Le savon de Dieu

Quand Dieu nous passe un savon…. (source image : public domain pictures)

« Nettoyez vos mains, pécheurs » (Jacques 4v8)

Un « savon de Dieu » sans nuance, et une injonction ô combien paradoxale, puisque le verset suivant décourage d’emblée toutes nos tentatives d’y répondre :

« Tu aurais beau te lessiver à la soude, y rajouter quantité de potasse, devant moi, ta faute reste incrustée. » (Jérémie 2v22)

Un tel constat ne peut que susciter l’angoisse et le désespoir, celle de la culpabilité (ou de la conscience de sa faute) sans remède. Cependant, pour Kierkegaard, penseur chrétien, c’est le fait d’être « passible du désespoir » qui fait la supériorité de l’homme sur l’animal.

Toujours selon Kierkegaard, la forme la plus aboutie du désespoir est le scandale, lié au fait que le Christianisme ne s’adresse pas à la foule et mais à l’individu, lui offrant cette alternative et injonction : « scandalise-toi ou crois ! » 

De son côté, le psalmiste choisit la foi, ou plutôt, dans une variante de l’alternative précédente, il choisit « la crainte de Dieu » à « l’effroi ».

Les versets 3-4 du psaume 130 nous l’enseignent :  « si tu gardais le souvenir des iniquités, Eternel, Seigneur, qui pourrait subsister ? Mais le pardon se trouve auprès de toi, afin qu’on te craigne».

Craindre Dieu dans les Ecritures, loin de décourager, est en réalité libérateur, puisque celui qui craint Dieu ne peut craindre autre chose, souligne Erri de Luca. Et le même d’ajouter que « celui qui craint Dieu le craint parce que de lui seul dépend le pardon, seliha. Crains le juge, non parce qu’il peut te condamner, mais parce que de son pouvoir dépend la remise de tes fautes ».

« Venez et plaidons ! dit l’Eternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; S’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine ». (Es.1v18)

 

 

Notre Sauveur, le Christ Jésus (2 Tim.2v10)

« En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes,
et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point comprise » (Jean 1v4-5)

« Notre Sauveur, le Christ Jésus, a détruit la mort et fait briller la vie et l’immortalité par l’Evangile » (2 Tim.1v10)

« Comment s’informer » de Sophie Eustache : un guide pour initier les ados à la fabrication de l’info

« Comment s’informer » : un guide pratique pour les ados (mais aussi pour les adultes) pour s’initier aux coulisses des médias et de l’info !

« De l’info partout et tout le temps… » : aujourd’hui, dans notre société hyper-connectée, l’information colonise tous nos espaces, aussi bien publics qu’intimes.

Mais l’enjeu n’est pas tant de s’informer que de transformer cette information en connaissances, c’est à dire de se l’approprier et de l’analyser, pour comprendre le monde dans lequel nous vivons. Ainsi, comment faire le tri dans cette myriade d’informations qui nous parvient tous les jours ? Quel crédit leur porter ? Et ce, d’autant plus qu’une information n’est pas un produit naturel, puisqu’elle est produite par des êtres humains qui vivent en société et portent un certain regard sur le monde. Elle doit donc toujours être manipulée avec précaution. La journaliste Sophie Eustache propose un guide pertinent d’éducation aux médias, très utile et très accessible, pour aider les adolescents, dès 13 ans, à « naviguer sur les flots tumultueux et diluviens de l’information » (op. Cit., p 15). Il sera aussi lu avec profit par les adultes.

Publié dans la collection POCQQ (Pourquoi s’interroger ? Où s’informer ? Comment agir ? Qui est concerné ? Quand débattre ?), laquelle traite des sujets d’actualité pour les adolescents, « avec la distance qui permet à chacun de se faire son opinion » [déjà parus : qui sont les transhumanistes ? Où va le climat ? Pourquoi les végans ? …], cet ouvrage, illustré par Élodie Perrotin, aborde certaines questions. Les inévitables : « qu’est-ce que s’informer aujourd’hui ? Comment circule l’information ? Comment travaillent les journalistes ? »

Mais aussi : « l’information est-elle (réellement) libre ? A qui appartiennent les médias ? », nous sensibilisant à l’enjeu de l’indépendance de la presse – indépendance par rapport à l’Etat, mais aussi l’audience, les partis politiques, les industriels, les annonceurs, la publicité. En France, 10 milliardaires (des télécoms, des BTP, des banques et de l’armement) possèdent la majorité des médias.

Enfin, « l’objectivité est-elle possible ? », nous questionne encore l’auteure, nous invitant à prendre du recul par rapport au « fact checking », pratique journalistique visant à vérifier la véracité de propos tenus par des responsables politiques ou d’autres personnalités publiques. L’enjeu n’étant pas tant de savoir si les « factcheckers » font un bon travail ou pas, mais plutôt de comprendre qui en profite.

