Cette guerre est une guerre d’information

« La Guerre est déclarée ». Il s’agit d’une guerre d’information qui se tient contre une incroyable puissance de désinformation de la part de celui que Jésus appelle « le père du mensonge »
(« La Guerre est déclarée » : affiche du film-2011- de Valérie Donzelli)

Vingt ans après la seconde guerre mondiale, des soldats japonais ont été retrouvés dans les forêts des Philippines et d’Indonésie, qui n’étaient pas informés que la guerre était terminée et que leur camp avait perdu. Pendant toutes ces années, ils avaient vécu comme en temps de guerre, et ce fut très difficile pour eux d’accepter qu’ils s’étaient en quelque sorte laissé berner par leur propre zèle, à défaut d’avoir la bonne information. Ces 20 ans furent perdus pour eux(1).

Plus proche de nous : presque deux mois après la présidentielle américaine, Donald Trump refuse toujours de concéder sa défaite. A trois semaines de l’investiture de Joe Biden, le milliardaire continue de clamer qu’il a été victime d’une fraude électorale, même si la quasi-totalité de la cinquantaine de recours qu’il a engagés (dont deux devant la Cour suprême) ont été rejetés par la justice ou abandonnés. Alors que le Congrès doit avaliser la victoire de Biden le 6 janvier, le républicain s’accroche encore à un improbable retournement de situation au Capitole. Et il a appellé ses supporters à manifester ce jour-là à Washington pour accentuer la pression. Ces derniers ont d’ailleurs envahi le capitole où le congrès débattait de la certification de l’élection de Joe Biden (aujourd’hui confirmée), avec les dérapages que l’on sait. Selon Gallup, Trump recueille en décembre 87% d’approbation parmi les électeurs républicains, un chiffre toutefois en baisse par rapport à octobre (95%). Un autre sondage, réalisé mi-décembre par CBS News, montre que ses partisans le soutiennent dans sa cabale contre Joe Biden. 82% d’entre eux ne considèrent pas le démocrate comme légitime et 75% jugent que les républicains au Congrès devraient faire tout leur possible pour maintenir Donald Trump au pouvoir. 85% estiment enfin qu’il « dispose de preuves solides » quant aux fraudes qu’il dénonce. (2).

Et ce, alors que plusieurs autorités électorales américaines ont indiqué jeudi 12 novembre dans un communiqué commun, plus d’une semaine après la présidentielle, n’avoir trouvé « aucune preuve » de bulletins perdus ou modifiés, ou de systèmes de vote piratés.  « L’élection du 3 novembre a été la plus sûre de l’histoire des États-Unis », ont affirmé ces autorités locales et nationales en charge de la sécurité du scrutin – l’agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA), qui dépend du ministère de la sécurité intérieure [l’administration même du Président !], ainsi que le Conseil de coordination de l’infrastructure électorale et les Comités exécutifs de coordination de l’infrastructure électorale.  « Il n’existe aucune preuve d’un système de vote ayant effacé, perdu ou changé des bulletins, ou ayant été piraté de quelque façon que ce soit », soulignent-elles dans leur communiqué.  « Bien que nous sachions que notre processus électoral fasse l’objet de nombreuses affirmations sans fondement et de campagnes de désinformation, nous pouvons vous assurer que nous avons une confiance absolue dans la sécurité et l’intégrité de nos élections », insistent-elles (3).

Sur un plan spirituel, nous sommes aujourd’hui dans une guerre d’information de ce type. La victoire de Christ a été obtenue. La reddition de Satan est assurée. L’ennemi a été vaincu et ses soldats ont eu l’obligation de déposer les armes. C’est un état de fait, depuis maintenant 2000 ans ! Mais les gens ne sont pas (ou sont mal) informés et ils perdent des années de leur vie à lutter contre un ennemi déjà vaincu.

Comme dans toute reddition, des poches de résistance se forment avec des soldats ennemis qui refusent de se rendre, continuant de se battre, ne sachant pas qu’ils peuvent s’arrêter, ni qu’ils doivent même arrêter. Leur guerre n’a plus rien de légitime, dans la mesure où leurs autorités se sont rendues [c’est encore plus compliqué quand ce sont lesdites autorités qui refusent de se rendre et de reconnaître leur défaite], et pourtant ils tentent le baroud d’honneur. Ils n’en ont pas le droit mais ils le font quand même, par la simple ignorance de la réalité de la situation de celui qu’ils servent (cf Jean 12v31-32).

Tout le bluff spirituel de Satan aujourd’hui tient à cette guerre d’information. Beaucoup de chrétiens font comme si le diable n’avait pas perdu, comme s’il avait le droit de nous dominer et comme s’il était encore le prince régnant de ce monde. Ils sont responsables d’informer le monde entier de la victoire du Christ, étant équipés pour (cf Actes 1v8) mais ne la vivent pas eux-mêmes ! Ils se font prendre eux-mêmes au mensonge qu’ils dénoncent.

La guerre d’information nous conduit sur trois champs d’action au moins, avec des destinataires bien différents : les chrétiens, les non-chrétiens et les puissances des ténèbres.

« Piqué » sur le compte twitter du Pasteur Gilles Boucomont (19/12/18)

Aux chrétiens, nous avons à rappeler par l’encouragement, l’enseignement et la prédication, qu’ils sont vainqueurs avec Christ et qu’il est hors de question d’être dans le monde comme si Dieu n’en était pas le créateur, comme il est inimaginable d’être dans la vie comme si Jésus n’était pas ressuscité, et impensable d’être dans le combat de chaque jour comme si une puissance d’en haut (le Saint-Esprit) ne nous avait pas été donnée par Dieu le Père.

Aux non-chrétiens, « la guerre d’information » consiste tout simplement à leur annoncer l’Evangile, qui n’est pas « un conseil » (4) ou « une opinion », mais un fait, une grande nouvelle, et même « la meilleure des nouvelles » qui appelle une réponse immédiate (5). Cette nouvelle que nous annonçons est une parole de vie et une parole aussi puissante qu’une prédication, dans la mesure où elle aura manifesté ce que Dieu aura fait pour nous, dans notre vie personnelle (cf Rom.1v16 et 1 Cor.4v20)

Aux puissances des ténèbres, enfin, il s’agit de rappeler, lors de nos cultes et au travers de notre piété, mais aussi de notre vie, nos actions, nos décisions, nos pensées, notre libération et celle de nos frères et soeurs, qu’elles ont bel et bien perdu la bataille et qu’un seul est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs (Apoc.19v16) : Jésus-Christ, Lui-même étant aussi « le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14v6).

Dans une telle guerre, notre mission, si nous l’acceptons, est d’être son témoin fidèle et véritable.

L’enjeu est grand, car cette guerre d’information se tient contre une incroyable puissance de désinformation de la part de celui que Jésus appelle « le père du mensonge » (Jean 8v44). Ce dernier tente de nous impressionner par du spectaculaire, en faisant le show, comme il tente de nous faire croire que le Roi des rois lui aurait rétrocédé ses droits, alors qu’il n’est pas sans ignorer sa propre défaite et la destitution qui a déjà eu lieu : lui, « le prince de ce monde », sera en effet « jeté dehors » (Jean 12v31) !

 

D’après « Au Nom de Jésus : mener le bon combat », de Gilles Boucomont. Ed. Première Partie, 2011, pp 265-269.

 

 

 

Notes :

(1) Au total, cent vingt-sept soldats japonais restants, aussi appelés straggler (« traînards ») en anglais, ont été retrouvés, de 1947 à 1974, errant dans les différentes îles d’Asie du Sud-Est. Les raisons de la poursuite de la guerre sont soit un fort dogmatisme ou des principes militaires qui les ont empêchés de croire en une défaite, soit une ignorance de la fin de la guerre à cause de communications entre ces soldats et le Japon coupées lors de la stratégie du saute-mouton utilisée par les États-Unis. Teruo Nakamura, qui vivait sur Morotai en Indonésie et qui se rend en décembre 1974, est le dernier straggler confirmé.  Hirō Onoda, qui s’est rendu sur l’île de Lubang, Philippines, en mars 1974, avant-dernier straggler confirmé, est quant à lui, mort en janvier 2014. (Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Soldats_japonais_restants )

