« Us for Them » de Gungor ou « Mon refuge, sous Sa croix »

Et un dernier* pour le week-end :

« Us for them » de Gungor, un groupe dont nous avons déjà parlé.

A retenir : nul besoin de « chercher des boucs émissaires », ni de « plus de sang », car Christ est « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » et qui a donné Sa vie, Lui le juste, pour des injustes(Jean 1v29 ; Rom.5v6-10 ; Hébreux 10v18, 12v2…), en vue du pardon et de la réconciliation.

Us for Them:

When the lines are drawn
When you’re in or out
When it’s us or them
And we shame the doubt

It is all a lie
All we ever really need is love
There’s no need to shed more blood
Look upon the cross
Look upon the cross

See the face of Christ
See the mercy in His eyes
Every valley shall be lifted high
Now our enemies are blessed
The heavy laden rest
For His judgment is love
His judgment is love

There is no more guilt
There is no more shame
All our darkest sin
All our deepest pain

Blessed are the poor
All the lonely broken lost and torn
See a kingdom comes to us
A war that’s fought with love
Our only war is love

Prepare the way of the Lord
Wielding mercy like a sword
Every mountaintop will be made low
Know, He holds the earth like dust
And his judgment comes to us
And his judgment is love
His judgment is love

We will not fight their wars
We will not fall in line
Cause if it’s us or them
It’s us for them
It’s us for them

We reject the either or
They can’t define us anymore
Cause if it’s us or them
It’s us for them
It’s us for them

 

Note :

*Découvert via ce touchant article d' »Eva », 21 ans : « entretien avec un kamikaze », publié sur La Rébellution.

« En attendant la COP21″(3). Marches pour le climat interdites : mauvais signal ?

"Non" aux manifestations prévues pour le climat ? Les organisateurs devront faire preuve de créativité pour trouver des alternatives...

« Non » aux manifestations prévues pour le climat ?
Les organisateurs devront faire preuve de créativité pour trouver des alternatives…

La COP21 débute ce dimanche 30 novembre. Or, suite aux attentats du 13/11 et pour des raisons de sécurité, les principales manifestations pour le climat-dont les marches prévues pour les 28 et 29/11-ont été interdites à Paris, mais aussi dans d’autres villes de France.

Autant de « mauvais signaux » pour l’issue de la COP21 et ce, avant même qu’elle n’ait commencé ? « Les intérêts particuliers » l’emporteront-t-ils « sur le bien commun », conduisant « à manipuler l’information pour protéger leurs projets », comme le redoute le Pape François ?

Car, pour qu’il y ait un accord « réel »(c’est à dire, « réellement » contraignant), une mobilisation de centaines de milliers de personnes dans les rues reste nécessaire, pour exercer « une saine pression » sur les décideurs réunis pour la conférence, souligne Patrice de Plunkett sur son blogue. Point de vue partagé par Steve Tanner, directeur d’A Rocha Suisse(ONG évangélique de préservation de l’environnement), qui déclare : «Plutôt que de considérer la question à l’échelle de la planète, les dirigeants protègent des intérêts particuliers, ce qui bloque les négociations. C’est à la rue de manifester et d’exiger la solidarité nécessaire de la part de leurs dirigeants».

Des alternatives pour le climat, pour sensibiliser et peser sur les décideurs...

Des alternatives pour le climat, pour sensibiliser et peser sur les décideurs…

En attendant, d’autres stratégies alternatives se mettent en place. En voici quelques-unes, présentées par :

-La coalition Climat 21, qui présente ici son nouveau « plan de mobilisation » ;

A Rocha France, qui encourage la poursuite de la mobilisation pour le climat, et maintient sa journée du 5 décembre, à Paris 8e-« une réponse chrétienne au changement climatique ». Réservation en ligne indispensable.

Et n’oublions pas le jeûne pour le climat, prévu le 1er décembre.

 

« En attendant la COP21 »(2) : voici comment l’Eternel nous met à l’épreuve….si nous marchons ou non selon sa loi.

« L’Eternel dit à Moïse: Voici, je ferai pleuvoir pour vous du pain, du haut des cieux. Le peuple sortira, et en ramassera, jour par jour, la quantité nécessaire, afin que je le mette à l’épreuve, et que je voie s’il marchera, ou non, selon ma loi. » (Ex.16v4)

Dans ce passage et dans tout ce chapitre, le verset qui m’a harponné, cette fois-ci, est celui-ci qui souligne la volonté de Dieu de « mettre le peuple à l’épreuve », en lui donnant la manne, « pour voir s’il marchera ou non selon Sa loi ». Comment cela ?

Analysons les principes posés par Dieu(en Ex.16v4-5, 16-19, 21, 29-30), en distribuant la manne au peuple. Quels sont ses commandements posés dès le départ ? Dans quel but ?
Le peuple a-t-il « marché selon Sa loi » ou non ? Comment a-t-il répondu aux commandements de Dieu ? Pourquoi ? (v20, 27-28)
Quelle application pratique voyez-vous pour aujourd’hui, notamment dans le contexte des enjeux environnementaux ? Comment le vivre dans l’Eglise, au sein de la société ? Comment ces textes pourraient-ils inspirer les gouvernants et décideurs ?

On remarque :
– un temps pour ramasser, un temps pour se reposer
– chacun ramasse selon ses besoins, ni trop, ni peu
– Dieu fixe un cadre : « un omer par tête »
– toute spéculation, comme toute tentative pour se déclarer « propriétaire » de tant d’hectares de manne, rendue impossible. Les effets de la spéculation sont décrits aux vv19-20 : en clair, si l’on stocke, « ça pue ».
– une situation où il est permis de conserver de la manne : laquelle ? Pour quelle raison ? (chercher en Exode 16) Cherchez ensuite une actualisation de cette raison.

Comparer avec 2 Corinthiens 8v8-15 : quel est le principe posé dans ce passage ?

Et voir encore notre note de blogue pour approfondir ces passages.

Sur ce, bon week-end !

Foireux liens de Novembre (12) : « Penser juste dans un monde complexe »

Un monde binaire : les gentils et les méchants

Un monde binaire : les gentils et les méchants

Sans oublier d’être vrai et bon*….

