Comment il est possible de « se séduire soi-même », selon 1 Jean 1v8

Le début de la première lettre de Jean concerne le rapport à la vérité et la façon dont nous pouvons nous replacer dans la justice de Dieu, en étant réaliste quant à ce que nous vivons vraiment intérieurement (Source image : public domain pictures)

« Si nous prétendons être sans péché, nous nous trompons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous » (1 Jean 1v8)

« J’étais démoralisé parce que je me disais que s’il croyait vraiment à ces histoires, c’était qu’il avait perdu le contact avec la réalité », a témoigné le 13 juin l’ex-procureur général des États-Unis Bill Barr, rencontré par les membres de la commission dite du « 6-Janvier »(1), laquelle enquête sur la responsabilité de l’ex-président Donald Trump, battu aux dernières élections, dans l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021.

Il ressort des travaux de cette commission que Donald Trump savait que ses accusations de fraude électorale, qui ont encouragé l’assaut, étaient erronées. L’ancien procureur général des États-Unis (à la tête du département de la Justice) William Barr a affirmé avoir tenté de l’en convaincre dans son témoignage rendu public. Même après avoir été informé à répétition par son entourage, par les membres de sa famille, par plusieurs de ses conseillers juridiques et par des membres de son équipe de campagne que la théorie de la fraude électorale ne supportait pas la réalité des faits, Donald Trump a continué à prétendre l’existence d’une « élection volée » par les démocrates dans le seul but de mobiliser ses troupes et de tenter de renverser le gouvernement, légalement élu, de Joe Biden.  Ce « grand mensonge » est aussi devenu un levier pour le populiste afin qu’il tire des millions de dollars des poches de ses fidèles pour soi-disant contrer ce « vol » devant les tribunaux. Y compris en alimentant un « fonds officiel de défense des élections » qui… n’a jamais existé, a-t-on appris lundi matin 13 juin, au deuxième jour des audiences publiques de la commission parlementaire.

Le « grand mensonge » était aussi « une grosse arnaque », a résumé la démocrate Zoe Lofgren, représentante de la Californie et membre de cette commission d’enquête(1).

Cette affaire en cours me rappelle la question d’un internaute, posée sur le site 1001 questions : « Que veut dire « se séduire soi-même » en 1 Jean 1,8 ? »

Dans la réponse donnée, il est rappelé que le début de la première épître de Jean concerne le rapport à la vérité, et la façon dont le chrétien peut se replacer dans la justice de Dieu en étant réaliste quant à ce qu’il vit vraiment intérieurement. 

Dans ce registre, Jean insiste sur l’illusion que nous pouvons avoir d’être « sans péché ». Au sens du classique « Moi, Monsieur, je n’ai pas tué, je n’ai pas volé ». Se mentir à soi-même est une illusion. C’est ce que Jésus a pointé en maximisant les dix commandements dans son Sermon sur la montagne, et en montrant qu’une parole pouvait être un meurtre, qu’un regard pouvait être un adultère. 

Jésus ne voulait pas dire qu’il fallait lapider les gens pour un regard (ce qui pourrait être le désir de certains extrémistes), mais il veut nous aider à creuser toujours plus profond du côté des racines de notre péché.  

Le péché est un acte. Mais il est plus profondément un projet, et plus profondément encore une intention, et plus profondément une frustration… 

Se séduire soi-même c’est donc imaginer que notre gestion des apparences, notre image sociale de personne « bien sur soi », suffit à ne pas être un pécheur. Quelle hypocrisie ! Et c’est vraiment une séduction où nous sommes dans un marché de dupes, car nous créons un mensonge et nous croyons au mensonge qu’on a créé.

Bref, c’est de la bonne conscience pour pas cher, et c’est ce qu’on appelle, techniquement la « mauvaise-foi ».

L’enjeu spirituel est de taille, car « si nous reconnaissons nos péchés, nous pouvons avoir confiance en Dieu, car il est juste : il pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout mal. Si nous prétendons que nous n’avons pas commis de péché, nous faisons de Dieu un menteur et sa parole n’est pas en nous » (1 Jean 1v9-10

Note :

(1) Cf Le «grand mensonge» de Trump sur les élections de 2020 passé au crible

Voir aussi États-Unis. Assaut du Capitole : Trump a persévéré dans ses “mensonges” malgré les alertes de ses proches

Depuis le début de son enquête, cette commission dite du « 6-Janvier », composée de sept démocrates et deux républicains, a entendu près de 1 000 témoins, dont deux enfants de l’ancien président, pour faire la lumière sur les faits et gestes de Donald Trump après l’élection de 2020. Elle assure avoir épluché plus de 100 000 documents, dont des courriels, SMS et photos officielles de la Maison Blanche, et a envoyé une centaine d’assignations à témoigner.

Ne faites pas d’impair : Dieu est « Père » et pas « mère »

Lectures bibliques

Papa propose un nouveau jeu……

Deutéronome 4:32-40

(….)
Reconnaissez donc aujourd’hui et gardez dans votre coeur cette vérité :
c’est le Seigneur qui est Dieu, là-haut dans le ciel et en bas sur la terre.
Il n’y a pas d’autres dieux que lui.
Respectez ses lois et ses commandements que je vous donne aujourd’hui.
Alors vous et vos enfants, vous serez heureux.
Et vous vivrez longtemps dans le pays
que le Seigneur votre Dieu vous donnera pour toujours.