Le chapitre « Que pouvons-nous faire ? » nous pousse à l’engagement. Parce que l’information n’est pas une marchandise mais un bien commun à défendre, au même titre que la santé ou l’éducation, nous pouvons, à notre échelle, soutenir la presse indépendante (sans pub et financée avant tout par les lecteurs/les abonnés), en achetant ces journaux, en s’abonnant ou en faisant des dons de soutien. Il est aussi important d’apporter la question de l’indépendance des médias dans le débat public et de réfléchir ensemble à des solutions pour libérer la presse.

Le « guide de l’apprenti journaliste » donne des conseils pour se forger un esprit critique et faire attention aux « fake news » ; un lexique nous permet de comprendre « les mots du journaliste » (qu’est-ce qu’un « angle », « bâtonner une dépêche », un « chemin de fer », un « marronnier » ?…), et pour aller plus loin, une bibliographie complète est à consulter sur le site de l’éditeur.

A mettre dans toutes les mains !

 

En bref :

Comment s’informer, de Sophie Eustache / Elodie Perrotin. Editions du Ricochet, 2019 (Collection POCQQ)

Les 30 premières pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma Quête, de Josef Ben-Eliezer

Un encouragement à chercher et à trouver « au bon endroit »

Ce petit livre est « à l’honneur » sur le site de la librairie Jean Calvin, de Paris. C’est ce qui m’a d’abord intrigué. Une discussion avec l’un des libraires – passionné par l’ouvrage – a fini par me convaincre de l’intérêt historique et existentiel de cette « quête » de Josef Ben-Eliezer (1929-2013).

Diogène cherchait un homme. Josef, lui, cherchait « la fraternité (…) une réponse à la souffrance de l’humanité ». Il la cherchait même « ardemment », prêt à donner sa vie pour une telle cause : « J’ai un grand désir d’éprouver une fois dans ma vie, dans mon cœur, la réponse à la souffrance la plus profond de l’humanité. Quand bien même je ne vivrais la réponse à cette question qu’un bref instant, cela me suffirait. » (Ma quête, p 108)

« Né en juillet 1929 à Francfort, en Allemagne,  de parents Juifs d’Europe orientale, arrivés quelques années plus tôt de Pologne » (op. cit., p 1), Josef grandit dans un environnement sécurisé. Bientôt, il fut le témoin de l’assaut de la Pologne par l’armée hitlérienne et chercha refuge en Union Soviétique pour être finalement exilé en Sibérie, avec sa famille. Echappant tout juste à la mort de famine et maladies, il fit son chemin en traversant l’Asie du Sud et arriva enfin dans l’Etat d’Israël.  Après l’horreur de l’Holocauste, il était absolument déterminé à se battre pour l’indépendance de sa nouvelle patrie. Mais en tant que soldat, l’inhumanité de la guerre continuait à le poursuivre ainsi que la question suivante : « Pourquoi est-ce que les hommes et les femmes ne peuvent pas vivre ensemble dans la paix ? » Sa soif de justice le conduit à fréquenter divers groupes marxistes. Il trouvera finalement les réponses à ses questions dans un contexte inattendu……

Un témoignage aux allures de roman d’aventure, sauf qu’il s’agit du récit authentique d’une quête de toute une vie : une quête de justice, (de fraternité) et de paix, toujours essentielle et encore d’actualité. Car sans justice, pas de paix.

Court et percutant, accessible dès l’adolescence, ce récit est un encouragement pour chacun à chercher et à persévérer dans sa propre « quête » existentielle, particulièrement à une époque où l’on ne va pas plus loin, si l’objet de notre recherche n’est pas à portée de main.

Ce récit est aussi un encouragement à chercher « au bon endroit », et surtout à trouver. Car « la quête (perpétuelle) pour la quête » n’est pas un moteur suffisant. Toute quête a un but, qui peut être atteint.

Dans le cas de Josef, cet athée rebelle à tout engagement dans la foi, a fait plus que vivre une expérience « de conversion religieuse ». Il a surtout découvert un nouveau centre de vie : « Jésus et son enseignement simple mais radical sur le Royaume de Dieu. Affranchi de la recherche désespérée qui le consumait, c’était désormais son enthousiasme pour une cause qui le dépassait qui le faisait avancer. » (op.cit., p 110),

 

En bref :

Ma Quête, de Josef Ben-Eliezer. Plough Publishing House, 2015.

Se le procurer chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies.

 

Le Jeu de rôle (à « la sauce chrétienne » ou non) est-il une activité qui peut pleinement participer à une vie sain(t)e et équilibrée ?

Le jeu de rôle est-il une activité « neutre » ? Suffit-il de dire que le JDR est « un domaine à racheter » et à replacer sous la seigneurie de Jésus-Christ, pour avoir « un JDR selon Dieu » ? (Source image : Wikipédia)

Le Jeu de rôle (à « la sauce chrétienne » ou non) est-il une activité qui peut pleinement participer à une vie sain(t)e et équilibrée ?

Vincent M.T., théologien et co-animateur du site d’apologétique culturelle Visio Mundus(1), lui-même rôliste et « maître de jeu » depuis un an, en est convaincu. Dans une série d’articles récents qu’il consacre sur le sujet, il nous explique (et justifie) pourquoi et comment il joue à des jeux de rôles (2).

