« Être un meilleur chrétien » grâce au journalisme : « yes, we can ! »

« On t’a fait connaître », ô journaliste chrétien, »ce qui est bien » (Michée 6v8). Source : Découvert sur le compte twitter de Gilles Boucomont(3 mai 2017)

« De nombreux chrétiens sont hostiles aux médias, mais ma foi s’est approfondie grâce à ceux-ci », explique le journaliste Jon Ward dans une excellente tribune parue dans « Christianity Today », et dont voici ci-dessous un extrait. Intégralité de l’article à lire en français sur le site du magazine. Les notes entre crochets sont de mon cru.

Est-il difficile d’être chrétien et journaliste ? » On me pose souvent cette question.

Lorsque je parle de mon travail à des jeunes, elle revient presque à chaque fois. Je trouve toujours cela bizarre. J’ai moi-même grandi dans le cocon douillet d’une communauté évangélique non confessionnelle. Je connais donc les présupposés sur le monde extérieur qui suscitent cette question. Mais je peine encore à saisir pourquoi cela me trouble autant.

De nombreux chrétiens conservateurs américains grandissent dans l’idée que « les médias »[sic] sont malfaisants, presque autant que les démocrates, voire pires. C’est ainsi que j’ai grandi. Tout comme Hollywood et les universités, on m’a appris que « les médias » étaient de gauche,  laïcs et antireligieux ; ils nous détestaient, nous et nos valeurs.

Parfois, l’idée provenait d’un orateur à l’Église. Le plus souvent, elle était retransmise par les médias et autres relais de diffusion qui dominaient la culture évangélique. À n’en pas douter, il s’agissait de radios conservatrices [lesquelles sont des « médias », au même titre que les « autres » chaînes de TV/vidéos regardées ou magazines lus par les mêmes « chrétiens conservateurs »…..]. Mais j’ai aussi entendu ce genre de propos de la part d’organisations politiques conservatrices comme le Family Research CouncilFocus on the FamilyChristian Coalition et d’autres encore. Je l’ai entendu encore ailleurs, comme dans les conférences Teen Mania où j’allais pour « être enflammé » pour Christ et m’inscrire à des voyages missionnaires à l’étranger.

Ainsi, lorsque les enfants me demandent s’il est difficile d’être chrétien et journaliste, je sais qu’ils en ont une certaine idée en tête. Ils me visualisent en train de travailler au milieu d’athées débauchés, addicts à la drogue et aux relations sexuelles en état d’ivresse, et lisant de la propagande athée.

Lorsque le député républicain de Caroline du Nord récemment élu, Madison Cawthorn, a raconté des histoires d’orgies et de cocaïne en politique, qui ont été ensuite réfutées, il prolongeait les mêmes présupposés motivant les questions que j’ai reçues d’étudiants un peu plus jeunes que lui.

Les chrétiens conservateurs sont beaucoup plus hostiles envers les médias aujourd’hui qu’ils ne l’étaient quand j’étais jeune. Des membres de ma propre famille m’ont dit que je devrais avoir honte de faire mon métier. En fait, la plupart des gens n’aiment pas les médias, et c’est dommageable pour la société. Comme je l’ai écrit récemment dans un article de Yahoo! News, les médias en portent partiellement la responsabilité.

Mais après 20 ans de travail dans le journalisme, c’est aussi grâce à ce métier que ma foi chrétienne est plus profonde et plus forte. Alors que je travaillais à un livre décrivant mon éducation dans la foi chrétienne puis mon parcours en tant que journaliste dans les médias traditionnels, le constat suivant s’est imposé à moi de plus en plus clairement : être journaliste a en fait fait de moi un meilleur chrétien.

Le journalisme a renforcé les traits de mon caractère les plus nobles et les plus chrétiens. J’ai appris pendant deux décennies à discerner le vrai du faux, et — ce qui est probablement encore plus important — à discerner quand il n’y a pas de réponses ou de solutions faciles. J’ai appris aussi à rechercher la vérité, peu importe qui elle pourrait offenser.

J’ai également acquis un sens de l’humilité quant à ce qu’il est possible de savoir avec certitude, avec la capacité de reconnaître que notre point de vue est souvent limité et incomplet. 

(….)

De plus, j’ai expérimenté l’incroyable utilité de l’expertise. L’une des tâches principales du journaliste est de distinguer les experts des pseudo-experts et de savoir leur parler pour ensuite traduire leurs propos pour le lecteur non initié. Cela transforme les perspectives. Un ensemble de faits peuvent sembler univoques, ou unidimensionnels, jusqu’à ce qu’on ait affaire à un expert.

Dès mon plus jeune âge, je me suis accroché à l’idée que le christianisme a foi en la vérité. J’ai toujours aimé la façon dont Jésus défendait la vérité. « Je suis le chemin, la vérité et la vie », dit-il en Jean 14.6. Il a promis que son Esprit nous « guidera dans toute la vérité » (Jean 16.13). Alors que son exécution était proche, Jésus a dit à Ponce Pilate : « Je suis né et je suis venu au monde pour rendre témoignage à la vérité » (Jean 18.37). Ailleurs dans l’évangile, le Christ affirme que « la vérité vous rendra libre » (Jean 8.32).

Il y a aujourd’hui beaucoup de contraintes qui compliquent la recherche de la vérité pour la plupart des gens. Être journaliste m’a libéré et équipé pour cette tâche.

La plupart des gens fondent leur point de vue sur le monde en fonction des groupes qu’ils fréquentent et ceux auxquels ils appartiennent. Ces groupes façonnent leur identité : leur famille, leur Église ou leur groupe d’amis, leur parti politique, leur milieu professionnel. Plus que cela, leur groupe détermine l’histoire dans laquelle ils croient vivre.

La vision du monde et « l’histoire » d’une personne filtrent ensuite les informations qu’elle absorbe et celles qu’elle rejette. Quel que soit le groupe auquel vous appartenez, il vous punira pour avoir cru ou dit les « mauvaises » choses et vous récompensera pour avoir soutenu ce qu’il défend. Ce problème existe dans tous les groupes, y compris dans le journalisme. (….)

Cependant, le journalisme est l’un des rares cercles dans lequel prendre la parole contre son propre camp, contre le consensus de sa propre culture, est généralement encouragé et récompensé. (….)

Il existe d’autres groupes semblables, des milieux professionnels attachés à ce que l’ancien directeur de la CIA, Michael Hayden, appelait « les valeurs des Lumières : collecter, évaluer et analyser des informations, puis diffuser les conclusions pour utilisation, étude, ou réfutation ».

Dans son livre The Constitution of Knowledge (« La constitution de la connaissance »), Jonathan Rauch note qu’aux côtés du journalisme les mondes de l’érudition, de la science, de la recherche, de l’analyse statistique, de la réglementation et du droit mettent tous ces valeurs en avant.

J’ai eu une carrière variée. Pendant huit ans, j’ai travaillé pour un journal conservateur, The Washington Times. Ensuite, j’ai passé un an et demi à aider Tucker Carlson à lancer le Daily Caller. Ensuite, j’ai travaillé pour un site internet orienté plus à gauche, The Huffington Post. Et depuis plus de sept ans, je travaille pour Yahoo! News. Mon passage au Washington Times a donné le ton à ma carrière. À certains égards, ce journal était marqué par des biais institutionnels mis en place par les propriétaires et les principaux rédacteurs. Mais ceux d’entre nous qui étaient affectés aux actualités étaient farouchement déterminés à suivre les faits où qu’ils mènent.

J’ai toujours suivi cette règle au cours de mes deux décennies de journalisme, et voici ce qui me paraît crucial : l’industrie, dans l’ensemble, a récompensé cette attitude.

