« Interview avec Dieu » : un film sage

Avant de pouvoir parler « directement » à Dieu via l’interview, le journaliste, diplômé en théologie, est formé pour parler de Dieu, mais sera-t-il capable de parler à Dieu, de le tutoyer, de l’interpeller…?

« Rentré d’un reportage en Afghanistan, Paul Asher a du mal à surmonter les séquelles de cette expérience. Son mariage est en perdition et sa foi est mise à l’épreuve, lorsqu’il se voit proposer une interview avec un homme qui prétend être Dieu. Si vous pouviez interroger Dieu, quelles questions lui poseriez-vous ? »

 

Vu récemment, « interview avec Dieu » est un film original par son sujet et plein de promesses, sans être nécessairement LE film à voir absolument au cinéma. Mais il aura réussi l’exploit de faire se déplacer en salles, un dimanche après-midi, un public majoritairement chrétien, certains habitués aux standards hollywoodiens, pour voir un film, certes bien joué, mais antispectaculaire au possible, et en VOST, qui plus est.

Ceci dit, « interview avec Dieu » s’avère plutôt décevant sur le fond et le choix du point de vue de Paul Asher, personnage principal de journaliste croyant, ne garantit pas l’identification du spectateur. Celui-ci, quoiqu’en « crise », est déjà acquis à l’existence de Dieu. Comble pour un journaliste professionnel, ses questions bien « trop sages » ne « malmènent » pas trop « le personnage de Dieu », lequel apparaît dans le film comme un père bienveillant en costume cravate, non dénué d’humour, mais plutôt consensuel.

De là cette question : pour qui ce film est-il ? A qui s’adresse-t-il ? Pour celui « qui se croit croyant », aurai-je envie de répondre.

En effet, le film nous invite à réfléchir sur ce qu’est être croyant, pointant deux obstacles majeurs nous empêchant de l’être vraiment : l’incapacité à parler à Dieu et de pardonner [la surprise du film vient de l’identité de qui doit pardonner à qui].

Ainsi, la foi est présentée dans le film comme un don de Dieu et « un processus » : le croyant est donc celui qui renouvelle sans cesse son acte de foi, de croyance (envers Dieu), qui le renouvelle régulièrement – sinon tous les jours – avec l’insistance du participe présent : « croyant »(1).

Le « croyant » est aussi celui qui sait s’adresser à Dieu et ne saurait s’étonner que Dieu puisse répondre à sa prière (2), à l’inverse de Paul Asher !

Avant de pouvoir parler « directement » à Dieu via l’interview, le journaliste, diplômé en théologie, est sans doute formé pour parler de Dieu, mais se montre incapable de s’adresser vraiment à lui, de le tutoyer, de l’interpeller, ne serait-ce pour récriminer ou blasphémer, comme le fait Job.

Paradoxalement, là est sans doute la limite du film (mais aussi sa force involontaire ?) pas tout à fait réussi, en nous donnant à voir cette incapacité. Et rarement sous-titre n’aura été aussi ironique : « Si vous pouviez interroger Dieu, quelles questions (meilleures que celles posées par le journaliste dans le film)  lui poseriez-vous ? »

 

En résumé :

Interview avec Dieu, de Perry Lang (USA, 2018). Avec Brenton Thwaites, Yael Grobglas, Charlbi Dean Kriek , David Strathairn. Distribué par SAJE.

Note d’intention du scénariste
Ken Aguado, scénariste et producteur du film a témoigné des raisons qui l’ont poussé à écrire et produire Interview avec Dieu.

« C’est la 1ère fois que j’écrivais un scénario, et probablement comme beaucoup de scénaristes débutants, je voulais écrire quelque chose de marquant, qui soit le fruit du coeur. J’ai été inspiré après un voyage en Israël. J’avais des idées très précises sur ce que je voulais aborder, alors j’ai voulu être authentique dans mon écriture. J’ai écrit mon script en six semaines environ, principalement pendant la période de Thanksgiving jusqu’au nouvel an où le travail est plus calme.

