« Ne parlez pas de complot chaque fois que l’on parle de complot »

« La crainte de Dieu dans les Écritures (…)libère plutôt une grande force car celui qui craint Dieu ne peut craindre autre chose… » (Source : rawpixel)

Dans « La Dernière Bataille », le dernier tome de la série « Les Chroniques de Narnia » de CS Lewis, il y est notamment question de nains individualistes et sceptiques à un point qu’ils se retrouvent prisonniers dans une réalité alternative, « une prison mentale », celle qu’ils se sont forgée dans leur propre esprit. Ayant choisi « la rouerie plutôt que la foi » (ou la confiance), ils ne laissent plus personne les aider à discerner/reconnaître le réel [incapables de voir, sentir ou d’apprécier des mets succulents, persuadés de « manger du foin » ou de boire « de l’eau sale dans un auge qui aurait servi à un âne », quand il s’agit d’excellent vin dans une coupe d’or], « si soucieux de ne pas se faire avoir qu’on ne peut (plus) le leur faire savoir ».(CS Lewis. La Dernière Bataille, Les Chroniques de Narnia, T VII. Gallimard jeunesse 2008, folio junior, pp 169-175). Ils se retrouvent donc « immunisés » à la vérité, au réel.

Ceci dit, alors qu’il y aurait de bonnes raisons d’être « prudents » (pour employer cet euphémisme), Notre Dieu ne souhaite pas que nous entrions dans le discours paranoïaque et complotiste :

« Ne parlez pas de complot chaque fois que ces gens parlent de complot. N’ayez pas peur de ce qui leur fait peur. N’ayez pas peur d’eux.  Reconnaissez  que c’est le SEIGNEUR de l’univers qui est saint.  C’est lui que vous devez respecter,  c’est de lui que vous devez avoir peur(…)il sera un lieu saint,  une pierre qui fait perdre l’équilibre, un rocher qui fait tomber » (Esaïe 8v12-14. PDV), mais celui qui met en elle sa confiance ne sera pas déçu. il ne le regrettera pas (1 Pie 2v6 et Rom. 9v33).

En effet, craindre Dieu dans les Ecritures, loin de décourager, est en réalité libérateur, puisque celui qui craint Dieu ne peut craindre autre chose.

 

 

Et si vous cherchez une idée de lecture pour le week-end, voici notre recension de « La Joie de craindre Dieu », de Jerry Bridges.

Le culte : ou comment nous exercer à regarder dans la bonne direction

Le culte nous exerce à regarder dans la bonne direction (Source image : public domain pictures)

Certains ont du se dire : « allons ! Plaignons-nous tous ensemble, pour avoir un impact médiatique ! »

Beaucoup de magasins sont fermés à cause du confinement. Les commerçants demandent au gouvernement le droit de rouvrir leurs boutiques dès le 27 novembre pour le « black friday ». Ce sera finalement le cas le 28/11, hors bars et restaurants, à certaines conditions précisées par le Président de la République, lors de son allocution télévisée du 24/11 (1)

Certains catholiques, quant à eux, réclament de pouvoir à nouveau assister aux messes – les règles qui restreignent temporairement, dans le cadre du confinement, la célébration collective du culte étant encore en vigueur.  Ce cadre, dicté par l’impératif sanitaire liée à l’explosion de l’épidémie de Coronavirus sur le territoire national, avait été validé par le Conseil d’État dans son ordonnance du 7 novembre 2020.

Plusieurs manifestations ont eu lieu le week-end dernier en France, notamment à l’appel du collectif Pour la messe, demandant la reprise des célébrations publiques. Des rassemblements ont eu lieu le dimanche 22 novembre à Bordeaux, à Vannes, Saint-Maur-des-Fossés, Nantes, Angers, Montpellier, ou encore à Clermont-Ferrand  – à l’initiative de Civitas, association catholique intégriste (2).

Une autre initiative remarquée est la manifestation prévue dimanche 22 novembre à 17h, devant l’église Saint-Sulpice à Paris 6e, laquelle se heurte au refus de la préfecture de police qui ne veut pas de ce type de rassemblement. Assisté d’un avocat, Jean-Benoît Harel, étudiant de 23 ans et animateur de l’émission « Orient Extrême » sur Radio Notre Dame, l’un des initiateurs de la pétition « Pour la messe », qui a déjà recueilli plus de 106 000 signatures, dépose un référé-liberté au tribunal administratif samedi 21 novembre dans l’après-midi et obtient gain de cause. « Alors qu’il n’a fait valoir aucune nécessité de préserver un trouble à l’ordre public, le préfet de police doit être regardé comme interdisant par principe une manifestation qui, par son but ou par sa forme, serait une manifestation extérieure d’un culte. Par conséquent, sa décision en tant qu’elle conditionne la tenue d’une manifestation à l’interdiction de faire des prières de rue, porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifestation », a estimé le juge des référés dans son ordonnance rendue le jour même.  Satisfait de la décision, Jean-Benoît Harel s’est réjoui d’avoir « arraché le droit de prier »(3).

Une initiative que certains, parmi les Evangéliques, jugent « courageuse » et « digne d’être encouragée », pour ne pas dire « excellente », au point de participer au rassemblement de dimanche à Paris.

Est-ce la bonne façon de qualifier ces attitudes revendicatives quand toutes les autres religions, chrétiennes (protestantes, orthodoxes, anglicanes), islamiques, juives, bouddhistes … acceptent ces mesures sanitaires de solidarité et de citoyenneté pour la protection et la santé de tous ?

Pour rappel, l’objectif du culte [se terminant par un « envoi » ou un « allez » vers les autres] est de nous exercer à regarder dans la bonne direction, laquelle n’est pas nous-même, mais le Seigneur lui-même, de sorte que lui seul soit glorifié, c’est à dire rendu visible tel qu’il est en vérité et en réalité. Sachant, comme le relève Tony Reinke dans « la guerre des spectacles » (BLF 2020, p 25), que « nous sommes des créatures façonnées par ce qui attire notre attention, et ce à quoi nous accordons notre attention devient notre réalité objective et subjective (…) Nous prêtons attention à ce qui nous intéresse ; nous devenons semblables à ce que nous regardons ».

Toute cette agitation (« rendez-nous la messe » en présentiel !) de la part de fidèles catholiques zélés se sentant lésés, par ailleurs désavouée par des prêtres, tels Mgr Mario Grech et le père Arnaud Montoux, dont je vous recommande les mises au point (4) – et derrière laquelle se cachent certains mouvements traditionalistes intégristes identitaires, y contribue-t-elle ? Personnellement, je ne le crois pas. Elle me paraît même imprudente (5) et peu sage, contre-productive et irresponsable, en cette période de crise sanitaire où il est essentiel de veiller à ne pas être un danger et une occasion de chute pour les autres.

Entre « se focaliser sur ses droits » en mode lobbyiste et « l’amour (qui) ne cherche pas son intérêt » (1 Cor.13v5) , certains ont manifestement choisi….(6)

Ironie du sort : le Centre évangélique 2020, qui a eu lieu les 23 et 24 novembre sur Zoom avait justement pour thème : Aimer son prochain !