Romains 8:14-17
Tous ceux que l’Esprit de Dieu conduit sont enfants de Dieu. Et l’Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves qui ont encore peur, mais il fait de vous des enfants de Dieu. Et par cet Esprit, nous crions vers Dieu en lui disant : « Abba! Père ! ». L’Esprit Saint lui-même nous donne ce témoignage :
nous sommes enfants de Dieu. Alors, si nous sommes enfants de Dieu, nous recevrons en partage les biens promis par Dieu à son peuple, et ces biens, nous les recevrons avec le Christ. Oui, si nous participons à ses souffrances, nous participerons aussi à sa gloire.

………..Affronter la réalité ! Par Jim Benton [Piquée » sur le compte twitter de Laurent Descos, 09/05/18]

Message :

Nous découvrons dans ces passages des Écritures qu’il n’est pas du tout insignifiant d’appeler Dieu par un nom ou par un autre. Nous savons qu’il y a des tas de noms pour nommer Dieu, et chacun de ses noms s’appuie sur une identité particulière que nous voulons donner à celui à qui nous nous adressons.
Quand nous prions Dieu comme Tout-Puissant, nous ne prions pas du tout de la même façon que quand nous nous adressons au Christ, qui est passé par l’expérience de la croix. Prier le Dieu Tout-Puissant, c’est reconnaître que tous les possibles appartiennent à Dieu, qu’il est le Dieu de l’impossible qu’il est le Dieu qui peut tout (ce qui ne veut pas dire qu’il fait tout et en particulier qu’il ferait tout ce qu’on lui dit de faire…).
S’adresser à Dieu par un nom ou par un autre, c’est donc qualifier Dieu, de la même façon que l’on ne s’adresse pas sur le même ton à une même personne suivant les contextes. De temps en temps, un journaliste laisse échapper un « tu » à la place d’un « vous » qui dévoile qu’il connaît la personne au-delà de son rôle de journaliste, plutôt dans le registre de l’amitié.
Les protestants ont été appelés très tôt « les tutoyeurs de Dieu ». Non pas qu’il soit mieux de tutoyer Dieu que de le vouvoyer, mais simplement parce qu’en tutoyant Dieu on fait un choix. Et ce choix consiste à dire que la proximité, la confiance et l’intimité d’un « tu » sont plus importantes encore que la déférence et le respect d’un « vous ». Dieu n’a pas voulu être lointain mais bien proche, ce que nous reconnaissons et valorisons par l’usage du « tu »(1).
En qualifiant Dieu de « Père, Fils et Saint-Esprit », nos prédécesseurs dans la foi ont fait des choix très particuliers. Ils ont voulu mettre l’accent sur des facettes de Dieu bien particulières (…)
En choisissant d’appeler Dieu par le nom de Père principalement, les premiers chrétiens ont pris un risque. Il est souvent rappelé que cela a exaspéré nos frères aînés Juifs qu’on puisse appeler Dieu Père. A la rigueur qu’on dise « Dieu est comme un père pour nous », c’était recevable, et le Psaume 103 ne s’en prive pas. Mais l’appeler, le héler, le prier en l’appelant Père, c’était choquant. Car non seulement quand on nomme quelqu’un le nom qu’on lui donne dit des choses sur ce qu’il est, mais en plus, le nom qu’on lui donne décrit aussi comment nous nous positionnons par rapport à cette personne. Si nous nommons Dieu Père, alors cela signifie que nous nous reconnaissons comme enfants. Et c’est très compliqué de dire cela car alors, comment fonctionne cette paternité et cette filiation ? (….)

Paul, à la suite de Jésus-Christ tient fermement sur cette appellation de Dieu comme Père. C’est au cœur de sa foi.
Pourquoi Dieu a-t-il été appelé Père et non pas Mère ? Après tout on pourrait l’envisager ? Eh bien tout simplement parce que c’est bien comme Père que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de Moïse et de Jésus-Christ, se comporte. Laissez tomber d’office l’argument ethnologique comme quoi Dieu serait père parce qu’il serait décrit comme tel dans une société patriarcale. Ce n’est pas là la vraie raison. Il est nommé Père tout simplement parce que le type de relation qu’il a avec l’humain est de l’ordre de la paternité beaucoup plus que de la maternité. Et ce n’est pas une histoire de féminisme ou de machisme. C’est simplement un type relationnel. On est toujours sûr de sa mère, tandis qu’on n’est jamais vraiment sûr de son père. Même avec les analyses ADN. L’être humain est complexe et si la maternité est un lien qu’il faut couper, la paternité est un lien qu’il faut construire. En tant que lien de personne à personne la paternité est beaucoup plus fragile que la maternité parce qu’elle naît d’une parole. Oui, la paternité ne tient qu’à la parole de la mère. On devient père dès que la mère d’un enfant dit à son enfant « C’est lui ton père ». Dès qu’elle le dit par des mots, par des gestes, par des attitudes et par une pratique. Un père est toujours adoptif. Alors bien sûr on souhaite à chacun que son géniteur naisse comme père assez rapidement après la naissance, mais c’est toujours conditionnel.
Dieu n’est pas en relation avec nous dans un mode relationnel où il faut couper un cordon. Il est devant nous comme cette relation paternelle qu’il faut au contraire tisser, construire et faire naître par une parole.
Si vous tenez à tout prix à chercher du maternel dans ce qui fait notre foi, n’allez – de grâce – pas chercher du côté de Marie. Non, la figure féminine qui construit notre foi, c’est tout simplement l’Église, la communauté. Elle est cette matrice, elle est cette mère où nous nous trouvons dès le début, elle exerce cette maternité qui nomme, qui essaye de dire à ses enfants, depuis le plus jeune âge : « Tu sais, tu peux avoir confiance en Dieu car c’est bien lui ton Père ». Quand nous accompagnons des enfants dans leur formation biblique, quand nous prenons soin des uns et des autres au moment où ils essayent de revivifier un lien avec Dieu dont ils sentent bien qu’il ne tient pas très bien, nous exerçons, à notre tour cette fonction maternelle qui essaye de nommer la paternité de celui qui est Père parce qu’il veut adopter tous ceux qui accepteront son amour.
L’enjeu est de taille pour la vie de nos communautés (….)C’est à l’Église que revient la tâche de contredire les mensonges qui courent autour de nous, [à propos de Dieu et à propos du père]……

Lire la suite de la prédication initialement donnée à l’Église réformée du Marais par le Pasteur Gilles Boucomont, le dimanche 11 juin 2006, et disponible sur le blog « Au Nom de Jésus ».

