La carte de l’Inconnu (celle que vous n’avez pas)

« Vous l’avez, la carte de l’inconnu ? » (Montage original par Jacques B.)

Un jour de soleil, j’arrivai avec mon neveu de 10 ans pour son cours de foot-bol.
A peine arrivé au terrain, il courut de l’autre côté du champ pour rejoindre une petite foule d’enfants réunis en cercle. Ces derniers criaient des noms que je ne pouvais pas comprendre. Au fur et à mesure que je m´approchais, l’un des noms est parvenu à mes oreilles : « Seigneur de la mort ! Ouais, trop bien ! Wesh, c’est la tête de la mort qui gagne ! »
J’ai été frappé ! Le coup de sifflet de l’entraineur a réveillé tout le monde, et les enfants se lancent et pendant 30 minutes ils courent avec un sourire aussi grand que leur sueur ! Fini le match, les enfants se réunissent rapidement au-dessous du toit. Ils s’installent par terre et de leurs sacs sortent des paquets de cartes ! « La pieuvre ! Lord Magus ! Soldat du trident ! Sorcière de Baal ! Zombie ! Troll vertigo ! L’aveugle tordu ! Angelo Furioso ! » Et j’ai crié : « LA CARTE DE L´INCONNU ! »
Les enfants se tournent vers moi avec les yeux grands comme des œufs ! Je leur dis : « vous l’avez, la carte de l’Inconnu ? »
-(L’un des enfants avec un T-shirt blanc) : il est comment, l’Inconnu ?
(silence)
– (Moi) Vous ne connaissez pas celui « qui a les yeux de feu ? (1) Par sa bouche sort une épée à double tranchant » (2) ?!
– (Enfant avec les yeux noirs) Quoi ?
-(Moi) L’Inconnu est celui qui vit au-dehors du temps et de l’espace, Il traverse le ciel et le centre de la terre jusqu’à l’extrémité de l’univers, il « monte sur un cheval blanc » indestructible et « derrière lui une armée de millions d’anges » (3) qui lui obéit, rien ne peut l’arrêter, rien ne peut le vaincre. IL est le tout-puissant ! (4) Quand il n’y avait rien de créé, Il était déjà là ! (5)
Leur regard était fixé et leur bouche ouverte…
-(Moi) Vous voulez connaitre le mystère de l’Inconnu ?
-Oui ! continue s’il te plaît (dit un jeune de cheveux frisés) et j’ai continué :
– (Moi) la carte de l’Inconnu a « un Nom qui est au-dessus de tous les autres noms » des autres cartes créées ! « IL est le Roi » sur toutes les cartes ; tous les démons, les zombies, les dragons et les géants « fléchissent leurs genoux devant Lui » et le reconnaissent comme Le Héros imbattable ! (6) Le prince de l’obscurité et le seigneur de la mort tremblent de peur et s’enfuient devant Lui ! (7) Il est la vraie lumière et son visage brille mille fois plus fort et plus puissant que le soleil ! (8) Son feu purifie et détruit tout ! Quand il avance, le ciel et la terre font silence !
(Silence)
– (Moi) Je vais vous dire son nom… c’est un secret qui vient du ciel…vous êtes choisis aujourd’hui pour connaitre le nom de l’inconnu… Approchez-vous !
(Ils s’approchent avec une soif curieuse et retiennent leur respiration)
– (Moi, je leur murmure) …Yeshoua
– Trop bien ! ça veut dire quoi ?
– Oui ! ça veut dire quoi ?
– (Moi) Sauveur… ça veut dire Yeshoua Le sauveur.
– Trop cool ! Et il a sauvé qui ? (a répondu le plus petit d’entre eux, placé à ma droite.)
– Wesh, il les gagne comment ses ennemis ? (enfant à chemise bleu)
– (Moi) Vous avez tous écouté le mystère de la carte de l’inconnu et son Nom révélé est Yeshoua, parce qu’il a sauvé ses amis et sa famille avec son sang ! (9) Car ses ennemis l’ont tué ! Il est mort pendant trois jours et trois nuits (10) …
– Quoi ? Wesh ! pour l’Inconnu !
– Pas vrai ! Je savais que quelque chose était pas bien dans ce truc…
-(Moi) Écoutez la suite ! L’histoire continue… Il a vaincu la mort ! (11) Il s’est réveillé avec toute la force et la puissance de la vie en Lui ! Il a pris la tête de la mort et il l’a écrasé ! (Geste avec mon pied) CRASH !!!
(Encore les yeux comme des œufs)
Si ça vous dit, je vous la raconterai le prochain samedi.
Et j’ai pris mon neveu, qui en me regardant, me demande :
– Tonton, tu en as une ?
– (Moi) une quoi ?
– (Neveu) …et bien une carte de Yeshoua pour gagner tout le monde !
J´l´a trouve comment ?
(Et je souriais).