Pour ce qui est des prières de rue, voici ce qu’a enseigné Jésus à ce sujet en Matt 6v5-6.

Quoiqu’il en soit, confinés ou pas, Jésus reste Jésus, « le même, hier, aujourd’hui et éternellement » : « Dieu sauve » et « Dieu élargit ».

 

Textes bibliques à méditer :

« Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu que j’ai moi-même en faveur, j’ai mis mon Esprit sur lui. Pour les nations il fera paraître le jugement, il ne criera pas, il n’élèvera pas le ton, il ne fera pas entendre dans la rue sa clameur » (Esaïe 42v1-2)

« Appelle à plein gosier, ne te ménage pas, comme la trompette, enfle ta voix, annonce à mon peuple ses révoltes, à la maison de Jacob ses fautes. C’est moi que jour après jour ils consultent, c’est à connaître mes chemins qu’ils mettent leur plaisir, comme une nation qui a pratiqué la justice et n’a pas abandonné le droit de son Dieu. Ils exigent de moi des jugements selon la justice, ils mettent leur plaisir dans la proximité de Dieu ……» (Esaïe 58v1-12)

« S’il y a donc un appel en Christ, un encouragement dans l’amour, une communion dans l’Esprit, un élan d’affection et de compassion, alors comblez ma joie en vivant en plein accord. Ayez un même amour, un même cœur ; recherchez l’unité ; ne faites rien par rivalité, rien par gloriole, mais, avec humilité, considérez les autres comme supérieurs à vous. Que chacun ne regarde pas à soi seulement, mais aussi aux autres. Comportez-vous ainsi entre vous, comme on le fait en Jésus Christ : lui qui est de condition divine n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être l’égal de Dieu. Mais il s’est dépouillé, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes, et, reconnu à son aspect comme un homme, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a conféré le Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse, dans les cieux, sur la terre et sous la terre, 11et que toute langue confesse que le Seigneur, c’est Jésus Christ, à la gloire de Dieu le Père ». (Philipp.2v1-11)

 

 

 

Notes : 

(1) https://www.20minutes.fr/economie/2916095-20201124-confinement-emmanuel-macron-rouvre-boutiques-28-novembre-soulage-commercants

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Civitas_(mouvement)

(3)  https://www.la-croix.com/Religion/cultes-rencontrent-gouvernement-preparer-lapres-confinement-2020-11-22-1201125967 ; https://actu.fr/ile-de-france/paris_75056/a-paris-une-manifestation-des-catholiques-prives-de-messe-pourra-avoir-lieu-devant-saint-sulpice_37638861.html ; https://www.leparisien.fr/paris-75/la-priere-sera-autorisee-ce-dimanche-devant-l-eglise-saint-sulpice-a-paris-22-11-2020-8409740.php

(4) Mgr Mario Grech, secrétaire général du Synode des évêques et nouveau cardinal, porte un regard très critique sur ces attitudes lors d’un entretien accordé le 02/11 à la revue jésuite La civiltà Cattolica (Publié sur le site aleteia.org le 4.11.20) : « Il n’y a pas d’autre sens pour notre vocation dans l’Église et dans le monde que de s’engager à annoncer l’Évangile, à aider l’homme d’aujourd’hui à rencontrer Jésus-Christ », déclarait le nouveau cardinal après sa nomination. Cela semble évident, mais résonne surtout comme un avertissement en France et aux Etats-Unis, où des esprits troublés, clercs et laïcs, parlent moins de l’Évangile du Christ que des « droits des catholiques » – et réclament pour ceux-ci (seuls) le privilège d’ignorer la lutte commune pour la santé publique, commente le journaliste-blogueur catholique Patrice de Plunkett.

Dans son entretien à la revue jésuite, Mgr Grech enfonce le clou à propos de la crise sanitaire : « Nous devons espérer que cette crise, dont les effets nous accompagneront pendant longtemps, sera un moment opportun pour nous, en tant qu’Église, pour ramener l’Évangile au centre de notre vie et de notre ministère. » Car « beaucoup sont encore analphabètes de l’Évangile », constate-t-il… … Mais la pandémie, et les confinements qu’elle entraîne en réponse, mettent brusquement en lumière l’un des handicaps du catholicisme occidental : « un certain cléricalisme est apparu. Sur les réseaux sociaux, nous avons assisté à un certain degré d’exhibitionnisme et de piétisme qui relève davantage de la magie que de l’expression d’une foi mature », déplore-t-il. « De nombreuses initiatives pastorales de cette période, explique-t-il, ont été centrées sur la seule figure du prêtreOr « la fidélité du disciple à Jésus ne peut être compromise par le manque temporaire de la liturgie et des sacrements…  « Certains ont même dit que la vie de l’Église a été interrompue ! Et c’est vraiment incroyable. Dans la situation qui a empêché la célébration des sacrements, nous n’avons pas réalisé qu’il y avait d’autres façons de faire l’expérience de Dieu », regrette-t-il, ajoutant que le fait « que beaucoup de prêtres et de laïcs soient entrés en crise parce que nous nous sommes soudainement retrouvés dans la situation de ne pas pouvoir célébrer l’Eucharistie [en présence du peuple] est en soi très significatif ».

Allant plus loin encore, il juge « curieux que beaucoup de gens se soient plaints de ne pas pouvoir recevoir la communion et célébrer les funérailles à l’église, mais qu’ils ne se sont pas autant préoccupés de la manière de se réconcilier avec Dieu et le prochain, d’écouter et de célébrer la Parole de Dieu et de vivre une vie de service ».

Arnaud Montoux, prêtre d’Auxerre, quant à lui, s’exaspère face à la campagne lancée pour le rétablissement de la messe, dans une mise au point publiée sur sa page facebook : « Merci à mes contacts d’avoir la gentillesse de ne plus m’adresser la vidéo de ce jeune gars tout à fait sympa, qui demande « la Messe » avec grande fougue et quelques approximations théologiques, anthropologiques et sociologiques regrettables…Comment lui en vouloir? Je crois que j’en veux surtout aux adultes et à ceux qui ont reçu une mission ecclésiale, de l’avoir stimulé en lui faisant croire qu’il serait un vrai pur s’il montait au créneau, au lieu de l’aider à comprendre la complexité des réalités dans lesquelles nous nous débattons tous…..

Oui, la suspension de nos assemblées eucharistiques est douloureuse. Je fais partie de ceux qui vivent mal le confinement à cause de cet éloignement liturgique qui est signe d’un éloignement social bien plus large ! Mais quand je vois le nombre de malades et de morts qui augmente sous le regard assez froid de tant de complotistes qui demandent la messe et se sentent victimes d’une affreuse tentative de musellement des catholiques de France, quand je vois le nombre de personnes qui perdent leur emploi et ne savent pas comment elles vont nourrir leur famille dans les mois et les années qui viennent, quand je vois ceux qui, aussi bons catholiques que ceux qui braillent, ne comprennent pas cet acharnement à faire croire qu’un catholique ne peut plus vivre sa foi s’il est temporairement privé d’Eucharistie, je suis blessé, fatigué, énervé….

