« Une nuée de témoins »…différents les uns des autres ! (Hébreux 11v32-40)

Les témoins sont une nuée, ils sont aussi différents les uns des autres. Prédication d’Isabelle Coffinet (Temple de Cergy) sur le texte d’Hébreux 11.32-40.

Es-tu prêt à recevoir les miracles de Dieu ? Et aussi tout ce qui n’est pas miraculeux ? Es-tu prêt à vivre le glorieux, mais aussi tout ce qui ne l’est pas ?

Alors, ce message est pour toi ! Ou comment comprendre que s’attendre à Dieu, c’est être prêt à crucifier nos propres attentes.

Forum des Attestants du 14 mai : « Transmettre l’Évangile, une question de vie ou de mort »

Source image : attester.fr

L’association des Attestants* organise un forum ouvert à tous le 14 mai 2022, de 9h30 à 17h00, autour du thème: Transmettre l’Évangile : Question de vie ou de mort.

Ce rendez-vous se fera 100 % par zoom.

Pourquoi cette thématique ?

Les organisateurs du forum le justifient ainsi : « Alors que la guerre vient de faire son tragique retour à l’est du continent européen, provoquant son cortège de morts, de blessés et de réfugiés, le thème de ce Forum 2022 est hélas particulièrement pertinent et actuel. Nous sommes en pleine fin de crise du Covid en France et alors que le thème de l’héritage s’invitait dans la campagne présidentielle, la guerre en Ukraine lui donne une très forte dimension.

Dans le contexte du débat synodal de l’EPUdF sur Mission de l’Église et ministères, le thème de la transmission de l’Évangile doit bien évidemment prendre une place primordiale. En effet, parmi toutes les facettes de la mission de l’Église, le témoignage de la foi et la transmission de l’Évangile tiennent une place centrale et unique pour tous les chrétiens.

Dans un monde post-moderne où l’individualisme et le prétendu accomplissement personnel sont devenus norme absolue, comment dire le plan de Dieu pour chaque homme et chaque femme de notre temps ? Comment assumer cet héritage formidable que nous avons reçu, en vivre pleinement et le transmettre à notre tour pour que la vie du Ressuscité vienne remplir l’existence d’un maximum de nos contemporains ? Comment transmettre l’Évangile en tout temps et en tout lieu en commençant au plus près de nous, au sein de nos familles, auprès de nos amis, de nos collègues, et de tous ceux avec qui nous vivons au quotidien ? Indépendamment des circonstances sanitaires ou géopolitiques, la transmission de cet Évangile, qui remplit toute notre existence et fonde notre espérance, revêt une urgence pour notre monde tourmenté. Cette urgence est brûlante pour nos Églises.

Cette mission n’est pas celle des seuls spécialistes, théologiens, biblistes, etc. ; elle est celle de chaque chrétien membre du corps du Christ. Chacun à notre niveau et avec les dons que nous avons reçus, nous devons assumer l’Évangile reçu en héritage pour le transmettre à notre tour. C’est pourquoi dans le cadre de notre Forum 2022 nous allons réfléchir et nous former ensemble sur ce thème essentiel, afin d’être à même de remplir la mission que le Christ lui-même nous a confiée ».

Au programme

De 9 h 30-12 h 30, table ronde animée par Marie-Christine CARAYOL, coach et intervenante en thérapie sociale, avec

  • Pierre-Yves KIRSCHLEGER, maître de conférences d’Histoire contemporaine, Université Paul-Valéry, Montpellier
  • Louis SCHWEITZER, professeur émérite d’éthique de la Faculté libre de théologie évangélique, Vaux-sur-Seine
  • Antoine NOUIS, docteur en théologie, co-fondateur de campusprotestant.com

14 h-17 h, Ateliers

  • Dire l’Évangile de façon compréhensible
  • Transmettre l’Évangile dans le scoutisme
  • Transmettre en manifestant son ouverture dans un accueil bienveillant, l’exemple des Parcours Alpha
  • Comment orienter sur l’essentiel en partant des préoccupations et questions posées ?
  • Transmettre l’Évangile dans une Œuvre sociale
  • Témoigner dans la famille
  • Transmettre et partager l’Évangile dans le couple
  • Témoigner auprès des enfants
  • Grands-parents témoins
  • Témoigner auprès des musulmans
  • Annoncer l’Évangile dans une société post-moderne
  • Témoigner en milieu sportif

Renseignements et inscription jusqu’à ce jeudi soir pour les ateliers et obtenir le lien zoom.

*Un événement organisé par les Attestants ; ce courant de l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) s’est constitué suite au synode de Sète en 2015, qui a vu autoriser la bénédiction des couples de même sexe. L’idée du mouvement est « de mettre au centre des préoccupations le fait d’être une Eglise de témoins ». Il s’agit pour ces protestants confessants, non plus de « protester » mais « d’attester » d’une foi solide dans le Père, le Fils et le Saint Esprit, comme « d’attester » de l’autorité souveraine de la parole biblique pour la foi et la vie des croyants. Ils proposent des outils pour le réveil des églises de la Réforme et au service de l’Evangile de Jésus-Christ.

Découvrir leur site et mes articles sur ce mouvement.

Lutter contre le racisme, le genou à terre

Un nouvel article de « Jo », notre plume invitée, que je remercie !

Depuis bientôt deux ans, le sujet du racisme semble gagner de la visibilité en société et soulever des débats passionnés et des conversations sensibles entre amis, en famille et parfois en église. (*)

Mon constat au fil des années : tous nos efforts militants variés, et toute la bonne volonté du monde ne suffisent pas à faire reculer le racisme de manière significative dans les mentalités et dans la construction de la société. Bien qu’il y ait eu du progrès au fil des époques, les choses ne semblent pas avancer de manière notable et définitive dans la bonne direction. A chaque petite avancée, un mouvement de résistance ou répression vient se dresser en opposition.

En tant que croyant.e, vouloir lutter contre le racisme me semble légitime car c’est une forme d’injustice.

Il serait très tentant de réduire ce combat à la lutte contre les systèmes oppressifs – qui doivent effectivement être démantelés- pour rendre nos sociétés plus justes.

Il me semble que la justice est bien au coeur du projet de Dieu pour l’humanité et que les Ecritures bibliques regorgent d’exhortations à limiter ou éradiquer la prolifération de l’injustice sous toute forme dans les vies et dans les sociétés. S’engager pour plus de justice sociale est donc une démarche alignée avec le royaume de Dieu, et va surement au-delà de notre activisme moderne à base de “hashtags” (ou mots-balise).

Cependant, cette lutte contre des injustices à l’échelle de la société peut nous distraire d’un autre volet fondamental du combat contre le racisme -et contre toute autre cause d’injustice.

Voici ce que nous dit l’apôtre Paul :

Ephésiens 6.12 : « En effet, ce n’est pas contre l’homme que nous avons à lutter, mais contre les puissances, contre les autorités, contre les souverains de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal dans les lieux célestes ».

Je déduis que les hommes et les institutions manifestent dans le monde visible ce qui se passe dans l’invisible. Et c’est bien dans le champ de l’invisible que se trouve l’autre aspect du combat contre le racisme : dans la prière.

