Quand l’esprit prophétique n’est pas celui de « madame soleil »

Les dessous de ces « prédictions » de presse souvent nébuleuses. Source image : public domain pictures

Le saviez-vous ? En 2020, comme chaque année, les prophètes américains de « la liste d’Elie » (« Elijah list »), qui se veulent influents, produisent fidèlement leurs bulletins prophétiques(sic) – aux accents de « madame Soleil » – pour la nouvelle année, lesquels sont toujours identiques, à savoir « prospérité pour le pays, beaucoup d’argent libéré par les cieux, du succès et de l’élargissement pour les Ministères ». Ce qui ne manque pas de sel vu la pandémie mondiale qui a suivi et que ces « prophètes » n’ont apparemment pas vu venir. On remarquera d’ailleurs que la préoccupation majeure de toutes ces prophéties américaines est l’argent, l’économie ou le succès du président [mais pas Obama ou Biden !].

Et puisque l’on parle de « madame Soleil », savez-vous, en cette période de « bonnes résolutions pour 2023 », comment sont faits les horoscopes « qui clignotent en kiosques et trustent les ventes des magazines entre décembre et janvier ? » Ils se trouvent en effet toujours des personnes empressées d’y trouver des « prédictions » pourtant souvent vagues et génériques sur leur semaine à venir. Qui écrit ces fameux horoscopes et comment sont-ils conçus ? Un édifiant et passionnant article à lire sur le site de « La revue des médias ».

Par contraste, la parole prophétique authentique, à mille lieux de « la prédiction de madame Soleil » annonçant fatalement un événement inéluctable (ou même « l’oracle » en mode « développement personnel »), est celle qui nous conduit à la repentance. C’est ainsi qu’elle nous édifie, instruit et encourage, en nous donnant les moyens de changer les choses. Et c’est parce qu’il sera authentiquement repentant au préalable que le prophète – qui écoute vraiment la Parole de Dieu et la met en pratique (Luc 11v28) – pourra être….authentiquement prophétique !

 A l’inverse, quand nous ne savons plus écouter comme écoutent les disciples (cf Jean 8v31), et quand nous n’avons plus les oreilles pour entendre « ce que l’Esprit dit aux Eglises », ou ce qu’il a déjà dit, et que nous persistons néanmoins à chercher des paroles auprès d’ « une foule de docteurs » ou « de prophètes » qui nous diront ce que nous souhaitons entendre, alors Dieu nous séduit par ces dispositions de nos cœurs qui sont comme des idoles : Ezéchiel prévient, au chapitre 14 de son livre, v1-11, que Dieu répondrait au peuple en séduisant le prophète qui se laisse séduire, lorsque le peuple demanderait une parole alors que son cœur sera rempli de ses propres idoles. Dieu dit qu’il lui répondra alors en fonction de ces mêmes idoles. Ainsi, si l’argent et la prospérité sont une obsession dans nos cœurs, nous recevrons des prophéties allant toujours dans ce sens, nous confortant dans nos attentes, parce que c’est ce que nous recherchons.

Soyons donc plutôt de ceux qui « se régalent » du plat préféré de Jésus (Jean 4v34), lequel est « de faire la volonté de Celui qui (l’a) envoyé et d’accomplir son oeuvre » ; faisons également nôtre la prière du petit Samuel (« parle Seigneur, car ton serviteur écoute » cf 1 Samuel 3v9) et surtout celle de Jésus : « non pas ma volonté [Seigneur], mais la tienne ! » (Luc 22v42)

Un peuple libre est un peuple qui honore la justice (Deutéronome 1v9-18)

Le Jugement de Salomon, par Nicolas Poussin (1649). Musée du Louvre. Richelieu, 2ème étage, salle 14.

 « Je ne peux pas vous porter à moi tout seul [rappelle Moïse au peuple] : le SEIGNEUR votre Dieu vous a rendus nombreux, et voici que vous êtes aujourd’hui aussi nombreux que les étoiles du ciel. Que le SEIGNEUR, le Dieu de vos pères, vous multiplie encore mille fois plus, et qu’il vous bénisse comme il vous l’a promis : comment, à moi tout seul, porterais-je vos rancœurs, vos réclamations et vos contestations ? Amenez ici, pour vos tribus, des hommes sages, intelligents et éprouvés ; je les mettrai à votre tête. » Et vous m’avez répondu : « Cette chose que tu nous dis de faire est bonne. » J’ai donc pris vos chefs de tribu, des hommes sages et éprouvés, et j’en ai fait vos chefs : des chefs de millier, de centaine, de cinquantaine, de dizaine, et des scribes, pour vos tribus. Alors j’ai donné des ordres à vos juges : « Vous entendrez les causes de vos frères, et vous trancherez avec justice les affaires de chacun avec son frère, ou avec l’émigré qu’il a chez lui. Vous n’aurez pas de partialité dans le jugement : entendez donc le petit comme le grand, n’ayez peur de personne, car le jugement appartient à Dieu. Si une affaire vous paraît trop difficile, soumettez-la-moi, et je l’entendrai. » Et alors, je vous ai donné des ordres sur tout ce que vous aviez à faire. (Deut.1v9-18)

« Un pays où les juges sortent dans la rue pour manifester est un pays où toutes les lignes ont été franchies ».

Ce pays est Israël au XXIe siècle et la personne qui tient ces propos connaît bien la question puisqu’il s’agit d’Ayala Procaccia, ancien juge de la cour suprême.

Ce dernier était présent parmi les 80 000 personnes rassemblées sur la place Habima, à Tel Aviv, samedi soir dernier, pour manifester contre le controversé projet de réforme de la justice voulu par le gouvernement de Benyamin Netanyahou.