Il y en a assez de devoir justifier en permanence devant une minorité vociférante, la solidarité d’un grand nombre de catholiques raisonnables, prudents et souvent réellement missionnaires (au moins autant que les autres) qui acceptent ces mesures de crise pour ne pas ajouter de danger au danger, pour ne pas multiplier les occasions de ne pas respecter un confinement déjà largement relativisé. Actuellement, le lieu de nos vrais combats liturgiques doit sans doute plutôt être celui de l’accompagnement des malades et des mourants…

Je n’ai pas spécialement peur pour moi, je râle à longueur de journée contre cette situation qui me coupe de mes étudiants, de mes paroissiens, de mes amis, de ceux qui me manquent au quotidien, mais je voudrais au moins ne pas avoir à être prisonnier de ceux qui, dans cette Église qui est aussi la mienne (n’en déplaise à ceux qui du haut de leurs grandes certitudes savent ce que tout le monde doit faire, demander et obtenir), traitent les « doux » de « mous », et broient la patience et le sacrifice des humbles au moulinet de leur violence ! Assez !!! Nous vivons une situation inédite mais nous n’avons pas été privés de l’Evangile !! »

http://plunkett.hautetfort.com/archive/2020/11/11/sainte-colere-du-cure-de-la-cathedrale-d-auxerre-6276340.html

Voir aussi https://www.yonne.catholique.fr/paroisse-saint-germain-auxerre/la-vie-paroissiale/communiques/communique-ndeg-2 , https://www.yonne.catholique.fr/paroisse-saint-germain-auxerre/mediatheque/documents-a-telecharger/libe-rez-les-eaux.pdf –

Des « crispations avec le gouvernement français » qui « étonnent d’autant plus que le pape François vient de rappeler quelques évidences », relève le journal Libération. « Mercredi, lors de son audience générale, le chef de l’Eglise catholique demandait expressément de «faire très attention aux prescriptions des autorités politiques et sanitaires afin de nous protéger de cette pandémie». Les évêques français seraient-ils aussi en train d’entrer en dissidence avec leur pape ? »

Par ailleurs, ce « lobbying de défi à l’Etat de la part de religieux » met mal à l’aise le pasteur protestant Gilles Boucomont, lequel rappelle sur twitter (29/11/20) que « le but de l’Eglise n’est pas de croire qu’elle permettrait à Dieu d’être Dieu, ni d’empêcher César d’être César »

(5) « Im-prudent, en ce que cela incite à agir en fonction d’un futur (toujours hypothétique) en refoulant (ou ignorant) l’examen du présent (toujours certain). Et rend « désuète la morale (ce qui vaut pour tous), au profit de l’éthique (ce que j’ose faire, y compris contre tous) ».

(6) L’annonce de la reprise des messes publiques dans la limite de 30 personnes par le Président de la République dans son allocution télévisée du 24/11 a d’ailleurs provoqué une vague de colère et d’incompréhension chez de nombreux catholiques cf https://fr.aleteia.org/2020/11/25/reprise-des-messes-une-nouvelle-jauge-de-fideles-actuellement-en-discussion/ et https://www.famillechretienne.fr/35595/article/2020-11-24/emmanuel-macron-annonce-la-reprise-des-messes-le-28-novembre Qui a dit que les Français sont « râleurs » ?

 

 

Profession « influenceur »

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d’aujourd’hui lui oseront-ils lui demander de leur apprendre à Le suivre ?
(Source : convergence bolcho-catholiques)

Certains affichent la profession d' »influenceur », revendiquant des dizaines de milliers de « followers » (« suiveurs ») sur les réseaux @sociaux.

En langage marketing, un « influenceur » est une personne qui, par son statut, est capable d’être un relais d’opinion influençant les habitudes de consommation.

Mais qui dit « influenceurs » dit aussi « influençables ». Les seconds faisant la fortune des premiers.

Jésus-Christ, quant à lui, ne veut pas de « followers » mais des disciples. Il ne nous rend pas dépendant, mais « réellement libre », nous faisant passer de la mort à la vie.

Plutôt que de chercher à être « influenceurs », des « leaders » (d’opinion), pour dire ce qu’il faut penser, regarder, manger ou boire, ayons l’ambition d’être des « serviteurs » à l’image du « Parfait Serviteur », pour faire réfléchir et réveiller, non pas les bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien.

 

Mais enfin : qui est de bonne foi ?

Qu’est-ce qui différencie la « bonne foi » de la « mauvaise » ?

Travaillé par ce sujet, mon frère et ami Pierre-Louis s’est décidé de « monter au filet » comme on dit au tennis, pour s’attaquer au thème de la « bonne foi » et de ce qu’elle signifie pour lui d’après les Ecritures. Il nous propose cette lecture, laquelle résonne assez bien avec l’actualité outre-atlantique(1). Qu’il en soit remercié !

 

Accusations de fraude, votes par-dessus bord, démentis des accusés en charge de savoir compter… Toute cette histoire…

Nous amènerait-elle à en savoir plus sur deux notions associées à la foi ?

Fait amusant : bien que liées à la foi, nous les rencontrons généralement avant de recevoir la foi de Christ. Ces notions font souvent partie de notre tronc commun d’éducation, croyants ou non, dès l’âge de raison – cet âge équivaudrait à 7 ans d’après une source proche.

Quels sont ces deux opposés et que peuvent-ils bien vouloir définir à propos de « la foi » ?

A cet égard, le droit français nous aide à les appréhender de manière simple et précise.

La bonne foi est la croyance qu’a une personne de se trouver dans une situation conforme au droit, et la conscience d’agir sans léser les droits d’autrui.

La mauvaise foi est l’attitude volontaire et déloyale avec laquelle une personne agit envers une autre, afin de surprendre sa décision.

Un point commun existe entre ces deux notions pourtant opposées.

La bonne et la mauvaise foi sont définies sur la base d’un même point référence : le droit.

En bref, ce droit est définit par un code – ex. civil, pénal, fiscal – qui définit un ensemble de règles d’après lesquelles le sujet au droit – ex. le citoyen ou l’entreprise – doit se comporter d’une manière « droite », au risque d’être trouvé en défaut vis-à-vis de ce droit, et d’être sanctionné en conséquence.

Et si nous sommes enfants de Dieu, quel devient notre droit par excellence ?

La loi du Seigneur est parfaite, restaurant la vie (Psaumes 19.7a), et à la fois déclarant quiconque trébuche sur un seul point entièrement coupable (Jacques 2.10b). Conséquence, tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu (Romains 3.23).

Bonne nouvelle pour nous tous, cette loi a été accomplie (et non abolie) par Jésus-Christ (Matthieu 5.17). Il a réalisé pour nous l’expiation des péchés sur la croix. Nous sommes sauvés par grâce au moyen de la foi (Ephésiens 2.8). Ainsi s’accomplit la promesse faite en Habakuk 2.4b : « Le juste vivra par sa foi » – en tenant ferme, d’après la version NBS.