Ainsi, sans aller jusqu’à dire « qu’il n’y aurait aucun danger, et donc aucune vigilance à avoir », il affirme, « sur la base de la théologie biblique et de son expérience », qu’il n’y aurait « pas dans le jeu de rôle un danger plus grand ou plus sérieux que dans n’importe quelle autre activité culturelle. Au contraire, c’est une activité qui peut pleinement participer à une vie sain(t)e et équilibrée ». Il va même « jusqu’à dire que ça peut être une expression légitime de notre vocation humaine. Rien que ça »(3).

Rien que ça.

Pour ma part, cette série d’articles consacrée aux JDR m’a plutôt laissé perplexe. A noter que je connais un peu le sujet pour y avoir joué en tant que joueur/MDJ durant mes années lycées, il y a 30 ans. J’ai même lu, durant ces années jusqu’à mes premières années de fac, certains magazines spécialisés. J’en suis revenu depuis, frappé, par ailleurs, à l’époque, de l’évolution de ces univers rôlistes, d’un individualisme orienté vers une quête matérialiste à un individualisme de plus en plus marqué par le spirituel, l’ésotérisme et l’occulte (univers que j’ai tenu à éviter).

Certes, l’intention est belle, et le propos tenu dans la série d’articles est séduisant intellectuellement et ambitieux. Vincent anticipe même certaines objections, en se voulant le plus lucide possible. Mais il le fait d’une façon qui, au final, me semble peu convaincante, pour ne pas dire inquiétante et interpellante.

Le présent article ne concerne pas le jeu de rôle en lui-même (il n’y a pas « le » jeu de rôle, mais « des » jeux de rôle, certains se pratiquant dans des contextes et pour des raisons très diverses). Le problème en soi n’est pas non plus « l’imagination » ou « le jeu » en lui-même, vu que Notre Dieu est lui-même créateur et….joueur.

Dans le présent article, je me contenterais seulement de relever ce que j’estime être des « points de vigilance », inspirés à la lecture des arguments de Vincent.  Ma posture n’est pas « morale » mais davantage préoccupée par des enjeux de vie, et par la sortie de toute idolâtrie qui nous menace tous, en tant qu’êtres humains et en tant que croyants.

Point de vigilance N°1 : 

Je trouve premièrement problématique cette affirmation présentant le JDR comme « une solution », ou comme quoi le JDR serait « une activité qui peut pleinement participer à une vie sain(t)e et équilibrée », et même « une expression légitime de notre vocation humaine » : car c’est en Jésus-Christ seul, et par le Saint-Esprit, que nous pouvons « pleinement vivre une vie sainte et équilibrée », en être humain véritable, « selon la ressemblance de Dieu ». Et non en nous confiant dans une pratique ou une technique – ce qui est déjà en soi un prémice à l’idôlatrie et à la sorcellerie. Rien que ça.

Point de vigilance N° 2 : 

La théologie (« la science de Dieu ») peut mener à tout, et même au JDR ! Mais le JDR peut-il nous conduire à Dieu ? Une question plus pertinente serait : vers quel Dieu ?

D’autre part, la théologie est-elle à notre service ? Peut-elle servir de faire-valoir d’une activité purement ludique, dans le cas qui nous occupe ?  Et ce, d’autant plus que Vincent insiste sur le fait que l’Evangélisation / apologétique – « classé en dernier » dans sa liste des « bonnes raisons pour jouer » – n’est pas avant tout le but recherché, et qu’un jeu de rôle a toute sa légitimité même sans cet aspect (4). En clair, qu’il peut être autonome en lui-même. Sauf que rien n’est neutre, et c’est là une erreur de le croire. Ensuite, si conduire à Christ n’est pas « le but recherché », et si Christ est « hors (du) jeu », qui est au centre ? Qui règne ?

Point de vigilance N° 3 :

La démarche décrite dans le 3ème article de la série (5) est particulièrement ambitieuse, mais périlleuse. Car, fondamentalement, c’est une forme de pensée critique qui demande aux gens de douter de ce qu’ils voient, voire de penser contre eux-même.

Ainsi, « pour ne pas créer de déséquilibre, et pour aménager une surprise », explique Vincent, « aucun des joueurs ne rend directement un culte au Dieu créateur au départ du jeu – ils ne le connaissent pas, ou tout juste. Si un joueur veut être religieux, je lui indiquerait le « dieu » que son peuple honore, que je présenterai sous un jour attirant. Pas nécessairement « un méchant démon qui se fait passer pour le Dieu créateur » [sauf que « les dieux ne sont pas des dieux » cf 1 Cor.8v5-6 et 1 Cor.10v20]. Puis au fur et à mesure du jeu, j’essaierai de le faire traverser à tous les joueurs des situations qui devraient pousser leurs personnages à remettre en question la légitimité de leur vision des choses – religieuse ou non. L’idée étant qu’ils se rendent compte que leur dieu est imparfait, et en partie insatisfaisant »(5). Mais qui dit que le joueur « accepte » le Dieu vivant et vrai, au final ?