(2) Le président sortant a pourtant été « lâché » par Mitch McConnell, le chef de la majorité républicaine au Sénat, redoutable stratège parlementaire qui, sur le tard, s’était rallié à lui.  Au lendemain du vote du Collège électoral, le 15 décembre, celui-ci a félicité Joe Biden et appelé les élus républicains à certifier ce résultat le 06 janvier. Onze sénateurs [trois sénateurs, dont Kelly Loeffler, battue en Géorgie, retireront leur objection au vote du collège électoral, en raison des violences jugées « inacceptables », provoquées par les supporters de Trump au capitole] et une centaine de députés républicains entendent s’y opposer le jour J. Donald Trump a aussi perdu le soutien d’un de ses conseillers respectés, l’ancien gouverneur du New Jersey Chris Christie, ou même de son ministre de la Justice, Bill Barr [dont le départ a été annoncé mi-décembre], qui a admis n’avoir vu aucune fraude organisée dans l’élection. Cf  Etats-Unis : deux mois après sa défaite, qui soutient encore Donald Trump et qui l’a lâché? et https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20210103-%C3%A9tats-unis-onze-s%C3%A9nateurs-r%C3%A9publicains-vont-refuser-de-certifier-la-victoire-de-joe-biden ; voir aussi https://www.washingtonpost.com/politics/trump-raffensperger-call-georgia-vote/2021/01/03/d45acb92-4dc4-11eb-bda4-615aaefd0555_story.html et https://www.liberation.fr/planete/2021/01/04/pression-sur-les-resultats-de-georgie-les-outrances-de-trump-destructrices-pour-le-parti-republicain_1810269 ; https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20210106-en-direct-suivez-la-certification-de-la-victoire-de-joe-biden-et-les-s%C3%A9natoriales-en-g%C3%A9orgie

(3) Source : Présidentielle américaine : « aucune preuve » de fraude, affirment les autorités

(4) Cf https://www.reveniralevangile.com/l-evangile-est-une-bonne-nouvelle-pas-un-bon-conseil-timothy-keller/

(5) Cf http://www.theologeek.ch/2015/02/27/evangeliser-dans-le-contexte-de-la-secularisation/

 

 

L’action du mois : rater sa vie

« Si à 50 ans on n’a pas de rolex, c’est qu’on a raté sa vie », a dit un jour le publicitaire Jacques Séguéla. Celle-ci donne bien le sens des aiguilles mais illustre malheureusement le non-sens d’une telle vie…(Dessin de Louison).

Ce texte est de Simon Lessard, tiré du magazine québecois Le Verbe, Janvier 2020(1). Merci à l’auteur pour m’avoir aimablement autorisé à le partager ici.

L’an passé, j’étais résolu à ne plus prendre de résolution, parce que ça marche jamais c’t’affaire-là. J’ai déjà essayé le gym(1), la méditation, la diète, le gym(2), le jeûne, le journal personnel, le gym… et j’ai enfin compris que le gym, c’est pas fait pour moi.

Ça marche tellement pas que, cette année, j’ai même brisé ma résolution de ne plus en prendre. Alors, j’ai enfin pris l’ultime résolution.

J’ai pris la résolution de rater ma vie.

Après tout, ça fait 33 ans que j’essaie de réussir ma vie, et je ne peux pas dire que c’est un succès. Après deux grands échecs de vie, un burnout et une dépendance au défilement de pages Web sur mon écran, j’ai commencé à comprendre que – comme pour le gym – une vie réussie, c’est peut-être pas fait pour moi.

Mais avant de désespérer de moi, j’ai ouvert LE livre (ou ton biblion pour les philologues parmi vous… [écho dans la salle]). Puis là, je suis tombé par hasard sur un gars qui se prenait pour Dieu et qui disait: «Qui cherche sa vie la perdra, qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera.»

Ça a comme fait clic dans ma tête.

Depuis 33 ans que j’essaie d’être un winner, et voilà que le gars le plus sage de toute l’histoire me dit que le secret, c’est d’essayer d’être un loser. Ou bien il est fou raide, ou bien il a compris quelque chose de vraiment profond!

En tout cas, lui, on peut dire qu’il prêche par l’exemple, parce que sa vie ressemble pas mal à un échec. Le gars a même fini sur l’échafaud, ridiculisé par la foule et abandonné par ses plus proches groupies.

Rater sa vie

Tout le monde cherche à réussir sa vie et personne n’y arrive. Mais tous ceux qui cherchent à rater leur vie y arrivent royalement.

Mon ami Charles a réussi à rater sa vie en ne pensant plus du tout à lui, mais juste à son épouse et à six petits êtres humains: il est papa.

Mon amie Sarah a réussi à rater sa vie en n’ayant plus une seconde de libre parce qu’elle se donne sans compter pour les malades: elle est (très) bonne sœur.(….)

Et vous savez quoi?

Tout ce beau monde qui a raté sa vie est tellement léger. Léger, libre et joyeux.

Rater sa vie, c’est le meilleur moyen de ne plus être obligé de vivre dans une logique de croissance personnelle perpétuelle. C’est enfin respirer dans la décroissance.

Rater sa vie, c’est travailler à réussir celle des autres. Cette année, je prends soin de moi d’une manière différente: je choisis de sacrifier ma réussite pour au moins réussir mon sacrifice.

 

 

 

Notes :

(1) Pour consulter la version numérique, cliquez ici. Egalement disponible sur le blogue du Verbe.

Le Verbe.com témoigne de l’espérance chrétienne dans l’espace médiatique en conjuguant foi catholique et culture contemporaine. La joyeuse équipe produit un magazine bimensuel de 20 pages (distribué gratuitement dans les places publiques), un dossier spécial biannuel  (mook) d’environ 100 pages (envoyé gratuitement par la poste, sur demande), un site web animé par une vingtaine de collaborateurs réguliers et une émission de radio hebdomadaire, On n’est pas du monde (diffusée sur les ondes de Radio Galilée, Radio VM et aussi disponible en baladodiffusion).

(2) Comme me l’a expliqué Simon, les québécois disent « le » gym dans le sens d’aller au gymnase (masculin) et non dans celui de faire de la gymnastique (féminin).

 

 

Noël habité

« C’est alors qu’une simple lumière jaillit de mon esprit : pourquoi ne pas inviter Jésus à la fête de Noël, là, chez moi, dans ma toute petite maison ? » Source image : rawpixel

Pep’s me demande de vous raconter mon histoire, celle d’une ex maman seule, un soir de Noël….

Noël, avant de connaître personnellement Jésus, ne signifiait pas grand-chose pour moi. Je n’attendais donc rien de cette fête.

Dans le pays d’Afrique de mon enfance,  de janvier à décembre, il n’y avait ni sapins, ni guirlandes, ni nuits enneigées, ni cadeaux démesurés, ni parfums de chocolat et ni rencontres de famille, car la nôtre habitait à l’autre bout du monde. Je garde toutefois ce souvenir de notre dernier Noël ensoleillé, avant de rentrer définitivement en France, avec le prêtre de ma paroisse me demandant de réparer la crèche de l’église. Peut-être parce que j’avais l’habitude, les jours de messes,  d’y apporter une des rares fleurs de mon jardin de sable pour décorer l’autel ? Dans mon âme d’enfant, mon action candide était pour Dieu lui-même, bien que je ne le connaissais pas. Je fus davantage saisi par la confiance que ce « père » m’accordait avec sa demande de rénovation de crèche que par la compréhension du symbole de ces figurines de plâtre, chacune à peine plus grande que mes deux mains. Elles évoquaient vaguement cette histoire, qu’on raconte aux enfants, qu’un Dieu si grand était venu sur terre en prenant la forme d’un enfant. Me voilà donc, du haut de mes tout juste 11 ans, en train de refaire la corne cassée du bœuf avec l’aide de ma mère et de repeindre avec ardeur l’âne, le petit Jésus, Joseph, Marie et les mages…afin de me montrer digne de cette confiance accordée.

Quelques décennies plus tard, je compris un peu mieux l’ambiance réelle de la crèche dans laquelle Jésus est né. Lui le Dieu créateur, le Roi des rois,  est né dans une vulgaire mangeoire loin d’être douillette, éclairée et parfumée, probablement entourée de vaches qui meuglent, de poules qui volent et de l’odeur de leur fiente. J’imagine mieux l’atmosphère glaciale des prairies où les bergers effrayés reçoivent des anges cette extraordinaire nouvelle et témoignage de la venue tant attendue d’un Sauveur,  eux dont on se fie peu et dont la parole est sans importance. Belle et étrange histoire…Mais rien qui ne change ma vie, mon quotidien. D’ailleurs tout semble me sourire car je suis d’un naturel enjouée et gaie. Je n’attendais rien. Le devrais-je ?

