Que veillons-nous, ce réveillon du 24 décembre ?

"Dieu est lumière...vous êtes lumière...marchez comme des enfants de lumière !"

« Je suis la lumière du monde », dit Jésus… »(Jean 8v12) et il nous dit : « vous êtes la lumière du monde…votre lampe ne doit pas être cachée mais pour être mise sur le pied de lampe, pour qu’elle luise pour tous ceux qui sont dans la maison »(Matt.5v14-16)

Jeudi 24 décembre. Plus que quelques heures, à l’heure où j’écris, avant le fameux réveillon de Noël…Et en attendant le 31 décembre, 7 jours plus tard, qui viendra clôturer une drôle d’année marquée par le deuil, notamment en France.

Un réveillon est une soirée « où l’on veille ». Reste à savoir pour quoi ou pour qui l’on veille…

La Bible, Parole de Dieu, contient plusieurs exhortations à « veiller » : on se souviendra (et on relira) à cet égard la parabole des « vierges sages » et des « vierges folles », en Matthieu 25v1-13. Au départ, toutes partent à la rencontre de l’époux, leurs lampes à la main. Mais « l’époux tardant », toutes finissent par s’endormir….avant de se réveiller « au cri de minuit » : « voici l’époux, venez à sa rencontre ! »(v6). La différence tient dans le fait que « les sages » étaient « sages », parce qu’elles avaient prévu de l’huile en réserve, pour leur lampe, à l’inverse des « folles ». Résultat : « celles qui étaient prêtes purent entrer avec l’époux dans la salle de noces, et la porte fut fermée »(v10). Et « les folles », qui revinrent-trop tard-avec de l’huile qu’elle avait achetée, se virent répliquer par l’époux un « je ne vous connais pas ! Veillez donc, car vous ne connaissez ni le jour, ni l’heure »(v12-13). Elles n’ont pas été reconnues par Celui qu’elles ne connaissaient, en fin de compte, pas.

Le Seigneur Jésus se présente comme Celui qui est « la lumière du monde ». Celui qui le suit ne marchera pas dans les ténèbres, « mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8v12). Il nous dit à nous, qui déclarons être ses disciples(des « chrétiens » ou « petits Christs »), que nous sommes « la lumière du monde », et que notre lumière ne doit pas être cachée(Matt.5v14-16). Nous sommes des « enfants de lumière »(Eph.5v8) et « le fruit de la lumière consiste en toutes sortes de bonté, justice et vérité »(Eph.5v9). Pour briller, il nous faut donc suivre Celui qui est « la lumière », et même faire plus que cela : il nous faut passer du temps avec Lui, et nous attacher à Lui, ce que la Bible appelle « marcher avec ». On ne battra sans doute pas le record d’Hénoc, qui a marché « 300 ans avec Dieu », et qui n’a pas connu la mort, saisi par Dieu (Gen.5v24), mais il y a là une exhortation à suivre. En clair, l’enjeu de notre vie chrétienne, est de « connaître » et « d’être connu » par Celui qui est « le Dieu véritable » et « la Vie éternelle ». Et encore, de façon pratique, d’être reconnu comme quelqu’un qui passe du temps avec Jésus(Actes 4v13). Pour cela, pour briller et être lumineux, il convient de veiller,  à l’instar des « vierges sages », à avoir toujours de l’huile sur soi, pour maintenir sa « lampe allumée ».

« Veillons donc » et soyons « réveillés », en ce réveillon du 24 décembre. Agissons « en tout sans murmures ni réticences, afin d’être sans reproche et sans compromission, enfants de Dieu sans tache au milieu d’une génération dévoyée et pervertie, où (nous apparaissons) comme des sources de lumière dans le monde, (nous qui portons) la parole de vie » (Philip.2v14-16. TOB).

Sur ce, Joyeux Noël et « sur la Terre, paix, et bon plaisir dans les hommes » (Luc 2v14 ).

Je vous donne rendez-vous, Dieu voulant, début janvier 2016.

 

Croire que Dieu est « juste là » : c’est le premier pas de la foi

Dieu est "Juste là" : le crois-tu ? Si oui, c'est là le premier pas de la foi, d'après Hébr.11v6

Dieu est « Juste là » : le crois-tu ? Si oui, c’est là le premier pas de la foi, d’après Hébr.11v6

C’est « Juste là ». Le nouvel album « famille » de Den-Isa(1).

Le premier chant commence par une interpellation – « hé ho, hé ho ! »(2), suivie d’une invitation à découvrir ce nouvel univers musical d’une grande richesse et plein de « pep’s », qui est aussi une initiation aux premiers pas de la foi et aux premières interrogations existentielles.

« Juste là » invite aussi à découvrir qu’Il est « juste là »(3) : qui donc ? Dieu ! Il est, certes, invisible, mais bien là, tout proche, « tout près de toi »(3). Il se révèle à toi et te révèle qu’Il t’a voulu(4), qu’Il t’aime, que tu as une place dans ce monde(2) et que ta vie a un sens. La « vraie vie », c’est de « connaître », « marcher » avec Celui qui est « le chemin, la vérité et la vie », et « le Dieu véritable »(5).

Mais si je « ne sens pas » qu’Il est (juste) là ? Et si « tout se bouscule dans ma tête » pour me persuader du contraire, ou que je ne vaux rien ?(6) Dieu souhaite que tu écoutes Sa voix, même quand tu ne le vois pas : c’est cela, la foi, comme le fait de croire qu’Il est « juste là ».

Dieu est ce Dieu relationnel et Il « a des choses à (te) dire….aujourd’hui encore, Il parle. Faut l’écouter, c’est vital(7). En cas de doute, va relire ce qu’Il a écrit dans la Bible, Sa Parole – tu sais, « ce pavé » qui semble remonter « à un autre âge »(7)…, et va dire « ouste dehors, dehors ! » à « ce qui n’est pas vrai, pas vrai », à « ce qu’Il n’a pas écrit »(6). Et souviens-toi, Dieu n’est pas distant ou « trop occupé », mais s’Il est au ciel, Il est « toujours dispo ». Tu peux « lui parler sans payer. Pas de délai, pas de file d’attente…C’est très facile d’aller vers Dieu. Il est à la portée de tous…Et Il t’entend du haut des cieux » !(8)

Et surtout, Il a donné ce qu’Il a de plus cher pour toi : Son Fils, Jésus-Christ, « pur et parfait, mais pas nous », qui t’aime « tellement », qu’Il a « choisi de venir »(sur Terre), parce qu’Il a « tant envie » que tu sois « son ami ». « Et ça, ça (lui) a coûté la vie » : Il s’est « laissé punir pour le mal », alors qu’Il n’avait « rien fait, c’était nous ». Parce qu’Il est « le Fils de Dieu, pur et parfait », Lui seul pouvait « effacer » ce qui nous sépare de Lui. « Pour ça », Il est « mort sur la croix » et Il a « tout fait pour être avec moi » et toi (9). Il a tout payé, pour que tu vives une relation personnelle et apaisée avec Lui.

