue sur Pep’s Café le blogue !

Au-delà de ces pistes « théo-écologiques » sérieuses, non exhaustives – j’ai particulièrement apprécié « l’avenir de la création » de Joël Prohin (à propos des « nouveaux cieux » et de la « nouvelle terre ») et l’article documenté d’Hélène Farelly sur les OGM – il s’agira, pour le lecteur, d’en tirer des conséquences cohérentes et pratiques : louer Dieu pour sa création ; vivre dans ce monde en témoin, de manière responsable, et dans l’espérance…..C’est ainsi que ce numéro aura atteint son objectif !

Plus d’informations/s’abonner à la revue ici.

 

 

 

Note :

(1) A lire, nos articles sur la revue : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/04/05/la-revue-promesses-edification-reflexion-et-application/ et https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/09/14/dans-les-coulisses-de-promesses-revue-de-reflexion-biblique/

Watch it (again) : le Flambeur de Karel Reisz

« Flamber », c’est se consumer. Un « flambeur » est un joueur qui joue particulièrement gros.

« Le Flambeur » (The Gambler), libre adaptation du roman « le joueur » de Dostoïevski, est un film rare sur le sujet de l’addiction, réalisé en 1974 par Karel Reisz (1926-2002). « Dans la forme, c’est un thriller américain », confie le réalisateur britannique d’origine tchécoslovaque(1), qui trouve son « film réussi »(2). Le spectateur pourra en juger lui-même et même juger de l’originalité du propos, puisqu’il est possible de le (re)voir en version restaurée en salle depuis le 12 juin 2019. Mon frère en Christ Pierre-Louis et moi l’avons vu récemment. Nous vous partageons ici nos remarques.

« Le Flambeur », c’est Axel Breed, un professeur de littérature obsessionnel névrosé. Joué par James Caan, ce personnage est « épris – pas de façon rationnelle – d’une sorte de conception dostoïevskienne de la liberté existentielle »(2) – une liberté sans Christ et donc misérable – et pris par le démon du jeu, jusqu’au risque absolu (jouer sa propre vie dans un final sidérant).

Son entourage (sa mère, sa petite amie…) tente bien de le détourner de sa voie, mais il redouble de vice pour finalement « chercher à perdre le plus possible ».  En effet, plus addict au danger qu’au jeu en lui-même, Axel Breed « pense un court instant surmonter la logique naturelle des choses [voir ses cours à l’université sur le « 2+2 = 5 »] et la transcender par sa prise de risque. C’est cette adrénaline qui est recherchée par le parieur compulsif, la défaite est indispensable au plaisir des rares victoires et le gain n’a finalement que peu d’importance ». Le personnage joué par James Caan, dans sa fuite en avant, (…) prend des risques insensés alors qu’il est renfloué, défiant la chance à l’excès lorsqu’elle lui sourit enfin »(3). Un besoin de sensations fortes qui peut s’expliquer par la volonté de sortir de son milieu juif 100 % sécurisé, respectable et aisé, mais étouffant.

Quand finalement Axel Breed est emmené dans une cave par les maffieux à qui il doit une somme vertigineuse (on pense qu’il sera torturé), il joint les mains – en signe de repentance ? A moins qu’il ne s’agisse d’un signe d’espérance d’avoir « rien qu’une dernière » chance de se compromettre, nous ne le savons pas. Cette scène est suivie de deux nouvelles « histoires », avec l’affaire du match truqué de basketball et la scène finale lui offrant concrètement de perdre la face pour de bon.

Ce film nous offre une description fidèle et complexe d’un homme pris dans les chaînes, ignorant ou tenant pour folie l’Évangile du Christ, « puissance de Dieu pour le salut de quiconque croît… » (Rom.1v16) et promesse de « vie abondante » (Jean 10v10). Mais le même Evangile nous annonce que rien n’a pu empêcher l’homme possédé par « la légion » de démons de s’approcher de Jésus (dont le nom signifie « Dieu sauveur » et « Dieu élargit »), pour être libéré (Marc 5v1-15).

