La question « théo » du mois : Dieu va-t-il détruire la Terre lors du retour de Jésus-Christ ?

Nommez ces marques ; nommez ces plantes (Source : Adbusters)

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de proposer ce test « nommez ces logos, nommez ces plantes » à trois leaders d’église évangélique, respectivement âgés de la vingtaine, 30 et 50 ans. Evidemment, si les trois ont su rapidement (en quelques secondes) nommer les marques, ils ont eu quelques difficultés pour nommer ne serait-ce qu’un quart des plantes. Mais le plus éloquent a été leur incapacité unanime d’en tirer des conclusions théologiques, sociologiques et pratiques (en gros, ils « ne voyaient pas le problème », « n’y pouvant de toute façon rien »), estimant les enjeux écologiques « secondaires »….Ils ne sont sans doute pas les seuls parmi les chrétiens évangéliques.

Pour nous aider à discerner la portée de cet enjeu, voici une question « théo » posée sur le site « 1001 questions » : « lors du retour du Seigneur, la Terre sera-t-elle régénérée ou bien complètement détruite, puis remplacée par la Jérusalem céleste ? »

Comme l’explique le répondant, « certains passages de l’Ecriture abordant la fin des temps décrivent une sorte de destruction totale, effectivement, comme dans la 2e lettre de Pierre, au chapitre 3, qui rappelle le précédent du déluge. Mais ce qui disparaîtra, est-il précisé au v.10, ce sont les éléments célestes (les astres etc), qui désignent, dans ce langage codé qu’est le style dit « apocalyptique », l’ordre actuel du monde. Les astres y figurent les puissances spirituelles qui prétendent le régenter à la place de Dieu (comparer avec Marc 13,24-25). La Terre et ce qu’elle contient sera, pour sa part, jugée, toujours selon le même verset. Ce passage de l’épître (de Pierre) se termine par le célèbre « nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera », au v 13.

L’adjectif utilisé dans le texte grec original pour « nouveau » est kainos, ce qui est « renouvelé », et non neos, ce qui est neuf, au sens d’inédit. Autrement dit, ce n’est pas un autre monde que le Seigneur prépare par son règne à venir, c’est ce monde abîmé, blessé, en souffrance, marqué par le mal et la mort, mais qu’il vient totalement relever, purifier, transformer, délivrer (1)…..Le jugement du monde ancien est intervenu à Golgotha, à la mort de Jésus[…..] et la nouvelle création a commencé le 3e jour après, au matin de sa Résurrection ».

De fait, loin d’être « secondaire », cette question est en réalité très pertinente, entraînant une réponse aux conséquences pratiques très importantes, comme nous pouvons le constater en lisant la suite de l’explication du répondant sur 1001 questions.
Note : 
(1) Nous retrouvons la même idée dans « Dieu, l’écologie et moi » de Dave Bookless, directeur théologique d’A Rocha, selon laquelle, à la fin des temps, Dieu ne va pas détruire ou anéantir la terre, mais qu’il va plutôt la renouveler et la purifier. De telles convictions biblico-théologiques entraînent certaines conséquences en rapport avec la formation de disciple, la louange, le style de vie et la mission.

 

« Madame la Pasteure, un prêche humoristique » : bientôt au Salon de l’Education chrétienne

« Peut-on faire rire en parlant de Dieu, de la vie et de la mort ? »

Madame la Pasteure se retrouve seule à un service funèbre. Et si Eve revenait sur terre voir ce que nous sommes devenus ? Et si Marie était enceinte aujourd’hui ? Quel épisode de l’Ancien Testament se prêterait le mieux pour une télé-réalité ? Découvrez le dialogue émanant de la rencontre avec un jeune, croyant aux extra-terrestres. Et si une conseillère en marketing athée allait au paradis rencontrer Dieu pour lui proposer de rendre son message….plus attractif et lucratif ?

A l’occasion du 8e Salon de l’Education Chrétienne, qui aura lieu prochainement en région parisienne, retrouvez le spectacle unique et original de « Madame la Pasteure », un prêche humoristique et « one woman show » de Françoise Dorier, laquelle – ce n’est pas un gag – est vraiment pasteure « dans la vraie vie » ! (1)

Destiné à tous les publics, croyants ou non, dès 10 ans jusqu’à 90 ans, il met en scène des personnages et événements de l’Ancien et du Nouveau Testament, transposés dans le cadre des années 2010 ! Peut-on faire rire en parlant de Dieu, de la vie et de la mort ? Venez voir par vous-même le vendredi soir 12 avril !