C’est vrai….même si tu as « du mal » à te (le) dire. Mais tu peux (Lui) dire « merci d’avoir payé si cher pour pouvoir être (ton ami) »(9) et Lui dire « bravo », parce qu’Il est aussi « ressuscité », « vivant » aujourd’hui, « tout près de nous maintenant ». Sa « souffrance et sa mort devaient se passer » : ce n’était donc « pas un échec, non pas un raté », mais Sa « mission est finie », Il a « tout accompli » !(10)

Au final, un excellent CD particulièrement rafraîchissant, « bondissant » et original, qui invite à l’émerveillement : de soi, de ce qui nous entoure, de Dieu… Et qui a le mérite de rappeler, à hauteur d’enfant, qu’une vie pleine de sens, digne d’être vécue, n’est pas nombriliste, mais est avant tout relationnelle, avec Celui qui est le « Véritable » et « la vie éternelle »(1 Jean 5v20). A recommander chaudement autour de vous !

Paroles à découvrir et extraits à écouter (mes chansons préférées étant la 12 : « ouste dehors » et la 14, dans laquelle nous sommes invités à garder « les yeux fermés », pour se mettre « dans la peau » de Bartimée, l’aveugle guéri par Jésus).

 

 

Notes :

(1) « Den-Isa » : Denis et Isabelle Hey, couple chrétien « à la ville », comme « sur la scène », que nous connaissons personnellement et aimons beaucoup pour ce qu’ils sont et font. Pour ce CD, on appréciera le beau packaging qui évoque cet univers : digipack 3 volets, et un livret 16 pages tout en couleurs, avec des illustrations de personnages en pâte à modeler créés par Myriam Schott.

(2)Chant 1 : « Hé Ho »

(3) Chant 2 : « Juste là »

(4) Chant 13 : « Tu es bien »

(5)Chant 15 : « Je suis la vie »

(6)Chant 12 : « Ouste dehors »

(7)Chant 11 : « Le Gros Livre »

(8)Chant 16 : « La dent bleue

(9)Chant 9 : « Merci »

(10)Chant 10 : « Bravo »

Prions pour l’Education, cet enjeu fondamental pour notre temps

Que "semez-vous" dans les générations présentes ? De là l'enjeu vital de l'éducation et la culture !

Que « semez-vous » dans les générations présentes ? Que sèmerez-vous dans les générations à venir ? De là l’enjeu vital de l’éducation et la culture !

Connaissez-vous L’éléphant ? Non pas le pachyderme, mais la revue qui est convaincue que « la culture générale et l’éducation contribueront à sauver le monde ». Une idée jugée « désuète, à l’heure où toute la connaissance du monde est à portée de clic ».

« A l’approche de sa mort, Darwin reconnut à plusieurs reprises dans ses écrits que deux choses auraient perdu de leur intérêt à mesure qu’il vieillissait », relève Francis Schaeffer dans « La Pollution et la mort de l’homme » (BLF, 2015) : la perte des plaisirs de l’art et de la nature. Et Francis Schaeffer déclarer être convaincu « que ce qui affecte aujourd’hui toute notre culture n’est rien d’autre que ce que Darwin avait vécu en son temps »(op. cit., p 10).

Bien avant lui, Hannah Arendt faisait ce même rapprochement troublant entre la nature et la culture : le mot « culture », d’origine romaine, vient de « cultiver », « demeurer », « prendre soin », « entretenir », « préserver », dans le sens « de culture et d’entretien de la nature en vue de la rendre propre à l’habitation humaine »(« la crise de la culture »; Folio essais, 2014, p 271). Mais alors que « les Romains tendaient à considérer l’art comme une espèce d’agriculture, de culture de la nature, les Grecs tendaient à considérer même l’agriculture comme un élément de fabrication, comme appartenant aux artifices techniques ingénieux et adroits, par lesquels l’homme, plus effrayant que tout ce qui est, domestique et domine la nature ». Les Grecs comprenaient l’activité de labourer la terre-« ce que nous considérons comme la plus naturelle et la plus paisible des activités humaines »-comme « une entreprise audacieuse, violente dans laquelle, année après année, la terre, inépuisable et infatigable, est dérangée et violée. Les Grecs ne savaient pas ce qu’est la culture parce qu’ils ne cultivaient pas la nature mais plutôt arrachaient aux entrailles de la terre les fruits que les dieux avaient caché aux hommes », selon la formule d’Hésiode. Quel rapprochement faites-vous, notamment avec les enjeux climatiques et environnementaux ?

Bref, « culture au sens d’aménager la nature en un lieu habitable pour un peuple », et culture au sens de transmission (de « prendre soin », de « garder » un patrimoine spirituel et moral) « déterminent encore aujourd’hui le contenu et le sens de ce que nous avons en tête quand nous parlons de culture »(op. cit., pp 272-273).

L’on pourrait également inclure l’éducation parmi les enjeux cruciaux de notre temps. Souvenez-nous : la revue citée plus haut estime que « l’éducation et la culture générale sauveront le monde ».

Les chrétiens-notamment évangéliques-en sont-ils convaincus eux-mêmes ? Estiment-ils vital de prier pour l’éducation ? A moins qu’ils ne considèrent l’éducation, la culture(et la nature) comme jadis les Grecs anciens ? De manière « technicienne » et « pragmatique » ?

Car « éduquer, ou élever un enfant, c’est l’aider à tirer de lui-même (educere) ce qui y est en germe, en sommeil. C’est l’aider à grandir, à se hausser (elevare) dans son corps et son âme, dans tout son être spirituel. Par éducation, nous entendons aussi la somme totale des processus par lesquels une société transmet d’une génération à l’autre son expérience et son héritage accumulés dans les domaines social, intellectuel et religieux », rappelle Luc Bussière, philosophe, pasteur et écrivain, dans un article consacré à l’éducation protestante, pour « La Revue Réformée ».

Y -a-t-il de la lumière chez vous ?Prions donc ensemble pour l’éducation. Dans ces temps difficiles qui sont les nôtres, face aux « ténèbres épaisses »[les extrémismes religieux et politiques] qui environnent notre pays (Ex.10v22-23), tout chrétien se devrait d’être à mille lieux de réagir par la peur, l’ignorance ou la violence. Au contraire, « C’est par Sa lumière que nous voyons la lumière », dit le psaume 36v9. De même qu’ « il y avait de la lumière dans les lieux où habitaient tous les enfants d’Israël » en Egypte(Exode 10v23), nous nous devons, tous ensemble, en tant qu’ « enfants de lumière », de faire promptement briller notre lumière, de façon proactive, et non de façon réactive ou vindicative(cf Eph.5v8-9).  Pour cela, la meilleure posture reste celle de nous mettre volontairement à genoux devant notre Père céleste (plutôt que de plier, par fatalisme ou résignation) pour intercéder en faveur de l’Education et de l’Ecole (privée comme publique). En faveur d’une éducation durable, pleine de sens, inspirée, fondée sur Jésus-Christ et la Bible.