Un événement que vous avez peut-être « vu passer », à moins qu’il ne vous ait complètement échappé.

En effet, depuis son investiture il y a deux semaines, le gouvernement de coalition très marqué à (l’extrême-)droite de Netanyahou (il rassemble son parti, le Likoud, et ses alliés suprémacistes juifs et ultraorthodoxes) “s’est embarqué dans une série d’initiatives législatives”, note le Washington Post cité dans Courrier international(1). « Le camp au pouvoir parle de corriger des déséquilibres dans les trois branches du gouvernement »(sic). Mais, précise le quotidien américain, « les critiques disent que ces mesures s’apparentent à un coup d’État qui détruira le système de séparation des pouvoirs, sauvera Netanyahou de l’inculpation dans trois cas de corruption et encouragera ses partenaires extrémistes religieux à mettre en avant des législations soutenant l’expansion de colonies juives en Cisjordanie ».

La réforme comprend entre autres, indique le quotidien israélien Haaretz, autre source de Courrier international(1), l’introduction d’une clause « dérogatoire » permettant au Parlement, de passer outre une décision de la Cour suprême avec un vote à la majorité simple, et la modification du processus de nomination des juges, qui devront entre autres être désignés par des responsables politiques. D’où les manifestations pour dénoncer ce projet, car, en l’absence de Constitution, la Cour suprême, plus haute juridiction israélienne, fait office de garde-fou du pouvoir politique et se pose en garant des libertés individuelles. Son rôle est d’autant plus important lorsqu’un bloc politique détient une majorité nette au Parlement, comme c’est le cas à la suite des dernières élections(1).

A ce sujet, qu’en dit la Bible ?

Le premier chapitre du livre du Deutéronome, cité en en-tête de cet article, nous révèle que la première instruction, de ce qui peut être considéré comme le testament de Moïse, concerne l’instauration d’un système judiciaire.  La condition la plus importante d’une vie en société est que les différends puissent être réglés, non pas selon « la loi du plus fort », mais selon les critères de la justice.

Pour rendre une justice équitable, prévoit Moïse, ces juges doivent être « sages, intelligents et éprouvés (ou « connus ») cf le v15.

« Etre sage », c’est savoir que l’on ne sait pas et reconnaître lorsqu’une affaire est hors de sa compétence (à l’instar de Moïse lui-même en Nombres 27v5); c’est aussi ne pas se laisser guider par la passion et toujours rechercher l’intérêt général.

« Etre intelligent », c’est être capable de lire entre les lignes (d’un discours ou d’un événement).

« Etre éprouvé » (ou « connu »), c’est avoir bonne réputation auprès de ses proches et de ses voisins, témoigner de son intégrité et de sa fiabilité.

Autre exigence : Les juges ne doivent pas faire preuve « de partialité dans le jugement » (à l’instar de Dieu lui-même en Deutéronome 10v17. Comp. avec Jacques 2), entendant « le petit comme le grand » (cf Lévitique 19v15) et sans avoir « peur de personne, car le jugement appartient à Dieu ». Au moment de juger et à mille lieux du « juge inique » de la parabole des Evangiles, le juge doit avoir conscience qu’il se tient devant le Dieu de la justice. Et qui craint Dieu ne peut craindre autre chose.

Au final, nommer de tels juges est tout « ce qui reste à faire » au peuple (Deut.1v18).

La nomination des juges (voir aussi Exode 18v13-27), ainsi que des prêtres (Exode 29 et Lévitique 8) et des anciens (Nombres 11v16), correspond à une première séparation des pouvoirs entre le judiciaire, le religieux, et le politique. 

C’est ainsi qu’un peuple libre est un peuple qui honore la justice et dont les institutions reposent sur cette claire séparation (et distinction) des pouvoirs.

Pour Montesquieu « le bon régime » n’est pas nécessairement républicain ni monarchique, il est nécessairement modéré, c’est-à-dire qu’il est partagé, à la différence du tyran qui concentre tous les pouvoirs entre ses mains. Ce n’est pas un hasard si la démocratie au sens moderne du terme s’est d’abord développée dans les pays de tradition judéo-chrétienne(2).

Notes :

(1) Voir https://www.courrierinternational.com/article/israel-80-000-personnes-contre-la-reforme-de-la-justice-en-israel-un-pays-ou-meme-les-juges-manifestent et Israël: une réforme de la justice à venir qui bouscule l’équilibre des pouvoirs

(2) D’après La Bible. Le Pentateuque/1. Commentaire intégral verset par verset, par Antoine Nouis. Olivétan/Salvator, 2021, pp 527, 618-620.

Voir aussi :

Noël : peut-on y croire ? Du mythe, de la tradition et de la réalité autour de cette fête chrétienne

Extrait du film « l’Evangile de Matthieu » réalisé par David Batty (RU, 2014) de la série « 4 Evangiles, les films » (Lumo project). Texte intégral de l’Evangile raconté et mis en image.

La semaine dernière, nous parlions sur ce blogue d’Hannouka. Cette fête de lumières ou de la dédicace, qui a débuté le soir du 18 décembre, et qui se déroulera jusqu’au 26 décembre au soir, est évoquée dans l’Evangile selon Jean.

Les fêtes bibliques, instituées dans l’Ancien Testament, ont pour but de glorifier Dieu en se remémorant de façon objective son action dans l’histoire d’Israël cf Exode 12v24-27. Elles n’ont pas un sens seulement social ou « festif », mais servent à communiquer la présence de Dieu avec son peuple et à transmettre l’enseignement de la foi aux générations successives. C’est pourquoi il serait dommage de passer à côté d’excellentes occasions pédagogiques pour (s’)édifier, en redonnant tout leur sens à ces fêtes et en se connectant à leur source : le Seigneur Jésus-Christ, lequel « est le même, hier, aujourd’hui et éternellement » (Hébr.13v8).