Le combat que nous menons est d’abord spirituel : l’ennemi de Dieu continue d’utiliser le racisme pour diviser les humains alors que l’Esprit Saint œuvre à notre unité.
Il va falloir utiliser les armes spirituelles dont Christ nous équipe pour libérer complètement les captifs de ce système en commençant par nous-mêmes. (cf 2 Corinthiens 10.4)

Sans armure spirituelle il est facile de s’épuiser dans le militantisme et s’enfermer dans la frustration.

La prière est un sujet parfois négligé lorsque l’on s’intéresse aux sujets de justice sociale. Pourtant le combat spirituel est réel, à en croire Paul. Quel que soit le domaine concerné par le combat spirituel, nous ne pouvons pas y aller la fleur au fusil, sans un discernement de Dieu et sans comprendre les règles du combat.

Je suis persuadée que les systèmes ségrégationnistes de l’apartheid en Afrique du Sud ou de Jim Crow aux Etats unis sont tombés grâce à une conjonction de choses, dont la prière fidèle de chrétiens mobilisés spirituellement.

Quel rapport entre le combat spirituel et le racisme ?

Essayons de comprendre ce qu’il se passe.

Certains disent que les Noirs sont maudits et sont donc voués à l’échec et à la servitude (je l’ai entendu de Noirs eux-mêmes). Toute une théologie a été développée autour de cette idée à partir de l’histoire de Noé et son fils Cham, mais elle est fausse.

Pour moi toute l’humanité est maudite, quelle que soit notre expérience de vie, car désalignée du projet de Dieu pour les relations humaines.

Ce projet est résumé au début de la Genèse :

Lors de la création du monde, le mandat divin pour les humains était qu’ils dominent sur la terre (sans pour autant la maltraiter), qu’ils voyagent, fassent des bébés et qu’ils collaborent dans leur travail avec les autres humains en tant que représentants de Dieu sur Terre. Jamais un humain n’était censé être violent, maltraitant, dominant sur l’autre, que ce soit par la force, l’argent ou tout autre moyen.
Dans le projet de Dieu les humains ont pour seul “chef” ou “maître” le Seigneur lui-même.

Cependant, très rapidement, une autre dynamique relationnelle se met en place dans les premières pages de la Genèse. Cette dynamique a perduré jusqu’aujourd’hui : partout sur la planète des humains ont mis en place des systèmes basés sur la domination (économique, politique, etc) qui bénéficient aux uns et désavantagent les autres – de génération en génération…depuis très longtemps.
NB: ce type de système se voit le plus clairement dans toutes les structures de forme pyramidale (pensez “pharaon”) qui existent aujourd’hui. Et oui, même dans certaines églises.

Dominer sur un autre humain ne rend pas gloire à Dieu : c’est une œuvre satanique.
Ce qui honore Dieu c’est de se mettre volontairement au service de l’autre, dans une relation d’égal à égal et non plus de dominant et dominé.

C’était cela le projet, c’était l’exemple donné par Christ lors de sa vie sur Terre et c’est aujourd’hui notre défi dans l’Eglise.

L’Eglise doit résister à la tentation d’instituer des formes de domination en son sein ou collaborer avec les systèmes de domination en place dans la société.

Voilà où se situe le combat spirituel: vivre le projet d’égalité pensée par Dieu pour nous.

Comment faire?

L’étape incontournable se trouve au pied de la croix : nous devons tous y abandonner ce qui nous lie spirituellement aux dynamiques dominant-dominé.
Par exemple: des héritages (familiaux, ethniques, nationaux) ou des manières de penser basées sur de fausses identités (d’esclave, de maître, etc) et autres faux raisonnements. Mais ce n’est pas un exercice facile de s’humilier, se repentir pour recevoir de Dieu ce dont nous avons besoin: un coeur nettoyé, un esprit renouvelé.

Dans sa grâce Dieu nous donne en échange de ce que nous abandonnons, une identité en Lui, qui devient alors notre marqueur le plus important.
NB: Il ne nous appelle pas à gommer tout notre héritage culturel ou nos différences; il nous appelle à ne pas en faire un objet de fierté et à en garder ce qui est bon, ce qui porte la trace du royaume de Dieu.

Une fois habillés de cette nouvelle identité, nous pourrons manifester en tant que peuple de Dieu, qu’une autre manière de vivre est possible.

En effet, dans la famille de Dieu nous ne sommes plus considérés principalement par le prisme de la couleur de peau mais d’abord comme des enfants du Père, tous égaux devant Lui et vivant dans une logique à l’opposé des systèmes de ce monde: celle de la fraternité en Christ, le don, le partage, la justice.

En tant qu’enfants de Dieu, nous sommes également appelés à devenir « le bon samaritain » pour les plus faibles : aider celui qui est victime du péché d’autrui (comme dans la parabole qui porte ce nom).
C’est notre confiance en Dieu qui nous poussera à faire de bonnes oeuvres en agissant concrètement pour l’avancée de la justice sociale. C’est un tout, on ne peut pas prendre l’un sans l’autre ou annoncer l’un sans l’autre.
Nous ne pouvons pas nous contenter d’avoir renoncé à une identité de dominé ou dominant: notre nouvelle identité, si nous sommes prêts à la vivre pleinement, se manifestera forcément dans de nouveaux engagements et sur la durée.

De même, nous ne pourrons pas militer sur le long terme sans puiser à la source de vie, sans être renouvelés par le Saint Esprit.

Comment pourrions-nous nous engager à lutter contre le fléau du racisme (et tout autre cause que Dieu mettra dans nos coeurs) à petite et grande échelle?

Commençons par poser la question à Dieu lui-même: “Que puis-je faire à mon niveau, Seigneur ?” C’est l’Esprit de Dieu qui doit nous inspirer l’action, au risque de se perdre dans des projets vains.

Tous ne seront pas des Martin Luther King Jr, mais chacun de nous peut faire quelque chose à son niveau et il y a du travail.

Cela va forcément impliquer des changements dans nos priorités, nos emplois du temps, nos finances…et c’est normal : après tout, si l’Evangile ne nous fait pas changer, ne nous bouscule pas dans notre confort, est-ce vraiment l’Evangile?

Puisse le Seigneur attirer notre regard vers les plus faibles, nous sortir du silence et de l’indifférence en nous remplissant de courage chacun là où nous sommes. Le monde attend la révélation des enfants de Dieu, encore aujourd’hui. (selon Romains 8.19)

Le combat spirituel contre le racisme se mènera au quotidien sur les deux fronts de la prière et de l’action dans la société: le genou à terre, implorant le Seigneur et servant notre prochain.

Le genou à terre (comme certains manifestants lors des marches antiracistes!) implorons un déversement puissant du Saint Esprit, afin que nous retrouvions chacun notre identité en Lui, qui a préséance sur notre couleur de peau et notre nationalité.

Le genou à terre, remplis d’un courage venu d’en haut, mettons-nous au travail pour agir pour la paix, la justice, l’équité, la réconciliation, la guérison, pour notre monde et pour la gloire de Dieu.

Amen.

(*) Non que le sujet n’ait jamais fait l’objet d’étude et de lutte, mais depuis le meurtre de George Floyd, un mouvement beaucoup plus global s’est emparé du sujet. Sur tous les continents divers peuples font lumière et mémoire des réalités des faits coloniaux avérés, de l’esclavage trans-africain et transatlantique, des lois racistes instaurées pendant la période des empires coloniaux, et de leurs conséquences dans le monde du XXIème siècle. Des mobilisations importantes pour dénoncer les inégalités basées sur la notion de race ont commencé en Mai 2020 et se poursuivent, dans les rues et sur les réseaux sociaux.

