La théologie pour les nuls : comment, pour le chrétien, jouer (et pas qu’aux jeux vidéo !) « pour la gloire de Dieu » ?

« Trop souvent, nous prêtons attention au jeu vidéo, mais pas du tout au jeu lui-même ». Et jouer est très naturel à l’être humain, puisque Dieu est lui-même joueur. Source : Pexels

Le jeu vidéo peut-il être « à la gloire de Dieu » ?

Sous ce titre faussement provocateur – car après tout, l’apôtre Paul ne nous dit-il pas que tout ce qu’on fait doit être pour la gloire de Dieu (1 Co 10.31) ? Pascal et Guillaume discutent avec Benjamin, ancien accro aux JV, de cet éternel sujet dans cette émission « Coram Deo » : « est-il possible de jouer à des jeux vidéo pour la gloire de Dieu? »

Voici les questions explorées lors de cette émission:

  1. La Bible a-t-elle quelque chose à dire sur un sujet aussi « moderne » ?
  2. D’emblée, un jeu vidéo peut-il être perçu positivement au regard des données bibliques ?
  3. Quels sont les bénéfices et les dangers avec ce divertissement?
  4. Quels principes peuvent nous guider dans l’analyse des jeux vidéo que nous pouvons ou non tolérer ?
  5. Quels conseils peut-on offrir aux parents chrétiens quant à l’usage de jeux vidéo par leurs enfants?
  6. Quels sont vos jeux vidéo favoris?

Ceci dit, pour ne pas paraphraser l’un des animateurs [« la question est mal posée »], cette obsession du « jeu vidéo à la gloire de Dieu » semble occulter un enjeu autrement plus fondamental encore.

Etienne [marié et jeune papa, blogueur – « Phileo-sophia » et « Par la foi »], à qui j’ai demandé son point de vue sur la question, estime que « ce qui est vraiment critiquable chez les jeux vidéo en fin de compte, ce sont les écrans et leur consommation, leur omniprésence. C’est là le vrai locus ». Et il va plus loin en soulignant que « trop souvent on prête attention au jeu vidéo, mais, curieusement, pas du tout au jeu lui-même. Or, le principe d’un jeu, c’est de mettre en place un espace et un temps où l’on peut faire et être tout ce qu’on veut. Personne ne s’est jamais offusqué que l’on devienne généralissime universel mégalomane dans le jeu de Risk, ni que je sacrifie des millions de troupes et de civils. On ne se scandalise pas non plus qu’une reine soit égorgée par un cavalier dans le jeu d’échec [pas plus de ruiner tout ou partie de ses adversaires, le temps d’un Monopoly]… C’est la nature même du jeu que de se projeter/construire une réalité alternative, parfois éthiquement douteuse, comme le jeu du gendarme et du voleur, ou du loup, [le Monopoly] ou le Risk.  Ce n’est pas illégal de jeter quelqu’un par terre au rugby ou de frapper avec une barre de 1 kg à l’escrime. Je ne sais pas exactement pourquoi il n’y a pas de mal à jouer le mal, mais cela doit être liée à la nature du Jeu.

Or, jouer est très naturel à l’être humain, puisque Dieu est lui-même « joueur » [Il a ainsi créé « les baleines et les dauphins » pour « jouer avec eux » cf Ps.104v26]. Mais le plus bel exemple de jeu dans toute l’Ecriture Sainte se trouve dans le livre des Proverbes, au chant de la sagesse, où la sagesse elle-même dit avoir été aux côtés de Dieu pendant la création : « Je fus maître d’œuvre à son côté, objet de ses délices chaque jour, jouant en sa présence en tout temps, jouant dans son univers terrestre ; et je trouve mes délices parmi les hommes » (Prov.8v30-31) ».

En somme, la fabrication fondamentale de l’univers s’est accompagnée d’une sagesse souriante. Le renfrogné, le savant qui ne rit pas [et qui ne joue pas], ne peut découvrir, ni imaginer le monde.

Joseph [23 ans, qui invite à « vivre sa jeunesse autrement »] également sollicité, n’a pas « un avis tranché » sur les jeux vidéo, bien qu’il en a été « un ancien adepte. A l’instar d’Etienne, il nous invite à nous « interroger plus globalement sur le divertissement », au-delà des problèmes liés la violence, l’addiction…

« Blaise Pascal l’a fait avant nous », explique-t-il. « Il ne faut pas que ce divertissement devienne une échappatoire de la réalité. On parle des jeux vidéo, mais aussi des séries TV, films qui peuvent facilement manger du temps…Après si on peut souligner les aspects positifs du divertissement, je pense que c’est un besoin humain, nous ne sommes pas que bons pour travailler. Puis, quand nous sommes adolescents, notamment, c’est un moyen de se socialiser à une culture / un univers. Ces protagonistes deviennent des « compagnons » du quotidien, on en parle avec nos amis, ça devient des références partagées. Encore récemment, j’ai été ému de la fin d’une série (12 saisons) que je suis depuis que je suis au collège. J’ai l’impression d’avoir grandi avec eux ! L’enjeu, il me semble, c’est d’avoir le discernement pour choisir nos divertissements : ce qui va nous édifier et non nous souiller, ce qui va nous stimuler et non nous léthargiser. D’où l’importance pour les chrétiens d’amener la culture du Royaume dans la culture séculière, d’investir les industries culturelles. 

Avec mes nièces et neveux, au-delà de les protéger de contenus inappropriés (ce qu’il faut faire), j’essaye de stimuler leur autonomie, leur habilité à discerner par eux-mêmes. On ne pourra pas les protéger à 100%. Ils doivent être armés 🙂 Et en même temps, ma démarche, c’est de ne pas les empêcher de connaitre les références culturelles partagées par leurs pairs, mais de les accompagner – visionner avec eux, écouter avec eux… – pour avoir la vigilance nécessaire, et réajuster si besoin ».

Etienne et Joseph, merci à vous deux !

En résumé, et sous l’éclairage des réflexions précédentes, l’enjeu du jeu me paraît être de savoir :

1) Si cette pratique est vraiment utile, et utile pour « la gloire de Dieu ». La gloire de Dieu, c’est Dieu tel qu’il est en vérité. Glorifier Dieu, c’est montrer/donner à voir Dieu dans sa vérité et dans sa réalité. Aussi curieux que cela puisse paraître, nous pouvons donc donner à voir Dieu en jouant ! En d’autre terme, notre façon de jouer contribue-t-elle à l’accomplissement du dessein de Dieu en Jésus-Christ dans ce monde ? Ce n’est pas un privilège mais un pouvoir assorti d’une très grande responsabilité.