 

Plus d’infos ici.

Inscription gratuite (libre PAF) et obligatoire avant le 08 avril.

 

 

Note : 

(1) https://regardsprotestants.com/culture/francoise-dorier-du-stand-up-pastoral et https://www.la-croix.com/Religion/Protestantisme/Francoise-Dorier-profession-pasteure-humoriste-2018-03-28-1200927377

 

 

 

 

 

Qu’est-ce qui fait autorité dans ta vie : Les Ecritures ou les commentaires ?

« Une bonne herméneutique exige une attitude d’humilité. Cela comprend non seulement l’humilité d’apprendre des autres, mais de façon plus significative, l’humilité de se soumettre au jugement de la Parole que l’on interprète… »

« Et ainsi vous avez annulé la Parole de Dieu au nom de votre tradition. »(Le Seigneur Jésus. Matt.15v6)

Une question révélatrice tient à ce qui fait autorité dans ma vie.

Ainsi, les chrétiens protestants évangéliques sont censés connaître (et vivre) ce principe scripturaire des protestants – « sola scriptura » (L’Ecriture seule) – qui marque la réflexion et les écrits protestants. Ainsi, par exemple, l’introduction de la « Formule de Concorde » (1577, publiée dans le « Livre de Concorde » en 1580) affirme la confession suivante : « Nous croyons, enseignons et confessons que les livres prophétiques et apostoliques de l’Ancien et du Nouveau Testament constituent la seule règle ou norme selon laquelle toutes les doctrines et tous les docteurs doivent être appréciés et jugés. »

A ce stade, le lecteur sera peut-être surpris d’apprendre que certains, au sein du protestantisme évangélique, formulent l’objection suivante : « la Loi Ecrite, d’accord. Et la loi orale ? »

Objection sous-entendant la question suivante, à la manière de nos amis Juifs : « Dieu a-t-il aussi donné à Moïse une Loi Orale qui interprète la Loi Ecrite ? »

Dit autrement encore : « est-il impossible de comprendre les Ecritures ou d’accomplir la loi (écrite) de Dieu sans les traditions orales – ou les commentaires, « les écrits de nos illustres devanciers » ?

A ce sujet, dans le cadre d’une édifiante discussion sur un forum de discussion juif messianique, une internaute relève que « le Judaïsme Rabbinique croit que Dieu a donné à Moïse une Loi Ecrite (trouvée dans la Torah, les cinq livres de Moïse). Mais il est aussi affirmé que la plupart des commandements sont exprimés succinctement, qu’il s’agit de déclarations générales, un peu comme les titres de chapitre dans un livre. On doit les interpréter. Il faut les développer et les expliquer. Donc, selon la croyance traditionnelle, Dieu a aussi donné à Moïse une Loi Orale qui interprète la Loi Ecrite. Moïse l’a ensuite transmise à Josué, qui à son tour, l’a transmise ensuite aux 70 anciens qui dirigeaient dans sa génération, qui l’ont transmise aux prophètes des générations suivantes.

Et ainsi de suite, mais avec un grand nombre d’ajouts. C’est pourquoi les rabbins enseignent que la Loi Orale ne cesse de s’accroître, puisqu’à chaque génération, de nouvelles traditions se sont développées et de nouvelles situations se sont présentées qui nécessitaient de nouvelles applications de la Loi.

Deux siècles après l’ère de Jésus-Christ, la Loi Orale était si volumineuse et complexe qu’il fallut l’écrire pour qu’elle ne se perde pas. Ceci devint la Mishnah, qui fut étendue en ce qui est maintenant connu comme le Talmud dans les siècles suivants. Après cela, selon les croyances rabbiniques, ceux qui étudiaient le Talmud continuèrent à développer et transmettre la Loi Orale à chaque génération suivante.

Tout juif religieux croit de tout son coeur qu’il est impossible de comprendre les Ecritures ou d’accomplir la loi de Dieu sans les traditions orales.

