Des films à voir avec son père, pour sa fête

Le 18 juin : « un appel » pour les pères, « appelés » à être des pères, tout simplement !

La fête des pères aura lieu le 18 juin, cette année.

Ces derniers entendront-ils leur « appel » personnel ?

 

Au-delà du jeu de mot facile, l’occasion est là pour offrir à son père, non pas une énième cravate ou un briquet, mais de voir ou revoir ensemble un film original susceptible d’interpeller et de faire parler.

Voici donc des films, la plupart déjà chroniqués sur « Pep’s café », où il est question de pères appelés « à se lever » et à « s’exposer » pour 1)« revenir », afin de retrouver celui que l’on a soi-même abandonné, le croyant perdu ou 2)« (re)devenir » une source d’inspiration :

« Courageous ». Avec sa fameuse « résolution »…..à faire signer à des pères réunis en week-end ?

« De toutes nos forces » :  un film tiré d’une histoire vraie, celle d’une redoutable épreuve qui réconcilie un père avec son fils handicapé.

« Le Convoi sauvage » (« Man in the Wilderness »), bien avant “Revenant”. Avec une très belle scène particulièrement insolite, propre à faire prendre conscience de la force et à la valeur de la vie et de l’amour et une dernière réplique marquante, qui rappelle Malachie 4v6, où il est question de (l’esprit d’) « Elie le prophète », qui « fera retourner le cœur des pères (biologiques et/ou spirituels) vers les fils, et le cœur des fils vers leurs pères…. »

Mais aussi à 3) « accompagner », pour aider à persévérer dans une démarche personnelle : « A Perfect day ».

Ou tout simplement 4) pour être « aimant », jusqu’au don de soi : « CJ7 » (1).

Avec une belle compétition entre un père et son fils, pour savoir qui écrasera le plus de cafards avec les pieds !

C’est à tout cela que l’on reconnaît un père, dit-on….

Et vous ? Que proposeriez-vous, pour enrichir cette liste ?

En attendant, bonne fête à tous les papas !

 

Note :

(1) Si vous avez de jeunes enfants, c’est le film idéal, mais à condition de ne pas chercher à en savoir trop, pour ne pas gâcher l’effet de surprise. La scène de début vaut son pesant d’or, puisqu’elle illustre assez bien le décalage possible entre « les valeurs » qu’un père peut donner à son fils et « les valeurs » dominantes, celles « de la majorité » : lorsqu’un professeur demande aux élèves d’une école privée huppée ce qu’ils veulent faire plus tard, les petites filles expriment leurs rêves de célébrité et les petits garçons ambitionnent de devenir riches et puissants. Dickie, quant à lui, déclare vouloir devenir « quelqu’un de pauvre », parce que l’essentiel pour être respecté-« même si on n’a pas d’argent »-selon ce que lui a enseigné son papa, manœuvre sur un chantier, est d’être « gentil », « pas bagarreur », « travailleur » et « de ne pas raconter de salades ». Un « rêve » qui provoque les moqueries de la classe et l’incompréhension du professeur…..

Foireux liens de juillet (16) : et si l’on réapprenait à dialoguer, à échanger, et à apprécier ce qui a de la valeur ?

Les "Foireux liens" de Mars : une actualité "chaude", qui ne devrait pas vous laisser "froid"...

Les « Foireux liens » de Juillet : réapprendre à dialoguer et porter un nouveau regard sur l’engagement…

L’été est là, et bientôt le temps pour « Pep’s café » de marquer une pause. En attendant, voici de nouveaux « foireux liens », placés « sous le signe » de l’échange, la discussion, la valeur de l’engagement, et de bien d’autres choses encore !

Pourquoi échanger ses opinions, ses idées, débattre ?

« Le plus embêtant ce n’est pas forcement de parler avec celui qui est à l’opposé de mes opinions, de mes croyances mais celui avec qui il n’y a pas de dialogue, avec qui on ne peut pas donner son avis. Pourquoi il est intéressant de pouvoir échanger des idées, ses opinions et débattre ? » 

Il veut se convertir : que dois-je faire ? Et ne pas faire…

« Vite ! Il/elle vient de me poser la question: « Que dois-je faire pour être sauvé? » Qu’est-ce que je lui dis ? » Et ne lui dis surtout pas ?

Aimez-vous les défis ?  En voici un, « apologétique », à propos du pardon, à relever pour l’été.

A la recherche de films pour vos « cinés-débats » ? C’est « pour vous les hommes » :

« Courageous », ou comment le « vrai courage », c’est de « sortir de sa zone de confort » !

« De toutes nos forces », ou quand « le fort porte le faible » et « le faible tire le fort vers le haut ».

NDL : l’écologie ? Un coup de pelle !

« À force de regarder notre monde comme une arène de compétition, une jungle amorale où chacun ne se battrait que pour lui-même et contre tous, l’idée même d’un positionnement altruiste, d’une volonté de donner pour le bien commun n’est plus jugée crédible. À force de voir les lobbys se battre, nous en voyons partout, et en tous. « L’altruisme n’existe pas, c’est humain ! » Circulez, y’a rien à voir. Et comme il est un peu délicat de suspecter le salarié d’asso à douze cents euros par mois d’être mû par la vénalité, on l’accusera de haine de soi transformée par « transfert » en haine de l’homme ».
Ou quand l’engagement (écologique, par exemple) peut être considéré « comme le serpent dans le jardin : une vermine à éradiquer à coups de pelle sur la tête » !

Ce livre écorné qu’on maltraite et qu’on adore :

Ou comment « les nouveaux usages nous font oublier le bon livre de papier, qu’on avait dans sa poche. Qu’on emportait même dans des endroits improbables. Les livres numériques, e-book, tablettes feront-ils disparaître le livre d’antan, comme la musique sur le net fait disparaître les CD et bon vieux vynils ? » Pourtant, voici quelques bonnes raisons d’aimer le livre (de papier) « pour ses attraits que n’a pas[et n’aura pas] le livre numérique »…..

 

Et encore :

Si vous l’avez raté, le sondage de Pep’s café !

 « Man in the Wilderness » : ou un « revenant » qui trouve « des raisons d’être sans colère ».

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness) de Richard C. Sarafian (1971) appartient à ce type de film « revenant », sorti en édition DVD en 2012, pour montrer que « Revenant » n’a rien de novateur…

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness) de Richard C. Sarafian (1971) appartient à ce type de film « revenant », sorti en édition DVD en 2012, pour montrer que « Revenant » n’a rien de novateur…

J’ai eu l’occasion de revoir récemment un film sur le sujet suivant : « 1820. Un trappeur, laissé pour mort après avoir été blessé par un grizzly, tente de survivre au sein d’une nature hostile avec une seule idée en tête : se venger de ses anciens compagnons… »

Le film, d’après le « pitch »,  c’est « The Revenant », me diriez-vous !

Ce film d’aventure américain(pas vu) avec Léonardo Di Caprio, réalisé, coécrit et coproduit par Alejandro González Iñárritu, sorti en 2015, plusieurs nominés et récompensés aux Oscars(1).

 
Avant « The Revenant », il y a « Le Convoi sauvage ».

Le réalisateur Alejandro González Iñárritu, ainsi que son acteur principal Leonardo Di Caprio, ont bien eu leur Oscar, mais sans que soit « rendu à César » ce qui lui appartient ! En effet, l’histoire – « incroyable mais vraie » – racontée par The Revenant, a  déjà fait l’objet d’un film, réalisé en 1971, par Richard C. Sarafian, d’origine arménienne : « Le Convoi sauvage » (« Man in the Wilderness »), avec Richard Harris et John Huston dans les rôles principaux.