J’ai été libre d’écouter, de creuser, d’être d’accord ou non, et de suivre la piste où que mènent faits. Ainsi, je suis en quelque sorte payé pour marcher dans une direction chrétienne, celle qui reste à l’écart des arguments motivés par l’idéologie ou l’appartenance à un groupe.

Comme l’a dit Martin Luther King Jr., les chrétiens devraient toujours constituer une présence prophétique dans le monde, plutôt que d’être redevables à un pouvoir, une principauté ou un parti politique. [En clair refuser d’être réduits à n’être que des « prophètes de cour », à l’instar des prophètes d’Achab dans 1 Rois 22]« L’Église doit se rappeler qu’elle ne doit pas être le maître ou la servante de l’État, mais sa conscience », déclarait King. « Elle doit être le guide et le critique de l’État — jamais son instrument. Tant que l’église sera un instrument de l’État[ou d’un quelconque politicien], elle sera incapable de fournir ne serait-ce qu’une once de pain aux hommes du milieu de la nuit ».

(…..)

Plus on se tient à l’écart des pouvoirs politiques, des partis et des groupes, plus on est libre de rechercher la vérité où qu’elle mène. Et plus on poursuit la vérité, plus on distinguera les nombreux domaines où pourrait s’exprimer une critique constructive, quel que soit le bord idéologique. C’est cela que signifie avoir un pied dans le royaume de l’homme et un pied dans le royaume de Dieu : être une sorte de marginal, vivant toujours à la frontière, comme le met en évidence l’artiste Makoto Fujimura.

Les chrétiens devraient être prêts à franchir de nombreuses frontières. Ils devraient appartenir à des partis tout en se tenant à l’écart. Ils devraient même parfois passer d’un parti à l’autre, sans jamais prêter une allégeance inconditionnelle à l’un ou à l’autre. Ils devraient être profondément investis dans le travail pour le bien de leur pays et de ce monde, tout en se rappelant que leur citoyenneté est au Ciel et que leur espérance est en Christ, quoiqu’il arrive.

En traversant différentes frontières pour accroître leur capacité de compréhension et démasquer les mensonges, en particulier ceux véhiculés par des caricatures réductionnistes et des confusions trompeuses, les chrétiens peuvent être des agents de vérité, de nuance et de guérison. Ils peuvent avoir un impact positif sur la culture plutôt que d’y semer la guerre.

Lire l’intégralité de l’article ici.

Jon Ward est correspondant national principal de Yahoo! News, auteur de Camelot’s End et animateur du podcast The Long Game . Son deuxième livre, Testimony — récit d’une éducation évangélique et de son entrée dans le journalisme — doit être publié en avril 2023 par Brazos Press.

Aller plus loin : Pour une vision chrétienne du journalisme, « laissez-vous conduire par l’Esprit Saint ».

« Les Armes de la lumière » : Un film pour réfléchir à la position « pro-armes et pro-vie ».

« Les Armes de lumière » (2015), bande annonce officielle

« Vous confondez, sergent ! On ne soigne pas des blessures avec de la poudre…On les fait !… » (Les Tuniques Bleues, tome 15 : Rumberley de Lambil et Raoul Cauvin. Dupuis, 1979)

La Cour suprême des États-Unis, la plus haute juridiction américaine, a consacré le droit au port d’armes dans l’espace public, dans un arrêt rendu le 23/06, déclarant inconstitutionnelle une loi de l’État de New York conditionnant la possession d’armes à feu à la détention d’un permis, ce qui limitait ainsi le droit de porter une arme en public.

Dans ce contexte, il est bon de rappeler qu’en 2015, une petite-nièce de Walt Disney et un évangélique ont osé baisser la garde pour aborder ensemble les rapports entre évangéliques, armes à feu, peur et nécessité d’aller à la rencontre de l’autre. Une passionnante et stimulante interview croisée d’Alissa Wilkinson, datant du 22/06/22, à lire en français dans Christianity Today.

Le film The Armor of Light (« Les armes de la lumière ») a commencé à tourner dans les festivals au printemps 2015. Depuis lors, ce documentaire abordant le débat sur les armes à feu dans le contexte de l’évangélisme américain et du mouvement pro-vie n’a fait que gagner en pertinence. La réalisatrice Abigail Disney se décrit comme une « féministe pro-choix », mais elle a grandi dans le contexte politique conservateur de sa famille (oui, ces Disneys-là — Walt était son grand-oncle). Son intérêt pour la question est à la genèse du film.
Le film (qui tire son nom de Romains 13.12) suit le révérend Rob Schenck, plus connu pour son engagement intense en tant que militant pro-vie au début des années 1990. Au moment de participer à ce documentaire, Schenck était président de Faith and Action à Washington, D.C. et de la Evangelical Church Alliance. À la suite d’une fusillade de masse survenue non loin de chez lui, il a commencé à s’interroger sérieusement sur son point de vue sur la violence et la politique en matière d’armes à feu et sa relation avec sa position ferme sur l’avortement : est-il possible de se dire pro-vie en matière d’avortement et d’être en même temps pro-armes ?

Il rencontre alors Lucy McBath, une chrétienne dont le fils adolescent, Jordan Davis, a été abattu alors qu’il n’était pas armé. Ce cas a fait beaucoup de bruit dans les débats sur les lois protégeant les droits à l’autodéfense (« Stand Your Ground ») en Floride. Une amitié se développe entre eux, ce qui incite Schenck à entamer une série de conversations à travers le pays avec des leaders évangéliques, se demandant si être pro-armes et pro-vie sont des positions compatibles.

Le film donne matière à réflexion. Il est parfois inconfortable. [L’on ne peut] pas imaginer que quiconque, quelles que soient ses croyances, ne puisse le voir sans en retirer quelque chose à considérer sérieusement. Et bien que The Armor of Light soit indéniablement bien fait et convaincant, [le plus frappant] est son portrait incroyablement sensible et nuancé de Schenck et des autres évangéliques avec lesquels il interagit.
Alissa Wilkinson partage avoir eu le plaisir de s’entretenir avec Abigail Disney et Rob Schenck, qui restent ancrés dans leurs opinions politiques respectives (et opposées) — Disney est toujours une féministe pro-choix, et Schenck un évangélique pro-vie — mais dont l’amitié et le respect mutuel sont palpables même au téléphone. (Le texte de l’interview qui suit a été légèrement modifié pour plus de clarté.)


La genèse du projet
Christianity Today : Comment vous êtes-vous retrouvés tous les deux impliqués dans ce projet ?

Abigail Disney : J’avais entendu parler de la problématique des armes à feu depuis très longtemps et je me demandais quel serait le moyen d’amener les gens à en parler et à réfléchir à cette question — non d’une manière enflammée, mais dans un réel dialogue. L’idée était d’éveiller les consciences et d’apporter quelque chose d’une nouvelle contribution au débat. Tout ce que nous faisons, c’est tourner et retourner quatre ou cinq mêmes idées.

Les chrétiens évangéliques au sein du mouvement pro-vie ont généralement une vision du caractère sacré de la vie que je trouve magnifique. Même si je suis moi-même une féministe pro-choix, je soutiens la vie. Je me suis vraiment demandé comment cela pouvait coexister avec certains discours sur les armes à feu, qui sont si désinvoltes à l’égard non seulement des armes à feu, mais aussi dans le langage utilisé à propos du fait d’ôter la vie humaine ; à mes yeux c’est parfois un peu une culture à la Die Hard. Je ne comprends pas comment ces deux choses s’accordent, alors je suis allée chercher des gens avec qui parler de cela.
J’ai parlé à trois ou quatre autres personnes avant de rencontrer Rob. Rob m’a vraiment écoutée, et a vraiment entendu ce que j’avais à dire. De toute évidence, il était plus nuancé que moi. Une seule conversation a suffi pour susciter son attention. Il a reconnu qu’il y avait une incohérence, et que c’était important. Ainsi, à partir de cet échange, une conversation beaucoup plus large s’est engagée avec le film.