Le problème est que : 

– Le Talmud s’arrogent une autorité que les Ecritures ne leur ont jamais donnée.
– Le Talmud place la voix du raisonnement terrestre sur un niveau supérieur à la voix prophétique du Ciel.
– Le Talmud contredit la signification évidente des Ecritures.
– Le Talmud à certains moments contredit même la Voix de Dieu.
– Il n’y a pas d’évidence biblique d’une chaîne ininterrompue de traditions et de nombreuses évidences qui l’a contredise.

La question que chaque juif honnête [mais aussi tout chrétien] doit se poser est : « et si la Bible dit une chose et mes traditions une autre ? Suivrai-je Dieu, ou suivrai-je les hommes ? »

Néanmoins, faut-il cesser d’interpréter ?

Un premier danger serait de prendre l’interprétation biblique comme une fin en soi et d’oublier que « nous ne sommes pas là d’abord pour faire des interprétations » mais « avant tout (pour) approfondir notre relation au Dieu vivant révélé en Jésus-Christ ». De fait, « si les interprétations que je lis ne me semblent pas renvoyer à un approfondissement de ma relation au Christ mais que, par exemple, elles cherchent à défendre une idéologie ou à faire admirer l’intelligence de l’interprète », mieux vaut alors prier, reprendre le texte et alors, proposer une interprétation plus personnelle, par laquelle je peux mieux connaître le Seigneur et son amour.

Un autre danger, selon Bob Utley, professeur d’herméneutique, serait d’abandonner la tâche de l’interprétation Biblique « aux experts privilégiés, hautement qualifiés », en mettant une grande confiance dans nos techniques, principes herméneutiques et procédures d’exégèse, aussi excellents soient-ils, alors que « la foi n’offre pas de raccourcis à une lecture responsable de la Bible » : « Ce que nous avons fait avec les principes de l’interprétation ressemble à (1) ce que les Juifs ont fait avec leurs experts de la Loi, les scribes; (2) ce que les Gnostiques ont fait avec leur insistance intellectuelle et leur savoir secret, dont ils étaient les seuls à dispenser; et (3) ce que l’Église Catholique du Moyen-Âge a fait avec la dichotomie clergé-laïcs, laquelle continue jusqu’à aujourd’hui. »

Or, rappelle-t-il, « aucun de nous ne peut éviter le travail d’interprétation. Chaque fois que nous écoutons quelqu’un parler, ou lorsque nous lisons ce que quelqu’un d’autre a écrit, nous interprétons ce qui est dit. Cela n’est pas différent de quand nous ouvrons personnellement la Bible. La question n’est pas de savoir si nous devons interpréter, mais plutôt si nous le faisons bien ou mal (…)L’humilité doit toujours accompagner nos interprétations. Une bonne herméneutique exige une attitude d’humilité. Cela comprend non seulement l’humilité d’apprendre des autres, mais de façon plus significative, l’humilité de se soumettre au jugement de la Parole que l’on interprète. Bien que la tâche de l’interprète nécessite étude et jugement, sa tâche ultime consiste à laisser la Parole qu’il étudie lui confronter et l’amener à l’obéissance….. »

Karsten Lehmkühler, professeur de théologie systématique, ne le dit pas autrement : « Avant d’être un objet de connaissance et de recherche, la Parole est un sujet agissant. Elle examine avant d’être examinée, elle nous interprète avant d’être interprétée. Cette perspective inclut le caractère du don : la parole est avant tout une grâce, un don qui ne demande point d’œuvres de notre part. Cette efficience ne saurait dépendre de nos œuvres, … pas même de nos œuvres herméneutiques. La Bible est avant tout un sujet agissant qui nous interroge, interpelle, console ; c’est par elle que Dieu nous fait découvrir nos limites, donne naissance à la foi et nous oriente dans nos choix de vie ».

 

 

Prochainement à Paris : le 8ème Salon de l’Education chrétienne (12-13 avril 2019)

« Eduquer à la paix : quelles alternatives ? » sera le prochain thème du 8ème Salon de l’Education chrétienne (12-13 avril 2019)

Bientôt sur Paris : la 8e édition du Salon de l’Education chrétienne !

Vous êtes chaleureusement invités.

