Les vœux de Pep’s café pour 2017 : pour une joyeuse année, marquée par l’espérance, la résistance et la persévérance !

« Une nouvelle année, et nous sommes vivants aujourd’hui », écrivais-je il y a un an. C’est encore vrai aujourd’hui, à l’heure où je publie le présent article. Et ce blogue aura quatre ans, lundi 09 janvier. Nous fêterons son anniversaire le vendredi 13 janvier.

En 2016, vous avez pu être troublé ou éprouvé, et l’avenir qui se profile ne semble pas rassurant du tout. C’est pourquoi- plus que jamais – il est vital de continuer à vivre, en témoin véritable et en fidèle disciple de Jésus-Christ, à contre-courant de ces deux mensonges du XXIe siècle, qui semblent s’imposer tels des rouleaux compresseurs : le seul « nous n’y pouvons (plus)rien » (conduisant au déterminisme et au fatalisme, avec une absence de foi et de confiance) et le seul « tout nous est possible » (avec une absence de garde-fou).

 

Et pour 2017, je vous souhaite :

Une nouvelle année : « nouvelle », de qualité, et promesse de pouvoir « repartir à zéro ».

Une nouvelle année joyeuse, pleine d’espérance : plus dans le retour certain de Jésus-Christ que « dans les prochaines élections » ou dans « les messies politiques », « les hommes(ou les femmes) fort(e)s »(1).

Une nouvelle année marquée par la persévérance : surtout, « ne te lasse pas en faisant le bien »(Gal.6v9), même si le contexte n’est pas favorable à cela. Et « persévère dans l’amour fraternel » (Hébr.13v1)

Une nouvelle année marquée par la vigilance, la prudence(ou la sagesse) et la résistance, à contre-courant de l’uniformisation ambiante, et des « sophismes »(sagesses qui ne le sont que d’apparence)de ce siècle : le pragmatisme et l’utilitarisme(2) (cf Rom.12v2).

Une nouvelle année marquée par la sécurité : pas ces « petites sécurités » bien commodes mais illusoires que sont « les enfers tranquilles ». Mais la meilleure et la plus grande de toutes, qui est de demeurer dans la volonté de Christ.

Une nouvelle année marquée par l’humour, que l’on apprendra à manier : sachant que « humour » (à ne pas confondre avec « ricanement » ou « moquerie ») est composé des mots « humilité » et « amour ».

Une nouvelle année marquée par le souci de la justice, dans les standards de Dieu : ne manquez d’ailleurs pas de relire, à ce sujet, « la Loi, les Prophètes et les Psaumes » (tout l’Ancien Testament), et surtout l’interprétation de la Loi, donnée par Jésus-Christ Lui-même dans le Nouveau Testament. Ne manquez pas non plus de voir ou revoir « les dessous de la mondialisation ou comment Coca Cola colonise le Mexique », sur Public Sénat (3), pour mieux rejeter ce qui est présenté comme « acquise » cette « règle du jeu » édictée par les puissants : te voler ce qui était jusque-là « gratuit » et « de droit », et te faire payer un produit « moins bien » et même néfaste pour la santé.

Une nouvelle année marquée par le souci de la vérité et l’ancrage dans le monde réel, à mille lieux du fantasme et de l’idéalisé.

Une nouvelle année marquée par la force et l’unité véritables : car « la grande faiblesse des méchants, c’est que leur méchanceté les divise. Il faut beaucoup de bonté et d’amour pour s’unir, et seule l’union fait la force »(4). Tout dépend ensuite au nom de qui et comment l’on s’unit (cf Eph.4v1-6). Et « l’amour ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt » (1 Cor.13v5. TOB).

Une nouvelle année marquée par le retour du « bien commun » : car il est vital de « suivre les règlements établis pour le bien commun. C’est une question de vie ou de mort » (5).

 

 

 

 

Notes :

(1)A l’instar de Benoît, blogueur catholique et co-fondateur des « Cahiers libres ».

(2) Pour le pragmatisme, la vérité n’existe pas : ce qui est vrai, c’est « ce qui marche ». Il n’y aurait donc plus de « théorie », mais seulement de la « praxis », de l’action. Je ne peux donc voir ou concevoir aucune idée, mais seulement faire des expériences. L’utilitarisme, quant à lui, dit « adieu aux idéaux » (qualifiés de « discours »), et incite à croire « qu’on n’a plus du tout à se soucier de savoir si une action est vertueuse au départ ; la seule chose qui importe est qu’elle soit vertueuse à l’arrivée ». L’utilitarisme est également « im-prudent, puisqu’il incite à agir en fonction d’un futur (toujours hypothétique) en refoulant (ou ignorant) l’examen du présent (toujours certain). Et il rend « désuète la morale (ce qui vaut pour tous), au profit de l’éthique (ce que j’ose faire, y compris contre tous) ». Voir notre article à ce sujet.

(3) Voir https://youtu.be/WxPFdegA6T8  et lire https://reporterre.net/Au-Mexique-la-population-manque-d

(4) Une  « perle » découverte dans un vieux album jeunesse datant de 1944 : « les aventures de mademoiselle Hortense » d’Herman Grégoire. Ill. de Roger Sam. Edition Archat Lyon-Paris, p 69.

(5) A lire dans le même album cité plus haut, pp75-76. Contexte : pourchassés par des bandits, les héros – un jeune prince de 14 ans et une vieille demoiselle, mademoiselle Hortense – arrivent à un refuge non gardé : « il n’y avait(…) âme qui vive(…) mais tout y était dans un ordre parfait. Une pancarte au mur expliquait ce mystère : « prenez ce qui vous est nécessaire et remettez tout en place ».

– « C’est bien la première fois, s’écria mademoiselle Hortense, que je vois une pareille recommandation aussi bien suivie ».

– « En montagne, répondit le prince Armor, il faut suivre les règlements établis pour le bien commun. C’est une question de vie ou de mort ».

 

 

 

 

 

 

 

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« Espérer du désespoir » avec Kierkegaard

Traité du désespoir, de S. Kierkegaard

Le « Traité du désespoir », de S. Kierkegaard : un classique à redécouvrir, en guise « d’antidote »….

Un titre paradoxal « à la Kierkegaard », pour une critique d’un ouvrage fondamental de ce philosophe danois, lu cet été 2015 : le « Traité du désespoir ». Gallimard, 1988(Folio essais). Où l’on parle, entre autre, de « scandale » et de « péché contre le Saint-Esprit ».