Il est aussi risqué d’ajouter un imaginaire (une nouvelle cosmogonie, même « chrétienne ») aux imaginaires déjà présents dans les pensées. C’est déjà tout un enjeu de l’accompagnement spirituel et des études bibliques en groupes que de faire un travail sur les représentations. Car tout ce que les gens pensent savoir de Dieu, de l’Evangile et de la Bible, est le plus souvent déterminé par des images connexes que par la vérité du texte biblique [Test : les mages venus adorer Jésus étaient-ils trois et rois ?]. Et s’il est vital de déboulonner les idoles qui ont pris la place de Dieu, il est aussi essentiel de brûler les images/l’imaginaire mensonger qui nous empêche de nous voir en vérité, comme jésus nous voit.

Comment alors faire le ménage de toutes ces « ménageries » et comment conduire à l’abandon des idoles pour se tourner vers Dieu, afin de le servir, Lui, le Dieu vivant et vrai(cf 1 Thes.1v9), sans confronter ces imaginaires/représentations à la vérité de la Parole, laquelle Parole « est un feu » et « un marteau » (Jer.23v29) ?

Point de vigilance N°4 :

Faire pratiquer le JDR, quand bien même il serait « maison », ouvre la porte à d’autres univers et à d’autres influences, franchement tournées vers l’occulte et/ou l’ésotérique, sans oublier la drogue ou la violence. Comment gérer « ce passage », pour ne pas être une occasion de chute ?

Point de vigilance N°5 :

Dans quelle mesure les valeurs de l’occulte et autres dénis du réel sont-elles acculturées, via certains univers de JDR ? Le regard de Vincent sur le magique, et sa place dans l’univers du jeu, est en soi révélateur

Selon lui, « la clef d’un jeu qui est acceptable devant Dieu n’est donc pas, à (son) avis, un jeu sans magie, surnaturel ni violence, mais un jeu qui définit et encadre (avec une certaine subtilité) ces éléments symboliques (sic) d’une façon qui révèle le regard que Dieu porte sur eux. Ainsi, il est bon d’appliquer le même degré de prudence et de réflexion que pour toute autre activité(…) »(4).

Face à l’objection comme quoi certains univers de JDR seraient une préparation aux pratiques de sorcellerie/occulte, il estime cela « assez improbable, en tous cas pour l’édition actuelle du jeu, car la description des sortilèges se concentre sur leur effet dans le jeu plutôt que sur les actions à accomplir pour les lancer. D’ailleurs, peu de joueurs y prêtent attention et il existe de nombreux palliatifs dans le jeu pour se dispenser d’avoir à s’en inquiéter. C’est un pur mécanisme de jeu, vaguement décoré d’une forme pour les joueurs que cela intéresse – et ils sont peu (…)Quand bien même Donjons et Dragons constituerait dans la forme une préparation à certains cultes païens, peu importe ! Tout jeu, tout art, toute activité humaine peut être tournée, dans la forme, vers autre chose que Dieu, ce n’est pas nouveau. C’est justement notre responsabilité de repenser et racheter ces activités d’une façon qui honore Dieu »(4).

Dans son analyse du jeu de cartes « Magyk », il affirme que « si le but virtuel est uniquement de détruire son adversaire, il faut se souvenir qu’il s’agit d’un jeu, et que l’objectif réel réside dans l’apprentissage des mécanismes (…….) On aurait donc tort de se focaliser sur les aspects de surface (sic) comme la magie ou les références à des « créatures démoniaques », qui ne sont pas faites pour être prises au sérieux. Ces ressorts ludiques peuvent bien sûr avoir un effet sur l’imaginaire du joueur. On peut alors en prendre conscience et rester prudent vis-à-vis de nos désirs. Ce jeu n’est pas mauvais en soi, mais y jouer peut être mauvais pour certaines personnes ». 

Mais est-il possible de recycler un tel matériau magique/de sorcellerie/de l’occulte pour un usage ludique purement « technique », « cool » et « sympa » ? Sauf que ce n’est pas du jeu. C’est tout sauf un jeu. Imagine-t-on un « voyage ludique » à Tchernobyl, en se voulant « rassurant » (l’important étant l’état d’esprit de l’organisateur) ?

L’occulte est l’affirmation comme quoi il y aurait encore des réalités cachées, sauf que c’est chercher la lumière hors de Christ. C’est aussi un goût pour la puissance. A l’inverse, le Dieu de la Bible se présente comme celui qui révèle et qui enlève le voile. Il n’a rien à cacher et il se donne dans la lumière, contre tous les ésotérismes et tous les occultismes. Toute tentative de dire qu’il y a du « caché » sont contradictoires avec l’esprit de l’Evangile.

La sorcellerie est une alliance avec le diable pour recevoir le pouvoir surnaturel de modifier le réel et le naturel, à son profit. Rien n’est plus éloigné des.miracles divins, qui ne sont en rien de la magie. Jésus n’a jamais voulu faire de sorcellerie : il a multiplié les pains mais a refusé de changer des pierres en pain ou de changer la nature des pains d’orge distribués à la foule.