Depuis 10 ans, l’association « Dessine-moi une école » organise cet événement interdénominationnel en région parisienne. Il est pour tous ceux et celles qui ont ou auront une responsabilité éducative au sein de la Famille, l’Ecole ou l’Eglise, et aura lieu les 12 et 13 avril 2019 à Clichy-sous-bois (93).

Comme chaque année, pour vous servir, plénières et ateliers avec des intervenants de qualité, animations enfants, exposants et soirée artistique d’ouverture, avec un « one woman show » humoristique de « Madame la Pasteure » à destination des jeunes et des moins jeunes. Une belle occasion de rencontrer des acteurs de l’éducation et de l’instruction, comme de réfléchir et de nous entretenir ensemble, dans la convivialité et la simplicité, sur des enjeux éducatifs.

Plénières et ateliers avec des intervenants de qualité, animations enfants, exposants et « one woman show » humoristique de « Madame la Pasteure » à destination des jeunes et des moins jeunes.

A noter le thème de cette 8ème édition, toujours pertinent mais qui garde toute son actualité : « Eduquer à la paix : quelles alternatives ? » (En savoir plus  sur le site du Salon de l’Education chrétienne)

 

Cet événement est gratuit (participation libre) et nous espérons sincèrement vous y (re)voir ! Invitez vos amis !

(Inscriptions obligatoires avant le 8 Avril)

 

A très bientôt, l’équipe « Dessine-moi une école » (ADMUE)*

* L’Association « Dessine-moi une école » (loi 1901 à but non lucratif et apolitique) a pour buts de 1/ promouvoir l’éducation et de l’instruction de personnes notamment par le biais de salons, conférences, formations ; 2/ créer, gérer des établissements scolaires et soutenir la création d’autres établissements de même type.
Elle est membre de la Fédération Protestante de France(FPF).

« Inculture au poing » : Qu’est-ce que la Bible ? Un moyen de grâce

La Bible est « un moyen de grâce », « dans la logique de l’incarnation ; « un moyen terrestre, de notre réalité ici-bas par lequel Dieu lui-même agit » (Source : Rawpixel)

« Qu’est-ce que la Bible, et comment comprendre sa nature spécifique qui, selon les confessions chrétiennes, lui donne un rôle unique parmi tous les autres livres ? » questionne Karsten Lehmkühler, professeur de théologie systématique à la Faculté de théologie protestante (Strasbourg), lors du 4ème Forum annuel des Attestants qui s’est déroulé à Paris, le 2 février 2018, sur le thème : Qui parle ? Quand nous lisons la Bible… « Pour (nous permettre d’)avancer », il nous pose « une autre question, plus facile peut-être : dans une dogmatique chrétienne, où placer notre question, à savoir celle de la Parole de Dieu ? Dans les « prolégomènes » ? dans la pneumatologie ?

Les prolégomènes traitent des méthodes de la dogmatique. Ils présentent l’Écriture Sainte comme critère de la dogmatique, étudient la relation Parole-Écriture et proposent une réflexion herméneutique.

La pneumatologie parle de l’Esprit Saint comme un sujet agissant qui opère ses œuvres dans le croyant.

Si nous plaçons la réflexion sur la Bible dans le cadre de la pneumatologie, nous indiquons toute de suite que la Bible est un moyen par lequel l’Esprit de Dieu s’exprime. Les anciens dogmaticiens parlaient à cet endroit de certains moyens de l’Esprit : les moyens de grâce »

Une telle expression ne se trouve pas dans la Bible mais, précise Jean-Philippe Bru, professeur-coordinateur de théologie pratique à la Faculté Jean Calvin (Aix-en-Provence), « elle est utilisée pour désigner les moyens extérieurs (« humainement perceptible ») que Dieu a choisis pour communiquer sa grâce à son peuple ». Et « bien qu’une définition large puisse inclure des moyens comme l’Église, la prière ou la communion fraternelle, la définition traditionnelle en limite le nombre à trois : la Parole et les sacrements (c’est-à-dire le baptême et la cène). Cette définition stricte fait une distinction entre « moyen » de grâce et « fruit » de la grâce ». En effet, « bien que Dieu puisse se servir de la prière et de la communion fraternelle pour nous fortifier, elles sont d’abord des fruits de la grâce, alors que la Parole et les sacrements sont d’abord des moyens par lesquels Dieu fortifie son peuple ». Une distinction pertinente, vu que, selon Jean-Philippe Bru,« chez les évangéliques, ce n’est pas le sacramentalisme qui menace la suffisance des moyens de grâce, mais une certaine confusion entre les moyens de grâce et les fruits de la grâce »

D’autre part, souligne Karsten Lehmkühler, ces « moyens de grâce que sont la Parole et les sacrements peuvent même devenir les notions clé dans la définition de l’Église, laquelle Eglise, selon l’article 7 de la Confession d’Augsbourg « est l’assemblée des saints, dans laquelle l’Évangile est enseigné dans sa pureté et les sacrements sont administrés dans les règles.» 