Sur l’origine du « genou à terre », bien avant Georges Floyd, le football américain et Martin Luther King, voir aussi ici.

De notre plume invitée : Jo est ingénieure, amatrice de réflexion, de lecture et discussions pour refaire le monde (dont l’Eglise!) entre amis et en famille. 

« Il était une fois…la foi » (Hébreux 11v1-3)

Première prédication d’une série sur le thème « environnés d’une si grande nuée de témoins » (Héb 12.1), dans laquelle on se pose la question de la foi. « Avoir la foi, certes. Mais ça veut dire quoi ? »

Prédication de la Pasteure Isabelle Coffinet (Temple de Cergy), à découvrir sur la chaîne youtube « vous êtes le temple ! », sur le texte biblique d’Hébreux 11v1-3.

En finir avec la théologie « hors sol »

Où il est question des effets concrets de l’instrumentalisation « des racines chrétiennes », coulées dans « le béton » identitaire et national-populiste…(source image : public domain pictures)

Mark Zuckerberg l’a annoncé en grande pompe : le groupe Facebook va devenir « Meta ». Ce changement a pour but de mettre en avant la création d’un « métaverse », un monde virtuel et persistant en trois dimensions, dans lequel il va investir 50 millions de dollars. L’idée semble de s’affranchir de la réalité physique, en espérant que ce nouveau monde, voulu parfait, séduise le plus grand nombre pour le plus grand bénéfice de l’entreprise.

L’ex-dirigeant battu aux dernières élections Donald Trump, quant à lui banni à vie de twitter pour y avoir publié plusieurs messages encourageant les émeutiers qui ont pris d’assaut le Capitole, le 6 janvier 2021, a lancé le 21/02/22 son propre réseau social sur lequel il a tout pouvoir. Ce réseau a pour nom (défense de rire) « truth » (« vérité »).

Décidemment, la réalité ne semble pas avoir la cote, ces derniers temps…

En réalité (!), nul besoin de haute technologie ou d’internet pour vivre dans un monde parallèle. Ce monde est celui de la théologie hors sol.

Dans ce monde étrange, comme je l’ai lu sur la toile, il est en effet possible de se déclarer « chrétien (protestant) confessant » (donc, forcément « pour le Christ ») et, « dans le même temps », de confesser ouvertement soutenir un candidat Z à la présidentielle se disant « pour l’Église et contre le Christ »(1). C’est là nous prendre pour des idiots

Soutenir un tel candidat, bien d’extrême-droite et d’inspiration maurrassienne, est l’illustration de la dérive d’une théologie hors sol, déconnectée du réel, vu que ledit candidat est lui-même un nationaliste hors sol, comme le souligne l’historien Laurent Joly, lors d’un entretien pour Akkadem, le campus numérique juif, avec le journaliste Patrick Anidjar.

Ce que dit ce candidat n’est pas en lien avec le monde réel, et ce qu’il préconise n’est pas tenable, susceptible de provoquer la guerre civile dans le monde réel. Ce candidat « se sert de l’Histoire pour légitimer la violence et l’exclusion, pour promouvoir une vision raciste et misogyne de l’Humanité. Il fait mentir le passé pour mieux faire haïr au présent… et ainsi inventer un futur détestable » (selon le constat d’un collectif de 16 historiens)(2). D’aucun diraient « un ordre social satanique », à savoir un ordre social basé sur le mensonge (cf la falsification de l’histoire), la division et l’accusation (cf la recherche de boucs émissaires). 

C’est là un enjeu spirituel de l’ordre du « status confessionis », soit une situation où le centre du message chrétien et de l’Evangile est mis en cause, en danger d’être vidé de sa substance par la récupération partisane. Ce type de récupération tente de nous faire croire qu’un certain passé idéalisé serait mieux que le présent…sauf que la Bible (Eccl.7v10) nous rappelle « que ce n’est pas la sagesse qui nous fait dire cela ».

Car, en quoi ce type de soutien contribue-t-il à la lisibilité de l’Evangile, comme à glorifier (rendre visible) le Seigneur ? Quel est le rapport entre le nationalisme, les rêves de « grandeur », la promotion d’idées anti-immigrés et l’Evangile ? Aucun. 

Ce type de soutien me rappelle ce qu’écrivait Robert Baxter (1615-1691), dans son « pasteur chrétien », à savoir que certains [notamment au temps du Seigneur Jésus-Christ] espéraient le réveil comme d’autres attendaient le Messie : « ils attendaient un messie glorieux qui devait leur apporter la puissance et la liberté. C’est ainsi que plusieurs d’entre nous envisageaient la réforme. Ils espéraient une réforme qui leur procurerait la richesse, l’honneur, le pouvoir »  (Robert Baxter, op. cit., Ed. Publications chrétiennes, 2016. Impact Héritage, pp 163-164).

Ce type de prise de position est fort mal venu, alors que l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine, le 24 Février 2022, bénie et justifiée par le patriarche orthodoxe Kirill de Moscou et de toute la Russie (3), dans son discours du 06 mars, nous donne une idée des effets concrets de l’instrumentalisation des « racines chrétiennes », coulées dans « le béton » identitaire et national-populiste », pour reprendre une expression de l’historien Sébastien Fath

Ce discours à lire de près – traduit pour la première fois en français et commenté ligne à ligne par le doctorant à la Sorbonne Jean-Benoît Poulle sur le site « Le Grand continent » – est marqué par les tonalités apocalyptiques (« Ce qui se passe aujourd’hui ne relève pas uniquement de la politique… Il s’agit du Salut de l’homme, de la place qu’il occupera à droite ou à gauche de Dieu le Sauveur, qui vient dans le monde en tant que Juge et Créateur de la création. »).  Ce n’est pas une surprise ceux « qui ont suivi de près l’évolution de l’Église orthodoxe russe qui, depuis plusieurs années, se pose en ultime défenseur de la morale sociale et des valeurs traditionnelles russes dans le cadre de « la guerre culturelle »  menée par un Occident « décadent », relève Jean-Benoît Poulle, lequel nous invite à remarquer « que l’Église orthodoxe russe et les bureaucraties de sécurité (FSB) sont les seules grandes institutions centrales à avoir survécu à l’effondrement du système communiste, en se greffant organiquement au régime de Poutine. 

Avec ce discours nous sommes face à une vision du monde qui dépasse de très loin le storytelling politique et la définition d’un narratif auxquels nous sommes habitués dans nos espaces politiques. Au fond, et c’est ce qui rend la lecture de ce texte urgente, depuis l’invention de la bombe atomique nous n’avions peut-être jamais vécu le moment le plus intense du théologico-politique : une puissance nucléaire engagée dans une « guerre sainte ».

Lire le discours commenté sur La guerre sainte de Poutine – Le Grand Continent 

Là encore, il s’agit d’un enjeu spirituel de l’ordre du « status confessionis », soit une situation où le centre du message chrétien et de l’Evangile est mis en cause, en danger d’être vidé de sa substance par la récupération partisane.