« Puisque la vie continue, autant la rendre plus belle », écrit magnifiquement le journaliste et blogueur catholique « Joseph Gynt » dans « Les Cahiers libres ». Lequel est conscient que « nous, chrétiens, savons bien qu’on ne change pas une société sans convertir le cœur des individus qui la composent ». Le « cœur des individus », mais avant tout le nôtre, d’où l’importance de nous ramener « à nos engagements premiers : « là où est la haine, que je mette l’amour, là où est l’offense, que je mette le pardon… Là où est l’erreur, que je mette la vérité ! » Dans ce cadre, poursuit Joseph Gynt, « les blogs et les réseaux sociaux peuvent être des armes d’évangélisation massive[face à la destruction et à la distraction massives], si nous osons y proclamer ce qui nous anime ».
La mission du chrétien serait donc de « rendre la vie plus belle »….et surtout, face aux extrémismes et aux fanatismes, peut-être moins simpliste, moins « binaire », comme nous y invite Yannick Imbert, professeur d’apologétique à la Faculté Jean Calvin(Aix-en-Provence) dans deux billets tout à fait salubres et pertinents, à ne pas manquer cette semaine** :

1)Sur Le Bon Combat, il réagit à un vieil article[plutôt un dessin] intitulé « Naissance du Christianisme vs naissance des autres religions », mettant en garde : dans notre démarche d’ « apologétique »(de « défense de la foi »), « ne nous focalisons pas sur des résumés trop rapides »[ou des schémas trop simplistes], mais « concentrons-nous plutôt sur les personnes qui croient », lesquelles sont en réalité souvent plus complexes que les étiquettes qu’on leur colle pour se rassurer. C’est moi qui souligne : l’attitude à adopter devrait être la même envers des croyants d’autres confessions chrétiennes, qu’ils soient protestants(historiques ou luthéro-réformé), évangéliques-« charismatiques » ou « non charismatiques », « pentecôtistes », « baptistes », « libristes », « mennonites », « adventistes », « darbystes », et autres « istes » ou « iques »…

2)Sur son propre blogue-« De la Grâce dans l’encrier »,  il relève combien notre « éthique chrétienne » devrait nous interdire « de raisonner par peur, mais » plutôt nous exhorter « à raisonner par justice et compassion ».

Au lendemain des attaques du 13/11/15 sur Paris, Yannick Imbert analyse les récentes déclarations sur l’Islam de Franklin Graham, qui comptent parmi les posts publiées sur les réseaux sociaux, récapitulant, selon lui, « tout ce qui convient de ne pas dire ».
Car Franklin Graham, « fils de l’icône Billy Graham, n’a pas que son nom pour se faire entendre. Evangéliste et missionnaire(…)sa volonté de servir l’Église de Christ, son dévouement à Christ et à la proclamation de l’Evangile ne fait aucun doute. Malheureusement, certains de ses propos affectent la crédibilité de son discours ».
Un dérapage que nous, chrétiens, ne pouvons nous permettre « dans ces temps douloureux, temps de crise et d’incertitude », où « ceux qui se disent disciples de Christ doivent démontrer, plus que jamais, qu’ils sont renouvelés à son image ». La suite à lire ici.

Et puisque l’on parle du danger d’une vision simpliste du monde – d’un monde qui serait « binaire », ne manquez pas de découvrir cette étonnante analyse de la pensée(non moins étonnante) du philosophe Dany-Robert Dufour au sujet du « mystère de la trinité » – un « devoir de philo »(04/04/15) pour le journal québécois « Le Devoir »***. L’exercice ne manque pas d’intérêt dans ce qu’il pousse nos contemporains à se demander en quoi cette « affaire trinitaire » pourrait encore concerner nos sociétés occidentales largement postchrétiennes ? « Pourquoi la pensée séculière et les non-croyants devraient-ils s’y intéresser ? Et, finalement, quel éclairage critique pourrions-nous en tirer sur l’état de nos débats publics et de nos liens sociaux ? »
Dans son livre intitulé « Les mystères de la trinité » (publié chez Gallimard en 1990)****,  Dany-Robert Dufour avance que « l’homme est trinitaire ». Une affirmation étonnante, vu que l’ouvrage n’est pas un traité de théologie et que son auteur n’est pas un croyant. Mais ce dernier , qui « parcourt l’histoire de la raison occidentale », y « discerne une lutte constante entre ce qu’il appelle « trinité » et « binarité » (…)toute l’histoire de la pensée en Occident (étant) le théâtre d’une éternelle tentation : la volonté de réduire le ternaire au binaire. De ce fait, la structure trinitaire (dont le dogme chrétien représente la sublimation par excellence) a toujours été une écharde au pied de cette raison occidentale », faisant « trébucher » celle-ci « sur ses limites ». De quoi faire réfléchir les chrétiens également « tentés » de se passer du dogme trinitaire, jugé « compliqué » ou « peu utile »….
.
Et dans la foulée, pour terminer, une invitation à « Sortir de sa culture, rencontrer les autres », par Benjamin H. Un article publié dans la revue de réflexion biblique « Promesses » (n° 171 jan – mars 2010. Dossier « Foi et société »), et que l’on peut également retrouver dans un autre numéro, sur « l’Evangélisation personnelle », sous cet autre titre « choc des cultures ».
Son auteur a travaillé plusieurs années dans un pays du Sahel. Il est aujourd’hui responsable d’une organisation chrétienne internationale ayant son siège en France. Ici, il soulève que « le défi de la communication avec les musulmans n’est pas seulement d’ordre théologique, mais aussi d’ordre culturel(…)Dans notre communication de l’Évangile, quelles sont les limites à ne pas dépasser entre transmission du message du Christ et envahissement culturel ? »

Bonnes lectures ! Ne manquez pas de nous partager le fruit de vos réflexions, qui, nous l’espérons, seront nombreuses, en bas d’article.

 

 

Notes :

* »Bon », non dans le sens d’être « performant » ou « rentable », mais plutôt dans le sens de manifester de la bonté et de la compassion, à l’image de Dieu qui est « bon ».