Un tel « moyen de grâce » est toujours une donnée de ce monde, accessible pour nos sens, comme l’eau du baptême ou le pain et le vin de la Sainte cène. Ainsi, les théologies luthérienne et calvinienne soulignent (toutes deux !) que dans le sacrement, une réalité corporelle devient véhicule d’une réalité spirituelle, à savoir porteuse de salut offert par Dieu. Les données de la création sont ainsi valorisées : la matière physique est nécessaire pour pouvoir célébrer le sacrement, puisque ce sont la matière (elementum) et une parole divine (verbum) qui se marient et qui constituent le sacrement : « Sacramentum est invisibilis gratiae visibilis forma », le sacrement est la forme visible d’une grâce invisible. Il en va de même pour la Bible comme Parole de Dieu : il s’agit d’un moyen de notre monde ici-bas, relevant du concret (un texte, un livre, et surtout une voix humaine qui lit ce texte ou qui fait une prédication sur ce texte : « viva vox »). C’est donc un moyen terrestre, de notre réalité ici-bas par lequel Dieu lui-même agit.

Ainsi la Parole de Dieu peut être comparée à l’incarnation et aussi aux sacrements. On pourrait parler ici d’une logique de l’incarnation : Dieu assume la concrétude du monde créé ; il s’en sert pour entrer en relation avec nous ».

Question subsidiaire : si la Bible est « un moyen de grâce, dans la logique de l’incarnation », est-il cohérent et pertinent de la lire sur téléphone/en ligne, pratique dématérialisée et désincarnée s’il en est ? 😉

A vous la parole !

 

« De qui est cette effigie ? » (2)

Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre ! » Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. Dieu les bénit et Dieu leur dit : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre ! »  (Gen.1v26-28)

« L’image de ce que (l’homme) est, et de ce qu’il représente doit décider de sa destinée. Il a été créé à l’image de Dieu et lui appartient. Il a été créé pour prier Dieu », publions-nous ici-même la semaine précédente. Mais quel rapport entre le fait de « représenter Dieu » et la prière, nous demandions-nous ?

Selon Andrew Murray, la prière fait partie intégrante de cette merveilleuse ressemblance d’origine divine et est à l’image et la ressemblance (1) terrestre de la communion qui existe entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit (2).

Plus nous méditons sur ce que représente la prière, plus nous méditons sur sa merveilleuse puissance auprès de Dieu, plus nous sommes portés à nous demander ce que l’homme est en réalité. Qui est l’homme pour que Dieu lui accorde une telle influence auprès de Lui au ciel ? Le péché nous a tellement avilis que nous n’avons plus la moindre notion de ce que nous sommes vraiment ou de ce que nous devrions être. Nous devons nous tourner vers le récit de Dieu sur la création de l’homme pour découvrir le but véritable de la création. C’est dans Genèse aussi que nous retrouvons les qualités dont Dieu a revêtu sa créature pour lui permettre d’atteindre le but fixé par lui.

La destinée de l’homme a été clairement établie par Dieu dès l’instant de la création. Sa destinée était de peupler la terre et d’établir sa domination sur tout ce qui existe sur la planète. Ces expressions nous démontrent que la destinée de l’homme était de représenter Dieu et de gouverner le monde entier. L’homme devait agir [au nom de Dieu] en qualité de vice-roi (gouverneur). Etant lui-même soumis à Dieu, il devait garder toutes choses soumises à Dieu (….). La position que l’homme devait occuper et la puissance dont il devait disposer se devaient d’être à la mesure de sa destinée.