Jusqu’à ce soir de Noël où je fus seule avec ma jeune fille. Mes parents, eux-mêmes divorcés, habitaient chacun un bout de la France. Mon frère faisait le mort depuis longtemps. J’étais loin d’eux et il semble que j’étais loin de voir un de mes désirs profonds être comblé,  loin de l’essentiel : la joie d’aimer et d’être aimée d’une famille. J’étais triste…à en mourir. Bien sûr, je n’étais pas vraiment seule car j’étais avec ma fille, tendre rayon de soleil. Des chrétiens qui chantent de tout leur cœur le dimanche, lisent la Bible et parlent d’amour, étaient certes mes frères et mes soeurs. Peut-être espérais-je que l’un d’eux m’invite ou me rende visite au coeur de ma nuit ? L’attente d’un appel. Néant. Mon coeur était triste.

C’est alors qu’une simple lumière jaillit de mon esprit : pourquoi ne pas inviter Jésus à la fête de Noël, là, chez moi, dans ma toute petite maison qui ressemblait d’ailleurs plus à une crèche qu’à une maison ? Après tout, c’est bien Lui le principal protagoniste de l’histoire ! Repoussant ma profonde tristesse, attisée sans doute pour le son de publicités, des gling gling des décorations de Noél dans les rues ou les maisons, l’atmosphère aimante des familles au coin de feu des films romantiques, je l’appelle Lui, lui fais une place à ma table décorée modestement pour l’occasion et invite ma fille à en faire autant.

C’est alors que nous avons mangé ce repas de Noël comme celui de la Pâque et célébrant une alliance éternelle avec ce Dieu mort puis ressuscité, avec mon ami, mon frère et mon père, celui qui vit éternellement et qui me rejoint toujours au coeur de mes ténèbres afin de me faire passer à son admirable lumière, du pays de l’esclavage à celui de la liberté, celui de la froide solitude à celui de l’intimité chaleureuse, celui de la pauvreté matérielle et morale à la prospérité intérieure.

Quel Noël !

Ce n’est pas ce qu’on voit qui importe (Luc 9v28-36)

Un complément édifiant de notre dernière recension de « La guerre des spectacles » de Tony Reinke, ouvrage consacré à ce qui nous captive si aisément, avec cette méditation étonnante du « Pain quotidien »*, relative à l’épisode de la Transfiguration, en Luc 9v28-36 :

Ou quand ce n’est pas ce qui captive notre regard qui importe….

Bonne écoute !

 

 

*Depuis le 16 mars 2020, « Le Pain quotidien » est une série de très courtes méditations (2 min maxi environ), postées chaque soir, à 20h00, sur youtube.

Insolite : ces chrétiens qui attendent beaucoup du Pape à Noël….

Insolite, ces chrétiens qui attendent beaucoup du Pape à Noël…! (Piqué sur twitter ! Source image : public domain pictures)

Insolite : des chrétiens (les catholiques, mais aussi, qui l’eût cru, des protestants évangéliques !) attendent beaucoup du Pape à Noël…

Emballé par l’énigme, un « pepsman » pense pouvoir la résoudre en mettant Sherlock Holmes et Hercule Poirot (avec Columbo en renfort) sur l’Affaire. Il poursuit l’enquête pour en saisir le sens véritable.

Et vous ?

« Dépêche-toi d’écrire avant l’hiver »

Nous, chrétiens, croyons que le Messie – Jésus Christ – est déjà venu. Comment alors en attendre un autre ?

Mon article « Doit-on espérer en un défenseur de la chrétienté »…était à peine paru le mercredi matin 25/11, que le jour même, mon ami Etienne Omnès travaillait déjà à un contre-argumentaire, avec pour résultat un nouvel article intitulé « qui dit Evangile dit chrétienté », paru le lendemain matin, jeudi 26/11, sur le blogue Par la Foi(1). Décidément, me suis-je premièrement dit : « je le fais pas mal bosser », en le conduisant à écrire deux articles, en réponse à deux des miens [l’inverse est aussi vrai], dont la finalité, rappelons-le, est d’affirmer que Jésus-Christ seul est Sauveur et Seigneur.

J’ai même été impressionné que mon ami ait pu rédiger un texte de cette teneur en si peu temps, comme s’il y avait « urgence signalée », un peu comme s’il se disait à lui-même : « dépêche-toi d’écrire avant l’hiver »…pour défendre….pour défendre, quoi au juste ?

Dans un précédent article d’Etienne, il s’agissait de « défendre le vote des chrétiens (dits) déplorables »(2). Ici, il s’agit de défendre « la chrétienté », laquelle, selon Etienne, serait « une partie de l’Evangile ». Nous devrions même « attendre l’arrivée d’une chrétienté »…..Aïe, aïe, aïe ! Comme nous attendrions l’arrivée d’un « messie » ?

« L’espérance d’une chrétienté », après l’espérance en un messie politique, « défenseur de la chrétienté » ?

Curieuse attente, particulièrement en cette période de l’Avent, où nous nous préparons à célébrer Celui qui est déjà venu et qui a accepté de nous rejoindre, même au plus bas de notre réalité, en naissant dans « une mangeoire » pour animaux.

En effet, nous, chrétiens, croyons que le Messie est déjà venu et qu’il reviendra à la fin des temps. Et ce Messie s’appelle Jésus-Christ.

Etienne et moi le confessons comme seul Seigneur et Sauveur. Nous avons cela en commun, comme nous avons en commun un même Père créateur et un même Esprit consolateur. Nous croyons au même Evangile, lequel est « une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croît » (Rom.1v16)(3).

Dans les temps difficiles, les hommes sont tentés de se regrouper avec ceux qui leur ressemblent(4), comme de chercher et de se trouver « un sauveur ». Sauf que c’est Dieu qui sauve. Il n’envoie pas de « nouveaux Jésus ». Il n’y a donc pas d’autres « messies » ou de « sous-messies », hommes ou femmes, à attendre.

De là le danger d’absolutiser autre chose que Dieu, ce qui conduit à l’idolâtrie. Le problème n’étant pas « la chrétienté » ou le soutien à tel ou tel homme politique, mais le sacré conféré à l’un ou l’autre, au point de susciter des réactions épidermiques, voire irrationnelles – à un point que cela devient inquiétant – dès que l’on aborde certains sujets (ou certains noms) sur la toile ou les réseaux @sociaux. Osons alors « le sacrilège » pour en revenir au seul vrai culte du seul vrai Dieu, et au seul Nom qui, loin de cliver, sauve et rassemble. Ce Nom est celui de Jésus-Christ.

Enfin, je reconnais également, à défaut de le louer, que mon ami Etienne a eu l’habilité d’éviter « les sujets qui fâchent », mais c’est malheureusement reculer pour mieux sauter. En effet, lesdits « sujets qui fâchent » invitent pourtant à un sérieux droit d’inventaire et à une remise en question salutaire. Ainsi, non traités par Etienne dans ses argumentaires et contre-argumentaires, les legs de compromissions passées a)de la réforme luthérienne, avec notamment le massacre des paysans et des « schwärmer », ainsi que la négociation permanente et la soumission des églises aux princes des länders allemands ;  b)des protestants allemands à l’époque des IIe et IIIe Reich – une époque où les chrétiens se croyaient tenus à un programme national chrétien – et face à Hitler, qui se présentait comme « chrétien », avec « le devoir d’être un combattant pour la vérité et la justice »…une période rêvée pour les protestants qui ont su bénéficier comme jamais auparavant d’un « ordre social chrétien », et des libertés désirées pour annoncer l’Evangile. Avec les conséquences que l’on connaît(5). Autant de compromissions complexes à assumer pour les générations futures, et particulièrement ravageuses si elles sont assumées en tant que telles par la génération actuelle. Or, regarder en face (plutôt que fuir ou nier) ces compromissions, pour s’en repentir et y renoncer, sera source de libération et de guérison.

Par conséquent, choisir de soutenir politiquement en connaissance de cause des candidats qui se présentent en « sauveurs » (ou « messies »), affichant « la forme de la piété tout en en reniant la puissance », et baignant dans le fantasme de la toute-puissance et le déni du réel, n’est pas sensé, mais insensé de la part des chrétiens.

Pour rappel, ce qu’Etienne appelle « un ordre social satanique », censé être instauré par un gouvernement de telle couleur politique, ne se limite pas à encourager l’avortement. Mais inclut aussi, par exemple, la promotion de (ou l’encouragement de) « la haine, la discorde, la jalousie, les emportements, les rivalités, les dissensions, les factions (….) et autres choses semblables ; leurs auteurs (nous prévient Paul), n’hériteront pas du Royaume de Dieu » (Gal.5v19-21). Ou encore à cultiver le mensonge : « (le diable) ne s’est pas tenu dans la vérité parce qu’il n’y a pas en lui de vérité. Lorsqu’il profère le mensonge, il puise dans son propre bien parce qu’il est menteur et père du mensonge » (Jean 8v44).