Et sinon, qu’est-ce qui différencie réellement la « bonne foi » de la « mauvaise » ?

Le sujet se conduisant avec une bonne foi ou en bon père de famille se croit en conformité au droit et ne croit pas léser le droit d’autrui. Il ne manipule pas, ne dissimule pas son motif d’agir pour induire en erreur  et soutirer un gain inavoué/inavouable.

Celui qui recherche un tel gain est de fait contraint d’employer un tour de chapeau pour manipuler autrui. Il emprunte une posture abusive et instrumentalise ou viole la loi. Il enfreint la liberté d’autrui, pour l’induire en erreur, l’amenant à une prise de décision biaisée, en faveur de son intérêt propre.

Quel angle de vue adopter si nous avons reçu « la foi de Christ » ?

Avant de proposer une réponse à cette question, examinons-nous nous mêmes, pour savoir si nous sommes dans la foi; éprouvons-nous nous-mêmes. Ne reconnaissons-nous pas que Jésus-Christ est en nous ? (2 Corinthiens 13.5, repris au nous)

Dieu pourrait-il qualifier de fidèle ou ayant la foi un enfant qui cherche à posséder l’objet des promesses qu’il s’est faite à lui-même, ou à d’autres hommes, plutôt qu’à obtenir, par la persévérance à bien faire, l’objet des promesses parfaites de Dieu que sont l’honneur, la gloire et l’immortalité ? (Romains 2.7) Et si nous faisons de Lui nos délices, ne nous donnera-t-il pas ce que nos cœurs désirent ? (Psaumes 37.4)

En définitive, nous devrions choisir une bonne fois si nous avons de meilleurs projets pour nous-mêmes ou si nous acceptons que Dieu ait souverainement formé des projets pour nous, projets de paix et non de malheur (Jérémie 29.11).

Et en espérant que nous serons en accord sur ce dernier point, nous pouvons nous engager à tenir ferme dans Sa bonne foi. Que notre moi soit comme un honnête président sortant acceptant de lâcher prise, pour Lui laisser le contrôle à bord en toute confiance  😉.

A écouter sur la même tonalité : Michael Card, That’s What Faith Must Be.

 

 

 

Note :

(1) Quelques éléments de contexte : Le candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine du 03 novembre 2020, Joe Biden, a été déclaré vainqueur samedi dernier, après avoir franchi le seuil nécessaire de 270 grands électeurs, selon les résultats partiels transmis par les médias américains. Après l’annonce vendredi 13/11, au soir, des résultats qui manquaient encore, en Caroline du Nord et en Géorgie, Joe Biden l’emporte avec 306 grands électeurs contre 232 pour Donald Trump. Ce dernier refuse toujours de reconnaître la victoire de son adversaire.

Alors que Donald Trump tourne en boucle sur les réseaux sociaux en dénonçant des tricheries et fraudes massives, plusieurs autorités électorales américaines ont indiqué jeudi 12 novembre dans un communiqué commun, plus d’une semaine après la présidentielle, n’avoir trouvé « aucune preuve » de bulletins perdus ou modifiés, ou de systèmes de vote piratés.  « L’élection du 3 novembre a été la plus sûre de l’histoire des États-Unis », ont affirmé ces autorités locales et nationales en charge de la sécurité du scrutin – l’agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA), qui dépend du ministère de la sécurité intérieure, ainsi que le Conseil de coordination de l’infrastructure électorale et les Comités exécutifs de coordination de l’infrastructure électorale.

« Il n’existe aucune preuve d’un système de vote ayant effacé, perdu ou changé des bulletins, ou ayant été piraté de quelque façon que ce soit », soulignent-elles dans leur communiqué.  « Bien que nous sachions que notre processus électoral fasse l’objet de nombreuses affirmations sans fondement et de campagnes de désinformation, nous pouvons vous assurer que nous avons une confiance absolue dans la sécurité et l’intégrité de nos élections », insistent-elles.

Source : https://www.la-croix.com/Monde/Presidentielle-americaine-aucune-preuve-fraude-affirme-autorites-2020-11-13-1201124395 (Voir aussi https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20201115-contestation-pour-fraude-un-grand-cabinet-d-avocats-l%C3%A2che-donald-trump )

 

La Paix du Christ : les irréconciliables réconciliés

Dans l’original, en un seul mot, ce dernier cri de Jésus à la croix : « Tetelestai » ! « Tout est accompli ! »

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix », dit le Christ (Jean 14v27)

« La paix de Dieu surpasse toute compréhension, toute intelligence » (Philip 4v7)

Christ Lui-même est « notre paix : de ce qui était divisé, il a fait une unité. Dans sa chair, il a détruit le mur de séparation : la haine ». Il a réconcilié les irréconciliables « en un seul corps, au moyen de la croix : là, il a tué la haine »(Eph.2v14-17).

C’est dans une position élevée que le Christ a pu dire : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23v34) et « tout est accompli » (Jean 19v30). Cette « position élevée » n’était pas sur un trône, mais sur la croix (cf Jean 3v14), là où le Christ ne pouvait pas être plus impuissant, plus abaissé, plus nu, plus exposé, dans la faiblesse extrême. C’est dans cette faiblesse et cette impuissance que la Toute-Puissance de Dieu s’est pleinement manifestée (cf 2 Cor.12v9) pour le salut, la réconciliation, la guérison et la libération de quiconque croît.

Prendre ses désirs pour la réalité

Il est essentiel, notamment pour un chrétien, de ne pas prendre « ses vessies pour des lanternes » ou de prendre ses désirs pour la réalité » (Source image : public domain pictures)

Ce soir, vendredi 6 novembre 2020, à 20h : formation « Libé! confinés » par zoom, proposée par l’équipe Libérer! sur le thème (toujours d’actualité !) Autorité vs. Toute-puissance ou « Comment restaurer et déployer notre autorité en Jésus-Christ, notamment dans la prière ou le combat spirituel, sans pour autant basculer dans la pensée toute-puissante où nous finirions par croire que notre volonté est forcément celle de Dieu ? »

Plus d’infos sur le cycle de formations « Libé! confinés » ici.
Attention : Fermeture des inscriptions à 14h. Réouverture samedi soir pour les vendredis suivants. Vous n’avez pas besoin de vous réinscrire si vous l’êtes déjà.
Si vous les avez raté, lire nos articles : « deux façons de demander : savoir ou obtenir » (pouvant être associé à nos façons de prier) et ce qu’est un « blasphème sans rémission » pour Dieu.

Redonner son bon goût à la Bonne Nouvelle

L’Evangile, c’est quelque chose qui a du goût, qui surprend, qui déménage. C’est une puissance de transformation épicée (Source image : public domain pictures).