Ma première rencontre avec Sören Kierkegaard(1813-1855) date des années 1980, via une citation du philosophe danois découverte dans « Le petit livre blanc des jeunes », reçu à la fin d’un camp de jeunes* : « de tout ce qui est ridicule dans ce monde ridicule, rien n’est plus ridicule que de s’agiter ». Une citation dont j’ai longtemps cru qu’elle pouvait être apocryphe, et dont j’ai fini par découvrir (« par hasard ») la source le 26 août 2015**. Mais ma véritable découverte de cet étonnant penseur chrétien du paradoxe, à la vie brève mais intense, date d’il y a deux ans environ, à partir de ses écrits « édifiants » ou « religieux » : « Pensées qui attaquent dans le dos »(Ed. Première partie), « Les soucis des païens »(Cerf, foi vivante), ou encore « Crainte et tremblement »(Rivages), auxquels j’ai déjà fait allusion sur ce blogue.

Si vous n’avez jamais rien lu de Kierkegaard, vous pouvez tenter d’approcher, outre « les pensées qui attaquent dans le dos » précitées, le fameux « Traité du désespoir ». Publié en 1849, il est à la fois le dernier des livres fondamentaux et la synthèse de toute l’œuvre de celui que l’on qualifie « le père de l’existentialisme »***. Contrairement à ce que j’aurai pu craindre au départ, il est plutôt abordable, stimulant et particulièrement pertinent pour notre temps. Pour l’anecdote, Dietrich Bonhoeffer l’avait conseillé en guise « d’antidote », parmi d’autres, depuis sa prison, à sa fiancée qui lui demandait un conseil de lecture****.

Appelé également « la maladie à la mort », il n’est pas un « guide pratique » sur « comment bien désespérer », mais « un exposé de psychologie chrétienne à fins d’édification et de réveil » sur le désespoir. Qu’est-ce que le désespoir ? Il est universel ! Il est « la maladie mortelle »(cf Jean 11v4), « une maladie de l’esprit, du moi », qui peut prendre trois figures : « le désespéré inconscient d’avoir un moi, le désespéré qui ne veut pas être lui-même, et celui qui veut l’être »(op. cit., p 61). Le désespoir est à la fois un avantage et un défaut. C’est le fait d’être « passible du désespoir » qui fait la supériorité de l’homme sur l’animal. Et c’est parce qu’il est « conscient » du désespoir que le chrétien est supérieur à « l’homme naturel » : « sa béatitude » consiste dans le fait d’en être « guéri »(op. cit., p64).

Kierkegaard nous donne les personnifications du désespoir, par ordre de gravité croissante : le désespoir de l’ambitieux qui ne réussit pas à être César, le désespoir de l’amant(e) de ne pas être aimé ou de ne pas se sentir capable d’aimer…le désespoir à l’idée qu’il n’y aurait « plus rien après la mort », le désespoir de ses fautes ou de la culpabilité sans remède…. Il explique que le désespoir est aussi le péché. On pêche, selon Kierkegaard, quand, devant Dieu, ou avec l’idée de Dieu, on ne veut pas être soi-même, ou qu’on veut l’être (op.cit., p159, 167, 222). Celui « qui ne veut pas être lui-même » est certainement le plus en danger, puisqu’il nourrit une image négative de lui-même. Il ne prétend pas en effet devenir celui qu’il aurait vocation d’être, mais souhaite en finir avec lui-même. En revanche, celui « qui veut être lui-même » désespère de lui-même au nom d’un moi idéal inatteignable revendiqué(cf l’exemple déjà donné d' »être César »). Dans tous les cas, ajouterai-je, on pêche, parce qu’on « manque le but » de Dieu pour nous.

L’homme pécheur souffre de déséquilibre (op. cit., p98 et ss), du fait d’ :

-une vie marquée par le seul « possible », avec une absence de « nécessité »(de garde-fou). D’où une vie marquée par la démesure et la croyance dans les mythes modernes du « tout est possible »[Par la technologie, par exemple]

-Une vie marquée par la seule nécessité, conduisant au déterminisme et au fatalisme, avec une absence de « possible » et donc, de foi.

Puisque l’on parle ici de « possible », on notera encore cette distinction de Kierkegaard comme quoi « l’espoir » n’est pas « l’espérance ». L’homme sans Dieu n’a que l’espoir(le probable), alors que l’homme qui connaît Dieu et croit(en)Dieu peut vivre l’espérance : « le possible de la foi », qui croit qu’à Dieu, tout est possible(op.cit., pp98-108, cf Marc 9v23, 11v22).

De même que le contraire du péché n’est pas la vertu(« une vue plutôt païenne »), mais la foi(op. cit., pp167-169), le contraire de désespérer, c’est donc croire, avoir la foi. (op.cit., p119)

Le plus grand "scandale" qui soit, qui exige de notre part de prendre clairement position, n'est pas "le papyrus de César". [Extrait du nouvel album d'Astérix de J-Y Ferri et D. Conrad, sorti le 22 ocotobre 2015]

Le plus grand « scandale » qui soit, qui exige de notre part de prendre clairement position, n’est pas « le papyrus de César ».
[Extrait du nouvel album d’Astérix de J-Y Ferri et D. Conrad, sorti le 22 ocotobre 2015]

La forme la plus aboutie du désespoir est le scandale, lié au fait que 1)le Christianisme ne s’adresse pas à la foule et mais à l’individu, lui offrant cette alternative et injonction : « scandalise-toi ou crois ! » ; et 2)que Dieu se fasse homme(et non que ce soit l’homme qui se fasse dieu).

D’où cette curieuse apologie du Christianisme, laquelle consiste non pas à « le défendre »(ce qui est le propre de l’incrédule), mais à le proclamer et à l’affirmer de façon victorieuse comme une bonne nouvelle exigeant une réponse immédiate !(op. cit., p177)

Le point culminant du livre est la description du péché et scandale suprême qu’est le « péché contre le Saint-Esprit »(op. cit., p 250) : un péché « offensif contre Dieu » qui fait du Christ une fable et un mensonge, en faisant de lui quelqu’un de « pas humain »(irréel) ou de « trop humain » (et « pas Dieu »).

A ce stade, vous avez sans doute connu des personnes tourmentées à l’idée d’avoir commis un tel péché. Ou alors, vous estimez être une telle personne. Pour elles ou pour vous, voici une question essentielle à (vous)poser : « que t’en semble du Christ ? Qui dis-tu que je suis (moi, le Christ) ? » cf Matt.16v13-16, 21-27.