A l’heure où le jeu en ligne nous est vendu à force de pub comme « cool » et urbain, Le Flambeur est une plongée hallucinante et oppressante dans l’enfer de l’addiction, doublé d’un sévère avertissement, et une fine analyse de ses répercutions morales et affectives, en attendant des études plus sérieuses sur son impact spirituel.

 

En bref :

Le flambeur (The Gambler), un film de Karel Reisz (USA. 1974). Avec : James Caan (Axel Freed), Paul Sorvino (Hips), Lauren Hutton (Billie), Morris Carnovsky (A. R. Lowenthal), Jacqueline Brookes (Naomi Freed), Burt Young (Carmine), Carmine Caridi (Jimmy) 1h51

 

 

Notes :

(1) Né en Tchécoslovaquie, il est arrivé en Angleterre à l’âge de 12 ans, pour fuir le nazisme qui décimera ensuite toute sa famille.

(2) http://www.jeunecinema.fr/spip.php?article1712

(3) http://www.dvdclassik.com/critique/le-flambeur-reisz

Débat sur la fin de Marc 16 : les chrétiens ont-t-ils reçu l’autorité de guérir et faire des miracles « au nom de Jésus » ?

« Problématique » l’affirmation comme quoi les chrétiens ont reçu l’autorité de guérir « au nom de Jésus » ?

En Marc 16v17-20, le Seigneur Jésus énumère « les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en (son) nom, ils chasseront les démons, ils parleront des langues nouvelles, ils prendront dans leurs mains des serpents, et s’ils boivent quelque poison mortel, cela ne leur fera aucun mal ; ils imposeront les mains à des malades, et ceux-ci seront guéris. » 

1. Une affirmation « problématique »

Nous comprenons de ce passage que l’Église a reçu de Dieu l’autorité de guérir et de réaliser des miracles « au Nom de Jésus ». Mais le pasteur Florent Varak, s’exprimant sur les blogues Le Bon Combat – lors de l’émission « Que dit la Bible ? » le 26/10/17 (1) – et TPSG (2), ne croit pas que ce soit la bonne interprétation. Il estime même « problématique » l’affirmation comme quoi les chrétiens sont appelés à guérir et qu’ils ont reçu l’autorité de guérir « au nom de Jésus ».

De sensibilité « cessationiste » [certains dons ont été donnés à l’Église pour un temps et pour un objectif précis. Une fois cet objectif réalisé ou accompli, ces dons ont cessé], Il croit que Dieu guérit quand il le souhaite et comme il le souhaite, notamment en réponse à la prière, parfois avec l’onction d’huile mais que le mandat confié aux apôtres d’accomplir des miracles « en nom et place du Seigneur » est révolu.

D’après lui, les miracles mentionnés en Marc 16 se retrouvent dans le livre des Actes, où ils ne sont exercés que par deux catégories de personnes liées à l’apostolat [Les Apôtres et les diacres]. Il souligne que dans Marc 16, Jésus reproche aux apôtres leur incrédulité, de sorte que la clause « ceux qui auront cru » est très probablement à comprendre comme « ceux qui auront cru parmi les apôtres ».

Sauf que…..

Si l’on peut se sentir soi-même incrédule, à l’instar de l’internaute Francine (1) dont nous reprenons et synthétisons l’argumentaire, ce n’est paradoxalement pas sur ce que rapporte la fin de Marc, mais plutôt sur les propos de Florent Varak, lesquels s’avèrent « problématiques ». Et comme les apôtres en entendant les femmes qui leur rapportaient que le tombeau était vide au matin de la résurrection, nous pourrions même penser « qu’il plaisante ».

1) Ainsi, dire : Ceux qui ont cru parmi les apôtres, implique en bonne logique française, qu’il y en avait donc parmi les apôtres qui n’ont pas cru, et qui par conséquent n’avaient pas à faire des miracles. Si ce n’est pas ce que veut dire l’intervenant, il faut qu’il reformule autrement : parmi ceux qui auront cru, seuls les apôtres etc… mais ce n’est pas ce que dit le texte de Marc 16.