« La carte de l’Inconnu » (celle que vous n’avez pas). Anecdote inédite et véridique racontée par Jacques Broquet, notre plume invitée que je remercie chaleureusement. Jacques est artiste chorégraphe, danseur, metteur en scène, père de 3 filles – Gabriela, Clara et Camila. Plus de 37 ans marié et heureux avec Adriana. Le nom inconnu du sauveur s’est révélé à lui et maintenant il vit dans le royaume de Yeshoua en France avec toute sa famille.

 

Notes :

(1) Apoc.1v14, 2v18 
(2) Apoc.1v16 
(3) Apoc.19v11, v14 
(4) Apoc. 1v8 
(5) Prov.8v23 et ss, Jean 1v1-2
(6) Philip.2v9-11, Apoc. 17v14, 19v16 
(7) Cf Col.2v15, 1 Jean 3v8, Jacq.2v19 
(8) Apoc. 1v16, Jean 8v12 
(9) Apoc.1v5 
(10) Marc 9v31 
(11) 1 Cor.15v4, 1 Cor.15v24-26, Hébr.2v14 , Apoc.1v18

« L’imitation de Jésus-Christ » : veiller à son intimité

« On n’agit pas en cachette quand on veut s’affirmer. Puisque tu accomplis de telles œuvres, manifeste-toi au monde ! » disent ses frères à Jésus, alors qu’ils ne croyaient pas en lui.
(Dessin de Andy Singer)

Lectures :

« Dans la suite, Jésus continua à parcourir la Galilée ; il préférait en effet ne point parcourir la Judée, où les autorités juives cherchaient à le faire périr. Or c’était bientôt la fête juive des Tentes. Ses frères lui dirent : « Passe d’ici en Judée afin que tes disciples, eux aussi, puissent voir les œuvres que tu fais.  On n’agit pas en cachette quand on veut s’affirmer. Puisque tu accomplis de telles œuvres, manifeste-toi au monde ! En effet, ses frères eux-mêmes ne croyaient pas en lui.» (Jean 7v1-5)

« Le soir venu, après le coucher du soleil, on se mit à lui amener tous les malades et les démoniaques. La ville entière était rassemblée à la porte. Il guérit de nombreux malades souffrant de maux de toutes sortes et il chassa de nombreux démons ; et il ne laissait pas parler les démons, parce que ceux-ci le connaissaient. Au matin, à la nuit noire, Jésus se leva, sortit et s’en alla dans un lieu désert ; là, il priait.

Simon se mit à sa recherche, ainsi que ses compagnons, et ils le trouvèrent. Ils lui disent : « Où étais-tu ? Tout le monde te cherche. » (Marc 1v32-37. Traduction libre)

Ces deux textes des Évangiles résonnent en nous, étonnamment de façon très actuelle. « L’anonymat dans la vie réelle comme sur Internet devient de plus en plus difficile », constatent les juristes Marie Bastian et Justine Pate-Koenig, dans un fort intéressant document consacré au pseudonymat sur internet (dont nous avions parlé ici« Les notions de «protection de la vie privée», «d’intimité», « de droit à l’image » s’effacent. Tout devient public. La transparence est le maître mot. Si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez pas à vous inquiéter », dit-on. « Or, il faut être capable de se justifier pour tout et tout le temps, et votre « jardin secret » n’a pas de raison d’être selon les tenants de la transparence ».