En effet, « La politique de Poutine menace le témoignage de l’Église. Nous avons à apprendre de la Russie : ne traitons pas la religion comme un outil de préservation du pouvoir »écrit Russell Moore dans « Christianity Today » (28/02/22) : « Alors que la Russie de Vladimir Poutine tente d’écarter la possibilité d’une Ukraine libre de son influence, il serait facile pour les évangéliques du reste du monde de conclure qu’il ne s’agit là que d’une plus ou moins lointaine question de politique étrangère.  Cependant, le « poutinisme » est bien plus qu’une menace géopolitique ; la menace est aussi religieuse. La question qui se pose aux chrétiens évangéliques est de savoir si les Églises d’autres pays emprunteront la voie de Vladimir Poutine (…). De vraies questions se posent également pour les évangéliques du monde entier, non seulement sur la façon dont nous réagissons à l’utilisation de la religion par Poutine à des fins politiques, mais aussi sur la question de savoir si nous allons l’imiter (…) Les chrétiens évangéliques devaient se garder de la voie de Poutine, et nous aurions reconnu la reconnaissance chaque fois qu’il nous est dit que nous avons besoin d’un Pharaon, d’un Barabbas ou d’un César [ou d’un Cyrus] pour nous protéger de nos ennemis, réels ou supposés.  Chaque fois que cela se produit, il nous faut rappeler notre responsabilité de dire « niet », quelle que soit notre langue »(4).

C’est ainsi qu’une « société chrétienne [et un « défenseur de la chrétienté »] avant que vienne le Royaume de Dieu » n’est sans doute pas ce que « les  chrétiens confessants », ceux qui appartiennent à Jésus-Christ, doivent attendre, si l’on en croît l’Evangile et les Ecritures.

Ceux qui appartiennent à Jésus-Christ sont censés être les ambassadeurs du Roi des rois et Seigneur des seigneurs, pour signifier que « le Règne de Dieu s’est approché ».

Annoncer le règne de Dieu consiste à faire des choses significatives dans la vie des gens, portant un fruit immédiat dans leur vie, selon l’ordre de Jésus-Christ : « libérer », « guérir », « purifier », « ressusciter » (Marc 16v15-18, Matt.10v7-8, Luc 10v1-9.…), et ce, au Nom de Jésus, le seul Seigneur et seul Sauveur. Où voit-on, que, dans cet ordre, il y ait aussi : « soutenir »/« voter » (et/ou pousser à voter) pour un nouveau messie politique » et soutenir sa croisade ?

« Revenir à l’Evangile » est le nom d’un excellent blogue chrétien : c’est, je crois, ce que nous avons de mieux à faire, comme de revenir aux Ecritures. Il est en effet toujours essentiel de revenir sans cesse à l’Ecriture pour chercher le coeur de Dieu, par rapport à ce que l’actualité – ou à ce qu’un homme/une femme dit « providentiel(le) » – proclame.

Finissons-en également avec les théologies hors sol, pour les remplacer par une bien meilleure théologie : par exemple, à l’approche de Pâques, celle qui nous fait tirer des conséquences pratiques de l’incarnation et de la résurrection de Jésus-Christ ? Lequel Christ fait justement droit à la complexité du réel et dont la mort à la croix met fin à la logique et à la stratégie de recherche du bouc-émissaire.

Notes : 

(1) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2022/02/19/dieu-au-fond-a-droite-quand-les-populistes-instrumentalisent-le-christianisme/

(2) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2022/02/12/zemmour-contre-lhistoire-faire-mentir-le-passe-pour-mieux-faire-hair-au-present-et-ainsi-inventer-un-futur-detestable/

(3) Par ailleurs interpellé par les représentants catholiques et protestants en France Cf https://www.protestants.org/articles/93259-ukraine-protestants-et-catholiques-interpellent-lorthodoxie-russe

(4) Dans le même ordre d’idée, notons encore que si Luther a su redécouvrir l’Evangile du salut par la grâce, par le moyen de la foi et pour la seule gloire de Dieu, « dans le même temps », sa réforme s’est accompagnée d’une compromission complexe à assumer pour les générations à venir : notamment le massacre des paysans et des « schwärmer » [ou « exaltés », les « charismatiques » d’aujourd’hui], ainsi que la négociation permanente et la soumission des églises aux princes des länders allemands, pour « sauver sa réforme ».

A l’heure où certains chrétiens d’aujourd’hui en viennent à soutenir des leaders pourtant « extrêmes » dans leur discours, leur programme, et leur comportement personnel bien peu éthique/biblique, il est frappant de constater, comme nous y invitent notamment Stanley Hauerwas et William H. Willimon dans « Etrangers dans la cité », que « l’Allemagne nazie fut un test dévastateur pour l’Église. Sous le IIIe Reich, l’Église était tout à fait disposée à « servir le monde ». La capitulation de l’Église devant le nazisme, son incapacité théologique à voir clairement les choses et à les nommer font [ou devraient faire] frissonner l’Église encore aujourd’hui. Pourtant, il s’en trouva quelques-uns pour se soucier de dire la vérité…. » (op. cit., pp 91-92), et pour « dire non à Hitler » – lequel Hitler, orateur de génie, s’était présenté « en tant que chrétien », dans son discours du 12 avril 1922, à Munich : « En tant que chrétien, mon sentiment me désigne mon Seigneur et mon Sauveur comme un combattant (…) En tant que chrétien, (…) j’ai le devoir d’être un combattant pour la vérité et la justice. (…) en tant que chrétien, j’ai aussi un devoir envers mon peuple ».

Et comme fort à propos, je tombe sur un article de La Free.ch datant de 2016, lequel exhume un vieil article d’une revue évangélique, édifiante quant aux rapports entre les protestants et le IIIe Reich. Ce rappel pour nous mettre en garde contre les messies en politique, quel que soit leur nom, et particulièrement ceux qui prétendent « défendre la chrétienté » .