« Armons-nous de force, dans le Seigneur (Jésus-Christ), de Sa force toute puissante »(Eph.6v10. TOB), sachant que « nos armes ne sont pas charnelles », mais bien spirituelles(2 Cor.10v4 ; Eph.6v11 et ss) : « elles sont puissantes et efficaces pour renverser les forteresses » et les faux raisonnements(2 Cor.10v4 et ss). Et tout commence par les pensées* !

A l’heure où certains peuvent se désoler : « dans quel monde vivons-nous ? », un vieil adage juif tend plutôt à se questionner ainsi : « dans quel monde vivront-ils ? ». C’est en effet une meilleure question : que laissons-nous à cette génération ? De nouvelles idoles, ou un héritage durable, porteur de sens ?

Prions ensemble pour l’éducation !

 

Note :

*Voici un petit test, particulièrement révélateur. Que révélera-t-il de votre côté ? Voir https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2015/05/29/testez-vous-nommez-ces-marques-nommez-ces-plantes/

« La sagesse de Salomon » ou l’art de manier « l’épée de l’Esprit »

Le Jugement de Salomon, par Nicolas Poussin (1649). Musée du Louvre. Richelieu, 2ème étage, salle 14.

Le Jugement de Salomon, par Nicolas Poussin (1649). Musée du Louvre. Richelieu, 2ème étage, salle 14.

Lecture de 1 Rois 3v2-14, 16-28
Le célèbre « jugement de Salomon » vient juste après sa non moins fameuse prière.
A cette époque, « le peuple ne sacrifiait que sur les hauts lieux, car jusqu’à cette époque il n’avait point été bâti de maison au nom de l’Éternel. Salomon aimait l’Éternel, et suivait les coutumes de David, son père. Seulement c’était sur les hauts lieux qu’il offrait des sacrifices et des parfums. Le roi se rendit à Gabaon pour y sacrifier, car c’était le principal des hauts lieux. Salomon offrit mille holocaustes sur l’autel »(vv2-4).
C’est à Gabaon que L’Éternel « apparut en songe à Salomon pendant la nuit » et lui dit : « Demande ce que tu veux que je te donne »(v5). Les possibilités semblaient illimitées. « Demande ce que tu veux que je te donne ». Qu’auriez-vous demandé, vous ?
Et Salomon demanda que lui soit accordé « un cœur intelligent pour juger (le) peuple (de Dieu), pour discerner le bien du mal ! Car qui pourrait juger (son) peuple, ce peuple si nombreux ? »(v9). Une demande « qui plut au Seigneur »(v10), lequel Lui donna « un cœur sage et intelligent », et en plus tout ce que Salomon n’avait pas demandé : « richesse et gloire ».

« Salomon s’éveilla. Et voilà le songe ». Il est intéressant de constater que, suite à cette visite de Dieu et suite à sa prière, « Salomon revint à Jérusalem, et se présenta », non plus devant les hauts lieux, mais « devant l’arche de l’alliance de l’Éternel »[lieu de la présence de Dieu], où « il offrit des holocaustes et des sacrifices d’actions de grâces, et il fit un festin à tous ses serviteurs ». C’est « alors » que « deux femmes prostituées vinrent chez le roi, et se présentèrent devant lui….. »(v15-16)

Le cas est épineux : il s’agit de discerner qui est la mère de l’enfant vivant et qui est la mère de l’enfant mort. Salomon demande alors une épée pour trancher le litige (vv24-25), mais celle-ci ne servira pas. Elle ne sera pas utilisée « contre la chair et le sang »(Eph.6v12). L’enfant vivant ne sera pas coupé en deux. Mais comment Salomon a-t-il su qui était la vraie mère-celle de l’enfant vivant ? C’est là le paradoxe : Quand les intentions du cœur et l’esprit de la vraie mère[celle qui accepte de lâcher son enfant vivant] ont été dévoilées…par une autre épée !
Celle-ci est « l’épée de l’Esprit », « la Parole de Dieu »(Eph.6v17b), beaucoup plus efficace que la première ! Car « vivante, en effet, est la parole de Dieu, énergique et plus tranchante qu’aucun glaive à double tranchant. Elle pénètre jusqu’à diviser âme et esprit, articulations et moelles. Elle passe au crible les mouvements et les pensées du cœur. Il n’est pas de créature qui échappe à sa vue ; tout est nu à ses yeux, tout est subjugué par son regard. Et c’est à elle que nous devons rendre compte ». (cf Hébr.4v12-13. TOB)
Dévoiler « les intentions du cœur », c’est là l’effet et le rôle de « l’épée de l’Esprit », notre seule arme offensive(Eph.6v17b). Et ce ne sont pas ceux qui sont obsédés et aveuglés par la richesse, la puissance ou leur propre gloire, qui peuvent l’utiliser.
Mais ce sont les hommes sages, spirituels, matures, propres à discerner le bien du mal (Hébr.5v14), qui savent l’utiliser.

Apprenons donc à bien l’utiliser.

Entre-deux tours : le temps des choix difficiles

La voix de Dieu est toujours la plus puissante. Pour couvrir celles de ceux qui hurlent...

La voix de Dieu est toujours la plus puissante. Pour couvrir celles de ceux qui hurlent…

L’homme a un très pouvoir, dit-on : celui de disposer de « la liberté de choix ».

Ainsi, chacun est libre. De choisir. Ou, par exemple, de voter. Ou de ne pas voter, par exemple au deuxième tour des élections régionales de dimanche 13/12.

Dans ce cas précis, un tel pouvoir peut nous apparaître comme une véritable « malédiction », pour ne pas dire « un fardeau », plus que comme un réel avantage. En effet, la plupart auront des choix difficiles-très difficiles- à faire, selon les régions où ils se trouvent*. Et l’on peut comprendre pourquoi.

Chacun est libre, donc. Mais notre liberté n’est jamais exempt de responsabilité, et elle n’est jamais, quoiqu’on en dise, « liberté des conséquences de nos choix »(cf Rom.14, qui illustre assez bien cette idée)

Mais comment, dans nos choix, et notamment nos choix électoraux, rendre notre témoignage chrétien ? Soit de laisser voir Jésus-Christ et manifester le fruit de l’Esprit : « amour, joie, paix, maîtrise de soi, bienveillance, bonté… »(Gal.5v22. Comparer avec 1 Cor.13) ? Surtout dans une situation où « le libre choix » nous semble « maigre »(par exemple, où il peut nous sembler que l’on nous demande de choisir « entre la peste ou la grippe »)…..

Dans cette situation, comme dans d’autres, le chrétien est appelé à être sage et « saint »(soit de manifester ce qu’il est), parce que Son Dieu est « Saint ». Et le sage, le saint, est celui qui sait faire la différence et user de discernement, loin de tout amalgame (cf Lévit.20v25-26).

L’enjeu, en ces temps d’incertitudes et de confusions, est de vivre avec foi les psaumes 46 et 93. Soit de manifester sa confiance en Dieu, dont la puissante voix couvre la voix « des océans [ou les chutes du Niagara) qui hurlent de fureur »(Ps.93v3. BFC). Il n’est pas besoin de vous faire un dessin.