(….) L’homme, en qualité de représentant de Dieu, devait donc gouverner le monde. Tout aurait dû s’accomplir selon la volonté et l’autorité de l’homme. Suivants les conseils et les requêtes de l’être humain, le ciel aurait répandu de bien riches bénédictions sur la terre. La prière était le canal naturel, le moyen de communication direct, pour assurer et maintenir une relation constante entre le Roi dans les cieux et son fidèle serviteur (….). Les destinées de la terre étaient confiées aux désirs de l’homme et à sa volonté, par la puissance de la prière.

[L’homme devait donc gouverner la terre comme représentant de Dieu, agissant au Nom de Dieu et comme Dieu, mais pas sans Dieu, et non pas dans le but d’asservir/détruire la création]

Hélas ! Le péché a tout changé. La chute de l’homme a entraîné la malédiction de Dieu sur toute la création. Mais grâce à la rédemption, le début d’une glorieuse restauration de la dignité humaine a déjà pu se réaliser. C’est en considérant tous ces faits, que nous pouvons voir quelle puissance se dégage de la prière du fidèle serviteur de Dieu, une force assez puissante pour influencer les destinées de ceux qui entrent en contact avec le Seigneur. Nous pouvons le constater avec Abraham, lorsque Dieu a décidé de se former un peuple duquel seraient issus des rois (…..).

Voilà ce que devait être la destinée de l’homme, suivant les desseins de Dieu. En plus de nous révéler cette destinée, les Ecritures nous démontrent aussi comment Dieu avait pu confier à l’homme une œuvre aussi élevée, [en le créant] à sa propre image. Dieu n’avait pas imposé de décrets sans confier à l’homme une aptitude correspondant à ses lois [« Justice et droit », « bonté et fidélité » cf Ps.89v15]. Etre à l’image de Dieu et dominer (…) ne pouvait être possible pour l’homme à moins qu’il ne fut d’une essence compatible à celle Dieu. Il existait donc un accord et une harmonie internes entre Dieu et l’homme. Il y avait chez l’homme un début de ressemblance avec Dieu qui lui donnait une capacité réelle, une aptitude lui permettant de devenir le médiateur du monde devant Dieu. L’homme devait être prophète, sacrificateur et roi, pour interpréter la volonté de Dieu, pour représenter la nature dans ses besoins, pour recevoir et dispenser les richesses de Dieu. C’était sa ressemblance à Dieu qui rendait l’homme capable de porter la règle divine. Il ressemblait véritablement à Dieu ; il pouvait comprendre et interpréter ses plans, et il devait les accomplir. C’est pourquoi Dieu lui avait confié ce merveilleux privilège qui lui permettait de tout demander et de tout obtenir.

Le péché a « frustré » les plans de Dieu pour un certain temps, mais la prière est demeurée ce qu’elle était avant la chute de l’homme. La prière représente la preuve tangible de notre ressemblance à Dieu, elle reste le véhicule de notre communion avec l’infini et l’invisible (…). La prière n’est pas seulement un cri d’appel à la pitié, elle est la plus haute expression de l’homme conscient de ses origines divines, conscient d’avoir été créé pour exécuter les décisions de l’Eternel. La grâce a restauré ce que le péché a détruit. Ce que le premier Adam a perdu, le deuxième l’a reconquis. En Jésus-Christ, l’homme reprend sa première place, et l’Eglise qui demeure en Christ hérite de la promesse : demandez…et vous le verrez s’accomplir.

Une telle promesse ne peut en aucun cas servir premièrement à des fins personnelles. Elle s’adresse aux sarments qui portent du fruit (…) ceux qui demeurent en Christ (….), ceux qui ne vivent que pour l’œuvre et la gloire du Père. A tous ceux-là, il a été donné de comprendre comment la nouvelle naissance les a ramenés sur le chemin de leur destinée originale, et de comprendre aussi comment l’image de Dieu et sa ressemblance a été restaurée en eux (….).