Note : 

(1) C’est ainsi que l’on peut définir un croyant : celui qui dit « tu » à Dieu.

De l’imagination, « cette faculté transversale »

« Ce dont cet homme a besoin » ou le point de vue du dominant, par Andy Singer

« L’imagination est ici la faculté de nous mettre à la place d’autrui, mais sans nous croire véritablement à sa place, et sans nous en faire une image. C’est un art délicat. D’autant plus délicat que l’imagination baigne dans l’imaginaire dominant d’une époque, d’un milieu, d’une culture ».

(Olivier Abel. De l’humiliation : le nouveau poison de notre société. Les Liens qui Libèrent, 2022, p 78)

En quelques mots : Evangile VS culture ?

Dois-je abandonner ma culture pour suivre Jésus-Christ ? Qu’est-ce que la culture ? L’Évangile est-il une culture ? Est-ce la culture d’un groupe qui s’impose aux autres cultures ?….

Une vidéo Libérer!, avec Josiane Ngongang, du temple du Marais (Paris), pour comprendre « en quelques mots » comment s’y retrouver et faire des choix…

Depuis 2008, Libérer! propose une excellente formation certifiante à l’accompagnement spirituel, qui inclue la relation d’aide, la prière de guérison et la délivrance. Avec les Eglises protestante unies du Marais et de Belleville, à Paris.

Plus d’infos sur le ministère Libérer! et ses prochaines formations.

Plus de vidéos sur la chaîne youtube Libérer !

« De l’humiliation, le nouveau poison de notre société”, d’Olivier Abel

Le philosophe Olivier Abel parle « du poison de l’humiliation » lors de l’émission « 28′ », sur Arte (26/04/22)

« ….Nous sommes très sensibles à la violence comme à l’injustice, et c’est certainement légitime. Mais nous sommes beaucoup moins sensibles à l’humiliation », constate Olivier Abel(1), professeur de philosophie et d’éthique à l’Institut protestant de théologie de Montpellier, dans « Arrêtons l’humiliation ! »(2).

Or, trop de femmes, d’hommes, d’enfants, se sentent régulièrement humiliés. Souvent ignoré, ce sentiment peut entraîner des dégâts considérables : se propager à toutes les sphères de la vie et amener l’humilié à devenir à son tour humiliant. Nos institutions permettent-elles à chacun de trouver sa place ?

Une interrogation pressante qui lui inspire “De l’humiliation, le nouveau poison de notre société”. Dans cet ouvrage (en cours) paru le 16 février 2022 aux éditions Les liens qui libèrent, Olivier Abel observe la dimension politique et sociale de l’humiliation : nous aurions d’un côté un discours humiliant, qui nous traite comme des “homo economicus”, avec l’injonction « consomme ! ». Et de l’autre des manipulations, de la peur ressentie par la population française.

L’humiliation joue également un rôle important dans l’histoire, vu que la Turquie et la Russie ont souvent été humiliées par l’Occident, et les Européens en paient le prix aujourd’hui.

Outre son intervention à ce sujet, lors de l’émission citée plus haut, le 26/04/22 sur Arte et que je vous recommande, Olivier Abel était également « l’invité du jour » de Paris direct, sur France 24 :

Bonne écoute !

Notes :

(1) Voir son site perso, qui présente ses travaux.

(2) Un article d’une troublante actualité, paru initialement dans la revue Projet le 17/11/16

Etre chrétiens et « prêtres de l’Eternel » après les élections : comment prier pour nous, corps de Christ, et pour le Président réélu

« Retrouver la joie de prier », notamment pour les autorités, n’est pas seulement le titre d’un excellent ouvrage : C’est notre grand privilège, en tant que « prêtres de l’Eternel »

Emmanuel Macron a été réélu Président de la République Française avec 58,5 % des suffrages exprimés, devant Marine Le Pen qui a obtenu 41,5 % des voix(1). Ce n’est peut-être pas votre choix, et vous avez certainement les meilleures raisons du monde de lui en vouloir, mais notre responsabilité en tant que chrétiens est désormais de prier positivement pour lui, comme nous l’avons certainement tous fait pour ses prédécesseurs – et comme d’autres l’auraient certainement fait si leur candidat(e)avait été élu(e) – et pour notre pays. Reste à savoir comment, dans quel but, et avec quel secours. 

Comme déjà souligné dans un autre article, être vraiment « chrétiens » – c’est à dire des femmes et des hommes, non seulement « pour le Christ », mais « du Christ »  durant l’actuelle saison électorale, à l’heure où souffle un « esprit de rébellion », est un véritable défi et un engagement spirituel, pour être en mesure de porter une véritable voix prophétique dans ce monde, plutôt que d’être réduits à l’état des « prophètes professionnels » du roi Achab, dans la Bible (1 Rois 22v1-28).

Etre chrétien, c’est manifester qui règne véritablement dans ce que nous sommes, ce que nous disons, pensons et faisons. C’est aussi espérer davantage dans le retour de Son Seigneur, en manifestant que Son règne s’est approché, que dans le résultat d’une élection. C’est donc prendre conscience que « le réveil de la France » n’est pas lié à l’élection d’un tel ou d’une telle.