Je suis un professionnel d’Hollywood et je m’étais fait la promesse que ma version d’un film sur la foi contiendrait les valeurs narratives qui me tiennent à coeur. J’ai été particulièrement attentif à ne pas laisser mes convictions personnelles prendre le dessus sur ma créativité. Je pense que le message est altéré lorsque le spectateur est amené à trop réfléchir plutôt qu’à se laisser faire face au divertissement. Toutefois, cela permet aussi de pousser le spectateur à être concentré sur des personnages convaincants et à vouloir en savoir plus, scènes après scènes. C’est ce que j’ai essayé de faire avec Interview avec Dieu. Et si le film vous fait aussi réfléchir, j’en suis heureux. » (3)

 

 

 

Notes :

(1) https://www.la-croix.com/Archives/2009-08-13/Dossier.-Entretien-Erri-De-Luca-ecrivain-Je-reste-incapable-de-donner-le-tu-a-la-divinite-_NP_-2009-08-13-351360

(2) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2019/09/06/prier-est-un-acte-dangereux/

(3) https://www.sajedistribution.com/files/saje/films/Interview%20avec%20Dieu/DP-INTERVIEW%20AVEC%20DIEU.pdf

 

Avant d’être un « leader », tu es d’abord un « follower »

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d’aujourd’hui lui oseront-ils lui demander de leur apprendre à Le suivre ?
(Source : convergence bolcho-catholiques)

« Toi, suis-moi », dit Jésus (Jean 21v22)

Dans un monde et une Église, [soucieux] du »leadership » (et de la formation pour devenir « leader »), il est facile d’oublier que nous sommes d’abord à la suite du Christ, pas des « leaders » mais des « followers », des disciples. C’est la base de toute authenticité chrétienne. (Vu sur twitter – paru le 06/09/19)

« Hevenu Shalom Alehem » : Pep’s café fait sa rentrée !

 « Hevenu shalom alehem » est un très beau chant en hébreu de cérémonies, célébrations et fêtes, dont le couplet est mainte fois répété. Il signifie « nous vous apportons la paix ». Est-ce là notre motivation constante ?

Shalom Alehem (hébreu שלום עליכם, yiddish שלום־עליכם (şolem aleyxem)) est une salutation hébraïque, signifiant « Paix sur vous ». Cette salutation est utilisée au pluriel, et est utilisée aussi bien pour une collectivité que pour un individu isolé.

Shalom, « la paix », n’est pas l’absence de ce qui dérange mais l’établissement de ce qui est bon. Cela vient de Shalem, la « plénitude », ce qui remplit chaque aspect de notre vie, tant mentale que physique, spirituel ou matériel. Une promesse qui garde toute sa plénitude…. dans le Prince de Paix (Esaïe 9v5), Celui [dont le Nom signifie « Dieu sauveur » et « Dieu élargit »] « en qui nous nous trouvons pleinement comblés » (Colossiens 2v10) et qui a dit « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur cesse de se troubler et de craindre » (Jean 14v27).

Le prophète Jean [le baptiste] a rendu à Son sujet ce témoignage : « C’est celui dont j’ai dit: Celui qui vient après moi m’a précédé, car il était avant moi. Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce….» (Jean 1v15-17).

C’est ce que je peux vous souhaiter de mieux pour cette nouvelle rentrée !

 

L’action du mois : pourquoi il ne t’est plus possible d’acheter sur Amazon

Après les librairies, Amazon menace les supermarchés (Dessin de Chappatte, dans The New York Times. 22/06/17)

« Acheter un livre sur Amazon. Rien d’immoral là-dedans ! » (sic)

Peut-être partages-tu ce point de vue (lu sur la toile) de celui qui « ne peut pas s’empêcher de rester fasciné par l’entreprise Amazon et l’ambition(re-sic) du fondateur Jeff Bezos ».