Je me souviens de l’avoir vu sur une vieille télévision en noir et blanc, en famille, lorsque j’étais enfant. Je garde en mémoire le bateau monté sur roues, tiré par des mules, traversant la prairie, avec son capitaine tout en noir et coiffé d’un haut-de-forme…lequel ordonnant à un moment « de tirer » au canon « sur rien ». Je me souviens du trappeur (Zachary Bass), laissé pour mort après avoir été déchiqueté par un ours (scène que je n’avais pas vue) et veillé par ses compagnons, avant d’être abandonné par eux. Puis s’efforçant de survivre et lisant sa Bible à un lapin qu’il a recueilli. J’ai oublié de quel passage il s’agit, mais je me souviens avoir été surpris par la fin, par l’attitude du héros envers ceux qui l’ont abandonné, qui était toute autre de ce à quoi je m’attendais. Je me souviens aussi des flash-backs, dont « un cours de religion », où le jeune Zachary Bass est censé répondre à coups de baguettes que « Dieu est celui qui a créé la terre et les cieux ! »

"Le convoi sauvage" : ici, tiré par une vingtaine de mules.

« Le convoi sauvage » : ici, tiré par une vingtaine de mules.

Bien des années après, j’ai pu le revoir il y a une dizaine de jours, profitant d’une édition DVD(Wildside), sortie en mars 2016. Je peux dire qu’il supporte parfaitement de nouvelles visions. Le rythme est tranquille, contemplatif, avec quelques scènes d’action.

Il s’agit d’un film qui parle beaucoup de Dieu. J’ai fini par comprendre que le verset lu par le héros, Zachary Bass, à son lapin, est Job 14v14-15 : « si l’homme une fois mort pouvait revivre, J’aurais de l’espoir tout le temps de mes souffrances, Jusqu’à ce que mon état vînt à changer ».

Il est intéressant de constater que le v.15 de Job 14 dit ceci : « Tu appellerais alors, et je te répondrais ».

Mais, dès son plus jeune âge, Zachary Bass a plutôt choisi de tourner le dos à Dieu, du fait d’un parcours personnel particulièrement tragique : à sa belle-mère qui l’invite à « faire avec » un drame personnel (je ne dirai pas lequel) par un « c’est la volonté de Dieu » (on dirait aujourd’hui : « Dieu est au contrôle »), il répond ne pas accepter « cette volonté-là ».

Mais face à ce révolté, Dieu « surprend » en ne faisant pas ce que nous attendrions qu’Il fasse :

Ainsi, il y a cette scène où le héros se résout à arracher quelques pages de sa Bible(les pages blanches ?) quand il ne trouve rien d’autre pour allumer le feu qui l’empêchera de mourir de froid. L’on pourrait y voir un geste sacrilège – car peut-on brûler un texte sacré, quelle qu’en soit la raison ? – ou se dire que « oui, on peut », pour une question de vie ou de mort, et y trouver là un signe de la miséricorde divine. Les lecteurs de la Bible se souviendront peut-être des pains de propositions que seuls les prêtres pouvaient manger et que David, pourchassé par Saül, a pu manger (cf 1 Sam. 21v3-5, Lévit. 24v8-9, et cf le commentaire du Seigneur Jésus-Christ à ce propos en Matt.12v2-4).

Je reviens sur un autre élément important, que je n’avais pas perçu, lors de ma première vision du film, il y a très, très longtemps : il y est question de pères – de père biologique et de père d’adoption – et de leurs relations/non relations avec leurs fils. Ainsi, l’on apprend que Zachary Bass est le protégé du capitaine Henry, lequel l’a recueilli et adopté enfant comme son propre fils, alors qu’il avait fui le pensionnat, orphelin et en révolte contre Dieu. Son « père spirituel » l’abandonnera pourtant – donnant même l’ordre de l’achever, le croyant à l’article de la mort, comme Zachary avait lui-même abandonné son fils qu’il n’a pas vu naître, dans sa colère contre Dieu.

Enfin, il faut parler de la fin, qui est plutôt édifiante. La connaître ne vous empêchera pas d’apprécier le film, si vous décidez de le voir, mais vous pouvez « zapper » le paragraphe qui suit.

Laissé pour mort, le héros survivra et « renaîtra ». Il se tiendra debout, réapprendra à marcher, à survivre, puis à (re)vivre. Il assistera même à une scène insolite et particulièrement belle : l’accouchement d’une Indienne en pleine nature, et ce (rappelons-le) alors qu’il n’a pas assisté à la naissance de son fils.

D’abord porté par sa soif de vengeance, il prendra conscience de l’absurdité de celle-ci, face à la force et à la valeur de la vie et de l’amour. Comme je l’ai lu ailleurs, il n’ira pas jusqu’à « embrasser » ses ennemis quand il les retrouve, mais, ayant « appris »(« par ce qu’il a souffert ») « que la vengeance est un plat qui ne se mange pas »(2),  il sera en mesure d’accorder le pardon libérateur, tout autant à ceux qui l’ont abandonné qu’à lui-même.

La dernière réplique, qui m’avait déjà marqué la première fois – « j’ai un fils. Je vais le chercher » – me fait aujourd’hui penser à Malachie 4v6, où il est question de (l’esprit d’) « Elie le prophète », qui « fera retourner le cœur des pères (biologiques et/ou spirituels) vers les fils, et le cœur des fils vers leurs pères…. »

A l’heure où l’on parle beaucoup (trop ?) de « la culture d’honneur », sans savoir peut-être ce que c’est, on notera enfin que Richard Harris n’a décroché aucune récompense pour son rôle dans « le Convoi sauvage », sauf erreur de ma partRichard Sarafian, le réalisateur, explique dans un bonus fort intéressant, que le film a été quelque peu « plombé » au moment de sa sortie par la concurrence de « Jeremiah Johnson », film à plus gros budget de Sydney Pollack, avec Robert Redford. Le producteur ayant préféré tout miser sur ce dernier, et rien sur le premier. C’est l’inverse « de la culture d’honneur », qui est de « donner plus à ceux qui ont moins ».

A vous maintenant « d’honorer ce travail », en découvrant sur DVD une véritable épopée initiatique (et un cheminement spirituel), certes modeste(3), mais non moins émouvante, de Richard C. Sarafian, susceptible de vous marquer longtemps.

 

En bref :

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness)
États-Unis – 1971
Réalisation : Richard C. Sarafian
Scénario : Jack DeWitt
Image : Gerry Fisher
Montage : Geoffrey Foot
Musique : Johnny Harris
Producteur : Sandy Howard
Interprétation : Richard Harris (Zachary Bass), John Huston (Cpt. Filmore Henry), Prunella Ransome (Grace Bass), Percy Herbert (Fogarty)…
Durée : 1h44

Edition DVD : WildSide vidéo, mars 2016

 

Pour se donner une idée :

 

Et à écouter, la bande originale du film :

 

Notes :

(1)Partiellement adapté du roman Le Revenant de Michael Punke, fondé sur une histoire vraie, celle de l’exploit accompli en 1823 par le trappeur Hugh Glass. Il a bénéficié de douze nominations aux oscars 2016 et en a remporté seulement trois : celui du meilleur réalisateur pour Alejandro González Iñárritu, celui du meilleur acteur pour Leonardo DiCaprio, et celui de la meilleure photographie pour Emmanuel Lubezki, ainsi que trois Golden Globes, dans les catégories meilleur film dramatique, meilleur réalisateur et meilleur acteur dans un film dramatique

(2)Formule géniale piquée dans « Le Convoi sauvage, le film avant « Revenant », sur le site « Salon littéraire ». L’article comporte quelques autres perles et un ou deux parallèles(qui m’étaient également venus à l’idée), que je me suis permis de reprendre. Autre critique à lire, par exemple sur Dvdclassik.