Notons encore que Dieu ne glorifie jamais l’homme et qu’il « ne donne » d’ailleurs « pas sa gloire à un autre » (que lui). Cependant, quand il glorifie Jésus, il ne fait que manifester qui est Jésus en vérité (cf Hébr.2Jean 12v28 et Jean 17v1)

Il n’y a pas de règle unique, mais une vocation exceptionnelle pour chacun, pour reprendre une expression de Jacques Ellul : dans certains cas, ce sera jouer qui sera à la gloire de Dieu ; dans d’autres situations, ce sera ne pas jouer qui sera à la gloire de Dieu. Il nous faut faire preuve de discernement à ce sujet.

Voici encore cet autre enjeu (« qui lui est semblable » ?) :

2) « que tout se fasse pour l’édification » : ma propre édification ou l’édification mutuelle, soit privilégier, avant mon propre plaisir, ce qui me construit ou construit l’autre, ce qui m’aide ou aide l’autre à grandir…

Un autre élément à garder à l’esprit : ne pas redevenir esclave ou ne pas (se) replacer sous un joug d’esclavage cf 1 Cor 6v12, 7v23, et Gal.5v1, ce qui exclue les rapports de domination et d’infantilisation dans un jeu [Ex : l’on peut dire : « on se marre bien avec X ». Sauf si « X » ne rigole pas, lui…]

L’en-jeu est de taille ! Alors, au-delà de la théologie du jeu, à quand une véritable théologie de la liberté en Christ, face à la société de la dépendance, celle qui nous rend accro à des jouets superflus pour mieux nous empêcher de réfléchir par nous-mêmes ?

Et vous ? Qu’en dites-vous ?

Exercices spirituels

« Seuls ensemble » ou quand, dans un nouveau régime connecté, une gare, un café, un parc (ou une église ?) n’est plus un espace commun, mais un endroit où les gens sont rassemblés mais s’ignorent….

« Quand je me réveille, avant toute chose je consulte mes mails. avant de dormir, je les lis une dernière fois. J’ai fini par me rendre compte que prendre connaissance de nouveaux problèmes et impératifs professionnels n’était pas la meilleure façon de commencer la journée, ni d’ailleurs de la finir. Mais je n’ai pas changé mes habitudes pour autant, même si celles-ci ne me conviennent pas », nous partage l’anthropologue Sherry Turkle dans « Seuls ensemble » (1)

Cette dernière « fait (alors) part de (son) irritation grandissante à une amie, une femme de soixante-dix qui médite chaque matin sur un passage de la Bible, une habitude prise lorsqu’elle était adolescente.  Cette amie m’avoua qu’il lui était de plus en plus difficile de commencer ses exercices spirituels avant d’avoir regardé ses mails. Pour elle, le fait de repousser le moment de consulter sa boîte de réception faisait désormais partie intégrante de son acte de piété (2). et comme moi, elle perdait le sommeil en lisant ses mails chaque soir avant de se coucher »

Un peu plus loin, dans le même ouvrage, Sherry Turkle souligne que « nous avons l’impression d’être des versions améliorées de nous-mêmes lorsque nous sommes en ligne. Ceci fait écho aux moments où quelque chose de plus se passe avec les robots [dits « sociaux »]. Mais dans les deux cas, ces moments superlatifs peuvent nous laisser avec des vies appauvries. Les robots et la connectivité (…)représentent deux chemins possibles vers une forme de retrait relationnel. Avec les robots sociaux, nous sommes seuls, mais nous recevons des signaux qui nous disent que nous sommes avec autrui. En réseau, nous sommes avec autrui, mais nous attendons si peu des autres que nous pouvons finir par nous sentir complètement seuls. Et nous courons le risque de considérer à terme autrui comme un simple objet auquel on accède, juste pour y trouver ce qui semble utile ; du réconfort ou du divertissement »(3).

Aïe ! C’est ce qui me motiverait dans mes « temps d’intimité avec Dieu » ?

 

 

Notes :

(1) Turkle, Sherry. « Seuls ensemble : de plus en plus de technologies, de moins en moins de relations humaines ». Editions L’Echappée, 2015, pp 243-244. Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes (et vraies) librairies.

(2) A noter qu’il est aussi prévu, dans la Bible, un jour de cessation en fin de semaine, le Shabbat. Institué pour commémorer la sortie d’Egypte, où les Israélites, esclaves, ne s’arrêtaient jamais, le Shabbat est un bien collectif et la propriété commune de tous ceux qui partagent la vie commune. La « cessation » s’étend donc à tous les proches – « fils, fille, serviteur, servante », et même animaux domestiques jusqu’à « l’émigré » admis dans la communauté nationale – – aujourd’hui, l’on pourrait intégrer nos ordinateurs et téléphones portables, en les éteignant –  afin que l’un et l’autre puissent se reposer aussi.

(3) Turkle, Sherry. op. cit., p 244.

Dites : « nous sommes des serviteurs inutiles » Ou quand Jésus n’est (décidément pas) un « coach en développement personnel »

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d’aujourd’hui lui oseront-ils lui demander de leur apprendre à Le suivre ?
(Source : convergence bolcho-catholiques)

« Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites: ‘Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire.» (Luc 17v7-10)

« Comment vous sentez-vous après l’écoute d’une telle phrase ? » nous interpelle Michel Block, dans sa prédication pour le forum des Attestants (1) du 02 février 2019. « Pour commencer la journée, on pourrait imaginer quelque chose de plus dynamisant ! En voilà une punchline pour se sentir en forme dans les 24 prochaines heures ! Je ne sais pas si ce verset est souvent utilisé sur les applications qui vous donnent un verset par jour : « Commence bien la journée avec Jésus ! »

Cela nous permet de nous rappeler que contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent de nos jours, Jésus n’est pas « un coach en développement personnel ». Dieu n’a pas envoyé son fils pour que nous puissions exprimer à travers la mise en pratique de ses enseignements tout le potentiel que nous avons au fond de nous et qui ne fait que sommeiller…(1)

Il est effectivement fondamental, pour un chrétien, de se souvenir à quel point Jésus-Christ n’est pas « un coach en développement personnel ». Mais qu’est-ce que le développement personnel ?