Face au Christ, il reste donc le scandale ou la foi, et l’adoration du croyant, de celui qui ne se scandalise pas(cf Jean 6v66-69)

« Heureux celui pour qui (le Christ) ne sera pas une occasion de chute ! »(Matt.11v6, Luc 7v23)

 

 

Notes :

*Op. cit., p 7. Editions « Foi et victoire (épuisé). Date présumée : 1970-1980. Un manifeste, un livre de combat, une profession de foi de trois jeunes chrétiens danois(Johannes Facius, Johnny Noer, Ove Stage)face à la marée de la drogue, du dérèglement sexuel, des philosophies orientales, de l’occultisme….

**Elle se trouve dans « Ou bien, ou bien » de Kierkegaard, à la page 22 de l’édition Gallimard (Collection Tel). La citation exacte est : « de tous les ridicules de ce monde, le plus grand, me semble-t-il, est de s’affairer ».

*** « Existentialiste », sa philosophie l’est bien, puisqu’il s’agit d’une philosophie de l’existence, centrée, non sur la raison mais sur l’absolu(et la question d’une relation profonde avec Dieu). Un absolu auquel l’individu se confronte concrètement, et non abstraitement ou de façon « idéale ». Une philosophie(plutôt à l’opposé de celle de Hegel) qui ne l’a pas amené à cesser de travailler. Au contraire, Kierkegaard a été l’une des personnalités les plus productives de son temps.

****Cité par Frédéric Rognon, dans son article « Un héritage paradoxal » pour le journal « Réforme » du 03/11/11(numéro 3438).

“De toutes nos forces”, aimons notre Dieu…

… et, “comme nous-mêmes”, notre prochain…..(1)

« De toutes nos forces », un film de Niels Tavernier, 2014, avec Jacques Gamblin et Fabien Héraud

« De toutes nos forces », un film de Niels Tavernier, 2014, avec Jacques Gamblin et Fabien Héraud

Qu’est-ce que le Christianisme ? « Une relation » et « non une religion », a-t-on coutume de dire. Quoique « religion » (du latin « re-ligio ») signifie « relier à nouveau à Dieu »…

Le Christianisme est relation. Avec Dieu, par et en Jésus-Christ, ainsi que « les uns avec les autres » sur une base commune (Jean 17, 3 ; 1 Jean 1, 3). Il n’est pas un chemin en solo, même si la qualité de nos relations avec les autres dépend de notre relation personnelle avec Dieu.

Surtout, « le christianisme nous rappelle que nous avons besoin les uns des autres », écrit le pasteur Gilles Boucomont, parlant des “bienfaits de l’Eglise”-celle de Jésus-Christ, dans « Mener le bon combat » (Ed. Première partie, pp. 247-249.)

« C’est un « sport collectif ». Nous faisons corps. Ne penser qu’à son salut personnel est une marque d’immaturité dans la foi, ne se préoccuper que de son confort spirituel est le signe d’un individualisme avancé. « Sans moi vous ne pouvez rien faire ». Jean 15, 5. (…) La communauté, soudée par l’amour du Christ et pratiquant la redevabilité, devient une vraie cuirasse de sécurité pour les croyants. Ils ne sont pas seulement protégés par Celui qui est leur rocher et leur abri, mais ils le sont aussi par l’Eglise…

Ce qui est construit ensemble est plus solide. Et le soin apporté au plus petit fait grandir aussi le plus grand. Cette démarche est tout sauf déresponsabilisante, car elle vise à créer un maximum de dépendance non pas à l’égard des personnes, mais à l’égard de Dieu ». (op. cit.)

Ce principe me paraît magnifiquement illustré dans le film « De toutes nos forces », de Nils Tavernier (2014), avec Jacques Gamblin, Alexandra Lamy et le jeune Fabien Héraud (comédien non professionnel) : l’histoire d’une famille composée d’un père, d’une mère et de deux enfants. Mais Julien, le fils qui rêve d’aventures et d’une relation amoureuse – d’une vie excitante – est littéralement frustré et coincé : 1) par son lourd handicap (il est infirme moteur cérébral, en fauteuil roulant) ; 2) entre un père, ancien coureur de fond et chômeur, distant, trop distant, et une mère aimante, trop aimante, présente, trop présente.

Une famille et un couple au bord de l’éclatement

Or, à la veille de ses 18 ans, Julien ne veut plus être traité en enfant que l’on doit protéger de tout et décide de vivre ses rêves. Pour y parvenir, il met au défi son père de concourir avec lui à « l’Ironman », le triathlon de Nice(2). Dans un premier temps, le père refuse, ne s’estimant pas capable d’un tel exploit. Mais Julien ne “lâchera rien”, contraignant son père à le suivre et ressoudant le couple.

Un (mélo)drame tiré d’une histoire vraie : celle d’une redoutable épreuve qui réconcilie un père avec son fils handicapé. Duo sportif ne formant qu’un, témoignant d’une magnifique communion, le père et le fils tenteront d’atteindre leur but, “de toutes leurs forces”.

« De toutes nos forces » est donc le titre d’un beau film. L’expression évoque ce commandement d’aimer (Notre) Dieu…. « de tout notre cœur, de toute notre âme et de toutes nos forces » (Deut.6v 52)(3) Avec ce « second commandement, qui lui est semblable » (ou complémentaire), comme le rappelle le Seigneur Jésus (Matt.22,v37-40) : « aimer (notre) prochain, comme (nous)-même ».

Même si ce n’est sans doute pas l’intention première du réalisateur, le film me paraît également être une illustration de la vie chrétienne, autant dans sa dimension individuelle que collective (ici, au sein du noyau « famille »), et de ses vertus dites théologales, telles la foi, l’espérance et l’amour (1 Cor.13v 13) :

C’est cette puissance de l’amour, de l’espérance et de la foi – celle en Dieu qui déplace des montagnes (cf Marc 11v22 : l’action se passe d’ailleurs en Haute-Savoie) qui s’avère être le moteur de la reconstruction d’une famille en décomposition, comme de la véritable émancipation, réellement libératrice(4).

On relèvera enfin le rôle de la sœur aînée, modèle de la « sœur en Christ » et de l’amour fraternel, qui « supporte », soutient, édifie, honore (cf 1 Cor.13v7 ; Col.3v12-14), avec l’idée de réciprocité et de redevabilité (voir son touchant discours lors de la scène du repas d’anniversaire de Julien au restaurant)

Sans oublier la place essentielle du père (notre génération manque de véritables pères, constate-t-on), censé être un modèle, celui qui inspire, qui enseigne, qui « prépare au dehors », et cet équilibre nécessaire, vital, au sein de la famille, avec la mère, celle « qui nourrit », veille et entoure.