Tout avait été confié à l’homme, parce qu’il avait été créé à l’image de Dieu sur la terre. Et tout est tombé avec lui dans sa chute : la création tout entière souffre et gémit…mais l’homme a été racheté, la restauration de sa première dignité a débuté. Et la grande pensée de Dieu, son but éternel et la venue du royaume [ou du règne de Dieu] dépendent de son peuple. Nous devons demeurer en Christ, prendre position en lui, le Souverain sacrificateur, et prier avec assurance devant Dieu. Effigie de Dieu, représentant (de) Dieu, l’homme racheté doit déterminer l’histoire de cette terre par ses prières. L’homme a été créé, il a été racheté pour prier et il doit dominer par la prière !(2)

 

Notes :

(1) Notons que Dieu souhaite au départ créer l’humain « à son image » et « selon sa ressemblance ». Cependant, il s’avère que l’homme n’est créé « qu’à l’image de Dieu », et non « à sa ressemblance ». (Gen.1v27). Que nous manque-t-il pour qu’à l’image s’ajoute la ressemblance ? Une réponse à ce manque se trouve en 1 Cor.15v45-49 : vivre en homme spirituel !

(2) D’après « De qui est l’effigie ? » IN Andrew Murray. Voici comment vous devez prier : méditations sur la prière. Distributions Évangéliques du Québec, 1982, pp 105-110.

 

 

 

De qui est cette effigie ?

De qui est ton effigie ? De la réponse à cette question dépend ta destinée ! (« Denier de Tibère », empereur romain à l’époque de Jésus)

« Ils lui présentèrent un denier. (Jésus) leur demanda : de qui sont cette effigie et cette inscription ? » (Matt.22v20)

« Puis Dieu dit : faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance » (Gen. 1v26)

« De qui est cette effigie ? »

C’est par cette question que Jésus réussit à déjouer ses ennemis qui voulaient le prendre en défaut. Il trancha ainsi la question du tribut à payer. Cette question et le principe qui en découle peuvent être appliqués d’une façon plus générale et universelle. Et nous pouvons l’appliquer encore davantage à l’homme lui-même.

L’image de ce qu’il est, et de ce qu’il représente doit décider de sa destinée. Il a été créé à l’image de Dieu et lui appartient. Il a été créé pour prier Dieu »(1).

Quel rapport entre le fait de « représenter Dieu » et la prière ? Nous le saurons mercredi prochain !

 

 

 

Note :

(1) « De qui est l’effigie ? » IN Andrew Murray. Voici comment vous devez prier : méditations sur la prière. Distributions Évangéliques du Québec, 1982, p 105.

 

L’action du mois : soyons « des hommes de la Parole et de parole » (2)

Il n’est jamais trop tôt pour devenir « un homme de la Parole » !

Cette « action du mois » est en réalité celle de toute l’année !

Chers frères, encourageons-nous encore, cette année, à être premièrement des hommes de la Parole, surtout quand il peut paraître anti-spectaculaire d’étudier, méditer et partager la Bible seul ou en groupe.

Puissions-nous déclarer, à l’instar d’Adolphe Monod(1802-1856), que toutes nos recherches et nos études, « soit de l’Ecriture, soit de notre propre cœur, et que toutes les discussions [sur les forums ou IRL] relatives à l’inspiration et l’autorité divine de la Parole de Dieu », n’auront fait que nous « confirmer dans la conviction inébranlable » que « quand l’Ecriture Sainte parle, c’est Dieu qui parle ! » [Et que Dieu ne cesse pas d’être Seigneur quand Il parle]

« Et que, quand elle proclame sa volonté, la voie du salut, les grandes doctrines du péché, de la grâce du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ce qu’elle nous dit n’est pas moins véritable et moins assuré que si le ciel s’ouvrait au-dessus de nos têtes en cet instant, et si la voix de Dieu retentissait comme autrefois en Sinaï, nous disant les mêmes choses »(1).

Jérémie disait : « J’ai recueilli tes paroles, et je les ai dévorées; Tes paroles ont fait la joie et l’allégresse de mon coeur; Car ton nom est invoqué sur moi, Éternel, Dieu des armées » (15v16)

Cette Parole de Dieu n’est pas inaccessible – ni trop haute dans le ciel, ni trop bas dans l’abîme – mais « elle est tout proche de nous, dans notre bouche et dans notre cœur, pour que nous la mettions en pratique » (Deut.30v11-14 et Rom.10v8).