D’autre part, si l’on tient compte du contexte du passage, ce que ne fait pas Florent Varak, l’incrédulité reprochée aux apôtres v. 11, est celle qu’ils ont manifestée au récit des femmes. Jean lui-même n’a cru qu’au moment où il a vu le tombeau vide, il le déclare. Pierre s’en est retourné de sa course au tombeau tout perplexe, il n’a donc cru réellement qu’après. L’incrédulité du v. 13 se rapporte à celle qui suit le récit des pèlerins d’Emmaüs ; Thomas en particulier est incrédule. Plus tard il s’écrie devant le Seigneur ressuscité : Mon Seigneur et mon Dieu !

Par conséquent le contexte de Allez dans tout le monde, prêchez l’Evangile à toute créature. Celui qui croira, et qui sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui n’aura pas cru, sera condamné ne peut se rapporter aux apôtres qui ont déjà surmonté leur incrédulité naturelle, et que le Seigneur envoie maintenant dans le monde. Du reste ne savons-nous pas que Pierre et Jean qui n’avaient pas cru auparavant, ont fait ensuite de grands miracles ?

2) Ensuite, il est faux de dire que du temps de Paul, seuls les apôtres et les diacres à qui ils avaient imposé les mains accomplissaient des miracles. Nous lisons dans 1 Corinthiens 12v7-10 : « Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ; à un autre, le don d’opérer des miracles ; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, la diversité des langues; à un autre, l’interprétation des langues ».

Paul inclut dans la liste des dons celui de faire des miracles ; il serait d’une mauvaise foi éhontée, de répondre qu’il ne pensait alors qu’à lui-même et aux autres apôtres. Tout le contexte montre qu’il parle des églises en général, et de leurs membres en général. La question de savoir si ce don a ensuite cessé est sans rapport avec celle de savoir combien l’avaient au temps des apôtres !

3) Enfin, Florent Varak n’assume toujours pas la mesure [ou la cohérence] de sa position dite « cessationiste ». D’après lui, dans toute l’Histoire de l’Église, seuls une vingtaine de croyants ont reçu le don d’accomplir des miracles, de manière plus ou moins suivie (12 apôtres + 7 diacres). De nature généreuse, Florent Varak est probablement prêt à doubler ce nombre, sachant qu’il faut toujours laisser au Seigneur une certaine marge ; 40 témoins donc au premier siècle faisant des miracles, sur au plus une ou deux centaines de milliers.

A présent au 21ième siècle, c’est par centaines de millions que se comptent les chrétiens charismatiques. Supposons qu’il en existe 500 millions ; d’après leur théologie ils croient que le don des miracles est encore accordé par le Saint Esprit aujourd’hui. Mais c’est rare ils en conviennent : 1/10000 peut-être on ne sait pas… ce qui fait toujours 500 M/10000= 50 000 chrétiens ayant le don des miracles ! et s’ils en font 10 chacun, on arrive à 500 000 miracles contemporains. Qu’est cette pauvre quarantaine d’apôtres et de diacres du livre des Actes en comparaison ?

Si Monsieur Varak veut être cohérent au niveau de son cessationisme, il faut qu’il dise que ce n’est pas 1/10000 qui reçoivent le don, mais ZÉRO ; TOUS les charismatiques (seraient alors) dans l’erreur. Une grave erreur puisqu’ils se permettent d’attribuer au Saint Esprit ce qui ne vient pas de lui. En conséquence, le Pasteur Varak doit immédiatement avertir le CNEF de sa découverte, et prendre les mesures appropriées, en cas de non-réaction. Sinon cela reste du cessationisme d’opérette : Il est donc incohérent et bassement opportuniste pour les cessationistes de se regrouper avec les charismatiques sous l’étiquette générale d’ « Évangéliques de France ».

 

Nous sommes revêtus de l’autorité du Christ, avec le devoir de l’exercer pour mener le bon combat…

2. Ceci dit, pour revenir à la question de départ, les chrétiens ont-ils reçu l’autorité de guérir et de faire des miracles « au nom de Jésus » ?