Egalement appelé « épanouissement personnel » ou « croissance personnelle », le développement personnel est un ensemble de pratiques ayant pour finalité la redécouverte de soi pour mieux vivre, s’épanouir dans les différents domaines de l’existence, réaliser son potentiel, etc. Il n’existe pas une méthode unique de développement personnel, mais une multitude d’approches et de pratiques, telles que la caractériologie, la programmation neuro-linguistique (PNL), l’ennéagramme, qui se veut être un modèle de description des différents types de personnalités humaines.

Mais comme son nom l’indique, « le développement personnel n’inclut pas la dimension spirituelle de l’individu, puisqu’il s’intéresse uniquement à sa dimension psychologique. Or la Bible nous dit que l’humain existe et trouve le sens de sa vie aussi par la relation qu’il entretient (ou pas) avec son Père qui est dans les cieux (Dieu), et pas seulement au travers de la relation qu’il entretient avec lui-même ou avec les autres. [Le développement personnel] n’aborde pas cette question, ce n’est pas son problème. Mais si sa pratique revient à faire penser à l’individu qu’il peut tout résoudre seul, sans avoir [vraiment] besoin de Dieu [puisqu’il a tout en sommeil en lui], alors en tant que croyants c’est là qu’il peut y avoir un souci pour nous… »(3).

A ce stade, je pense à cette parabole du rabbin Abraham Twerski sur le véritable amour, rapportée par Joseph Gotte sur son blogue(4) : « Jeune homme, pourquoi manges-tu ce poisson? demande un rabbin. Parce que j’aime le poisson ! répond le jeune homme. — Oh, rétorque le rabbin. Tu aimes le poisson. C’est pour cela que tu l’as sorti de l’eau, que tu l’as tué et que tu l’as bouilli ? Ne me dis pas que tu aimes le poisson. Tu t’aimes toi-même, et parce que tu apprécies le goût du poisson, tu l’as sorti de l’eau, tu l’as tué et tu l’as bouilli (…) Tant de ce que nous appelons “amour” est en réalité de “l’amour du poisson”. […] Chacun regarde à ses propres besoins. Ce n’est pas de l’amour pour l’autre. L’autre devient juste un prétexte pour sa propre satisfaction. […] Le véritable amour n’est pas à propos de ce que tu obtiens, mais à propos de ce que tu donnes. »

C’est ainsi que la prière ou notre « temps d’intimité avec Dieu » ne saurait être détourné de sa raison d’être et réduit en prétexte pour notre seule satisfaction personnelle : en effet, le but de la prière n’est pas, mais alors vraiment pas, que « cela nous apporte quelque chose » ! Moment d’intimité avec Dieu, la prière est portée par le Saint-Esprit et centrée vers Dieu. Mais lorsque la prière est tellement centrée sur celui qui prie que le partenaire (Dieu) ne compte plus, alors ce n’est plus une prière, mais du narcissisme ou « l’amour du poisson » ! Ce n’est plus tellement différent d’un temps de méditation personnelle destinée « à se faire du bien ».

Bref, en lieu et place de « développement personnel », Jésus est plutôt venu pour nous sauver : de l’esclavage, de la mort, des ruptures et même…de nous-même ! (5)

 

Inspi lecture : les miettes philosophiques, de Søren Kierkegaard (1813-1855). Editions du Seuil, 1967. Préface de Paul Petit.

Une méditation profonde (mais pas toujours aisée) du penseur danois sur la question du « devenir chrétien », à travers une étonnante réflexion sur le rapport maître-disciple qui devrait intéresser n’importe quel enseignant ou pédagogue.

L’idée centrale de cet ouvrage paru en 1844 est de montrer la différence de nature entre la vérité selon les Grecs et la vérité chrétienne.

Dans la première conception, celle des Grecs (Socrate), tout l’art et l’effort du Maître consistent à faire découvrir une vérité déjà là, préexistante. Il joue un rôle d’accoucheur, en aidant le disciple à prendre conscience, à se ressouvenir de ce qui est déjà en lui.

Dans la tradition chrétienne de la vérité, au contraire, le Maître fait entrer la vérité dans le cœur du disciple. Cette vérité reçue et accueillie confère le salut, et l’homme devient une « nouvelle créature ». Le Maître est un père qui enseigne et transmet la vérité à des fils. Et ceux-ci ont avec lui un lien personnel de reconnaissance et d’amour.

 

Notes :

(1) La suite ici. Mon article sur cet événement auquel j’avais participé à l’époque.

(2) Le 09 janvier 2015, je publiais à ce sujet La parabole du « serviteur inutile » : une réponse « révolutionnaire » à l’esprit « utilitariste et comptable », avec le concours de plusieurs contributeurs : qu’ils en soient à nouveau remerciés !

(3) Voir cette réponse à une question sur « 1001 questions ».

(4) A lire ici.

(5) « Dieu nous sauve de nous-mêmes », 4ème épisode de la série d’articles « Dieu nous sauve… » de Gilles Boucomont. A lire sur son blogue « Au Nom de Jésus ».

 

 

 

 

 

« Info-divertissement » ou « piège à clics » : des dangers de la « konbinisation » de l’information pour les jeunes (et les moins jeunes)

Comment éviter le piège et la tentation du « buzz » et de « l’attrape-clics » ? Source : Les Décodeurs du Monde.

« Usiner » en quelques minutes des articles insolites sur le dernier sujet qui agite les réseaux sociaux, y glisser des références flatteuses aux annonceurs publicitaires, saupoudrer l’ensemble de vidéos amusantes qui feront le tour d’Internet : la recette a porté à des sommets l’audience des « pure players » d’ »info-divertissement » [ou « d’infotainement »] entièrement dépendants de la publicité : Melty, Konbini ou encore BuzzFeed. La presse traditionnelle porte sur ces jeunes concurrents un regard ambivalent fait de mépris pour un journalisme ouvertement bâclé et de fascination pour le nombre de visites qu’il génère.