De là, soyons aussi des hommes de parole et soyons de ceux qui ont la joie d’aller au bout – et d’achever – ce qu’ils ont commencé. Soyons des hommes à la ressemblance de Dieu, lequel, qui a constaté à chaque étape de Sa création que « c’était bon » (Gen.1v4, 10, 12, 18, 21, 25)et même « très bon » (v31) au final, « a achevé Son œuvre qu’Il avait faite au septième jour ». C’est ainsi qu’ll a pu « se reposer de toute Son œuvre qu’Il avait faite » (Gen.2v2-3).

Soyons confiants qu’Il est aussi puissant pour faire Son œuvre en nous, et qu’Il poursuivra et achèvera ce qu’Il a commencé en nous. Livrons-nous avec espérance à l’action de Sa puissance créatrice !

« Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour réfuter, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli, équipé pour toute oeuvre bonne » (2 Tim.3v16-17)

 

 

 

Note :

(1) D’après « L’Ecriture » d’Alfred Monod. Méditation datée du 10/01 et joyau découvert dans ce recueil de méditations journalières commencées depuis début janvier. Le recueil a pour auteur principal Louis-Michel Fillatre, et s’intitule « Une année de grâce » (éditions du Cèdre, 2016)

Comment bien terminer l’année : avec espérance !

« Soyons plein d’espérance ! »

« Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide… » (Hébr.6v19)

 

Chers lecteurs, je vous remercie pour votre fidélité et vous souhaite de passer une belle fin d’année 2018 pleine d’espérance. Je vous donne rendez-vous le 09 janvier 2019, pour les 6 ans du blogue…si le Seigneur n’est pas revenu d’ici là !

Profitez notamment de cette pause pour lire – ou relire – les textes suivants, en vous posant les questions essentielles :

Suis-je un « croyant » ? https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/03/02/en-ce-moment-jecoute-mon-ancre-et-ma-voile-de-david-durham/

Quel est mon regard sur la justice ?  https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2015/06/03/notre-regard-sur-la-justice-ou-le-conte-des-balances/

Est-ce que j’obéis immédiatement lorsque Dieu me demande quelque chose ? Est-ce que je mets tout mon zèle pour faire exactement ce qu’il demande ? Pour mieux y répondre, voir « Mission impossible pour Jonas », une étude biblique en deux temps, trois mouvements, qui nous parle du caractère universel de l’Evangile

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/06/20/mission-impossible-pour-jonas-lecture-suivie-1/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/06/22/mission-impossible-pour-jonas-lecture-suivie-2/

Et pour finir,

Une histoire connue, où il se passe des choses invraisemblables https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/04/04/peps-cafe-a-lu-une-tete-de-nuage-et-vu-son-auteur-erri-de-luca/

Une histoire vécue, aux allures de parabole moderne https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/12/20/la-carte-de-linconnu-celle-que-vous-navez-pas/

Un article disponible jusqu’au 07 janvier, à consulter (avec d’autres) sur le site de la revue Projet : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/12/12/lhumiliation-un-sentiment-trop-souvent-ignore/

 

Pour un Noël vraiment « joyeux » : laissons Dieu nous rejoindre

Dieu vient vers toi, en Jésus : sera-t-il chez lui chez toi ?

« Noël repose sur une conviction et non un anniversaire »(1), car il est certain que Jésus n’est pas né un 25 décembre. Certes, reprise d’une fête païenne (la fête de Mithra, la fête de la lumière et du soleil), Noël est bien une fête chrétienne, puisqu’elle célèbre l’incarnation de Dieu, « qui quitte sa zone de confort céleste » pour, non pas juste « passer la soirée » ou « le week-end » avec nous, mais pour habiter parmi nous (Matt.1v23, Jean 1v14).

Nous nous souvenons à cette occasion que Dieu nous a aimé le premier, en décidant de nous rejoindre en se faisant homme – et passant ainsi par toutes les étapes de la vie – naissance (non dans un palais mais dans une mangeoire – il a failli naître dehors ! cf Luc 2v7), enfance, vie adulte… pour venir rétablir la relation brisée par le péché. « C’est Dieu, qui en Christ, réconcilie le monde avec Lui-même » (2 Cor.5v19).

Alors, plutôt que de chercher à rejoindre Dieu, laissons donc Dieu nous rejoindre -et nous surprendre – en cette occasion festive. C’est ainsi que notre Noël célébré ensemble sera vraiment « joyeux » !

 

 

 

Note : 

(1) Voir sur ce « blog vraiment net ».