Rob Schenck : Je dois ajouter que ce n’était pas la toute première fois que je reconnaissais la contradiction entre les valeurs que tant d’évangéliques défendent sur le caractère sacré de la vie et la position qu’ils adoptent sur l’utilisation des armes à feu pour leur défense personnelle. Dans mon esprit, il y a une différence importante entre quelqu’un qui utilise une arme à feu pour la chasse ou le sport, et quelqu’un qui possède une arme et pense l’utiliser pour tuer ou mutiler un autre être humain. C’est une question éthique différente.
Cela m’avait donc traversé l’esprit. Dans le film, nous montrons une expérience avec une famille amish en Pennsylvanie qui avait soulevé des questions dans mon cœur et mon esprit, mais je n’y ai d’abord accordé aucune attention particulière. Je l’ai en quelque sorte compartimentée. La question des armes appartenait à un espace différent de celui de mes questions sur le caractère sacré de la vie humaine naissante.
C’est comme ça que j’ai vécu avec ça jusqu’à ce qu’Abby propose d’en faire un examen minutieux dans ce film. Cela m’a semblé très nécessaire et important à la fin de cette conversation, mais aussi très effrayant. Je connaissais l’univers de ceux qui composaient les associations que je présidais, et je les ai sondés, environ 100 000 personnes. 95 % d’entre eux s’alignaient sur la position de la NRA à propos des armes à feu et d’une interprétation sans restriction du 2e amendement à la Constitution.
Je savais que des personnes au sein de mon organisation me disaient de ne pas aborder le sujet, de ne pas y réfléchir. Il m’a donc fallu du temps, cinq ou six semaines, pour envisager cela, dans la prière et en mon for intérieur, avant de le prendre en considération à l’intérieur de mon organisation et à l’extérieur. Finalement, j’ai parlé à une personnalité chrétienne conservatrice importante qui m’a dit : « Si c’est vraiment votre conviction, vous devriez la rendre publique ».
C’est à partir de là que je me suis autorisé à prendre ce risque, et cela s’est effectivement avéré assez risqué. Pas de la façon dont je m’y attendais, mais il y a assurément eu des difficultés.


CT : Vous étiez inquiet de perdre des ressources et des membres de votre organisation, n’est-ce pas ?

RS : Exact. Et nous avons enregistré des pertes. Nous avons eu quelques donateurs importants qui ont dit qu’ils ne soutiendraient plus notre organisation ou moi. Mais en réalité, la perte qui me préoccupe le plus, ce sont les amitiés. J’entretiens certaines amitiés profondes de vingt ou trente ans, et j’ai perdu des amis à cause de cela. Pour moi, c’est le plus grand prix à payer.

Amitié et choix de la paix
CT : L’amitié occupe une place importante dans ce film ; les véritables progrès dans la vie sociale passent par l’amitié. Quelque chose vous a-t-il surpris à propos de l’amitié alors que vous travailliez sur ce sujet ?

RS : Tout d’abord, si vous m’aviez demandé il y a dix ans si j’aurais l’amitié que j’ai avec une féministe pro-choix et de gauche — une militante féministe très progressiste qui soutient de nombreuses organisations auxquelles je m’oppose depuis trente ans maintenant — je pense que j’aurais été ouvert à cette idée. Mais je n’aurais eu aucune idée de la façon dont cela aurait pu se produire. Je considère comme un précieux cadeau de Dieu le fait d’avoir une amitié avec Abby ; sur de nombreux sujets, cela m’apporte une perspective que je n’aurais pas eue autrement.

CT : Quel genre de perspectives ?

RS : Pour commencer, sur la question des armes à feu bien sûr. C’est une préoccupation éthique et morale primordiale pour moi et pour d’autres. C’est une grande question pour le mouvement évangélique et l’Église dans son ensemble, pour toute notre société. Je n’aurais pas sorti cela du secret de mon cœur sans la douce incitation d’Abby. C’est une conséquence de notre collaboration professionnelle et de notre amitié.
Par ailleurs, si vous m’aviez demandé il y a trois ans si je me souciais vraiment des femmes concernées par la question de l’avortement, j’aurais répondu oui. Mais cela aurait été théorique. En réalité, je ne m’en souciais pas, et c’est une prise de conscience très importante pour moi.
En discutant avec Abby, j’ai pris conscience d’un élément de l’équation que j’avais négligé : la personne que je décris comme la mère de l’enfant, la personne qui paie le plus lourd tribut à l’avortement, n’était pour moi qu’un facteur secondaire. C’était juste une forme de mépris. J’ai dû admettre moi-même que je n’avais pas pris en compte tous les paramètres du problème. Et c’est un autre cadeau d’Abby.
Mais la chose la plus importante que j’ai reçue d’Abby est probablement de changer mes stéréotypes sur les militants progressistes. J’ai toujours essayé de progresser en la matière, et je n’ai pas réussi moi-même, mais j’y suis presque grâce à mon amitié avec Abby. Je suis une personne plus intègre et plus fidèle à l’Évangile. Le Christ est resté attaché à la vérité, mais n’a pas non plus eu de mépris pour ceux qui l’entouraient. Je veux être plus semblable au Christ, et Abby m’y aide.


CT : Waouh. C’est génial.

AD : Oui, vraiment ! Je n’aurais jamais imaginé qu’une amitié puisse naître de cette façon.

Lire la suite de l’interview

Comment il est possible de « se séduire soi-même », selon 1 Jean 1v8

Le début de la première lettre de Jean concerne le rapport à la vérité et la façon dont nous pouvons nous replacer dans la justice de Dieu, en étant réaliste quant à ce que nous vivons vraiment intérieurement (Source image : public domain pictures)

« Si nous prétendons être sans péché, nous nous trompons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous » (1 Jean 1v8)

« J’étais démoralisé parce que je me disais que s’il croyait vraiment à ces histoires, c’était qu’il avait perdu le contact avec la réalité », a témoigné le 13 juin l’ex-procureur général des États-Unis Bill Barr, rencontré par les membres de la commission dite du « 6-Janvier »(1), laquelle enquête sur la responsabilité de l’ex-président Donald Trump, battu aux dernières élections, dans l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021.

Il ressort des travaux de cette commission que Donald Trump savait que ses accusations de fraude électorale, qui ont encouragé l’assaut, étaient erronées. L’ancien procureur général des États-Unis (à la tête du département de la Justice) William Barr a affirmé avoir tenté de l’en convaincre dans son témoignage rendu public. Même après avoir été informé à répétition par son entourage, par les membres de sa famille, par plusieurs de ses conseillers juridiques et par des membres de son équipe de campagne que la théorie de la fraude électorale ne supportait pas la réalité des faits, Donald Trump a continué à prétendre l’existence d’une « élection volée » par les démocrates dans le seul but de mobiliser ses troupes et de tenter de renverser le gouvernement, légalement élu, de Joe Biden.  Ce « grand mensonge » est aussi devenu un levier pour le populiste afin qu’il tire des millions de dollars des poches de ses fidèles pour soi-disant contrer ce « vol » devant les tribunaux. Y compris en alimentant un « fonds officiel de défense des élections » qui… n’a jamais existé, a-t-on appris lundi matin 13 juin, au deuxième jour des audiences publiques de la commission parlementaire.

Le « grand mensonge » était aussi « une grosse arnaque », a résumé la démocrate Zoe Lofgren, représentante de la Californie et membre de cette commission d’enquête(1).

Cette affaire en cours me rappelle la question d’un internaute, posée sur le site 1001 questions : « Que veut dire « se séduire soi-même » en 1 Jean 1,8 ? »

Dans la réponse donnée, il est rappelé que le début de la première épître de Jean concerne le rapport à la vérité, et la façon dont le chrétien peut se replacer dans la justice de Dieu en étant réaliste quant à ce qu’il vit vraiment intérieurement. 