Et pour chaque homme intègre, l’enjeu est, non de garder le silence (à l’instar du « silence d’Adam »**), mais de faire entendre sa voix. Soit, à l’instar de Son Dieu(qui « est lumière »), dès le commencement, de manifester la lumière et de proclamer une parole de vie, au milieu des ténèbres, de la confusion, et de l’instabilité (cf Gen.1v2-3. Comparer avec Eph.5v6-11, 2 Cor.4v6).

Ce n’est donc pas le temps de se taire, mais de faire face, avec courage, amour et sagesse(ou de « sobre bon sens », cf 2 Tim.1v7).

Il est temps, ayant reconnu la voix de votre Seigneur et Sauveur, de se jeter à l’eau(Jean 21v7), et de se souvenir de ce que « l’Eternel attend de moi » : « pratiquer la justice, aimer la miséricorde(ou la loyauté)et marcher humblement avec mon Dieu »(Michée 6v8. Cf Prov.31v8-9). Mon Dieu qui ne fait pas de favoritisme, et qui est le Dieu des veuves et des orphelins, aimant l’étranger, lui donnant la nourriture et le vêtement.(Deut.10v17-19)

A écouter : cette version du chant inspiré de Michée 6v8.

 

Notes :

*Ainsi, par exemple, refuser de voter à gauche, au prix de laisser passer le FN. Sachant que la problématique inverse se pose aussi : refuser de voter à droite, au prix de laisser passer le FN…. Et ce, au nom d’un refus-légitime-de ne pas être pris en otage. Ce ne sera toutefois pas le choix de l’économiste Jean Gadrey, dimanche. Voici sa réponse à des « ami-es et proches on ne peut plus respectables et souvent militants qui semblent s’orienter vers un vote blanc dans (sa) région, avec des arguments » : http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2015/12/08/laisser-passer-le-fn-en-refusant-de-voter-a-droite/

http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2015/12/10/je-persiste-faire-barrage-au-fn-seul-parti-raciste/

Voir aussi : http://www.laviedesidees.fr/Le-mythe-de-la-dediabolisation-du-FN.html

 

** D’après le livre éponyme de Larry Crabb.

COP21 : plus que « 24H chrono » pour aboutir à un accord final ambitieux

COP21 : Obtenir un accord contraignant à l'arraché ? Possible, mais en "24 heures chrono" !

COP21 : Obtenir un accord contraignant à l’arraché ? Possible, mais en « 24 heures chrono » !

Alors que la conférence sur le climat doit s’achever ce samedi, un nouveau brouillon d’accord *a été rendu public le 10 décembre.

« Il s’agit probablement de l’avant-dernière version. Tous les choix déterminants sont encore entre crochets. Nous entrons dans la dernière ligne droite des négociations. La question n’est plus de savoir si la COP21 permettra l’adoption d’un accord universel, mais de savoir si cet accord sera à la hauteur du défi climatique…… », estime le Réseau Action Climat, qui décrypte les enjeux de la conférence climatique sur le site « Ma COP21 ».

Or, les négociations en cours promettent-elles de déboucher sur une issue positive ? Plusieurs en doutent :

« L’enjeu essentiel de la sobriété énergétique » sera-t-il l’ « oublié de la COP 21 ? » se demande l’économiste Jean Gadrey sur son blogue : « Ce serait gros, mais c’est pourtant en cours. Pas si étonnant d’ailleurs … ».

Maxime Combes, pour Basta Mag, relève que « toute référence aux secteurs de l’aviation et du transport maritime, qui constituent presque 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, a disparu » de l’actuel brouillon de l’accord. « Au même moment, l’Observatoire européen des entreprises révèle un document interne de la Commission européenne dans lequel elle promet d’éviter « toute mention explicite du commerce » dans le futur accord de Paris. Dit autrement, « même sur une planète morte, le commerce international devra se poursuivre sans entraves ».

Enfin, dans l’attente de cet accord final, une enquête réalisée par Basta !, en partenariat avec « La Revue Dessinée » et la Fondation Sciences Citoyennes**, nous invite à découvrir « ce que préparent les apprentis sorciers du climat » : projets de manipulation délibérée et à grande échelle du climat faisant leur entrée dans les arènes des négociations internationales ; ensemencement des océans avec des millions de tonnes de fer ; pulvérisation d’aérosols soufrés dans la stratosphère…

Est-il encore possible de rectifier le tir ?
Oui, en « 24 heures chrono » ! Mais à la condition que chacune des parties considère que son mode de vie puisse être négociable. Et à la condition de prendre en compte, non pas des intérêts particuliers, mais ceux des populations, surtout ceux des plus vulnérables et des pays menacés, conclue le Réseau Action Climat : « Tous les pays sont responsables de la conclusion de l’accord de Paris : les grands pollueurs doivent arrêter d’entraver la transition énergétique et de prendre en otage la négociation. Les pays qui subissent cette pollution doivent refuser des compromis au rabais et protéger les fonctions vitales qui permettront de progressivement rectifier le tir ».
Mais si la solution est « politique », elle est aussi citoyenne : l’action de la société civile, en cours au Bourget, sera-t-elle suffisante pour réclamer un accord plus ambitieux ?

 

 

 

 

 
Notes :

*Voir aussi l’état des discussions sur http://www.reporterre.net/Le-Journal-de-la-COP-le-texte-en-discussion-ce-vendredi-marque-des-reculs

**A découvrir aussi sur http://sciencescitoyennes.org/
le site très intéressant de La Fondation Sciences Citoyennes (FSC), laquelle prend part aux mobilisations citoyennes autour de la COP21 avec la Coalition Climat 21 dont elle est membre. Dans ce cadre, cette fondation a choisi de travailler sur la question de la manipulation du climat à grande échelle aussi appelée géo-ingénierie afin d’alerter sur les risques majeurs que ces technologies (même « clean ») pourraient impliquer : http://sciencescitoyennes.org/geo-ingenierie/

Entre deux tours : le temps des analyses

Vous disposez d'un grand pouvoir, en tant que citoyen : le pouvoir de vote. Qu'en ferez-vous ? (Première de couverture du roman "La Lucidité" de José Saramago)

Vous disposez d’un grand pouvoir, en tant que citoyen : le pouvoir de vote. Qu’en ferez-vous ?
(Première de couverture du roman « La Lucidité » de José Saramago)

Note : merci de ne pas « zapper » trop vite ce qui suit, car, même si « vous n’êtes pas du monde, vous êtes tout de même « dans le monde ». Et vous votez. Des études bibliques sont proposées en fin d’article, pour nourrir votre réflexion.

« La déferlante FN[en tête dans six régions*] du premier tour était annoncée, attendue(…)La seule chose surprenante, c’est la surprise officielle à l’annonce de ce résultat », observe le journaliste Patrice de Plunkett sur son blogue. Il estime que « la classe médiatico-politique », qui « ne comprend pas pourquoi cinq millions et demi de Français dont 95 % ne semblent pas extrémistes (si l’on en croit les reportages eux-mêmes !) se sont tournés dimanche vers le vote FN » devrait « changer de lunettes ».