Extrait : « Un premier indice de l’affinité de l’ensemble des protestants avec le nationalisme germanique apparaît déjà sous l’Empire allemand de 1871 à 1918. La monarchie prussienne, fondée sur une base idéologique et éthique proche du vieux protestantisme luthérien, passait pour être l’ « Empire protestant allemand ». Les idées sociales d’inspiration chrétienne, le pacifisme (on le taxait de blasphème), la libre-pensée et la démocratie étaient considérés comme des menaces auxquelles il fallait résolument s’opposer. La République de Weimar à partir de 1919 ne fut jamais véritablement reconnue par les chrétiens. Dans une allocution lors de la grande rencontre des Églises (Kirchentag) de 1919 à Dresde, le président de cette manifestation déclara: « La gloire de l’Empire allemand, le rêve de nos pères, c’est là que réside la fierté de chaque Allemand. » Pour cette raison de nombreux chrétiens essayèrent de défendre avec ardeur les valeurs et l’identité nationales. Ils se sentaient tenus à un programme national chrétien.  La peur de la pensée libérale naissante et du bolchevisme russe, menaçant depuis la Révolution d’octobre 1917, poussèrent de nombreux chrétiens à se rapprocher du Parti ouvrier national-socialiste allemand (NSDAP), fondé en 1920. Le programme politique du parti d’Adolf Hitler promettait un retour aux valeurs chrétiennes et la constitution d’un rempart contre le communisme et contre les idées libérales.  Les violences multiples contre ceux qui pensaient autrement, les déportations et les actes d’extermination, les Églises évangéliques ne les imputaient pas publiquement à la volonté d’Hitler, mais à des partisans dévoyés, enclins à l’exagération. Le régime national-socialiste réussit, fort bien et durablement, à éblouir les Églises évangéliques et à les abuser à son profit. En gage de reconnaissance, il octroya à ces Églises la possibilité d’évangéliser librement et de développer pleinement leurs activités chrétiennes. Les Églises évangéliques utilisèrent ces libertés gagnées et se rendirent utiles dans la lutte contre le bolchevisme et la libre-pensée. De leur propre gré et au profit de l’« autorité bienveillante ». Après la chute du IIIe Reich, la direction de la Fédération des Églises évangéliques (de tendance baptiste) déclara qu’un non à l’État et au pouvoir ne lui aurait été permis que si l’annonce de l’Évangile et la possibilité de mener une vie selon les principes chrétiens lui avaient été interdites. Cela n’avait jamais été le cas ! (…) En 1933, après la victoire du Parti national-socialiste, l’Église évangélique libre luthérienne loua cette accession au pouvoir comme un « engagement pour l’honneur et la liberté de l’Allemagne ». Elle fit l’éloge du NSDAP pour son « combat contre la saleté ». Les baptistes, dans le journal Wahrheitszeuge (Témoin de la vérité) parlèrent de l’accession d’Hitler comme de l’avènement d’un « temps nouveau » et vivement désiré. Les Communautés évangéliques libres firent l’éloge dans le journal Gärtner (Le Jardinier) du combat du NSDAP « contre la prostitution, contre l’habitude de fumer chez les femmes, contre le nudisme et contre les abus de la vie nocturne ». Lorsque des rumeurs d’exactions contre les juifs en Allemagne parvinrent à l’étranger, les Églises évangéliques allemandes les taxèrent immédiatement de « propagande scandaleuse ». 

Esther : invitation au voyage au coeur d’un livre méconnu

« Raise your mask », un clip parodique de la fête de Pourim, d’après le livre biblique d’Esther, par « The Ein Prat Fountainheads ».
Exercez-vous à reconnaître Esther, Mordecai (Mardochée), Xerxès, Haman…

Rares sont les livres bibliques dont le titre est le nom d’une femme. C’est le cas pour le livre d’Esther. En exil avec son peuple, la protagoniste, Esther, devient reine des Perses et sauve Israël, devenant une figure de la résistance du faible face à l’oppression. Comment une minorité peut-elle résister à l’asservissement et à l’assimilation ? Cette question au cœur du livre ouvre deux champs de réflexion, l’un sur l’identité, l’autre sur la résistance. Pour répondre à ces questions fondamentales – hier comme aujourd’hui – ce « roman biblique » met en scène différentes stratégies possibles de résistance. 

Celle d’un homme, Mardochée, qui fait face pacifiquement, restant fidèle à lui-même et à son Dieu et refuse ainsi jusqu’au bout de se prosterner face au puissant roi perse. 

Celle d’Esther, qui considère ses faiblesses comme une force et s’en sert avec ruse, sagesse et intelligence pour convaincre le roi de rétablir la justice. 

En dernier recours, une troisième voie, celle de la guerre, est finalement choisie pour contrer des assaillants génocidaires que la raison ne semble pas pouvoir arrêter. 

Ce livre biblique met en valeur la force de la faiblesse de son héroïne éponyme, Esther. Sa ruse, loin d’être présentée de manière négative, apparaît au service de la vie et du salut de son peuple opprimé. 

Un numéro des cahiers bibliques de « Foi & vie »(1), la revue protestante de culture, nous entraîne à la découverte de ce récit captivant. 

Le lecteur sera convié à la cour du roi perse : il sera témoin des intrigues de palais, participera aux banquets somptueux, entendra musique et rires, rencontrera des personnages un brin burlesques, dans une ambiance parfois carnavalesque. Il éprouvera aussi frissons et suspense face au sort du peuple d’Israël. Si aux premiers abords, l’histoire racontée dans Esther semble simple, le livre est en réalité plus complexe qu’il n’y paraît. Nous en avons en effet plusieurs versions différentes. Se posent ainsi les questions de son écriture et du contexte historique dans lequel il a vu le jour, mais aussi du traitement des thématiques tragiques qu’il aborde sur le mode léger du conte. Pour passionnant qu’il soit, ce livre n’a guère trouvé fortune dans la tradition chrétienne, qui l’a délaissé, contrairement à la tradition juive qui célèbre chaque année la victoire d’Esther lors de la fête de Pourim (2) – laquelle débute ce soir. 

Aujourd’hui encore, Esther n’est que très peu lu dans le cadre liturgique en milieu chrétien : il est absent du Lectionnaire des dimanches et fêtes de l’Église catholique et seuls quelques très brefs extraits des prières sont proposés en lecture dans le cadre de messes votives ou le premier jeudi de carême. Il est donc possible pour le bibliste du dimanche, même le plus assidu, de ne jamais rencontrer Esther. Cette chance est réservée à celui qui ose s’affranchir du lectionnaire pour se plonger dans la lecture de la Bible en dehors des sentiers qu’il balise. 

Ce cahier est une invitation au voyage au cœur de ce livre biblique méconnu et des traditions qui lui sont liées.

Trois articles traversent l’ensemble du livre pour proposer autant de portes d’entrées : Jean-Daniel Macchi présente un premier regard d’ensemble sur Esther, en introduisant non seulement au livre lui-même mais aussi aux problèmes qu’il pose à l’exégète. Catherine Vialle aborde ensuite l’ensemble en interrogeant les figures féminines du livre. Marie-Pierre Cournot invite au voyage à travers les fêtes et les banquets qui ponctuent l’ensemble et y explore en particulier la relation entre humains et Dieu qui s’y joue. 

Quatre ouvertures prennent ensuite le relais pour proposer des approfondissements et des prolongements. Lionel Thébaud se penche sur le Songe de Mardochée, montrant comment les additions grecques donnent à l’ensemble une orientation apocalyptique. Madalina Vartejanu invite à explorer la part comique de ce livre où se déploie une ironie souvent mordante envers les puissants et Constance Luzzati visite l’histoire d’Esther telle qu’elle a été mise en musique par Haendel. 

Enfin, David Veldhuizen propose une approche sensorielle d’Esther à partir d’une expérience de lecture augmentée menée en Ehpad. 

À travers l’ensemble des articles et ouvertures qui composent ce cahier biblique, le souhait de l’équipe de « Foi & vie » est que chaque lecteur, chaque lectrice, se sente invité à la lecture d’Esther et à la (re)découverte de son univers foisonnant, et véritablement passionnant.

Bonne lecture et « Hag Pourim Saméah ! » (Joyeuse fête de Pourim !) 

Notes :

(1)La revue « Foi & Vie. Revue protestante de culture » est devenue une revue numérique et gratuite. Elle comprend six numéros par an, dont trois numéros thématiques (cinq ou six articles sur le thème, deux ou trois varia, et une revue des livres), un « Cahier Biblique », un « Cahier du Christianisme social » et un « Cahier d’études juives ». Il est possible de recevoir gratuitement cette revue : il suffit de se rendre sur son site, de cliquer en haut à droite et « S’inscrire » puis « Je m’abonne gratuitement » pour chaque numéro en PDF par mail.