Si l’on considère l’Eglise, à l’instar de Florent Varak dans son « conte de la circulation routière »(2), comme un automobiliste lambda qui ne saurait se prévaloir d’une quelconque autorité pour réguler la circulation, à l’inverse du policier en fonction « revêtu de son uniforme », l’on déniera alors à l’Église tout mandat pour guérir « au nom de Jésus-Christ », c’est-à-dire en son nom, en tant que son représentant, muni de son autorité. En concédant que le chrétien « garderait le privilège d’intercéder auprès du Père, grâce à la médiation accomplie de Jésus et de prier « au nom de Jésus », c’est-à-dire selon l’accès que Christ nous permet d’avoir au Père par la rédemption »(2).

Position peu cohérente là encore, puisque dans ce cas, la logique serait de dénier à l’Eglise toute capacité d’agir « au nom de Jésus » (lier et délier, baptiser et faire des disciples, demander quoique ce soit au nom de Jésus – même pour seulement intercéder….cf Matt.18v18-20, 28v18-20 et Jean 14v13-14, 15v16, 17v18….)

A l’inverse, souligne le pasteur Gilles Boucomont(3), si nous considérons que « baptisés en Christ, nous avons revêtu Christ » (Gal.3v27), nous comprenons alors que nous ne nous prenons pas pour Jésus, mais que nous sommes revêtus de l’autorité du Christ, avec le devoir de l’exercer pour continuer son œuvre. Dans ce cas, nous nous trouvons dans la position du policier en fonction revêtu de son uniforme.

A l’instar d’une secrétaire qui refuserait (avec pour sanction le licenciement pour faute professionnelle) d’écrire une lettre sur les instructions de son patron, alors que cette tache entre dans ses attributions les plus élémentaires, nous passons notre temps à dire à Dieu de faire des choses que Lui nous a demandé de faire dans les Ecritures…. tout en dépensant une énergie folle à vouloir faire ce que lui seul peut faire [nous sauver tout seul ou sauver, convaincre les autres] ! Et ce, alors qu’Il nous a donné toutes une série d’indications très précises quant à ce qui nous incombe, et inversement ce qui est de son registre(3).

Ainsi, certains considèrent comme « un privilège » d’ « intercéder » pour les malades(2), soit de demander à Dieu qu’Il intervienne pour leur guérison. Ce n’est pas faux dans le sens où la guérison est toujours un don de Dieu. Sauf que les Ecritures bibliques présentent la guérison comme un charisme (cf 1 Cor.12v4-11) qui doit être exercé par les croyants au nom de Jésus, et non pas demandé par les croyants à Dieu.

Et ce, d’autant plus, comme le souligne Gilles Boucomont, qu’aucune allusion à la demande de guérison ne se trouve dans le Notre Père, et qu’aucun texte biblique ne nous dise de prier pour les malades en demandant à Dieu la guérison. Même « la prise en charge des malades par la communauté et les Anciens décrite par Jacques dans son épître (ch.5v14-16) est très active, puisque dans l’onction d’huile est manifestée la guérison, pas seulement espérée. C’est une démarche active de l’Eglise, corps de Christ contre la maladie qui abîme l’un de ses membres »(3).

A l’inverse, de nombreux passages nous donnent pour instruction de guérir les malades, ressusciter les morts, purifier les lépreux, chasser les démons cf Matt.10v8 ; Luc 10v9, 17-20 ; Marc 16v15-20

Ayant « revêtus Christ », nous avons, non à intercéder ou à demander à Dieu d’intervenir à notre place, mais à exercer la prière d’autorité, laquelle est une prière où l’on va chercher sa légitimité et son autorité pour intervenir nous-mêmes sur le réel. Parce que Jésus ne nous demande pas d’intercéder pour les malades mais bien de les guérir. Pas d’intercéder pour les lépreux mais de les purifier. Pas d’intercéder pour les morts mais de les ressusciter. Pas d’intercéder pour la délivrance, mais de chasser nous-mêmes les esprits mauvais.

Soit d’agir « au Nom de Jésus » de manière significative dans la vie des gens, et de manifester ainsi cette annonce impérative que « le Règne de Dieu s’est approché ».