Constat tout à fait partagé par le rabbin et philosophe Marc-Alain Ouaknin, qui relève, parmi toutes les crises (économiques, écologies, sociales…) que nous connaissons, « une crise de l’intime » : en effet, dénonce-t-il, « la communication nous assaille de toutes parts. Le téléphone, le téléphone cellulaire, l’ordinateur, l’ordinateur portable… régissent désormais nos vies. Chaque fois qu’on téléphone à quelqu’un, on lui demande: “Tu es où?” Comme si on ne pouvait plus être quelque part sans avoir à donner des explications et un compte rendu du lieu où on se trouve. À partir du moment où on est surexposé dans l’information de soi par rapport aux autres, il n’y a plus la possibilité de se retrouver “chez soi” et d’avoir une intimité, ce qu’on appelle en grec l’oikos, qui est le véritable sens de l’écologie. L’écologie c’est le discours, la raison, la pensée de la maison, c’est-à-dire la pensée de l’intime. Or, aujourd’hui, la question de l’intime est absolument dévastée par cette surexposition du sujet qui fait, en fin de compte, qu’il n’y a presque plus de sujet. Dans le passé, le sujet était un “Je” ou un “Je suis” qui avait la capacité de se retirer dans un “chez soi”.

Comment alors être (chez) soi ?

Face à cette nouvelle « théoulogie » [de : « t’es où ? »] qui, parce qu’elle promet de façon illusoire un monde sans vie privée, s’avère peut-être l’un des plus grands dangers qui nous menace, à l’instar des déluges contemporains médiatiques, imitons plutôt Jésus-Christ, qui est « Je suis ». Et apprenons de sa théologie, plutôt que de se contenter de dire « le monde évolue », donc « suivons-le » ! Jésus, en effet, bien qu’étant un « personnage public », sait parfaitement protéger son intimité.

Il n’agit jamais sous la pression « médiatique », particulièrement quand il s’agirait de « prouver qui il est », et sait prendre son temps.

Il sait distinguer « le temps favorable » pour agir en public et le temps nécessaire et vital, à prendre régulièrement « à part » avec le Père, plutôt que de se laisser submerger par l’activisme.

Il comprend que tout ne doit pas être montré : Il raconte des paraboles en public, mais en privé, il explique tout à ses disciples (Marc 4v34).

Il recommande de se garder « de pratiquer (sa) religion devant les hommes pour attirer leurs regards ; sinon, pas de récompense pour (nous) auprès de (Dieu, notre) Père qui est aux cieux » (Matt.6v1-4) ; et quand nous voulons prier, d’entrer dans notre chambre « la plus retirée », de « verrouiller » notre porte et d’adresser notre prière à notre Père [qui est un Dieu relationnel et avec qui nous pouvons avoir une relation personnelle] qui est là dans le secret. Et notre Père, qui voit dans le secret, nous le rendra » (v6). Enfin, Jean 17 nous rapporte une très belle prière de Jésus, laquelle est faite, non en public, « au micro », mais en privé, dans l’intimité, en présence des siens.

Ce soin extrême porté à la sauvegarde de son intimité est-il de nature à dévaluer la portée du ministère public de Jésus ? Bien au contraire ! Il le renforce même.

Et nous-mêmes, qui nous disons « disciples de Jésus-Christ » ? « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Au disciple il suffit d’être comme son maître, et au serviteur d’être comme son seigneur », dit Jésus (Matt.10v24-25)

 

 

 

« L’imitation de Jésus-Christ » : être un homme équilibré

Quel devrait être notre référentiel, pour vivre en homme véritable, connecté au réel ? Jésus seul !
(Source : convergence bolcho-catholiques)

Lecture de Marc 14v32-35 : « (Jésus et ses disciples) arrivent à un domaine du nom de Gethsémani (…) Il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean. Et il commença à ressentir frayeur et angoisse. Il leur dit : « tout va bien. Je vais prier pour vous ». 

Si c’est là ce que tu lis dans ta Bible, change de Bible….

La véritable version est : « (Jésus et ses disciples) arrivent à un domaine du nom de Gethsémani (…) Il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean. Et il commença à ressentir frayeur et angoisse. Il leur dit : Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez. » 

Il vous est peut-être arrivé de répondre (ou de vous entendre répondre): « tout va bien », à la question « comment vas-tu ? », alors qu’au fond de vous, vous êtes « hyper-angoissé ». Et ce, en invoquant votre « caractère » ou votre « culture ».

En réalité, quel devrait être notre « référentiel » ? Ni « le caractère », ni « la culture », mais Jésus-Christ seul.

Lui-même, quoique parfaitement Dieu, n’a pas cherché autre chose qu’à être « parfaitement homme » (Phil.2v6-9), à part le péché (Hébr.4v15) : Il n’a pas estimé qu’il n’était « pas spirituel » de partager ses émotions avec ses amis. Il a pleuré avec ceux qui pleurent. A fait la fête avec ceux qui font la fête (et a même sauvé un mariage à Cana, en changeant l’eau en vin). S’est réjoui en esprit, a été ému de compassion et a été animé d’une sainte colère maîtrisée en découvrant que les marchands, établis dans le temple de Jérusalem, faisaient d’une « maison de prière » une « maison de trafic ». Jésus est donc bien autant un être de chair (incarné cf Jean 1v14, 1 Jean 4v2) qu’un être spirituel et nous montre ce qu’est une personne parfaitement équilibrée, à l’inverse de ces cloisonnements modernes tendant à présenter l’homme comme étant « plus rationnel et dans le faire » à l’inverse de la femme, censée, quant à elle, être « plus émotive et relationnelle ».

Or, Jésus est ni trop/ni peu « émotionnel, intellectuel, volontaire », mais tout à la fois « émotionnel, intellectuel et volontaire » de manière équilibrée. Il est d’ailleurs tellement relationnel qu’Il a appelé ses disciples, pour qu’ils soient premièrement avec lui, avant de les envoyer prêcher (Marc 3v14) ; et « le fils du charpentier », charpentier de métier(Marc 6v3), est un « manuel », autant qu’un « intellectuel »(Luc 2v47). Et « volontaire », Jésus l’est bien(Luc 9v51), sauf que « sa volonté est de faire la volonté de Celui qui l’a envoyé »(Jean 6v38).

Imiter le Christ, ce n’est donc pas « le détachement complet » ou « l’extinction de soi », vivre de manière spiritualisée, déconnectée du réel. Imiter le Christ, c’est vivre en être humain véritable, équilibré, « les pieds sur terre », et spirituel (1 Cor.15v45). C’est vivre la vie « en abondance »(Jean 10v10), la vie que Jésus nous donne et qui ne peut être vécue qu’en étant en relation avec Celui qui est « le Dieu véritable et la vie éternelle »(1 Jean 5v20).

C’est aussi espérer changer et sortir ainsi des « catégories » dans lesquelles nous pouvons être enfermés. Car « si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création: les choses vieilles sont passées; voici, toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor.5v17). Celui qui est « spirituel » est conduit(Gal.5v18) par l’Esprit de Dieu. Il vit par l’Esprit et marche selon l’Esprit. Il peut alors manifester le fruit de l’Esprit, qui « est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance » (Gal.5v22-23).

 

Le Berger, métier ancestral et utile, menacé de précarisation

Berger : métier et vocation en voie de disparition ? Dessin de Coolus

Lorsque le Seigneur Jésus reviendra sur Terre, trouvera-t-il encore des « bergers » ou des pasteurs, nous interrogions-nous dans une note de blogue de fin juin dernier(1) ?

Par « bergers » ou « pasteurs », nous entendions ceux qui, sans être forcément des « clercs » ou des « docteurs », passent l’essentiel de leur temps à prendre soin et à accompagner « les brebis », au sein de l’Église de Jésus-Christ.

Et comme par un fait exprès, je découvre ce reportage d’Elsa Hellemans, pour Bastamag, qui souligne que la question se pose aussi pour ce métier bien connu : En effet, entre juin et septembre, ils sont un petit millier d’hommes et de femmes à garder d’immenses troupeaux de moutons dans les Alpes, les Pyrénées ou encore le Massif Central. Un métier de berger de plus en plus utile pour assurer la protection des troupeaux, alors que les syndicats agricoles pestent contre le loup ou l’ours. Seuls, en couple ou en famille, les bergers transhumants s’isolent du reste du monde, dans des conditions difficiles. Déjà menacé par l’agriculture industrielle, leur métier est désormais rongé par la précarité, quand ce n’est pas par le harcèlement moral ou sexuel. Mais quelques voix s’élèvent des alpages pour briser les tabous, et défendre des droits fragilisés.

L’intégralité de l’article est à découvrir sur Bastamag

Mais nous sentons-nous concernés par cette situation sociale ? Celle-ci est-elle le reflet (ou fait-elle écho à) d’une réalité spirituelle ?

Qu’en pensez-vous ? A vous la parole, que vous soyez bergers, pasteurs, anciens d’église, ou « laïcs » engagés dans un ministère d’accompagnement et de soin pastoral !

 

Notes :

(1) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/06/21/quand-le-seigneur-reviendra-sur-la-terre-trouvera-t-il-encore-des-pasteurs/

Voir aussi : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/03/26/le-berger-et-le-mercenaire/

Dieu a-t-il besoin d’être disculpé de la responsabilité de la tentation ?

Depuis le 03 décembre 2017, comme décidé et annoncé par la Conférence des Évêques de France, les catholiques ne seront plus « soumis à la tentation » en disant le Notre Père….

Ou quelles sont les raisons – et ses conséquences pratiques – du changement catholique  dans la formulation commune du Notre Père ?

 

La juriste-blogueuse « Aliocha » est revenue sur le fait qu’ « un million d’auditeurs ont entendu le philosophe Raphaël Enthoven affirmer [le 21/11/17] sur Europe 1  que les catholiques avaient modifié la célèbre prière du Notre Père par pure islamophobie. Il est exact que [depuis le 3 décembre], la phrase « Et ne nous soumet pas à la tentation » du Notre Père [a été] remplacée par « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ». Ceci dit, Aliocha nous invite à « (observer) la chronique de plus près », décomposant le raisonnement[qu’elle estime peu argumenté] du philosophe : les deux formules sont équivalentes, ne diffère que le verbe « soumettre ». Or le verbe « soumettre » renvoie nécessairement et uniquement à l’Islam (…). Donc si les catholiques suppriment « soumettre », c’est qu’ils le font à cause de l’Islam (…). Et s’ils le font à cause de l’Islam c’est pour s’en démarquer (…). Et s’ils s’en démarquent, ce ne peut être que par islamophobie (….).

« En réalité », souligne-t-elle, « et contrairement à ce qu’affirme le « philosophe », « les deux formules de cette prière sont si peu équivalentes que les débats ayant abouti à cette nouvelle traduction remontent aux années 60. (…) L’utilisation du verbe « soumettre » ne renvoie pas à l’Islam, mais au rapport que les catholiques entretiennent avec leurs propres écritures. De fait, l’intervention de ce « philosophe » relève de l’erreur de débutant : affirmer sans la démontrer l’existence d’une corrélation entre deux événements, ici la modification d’une prière catholique et l’Islam ».

L’utilisation du verbe « soumettre » ne renvoie donc pas à l’Islam, mais au rapport que les catholiques entretiennent avec leurs propres écritures…..A moins qu’elle ne soit le reflet d’un rapport à (et d’une vision de) Dieu ? A ce propos, au-delà de la polémique soulevée par les propos de M. Enthoven [qui est, par la suite, revenu sur ses déclarations, en faisant son « mea culpa »], l’intéressante question de l’internaute « David » (cette « nouvelle traduction du Notre Père par l’Église catholique est-elle meilleure que la traduction œcuménique actuelle ? ») posée sur « 1001 questions », un site animé par le courant confessant protestant des « Attestants », permet de creuser un peu plus les raisons d’un tel changement.

Selon les « répondants » pasteurs et théologiens du site, « l’Église catholique a décidé ce changement dans la formulation commune du Notre Père : « Ne nous soumets pas à la tentation » est remplacé par « ne nous laisse pas entrer en tentation »Le problème est que le verbe grec eispherein, que l’on trouve aussi bien dans le texte de Matthieu que dans celui de Luc, signifie bien « transporter, mener,  induire, conduire, faire entrer dans ». Et non pas « laisser entrer ». Ce n’est pas la même chose ! Les tentatives de justifier ce changement sur la base d’une source littérale araméenne de la prière de Jésus paraissent très conjecturales, et surtout guidées par un présupposé : « Dieu ne peut pas nous tenter, c’est l’œuvre du Diable ». Mais Dieu a-t-il « besoin » d’être « disculpé » de la responsabilité de la tentation ?

Les répondants Attestants relèvent que Jésus lui-même a été poussé au désert par l’Esprit Saint pour y être tenté, éprouvé, le Diable lui-même étant soumis à la volonté de Dieu. Jésus a été tenté (y compris à Gethsémané et sur la croix) dans sa foi, dans sa relation au Père ; La tentation est la condition de tout croyant. Dès que je crois, je suis exposé au combat -contre le doute. Et Paul précise que Dieu nous donne, avec l’épreuve-tentation, le moyen d’en sortir (1 Corinthiens 10v13).

La suite de la réponse à découvrir sur le site 1001 questions.

 

 

« Ils ont aimé leur prochain » de Nicolas Fouquet : ou comment 31 chrétiens nous montrent la voie de la solidarité

« Ils ont aimé leur prochain » : 31 témoignages inspirants d’actions solidaires et autant de reflets de « la grâce multicolore de Dieu »

« A quoi ressemble l’amour ? » aurait-t-on demandé un jour à Saint-Augustin. Celui-ci aurait alors répondu :
Il a des mains pour aider les autres.
Il a des pieds pour se hâter vers les pauvres et les nécessiteux.
Il a des yeux pour voir la misère et le besoin.
Il a des oreilles pour entendre les soupirs et le chagrin des hommes(1).

Mais aussi, dirai-je encore, « des oreilles pour entendre le cri de ceux qui ploient sous le joug », cf Exode 2v23-25, et une bouche, pour l’ouvrir « pour les muets et prendre la cause de tous les délaissés » cf Prov.31v8-9]
Voilà ce à quoi ressemble l’amour.

Les 30 portraits – hommes et femmes – esquissés dans le livre de Nicolas Fouquet(2), en charge de l’éducation au développement pour le SEL(3), sont justement de ceux qui, du IVe siècle ap JC à nos jours, « ont aimé leur prochain » en actions et en vérité (cf 1 Jean 3v18). Certaines de ces figures et leurs œuvres inspirées et inspirantes nous sont peut-être plus connues (Martin de Tours et son manteau, Pierre Valdo et « les pauvres de Lyon », William Booth et l’Armée du Salut, Georges Müller et ses orphelinats, Henry Dunant et la Croix Rouge, Martin Luther King et sa lutte pour les droits civiques….) quand d’autres ont été oubliées (tels Caroline de Malvesin, la co-fondatrice des Diaconesses de Reuilly ; Pandita Ramabai, engagée en faveur des veuves et des orphelins et pour l’éducation des femmes en Inde ; ou encore Alexandre Lombard et son original combat – mais toujours actuel – pour « la sanctification du dimanche », pour des raisons « religieuses » mais aussi sociales).  Mais le point commun de toutes ces figures est qu’elles constituent autant de témoignages de vies qui ont trouvé du sens.

Une vie qui a du SENS est une vie UTILE, au service des autres. C’est la raison d’être d’un USTENSILE.

« Ustensiles » dans les mains de Dieu, en qui ils ont mis leur confiance, ces 30 sont aussi des témoignages d’une vie JUSTE. Mais aussi de foi, de fidélité, et d’humilité, soucieux, à l’instar de Caroline Malvesin, de travailler à la seule « gloire de Dieu et non pour la gloire qui vient des hommes », comme de rester d’ « humbles moyens choisis par sa grâce», de sorte que « l’instrument ne se substitue pas à la main qui le dirige »(4).

Aujourd’hui encore, à l’heure du vedettariat et de la recherche d’hommes ou de femmes « providentiel(e)s », notre époque a plus que jamais besoin d’hommes et de femmes « ordinaires », comme ces chrétiens d’hier et d’aujourd’hui – qui acceptent de répondre à l’appel et aux projets de Dieu, pour accomplir avec « la force qu’Il donne » (1 Pie.4v11) des choses extraordinaires, qu’ils sont incapables de faire et ne sauraient faire autrement, dans le but de rendre visible le Dieu véritable et sauveur.

Les courts chapitres qui composent ce livre ne sauraient être lus de manière isolée et indépendante, mais plutôt de manière globale, comme autant de reflets de « la grâce multicolore de Dieu » (1 Pie.4v10). Il est tout à fait recommandable pour être mis dans toutes les mains. Ne manquons donc pas de découvrir ou redécouvrir ces 30 portraits, chacun étant suivi d’une pertinente réflexion ouverte, basée sur un passage biblique, sur ce que nous pourrions retenir de chaque exemple pour nos propres engagements.

Un élément original du livre à souligner : un dernier chapitre laissé « en blanc » reste encore à écrire. A la suite de ces 30, serais-je, moi lecteur, le 31ème ? Et d’ailleurs, ce 31ème portrait « laissé en blanc », doit-il être nécessairement un individu [vous, moi ?] ou une communauté, l’Église ? Chacune et chacun pouvant ainsi agir de manière complémentaire et interdépendante, « holistique », à la fois de manière « locale et globale ». Le débat reste ouvert !

Pour finir, vous vous êtes certainement demandé, comme moi, comment et pourquoi l’auteur a-t-il choisi les 30 portraits de son livre ? Et pourquoi 30 et pas 50 ? Questionné à ce sujet par mes soins, Nicolas Fouquet a bien voulu me répondre :

« Dans toute liste, il y a une part de subjectivité. Mais j’ai essayé (avec l’aide de collègues du SEL et de spécialistes du sujet) d’être assez objectif dans mes choix. Certaines personnes se sont imposées à moi car incontournables (William Wilberforce, William Booth, Henry Dunant…). D’autres aussi moins connues semblaient inévitables à partir du moment où l’on creusait un peu le sujet (Joséphine Butler, Anthony Ashley Cooper, Louis-Lucien Rochat…). Ensuite, la présence de quelques-uns pourrait peut-être être débattue mais s’ils sont dans le livre c’est que nous trouvions intéressant de présenter leur parcours.

A l’origine, il s’agissait de chroniques radios. Nous n’avions pas de nombre prédéfini de portraits que nous souhaitions réaliser. Un chiffre de 25 nous semblait cohérent au vu des noms que l’on avait recensé dans notre liste et du fait que ça correspondait à une demi-année de chroniques hebdomadaires (janvier-juin).

En discutant avec Ruben de BLF, nous avons trouvé intéressant d’ajouter aussi des figures vivantes dans le livre (Denis Mukwege, Marthe Girard, Jackie Pullinger…) pour montrer que l’engagement solidaire continue encore aujourd’hui. Nous pouvions alors aller un peu au-delà de 25 portraits. 31 était pertinent mais aussi amusant car ça correspondait au nombre de jours dans un mois : « 1 portrait par jour pendant 1 mois ! ». Voilà l’explication ! »

Merci, Nicolas Fouquet !

 

 

 

Notes :

(1) Citation tirée de Exley, Richard. « Le Christianisme en bleu de travail ». Edition Vida, 1994, p15.

(2) Fouquet, Nicolas. Ils ont aimé leur prochain : 31 chrétiens nous montrent la voie de la solidarité. BLF/SEL, 2017 (Préface de Denis Mukwege, Prix Sakharov, « L’homme qui répare les femmes »). Plus d’informations sur le livre sur ce site dédié et le site de l’éditeur. Retrouvez ces portraits sur le blogue du SEL.

(3) Association protestante de solidarité internationale.

(4) Malvesin, Caroline/ Vermeil, Antoine. Correspondance 1841 – La fondation de la Communauté des Diaconesses de Reuilly. Editions Olivétan, 2007, p41