Lectures : « Son goût lui est resté, son odeur ne s’est pas changée » (Jérémie 48:11)

: « C’est vous qui êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, avec quoi le salera-t-on ? Il n’est plus bon qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens » (Matthieu 5 :13)

 

La perte du goût et de l’odorat est l’un des symptômes fréquemment rencontrés chez les personnes atteintes du Covid-19…ou d’un rhume !

« Pour beaucoup, l’Evangile est une morale sans saveur, avec quelques « valeurs chrétiennes » qui feraient de nous des gens « plutôt ouverts », et nous qualifieraient pour être des citoyens potentiellement sympathiques. Pourtant l’Evangile est une puissance pour le salut (Romains 1,16), c’est quelque chose qui a du goût, qui surprend, qui déménage. C’est une puissance de transformation épicée. Ce n’est pas le goût standardisé des cantines scolaires et des hôpitaux.

De deux choses l’une, soit le problème est du côté de ce que l’on donne à manger aux autres et si ça n’a pas de goût ça ne sera pas attirant, parce que nous avons retiré leur goût aux paroles de Jésus ; soit nous faisons face à une génération victime d’une épidémie qui leur a retiré jusqu’à la capacité de goûter et sentir, et alors il faut absolument réhabiliter désir, plaisir et jouissance de l’Evangile goûteux, qui n’est que la nouvelle version du « sacrifice de bonne odeur » qui réjouissait les divines narines dans le Premier Testament ».

A lire sur le blogue « Au Nom de Jésus », entièrement refait à neuf !

 

Les Evangéliques face au piège du fantasme et du « deal »

« Et pourtant, ils (certains Evangéliques) votent Trump ! »(Montage publié en 2016 sur ifunny.co)

À quelques jours de l’élection présidentielle américaine, les jeux sont loin d’être faits. Une nouvelle victoire de Trump n’est pas à exclure. Sylvie Laurent, historienne, analyse les ressorts d’une popularité dont les racines sont constitutives de l’histoire américaine. Entretien sur Bastamag avec l’auteure de « Pauvre petit blanc »(1).

Selon Sylvie Laurent, le « pauvre petit blanc », qui a donné son titre à son ouvrage, « n’existe pas ». C’est un personnage fantasmé, créé de toutes pièces par les néoconservateurs américains, blancs des classes moyennes et supérieures, pour conserver leur pouvoir. Lors de l’entretien, elle revient sur cette construction idéologique. Elle souligne également que « Trump continue à séduire en dépit de la réalité. Pour (elle), c’est la preuve que ce qui plaît, c’est ce qu’il dit, et non ce qu’il fait. Une large partie des américains blancs aiment s’entendre dire qu’ils sont spoliés par d’autres et que quelqu’un va arriver pour les sauver. « Comptez sur moi, leur dit Trump. Je vais chasser les noirs, je vais chasser les Mexicains, je vais renvoyer les femmes au foyer, et vous irez mieux. » C’est un discours hyper fondamentaliste de l’identité blanche qui s’est en fait normalisé, et qui est aujourd’hui très prégnant aux États-Unis ». Une telle normalisation des discours fondamentalistes se vérifie aussi de ce côté-ci de l’Atlantique….(1)

 

Et du côté des Evangéliques ? Aiment-ils aussi qu’on leur « raconte des histoires » ?

Le soutien des « 81 % d’évangéliques » (blancs- les évangéliques noirs ou hispaniques ayant majoritairement soutenu H. Clinton.) a été jugé comme étant décisif lors de l’élection de Trump il y a 4 ans. Aujourd’hui, ils ne seraient plus que 78 % à le soutenir, selon le Pew Research Center(2).

Comme le prévoyait le chercheur en géopolitique Chady Hage-Ali et blogueur sur Stratpolitix, interviewé sur notre blogue(3), « les chrétiens évangéliques conservateurs (je ne parle pas des évangéliques de gauche), choisiront tout sauf un candidat de gauche progressiste/libérale, relativiste et internationaliste …» et « seront prêts à accepter en dernier ressort un “clown” dès lors qu’il se montre patriote, s’aligne personnellement, inconditionnellement sur la politique coloniale et sécuritaire d’Israël (…) ». Alors, bien sûr, « Trump n’est pas un “candidat chrétien” (…) d’ailleurs, dans l’absolu, il n’y en a aucun. Mais la vision qu’il promeut est ostensiblement celle d’une Amérique plus centrée sur elle-même. Son discours anti-islam peut plaire aux évangéliques les plus conservateurs voire aux fondamentalistes ».  Dans ce contexte, « le vocable “valeurs chrétiennes” est, sous ce rapport, très élastique(4). Il y a les valeurs mais il y a aussi les intérêts. Et les intérêts chrétiens et étatiques bien compris et bien défendus (à l’intérieur et à l’extérieur) se mélangent entre eux, et peuvent aussi contribuer à préserver ces mêmes valeurs ». En définitive, conclut Chady Hage-Ali, « les évangéliques, en majorité à droite, [agissant plus par pragmatisme et utilitarisme que selon les principes bibliques], reviendront toujours à l’essentiel qui est, politiquement et religieusement : la fiscalité, l’état minimal, le soutien indéfectible à Israël, la lutte antiterroriste et l’endiguement de l’islam. Ils ne sont pas tous forcément partisans de l’interventionnisme (l’aventure irakienne les a douchés). Si les promesses de Trump leur semblent crédibles sur ces cinq points[en y ajoutant l’avortement], leurs voix lui seront acquises ». Et c’est ce qui s’est passé il y a 4 ans, semble-t-il !

Quelles conséquences spirituelles et morales peut-on craindre d’un tel soutien ? [autant de signaux pour nous aussi, chrétiens, en Europe]  Le soutien d’ »un homme fort » dont « la nature » est « de faire des deals » risque de décrédibiliser les Evangéliques, en les entraînant dans une « économie du deal », du compromis et de la compromission, bien éloignée du véritable Evangile, qui est « grâce et paix », et en les enfermant dans un « christianisme moralisateur », « identitaire », « de club » ou « exclusif », « partisan ».

Pour le dire autrement sans langue de bois,  Jean-René Moret estime, sur le site « Questions suivantes »(5), qu’il est à craindre que « beaucoup d’évangéliques aient cédé à la tentation de vendre leur âme pour obtenir du pouvoir. Trump leur fait miroiter d’être de leur côté sur des questions jugées importantes, et certains se montrent prêts à renier des valeurs qui leur sont chères pour obtenir ce résultat.

À témoin, un sondage montrant qu’en 2011 seul 30 % des évangéliques pensaient qu’une personne immorale dans sa vie personnelle pouvait remplir des fonctions publiques de manière éthique, mais qu’ils étaient 72 % en 2016 ! » Et « changer de principe pour justifier de voter pour un certain candidat revient à vendre son âme. C’est un des effets pernicieux de la politique partisane : tout devient acceptable chez son candidat, tout devient intolérable chez son adversaire. Dans tout cela, les évangéliques américains ont voté comme des êtres humains, confrontés à des options limitées. Paradoxalement, la volonté de façonner une Amérique à l’image de leurs idéaux peut les avoir conduits à transiger sur certains de ces idéaux. La focalisation sur un faisceau de valeurs ou une idée de leur identité nationale leur a peut-être fait oublier ou négliger d’autres valeurs chrétiennes, tels que l’accueil de l’étranger et le respect dû au plus faible[cf Deutéronome 10v19, Matt.25v35…]. D’une manière, le grand danger où je les vois est de penser que le « salut » pour leur nation peut venir d’une politique particulière(6), et de faire de l’obtention du pouvoir politique nécessaire un objectif en soi. La conviction chrétienne fondamentale doit rester que le secours doit venir de Dieu, et que s’attacher à la justice prime l’obtention du pouvoir ».