Encore une fois, il ne s’agit pas de nous prendre pour Dieu, en nous croyant personnellement aptes à guérir, comme s’il s’agissait d’un automatisme – il s’agit de guérir les malades au Nom de Jésus et selon la volonté de Dieu, au moment opportun, et non de manière stéréotypée. Dieu nous appelle à collaborer avec Lui (cf Marc 16v20), en nous demandant d’assumer l’autorité qu’Il nous donne, à la manière de Christ.

« Se dérober à nos prérogatives, c’est retarder la venue du Règne de Dieu, en nous-mêmes et dans ceux que nous voudrions bénir »(3).

 

 

Notes : 

(1) Cf http://leboncombat.fr/fin-marc-serpents/

(2) Cf https://florentvarak.toutpoursagloire.com/miracles-guerisons-et-marc-16-1ere-partie/

(3) Boucomont, Gilles. Au Nom de Jésus : Mener le bon combat. Editions Première Partie, 2011, pp 227-231. Du même : Au Nom de Jésus, libérer le corps, l’âme, l’esprit. Editions Première Partie, 2010.

Alléluia !

« …j’entendis dans le ciel comme une voix forte d’une foule nombreuse qui disait : Alléluia ! Le salut, la gloire, et la puissance sont à notre Dieu » (Apoc.19v1)

« Hallelujah » a été popularisé par le refrain du Messie de Haendel (1741).

C’est aussi une chanson écrite par le compositeur canadien Léonard Cohen (1984).

Une adaptation moderne d’un vieux cantique de louange du 19e siècle (« J’aimerai, ô mon Dieu ». Paroles : Adolphe Monod,1802-1856) par Gilles Boucomont (2009) contient également cette expression « alléluia ».

Plus proche de nous encore, dans les manifestations monstres (depuis juin 2019) contre Carrie Lam, la chef du gouvernement hongkongais réputée proche de Pékin, les foules reprennent le cantique « Sing Hallelujah to the Lord » (« chante alleluia au Seigneur »), devenu un cri de ralliement pacifique. Il a été écrit en 1974 par Linda Stassen, du mouvement hippie évangélique « les Jésus People ». Inspirée par la liturgie des premiers chrétiens, elle aurait trouvé la mélodie un jour… sous la douche !

Mais que signifie donc « Alléluia » (ou Hallelujah) ?

Il s’agit d’une exclamation, exprimant la joie ou l’allégresse de ceux qui adorent Dieu.

En effet, cette expression est composée de deux mots hébreux : l’impératif hallelu  (« louez ») et Yah, l’abréviation de Yahweh, qui est traduit par « l’Eternel » (ou « le Seigneur »). Elle signifie donc : « Louez l’Eternel (le Seigneur) ! »

L’expression Alléluia apparaît vingt-cinq fois dans les Écritures bibliques, soit 21 fois dans l’Ancien Testament – seulement dans les Psaumes, spécialement lors de la Pâque et de la fête des Tabernacles (1)  – et 4 fois dans le Nouveau Testament, en Apocalypse 19v1, 3, 4, 6. Ces 4 dernières mentions apparaissent dans une série de brèves prières, dites « d’une voix forte » par « une foule nombreuse », suite au jugement de la Grande Cité de Babylone, « la Grande Prostituée », orgueilleuse, oppressive et corruptrice (Apoc.18v2 et ss). La victoire de Dieu et la venue de son règne sont ainsi annoncés et célébrés !

« Alléluia » exprime que seul notre Dieu Sauveur et Seigneur est digne de notre louange. Dieu Lui-même le rappelle en Esaïe 45v5 : « Je suis l’Eternel, et il n’y en a point d’autre ! » A Lui seul la gloire !

 

 

Note : 

(1) Cf Ps. 104v35 ; 105v45 ; 106v48; 111v1 ; 112v1; 113v1; 116v19; 117v2; 125v1,21; 146v1, 10; 147v1;148v1,14; 149v1,9; 150v1,6

 

Foireux liens de juillet (34) : « vivre avec son temps », « être moderne »

Les « Foireux liens » de juillet : une actualité « chaude » qui nous invite à réfléchir en toute lucidité sur ce qu’est « être moderne »….

Bonjour ! Vous l’attendiez, la voici un peu plus tôt que d’habitude : la 34ème édition de vos « Foireux liens » !