Je pense à certains médias chrétiens évangéliques francophones, qui me paraissent  surfer » sur cette mode : du site agrégateur de contenus, dit d' »actus (pas vraiment) chrétiennes » – assurément polémique, avec un style « humour cool gras », cynique et vulgaire – au (plus sympathique mais peu convaincant) blogue « lifestyle de jeunes chrétiens » – revendiquant un langage « djeun » , sous couvert de « parler cash », où l’on retrouve les « mots magiques « (en franglais dans le texte) : « challenger », « fun », « la life » « power… »…….

Sophie Eustache et Jessica Trochet nous livrent leur enquête sur ces « pièges à clic » dans un article disponible en accès libre sur Le Monde diplomatique, tandis que Sami Joutet, rédacteur à Topo [média étudiant suisse de l’université de Genève] « braque le projecteur » sur le phénomène d’une information « konbinisée » visant les « millenials » ou les 15-30 ans.

Au cœur du problème, le fait que le modèle économique soit à la base de la création de contenu. Dans quels domaines et jusqu’à quel stade l’efficience économique peut-elle affecter la création de contenu ? Comment choisit-on les sujets et la manière dont on va les traiter dans cette rédaction d’un nouveau genre ?

Comment peut-on espérer être en capacité de questionner et repenser un monde toujours plus complexe lorsque l’information se simplifie et que le langage s’appauvrit ? Est-il judicieux de laisser à des publicitaires et à des algorithmes la tâche élémentaire d’informer et d’élever intellectuellement toute une génération ?

Sans oublier « l’envers du décor acidulé », derrière lequel se cache un univers de forçats, avec un système reposant sur des auto-entrepreneurs précaires, et rappellant celui des cueilleurs saisonniers payés au kilo….

 

A lire « De l’information au piège à clics », par Sophie Eustache & Jessica Trochet. Le Monde diplomatique, août 2017 et « Quels dangers d’une information « Konbinisée » pour les jeunes ? » Par Sami Joutet. Topo, 14 février 2020.

« The sound of Silence » Feat. The Maccabeats

La célèbre chanson de Simon et Garfunkel (1964), sur l’incapacité des gens à communiquer entre eux, est ici revisitée de manière inattendue par le groupe « The Maccabeats »[groupe de jeunes chanteurs juifs américains, de milieu universitaire], pour nous inviter à marquer un arrêt – c’est le sens du mot shabbat.

La deuxième chanson qui suit, à partir de 3’21 », est « Lekha Dodi » (version chantée par le même groupe ici), un des hymnes les plus populaires de la liturgie juive, pour « accueillir le shabbat ».

Méditation biblique :

Apoc.2v19 : « Je connais tout ce que tu fais, ton amour, ta foi, les services que tu rends et ta patience, et maintenant, tu fais encore plus de choses qu’au début ».

Psaume 46v11 : « arrêtez et reconnaissez que je suis Dieu »

Zach.2v17 : « Que chacun fasse silence en présence du Seigneur ! »

Comment ces versets font-ils écho en vous ?

Deut.5v12-15 rappelle que le Shabbat, jour de cessation, a été institué pour commémorer la sortie d’Egypte, où les Israélites, esclaves, ne s’arrêtaient jamais. Le Shabbat est aussi un bien commun, puisque la « cessation » s’étend à tous les proches – « fils, fille, serviteur, servante », et même animaux domestiques jusqu’à « l’émigré » admis dans la communauté nationale –  afin que l’un et l’autre puissent se reposer aussi.

Alors, « Shabbat shalom » !

Souffrance intérieure du chrétien : « Jusques à quand ? »

Une réflexion rafraîchissante et édifiante sur le phénomène de la souffrance du chrétien

Une recension du livre de Pascal Denault : Le côté obscur de la vie chrétienne : Les doutes de la foi, la dépression de l’âme et le manque de croissance spirituelle, par mon frère Pierre-Louis. Qu’il soit remercié pour ce partage, comme je remercie BLF éditions de m’avoir gracieusement envoyé l’ouvrage en « service presse » !

La vie en Christ n’est pas toujours rose !

Au Psaume 13, la Bible illustre un phénomène que tout converti expérimente – tôt mieux que tard – lorsqu’il décide de faire de Christ son Chemin. David s’écria lui-même : « Jusques à quand, Eternel ! m’oublieras-tu sans cesse ? ». Bienheureusement, son psaume termine en allégresse, et l’Eternel ne laisse pas David sans réponse à ses doutes profonds.

Dans son ouvrage Le côté obscur de la vie chrétienne : Les doutes de la foi, la dépression de l’âme et le manque de croissance spirituelle, publié aux Editions Cruciforme, Pascal Denault, pasteur de l’Eglise évangélique de Saint-Jérôme au Québec [et par ailleurs « hérault dans le net »], accompagne le disciple de Christ – lui-même étant appelé à « faire des disciples » – dans une réflexion rafraîchissante et édifiante, autour des trois problèmes éponymes cités en titre, et plus largement sur le phénomène de la souffrance du chrétien.

Cet ouvrage amène le lecteur, sur la base d’une lecture méditative et d’une étude approfondie des Ecritures, à fonder et étayer sa pensée et s’outiller spirituellement et pratiquement pour traiter de manière appropriée la souffrance d’une âme non-encore parvenue à son complet renouvellement. Les problématiques-clés qui sont mises en avant ne le sont pas par le fruit du hasard, elles sont bien souvent des échardes douloureuses, tant pour ceux qui les expérimentent que pour les pasteurs et leaders chargés de soigner les âmes dans l’Eglise.

Levons le voile.

 

  1. « Je ne suis pas certain d’être sauvé. »

Le psaume 88 est un passage de choix pour présenter ce premier « dénominateur commun » des souffrances dans l’âme du chrétien. L’auteur y expose tout d’abord la différence entre le salut – un fait accompli à la croix de Jésus-Christ au bénéfice de celui qui met sa foi en Lui – et l’assurance du salut – aptitude spirituelle qui se travaille et grâce à laquelle le chrétien trouvera progressivement la sécurité de son âme.