Dans ce registre, Jean insiste sur l’illusion que nous pouvons avoir d’être « sans péché ». Au sens du classique « Moi, Monsieur, je n’ai pas tué, je n’ai pas volé ». Se mentir à soi-même est une illusion. C’est ce que Jésus a pointé en maximisant les dix commandements dans son Sermon sur la montagne, et en montrant qu’une parole pouvait être un meurtre, qu’un regard pouvait être un adultère. 

Jésus ne voulait pas dire qu’il fallait lapider les gens pour un regard (ce qui pourrait être le désir de certains extrémistes), mais il veut nous aider à creuser toujours plus profond du côté des racines de notre péché.  

Le péché est un acte. Mais il est plus profondément un projet, et plus profondément encore une intention, et plus profondément une frustration… 

Se séduire soi-même c’est donc imaginer que notre gestion des apparences, notre image sociale de personne « bien sur soi », suffit à ne pas être un pécheur. Quelle hypocrisie ! Et c’est vraiment une séduction où nous sommes dans un marché de dupes, car nous créons un mensonge et nous croyons au mensonge qu’on a créé.

Bref, c’est de la bonne conscience pour pas cher, et c’est ce qu’on appelle, techniquement la « mauvaise-foi ».

L’enjeu spirituel est de taille, car « si nous reconnaissons nos péchés, nous pouvons avoir confiance en Dieu, car il est juste : il pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout mal. Si nous prétendons que nous n’avons pas commis de péché, nous faisons de Dieu un menteur et sa parole n’est pas en nous » (1 Jean 1v9-10

Note :

(1) Cf Le «grand mensonge» de Trump sur les élections de 2020 passé au crible

Voir aussi États-Unis. Assaut du Capitole : Trump a persévéré dans ses “mensonges” malgré les alertes de ses proches

Depuis le début de son enquête, cette commission dite du « 6-Janvier », composée de sept démocrates et deux républicains, a entendu près de 1 000 témoins, dont deux enfants de l’ancien président, pour faire la lumière sur les faits et gestes de Donald Trump après l’élection de 2020. Elle assure avoir épluché plus de 100 000 documents, dont des courriels, SMS et photos officielles de la Maison Blanche, et a envoyé une centaine d’assignations à témoigner.

Assemblée nationale : quand les parlementaires vont devoir (ré)apprendre à  parlementer

Un parti sans majorité absolue à l’Assemblée nationale, c’est grave ?…

Les législatives, avec 54 % d’abstention, aboutissent à une Assemblée inédite : une « assemblée éclatée façon puzzle », pour reprendre une expression du journaliste Pierre Januel, qui nous livre une analyse des enjeux de ces élections sur Dalloz actualités(1).

L’alliance « Ensemble » qui soutient le gouvernement n’a en effet obtenu qu’une majorité relative, avec 246 sièges sur 577. Face à elle, trois blocs antagonistes : la Nupes (142 députés) – qui apparaît comme la première force d’opposition à Emmanuel Macron – 70 députés de droite et l’extrême-droite, qui fait un score sans précédent avec 89 députés. 

Ce score s’explique en partie par l’effritement du « front républicain », soit l’appel à voter pour les adversaires de l’extrême droite. Sur le plateau de France 2 dimanche soir, le sondeur Brice Teinturier (Ipsos) indiquait que les électeurs d’Ensemble ! s’étaient majoritairement abstenus (72 %) en cas de duel entre la Nupes et le RN. 16 % des électeurs d’Ensemble ! se sont reportés sur la Nupes et 12 % sur RN. Toujours en cas de duel Nupes/RN, 58 % des électeurs des Républicains se sont abstenus mais 30 % ont choisi de voter pour le RN et seulement 12 % pour la Nupes(2).

La nouvelle Assemblée, dont près de la moitié des membres seront de nouveaux élus (dont un grand nombre de députés de l’opposition sans expérience), sera également divisée en une dizaine de groupes parlementaires.

Mais, remarque Pierre Januel(3), « plus que de ne pas avoir de majorité parlementaire, le problème du gouvernement est qu’il a une majorité contre lui. Les scrutins risquent donc de devenir incertains, à commencer par, dès mardi prochain, celui sur la présidence de l’Assemblée, rendue vacante par la défaite de Richard Ferrand. (…) Viendra ensuite mercredi l’élection du reste du bureau (…). En l’état, s’il obtient la présidence de l’Assemblée, le groupe Renaissance (ex-LREM) ne devrait avoir qu’un questeur (sur trois) et deux vice-présidents (sur six). Le RN, LFI et LR pourraient se partager les autres postes importants du bureau, ne laissant que les postes de secrétaires aux autres groupes et une vice-présidence au Modem.

Jeudi seront également élus les présidents de commission. Le poste le plus prisé est à la commission des finances. Son président à la main sur la recevabilité financière des amendements (sur délégation du président de l’Assemblée) et dispose de larges pouvoirs de contrôle. Seul peut être élu le membre d’un groupe d’opposition. Le Rassemblement national revendique déjà le poste (4). Mais la NUPES, qui, regroupée, dispose de plus de voix, est mieux positionnée pour l’emporter, sauf alliance à droite.

(…) La majorité d’Ensemble est également menacée en conférence des présidents qui se réunit hebdomadairement. Or c’est cette dernière qui fixe l’ordre du jour des semaines de l’Assemblée (deux semaines sur quatre, dont une dédiée prioritairement au contrôle). Un accord de l’opposition pourrait permettre de bouleverser le calendrier parlementaire. La majorité n’a plus non plus la main sur les réformes du règlement. Or les oppositions peuvent plus facilement se retrouver sur des questions de principes démocratiques, permettant ainsi de détricoter certaines parties du règlement. Les conférences des présidents des deux assemblées peuvent également contester l’engagement de la procédure accélérée ou le contenu de l’étude d’impact d’un texte ».

Ceci dit, un parti sans majorité absolue, est-ce grave ?

En réalité, analyse Paul Ackermann, correspondant du journal suisse Le Temps à Paris, « une opposition solide est primordiale dans une démocratie. La démocratie ne fonctionne pas longtemps sans une opposition qui pèse vraiment, une force qu’on est obligé de prendre au sérieux, à laquelle on doit vraiment répondre, y compris par des actes et des mesures. Le pouvoir doit rendre des comptes, il devient meilleur quand il est surveillé, “challengé” comme diraient les startupers chers à Emmanuel Macron. Sans réelle opposition parlementaire et politique, le risque est que le parti au pouvoir aggrave ses travers, s’obstine et aille trop loin. Ou, pire, que les frustrations, il y en a beaucoup en France, n’aient pas d’autre choix que le chaos pour s’exprimer. Jusqu’à la prochaine élection, où le pire serait à craindre… » (5) 

Emmanuel Macron a rencontré mardi et mercredi les responsables des principaux partis politiques qui siègent à l’Assemblée nationale « afin d’identifier les solutions constructives envisageables au service des Français », a déclaré l’Élysée à l’AFP. Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a dit avoir invité le président, lors de son échange avec celui-ci, à entrer dans une phase….« beaucoup plus parlementaire » de l’exercice du pouvoir !

Prenant « acte » du choix des Français aux législatives, Emmanuel Macron a d’ailleurs reconnu et constaté, dans son allocution télévisée de ce mercredi soir, « qu’aucune force politique ne peut aujourd’hui faire les lois seule ». La responsabilité du camp présidentiel est « donc de s’élargir », en apprenant à « gouverner » et à « légiférer différemment »(6).