Au menu : PMA/GPA, préjugés, canicule et droit du travail, néo-management, réchauffement climatique et économie circulaire, biométrie, modernité, antisémitisme et protestantisme, droits de l’homme…..Bonne lecture !

 

1)Le casse-tête de la PMA pour toutes

Le projet de loi sur la bioéthique est examiné par le Conseil d’Etat, il sera arbitré en juillet par Emmanuel Macron, présenté le 26 juillet en conseil des ministres, et adopté à la rentrée, sans doute à une majorité écrasante puisque ce texte-là sera voté aussi par les députés de gauche et même une grande partie des députés de droite. Oui : d’anciens adversaires du “mariage pour tous” vont voter la “PMA pour toutes”, c’est-à-dire la reconnaissance d’un “droit à l’enfant”, y compris pour les couples de femmes homosexuelles. Ce “droit à l’enfant” va contraindre le législateur à modifier, de fil en aiguille, des chapitres entiers du Code civil : tout ce qui concerne le droit de la famille et de la filiation ! Il faudra résoudre des problèmes sans précédent.

Voir aussi : Marketing : et voici la GPA (qui n’aura pas tardé !)

2)Un regard protestant sur la PMA

La Faculté Jean Calvin vient de mettre en ligne l’ensemble des interventions de son Carrefour théologique dédiée à la question de la PMA. Cette conférence, qui a lieu début mars 2019, regroupait des spécialistes comme Donald Cobb, Michel Johner, Rodrigo de Sousa, Anthony Perrot, Marjorie Legendre, Henri Blocher, Matthieu Améra, Jean-Philippe Bru, et Pierre-Sovann Chauny. La publication de ces ressources n’est pas un hasard, vu le calendrier législatif à ce sujet. De quoi nous inciter à prendre le temps d’écouter ces ressources

3) « Vivre avec son temps », « être moderne »

« La droite doit apprendre à vivre avec son temps. À devenir moderne, non par idéologie mais par évidence. C’est l’exigence posée à notre génération (….) Je propose que la droite se pose au moins la question de l’ouverture de la procréation médicalement assistée, qui serait une avancée sociale comme le furent de fait le mariage pour tous, et avant le PACS, et avant l’IVG »…..Dixit Geoffroy Didier, secrétaire général des Républicains et directeur de la campagne européenne du pourtant très conservateur (et anti-IVG) François-Xavier Bellamy, après la défaite historique de son parti à ces élections….

4) C’est l’été : petite FAQ Nature sauvage (v2019)

Bien sûr, l’actualité, ce n’est pas ça. L’actualité, c’est les gilets jaunes, les migrants, la GPA, et beaucoup d’autres choses encore. Et le climat. Mais aussi, c’est vrai, parfois, la perte de biodiversité.  C’est l’été. C’est une saison où on est souvent dehors, où on rencontre la Nature plus souvent. Et tout aussi fréquemment, on observe un phénomène curieux… et on appelle le naturaliste du coin pour en savoir plus ! Alors, voici quelques-unes de ces questions classiques….

5) Travailler en cas de forte chaleur, que dit le droit ?

La canicule sévit depuis ce lundi 24 juin et des mesures exceptionnelles sont prises dans différents domaines. Le plan canicule proposé par le ministère des Solidarités et de la Santé précise les recommandations en cas de forte chaleur. Le brevet des collèges est reporté, des brumisateurs sont installés dans les maisons de retraite, mais qu’en est-il sur le lieu de travail ? Une rumeur urbaine tend à laisser croire que l’employeur est contraint par le code du travail au delà d’une certaine température. Or, il n’en est rien.

6) Occultisme en pack de six

Quand une marque d’eau minérale – propriété d’une multinationale – se met à tenir un inquiétant langage surnaturel…

7) Des sénateurs LR veulent une carte Vitale biométrique

Comment lutter contre la fraude aux prestations sociales ? Tout simplement en injectant un doigt de biométrie. C’est en tout cas l’idée portée par une proposition de loi présentée par les sénateurs LR Philippe Mouiller et Bruno Retailleau, soit Une carte embarquant les empreintes digitales du titulaire….