Etienne le sait bien, vu que, dans son excellent article « comment étudier l’économie sous un angle chrétien » (dont je vous recommande la lecture), il nous partageait « une révélation », lui qui avait grandi « dans un milieu où l’on tempêtait sans cesse contre les attaques contre la famille : le plus grand des ennemis de la famille, ce n’était pas l’Etat, mais le marché »(6). Ce qui nous permet de sortir des platitudes du genre « le travail est nécessaire pour l’homme, la pénibilité n’est qu’une punition temporaire », alors que pendant ce temps, des usines ferment, créant X suicides et y divorces, dans le silence général des chrétiens.

En guise de prise de position « politique », déclarons alors espérer plus dans le retour du Christ que dans les prochaines élections ou dans un résultat électoral. En attendant, soyons ses témoins fidèles et véritables, avec le secours du Saint-Esprit et la grâce de Dieu, en étant conscients que le but de l’Eglise n’est pas de se réduire à être la cliente d’un pouvoir, ou de croire « qu’elle permettrait à Dieu d’être Dieu », ou « d’empêcher César d’être César »(7).

La période de Noël qui s’annonce est généralement une période favorable pour « les enfants de lumière » que nous sommes, pour manifester « le fruit de la lumière, lequel consiste en toutes sortes de Bonté, justice et vérité » (Eph.5v8-9) et pour annoncer Celui qui est « la lumière du monde » (Jean 8v12), comme à rappeler/attester que « Dieu est lumière, et de ténèbres, il n’y a pas trace en lui » (1 Jean 1v5).

 

 

 

 

Notes : 

(1) https://parlafoi.fr/2020/11/26/qui-dit-evangile-dit-chretiente/, en réponse à mon article https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/11/25/doit-on-esperer-en-un-defenseur-de-la-chretiente-pour-des-questions-de-survie/

(2) https://parlafoi.fr/2020/11/13/une-defense-du-vote-des-chretiens-deplorables/, en réponse à mon article https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/11/11/comment-gerer-une-gueule-de-bois-post-electorale-ou-quand-mieux-vaut-perdre-un-vote-que-son-ame/

(3) »Ce ne sont pas des individus seulement qui se convertissent à Dieu, mais aussi des nations ; L’Évangile ne s’adresse pas à des individus seulement : il s’adresse aussi à des nations, c’est-à-dire des groupes d’humains organisés politiquement », affirme Etienne dans son article https://parlafoi.fr/2020/11/26/qui-dit-evangile-dit-chretiente/

Une affirmation qui témoigne de la difficulté du passage du texte biblique de l’hébreu > grec > français. A noter que c’est depuis le 16ème siècle que le mot « nation » est devenu un référentiel politique. Or, les « nations » en hébreu et en grec ne sont pas les Etats nationaux ou « les pays », mais plutôt les peuples non-Juifs, les goyim ou « ta ethnè » (« ethnies »).  Le mandat missionnaire du Seigneur consiste donc bien à « faire des disciples » des personnes.

(4) J’en parle ici, dans mon analyse du film « X-men : le commencement » https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/11/07/play-it-again-x-men-le-commencement-ou-les-enjeux-de-la-communaute/

(5) cf https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/11/25/doit-on-esperer-en-un-defenseur-de-la-chretiente-pour-des-questions-de-survie/   ; https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1965_num_12_4_2886 et https://lafree.info/info/les-eglises-evangeliques-sous-le-ille-reich-par-andreas-schneider

(6) Lire https://phileosophiablog.wordpress.com/2019/09/06/comment-etudier-leconomie-sous-un-angle-chretien/

(7) Pour reprendre une formule du Pasteur Gilles Boucomont, publiée sur son compte twitter, 29/11/20.

 

 

Quand un chef d’état prétend avoir « le droit absolu » de « se gracier lui-même » : éclairage biblique et conséquences spirituelles

Trump « se graciant lui-même », de « droit absolu » (de droit divin, obtenu de Dieu ) au-delà de la constitution ? Chromo délirant et inquiétant se propageant sur la toile de façon virale depuis le 20/01/17 : « Jésus-Christ guidant Donald Trump pour signer ses décrets »

« Le roi agira à sa guise ; il s’exaltera et se grandira au-dessus de tout dieu, et contre le Dieu des dieux il dira des choses étonnantes. Il réussira, jusqu’à ce que soit consommée la colère, car ce qui est décrété sera exécuté » (Dan.11v36)

Un chef d’état a récemment prétendu avoir « le droit absolu de « se gracier lui-même ». Serait-ce là la définition du totalitarisme ?

La réponse du « répondant » à une question sur cette déclaration, posée sur le site « 1001 questions », rappelle que « ce chef d’Etat a aussi prétendu être chrétien mais n’avoir jamais eu besoin de se repentir de quoi que ce soit…(1)
Un droit absolu serait un droit divin, obtenu de Dieu au-delà de la constitution. La constitution américaine ne permet pas à un président de se gracier lui-même. Il s’agit donc d’un fantasme de toute-puissance.

Ultimement, c’est bien Dieu qui pardonne et qui gracie. Nous pouvons être amenés à nous pardonner nous-mêmes pour des choses dont nous nous accuserions sans cesse, mais se gracier de ce que la justice des hommes aurait condamné en nous, quand on sait que toute autorité vient de Dieu, c’est une façon de… se mettre à la place de Dieu.

Conséquence spirituelle : quand on craint si peu Dieu qu’on se met à sa place, on risque de le rencontrer. A savoir comment. Dans la conversion ? Alléluia. Dans le jugement ? Ça peut être plus chaud… »

[Initialement publié le 08 juin 2018]

 

Note :

(1) Le 18 juillet 2015, lors du Family Leadership Summit, à Ames (Iowa), Frank Lutz, politologue et spécialiste des sondages, demandait à Donald Trump s’il lui était déjà arrivé de demander pardon à Dieu. Trump répondit alors : « Je ne crois pas. J’essaie juste de mieux faire. Si je fais quelque chose de mal, je crois que j’essaie juste de réparer. Je ne mêle pas Dieu à tout ça. Je ne le fais pas….»

 

Profession « influenceur »

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d’aujourd’hui lui oseront-ils lui demander de leur apprendre à Le suivre ?
(Source : convergence bolcho-catholiques)

Certains affichent la profession d' »influenceur », revendiquant des dizaines de milliers de « followers » (« suiveurs ») sur les réseaux @sociaux.

En langage marketing, un « influenceur » est une personne qui, par son statut, est capable d’être un relais d’opinion influençant les habitudes de consommation.

Mais qui dit « influenceurs » dit aussi « influençables ». Les seconds faisant la fortune des premiers.

Jésus-Christ, quant à lui, ne veut pas de « followers » mais des disciples. Il ne nous rend pas dépendant, mais « réellement libre », nous faisant passer de la mort à la vie.

Plutôt que de chercher à être « influenceurs », des « leaders » (d’opinion), pour dire ce qu’il faut penser, regarder, manger ou boire, ayons l’ambition d’être des « serviteurs » à l’image du « Parfait Serviteur », pour faire réfléchir et réveiller, non pas les bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien.

 

Doit-on espérer en un « défenseur de la chrétienté » pour des questions de « survie » ?

Dans « Etrangers dans la cité », nous sommes invités à nous réjouir de ce que, « quelque part entre 1960 et 1980, un vieux monde dépassé (ait) pris fin, laissant la place à « un monde nouveau et excitant », « en attente d’être exploré ».

Comme indiqué dans la page de présentation de ce blogue, « PEP’S-CAFE ! » vous invite, outre à un partage et une étude systématique de la Bible, à écouter, réfléchir, comprendre, s’ouvrir, discuter… et comme chacun sait, un blogue vit surtout par les commentaires des uns et les échanges qui en résultent.

C’est pour ces raisons que j’ai apprécié l’esprit de l’article(1) de mon ami Etienne Omnès publié sur le blog Par La Foi, se voulant une réponse au mien [« comment gérer une gueule de bois post-électorale »](2), et un argumentaire pour « défendre » (ou plutôt expliquer) le vote dit « des déplorables » [comprendre : ceux qui ont voté Trump], Etienne lui-même se revendiquant de « ces déplorables qui préféraient Trump à Biden », une position qui n’engage que lui, et qui ne saurait être une tribune pour défendre Trump.