Les fêtes dites chrétiennes, quant à elles, ne sont certes pas instituées bibliquement mais commémorent également l’action de Dieu en prenant pour thème des moments importants de la vie du Seigneur Jésus-Christ racontés dans les évangiles (naissance ou incarnation, mort et résurrection, ascension…), ou de l’action de l’Esprit (Pentecôte). Les fêtes chrétiennes ont également pour rôle de valoriser l’aspect festif et communautaire de la foi.

Parmi ces dernières, « Noël, avec ses décorations, ses sapins et ses crèches, est probablement l’une des histoires bibliques les plus connues », souligne le Pasteur Philippe Golaz dans une note de blogue. « Mais cette fête est-elle bien connue pour autant ? Qu’est-ce qui relève de la vraie histoire, qu’est-ce qui relève de la tradition, ou du mythe ? »

Ainsi, « Jésus (serait) né un 25 décembre » et les mages seraient « trois et rois ». « Jésus n’existait pas avant Noël », il serait « né dans une étable », et tout cela ne serait « qu’une légende ». Qu’en est-il exactement ?

Bonus : Au sujet de ces mages, il est intéressant de comparer le texte de l’Evangile selon Matthieu avec la mise en scène/en image de l’excellent film « l’Evangile de Matthieu » réalisé par David Batty (RU, 2014) de la toute aussi excellente série « 4 Evangiles, les films » (Lumo project).

Pour aller plus loin :

Joyeux Noël…simple formule ou message d’espérance ?, de Stéphanie Pillonca, Sébastien Doane, et Elaine Sansoucy. Editions Bibli’O, 2022

Une grande question existentielle abordée « tout en nuances » dans un petit livre qui déploie une lecture plurielle et inaugure une nouvelle collection éponyme des éditions Bibli’O parue en octobre 2022. « Tout en nuances », 3 regards se croisent, 3 voix se font entendre pour explorer la fécondité des textes anciens : un bibliste, une réalisatrice et une infirmière évoque la joie d’une naissance au cœur de notre monde. Chacun des auteurs nous fait tour à tour partir à la rencontre du texte biblique, de pistes d’actualisation et d’un cheminement où l’art cinématographique se met au service des autres.  Ainsi, avec « Joyeux Noël…? », qui nous rappelle dans quelles circonstances Jésus est venu au monde [ayant failli naître dehors, il se trouve menacé de mort à sa naissance et devient le plus jeune réfugié de l’histoire…], c’est la mise en avant de la vulnérabilité qui bouleverse, de ces situations précaires où la joie d’une naissance se retrouve voilée par les circonstances difficiles. A découvrir absolument en cette période de fête et au-delà ! (Ouvrage reçu gracieusement « en service presse » de la part de Laurène de La Chapelle, chargée de communication pour l’Alliance Biblique Française, que je remercie !)

« Noël : peut-on vraiment y croire ? » Par l’apologète Rebecca Mac Laughlin, qui explore « 4 questions incontournables sur l’histoire la plus connue au monde ». Un livre qui s’adresse aussi bien aux « sceptiques » qu’aux « convaincus » qui souhaiteraient (re)découvrir Noël sous un jour nouveau. A noter que Rebecca Mac Laughlin est également l’auteure de « 12 raisons de ne plus croire au christianisme et pourquoi y croire encore », un livre récent paru en français chez BLF éditions en 2022, et qui a reçu le prix de « meilleur livre de l’année » 2020 de la part de Christianity Today (en VF et en VO). L’un et l’autre ouvrages reçus « en service presse » de la part de l’éditeur, que je remercie également !

Sinon, le saviez-vous ? Noël est une bonne nouvelle pour les grévistes !

Hannouka : la lumière de la résistance et de l’espérance

[Un clip amusant et sympathique sur ce temps de célébration de Hannouka]

Hannouka – la fête de lumières ou de la dédicace, débute le soir du 18 décembre, et se déroulera jusqu’au 26 décembre au soir. Nos amis Juifs allument chaque jour une bougie sur leur  » Hanoukkia » ou chandelier à 9 branches. Ils utilisent pour cela la branche centrale (appelée le Shamash c’est-à-dire le  » serviteur ») qui sert à allumer les 8 autres, soit au total 9 bougies.

Ce chandelier est généralement posé sur le rebord d’une fenêtre et, comme les lumières de l’avent, égayent l’obscurité de la saison même si leur origine diffère l’une de l’autre.

Dans un article publié sur Le Verbe.com, Sonia Sarah Lipsyc(1) nous parle de cette fête, laquelle commémore un fait historique, à l’instar de Pourim et de Pessah (= la Pâque). Ce fait historique, qui a eu lieu au 2e siècle avant l’Ère chrétienne et qui a servi de base à la décision rabbinique d’instituer la fête de Hannouka, est relaté dans les Maccabées – livres qui n’ont pas été retenus dans le canon de la Bible hébraïque (et absents de la plupart des éditions protestantes de la Bible). Sinon, cette fête est mentionnée pour la première fois dans la Bible…dans l’Evangile selon Jean, chapitre 10, verset 22, dans le Nouveau Testament !