Etre chrétien, être une femme ou un homme du Christ, se manifeste dans une façon particulière de prier pour les autorités cf Ex 22.28 et l Tim 2.1-2, mais aussi avant tout, pour soi-même, pour l’Eglise – le corps de Christ – dans un esprit d’humilité et de repentance.

Comme une internaute l’a très bien exprimé sur la toile, en réponse à cet article encourageant à prier pour le Président réélu, « nous chrétiens, au-delà de nos devoirs de citoyens, avons aussi des devoirs spirituels dont celui d’intercéder pour le « roi » [ici, le chef de l’Etat]. Ce devoir émane du Seigneur, nous devons donc l’appliquer que nous épousions ou non les sensibilités de nos dirigeants. Ma prière pour nous chrétiens est que nous arrivions à prendre de la hauteur et à vaquer à cette responsabilité. Nous ne pouvons pas toujours changer les choses par le moyen des urnes mais avec les genoux au sol nous pouvons faire en sorte que des montagnes soient transportées. Le cœur du roi est dans la main d’Elohim et il l’incline où il veut nous dit les proverbes. Nous devons être la différence dans une société en crise et dans un monde en totale confusion. Fléchissons donc nos genoux vers le Roi des rois qui sait toute chose mieux que nous ».

Souvenons que nous nous disons « sacrificateurs » ou « prêtres de l’Eternel », et que nous sommes effectivement « rois et sacrificateurs » pour Dieu, selon Apoc. 1v6 et 1 Chron.23v13. Comme tels, nous sommes « mis à part pour être (sanctifiés) comme (très saints), pour offrir les parfums devant l’Eternel, pour faire son service, et pour bénir à toujours en son nom ». Notre service consiste en la prière et l’intercession « dans le temple », à approcher le Dieu saint dans le lieu saint et « pour bénir (dire le bien de Dieu et non « mal dire ») à jamais en son nom ».  Pour cela, il nous faut être saint. C’est pour une vie de prière devant Dieu que les prêtres sont sanctifiés (par contraste, le rôle du diable consiste à accuser continuellement les saints). Jésus, en tant que souverain sacrificateur, prie et intercède pour nous, pour toi et ton frère. Que prie-t-il ? (« Père, pardonne-lui, car il ne sait ce qu’il fait… »)

« Si alors mon peuple, le peuple qui porte mon nom, fait preuve d’humilité et prie, (s’ils) me recherchent en renonçant à leur mauvaise conduite, moi, dans les cieux, je serai attentif, je pardonnerai leur péché et je guérirai leur pays » ( 2 Chron.7v14).

Avant de prier pour le Président réélu, prions pour que, de même que l’autorité de Jésus-Christ ne jette aucun discrédit sur les pouvoirs humains, sachant que son Royaume « n’est pas de ce monde », nous, chrétiens, exercions « la culture de l’honneur » envers les structures d’autorités, et prenions tous au sérieux l’autorité de Dieu. 

Prions pour que nous grandissions dans la foi en Dieu le Père, dans le respect des figures de la paternité.

Prions pour que Dieu soit bien le Père dans nos églises, et non quelqu’un d’autre qui se serait mis à la place du Père.

Prions pour que nous poursuivions la paix et contribuons à la paix, pour être en mesure d’ annoncer une parole sur la Paix qui vient du Dieu véritable.

Prions pour la cohérence de notre témoignage

Jésus-Christ, Notre seul Seigneur, qui est entré à Jérusalem, est passé par le mont Golgotha et qui est sorti du tombeau, nous appelle aujourd’hui à laisser tomber « l’agitation de nos rameaux » pour habiter les figures de la paternité, militer pour la paix, et s’engager dans la réhabilitation des structures de nos sociétés où les institutions ont été discréditées

C’est donc au nom de l’évangile que nous devons réhabiliter la considération pour les institutions politiques, car sans cette considération et de respect, rien ne peut fonctionner. Nous ne pouvons pas détruire ceux que nous avons fait monter en autorité, car c’est bien nous qui les avons placés à ces postes.

Rendons aussi grâce pour notre pays, et apprenons, dans la dépendance de l’Esprit Saint, à cultiver une attitude de reconnaissance, à l’instar de cette exhortation de Phil.4v6, rappelée par Timothée Minard sur son blogueEn cette période électorale, la tendance est à la colère, au rejet, à l’inquiétude. On focalise nos regards vers ce qui ne va pas, vers les difficultés de notre pays, vers le péché des uns et des autres. On nous montre le malaise ambiant, le chômage, les injustices, la corruption, l’immoralité… Et cela nous pousse notamment, en tant que chrétiens, à l’intercession. A juste titre. Toutefois, ce que ce verset de Philippiens nous rappelle, c’est que nous sommes appelés à prier « dans une attitude de reconnaissance ».

C’est alors que nous pourrons prier positivement pour le Président de la république réélu, de sorte qu’il reçoive humilité, conseil et sagesse, sachant que sa réélection « l’engage » effectivement.

Note :

(1) En savoir plus sur le vote des électorats dits confessionnels – protestants, catholiques, musulmans…- au second tour de l’élection présidentielle 2022.

Face à ceux qui (se) disent « pourquoi pas Le Pen », comment expliquer pourquoi « pas Le Pen » (bis repetitas)

Voter Le Pen en particulier et extrême-droite en général : c’est toujours « non ! » Et même « non, non et non ! »
(Source image : public domain pictures)

Ou comment rappeler des évidences et dire des banalités qu’on oublie parfois.