(3)Tourné en Espagne avec un petit budget et des Gitans dans le rôle des Indiens !

Trois films (sinon rien), pour mieux transmettre, émanciper et accompagner.

"Jimmy's Hall" : un espace communautaire pour se cultiver, danser et discuter. Affiche du film de Ken Loach, (2014)

« Jimmy’s Hall » : un espace communautaire pour se cultiver, danser et discuter.
Scène du film de Ken Loach, (2014)

Dans la suite de cet autre billet, voici trois autres films à (re)découvrir, assez récents et en couleur, notamment sur le rôle, l’engagement et la place de l’Eglise dans la société : par exemple, dans un contexte de crises(économique, sociale…) et face au défi de la secularisation. Autre thème : la justice, la paix, la transmission d’une génération à l’autre…..

L’un et l’autre sont susceptibles de susciter des discussions lors de réunions d’église en semaine ou lors de réunions de jeunes/de groupes de quartier. D’autre part ces films ont l’avantage de nous faire voyager : en Irlande, dans « la Belle Province »(le Québec), ou même dans la campagne française.

1)En guise d’ouverture, voici “Jimmy’s hall”(2014), de Ken Loach, réalisateur britannique de 79 ans, qui vient d’obtenir une deuxième(1) palme d’or au 69ème festival de Cannes, avec “I, Daniel Blake”(“Moi, Daniel Blake”). Ken Loach est de ceux qui choisissent de montrer et de faire parler “les invisibles”, ceux dont l’histoire ne parle pas ou pas du tout. En juin 2014, il expliquait à Télérama combien il est “important, aujourd’hui de faire entendre une autre voix”. Car “on ne peut pas aborder les crises politiques actuelles sans connaître celles du passé”.

A noter qu’il a aussi choisi, depuis février 2015, de rendre visible plus d’une dizaine de ses films sur youtube.

Film plutôt accessible, notamment à partir de 14 ans, pour peu que l’on donne quelques repères historiques sur l’Irlande des années 20-30, “Jimmy’Hall” (sélectionné pour la 17ème fois à Cannes, mais sans recompense) permet de découvrir l’histoire vraie de Jimmy Gralton (1886-1945, à New York), seul Irlandais à avoir été expulsé de son pays sans procès, en 1933.

L’histoire : 1932 – Après un exil de 10 ans aux États-Unis, Jimmy Gralton rentre au pays pour aider sa mère à s’occuper de la ferme familiale. L’Irlande qu’il retrouve, une dizaine d’années après la guerre civile, s’est dotée d’un nouveau gouvernement. Tous les espoirs sont permis…Suite aux sollicitations des jeunes du Comté de Leitrim, Jimmy, malgré sa réticence à provoquer ses vieux ennemis comme l’Eglise ou les propriétaires terriens, décide de rouvrir le « Hall », un foyer ouvert à tous où l’on se retrouve pour danser, chanter, étudier, apprendre, s’instruire, lire des livres, déclamer de la poésie ou discuter. À nouveau, le succès est immédiat. Mais l’influence grandissante de Jimmy et ses idées progressistes ne sont toujours pas du goût de tout le monde au village. Les tensions, notamment avec le père Sheridan, refont surface, mais restent sur un plan purement verbal. D’autant plus que le rayon d’action de Jimmy reste dans les limites de la paroisse. Jusqu’au jour où l’IRA d’un comté voisin lui demande d’intervenir en faveur d’une famille chassée de chez elle par un riche propriétaire terrien.

Pourquoi parler de ce film ici ?

 Au-delà du portrait de ce militant irlandais, c’est toute une communauté intergénérationnelle que l’on voit vivre ici.  Une communauté, dont les membres sont issues des classes populaires (sans emploi, sans terre…), qui affiche une forme de résistance culturelle et spirituelle pour la dignité (soit de ne pas dire « oui » à tout et n’importe quoi) et revendique pacifiquement le droit et la soif de savoir, d’émancipation, de liberté, de justice, et de paix véritable, dans un pays marqué par la guerre civile.

Parmi les axes de discussion possibles :

Que transmettre à une jeune génération qui n’a pas connu la guerre et qui a soif de savoir et de liberté, pour l’aider à « grandir » et à s’élever ? Discuter du rôle émancipateur de la culture et de l’éducation.

« Sans justice, pas de paix ». Qu’est-ce que la justice et la paix véritables ?

Commenter :

John Stott : « La mission, comprise à la lumière de l’incarnation, qu’elle soit liée à l’évangélisation ou à l’action sociale, ou les deux à la fois, exige un grand effort d’identification des chrétiens avec les individus dans leurs diverses situations. Jésus était ému de compassion à la vue des besoins des hommes, des malades, des personnes endeuillées, des affamés, des tourmentés, ou des laissés pour compte »(2) ;

Philippe Fournier : « ….Face à la religiosité, face à un attachement scrupuleux à la lettre de la loi divine qui en faisait oublier la compassion dont elle est porteuse, face à l’individualisme froid ou au laisser-aller, les prophètes (de l’Ancien Testament) répètent que Dieu ne réclame ni offrandes ni sacrifices, mais un cœur sensible au démuni. Ce message résonne dans notre actualité et interroge le chrétien sur la réalité de son engagement vers l’action sociale(…) Le partage de l’Évangile avec les exclus et les souffrants est possible si l’Évangile est envisagé comme ce qui crée du lien, de la relation, ce qui interroge et met en route. Notre prière et notre espoir est que nous soyons davantage préoccupés de rencontrer les gens et de les écouter que de chercher à les convaincre. L’Évangile se vit en premier par le décentrement de soi, qui s’appelle renoncement, et offre une ouverture. »(3).

En quel Jésus croyons-nous ? Quel Jésus proclamons-nous ? Notre action conduit-elle à une véritable libération et émancipation ? Ou à un asservissement ? Ecoutons-nous les faibles, les brisés, et pas « seulement lorsqu’ils sont à genoux », comme Jimmy le reproche au père Sheridan, dans le film ?

En bref : 

“Jimmy’s Hall”. Drame historique de Ken Loach (GB, 2014)
Avec Barry Ward, Simone Kirby, Andrew Scott
Durée : 1h49 min.

"Médecins de campagne", un film de Thomas Lilti (2016)

« Médecins de campagne », un film de Thomas Lilti (2016)

2) Médecins de campagne

 Une comédie française de Thomas Lilti, ancien médecin et par ailleurs auteur d’ « Hippocrate » (2014. Un film sur le quotidien d’un hôpital public que j’ai eu du mal à aimer vraiment), mettant en scène, non pas un mais des médecins de campagne, personnages populaires et sympathiques s’il en est, au dévouement proche de celui d’un « pasteur de campagne ».

 L’histoire : le docteur Werner (François Cluzet), un médecin de campagne bon et bourru, et se croyant indispensable, se découvre subitement vulnérable, lorsqu’il apprend qu’il est atteint d’une tumeur. Mais la bataille à mener (et à remporter) contre la maladie se double d’une autre contre l’idée d’ « abandonner » ses patients à une nouvelle recrue, Nathalie (Marianne Denicourt), venue le seconder.

 

Pourquoi parler de ce film ici ?

Au-delà du récit d’une relation de travail entre deux médecins, de deux générations différentes, ce film brosse les conditions d’exercice de la médecine en milieu rural, avec l’enjeu alarmant des déserts médicaux : crapahuter qu’il pleuve ou vente pour visiter des personnes âgées grabataires / en fin de vie, ou des enfants grippés ; faire face aux erreurs de diagnostic sur les autistes ; gérer les cas de maltraitance psychologique et de manipulation mentale…bref,  soigner les corps et sonder les âmes, en s’improvisant « assistante sociale », « coach » ou « confident » pour ces patients que l’on a appris à connaître personnellement et dont on partage la vie. Et ce, dans un contexte de pénurie du personnel soignant, quand il ne faut pas partir « en campagne » contre des projets de maisons de santé devenues sources de spéculations immobilières. Quand le métier devient médico-social, pour ne pas dire « pastoral »….