(2) Esther est le seul livre du canon biblique qui, en dehors des cinq livres de la Torah, ait donné lieu à une fête juive, la fête de Pourim. Étymologiquement, « Pourim » signifie « les sorts » – le sort tiré par Haman de la date du massacre de tous les Juifs en un seul jour, ainsi que son annulation grâce à Esther. De là l’espérance de pouvoir échapper à une fatalité apparemment incontournable. À Pourim, les Juifs font un joyeux festin et mangent notamment des pâtisseries appelées « les oreilles d’Haman ». Ils envoient des portions de nourriture à leurs amis et font des dons aux pauvres. Les enfants ont aussi l’habitude de se déguiser, et parfois même les adultes : c’est la période des carnavals, pour signifier qu’il faut chercher derrière les masques les traces de la Providence divine. On lit le Rouleau d’Esther (en hébreu Meguilat Esther = « révéler le caché ») et il est d’usage de faire du bruit à chaque mention du nom d’Haman, lors de la lecture !  

« Bientôt Pâques ! » Un voyage biblique pour toute la famille

(Source image : BLF éditions)

Le saviez-vous ? Dieu est le Dieu de la fête et de la joie. Il a à cœur la réjouissance et a mis en nous le sens de la réjouissance !

Le saviez-vous ? Pâque (sans « s ») ou « Pessah » est l’une des fêtes bibliques majeures pour nos amis juifs, laquelle, selon le livre de l’Exode, est une fête de la mémoire, du souvenir de ce que Dieu a fait pour Son peuple, et de la liberté.

De même, la fête la plus importante – et le meilleur moment de l’année – pour les chrétiens n’est pas Noël…mais Pâques !

Cette fête célèbre en effet la résurrection de Jésus-Christ, de là son importance, car « si Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine » (1 Cor.15v12-19), avec cette espérance que notre dernier ennemi, la mort, n’aura pas le dernier mot !

« Bientôt Pâques ! », c’est le cri de ceux qui accueillent une fête tant attendue, et aussi le titre d’un livre d’Ed Drew, paru chez BLF, qui nous propose de la vivre comme un voyage biblique pour toute la famille en 10 minutes par jour, grâce à des animations simples, courtes et adaptées à tous.

En effet, cette fête n’est pas faite ( !) pour être fêtée seul : elle est une occasion de se réjouir à plusieurs, à l’instar des hébreux qui devaient se retrouver à plusieurs familles dans les maisons, pour manger leur agneau pascal.

Ce voyage biblique nous fait cheminer à travers l’Évangile selon Luc et certains passages de l’Ancien Testament, pour découvrir l’histoire la plus époustouflante jamais racontée : la mort et la résurrection de Jésus-Christ.

Chaque jour, en marchant sur les traces de Jésus, nous découvrons une nouvelle histoire :

  • Louer le retour du roi lorsque Jésus entre dans Jérusalem sur un ânon.– Écouter comment un homme innocent est condamné à la punition suprême.
  •  Pleurer la mort du roi de l’univers.
  • Goûter au soulagement de savoir que la souffrance de Christ nous conduit dans son royaume.
  •  Contempler le roi ressuscité.
  •  Imaginer la colline à l’extérieur de Jérusalem, depuis laquelle les disciples regardent leur meilleur ami être enlevé au ciel pour régner.
  • Découvrir la plus grande histoire de toute l’Histoire de l’humanité.

Il suffit de consacrer dix minutes par jour pour se préparer à Pâques en famille, ou, s’il n’y a pas d’enfants, en couple ou entre amis.

Il y a cinq études par semaine, mais si le rythme de cinq études par semaine paraît irréaliste, les « histoires clés » sont indiquées dans le livre pour nous aider.

Le point fort du livre réside dans les animations dynamiques et créatives proposées, faciles à suivre, basées sur l’Évangile de Luc. Des questions sont adaptées à tous les âges, 3-4 ans, 5-7 ans, 7-12 ans, adolescents et adultes, pour n’oublier personne, et devraient susciter des discussions passionnantes en famille ou entre amis.

A bientôt, à Pâques ! « Le Seigneur est réellement ressuscité ! »

En bref : « Bientôt Pâques ! Un voyage biblique pour toute la famille en 10 minutes par jour », de Ed Drew. BLF éditions, 2022. Reçu gracieusement en service presse de la part de l’éditeur, que je remercie !

Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies, ici ou .

L’auteur : Pendant douze ans, Ed Drew a travaillé auprès des enfants dans une église de la banlieue londonienne. Il est actuellement le directeur de Faith in Kids (faithinkids.org). Il est marié à Mary et a trois enfants.

Table des matières

Avant de commencer

Tableau des histoires clés

Jour 1 : Le retour du Roi
Jour 2 : La promesse d’un Roi monté sur un ânon
Jour 3 : Le grand ménage dans le temple
Jour 4 : Tous contre Jésus
Jour 5 : Exactement comme Jésus l’avait dit
Jour 6 : Le corps et le sang
Jour 7 : Comme un agneau
Jour 8 : La grande déclaration de Pierre
Jour 9 : Jésus boit la pire coupe
Jour 10 : Arrêté par les gardes
Jour 11 : Abandonné
Jour 12 : Harcelé, battu, ridiculisé
Jour 13 : Je suis
Jour 14 : Il n’a rien fait de mal
Jour 15 : Crucifie-le ! Crucifie-le !
Jour 16 : Cloué sur une croix
Jour 17 : C’est par ses blessures que nous sommes guéris
Jour 18 : Sauve-toi toi-même
Jour 19 : Sauvé de justesse !
Jour 20 : Les ténèbres et le voile déchiré
Jour 21 : Traité comme un ver
Jour 22 : Il est mort
Jour 23 : Déposé dans un tombeau
Jour 24 : La mort promise
Jour 25 : Il n’est pas ici !
Jour 26 : Du grand n’importe quoi ?
Jour 27 : Vu (mais pas reconnu)
Jour 28 : Comme un feu dans notre cœur
Jour 29 : Il a reçu tout pouvoir pour l’éternité
Jour 30 : Vu, touché, nourri
Jour 31 : Proclamez son nom
Jour 32 : Il est parti, mais nous sommes dans la joie !
Jour 33 : Un Vendredi saint et bon !
Jour 34 : Quelle joie !

Chronologie biblique

Conseils pratiques

« Pourquoi certains chrétiens ne regardent que les questions morales dans leur choix pré-électoral ? » 

Lui : « Je vais sauver notre mariage » ; Elle : « Tu vas arrêter de boire, de me tromper, de me battre et tu vas consulter? » ; Lui : « Mon Dieu non ! Je vais voter pour interdire le mariage gay ! » (Source : dessin paru dans « The Free Lance – Star ». Fredericksburg, Virginie. USA)

Une question de l’internaute « Caro » posée sur le site « 1001 questions », laquelle a reçu la réponse suivante du « répondant » :

« Effectivement, une partie des électeurs chrétiens accordent beaucoup d’importance à des critères comportementaux, moraux ou éthiques pour choisir pour qui ils voteront. Et les candidats le savent bien : se positionner contre l’avortement, contre le mariage gay, contre la polygamie de certains, a un fort potentiel de séduction à l’égard de certains chrétiens, qui font de ces sujets des enjeux premiers.

C’est assez étonnant quand le ministère de Jésus proposait une toute autre posture, aider une femme (en Jean 8) à sortir de sa logique d’adultère plutôt que de la condamner, contribuer à réintégrer des exclus (en Luc 17v11-19) plutôt que de les stigmatiser, choisir le pardon plutôt que la condamnation (Jean 3,16-17).

