« Toujours plus ! » Ou quand le consumérisme « consume » tout….

Le travail du dimanche un éternel serpent de mer ?

Le travail du dimanche un éternel serpent de mer ?

 

Le temps d’un week-end, les médias érigeaient l’ouverture des commerces le dimanche en enjeu central pour l’avenir du pays.

 

Enjeu ? Quel enjeu ? C’est là toute la question !

 

 

 

Qui n’a pas encore vu ce dessin de Plantu*, paru le 1er octobre 2013 en une du quotidien « Le Monde » ?

Dessin de Plantu. Le Monde, 1er octobre 2013

Dessin de Plantu. Le Monde, 1er octobre 2013

Le délégué CGT, qui refuse le travail le dimanche, et représenté sous les traits d’un beauf’, est associé avec un fanatique religieux(forcément musulman) qui s’en prend aux fillettes.

« Les syndicats et la religion, quand ils résistent à la marchandisation du monde, sont représentés comme une basse populace extrémiste », constate « La Décroissance », dans un article intitulé « Plantu parfait chez Bergé »**.

Le dessin est « en fait symptomatique de la ligne du quotidien du journal de Xavier NIEL, Matthieu PIGASSE et Pierre BERGE(…) Pierre Bergé, (qui) venait d’ailleurs de se prononcer très sérieusement pour la suppression de toutes les fêtes chrétiennes », sur RTL, le 27 septembre 2013 ! poursuit le mensuel.

« Le 3 septembre, retour au Monde qui titre sur un article d’un professeur à Sciences Po Paris : Christian Lequesne : « choisir son jour salarié est une liberté fondamentale ». Le 16 octobre, convoqué par le même quotidien, le pourtant « socialiste et homme de gauche » Pascal Lamy[et par ailleurs ex-directeur général de l’OMC] enfonce le clou : « le débat sur l’ouverture des magasins le dimanche et le soir est absurde. Bien sûr qu’il faut ouvrir les magasins le dimanche et le soir. Il vaut mieux travailler à 22 heures qu’être au chômage »***.

Je fais ce que je veux****, tel est le mot d’ordre de notre époque.

Mais pourquoi le « débat » sur le travail du dimanche(comme celui de la libéralisation du cannabis)revient comme un serpent de mer dans les grands médias ? s’interroge encore « La Décroissance »**.

 

Homo consumericus Dessin d'Andy Singer

Homo consumericus
Dessin d’Andy Singer

Poussons donc la logique du « Toujours plus » jusqu’à l’absurde :

« Toujours plus ! » (La gloutonnerie consumériste consume tout : le social, l’humain, l’écologie)*****

Or donc, des travailleurs voudraient, disons « spontanément », travailler le dimanche (c’est ma liberté de penser ! répond un travailleur au tee-shirt « exploité aussi le dimanche »)

Et la nuit aussi, tant qu’on y est ! (Béé…qu’est-ce qu’on peut faire d’autre la nuit ? se demande un autre)

Bientôt ce sera les 10-12 ans qui se mobiliseront pour le droit au boulot(« Laissez-nous aller à la mine ! » revendique un collégien, cartable sur le dos)

Et pourquoi pas, travailler sans être payé ?!(C’est une idée, ça ! déclare un doberman en costume-tenant plus du loup aux dents longues)

Ça n’a rien de nouveau. Avant, on appelait ça les syndicats jaunes****** (A bas la sociale ! dit un « jaune » moustachu à casquette)

Sauf qu’on a repeint cette saloperie à la sauce « droit à la conso »(Mais qu’est-ce qu’on ferait de notre dimanche sans Ikéa ?! se demande un couple de consommateurs aux allures de « zombis », poussant un caddy)

 

"Le dimanche, au moins on s'arrête !" Une de "La Décroissance, février 2008, numéro 46

« Le dimanche, au moins on s’arrête ! »
Une de « La Décroissance, février 2008, numéro 46

Quel enjeu de société, disions-nous plus haut  ?

Nous considérons-nous comme des consommateurs plutôt que des travailleurs ou des citoyens ?  Banalisons-nous(en l’intégrant) l’idée que consommer serait notre principale fonction ?

Y tenons-nous, au dimanche ? Pour quoi  ?

 

Versets bibliques à méditer :

Exode 16v22-30 : « Pendant six jours vous en ramasserez(de la manne) ; mais le septième jour, qui est le sabbat, il n’y en aura point. »

Deutéronome 5v14-15 : « …le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton boeuf, ni ton âne, ni aucune de tes bêtes, ni l’étranger qui est dans tes portes, afin que ton serviteur et ta servante se reposent comme toi. Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d’Égypte, et que l’Éternel, ton Dieu, t’en a fait sortir à main forte et à bras étendu : c’est pourquoi l’Éternel, ton Dieu, t’a ordonné d’observer le jour du repos. »

« Tu ne voleras pas (…)Si la personne humaine est rabaissée au niveau d’une marchandise, d’un butin, celui qui la réduit à ça est un voleur ».(Erri de LUCA. Et Il dit, pp79-80)

 

 

Notes :

* Dessin commenté notamment par ACRIMED : « Le Monde court derrière Valeurs Actuelles » et « Le Monde et Plantu au-dessus de toute critique ? »

** »La Décroissance », novembre 2013, 104, p8

*** « J’ai suivi par exemple le débat sur l’ouverture (de magasins) le dimanche, je trouve ce truc absurde. Un boulot à 10 heures du soir est mieux que pas de boulot. Quand le chômage est à ce niveau, il faut accepter de changer les idées qu’on a. »(d’après la transcription des propos de Pascal LAMY, publiée au pied de la vidéo. Par ailleurs, il semble que cet entretien date du 13 octobre et non du 16)

****…« de mon temps, de mon corps, de mon argent, ça ne concerne en rien la collectivité…ou « l’idéologie du c’est mon choix qui peut légitimer aussi bien le travail dominical – un simple contrat entre moi et mon employeur[à l’instar du mariage ? Réduit à être un simple « contrat de confiance » ?]-que l’exil fiscal, la spéculation, la prostitution comprise comme un métier comme un autre, la grossesse pour autrui(GPA)…. » analyse le philosophe Jean-Claude Michéa, cité par la même « Décroissance »(op.cit.)

***** Toujours plus ! Par Colloghan. IN « La Décroissance », novembre 2013, numéro 104, p 9

****** D’après Wikipédia : Forme de syndicalisme (constitué en opposition aux syndicats « rouges », c’est-à-dire socialistes ou communistes) refusant certains modes d’action comme la grève et l’affrontement avec le patronat. Pour les grévistes, les jaunes sont les non-grévistes. Ce qualificatif, en se généralisant, a pris un sens péjoratif, désignant les « traîtres ».

« Le mystère de la piété est grand » : un condensé de l’évangile ?

Un « mystère », selon la Bible, est quelque chose de caché, en attente d’être révélé.

Voici aujourd’hui, en guise de « partage » et de « méditation biblique », un passage d’une très grande profondeur, qui me touche particulièrement :

« Et, sans contredit, le mystère de la piété est grand: – Dieu a été manifesté en chair, a été justifié en Esprit, a été vu des anges, a été prêché parmi les nations, a été cru au monde, a été élevé dans la gloire. »(1 Tim.3v16)