Ceci considéré, il est bon de rappeler ce commandement de Dieu à son peuple dans Deut. 18v9-14, beaucoup plus radical que toutes les tentatives vaines de théoriser/rationnaliser le magique dans le JDR (pour mieux le faire entrer dans le champ du discutable et se donner bonne conscience ?) et comme étant l’une des clés d’entrée dans le pays promis : en effet, pour Dieu, la magie et de l’occulte ne sont même pas « des péchés »……mais des « abominations » !

Avec cet autre commandement radical :  » Vous brûlerez au feu les images taillées de leurs dieux. Tu ne convoiteras point et tu ne prendras point pour toi l’argent et l’or qui sont sur elles, de peur que ces choses ne te deviennent un piège; car elles sont en abomination à l’Eternel, ton Dieu »(Deut.7v25).

Dans le même esprit, Paul, loin de se livrer à des argumentaires compliqués pour essayer de justifier l’usage de la magie dans un jeu, invite le croyant à se positionner tout aussi clairement face à ces pratiques étrangères qui sont devenues non plus des « cultures majoritaires » dans les peuples alentour, mais qui sont déclinées de façon transversale dans les comportements de ceux qui se livrent dans la chair cf Gal.5v19-21 : « On sait bien à quoi conduisent les penchants humains : la débauche, l’impureté et les actions honteuses, le culte des idoles et la magie, l’hostilité, les querelles, les jalousies, les colères, les rivalités, les discordes, les divisions, l’envie, les beuveries, les orgies et bien d’autres choses semblables. Je vous avertis maintenant comme je l’ai déjà fait : les personnes qui agissent ainsi n’auront pas de place dans le règne de Dieu »(7).

Point de vigilance N°6 :

L’inculturation [soit le fait d’adapter l’annonce de l’Évangile dans une culture donnée]est-elle une stratégie payante ?

Dans le monde imaginaire élaboré par Vincent pour son JDR « maison », « il y a un seul dieu créateur/sauveur, mais plusieurs choses que les personnages peuvent choisir comme objet de culte, comme source de sens et d’espoir(sic). Certains cultes concernent des êtres qui n’existent pas. D’autres concernent des créatures qui offrent des avantages en échange de l’allégeance des humains – donc dans un rapport marchand. D’autres encore déifient des créatures qui n’ont rien demandé. D’autres enfin sont plus proches d’une sorte de philosophie qui s’exprime sous des apparences religieuses. Bref, il y a de tout ». « De tout », dont Dieu, « une divinité parmi d’autres » ?

Nous pensons alors à ce que Paul a tenté de faire à Athènes (Actes 17v16-34), en cautionnant le polythéisme et en faisant entrer le Dieu unique par la petite porte. Une stratégie et une tentative de séduction oratoire qui semble avoir été peu heureuse, si l’on en croit les réactions en Actes 17. D’autre part, qui a déjà lu l’épître de Paul aux Athéniens ?

Point de vigilance N° 7 :

Si nous considérons que les Ecritures bibliques nous encourage à rechercher ces deux choses essentielles – la Gloire de Dieu et notre édification (1 Corinthiens 10v31 et Éphésiens 4v29) – nous avons la responsabilité de nous questionner sur l’effet étrange de l’ouverture à certaines pratiques, lequel questionnement passe bien avant notre propre plaisir (ludique ou non). En tant que chrétiens, nous devons réfléchir à qui et à quoi nous nous soumettons. Ainsi, il ne suffit pas de dire que « le JDR est un domaine à racheter » et à replacer sous la seigneurie de Jésus-Christ pour avoir « un JDR selon Dieu ». Il convient d’abord d’interroger notre propre dépendance ou notre besoin même de JDR pour « vivre une vie sain(t)e et équilibrée ».

 

 

Notes :

(1) Voir la démarche du site ici.

(2) Les jeux de rôles : faut-il s’abstenir ? Pourquoi jouer ? Comment jouer ? 

En comparaison, lire le témoignage de trois anciens rôlistes dont le contact avec le jeu de rôles a conduit à plusieurs dérives.

(3) Les jeux de rôles : faut-il s’abstenir ?

(4) Les jeux de rôles : Pourquoi jouer ?

(5) Les jeux de rôles : Comment jouer ?

(6) Voir Analyser un jeu : Magic, l’assemblée.

(7) Lequel Paul souligne implicitement le manque de pertinence des commentaires suivants, publiés le 08 janvier sur la page FB de Visio Mundus, en réaction à cette série d’articles sur le JDR : « En même temps le meurtre, la convoitise, le mensonge font partie de la nature humaine(sic) plus profondément que la magie et l’occultisme. Tous le monde a déjà menti/désiré/ manipulé, mais bien peu de gens ont vraiment mis en œuvre un rituel occulte… »

« L’Affaire Mila » : « vies privées »

« L’affaire Mila » ou le révélateur d’une crise de notre époque, dans laquelle nous vivons l’oubli ou la négation de l’intime….

« L’affaire Mila » – du prénom d’une lycéenne de 16 ans – est révélatrice d’un phénomène inquiétant : après avoir tenu des propos insultants envers la religion musulmane dans une « story » instagram, elle est persécutée et menacée par des milliers de jeunes, des deux sexes, nés en France et de nationalité française. « Outre les insultes et les menaces de mort ou de viol, certains internautes, qui l’ont reconnue, dévoilent son identité, son adresse, celle de son lycée » (1).