Le présent article n’a pas pour but de « stigmatiser » les électeurs de Marine Le Pen (qui sont aussi nos parents, grands-parents, cousins, voisins, collègues de travail, amis, frères et sœurs en Christ…) mais de tenter de rompre le lien entre les angoisses et le mal-être quotidien (qui existeront toujours) et ce vote de la peur.

Lorsque j’étais lycéen, il était évident que Le Pen, c’était « non ! ». En 2002, lorsque Le Pen se trouve qualifié au second tour de la Présidentielle, c’était encore « non ! » et même « non, non, et non ! » pour la plupart. Aujourd’hui, cela ne semble plus évident. Je suis même interpellé par une chose, à l’annonce des résultats du premier tour de la présidentielle française du 10 avril 2022, comme au premier tour d’il y a 5 ans : Marine Le Pen est à nouveau au second tour, mais, plus encore qu’en 2017, nous sommes désormais bien loin du choc ou de la dramatisation du 21 avril 2002. 

Le RN (ex-FN), banalisé, ne fait plus du tout peur. C’est inquiétant.

Surtout quand des chrétiens (ou supposés tels) manifestent ouvertement leur vote pour ce parti, et ce, de manière décomplexée, notamment sur les réseaux @sociaux. Il est aussi sidérant de constater que d’autres, dans le milieu chrétien, aient pris la responsabilité de mettre les pieds dans le plat, appelant à l’abstention ou à voter blanc, « contre Macron », ou appelant indirectement à voter pour la candidate d’un parti xénophobe et raciste, sous prétexte de voter pour le candidat supposé être « clairement celui de la vie » ou « des valeurs chrétiennes »(sic).

Autres évidences :

NOUS SOMMES TOUS DES IMMIGRÉS : Certes, en cherchant bien, on doit pouvoir trouver parmi nous quelques citoyens à l’arbre généalogique purement mérovingien. Mais les autres ? Oui, nous sommes tous des Français enfants d’immigrés : à une, deux, trois générations derrière, que des Italiens, des Algériens, des Polonais, des Turcs, des Portugais, des Gabonais, des Vietnamiens et même des Belges… Ils sont partout : nous sommes partout. NON, il n’y a pas d’opposition entre une bonne et une mauvaise immigration : aujourd’hui il paraît que les bons immigrants seraient chrétiens, mais il y a quelques siècles, les chrétiens se déchiraient entre eux ; aujourd’hui il paraît que les bons immigrants seraient les Européens, mais dans les années 1920, les Italiens étaient victimes des chasses à l’homme ; il paraît que les bons immigrants n’auraient jamais commis aucun délit, mais quand ne pas avoir de papiers est un délit, comment faire ?

CHOISI ? “Les Français ont choisi de placer Marine Le Pen au second tour ”. Cette expression est tout simplement fausse. Au moment du vote pour le premier tour, on ne choisit pas forcément la personne qu’on souhaite voir au second tour : on exprime quelque chose. Marine Le Pen est en effet au second tour : ce n’est pas un choix conscient des Français mais la résultante de chiffres (abstention + faiblesse du vote PS et LR + dispersion des candidats de gauche). La candidate du Rassemblement national est même sortie en tête au premier tour dans plusieurs territoires ruraux qui ne sont pourtant pas particulièrement touchés par les questions d’insécurité et d’immigration.

A Bissert, village du nord-ouest du Bas-Rhin, juste à côté de la Moselle voisine, 49 des 92 bulletins de vote exprimés (52.13 %) portaient le nom de Marine Le Pen. Loin devant Emmanuel Macron (9,57 %), Eric Zemmour (8,51 %) ou Jean-Luc Mélenchon (8,51 %). Etonnant ? « A chaque élection c’est pareil (….) Quand on discute ici, certains ont parfois des propos durs sur l’immigration. Juste des mots car il y avait une famille étrangère ici et ça se passait très bien. Je pense que c’est surtout une peur de l’inconnu. » (…)« On se parle beaucoup entre nous et il n’y a pas de souci. Les gens vont peu en vacances » (…)« On est comme dans un désert médical. Pour la moindre opération, c’est minimum trente minutes (Sarreguemines), et encore, il n’y a pas tout  (…) On est de la classe moyenne mais on descend toujours plus. Les courses sont de plus en plus chères, le carburant aussi… On n’a pas trop à se plaindre car on a nos maisons mais on doit faire des choix : on ne part plus trop et on limite les restaurants », détaille (une) sexagénaire, qui cumule les emplois.

« C’est le pouvoir d’achat. Les gens votent en fonction de leur porte-monnaie. Et la hausse du carburant n’a pas arrangé les choses », tranche Marie-Pierre Guérin, maire de La Meilleraye-de-Bretagne et vice-présidente de l’association de maires ruraux de Loire-Atlantique. Pour Philippe Dugravot, conseiller départemental et maire de Villepôt – 675 habitants et 31,51 % pour Marine Le Pen –, le vote RN « traduit une difficulté de la ruralité ». Les ruraux sont confrontés à « des difficultés dans leur mode de vie, de mobilité, d’accès à l’emploi », analyse l’ancien haut fonctionnaire. « Malgré la complémentarité d’actions, à tous les échelons territoriaux, des électeurs peuvent avoir un ressentiment, l’impression que leurs besoins ne sont pas assez pris en compte. »

Alors NON, il ne faut pas dire du vote Le Pen qu’il est autre chose, en grande majorité, qu’un vote protestataire, à l’instar du vote des électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui reflète, aux dires de ce dernier au soir du premier tour, « un état d’exaspération » et « le sentiment d’être entrés dans un état d’urgence écologique, sociale ».