Parmi les axes de discussion possibles : le dévouement, la vocation au service des faibles et des malades, des isolés ; la dignité, la fin de vie, les déserts médicaux, la spéculation immobilière en milieu médical ; la figure du médecin de campagne, et par association d’idée, celle du pasteur/berger – souvent seul. L’accompagnement, la visite, dans le cadre d’une église locale ou d’une paroisse.

En bref :

Médecin de campagne, comédie de Thomas Lilti (France, 2016). Avec François Cluzet (Jean-Pierre Werner), Marianne Denicourt (Nathalie Delezia)….Durée: 1h42

 

"La Passion d'Augustine" ou témoigner en Eglise dans un contexte de sécularisation

« La Passion d’Augustine » ou témoigner en Eglise dans un contexte de sécularisation

3) La Passion d’Augustine

Un film québecquois de Léa Pool(2015), qui retrace le moment où « la révolution tranquille » s’est affranchie de son héritage religieux, dans « la belle province ».

L’histoire : Au milieu des années 60, « un couvent dirigé par Mère Augustine(Céline Bonnier), une ancienne concertiste qui transmet avec ardeur sa foi en la musique, voie d’accomplissement et d’émancipation. Son zèle communicatif irrite la supérieure de la congrégation, jalouse de son aura, qui cherche à la remettre au pas par une série d’injonctions et d’humiliations. Malgré l’excellente réputation dont jouit l’établissement grâce aux nombreux prix remportés par ses étudiantes dans différents concours, une menace de fermeture plane. La récente création du Ministère de l’Éducation et la construction d’écoles publiques laïques forcent la congrégation religieuse à se restructurer. Pour éviter le pire, une grande conférence de presse est organisée pour montrer à tous l’utilité du couvent et les talents qui y sont cultivés. En plus des destinées de sa maison d’enseignement, Mère Augustine doit s’occuper de sa nièce Alice, jeune pianiste aussi douée que rebelle. Décelant son talent immense, Mère Augustine la pousse à se dépasser, espérant ainsi décrocher la médaille d’or au concours de musique provincial(4).

Pourquoi parler de ce film ici ?

Un point de vue intéressant sur le phénomène de sécularisation au Québec et ses dégâts collatéraux touchant une institution, l’Eglise, menacée…de restructuration !

Parmi les axes de discussion possibles : la question de « l’héritage religieux », « se réconcilier avec son passé », pour une nation(4) ; la sécularisation et la place de l’Eglise dans une telle société ; les relations entre générations ; le rôle et la place des écoles privées, notamment confessionnelles, dans une société sécularisée ; le rôle de la musique dans l’éducation, comme vecteur d’accomplissement et d’émancipation….

En bref : 

« La Passion d’Augustine », un film québecquois de Léa Pool(2014). Avec Céline Bonnier. 1h43

 

Notes : 

(1) Après « le vent se lève », en 2006, lors du 59ème festival de Cannes.

(2) Cf « Le Chrétien et les défis de la vie moderne »(T.1). Sator, 1987, p. 40.

(3) Voir http://www.promesses.org/arts/176p5.html

(4) Voir https://coupsdecoeurdici.com/2015/03/29/la-passion-daugustine-pour-se-reconcilier-avec-notre-passe/ et http://www.la-croix.com/Culture/Cinema/La-Passion-d-Augustine-dernier-hiver-d-un-couvent-quebecois-2016-03-30-1200749899

Votre vie est un film

"La fin du film(de la vie)" Scène de "Macadam à deux voies"(1971)de Monte Hellman.

« La fin du film(de la vie) »
Scène de « Macadam à deux voies »(1971)de Monte Hellman.

Beaucoup de décès, ce mois-ci. Sans doute « pas plus » que d’habitude, mais « assez » pour nous interpeller, d’autant plus qu’il s’agit de proches.
Certains appartenaient à Jésus-Christ, ayant vécu et partagé leur espérance autour d’eux, durant leur vie. Avec certitude, nous pouvons dire d’eux qu’ « ils rient (dans la joie) avec leur créateur », dans le ciel. D’autres ne connaissaient pas Jésus comme leur sauveur et seigneur, semble-t-il, ou du moins, n’avaient pas confessé ou proclamé que leur confiance (leur fondement, notamment pour être déclaré juste ») était en Lui. Où sont-ils maintenant ?

Une chose est certaine : au-delà de la peine, de la douleur, des souffrances, causées par le départ d’un proche ou d’un ami cher, il y a un message pour ceux qui restent. Encouragement et consolation, confiance, pour ceux qui partagent la même espérance ; avertissement et invitation à s’arrêter pour se poser « les bonnes questions » et réfléchir, pour les autres.

Ainsi, vous-mêmes ? Quelle est votre relation avec Jésus-Christ (comment le connaissez-vous ? Qui est-il pour vous ?), face au rendez-vous inéluctable de la mort ?
Êtes-vous « prêts à rencontrer votre Dieu » ? (Amos 4v12)

 

Notre vie est courte : elle se déroule comme un film, qui finira par brûler à la fin-à l’instar de la fin de « Macadam à deux voies », le film de Monte Hellman*.

Prenez-vous le temps de penser (et de répondre) à certaines questions essentielles (existentielles) : qui suis-je ? A qui est-ce que j’appartiens ? D’où est-ce que je viens ? Où vais-je ? Pourquoi suis-je là ? A quoi consacrer ma vie ? Quelles sont les choses véritablement « durables » ?

A moins que vous n’estimiez que ces questions ne soient pas pour vous, vous estimant :
– Trop jeunes
– Trop forts, trop sûrs de vous
– Trop heureux (vous êtes actuellement « comblés »)
– Trop occupés-à gagner votre vie, de l’argent, ou trop occupés à changer le monde…
– Trop « pourris », ou trop « justes »
– Trop intelligents, trop sérieux
– Trop malades
– Trop vieux
– Trop morts. Mais vous ne serez plus là pour lire ces lignes et il sera alors trop tard. N’attendez pas d’en être là !

 

 

 
Face à la mort et concernant le sens de la vie, ce message est toujours actuel :
Eccl.11v912v1-8, 13-14
Les choses véritablement durables : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/22/deux-choses-eternelles/
« Aujourd’hui… » est le mot de Dieu cf 2 Cor.6v2(« plus tard » étant un mot piège, vous empêchant de prendre les bonnes décisions cf Actes 24v25)
Venez donc à Jésus-Christ, « tels que vous êtes »(Jean 6v37-40). Il a le pouvoir de répondre à votre crainte de la mort(Hébr.2v14-15)

 

 

Note :

« Macadam à deux voies », un film de Monte Hellman (1971), avec James Taylor, Warren Oates, Laurie Bird, Dennis Wilson… qui questionne le rapport à l’espace et à la fuite : deux garçons quasi mutiques-« Mécano » et « Conducteur », et un quadragénaire-« GTO », rejoints par une fille versatile, « the Girl »-tous quatre sans nom et sans passé- « sillonnent les routes à deux voies des Etats-Unis. Chaque fin d’étape est ponctuée par des courses automobiles. Avec l’argent engrangé lors de ces rallyes urbains, nos compagnons d’infortune peuvent payer leur carburant et reprendre la route. Enfermés dans ce système absurde et sans fin, ils traînent nonchalamment de ville en ville, de bars en motels miteux ». (cf http://www.dvdclassik.com/critique/macadam-a-deux-voies-hellman )

Un film qui se distingue par son absence totale de violence, de sexe et de drogue.