Ce sont sur d’autres sujets éthiques que Jésus s’est fortement positionné« . Des priorités à découvrir comme autant de critères de discernement pour nos choix ou nos votes, dans la suite de l’article à lire sur 1001 questions.

L’Evangile renversant : pour une lecture libératrice de la Bible, de Bob Ekblad

« Malheur à vous, pauvres, car vous n’êtes que des assistés ! » (Luc 6v24 et Jacques 5v1)

« L’Esprit du Seigneur est sur moi, il m’a choisi pour son service afin d’apporter la bonne nouvelle aux riches » (Luc 4v18)

« Heureux celui qui s’intéresse au riche ! Au jour du malheur l’Éternel le délivre… » (Psaume 41v1)

« Opprimer le riche, c’est outrager celui qui l’a fait; Mais avoir pitié de lopulent, c’est l’honorer (Prov.14v31).

Si c’est là ce que vous lisez dans votre Bible, changez de Bible.

Pourtant, c’est ce qui est parfois dit du haut de la chaire, ou ailleurs, donnant à penser que les affirmations ci-dessus se trouveraient réellement dans la Bible, et que Jésus serait venu apporter « une (bien) mauvaise nouvelle aux pauvres ».

C’est ainsi que « dans l’expérience de nombreuses personnes, la Bible a été utilisée comme une arme contre elles par des gens en position d’autorité », qu’il s’agisse des parents, des enseignants, des évangélistes, des pasteurs, des prêtres ou des missionnaires », souligne Bob Ekblad dans « L’Evangile renversant : pour une lecture libératrice de la Bible » (p33), paru aux éditions Scriptura en février 2022.

« Un pasteur dit à une jeune femme séropositive qu’elle ne doit pas toucher la Bible parce qu’elle est impure ». Un autre « pasteur conseille à une femme victime d’abus répétés de la part de son mari de continuer à se soumettre à lui ». Ou encore, « une famille chrétienne dit à l’un des siens sans emploi que son chômage est une punition de Dieu pour son péché », quand une autre « laisse son enfant handicapé à la maison pour aller à l’église, parce que son échec à être guéri fait honte à la famille (….). A chaque fois, la Bible est utilisée pour proclamer cette mauvaise nouvelle » (op. cit., p 10)

Alors que « le mois de la Bible » approche, événement organisé par l’Alliance Biblique Française, en collaboration avec le syndicat des libraires de littérature religieuse, quoi de mieux que cet ouvrage de Bob Ekblad que j’attendais (et l’un des meilleurs lus à ce jour), pour (re)découvrir en quoi l’Evangile est le message libérateur et renversant qui se trouve dans l’Écriture [une bonne nouvelle « proclamée premièrement aux pauvres » cf Luc 4v18-19] et le plus clairement énoncé dans la vie et l’enseignement de Jésus de Nazareth ?

Ecrit 12 ans après « Lire la Bible avec les exclus »(Olivetan, 2008), qui décrit une première tentative de communiquer une lecture libératrice de la Bible avec les personnes « aux marges », « ce livre donne un aperçu de cet Évangile de la résistance » et « inclut des perspectives et des suggestions sur la façon de recevoir et de préparer des études de la Bible qui engendrent une transformation holistique. Le point central de ce livre est de proposer des manières pratiques d’animer des conversations autour de la Bible dans des situations de marginalité, avec des personnes qui n’ont pas l’habitude d’être appelées par Dieu » (op. cit., p 16).

Mais, « bonne nouvelle » : cette bonne nouvelle découverte parmi les détenus, les toxicomanes et les membres de gangs peut aussi « enflammer les cœurs des personnes participant à des cercles plus ordinaires ou du courant majoritaire, qui trouvent la Bible terne, sans lien avec leurs vies, ou bien étrangère et problématique ». Bob Ekblad est ainsi « convaincu que lire la Bible peut nourrir notre foi et inspirer des actions de libération qui apporteront des transformations personnelles et sociales » (op. cit., p 17).

 « L’Évangile renversant : pour une lecture libératrice de la Bible » est un manuel de « formation » attendu et bienvenu, qui cherche à aider ses lecteurs à oser « envisager l’étendue de la révolution de Jésus pour que nous puissions y participer plus pleinement » (op. cit, p 18).

La partie 1 du livre nous invite à nous « préparer à des rencontres libératrices » :

Dans le chapitre 1, il s’agit de suivre le « commandant Jésus », né dans un monde marqué par l’oppression et l’injustice pour annoncer et incarner ce que Bob Ekblad appelle « le mouvement de libération globale de Dieu », et de découvrir sa stratégie « d’infiltration derrière les lignes ennemies de façon clandestine ».

Le chapitre 2 identifie les postulats essentiels sous-jacents à des lectures libératrices de l’Ecriture (« Jésus est la révélation de Dieu » et « incarne l’amour acharné de Dieu » ; Jésus inaugure une nouvelle façon de combattre le mal qui fait la différence entre les ennemis « en chair et en os » et les ennemis spirituels ; « le péché ne nous sépare pas de Dieu » ou si notre péché nous fait nous détourner de Dieu, Dieu n’est pas « empêché » de nous chercher activement…) , ainsi que les pièges à éviter : s’attendre à de mauvaises nouvelles en lisant la Bible, domestiquer l’Ecriture, les lectures « moralistes » et « héroïques » (en cherchant des modèles « exemplaires » à imiter), la passivité, le fatalisme, l’incroyance et le cynisme….

Le chapitre 3 décrit la mission plus large de Dieu à travers l’Ecriture, avec un excellent et pertinent « survol » de l’Ancien et du Nouveau Testament, qui vaut le détour.

Le chapitre 4 nous propose une étude de cas avec la rencontre entre Jésus et la femme samaritaine, sans oublier sa communauté.

La partie 2 se concentre sur les manières d’animer des études bibliques interactives ou « rencontres libératrices » :

Comment nous caler sur la vision de Jésus (chapitre 5)

Comment pouvons-nous entendre et percevoir des révélations prophétiques (chapitre 6)

Comment préparer des messages libérateurs (chapitre 7)

Comment animer des études bibliques dans différents contextes (chapitre 8)

Comment employer les dons de l’Esprit décrits en 1 Corinthiens 12 et en Romains 12 comme « des tactiques de guérilla » ou « de résistance », pour la gloire de Dieu, en « bons intendants de la grâce si diverse de Dieu » (1 Pierre 4v10-11), que l’on conduise des études bibliques, que l’on prêche ou que l’on enseigne(chapitre 9).

Au final, une approche audacieuse – qui pourra rebuter – et salutaire, privilégiant une saine déconstruction/reconstruction dans une perspective libératrice, dont nous avons le plus grand besoin. Stimulant, dense et éclairant, « L’Evangile renversant » m’a beaucoup apporté sur le plan personnel, et encouragé à poursuivre et transmettre une pratique d’enseignement et d’animation biblique dans cet esprit.

Manuel pratique solidement étayé sur le plan biblique, à mi-chemin entre la théologie et le témoignage, le livre est aussi particulièrement recommandable en ce qu’il invite à nous attacher et à nous laisser conduire par le « Dieu véritable » –Père, Fils et Saint-Esprit (lequel ne connaît pas de frontière dénominationnelle). Car si Jésus-Christ peut nous être familier, il ne saurait être domestiqué, puisqu’Il ne cesse d’être Seigneur quand il parle.