Mais souhaite-t-on véritablement « changer de lunettes » ?
Pour le juriste-blogueur catholique « Thomas More », qui redevient régulier sur la toile, « nombreux sont ceux qui refusent de faire un diagnostic honnête de l’état de la société française par peur de ce qu’ils y découvriraient ». Un « déni de la réalité sociale » qui conduit notamment « à jeter l’anathème sur des auteurs tels que Laurent Bouvet ou Christophe Guilluy ». Et l’on aurait tort, estime le juriste blogueur, qui nous propose son intéressante analyse de l’ouvrage de L. Bouvet, « Le sens du peuple ». On peut, à l’instar de « Thomas More », ne pas rejoindre l’ « esprit laïc trop étroit » de ce premier auteur, mais on appréciera si son diagnostic est juste ou non. Même si « la politique » n’est « pas trop votre truc » (mais plutôt la théologie, par exemple), ne zappez pas trop vite ce qui suit, car il y a matière à vous faire réfléchir sur comment « être chrétien dans la cité ».
Le point de vue est le suivant :
Pour Laurent Bouvet, il importe, pour la gauche « d’abandonner le progressisme pour reconquérir le peuple » et « retrouver le sens du peuple ». Une « invitation » qui devrait être « adressée à l’ensemble des mouvements politiques, y compris de droite, même si c’est au prix d’une dose de populisme »**. Ce « populisme de gauche » impliquerait de « renoncer au libéral-multiculturalisme », d’ « écouter la révolte du peuple contre les élites », de « réviser la position de la gauche à l’égard de la mondialisation », et de « réaffirmer l’importance d’une laïcité stricte***… sans pour autant adopter les valeurs conservatrices et autoritaires et la xénophobie de certains populistes de droite ». Un élément intéressant : Laurent Bouvet propose également « de détacher l’individu moderne de sa réduction libérale à l’homo œconomicus pour lui redonner son plein pouvoir (empowerment), c’est-à-dire les moyens de peser sur sa destinée de citoyen libre, autonome et autodéterminé, individuellement et collectivement ». En gros, il invite chacun à reprendre son autorité légitime de citoyen, plutôt que de se résigner à n’être qu’un consommateur….Mais les notions de « liberté », d' »autonomie » et d' »autodétermination » sont autant d’éléments nécessitant à eux seuls toute une analyse, qui ne saurait être réduite en une simple allusion de deux lignes. Nous y reviendrons ultérieurement(notamment, sur la question de la liberté), dans un prochain billet.

Voilà pour « le populisme de gauche ». Et quel serait un « populisme modéré de droite », selon « Thomas More » ? Un populisme « moins étatiste et plus modeste que son homologue de gauche », « plus ouvert à la société civile (y compris dans sa composante religieuse) et défendre scrupuleusement le principe de subsidiarité ». Il devrait également « cesser de soutenir que le libéralisme et la mondialisation sont bénéfiques pour tout le monde[et peut-être aussi arrêter de clamer que l’austérité serait un programme]. Ce serait donc une forme de conservatisme populaire qu’il faudrait garantir contre toute forme de xénophobie ».
A noter qu’un autre blogueur catholique, le naturaliste « Phylloscopus », rappelle, dans sa recension de l’encyclique papale « Laudato si », que la subsidiarité consiste « à régler un problème au plus bas niveau disposant des moyens pour le faire », et « certainement pas en un blanc-seing accordé, en toutes circonstances, à la liberté individuelle ».**** On lui laissera d’ailleurs « le mot de la fin », en vous invitant à aller consulter son excellente analyse « globale » intitulée : « l’écologie(et la foi)contre la peur ». Encore un catholique ? Si vous en trouvez d’autres pertinentes, sur de tels sujets, et qui soient évangéliques, faites-moi signe. Ceci est aussi un appel à vocation.
Etudes bibliques : les devoirs de tout responsable, comme ceux du peuple : Prov.31v8-9 ; Ezéch.34 ; Juges 8v22-23 ; Juges 9 ; 1 Rois 12v3 et ss ; Luc 22v22-27. Voir aussi ce que le Seigneur Jésus a toujours refusé de faire, surtout « pour prouver quelque chose », en Matt.4v1-11 et Matt.12v38 et ss.

 

 

Notes :

*Les décodeurs du Monde : résultat, commune après commune, de la liste arrivée en tête : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/visuel/2015/12/07/regionales-2015-commune-par-commune-la-liste-qui-est-arrivee-en-tete_4826510_4355770.html ; comportement électoral par sexe, âge, qualification et domaine d’activité :
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/12/07/regionales-le-front-national-premier-parti-chez-les-jeunes-qui-votent_4826431_4355770.html

** Et puisque l’on parle de « populisme », voir l’analyse du sociologue des religions Raphaël Liogier : http://www.bastamag.net/Raphael-Liogier-Ce-populisme-qui ; https://blogs.mediapart.fr/remy-p/blog/271213/ce-populisme-qui-vient-de-raphael-liogier-ou-les-dangers-du-populisme-liquide ; http://www.slate.fr/tribune/82831/populisme-liquide

*** A propos de la laïcité, voir les travaux du sociologue et historien Jean Bauberot https://blogs.mediapart.fr/jean-bauberot/blog/091215/la-laicite-110-ans-apres-la-loi-de-1905 ; https://blogs.mediapart.fr/jean-bauberot/blog

****cf « Laudato si », paragraphe 196 : « le principe de subsidiarité…donne la liberté au développement des capacités présentes à tous les niveaux, mais qui exige en même temps plus de responsabilité pour le bien commun de la part de celui qui détient plus de pouvoir ». Et pour une contribution protestante importante à ce sujet, voir les thèses de Johannes Althusius(1556-1637).

Pourquoi il ne faut pas oublier de voter dimanche

Comment "bien" voter, "haut la main" ?

Comment « bien » voter, dimanche, « haut la main » ?

Vous l’avez peut-être oublié, mais nous votons pour la dernière fois, dimanche 6 et 13 décembre…..avant la prochaine élection présidentielle de printemps 2017.

Il s’agit des « régionales », organisées à cette date dans le cadre des nouvelles régions redessinées par la loi du 16 janvier 2015(lesquelles passent de 22 à 13). Vous faites peut-être partie de ceux qui ignorent qu’elles ont lieu prochainement. Ou vous faites peut-être partie des chrétiens qui estiment qu’ « ils ne sont pas du monde », quoiqu’ étant « dans le monde »(Jean 17v14, 16), d’autant plus que le « royaume » de Jésus « n’est pas de ce monde »(Jean 20v36)-ce qui est tout à fait vrai-Et que, donc, non, un chrétien n’a pas à se préoccuper de ces questions.

Mais jusqu’à quel point « ne sommes-nous pas dans le monde » ? Par exemple, quand nous consommons, ou jouissons « des plaisirs du monde » ? Être citoyen n’est-il pas plus important que d’être un simple et pur consommateur ?

Et ne sommes-nous pas « envoyés dans ce monde » (Jean 17v18)appelés par le Seigneur Jésus à être « lumière et sel », « ses témoins », d’abord « à Jérusalem », puis « en Judée, à Samarie, et jusqu’au bout de la terre » ? (Actes 1v8). Et quelle est notre « Jérusalem », notre « Judée », sinon notre ville, notre région… ? Et notre mandat initial n’est-il pas de « servir » et de « garder », « protéger » notre terre ?(Gen.2v15)
Dans quelle mesure servons-nous, en ce monde ? Dans quelle mesure sommes-nous Ses témoins ? De quelle manière pourrons-nous l’être, notamment dans la manière d’exercer le pouvoir du droit de vote ?

D’autant plus que les « régionales » touchent au plus près notre quotidien : leurs compétences se sont renforcées par la loi NOTRe du 7 août 2015, même après la perte de la clause de compétence générale (cad leur donnant un pouvoir d’initiative). Les régions s’occupaient déjà du développement économique, de l’aménagement du territoire, de la formation professionnelle, de la gestion des lycées et des transports, des subventions des associations. Aujourd’hui, « le conseil régional a compétence pour promouvoir le développement économique, social, sanitaire[notamment avec l’enjeu de la lutte contre les déserts médicaux], culturel et scientifique de la région, le soutien à l’accès au logement et à l’amélioration de l’habitat, le soutien à la politique de la ville et à la rénovation urbaine et le soutien aux politiques d’éducation et l’aménagement et l’égalité de ses territoires, ainsi que pour assurer la préservation de son identité et la promotion des langues régionales, dans le respect de l’intégrité, de l’autonomie et des attributions des départements et des communes ». Ce qui n’est pas mince*.

Elles ne sont donc à manquer sous aucun prétexte, à l’instar de toutes les autres élections, qu’il s’agisse de la présidentielle, des législatives, des européennes, des départementales, ou des municipales…. Chacune d’elles, complémentaire des autres, porte une partie des pouvoirs politiques, à un échelon divers.

D’autre part, vivant dans une démocratie représentative, nous bénéficions du droit de vote, qui est un acte citoyen simple, mais redoutable, car porteur de très grandes responsabilités. Nous sommes convoqués les 6 et 13 décembre 2015, appelés à élire ceux qui seront nos représentants, chargés de gérer et de décider à l’échelle régionale pour six ans. Tout choix doit donc être pesé et raisonné, et certainement pas sous le coup d’un coup de gueule…de la haine, ou de la peur.

« Pour qui faut-il voter ? » me demanderez-vous peut-être ?

Si vous attendez une réponse à cette question ou une consigne « d’en haut », méfiez-vous. Ce n’est pas vous rendre service que d’y répondre à votre place, et vous n’avez pas besoin d’un gourou.

Le défi, et la responsabilité, pour tout citoyen, ou même chrétien-citoyen (et c’est également celui du débat démocratique), reste de juger/d’apprécier/d’évaluer la pertinence (et la portée) des mesures proposées dans les programmes des différents candidats** (à condition de les lire), de la même manière qu’en église, nous évaluons ceux ou celles qui prétendent parler au nom de Dieu (cf 1 Cor.14v29).
Évaluons également l’intégrité, le sérieux et la capacité des prétendants à l’élection à voir le long-terme (le souci de transmettre à la génération suivante) et à rechercher, non pas les intérêts d’un clan ou d’un lobby, mais l’intérêt général, dans le respect de la dignité humaine, comme dans le respect de l’environnement. Tirez des leçons du scandale sanitaire de « la viande de cheval » et méfiez-vous des étiquettes (« chrétien », « catholique », « protestante ») pour apprécier la réalité du contenu. « Pensez global » et cherchez l’interdépendance des différents domaines(famille, santé, éducation, environnement, éthique, économie, social…). Pensez également aux conséquences des actions proposées…
L’examen desdites mesures proposées, relatives à une petite échelle, permet de discerner ce qui pourrait être réalisé plus tard, sur une plus grande échelle.

A l’inverse, prévient Pierre Tourev, fondateur et animateur du site « Toupie »(qui se veut « éveilleur des consciences politiques des citoyens »), « se désintéresser des élections, c’est aussi clamer leur inutilité et donc faire le jeu de ceux qui voudraient les supprimer et avec elles toutes ces « coûteuses » assemblées d’élus (« Cela ferait des économies ! »). Un homme fort (ou une femme) au pouvoir leur suffirait. Mais nous pouvons encore voter et choisir nos dirigeants, ceux à qui l’on fait confiance, ceux dont les opinions sont les plus proches des nôtres ou, à défaut, d’écarter ceux que l’on ne veut absolument pas avoir comme élus ».

Les chrétiens seront-ils « les premiers » ou les derniers, « dans les bonnes œuvres » ?

Enfin, il a beaucoup été fait question des possibilités du Front national, parti d’extrême-droite, de conquérir trois régions à l’issue de ces élections : « Nord-Picardie, avec la liste emmenée par Marine Le Pen, Provence-Alpes-Côte d’Azur, avec celle conduite par sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, et Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. En cas de victoire, la politique menée par le FN prendra-t-elle vraiment le virage social affiché dans les discours ? » Ivan Du Roy analyse pour Basta mag les mesures mises en œuvre par les maires frontistes, au sein de la vingtaine de villes qu’ils administrent, de nature à nous donner des éléments de réponses et à laisser entrevoir un programme à plus grande échelle : « austérité budgétaire, affaiblissement des services publics, abandon des populations les plus modestes (not. via la suppression de la gratuité de la cantine et des transports scolaires), vision néolibérale du travail… Entre les belles déclarations de ses leaders et son véritable programme tel qu’il est appliqué, il y a un abîme ». Lire l’article ici.

Sur ce, bon WE, et « bon vote ! »

 

Notes :

* Voir sur http://www.vie-publique.fr/actualite/dossier/elections-regionales-2015/competences-regions-apercu-apres-loi-notre.html ; http://www.vie-publique.fr/actualite/faq-citoyens/elections-regionales-2015/

Ainsi que la fiche mémo du CPDH sur les régions.

**En savoir plus sur le site revdem, repéré grâce au CPDH.

« Pendant la COP21 »(1) : pour « sauver la Terre », faut-il espérer du « développement durable » et raisonner avec une cervelle de colibri ?

Car, ne l’oublions pas, à la fin de l’édifiante histoire racontée par Pierre Rahbi, la forêt brûle….

L’écologie et les questions relatives aux enjeux climatiques intéressent-ils les évangéliques, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes ? Je serai tenté de répondre « oui », puisque nous bénéficions d’au moins 30 ans de contributions évangéliques sur le sujet*. Mais c’est plutôt la perplexité qui m’emporte, après examen-par contraste-de certains sites ou blogues théologiques actuels, que j’aime parfois consulter, vu que les articles sur la question me paraissent-sauf erreur- plutôt rares, quand ils ne sont pas inexistants.

Sensible aux enjeux écologiques et environnementaux, je suis donc toujours intéressé par toutes les réflexions-surtout quand elles émanent d’évangéliques-sur ce sujet, chaque fois que j’en trouve. C’est ainsi que j’ai lu avec intérêt ce billet publié sur La Rebellution, intitulé : « COP21 et développement durable : Sauvons la planète ? »

J’aimerai « positiver », car cette contribution a au moins le mérite d’exister sur un site de (et pour) jeunes, même si ladite contribution n’a recueilli, à ce jour, aucun commentaire depuis sa publication. Mais je conclurai que l’article m’a malheureusement laissé sur ma faim, me paraissant « pécher » sur trois points, et notamment sur des questions de vocabulaire, présentées comme des évidences.

1)L’article débute par une introduction consacrée à la COP21, avant d’enchaîner avec « le sujet du développement durable », comme si ce concept était à lui seul synonyme de problématique écologique. L’auteur, Nicolas B., souligne que « dans les milieux évangéliques, le sujet du développement durable est abordé avec des pincettes. C’est un sujet parfois mis de côté en soutenant  qu’il y a quand même des choses plus importantes… ». Mais le plus exact serait de dire (et je serai d’accord avec l’auteur sur cette formulation) que les questions environnementales sont abordées « avec des pincettes dans les milieux évangéliques »(ou « certains », « de manière générale » ?), comme s’il y avait « mieux à faire » (Ou pour des raisons idéologiques, ajouterai-je). D’autre part, Nicolas B. relève également à juste titre d’autres extrêmes pour des raisons idéologiques, qu’il s’agisse de dégrader la planète « pour hâter le retour de Jésus » ou « de mettre l’accent d’une manière démesurée sur ce thème ». Ce qui est tout aussi démesuré que de négliger les thématiques environnementales et écologiques.

 2)Nicolas B. retient également l’analyse d’un article de Pierre Barthélémy, découvert sur « passeur de sciences », un des blogs du journal Le Monde, et jugé par lui « très intéressant ». L’auteur, un journaliste, estime que « la Terre a déjà subi tellement de cataclysmes que peu importe ce qui arrive, elle survivra toute seule d’une manière ou d’une autre. En fait, l’Homme, en détruisant son habitat est en train de s’autodétruire ». Pour Francis Schaeffer, dans « la pollution et la mort de l’homme »(Réédition BLF, 2015-nous en parlerons bientôt), c’est là une vision purement « pragmatique et égoïste » : la terre, création de Dieu, a une valeur en elle-même, et ne saurait être « une chose » aux ressources illimitées que l’on pourrait exploiter à sa guise. « L’Eglise devrait refuser aux hommes le droit de violer notre terre, comme on leur refuse le droit de violer nos femmes », ajoute crûment Francis Schaeffer(op. cit., p80, 87).

Or, sans expliquer pourquoi, Nicolas B. juge que « cette manière de penser » (est-elle biblique ?) du journaliste serait de nature à « recentrer le débat » (et sur quoi, d’ailleurs ?), et susceptible de « changer notre engagement envers le développement durable ». Mais envers le développement durable, ou envers la planète ? Il ne s’agit pas de confondre, mais de bien comprendre de quoi l’on parle. Qu’est-ce que « le développement durable » ?

Le développement durable est un concept présenté comme une réponse au défi de trouver dès aujourd’hui des solutions agricoles, industrielles et urbaines, susceptibles de nuire le moins possible à l’environnement, tout en permettant de nourrir et d’abriter au mieux le plus grand nombre d’individus. Et ce, bien entendu, sans freiner le progrès économique, technologique, et scientifique. Cette expression forgée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature(IUCN) en 1980 (traduction maladroite de « Sustainable development » ou « développement soutenable ») est entrée dans le vocabulaire courant lorsque fut publié le rapport** de Mme Brundtland en 1987, qui était à l’époque Premier ministre de Norvège et Présidente de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement. Ledit rapport précise que le développement actuel doit aussi permettre aux générations futures de vivre dans des conditions de confort optimales. Il a été popularisé lors du Sommet de la Terre de Rio, en juin 1992.

Frédéric Baudin, directeur de « Culture Environnement Médias » (CEM : association « ancrée dans le protestantisme », qui a pour objet de promouvoir les valeurs chrétiennes dans les domaines de la culture, de l’environnement et des média) et auteur d’un document important (« La protection de l’environnement dans une perspective chrétienne. Pour une éthique de la Création : Bible et écologie »)estime que ce concept de développement durable pose un problème de cohérence : « l’idéal ainsi défini et les ambitions sont élevés, mais ils sont contrariés par les appétits humains les plus irrationnels et les moins maîtrisables » dénoncés dans la Bible »(op. cit., p 16). Je rajouterai également que le concept « développement durable » se heurte à une contradiction entre les rapports entre « développement » et « environnement », lesquels  renvoient à ceux, non moins problématiques, entre l’économie et l’écologie.

Comme mentionné plus haut, l’expression française « développement durable » est un dérivé(une dérive ?) de la version anglaise « développement soutenable » : « soutenable » renvoit aux capacités limitées de la Terre, tandis que « durable » est signe qu’un développement peut durer. Mais jusqu’à quel point ?

Est-il possible de prétendre atteindre un développement illimité dans un monde limité, aux ressources non moins limitées ? Est-il « souhaitable », « soutenable » de faire de l’économie (qui ne devrait être qu’un moyen) une fin en soi ?

Le développement durable serait-il alors « une imposture » ?

Certains le croient***. Il est temps pour les chrétiens évangéliques de s’arrêter pour réfléchir, pour évaluer la pertinence de ce qui pourrait bien être un mythe moderne.

3) En fin de compte, la réponse serait-elle dans « la sagesse (ou « l’espérance ») du colibri », récemment mise en avant par la commission d’éthique protestante évangélique, partenaire du CNEF ?

Au passage, le texte de la Commission éthique sur l’environnement et le climat est globalement très bon, soulevant bien le problème et les enjeux. Il souligne notamment avec justesse que « tout est lié », dans le sens d’une interdépendance des questions climatiques avec de nombreux autres aspects, conduisant à une réflexion plus globale susceptible d’ouvrir bien des horizons (y compris pour le comportement de chacun). Le lien est fait avec la responsabilité et la mission de l’Eglise, dans la proclamation et l’affirmation de l’Evangile.

Or, déclare Luc Olekhnovitch : « Face à l’énormité des problèmes écologiques et humains, ne nous résignons pas mais faisons notre part, c’est l’espérance du colibri, en attendant la venue de notre Seigneur qui établira une nouvelle terre où la justice habitera. »

Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette fable amérindienne, racontée par Pierre Rhabi, fondateur(2007) du mouvement…« Les Colibris », justement, voici de quoi il s’agit : « un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou tatillon, et agacé par cette agitation dérisoire lui dit : « hé, colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! ». Et le colibri lui répondit : « je le sais, mais je fais ma part. »

Tout cela est très joli, bien gentil et… « très sage », effectivement. Mais la parabole reste limitée.

A ce sujet, Frédéric Baudin déploreop. cit. p 38) que « nous nous contentons souvent de mesures « écologiques » individuelles [ « la goutte d’eau » du colibris-soit «faire notre part »] pour continuer à vivre de la même façon, tout en nous donnant bonne conscience. Nous sommes ainsi inondés de bons conseils visant à préserver notre environnement : fermer le robinet lorsqu’on se lave les dents, éteindre les lumières inutiles, préférer les douches aux bains, isoler nos maisons, etc. Toutes ces mesures, utiles et efficaces si l’on considère qu’elles ont un impact lorsqu’elles sont multipliées à l’échelle d’une population tout entière, restent toutefois superficielles sur le fond : elles semblent nous dispenser de choisir un autre mode de vie, plus respectueux des limites de notre planète, de ce qui la peuple et la compose, de l’être humain même. Ce sont des mesures en trompe-l’œil, sans relief, limitées à la dimension de l’homme et orientées vers lui seul »***.

Et il n’a échappé à personne que les petites gouttes d’eau que le gentil colibri dépose avec son bec n’y font rien, puisqu’à la fin, la forêt brûle…..

La légende pourrait avoir la suite suivante**** : alors arriva devant colibri, l’escargot qui lui tint à peu près ce langage : « dis donc colibri, comme disait Héraclite d’Ephèse, il faut mieux éteindre la démesure plus que l’incendie ! ». « Mais qu’est-ce que cela veut dire », demanda le colibri interdit ? « Cela veut dire que les solutions sont certes individuelles, mais aussi collectives, et qu’à le négliger on fait le jeu de l’individualisme forcené qui est justement la cause de l’incendie », répondit l’escargot. « Que faire, alors ? » demanda le colibri. « Eh bien, on pourrait s’arrêter pour réfléchir et ne pas réagir de manière impulsive…et faire appel à tous les animaux, qui pourraient, par exemple, faire la chaîne avec des seaux… » Et sans oublier de prévenir tout risque d’incendie à l’avenir.

A vous d’écrire la suite !

Conclusion provisoire :

Bref, au-delà de l’action « du » chrétien, de façon personnelle et individuelle***** (il faut effectivement bien commencer), il importe avant tout de penser « le témoignage » et l’action sur un plan global, collectif, communautaire, comme nous y invite le modèle du corps de Christ (cf 1 Cor.1214, Eph.4-6, Rom.12). Et, surtout, de penser de manière interdépendante, puisque tout est lié. C’est ainsi que nos actions paraîtront moins dérisoires.

 

Notes :

* Une bibliographie est prévue, prochainement. A noter que « La Terre, je gère » a été le thème de l’édition 2011 du grand rassemblement évangélique de Lognes(2000 personnes, cette année). De l’aveu des organisateurs à l’ouverture du colloque, à l’époque : « Écologie, environnement, développement durable » sont autant de questions qui prennent une importance croissante dans le débat public, mais qui restent peu abordées dans notre milieu évangélique francophone ». De fait, si des associations évangéliques (comme A Rocha France-qui organise une grande journée le 5 décembre prochain -avec le pasteur Frédéric Baudin) sont engagées sur le terrain en faveur de l’environnement, la théologie évangélique se fait jusqu’à présent peu entendre sur les questions d’écologie. Et maintenant ?

** Voir https://fr.wikisource.org/wiki/Notre_avenir_%C3%A0_tous_-_Rapport_Brundtland ou http://wwwv1.agora21.org/dd.html

*** Voir :

Christine Partoune, Michel Ericx, « Le développement durable – analyse critique », in « Diversité culturelle », répertoire d’outils créés par les formateurs de l’Institut d’Eco-Pédagogie (IEP), actualisé en septembre 2011 URL : http://www.institut-eco-pedagogie.be/spip/?article59

« Le Mythe du développement durable », un article de Florence Rodhain et Claude Llena, publié dans la revue Entropia, en janvier-février 2006 : http://www.entropia-la-revue.org/IMG/pdf/pre_ventique_RodhainLlena.pdf

Le site du réseau ACDD, qui rassemble des chercheurs et acteurs ayant une approche critique du développement durable / ville durable : http://www.reseaucritiquesdeveloppementdurable.fr/axe-5-durabilite-techniciste/presentation-2

Un hors-série d’Alternatives économiques consacré au « développement durable » (http://www.alternatives-economiques.fr/les-critiques-de-la-croissance-et-le-developpement-durable_fr_art_339_27569.html )

Latouche Serge, « L’imposture du développement durable ou les habits neufs du développement. », Mondes en développement 1/2003 (no 121) , p. 23-30 URL : www.cairn.info/revue-mondes-en-developpement-2003-1-page-23.htm. DOI : 10.3917/med.121.0023.

« Comment peut-on encore croire au développement durable ? » Le débat du mensuel « La Décroissance », novembre 2015, numéro 124, pp 18-19

*** comme le relève le journaliste et éditeur Pierre Thiesset : « Paradoxalement, le changement collectif, la solidarité procéderaient donc de l’addition d’une multitude de choix individuels(…), d’une juxtaposition de comportements atomisés, et non plus d’un élan national… ». Et il n’y aurait plus de société, « seulement des individus qui font des petits gestes ». Ce n’est sans doute « pas un hasard si la rhétorique de Pierre Rabhi rencontre un tel succès à la fois dans les rangs d’écolos sincères, mais aussi auprès (…) de publicitaires comme Séguéla ou de libéraux trans-humanistes comme Attali, qui tous l’écoutent avec bienveillance…. »(La Décroissance de novembre 2014. Relayé ici)

Du même Pierre Thiesset, interviewé par Mahaut Herrmann, pour la revue « Limite » : « Il y a un risque à tout miser sur les petits gestes individuels et la construction d’alternatives « par en bas ». Bien sûr, il est indispensable d’opter pour la simplicité volontaire, d’effectuer un travail sur soi et de chercher à construire des rapports sociaux libérés de la marchandise, ici et maintenant, si l’on désire vraiment se défaire de l’emprise de l’économie et de la technique sur nos vies. Mais, comme l’écrit Harald Welzer dans son livre Les Guerres du climat, « il est politiquement irresponsable de donner l’impression qu’on pourrait résoudre par des précautions prises individuellement des problèmes qui sont dus au principe économique de la croissance par exploitation des ressources ». Le mot d’ordre des Colibris, du « chacun fait sa part », peut parfaitement se couler dans l’idéologie libérale actuelle : comme s’il n’y avait pas de société, comme s’il suffisait de changer les comportements de consommateurs atomisés pour lutter contre le changement climatique. Pour prendre un exemple parlant : ce n’est pas parce que 200 000 personnes achètent un panier dans une Amap pendant que 98 % de la population s’alimente en grande distribution que cela ressuscitera la paysannerie, aujourd’hui laminée….».

**** Suite imaginée par le mensuel « La Décroissance », dans une BD intitulée « Colibri le décroissant » (Numéro de février 2014n 106, pp 10-11)

*****  Voir une très intéressante discussion entre un internaute, le blogueur « Tribonien » et Philippe Viguier, co-auteur de « L’Evangile et le citoyen » (Ed. Clé) en commentaire de cet article paru sur Le Bon Combat : http://leboncombat.fr/comment-etre-a-la-fois-chretien-et-citoyen/