Et ce, d’autant plus que « le système politique français vient de changer de nature. Nous entrons en régime parlementaire ! », constate le journaliste catholique Patrice de Plunkett, dans son édito matinal à RCF, Radios chrétiennes de France(7). « Pour la première fois [dans l’histoire de la Ve République], la composition du gouvernement sera le produit, non du bon plaisir de l’Elysée, mais du nouveau paysage parlementaire… »

Et, ajoute Patrice de Plunkett, « la Ve République prend un tel virage qu’on peut se demander si nous ne sommes pas en train de basculer dans une VIe Républiquequi risque fort de ressembler à ce qu’avait été la IVe, dont peu de gens se souviennent aujourd’hui mais qui fut le régime de l’instabilité chronique (…) Ce qui annonce une époque de négociations permanentes, de motions de censure [les Insoumis ont annoncé la première pour début juillet], de gouvernements renversés [L’article 49 al. 3 ne devrait pas souvent être sollicité] et d’élections anticipées  : nos grands-parents connaissaient tout ça par cœur, mais pour nous ça va être une découverte.…. »(7)

En clair, nos parlementaires vont devoir (ré)apprendre à  parlementer…

Car, si les institutions de la Ve République opposent souvent les blocs, le dialogue reste parfois le seul chemin pour dégager des majorités stables.

 « Problème », souligne Paul Ackermann : on l’a bien vu dimanche soir dans les réactions des principaux concernés, la culture politique française est complètement étrangère aux notions de consensus et de coalitions larges pour qu’un parlement ainsi explosé puisse fonctionner. Mélenchonistes et Lepénistes se lançaient déjà dans l’invective. Christian Jacob, le patron des Républicains, repoussait toute main tendue pour participer à une majorité élargie. On est loin de la recherche de solutions. Bien gouverner à la proportionnelle, comme en Allemagne ou en Suisse, nécessite une souplesse que la classe politique française va devoir acquérir au plus vite. A défaut, on se dirigera vers des guerres de tranchées qui paralyseront la France ou forceront Emmanuel Macron à présider par la force (on évoque déjà une dissolution dans un an – un pouvoir à usage unique et les exemples récents israéliens et espagnols ont montré que les électeurs opéraient rarement des choix très différents.- et des lois passées par l’article 49.3 de la Constitution, sans débat au parlement). Un ultra-présidentialisme qui mettra de l’huile sur le feu d’une colère populaire qui n’en avait vraiment pas besoin »(8).

 Enfin, beaucoup de commentaires ont été catastrophés du nombre de députés RN : si certains se veulent rassurants [on ne verrait pas souvent les députés RN au palais Bourbon – siège de l’assemblée nationale, sauf au service comptabilité], le fait, pour ce parti, de disposer d’un groupe important, lui donne des droits non négligeables, de nature à contribuer à banaliser ses interventions.

Ainsi, les groupes disposent notamment de collaborateurs, d’une dotation financière (environ 10 millions d’euros pour l’ensemble des groupes), de bureaux ou encore de salles de réunion, et peuvent prétendre à des postes à responsabilité (au Bureau de l’Assemblée et au sein des commissions) et ainsi peser dans le travail parlementaire. C’est aussi la garantie d’avoir un temps de parole consacré lors des séances publiques, vu que le règlement de l’Assemblée prévoit que la moitié des questions au gouvernement sont posées par des députés de groupes d’opposition. De quoi permettre aux députés RN de davantage imposer leurs thèmes de prédilection dans le débat politique au Palais-Bourbon. Devinez lesquels !

 « (Les) textes (du groupe RN) n’auront aucune chance de passer, précise Olivier Rozenberg, chercheur à Science Po, spécialiste des Parlements européens. Mais les députés RN pourront, [s’ils sont vraiment assidus], gagner en visibilité, forcer les Républicains, voire La République en marche, à se positionner sur leurs sujets… Ils auront davantage d’outils pour faire des coups politiques. » (9)

Décidemment, comme le dit le proverbe chinois, cité par Patrice de Plunkett dans sa chronique, « nous allons vivre des temps intéressants » ! (10)

Notes :

(1) https://www.dalloz-actualite.fr/flash/l-assemblee-eclatee-facon-puzzle

(2) Reports de voix, profils des abstentionnistes : que nous apprend le second tour des législatives ?

(3) https://www.dalloz-actualite.fr/flash/l-assemblee-eclatee-facon-puzzle

(4) Sous le prétexte d’être le groupe le plus important. Sauf que, selon le règlement pour la commission des finances, la présidence de celle-ci ne revient pas au premier Parti d’opposition mais au député appartenant à un groupe d’opposition qui recueille le plus de voix. A l’évidence, ce sera 89 pour le RN et 150 pour le représentant de la Nupes. Sauf si la majorité vote pour le RN ou LR.

(5) https://www.letemps.ch/opinions/emmanuel-macron-face-besoin-dopposition-democratie

(6) Prendre connaissance de « l’Adresse aux Français » du 22 juin, 20h00

(7) Assemblée nationale : nous allons « vivre des temps intéressants »

(8) https://www.letemps.ch/opinions/francais-imposent-une-proportionnelle-classe-politique-seratelle-hauteur

(9) D’après Le Rassemblement national a assez de députés pour former un groupe parlementaire : voici ce que ça change

(10) Assemblée nationale : nous allons « vivre des temps intéressants »

Ne faites pas d’impair : Dieu est « Père » et pas « mère »

Lectures bibliques

Papa propose un nouveau jeu……

Deutéronome 4:32-40

(….)
Reconnaissez donc aujourd’hui et gardez dans votre coeur cette vérité :
c’est le Seigneur qui est Dieu, là-haut dans le ciel et en bas sur la terre.
Il n’y a pas d’autres dieux que lui.
Respectez ses lois et ses commandements que je vous donne aujourd’hui.
Alors vous et vos enfants, vous serez heureux.
Et vous vivrez longtemps dans le pays
que le Seigneur votre Dieu vous donnera pour toujours.

Romains 8:14-17
Tous ceux que l’Esprit de Dieu conduit sont enfants de Dieu. Et l’Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves qui ont encore peur, mais il fait de vous des enfants de Dieu. Et par cet Esprit, nous crions vers Dieu en lui disant : « Abba! Père ! ». L’Esprit Saint lui-même nous donne ce témoignage :
nous sommes enfants de Dieu. Alors, si nous sommes enfants de Dieu, nous recevrons en partage les biens promis par Dieu à son peuple, et ces biens, nous les recevrons avec le Christ. Oui, si nous participons à ses souffrances, nous participerons aussi à sa gloire.

………..Affronter la réalité ! Par Jim Benton [Piquée » sur le compte twitter de Laurent Descos, 09/05/18]

Message :