Foireux liens(9) : « L’activisme n’est pas du militantisme ! »

"Occupé, trop occupé !" Une malédiction ou...un sujet de gloire ?

« Occupé, trop occupé ! »
Une malédiction ou…un sujet de gloire ?

Serait-ce « l’appel du 1er mai », fête du travail en France ?

Pour le mois d’avril qui vient de s’écouler, je constate une drôle de « coïncidence », avec la présence de pas mal d’articles-voire d’occasions- abordant les thèmes du travail, du chômage, de l’activisme(de « l’overbooking ») ou du phénomène d’être « occupé, trop occupé ». Et ce, dans un contexte où le code du travail fait l’objet de nouvelles attaques.

En voici quelques-uns. Prenez donc le temps de consulter ces diverses et édifiantes contributions à cet éternel sujet :

 

« Depuis dix jours, plus personne ne répond à nos mails ». La raison ? Les gens sont débordés ! D’ailleurs, « presque tous les gens que nous connaissons sont débordés. Ils se sentent angoissés et coupables dès qu’ils ne sont plus en train de travailler ou de promouvoir leur travail. Quand ils consacrent du temps à leurs amis, ils le font comme de bons élèves font du bénévolat, parce que ça fait bien sur un CV », constate le journaliste et cartooniste Tim Kreider.

« Il n’y a pas longtemps », témoigne-t-il, « j’ai proposé à un copain qu’on se voie un jour dans la semaine. Il m’a répondu qu’il n’avait pas trop de temps mais de l’appeler si je faisais un truc : il arriverait peut-être à dégager quelques heures. J’ai failli lui dire que ma question n’était pas le préliminaire à une invitation mais l’invitation elle-même. Mais bon, il aurait fallu crier tellement fort pour qu’il m’entende par-dessus le bruit de son agitation que j’ai laissé tomber.

Même les enfants sont débordés, aujourd’hui. Entre l’école et les activités extra-scolaires, leur journée est réglée à la demi-heure. Quand ils rentrent le soir, ils sont épuisés comme des adultes… » (La suite sur « Moyen courrier », blog de Rue89 Lyon)

 

« Je suis très occupée ! », constate Ludivine sur « elle croit », son blogue féminin, donnant raison à ce qui précède. Va-t-elle « s’en sortir » ? Sauf qu’il ne s’agit pas d’ « une nouvelle situation d’urgence à régler particulièrement ce mois ci… C’est sa vie normale !  Moment de silence…»

Marquez une pause avant de lire sa critique de « Vie de fou » (Crazy Busy) de Kévin DeYoung, « un livre pour ceux qui sont toujours un peu occupés voire très occupés ! Ou/et qui ont besoin d’organisation ».

 

Puis, prenez le temps de lire attentivement les « 4 façons de remporter la victoire sur le surmenage » du pasteur J. D. Greear. Car, dit-il, “Être sur-occupé n’est pas seulement inconfortable, c’est aussi dangereux. Il y a peu de choses aussi destructrices (y compris pour l’âme) que le surmenage”. A découvrir sur TGC Evangile 21.

 

Ensuite, le code du travail français est-il « un carcan », empêchant « la libération des richesses de ce pays », comme j’ai pu récemment l’entendre, lors d’un séminaire ?*

Tout dépend certainement du côté où l’on se place. Et tout dépend du côté où Dieu se place (Deut.24v14-15 ; Es.58v3…), aurai-je envie de répondre. Comme de poser cette autre question : combien de pages valent la vie d’un homme ?

Gilles Balbastre y répond dans le Monde diplomatique dans un article de novembre 2014, toujours d’actualité.

D’ailleurs, notre vision sur cette question est-elle réellement biblique ? Car, au commencement, le travail est un don de Dieu, et même un bon projet de Dieu pour l’homme. Néanmoins, c’est le péché qui a déformé et rendu plus difficile ce qui était bon, au départ, provoquant les dérives présentées plus haut : trop ou pas assez, voire pas du tout(de travail). Pour aller plus loin,  le dernier numéro de « Promesses » d’avril-juin 2015, qui apporte une réflexion biblique pertinente sur « travail et chômage », est à découvrir. Equilibré, quoique manquant de contribution féminine, il mérite le détour : voir « les sept questions sur le travail » de Joël Prohin(« est-une malédiction ou un don de Dieu ? A quoi sert notre travail ? Comment le faire ? Que penser du travail rémunéré de la femme mariée ? Le chrétien peut-il se mettre en grève ?… ») ; « le chômage : qu’en dit la Bible ? » de Nathanaël Bourgeois ; « Le travail de Dieu » de Claude-Alain Pfenniger, qui nous présente Dieu comme le « travailleur par excellence », « sans rival » dans ce domaine. Lequel, dès le commencement, a su prendre le temps de contempler ce qu’Il fait, pour dire « c’est bon !…c’est même très bon ! »…« Patrons et employés : entre soumission zélée et devoirs réciproques » de Frédéric Mondin…et le bienvenu « L’inventeur des congés payés » de David Richir, lequel nous rappelle que le premier commandement de Dieu à son peuple…c’est de s’arrêter, de se reposer un jour par semaine(Ex.16v23) !

A commander sur le site et à offrir à vos amis… « overbookés » !

 
Le travail ! Comme pour tout sujet, il y a deux manières d’en parler, rappelle Benoît Sibille des « Cahiers libres » : celle des experts, qui, tout en « emplissant nos plateaux TV et nos partis politiques », réussissent le tout de force d’ « oublier de nous parler du travail en lui-même. Reste alors une deuxième méthode, celle du philosophe, qui consiste, elle, à donner la parole au réel : Qu’est-ce qui se donner à vivre dans le travail ? » Ecouter la chronique de Benoît Sibille pour Radio Notre Dame, sur « les Cahiers libres ».

 

Pour finir, profitez-en aussi pour voir ou revoir ces films sur le travail(sens, conditions…)et le chômage :

« Le sel de la terre » de H.J. Biberman(1953), dont nous avions déjà parlé : l’un des films les plus singuliers des années 1950, peut-être celui qui résume le mieux l’époque du maccarthysme, et qui a le mérite de ne pas oublier les conséquences morales et psychologiques d’un conflit social sur les rapports (raciaux, sociaux) des hommes entre eux, leur comportement/leur motivation et la vie des couples.

« La classe ouvrière va au paradis », un film italien d’E. Pietri(Palme d’or à Cannes en 1972) : ou comment un ouvrier zélé, doublé d’un consumériste docile, en arrive à faire grève. Le point de départ du film, qui « n’est pas un film sur une prise de conscience révolutionnaire », est l’idée du travail à la chaîne qui rend les hommes esclaves d’un même travail, pendant des années, sans même qu’ils sachent à quoi ça sert. Le « miracle italien » n’a eu lieu que parce qu’on a fait faire en huit heures des travaux qui devaient être faits en quinze**.  Ecouter la BO du film.

 

« The company men » de J. Wells (2010) : un film qui donne l’illusion d’avoir affaire à une énième fable hollywoodienne sur des héros ordinaires qui parviennent à surmonter une crise (ici financière) par la seule force des bons sentiments et des incontournables valeurs familiales. Or, The Company Men montre une Amérique que l’on n’a pas tant l’habitude de voir au cinéma : celle des cadres moyens supérieurs, qui croient dans un système qu’ils servent docilement, et qui se retrouvent d’autant plus désemparés quand ils sont sacrifiés à la faveur d’une « restructuration ».

 

Notes :

* Une pensée qui me paraît plus marquée par l’idéologie libérale que par la pensée biblique. Or, la tendance actuelle est plutôt, depuis plusieurs années, le « détricotage » du code du travail entraînant banalisation de la flexibilité, précarité…sans compter que les papas(mais aussi les mamans)rentrent de plus en plus tard à la maison, et « doivent » travailler le dimanche. Pourquoi « doivent » ?

D’autre part, l’actuel projet de loi « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques » du ministre de l’économie Emmanuel Macron, (adopté en 1ère lecture à l’assemblée nationale le 19 février 2015 ; en discussion au Sénat- vote prévu le 12 mai) participe bien à cette logique : libéralisation des lignes d’autobus ; accroissement du travail du dimanche et de nuit ; limitation du rôle des prud’hommes ; affaiblissement du code du travail ; déréglementation de la profession des notaires ; privatisation de l’industrie de l’armement et des aéroports ; filialisation de centres hospitaliers universitaires ; assouplissement des normes environnementales…( cf http://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPreparation.do?idDocument=JORFDOLE000029883713&type=general&typeLoi=proj&legislature=14 ; http://www.la-croix.com/Actualite/France/Loi-Macron-les-principaux-points-2015-02-17-1281670 ; http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2015/04/28/25002-20150428ARTFIG00369-emmanuel-macron-n-exclut-pas-d-avoir-a-nouveau-recours-au-49-3.php )

Bref, le plus gros mensonge du libéralisme est de faire croire qu’il ne règne pas, qu’il n’a jamais régné, et qu’il doit régner. Et « qu’il n’y a pas d’autre alternative ».

 

 
** cf http://www.tamasadiffusion.com/sitesofficiels/classeouvriere/classeouvriere-documents/classeouvriere-petripartassone.pdf  ; http://www.dvdclassik.com/critique/la-classe-ouvriere-va-au-paradis-petri

Snow Therapy : ou l’illusion que « nous sommes au contrôle »

"Tout est-il sous contrôle" ? Snow Therapy, un film suédois de Ruben ÖSTLUND (2014)

« Tout est-il sous contrôle » ?
Snow Therapy, un film suédois de Ruben ÖSTLUND (2014)

Il vous a peut-être échappé.
Il a été successivement baptisé puis débaptisé et encore rebaptisé : Tourist, puis Force majeure, enfin Snow Therapy. Comme ce dernier titre ne l’indique pas, il s’agit d’un film, suédois, sur la famille, les relations dans le couple et le rôle de l’homme.
Sortie en France le 28 janvier 2015, il est encore à l’affiche, quoique beaucoup moins médiatisé, semble-t-il, que d’autres films. Et il est encore temps d’aller le voir, à plusieurs, entre hommes, ou en couples-hommes et femmes, pour en discuter longuement ensuite.

A noter que c’est mon épouse qui a attiré mon attention sur ce film, que nous avons vu ensemble courant février. Elle m’avait assuré « qu’il me plairait sûrement ». Et effectivement…Mais commençons par le commencement, et d’abord, parlons de l’histoire, en peu de mots :
« Tout est sous contrôle »

Snow therapy raconte l’histoire d’une famille « traditionnelle » suédoise, passant un séjour dans la station de ski des Arcs, en France. Le récit est d’ailleurs découpé en cinq parties, soit une pour chaque jour passé dans la station. Le père, Tomas, « travaille trop »(ou sans doute « plus »-peut-être même le dimanche-« pour gagner plus ») selon son épouse Ebba : l’occasion pour lui d’accorder un peu de temps à sa femme et à ses deux jeunes enfants Vera et Harry…
La première journée se passe bien, et la famille offre un profil uni et solide. Tout bascule dès le lendemain, lorsque la famille, confortement installée à une terrasse de café avec d’autres skieurs, est témoin d’une avalanche – en réalité déclenchée par les responsables de la station pour l’entretien des pistes et donc « sous contrôle », rassure Tomas. Mais l’avalanche semble se diriger droit vers eux et c’est la panique. Les enfants hurlent de peur, et Ebba demande de l’aide. Mais Tomas prend la fuite, bousculant son petit dernier, sans oublier l’essentiel : ses gants et son portable ! Au final, fausse alerte…mais les fondements de la petite famille sont ébranlés, d’autant plus que Tomas s’enferme dans le déni, se défendant d’avoir été lâche…

 

Ce que j’en pense :
Voilà un film bienvenu ! Le réalisateur suédois n’est pas croyant, et l’on n’est pas obligé d’adopter un certain discours sous-jacent, mais son film, d’une richesse incroyable, source de discussions profondes, nous invite à gratter la poudreuse, histoire de voir ce qui s’y cache. Et par-là même, nous invite à un questionnement ou à une remise en question salutaire :
Qu’est-ce donc qu’une famille selon « les principes bibliques », ou une famille selon le cœur de Dieu ? Qu’est-ce qu’ « un homme, un vrai » ? Quel est son rôle au sein du couple et de la famille ? Quels sont les besoins respectifs de l’homme, de la femme et des enfants ? Sans oublier une réflexion sur la vérité et le mensonge, le courage et la source du bonheur, l’instinct de survie, l’être et le paraître, l’illusion que « tout est sous contrôle » ou que l’on contrôle sa vie, son image…….Autant de questions « métaphysiques » mais très concrètes, qui touchent, par ricochet, d’autres protagonistes, témoins de la crise du couple Tomas et Ebba.
D’autre part, il nous invite, nous chrétiens, à répondre aux défis posés par notre société post-moderne, notamment représentée par une femme dite « libre », rencontrée par Ebba lors du séjour aux Arcs, et persuadée que ses enfants sont heureux de son choix de vie.

Bref, un excellent film européen à voir à plusieurs, où on se laisse embarquer et où l’humour n’est pas absent. La fin est quelque peu énigmatique, ouvrant d’autres perspectives. Comme l’a dit quelqu’un d’autre, un film « à la fois très quotidien et très stylisé, terre à terre et distancié », aux allures de « fable morale complexe qui impressionne durablement ».

En bref :
SNOW THERAPY
Écrit et réalisé par Ruben ÖSTLUND – Suède 2014 1h58mn VOSTF – avec Johannes Bah Kuhnke, Lisa Loven Kongsli, Clara Wettegren, Vincent Wettegren, Kristofer Hivju, Fanni Metelius… Sortie française le 28 janvier 2015.
Actuellement encore en salles.

Bande annonce :

« Cristeros » : pour prendre conscience que « le bonheur est de désirer ce que nous avons déjà…. »

Je ne fais jamais de « marronniers »*. Du coup, vous n’aurez pas droit à un billet sur le chiffre « 13 ». « Treize » embêtant pour vous ? J’espère que non.

Car « plus embêtant » encore est de ne pas prendre conscience de la richesse de ce que nous disposons, à portée de main. Quoi donc ?

Gaston Lagaffe(par Franquin) défend la cause de l'UNICEF

Gaston Lagaffe(par Franquin) défend la cause de l’UNICEF

Je me souviens d’un encart attribué à l’Unicef pour venir en aide au tiers monde et lutter contre la raréfaction de l’eau potable, publié en fin de la première édition de l’album 14 « La saga des gaffes »(Dupuis, 1982). On y voit Gaston Lagaffe prendre de l’eau au robinet tandis que des africains portent des bassines d’eau en plein désert.

Le message est le suivant : « vous faites souvent ce geste très simple, sans vous rendre compte de la chance que vous avez : de l’eau pure à portée de main ».
Et par association d’idées, passant du coq à l’âne, je passe au film « Cristeros », un drame historique** réalisé en 2012 et sorti en France le 14 mai 2014, pour découvrir un épisode méconnu de l’histoire : « l’histoire des dizaines de milliers de mexicains qui de 1926 à 1929 ont pris les armes et se sont levés contre l’interdiction des pratiques religieuses décidée par le président d’alors »***. Ceux qui ont lu « la puissance et la gloire » de Graham Greene se retrouveront certainement en terrain connu.
J’ai enfin pu voir ce film en DVD, disponible depuis le 06 janvier 2015.

"Cristeros", un drame historique de Dean Wright(2012), avec Andy Garcia.

« Cristeros », un drame historique de Dean Wright(2012), avec Andy Garcia.

Il s’agit là d’un excellent film, fort bien réalisé, pour la mémoire. Mais surtout, pour comprendre « la chance que vous avez sans vous en rendre compte » : celle de bénéficier de la tolérance religieuse et des conditions idéales (comparativement à d’autres pays) pour pratiquer et vivre votre foi.
Pourtant, vous êtes croyant, ou du moins, le croyez. Mais vous traînez les pieds pour aller à l’église(justifiant peut-être « théologiquement » que l’on peut être « chrétien » en solo), pour le culte et d’autres réunions (de prière, d’études bibliques ou d’édification). Ou alors vous allez faire vos courses le dimanche. Vous négligez la prière et la lecture de la Bible (Bibles que vous avez peut-être en plusieurs exemplaires à la maison). Votre bouche ne parle peut-être pas ou plus, car votre cœur n’est pas ou plus rempli de cette espérance censée être en vous-celle de l’Evangile de Jésus-Christ(Luc 6v45, cf Matt.12v34). Vous pouvez peut-être vivre sans vivre véritablement et concrètement votre foi.

Pourtant, vous vivez dans un pays (La France), où vous avez encore la liberté, plus que de « pratiquer », de vivre ce que vous croyez, et d’y annoncer(proclamer, affirmer) l’Evangile, quoique l’on dise, même si, parfois, cela peut ne pas être simple. Pour combien de temps encore ?
A voir, donc, « Cristeros », un film bien d’actualité, épique, fort et émouvant, où l’on proclame au péril de sa vie « Viva Cristo Rey ! ». Un film également source de multiples questions, à l’instar de celles que se pose Benoît, blogueur catholique qui attend le retour du Seigneur, et co-fondateur des « Cahiers libres » : « D’un côté, l’admiration sans faille pour ces résistants et cette question sourde : aurais-je eu leur courage ? Ne me serais-je pas défilé ? Aurais-je su m’opposer, jouer ma vie pour la liberté, pour la foi, pour l’homme, pour Dieu ? De l’autre, ce mot du Christ – tranchant comme un glaive – : Celui qui vit par l’épée mourra par l’épée (Mt 26, 52)….. Cette alternative entre résistance armée et résistance spirituelle est un glaive à double tranchant, un choix atroce. Choix au sujet duquel il est presque ridicule d’écrire un article de blog tant il est déchirant. Chaque versant à son danger. D’un côté le risque de la vengeance, de la haine, d’une prise des armes nous rendant semblable à nos ennemis. De l’autre le risque de la fuite de nos responsabilités temporelles, le risque de laisser les plus faibles se faire piétiner ».

 

Notes :

* « Marronnier » : Dans l’argot journalistique, le marronnier est un sujet qui revient de façon cyclique au fil des saisons (comme les feuilles des arbres).
Exemples : les prix de l’immobilier, la rentrée des classes, les soldes, les vœux, les Francs-Maçons, le classement des meilleurs lycées de France….
Les blogueurs n’y échappent pas non plus…

** Presque fidèle à la réalité. En savoir plus : http://histoire.blogs.la-croix.com/cristeros-necoutez-pas-les-critiques/2014/06/02/

Voir aussi http://www.films-sans-frontieres.fr/desiertoadentro/contexte-historique/ ; http://www.herodote.net/22_juin_1929-evenement-19290622.php

Et ces critiques(catholiques-aucune protestante ou évangélique) publiées sur les « Cahiers libres » ; Le « Padre blog » ; La vie.

*** cf http://cahierslibres.fr/2014/05/double-tranchant-du-glaive-cristeros/
En bref :

Cristeros (Titre original : For Greater Glory : The True Story of Cristiada )
Drame historique
Origine : Mexicain(2012)
2h23
Réalisateur : Dean Wright
Musique : James Horner
Avec :
Andy Garcia : Général Enrique Gorostieta Velarde
Eva Longoria : Tulita Gorostieta
Mauricio Kuri : José Sánchez del Río
Oscar Isaac : Victoriano «El Catorce» Ramírez
Eduardo Verástegui : Anacleto González Flores
Rubén Blades : Président Plutarco Elías Calles
Nestor Carbonell : Mayor Picazo
Bruce Greenwood : L’ambassadeur américain (Dwight Morrow)
Catalina Sandino Moreno : Adriana
Santiago Cabrera : Le père Vega
Et avec Peter O’Toole : Le père Christopher

Ed. dvd Saje Distribution(2014)
Vu en VOST-sachant que le film a été tourné en anglais et non en espagnol. Il est montrable aux jeunes à partir de 13 ans, dirai-je.
Le sujet : En 1926, un soulèvement populaire secoue le Mexique suite aux lois du président Callès, qui interdisent toutes pratiques religieuses dans l’ensemble du pays. Des hommes et des femmes de tous horizons, les Cristeros, vont alors risquer leur vie pour défendre leur liberté et lutter contre les persécutions menées par le gouvernement. Une des pages les plus sombres de l’Histoire du Mexique.

Bande annonce :

Interstellar : « la situation est grave et désespérée, mais rassurez-vous, on gère ! »

 

"Interstellar", de Christopher Nolan(2014), avec Matthew McConaughey(sur la photo). "C'est cassé ? T'inquiètes, je gère..." !

« Interstellar », de Christopher Nolan(2014), avec Matthew McConaughey(sur la photo).
« C’est cassé ? T’inquiètes, je gère… » !

Sorti sur les écrans français le 05 novembre 2014(et vu il y a quelques jours), Interstellar est un film de science-fiction réaliste, « dans l’air du temps », pour les thématiques qu’il aborde.

D’abord, le thème de la crise écologique sans précédent que connaît ce futur proche : maltraitée, la Terre « vomit ses habitants » et ne peut plus les nourrir. Les ressources naturelles se raréfient et les céréales( à part le maïs) se meurent. Les hommes tombent malades, victimes d’une poussière persistante et de terribles tempêtes de sable. On pense à une conséquence de la désobéissance et de l’infidélité du peuple de Dieu, décrite dans ces versets de Deutéronome 28v23-24 : « Le ciel sur ta tête sera d’airain, et la terre sous toi sera de fer. L’Éternel enverra pour pluie à ton pays de la poussière et de la poudre ; il en descendra du ciel sur toi jusqu’à ce que tu sois détruit ».

A une époque, on s’en serait pris à Dieu. Ce n’est plus le cas dans le futur d' »Interstellar », où Dieu est le grand absent ou le grand oublié, comme le souligne fort justement Charles Vaugirard, dans son très intéressante critique du film dans « Les Cahiers libres ». On ne semble plus s’occuper de lui, lui préférant un « retour aux sources » ou aux « mythes fondateurs » des Etats-Unis, tels l’esprit du pionnier ou la conquête(de l’Ouest, de l’espace). Le fait que notre bonne vieille planète atteigne ses limites, au point d’en crever et de condamner l’espèce humaine, « ne devrait pas » nous empêcher de pousser les limites(humaines)de l’exploration pour trouver une nouvelle planète habitable(plan A), ou tenter une forme de colonisation s’appuyant sur le développement in vitro d’embryons humains congelés(Plan B). Bref, on n’a donc pas ou plus besoin de Dieu, mais plutôt de la technique, semble-t-il.

De là cet autre thème, abordé « avec intelligence », selon Charles Vaugirard, encore : la question de la place de la technique ou de la technologie.« Est-elle à craindre ? Ou peut-elle contribuer au sauvetage de l’humanité ? ». Une question pertinente, particulièrement aujourd’hui. S’y ajoutent les problématiques de « l’odyssée de l’espèce(humaine)et de l’espace »(dans le sens de trouver un nouvel espace habitable pour l’homme. Ou le dilemme « la Terre, si tu l’aimes, tu la quittes »), de la transmission(« d’une génération à l’autre » en général, et d’un père à sa fille, en particulier. Que léguer, derrière soi ?) et de l’éducation-ici, à visée plutôt utilitariste. En effet, pourquoi apprendre et qu’apprendre, dans un monde condamné, à l’heure où l’urgence est de former des agriculteurs, aux dépends des ingénieurs(et donc des programmes spatiaux), devenus « inutiles » ?

« Interstellar » est donc, pour toutes ces raisons, un film dans « l’air du temps ». Mais c’est aussi un film rassurant, qui nous délivre, en fin de compte, une « vérité bien rassurante » : notre monde est mort, ou en passe de mourir, mais l’homme est tellement intelligent qu’il trouvera une solution. Il s’en sortira toujours, comme le croit le personnage de « Cooper », joué par Matthew McConaughey. Dans le film, la solution est proche de nous, quand « le problème est ailleurs ». Elle est « en nous », voire « nous-mêmes », alors que la Bible affirme que « nous sommes le problème et que la solution vient d’ailleurs », souligne Matthieu Giralt, co-animateur du blogue « Notre église point com », dans une critique complémentaire de celle de Charles Vaugirard.

A propos du problème, il serait pertinent d’en rechercher les causes. Mais Christopher Nolan, le réalisateur, ne veut pas parler de cela. L’important pour le spectateur est de comprendre que la technique est un allié et non un problème(ou en tout cas, responsable du désastre écologique), et que l’on ne pourra faire quoique ce soit sans elle. La technique est au service de l’homme. Les robots(non humanoïdes)sont gentils, bienveillants, et même plus marrants que le sinistre HAL 9000(l’ordinateur fou de « 2001, l’Odyssée de l’espace »). Les robots sont rassurants. L’homme maîtrise. L’homme gère. Dans quel état ? Bien, semble-t-il.

Cette pirouette évoquant une question métaphysique nous permet de soulever que nous sommes également censés voir dans le film une portée « clairement métaphysique »*, selon Matthieu Giralt, co-animateur du blogue « Notre église point com ». « Le contraste entre l’immensité de l’espace et la fragilité de la vie humaine » est censé nous pousser à nous interroger « sur notre place dans le monde ». Mais, constate Matthieu Giralt, « assez paradoxalement, le film ne s’arrête jamais, le temps de réfléchir(…)Toute la dimension métaphysique est presque vidée : toutes les questions[notamment celle de Dieu, ou « des dieux »] ont trouvé leurs réponses ».

En définitive, « Interstellar » est un assez bon film, plutôt réussi(autant les parties intimistes que les parties d’exploration dans l’espace), offrant plusieurs niveaux de lecture et qui nous permet de réfléchir sur pas mal de sujets. A la condition de prêter attention(en sachant les lire et sans se laisser distraire par la mise en scène, la beauté des images, la musique, l’émotion) « aux silences » du film(à l’image du silence dans l’espace ?) : silences à propos de Dieu, ou des causes du désastre écologique…. et à la condition de prêter attention à ce qui est présenté comme normal, banal ou positif. Ainsi, le fameux « plan B », consistant en une forme de colonisation s’appuyant sur le développement in vitro d’embryons humains congelés. Un « plan B » dans l’air du temps, puisque susceptible de donner  naissance à une nouvelle génération…mais de quel ordre ? Avec quels pères et quels repères ?**

 

En bref :

Interstellar
Etats-Unis(2014). Réalisation: Christopher Nolan. Date de sortie: 5 novembre 2014
Avec : Matthew McConaughey (Cooper), Anne Hathaway (Dr Amelia Brand), Michael Caine (Pr Brand), John Lithgow (Donald), Jessica Chastain (Murphy Cooper adulte), Matt Damon (Dr Mann)…
 Durée: 2h50

Bande annonce :

 

Sur le sujet de la Bible, de la création et de l’écologie, voir cet excellent article de « Promesses, revue de réflexion biblique ».

Et si vous voulez de la « métaphysique pour les nuls au cinéma », voir ici : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/28/la-metaphysique-pour-les-nuls-au-cinema/

Notes :

* Parlant d’influences : outre « 2001, l’Odyssée de l’espace » de Kubrick, je pense aussi à « Solaris »- notamment la version récente, avec Georges Clooney, plus psychanalytique que réellement métaphysique, où l’on cite aussi du « Dylan Thomas ».

** Il était facile de la ressortir, cette formule !

« Courageous », le film : ou oser « s’exposer »

"Courageous" d'Alex Kendrick : quand "l'honneur commence à la maison"

« Courageous » d’Alex Kendrick : quand « l’honneur commence à la maison »

« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, et ce que l’Eternel demande de toi…. »*(Michée 6v8)

Cette semaine, je me suis senti poussé à revoir le film « Courageous »(2011)**, avec mon épouse.

Après Flywheel, Facing the Giants, et Fireproof, il s’agit là du quatrième film d’Alex Kendrick(réalisateur et acteur) et son frère Stephen(producteur), tous deux pasteurs de « Sherwood Baptist Church » en Albany(Géorgie, USA)
L’histoire : Quatre policiers d’une ville américaine, très différents d’âge et de caractère, s’exposent tous les jours pour « servir et « protéger ». De retour chez eux, ils se trouvent confrontés à un défi d’un tout autre genre : la paternité et leur vie de famille, à une époque où notre société souffre de manque de pères et de repères***.  L’honneur commence donc à la maison. Lorsque l’un d’eux se trouve frappé par un drame personnel, ils décident tous de prendre l’engagement de devenir une source d’inspiration pour leur famille, qu’elle soit unie, éclatée ou plus ou moins à la dérive. Un vrai défi. Mais « les vrais pères » (ou ceux qui ont le cœur du père)se lèveront. Avec quelle force ?

Ce que j’en retiens : Le (vrai)courage, c’est de savoir quitter sa « zone de confort » pour s’exposer : par exemple, danser en public avec sa petite fille de 9 ans…ou souffrir en courant avec son fils adolescent.

Un excellent film, tant dans la forme que dans le propos et qui m’a particulièrement ému à la seconde vision, pour prendre conscience de la portée des missions et démissions des pères, et pour réfléchir à ce qu’est un « homme, un vrai », selon Dieu : non pas « la perfection au masculin », mais être « un homme fait », mâture, selon Hébreux 5v14. Un homme engagé, responsable, fidèle, qui ne vit plus seulement pour lui-même mais pour les autres (cf Eph.5v25)

La fameuse « résolution » signée par les pères de « Courageous » : http://langedeleternel.centerblog.net/6585105-La-resolution-tiree-du-film-courageous

La bande annonce du film(en anglais) :

 

Et une autre histoire de père dans le film(français, cette fois) « De toutes nos forces ».

Notes :

* Le verset emblématique du Défi Michée et aussi un chant de Pierre Lachat, pour ce même organisme. Paroles et partition également ici.

** « Courageous » : « L’honneur commence à la maison ! »(USA, 2011)
De et avec Alex Kendrick. Avec Kevin Downes, Ken Bevel
Coproduction : Sherwood Pictures, Affirm Films, Provident Films
Distribution : Tristar

*** Formule dont on use et abuse jusqu’au cliché, mais, hélas, ô combien vraie…