Effectivement, lorsque tu achète sur Amazon, « tout est fluide, rapide et simple » (1) comme un simple « clic », promesse d’un « monde meilleur » où tous les services et les plaisirs sont à portée de main, « sans effort »(2). A quel prix ?

Comme le souligne « Zeboute » sur son blogue(1), il n’est pas question ici du prix de ce que tu achètes, mais « du prix de (ta) petite conscience ». En effet, préfère-tu « rester un citoyen qui a une conscience, une éthique ou oublier ce qui se cache ? »

Tu peux revendiquer la meilleure vision biblique du monde, pour mieux glorifier Dieu dans tous les aspects de ta vie, et être en décalage avec cette même vision en achetant (ou en encourageant à faire ses courses) sur Amazon !

Tu pourrais être surpris en osant « regarder dans l’arrière-boutique d’Amazon », dans laquelle « tout n’est pas aussi simple. Ni fluide. C’est plutôt une dure réalité »(1).  Et même une « utopie bidon », selon la formule du documentariste Pierre Carles, car « ce monde meilleur » est en réalité « synonyme de sang et de larmes pour la majorité de la population mondiale… » (2)

Ok, ok. Tu en as certainement déjà entendu sur ce sujet. Tu choisis de zapper. « Mais si (tu mets) bout à bout tous les sujets autour de l’entreprise Amazon, (tu pourras) prendre conscience, en toute objectivité sur l’intégralité de l’attitude tellement formidable d’Amazon ! » (1)

Ainsi, veux-tu t’offrir « le beau produit pas cher, en écrasant les salariés ? »

Serais-tu « d’accord d’être licencié par une machine ? » [En un an, l’entreprise est capable de licencier sur un même site 300 personnes.- soit de recycler et jeter des salariés, notamment des salariés à faible formation. Qui finiront au chômage].

Veux-tu « cautionner le désastre écologique et cynique d’Amazon ? » [Alors qu’en France, les restos du coeur demandent à lutter contre la pauvreté. Alors que les associations humanitaires se battent au quotidien pour offrir à Noel à des enfants nécessitant des cadeaux, Amazon, lui détruit des millions d’objets neufs (pour) éviter les taxes sur les stocks que chaque entreprise doit payer (…)ces produits qu’Amazon stocke sont ceux de leurs vendeurs de la market place. Amazon laisse libre choix (sic) aux vendeurs de payer des frais inconsidérés de stockage, ou de détruire leurs produits, pour une bouchée de pain]

Veux-tu être surveillé dans ta chambre par Amazon ?

Veux-tu laisser Amazon vendre les techniques de reconnaissance faciale aux gouvernements ?

Veux-tu laisser Amazon devenir un monopole du commerce mondial ? [Qui dit monopole – lequel n’est pas que d’Etat –  dit arrangement, pratiques déloyales, fin de la concurrence. Et l’impossibilité de laisser la place à de nouveaux acteurs sur le marché ! Et laisser le monopole décider. Vous n’aurez plus le choix. Même si aujourd’hui est propice : rapidité, bon prix…..]

Veux-tu te promener dans des centres ville morts ? [Estime-tu que voir disparaître les librairies des villes où elles sont présentes physiquement est « un progrès » ?]

Veux-tu qu’Amazon pille les logiciels gratuits et ouverts, développés par toute la communauté de développeur dans le monde entier. Pour les reconditionner sous forme de services managés payants ?

[Veux-tu la mort de la diversité culturelle ?]

Veux-tu que le monde suive les « bonnes pratiques » d’Amazon ? (1)

(…)

 

Personnellement, je n’achète plus sur Amazon depuis longtemps, sachant tout cela, et pour une question de cohérence. J’achète mes livres en librairie.

« Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Vivez en enfants de lumière. Et le fruit de la lumière s’appelle : bonté, justice, vérité » (Eph.5v8-9).