Nous découvrons dans ces passages des Écritures qu’il n’est pas du tout insignifiant d’appeler Dieu par un nom ou par un autre. Nous savons qu’il y a des tas de noms pour nommer Dieu, et chacun de ses noms s’appuie sur une identité particulière que nous voulons donner à celui à qui nous nous adressons.
Quand nous prions Dieu comme Tout-Puissant, nous ne prions pas du tout de la même façon que quand nous nous adressons au Christ, qui est passé par l’expérience de la croix. Prier le Dieu Tout-Puissant, c’est reconnaître que tous les possibles appartiennent à Dieu, qu’il est le Dieu de l’impossible qu’il est le Dieu qui peut tout (ce qui ne veut pas dire qu’il fait tout et en particulier qu’il ferait tout ce qu’on lui dit de faire…).
S’adresser à Dieu par un nom ou par un autre, c’est donc qualifier Dieu, de la même façon que l’on ne s’adresse pas sur le même ton à une même personne suivant les contextes. De temps en temps, un journaliste laisse échapper un « tu » à la place d’un « vous » qui dévoile qu’il connaît la personne au-delà de son rôle de journaliste, plutôt dans le registre de l’amitié.
Les protestants ont été appelés très tôt « les tutoyeurs de Dieu ». Non pas qu’il soit mieux de tutoyer Dieu que de le vouvoyer, mais simplement parce qu’en tutoyant Dieu on fait un choix. Et ce choix consiste à dire que la proximité, la confiance et l’intimité d’un « tu » sont plus importantes encore que la déférence et le respect d’un « vous ». Dieu n’a pas voulu être lointain mais bien proche, ce que nous reconnaissons et valorisons par l’usage du « tu »(1).
En qualifiant Dieu de « Père, Fils et Saint-Esprit », nos prédécesseurs dans la foi ont fait des choix très particuliers. Ils ont voulu mettre l’accent sur des facettes de Dieu bien particulières (…)
En choisissant d’appeler Dieu par le nom de Père principalement, les premiers chrétiens ont pris un risque. Il est souvent rappelé que cela a exaspéré nos frères aînés Juifs qu’on puisse appeler Dieu Père. A la rigueur qu’on dise « Dieu est comme un père pour nous », c’était recevable, et le Psaume 103 ne s’en prive pas. Mais l’appeler, le héler, le prier en l’appelant Père, c’était choquant. Car non seulement quand on nomme quelqu’un le nom qu’on lui donne dit des choses sur ce qu’il est, mais en plus, le nom qu’on lui donne décrit aussi comment nous nous positionnons par rapport à cette personne. Si nous nommons Dieu Père, alors cela signifie que nous nous reconnaissons comme enfants. Et c’est très compliqué de dire cela car alors, comment fonctionne cette paternité et cette filiation ? (….)

Paul, à la suite de Jésus-Christ tient fermement sur cette appellation de Dieu comme Père. C’est au cœur de sa foi.
Pourquoi Dieu a-t-il été appelé Père et non pas Mère ? Après tout on pourrait l’envisager ? Eh bien tout simplement parce que c’est bien comme Père que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de Moïse et de Jésus-Christ, se comporte. Laissez tomber d’office l’argument ethnologique comme quoi Dieu serait père parce qu’il serait décrit comme tel dans une société patriarcale. Ce n’est pas là la vraie raison. Il est nommé Père tout simplement parce que le type de relation qu’il a avec l’humain est de l’ordre de la paternité beaucoup plus que de la maternité. Et ce n’est pas une histoire de féminisme ou de machisme. C’est simplement un type relationnel. On est toujours sûr de sa mère, tandis qu’on n’est jamais vraiment sûr de son père. Même avec les analyses ADN. L’être humain est complexe et si la maternité est un lien qu’il faut couper, la paternité est un lien qu’il faut construire. En tant que lien de personne à personne la paternité est beaucoup plus fragile que la maternité parce qu’elle naît d’une parole. Oui, la paternité ne tient qu’à la parole de la mère. On devient père dès que la mère d’un enfant dit à son enfant « C’est lui ton père ». Dès qu’elle le dit par des mots, par des gestes, par des attitudes et par une pratique. Un père est toujours adoptif. Alors bien sûr on souhaite à chacun que son géniteur naisse comme père assez rapidement après la naissance, mais c’est toujours conditionnel.
Dieu n’est pas en relation avec nous dans un mode relationnel où il faut couper un cordon. Il est devant nous comme cette relation paternelle qu’il faut au contraire tisser, construire et faire naître par une parole.
Si vous tenez à tout prix à chercher du maternel dans ce qui fait notre foi, n’allez – de grâce – pas chercher du côté de Marie. Non, la figure féminine qui construit notre foi, c’est tout simplement l’Église, la communauté. Elle est cette matrice, elle est cette mère où nous nous trouvons dès le début, elle exerce cette maternité qui nomme, qui essaye de dire à ses enfants, depuis le plus jeune âge : « Tu sais, tu peux avoir confiance en Dieu car c’est bien lui ton Père ». Quand nous accompagnons des enfants dans leur formation biblique, quand nous prenons soin des uns et des autres au moment où ils essayent de revivifier un lien avec Dieu dont ils sentent bien qu’il ne tient pas très bien, nous exerçons, à notre tour cette fonction maternelle qui essaye de nommer la paternité de celui qui est Père parce qu’il veut adopter tous ceux qui accepteront son amour.
L’enjeu est de taille pour la vie de nos communautés (….)C’est à l’Église que revient la tâche de contredire les mensonges qui courent autour de nous, [à propos de Dieu et à propos du père]……

Lire la suite de la prédication initialement donnée à l’Église réformée du Marais par le Pasteur Gilles Boucomont, le dimanche 11 juin 2006, et disponible sur le blog « Au Nom de Jésus ».

Note : 

(1) C’est ainsi que l’on peut définir un croyant : celui qui dit « tu » à Dieu.

« Le seul avenir de l’abstention, c’est l’autocratie »

Abstention, danger !    

Le battage sondagier autour des législatives des 12 et 19 juin a pu semblé bien timide, comparé à celui de l’avant-présidentielle. Certes, l’exercice s’avère plus délicat sur 577 circonscriptions, mais parlons net : passée « l’élection reine »(sic), le scrutin parlementaire a-t-il aussi peu mobilisé qu’en 2017 (57,4 % d’abstention au second tour) ?   

Réponse : 52,5 % des personnes inscrites sur les listes électorales ne sont pas allées voter dimanche 12 juin. L’abstention atteint ainsi un niveau record pour un premier tour des élections législatives.

Il y a quelque chose de baroque dans cette « monarchie républicaine ». On s’y élève contre une concentration élyséenne indue – et réelle  – du pouvoir, mais on y mise tout sur ladite autorité « jupitérienne » [ce « degré zéro » de la politique se discerne même lors des appels au vote du haut de la chaire, en église, quand il y en a – en soi scandaleux et d’ailleurs interdit – exclusivement focalisés sur « la présidentielle », mais jamais sur les municipales, départementales, régionales, ou législatives, et encore moins européennes]. 

Curieuse manière d’en appeler à la fois à un rééquilibrage des pouvoirs prenant mieux en compte les réalités de terrain, et de bouder le moment d’y pourvoir.   Les députés portent, eux aussi, un double corps, en tant qu’élus d’un territoire et de la nation tout entière. Cette articulation est, par principe, nécessaire à la survie d’une démocratie décentralisée, comme le rappelaient Pierre Dharréville (député communiste depuis 2017 dans la 13ème circonscription des Bouches-du-Rhône) et Barbara Pompili (« marcheuse », ancienne ministre de la Transition écologique dans le gouvernement Castex, de 2020 à 2022) dans le dossier « En notre nom », troisième volet d’une série politique proposée par la Revue Projet.  

Le désamour parlementaire mêle en fait plusieurs aspects, quitte à les confondre. Une représentativité formelle défaillante (plus de 60 % de cadres supérieurs dans l’hémicycle, 39  % de femmes et 450 députés issus de la tranche d’âge 40-69 ans) et un reflet tronqué des fractures partisanes. De là, une légitimité jugée contestable, ajoutée à l’hostilité envers toute forme de représentation. Qu’on se souvienne des Gilets jaunes.    

Tout ceci appelle refonte institutionnelle, meilleure considération du citoyen et nouveau pacte politique. 

Tout, sauf le silence des urnes. Le seul avenir de l’abstention, c’est l’autocratie. 

En toile de fond des dernières élections, une crise de défiance historique entre les Français et leurs élus. Comment faire évoluer le système représentatif pour le rapprocher des attentes des citoyens ? Dans ce dossier à (re)découvrir, 3e volet de la série « Réinvestir la démocratie », la Revue Projet propose un état des lieux sans concessions et ouvre le débat sur les nouveaux enjeux à même de faire renaître la représentation.