D’autre part, soutenir un homme « qui fait des deals » et qui s’est fait connaître par ses outrances verbales et injures (publiques) conduit à décrédibiliser la puissance de la parole. Et ce, d’autant plus qu’il est une évidence pour les contemporains du texte biblique qu’il n’y a pas « de paroles en l’air ». Genèse 1 montre que l’acte créateur de Dieu passe par la Parole : quand Dieu dit, la chose arrive. Il n’y a donc pas, comme dans notre culture occidentale ou en politique, une mise en opposition entre les paroles et les actes.

Ensuite, le chrétien, tout en veillant au poids de la parole donnée, est appelé à « bénir » et non à « maudire ». Et maudire, c’est dire « de mauvaises choses », pas dans un sens « moral ou moralisant », mais dans le sens de dire une chose qui n’est pas la vérité » [cf Matt.5v44, Luc 6v28, Rom.12v14]

Enfin, il est à craindre que « le problème » le plus important des Evangéliques[qui n’est pas que celui des Américains »] soit un « problème » (ou une crise) d’identité. Souvenons-nous que nous avons été créés « à l’image et à la ressemblance de Dieu » (cf Gen.1v26-27, cf Col.1v15). Or, quand on nous regarde, que voit-on ? Que Dieu règne sur la création ? Ou que Trump (ou un autre, ou une puissance, une idéologie….) « règne » ? Nous saurons qui nous sommes, si nous savons à qui nous appartenons !  La priorité est donc bien « la restauration de notre image », de notre identité profonde d’enfants de Dieu. « Reconstruisons le temple en chassant les marchands » (Jean 2v14 et ss) – et nos corps sont « le temple du Saint-Esprit » (1 Cor.3v16,  1 Cor.6v19): Christ y est-il adoré ? Est-il « le Seigneur de tout » ? A moins qu’il ne subsiste des « zones de non-droit », « des autels » à Mammon(l’argent), la peur, la colère, la haine…. ? Si c’est oui, alors c’est que nous tolérons une Seigneurie autre que « Christ seul », et confessons que Christ fléchit les genoux devant d’autres puissances.

Soyons conscients que l’ennemi de nos âmes a gagné, lorsque nous nous laissons gagner par la colère, la peur, la haine, la cupidité, pour mieux nous jeter dans les bras d’un autre « Seigneur »/ « expert »/ « Messie »(politique) !

 

 

 

Notes :

(1) Voir sur https://www.bastamag.net/election-presidentielle-US-Biden-Trump-pauvre-petit-blanc-neoconservateurs-Sylvie-Laurent

(2) https://www.pewresearch.org/fact-tank/2020/10/13/white-christians-continue-to-favor-trump-over-biden-but-support-has-slipped/ft_2020-10-13_religionparty_01/

(3) Voir https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/03/30/des-primaires-americaines-2016-vraiment-primaires-ou-une-campagne-en-trump-loeil/

(4) Il importe de comprendre, comme l’explique très bien le journaliste évangélique Henrik Lindell, qu’« aux Etats-Unis, le terme « conservateur » peut signifier plein de choses, mais il faut y entendre le respect absolu de ce qui est perçu comme une tradition américaine et particulièrement la Constitution de 1787 et la Déclaration des droits de 1791 censées donner un caractère « exceptionnel » au pays. D’où, par exemple, l’attachement extrême à la liberté religieuse et au « droit du peuple de détenir et de porter des armes » (premier et deuxième amendements de la Déclaration des droits). D’où, aussi, une façon particulière de prôner des valeurs judéo-chrétiennes – les libertés décrites dans la constitution proviendraient de Dieu lui-même, expliquent souvent les conservateurs américains – et de s’opposer au relativisme culturel et au « socialisme ». Les conservateurs promeuvent par ailleurs le libéralisme économique, s’opposent aux impôts élevés et détestent le concept d’un Etat centralisateur et omnipotent (comme dans certains pays européens). Depuis quelques décennies, les courants conservateurs sont traversés par différents débats, notamment en économie. Certains ont une vision quasi libertairienne et promeuvent un Etat minimal. C’est le cas du mouvement populaire Tea Party qui a profondément marqué le Parti républicain ces dernières années. Des candidats comme Ted Cruz tirent leur légitimité de ce mouvement (comme le faisait aussi Sarah Palin avant lui). En face, les autres conservateurs défendent le principe de régulation et des idées de justice sociale, n’hésitant pas à se référer à la doctrine sociale de l’Eglise catholique, par exemple. Ces autres conservateurs s’intéressent aussi à l’évolution sociétale. On les appelle les conservateurs sociaux. Ils militent généralement pour des causes précises et symboliquement chargées. On les trouve dans le mouvement pro-life, mais aussi parfois dans des associations de défense pour les immigrés. Ils sont massivement croyants et s’opposent généralement au mariage gay et à la légalisation du cannabis ».

Parmi les leaders évangéliques et personnalités politiques soutenant Donald Trump : Jerry Falwell Jr, Kenneth et Gloria Copeland, David Jeremiah, ainsi que Paula White ; Sarah Palin, candidate malheureuse à la vice-présidence des Etats-Unis de  2008….. Néanmoins, il existe des leaders évangéliques « perplexes », quand ils ne sont pas franchement hostiles à Donald Trump : ainsi Matthieu Sanders, pasteur baptiste franco-américain à Paris, Max Lucado, auteur et pasteur d’une importante Eglise dans le conservateur Etat du Texas, ainsi que Russell Moore, président de la Commission d’éthique et de liberté religieuse des baptistes du Sud, tout comme « l’évangélique de gauche » Jim Wallis.