« Tu ne voleras pas (…)Et si tu travailles pour un salaire, le prix de ta peine te sera payé le jour même. Ainsi est-il dit à celui qui t’engage : « Dans sa journée, tu lui donneras son salaire et le soleil ne passera pas au-dessus de lui, car il est pauvre et vers ce salaire il lève sa respiration. » (Deutéronome, 24, 15). Celui qui retient chez lui la paie due à l’ouvrier qui a fait son travail est semblable au voleur, mais il opprime un pauvre, ce qui est pire […]. Si la personne humaine est rabaissée au niveau d’une marchandise, d’un butin, celui qui la réduit à ça est un voleur ».

Tel est le commentaire d’Erri de Luca de l’une des « 10 Paroles » du Deutéronome (Et il dit, Gallimard, 2012, « Du Monde entier », pp 79-80)

A toi de jouer !

 

 

Notes : 

(1) https://zeboute-infocom.com/2019/05/28/pourquoi-ne-pas-acheter-amazon-boycott/  (Voir aussi https://antigone21.com/2016/02/16/4-bonnes-raisons-ne-pas-commander-chez-amazon/)

(2) http://www.acrimed.org/article3488.html

 

 

Débat sur la fin de Marc 16 : les chrétiens ont-t-ils reçu l’autorité de guérir et faire des miracles « au nom de Jésus » ?

« Problématique » l’affirmation comme quoi les chrétiens ont reçu l’autorité de guérir « au nom de Jésus » ?

En Marc 16v17-20, le Seigneur Jésus énumère « les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en (son) nom, ils chasseront les démons, ils parleront des langues nouvelles, ils prendront dans leurs mains des serpents, et s’ils boivent quelque poison mortel, cela ne leur fera aucun mal ; ils imposeront les mains à des malades, et ceux-ci seront guéris. » 

1. Une affirmation « problématique »

Nous comprenons de ce passage que l’Église a reçu de Dieu l’autorité de guérir et de réaliser des miracles « au Nom de Jésus ». Mais le pasteur Florent Varak, s’exprimant sur les blogues Le Bon Combat – lors de l’émission « Que dit la Bible ? » le 26/10/17 (1) – et TPSG (2), ne croit pas que ce soit la bonne interprétation. Il estime même « problématique » l’affirmation comme quoi les chrétiens sont appelés à guérir et qu’ils ont reçu l’autorité de guérir « au nom de Jésus ».

De sensibilité « cessationiste » [certains dons ont été donnés à l’Église pour un temps et pour un objectif précis. Une fois cet objectif réalisé ou accompli, ces dons ont cessé], Il croit que Dieu guérit quand il le souhaite et comme il le souhaite, notamment en réponse à la prière, parfois avec l’onction d’huile mais que le mandat confié aux apôtres d’accomplir des miracles « en nom et place du Seigneur » est révolu.

D’après lui, les miracles mentionnés en Marc 16 se retrouvent dans le livre des Actes, où ils ne sont exercés que par deux catégories de personnes liées à l’apostolat [Les Apôtres et les diacres]. Il souligne que dans Marc 16, Jésus reproche aux apôtres leur incrédulité, de sorte que la clause « ceux qui auront cru » est très probablement à comprendre comme « ceux qui auront cru parmi les apôtres ».

Sauf que…..

Si l’on peut se sentir soi-même incrédule, à l’instar de l’internaute Francine (1) dont nous reprenons et synthétisons l’argumentaire, ce n’est paradoxalement pas sur ce que rapporte la fin de Marc, mais plutôt sur les propos de Florent Varak, lesquels s’avèrent « problématiques ». Et comme les apôtres en entendant les femmes qui leur rapportaient que le tombeau était vide au matin de la résurrection, nous pourrions même penser « qu’il plaisante ».

1) Ainsi, dire : Ceux qui ont cru parmi les apôtres, implique en bonne logique française, qu’il y en avait donc parmi les apôtres qui n’ont pas cru, et qui par conséquent n’avaient pas à faire des miracles. Si ce n’est pas ce que veut dire l’intervenant, il faut qu’il reformule autrement : parmi ceux qui auront cru, seuls les apôtres etc… mais ce n’est pas ce que dit le texte de Marc 16.

D’autre part, si l’on tient compte du contexte du passage, ce que ne fait pas Florent Varak, l’incrédulité reprochée aux apôtres v. 11, est celle qu’ils ont manifestée au récit des femmes. Jean lui-même n’a cru qu’au moment où il a vu le tombeau vide, il le déclare. Pierre s’en est retourné de sa course au tombeau tout perplexe, il n’a donc cru réellement qu’après. L’incrédulité du v. 13 se rapporte à celle qui suit le récit des pèlerins d’Emmaüs ; Thomas en particulier est incrédule. Plus tard il s’écrie devant le Seigneur ressuscité : Mon Seigneur et mon Dieu !

Par conséquent le contexte de Allez dans tout le monde, prêchez l’Evangile à toute créature. Celui qui croira, et qui sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui n’aura pas cru, sera condamné ne peut se rapporter aux apôtres qui ont déjà surmonté leur incrédulité naturelle, et que le Seigneur envoie maintenant dans le monde. Du reste ne savons-nous pas que Pierre et Jean qui n’avaient pas cru auparavant, ont fait ensuite de grands miracles ?

2) Ensuite, il est faux de dire que du temps de Paul, seuls les apôtres et les diacres à qui ils avaient imposé les mains accomplissaient des miracles. Nous lisons dans 1 Corinthiens 12v7-10 : « Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ; à un autre, le don d’opérer des miracles ; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, la diversité des langues; à un autre, l’interprétation des langues ».

Paul inclut dans la liste des dons celui de faire des miracles ; il serait d’une mauvaise foi éhontée, de répondre qu’il ne pensait alors qu’à lui-même et aux autres apôtres. Tout le contexte montre qu’il parle des églises en général, et de leurs membres en général. La question de savoir si ce don a ensuite cessé est sans rapport avec celle de savoir combien l’avaient au temps des apôtres !

3) Enfin, Florent Varak n’assume toujours pas la mesure [ou la cohérence] de sa position dite « cessationiste ». D’après lui, dans toute l’Histoire de l’Église, seuls une vingtaine de croyants ont reçu le don d’accomplir des miracles, de manière plus ou moins suivie (12 apôtres + 7 diacres). De nature généreuse, Florent Varak est probablement prêt à doubler ce nombre, sachant qu’il faut toujours laisser au Seigneur une certaine marge ; 40 témoins donc au premier siècle faisant des miracles, sur au plus une ou deux centaines de milliers.

A présent au 21ième siècle, c’est par centaines de millions que se comptent les chrétiens charismatiques. Supposons qu’il en existe 500 millions ; d’après leur théologie ils croient que le don des miracles est encore accordé par le Saint Esprit aujourd’hui. Mais c’est rare ils en conviennent : 1/10000 peut-être on ne sait pas… ce qui fait toujours 500 M/10000= 50 000 chrétiens ayant le don des miracles ! et s’ils en font 10 chacun, on arrive à 500 000 miracles contemporains. Qu’est cette pauvre quarantaine d’apôtres et de diacres du livre des Actes en comparaison ?

Si Monsieur Varak veut être cohérent au niveau de son cessationisme, il faut qu’il dise que ce n’est pas 1/10000 qui reçoivent le don, mais ZÉRO ; TOUS les charismatiques (seraient alors) dans l’erreur. Une grave erreur puisqu’ils se permettent d’attribuer au Saint Esprit ce qui ne vient pas de lui. En conséquence, le Pasteur Varak doit immédiatement avertir le CNEF de sa découverte, et prendre les mesures appropriées, en cas de non-réaction. Sinon cela reste du cessationisme d’opérette : Il est donc incohérent et bassement opportuniste pour les cessationistes de se regrouper avec les charismatiques sous l’étiquette générale d’ « Évangéliques de France ».

 

Nous sommes revêtus de l’autorité du Christ, avec le devoir de l’exercer pour mener le bon combat…

2. Ceci dit, pour revenir à la question de départ, les chrétiens ont-ils reçu l’autorité de guérir et de faire des miracles « au nom de Jésus » ?

Si l’on considère l’Eglise, à l’instar de Florent Varak dans son « conte de la circulation routière »(2), comme un automobiliste lambda qui ne saurait se prévaloir d’une quelconque autorité pour réguler la circulation, à l’inverse du policier en fonction « revêtu de son uniforme », l’on déniera alors à l’Église tout mandat pour guérir « au nom de Jésus-Christ », c’est-à-dire en son nom, en tant que son représentant, muni de son autorité. En concédant que le chrétien « garderait le privilège d’intercéder auprès du Père, grâce à la médiation accomplie de Jésus et de prier « au nom de Jésus », c’est-à-dire selon l’accès que Christ nous permet d’avoir au Père par la rédemption »(2).

Position peu cohérente là encore, puisque dans ce cas, la logique serait de dénier à l’Eglise toute capacité d’agir « au nom de Jésus » (lier et délier, baptiser et faire des disciples, demander quoique ce soit au nom de Jésus – même pour seulement intercéder….cf Matt.18v18-20, 28v18-20 et Jean 14v13-14, 15v16, 17v18….)

A l’inverse, souligne le pasteur Gilles Boucomont(3), si nous considérons que « baptisés en Christ, nous avons revêtu Christ » (Gal.3v27), nous comprenons alors que nous ne nous prenons pas pour Jésus, mais que nous sommes revêtus de l’autorité du Christ, avec le devoir de l’exercer pour continuer son œuvre. Dans ce cas, nous nous trouvons dans la position du policier en fonction revêtu de son uniforme.

A l’instar d’une secrétaire qui refuserait (avec pour sanction le licenciement pour faute professionnelle) d’écrire une lettre sur les instructions de son patron, alors que cette tache entre dans ses attributions les plus élémentaires, nous passons notre temps à dire à Dieu de faire des choses que Lui nous a demandé de faire dans les Ecritures…. tout en dépensant une énergie folle à vouloir faire ce que lui seul peut faire [nous sauver tout seul ou sauver, convaincre les autres] ! Et ce, alors qu’Il nous a donné toutes une série d’indications très précises quant à ce qui nous incombe, et inversement ce qui est de son registre(3).

Ainsi, certains considèrent comme « un privilège » d’ « intercéder » pour les malades(2), soit de demander à Dieu qu’Il intervienne pour leur guérison. Ce n’est pas faux dans le sens où la guérison est toujours un don de Dieu. Sauf que les Ecritures bibliques présentent la guérison comme un charisme (cf 1 Cor.12v4-11) qui doit être exercé par les croyants au nom de Jésus, et non pas demandé par les croyants à Dieu.

Et ce, d’autant plus, comme le souligne Gilles Boucomont, qu’aucune allusion à la demande de guérison ne se trouve dans le Notre Père, et qu’aucun texte biblique ne nous dise de prier pour les malades en demandant à Dieu la guérison. Même « la prise en charge des malades par la communauté et les Anciens décrite par Jacques dans son épître (ch.5v14-16) est très active, puisque dans l’onction d’huile est manifestée la guérison, pas seulement espérée. C’est une démarche active de l’Eglise, corps de Christ contre la maladie qui abîme l’un de ses membres »(3).

A l’inverse, de nombreux passages nous donnent pour instruction de guérir les malades, ressusciter les morts, purifier les lépreux, chasser les démons cf Matt.10v8 ; Luc 10v9, 17-20 ; Marc 16v15-20

Ayant « revêtus Christ », nous avons, non à intercéder ou à demander à Dieu d’intervenir à notre place, mais à exercer la prière d’autorité, laquelle est une prière où l’on va chercher sa légitimité et son autorité pour intervenir nous-mêmes sur le réel. Parce que Jésus ne nous demande pas d’intercéder pour les malades mais bien de les guérir. Pas d’intercéder pour les lépreux mais de les purifier. Pas d’intercéder pour les morts mais de les ressusciter. Pas d’intercéder pour la délivrance, mais de chasser nous-mêmes les esprits mauvais.

Soit d’agir « au Nom de Jésus » de manière significative dans la vie des gens, et de manifester ainsi cette annonce impérative que « le Règne de Dieu s’est approché ».

Encore une fois, il ne s’agit pas de nous prendre pour Dieu, en nous croyant personnellement aptes à guérir, comme s’il s’agissait d’un automatisme – il s’agit de guérir les malades au Nom de Jésus et selon la volonté de Dieu, au moment opportun, et non de manière stéréotypée. Dieu nous appelle à collaborer avec Lui (cf Marc 16v20), en nous demandant d’assumer l’autorité qu’Il nous donne, à la manière de Christ.

« Se dérober à nos prérogatives, c’est retarder la venue du Règne de Dieu, en nous-mêmes et dans ceux que nous voudrions bénir »(3).

 

 

Notes : 

(1) Cf http://leboncombat.fr/fin-marc-serpents/

(2) Cf https://florentvarak.toutpoursagloire.com/miracles-guerisons-et-marc-16-1ere-partie/

(3) Boucomont, Gilles. Au Nom de Jésus : Mener le bon combat. Editions Première Partie, 2011, pp 227-231. Du même : Au Nom de Jésus, libérer le corps, l’âme, l’esprit. Editions Première Partie, 2010.

Alléluia !

« …j’entendis dans le ciel comme une voix forte d’une foule nombreuse qui disait : Alléluia ! Le salut, la gloire, et la puissance sont à notre Dieu » (Apoc.19v1)

« Hallelujah » a été popularisé par le refrain du Messie de Haendel (1741).

C’est aussi une chanson écrite par le compositeur canadien Léonard Cohen (1984).

Une adaptation moderne d’un vieux cantique de louange du 19e siècle (« J’aimerai, ô mon Dieu ». Paroles : Adolphe Monod,1802-1856) par Gilles Boucomont (2009) contient également cette expression « alléluia ».

Plus proche de nous encore, dans les manifestations monstres (depuis juin 2019) contre Carrie Lam, la chef du gouvernement hongkongais réputée proche de Pékin, les foules reprennent le cantique « Sing Hallelujah to the Lord » (« chante alleluia au Seigneur »), devenu un cri de ralliement pacifique. Il a été écrit en 1974 par Linda Stassen, du mouvement hippie évangélique « les Jésus People ». Inspirée par la liturgie des premiers chrétiens, elle aurait trouvé la mélodie un jour… sous la douche !

Mais que signifie donc « Alléluia » (ou Hallelujah) ?

Il s’agit d’une exclamation, exprimant la joie ou l’allégresse de ceux qui adorent Dieu.

En effet, cette expression est composée de deux mots hébreux : l’impératif hallelu  (« louez ») et Yah, l’abréviation de Yahweh, qui est traduit par « l’Eternel » (ou « le Seigneur »). Elle signifie donc : « Louez l’Eternel (le Seigneur) ! »

L’expression Alléluia apparaît vingt-cinq fois dans les Écritures bibliques, soit 21 fois dans l’Ancien Testament – seulement dans les Psaumes, spécialement lors de la Pâque et de la fête des Tabernacles (1)  – et 4 fois dans le Nouveau Testament, en Apocalypse 19v1, 3, 4, 6. Ces 4 dernières mentions apparaissent dans une série de brèves prières, dites « d’une voix forte » par « une foule nombreuse », suite au jugement de la Grande Cité de Babylone, « la Grande Prostituée », orgueilleuse, oppressive et corruptrice (Apoc.18v2 et ss). La victoire de Dieu et la venue de son règne sont ainsi annoncés et célébrés !

« Alléluia » exprime que seul notre Dieu Sauveur et Seigneur est digne de notre louange. Dieu Lui-même le rappelle en Esaïe 45v5 : « Je suis l’Eternel, et il n’y en a point d’autre ! » A Lui seul la gloire !

 

 

Note : 

(1) Cf Ps. 104v35 ; 105v45 ; 106v48; 111v1 ; 112v1; 113v1; 116v19; 117v2; 125v1,21; 146v1, 10; 147v1;148v1,14; 149v1,9; 150v1,6

 

Voir comme Dieu voit

« Certaines personnes voient les choses comme elles sont et se demandent : pourquoi ? Moi, je vois les choses comme elles pourraient être et je me dis : pourquoi pas ? » (Robert Kennedy, 1968. Formule empruntée à Georges Bernard Shaw)

Les choses sont-elles ce qu’elles paraissent ?

De même qu’un morceau de papier peut être plus qu’un morceau de papier – pouvant devenir une fleur, un bateau ou un oiseau dans les mains de celui qui le plie, nous pouvons espérer de notre avenir (et devenir) placé dans les mains de Dieu.

En clair, nous sommes invités à croire et à voir comme Dieu voit : non pas ce qui a été ou ce qui est, mais ce qui sera.

« Voici, je fais toutes choses nouvelles » (Apoc.21v5)

Le Livre nécessaire

Le Livre nécessaire, ni plus, ni moins….

Au hasard d’une de ses déambulations, un personnage d’écrivain du roman « le scorpion ou la confession imaginaire » d’Albert Memmi tombe sur « un livre relié en cuir doré, 1708, et par privilège du Roy », dont le titre lui donne un « coup au coeur : le livre nécessaire, ni plus ni moins ». Sans discuter, il paye « le prix demandé par le brocanteur, beaucoup trop élevé, sûrement un prix de marchandage, et (l’emporte) comme un voleur ». Et, raconte-t-il, « j’étais si troublé que je me refusai à l’ouvrir, pendant tout le trajet du retour, avant de me trouver entre les quatre murs de ma chambre : mon dépit fut à la hauteur de mon émotion :

C’était un livre de comptes ! Livre nécessaire pour les comptables, notaires, procureurs, négociants, trésoriers ou caissiers, et généralement à toute sorte de conditions, parce qu’en toute sorte de conditions, on est sujet à emprunter ou à prêter de l’argent à intérêt….. Il ne contenait rien d’autre que des colonnes de chiffres, tout le long de toute ses pages, que je vérifiai l’une après l’autre, jusqu’à ce que ma déception me l’eût fait rageusement jeter sur ma table.

Mais il y est encore, comme un rappel. Après tout, l’auteur n’avait pas tort : c’est peut-être le seul genre de livre indiscutablement nécessaire (…)

C’est vrai que j’avais cru découvrir ma solution dans la littérature, et c’est vrai que j’avais ainsi esquivé les questions les plus terrifiantes. Pourquoi suis-je ce que je suis ? Pourquoi ce monde ? Pourquoi vivre ?…C’était cela que vivait le jeune homme devant moi. C’étaient des réponses qu’il était venu chercher, malgré tout, dans une dernière tentative, parce que j’avais été son maître, et parce que je l’avais aidé (!) à formuler ces questions. Que lui répondre (…) ? Il aurait fallu que je réussisse mon LIVRE NECESSAIRE. »

 

(Le Scorpion ou la confession imaginaire, d’Albert Memmi. Gallimard, 1986. Folio, pp 237-238)