« Cette fête célèbre à la fois la révolte victorieuse des Juifs sur la terre d’Israël contre l’emprise gréco-syrienne de la dynastie des Séleucides et le miracle d’une fiole d’huile retrouvée intacte et, selon les normes du rituel, dans l’enceinte du second Temple de Jérusalem ». Pour le peuple Juif, c’est aussi un symbole de la lumière de la création. »Que s’était-il passé à cette époque qui justifierait que les Juifs s’en souviennent et le fassent savoir au travers de leurs rites depuis des millénaires ? »

Sonia Sarah Lipsyc nous explique que les Juifs « avaient perdu leur souveraineté nationale et devaient subir, pour user d’un terme contemporain, l’impérialisme culturel et religieux d’un empire païen. Pire encore, ils étaient victimes de persécutions religieuses tant à l’encontre de leur personne que de la tradition juive monothéiste qu’ils incarnaient. On leur interdisait ainsi sous peine de mort, l’étude de la Torah, la pratique du jour consacré du shabbat, la circoncision et le respect d’autres commandements. On les obligeait aussi, sinon ils risquaient la mort, de transgresser les injonctions et l’éthique de la Torah en voulant leur faire manger publiquement, par exemple, des bêtes interdites à la consommation (porc) selon les règles exposées dans le livre du Lévitique et explicitées par la tradition orale juive. Le Temple et son sanctuaire avaient étés profanés par l’introduction d’idoles ou par d’autres humiliations.

Alors se leva un vieil homme de la tribu des Lévis, celle qui était dédiée au service du Temple, le prêtre Mathitiyaou de la famille des Hasmonéens. Il s’insurgea contre cette occupation et ce pouvoir coercitif qui menaçaient la pérennité nationale et spirituelle du peuple juif. Lui et ses fils, dont Judah Maccabée, qui prit sa succession, ont lutté alors qu’ils étaient peu nombreux. Contre toute attente, ils ont vaincu les oppresseurs. Maccabée est le sigle de leur étendard à partir des mots hébreux : « Qui est comme Toi parmi les dieux, Dieu » (Ex 15v11).

Ils ont nettoyé le Temple mais n’ont trouvé, pour allumer comme il se doit le candélabre du sanctuaire, qu’une fiole d’huile pure qui, au lieu de brûler une journée, brûla huit jours, le temps d’en produire d’autre conforme aux prescriptions bibliques.

C’est pourquoi avant d’allumer ces lumières, les Juifs rappellent dans leurs bénédictions : « Béni sois-Tu, Éternel notre Dieu, Roi de l’Univers, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné d’allumer les lumières de Hanouka (…) qui a fait des miracles pour ceux qui nous ont précédés en ces jours-là, en ce temps-ci (…) qui nous a fait vivre, exister et parvenir jusqu’à ce moment ».

 Ils rappellent également dans leurs prières au cours de cette période : « Tu as livré les puissants aux mains des faibles, les nombreux aux mains du petit nombre (…) Alors vinrent Tes ouailles (…) qui allumèrent des lumières dans les cours de Ton sanctuaire et instituèrent ces huit jours de Hanouka, pour remercier et louer Ton grand Nom ».

De là l’essentiel de cette fête pour les Juifs, laquelle célèbre « une persévérance non seulement identitaire, mais aussi dans la foi, et la capacité d’une résilience ».

Toutefois, précise Sonia Sarah Lipsyc, « si la défense de ces valeurs passe parfois par les armes, elle ne doit pas occulter la force de l’esprit. Et c’est le sens de ce passage du livre du prophète Zacharie (Za 4v6) que l’on récite durant cette fête : « Ni par la puissance, ni par la force, si ce n’est par mon esprit ».

Hanouka est l’occasion de raconter des histoires de martyrs (= témoins), comme celle de Hanna et de ses sept fils qui ont accepté d’être assassinés plutôt que de transgresser en public l’un des commandements de la Torah (2 Macc.7). Cette martyrologie illustre ce choix, dans la tradition judéo-chrétienne, de mourir pour sa foi (cad plutôt que d’abandonner sa foi), à mille lieux de celui de mourir au nom de sa foi, en assassinant d’autres personnes.

Tout ceci n’est très joyeux, me direz-vous. Au contraire, ce qui prédomine dans la célébration de Hanouka, ce sont la joie et le côté festif !

« Après l’allumage des bougies que l’on met bien en évidence pour donner de l’écho à ces miracles, on mange des mets frits, en rappel de la fiole d’huile, comme des latkes (galettes de pommes de terre) ou des soufganyot (des beignets). De l’argent ou des cadeaux sont offerts aux enfants qui jouent avec des toupies portant les initiales hébraïques de « un grand miracle s’est produit là-bas ». Là-bas, c’est ici chaque fois que l’on met un peu plus de lumière dans l’obscurité ».

Ce miracle nous rappelle un plus grand miracle encore : celui de Jésus-Christ, « Emmanuel » ou « Dieu avec nous » (Matt.1v23), qui est venu dans ce monde comme « une petite chose » aussi insignifiante que la petite fiole d’huile, et qui est entré dans le Temple en proclamant : « je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera plus dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8v12). En Lui en effet se trouve la véritable lumière.