« Plusieurs vidéos massivement partagées et commentées sur les réseaux sociaux reprennent les extraits de cette story Instagram (…)Depuis la publication de ces vidéos, plusieurs hashtags ont émergé (#JesuisMila et #JesuispasMila), symbolisant un débat extrêmement polarisé autour de la jeune fille, désormais cible de cyberharcèlement »(2).

Ceci dit, ce qui se vit est également révélateur d’une crise de notre époque, à l’heure où il est normal, banal et « moderne » de s’exprimer « en live » et en public sur les réseaux @sociaux, sans soucis de protéger son identité numérique. Un peu comme si l’on ouvrait la porte de sa chambre à une foule d’inconnus. En effet, Internet, ce n’est pas « privé ». Cette crise est perçue par Marc-Alain Ouaknin, rabbin et docteur en philosophie, comme une « crise de l’intimité ».

Comme il l’explique très bien dans son « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains » (3), nous vivons en effet « l’époque de l’oubli [ou de la négation ?] de l’intime, catégorie essentielle fondatrice de toute société ». Or, poursuit-il, « l’éthique n’est possible qu’à partir de l’existence de l’intime. L’intime de la maison n’est pas fuite du monde et de l’autre, mais la condition même de leur rencontre…. » (Zeugma, p 497).

Selon Ouaknin, le texte biblique est de nature à nous ouvrir de nouvelles perspectives sur cette question de l’intime. Il cite en particulier « cet épisode [de Genèse 9v20 et ss] où, après être sorti de l’arche, Noé (…) plante une vigne et s’énivre de son vin, pour finir dénudé dans l’intimité de sa tente. Un des trois fils, Cham, entre dans la tente et voit son père nu. « Et Cham, le père de Canaan, vit la nudité de son père et il raconta à ses deux frères à l’extérieur »[v22]. Des commentateurs estiment que « ce texte suggère (….) que la faute de Cham n’est pas d’avoir vu la nudité de son père, mais de n’avoir regardé que cette nudité et de l’avoir racontée à ses frères » (op .cit., p 499). Dès la sortie de l’arche, le langage est perverti dans son utilisation par Cham qui entre dans le monde de la médisance. Et, souligne Marc-Alain Ouaknin, « médire, ce n’est pas mentir, mais réduire la complexité d’une situation ou d’un être à une seule dimension. La médisance réduit la conscience que l’on peut avoir de la complexité d’autrui en le réduisant à une seule de ses fonctions, en n’en voyant qu’un point sans le mettre en relation avec les autres, sans prendre en considération les interactions, les liens et les marges (…). Cham est dans une pulsion qui transforme son voir en parole sans attendre que son père puisse prendre la parole, dire quelque chose, expliquer, s’expliquer. Cham est dans l’aussitôt. Il voit et aussitôt se met à parler sans laisser à son père le temps d’une parole, d’un commentaire, et sans se laisser à lui-même la possibilité d’élaborer un discours, une raison, un logos. Il ne se fait pas accueil pour une parole (…). Aucune parole ne peut résider chez lui, en lui. Il est sans intériorité et ne comprend ni ne respecte l’intériorité de l’autre, ici son père. Il raconte à ses frères qui sont à l’extérieur. Sa bouche est toujours tournée vers cette extériorité sans retenue, ce que l’hébreu nomme l’insolence, houtspa, mot qui veut dire littéralement « extérieur-bouche ».

La médisance, c’est nier chez l’autre le droit à l’intime et chez soi l’existence de cet intime, lieu d’un temps de maturation d’une parole qui pourra être dite ou retenue. Et en niant le droit de l’autre à l’intime, c’est le réduire à son dévoilement, son apocalypse [« révélation » et non « catastrophe »], sans lui donner le temps de retrouver son for intérieur dans lequel il pourrait se ressaisir et élaborer une parole d’explication et de transmission. Médire, c’est ne pas respecter la part de mystère qui est à l’origine de toute créature.

Cham maudit son père et est maudit en retour, comme s’il se maudissait lui-même. Pris dans l’émotion produite par la nudité de son père, aucune place n’est donnée au discours et aux commentaires qui auraient pu être faits. Une forme de ressenti obstrue la possibilité d’une pensée rationnelle et devient fondement du non-entendement, de la pulsion et de l’intolérance ».(op.cit., pp 500-501)

Le propre de cette génération, piégée par des polarisations extrêmement violentes ?

Face aux deux écueils d’une vie marquée par la démesure (la croyance dans le mythe moderne du « tout est possible »), et d’une vie marquée par la seule nécessité, conduisant au déterminisme et au fatalisme, il est heureusement permis d’espérer.

Marc-Alain Ouaknin, dans son commentaire de cet épisode biblique, rappelle que « Shem et Yafet, les deux autres frères, vont à la fois réparer la faute de Cham » et rendre possible « une éthique de la juste parole (4), du bien dire, (c’est-à-dire), de la bénédiction. Ils font réparation de la médisance, réparation qui sera ritualisée plus loin dans le texte biblique dans le rituel de guérison [et purification] du lépreux [l’ostracisé de l’époque, cf Lévitique 14].