Bonne lecture édifiante !

« Plus la voiture coûte cher, moins le conducteur est civique » ou Comment l’expérience du pouvoir change l’individu

« Goofy – Motor Mania » :  un dessin animé dans lequel Dingo incarne l’américain moyen des années 50 au volant d’une voiture : de piéton doux comme un agneau, il se mue en fou du volant…

« Si je suis élu, vous aurez beaucoup de pouvoir, vous n’aurez besoin de personne d’autre. »[“If I’m there, you’re going to have plenty of power, you don’t need anybody else.”]. Ainsi s’adressait Donald Trump aux chrétiens américains, lors d’un meeting dans l’Iowa, en 2016.  Sauf que cet « autre » inclut Jésus et Dieu, estime le théologien catholique William T. Cavanaugh, interviewé, avec le méthodiste Stanley Hauerwas, par l’hebdomadaire protestant Réforme (02/06/22).

Et William T. Cavanaugh de s’inquiéter du fait que certains chrétiens « (soient) prêts, pour consolider une influence sur le déclin et retrouver un pouvoir coercitif, à s’allier avec le pouvoir politique »

Or, comme l’écrivait Montesquieu, « Que quiconque possède le pouvoir ait tendance à en abuser est une vérité éternelle ». 

Scandales financiers, judiciaires, abus physiques, psychologiques ou sexuels dans l’arène politique, médiatique, religieuse ou policière : les exemples d’abus de la part de personnes détenant l’autorité ou du pouvoir sur autrui ne manquent pas.  

Posséder un pouvoir social, est-ce vraiment se préparer à aller trop loin et en abuser ? Ne pourrait-on plutôt considérer que celles et ceux qui aspirent intensément au pouvoir cocheraient déjà les cases du profil à risque, à cause de certains traits individuels comme le narcissisme le machiavélisme ou la psychopathie ?  

On ne peut l’exclure, mais réduire l’exercice inapproprié du pouvoir à la simple conséquence de problèmes individuels ne permet pas de rendre compte des transformations qu’il peut produire chez n’importe quel individu lorsqu’il y accède. Plusieurs études montrent en effet que quiconque fait l’expérience du pouvoir adopte un état d’esprit particulier qui pourrait favoriser des comportements plus autocentrés et moins civils. Repérer les risques du pouvoir n’est donc pas inutile, pour ceux qui l’exercent… ou le subissent.

Parmi ces effets : 

 Une moindre capacité à se mettre à la place d’autrui

 La reconnaissance des émotions qui se lisent sur les visages

 « Plus la voiture coûte cher, moins le conducteur est civique »

 La désinhibition

Certes, il s’agit d’expérimentations limitées et d’études qu’on ne peut directement appliquer au comportement de tel ou tel personnage politique.

Cependant, on observe que l’histoire politique est émaillée d’exemples de métamorphoses que l’accès au pouvoir semble avoir provoquée (on parle parfois de syndrome d’hubris – ou de démesure).  Au laboratoire ou dans l’arène politique et sociale, ces faits font écho d’une certaine manière aux théories de Montesquieu, dont une partie de l’œuvre était justement consacrée à préconiser une division des pouvoirs afin d’en prévenir les effets les plus pernicieux.

En clair, un pouvoir partagé, exercé pour une durée limitée, et qui rend des comptes.  

Lire le détail de l’analyse.

« La Parole de Dieu pour toi » : Exode et Proverbes

« La Parole de Dieu est pour toi » : un choix judicieux de premiers titres de commentaires bibliques pour s’en convaincre !
(Source image : BLF éditions)

«Avez-vous compris tout cela ? » leur demanda Jésus. « Oui », répondirent-ils.  Il leur dit : Ainsi donc, tout spécialiste des Écritures qui devient disciple du royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes. » (Matt.13v51-52. NFC)

Tu as certainement lu ou entendu dire quelque part : « Puisque les Écritures se suffisent à elles-mêmes, pourquoi avons-nous toujours besoin de sources extérieures pour interpréter et actualiser ? »

Etre persuadé que l’Ecriture est « sans erreur » ne signifie pas que la Bible soit un livre toujours facile à interpréter et à actualiser. Il est donc toujours utile de lire les commentaires des théologiens – lesquels ne sont ni inspirés, ni à mettre sur le même plan que la Bible – quand ils arrivent à être moins compliqués que le texte qu’ils commentent !

Bonne nouvelle : tu t’en doutais certainement, mais « la Parole de Dieu (est) pour toi » – quel que soit ton âge, ton niveau de connaissances bibliques, que tu sois jeune chrétien ou affermi dans la foi – et pas uniquement pour les spécialistes. 

C’est aussi le titre d’une « nouvelle » collection de commentaires se voulant « bibliques », « pratiques » et « pour tous », traduite en français et édités par BLF.

Chaque titre peut se lire « comme un livre normal à lire passionnément et rapidement », comme le précise son introduction, pour s’ « émerveiller devant le panorama de l’enseignement d’un livre biblique ».

Il peut aussi s’apprécier comme un livre de méditation quotidienne, propre au « culte personnel ». A cette fin, chaque chapitre se divise en deux ou trois parties plus courtes, d’une taille adaptée pour être lues rapidement après avoir étudié par soi-même le texte biblique. Suivent, en fin de chaque partie, les questions « réfléchir pour agir » pour nous aider à vivre et à appliquer la Parole de Dieu.

Enfin, le commentaire peut être lu comme un outil pour s’équiper à l’enseignement de la Bible dans les divers contextes propres à chacun.

Deux titres sont disponibles depuis mercredi 25/05 – deux beaux volumes en rouge, conçus pour durer – reçus en service presse de la part de l’éditeur, que je remercie : « Exode pour toi » de Tim Chester et « Proverbes pour toi » de Kathleen Nielson.

Un choix judicieux, car l’Exode est un récit de libération et de la naissance d’un peuple, tandis que les Proverbes nous parlent de la sagesse selon Dieu. J’ai notamment apprécié le parti pris de l’auteure du deuxième commentaire d’exposer le développement logique du livre plutôt que thématique.

Plus précisément, comme me l’a expliqué BLF, que je remercie pour toutes les réponses apportées à mes questions, le choix de ces deux premiers titres, pour faire connaître la collection en France, « s’est fait par rapport à notre lien avec Evangile 21 qui est coéditeur de ces livres. Une conférence a eu lieu [fin mai] à Genève, sur le thème de l’Exode. Cela explique notre choix de commencer la collection avec ce titre. D’autre part Kathleen Nielson (auteure de Proverbes pour toi) était oratrice à cette même conférence. Cela a donc orienté notre choix pour le deuxième titre ».

Cette collection est « nouvelle », avec des guillemets. Elle n’est, en réalité, « pas si nouvelle » que cela, puisqu’il s’agit effet d’une traduction de l’anglais de la collection « God’s word for you », publié par « The Good Book Company ».

« La Parole de Dieu pour toi » : Le choix du tutoiement, pour le titre de cette collection en français (comme pour mon accroche !), peut surprendre et déstabiliser. Il se justifie pleinement, d’après BLF, « pour que le lecteur se sente concerné personnellement en tant qu’individu », de sorte « qu’il sache que cela est pour lui ».

Quant au slogan de promotion de la série [« Même l’Ancien Testament peut vous émerveiller »], cela part d’un constat de la part de l’éditeur. « Les chrétiens ont souvent plus de mal à être émerveillés par l’Ancien Testament et à y voir toutes les richesses et les manifestations de la gloire, la puissance ainsi que la grâce de Dieu. Pourtant c’est bien le cas ! »

Une série à découvrir pour s’en convaincre !

Les prochains volumes de la collection seront: Juges, Ruth, 1 et 2 Samuel.