Jésus est aussi le « Shamash », « le parfait serviteur », puisqu’il est venu, « non pour être servi mais pour servir et donner (sa) vie (une fois pour toute) en rançon pour plusieurs » (Marc 10v45, cf Jean 13 et Hébr. 9v28)

Demandons-lui d’allumer chaque jour sur le « Hanoukkia de notre cœur » une bougie supplémentaire, pour que sa lumière nous illumine davantage, et disons-lui avec foi : « Seigneur, je veux t’aimer aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain » avec le secours de ta grâce. Aide-moi, je t’en prie, à t’aimer vraiment en esprit mais aussi en vérité, en gardant et pratiquant ta Parole. Ainsi, je veux aussi aimer mon prochain « plus qu’hier et bien moins que demain », de sorte que de plus en plus de personnes que je rencontre reçoivent Ta lumière ! »

Malgré la sécularisation et le sentiment matérialiste qui prévaut aujourd’hui, et alors que les enseignes lumineuses des villes nous souhaitent « de bonnes fêtes de fin d’année », sans la mention de Noël, ayons ou gardons confiance en l’irrésistible et extraordinaire nature du message d’espérance de la naissance du Messie et Sauveur Jésus, la raison d’être de cette fête de la lumière. Aucune action qui tente de supprimer, ignorer ou étouffer l’histoire de la puissance salvatrice divine n’aboutira et ne pourra diminuer cette grande espérance en Jésus annoncée au monde. Cette espérance enracinée en Dieu « venu en chair » (Jean 1v14) est une profonde réalité qui donne aux croyants la force de résister aux attaques du doute et de surmonter le désespoir du monde, déçu par les faux messies politiques, religieux ou scientifiques.

Appuyons-nous alors sur cette espérance pour parler de la puissance qu’elle contient à ceux qui ne la connaissent pas encore, tout spécialement en ce temps inédit de célébrations. Des vies seront changées. Peut-être la vôtre, vous qui nous lisez ?

« Que le Dieu d’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi pour que vous abondiez en espérance par la puissance de l’Esprit Saint » (Rom.15v13).

Hag Sameah Hannouka ! [Bonne fête d’Hannouka !], en attendant de se souhaiter prochainement un « Joyeux Noël » !

En bonus : Chaque soir de cette semaine, retrouvez Juifs pour Jésus [qui attestent que Yeshouah est le Messie attendu] sur leur chaîne youtube autour de l’allumage des bougies de Hannouka, pour découvrir le sens profond de cette fête des lumières, porteuse d’Espérance.

Et avec ce clip du groupe…The Maccabeats !

Initialement publié sur Pep’s café! le 12/12/20, et mis à jour pour l’occasion.

Notes :

(1) Cf cet article « Hanouka, la fête juive des lumières » sur le site web du Verbe.

Sociologue, rédacteure en chef pour La Voix Sépharade, auteure et dramaturge, Sonia Sarah Lipsyc est également chercheuse associée à l’Institut d’études juives de l’Université Concordia.

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : envoi 2

« Allez dans le monde entier proclamer la bonne nouvelle à toute la création ». Marc 16 : 15 (Source image : public domain pictures)

Nous voici au terme de cette série ! Dans cet « Envoi 2 », une étude comparée des finales des 4 Evangiles sur ce que nous sommes censés dire et faire en Son Nom, d’après 28v19-20, Marc 16v15-20, Luc 24v45-49 et Jean 20v21-23 et 21v15-22. Par Louis-Michel, notre plume invitée du jour, que je remercie !

Qu’étaient sensés dire et faire les disciples selon Jésus ?

Par extension : Que sommes-nous sensés dire et faire nous-mêmes ?

Recensons d’abord les éléments correspondant aux disciples à la fin de chaque écrit évangélique :

            – Matthieu 28 : 19-20 = a. vivre en tant que disciples envoyés, b. faire des nations des disciples, c. baptiser les disciples au nom du Dieu Tri-Un, d. former les disciples à la pratique de l’évangile selon l’enseignement de Jésus (tout cela dans la présence de Dieu Jésus).

            – Marc 16 : 15-20 = a. vivre dans le monde, proclamer l’évangile, b. baptiser ceux qui croient (tout cela aussi dans la présence de Dieu Jésus avec des signes de cette présence).

            – Luc 24 : 45-49 = a. vivre déjà dans Jérusalem en tant que témoins de ce que Dieu accomplit, b. vivre avec la puissance du Saint-Esprit (tout cela dans la présence de Dieu Jésus – v.45 et 49).

            – Jean 20 : 21-23 puis 21 : 15-22 = a. l’envoi des disciples est ordonné par Jésus, b. transmettre le pardon des péchés, c. nourrir le « troupeau » de Dieu, d. quoi qu’il arrive dans le futur, les disciples suivent en premier Jésus.

Les quatre témoignages des disciples et autres écrivains sont utiles à nous aussi en notre temps. Nous avons reçu l’Esprit aussi en vue de témoigner de la Bonne Nouvelle ! Cela me donne à réfléchir personnellement … MERCI Seigneur de m’avoir « envoyé » dans ce monde ! Je n’en suis pas digne, mais tu m’as choisi, tu m’as établi sur les nations (Jérémie 1 : 10) pour en faire des disciples !

C’est une grande responsabilité ! Mais l’amour de Dieu nous aide à l’accomplir … Nous pouvons compter sur l’oeuvre du Saint-Esprit qui touche les coeurs à salut car n’oublions pas que nous vivons concrètement l’envoi du Christ uniquement à travers Son amour pour ceux et celles qui n’ont pas Christ en eux.

Et toi, ami(e) lecteur(trice), qu’en penses-tu ? Tu le sais, le Seigneur, par le bain de la régénération (lire la Lettre à Tite), t’a amené(e) à une vie nouvelle, puis comme il l’a fait avec ses premiers disciples, Jésus t’a envoyé(e) et/ou t’envoie de par le monde pour exercer un ministère dans son éternelle présence !

Alors, que te dire pour finir ? Va ! au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit !!!

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : Envoi 1

Dans l’envoi des 70, et lors de leur retour, Jésus nous parle encore d’évangélisation ! (Source image : public domain pictures)

Quand Jésus…..envoie ses disciples deux par deux : ou de ses recommandations et du faible contenu apparent du message à donner, par Yannick, notre plume invitée du jour que je remercie…D’après Luc 10v1-20.