** Du même Y.Imbert, voir encore cet autre article sur le site TGC – Evangile 21 : « les enfants non religieux » seraient-ils « plus altruistes que ceux élevés dans une famille de croyants ? »
Le professeur d’apologétique revient sur une étude présentée comme étant « scientifiquement démontrée », publiée le 5 novembre dernier dans « Current Biology ». Laquelle « conclut, après expérimentation, que les enfants athées sont plus altruistes que ceux élevés dans une famille « religieuse » – musulmane, juive, ou chrétienne. Dans les mots mêmes de l’étude : « Nos résultats démontrent fermement que les enfants des familles qui s’identifient à l’une des deux grandes religions du monde (christianisme et islam) étaient moins altruistes que les enfants de familles non-religieuses. » A ce sujet, Y. Imbert affirme qu’il n’y a pas lieu de s’angoisser, et il explique pourquoi.

*** Deux fois par mois, « Le Devoir » lance à des passionnés de philosophie, d’histoire et d’histoire des idées le défi de décrypter une question d’actualité à partir des thèses d’un penseur marquant.

**** http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-des-Sciences-humaines/Les-Mysteres-de-la-trinite (Compte-rendu ici : http://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1992_num_47_1_279033_t1_0119_0000_001 )

 

« Pas nécessaires »

Chacun est une pièce unique. Nul ne peut être remplacé.

Chacun est une pièce unique. Nul ne peut être remplacé.

Vous connaissez sans doute la boutade : « nous sommes tous nécessaires, mais nul n’est indispensable ».

En réalité, il se peut que ce soit l’inverse qui soit vrai, comme le croit Erri de Luca : « chaque individu est un don, un ajout non nécessaire, qui ne vient pas combler une case vide, mais enrichir tous les êtres. Une vie est cet excès de la nature, exagération retentissante d’une offre non nécessaire et pourtant irremplaçable. Chacun est une pièce unique, exceptionnelle, dont la fin est un total gaspillage, sans remède, sans substitution, sans dédommagement. Nul ne peut être remplacé. Le monde avance à force de dons et de dissipations, de cadeaux retentissants et de brusques effacements, d’excès et de manque. Ce n’est pas un système équilibré donner/avoir, il est fourni sans contrepartie. Nul n’est nécessaire, chacun est indispensable »*.

« Non nécessaires » et parfaitement « dispensables » étaient les attentats meurtriers du vendredi 13/11/15 qui ont provoqué un effroyable gâchis et causé un énorme gaspillage en vies humaines. Des vies indispensables, que nul ne pourra remplacer dans ce monde privé du don de leur existence-de la leur entre toutes les autres*.

Jésus-Christ, qui est venu dans ce monde, « non pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour plusieurs »(Marc 10v45), et qui a « le pouvoir de donner(librement) sa vie, et de la reprendre »(Jean 10v18)a pris ce risque du don total « sans retour », « sans dédommagement », ou presque**. « Car Christ, alors que nous étions sans forces, au temps convenable, est mort pour des impies. Car à peine pour un juste quelqu’un mourra-t-il(…)Mais Dieu constate son amour à lui envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous »(Rom.5v6-8)

Un risque indispensable qu’Il devait prendre pour nous sauver.

 

Note :

*D’après « Pas nécessaires » d’Erri de Luca IN Alzaia. Payot et Rivages, 1998, pp 127-128

**Sachant qu’« il y a de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent, plus que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de repentance » !(Luc 15v7)

Ecrire après les attentats du vendredi 13/11/15

Ecrire « après » ou « à propos de ». C’est difficile.

 

Surtout ne cessons pas de prier. De prier pour la France.

Surtout ne cessons pas de prier. De prier pour la France.

Car il est terrible, ce deuxième attentat de cette année 2015. Il est encore plus terrible, cet attentat, qui a à nouveau touché Paris.
« Un marteau s’est abattu. Un coup assourdissant(…) ensanglantant une fois de plus Paris : au moins 129 morts, une centaine de blessés dans un état très grave. Ce vendredi 13 novembre, entre 21h20 et 21h50, la capitale française et sa banlieue nord ont été attaquées en six endroits différents. Au moins sept personnes ont tué méthodiquement »*.
Qui étaient les cibles ? « Des hommes et des femmes attablés à des terrasses de cafés et de restaurants des quartiers du multiculturel Est parisien, des spectateurs et spectatrices d’un concert de rock californien du Bataclan – proche de la place de la République où se tient traditionnellement nombre de rassemblements de solidarité – et d’une rencontre amicale de football au Stade de France, en Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France ». Des hommes, des femmes, des enfants de toute opinion ou conviction philosophique et religieuse.
Les terroristes n’ont pas touché « au hasard », mais « Leur but de guerre » est de contraindre « cette société ouverte » à se fermer, se replier, se diviser, se recroqueviller, s’abaisser, s’égarer et à se perdre.
Mais le danger est peut-être moins « le marteau » que « l’enclume, sur laquelle nous risquons d’être fracassés. Elle a déjà vibré à l’écho du marteau. L’enclume, ce sont ceux qui veulent faire avancer le pays sur le chemin de l’arbitraire, de la répression aveugle, de la stigmatisation et suspicion généralisée »*.

 

"La Guerre est déclarée". Comment allons-nous combattre ? Faut-il cesser de vivre pour autant ? ("La Guerre est déclarée" : affiche du film-2011- de Valérie Donzelli)

« La Guerre est déclarée ». Comment allons-nous combattre ? Faut-il cesser de vivre pour autant ?
(« La Guerre est déclarée » : affiche du film-2011- de Valérie Donzelli)

« La guerre est déclarée », donc. Non « contre la chair et le sang », mais contre la haine, la peur et l’ignorance. Il y a là une bataille d’idées, de pensées (et aussi sémantique), à livrer et à remporter (2 Cor.10v3-5, Eph.6v12). Il importe alors d’apprendre ou de réapprendre à penser « juste » et à penser « vrai ». Soyons (restons) sages et lucides. Refusons d’être séduits.

Que dire, qu’écrire, après les attentats du 13/11 ?

(Plus) rien, ai-je envie de dire. Ce n’est plus le moment « des concours d’éloquence », ou de faire la morale à ceux qui assistaient au concert de rock au Bataclan, ou à qui que ce soit.

L’heure est venue, notamment pour les chrétiens, moins d’écrire ou de parler, mais peut-être plus d’être et d’agir.
Face au deuil et à ceux qui souffrent, la meilleure éloquence est peut-être de se taire**, pour mieux « pleurer avec ceux qui pleurent » et manifester à leur égard la compassion de Christ.

Que faire ? Qu’être ?

Arrêtons d’écrire, de parler. Sortons (notamment de derrière nos écrans) pour se parler, et se regarder, pour comprendre que derrière un nom, un visage, une confession….il y a, non pas « une statistique » ou « une cible », mais une personne précieuse, de valeur***. Sortons pour se comprendre et s’attacher à l’essentiel. Vivons la réciprocité. Réapprenons à connaître véritablement. C’est une question de vie ou de mort.

Soyons (restons) ensemble. Et surtout ne cessons pas de prier et de veiller, d’aimer, de témoigner. Soyons des repères, porteurs de sens et d’espérance (et non « d’espoir »). « Faisons les présentations » (dans le sens de faire connaître Celui qui est « le chemin, la vérité et la vie »)

Prions pour la France. Prions pour la compassion de Dieu sur les familles des victimes.
Sachant que Dieu déclare vouloir « tendresse[bonté, miséricorde, loyauté]et non sacrifice. Et connaissance de Dieu plus que des holocaustes »(Osée 6v6). Et l’« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; Et ce que l’Éternel demande de toi, C’est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu. » (Michée 6v8)

Prions pour nos autorités. Pour eux-mêmes et leurs proches, mais aussi pour leurs prochaines(difficiles et délicates) décisions en réponse à ces attentats. Puissent-elles être prises en toute sagesse, pertinence et justice.

Prions pour la crédibilité de l’Eglise, c’est-à-dire, nous, croyants. Ne perdons pas notre temps en distractions, scandales, « humour cool gras » et vulgaire****. Souvenons que notre ministère est celui, non « de la condamnation », mais « de la réconciliation »(2 Cor.5v18 et ss), et de « la nouvelle alliance » (2 Cor.3v6).
On ne tue donc pas « au nom de Dieu », et encore moins « pour le servir », ou « lui rendre culte » (Jean 16v2)

« Soyons donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, et marchons dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur »(Eph.5v1-2).

"Veillez, priez, résistez"

« Veillez, priez, résistez »

Soyons « lumières » et « marchons comme des enfants de lumière »(Matt.5v14 et ss, Eph.5v8-9), comme « Dieu est lumière »(1 Jean 1v5 et ss) et Christ est « lumière »(Jean 8v12). Manifestons « le fruit de la lumière : bonté, justice et vérité »(Eph.5v9).

Prions pour que tout ce qui est « ténébreux », caché, soit « toutes choses, étant reprises par la lumière, (soient) manifestées[dévoilées]; car ce qui manifeste tout, c’est la lumière ».(Eph.5v13)

Prions pour que nous soyons réellement « des ouvriers de paix ». Sachant que la paix véritable n’est pas uniquement l’absence de ce qui ne va pas, mais la présence de ce qui est bon.

 

 
A lire, enfin, de belles interventions, dignes et pertinentes- de la part d’autres blogueurs :

Cahiers libres : http://cahierslibres.fr/2015/11/totalite-et-infini/

Elle croit : http://www.ellecroit.com/attentats-du-13-novembre-paris-douleur-souffrance-esperance/

La rebellution : http://www.larebellution.com/2015/11/14/attentats-prayforparis/

Phylloscopus : https://phylloscopus.wordpress.com/2015/11/16/361/

Stratpolitix : http://stratpolitix.com/2015/11/17/pourquoi-la-france-une-courte-reflexion-sur-un-impact-psychologique-et-un-traitement-mediatique-particuliers-2/
Thomas More : https://thomasmore.wordpress.com/2015/11/16/libertes-et-securite-dans-un-monde-dangereux/

TGC – Evangile 21 : http://www.thegospelcoalition.org/evangile21/article/pray-for-paris

 

Notes :

* cf Ivan Duroy. Attentats : entre le marteau et l’enclume.
A rapprocher avec cette analyse de Pierre-Jean LUIZARD, chercheur CNRS et membre du GSRL, auteur du Piège Daech, relayé par Sébastien Fath sur son blogue :
Daech veut faire en France ce qui a réussi en Irak : « Cet acte de terrorisme en France n’est selon moi pas du tout une marque de faiblesse. Il illustre une guerre qui nous est déclarée. L’État islamique essaie de faire en France ce qu’il a parfaitement réussi en Irak, en multipliant les violences envers certaines communautés, à savoir finir par convaincre les différentes communautés qu’elles ne pouvaient plus vivre ensemble. »
** Cf Job 2v11-13, le silence des amis de Job est peut-être ce qu’ils ont dit de mieux.

*** En cela, ces terribles et tristes événements du vendredi 13/11 redonnent une actualité troublante à deux billets publiés il y a quelques temps, relatifs à « l’indifférence » et à « l’individualité ».

**** Cf Eph.5v3-8 : « Mais que ni la fornication, ni aucune impureté ou cupidité, ne soient même nommées parmi vous, comme il convient à des saints; ni aucune chose honteuse, ni parole folle ou plaisanterie, lesquelles ne sont pas bienséantes, mais plutôt des actions de grâces. Cela en effet vous le savez, connaissant qu’aucun fornicateur, ou impur, ou cupide (qui est un idolâtre), n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu.
Que personne ne vous séduise par de vaines paroles; car, à cause de ces choses, la colère de Dieu vient sur les fils de la désobéissance. N’ayez donc pas de participation avec eux;
car vous étiez autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur…. »

« En attendant la COP21 »(1) : « Rendez-vous, rendez-vous, rendez-vous…. »

COP21 : pour relever le défi climatique, une nouvelle conférence (par Ben Jennings. Dessin paru dans The Guardian)

COP21 : pour relever le défi climatique, une nouvelle conférence (par Ben Jennings. Dessin paru dans The Guardian)

Il ne vous reste plus que quelques mois avant la fin 2015, « année du climat », pour apporter votre contribution !

Beaucoup de rendez-vous sont à noter, courant novembre-décembre, concernant l’enjeu sur le climat. Mais je retiendrai, parmi d’autres :

30 novembre-11 décembre : la fameuse COP21, au Bourget, à Paris (Sites officiels : cop21.gouv.fr/ et cop21paris.org/fr ). Ou la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21/CMP11), que la France accueille et préside, du 30 novembre au 11 décembre 2015. Une « échéance cruciale » puisqu’elle doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous, pour maintenir le réchauffement climatique en-dessous de 2°C.

Cette conférence tiendra-t-elle ses promesses ? Beaucoup en doutent déjà, pour plusieurs raisons :

1) la présence de certaines entreprises « mécènes », parmi lesquelles figurent la compagnie aérienne Air France, le groupe d’assurances Axa, le groupe bancaire BNP Paribas, l’opérateur de services aux entreprises et aux collectivités Derichebourg, le fournisseur d’électricité EDF, le groupe industriel énergétique Engie (ex-GDF Suez), le groupe automobile Renault-Nissan, le fournisseur d’énergie ERDF, Ikea, Michelin, ou encore Suez Environnement. Toutes « des amies du climat », selon Laurent Fabius, ministère des affaires étrangères et du développement international et président de la COP21.

Un avis loin d’être partagé par certaines ONG( Les Amis de la Terre, Attac France, le Corporate Europe Observatory, WECF et 350.org) , lesquelles dénoncent, dans un communiqué commun, « l’incohérence du gouvernement et redoutent que les négociations se retrouvent aux mains des pollueurs ». Et d’énumérer : « Parmi la vingtaine d’entreprises qui composent la première liste de ‘sponsors’, EDF ou Engie, dont les émissions provoquées par leurs centrales à charbon équivalent à elles seules à près de la moitié des émissions de la France (et qui vient de signer avec l’entreprise américaine Cheniere un contrat d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) issu des États-Unis. À partir de 2018, les réseaux de gaz et les chaudières de France et d’Europe seront donc partiellement alimentées en gaz de schiste américain)*.Les ONG craignent notamment une répétition de la COP 19**.

2) Cette déclaration récente du secrétaire d’Etat américain, John Kerry (au Financial Times) : « Cet accord ne sera certainement pas un traité : il n’y aura pas d’objectifs de réduction juridiquement contraignants comme par le passé ». Pour Patrice de Plunkett, dans une note de blogue, l’ancien candidat à la présidence américaine « récuse ainsi l’objectif de la COP 21, qui est – en théorie – de relancer le processus ouvert à Kyoto en 1997. Autrement dit : les Etats-Unis torpillent d’avance le « sommet climat » de Paris… »***

3) Enfin, la COP21 serait-elle d’avance plombée par sa propre appellation ? Car, comme le relève un lecteur du mensuel « La Décroissance »****, l’expression anglaise « top cop out » signifie « se défiler », « éviter ce qu’on sait devoir faire », « se dégonfler »….(Courrier des lecteurs, « La Décroissance », novembre 2015, numéro 124, p2)

Mais il n’y a pas que la COP21. Notons encore :

La Journée d’action pour le climat, les 28-29 novembre, dans les grandes villes de la planète, lors du lancement de la COP21. Avec un seul discours: les citoyens du monde exigent des gouvernements qu’ils prennent des résolutions contraignantes pour réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre et pour abandonner les énergies fossiles au profit des sources renouvelables.

29 novembre: Marche mondiale pour le climat (A noter une journée sans achat-« Buy Nothing Day », le samedi 28 novembre : manifestation non-violente de boycott des achats, pour protester contre le gaspillage de la société de consommation)

Il est aussi pertinent de soutenir les actions pro-climat dans la prière et le jeûne chaque 1er jour du mois, avant, pendant et après la COP21 :

1er décembre : appel « Ensemble pour le climat, jeûnons pour le changement ! »

« Le jeûne pour le climat est une initiative lancée par la Fédération luthérienne mondiale ; le principe est le suivant : Par solidarité avec les personnes pauvres et vulnérables qui souffrent et souffriront le plus du changement climatique sur l’ensemble de la planète, au Nord comme au Sud et pour pousser les négociations onusiennes sur le climat à l’adoption d’un traité global, contraignant, ambitieux et juste lors de la conférence Paris Climat 2015 les personnes de toutes convictions sont invitées à jeûner jusqu’au 1er décembre 2015. La forme de ce jeûne est ouverte : 24 heures, un repas, un repas maigre, un jeûne carbone, etc…

En savoir plus sur le jeûne pour le climat ici.

Prions pour que les dirigeants de la COP21 signent un accord global, courageux et véritablement contraignants, totalement indépendant des entreprises d’énergies fossiles, ou de l’agriculture industrielle fortement émettrice de gaz à effet de serre.

Le meilleur est pour la fin : une excellente occasion à saisir, si vous pouvez vous rendre dans la capitale :

Une journée A Rocha pour le climat, 5 décembre 2015

Une journée A Rocha pour le climat, 5 décembre 2015

05 décembre : une journée A Rocha à Paris, avec une Conférence bilingue : « Une réponse chrétienne au changement climatique ». Organisée par A Rocha, en partenariat avec le Mouvement de Lausanne pour la sauvegarde de la création.

Info détaillée : Pour contribuer à la réflexion sur le changement climatique dans le cadre de la COP21, l’organisation chrétienne pour la conservation de la nature A Rocha présente, en partenariat avec le Mouvement de Lausanne pour la sauvegarde de la création, une conférence la journée du samedi 5 décembre à l’église Saint-Michael, 5 rue d’Aguesseau, 75008 Paris (Métro Concorde et Madeleine, lignes 1, 8, 12, 14 ou Miromesnil, lignes 9 et 13).

Seront présents des intervenants du monde scientifique et ecclésiastique qui apporteront leur sensibilité évangélique : Katharine Hayhoe, scientifique américaine experte du changement climatique ; Efraim Tendero, secrétaire de l’alliance évangélique mondiale ; le pasteur Dave Bookless, directeur théologique d’A Rocha International ; Antoine Bret, physicien, ainsi que Dominic Roser, justice, économie et éthique ; ou encore Jean-François Mouhot, historien et notamment auteur “Des esclaves énergétiques : réflexions sur le changement climatique…”

Programme à consulter ici ; s’inscrire ici à la conférence .

Bref, « en attendant la COP21 », voici encore ce que nous pouvons faire en tant que chrétiens et citoyens, outre la participation aux initiatives mentionnées :

Soutenir les actions et pétitions pour le climat.

“Interpeller” nos dirigeants et leur écrire, les encourageant et les exhortant à soutenir un réel abandon des énergies fossiles. C’est d’ailleurs biblique, comme le rappelle le Défi Michée.

Elire celles et ceux qui font du climat une priorité dans leurs décisions [prochaines échéances : les élections régionales en France, les 6 et 13 décembre 2015]

 

Notes :

* »On retrouve aussi Air France, entreprise aéronautique opposée à la réduction des émissions dans le secteur de l’aviation, Renault-Nissan, fabricant d’automobiles extrêmement polluantes, Suez Environnement, connue pour sa participation au lobby pro-gaz de schiste français, ou encore BNP-Paribas, qui en plus d’être la première banque française en termes de soutien au charbon entre 2005 et avril 2014, refuse obstinément de quitter les paradis fiscaux et mettre fin à ses pratiques d’évasion fiscale ».

**en 2013 à Varsovie, l’omniprésence des entreprises, dont beaucoup n’étaient pas forcément en pointe de la lutte contre le changement climatique, avait provoqué l’ire des ONG sur place, qui avaient même fini par quitter le lieu des négociations. Voir encore  http://www.reporterre.net/Les-gros-pollueurs-tiennent-la-COP ; http://multinationales.org/Pour-sponsoriser-la-Conference-climat-de-Paris-le-gouvernement-choisit-les

*** Le journaliste catholique avait auparavant relevé ce « mauvais signe pour la COP21 », et « signe » tout court « de l’orientation réelle des gouvernements »  : les 110 % de tolérance laissés par l’UE à la pollution automobile par oxyde d’azote.

**** Laquelle « Décroissance » organise son « Contre-sommet » à Vénissieux, le 14 novembre. Voir à ce sujet, cette interview pour la revue « Limite ».

« A qui appartiens-tu ? » Ta vie chrétienne est-elle « réelle » ou « virtuelle » ?

"Qui est au contrôle ?" Moi ? C'te blague ! (Par Andy Singer)

« Qui est au contrôle ? »
Moi ? C’te blague !
(Par Andy Singer)

Notre vie chrétienne est-elle véritablement « authentique » ? A moins qu’elle ne souffre d’une faible perception(ou d’une perception superficielle) de la vérité et de la foi, de sorte que celles-ci n’ont plus aucune conséquence pratique. En clair, nous pouvons bien savoir ce qui est vrai, ou qu’il est important « d’avoir la foi », tout en vivant en total décalage avec l’une et l’autre. Nous ne marchons pas dans la vérité et ne vivons pas mieux par la foi.

De fait, c’est là vivre la vie chrétienne, la vie d’église (locale) comme une « vie virtuelle » (en « jouant à l’église », en mettant « le masque du bon chrétien »), sans conséquences ou exigences majeures de vivre de façon responsable. C’est là « aller à l’église » comme d’autres iraient en boîte de nuit, en étant « un autre » tout en croyant être « je ». Sans doute pour « se déconnecter » de « la vie réelle » ?

Pour Rebecca Pippert, une telle superficialité vient d’un « appauvrissement de notre conception du titre de Seigneur reconnu à Jésus-Christ »(« La Saveur partagée ». Ed. Farel, 1986, p 60*). Or, un évangile proclamé et affirmé, qui négligerait de préciser[ou alors en l’écrivant « en petits caractères » ?] qu’il implique la reconnaissance de Christ comme Seigneur, autant que comme Sauveur, n’est déjà plus l’Evangile. Et le fait que Jésus soit Seigneur n’est pas une opinion, un frisson ou une sensation : il est un fait qui exige une réponse claire et immédiate. Le salut dépend de ladite réponse. Que vous soyez d’accord ou non ne change rien au fait que « Jésus est Seigneur ».

Et si nous négligeons d’intégrer visiblement Christ dans notre vie, que signifient nos belles professions de foi », s’interroge Rebecca Pippert (op.cit., p61) ? Rien. Ce ne sera que du virtuel.

Mais que signifie « Jésus est Seigneur » de ma vie ? Comment s’exprime la Seigneurie de quelqu’un ou de quelque chose sur notre vie ?

Est seigneur tout ce qui exerce un pouvoir sur nous. Ainsi, relève encore Becky Pippert, « celui qui recherche la puissance a la puissance pour maître. Celui qui recherche l’approbation [ou la reconnaissance-par exemple, sur facebook, twitter, en publiant tout ce que l’on fait à l’instant « T »] des hommes a pour maîtres ceux ou celles à qui il cherche à plaire »(op.cit., p 61). Nous pourrions ajouter les divertissements, les séries TV**, l’argent, l’ambition, la performance, un titre ou une position….Cassons donc un vieux mythe ou un pieux (vieux ?) mensonge : nous ne pouvons pas être notre propre maître, étant toujours assujettis à un maître extérieur à nous.

Si Jésus est bien Notre Seigneur, alors c’est à Lui que revient l’autorité suprême dans notre vie. C’est sans conditions ou sans marchandages possibles. Soit Jésus est « Seigneur de tout », soit Il n’est « pas Seigneur du tout ». De notre décision (la plus grande de notre vie, après nos études, nos choix de carrière ou notre mariage) dépend l’orientation de notre vie, pour l’éternité. Un défi à relever, en ce temps où prédomine l’esprit « CDD » (du court-terme).

Jésus nous laisse libre et respecte nos choix : avec Lui ou sans Lui. Mais si nous sommes libres de nos choix, nous ne sommes pas libres des conséquences de nos choix.

Jésus nous appelle à Le choisir, Lui, prioritairement. Aujourd’hui, et pas plus tard. « Mais alors, Il s’engage », Lui, « le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6), « à ne pas nous conduire sur une mauvaise voie, ni sur une voie facile[et illusoire], comme s’Il allait prendre les décisions à notre place[Il n’est donc pas « au contrôle », comme on l’entend souvent, mais est souverain]. Il nous dirige dans le droit chemin[un chemin qui a du sens]sur lequel Il reste ce qu’Il est, sans aucun compromis, et nous demande de devenir réellement ce à quoi nous sommes appelés**. Ce but ne peut être atteint que si nous le suivons, et si nous lui obéissons et si nous maintenons une relation vivante, chaleureuse et dynamique avec Lui »(op. cit., p 62). Jésus est venu, « pour que les hommes aient la vie, et la vie en abondance »(Jean 10v10). Et la vie qu’Il offre, « la vie éternelle », c’est de connaître « le Dieu véritable »(Jean 17v3). Lui, Jésus, est « le Dieu véritable et la vie éternelle »(1 Jean 5v21). « Séparé de Lui, nous ne pouvons rien faire »(Jean 15v5).

Il a donné sa vie pour nous. « Il a été livré pour nos offenses et est ressuscité pour que nous menions une vie juste », une vie pleine de sens, conforme à la volonté de Dieu (Rom.4v25).

Il importe de découvrir le vrai centre de gravité pour notre vie. Si notre vie gravite autour d’un autre sens que Jésus, alors nous ne vivons pas pleinement. « C’est pourquoi Jésus s’efforce de faire prendre conscience (aux hommes) de ce qui les gouverne réellement. C’est pourquoi Jésus se préoccupe davantage de (notre) vie concrète que de (nos) paroles pieuses. Plus que vos affirmations, (c’est la réalité de votre vie) qui indique votre véritable maître »(op. cit., pp 62-63) et manifeste ce en qui/en quoi vous croyez.

Ceci dit, revenons à cette expression si souvent entendue ici ou là – Dieu serait « au contrôle » – ou à l’obsession « du contrôle ». Car si nous ne sommes pas « contrôlés » par de mauvais maîtres, nous serons peut-être tentés d’exercer « un contrôle » sur les autres, voire sur Jésus Lui-même pour l’enfermer dans une boîte ou « l’amener dans nos vues ». Une tentative illusoire, et perdue d’avance concernant Jésus, car si le Seigneur « accepte bien notre foi, jamais Il ne tolérera la moindre emprise de notre part »(op. cit., p 63).

Beaucoup ont tenté d’assujettir Jésus, sans succès. Le premier, peut-être, à l’avoir tenté[sans jeu de mots !] est le diable, en Matt.4v1-11 et Luc 4v1-13 : « Jésus venait de passer quarante jours dans le désert sans prendre de nourriture. Aussi, tout naturellement, Satan tenta Jésus sur le plan de la nourriture. Jésus refusa à son appétit[ou à ses besoins, mêmes légitimes] le droit de diriger ses actes. Ensuite, Satan proposa de donner à Jésus le pouvoir sur tous les royaumes terrestres : il lui suffisait d’adorer Satan. A nouveau, Jésus refusa de reconnaître à la puissance le droit prioritaire dans sa vie ». Alors Satan décida de faire douter Jésus de sa propre identité : « si tu es le Fils de Dieu… »

Or, Jésus, lors de son baptême, avait entendu la voix de Son Père proclamer : « Tu es mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir… ». Mais maintenant, après 40 jours de jeûne, Jésus était en position de faiblesse. C’est à ce moment que le diable l’a attaqué sur ce point précis***.

Comment Jésus a-t-il déjoué la tentation relative à son identité ? Non pas en discutant ou en parlementant avec le diable, dans le style : « c’est étrange que tu aies amené cette question sur le tapis aujourd’hui, où je ne me sens pas très bien….peut-être serait-il bon qu’on en discute ensemble. Accorde-moi quelques instants d’introspection pour voir si je me sens bien être le Fils de Dieu. Il serait peut-être bon que je [réécoute cette prédication] ou que je relise ce livre (relatif à ) la prise de conscience de mon identité…. ». Mais non : la réponse de Jésus a été simple, claire et « basique » : « Il est écrit » ou « il est aussi écrit ». Jésus fondait et manifestait la réalité de Son identité, non sur ses sensations, le contexte du moment, ou sur ce peuvent en dire les autres, mais sur la base de la vérité de la Parole de Dieu écrite, ainsi que sur sa relation vivante et vraie avec le Père.

« Si Satan n’a pas hésité à combattre Jésus sur le terrain de la conscience de son identité, il ne serait pas surprenant qu’il nous attaque sur ce même terrain. » (op. cit., p64).

 

En clair, cette question de ce qui fait autorité dans notre vie(« qui est Seigneur ») est d’autant plus essentielle, qu’elle est liée à notre identité. Nous saurons qui nous sommes, si nous savons à qui nous appartenons.

 

Notes :

*Epuisé. Réédité sous le titre « Sortir de sa bulle : l’Evangélisation, un style de vie ». Ed. Emmaüs/GBU, 2015 (Je préfére l’ancien titre…)

**Puisque l’on parle de « chemin », Génération Hillsong Nutella »(GHN) nous en parle d’un (de chemin) « pour les petits combats du quotidien », soit comment résister aux tentations du quotidien. Ou « l’art » du chrétien authentique enseigné par la grâce, « source de salut pour tous les hommes », de savoir d’abord « dire non », avant de « dire oui » (cf Tite 2v11-12), à l’instar de Jésus Lui-même.

*** Et comme le dit si bien GHN : « Le truc de la tentation, c’est de vous prendre au moment de faiblesse ». Evidemment.

 

« En attendant la COP21 » : introduction au dossier « climat »

Le réchauffement climatique a-t-il des causes humaines ? (Par Andy Singer)

Le réchauffement climatique a-t-il des causes humaines ?
(Par Andy Singer)

La conférence « Paris climat 2015 » (ou COP21, car 21ème du nom) aura prochainement lieu dans la capitale française, du 30 novembre au 11 décembre 2015. Elle a pour enjeu d’aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays, afin de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2e C.

Après le bilan discuté du protocole de Kyoto et l’échec de la conférence de Copenhague(2009), l’enjeu est évidemment crucial. Mais l’avenir du globe serait-il entre les mains des seuls « experts » et des décideurs(dénoncés comme)pollueurs ?
Et nous, les chrétiens ? Avons-nous quelque chose à dire et à apporter dans ce débat, marqué par l’urgence et tant d’inquiétude ? Comment nous positionner, étant « dans le monde », quoique « pas du monde »(Jean 17v1116) ? Sommes-nous concernés, « puisque le Seigneur revient bientôt » ?
Entre les climato-scepticismes et les visions matérialistes ou panthéistes de la Création, quelle(s)voix pertinente(s) pour présenter une vision biblique de la Création ? Et qu’est-ce qu’une « vision biblique de la création » ? La Bible parle-t-elle d’environnement ? Dieu est-il « écolo » ?
En 2100, la Terre privée d'ours polaires* Dessin de Kal. Courrier international, 15/11/04 L'Arctique fond à grande vitesse ! Les pôles dégoulinent ! Un désastre écologique menace !  "Les mecs… je l'sens pas. Personne ne fait attention à nous, les ours polaires !  — Non !  — Tu rigoles !  — Qu'est-ce qu'on fait ?  — Faut trouver quelque chose qui attire l'attention des gens…  — Quelque chose d'irrésistible !"  Crise morale en Arctique ! Droit au mariage pour les ours polaires gay ! Un Esquimau antiavortement avalé par un épaulard gauchiste !

En 2100, la Terre privée d’ours polaires*
Dessin de Kal. Courrier international, 15/11/04
L’Arctique fond à grande vitesse ! Les pôles dégoulinent ! Un désastre écologique menace !
« Les mecs… je l’sens pas. Personne ne fait attention à nous, les ours polaires !
— Non !
— Tu rigoles !
— Qu’est-ce qu’on fait ?
— Faut trouver quelque chose qui attire l’attention des gens…
— Quelque chose d’irrésistible ! »
Crise morale en Arctique ! Droit au mariage pour les ours polaires gay ! Un Esquimau antiavortement avalé par un épaulard gauchiste !

« En attendant la COP21 », voici donc l’occasion de se sensibiliser au dossier « climat », avec [ce qui sera traité par de prochains billets] :

Un rappel des prochains rendez-vous importants  : conférences et sommets(sans oublier les « contre-sommets »)sur le climat prévus courant novembre-décembre 2015
Un essai de synthèse de la vision biblique de l’écologie, accompagnée d’études bibliques, avec un rappel du mandat initial donné par Dieu à l’homme ;
Une bibliographie et des ressources sur le sujet : livres(avec une ou deux recensions), revues, sites internet/blogues, confessions de foi/déclarations….
Un décryptage de l’actualité sur l’environnement et le climat, avec une mise en valeur des diverses problématiques, sachant que « tout est lié ». En clair, il importe, dans l’approche de cette question, ne pas cloisonner/séparer les questions économiques, sociales, sociétales et environnementales.
A très bientôt, pour cette nouvelle série, prévue pour courant novembre-décembre !
A noter que je suis preneur pour tout apport complémentaire sur la question !

« En ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien »

Non pas "la satiété en questions", mais "la satiété de questions", promise par le Seigneur Jésus. (Dessin de Xavier Gorce)

Non pas « la satiété en questions », mais « la satiété de questions », promise par le Seigneur Jésus.
(Dessin de Xavier Gorce)

« En ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien », dit Jésus à ses disciples (Jean 16v23), en leur parlant de ce qu’ils le contempleront comme ressuscité et glorifié.

Parce qu’Il leur a dit : « Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez, parce que je vais au Père »(Jean 16v16, cf v19)….ils se questionnent les uns les autres. « En vérité, en vérité », leur dit Jésus, ils pleureront et se lamenteront, « et le monde se réjouira » : ils seront dans la tristesse, mais leur tristesse se changera en joie… Jésus les reverra et leur coeur se réjouira, et nul ne leur ravira leur joie.(vv20, 22)

Précédemment encore, le Seigneur avait dit à Pierre, au moment du lavage des pieds : « Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt »(Jean 13v7)

Cette affirmation (« en ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien ») peut paraître étonnante, puisque comprendre enfin ce que Jésus leur a si souvent enseigné à son sujet, et en être témoin, ne devrait pas marquer la fin des questions….mais plutôt le commencement de nouvelles questions ! Or, chaque fois que nous comprenons quelque chose « de plus », nous ressentons le besoin de « plus de » (ou de nouvelles) questions. En réalité, face au besoin du « toujours plus, plus de toi, Seigneur ! », Jésus fait l’annonce (et la promesse) que nous n’aurons « plus besoin (de plus) de » questions*.

Est-ce là l’accomplissement de ses déclarations précédentes ? Nous nous souvenons qu’Il a dit à la samaritaine, près du puits que « Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle ».(Jean 4v13-14). Après la multiplication des pains, Il a encore dit à la foule : « Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jean 6v35). Et « le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout », s’était écrié : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié ».(Jean 7v37-39)

Le croyant en Christ n’est donc pas un « tonneau sans fond » réclamant toujours « plus, plus », à l’instar du consommateur rendu perpétuellement insatisfait par la publicité. Il est censé vivre par l’Esprit (Gal.5v25 ; Rom.8v9, 14) et connaître ainsi perpétuellement la plénitude, au point de déborder positivement sur les autres (cf Eph.5v18 et ss).

 Celui qui est en Jésus, et le connaît comme Son Sauveur et Seigneur, n’a plus besoin de questionner. Il ne connaît pas « plus », mais mieux. Le Saint-Esprit qui est en lui, est « l’Esprit de vérité », « qui (le) conduit dans toute la vérité », et rend gloire à Jésus, rappelant tout ce que Celui-ci a dit. Et Il répond à toutes ses questions (cf. Jean 14v16-31; 15v26-27; 16v1-15).

Sa connaissance de la vérité est donc complète, et il est en mesure de le transmettre à d’autres (cf Jér.31v31-34)

 Mais pour être ainsi conduit, il lui faut être disponible pour Celui qui l’enseigne(cf Jean 15).

 

 

Voir aussi :

1 Jean 2v27-28 : « Pour vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne ; mais comme son onction vous enseigne toutes choses, et qu’elle est véritable et qu’elle n’est point un mensonge, demeurez en lui selon les enseignements qu’elle vous a donnés. Et maintenant, petits-enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu’il paraîtra, nous ayons de l’assurance, et qu’à son avènement nous ne soyons pas confus et éloignés de lui ».

1 Jean 3v2 : « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est ».

 

Note :

*Pour Erri de Luca, il s’agit d’une « perfection » difficile à imaginer : « une perfection de satiété, même de questions ». Voir son article « satiété » IN Alzaia. Payot et Rivages, 1998(Bibliothèque Rivages), pp 175-176, qui m’a conduit à cette méditation.