Disons-le tout net : je n’aime pas le titre de son article, même si je comprends les raisons de son intitulé, n’aimant pas (et refusant) de manière générale cette tendance « maudissante » de nous enfermer dans des étiquettes disqualifiantes et réductrices (nous réduisant « à moins que » ce que nous sommes). C’est cela, conduisant à la polarisation et à la division du corps de Christ (cf 1 Cor.1v10-13), qui est en réalité « déplorable ». C’est ce que le rabbin et philosophe M.A. Ouaknin appelle une pensée axée sur la « saisie », la classification, le déterminisme (soit le fait de « coller une étiquette » sur quelqu’un), la conceptualisation… « une logique de la prise », propre à la pensée occidentale(3)

Mon ami Etienne est toutefois bien conscient des limites de telles classifications et qualificatifs (« chrétiens de gauche », « chrétiens de droite »), puisqu’il prend bien soin de nous inviter au recul et de rappeler ce que nous partageons, en tant que « frères et soeurs en Christ », pour nous « rendre compte que ce qui nous unit est plus grand que notre variation », comme le fait qu’aucune de ces positions « vote à gauche » ou « vote à droite » n’attaque directement nos positions confessionnelles, et qu’il n’y a pas lieu de juger l’orthodoxie de la foi sur la base de la couleur du vote. Ouf ! Pour tout cela, je l’en remercie et recommande la lecture de son article, de nature à nous aider à comprendre les raisons d’un vote ou d’un soutien à un homme politique.

Ceci dit, il est beaucoup question, dans l’argumentaire d’Etienne, de la « chrétienté », de ce qui serait « le meilleur défenseur » de celle-ci, et des raisons chrétiennes de soutenir ledit « défenseur de la chrétienté », pour « des raisons de survie ». Et c’est ce qui m’a particulièrement interpellé.

Rebondissant sur l’ambiguïté déjà soulevée autour du vocable « valeurs chrétiennes », Etienne précise que quand il « vote pour des valeurs chrétiennes, en réalité (il devrait) dire (qu’il) vote pour une chrétienté ! » Ce qui ne veut pas dire qu’il approuve que le candidat « défende cette chrétienté par le mensonge et la tromperie [avec Trump et la promotion du mensonge et de la Toute-Puissance, comme le déni de réalité, on se demande ce qui lui faut !] » Mais, précise-t-il, « cela veut dire que la défense souillée d’une chrétienté » par le parti Républicain [serait] « préférable à une défense vertueuse d’un ordre social satanique » [censé être promu par le parti Démocrate]. L’idéal étant bien sûr « la défense vertueuse d’un ordre vertueux ».  Autrement dit : « il est aussi possible », selon lui, « qu’un seul parti politique ait le monopole de la foi chrétienne, si l’autre parti est ouvertement séculier et anti-chrétien. C’est le cas en 2020, surtout avec un bipartisme ». J’ai déjà indirectement précisé, dans plusieurs articles(4), les limites d’un tel raisonnement et maintiens qu’aucun parti ne peut prétendre avoir le monopole de la foi chrétienne pour les raisons que j’explique sur mon blogue [positions sur les armes à feu, refus de condamner les mouvements suprématistes, mensonge, déni de réalité…](4), d’autant plus qu’Etienne ne relève pas les compromissions évidentes avec la vérité et le déni du réel du candidat soutenu. Je l’ai même trouvé plutôt « léger » et peu convaincant, y compris dans son refus de se positionner, sur ces enjeux.

Etienne soutient encore que, dans cette élection américaine, on ne pouvait pas avoir à la fois « un président bon chrétien individuellement et qui défendît l’héritage de la chrétienté ». En conséquence, « les évangéliques américains ont fait en majorité un choix très raisonnable »[selon lui] : « le gros matou vulgaire(sic) [Trump] qui défend la chrétienté. Ce n’est pas contraire à la tradition chrétienne : Martin Luther affirmait que s’il fallait choisir entre un homme prudent (qui sait gouverner) et un homme vertueux (une bonne personne), et qu’on ne pouvait pas avoir les deux, alors il fallait préférer le prudent vicieux(sic) [Trump] au vertueux incompétent »(sic)[Biden].

Pour répondre à cela, rien ne permet d’affirmer que le « vertueux » (Biden) soit « incompétent » et rien n’empêche d’affirmer que « le vicieux » (Trump) ne soit aussi incompétent, si l’on juge la façon dont le sortant sorti a géré la pandémie [+ de 250;000 morts à ce jour et + 11613 de cas] et sachant que « le gros matou vulgaire » Trump n’avait aucune expérience politique, d’exercice de charge publique avant d’être président – maire, gouverneur, député ou sénateur – à part l’expérience du « business » – et aucune expérience de défense d’intérêts publics à part la défense de ses propres intérêts privés(5). [Note du 07/01/21 : D’autre part, le seul rappel des violences perpétrées au capitole, mercredi 06/01/21, en pleine session du congrès, par les supporters de Trump, excités par les accusations de celui-ci – non prouvées et démenties – de « fraudes électorales », suffit à décrédibiliser une telle affirmation, comme quoi Trump serait « le meilleur garant » d’un « ordre social chrétien »]

Et quant à invoquer Luther pour justifier le choix entre « le prudent » et « le vertueux »….Ce dernier est-il une référence en la matière ? Certes, Luther a su redécouvrir l’Evangile du salut par la grâce, par le moyen de la foi et pour la seule gloire de Dieu. « Dans le même temps », la réforme luthérienne s’est accompagnée d’une compromission complexe à assumer pour les générations à venir : notamment le massacre des paysans et des « schwärmer » [ou « exaltés », les « charismatiques » d’aujourd’hui], ainsi que la négociation permanente et la soumission des églises aux princes des länders allemands, pour « sauver sa réforme » (6).

Une telle distinction entre le vertueux et le prudent est-elle d’ailleurs biblique ? Un Pierre Mendès-France affirmait que « l’intégrité dans la vie publique est au moins aussi nécessaire que dans la vie privée », position rejoignant les Ecritures, lesquelles nous donnent à voir l’interpellation des puissants par les prophètes (dans l’AT et dans le NT – Jean-Baptiste face à Hérode), rappelant que la vie privée influe sur la vie publique.

Enfin, Etienne termine son argumentaire par un exemple historique particulièrement flippant : celui du « Bruderhof, une communauté anabaptiste de l’Allemagne des années 30. Au milieu d’une époque troublée, ils ont tâché de témoigner des vraies valeurs évangéliques à travers une vie communautaire simple et remplie d’hospitalité, digne du sermon sur la Montagne, etc. En 1937, quatre cents policiers nazis encerclèrent leur communauté, la pillèrent et leur apprirent qu’ils avaient quarante-huit heures pour quitter le pays ».

Moralité : Le « témoignage chrétien » ne serait donc « possible que sous un gouvernement de chrétienté » et « la pureté électorale est une stupidité si elle aboutit à l’interdiction de la piété chrétienne. Nous n’avons aucune garantie que nous supporterons bien la persécution : parfois une Église est comme régénérée sur les décombres de la violence, mais il y aussi et souvent eu des cas de persécution qui ont abouti à la destruction des Églises nationales (….) Au moment de décider pour qui voter, entre des vertueux persécuteurs [les Démocrates] et des chrétiens pervers [les républicains], il faut nous rappeler que notre souci n’est pas la fin des temps, mais la prochaine génération : aurai-je le droit de transmettre l’Évangile à mon fils ? C’est de cela dont je suis responsable [comme je suis aussi responsable de l’intégrité, sans compromis, ce que je transmets] ». En conséquence, prétend Etienne, « soutenir fortement un candidat qui a fortement démontré son attachement à une chrétienté n’est pas de l’idolâtrie : c’est du simple bon sens. N’appelez pas prostitution ce qui est instinct de survie ».

Raisonnement qui semble, effectivement « de bon sens », à la logique imparable.

Sauf qu’il était, à la base, impossible qu’un peuple sans armes, refusant la soumission à l’empereur tout-puissant de l’époque, ait pu diffuser en l’espace de 150 ans une proposition de foi complexe et exigeante. Et pourtant, cette foi s’est répandue dans tout le monde connu de l’époque, sans coercition aucune !

Rappelons-le : la violence des missions guerrières, « des croisades », de l’inquisition, des guerres de religion et autres chasses aux sorcières, est un phénomène tardif dans le Christianisme, qui n’arrive qu’après la « conversion compromission » de Constantin (lequel n’a jamais compris qui était le Christ et ce qu’était le Christianisme),  quand l’Eglise s’unit à l’empire et donc à « César », au travers d’un empereur voulant gagner des batailles en peignant sur les boucliers de ses soldats le signe de la croix. Alors, certes, l’édit de milan (313 Ap JC) met fin aux persécutions des chrétiens, mais la « chrétienté », issue de cette alliance entre l’Eglise et César, est une horreur violente, tandis que la foi chrétienne première est un enthousiasme (et non euphorie) non violent. Le christianisme ne connaissait d’autre bouclier que celui de la foi et d’autre épée que celle de l’esprit pour régler ses conflits internes et externes. Au final, la trajectoire spirituelle offerte par le Christ est devenue le culte le plus étendu qui soit. Si les historiens, ethnologues et sociologues se demandent encore comment une telle entreprise a pu fonctionner, le croyant en Jésus-Christ est censé savoir que cette Parole, cette Bonne Nouvelle, s’est surtout répandue – pour arriver jusqu’à nous, au XXIe siècle – non pas grâce à la puissance et à la faveur de César, mais du fait d’une puissance d’en haut et de la faveur de Dieu. Les chrétiens et l’Eglise devraient être de ceux qui rappellent sans cesse, à la suite du Christ, que « César n’est pas Dieu » et que « Jésus seul est Seigneur » cf Luc 20v25 (7).

Et comme nous l’explique Nik Ripken dans son « Mes voies ne sont pas vos voies »(8), il existe un seul moyen pour éviter aux chrétiens la persécution : cesser d’annoncer que Jésus-Christ est (seul) Sauveur et Seigneur….

 

De fait, comment les chrétiens en particulier, et l’Eglise de Jésus-Christ en général, doivent-ils se positionner face à la tentation de « la chrétienté » ?

Dans « Etrangers dans la cité » de Stanley Hauerwas et William H. Willimon (Ed. du Cerf, 2016), deux pasteurs et théologiens méthodistes américains, il y est question de l’Eglise (celle de Jésus-Christ), laquelle est appelée par Son Seigneur à être visible d’une certaine façon, en étant ni « du monde » ou « hors du monde », mais bien « dans le monde ». En clair : l’Eglise ne doit plus avoir honte d’être l’Eglise, et les chrétiens doivent assumer le fait d’être « des exilés en terre étrangère »(9).

L’Eglise, quand elle est fidèle à Jésus-Christ » et au véritable Evangile, « s’oppose nécessairement au monde ».  Notre fidélité à Jésus-Christ [et non à un messie politique], Notre seul Seigneur, peut nous exposer à être marginalisés, voire persécutés dans certains pays, quand nous refusons les compromis, les mensonges, les injustices auxquels ces pouvoirs cherchent à nous entraîner.

Willimon et Hauerwas nous invitent à nous poser les bonnes questions (non plus « devons-nous croire ? » mais « que devons-nous croire ? », op. cit., p63 et non plus « Dieu existe-t-il ? » mais « quel Dieu existe ? », op.cit., p164). Et à nous réjouir de ce que, « quelque part entre 1960 et 1980, un vieux monde dépassé (ait) pris fin, laissant la place à « un monde nouveau et excitant », « en attente d’être exploré »(op.cit., p53).  « Le vieux monde » qui a disparu est « la chrétienté », ou « l’Église constantinienne » – marquée par une si étroite collaboration entre l’Église et l’Etat, que l’un et l’autre en sont confondus. Le christianisme a paru pendant des siècles en tirer profit par l’influence qu’il s’imaginait avoir sur le temporel. La disparition de ce régime a laissé désemparées plusieurs générations de chrétiens.  « Le monde nouveau et excitant, en attente d’être exploré » est celui qui s’ouvre aux chrétiens, libres désormais de proclamer l’Evangile et d’incarner une véritable contre-culture, missions impossibles si « la tâche sociale de l’Église est d’être l’un des nombreux auxiliaires dociles de l’État » (op.cit. p. 85), ou si l’Eglise reste « le supplément d’âme de la société marchande » (op. cit., p 27).

Rejetant les compromissions et les impasses du sécularisme de l’Église « militante » (« libérale », « progressiste », oeuvrant à réformer la société) et de l’individualisme de l’Église « conversionniste » (« conservatrice », travaillant au changement intérieur des individus), l’une et l’autre n’ayant rien de sérieux (et de neuf) à dire à la société, Willimon et Hauerwas optent pour une Église confessante, qui n’est ni « le juste milieu », ni une synthèse des deux précédentes.  Pour une telle église, « fidèle plus qu’efficace », être « le plus crédible » et « le plus efficace » ne consiste pas à rendre l’Evangile plus « crédible et compréhensible » pour le monde, au risque de dénaturer le message, mais à être « quelque chose que le monde n’est pas et ne pourra jamais être » sans le Christ (op.cit., pp 93-95) :  « Ilot culturel au milieu d’une culture étrangère », l’Eglise ne doit pas œuvrer pour « améliorer » le monde, mais préparer le Royaume (ou Règne) de Dieu en bâtissant ce qui est « la stratégie sociale la plus créative que (les chrétiens ont) à offrir » (op. cit.p. 147), prémices d’une nouvelle création en Christ. L’Eglise n’a donc pas seulement une éthique sociale chrétienne : elle « est » une éthique sociale chrétienne, étant une communauté de foi vivante, visible et inspirante (certes, dans la faiblesse) où sont vécus les principes de vie du Règne de Dieu enseignés par Jésus dans le Sermon sur la Montagne.

L’Église n’a donc pas à s’inquiéter d’être « dans le monde » mais plutôt de savoir « comment » être dans le monde, « sous quelle forme et dans quel but ». Elle n’a pas non plus à choisir entre être ou « dans le monde et politiquement responsable »  ou être « hors du monde et irresponsable, introvertie », estiment Stanley Hauerwas et William H. Willimon, dans Étrangers dans la cité.

A l’heure où certains chrétiens d’aujourd’hui en viennent à soutenir des leaders pourtant « extrêmes » dans leur discours, leur programme, et leur comportement personnel bien peu éthique/biblique, il est frappant de constater, comme nous y invitent notamment Stanley Hauerwas et William H. Willimon, que « l’Allemagne nazie fut un test dévastateur pour l’Église. Sous le IIIe Reich, l’Église était tout à fait disposée à « servir le monde ». La capitulation de l’Église devant le nazisme, son incapacité théologique à voir clairement les choses et à les nommer font [ou devraient faire] frissonner l’Église encore aujourd’hui. Pourtant, il s’en trouva quelques-uns pour se soucier de dire la vérité…. » (op. cit., pp 91-92), et pour « dire non à Hitler » – lequel Hitler, orateur de génie, s’était présenté « en tant que chrétien », dans son discours du 12 avril 1922, à Munich : « En tant que chrétien, mon sentiment me désigne mon Seigneur et mon Sauveur comme un combattant (…) En tant que chrétien, (…) j’ai le devoir d’être un combattant pour la vérité et la justice. (…) en tant que chrétien, j’ai aussi un devoir envers mon peuple » (10)

A ce propos, et comme fort à propos, je tombe sur un article de La Free.ch datant de 2016, lequel exhume un vieil article d’une revue évangélique, édifiante quant aux rapports entre les protestants et le IIIe Reich. Ce rappel, non pour dire que Trump serait « un Hitler » mais pour nous mettre en garde contre les messies en politique, quel que soit leur nom, et particulièrement ceux qui prétendent « défendre la chrétienté »(11) .