Ainsi, l’auteur nous met face à deux aspects du salut :

  • Ce pour quoi nous sommes inutiles, c’est ce que Jésus-Christ a accompli une fois pour toute. En souffrant la croix, il a reçu à notre place le châtiment qui nous était réservé depuis le péché d’Adam.
  • Ce dont nous avons la responsabilité pour le bien de notre âme et pour le témoignage de l’Esprit en et au travers de nous, c’est de nous approprier subjectivement l’œuvre de Jésus-Christ. Concrêtement et sous forme interrogative : « Ma foi est-elle fondée et solidement ancrée dans l’œuvre que Christ a accompli à ma place sur la croix pour la rémission de tous mes péchés ? » « Est-ce que je vis ou bien est-ce que c’est Christ qui vit en moi ? » « Ai-je bien reçu le Saint Esprit et quel est son témoignage en moi ? »

A mon sens, le lecteur est ramené dans cette première partie à « ce dont il a toujours eu et aura besoin », l’Evangile de Jésus-Christ. Cet Evangile soutient la foi, guérit l’âme, et encourage le croyant. Il lui rappelle d’où provient sa foi et vers quoi elle le mène. Si nous croyons qu’un jugement dernier vient et que Christ nous a sauvé de la colère à venir, non-seulement en nous rachetant par son sang précieux, mais aussi en nous donnant une vie abondante en Lui, nous trouvons là notre exhortation à le chercher, à le connaître et à le servir de toute notre être.

Boîte à outil. Le lecteur trouvera dans cette partie une méthode directement issue des Ecritures pour « tester son salut » : sonder son cœur pour savoir si Christ est en lui (2 Corinthiens 13 v.5). Ainsi, il trouve la preuve de son élection.

 

  1. « Mes larmes sont ma nourriture jour et nuit. »

Le deuxième volet de son ouvrage, Pascal Denault nous amène à considérer le cas du chrétien en proie à la dépression spirituelle, un état de tristesse profond et complexe, dont la provenance est difficile à déterminer.

L’auteur décomplexe le lecteur en affirmant que la déprime n’est pas un péché. Bien plutôt, c’est un point de départ duquel un choix s’opère : soit je cherche Dieu (Psaumes 51), soit je me cache de Lui (Genèse 4 v.9). Les passages bibliques cités dans ces chapitres nous amènent à un jugement sobre à propos du diagnostic à porter sur la souffrance de l’âme, et en particulier concernant le discernement de la déprime chez « les autres » dans l’approche pastorale.

Si la dépression tire son origine des conséquences du péché – loi qui gouvernait notre ancienne nature et produisant en elle la mort –, la cause distincte d’un état de dépression peut s’avèrer très complexe. A titre d’exemple, au-delà de l’origine dans le péché, l’auteur présentera un chapitre dédié au phénomène de l’épuisement et du stress excessif.

J’ai trouvé particulièrement appréciable la « posologie pour une vie heureuse », présentée sous forme de 7 conseils à mettre en prière et en actions. Ces préceptes se rapportent tant à l’équilibre spirituel que naturel et, une fois personnellement appropriés, ils seront des gardes-fous, un cadre sain pour entretenir son âme en bonne santé et cultiver ma joie, indépendemment des circonstances.

Boîte à outils. Pour la tranquilité de mon âme, je choisis de cesser de me préocuper outre raison de mon travail !

Mieux vaut une main pleine avec repos, que deux mains pleines avec travail et poursuite du vent. (Ecclésiastes 4 v.6).

 

  1. « Je ne porte pas beaucoup de fruits. »

De la loi du péché et de la mort à la loi de l’Esprit et de la vie, nous avons tous besoin d’éclairages sur le cheminement étroit vers le renouvellement entier de notre âme. Et c’est tout un programme !

Dans la troisième partie du corps de son œuvre, l’auteur nous appelle à la vigilance pour identifier nos ennemis et discerner des clés pour vivre en hommes affranchis, pour Christ. Il y a ceux que nous connaissons trop bien, et ceux dont nous ne nous flatterons pas d’avoir fait la rencontre.

En effet, si la rémanence du péché nous rappelle quelque chose du sombre vieux temps – celui que nous devons racheter – le piétisme – de la ville de « Légalisme » – et l’antinomisme évangélique – cousin de Surgrâce – nous attendent tous les deux en chemin, bien présentables et poignées de main tendues.

Le bénéfice de cette partie est de nous présenter des notions pour aiguiser notre vigilance, pour nous-même d’abord, puis pour notre frère. Par là nous comprendrons comment construire une vie enracinée sur Christ, notre fondation, et à reconnaître Ses priorités dans nos vies pour éviter de tomber dans les bas-côtés du Chemin. A ce titre, l’auteur présentera un chapitre sur chacun de ces deux fruits de la vie chrétienne : l’amour et la consécration.

Boîte à pensée. La consécration que Dieu veut est la vie « normale » du chrétien (P.228). Elle n’est pas réservée aux « grands hommes de Dieu », mais elle se manifeste quotidiennement, dans la somme des grandes et surtout des petites choses, nous amenant à l’humilité et exalter Dieu.

 

Avis : une lecture plus que bénéfique pour le disciple et faiseur de disciples.

Sur la forme, l’œuvre se lit facilement. Le vocabulaire est adapté à tous et les mots inhabituels tels que « piétisme » et « antinomisme évangélique » font l’objet de paragraphes dédiés. Rien n’est laissé dans le flou.

Heureusement, le lecteur est invité à chaque fin de chapitre à méditer un passage des Ecritures pour s’approprier les notions abordées de manière personnelle. Sans cela, le format fluide du livre pourrait nous permettre de tout lire sans marquer de pause.

Sur le fond, j’ai reçu un encouragement profond dans cet ouvrage, en ce que, par les Ecritures, l’auteur adresse le message si inhabituel… de l’Evangile. Christ aurait mérité une couronne d’or, sertie de diamants, et il a accepté des épines à la place. Les considérations de l’auteur nous font à nouveau prendre conscience du sens de la souffrance pour Christ et pour nous. Fort de cette méditation, le lecteur sera encouragé, non-pas à rejeter la souffrance – ce que nous prêcherait un Evangile du bien-être – mais à communier dans les souffrances de Christ, en vue de l’espérance d’une gloire éternelle. Nous ne vivons pas notre meilleure vie maintenant.

Je remercie tout particulièrement PEP’S CAFE ! de m’avoir encouragé non-seulement à la lecture de ce livre, mais aussi à réaliser ce travail critique, utile à l’appropriation de sa substance.

(Titre écouté durant la rédaction : Why, de Michael Card)

 

Jésus est ressuscité : et après ?