Voici (presque) arrivée la fin de cette série. Jésus a montré la voie de l’annonce de la Bonne nouvelle. Loin des paillettes et des slogans tape-à-l’oeil, Jésus nous montre une voie plus simple, et plus exigeante. Dans l’envoi des soixante-dix, et lors de leur retour, Jésus nous parle encore d’évangélisation.

Jésus fait des affirmations : vous êtes agneaux au milieu de loups (v. 3). L’avons-nous oublié ? Ou pensons-nous être des agneaux au milieu d’autres agneaux. Le monde dans lequel nous vivons est opposé au Seigneur.

Jésus fait des recommandations : en particulier celle d’annoncer la bonne nouvelle du royaume (v.  9) ! Quelle grâce de proclamer la même chose que Jésus lui-même annonçait. 

Jésus fait des promesses : nous sommes ses ambassadeurs. Celui qui entend le message de l’Evangile entend Jésus lui-même. Celui qui rejette cette parole rejette Jésus ; celui qui l’accueille, accueille Jésus (v. 16). Quelle merveilleuse promesse ! Dieu fait son œuvre à travers nous.

Jésus termine par une parole, le mot final concernant notre évangélisation : nos œuvres ne sont rien. Dieu bénira peut-être notre campagne d’évangélisation. Dieu fera peut-être doubler notre Eglise. Dieu utilisera peut-être puissamment notre prédication. Oui, car Dieu et fidèle et utilise le peu de chose que nous sommes. Cependant… « cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux. » (v. 20)

Ne transformons pas la proclamation de la Bonne nouvelle en règne des œuvres humaines. Alors que nous devrions proclamer le règne de Jésus, est-ce nous proclamerons la grandeur de nos œuvres ? Il y a des rois qui ont mis à mort leurs ambassadeurs pour moins que ça ! En face du roi, venu par amour marcher dans la poussière, que dirons-nous ? Nous n’avons fait que ce qui était attendu de nous. Nous avons été serviteurs du grand roi dont le nom vaut pour nous plus que toute autre chose.

Gardons ces paroles précieusement à l’esprit. Dieu, en Jésus, nous donne la merveilleuse grâce d’être ses co-ouvriers, d’être ses ambassadeurs. Nous portons le nom du Seigneur, nous annonçons son règne. Nous témoignons de sa compassion. Réjouissons-nous de ce que Dieu a fait son œuvre et que nous sommes comptés parmi ses enfants. Dans son livre, nous portons son nom. Au sein de nos actions d’évangélisation, voilà la bonne nouvelle pour nous.

Quand tu es tenté de dégainer tes versets bibliques « plus vite que ton ombre…. » ou « le B ABBA » du disciple de Jésus

Un épisode de la série « Le B ABBA DU DISCIPLE » avec un message de Julien Coffinet sur l’importance de lire la Bible pour mieux connaître et aimer la Parole de Dieu.  

Et ce, à mille lieux de « dégainer » ses versets bibliques « plus vite que son ombre », à l’instar du célèbre adversaire de Jésus en Matthieu 4.

Lecture : Matthieu 4:1-11

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : épisode 5, d’après Marc 2v1-12

Est-il plus facile de dire au paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou de dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ?(Source image Wikipédia : « le penseur », d’Auguste Rodin.1881-1882)

Dans cet épisode de notre série Pep’s café, Jésus nous pose « une colle » sur ce qui est « le plus facile (ou difficile) de dire…. ». Par Josiane, notre plume invitée du jour que je remercie, et d’après Marc 2v1-12

Cette semaine, Jésus est interrompu en plein enseignement par l’irruption d’un paralytique sur son brancard, descendu du toit de la maison par ses quatre amis.

En effet, c’était le moyen le plus efficace pour attirer son attention au milieu d’une foule si nombreuse que la maison ne peut accueillir toutes les personnes venues écouter Jésus.

Interpellé par la foi des amis de cette personne, il lui annonce le pardon de ses péchés…un peu contre toute attente. En effet, seul Dieu pouvait pardonner le péché des personnes, une fois qu’elles s’étaient acquittées de rituels bien précis.
“Pour qui se prend ce Jésus? Comment ose-t-il déclarer ce que seul l’Eternel peut dire?” Telles étaient les pensées des scribes autour de lui. Bien versés dans les Ecritures et la Loi, ils ne concevaient pas que Dieu puisse agir en dehors du temple, en dehors de leurs schémas religieux bien intégrés…et pourtant, Jésus a mis à mal leurs raisonnements : avec le pardon des péchés du paralytique et la guérison qui a suivi, il leur a montré que  Dieu pouvait bien agir “hors les murs” (physiques ou immatériels)…et que son autorité lui venait bien de Dieu.

Certains récits anciens, rapportent l’existence à l’époque où Jésus a vécu, de guérisseurs, opérant des “miracles” en Judée. Certains utilisaient cela pour se présenter comme des “messies”. Les docteurs de la Loi, ayant entendu parler de Jésus et de son ministère, s’attendaient surement à ce qu’il agisse comme ces guérisseurs, et donc opère un miracle en faveur de cet infirme…mais surtout pas qu’il annonce le pardon des péchés!

Jésus est venu annoncer un évangile à contre-pied des réflexes religieux, qui mettraient Dieu (et les autres!) dans une boîte. Notre Dieu fait ce qu’il veut (Psaumes 115 v3). Et surtout, il annonce le pardon à celui ou celle qui aurait peur de son jugement, de sa colère: voilà une bonne nouvelle!