Extrait : « Un premier indice de l’affinité de l’ensemble des protestants avec le nationalisme germanique apparaît déjà sous l’Empire allemand de 1871 à 1918. La monarchie prussienne, fondée sur une base idéologique et éthique proche du vieux protestantisme luthérien, passait pour être l’ « Empire protestant allemand ». Les idées sociales d’inspiration chrétienne, le pacifisme (on le taxait de blasphème), la libre-pensée et la démocratie étaient considérés comme des menaces auxquelles il fallait résolument s’opposer. La République de Weimar à partir de 1919 ne fut jamais véritablement reconnue par les chrétiens. Dans une allocution lors de la grande rencontre des Églises (Kirchentag) de 1919 à Dresde, le président de cette manifestation déclara: « La gloire de l’Empire allemand, le rêve de nos pères, c’est là que réside la fierté de chaque Allemand. » Pour cette raison de nombreux chrétiens essayèrent de défendre avec ardeur les valeurs et l’identité nationales. Ils se sentaient tenus à un programme national chrétien.  La peur de la pensée libérale naissante et du bolchevisme russe, menaçant depuis la Révolution d’octobre 1917, poussèrent de nombreux chrétiens à se rapprocher du Parti ouvrier national-socialiste allemand (NSDAP), fondé en 1920. Le programme politique du parti d’Adolf Hitler promettait un retour aux valeurs chrétiennes et la constitution d’un rempart contre le communisme et contre les idées libérales.  Les violences multiples contre ceux qui pensaient autrement, les déportations et les actes d’extermination, les Églises évangéliques ne les imputaient pas publiquement à la volonté d’Hitler, mais à des partisans dévoyés, enclins à l’exagération. Le régime national-socialiste réussit, fort bien et durablement, à éblouir les Églises évangéliques et à les abuser à son profit. En gage de reconnaissance, il octroya à ces Églises la possibilité d’évangéliser librement et de développer pleinement leurs activités chrétiennes. Les Églises évangéliques utilisèrent ces libertés gagnées et se rendirent utiles dans la lutte contre le bolchevisme et la libre-pensée. De leur propre gré et au profit de l’« autorité bienveillante ». Après la chute du IIIe Reich, la direction de la Fédération des Églises évangéliques (de tendance baptiste) déclara qu’un non à l’État et au pouvoir ne lui aurait été permis que si l’annonce de l’Évangile et la possibilité de mener une vie selon les principes chrétiens lui avaient été interdites. Cela n’avait jamais été le cas ! (…) En 1933, après la victoire du Parti national-socialiste, l’Église évangélique libre luthérienne loua cette accession au pouvoir comme un « engagement pour l’honneur et la liberté de l’Allemagne ». Elle fit l’éloge du NSDAP pour son « combat contre la saleté ». Les baptistes, dans le journal Wahrheitszeuge (Témoin de la vérité) parlèrent de l’accession d’Hitler comme de l’avènement d’un « temps nouveau » et vivement désiré. Les Communautés évangéliques libres firent l’éloge dans le journal Gärtner (Le Jardinier) du combat du NSDAP « contre la prostitution, contre l’habitude de fumer chez les femmes, contre le nudisme et contre les abus de la vie nocturne ». Lorsque des rumeurs d’exactions contre les juifs en Allemagne parvinrent à l’étranger, les Églises évangéliques allemandes les taxèrent immédiatement de « propagande scandaleuse ». (11)

Certains surent dire « non » à ce « big deal ». Représentatif de cette résistance spirituelle, un texte – cité par Stanley Hauerwas et William H. Willimon – est à découvrir absolument, puisqu’il garde toute son actualité aujourd’hui. Il s’agit de la déclaration de Barmen, principalement écrite par Karl Barth (avec la participation d’autres protestants allemands) en 1934, laquelle affirmait la position de l’Église confessante face à Hitler(12). Et une source d’inspiration pour l’Eglise soucieuse de son témoignage et de sa dignité : à savoir, ne pas dire « oui » à tout et à n’importe quoi/n’importe qui.

 

Conclusion :

Au final, je laisse le dernier mot à mon ami et frère Etienne : « ce qui m’intéresse ultimement, ce n’est pas de voter à droite ou à gauche : c’est de vivre une vie conforme aux valeurs de l’Évangile, et de pouvoir la transmettre à mes enfants [et aux autres ?] ». Pour cela, rajouterai-je, je serais alors soucieux de la prospérité de la ville où le Seigneur m’a exilé et j’ intercéderai pour elle auprès du Seigneur : sa prospérité est la condition de la mienne (Jer.29v7). Et mon soucis sera de veiller à ce que mon témoignage, comme à celui de l’Eglise, reste audible, fidèle et véritable : être « lumière » (et non « ténèbre ») du monde, « sel » et non « poivre » de la Terre. Ce qui impliquera de refuser les postures et crispations identitaires, comme de refuser tout retour, même par « pragmatisme », aux compromissions de l’église constantinienne mettant leur espérance en « un messie politique », « défenseur de la chrétienté » (13)

 

Aller plus loin : A lire, en réponse aux questions « Est ce qu’un chrétien peut s’engager en politique ? Est ce compatible avec les enseignements de la Bible ? » l’article rédigé pour le CPDH par Thierry Legall, directeur du Service Pastoral du CNEF auprès des Parlementaires.

Sans oublier « Evangéliser dans le contexte de la sécularisation » du « théologeek » Olivier Keshavjee, à lire sur son blogue : « La société sécularisée n’est (…) pas un espace neutre et libre dans lequel nous pouvons projeter le message chrétien. C’est un territoire occupé par d’autres dieux. Nous avons à faire à des principautés et pouvoirs ». Dans ce contexte, l’évangélisation consiste à annoncer « que le Royaume de Dieu s’est approché. Il ne s’agit pas d’une nouvelle ecclésiale, mais mondiale, publique. Ce n’est pas une question de « valeur », mais de « fait ». C’est une grande nouvelle, qui exige une réponse immédiate ». Et « l’évangélisation n’est pas juste une conversion individuelle, pas juste un moyen de croissance d’Église, pas juste prêcher et agir pour changer la société. Et ce n’est certainement pas un moyen de ressusciter la chrétienté en Europe, avec l’Église en position de pouvoir. Mais l’évangélisation pourrait mener à quelque chose de différent: une Europe qui soit une « société chrétienne », pas dans le sens où elle est dirigée par l’Église, ni dans le sens où tout le monde est chrétien. Une « société chrétienne » serait une société qui, après que des chrétiens aient pris sérieusement à bras le corps les conséquences (bonnes et mauvaises) de la modernité et leur aient confronté l’histoire chrétienne, serait telle que ceux qui occupent des positions d’excellence dans tous les domaines seraient façonnés dans leur vie publique par l’histoire chrétienne. Une société dans laquelle la véritable histoire a une place dans le domaine public. Que ceci soit le projet de Dieu ou non pour notre continent, notre tâche est la même. Dieu nous a confié une bonne nouvelle, la nouvelle qu’il règne ».

 

Notes :

(1) cf https://parlafoi.fr/2020/11/13/une-defense-du-vote-des-chretiens-deplorables/

(2) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/11/11/comment-gerer-une-gueule-de-bois-post-electorale-ou-quand-mieux-vaut-perdre-un-vote-que-son-ame/

(3) Marc-Alain Ouaknin. « Bibliothérapie » Seuil 2008, collection « points sagesse », pp 151-152.

(4) Outre celui-ci https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/11/11/comment-gerer-une-gueule-de-bois-post-electorale-ou-quand-mieux-vaut-perdre-un-vote-que-son-ame/, ceux-là https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/10/17/appel-a-la-repentance-et-a-defendre-une-ethique-pro-vie-globale-il-serait-temps/ et https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/10/24/hierarchie-des-luttes-ou-la-question-des-migrants-concerne-t-elle-davantage-le-citoyen-que-le-chretien-le-magistrat-plutot-que-le-pasteur/

(5) L’historien Allan Lichtman, qui avait prédit la défaite de Trump en 2020, comme il avait prédit sa victoire en 2016 et la victoire d’autres candidats à la Maison Blanche depuis 1984, témoigne que Donald Trump l’avait félicité en 2016 pour avoir prédit son élection, mais sans avoir compris la signification des clés, « à savoir que c’est la gouvernance, et non la campagne électorale, qui a un impact sur l’élection. Et plutôt que de s’attaquer de manière substantielle aux défis, Donald Trump est revenu à son plan de match de 2016. Mais ça ne marchera pas. Lorsque vous êtes président, vous êtes jugé sur votre mandat » https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1737994/lichtman-trump-biden-election-modele-prediction

(6) Pointé par le Pasteur Gilles Boucomont dans son « Au Nom de Jésus : mener le bon combat » T2, Ed. Première Partie, 2011, pp 333-334. sur ce sujet, voir https://ehne.fr/fr/encyclopedie/th%C3%A9matiques/humanisme-europ%C3%A9en/l%E2%80%99europe-entre-guerres-et-paix-de-religion/de-luther-au-luth%C3%A9ranisme ; https://philitt.fr/2017/11/20/la-reforme-radicale-thomas-muntzer-et-la-theologie-de-la-revolution/

(7) Voir Boucomont. Au nom de Jésus : libérer le corps, lâme, l’esprit T1, p 12-13.