Le bien dire de la bénédiction consiste tout d’abord à rétablir l’intime de l’autre. C’est ainsi que les frères prennent une couverture [qui est autre que les « couvertures médiatiques »] qu’ils posent sur leurs épaules pour la déposer sur le corps de leur père en marchant en arrière, sans regarder sa nudité. » (op.cit., p 502)

« (Car j’étais) nu, et vous m’avez vêtu (…) Alors les justes lui répondront : “Seigneur (….) quand nous est-il arrivé de te voir (…) nu et de te vêtir ? Et le roi leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! » (Matt.25v36, 38, 40)

« Vêtir ceux qui sont nus », telle est la réponse à cette nouvelle « théoulogie » [de : « t’es où ? »] qui promet, de façon illusoire, un monde sans vie privée. Sans doute l’un des plus grands dangers qui nous menace, à l’instar des déluges contemporains médiatiques.

 

Aller plus loin : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/12/15/limitation-de-jesus-christ-veiller-a-son-intimite/ et https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/09/20/le-pseudonymat-nest-pas-un-anonymat/

 

 

Notes :

(1) Le déroulé de l’histoire : https://www.lci.fr/justice/jesuismila-menacee-de-mort-et-de-viol-pour-avoir-insulte-l-islam-sur-instagram-mila-16-ans-porte-plainte-2143516.html

(2) https://www.liberation.fr/checknews/2020/01/22/mila-une-jeune-femme-de-16-ans-a-t-elle-ete-exfiltree-de-son-lycee-par-la-police-suite-a-une-video-a_1774539

(3) Seuil, 2008 et en édition de poche chez « Points seuil », 2013. Voir notre article sur l’ouvrage.

(4) Bénir, c’est effectivement dire du bien de quelqu’un, mais pas dans le sens de quelque chose que nous trouverions « sympa » ou « cool ». C’est tout simplement dire une chose que Dieu a déclaré bonne : c’est ainsi que cette chose est juste et vraie. D’autre part, bénir, c’est aussi se mobiliser pour que ce bien énoncé par la parole devienne une réalité.

 

 

Deux albums (sinon rien) pour parler du deuil et du pardon

Peut-on espérer une nouvelle vie quand tout est brisé ?

Voici deux albums récents, reçus en service presse de la part de BLF éditions, que je remercie, pour nous parler de deux sujets sensibles et essentiels : « Plus jamais d’au-revoir » de Lauren Chandler (l’épreuve face à la maladie et le deuil suite au « départ » d’un proche) et « l’ami qui pardonne » de Dan Dewitt (le pardon de ce qui semble impardonnable et la restauration de relations brisées) – mon préféré. Tous deux superbement illustrés par Catalina Echeverri, dont j’ai aussi apprécié les partis pris graphiques.

« Plus jamais d’au revoir » ou l’espérance d’une vie où l’on dira « au revoir » à tous les « au revoir »….

Le premier album raconte « la vraie histoire », tirée de l’évangile selon Jean, de ce que n’a pas fait et a fait Jésus, lorsqu’il a appris que son ami Lazare est mort des suites d’une maladie.
Le second album raconte une autre « histoire vraie », également tirée des évangiles (Notamment Marc 14, Jean 18 et 21). « L’ami qui pardonne », c’est Jésus. Celui qui a eu besoin de son pardon est Simon Pierre, qui a fait semblant, par trois fois, de ne pas le connaître. Pourtant, il s’était déclaré ami de Jésus, prêt à mourir pour lui et jurant de ne jamais le laisser tomber.

Mais, par-delà ces sujets éternels, ces lectures sont autant d’occasions d’apprendre aux plus jeunes que ces « histoires vraies » ne sont pas uniquement des « histoires » (même « vraies »). Ce qui nous est raconté est toujours actuel. Il nous est ainsi possible d’espérer en une nouvelle vie et un avenir, surtout quand nous pensons que « tout est fini », et d’avoir toute confiance en Celui qui est la source de notre espérance.

Jésus est cet ami fidèle et fiable, qui nous pardonne.

Jésus est en effet ici présenté comme un ami, compatissant et consolateur, lorsque nous sommes dans le deuil, suite au « départ » d’un proche. Il est aussi celui qui nous aime, toujours fidèle et digne de confiance – alors que nous sommes pas du tout fiables et dignes de confiance – nous relevant (plutôt que de nous ‘ »enfoncer ») « encore, encore et encore » quand nous tombons « encore, encore et encore ».

Deux beaux albums touchants et parfois drôles, d’une grande portée théologique, et facilitant l’échange sur des sujets difficiles pour des enfants, comme pour des adultes. A découvrir et à faire découvrir, en guise de témoignage que Celui en qui nous mettons notre confiance fait « toutes choses nouvelles » (Apoc.21v5) !

 

En bref : 

« Plus jamais d’au revoir. Jésus, Lazare et la tombe vide : la vraie histoire », de Lauren Chandler. Illustrations de Catalina Echeverri. Blf éditions, 2019.