NE PAS DEBATTRE : L’erreur est de tenter de répondre au RN, comme le font certains politiques, économistes, éditorialistes ou même certaines associations intersyndicales, en l’attaquant sur son programme économique pour en conclure que celui-ci « est irrationnel ». Ce qui signifie que les programmes des autres grands partis, dont « La République En Marche », ne méritant pas une telle vigilance, ne le seraient donc pas, « irrationnels » ? Or – et c’est sans doute une nouvelle erreur de M. Macron, qui, comme en 2017, a à nouveau accepté de débattre avec Marine Le Pen mercredi soir 20 avril  – on ne débat pas avec l’irrationnel. Les électeurs de Le Pen n’ont pas voté pour un programme — quel programme ? On ne répond pas à quelqu’un qui vous insulte parce que votre voiture ne redémarre pas au feu vert : il n’y a pas à argumenter. Le programme du RN (ex-FN), c’est : « vous avez peur, vous avez raison d’avoir peur, on vous comprend, voici les bouc-émissaires ». Qui peut argumenter contre cela ? Tenter de démonter le programme du RN, c’est le faire entrer dans le champ du vrai et du discutable (1). 

La seule chose que l’on peut faire contre l’irrationnel, c’est de rappeler [à l’instar d’un ancien président de la république française] que chaque fois que l’extrême-droite a eu le pouvoir, “ça s’est très très très mal terminé ». Et d’ailleurs, qui voudrait d’un « ordre nouveau » basé sur l’active mise au ban de la société d’un groupe qui ne met pas en danger la santé ou la paix publique ?

BANALITÉ DU MAL
“Mais ce n’est pas pareil, mais ce n’est pas si grave, « elle n’est pas comme son père », « elle n’est pas vraiment dangereuse…” Or, c’est exactement pareil. 

Ne nous laissons pas tromper par la candidature radicale d’Eric Zemmour qui a fait apparaître Marine Le Pen, par contraste, comme « recentrée », tandis qu’elle a « lissé » son image, laissant tomber toute agressivité, privilégiant le pouvoir d’achat, ce qui fait passer au second plan ses propositions, pourtant inchangées, contre l’immigration et l’islamisme. Ne nous laissons pas non plus tromper par le tour de passe passe qui consiste, pour Marine Le Pen, à effacer son nom et même son prénom de ses affiches électorales, comme pour mieux se débarrasser de son héritage politique estimé encombrant, qui avait fait de son prénom une marque aussi célèbre que « frigidaire ».

Sinon, qu’est-ce que vous croyez ? Que Hitler a dit “je veux être dictateur et tuer des millions de personnes”, et que 37% des Allemands ont voté pour lui ? NON. Hitler, orateur de génie, s’était présenté « en tant que chrétien », dans son discours du 12 avril 1922, à Munich : « En tant que chrétien, mon sentiment me désigne mon Seigneur et mon Sauveur comme un combattant (…) En tant que chrétien, (…) j’ai le devoir d’être un combattant pour la vérité et la justice. (…) en tant que chrétien, j’ai aussi un devoir envers mon peuple ». 

En 2011, quand Mme Le Pen affirmait que « nos compatriotes juifs n’ont rien à craindre du Front national, bien au contraire”, à l’instar d’un dirigeant FN qui se voulait rassurant en 2002, en déclarant que  “Zidane n’a rien à craindre”, l’un et l’autre sous-entendent clairement que d’autres personnes ont quelque chose à craindre. Et aujourd’hui quand le chef de l’opposition RN d’un conseil municipal dit « Non, nous, on ne veut pas emmerder les musulmans », il sous-entend que d’autres seront « emmerdés ».

Et il est aisé de comprendre « que créer une différence de droit, donner des droits supplémentaires en fonction de la nationalité », comme le veut Mme Le Pen, est une façon de dire que certains seraient « plus égaux que d’autres ». Mais où commence « la différence de droit » et où s’arrête-t-elle ? La « priorité nationale », au coeur du programme RN, est-elle « christiano », « biblico », ou « évangélico-compatible », si l’on relit Jacques 2v1, qui exhorte ceux qui croient en Jésus-Christ de « ne pas faire de différences entre les gens », vu que Dieu Lui-même n’en fait pas (Deut.10v17-19) ?

D’autres disent : « Le RN, on n’a jamais essayé ».  En réalité, il est possible de voir ce que cela donne dans les municipalités RN et affiliées. 

Quant à ceux qui disent que l’on risque “d’avoir Le Pen pour cinq ans”, quelle belle naïveté ! Il n’y a pas la moindre raison pour qu’un parti autoritaire s’arrête en si bon chemin, surtout quand la réalité de son projet politique est connue.

En fin de compte, quoi faire ? Pour ma part, pour des raisons bibliques, je reste convaincu qu’il est impossible pour un chrétien de voter RN et Marine Le Pen, parce que l’accueil de l’étranger est une préoccupation transversale de l’Ancien Testament et parce que la non stigmatisation des personnes (ou des groupes de personnes) est une préoccupation permanente du Nouveau Testament. Ainsi, par exemple, comme le souligne ce commentaire d’Erri de Lucca de la généalogie de Jésus-Christ en Matt.1« le Messie qui contient en lui les semences et la concorde de peuples hostiles se déclare ainsi loin de toute pureté de sang. Dans ce message d’accueil, le Nouveau Testament colle à l’Ancien et honore notamment Tamar et Ruth, filles de l’étranger, en les nommant à l’entrée de sa maison ». (Voir notre article à ce sujet).  