Un chant narratif du collectif d’artistes « Ecriture » (ex-Colossiens 3v16)

 

Jésus est réellement ressuscité ! On l’a vu et touché, il a mangé, il a parlé…..qu’est-ce que cela change pour moi ?

1) Jésus est ressuscité après avoir été mis à mort sur la croix. Cela signifie que Dieu n’a pas demandé « vengeance ».

L’Ecriture nous dit même que Dieu ne se souvient plus de nos péchés (Hébr.10v17). Il les a « jeté derrière son dos » (Esaïe 38v17), « au fond de la mer » (Michée 7v19). Alors que nous étions « autrefois, des étrangers » et « des ennemis » pour Lui, Il nous a « réconciliés avec lui par la mort de son Fils, qui a souffert dans son corps humain. Alors (nous pouvons nous) présenter devant Dieu en étant saints, purs et sans faute ». (Col.1v21-22)

2) Jésus est ressuscité ! Sa mort à la croix n’était donc pas l’échec de sa mission

Il l’avait même annoncé à l’avance.

Trois jours après sa mort à la croix, Jésus ressuscite. L’Evangile selon Luc, au chap.24v13-35, raconte que le même jour, deux disciples se rendent à un village appelé  Emmaüs. Pendant qu’ils parlent ensemble de tout ce qui vient de se passer, Jésus s’approche et marche avec eux. Mais quelque chose les empêche de le reconnaître.

Jésus leur demande : « Vous discutiez de quoi en marchant ? » Alors les disciples s’arrêtent, ils ont l’air triste. Ils lui répondent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth. C’était un grand prophète. Sa parole était puissante et il faisait des choses extraordinaires devant Dieu et devant tout le peuple. Nos chefs des prêtres et nos dirigeants l’ont livré pour le faire condamner à mort. On l’a cloué sur une croix. Et nous, nous espérions que c’était lui qui allait libérer Israël. Mais, voici déjà le troisième jour depuis que c’est arrivé. 

Pourtant, des femmes de notre groupe nous ont beaucoup étonnés. Ce matin, très tôt, elles sont allées à la tombe. Elles n’ont pas trouvé le corps de Jésus et elles sont revenues nous dire : Jésus est vivant ! ” Quelques-uns de notre groupe sont allés à la tombe, eux aussi et ils l’ont trouvé vide aussi, mais Jésus, ils ne l’ont pas vu ! » 

Alors Jésus leur dit : « Vous ne comprenez rien ! Votre cœur met beaucoup de temps à croire ce que les prophètes ont annoncé ! Il fallait que le Messie souffre de cette façon et que Dieu lui donne sa gloire ! »  Et Jésus leur explique ce que les Livres Saints disent à son sujet. Il commence par les livres de Moïse, ensuite, il continue par tous les livres des prophètes ».

Pourtant, Jésus avait dit très clairement  à ses disciples, bien avant sa mort à la croix : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup. Les anciens, les chefs des prêtres et les maîtres de la loi ne voudront pas de lui. Ils le feront mourir. Et, trois jours après, il se relèvera de la mort. »  (Marc 8v31-32)

3) Jésus est ressuscité : il a vaincu la mort, qui n’a plus le dernier mot

La mort n’a plus d’emprise sur Jésus : « Nous le savons bien : depuis que le Christ s’est réveillé de la mort, il ne doit plus mourir, la mort n’a plus de pouvoir sur lui » (Romains 6v9).

La mort n’a plus le dernier mot : « Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort. » (1 Corinthiens 15v26)

En ressuscitant, Jésus-Christ a triomphé de la puissance de la mort : cela veut dire que, en Jésus et avec Jésus, une réalité nouvelle est là, où la mort ne limite plus la vie. Jésus nous libère de la peur de la mort, pour que nous vivions vraiment aujourd’hui, dans ce monde, une vie abondante, victorieuse et triomphante. Bien sûr, la mort existe encore – des gens meurent encore, nous mourrons tous un jour – mais la mort n’a plus le dernier mot. Jésus a mis fin à la mort « pour toujours », la remplaçant par « la vie pour toujours ».

Nos anciennes manières de vie, qui nous rendent malheureux, qui nous font souffrir et qui font souffrir les autres, n’ont plus, non plus, le dernier mot. Elles sont désormais dernière nous. Une vie nouvelle en Jésus est devant nous. Plutôt que d’être égoïstes, nous pouvons être généreux ; plutôt que d’être méchants, nous pouvons être bons ; plutôt que d’être violents, nous pouvons être doux ; plutôt que d’être dans la crainte et la peur, nous pouvons être confiants et dans l’espérance

4) Jésus est ressuscité ! Ce que je suis est changé, nouveau ; mes rapports avec les autres sont changés et donc nouveaux !

« Uni à Jésus-Christ » ressuscité, « je suis une nouvelle créature » (2 Cor.5v17)

« Si vous connaissez Jésus, « vous devez laisser votre vie d’autrefois. Avant, vous étiez pleins de désirs trompeurs qui vous détruisaient. Eh bien, ce que vous étiez avant, il faut vous en débarrasser comme d’un vieux vêtement. Comprenez les choses d’une façon nouvelle, selon l’Esprit de Dieu. Et, comme si vous mettiez un vêtement neuf, devenez une personne nouvelle. Cette personne nouvelle est créée comme Dieu veut : la vérité la rend juste et sainte » (Éphésiens 4v20‑24)

Ce nouveau vêtement, c’est notre nouvelle identité en Jésus. En conséquence, tout change dans nos relations avec les autres : nous ne mentons plus. Nous disons la vérité à notre prochain, parce que cela fait du bien à la communauté à laquelle nous appartenons tous ensemble. Cela nourrit la confiance entre nous ; si nous nous mettons en colère, notre colère ne doit pas nous envahir, elle doit cesser rapidement, sinon cela nous détruit et cela détruit les autres.  Nous n’avons plus peur de manquer. Nous ne volons plus et ne prenons plus par force ou par ruse ce qui est aux autres : nous travaillons honnêtement, sans tricher, pour pouvoir aider les autres qui ont besoin. Nous ne disons plus de mauvaises paroles, qui blessent ou rabaissent les autres, mais seulement les paroles qui font grandir et qui font du bien aux autres. Si on nous fait du tort, nous ne disons plus : « je vais lui rendre ce qu’il m’a fait ». Nous sommes bons les uns envers les autres et nous nous pardonnons les uns aux autres, comme Dieu nous a pardonné en Jésus, le Christ. (Éphésiens 4v25‑32)

5)Jésus est ressuscité ! Nous attendons « une nouvelle création »

2 Pierre 3v13 nous dit que ceux qui mettent leur confiance en Jésus-Christ savent que « Dieu a promis un ciel nouveau et une terre nouvelle où la justice habitera. Oui, c’est ce que nous attendons ».

« Un nouveau ciel et une terre nouvelle », c’est-à-dire une création renouvelée et restaurée. Dieu fera pour la création actuellement maltraitée/polluée/exploitée/dégradée ce qu’il a fait pour Jésus à la résurrection

Quant à nous, la Bible nous dit que nous vivrons avec Dieu pour toujours dans le nouveau ciel et dans la nouvelle Terre :  un monde nouveau où Dieu « essuiera toutes les larmes de (nos) yeux. La mort n’existera plus, il n’y aura plus ni deuil, ni cris, ni souffrance » (Apoc.21v4)

Dans ce cas, mes choix et mes actions –ce que je fais et dis de bon, beau, juste et vrai pour les autres, à la gloire de Dieu ; comment je prends soin et respecte mon corps, les autres et la nature, tout cela montre que j’attends cette nouvelle création. En Genèse 2v15, Dieu avait donné à l’homme et à la femme mission de garder et de prendre soin du jardin, de la création. Cette mission nous concerne tous aujourd’hui : la Terre est notre maison à tous ; nous sommes donc tous responsables d’en prendre soin, de la respecter et de ne pas gaspiller les ressources qu’elle nous offre.

Quand je fais aujourd’hui quelque chose de bon, beau, juste et vrai pour les autres et à la gloire de Dieu, je sais aussi que toutes ces actions auront leur place dans la nouvelle création que Dieu nous promet.

Jésus est réellement ressuscité : ce n’est donc pas terminé, tout commence !

 

Dernière Pâque

En ce temps de confinement, se réunir en famille pour Pâque est tout un défi ! (Source : medium.com)

« Je suis très content d’être avec vous ce soir », dit Jésus à ses amis.

Ce soir-là, Lui et ses disciples sont à table pour fêter la Pâque, une fête de la Bible [Exode 115] qui raconte l’histoire d’un passage, d’une sortie et d’une naissance.

Normalement cette fête se passe dans les maisons, en famille. Jésus, lui, était avec ceux qui sont sa vraie famille : ses disciples qui croient en lui et qui le suivent.

Qu’ont mangé Jésus et ses disciples ce soir-là ? Ils ont mangé ce qu’ont mangé les israélites la première nuit de la Pâque (Exode 12) :

Des pains sans levain, pour se rappeler que le peuple était parti très vite d’Egypte.
Des herbes amères, pour se souvenir que les conditions d’esclavage du peuple en Egypte n’étaient pas drôles du tout. Le peuple était même à « à l’étroit » en Egypte.
Imaginez : tous les jours, pendant des heures, sous le soleil brûlant, des milliers d’hébreux devaient fabriquer des briques, des briques et des briques pour le pharaon, pour construire des villes.

Et de l’agneau rôti, pour se souvenir de celui qu’ont mangé les israélites cette première nuit de la sortie d’Egypte. Et cette fameuse nuit, où l’Eternel a frappé les premiers nés de l’Egypte (Ex.11v4-8, 12v29-30), le peuple était, lui aussi, confiné : Dieu avait donné à tous l’interdiction formelle de quitter leurs maisons, seuls lieux sûrs cette nuit-là, car marquées par le sang de l’agneau pascal sacrifié (Ex.12v21-28). Ce signe manifeste que du sang a déjà coulé. Il n’est plus besoin de faire couler du sang à nouveau.

Ils n’ont pas mangé debout, à la va-vite, comme lorsque le peuple était esclave, mais à table, comme des hommes libres, des riches et des rois.

Ils ont bu aussi 4 coupes pleines de vin rouge, pour dire merci à Dieu pour sa délivrance et pour nous avoir donné une vie débordante : plus de tristesse ! De la joie !

Un disciple, sans doute le plus jeune, a demandé : « et pourquoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres ? » (1)

Jésus répond : C’est que nous étions esclaves du Pharaon en Egypte, mais Dieu nous a aimés et il a voulu que tous les hommes soient libres pour le servir.

Le disciple : Mais Jésus, nous n’avons jamais été esclaves, et encore jamais en Egypte !

Jésus : chacun doit se considérer comme s’il était lui-même sorti d’Egypte. Ce n’est pas seulement nos Pères, mais nous-mêmes qu’il a sauvés avec eux. Ce que Dieu a fait autrefois, Il le fait toujours aujourd’hui ! Il nous aide à « sortir » (des ténèbres, de l’enfermement, de l’esclavage, de la peur…) pour vivre une vie nouvelle, riche et débordante.

« Sortir », c’est une libération et une nouvelle naissance : comme l’exprime de manière poétique Erri de Luca, « Je t’ai fait sortir(d’Egypte) : du réseau de canaux du grand fleuve pour te mettre au sec de la liberté. Le Sinaï s’appelle aussi Horeb, assèchement. Telle est aussi la naissance, se trouver projeté à l’air libre. Une fois sorti d’Egypte, tu as entendu le bruit de grandes eaux se refermer après ton passage, une porte claquée dans ton dos. La sortie fut une naissance, aventure d’un aller simple. »(Erri de Luca. Et Il dit, pp 42-43)

Mais ce soir-là, ce repas de la Pâque n’était pas comme les autres. Jésus a même dit à ses disciples que c’était là son dernier repas avec eux. Cela les a rendu très tristes.

Jésus a aussi fait des choses bizarres et nouvelles pour leur dire à quel point il les aime : il leur a lavé les pieds ; il a partagé le pain et le vin, en disant que c’était « son corps », « son sang » (sa vie) qu’il donnait volontairement pour nous.

Jésus, c’est « l’agneau de Dieu [comme l’agneau de la Pâque] qui enlève le péché du monde », notre péché, pour que nous soyons pardonnés, réconciliés avec Dieu, et pour que nous vivions une vie nouvelle, débordante, et une relation nouvelle avec Dieu qui nous aime tant.