Jésus ne s’arrête pas là: connaissant les pensées des Pharisiens, il leur pose une simple question, à laquelle il ne répond pas directement : Est-il plus facile de dire au paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou de dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ? (v.9)

Il n’y répond pas, mais dans la foulée il prononce une parole d’autorité dont l’effet est la guérison du paralytique, qui prend son brancard et s’en va en marchant. Pour ceux qui pensaient que la paralysie de cet homme était liée à son péché cet acte a confirmé qu’il a vraiment été pardonné par Dieu ! (et que Jésus avait bien l’autorité pour le déclarer)

En guérissant le paralytique, Jésus vient confirmer la puissance et l’autorité qui sont les siennes en tant que “Fils de l’homme” (terme utilisé par Jésus, peut être en référence au passage dans Daniel 7:13-14 décrivant le Messie attendu par les Hébreux): il est le seul habilité à guérir à l’intérieur (pardon des péchés) et à l’extérieur (guérison physique). Rien n’est “plus facile” ou “plus difficile” pour lui, au final ! Il a l’autorité pour les deux.

La bonne nouvelle qu’il annonce est une nouvelle qui libère l’être entier et s’inscrit parfaitement dans la suite de l’expulsion de l’esprit mauvais dans la synagogue, en Marc 1: des paroles, des actes, de l’autorité…avec pour résultat une foule frappée de stupeur et louant Dieu!

Et nous, quelle nouvelle annonçons-nous le plus facilement? Le pardon des péchés ou la guérison divine?

Ne serions-nous pas en train de rater la cible de l’évangélisation selon Jésus, en restant focalisé sur l’un des deux aspects au détriment de l’autre?

Que le Seigneur nous éclaire chacun face à cette question, et qu’il nous accorde audace, autorité et puissance dans notre témoignage individuel et en église.

En bonus, une prédication de Josiane sur le même sujet et le même texte, donnée (cette fois-ci en avance sur l’article !) dimanche 20/11/22 :

Comment (mieux) prier et prophétiser sans se laisser dicter un agenda

Le risque est alors de se laisser entraîner par le diable dans son cortège médiatique, lequel souhaiter capter toute notre attention(cf Eph.2v1-5), alors que nous devrions sans cesse rappeler ce qui est la vérité et la réalité : c’est Christ qui entraîne l’ennemi vaincu dans son cortège triomphal (Source image : public domain pictures)

Dans son dernier essai, « Les Émotions contre la démocratie » (Éditions Parallèle, octobre 2022), la sociologue Eva Illouz s’attaque à la matrice émotionnelle du populisme. L’occasion d’identifier quatre affects sur lesquels s’appuient des leaders populistes actuels pour nourrir leur propagande et asseoir leur légitimité : le ressentiment, la peur, le dégoût et l’amour de la patrie

Un passionnant entretien à lire sur le site de Usbek & Rica, « le média qui explore le futur ».

De même que nos émotions peuvent être instrumentalisées, notre prière peut rester collée à notre âme, peinant à s’élever vers Dieu, si nous prions uniquement selon nos émotions, nos désirs ou nos pensées. 

En effet, ce que nous demandons à Dieu vient la plupart du temps de notre âme : nous lui soumettons notre désir le plus cher, les soucis qui nous pèsent, nos questionnements, nos inquiétudes pour nos proches… Il arrive aussi régulièrement que nous calions notre intercession sur le journal de 20h : les gros titres de l’actualité deviennent la liste de nos prières, pour l’Ukraine, pour les migrants échoués en bord de Méditerranée, pour les élections au Brésil [ou aux Etats-Unis], la politique intérieure, etc.

A lire, une édifiante note de blogue de la Pasteure Caroline Bretones, nous expliquant ce qui se passe lorsque nous faisons taire notre âme et que nous faisons de la place à l’Esprit – notre esprit et le Saint Esprit – de sorte que notre prière soit guidée sur le modèle de celle faite par Jésus à un moment critique de sa vie : « Non pas ce que je veux mais ce que tu veux ». 

Il est enfin permis de s’étonner de voir à quel point les chrétiens d’aujourd’hui sont tributaires des évènements « du moment » pour tenter de dégager la perspective divine ou décrypter la prophétie biblique.

Un message donné à Paris en avril 2019 par Eliane Colard († juillet 2020), et publié le 08/11/22 sur le blogue « Le Sarment », contient des éléments importants pour la compréhension du prophétique.  Il y est question « des temps de la fin, de ce qu’ils annoncent, des signes qui les annoncent, puis dans un deuxième temps du positionnement de l’Église face à ces signes et à leurs avertissements. La fin des temps est évoquée dans la Bible non pas principalement pour parler catastrophes, mais pour parler avant tout d’un merveilleux évènement : le retour de Jésus-Christ qui viendra mettre un terme au temps présent et inaugurer un autre ». 

De là cet avertissement et cette exhortation de « rester sur la fréquence du Seigneur pour ne pas devenir des chrétiens-thermomètres bougeant avec la température extérieure du monde », à la merci du « prophétisme de circonstance », sous peine d’être « condamnés à avoir toujours un train de retard pour ce qui est de la perspective spirituelle. En Jérémie 10, Dieu dit ceci (français courant) : « Ne vous mettez pas à l’école des Païens » Il s’agissait là de ne pas interpréter les signes à leur manière car leurs repères sont illusoires. Mais Dieu avait aussi dit la même chose au travers d’Ésaïe (Chapitre 8/11) : « Le Seigneur me saisit et m’avertit de ne pas marcher dans la voie de ce peuple. Voici ce qu’il me déclara : n’appelez pas « conjuration » (complot, conspiration) tout ce que ce peuple appelle conjuration; ne craignez pas ce qu’il craint et ne soyez pas effrayés » (…) La suite du verset indique que si nous craignons ce que le monde craint, alors cela signifie que nous sommes sous le même règne, le même gouvernement. Or (…)le Seigneur nous demande de marcher à contre-courant du monde et non pas en nous conformant à ce qu’il dit et fait pour finir par craindre ce qu’il craint. 

Le risque est alors de se laisser entraîner par le diable dans son cortège médiatique, lequel souhaiter capter toute notre attention(cf Eph.2v1-5), alors que nous devrions sans cesse rappeler ce qui est la vérité et la réalité : c’est Christ qui entraîne l’ennemi vaincu dans son cortège triomphal. En effet, Christ « a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix » (Col.2v15).  C’est ainsi que nous sommes exhortés à différer nos attentes de spectacles qui ne sont que distractions et diversions, et à cesser de servir de caisse de résonance à tous les tapages médiatiques, pour mieux nous exercer à regarder dans la bonne direction.  A la suite de Notre Seigneur Jésus-Christ, plutôt que d’être à la suite de ceux qui veulent nous imposer leur agenda, nous serons alors en mesure de porter une authentique voix prophétique pour le monde.

De là une meilleure compréhension de la nature du combat qui est le nôtre et quant à l’identité « de l’adversaire à vaincre », lequel « n’est jamais pour un camp humain contre un autre camp humain », « une religion contre une autre », ou « un parti politique contre un autre ».

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : Episode 4, d’après Jean 5v1-16

Evangélisation au bord d’une piscine (Source image : rawpixel)

Dans cet épisode de notre série Pep’s café, une « évangélisation au bord d’une piscine » !  Mais pourquoi Jésus ne sauve-t-il pas tout le monde au lieu de cibler une seule personne qui n’attendait plus rien ? Par Louis-Michel, notre plume invitée du jour que je remercie, et d’après Jean 5v1-16.

Nous sommes à Jérusalem, au bord d’une piscine nommée Béthesda. Sous les cinq portiques de l’établissement, un grand nombre de malades y venait chaque jour …

L’apôtre Jean nous raconte que Jésus se tenait au bord de la piscine. Il vit alors un homme qui était malade depuis 38 ans !… Il était couché et attendait que quelqu’un veuille bien le porter jusque dans l’eau lorsqu’un ange apparaissait pour l’agiter … Beaucoup étaient guéris, mais jamais lui. Quelle tristesse !

Jésus lui fit grâce, il le guérit ! Comment ? Jésus s’est approché de l’homme, lisons ensemble cet événement : « Jésus le vit couché … il lui dit : Veux-tu être guéri ? » Là, il fait appel au plus profond désir de l’âme. Derrière la guérison il y a tant de réalités à découvrir et à vivre ! Continuons : « Lève-toi ! lui dit Jésus, prends ton grabat et marche ! Aussitôt, cet homme fut guéri » … Jésus, après le désir, fait un appel à la foi de l’infirme et à son obéissance. C’est l’une des merveilles de Dieu : la guérison … Le hic, c’est que l’on était jour de sabbat … Voyez de suite la réaction des religieux qui voulaient sans cesse le faire mourir ! Cependant, ils avaient tort puisque la loi de Moïse n’empêchait pas le transport de charges (l’interdiction venait de l’interprétation de la tradition).

Une question se pose : « Pourquoi Jésus ne sauve-t-il pas tout le monde au lieu de cibler une seule personne ? ».

L’enseignement qui suit cet événement répond à cette question. Jésus est le FILS DE DIEU, DIEU LUI-MÊME (Jean ch.1) … mais « les siens ne le reçurent pas » … C’est le drame des hommes religieux. C’était le drame du fils aîné qui ne comprenait pas la joie du père quand le cadet est revenu … C’était le drame de cet homme qui n’avait pas « d’habit de noces » (Matthieu 22v1-14).

Eh oui, tu ne peux pas entrer dans la salle des noces si tu n’as pas reçu, selon la coutume, l’habit remis par l’hôte à ses invités. Le roi est venu dans la salle du festin pour constater la joie de la foule rassemblée. Mais il voit un homme tout seul, sans habit. Alors, Jésus s’approche du convive et lui demande amicalement avec compassion (il dit « mon ami ») pourquoi il n’a pas d’habit. Vous le savez, l’homme avait triché pour entrer, il n’a donc pas reçu l’habit de fête !

Oh ! Jésus n’est-il pas Lui-même notre vêtement ? Paul nous exhorte : « Revêtez Christ ! ». Un jour, au Retour de Jésus, dans le sabbat éternel, nous participerons au festin des noces de l’Agneau (Apocalypse 19), quelle fête ce sera !!!

Oui mais, celui qui n’aura pas revêtu Christ n’en fera pas partie. Jésus n’a-t-il pas dit : « Ce ne sont pas ceux qui me disent Seigneur Seigneur qui entreront dans le royaume des cieux … je ne vous connais pas ouvriers d’iniquité, retirez-vous de moi …! (Matt.7v21 et ss)

Heureusement que Jésus-Christ a donné Sa vie, et qu’il s’est fait péché pour porter le jugement divin à notre place. Non, tout le monde ne veut pas de « ce si grand salut » (Héb.2v3) ! Alors Jésus connaissant le coeur de l’homme choisit une relation personnelle. Il a vu la patience et le désir de ce vieil homme, il a vu sa foi, il y a répondu !!!

Si vous êtes dans la situation de cet homme à Béthesda, alors prenez la guérison de Dieu pour vous et louez Dieu ! Soli Deo Gloria !