 

Voir aussi : http://www.europe1.fr/Cinema/De-toutes-nos-forces-handicapes-ils-ont-ete-bouleverses-1924655/#

Et la bande annonce du film :

 

Notes :

(1) Cet article a été  initialement écrit, en tant qu' »inédit », pour  « Les Cahiers Libres » et publié le 23/05/14.

(2) Une épreuve de 226 km où le père devra tirer, porter et pousser le fils sur la terre et en mer : 3,8 km de natation, 180,2 km de cyclisme puis un marathon (42,195 km) en course à pieds

(3) Avec ce bel exemple donné par le Roi David en 2 Sam.6v14-16

(4) Le véritablement affranchissement étant en Christ, comme ce dernier le dit lui-même : « si le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres » (Jean 8v36)

 

C’est pourquoi l’idée de la souffrance d’un enfant (nous) paraît monstrueuse…

A quoi rêvent les petits garçons ? Et les petites filles ?

Pourquoi nous ne devons pas nous laisser aller au désespoir…

Aujourd’hui il pleut et notre monde paraît toujours plus désespérant, notamment touché par ces trois fléaux que sont la peur, l’ignorance et l’avidité. Les repères de notre société sont bouleversés. Et ce, dans tous les domaines : éducatif, sociétal et familial, économique et social, environnemental…A cela s’ajoutent montée des extrêmes et complaisances cyniques ou fatalistes avec lesdits extrêmes…

De quoi remonter le moral, n’est-ce pas ? 😉

Que nous reste-t-il pour ne pas tomber dans le désespoir ? Lors de l’édition de « Protestants en fête » de 2013, les Protestants avaient été encouragés à être des « semeurs d’espérance ». Vaste, noble et beau programme.

Ce matin, j’ai été conduit à feuilleter à nouveau mon exemplaire de « L’Invention de la Solitude » de Paul Auster*, lu il y a une douzaine d’années. Et particulièrement cet extrait qui m’était revenu en mémoire :

« Par ce que le monde est monstrueux. Par ce que le monde ne peut mener un homme qu’au désespoir, un désespoir si total, si absolu, que rien n’ouvrira la porte de cette prison, l’absence de toute espérance, A. s’efforce de regarder à travers les barreaux de sa cellule et découvre une pensée, une seule, qui le console quelque peu : l’image de son fils. Et pas uniquement son fils, mais un fils, une fille, nés de n’importe quel homme ou de n’importe quelle femme.
Par ce que le monde est monstrueux. Par ce qu’il ne paraît proposer aucun espoir d’avenir, A. regarde son fils et comprend qu’il ne doit pas se laisser aller au désespoir. Il y a la responsabilité de ce petit être, et par ce qu’il l’a engendré, il ne doit pas désespérer. Minute par minute, heure par heure, lorsqu’il demeure en présence de son fils, attentif à ses besoins, dévoué à cette jeune vie qui constitue une injonction permanente à demeurer dans le présent, il sent s’évanouir son désespoir. Et même si celui-ci persiste, il ne se l’autorise plus.

Doc 6

Gotlib ou « le drame du Biafrogallistan ». Source : Gotlib. « Désamorçage » In La rubrique à brac tome 4, 1973, PP 64-65

 

C’est pourquoi l’idée de la souffrance d’un enfant lui paraît monstrueuse. Plus monstrueuse encore que la monstruosité du monde lui-même.
Car elle prive le monde de sa seule consolation, et par ce qu’un monde dépourvu de consolation est imaginable, elle est monstrueuse ».
(Auster, Paul. L’invention de la solitude. pp98-99)

 

 

 

Par association d’idées, était-il facile à Hénoc de ne pas sombrer dans le désespoir, compte tenu du monde dans lequel il vivait ? Son monde était-il plus facile que le nôtre aujourd’hui ?

"Soyons plein d'espérance !" Dans le tunnel par Adrian Paulino

« Soyons plein d’espérance ! »
Dans le tunnel par Adrian Paulino

Qu’est-ce qui « l’a fait tenir » ? Et lui a permis de vivre à contre-courant, de façon positive ? Et dont nous pourrions nous inspirer ?

« Hénoc(…)marcha avec Dieu trois cents ans; et il engendra des fils et des filles »(Gen.5v22). Un homme de foi qui, avant son enlèvement, « avait reçu le témoignage qu’il était agréable à Dieu« (Hébr.11v5).

Une foi qui parle encore aujourd’hui.

 

 

 

 

Notes :

* Paul Auster(né en 1947) : l’écrivain new-yorkais le plus doué de sa génération et dont j’ai apprécié sa « Trilogie new-yorkaise » et « L’Invention de la Solitude », son premier livre, dont il est question plus haut. L’ouvrage comprend deux récits, écrits entre 1979 et 1981 :

– « Portrait d’un homme invisible », une nouvelle autobiographique dans lequel l’auteur retrace la vie de son père, un homme qui a toujours vécu sans bruit et en marge des autres et qui vient de mourir de façon inattendue.

-« Le Livre de la mémoire », une succession de textes (notés « Livre de la mémoire »), comme autant de quêtes solitaires de l’auteur sur  la solitude, la mémoire et le temps. On y retrouve le « Pinocchio » de Collodi, les prophètes Jonas et Jérémie, les Mille et une nuits…Et la citation publiée aujourd’hui sur ce blogue.

Les voeux de Pep’s Café pour 2014 : pour une année d’harmonie et d’équilibre

Premier janvier 2014.

Le début d’une nouvelle année et presqu’un an pour ce blogue, né le 11 janvier 2013. Et le temps des voeux.

Justement, quels vœux formuler, outre « une bonne année, une bonne santé et prospérité » ?

Deux séries de mots me sont venus à l’esprit, durant la semaine suivant Noël, ainsi que deux CDs et deux livres que l’on m’a offert.

« Force et pertinence »

Tout d’abord, un premier CD que j’ai en ma possession depuis douze ans environ et que j’ai été incité à réécouter durant Noël : il s’agit de « Place Grand Clément »(Bésaou production) de Jean-Marc L., album enregistré et mixé au « studio de la cave »(Lyon 8ème) entre janvier et septembre 1998. Jean-Marc est membre de mon ancienne église de la banlieue lyonnaise(que j’ai fréquentée dans les années 1990, jusqu’à début 2000)et qui était engagé à l’époque dans un ministère dans les prisons et auprès des jeunes délinquants(infos supplémentaires bienvenues !).

Douze ans après, en réécoutant ce CD(précieux car devenu rare : je n’ai retrouvé aucune trace sur internet et je ne suis plus certain qu’il soit encore disponible en librairie chrétienne), je reste frappé par la force de ces textes et de cette musique(écrits et composée pour l’essentiel par Jean-Marc L), ainsi que pour leur pertinence et leur sincérité.