.

En bref : « L’Evangile renversant : pour une lecture libératrice de la Bible », de Bob Ekblad*. Editions Scriptura, 2022. Reçu gracieusement en service presse de la part de Laurène de La Chapelle, chargée de communication à l’Alliance Biblique Française, que je remercie, ainsi que les éditions Scriptura.

Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies, notamment ici.

*Par l’auteur de « Lire la Bible avec les exclus » (Olivetan, 2008) et « accueillir l’exclu » (Scriptura, 2019).

Pasteur de l’Eglise presbytérienne des Etats-Unis, docteur en théologie en Ancien Testament, aumônier à la prison de Skagit, Bob Ekblad est directeur exécutif de Tierra Nueva et du séminaire du peuple à Burlington, Etat de Washington. Il enseigne et anime de nombreux groupes de lecture de la Bible à travers le monde. Avec sa femme Gracie, ils vivent près de Seattle sur la côte Ouest des Etats-Unis mais se rendent régulièrement en France pour donner des formations.

En savoir plus sur l’auteur : écouter son témoignage et découvrir l’origine de son appel et de sa vocation

En savoir plus sur son ministère.

Un enjeu spirituel : vivre en « enfants de lumière » dans le siècle présent

« Christ », Notre Seigneur, « est la lumière » : quelle conséquence pratique pour nous, qui prétendons le suivre, aujourd’hui ?

« Tu t’abstiendras de toute parole mensongère », nous commande Exode 23v7 [TOB : « de toute cause mensongère »]. Mot à mot : « tiens-toi loin ». Il ne s’agit pas seulement de ne pas mentir, mais de se tenir éloigné du mensonge, de prendre ses distances pour ne pas laisser le moindre espace au mensonge.

Le psaume 34v14 ne dit pas autre chose : « préserve ta langue du mal, tes lèvres des paroles trompeuses ».

Dans la Bible, la première fois où il est question de mensonge et de menteur se trouve dans la Genèse. Dès Genèse 3v1, plus exactement, où nous voyons apparaître en Eden le maître du mensonge (« le big boss des fake news », dirait-on aujourd’hui en bon « franglais »), le serpent, lequel « était la plus astucieuse de toutes les bêtes des champs que le Seigneur Dieu avait faites ». Il est celui qui médit sur Dieu, qui insinue et qui ment, « enduisant d’erreur » et instillant le soupçon dans l’esprit de l’humain, en disant à la femme : « Dieu ne vous veut aucun bien, il vous craint, il a peur que vous deveniez comme lui ». Aujourd’hui, ce serait : « on vous ment, on vous cache des choses, vous êtes trop malins pour ça… ».

Gober le mensonge du menteur a conduit l’humain à la rébellion – laquelle « vaut le péché de divination » (1 Sam.15v23): l’humain porte alors un regard différent sur le seul arbre interdit (face à une multitude de possibilités offertes par Dieu), puis en mange…et le fruit une fois consommé, le mensonge du serpent se trouve dévoilé : au lieu d’être « comme des dieux », les humains découvrent qu’ils sont nus (Gen.3v4-7).

Le mensonge a toujours été l’arme de ceux qui voulaient détourner les autres du droit chemin. Martin Luther écrit, dans ses « propos de table » (Aubier, 1992, p 342), que « le mensonge est toujours tordu et se recourbe comme un serpent qui n’est jamais droit, soit il rampe, soit il se dresse. Ce n’est que lorsqu’ils sont tués que serpent et mensonge sont droits et sans nocivité ».

En hébreu, le verbe mentir a la même racine que les mots « figer », « geler » et « lier », « enchaîner ». Le mensonge est une façon de se figer, de ne pouvoir ni parler selon son cœur, ni bouger. Quand la vérité n’est plus respectée, plus rien ne circule, comme si, dans un corps vivant [y compris dans un corps social ou même le corps de Christ ?], tout se coagulait. Le mensonge a tendance à se multiplier, entraînant d’autres mensonges qui nous enferment progressivement dans leurs filets. Le menteur est ainsi pris dans une sorte d’engrenage, « condamné » à enchaîner sans fin ses contrevérités pour que le mensonge soit maintenu. De là notre responsabilité de refuser de relayer ce qui se dit notamment sur les réseaux @sociaux [par exemple, le mensonge d’une « élection volée », qui a conduit à une émeute un certain 6 janvier]. Or, si la chaîne du mensonge casse, la vérité refait surface et tout se dévoile.

En plus d’être menteur, le serpent est aussi séducteur en faisant croire à l’homme qu’il lui est possible de faire ce que ce son désir veut (« No limit », « la liberté sans entrave », « dire tout et n’importe quoi »), sans craindre les conséquences. Nous savons que c’est un gros mensonge, mais nous avons tellement envie de le croire. Ainsi depuis la chute, l’homme et la femme ne sont pas devenus des adultes assumant leurs actes, mais plutôt des enfants ou « des ados » accusant cesse les autres pour se chercher des excuses, entretenant un esprit de victime.

Il n’est ainsi pas possible de justifier le mensonge ou la tromperie au nom de la défense « des valeurs », comme si « la fin justifiait les moyens », vu que Dieu interdit d’invoquer Son Nom pour tromper (Exode 20v7), comme pour faire du tort à son prochain ou défendre ses propres opinions. Dans l’Ancien Testament, ceux qui invoquent le nom de Dieu pour tromper sont les faux prophètes qui ne disent pas la Parole de Dieu, mais ce que les gens – et particulièrement les puissants – veulent bien entendre.

« Etre en vérité » n’est pas qu’une vertu morale : c’est aussi une façon de se tenir droit face au monde, c’est le choix d’être en vérité, en parfaite honnêteté devant son prochain.

Le contraire du faux témoignage est la lumière : Au commencement, Dieu a créé la lumière. Jésus est lumière, « Dieu est lumière et il n’y a en lui aucune ténèbre », nous disent l’Evangile et la première lettre de Jean. Celui qui est « le véritable et la vie éternelle » nous appelle à vivre dans la lumière, laquelle se mesure en vérité, en simplicité et en transparence. En tant qu’ « enfants de lumière », nous avons à manifester le fruit de la lumière : bonté, justice et vérité (Eph.5v8-9).

Enfin, il est vital de « se tenir loin » du mensonge, parce que le mensonge est dangereux : le commandement de s’abstenir de toute parole mensongère est liée à celui de ne pas tuer, comme le souligne le verset 7 d’Exode 23, lequel fait le lien entre le mensonge et la violence. Dans son discours de réception du prix Nobel, Alexandre Soljenitsyne a dit : « la violence ne trouve son refuge que dans le mensonge et le mensonge ne trouve son appui que dans la violence. Tout homme qui a opté pour la violence doit inexorablement choisir le mensonge comme son principe ». Comme le mensonge finit toujours en impasse, le menteur ne peut s’en sortir que par la violence. Utiliser le mensonge pour justifier ou camoufler un méfait est l’essence du totalitarisme.

D’après NOUIS, Antoine.  La Bible. Commentaire intégral verset par verset/1. Le pentateuque. Olivetan/Salvator, 2021, P 32-33, 317, 333. Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies.