La révélation la plus extraordinaire de la Bible…

« De loin, l’Eternel se montre à (toi)« ….

Où cours-tu ? Loin de Lui ? Ou vers Lui, pour se jeter dans Ses bras ?

Il te dit : « je t’aime d’un amour éternel ; c’est pourquoi je te conserve ma bonté. »

Lire : Jérémie 31v3(Jérémie 30v21-22) et, sur l’amour de Dieu : 1 Jean 4v7-12

« ….une expression épouvantable qui, du coup, se propage comme un virus verbal… »

Comment se débarrasser de mots superflus à la mode, qui appauvrissent le langage ?

Il existe une expression épouvantable qui, du coup, se propage comme un virus verbal*. La phrase précédente était un test, et si vous n’avez rien remarqué de particulier, c’est que vous êtes sans doute déjà contaminé. Restez calme et attentif, l’expression va repasser, du coup, vous devriez réaliser que je viens de passer la deuxième couche…Voilà, vous avez détecté le problème, sinon, navré de vous l’apprendre, vous êtes, du coup, sérieusement atteint.

Premier symptôme : tout ce que votre ami (e) retient de votre conversation, c’est que vous employez trop souvent « du coup ». Vous ne comprenez pas la gravité de la situation et du coup, par provocation, vous lui ressortez l’expression à maintes reprises avec une bien trop grande facilité, il faut bien le reconnaître.

Deuxième phase : vous décidez de faire une analyse sémantique et réalisez l’ampleur du désastre. Tout le monde emploie le maudit[comme disent les québecquois] vocable autour de vous, même dans les médias. Personne ne semble épargné par l’épidémie. Il se peut qu’à partir de cet instant, vous entrez en « ducouïsation » intensive. « Du coup » vous sautera aux oreilles toute la journée, il vous deviendra insupportable de l’entendre parfois jusqu’à deux fois dans une même phrase alors qu’hier encore, vous l’utilisiez vous-même, dans la plus grande indifférence. C’est le prix à payer de la guérison.

Dernière étape : vous rechutez du syllogisme, mais depuis votre prise de conscience, vous arrivez à vivre avec la maladie. Peu à peu, vous la maîtrisez, elle cessera d’évoluer et finira par quitter votre vocabulaire avec toute la vigilance qui s’impose. La rémission sera complète en informant votre entourage qui, à son tour, se vexera, se soignera et protégera son environnement comme un anti-virus. A mon tour de vous transmettre ce flambeau pour éclairer les consciences de l’humanité qui parfois vous répondra : ah ben oui mais du coup, qu’est-ce que je dis à la place ? Réponse : rien ! Il n’ y a pas à remplacer l’inutile.

(Tordons le coup au virus. Le Pacte du mois de Nicolas Bertrand. « La Décroissance », mars 2015, numéro 117, p 15)

 

Note :

* Déjà, en 2006….

L’écrivain Claudine Chollet estime qu’il s’agit d’ « une contrefaçon du mot de liaison « par conséquent », qui a les apparences de l’articulation logique mais occulte un chaînon de l’argumentation pour obtenir l’approbation d’autrui.
C’est en réalité un outil de manipulation intellectuelle.
L’expression « du coup », utilisée à propos de faits ou d’idées souvent dérisoires, est un syllogisme qui se prévaut de l’accord implicite de l’interlocuteur.
Ex : « ces articles étaient en soldes, du coup j’en ai pris trois… »
Dans cet exemple, il n’y a pas de relation de cause à effet entre l’affirmation et l’action. Le « du coup » suppose l’interlocuteur convaincu de la légitimité de ces achats. En réalité, celui emploie ces mots vise à se faire plébisciter : en obtenant l’approbation de l’interlocuteur, il fait comme s’il obtenait sa bénédiction pour tous ses actes.
« Du coup » permet de faire l’économie d’un raisonnement, de rebondir sur l’absence de contestation, pour se prévaloir d’une légitimité à penser ou à agir ».

(http://claudinecholletecrivain.hautetfort.com/archive/2006/09/05/tordons-le-cou-a-l-expression-du-coup.html )

Départementales (entre-deux) : combien « bien » voter ?

Vous ne le savez peut-être pas, mais nous sommes en pleine période électorale. Non, non, pas « la présidentielle » (il n’y a pas que celle-là dans la vie démocratique), mais « les départementales », qui remplacent les élections cantonales et désignent les membres du conseil départemental (ex-conseil général) dans le cadre du canton. Les conseillers généraux élus en 2008 et en 2011 seront ainsi tous remplacés en mars 2015 par des conseillers départementaux »(un binôme homme-femme par canton), élus pour six ans. (Source : vie-publique.fr)
Dimanche dernier a eu lieu un premier tour, et l’on vous donne peut-être rendez-vous, pour un second tour, dimanche prochain, 29/03. Comment alors « bien » voter ?

La démarche est on ne peut plus simple :
– Premièrement, si vous êtes de nationalité française, âgé de 18 ans révolus, jouissant de vos droits civils et politiques et si vous êtes inscrit sur la liste électorale de votre commune, rendez-vous, dimanche prochain 29 mars, dès 8h00-18h00 ou 20h00, au bureau de vote le plus proche de votre commune, muni de votre carte d’identité et de votre carte d’électeur. Vous ne votez qu’en cas de second tour, et si vous n’habitez pas Paris, Lyon, la Martinique, la Guyane, ou les collectivités d’outre-mer où ne siègent pas de conseillers départementaux.
– Ensuite, prenez tous les bulletins qui se présentent à vous et une enveloppe avant de vous rendre dans l’isoloir ; glissez un seul bulletin (celui correspondant au binôme que vous avez choisi) dans l’enveloppe. Vous pouvez ne rien mettre dans l’enveloppe : auquel cas, vous voterez « blanc ».
– Enfin, glissez l’enveloppe dans l’urne, et signez la feuille d’émargement. On ne peut plus simple.
Au préalable, vous aurez pris soin de ne pas vous tromper d’élection et donc, de ne pas reproduire l’erreur fréquente de certains candidats : En effet, à lire certaines professions de foi reçues dans nos boîtes aux lettres, certains candidats semblent avoir oublié qu’ils ne se présentent pas à une élection présidentielle ou législative. Ils font mine de croire ou font croire que ces élections départementales leur permettront d’agir au niveau national. Pire, ils nous offrent « une hyper-dramatisation des enjeux nationaux de ces scrutins locaux… », estime Jean-Christophe Gallien, professeur associé à l’Université de Paris 1 la Sorbonne et
membre de la SEAP, Society of European Affairs Professionals.
Ce qui nous amène au point suivant : le « programme » des candidats, les compétences du département, et les enjeux d’un scrutin dit « de proximité ».
Pourquoi élire des conseillers départementaux ? A quoi servent-ils ? La loi du 27 janvier 2014 désigne le département comme « chef de file » en matière d’aide sociale, d’autonomie des personnes (aide des plus fragiles et des personnes âgées) et de solidarité des territoires. Le coût financier de ses interventions représente plus de la moitié de son budget de fonctionnement.*
Cependant, tout n’est pas si simple : car les électeurs, comme les futurs conseillers départementaux-pour leur plan d’action, doivent tenir compte de NOTRe loi, qui n’est en réalité pas la nôtre, mais le projet de loi portant sur la nouvelle organisation territoriale (NOTRe). Son objet (défense de rire) est justement de définir les compétences des futurs élus. Il a été adopté en première lecture, au Sénat, le 27 janvier, et à l’assemblée nationale, le 10 mars 2015. A noter que la clause de compétence générale**, en partie supprimée par la réforme du 16 décembre 2010, puis restaurée au profit des départements par la loi du 27 janvier 2014, a été à nouveau supprimée par les députés et les sénateurs.
Néanmoins, il conserve ses compétences principales : « les solidarités sociales et territoriales », avec la gestion des collèges et des routes, la sécurité alimentaire, la culture, la lecture publique, le tourisme, le numérique, la jeunesse et le sport…ce qui n’est pas mince***.
Une seconde lecture, au Sénat puis à l’Assemblée, aura lieu après l’élection.

Les enjeux d’un scrutin dit « de proximité » :
A ce titre, en dépit de certaines incertitudes, le département reste un échelon essentiel. Il en fait la preuve au quotidien par son accompagnement à tous les âges de la vie, intervenant notamment sur le plan de la solidarité et de l’aide aux plus faibles.

N'oublions pas la solidarité...sans favoritisme !  (Affiche « De toutes nos forces », un film de Niels Tavernier, 2014, avec Jacques Gamblin et Fabien Héraud

N’oublions pas la solidarité…sans favoritisme !
(Affiche « De toutes nos forces », un film de Niels Tavernier, 2014, avec Jacques Gamblin et Fabien Héraud

Comment alors « bien » voter ?
En choisissant les candidats porteurs « des valeurs chrétiennes » ?

En manifestant plutôt le cœur de Dieu :
Lequel est « l’Éternel, votre Dieu, est le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, fort et terrible, qui ne fait point de favoritisme et qui ne reçoit point de présent, qui fait droit à l’orphelin et à la veuve, qui aime l’étranger et lui donne de la nourriture et des vêtements ». Nous aimerons alors « l’étranger », car nous avons été « étrangers dans le pays d’Égypte ». (Deut.10v17-19 et cf Ps.69v33, Matt.25v34-40)
« Bienheureux », alors, « celui qui comprend le pauvre »(Ps.41v1 cf 2 Cor.8v9)
Celui qui « croit être religieux » doit se souvenir que « la religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde. »(Jacq.1v26-27) ; que sa « foi en notre glorieux Seigneur Jésus Christ » doit être « exempte de tout favoritisme »(Jacq.2v1-9)
« Le roi »(ou toute autorité, qu’elle soit nationale ou, justement, locale), appelé également un « berger »(cf Ezech.34), se souviendra qu’il a pour mandat d’ouvrir la « bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés ». D’ouvrir la bouche, de juger avec justice, et de défendre « le malheureux et l’indigent ».(Prov.31v8-9)
Et « que celui qui veut se glorifier se glorifie d’avoir de l’intelligence et de connaître (Dieu), de savoir (qu’Il est) l’Éternel, qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre ; Car c’est à cela (qu’il prend) plaisir… » (Jer.9v24)

 

Notes :

* Parmi ses compétences :
• l’enfance : protection maternelle et infantile, adoption, soutien aux familles en difficulté financière ;
• les personnes handicapées : politiques d’hébergement et d’insertion sociale, prestation de compensation du handicap (loi du 11 février 2005) ;
• les personnes âgées : création et gestion de maisons de retraite, politique de maintien des personnes âgées à domicile (allocation personnalisée d’autonomie) ;
• les prestations légales d’aide sociale : gestion du revenu de solidarité active ;
• la contribution à la résorption de la précarité énergétique.
En matière d’éducation, le département assure :
• la construction, l’entretien et l’équipement des collèges.
• la gestion de 100 000 agents techniciens, ouvriers et de service (TOS) (loi du 13 août 2004).
Quant à l’aménagement, son action concerne :
• l’équipement rural, le remembrement, l’aménagement foncier, la gestion de l’eau et de la voirie rurale, en tenant compte des priorités définies par les communes (lois de 1983) ;
• les ports maritimes de pêche, les transports routiers non urbains des personnes ;
• une voirie en extension, soit toutes les routes n’entrant pas dans le domaine public national (loi du 13 août 2004), ce qui a entraîné un transfert d’une partie des services de l’Équipement.
Le département a également une compétence culturelle : création et gestion des bibliothèques départementales de prêt, des services d’archives départementales, de musées ; protection du patrimoine.
Dans les domaines partagés jusqu’à maintenant, le département peut intervenir pour accorder des aides directes ou indirectes au développement économique.
Sur ces fameuses compétences, encore :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/03/09/les-questions-sociales-enjeu-majeur-des-elections-departementales_4588216_823448.html
http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0204229721502-les-departementales-rejouent-la-reforme-territoriale-1103741.php

http://www.metronews.fr/elections/departementales-2015-mode-d-emploi/mobp!01md34geMyiQ/

Et un rappel des bonnes raisons d’aller voter aux élections départementales :
http://www.rue89strasbourg.com/index.php/2015/03/22/politique/on-a-trouve-des-raisons-de-voter-aux-elections-departementales/

** La clause générale de compétence signifie qu’il est accordé aux collectivités une capacité d’intervention générale, sans qu’il soit nécessaire de procéder à une énumération de leurs attributions (http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/collectivites-territoriales/competences-collectivites-territoriales/qu-est-ce-que-clause-generale-competence.html )

*** Ce qu’il en actuellement et pour suivre l’évolution du projet NOTRe : http://www.lagazettedescommunes.com/334902/projet-de-loi-notre-ce-quil-faut-retenir-du-texte-de-lassemblee/#competencegenerale ; http://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPreparation.do?idDocument=JORFDOLE000029101338&type=general&typeLoi=proj&legislature=14 ; http://www.la-croix.com/Actualite/France/Le-departement-sauve-ses-principales-competences-2015-03-10-1289667

« Ne vous vantez pas…mais vantez-vous plutôt de… »

Ainsi parle le SEIGNEUR : Que le sage ne se vante pas de sa sagesse ! Que l’homme fort ne se vante pas de sa force ! Que le riche ne se vante pas de sa richesse ! Si quelqu’un veut se vanter, qu’il se vante de ceci : d’être assez malin pour me connaître, moi, le SEIGNEUR qui mets en œuvre la bonté fidèle, le droit et la justice sur la terre. Oui, c’est cela qui me plaît – oracle du SEIGNEUR.

(Jer.9v22-23. Version TOB. Comparer avec Matt.7v21-23)

 

Sur ce, bonne méditation ! Prochain billet, mercredi prochain.

« Tout est sur internet » : qu’ont à nous apprendre encore « les vieux » ?

Est-il encore nécessaire d' »apprendre » et même de « transmettre » ? Quid des relations inter-générationnelles ? Une réponse est donnée ici :

Une vidéo que vous connaissez sans doute déjà, mais découverte pour ma part via un article de Pierre Thiesset, « Petite poucette sauvera-t-elle le monde ? » paru dans le numéro 117 de mars 2015 de La Décroissance (pp 8-9). Extrait :

« Born for the internet » : « occidentalisation du monde, fantasme de l’auto-engendrement, triomphe de l’autonomie totale vis-à-vis de la société à commencer par les parents, disparition des différentes étapes du développement…tout y passe dans ce film publicitaire indien[datant d’avril 2014] pour une société de télécommunications où un monstrueux nouveau-né geek sort du ventre de sa mère pour commencer par faire un selfie avec la sage-femme ». Moralité : « qu’ont à nous apprendre encore les vieux ? Tout est sur internet », quand ce n’est pas sur Google…

En parallèle, l’on se souviendra avec bonheur qu’un autre modèle de « croissance » et de développement est possible, tel qu’il est décrit en Luc 2v40-52…..

Foireux liens(8) : face à une actualité « chaude », ne laissons pas refroidir notre engagement !

Les "Foireux liens" de Mars : une actualité "chaude", qui ne devrait pas vous laisser "froid"...

Les « Foireux liens » de Mars : une actualité « chaude », qui ne devrait pas vous laisser « froid »…

Les « Foireux liens » sont de retour ! Au menu : actualité plus ou moins « chaude » appelant à la vigilance (« Fin de vie », éducation, « neutralité religieuse », « identité et culture »…) ou pistes d’expérimentation/d’engagement possibles (écologie, pauvreté, éducation, culture…) ; questions sur les médias ; questions « théo » mais non moins pratiques….

Questions « Théo » pratiques :

– « Le Bon combat » s’interroge : « Quand baptiser les « nouveaux convertis » ? Ou comment respecter « le bon ordre » : « sûrs », puis « matures ».

 
– Toujours sur « Le Bon Combat » : « Masculinité et féminité bibliques: la déclaration de Danvers » pour remettre les choses à l’endroit. Un thème particulièrement d’actualité, qui appelle à une réponse fondée sur la Bible…..

– Sur TGC : « Est-ce important de croire en l’historicité d’Adam  et Ève comme le premier couple humain, créés à l’image de Dieu, qui ont péché contre leur Créateur, plongeant ainsi la création dans la futilité de la corruption ? » 
Oui, c’est important. C’est même très important. La raison ici.

Médias :

– Une information, rapportée par le «Washington Post», révèle que la chaîne d’information Fox News vient en effet d’être élue «chaîne d’information la plus digne de confiance», par 29% des Américains interrogés, dans le cadre d’une étude de l’université de Quinnipiac. L’intérêt étant de connaître la méthode utilisée, qui a permis d’obtenir un tel résultat…

 – « Réinformation » et désinformation  : l’extrême droite des médias en ligne : c’est sur ACRIMED.
 
– Et parce qu’il convient d’être toujours « constructif » : des propositions pour une refonte des aides à la presse.

 

« Actualité (plus ou moins)chaude », appelant à la vigilance :


– Un curieux débat, entre un historien chrétien et un intellectuel néopaïen, découvert via le blog de Patrice de Plunkett, a eu lieu à la paroisse Saint-Lambert de Vaugirard (Paris XVe), « le quatrième jour du mois dédié au dieu Mars ». Sujet : « le christianisme et l’Europe : un mariage heureux ou contre-nature ?  ». Son analyse, sur le site « Le Rouge et le Noir », par le blogueur catholique « Bougainville ». La conclusion est à lire avec attention, et à rechercher avec ce qui suit :

– Cela  s’est installé ou « s’installe sans bruit ». L’argument pour dissuader « les contre » : s’y opposer, c’est « du conservatisme ».
….Ainsi, l’euthanasie : réaction sur « Koztoujours » et « Les Cahiers libres ».

 
–  Un autre débat refait surface : celui sur la neutralité religieuse des crèches (encore) relancé
La proposition de loi Laborde(RDSE) « visant à étendre l’obligation de neutralité à certaines personnes ou structures privées accueillant des mineurs et à assurer le respect du principe de laïcité »( cf sur le site du Sénat  et celui de l’Assemblée nationale ) a soulevé l’opposition aussi bien des catholiques que des musulmans mais aussi de l’Observatoire de la laïcité. Cette proposition de loi, dont l’examen prévu le 12 mars a été reporté suite aux contestations exprimées, a relancé un débat devenu lancinant. A lire sur La Vie

 
– Autre sujet : un entretien avec Alexis Escudero, auteur de La Reproduction artificielle de l’humain, publié dans Article 11.
Une prise de position qui n’a pas fait l’unanimité dans la rédaction, laquelle a tout de même décidé de la publier…. C’est le double intérêt de lire l’article…
 

– Réforme du collège : ce qui va changer en 2016
 Quelques « échos » ici et des réactions, .  
 
 – Évasion fiscale, fraudes et manipulations : découvrez le casier judiciaire de votre banque….
…..si elle ne spécule pas sur la faim dans le monde

 

Champs d’expérimentation ou d’engagement :

-Ils font plus que protester : ils agissent.  Sur plusieurs fronts
 
– Un projet de café associatif culturel et premier espace « catho-friendly » de coworking(un lieu de travail qui accueille une communauté d’auto-entrepreneurs, de créateurs d’entreprise et de travailleurs indépendants) à Lyon: « Le Simone », en hommage à la philosophe Simone Weil.
“Culture, convivialité et création” sont ses trois grands piliers.
Découvert grâce aux « Cahiers libres ». Il peut être une source d’inspiration, même pour les protestants/protestants-évangéliques.


– Casser les idées reçues sur les pauvres : « Hackons la misère »
Testez-vous ! 

 

 

 

Enigme talmudique : quelles sont les modalités du mariage ?

Une énigme sur le mariage, qui commence par un lien improbable...

Une énigme sur le mariage, qui commence par un lien improbable…

Voici une bien curieuse énigme, qui débute par un lien improbable, découverte dans « Zeugma », un excellent ouvrage de M.A. Ouaknin(en cours de lecture), et que je reformule quelque peu :

Le Talmud, dans le traité « Qîddûšîn » pose la question suivante : quelles sont les modalités juridiques du mariage ?
La Michna répond : une femme est acquise selon trois chemins : par l’argent ou une valeur d’argent, par un contrat sans contre-valeur d’argent, par une relation sexuelle.

La Gemârâ’ demande : et d’où sait-on que l’argent est une des voies-modalités du mariage ?

La Michna répond : « Prise, prise du champ d’Ephron ! »

Quel rapport avec la question précédente ?
Une première explication souligne qu’il est écrit à propos de la femme dans le livre du Deutéronome (Deutéronome 24v 1, par ex) : « quand un homme prendra une femme ».

Mais qu’est-ce que « prendre (femme ») ?

Une règle herméneutique exige qu’un passage « obscur » s’explique par un passage « plus clair ». Aussi, l’on se souviendra qu’il existe un autre texte où le verbe « prendre » est utilisé dans une transaction qui se fait par de l’argent. L’on peut donc en conclure que l’argent est l’une des modalités du mariage !

Cet autre texte se trouve en Gen 23v13 : à la mort de Sara, sa femme, Abraham achète un tombeau dans un champ et dit à Ephron, le vendeur : « J’ai donné l’argent du champ, prends (-le-) de moi, et là, j’ensevelirai ma morte ». Abraham paie donc 400 sicles d’argent et acquiert donc le champ et la grotte qui s’y trouve. Tout cela résumé par : « Prise, prise du champ d’Ephron ! »

Selon Ouaknin, cette gezêrâh šâwâh talmudique invite à réfléchir sur la relation entre l’homme et la femme dans le mariage, à l’horizon de la mort de Sara et de l’acquisition du tombeau. Car la question qui est en réalité posée est bien : « qu’est-ce qu’un couple ? »

Au moment précis où l’homme entre dans une relation conjugale, au moment du mariage, il entre, par la gezêrâh šâwâh, « dans une relation à la mort ». Dans ce texte, le Talmud propose de mettre en évidence la distinction entre le « désir » et le « besoin », et par là, il nous présente une recherche d’une définition de l’amour !
Par l’exemple, quelqu’un est dans la solitude et ne supporte pas de vivre seul ; de ce fait, il recherche la compagnie d’une autre personne. Si, pour faire en sorte que l’autre se rapproche de lui, il est amené à dire « je t’aime », peut-on véritablement parler d’ « amour », ou est-il plus juste de parler de « haine de la solitude » ? Aime-t-on l’autre pour lui ou pour soi-même ?
C’est cette question que pose le Talmud en demandant quelles sont les modalités du mariage. Quand le geste de relation à la femme fait référence au geste d’Abraham, que signifie-t-il ?
Lorsqu’Abraham donne cette somme considérable pour acheter le tombeau de Sara, il le fait pour elle, sans espoir d’aucun geste en retour de sa part, puisque cette dernière est morte. Geste de pur don, « transcendant », pour l’Autre. De même, quand l’homme donne de l’argent ou une valeur d’argent dans le rite du mariage en référence à Abraham, il exprime par là un amour non lié à de simples besoins, psychologiques, sentimentaux, sexuels ou autres. Geste pour lequel il n’attend ni « amen, ni merci ». Ce rapport à l’Autre en terme de « transcendance »* pure se nomme « désir » pour l’Autre ou encore désir métaphysique, qui s’oppose au « besoin immanent »* au Moi.
Question subsidiaire : comment atteindre un tel amour si pur ? Quel serait notre modèle ? A moins que l’amour ne soit un « compromis » (une tension ?) entre « désir » et « besoin » ?

Source : M.A. Ouaknin. Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains. Seuil, 2013(Point), pp 149-152

Notes :

*« Donner » est « transcendant » ; « prendre » est « immanent ». Mais il y a des cas où « donner » relève de l’immanence, lorsque nous donnons pour recevoir en retour (par ex, pour attendre un « amen » ou un « merci »)…

Snow Therapy : ou l’illusion que « nous sommes au contrôle »

"Tout est-il sous contrôle" ? Snow Therapy, un film suédois de Ruben ÖSTLUND (2014)

« Tout est-il sous contrôle » ?
Snow Therapy, un film suédois de Ruben ÖSTLUND (2014)

Il vous a peut-être échappé.
Il a été successivement baptisé puis débaptisé et encore rebaptisé : Tourist, puis Force majeure, enfin Snow Therapy. Comme ce dernier titre ne l’indique pas, il s’agit d’un film, suédois, sur la famille, les relations dans le couple et le rôle de l’homme.
Sortie en France le 28 janvier 2015, il est encore à l’affiche, quoique beaucoup moins médiatisé, semble-t-il, que d’autres films. Et il est encore temps d’aller le voir, à plusieurs, entre hommes, ou en couples-hommes et femmes, pour en discuter longuement ensuite.

A noter que c’est mon épouse qui a attiré mon attention sur ce film, que nous avons vu ensemble courant février. Elle m’avait assuré « qu’il me plairait sûrement ». Et effectivement…Mais commençons par le commencement, et d’abord, parlons de l’histoire, en peu de mots :
« Tout est sous contrôle »

Snow therapy raconte l’histoire d’une famille « traditionnelle » suédoise, passant un séjour dans la station de ski des Arcs, en France. Le récit est d’ailleurs découpé en cinq parties, soit une pour chaque jour passé dans la station. Le père, Tomas, « travaille trop »(ou sans doute « plus »-peut-être même le dimanche-« pour gagner plus ») selon son épouse Ebba : l’occasion pour lui d’accorder un peu de temps à sa femme et à ses deux jeunes enfants Vera et Harry…
La première journée se passe bien, et la famille offre un profil uni et solide. Tout bascule dès le lendemain, lorsque la famille, confortement installée à une terrasse de café avec d’autres skieurs, est témoin d’une avalanche – en réalité déclenchée par les responsables de la station pour l’entretien des pistes et donc « sous contrôle », rassure Tomas. Mais l’avalanche semble se diriger droit vers eux et c’est la panique. Les enfants hurlent de peur, et Ebba demande de l’aide. Mais Tomas prend la fuite, bousculant son petit dernier, sans oublier l’essentiel : ses gants et son portable ! Au final, fausse alerte…mais les fondements de la petite famille sont ébranlés, d’autant plus que Tomas s’enferme dans le déni, se défendant d’avoir été lâche…

 

Ce que j’en pense :
Voilà un film bienvenu ! Le réalisateur suédois n’est pas croyant, et l’on n’est pas obligé d’adopter un certain discours sous-jacent, mais son film, d’une richesse incroyable, source de discussions profondes, nous invite à gratter la poudreuse, histoire de voir ce qui s’y cache. Et par-là même, nous invite à un questionnement ou à une remise en question salutaire :
Qu’est-ce donc qu’une famille selon « les principes bibliques », ou une famille selon le cœur de Dieu ? Qu’est-ce qu’ « un homme, un vrai » ? Quel est son rôle au sein du couple et de la famille ? Quels sont les besoins respectifs de l’homme, de la femme et des enfants ? Sans oublier une réflexion sur la vérité et le mensonge, le courage et la source du bonheur, l’instinct de survie, l’être et le paraître, l’illusion que « tout est sous contrôle » ou que l’on contrôle sa vie, son image…….Autant de questions « métaphysiques » mais très concrètes, qui touchent, par ricochet, d’autres protagonistes, témoins de la crise du couple Tomas et Ebba.
D’autre part, il nous invite, nous chrétiens, à répondre aux défis posés par notre société post-moderne, notamment représentée par une femme dite « libre », rencontrée par Ebba lors du séjour aux Arcs, et persuadée que ses enfants sont heureux de son choix de vie.

Bref, un excellent film européen à voir à plusieurs, où on se laisse embarquer et où l’humour n’est pas absent. La fin est quelque peu énigmatique, ouvrant d’autres perspectives. Comme l’a dit quelqu’un d’autre, un film « à la fois très quotidien et très stylisé, terre à terre et distancié », aux allures de « fable morale complexe qui impressionne durablement ».

En bref :
SNOW THERAPY
Écrit et réalisé par Ruben ÖSTLUND – Suède 2014 1h58mn VOSTF – avec Johannes Bah Kuhnke, Lisa Loven Kongsli, Clara Wettegren, Vincent Wettegren, Kristofer Hivju, Fanni Metelius… Sortie française le 28 janvier 2015.
Actuellement encore en salles.

Bande annonce :

« Pas un devoir », mais un fait, une grande nouvelle qui exige une réponse immédiate….

Marquez une pause et….

….prenez le temps de réfléchir à ce que vous faites, comment et pourquoi vous le faites.

Et surtout, à ce que vous êtes. Ensemble.

 

Dans ce cadre, ne manquez pas de lire l’excellent article du « théologeek » Olivier Keshavjee : « Évangéliser dans le contexte de la sécularisation », publié le 27 février 2015 sur son blogue. Un article qui me paraît particulièrement d’actualité et qui rejoint à la fois mes préoccupations sur la communion fraternelle, et une récente prédication nous appelant à être « des ambassadeurs » pour Christ(cf 2 Cor.5v17-21)

Quelle est la tâche de l’Église dans une société sécularisée ? Comment envisager l’évangélisation dans un tel contexte ? Telles sont les questions posées dans l’article qui reprend « Evangelism in the Context of Secularisation » de Lesslie Newbigin, paru en hollandais en 1990 dans Kerk en Theologie et republié en 1994 dans A Word in Season: perspectives on Christian World Missions.

Questions importantes, d’autant plus que notre société « n’est pas séculière, mais païenne », soit « une société dans laquelle les hommes et les femmes donnent leur allégeance à des non-dieux. La société sécularisée n’est donc pas un espace neutre et libre dans lequel nous pouvons projeter le message chrétien. C’est un territoire occupé par d’autres dieux. Nous avons à faire à des principautés et pouvoirs ».

Qu’est-ce que l’évangélisation dans un tel contexte ?  Elle n’est pas « un devoir », mais l’annonce d’un fait, d’ « une grande nouvelle qui exige une réponse immédiate » : Dieu règne !

C’est là l’Evangile prêché par le Seigneur Jésus lui-même(Marc 1v14-15). Comment « rendre visible » cette réalité, nouvelle pour le monde qui nous entoure ? Par « une vie partagée » et « une vie qui parle »-en actions et en paroles. La suite ici : http://www.theologeek.ch/2015/02/27/evangeliser-dans-le-contexte-de-la-secularisation/

 

Marquez donc une pause pour réfléchir à tout ceci. Et n’oubliez pas d’aller voir « Snow Therapy »(à plusieurs, notamment en couples) cette semaine tant que le film est encore en salles. Et discutez-en ensuite.

 

Allez, hop ! Moi, aussi, je marque une pause. Prochain billet mercredi prochain.