Alors oui, Macron est objectivement (et explicitement) le candidat de «Mammon», ce qui a le mérite d’être clair [n’oublions toutefois pas son « quoiqu’il en coûte » du confinement 1.0 et sa reconnaissance de ce qui est « une folie »], tandis que Le Pen avance masquée, tout en séduction, alors que la réalité est autre. Mais plus largement, la vraie question est celle-ci : quelle société voulons-nous laisser à nos enfants ? Souhaitons-nous les voir grandir dans une société fermée, marquée par la peur et la haine de l’autre ? Une société marquée par un « ordre social satanique et diabolique », fondé sur l’accusation, la division et le mensonge ?

Que vaut-il mieux ? 

Pouvoir combattre certaines idées d’Emmanuel Macron ou subir l’idéologie frontiste ?

N’oublions pas que si vous estimez qu’il y a du rédhibitoire – et même du « gravement rédhibitoire », pour reprendre la formule d’un catholique naturaliste blogueur – dans chacun des deux candidats finalistes, n’oubliez pas d’inclure, parmi lesdits candidats, « monsieur Blanc » et « madame Abstention ».

Nous seuls pouvons répondre. Le mieux qui nous reste à faire, sachant que le vote est une question de choix personnel et responsable, est de 1) refuser la polarisation, les discours partisans et clivants, pour nous encourager à veiller à l’unité en Jésus-Christ 2) « lever le nez » des discours et des unes haineuses de certains périodiques brandissant la peur de « l’invasion migratoire » et du « grand remplacement » pour mieux se replonger dans les Ecritures, Parole de Dieu, 3) prier et 4) chercher à exercer notre discernement, le tout dans l’humilité.

D’après http://rdereel.free.fr/NON.pdf

Lire une réponse alternative ici.

Notes :

(1) Banaliser les discours de l’extrême droite est la meilleure façon de faire gagner Marine Le Pen. La recherche en psychologie sociale suggère que, pour la contrer, il faut cesser de reprendre ses thèmes. Lorsque nous voyons un(e) responsable politique donner de l’importance aux idées de Marine Le Pen, cela nous renseigne inconsciemment sur ce qu’il est légitime de faire. À long terme, la reprise des idées de Marine Le Pen ne sert pas celui/celle qui les reprend, mais favorise la prolifération de ces idées… et, au final, Marine Le Pen.  En donnant de l’importance à Marine Le Pen, en dialoguant avec elle, on la pose comme un interlocuteur respectable. Ce faisant, on légitime ses idées. Ce comportement, le fait simplement d’être en face d’elle dans une émission télévisée, est beaucoup plus parlant que n’importe quel discours. Parler à Marine Le Pen pour attaquer ses idées, c’est d’abord reconnaître que c’est un adversaire valable. Le Président Chirac l’avait bien compris, lui qui avait refusé un débat télévisé entre les deux tours de l’élection de 2002.

Que choisir : Notre environnement ou notre économie ?

La pollution et la mort de l’homme : un « classique » qui garde toute sa pertinence et son actualité, 40 ans après…

 « Si vous pensez vraiment que notre environnement est moins important que notre économie, essayez juste d’arrêter de respirer le temps que vous comptiez votre argent ». Guy McPherson (1)

A lire : « la pollution et la mort de l’homme », notre recension du livre de Francis Schaeffer

Et « pourquoi je crains le réchauffement climatique », une analyse de Charles Eisenstein, philosophe américain et conférencier, dont les travaux couvrent un large éventail de sujets, de l’histoire de la civilisation humain à l’économie du don, en passant par l’écologie.

Initialement paru le 16/06/2021

Note :

(1) Guy Mc Pherson (né en 1960) est un ancien professeur d’université d’écologie. Il a quitté le monde de la recherche universitaire, et la vie dans la société américaine pour exploiter, conformément à ses valeurs,  une ferme écologique, changement  qu’il a décrit dans un livre, ‘Walk away from the Empire‘ et dans son blog.  Le livre ‘Going dark’ expose ses inquiétudes pour la Planète. Aujourd’hui, il expérimente personnellement un mode de vie écologique. Il élève des chèvres et  cultive son jardin. Ses recherches l’ont mené à prendre très au sérieux la vitesse à laquelle les espèces vivantes disparaissent aujourd’hui et le changement climatique (Source : Le Temps.ch)

En quelques mots : l’abus

L’abus peut être de multiples natures (sexuel, moral ou/et spirituel), mais il a pour point commun « un détournement » de ce qui n’était pas mauvais au départ, soit un rapport de domination qui s’est mis en place et qui ne saurait correspondre aux relations telles que Dieu les a imaginées pour nous.

Une vidéo Libérer! pour découvrir ce qui se passe quand personne n’est à sa juste place ou quand quelqu’un a pris « la place de… ».

Depuis 2008, Libérer! propose une excellente formation certifiante à l’accompagnement spirituel, qui inclue la relation d’aide, la prière de guérison et la délivrance. Avec les Eglises protestante unies du Marais et de Belleville, à Paris.

Plus d’infos sur le ministère Libérer! et ses formations. Prochainement, dans plusieurs lieux en France, en Suisse et à l’Île Maurice, il sera possible de suivre les 1,2,3 avril 2022 une formation Libérer!1 dite hybride, au sens où l’enseignement sera reçu en direct par internet dans les différents lieux où il sera diffusé, et les temps d’appropriation et de prière seront vécus de façon unique et originale dans chaque lieu relai. Préinscription ici.

Quand il faut un scandale et une crise pour comprendre enfin « ce qui est une folie »

Quand il faut attendre une crise pour comprendre enfin qu' »il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché » (Source image : public domain pictures)

« J’écoute ce que dit Dieu, le SEIGNEUR ; il dit : « Paix », pour son peuple et pour ses fidèles, mais qu’ils ne reviennent pas à leur folie ». (Psaume 85v9)

« Incroyable mais vrai » : il faut des grèves pour rendre visibles celles et ceux qui sont indispensables à la société, ceux-là même qui sont accusés de bien des maux : « de paralyser le pays », « de défendre égoïstement leurs acquis », et même, selon un certain magazine, « de haïr le travail » (1). 