(5)Voir sur http://www.foienquestions.eu/?p=1988#fnref-1988-4

(6) Certains attendent et espèrent en ce « messie politique » :

Ainsi, vu non pas sur Le gorafi, mais sur la page FB d’un chrétien évangélique qui ne représente que lui-même : « Ne cherche pas plus loin que ça : Trump ne fait pas « de la politique » pour être réélu. Milliardaire, retraité, il defend la Vie, il est un rempart, un Cyrus contre les satanistes et leur culture de MORT. Converti ou pas, il est surtout l’homme du combat spirituel de l’heure : le respect de la Vie et la lutte contre les pédophiles internationalistes et leur culture de MORT. Le débat se résume à ça, même si les incrédules veulent te faire croire autre chose : es-tu pour la lumière ou pour les ténèbres ? Si Trump s’écroule, tu verras un accroissement du déchaînement des ténèbres et de la culture de la mort partout dans le monde et surtout en Europe – tu les sens déjà, alors imagine leur déchaînement ! Trump est un Cyrus, un « roi paien » utilisé par le vrai Dieu pour offrir au monde un parenthèse salutaire pour revenir à Lui. (Images : la prescription de Trump, qui ne contenait PAS le Remdesivir, les médias ont menti. Le logo du médicament miracle. Une médaille commémorant les 70 ans de l’Etat d’Israël : Trump y est représenté avec Cyrus, car c’est ainsi qu’il est vu là-bas, comme un Cyrus.) »

Pour un autre, sur un blogue évangélique théologique, les chrétiens qui soutiennent Trump seraient des « chrétiens solidement bibliques et ayant nettement plus de discernement spirituel que les autres ».

 

 

L’Action du mois : partager la Bible, ce best-seller indétrônable

Avant d’ouvrir la Bible, il convient d’abord d’être « ouvert » soi-même….(Source image : public domain picture)

Le saviez-vous ? C’est l’année de la Bible !

C’est un événement mondial, créé sous l’impulsion de l’Alliance Evangélique Mondiale et rassemblant les sociétés bibliques de chaque pays, dans le but de célébrer et de partager ce trésor impérissable et best-seller indétrônable, qui a profondément modelé l’histoire de l’humanité et qui ne cesse d’être lu aujourd’hui encore, dans près de 2700 langues !

En France et en Suisse, l’ALEPEF et l’AELE invitent tous les chrétiens et toutes les Eglises à prendre part à cette célébration et à être des témoins du message d’espoir de la Bible au cœur des villes.

Retrouvez par exemple des versets bibliques chantés par des artistes contemporains. Ici le Notre Père par Matt et Sarah Marvane :

Et découvrez comment 25 chrétiennes et chrétiens d’horizons variés ont accepté de relever joyeusement un ou plusieurs défi(s) biblique(s), contribuant ainsi à une belle oeuvre collective, pour notre encouragement et notre édification.

Ce défi consistait à choisir un (maxi deux) livre(s) de la Bible et le présenter en 300 mots environ pour le non-spécialiste. Au final, tout en témoignant de leur rapport à la Bible, ils se sont livrés eux-mêmes en nous livrant des textes inspirés et inspirants, sincères, touchants, décapants ou drôles.

Ne manquez pas de nous partager ici vos propres témoignages au pied de cet article sur ce que vous aura apporté cette série. En vous souhaitant d’être autant bénis que l’ont été les contributeurs en relevant ce défi !

 

Deux façons de demander : « savoir » ou « obtenir »

Demandons-nous pour « savoir » ou pour « obtenir » ?

En latin, il existe deux verbes pour « demander » : l’un sert à « demander pour savoir », l’autre à « demander pour obtenir ».

De là, un monde divisé (polarisé ?) en deux catégories, selon l’usage qui est fait du verbe « demander » : les uns prétendent « vouloir savoir la vérité », alors qu’ils ne cherchent, en réalité, qu’à obtenir une confirmation de ce qu’ils croient déjà savoir. Les autres utilisent le verbe de la curiosité de ceux qui veulent vraiment savoir (ou s’informer de) la vérité. Les premiers n’en ont pas besoin(1).

En guise d’illustration de cette polarisation, « la fin de la neutralité du Net [en 2018], aux Etats-Unis, n’en finit pas de dérouler ses conséquences inquiétantes pour la démocratie », analyse l’historien Sébastien Fath dans une note de blogue. « En un mot », explique-t-il, « les internautes américains restent désormais dans leur bulle de confort »(2). Et en clair, « à chacun sa vérité » sur Internet, d’autant plus que, comme le rappelle l’écrivain Ralph Kayes (L’Ère de la postvérité, 2004), cité par ce numéro de « Sciences Humaines », les réseaux @sociaux deviennent la première source d’information, au détriment des médias traditionnels, décrédibilisés. Or, sur le Web 2.0, les informations erronées et les sources peu vérifiables abondent. Et à l’ère des réseaux @sociaux, tous croient posséder leur propre vérité et cherchent, non pas tant des médias « d’information » que des médias « de confirmation ».

« En Europe », souligne Sébastien Fath, « un internaute musulman et un internaute catholique qui effectuent la même recherche Google trouveront (en gros) les même résultats. Aux Etats-Unis, la liste donnée par Google sera différente. Aux Etats-Unis, Internet fournit désormais aux consommateurs ce qu’ils aiment (ou ce qui rentre dans le périmètre de leur abonnement). Et élimine les voix différentes, discordantes, critiques. D’où cette polarisation qui marque la société états-unienne, dont on n’a pas fini de mesurer les conséquences. Pain béni pour les complotistes et manipulateurs ! »(2)

« Piqué » sur le compte twitter du Pasteur Gilles Boucomont (19/12/18)

Or, « la recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible », comme le relève Jean-Luc Martin-Lagardette, journaliste et essayiste dans « Décryptez l’information », (Dangles éditions, 2014, pp 15-16). Et nous réduisons trop souvent l’information à la seule expression d’une vision sur l’actualité, survalorisant l’opinion, le « coup de gueule », « l’édito » ou le commentaire(3).

Sur ce point, le chrétien est censé être plus armé que les autres : il croit normalement en la vérité absolue ou qu’il existe une vérité (à savoir que Jésus-Christ est la Vérité, que la Parole de Dieu est la vérité et que le Saint-Esprit est l’Esprit de vérité) et sa vie est cohérente avec une telle attestation. Il ne prétend pas posséder la vérité à lui tout seul, mais il cherche et aime la vérité.

A l’inverse, celui qui estime que la vérité n’est pas atteignable, a renoncé à la chercher. Il ne lui reste alors plus que son honnêteté (ou sa mauvaise foi) par rapport à ses croyances (ce à quoi il tient) ou ses convictions (ce qui le porte) et non plus par rapport à la réalité.

Sauf qu’en « matière de consommation religieuse d’internet », il existe une « étude de la revue du MIT, parue fin août dernier », laquelle « détaille la vulnérabilité du public évangélique américain » à certaines « théories complotistes », comme le souligne encore Sébastien Fath.(2)

De manière générale, l’esprit du conspirationnisme s’est-il infiltré de façon virale dans le christianisme actuel ?

Comment a-t-on pu en arriver là ?

Jérôme Prekel, dans un article publié sur son blogue « Le Sarment », rappelle que « l’apôtre Paul décrit un contexte semblable dans une de ses lettres aux Thessaloniciens, dans laquelle il décrit une situation future de la grande scène du monde » : il y est question de « la place centrale du mensonge et la vérité dans une société en proie à la confusion spirituelle ».

«…L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge,… afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés.» (2 Thess. 2/9 à 12)

Pourquoi Dieu envoie-t-il une puissance d’égarement ?