(8) Je parle de cet excellent livre ici https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2019/10/23/mes-voies-ne-sont-pas-vos-voies-continueriez-vous-a-suivre-jesus-si-cela-vous-paraissait-absurde/

(9) Voir https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/10/24/etrangers-dans-la-cite-ou-quand-leglise-ne-doit-plus-avoir-honte-detre-leglise/

(10) Voir https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/10/17/read-it-again-la-declaration-de-barmen-1934-ou-quand-leglise-sait-dire-non/

(11) Voir https://lafree.ch/info/les-eglises-evangeliques-sous-le-ille-reich-par-andreas-schneider

(12) A découvrir ici https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/10/17/read-it-again-la-declaration-de-barmen-1934-ou-quand-leglise-sait-dire-non/

(13) Refuser les « Packaging identitaires » : vous défendez « les valeurs chrétiennes »– comprendre : « les principes bibliques de la famille et du mariage » – tout en étant opposé à l’avortement et l’euthanasie ? Vous êtes classés dans le camp « conservateur », mais devez prendre l’ensemble du « paquet » incluant le soutien au libéralisme économique, la libre circulation des armes à feu, un certain« climatoscepticisme » et une « hostilité à l’Obamacare ». A l’inverse, vous refusez la domination du « divin marché » et du libéralisme économique, défendant « la justice sociale », « le pauvre », « l’étranger », le précaire, et respectant l’environnement : vous vous retrouvez dans le camp « progressiste » et « relativiste » sur certains sujets de société, même si vous êtes favorable au mariage biblique. Une synthèse (être « conservateur » sur les sujets de société tout en étant sensible aux sujets plus sociaux et environnementaux) en accord avec la pensée biblique, ne serait donc « pas possible ». Pourtant, rechercher une position biblique équilibrée(les points « non négociables » ne sauraient se réduire à trois) ne devrait pas nous exposer à une récupération politique quelle qu’elle soit, même pour des questions de « survie »…

 

 

 

 

 

Mais enfin : qui est de bonne foi ?

Qu’est-ce qui différencie la « bonne foi » de la « mauvaise » ?

Travaillé par ce sujet, mon frère et ami Pierre-Louis s’est décidé de « monter au filet » comme on dit au tennis, pour s’attaquer au thème de la « bonne foi » et de ce qu’elle signifie pour lui d’après les Ecritures. Il nous propose cette lecture, laquelle résonne assez bien avec l’actualité outre-atlantique(1). Qu’il en soit remercié !

 

Accusations de fraude, votes par-dessus bord, démentis des accusés en charge de savoir compter… Toute cette histoire…

Nous amènerait-elle à en savoir plus sur deux notions associées à la foi ?

Fait amusant : bien que liées à la foi, nous les rencontrons généralement avant de recevoir la foi de Christ. Ces notions font souvent partie de notre tronc commun d’éducation, croyants ou non, dès l’âge de raison – cet âge équivaudrait à 7 ans d’après une source proche.

Quels sont ces deux opposés et que peuvent-ils bien vouloir définir à propos de « la foi » ?

A cet égard, le droit français nous aide à les appréhender de manière simple et précise.

La bonne foi est la croyance qu’a une personne de se trouver dans une situation conforme au droit, et la conscience d’agir sans léser les droits d’autrui.

La mauvaise foi est l’attitude volontaire et déloyale avec laquelle une personne agit envers une autre, afin de surprendre sa décision.

Un point commun existe entre ces deux notions pourtant opposées.

La bonne et la mauvaise foi sont définies sur la base d’un même point référence : le droit.

En bref, ce droit est définit par un code – ex. civil, pénal, fiscal – qui définit un ensemble de règles d’après lesquelles le sujet au droit – ex. le citoyen ou l’entreprise – doit se comporter d’une manière « droite », au risque d’être trouvé en défaut vis-à-vis de ce droit, et d’être sanctionné en conséquence.

Et si nous sommes enfants de Dieu, quel devient notre droit par excellence ?

La loi du Seigneur est parfaite, restaurant la vie (Psaumes 19.7a), et à la fois déclarant quiconque trébuche sur un seul point entièrement coupable (Jacques 2.10b). Conséquence, tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu (Romains 3.23).

Bonne nouvelle pour nous tous, cette loi a été accomplie (et non abolie) par Jésus-Christ (Matthieu 5.17). Il a réalisé pour nous l’expiation des péchés sur la croix. Nous sommes sauvés par grâce au moyen de la foi (Ephésiens 2.8). Ainsi s’accomplit la promesse faite en Habakuk 2.4b : « Le juste vivra par sa foi » – en tenant ferme, d’après la version NBS.

Et sinon, qu’est-ce qui différencie réellement la « bonne foi » de la « mauvaise » ?

Le sujet se conduisant avec une bonne foi ou en bon père de famille se croit en conformité au droit et ne croit pas léser le droit d’autrui. Il ne manipule pas, ne dissimule pas son motif d’agir pour induire en erreur  et soutirer un gain inavoué/inavouable.

Celui qui recherche un tel gain est de fait contraint d’employer un tour de chapeau pour manipuler autrui. Il emprunte une posture abusive et instrumentalise ou viole la loi. Il enfreint la liberté d’autrui, pour l’induire en erreur, l’amenant à une prise de décision biaisée, en faveur de son intérêt propre.

Quel angle de vue adopter si nous avons reçu « la foi de Christ » ?

Avant de proposer une réponse à cette question, examinons-nous nous mêmes, pour savoir si nous sommes dans la foi; éprouvons-nous nous-mêmes. Ne reconnaissons-nous pas que Jésus-Christ est en nous ? (2 Corinthiens 13.5, repris au nous)

Dieu pourrait-il qualifier de fidèle ou ayant la foi un enfant qui cherche à posséder l’objet des promesses qu’il s’est faite à lui-même, ou à d’autres hommes, plutôt qu’à obtenir, par la persévérance à bien faire, l’objet des promesses parfaites de Dieu que sont l’honneur, la gloire et l’immortalité ? (Romains 2.7) Et si nous faisons de Lui nos délices, ne nous donnera-t-il pas ce que nos cœurs désirent ? (Psaumes 37.4)

En définitive, nous devrions choisir une bonne fois si nous avons de meilleurs projets pour nous-mêmes ou si nous acceptons que Dieu ait souverainement formé des projets pour nous, projets de paix et non de malheur (Jérémie 29.11).

Et en espérant que nous serons en accord sur ce dernier point, nous pouvons nous engager à tenir ferme dans Sa bonne foi. Que notre moi soit comme un honnête président sortant acceptant de lâcher prise, pour Lui laisser le contrôle à bord en toute confiance  😉.

A écouter sur la même tonalité : Michael Card, That’s What Faith Must Be.

 

 

 

Note :

(1) Quelques éléments de contexte : Le candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine du 03 novembre 2020, Joe Biden, a été déclaré vainqueur samedi dernier, après avoir franchi le seuil nécessaire de 270 grands électeurs, selon les résultats partiels transmis par les médias américains. Après l’annonce vendredi 13/11, au soir, des résultats qui manquaient encore, en Caroline du Nord et en Géorgie, Joe Biden l’emporte avec 306 grands électeurs contre 232 pour Donald Trump. Ce dernier refuse toujours de reconnaître la victoire de son adversaire.

Alors que Donald Trump tourne en boucle sur les réseaux sociaux en dénonçant des tricheries et fraudes massives, plusieurs autorités électorales américaines ont indiqué jeudi 12 novembre dans un communiqué commun, plus d’une semaine après la présidentielle, n’avoir trouvé « aucune preuve » de bulletins perdus ou modifiés, ou de systèmes de vote piratés.  « L’élection du 3 novembre a été la plus sûre de l’histoire des États-Unis », ont affirmé ces autorités locales et nationales en charge de la sécurité du scrutin – l’agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA), qui dépend du ministère de la sécurité intérieure, ainsi que le Conseil de coordination de l’infrastructure électorale et les Comités exécutifs de coordination de l’infrastructure électorale.

« Il n’existe aucune preuve d’un système de vote ayant effacé, perdu ou changé des bulletins, ou ayant été piraté de quelque façon que ce soit », soulignent-elles dans leur communiqué.  « Bien que nous sachions que notre processus électoral fasse l’objet de nombreuses affirmations sans fondement et de campagnes de désinformation, nous pouvons vous assurer que nous avons une confiance absolue dans la sécurité et l’intégrité de nos élections », insistent-elles.

Source : https://www.la-croix.com/Monde/Presidentielle-americaine-aucune-preuve-fraude-affirme-autorites-2020-11-13-1201124395 (Voir aussi https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20201115-contestation-pour-fraude-un-grand-cabinet-d-avocats-l%C3%A2che-donald-trump ). Voir aussi https://www.20minutes.fr/monde/2927543-20201208-presidentielle-americaine-cour-supreme-coule-derniers-espoirs-donald-trump?xtor=RSS-176 et https://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-elections-la-cour-supreme-aneantit-les-derniers-espoirs-de-trump

Au final, Donald Trump et ses alliés ont essuyé plus de 50 échecs devant la justice, dont deux devant la Cour suprême, pour faire invalider les résultats dans certains Etats ! Et même le leader républicain du Sénat, Mitch McConnel, a fini par reconnaître la victoire de Joe Biden, confirmée par le vote des grands électeurs, cessant de soutenir Donald Trump et ses accusations non fondées de « fraudes électorales » ! cf https://www.courrierinternational.com/article/election-presidentielle-americaine-le-puissant-senateur-mitch-mcconnell-lache-trump-son-tour