Il faut aussi un scandale pour envisager une remise en cause du modèle lucratif des EHPAD (2)…. Et une crise sanitaire pour prendre enfin conscience « qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché », et que « déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d’autres est une folie« .

Aussi inouï que cela puisse paraître, celui qui a fait un tel constat devant tous à la télévision (3) le 12 mars 2020, avant l’annonce du confinement 1.0, est le Président Macron lui-même en personne, pourtant « leader of the free markets » (et donc du « moins d’Etat » possible), pour lequel « There’s no other choice », et qui confiait encore à « Forbes »(4) sa volonté de voir la France ouverte à « la disruption et aux nouveaux modèles » (« I want my country to be open to disruption and to these new models ». Disruption : de « disrupter », « casser ce qui existe et faire un saut dans le vide »).

Relisons donc cette fameuse allocution télévisée, laquelle est tout un programme : 

« Mes chers compatriotes, il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, interroger les faiblesses de nos démocraties. Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre Etat-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d’autres est une folie. Nous devons en reprendre le contrôle, construire plus encore que nous ne le faisons déjà une France, une Europe souveraine, une France et une Europe qui tiennent fermement leur destin en main. Les prochaines semaines et les prochains mois nécessiteront des décisions de rupture en ce sens. Je les assumerai.

Mais le temps, aujourd’hui, est à la protection de nos concitoyens et à la cohésion de la Nation. Le temps est à cette union sacrée qui consiste à suivre tous ensemble un même chemin, à ne céder à aucune panique, aucune peur, aucune facilité, mais à retrouver cette force d’âme qui est la nôtre et qui a permis à notre peuple de surmonter tant de crises à travers l’histoire.

La France unie, c’est notre meilleur atout dans la période troublée que nous traversons. Nous tiendrons tous ensemble »(5). [Ce qui exclue donc tous les pseudo-programmes se résumant à « vous avez peur ? Vous avez raison d’avoir peur, on vous comprend, voici les bouc-émissaires », et contre lequel il est vain de tenter d’argumenter. Tenter de démonter un tel « programme », c’est le faire entrer dans le champ du vrai et du discutable. La seule chose qu’on peut faire contre l’irrationnel, c’est rappeler que chaque fois que les promoteurs d’un tel « programme » ont eu le pouvoir, “ça s’est très très très mal terminé ».]

Ce qui est ici « inédit et potentiellement historique », avec cette pandémie, « c’est que la plupart des gouvernements ont choisi d’arrêter l’économie pour sauver des vies », souligne l’historien des sciences Jean-Baptiste Fressoz dans un entretien pour Bastamag (6). « C’est une excellente nouvelle. Le Covid-19 crée ainsi un précédent : si on a pu arrêter l’économie pour sauver 200 000 personnes en France, pourquoi ne ferait-on pas demain le nécessaire pour prévenir les cancers et les 40 000 morts prématurés par an dues à la pollution ? ». Et même plus encore ?

Prions ensemble pour que ce qui est reconnu « comme une folie » le soit encore – et de façon manifeste pour tous – de sorte que le Seigneur fasse don de repentance, pour agir en toute sagesse et intelligence, pour le bien de tous, sans regret.

Les chrétiens, « petits Christs », appelés « à intercéder pour la nation », particulièrement « en cette période de campagne présidentielle », croient normalement que « Jésus est le frère de tous les hommes, et spécialement des pauvres. C’est lui que nous voyons avoir faim, être nu, étranger, prisonnier ou malade »[cf Matt.25v35-36].

Ils croient donc « que celui qui juge, humilie ou calomnie, juge, humilie, calomnie Jésus-Christ, car tout homme a le visage du Christ ».

Ils croient donc « que Jésus-Christ, par sa vie et ses paroles, nous dit qui est l’homme » et que « nous avons à faire nôtres les choix qu’il a faits : faire passer les personnes avant les richesses, la liberté avant la tranquillité, la vérité avant la propre opinion, le respect des autres avant l’efficacité, l’amour avant la loi ».

Plus encore, ils croient que « Jésus-Christ ressuscité nous donne l’Esprit de Dieu (…) que l’Esprit est esprit de liberté, esprit de tolérance, esprit de justice, esprit de paix. Il accueille au lieu de d’exclure. Il respecte au lieu de condamner. Il ouvre les portes et ne les ferme jamais »Ils croient « que son espérance est plus forte que tous les désespoirs. AMEN » (Extrait de la confession de foi de Barmen, d’après la Déclaration du Synode Confessant de Barmen, 31 mai 1934). 

Notes :

(1) cf https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2019/12/20/quand-la-greve-rend-visibles-celles-et-ceux-qui-sont-indispensables-a-la-societe/

(2) https://www.latribune.fr/economie/france/le-modele-lucratif-des-ehpad-sur-la-sellette-903493.html et https://www.lemonde.fr/scandale-orpea/article/2022/02/10/apres-l-affaire-orpea-le-modele-des-ehpad-prives-lucratifs-remis-en-cause_6113073_6113065.html

(3) https://www.vie-publique.fr/discours/273869-emmanuel-macron-12032020-coronavirus

(4) https://pepscafeleblogue.files.wordpress.com/2018/05/no-alternative.jpg

(5) https://www.vie-publique.fr/discours/273869-emmanuel-macron-12032020-coronavirus

(6) https://www.bastamag.net/mondialisation-covid19-effondrement-virus-collapse-transition-relocalisation