8) Néo-management ; « Looser », « opposant », « timide » : au CHU de Toulouse, un document suggère de cataloguer des soignants

Seriez-vous un « looser », fragilisé par des situations difficiles de travail ? Ou un « opposant » qui conteste trop souvent la direction ? Ou encore un « pessimiste » ? C’est en ces termes qu’une docteure influente a proposé de cataloguer les personnels soignants du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse qui participent à certaines réunions de crise, suite au décès d’un patient notamment. Une manière de « neutraliser » les avis divergents, et un exemple supplémentaire de la façon dont la parole des soignants est considérée par la hiérarchie, alors que les mouvements sociaux se multiplient au sein des hôpitaux publics.

9) Répondre aux préjugés

Marre de lire des commentaires mal informés sur les sites d’info en ligne ou sur les réseaux sociaux ?  Répondez-y ! Répondre aux idées reçues, mais pour quoi faire ? Le site Répondreauxpréjugés.com, de sensibilité progressiste et découvert via le blog de Zeboute, vise à décrypter les préjugés, idées reçues et fausses, que l’on trouve le plus souvent sur le net. Et surtout à proposer, avec un argumentaire thématique, des pistes de réponses. Ces réponses sont basées sur des sources en ligne, ainsi que sur des données factuelles ou chiffrées. A tester, en exerçant son discernement.

10) Réchauffement climatique : le déni

Comme il en a marre d’expliquer sur Twitter pourquoi il fallait agir contre le réchauffement climatique, Tristan Nitot [promoteur du libre et du respect de la vie privée, ancien président de Mozilla Europe et maintenant chez Qwant] explique tout dans un billet de blog intitulé « le déni ».

11) Pourquoi l’économie circulaire ne doit pas remplacer la sobriété

La double « externalité positive » de l’économie circulaire en fait un modèle pour l’économie de demain. Elle encourage la société à créer de la valeur tout en réduisant l’empreinte écologique de son activité, mais présente toutefois certaines limites, voire des effets pervers….

12) Affaire Torondel : coup dur pour la défense des droits humains en France

La Cour d’appel de Douai a confirmé, lundi 24 juin, la condamnation de Loan Torondel pour diffamation pour avoir publié sur Twitter une photographie de policiers se tenant au-dessus d’une des nombreuses personnes systématiquement expulsées des camps informels de Calais. Le communiqué d’Amnesty international.

13) Accueillir la souffrance qui dure

« ….la souffrance des autres nous met en échec, si nous nous donnons pour tâche de les aider à aller mieux. Il nous faut déplacer l’objectif ».

14) USA : « Les évangéliques soutiennent Trump par peur, pas pour des questions de foi. »

Éclairage en anglais.

15) Quand protestantisme rime avec antisémitisme

Retour sur un colloque qui s’est tenu à Oxford, en mai….

16) Sommes-nous prêts à accueillir une théologie du Royaume ?

Nous devons nous rendre prêts à accueillir une théologie du Royaume, ce qui très concrètement veut dire, à la suite de Paul (2 Cor 4) que l’évangile n’est pas que paroles, mais qu’il est une dynamique puissante, que le Saint-Esprit mobilise pour nous faire sortir de nos vies qui trop souvent manifestent plus la faillite et le désarroi, que la liberté et la joie qui résident en Christ.

Et les deux derniers pour la route :

17) Cet objet oublié : le petit commerce de proximité !

Le commerce de proximité, les magasins, les hyper marché ont disparu. Et on se retrouve seul devant un écran. Mais j’ai tout immédiatement et pas cher ! C’est génial ! Vraiment ?

18) S’accaparer ou conserver : Le choix des Poules

Admettons l’hypothèse suivante : vous possédez le même objet que votre voisin, le même. Mais celui-là a quelque chose de mieux que le vôtre : c’est votre voisin qui l’a.  La convoitise est un trait basique du comportement. Des poules en donnent même une illustration édifiante. Cela peut s’expliquer ainsi : deux systèmes, l’un intuitif et l’autre raisonné, agissent ensemble et il arrive que le premier prenne le pas sur le second.

 

Ces Foireux liens sont terminés. Je vous remercie d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en septembre.