– « Le mystère de la piété » : Il s’agit là d’un condensé de l’évangile, qui nous révèle le secret d’une véritable consécration ou d’un véritable attachement à Dieu.
– « Dieu manifesté en chair » : il s’agit de Jésus-Christ(cf Jean 1v14, Rom.8v3*, 1 Jean 4v2) et de Lui seul, qui a rendu visible le Dieu invisible(Jean 1v18, Jean 14v9 ;
Colossiens 1v15; 2v9)et qui est le seul médiateur entre Dieu et les hommes(1 Tim.2v5-6). « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec Lui-même« (2 Cor.5v19).
L’homme, à l’inverse, « est né de la chair »(Jean 3v6), et non « manifesté en chair ».
– « A été justifié par l’Esprit » : « justifié », dans le sens d’un témoignage positif, d’une approbation. Cette approbation, c’est celle de Dieu : Jésus a été approuvé de Dieu dans Sa vie, Ses actions(Matt.3v17, 12v18, 17v5 ; Jean 12v28), Son oeuvre expiatoire à la croix(Hébr.9v14) et dans Sa résurrection(qui rend juste et qui atteste que Jésus n’est pas mort sur la croix à cause de Ses péchés ou dans Ses péchés : Rom.1v4, 1 Cor.15v3-4, Actes 2v22-36-cf Ps.16)
– « Vu des anges » : ceux-ci ont été les témoins de sa naissance, de sa vie parfaite, de ses souffrances et de sa mort, de sa résurrection et de sa glorification(Luc 12, 22v43 ; Luc 24…).
– « Prêché au monde » : à tous les hommes et non pas à une minorité de privilégiés. Par ailleurs, il est souvent rappelé dans les évangiles que Christ est venu pour les pécheurs.(Matt.9v12-13)
– « Cru dans le monde » : le salut est gratuit et il se reçoit par la foi-et non par les oeuvres-par ceux qui sont convaincus d’en avoir besoin(Matt.9v12).
– « Elevé dans la gloire » : la réponse de Dieu le Père, glorifié par le Fils sur la Terre(Jean 17v1)

Ce « mystère de la piété » commence donc par l’incarnation et l’abaissement du Fils de Dieu, et se conclue par l’élévation du Fils de l’Homme glorifié.
Ce « mystère » n’est pas abstrait, mais fondé sur la personne même de Jésus-Christ, qui « incarne » l’évangile.

Il est le « Dieu véritable et la vie éternelle ».

« Séparé de (Lui), nous ne pouvons rien faire ».

 

 

« Attachons-nous » donc à Lui !

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes :

*« Dieu a accompli ce qui était impossible pour la loi de Moïse, parce que la faiblesse humaine la rendait impuissante : pour enlever le péché,
il l’a condamné dans la nature humaine en envoyant son propre Fils vivre dans une condition semblable à celle de l’homme pécheur ».(Rom.8v3 – version français courant)

Un Poisson dans le Net : « nettement » au service de l’évangile

Il y a beaucoup de poissons dans la Bible.
Le plus connu est sans doute celui* qui a avalé le prophète Jonas** et l’a gardé trois jours avant de le « vomir » sur la terre ferme. Un récit dont l’authenticité et l’historicité ont été attesté par Jésus Lui-même et dont le principal protagoniste-Jonas-est « un signe », « le seul miracle » qui a été donné à sa génération. De même, Jésus est le seul signe donné à sa génération, cette génération qu’Il appelle « méchante et adultère », elle-même friande de miracle(cf 1 Cor.1v22). « Car de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre ».(Matt.12v39-41 et Luc 11v29-32)

En grec, « poisson » se dit « ikhthús » (« ichtus ») : un terme adopté comme symbole par les chrétiens persécutés(Ier siècle-IVe siècle), puisqu’il parle de Christ par acrostiche ou acronyme : on retrouve en effet dans ce mot les initiales de « Iêsous Christos Theou Uios Sôtêr »(« Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur »)

L’image ou le nom « ikhthús » (« ichtus ») se trouvait fréquemment sur les murs des catacombes, nous apprend le Nouveau dictionnaire biblique « Emmaüs ».

Aujourd’hui, on trouve un poisson dans le net, qui est aussi le nom d’un site chrétien francophone de ressources évangéliques-l’un des premiers du genre, ouvert le 1er mars 1996 :

Un poisson dans le net : un site au service de l’évangile
Animé par une équipe de chrétiens évangéliques de la Fédération Évangélique de France, parrainé par les éditions CLÉ, Il est composé d’un blog(contenu proposé : Étude biblique, Événement chrétien, Livre chrétien, Méditation biblique, Réflexion, Site chrétien) et d’un site web classique. Celui-ci s’explore par thèmes à l’aide du « méga-nuage de mots-clés » !
Il est possible de s’abonner par courriel aux nouveautés parues sur le site.
Depuis, « petit poisson » est devenu grand, et propose actuellement un éventail très complet et édifiant de ressources en ligne et des centaines de documents !
Ainsi, on relève ses :
1)Faire découvrir :
-l’évangile : pour ceux qui ne le connaissent pas encore. Et pour les chrétiens désireux de trouver des ressources pertinentes sur lesquelles s’appuyer pour en parler le mieux autour d’eux : des études, des guides de découverte, des ouvrages en texte intégral dans lesquels puiser de l’inspiration.
– Études/découvertes de la Bible : foire aux questions … des chrétiens vous répondent (12 thèmes), outils pour l’école du dimanche ! La famille … des hommes et des femmes face à face (13 études)
– Et « en exclusivité » :
Le Messie, qui est-il ? (ouvrage en texte intégral)
Et après ?, Que se passe-t-il après la mort ? (ouvrage en texte intégral)  Ancien site
Au commencement … Dieu ? Dieu a-t-il vraiment créé le monde ?
La réincarnation analysée à la lumière de la Bible (ouvrage en texte intégral)
Art Chrétien
2)Approfondir ses connaissances : De très nombreuses ressources pour son édification personnelle. Des séries consacrées à des livres bibliques. Des dossiers et autres ressources.
3)Bibles du net (de nombreuses versions francophones proposées)
4)Ses (sites) incontournables

A consulter sans modération !

Notes :

* »Un grand poisson » anonyme, et non une « baleine » : on ne connaît ni son nom, ni son espèce, mais on parle encore de lui aujourd’hui. Dieu l’aurait-il créé spécialement pour cette mission(avaler Jonas) ?

**Le message de ce prophète est le plus court de toute la section des « Prophètes », dans l’Ancien Testament, puisqu’il se résume à un demi-verset. L’essentiel de son message est donc ailleurs, plus particulièrement dans sa personne et son comportement. Nous avons eu l’occasion de parler de Jonas ici.

Questions métaphysiques à l’heure d’hiver

Ou quand « recommencer n’est pas reculer… »

Attention : le changement d’heure aura lieu ce week-end, dans la nuit du samedi 26 à dimanche 27 octobre. Ce qui nous fera passer de l’heure d’été à l’heure d’hiver et ainsi gagner une petite heure de sommeil.

Il faudra donc penser à reculer d’une heure les pendules en vous couchant ce samedi soir : À 3 heures du matin, il sera donc 2 heures.

Un simple geste, qui nous donne également l’opportunité de réfléchir aux questions suivantes, d’ordre « spirituel »(ou « métaphysique »), mais tout aussi pratique* :

Si l’on vous donnait une heure de plus, qu’en feriez-vous ?

Si vous pouviez reculer dans le temps d’une heure…..voire « naître de nouveau » et « repartir à zéro »**, qui seriez-vous ?

Bonne réflexion et bonne recherche !

 

A lire : « Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu.
Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? » (Jean 3v3-4 et ss)

« Les jours passent mais quel est leur sens? Incontrôlable le temps fuit, maintenant la question se pose à moi! Qu’ai-je fais de tout ce temps ? »(« Confiance » – numéro 24, strophe 3 – Recueil « Mélody »)

Et à écouter(à défaut de chanter) : « Tu peux naître de nouveau ».

 

 

Notes :

*Plus utile que la fameuse question métaphysique du capitaine HADDOCK, dans l’album Tintin « Coke en stock » : « dormir la barbe au-dessus ou en-dessous des couvertures ? »

**Dans « Un jour sans fin »(« Groundhog Day » – 1993), le film d’Harold RAMIS, le personnage joué par Bill MURRAY revit sans cesse la même journée…

(Les hommes ont-ils le) « virus »(de l’autodestruction) ?

La fin du monde ? On en débat ? Scène du film "Virus", avec Bo Svenson, à droite, et Masao Kusakari, à gauche

La fin du monde ? On en débat ?
Scène du film « Virus », avec Bo Svenson, à droite, et Masao Kusakari, à gauche

Un film et un « débat ».

La fin des temps, on nous l’avait « prédit » pour le 21 décembre 2012, avec la conclusion que l’on sait(vous êtes toujours là, notamment pour lire ces lignes). Pourtant, les « effets d’annonce » ne semblent avoir, ni ridiculisé, ni épuisé le sujet*.
La fin des temps : ce que l’on ne sait pas, ou ce que la Bible ne nous dit pas, c’est « pour quand »(Matt.24v36). Mais ce que la Bible nous assure, c’est qu’elle est certaine, imminente.