L’album est dédié « à tous les enfants qui un jour ont eu froid, peur, faim, et qui n’ont pas eu le privilège d’être aimés ». A ceux-là, l’auteur-compositeur leur dit : « Pardonne à la bêtise humaine. Jésus t’aime : Il est le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6), et rend « grâce » et « donne gloire » à Dieu pour la force donnée pour l’écriture et l’accomplissement de cet album ».

Extraits :

« Quand j’ai froid ou quand j’ai peur, quand j’ai mal au fond du coeur, Quand le monde est trop grand pour moi, Seigneur, je tends les mains vers toi(bis)…Toute ma vie elle est à toi, toi qui pour moi es seul roi, tout mon être t’appartient Seigneur tiens moi fort par la main »(bis) – « Quand j’ai froid » – Auteur et compositeur inconnu

« Prendre quelques instants, vivre le temps présent, et faire silence. Dans cette paix du moment, du soleil au firmament, j’aspire à ta présence. Te chercher ABBA Père, te faire une prière, pour te dire je t’aime, je t’aime…. » – Ma Prière – Jean-Marc L.

« Force et pertinence », également, pour « La Force d’aimer » de Martin Luther King, ouvrage essentiel dont la réédition toute récente(2013) est salutaire, assortie d’une préface inédite du sociologue et historien du protestantisme(CNRS) Sébastien Fath(Critique ici ). Là aussi, je reste frappé par la force et l’actualité de ces 17 sermons, publiés en 1963. L’on en retire qu' »aimer », face à la haine, à l’extrémisme, au fanatisme, au fatalisme ou au cynisme, est une grande force à la portée révolutionnaire(dans le sens d’un pouvoir de transformation et de changement radical). Et  certainement pas la caractéristique des « bisounours », comme voudraient nous le faire croire les promoteurs d’un esprit « pitbull », placé sous le sceau du « bon sens ».

« Harmonie et équilibre »

« La Force d’aimer » de Martin Luther King, soit d’aimer de l’amour de Christ, avec l’amour de Christ et comme Christ(Rom.5v5)trouve sa pertinence dans l’harmonie d' »un coeur tendre et d’un esprit ferme » : Un « esprit ferme », capable de discerner le vrai du faux, et (non pas « ou »)un « coeur tendre », capable de compassion authentique(celle de Christ). « La grandeur de notre Dieu tient au fait qu’Il est à la fois ferme d’esprit et tendre de coeur »(op.cit., p26)

Une harmonie qui n’est possible qu’en Christ : « c’est pourquoi (une telle)espérance ne trompe point »(Rom.5v5).

Cette harmonie en Christ, du Christ , est celle des (quatre)évangiles.

« L’harmonie des évangiles » est le titre d’un autre ouvrage que l’on m’a offert à Noël, dont l’auteur est Cor Bruins, ex-missionnaire au Moyen-Orient. Cette harmonie est celle d’un message toujours actuel(le seul véritablement « révolutionnaire »), celui de « la Bonne nouvelle de Jésus-Christ »(Marc 1v1)qui réconcilie : d’abord avec Dieu, puis avec les autres et avec soi.

Enfin, pour célébrer une « harmonie retrouvée », voici des « Improvisations » dites « messianiques » : une « musique messianique » par des Juifs qui ont trouvé leur identité dans leur foi en « Jésus, le Messie ».

A écouter ici.

Bref, pour 2014, nous vous souhaitons une nouvelle, heureuse et harmonieuse année, « équilibrée » :

L’harmonie avec vous-même(corps, âme et esprit), avec les autres, avec et en Dieu par Jésus-Christ. Jésus-Christ, pleinement Dieu et pleinement homme, sans péché (Hébr.4v14-16, Jean 8v6)

L’harmonie et l’équilibre(qui n’est pas la compromission), pour nous garder de tout extrémisme et pour que nous ne soyons ni paresseux, ni fanatique(1 Pie.4v7)

Bonne année harmonieuse 2014 !

Sur ce, je vous donne rendez-vous après le 11 janvier, jour anniversaire du blogue.

Retour sur le culte de « Protestants en fête » 2013 : n’oublions pas d’être des « semeurs d’espérance »

La deuxième édition de « Protestants en fête »*, qui a eu lieu le week-end du 27 au 29 septembre 2013, est dernière nous. Néanmoins, les Protestants sont appelés à aller de l’avant. Porteurs d’espérance et porteurs de l’espérance qui a un nom : Christ.

De ces trois jours, j’ai particulièrement retenu le culte du dimanche 29 septembre. Et plus particulièrement, de ce culte :

-Cette invitation à ce que Christ prenne la place qui lui revient : celle du Roi**.

La très édifiante prédication du pasteur Claude BATY, initiateur de « Protestants en fête et dont le mandat à la tête de la FPF a pris fin. Prédication intitulée : « Espérer, c’est s’oublier », à partir de Marc 4v26-32***.

Ce texte de l’évangile contient deux paraboles du Royaume des Cieux : la parabole de la semence, suivie de celle de la graine de moutarde.

Tout en invitant à suivre « la simplicité des enfants, comme modèle de réception de la Parole de Dieu », suivant en cela l’enseignement de Jésus, le pasteur Claude BATY nous explique que « Les deux histoires que nous venons de lire parlent du royaume De Dieu, la première pour dire comment il fonctionne, la seconde à quoi il ressemble ».

Dans la parabole de la semence, il apparaît qu’il se passe quelque chose de mystérieux qui échappe à l’homme. Le semeur ne peut pas faire pousser la plante. Il est probable qu’il a bien préparé le terrain, labouré, hersé, fait en sorte que les meilleures conditions soient réunies pour la réussite de ses semailles. Mais après il ne peut plus rien, la croissance se fait sans lui. Qu’il dorme ou soit debout, qu’il veille ou pas, la semence grandit. Il lui faut oublier ces graines, sinon le temps va lui paraître très long, trop long, et l’impatience va venir avec des initiatives douteuses(….) »

L’évidence est là : le semeur est là pour semer. Point. Il ne peut rien faire d’autre. A part semer généreusement.  Nous sommes les semeurs. C’est un appel que Jésus adresse à chacun de nous. C’est aussi un appel à la confiance, la confiance en Dieu qui s’occupe de faire pousser la plante. Renonçons donc à vouloir « aider » la semence à être « plus rentable ». C’est là un « appel difficilement audible car il s’oppose à la mentalité de notre époque qui est forcément un peu notre propre mentalité », poursuit Claude BATY.

Car « nous vivons dans une société qui prétend tout contrôler de la naissance à la mort ; et qui veut tout obtenir sans délai. Il suffit de cliquer, c’est bien connu. Or nous sommes loin de tout maitriser, les plus faibles l’expérimentent chaque jour et les puissants de ce monde s’en rendent compte parfois tragiquement. Devant la situation critique de notre monde nous sommes alors tentés de prendre les choses en main. Nous voulons agir et indiquer à Dieu ce qu’il a à faire. Or, le défi qui nous est proposé aujourd’hui est de discerner ce qui relève de notre vocation et pour le reste de ne pas nous substituer aux autres, ni au temps, ni à Dieu. Il nous revient seulement de semer, mais ce n’est pas peu de chose. Ce faisant souvenons-nous qu’une plante ne se développe pas lentement, elle croît à son rythme(…)

Pour nous protestants qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Si j’en crois le contexte, semer c’est répandre généreusement la bonne parole, annoncer l’Évangile, être témoins du Christ(…) » Et
« La parole de Dieu n’est pas une semence stérile, elle agit et se développe, porte du fruit de manière étonnante, elle fait son chemin dans les cœurs ; ses voies sont mystérieuses ».

Semons donc avec confiance en Dieu. Semons la Parole. Semons dans la confiance et avec confiance. Semons avec espérance et semons l’espérance.

La deuxième parabole raconte l’histoire d’une graine de moutarde, soit celle de la croissance étonnante d’une graine minuscule. L’accent mis « sur la disproportion entre le commencement et la fin » nous parle de ce « royaume de Dieu si petit, si faible en ses débuts, pratiquement invisible puisqu’il se résume à Jésus seul dans un coin reculé du monde, avec quelques disciples ignorants, se développe irrésistiblement pour devenir finalement le lieu d’accueil et de protection des créatures de Dieu dans le monde entier ».

Et Claude BATY de tirer la double leçon de cette parabole : 

premièrement les petits commencements ne sont pas signes d’échec, la faiblesse n’est pas insignifiante ;

– deuxièmement, le royaume de Dieu est appelé à couvrir la terre. Avec la précision suivante : ce grand arbre dit simplement que le règne de Dieu s’étendra à toutes les nations pour le bénéfice de tous ».

Il est utile de rappeler que « L’évangile de Marc annonce la Bonne nouvelle d’un Christ serviteur souffrant qui, même ressuscité ne se montre pas glorieux à ses disciples.

Ainsi le grand arbre n’est pas le signe de la puissance et de la revanche des croyants, il est le signe de la compassion infinie de Dieu pour toute l’humanité. Compassion qu’il offre dans la fragilité et la faiblesse de l’engagement de ses enfants, de nous tous… »

Le pasteur termine par « un autre enseignement de Jésus sur la semence : « En vérité, dit-il, si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ; si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance. Celui qui aime sa vie la perd, celui qui cesse de s’y attacher en ce monde la gardera pour la vie éternelle… si quelqu’un veut me servir, qu’il se mettre à ma suite… » Jn 12.24

Cette fois, à la suite du Christ, nous ne semons pas, nous sommes semés, nous devenons des graines jetées en terre ».

Une « invitation à suivre le Christ dans l’oubli de soi », qui « est aussi un appel pour notre protestantisme à ne pas rechercher, en interne ou en externe, son intérêt personnel, la première place et le pouvoir, mais le service de tous dans l’humilité, et le service de la réconciliation dans la réconciliation.

Nous voici donc maintenant envoyés, comme autant de graines dispersées par le Christ dans la terre de notre monde, semées pour porter du fruit en abondance. Dans le pari de l’espérance c’est toute notre vie qu’il faut miser, pour la retrouver dans l’éternité.

Notes :

* Divers comptes rendus de l’événement : http://www.reforme.net/une/religion/protestants-fete-pari-d-esperance-reussi ; http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20130929.OBS8987/exclusif-les-protestants-francais-sermonnent-valls.html ; http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/trackback/5184255

**Selon les termes du pasteur Samuel RODRIGUES, de l’église évangélique du Réveil, lors du temps de louange.

*** Texte en pdf à lire ici.

« Protestants » : en fait…..

Du 27 au 29 septembre, des dizaines de milliers de protestants viendront des quatre coins de France à Paris, à l’occasion de « Protestants en fête ».
Le Palais omnisport de Bercy sera transformé en église géante, pour l’occasion, et le Week-End verra 150 animations dans tout Paris.

On notera qu’il s’agit de « Protestants en fête », et non de « la fête du Protestantisme ». « Protestants » est donc au pluriel, révélant la pluralité et la diversité(dans l’unité, autour des fondamentaux : « sole scriptura », « sola fide », « sola gratia », « solus Christus », « soli Deo gloria » )de cette famille, composée des Luthero-Réformés (regroupés en « église unie »)et des évangéliques(eux-mêmes très divers).

Protestants ? En fait….

….qui sont-ils ? Que(qui)croient-ils ?

Qu’est-ce et qui est-ce qui fait leur espérance ?
Claude Baty, l’initiateur de « Protestants en fête » et bientôt ex- président de la FPF, explique l’esprit de la manifestation* :
« Protestants en fête traduit  notre volonté de nous rassembler pour autre chose que la commémoration de nos malheurs historiques(…)Protestants en fête célèbre la vie, l’avenir. Les Protestants appartiennent à un peuple en marche, qui veut être témoin de l’Espérance. Selon St Augustin, l’espérance a deux beaux enfants : la colère et le courage. Les protestants savent s’indigner contre les injustices de ce monde et ils ont le courage de lutter pour que les choses changent, pour plus de fraternité et d’égalité. Ce courage, ils le puisent dans leur confiance en un Dieu qui les rend actifs ici et maintenant. La spiritualité chrétienne en général, protestante en particulier, n’est pas désincarnée, elle oeuvre dans le concret de notre société. Cette espérance que nous portons s’enracine dans notre foi en Dieu. »

"Soyons plein d'espérance !" Dans le tunnel par Adrian Paulino

« Soyons plein d’espérance ! »
Dans le tunnel par Adrian Paulino

Puisque la manifestation est placée sous le signe de l’espérance**, profitons de l’occasion pour revisiter cette notion, qui ne doit pas être confondue ou simplifiée avec « l’espoir », dont nous avons déjà parlé ici, à l’occasion d’une étude biblique sur 1 Pierre.

Bon week-end ! Et puissiez-vous rencontrer l’espérance : Christ.

 

 

Notes :

*Entretien publié dans le « gratuit » de « Regardsprotestants », diffusé pour l’occasion. A lire également, dans La vie, cet entretien avec Sébastien Fath, chercheur au CNRS. Un autre entretien du même est à découvrir dans « Réforme ».

** Un « manifeste de l’espérance » peut être signé sur le site de « Protestants en fête » à Paris ou « Paris d’espérance ».

« Les licornes existent : j’en ai rencontré (au moins)une ! »

Mythique. Rare, donc précieux….et donc à conserver !

Dernièrement, nous réfléchissions sur la notion d’ « adhérence » ou d’engagement, de fidélité, soit le fait de « coller à ».
« Coller à », ou « aimer comme une colle », est aussi le commandement adressé à l’homme pour sa femme, dans le cadre du couple marié. Et la caractéristique d’un homme mâture, d’un « homme, un vrai », comme le rappelle Florent Varak, citant Ephésiens 5v31 et Gen. 2v24  :
« C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. » Le terme grec traduit par « s’attacher » veut littéralement dire « coller », avec une portée sexuelle explicite. La caractéristique d’une bonne colle, c’est d’unir sans qu’il soit possible de séparer. Une image idéale du mariage ! Une deuxième caractéristique d’une bonne colle, c’est d’unir deux objets sans qu’il soit possible d’y intercaler quoi que ce soit d’autre. En bref, la Bible parle de pureté au sein du mariage (Héb 13.4). Cette image à deux aspects. L’un positif : il faut déborder d’imagination pour apprendre à créer une union mutuellement satisfaisante. L’autre négatif : il interdit à toute autre présence de s’installer entre les époux, ce qui trahirait l’alliance du mariage ».

 
Quel est le rapport avec les licornes du titre, me demanderez-vous alors ?
Tout d’abord, que croire à la réalité et au respect d’une telle union voulue de Dieu et posée par Dieu « dès le commencement » (l’union entre un homme et une femme dans le cadre du mariage. Une « alliance » et non « un contrat ») peut paraître aujourd’hui « mythique » ou « chimérique », à l’instar, par exemple, de la croyance aux licornes…Croire au mariage biblique de nos jours, c’est croire aux licornes.

C’est le parallèle audacieux, plein d’humour et de poésie (et de pertinence) qu’ose faire le blogueur « Ecbatane » dans un billet datant du 29 mai 2013, intitulé : « Du mythe de l’indissolubilité du mariage et de l’existence des licornes! »
Un billet à lire attentivement et pas en diagonale, qui nous invite à croire et à espérer. D’ « Oser l’amour » pour que « le monde (recommence) à croire en l’amour », au point d’en avoir soif et de « (vouloir) essayer lui aussi! »
Parce que « ce n’est pas parce que l’idéal est minoritaire qu’il ne peut pas être le modèle auquel tout le monde doit aspirer ».
Parce que(comme nous le disions ailleurs, la meilleure réponse à la banalisation du divorce et à ce que l’on présente comme un « progrès humain », reste la défense et le respect du mariage tel qu’il a été conçu « dès le commencement »(voir ce que le Seigneur Jésus en dit dans Matt.19v4-6).

La meilleure réponse, comme le souligne Ecbatane, c’est non seulement d’y « croire »(au mariage biblique). Mais de « le prouver » et d’« affirmer » ce qui peut pourtant paraître comme une évidence.

Parce que le mariage n’est pas un jeu. Mais un enjeu pour aujourd’hui.

Je vous livre une partie de son article et vous invite à en découvrir l’intégralité sur son propre blogue :

(…)« Déjà la définition du couple du XXIème siècle s’éloigne vraiment du mariage chrétien tel que défini par Jésus lui-même : « Au commencement, le créateur les fit homme et femme et il leur dit : « voilà pourquoi l’homme quittera son père et sa mère; il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un. A cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Matthieu 19 4-6). Le couple moderne ne croit pas en l’indissolubilité, il fonde toute sa base sur le sentiment amoureux (purement hollywoodien) et ses fluctuations. Il ne croit pas en la fidélité, mais en l’instinct et en la passion. Il ne croit pas en la liberté de choix. Des contraintes financières, émotionnelles, sexuelles (etc…) peuvent entrer en jeu. Enfin il ne croit pas en la fécondité, vu qu’il limite volontairement le nombre d’enfants au minimum (mais il y a des exceptions). Le couple moderne ne repose donc sur aucun des 4 piliers du mariage chrétien : indissolubilité, fidélité, liberté, fécondité. Et cette vision moderne du couple prédomine complètement la société. Elle est devenue la norme. En fait, on ne peut pas vraiment parler de norme vu que cette modernité du couple a une infinité de combinaisons possibles (et éphémères), mais c’est justement cette infinité de possibilités qui devient norme par rapport à la vision que l’Eglise nous donne du foyer conjugal.
Le modèle qu’on ose présenter comme « traditionnel » est un leurre. Un seul papa, une seule maman, et des enfants. Vraiment ? Très sincèrement, je ne pense pas que ça soit si répandu que ça. L’adultère a existé de tout temps, la polygamie et les répudiations sans raisons valables étaient largement ancrées dans la mentalité de l’ancien testament. Veuvage, remariage, violences dans le couple jusqu’au meurtre, inceste et j’en passe et des meilleures.
Pourtant, il y a ceux qui osent essayer le modèle d’amour présenté par l’Eglise [un modèle qui paraît « minoritaire » et « chimérique » comme les licornes, donc]
(……)
Alors quand on voit l’état des familles de nos jours (en France et dans le monde), on peut comprendre que le peuple soit choqué qu’une minorité se lève pour affirmer que les licornes existent. Il y a un énorme fossé entre ceux qui n’ont jamais vu de licorne et ceux qui en élèvent. Mais le tout n’est pas d’affirmer que les licornes existent, il faut le prouver! »

La suite ici :
http://encheminversecbatane.wordpress.com/2013/05/29/du-mythe-de-lindissolubilite-du-mariage-et-de-lexistence-des-licornes/

Et toi ? Crois-tu aussi « aux licornes » ?  😉

« Ni pour, ni contre »(bien au contraire)

Divers pavillons par Petr Kratochvil

Divers pavillons par Petr Kratochvil

« Dieu vous garde ! » lance un officier sudiste à l’un de ses espions, dans un album des « Tuniques bleues »(« Les Cavaliers du ciel »).

Je me souviens qu’en lisant cette BD, enfant, je m’étais demandé naïvement : « ils ont Dieu, eux aussi, pour leur faire gagner la guerre ? »

Pour qui donc est Dieu, dans cette guerre(celle de Sécession, 1861-1865)relatée dans cette série ?

En réalité, comme le relève Richard Borgman, dans son « Royaume équilibré de Dieu »*, Dieu n’est ni dans notre camp, ni dans « celui d’en face ». Il est dans le Sien.

Josué, dans le livre qui porte son nom(ch.5v13-15), demande à l’homme qui se tient devant lui, « son épée nue à la main », s’il est ami ou ennemi. Ce à quoi le mystérieux inconnu répond : « ni l’un, ni l’autre(ni pour vous, ni contre vous). Je travaille pour Dieu. »(v14) De même, que répondrait aujourd’hui le Seigneur Jésus si nous lui demandions « à quelle église »(ou quel parti, quel organisme, quel lobby…)il appartient ? Chacun de nous peut chercher à répondre.

Eau turbulente par Daniele Pellati Suivre le courant, au risque de se laisser emporter...ou vivre à contre-courant ?

Eau turbulente par Daniele Pellati
Suivre le courant, au risque de se laisser emporter…ou vivre à contre-courant ?

Or, la lecture des quatre évangiles semble plutôt révéler un Jésus « non conformiste » et particulièrement déconcertant, puisque sans cesse à contre-courant.** Il n’est ni fait à notre image, ni manipulable par une façon de prier frisant la formule magique(ou « la vaine redite », cf Matt.6v7), nos « bonnes oeuvres », nos(bonnes)causes, nos croisades, un programme politique, un certain style(ou pratique)religieux(ou non)…Il ne se laisse pas mieux enfermer dans un personnage.***

Car Jésus est notre Dieu. « Le Dieu véritable et la vie éternelle »(1 Jean 5v20), « le Seigneur et le maître »(Jean 13v13), « la Parole faite chair, qui a habité parmi nous »(Jean 1v14 ; 1 Jean 4v2), « Je suis »(Jean 6v35 ; 8v12, 58).

Jésus, « le non-conformiste », a dit aussi qu’Il est venu « pour donner la vie en abondance »(Jean 10v10). Et le secret de cette vie abondante n’est pas dans l’imitation d’un modèle stéréotypé. Le secret est dans une rencontre et une relation personnelles et quotidiennes avec Jésus-Christ ****, cultivée dans la prière, la lecture, l’étude et la méditation de la Parole de Dieu, l’obéissance à Jésus, notre amour pour Lui et les uns pour les autres*****.

Notre espérance, c’est « Christ en(nous), l’espérance de la gloire« (Col.1v27 et ss). C’est « Christ qui vit en moi », « dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré Lui-même pour moi »(Gal.2v20). C’est Lui que nous devons annoncer(Col.1v28-29) et sur lequel nous devons « fixer les regards »(Heb.12v2)….au risque de passer, à notre tour, pour « non-conformistes » !

 

 

 

Notes :

*Edition « Le Lion et l’agneau », 1996.  Les éléments ayant servi à élaborer ce billet se trouvent aux pages 75-85. Nous reviendront prochainement sur ce livre lu cette année.

**Par exemple : Marc 10v45 ; Jean 4 et 6 ; Marc 1v40 ; Marc 8v31-33 ; Marc 9v36 ; Marc 10v13 ; Matt.9 ; Matt.16 ; Matt.19 ; Matt.23 ; Luc 10v25-37 ; Luc 19v28-45….

*** Présenter Jésus comme un « non-conformiste », n’est-ce pas encore « l’enfermer » dans un personnage ? Le paradoxe est intéressant. Mais mieux vaut peut-être découvrir ce que Jésus dit de Lui-même(voir notamment les « Je suis »)dans les évangiles.

**** Jean 3v14-21, 14v21-23, Jean 15v1-17, 17v3 ; 1 Jean 1v1-2v2, 4v15-16, 5v20 ; Apoc.3v20

***** 1 Jean 3v11-24 ; Rom.12v17-21, 13v8-10 ; Luc 10v25-37

« Et la lumière brillait dans les seules maisons des hébreux… »

Voici un passage tiré de 1 Thes.5v4-11 et que nous connaissons peut-être tous :

Tard dans la nuit par Jani Ravas

Tard dans la nuit par Jani Ravas

« Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres, pour que ce jour [le jour du Seigneur, cf versets précédents]vous surprenne comme un voleur;
vous êtes tous des enfants de la lumière et des enfants du jour. Nous ne sommes point de la nuit ni des ténèbres.
Ne dormons donc point comme les autres, mais veillons et soyons sobres.
Car ceux qui dorment dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent s’enivrent la nuit.
Mais nous qui sommes du jour, soyons sobres, ayant revêtu la cuirasse de la foi et de l’amour, et ayant pour casque l’espérance du salut.
Car Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à l’acquisition du salut par notre Seigneur Jésus-Christ,
qui est mort pour nous, afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions ensemble avec lui ».
C’est pourquoi exhortez-vous réciproquement, et édifiez-vous les uns les autres, comme en réalité vous le faites ».

Plusieurs choses ont retenu mon attention. Et vous ?

Si nous sommes « des enfants de la lumière », alors nous ressemblons à Notre Père !
Qui est-il ? Quelle est Sa nature ? Comment le reconnaît-on ?

1 Jean 1v5 nous rappelle que « Dieu est lumière et qu’il n’y a point en lui de ténèbres ».

Si nous sommes « des enfants de la lumière », quels fruits produisons-nous ? Quel est le « fruit de la lumière » ?
Eph.5v9 dit que « le fruit de la lumière consiste en toute bonté, et justice, et vérité ».

Ensuite, si nous sommes « des enfants du jour », nous ne sommes pas « de la nuit ». Et donc, nous veillons et ce que nous faisons est manifeste : « celui qui pratique la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient manifestées, qu’elles sont faites en Dieu », dit le Seigneur(Jean 3v21).
Si « nous sommes du jour », nous ne dormons pas. Ceux qui dorment sont ceux qui sont morts, dit Eph.5v14.
Mais nous, nous vivons dans l’espérance présente et l’espérance future « de vivre avec Lui ».

Nous vivons et l’attendons donc.
C’est cette attente qui conditionne notre façon de vivre. Une façon de vivre « active »,  ni paresseuse, ni fanatique ou extrémiste.

Lampe par bruna pires

Lampe par bruna pires

Je me souviens encore qu’alors que les ténèbres frappaient l’Egypte (9ème plaie), la lumière brillait(brûlait)dans les seules maisons des hébreux(Ex.10v22-23).
Une maison, ce n’est pas seulement un bâtiment : c’est une famille.

Qu’est-ce qui peut seul entretenir cette lumière, cette flamme ?

Que jamais il ne manque d’huile dans nos maisons, pour que brûlent nos lampes en continue, de façon à éclairer ceux qui sont dehors…(Luc 8v16)