Nous avons besoin d’une réponse à cette question. En effet, la plupart des chrétiens prient pour que Dieu améliore la situation du monde, et c’est tout-à-fait juste, sous un certain angle : nous prions pour les autorités, pour les gouvernements, mais il semble ici que cette prophétie intègre un interventionnisme divin négatif : alors que la situation est catastrophique, Dieu accentue le problème.

Il faut noter cependant que Dieu ne déclenche pas un phénomène d’incrédulité mais il l’entérine, ce qui a pour effet d’accélérer un processus de confusion qui semble être parvenu à un point de non-retour, à savoir une société qui se livre graduellement au mensonge, jusqu’à un stade irréversible.

Dien envoie une puissance d’égarement parce que le Monde VEUT croire dans ce que nous appelons «le mensonge» (….), c’est-à-dire dans une forme d’existence, de fonctionnement et de progrès, sans Dieu. C’est en quelque sorte l’aboutissement de l’errance loin de la vérité, qui a commencé le jour où le premier couple a fait son premier pas en dehors du jardin d’Eden. Et cette errance ne peut engendrer à terme que le chaos, si les appels à revenir au Créateur ne sont pas entendus.»(4) 

Et « quand nous ne savons plus écouter comme écoutent les disciples (cf Jean 8v31), et quand nous n’avons plus les oreilles pour entendre « ce que l’Esprit dit aux Eglises », ou ce qu’il a déjà dit, et que nous persistons néanmoins à chercher des paroles auprès d’ « une foule de docteurs » ou « de prophètes » qui nous diront ce que nous souhaitons entendre, alors Dieu nous séduit par ces dispositions de nos cœurs qui sont comme des idoles : Ezéchiel prévient, au chapitre 14 de son livre, v1-11, que Dieu répondrait au peuple en séduisant le prophète qui se laisse séduire, lorsque le peuple demanderait une parole alors que son cœur sera rempli de ses propres idoles. Dieu dit qu’il lui répondra alors en fonction de ces mêmes idoles. Ainsi, si l’argent et la prospérité sont une obsession dans nos cœurs, nous recevrons des prophéties allant toujours dans ce sens, nous confortant dans nos attentes, parce que c’est ce que nous recherchons (5).

Il est possible « de renverser nos manières de penser » (ce qui s’appelle une « métanoia ») et d’abandonner le mensonge pour revenir à la vérité.

Ce n’est pas « impossible ». C’est « impossible » jusqu’au moment où cela se produit.

L’espérance est que « ce qui est impossible aux hommes est possible pour Dieu » (Luc 18v27), et que « tout est possible pour celui qui croit » (Marc 9v23).

Prétendre le contraire serait proclamer que Christ fléchit le genou devant un système, une culture, un caractère, des lobbies, des puissances, des idées…alors que le chrétien est celui qui confesse que Jésus-Christ seul est Seigneur.

C’est l’obéissance à la vérité « qui purifie nos âmes, pour pratiquer un amour fraternel sans hypocrisie », « d’un cœur pur, avec constance » (1 Pie 1v22).

« L’amour ne se réjouit pas de l’injustice, mais il trouve sa joie dans la vérité » (1 Cor.13v6).

Ceux qui ont « appris le Christ, si du moins c’est bien de lui (qu’ils ont) entendu parler, si c’est lui qui (leur) a été enseigné, conformément à la vérité qui est en Jésus : renoncer à son existence passée, se dépouiller du vieil homme qui se corrompt sous l’effet des convoitises trompeuses ; être renouvelés par la transformation spirituelle de son intelligence ; revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité ». Ainsi, les « born again » authentiques sont ceux qui, «  débarrassés du mensonge, disent la vérité chacun à son prochain, car nous sommes membres les uns des autres ». (Eph.4v20-25)

 

Face aux bulles de confort et à la polarisation, l’Eglise, en tant que témoin fidèle, dans l’humilité et en vérité, se doit d’annoncer Christ au monde : Christ, « la vérité », qui a abattu les murs de séparation et de haine (Eph.2v14).

Soyons donc de ceux qui témoignent de « la bonne façon » de demander : « demander pour savoir » et non « pour obtenir ».

 

 

 

Notes :

(1)Comme je l’ai appris dans le dernier Erri de luca, ayant pour titre « Impossible ». Gallimard, 2020, p 63

(2) http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/archive/2020/10/26/evangeliques-americains-et-complotisme-sur-internet.html#more

(3) Pour rappel :

Une information, ou l’acte d’informer, est ce qui renseigne avec exactitude sur ce que l’on ignore et qui répond aux questions « qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi ». L’information n’est pas une opinion mais un élément de connaissance vérifiable, qui ne concerne pas que moi mais qui s’adresse/s’impose à tous.

Informer, ce n’est pas simplement balancer des « faits bruts » en se donnant bonne conscience (« au lecteur de se faire son opinion ») : c’est aussi et surtout donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant. S’informer, c’est se donner les moyens de comprendre la complexité du monde réel dans lequel on vit. Pour cela, « la fabrique de l’info » doit parcourir un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

Informer, c’est (toujours) choisir : de parler d’un fait et pas d’un autre ; de choisir un aspect d’une question – un « angle » – dans le traitement de ladite information.

Informer n’est pas communiquer. Informer implique de donner à voir la réalité dans toute sa complexité, tandis que communiquer ne vise qu’à montrer le meilleur [ou le pire, selon son objectif de départ]

Le rôle de celui qui informe devrait être de rassurer[ou d’inviter à prendre du recul], d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages ou d’ « infos »…

Il est aussi possible d’informer avec objectivité : L’objectivité est la qualité de celui qui décrit des faits avec exactitude et juge sans parti pris [le parti pris est « un péché », rappelle Jacq.2v1, 9]. Certes, il est difficile de l’être « à 100 % », mais celui qui prétend (s)informer sérieusement se doit avant tout d’être honnête (envers lui-même), équitable (envers les personnes), prudent (dans le jugement) et prendre en compte la diversité des points de vue.

Contrairement à ce que l’on peut lire ici ou là, l’objectivité de celui nous informe me paraît possible à condition de : vérifier l’information sur le terrain, auprès des personnes concernées[ce qui implique de revaloriser le reportage], et donc de ne pas se contenter de rester derrière un écran à recycler des brèves ; privilégier la diversité des perceptions et des opinions, même contradictoires ; ne pas porter de jugement moral ou moralisant ; expliquer sa démarche (comment l’œuvre est construite) ;  préciser les limites et le cadre de l’enquête ; permettre au spectateur/lecteur de discuter/enrichir le contenu et d’apporter une contradiction/réfutation/ rectification de ce qu’il voit/lit.

Un « bon média » est celui qui explique, invite au recul et nous engage à agir, comme à démonter les discours de la peur, plutôt que d’alimenter cette dernière à coup de reportages.

(4) https://lesarment.com/2017/02/lere-de-la-post-verite/

(5) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/05/01/quand-dieu-na-jamais-autant-parle-au-point-ou-lon-souhaiterait-presque-une-famine-de-sa-parole-pour-enfin-avoir-soif-de-lentendre-pour-de-vrai/