Même s’ils ne croient ni en Dieu, ni en la Bible, les hommes sont conscients que les civilisations ne sauraient durer indéfiniment, puisqu’elles ne sont pas éternelles par essence** : elles ne peuvent s’étendre indéfiniment. Or, nous engloutissons toujours plus de ressources pour ne faire que maintenir un état stationnaire. Jusqu’à quand ?(Lire « Quand l’Expansion expire » IN La décroissance, octobre 2013, numéro 103)

« L’être humain a toujours vécu sous la menace de catastrophes, la première étant naturellement sa propre mort. Mais deux traits différencient les catastrophes présentes et futures des catastrophes passées : d’une part elles sont issues de l’homme lui-même(…), d’autre part elles ne sont plus locales, mais globales. La mondialisation est un phénomène total qui ne concerne pas seulement la technique et la finance, mais aussi les catastrophes : guerre mondiale, pandémie, accident nucléaire majeur (…..)Désormais, parce qu’ils dépendent de sources d’énergie elles-mêmes mises en réseau, les appareils sont inter corrélés, et ce à une échelle mondiale, et les hommes sont interdépendants. »
Dans ce contexte, que se passerait-il en cas de « panne » ou d’arrêt de fourniture d’énergie, telle que, par exemple, l’électricité ?
Que deviendrait une société humaine mondialisée dans un contexte de catastrophe globale, privée de ressources habituelles, désorientée dans son cadre de vie et incapable de s’adapter à une situation de grande pénurie ? s’interroge Christian GODIN,philosophe, lors d’un débat « Et quand la mégamachine s’effondrera » ? (Avec également Jacques BLAMONT, astrophysicien, Philippe GRUCA, philosophe et Alband VETILLARD, ingénieur)publié dans La Décroissance, octobre 2013, numéro 103, pp14-15)

Dans une perspective de « fin du monde », quelle réponse chrétienne et biblique ?

Aussi curieux que cela puisse paraître, pour Michel JOHNER, professeur d’éthique à la Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence, « cette imminence de la fin des temps est une espérance qui, dans la pensée des écrivains bibliques, porte à un investissement prioritaire dans le domaine spirituel. L’urgence du temps porte effectivement à considérer l’évangélisation et le dénouement des blocages spirituels comme étant de première urgence dans la hierarchie des priorités ». Un investissement qui n’exlue pas d’autres formes d’investissements temporels, de nature culturelle, sociale, environnementale ou politique. 

Dans un monde instable et précaire, aux ressources finies, mais où les possessions matérielles sont pourtant idolâtrées comme le symbole-même de la réussite, les chrétiens, « artisans de paix », « lumière du monde » et « sel de la Terre », peuvent, bien entendu, prier, et également témoigner par 1)plus de sobriété, de détachement et de justice par rapport aux biens matériels et 2)par plus de vigilance, face aux séductions diverses. Et favoriser des débats publics sur des sujets d’éthique, économique et social, environnemental, énergétique…rappelant quelles sont les causes durables pour lesquels il importe de vouer sa vie.

Passages bibliques ou livres à lire et étudier : 2 Thes. ; 2 Pierre ; Jude ; Apocalypse ; Matt.5-7, 24-25

Enfin, afin d’alimenter une discussion éventuelle, je vous invite à visionner le film Virus (復活の日, Fukkatsu no hi – littéralement « Le jour de la résurrection ») : un film à mi-chemin entre le film catastrophe et le post-apocalyptique, réalisé en 1980 par Kinji Fukasaku, qui explore, avec une certaine minutie, l’effondrement de nos sociétés victimes d’un mal incurable, et imagine les difficultés auxquelles se retrouvent confrontés les derniers survivants regroupés et organisés en communauté.
La distribution internationale comprend Masao Kusakari, George Kennedy, Robert Vaughn, Chuck Connors, Olivia Hussey, Edward James Olmos, Ken Ogata, Sonny Chiba et Glenn Ford. Avec un budget de 16 millions de dollars, il fut au moment de sa sortie le film japonais le plus cher jamais réalisé. Il est désormais tombé dans le domaine public et peut donc(sauf erreur) être téléchargé ou visionné en toute légalité.

L’histoire :

En 1982, un virus mortel échappé d’un laboratoire secret d’armes biologiques***, le MM88, extermine la totalité de l’humanité, à l’exception des scientifiques et techniciens des bases de l’Antarctique, épargnés du cataclysme par les températures polaires trop basses pour que le virus y soit actif. Les survivants(855 hommes et 8 femmes) s’organisent alors autour de la station américaine Palmer et tentent de recréer une société. Mais une nouvelle menace les attend, « héritage »**** que notre civilisation anéantie offre aux survivants  : le système de défense ARS (Automated Reaction System) a été activé par des militaires américains jusqu’au-boutiste, et un séisme majeur au large de Washington risque de l’enclencher. Le monde connaîtra alors une nouvelle apocalypse, nucléaire cette fois-ci, lorsque la riposte automatisée des deux blocs américain et soviétique entrera en jeu ! La base Palmer serait même sur la liste des cibles visées par la riposte russe… Décidés à tenter le tout pour le tout, nos survivants envoient un sous-marin jusqu’à Washington pour une mission-suicide afin de désactiver le système ARS. Les deux volontaires-Le major Carter, un ancien agent de la C.I.A. et Yoshizumi, un scientifique japonais-pour cette excursion en zone contaminée reçoivent également une dose d’un vaccin expérimental contre le MM88. Tous les espoirs de nos survivants reposent donc désormais sur eux*****. Aurons-nous droit à une fin « happy » ou « pas happy » ?

Un récit dense, des images fortes et certaines scènes qui suscitent le malaise : la décision du conseil de la communauté de l’Antarctique de couler un sous-marin et tout son équipage contaminé par le virus, ou de « réglementer » des relations sexuelles entre 855 hommes et 8 femmes. Les relations conflictuelles entre les membres de ce même conseil, issus des différentes nations désormais disparues, incapables de s’accorder sur la moindre chose, et qui sont pourtant amenés à décider du sort de millions de personnes. Les limites de la science, au service de l’armée. La folie destructrice d’une humanité prise dans la spirale de la course aux armements. Une efficacité sans cesse recherchée pour la destruction. Résultat :  un virus incontrôlé et incontrôlable, sanctionnant la démesure humaine, tel un « châtiment divin ».

En bref :

« Virus », film de science-fiction de Kinji Fukasaku(Japon, 1980) – 2h36 et des poussières, environ….

Scénario : Kinji Fukasaku, Kōji Takada,Gregory Knapp, d’après la nouvelle de Sakyo Komatsu

Acteurs principaux  :

Masao Kusakari (Yoshizumi)
Bo Svenson (Major Carter)
George Kennedy (Amiral Conway)
Olivia Hussey (Marit)
Glenn Ford (Président Richardson)
Robert Vaughn (Sénateur Barkley)
Henry Silva (Gen. Garland)
Chuck Connors (Cne. Mc Cloud)
Edward J. Olmos (Cne. Lopez)
Chris Wiggins (Dr. Borodinov)
Isao Natsuyagi (Dr. Nakanishi)
Cec Linder (Dr. Latour)
Stuart Gillard (Dr. Meyer)
Takigawa Yumi (Noriko)

 

 

 

Notes :

* en tout cas, le sujet est « rentable » : bande dessinée, films(au moins 5 pour 2013 : une « invasion extra-terrestre », une « apocalypse », deux « écologiques », un « virus »)

** « Les diamants sont éternels », titre un fameux « James Bond ».  Les hommes aussi-et c’est ce qui est important de ne jamais oublier.

*** dans le film, il s’agit du « projet Phénix », issu de recherches militaires secrètes américaines, visant à fabriquer une arme bactériologique d’une rare efficacité afin de prendre un peu d’avance sur l’U.R.S.S. dans la course aux armements.

**** Avec ses centrales vieillissantes et son industrie en plein déclin(la part du nucléaire dans l’électricité mondiale est passée de 17 % en 2001 à 9 % aujourd’hui : http://energie.lexpansion.com/energie-nucleaire/de-moins-en-moins-d-electricite-nucleaire-dans-le-monde-_a-32-5270.html ;http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/07/15/20002-20130715ARTFIG00439-baisse-record-de-la-production-d-electricite-nucleaire-en-2012.phphttp://www.monde-diplomatique.fr/2011/07/DELBECQ/20791 ), le nucléaire peut-il être considéré comme une alternative énergétique crédible et rassurante pour notre civilisation ?
Enfin, on l’a peut-être oublié, mais Naoto Kan, premier ministre du Japon pendant l’accident de Fukushima(2011), expliquait que son pays « était proche » de faire évacuer 50 millions de personnes(plus que le nombre d’espagnols) après cet accident « d’origine humaine ».

***** D’après un résumé publié sur « Le Traqueur stellaire, blog science-fiction et culture ».

« Plus », ce n’est pas forcément « mieux »…

Qui n’a pas déjà soupiré : « plus de toi, Seigneur ! » ?

« Plus », « plus, « plus »….

Mais ce désir de « plus de Dieu » ne cacherait-il pas en réalité un désir de…..« mieux (connaître Dieu) » ?

« La vie éternelle », a dit le Seigneur Jésus, « c’est de te connaître, toi seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17v3).
Et « le peuple qui connaît son Dieu sera fort et agira » (Daniel 11v32).

Concernant cette connaissance de (mieux de)Dieu, l’ exemple de Moïse* est particulièrement édifiant et fort actuel pour nous aujourd’hui :

Moïse est né de parents pieux. Il aurait pu « en rester à la foi de ses parents ». Néanmoins, il a eu, au cours de sa vie,

une révélation progressive de Dieu. Pas « plus », mais « toujours davantage », jusqu’à ce que Dieu « parle (avec lui) bouche à bouche » (Nombres 12v8)
Un élément fondamental du trait de caractère et de la vie de Moïse est à souligner : Moïse est connu comme un homme de prière, mais il est intéressant de noter que Moïse écoute Dieu beaucoup plus « qu’il ne parle à Dieu »* (cf les expressions récurrentes « l’Eternel dit à Moïse »)

Le secret de la vie de prière de Moïse : la prière d’écoute

Nombres 7v89 révèle le secret de toute la vie de prière de Moïse : celui-ci « entrait dans la tente d’assignation pour parler avec Lui, il entendait la voix qui lui parlait de dessus le propitiatoire qui était sur l’arche du témoignage, d’entre les deux chérubins; et il Lui parlait ». Moïse allait à l’écart, comme plus tard le Seigneur Jésus, pour un entretien personnel et quotidien avec Dieu. Il « entrait dans la tente d’assignation », d’abord pour écouter Dieu, puis pour lui parler.

Que trouvait-on dans la tente d’assignation, où Moïse entrait pour son « face à face avec Dieu » ?* Il s’y trouvait le propitiatoire (ou couvercle de l’arche, dans le lieu très saint du tabernacle), l’arche (contenant notamment les tables de la loi) et les chérubins.
Plus exactement, sur ce propitiatoire étaient deux chérubins, leurs faces tournées vers le propitiatoire et contemplant donc le sang mis sur le propitiatoire lors du grand jour des expiations (Lévit. 16:12-14).
Pour mémoire, le propitiatoire parle de l’œuvre de Christ à la croix(cf 1 Jean 2v1-2 et 1 Jean 4v10) ; l’arche, de la Parole de Dieu, et les chérubins, de la sainteté de Dieu.

Ces éléments pris dans leur ensemble (et non séparément)nous enseigne que :

Nous nous approchons de Dieu, sur la base de l’œuvre de Christ (accomplie) à la croix : « Dieu est amour. En ceci a été manifesté l’amour de Dieu pour nous, c’est que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui; en ceci est l’amour, non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que lui nous aima et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés »(1 Jean 4v8-10).
Sa Parole doit demeurer en nous, pour que nos prières soient selon Sa volonté. (Jean 15v7)
Il est enfin essentiel de ne pas perdre de vue que Dieu est saint (« soyez saints, car je suis saint », cf Lévit.19v2 et 1 Pie.2v11)

Persévérer dans ce temps de communion avec Dieu nous permet d’apprendre à mieux discerner Sa volonté et Son plan pour nous. D’autant plus que ce temps est voulu de Dieu, qui nous attend pour ce rendez-vous avec lui, « dans le lieu secret »(Matt.6)

Moïse : un intercesseur pour son peuple

Intercéder, c’est se placer entre Dieu et un autre, et prier pour cet « autre ».

Moïse a bien des fois intercédé pour le peuple d’Israël, mais nous vous invitons à étudier en particulier trois événements :

-Rephidim, en Ex.17v8-13 ;

Le veau d’or en Ex.32v7-14 ;

-Les douze espions en Nombres 14v11-20

Les deux derniers cas sont similaires, et il est édifiant de considérer ce que Moïse a prié ou demandé, ce que Dieu Lui a proposé et ce que Moïse a répondu.

Enfin, Moïse a découvert progressivement qui est Dieu(lire, en parallèle, le Ps.90)

1)Une « première rencontre » a eu lieu au « Buisson ardent » (Ex.3v1-14). Dieu se présente et se révèle à lui comme le « Dieu de son père » (v6), le Dieu des promesses, le Dieu qui agit (v7) et « Celui qui est »(cf le premier élément de la foi en Hébr.11v6)
2)En Ex.19v16-21, une seconde révélation de Dieu permet à Moïse de découvrir que Dieu est saint(cf Hébr.12v18-29)
3)En Ex.33v18-23, et Ex.34v5-7, Moïse découvre enfin la bonté de Dieu.

En Exode 34 se manifeste là sans doute « l’un des sommets de la révélation de Dieu, dans tout l’Ancien Testament »**. Moïse se trouve sur le Sinaï pour recevoir les secondes tables de la loi-les premières ayant été brisées par Moïse face à l’idolâtrie du veau d’or.

« Moïse tailla deux tables de pierre comme les premières, et se leva de bon matin, et monta sur la montagne de Sinaï, comme l’Éternel le lui avait commandé, et prit en sa main les deux tables de pierre.
Et l’Éternel descendit dans la nuée, et se tint là avec lui, et cria le nom de l’Éternel.
Et l’Éternel passa devant lui, et cria: L’Éternel, l’Éternel! Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité,
gardant la bonté envers des milliers de générations, pardonnant l’iniquité, la transgression et le péché, et qui ne tient nullement celui qui en est coupable pour innocent, qui visite l’iniquité des pères sur les fils, et sur les fils des fils, sur la troisième et sur la quatrième génération!«  (Ex.34v4-7)

La tradition hébraïque compte treize adjectifs dans les versets 6 et 7 de ce passage, relève Erri De LUCA**. « Israël répète ces vers dans les prières de sa journée la plus solennelle, le Yom Kippour. Ces deux vers contiennent un détail unique : le nom [de l »Eternel-ou plutôt le tétragramme : YHVH***] n’est répété deux fois qu’ici, une après l’autre(…)la tradition hébraïque enseigne que le nombre du tétragramme coïncide avec le mot un, qui est l’attribut par excellence de Dieu, plus le mot amour. C’est ainsi qu’à travers ces treize attributs et cette répétition unique du nom sacré nous apprenons que ces secondes tables ont été données avec encore plus d’amour que les premières, de la part de l’Eternel, caché dans un nuage du Sinaï.

Ces secondes tables, bien qu’égales aux premières, contiennent un amour plus intense. »**

Le résultat(Ex.34v29) en est que « Moïse descendit de la montagne de Sinaï, ayant les deux tables du témoignage dans sa main, en descendant de la montagne; et il ne savait pas que la peau de son visage rayonnait, parce qu’il avait parlé avec l’Éternel ».

 

 

 

 

Notes :

*D’après « La Prière », de Georges ANDRE(Dépôt de Bibles et Traités Chrétiens, 1986), pp 47-54

**D’après « Nous sommes », d’Erri De LUCA. IN « Premières heures ». Gallimard, 2012(Folio), pp59-61

*** autre traduction, celle du Rabbinat français : « L’Éternel descendit dans la nuée, s’arrêta là, près de lui et proclama nominativement l’Éternel. 6 La Divinité passa devant lui et proclama: « ADONAÏ est l’Étre éternel, tout puissant, clément, miséricordieux, tardif à la colère, plein de bienveillance et d’équité… »(Ex.34v5-6)

Les miettes du riche suffisent-elles à nourrir le pauvre ?

Le "Baron noir" de Petillon : "self made bird"

Le « Baron noir » de Petillon : « self made bird »

Il semble que non, si l’on en croit la parabole de Lazare et du riche, racontée par Jésus(Luc 16v19-31), puisque le pauvre meurt(comme le riche après lui, d’ailleurs)

La brebis du pauvre doit-elle nourrir l’invité du riche ?

Là encore, il semble que non : il suffit de lire ou relire la réaction d’un roi célèbre à ce sujet(2 Sam12v1-6 )-roi dont le rôle est d’« ouvrir la bouche pour le muet et de prendre la cause des délaissés »(Prov.31v8-9).

Bref, autant de questions dérangeantes-quand elles ne sont pas jugées provocatrices-susceptibles de nous éclairer, particulièrement aujourd’hui.

Le journaliste Patrice de PLUNKETT, ironisait, sur son blog, à propos de ce théorème libéral qui stipule que « quand les riches maigrissent, les pauvres meurent ». En réalité, constate-t-il, c’est l’inverse qui est vrai : « les pauvres meurent et les riches grossissent ».

Car, comme le relève encore Patrice de PLUNKETT, « 10 % de la population mondiale raflent 86 % des richesses, tandis que les 1 % les plus nantis accaparent 46 % des actifs….

 

Ce constat soulève plusieurs questions : « Les inégalités ne cessent de croître. Pourtant la richesse monétaire des individus, à l’échelle mondiale, a doublé en une décennie ! Qui détient ces fortunes ? Quels sont les pays qui tirent leur épingle du jeu ? Quelle serait la richesse de chaque Français si on répartissait l’argent de manière égalitaire ? »

Quant à nous-chrétiens ou non-nous ne sommes peut-être pas économistes, ou alors, nous ne nous sentons peut-être pas compétents pour donner un avis autorisé sur la question.

Cependant, la Parole de Dieu, la Bible, est là et elle contient des principes susceptibles de nous éclairer sur cette situation, ainsi que sur les pistes et solutions possibles.

Tout en citant le rapport BRANDT « Nord-Sud : un programme de survie »(1980)**, John STOTT, dans « Le chrétien et les défis de la vie moderne »(volume 1). Ed. Sator, collec. Alliance, 1987(pp217-245-chap. « L’inégalité économique nord-sud »), en voit deux :

-Le principe de l’unité : « la planète est une, ainsi que la race humaine » ; la Terre appartient à Dieu, qui l’a créée, et nous qui qui la peuplons, nous ne sommes que « les gérants », et nous lui appartenons également, cf Psaume 24v1. « Dieu a donc créé un seul peuple(…) et lui a donné un seul lieu d’habitation ». C’est à ce seul peuple-l’humanité-que Dieu a donné le commandement de Gen.1v28. Ainsi, au commencement, il n’était pas dans le plan de Dieu de diviser la terre en nations rivales(division et dispersion datant de Babel, cf Gen.11), vivant selon la loi du plus fort ou selon l’esprit d’une « concurrence libre et non faussée »***. Au contraire, tous les hommes « devaient mettre en valeur la terre toute entière, pour le bien commun »(op.cit. p228-230)

-Le principe de l’égalité, cf 2 Cor.8v8-15 : « Le Seigneur s’est dépouillé de sa richesse à cause de notre pauvreté pour que par sa pauvreté nous puissions avoir part à sa richesse. La renonciation du Christ visait ainsi une certaine égalité ».  Une expression de sa grâce : nous sommes appelés à agir de façon similaire, par amour, de façon libre et spontanée(op. cit., pp 235-237).

A noter que le terme employé par Paul est « isotès », qui signifie certes « égalité », mais aussi « justice », « équité », et non « uniformité ».

Ce passage de 2 Corinthiens 8v8-15, souligne John STOTT,  se base sur un autre texte de l’Ancien Testament concernant la manne(Exode16) : « celui qui avait ramassé plus n’avait rien de trop, et celui qui avait ramassé moins n’en manquait pas. Chacun ramassait ce qu’il fallait pour sa nourriture »****(v18).

Les effets de la spéculation sont décrits aux vv19-20 : « Moïse leur dit : Que personne n’en laisse jusqu’au matin. Ils n’écoutèrent pas Moïse, et il y eut des gens qui en laissèrent jusqu’au matin ; mais il s’y mit des vers, et cela devint infect. Moïse fut irrité contre ces gens ». Si l’on stocke, « ça pue ».

Résumons, dit donc STOTT :« Dieu a donné tout le nécessaire pour répondre aux besoins de tous les êtres humains(…)il ne supporte pas la disparité opposant l’abondance à l’indigence, la richesse  à la pauvreté ; lorsqu’une situation de ce genre apparaît, on devrait pouvoir y remédier par un réajustement dans le but d’assurer l’égalité ou de répondre à la justice ; la motivation qui pousse le chrétien à rechercher une telle justice est la grâce, cet amour empreint de générosité qui a amené Jésus-Christ à devenir pauvre, de riche qu’Il était, afin que par sa pauvreté nous soyons enrichis ; les chrétiens sont appelés à suivre l’exemple du Seigneur et à prouver ainsi la sincérité de leur amour. »(op. cit., p238)

Comment alors concilier les enseignements de la Bible, Parole de Dieu, sur l’unité et la diversité, sur l’égalité et l’inégalité ?

« Le premier problème », juge John STOTT, « est celui de notre style de vie personnel », dans le sens qu’« il ne devrait pas y avoir de contraste évident entre notre style de vie et celui de notre entourage ». Il est donc possible d’adopter « un niveau de vie témoignant d’un amour empreint du souci d’autrui et du désir de partager », de recevoir sans embarras, « de façon naturelle et réciproque. »(op. cit., p 240)

Vivre de cette façon serait, à notre sens, l’expression de cette grâce de Dieu, que nous avons évoquée plus haut. Et « la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes », qui « a été manifestée », nous dit Tite 2v11-12, « nous enseigne à renoncer à une mauvaise conduite et aux désirs terrestres, pour mener dans ce monde une vie raisonnable, juste et fidèle à Dieu »(Français courant). « Raisonnablement »(ou « sagement »), « justement » et « fidèle à Dieu »(ou « pieusement ») : John STOTT ne le dit pas explicitement, mais on pourrait y ajouter « sobrement », exhortation biblique. Car est-il pertinent et réaliste de chercher « toujours plus », comme si  les ressources de notre planète(comme nos besoins ?) étaient infinies ?

Le deuxième problème est celui de l’inégalité économique Nord-Sud et de l’inégalité des chances : « puisque nous avons tous la même valeur, nous devrions tous avoir les mêmes chances de mettre en valeur le potentiel que Dieu nous a donné pour l’utilité commune ». Dans un contexte où, aujourd’hui, l’essentiel des richesses est concentrée en quelques mains(soit par une minorité de privilégiés, ce qui accroît/aggrave les écarts de richesses et donc les inégalités), John STOTT estime que « nous devrions chercher à tout prix à supprimer l’inégalité des privilèges pour garantir l’égalité des possibilités. Car il existe des millions d’individus dans le monde qui ne peuvent exploiter leur potentiel. Voici, aux yeux des chrétiens, le vrai scandale », qui constitue une atteinte à la dignité humaine, mais aussi « un affront au Créateur qui a équipé de dons les hommes, non pour qu’ils les gaspillent mais pour qu’ils les cultivent et les mettent au service de leurs prochains. »

Une « égalité des chances » dans les domaines de « l’enseignement, la prise de responsabilités dans les institutions internationales »(FMI, Banque mondiale…)et « les échanges commerciaux[sans oublier une autorité régulatrice nécessaire****] favoriseraient peut-être , plus que tout autre chose, une meilleure répartition des richesses mondiales »(op.cit., pp 241-243)

Nous-mêmes(pas plus que les pauvres) ne sommes pas obligatoirement responsables, termine John STOTT, « mais nous devenons coupables personnellement si nous acceptons qu’une telle situation se perpétue******. »(op. cit. p244).

Trouvons-nous « normal » ou « juste » qu’une minorité s’accapare les trois quarts du gâteau, quand nous sommes des milliards à table ? Ou culpabilisons-nous les pauvres, en fustigeant « l’assistanat » ?

Nous devenons coupables si nous entretenons ou encourageons tout système économique provoquant et nourrissant cette inégalité.

L’on aurait beau jeu, après, de tenter de lutter contre les conséquences de nos actes, en oubliant leurs causes. Ou de s’indigner contre ce qui n’est que la conséquence de ce que nous avons défendu.

D’aucun appelle cela :  « dissonance cognitive » !

 

 

 

 

 

Notes :

*« Selon les rapports du Crédit suisse, du HCR et du FMI, en 2013 la moitié pauvre de la planète ne possède que 1% de la richesse mondiale, alors que les 1 % les plus nantis accaparent 46 % des actifs. L’ascension vertigineuse des plus hauts revenus bat son propre record, en liaison avec la financiarisation de l’économie et – a contrario – avec le creusement non moins vertigineux des écarts de salaires ».

(Note de Patrice de PLUNKETT sur son blog, intitulée « 10 % de la population mondiale raflent 86 % des richesses » et datée du 11/10/13).

** A l’époque, « huit cents millions de personnes(étaient)encore sans ressources, c’est-à-dire que quarante pour cent de la population du Sud survit(…) à peine. Par ailleurs, le Nord, y compris l’Est européen, (possédait)un quart de la population mondiale et les quatre cinquièmes de ses ressources(…)plus de quatre-vingt-dix pour cents de l’industrie mondiale »(cité par John STOTT. Op. cit., p 219).

*** Dans cet esprit bien décrit dans Ézéchiel 34v1-6, 17-21

**** Outre cette répartition équitable, on remarque qu’il est prévu un temps pour ramasser et un temps de repos, où l’on ne ramasse pas.

***** Un exemple ici : Ézéchiel 34v7-17, 22-31

****** Pour aller plus loin, dans la réflexion, voir, par exemple, l’action et le ministère du Défi Michée : pauvreté, style de vie chrétien, dossiers d’animations « pour s’impliquer » et le jeu du « Banquet mondial ».

Enfin, dans la continuité du propos de John STOTT, l’on pourrait ajouter qu’il est un devoir pour chacune et chacun(le chrétien, comme le non-chrétien)de s’intéresser à l’économie et de chercher à comprendre ce qui nous paraît souvent obscur et complexe. Certes, la défense du « mariage biblique », la lutte contre l’avortement et l’euthanasie, « l’éthique »…sont autant de domaines importants, aux conséquences durables sur nos vies. Mais « comprendre l’économie, c’est maîtriser notre destin(…) la plupart des sujets à propos desquels nous votons, nous, citoyennes, citoyens, d’une démocratie, relèvent de l’économie. C’est notre responsabilité de comprendre ce pour quoi nous votons.« (GOODWIN, Michael. Préface du roman graphique « Economix ». Ed. Les Arènes, 2013, p9 – nous en reparlerons très bientôt)

« Moi, moi, je suis l’Éternel, et hors moi il n’y en a point qui sauve »(Lisons Esaïe ensemble/4)

Retour de notre lecture biblique du livre du prophète Esaïe, entamée ici.

Le principe est simple : il s’agit de lire attentivement le chapitre et d’être attentif à 1)ce que nous apprend le chapitre sur la nature et la personne de Dieu ; 2)ce que nous apprend le chapitre sur la nature et le caractère de l’homme, et enfin, 3)ce que nous apprend le chapitre sur les engagements de Dieu vis à vis de l’homme.

A noter un terme récurrent dans ce passage : celui de « former ».

Bonne lecture et bonne découverte !

Lisons Esaïe 43 :

1    Mais maintenant, ainsi dit l’Éternel, qui t’a créé, ô Jacob, et qui t’a formé, ô Israël: Ne crains point, car je t’ai racheté; je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi.

2    Quand tu passeras par les eaux, je serai avec toi, et par les rivières, elles ne te submergeront pas; quand tu marcheras dans le feu, tu ne seras pas brûlé, et la flamme ne te consumera pas.
3    Car moi, je suis l’Éternel, ton Dieu, le Saint d’Israël, ton sauveur. J’ai donné l’Égypte pour ta rançon, Cush et Seba pour toi.
4    Depuis que tu es devenu précieux à mes yeux, tu as été glorieux, et moi, je t’ai aimé; et je donnerai des hommes pour toi et des peuples pour ta vie.
5    Ne crains pas, car je suis avec toi. Je ferai venir du levant ta semence, et je te rassemblerai du couchant;
6    je dirai au nord: Donne, et au midi: Ne retiens pas; amène mes fils de loin, et mes filles du bout de la terre,
7    chacun qui est appelé de mon nom, et que j’ai créé pour ma gloire, que j’ai formé, oui, que j’ai fait.
8    Fais sortir le peuple aveugle qui a des yeux, et les sourds qui ont des oreilles.
9    Que toutes les nations soient réunies ensemble, et que les peuples se rassemblent! Qui d’entre eux a déclaré cela, et nous a fait entendre les choses précédentes? Qu’ils produisent leurs témoins et qu’ils se justifient, ou qu’ils entendent, et disent;
10    C’est la vérité! Vous êtes mes témoins, dit l’Éternel, vous et mon serviteur que j’ai choisi, afin que vous connaissiez, et que vous me croyiez, et que vous compreniez que moi je suis le Même: avant moi aucun Dieu n’a été formé, et après moi il n’y en aura pas.

11    Moi, moi, je suis l’Éternel, et hors moi il n’y en a point qui sauve.
12    Moi j’ai déclaré, et j’ai sauvé, et j’ai fait entendre, quand il n’y avait pas de dieu étranger au milieu de vous; et vous êtes mes témoins, dit l’Éternel, que je suis Dieu.
13    Aussi, depuis qu’il y a un jour, je suis le Même, et il n’y a personne qui délivre de ma main: j’opérerai, et qui peut m’en détourner?
14    Ainsi dit l’Éternel, votre rédempteur, le Saint d’Israël: A cause de vous j’ai envoyé à Babylone, et je les ai fait descendre tous comme des fugitifs, même les Chaldéens, dans les vaisseaux où s’entend leur cri.
15    Moi, je suis l’Éternel, votre Saint; le créateur d’Israël, votre roi.
16    Ainsi dit l’Éternel, qui donne un chemin dans la mer et un sentier dans les eaux puissantes,
17    qui fait sortir le char et le cheval, l’armée et les forts, – ils sont couchés ensemble, ils ne se lèveront pas; ils finissent, éteints comme une mèche:
18    Ne vous souvenez pas des choses précédentes, et ne considérez pas les choses anciennes.
19    Voici, je fais une chose nouvelle; maintenant elle va germer: ne la connaîtrez-vous pas? Oui, je mettrai un chemin dans le désert, des rivières dans le lieu désolé.
20    La bête des champs me glorifiera, les chacals et les autruches; car j’ai donné des eaux dans le désert, des rivières dans le lieu désolé, pour abreuver mon peuple, mon élu.
21    J’ai formé ce peuple pour moi-même; ils raconteront ma louange.
22    Mais tu ne m’as pas invoqué, ô Jacob; car tu as été las de moi, ô Israël.
23    Tu ne m’as pas apporté le menu bétail de tes holocaustes, et tu ne m’as pas glorifié par tes sacrifices. Je ne t’ai pas asservi à des offrandes de gâteau, et je ne t’ai pas fatigué pour l’encens.
24    Tu n’a pas acheté pour moi du roseau aromatique pour de l’argent, et tu ne m’as pas rassasié de la graisse de tes sacrifices; mais tu m’as asservi par tes péchés, tu m’as fatigué par tes iniquités.
25    -C’est moi, c’est moi qui efface tes transgressions à cause de moi-même; et je ne me souviendrai pas de tes péchés.
26    Fais-moi souvenir, plaidons ensemble; raconte toi-même, afin que tu sois justifié.
27    Ton premier père a péché, et tes médiateurs se sont rebellés contre moi;
28    et j’ai profané les chefs du lieu saint, et j’ai livré Jacob à la destruction et Israël à l’opprobre.

Définir l’évangile : pour aller « de l’autre côté du périph’ ! »

Comment définir l’évangile ?
Huit définitions, cinq propositions, une conclusion.

La question(à laquelle j’ai déjà répondu notamment à plusieurs reprises sur ce blogue) n’est pas si saugrenue que cela, puisqu’elle m’a déjà été posée par un jeune adulte de mon église.

Cette question n’est pas non plus saugrenue pour Don CARSON, puisque ce dernier s’efforce d’y répondre dans un article intitulé « Comment définir l’évangile : une étude du texte de 1 Corinthiens 15v1-19″(pp 21-29), paru dans le dernier numéro(186) de « Promesses »(Revue de réflexion biblique) d’octobre-décembre 2013 et consacré à « l’évangélisation personnelle ».

Extraits :

« Plusieurs ont fait observer que dans le monde occidental, l’Eglise passe par une phase de fragmentation notoire. Cette division touche jusqu’à notre compréhension de l’Evangile », constate Don CARSON en introduction(p 21).

« La tendance la plus courante de nos jours », explique-t-il notamment, « est peut-être d’accepter l’Evangile, tout en déployant beaucoup d’énergie et de passion créatives pour développer d’autres thèmes : le mariage, le bonheur, la prospérité, l’évangélisation, les pauvres, la lutte contre l’islam, la lutte contre la sécularisation galopante, la bioéthique, les dangers à gauche, les dangers à droite…..c’est ignorer que nos auditeurs sont inévitablement attirés par ce qui nous passionne le plus(…)

Si nous acceptons l’Evangile sans conviction, alors que des sujets périphériques enflamment notre passion, nous formerons une génération qui minimisera l’Evangile et manifestera du zèle pour ce qui est périphérique(…)Si on réfléchit sérieusement à l’Evangile et si celui-ci reste au centre de notre préoccupation et de notre vie, nous constatons qu’il aborde aussi de façon pertinente toutes les autres questions. »(p22)

C’est pourquoi, à partir de 1 Corinthiens 15v1-19, Don CARSON se propose de résumer l’Evangile en huit mots :

-« L’Evangile est christologique ». Cela signifie que Christ n’est pas « un homme quelconque, ni même le Dieu-homme qui vient nous aider, une sorte d’agent d’assurance-un « très brave Dieu-homme » qui, quand on fait des erreurs, vient réparer. L’Evangile est christologique dans un sens beaucoup plus fort : Jésus est le Messie promis qui est mort et ressuscité. »(p23)

Traverser par Radu Pasca

Traverser par Radu Pasca

« L’Evangile est théologique » : Christ est mort et ressuscité « pour nos péchés », soit, outre de leur pouvoir asservissant, de leurs conséquences.

« L’Evangile est biblique » : « Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures ; il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures »(1 Cor.15v3-4)
L’Evangile est ancré dans les Ecritures, « l’Ancien Testament », et dans le témoignage des apôtres, le Nouveau Testament.

« L’Evangile est apostolique » : Jésus « a été vu par Céphas[Pierre], puis par les douze(v5) ; ensuite, il a été vu par Jacques, puis par tous les apôtres…il s’est fait voir à moi…le moindre des apôtres »(v7-9). La succession des pronoms(« moi », « eux », « nous », « vous »)est importante, puisqu’elle devient un puissant moyen de relier le témoignage et l’enseignement des apôtres à la foi de tous les chrétiens des siècles suivants.

« L’Evangile est historique » : « Jésus est la seule révélation possible de Dieu, entrée dans l’histoire par l’incarnation »(cf 1 Jean 1v1-2). La résurrection de Jésus est historique et valide la foi(pp25-26).

« L’Evangile est personnel » : il indique la voie du salut individuel et personnel. « Un Evangile historique qui ne serait ni personnel, ni puissant, serait une antiquité ; un évangile théologique qui n’est pas reçu par la foi et ne transforme pas la vie est pure abstraction ».(pp26-27)

« L’Evangile est universel » : « il ne l’est pas au sens où il transformerait et sauverait tout le monde sans exception(…)Mais cet évangile est merveilleusement universel dans l’étendue de son appel. Il ne comporte aucune trace de racisme ».

« L’Evangile est eschatologique » : « l’Evangile nous prépare pour les nouveaux cieux et la nouvelle terre dans un corps de résurrection »(p 27).

Suivent cinq propositions simples(pp 27-29) :

« Cet Evangile est normalement diffusé par la proclamation » : la Bonne nouvelle doit être annoncée, proclamée, expliquée ; « Dieu lui-même visite et revisite les êtres humains par Sa Parole ».

-« Cet Evangile se reçoit efficacement par une foi authentique et persévérante ».

-« Cet Evangile se dévoile à celui qui s’humilie ».

-« Cet Evangile se présente comme la confession centrale de toute l’Eglise », et non pas comme une prédication, un enseignement propre à une église particulière(ou « originale »)

« Cet Evangile progresse hardiment sous le règne contesté et la victoire inévitable de Jésus le roi ».

« Ce résumé de l’Evangile-huits mots pour le définir et cinq propositions pour le clarifier, tous pris dans (le seul chapitre de 1 Cor.15)-débouche sur un résultat surprenant : la nature cognitive de l’Evangile qu’il faut comprendre, croire et à quoi il faut obéir. Mais cet Evangile ne reste jamais une simple question de connaissances et de savoir, comme le démontre toute cette épître. Un christianisme qui ne produit pas des croyants patients et bons, mais des gens particulièrement jaloux, fiers et vantards, impitoyables, qui se mettent facilement en colère et gardent le souvenir des torts subis, n’est pas un christianisme du tout. Paul a jugé nécessaire de souligner les effets de l’Evangile dans tous les domaines de la vie des Corinthiens(…). Faisons de même aujourd’hui(…)il faut que l’Evangile se traduise dans la vie des croyants et soit mis en évidence dans la vie de l’Eglise pour entraîner leur affranchissement des chaînes de l’idolâtrie, trop subtile pour être nommée et trop enivrante pour s’en défaire. »(p29)

« Foireux liens »

Qui ne connaît pas la foire aux liens* ?
Ou le top du top des meilleurs/plus intéressants(ou tout simplement les plus amusants/insolites) sites internet de la semaine ou du mois ?

Exercice presque obligé (mais on n’est pas obligé) de tout blogueur qui se respecte, il a l’avantage d’exhumer ici ou là une pépite au milieu des scories.

Mais sur quels critères faire la promotion de tel ou tel site ? Car qu’est-ce que « les meilleurs sites » ? Les « plus intéressants » ou « dignes d’intérêt » ? Par rapport à quoi ?
« Pertinence ou popularité ? »  SVP, que choisir ? Là est la question…

…. et « question » liens, voici la petite sélection de Pep’s Café !
Essentiellement des sites d’informations(avec des blogues chrétiens) qui nous paraissent remarquables pour les raisons que chacun discernera sans doute :

1) Le Gorafi : « depuis 1826, toute l’information de sources contradictoires »**, lit-on en sous-titre.
Le Gorafi est né sur Twitter en février 2012, pendant la campagne présidentielle. Il apparaît sous la forme d’un blogue en mai avant un sérieux relookage en septembre de la même année.

« Au hasard », par exemple :

http://www.legorafi.fr/2013/03/20/toulouse-il-se-fait-abattre-de-46-balles-dans-le-corps-pour-avoir-demande-un-pain-au-chocolat/ ***

http://www.legorafi.fr/2013/10/15/lutte-contre-le-fn-francois-hollande-pourrait-creer-la-surprise-en-proposant-dappliquer-son-programme-electoral/

http://www.legorafi.fr/2013/10/01/pole-emploi-un-autre-bug-aurait-permis-a-des-demandeurs-demploi-de-trouver-du-travail/

http://www.legorafi.fr/2013/10/14/76-des-conseillers-dorientation-affirment-avoir-ete-eux-memes-mal-orientes/

http://www.legorafi.fr/2013/06/10/fort-boyard-un-candidat-oublie-dans-la-cellule-dune-epreuve-retrouve-7-ans-plus-tard/

http://www.legorafi.fr/2012/09/03/trop-souriant-dans-le-metro-il-finit-en-garde-a-vue/

http://www.legorafi.fr/2013/10/14/lump-accuse-la-gauche-de-se-servir-du-desastre-de-la-primaire-de-marseille-pour-masquer-lechec-de-brignoles/

Ce vrai site « d’infaux » **** parodie les sites d’ « infos », en diffusant des scoops bidons-limite racoleurs-avec l’air de ne pas y toucher : multiples rubriques, austère apparence, ton et titres informatifs qui plaisent à Google…Toute ressemblance avec de « véritables » médias en ligne(« pure player », webzines…)n’est pas forcément une pure coïncidence…d’autant plus que certaines « infaux » sont parfois jugées crédibles au point d’être reprises telles quelles par la presse traditionnelle*****.

Car malheur au lecteur ou même au journaliste trop pressé/paresseux/lisant en diagonale ou croyant avoir trouvé le scoop : il court le risque d’être pris au piège !

Pour écrire leurs articles, les journalistes du Gorafi se mettent « dans la tête d’un journaliste stupide qui ne comprend pas ce dont il parle et qui s’adresse à des gens stupides ». Avec une exigence d’écriture : « Il faut que ça ressemble à un article avec les codes que l’on retrouve dans la presse française. Tous les petits détails sur lesquels le spectateur va se focaliser. »

Ingénieux, mais il fallait y penser ! De nature à faire réfléchir à la « fabrique de l’information » et, surtout,  à la tendance à relayer tout et n’importe quoi.
Plus que satirique, il nous paraît d’ailleurs plutôt « ironique », puisque « La satire s’affiche comme une force d’opposition, un discours critique sur le pouvoir. L’ironie, elle, est un trompe-l’œil, dont le plaisir est de se faire passer pour vraie pendant un certain laps de temps. C’est une construction du discours qui, à la différence des autres formes de dissimulation (mensonge, hypocrisie, flatterie), ne vaut que si elle est démasquée. Mais encore faut-il qu’elle le soit, démasquée ».

Le Gorafi serait-il l’exemple même d’un « engagement par l’ironie », forçant les lecteurs à se positionner sur ce qu’ils entendent ?****** « Faire prendre conscience des paroles dites, apprendre à réécouter les discours établis, faire douter : par le décalage, l’ironie redonne du sens aux mots employés par les politiciens ». C’est par l’ironie que l’on « (teste) la capacité de révolte d’un auditoire. »
Car comme le dit si bien lui-même Le Gorafi, qui renvoie d’ailleurs à la responsabilité du lecteur : «C’est aux gens de faire un travail pour avoir du recul, pour vérifier leurs informations. »

2) Basta mag : « site d’information indépendant sur l’actualité sociale et environnementale. Constitué d’une équipe de journalistes et de militants associatifs, Basta ! contribue à donner une visibilité aux enjeux écologiques, aux actions citoyennes, aux revendications sociales, aux mouvements de solidarité et aux alternatives mises en œuvre. Le site est édité depuis décembre 2008 par l’association Alter-médias ».
Basta !, comme l’explique les auteurs, « est d’abord un appel(…) face (aux différentes crises)en Europe et dans le monde : crise économique, crise environnementale, crise de la démocratie, crise sociale,… un appel qui suscite une résistance. (…) qui doit se traduire par un engagement en faveur d’une autre société….. »
L’équipe de journalistes de Basta ! se veut « engagée », de convictions, consciente de (devoir) « jouer un rôle. Pas un rôle de simple relais ou de rigide organe de presse, sûr de sa vérité, mais un rôle d’information, d’explication et d’interrogation ».
Sont ainsi privilégiés la diversité des sources – expertises d’ONG, « lanceurs d’alerte », chercheurs et universitaires, élus, représentants syndicaux, acteurs des mouvements sociaux, collectifs citoyens, journalistes indépendants, militants associatifs, réseaux de partenaires dans les pays du Sud… –ainsi que l’enquête journalistique, les reportages sur le terrain et les témoignages« Décryptages et ressources documentaires doivent accompagner la lecture d’un événement pour le mettre en perspective, offrir aux lecteurs des débouchés concrets à une prise de conscience (pistes d’alternatives, présentation d’initiatives, contacts d’associations…) et ne pas tomber dans l’analyse catastrophiste ou l’indignation stérile ».

« Au hasard », par exemple :
Des millions de réfugiés climatiques attendent un statut (15 juillet 2013)

Paradoxe : les êtres humains, dont les Français, n’ont jamais été aussi riches !(16 octobre 2013)
A Toulouse, un autre internet, solidaire et non-commercial, c’est possible ! (15 octobre 2013)
Délinquance : « Depuis dix ans, la frénésie sécuritaire est globalement inefficace » (7 octobre 2013)

Bref, un champ à occuper pour les protestants évangéliques. A ma connaissance, en dehors de « Réforme » et de « Christianisme aujourd’hui », pour la presse papier, et peut-être « Christnet », il n’existe rien d’équivalent(francophone, du moins) en ligne au Gorafi ou à Basta.
Deux sites chrétiens :

3)Ecbatane : « en chemin vers Ecbatane », soit « vers ton futur conjoint ou ta douce moitié… »

4)Génération Hillsong Nutella : Tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, mais une seule est vraiment nécessaire.
Deux blogues chrétiens(nous nous suivons respectivement)très différents(Hillsong est évangélique, Ecbatane catholique), mais avec un point commun : leur mystère, leur originalité, leur fraicheur, leur humour, leur sympathie, la qualité de la forme alliée à la qualité de contenu et, surtout, surtout, surtout, leur générosité : tous deux ne « cherchent rien » de particulier-en tout cas, pas le « buzz » ou la polémique-à part partager ce qu’ils ont reçu. Soit l’essentiel : Christ et l’amour de Christ. Bref, des blogues généreux, tout simplement et qui allient la qualité du fond à la qualité de la forme-c’est suffisamment rare pour être signalé. Et c’est ce qui les rend édifiants et conformes à l’esprit « évangélique ».
« Au hasard », par exemple :

La tarte au citron vert meringué et les licornes******* pour Ecbatane,

Un petit schéma, et un test(« quel veilleur êtes-vous ? ») pour Génération Hillsong Nutella, dont l’explication du nom du blogue se découvre ici !

Et le dernier pour la route :

5) « 10 conseils pour payer son carburant moins cher »[super !*]

Par Seb Musset, bloggueur qui se présente comme quelqu’un qui « Filme, écrit, blogue. N’appartient à aucun parti, organisation politique ou site reprenant les textes des blogueurs sans les rémunérer. Ce blog est la continuité de (ses) livres, ou l’inverse, et n’existe qu’avec (notre) soutien et (nos) commentaires… »

 

 

Notes :
* « La foire aux liens », que nous avons gentiment parodiée dans le titre du présent billet en « foireux liens », est une rubrique de « Notre église point com », un édifiant blogue ressource chrétien(nous nous suivons respectivement) « pour étrangers et voyageurs » à fréquenter. Son fondateur et animateur principal aime les livres et le sous-titre de son blogue me parle : j’aurai aimé l’inventer !(Le sous-titre, pas le blogue).

Mais si nos liens ne sont pas « foireux », nos jeux de mots le sont…

** Deux indices sont soumis à la sagacité des lecteurs dans cette présentation : sauriez-vous les retrouver ? A propos du Gorafi, lire « about » ce site.

*** Un article 1)qui a été tellement pris au sérieux que certains médias se sont faits l’écho d’une montée irrépressible de la délinquance dans la ville rose…et 2)qui a tellement circulé que le site serait passé à 984 000 visiteurs uniques en mars, selon les chiffres Google Analytics. Depuis sa publication le 20 mars 2013, l ‘article en question compterait à lui seul 824 000 pages vues. (http://www.telerama.fr/medias/le-gorafi-site-d-info-potache-parfois-pris-au-s-rieux,96091.php)

**** Une expression piquée à Rue 89.

***** Exemples :  http://www.lesinrocks.com/2013/06/11/actualite/le-gorafi-le-faux-site-dinfo-qui-cartonne-11400828/ ; http://www.20minutes.fr/medias/1104741-sites-parodiques-comme-garofi-sont-ils-si-inoffensifs ; http://www.telerama.fr/medias/le-gorafi-site-d-info-potache-parfois-pris-au-s-rieux,96091.php

****** Voir https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/10/04/inculture-au-poing-le-dico-de-peps-cafe/ (Entrée « ironie »)

******* Les licornes, ça existe ! Nous y croyons aussi sur Pep’s Café ! puisque nous en avons rencontrée au moins une ! 😉