« L’Ami qui pardonne. Pierre a mal agi et Jésus lui a pardonné : la vraie histoire », de Dan Dewitt. Illustrations de Catalina Echeverri. Blf éditions, 2019.

 

Le 1er janvier 2020 : un jour comme les autres

Encourageons-nous à ne pas trop parler en ce 1er janvier ( Source : Pixabay)

Chers lecteurs, nous sommes aujourd’hui le 1er janvier 2020. Lequel 1er janvier (à l’instar des autres jours de l’année) ne nous donne aucun pouvoir surnaturel en soi.

Dès lors, amis chrétiens, essayons donc de ne pas trop parler devant Dieu à l’occasion du changement d’année.

« Ne te rends pas à la légère dans la maison de Dieu. Vas-y avec l’intention d’écouter. Cela vaut mieux que d’offrir le sacrifice des gens stupides qui ne comprennent pas qu’ils agissent mal ». (Eccl.4v17) et « Devant Dieu, ne te presse pas de parler, ne te hâte pas d’énoncer une parole ; Dieu est dans les cieux et toi, tu es sur la terre. Mesure donc tes paroles. En effet, plus on a de soucis, plus on rêve ; et plus on parle, plus on dit de sottises. Si tu fais une promesse à Dieu, accomplis-la sans retard, car Dieu n’aime pas ceux qui agissent sans réfléchir. C’est pourquoi tiens ce que tu promets. Il vaut mieux ne pas promettre que de promettre sans tenir parole. Évite de te rendre coupable par tes propos. Ne dis pas au prêtre : « C’est une erreur. » Autrement, Dieu s’irritera à cause de tes paroles et détruira ce que tu entreprends. Les paroles abondantes sont aussi vaines que les rêves en grand nombre. Reconnais donc l’autorité Dieu ». (Eccl.5v1-6).

Le mieux que je puisse nous souhaiter, à nous qui sommes « en Christ » (cf Eph.1) et nous reconnaissons parmi ceux qui Lui appartiennent (Jean 17v6, 9, 24), est de sortir des crispations identitaires et postures clivantes, pour mieux vivre cette prière de Notre Seigneur, avec pour seul soucis (qui est aussi celui de Dieu) de le rendre visible auprès de ceux qui ne lui n’appartiennent pas encore. De sorte que ceux qui nous rencontrent ne nous rencontrent pas nous, mais plutôt fassent une réelle rencontre avec Jésus-Christ, « le Dieu véritable et la vie éternelle » (1 Jean 5v20), et « le Prince de la paix » (Es.9v5).

Pour vous, lecteurs, qui n’appartenez pas encore à Jésus-Christ, Celui-ci ne prie pas seulement pour les siens, mais aussi pour ceux qui croiront en Lui grâce à ce que les siens diront de Lui (Jean 17v20).

C’est aussi notre prière et le but de ce blogue : que ceux qui connaissent pas Jésus-Christ viennent à Lui, que ceux qui se sont éloignés de Jésus-Christ reviennent à Lui, et que ceux qui sont en Christ demeurent en Lui. Et, globalement, que tous le Suivent. En Lui se manifeste cette promesse : « voici, je fais toutes choses nouvelles » (Apoc.21v5)

Quels sont les plaisirs défendus ?

« Il semble préférable de poser quelques principes motivant le renoncement à certains plaisirs »….(Source image : public domain pictures)

“Tout m’est permis, dites-vous, mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis, mais je ne me laisserai pas asservir par quoi que ce soit” (1 Cor.6v12)

“Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile ; tout est permis, mais tout n’édifie pas” (1 Cor.10v23)

 

Vous me demandez : « Quels sont les plaisirs interdits ? »

Que faut-il que je vous réponde ? Qui peut le faire ? Si l’on faisait une liste des plaisirs interdits, n’y figureraient pas le roman infect publié demain ni le spectacle malsain affiché dans quelques semaines !

C’est pourquoi, il semble préférable de poser quelques principes motivant le renoncement à certains plaisirs. Un chrétien doit se priver des plaisirs qui peuvent :

  • Altérer l’intégrité de sa conscience,
  • Arrêter sa croissance spirituelle,
  • Fausser son jugement ou sa raison,
  • Souiller son imagination,
  • Altérer sa santé et ses facultés intellectuelles ou manuelles,
  • Donner une fausse notion des devoirs conjugaux,
  • Prendre du temps inutilement,
  • Utiliser vainement de l’argent…

Vous-mêmes dites que vous constatez avec douleur la dislocation de bien des familles à cause des plaisirs de ce monde (….)

C’est pourquoi, ne vous accordez que les plaisirs auxquels Jésus puisse s’associer !

D’ailleurs, la barrière entre ce qui vous est « permis » et ce qui vous est « défendu » est le respect que vous vous devez à vous-même, en tant que Temple du Saint-Esprit.

(D’après “Quels sont les plaisirs défendus” de Ruben Torrey IN “Une année de grâce” : pensées journalières, de Louis-Michel Fillatre. Editions du Cèdre, 2016, p 391)