En bref :

« Exode pour toi », de Tim Chester. BLF éditions, 2022

Présentation de la collection
Préface à l’Exode
Introduction

Chapitre 1 – Exode 1 et 2 Un peuple et une terre
Chapitre 2 – Exode 3 et 4 L’importance d’un nom
Chapitre 3 – Exode 5 et 6 Quand la situation s’aggrave au lieu de s’améliorer
Chapitre 4 – Exode 7 à 11 Dieu contre le pharaon
Chapitre 5 – Exode 12 et 13 Libéré pour servir
Chapitre 6 – Exode 14.1 à 15.21 Passer sur la rive Est
Chapitre 7 – Exode 15.22 à 17.7 Ronchonnements ou reconnaissance? 
Chapitre 8 – Exode 17.8 à 19.6 Un beau-père, une mission et de la sagesse 
Chapitre 9 – Exode 19.7-26 et 20.18-26 Rencontre sur la montagne de Dieu
Chapitre 10 – Exode 20 à 24 La loi de Dieu et la vie en Christ
Chapitre 11 – Exode 25 à 27 Retrouver le chemin de la maison
Chapitre 12 – Exode 28 à 30 La garde-robe du prêtre
Chapitre 13 – Exode 32 Le veau d’or et le Dieu de miséricorde
Chapitre 14 – Exode 33 et 34 Montre-moi ta gloire
Chapitre 15 – Exode 31 et 35 à 40 Un avant-goût de la gloire de Dieu

Appendice: Carte de l’Exode
Notes

« Proverbes pour toi », de Kathleen Nielson. BLF éditions, 2022

Présentation de la collection
Préface aux Proverbes
Introduction

Chapitre 1 – Proverbes 1.1-7 Rencontre avec la sagesse
Chapitre 2 – Proverbes 1.8 à 3.35 Les voix de la sagesse
Chapitre 3 – Proverbes 4.1 à 6.35 Les deux chemins
Chapitre 4 – Proverbes 7.1 à 9.18 L’appel d’une femme
Chapitre 5 – Proverbes 10 Prêt pour les proverbes?
Chapitre 6 – Proverbes 11.1 à 13.25 Par ici et par là
Chapitre 7 – Proverbes 14.1 à 16.9 L’Éternel au centre
Chapitre 8 – Proverbes 16.1 à 19.29 Vivre dans les contrastes
Chapitre 9 – Proverbes 20.1 à 22.16 Fin du premier recueil de Salomon
Chapitre 10 – Proverbes 22.17 à 24.34 Les paroles des sages
Chapitre 11 – Proverbes 25.1 à 29.27 Reprise de Salomon
Chapitre 12 – Proverbes 30 La crainte de l’Éternel: un regard personnel 
Chapitre 13 – Proverbes 31 La sagesse vécue

Notes

Disponibles dans toutes les bonnes librairies, ici et , ou chez l’éditeur, à l’unité ou en pack.

Anticipez d’offrir un cadeau de Noël aux sans-abri : La Bible de la rue

Le clip vidéo de la Bible de la rue

Et si vous anticipiez dès maintenant d’offrir un cadeau de Noël ? Mais pas n’importe quel cadeau : il s’agit de « la Bible de la rue » !  

Après l’élaboration d’une Bible pour les personnes incarcérées, d’un parcours biblique pour les migrants, de ZeBible pour les jeunes, de la Bible pour les surfeurs…voici maintenant le plus grand projet 2022 de l’Alliance Biblique Française : il consiste dans la création et l’impression d’une « Bible de la rue », à destination des sans-abri. 

Il s’est mis en place à la demande de structures œuvrant auprès des sans-abri [telles : Mission évangélique parmi les sans logis, l’Armée du Salut, Agapé Street….] et désireuses d’avoir à disposition une Bible à leur distribuer. En effet, celles existantes ne répondent malheureusement pas aux besoins de leurs bénéficiaires. L’objectif est que cette Bible de la rue soit disponible à la fin de l’année 2022 pour être distribuée aux sans-abri autour de Noël. Un beau cadeau en perspective !  

Un financement participatif vient d’être lancé pour récolter 30 000 € et financer ainsi 2 000 Bibles de la rue.

Quel sera le contenu de cette Bible ?  

En créant une Bible de la rue, l’intuition est d’avoir un outil qui répond aux besoins des sans-abri. Voici une liste non exhaustive du contenu de cette Bible, élaboré grâce à leurs remarques :  

– Utilisation de la version Parole de Vie, une traduction accessible au plus grand nombre et particulièrement adaptée pour des personnes d’origine étrangère. 

– Impression en caractères augmentés, car les sans-abri n’ont pas toujours un bon accès aux soins et peuvent avoir des problèmes de vue. 

– Mise en place de QR Codes pour renvoyer vers des sites utiles pour les sans-abri (115, Entourage, etc.). 

– Un format avec glissière pour que la Bible soit au maximum protégée des intempéries et que les sans-abris puissent s’en servir pour y ranger des papiers importants.

Pour s’informer du calendrier du projet, comprendre à quoi servira l’argent récolté, et faire un don pour soutenir le projet : La Bible de la rue

Sondage exclusif : « Qui s’intéresse encore à la Bible ? »

Revivez la conférence « Les Français et la Bible », au collège des Bernardins

Les Français ont-ils une Bible chez eux ? La lisent-ils ? Comment considèrent-ils ce texte ? 

Une soirée organisée au Collège des Bernardins, jeudi 2 juin, a présenté en avant-première les résultats du sondage « Les Français et la Bible », publié le 03 juin dans La Croix L’Hebdo.

Cette enquête a été réalisée par l’Ifop pour l’Alliance Biblique Française, en partenariat avec La Croix L’Hebdo, grâce au soutien des Fondations FLAM et Bible & Culture. Elle s’inscrit dans la continuité des précédents sondages menés par l’Alliance Biblique Française en 2001 et en 2010.

Lire le rapport complet de ce sondage.

L’enquête fait apparaître un net recul de la lecture de la Bible et de la connaissance de ses textes et de ses grandes références au sein de la population. Un peu plus d’un quart des Français (27 %) possèdent une Bible alors qu’ils étaient 42 % en 2001. Gautier Jardon, chargé d’études à l’Ifop, dresse le constat suivant :
« Alors que les récits bibliques ont constitué pendant des siècles toute une partie de notre référentiel commun, ils sont en train progressivement de s’effacer des mémoires collectives et n’évoquent plus grand-chose, dans les jeunes générations notamment. Le phénomène de déchristianisation est donc bien plus profond que le seul effondrement de la pratique religieuse. »  

En clair, beaucoup de travail attend l’Alliance Biblique Française, dont le cœur de mission consiste à mettre la Bible à la portée de tous et la transmettre aux futures générations ; créer des ponts entre le texte biblique et la société civile, de sorte que le premier soit lu et compris par le second !

A noter que seul un quart des Français souhaiteraient connaître davantage la Bible (25%), surtout parmi les catholiques déjà pratiquants (67%) ou dans une moindre mesure parmi les protestants (49%). Une majorité des concernés voudraient approfondir leur connaissance de la Bible via de la littérature spécialisée (64%) et une petite moitié via les Églises (44%) mais seulement une minorité par l’école ou l’université (24%).

Revivez plus haut la conférence avec Gautier Jardon (chargé d’études à l’Ifop), le Père Eric Morin (bibliste au Collège des Bernardins), et Kristel Adams (chanteuse). La soirée était animée par Élodie Maurot, journaliste à La Croix.

À l’occasion de la sortie de ce nouveau sondage, l’équipe de l’Alliance Biblique Française est allée à la rencontre des Français. Elle a tendu son micro sur le parvis de l’Église Saint-Sulpice, à Paris, et posé quelques questions aux passants sur leur rapport à la Bible. Le résultat est savoureux :