En effet, « ce n’est point par des choses périssables, argent ou or, que (nous avons) été rachetés de la vaine manière de vivre héritée de (nos) pères, mais par le sang précieux (de cet) agneau sans défaut et sans tache, prédestiné avant la fondation du monde et manifesté à la fin des temps à cause de (nous). Par lui (nous croyons) en Dieu qui l’a ressuscité des morts et lui a donné la gloire, de telle sorte que (notre) foi et (notre) espérance reposent sur Dieu ». (1 Pie.1v18-21). Le sang de cet agneau parfait ayant été versé une fois pour toutes, le sang n’a plus besoin de couler à nouveau. C’est ainsi que Christ est le sacrifice ultime, qui n’a plus besoin d’être répété.

A la fin du repas, Jésus et ses disciples ont remercié Dieu en disant des prières et en chantant les psaumes 113 à 118. et le psaume 136. Ils ont certainement chanté le « Dayènu » – « ça nous suffit », poème lyrique qui apparaît en première partie du seder et par lequel l’on remercie Dieu pour toutes ses œuvres de libération en Egypte. A chaque rappel de ces interventions divines, le choeur répond : « dayènu », « ça nous suffit ».

Ceux qui chantent se souviennent aussi pourquoi Dieu les a fait sortir.  « Quand tes descendants demanderont pourquoi je t’ai fait sortir, ils compteront la valeur numérique de hotzetikha, « je t’ai fait sortir », et ils la trouveront égale à levasser, « pour annoncer ». Je t’ai fait sortir pour apporter une annonce. »(Erri de Luca, op. cit. p 43)

Ils sont sortis pour servir Dieu et pour annoncer la victoire de leur libérateur sur leurs oppresseurs. Ce libérateur, c’est Jésus, dont le nom signifie « Dieu sauve » et « Dieu élargit ».

Et toi ? Comment vas-tu le remercier ?

 

D’après la saynète de la pasteure Ulrike Richard-Molard, de l’UEPAL

 

Note : 

(1) Chanté par le plus jeune enfant, c’est le Ma Nishtana (« qu’est-ce qui change ? »), le plus populaire des chants de Pessah.  Deux versions « décoiffantes » et amusantes (pour les enfants et les adultes) sont à découvrir ici et . En savoir plus sur les chants du seder.

« Had Gadia » : « un agneau »

« La merveilleuse Haggadah », film d’animation réalisé par Rony Oren (Londres : Scopus films, 1985). Version anglaise ici.

Cette année, Pessah (Pâque) sera célébrée du 08 avril au 16 avril. Le premier séder [repas de fête familial, événement central de la fête] aura lieu le mercredi 08 avril, après la tombée de la nuit. A cette occasion est lue la Haggadah, le récit de la sortie d’Egypte. Cette lecture est l’accomplissement du commandement biblique de répondre aux questions des enfants (« pourquoi faites-vous cela ? ») et de transmettre de génération en génération ce que Dieu a fait.

Le film d’animation ci-dessus est une illustration amusante et actuelle de la façon dont peut se dérouler un tel séder. Il est frappant de constater, dans ce film, l’absence du moment « marquant » du sang de l’agneau pascal, comme signe sur les portes des maisons des israélites. L’agneau fait tout de même son apparition, via« Had Gadia » (« un agneau »), chanson judéo-araméenne [reprise dans « Alla fiera dell’Est » d’Angelo Branduardi, 1978], chantée à la fin du séder (1).

La version de Chava Alberstein,  reprenant la mélodie d’Angelo Branduardi, apporte une variante à la chanson originale, avec une autre question : « Jusqu’à quand durera ce cycle infernal ? Ce soir, il me vient une question / Jusqu’à quand durera ce cycle infernal / De l’oppresseur et de l’opprimé / Du bourreau et de la victime/  Jusqu’à quand cette folie ? » Cette chanson s’entend lors de la première scène du film Freezone (2005) d’Amos Gitai, avec Nathalie Portman pleurant en gros plan.

A ce sujet, ce mercredi soir, et jusqu’au 16 avril, est justement l’occasion de découvrir, au coeur de la Pâque, non pas « un agneau », mais Celui qui est « l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde »(Jean 1v29, 1 Pie.1v18-21). lequel est le sacrifice ultime, venant mettre fin à ce cycle de sacrifices (Hébr.9v28).

Hag Pessah Sameah !

 

 

Note : 

(1) Les paroles originales de Had Gadia (en français et en hébreu) :

Couplet 1:

1. Un agneau, un agneau: Que mon père avait acheté pour deux sous.

Ḥad Gad’ya, Ḥad Gad’ya, dizabbin abba bitrē zouzē.

Couplet 2 :

2. Et le chat arrive et mange l’agneau

va-ata chounra vé-akhla lé-gad’ya

3. Que mon père avait acheté pour deux sous.

dizabbin abba bitrē zouzē.

Couplet 3 :

4. Un agneau, un agneau: Que mon père avait acheté pour deux sous.

Ḥad Gad’ya, Ḥad Gad’ya, dizabbin abba bitrē zouzē.

5. Et le chien arrive et mord le chat qui a mangé l’agneau,

Va-ata kalba vé-nachakh lé-chounra, dé-akhla lé-gad’ya

6. Que mon père avait acheté pour deux sous.

dizabbin abba bitrē zouzē.

Couplet 4:

7. Un agneau, un agneau: Que mon père avait acheté pour deux sous.

Ḥad Gad’ya, Ḥad Gad’ya, dizabbin abba bitrē zouzē.

8. Et le bâton arrive et frappe le chien

Va-ata ḥouṭra, vé-hikka lé-khalba

9. qui avait mordu le chat, qui avait mangé l’agneau,

dé-nachakh lé-chounra, dé-akhla lé-gad’ya

10. Que mon père avait acheté pour deux sous.

dizabbin abba bitrē zouzē.

Couplet 5:

11. Un agneau, un agneau: Que mon père avait acheté pour deux sous.

Ḥad Gad’ya, Ḥad Gad’ya, dizabbin abba bitrē zouzē.

12. Et le feu arrive et brûle le bâton.

Va-ata noura, v&-saraf lé-ḥouṭra

13. qui a frappé le chien, qui a mordu le chat, qui a mangé l’agneau,

dé-hikka lé-khalba, dé-nachakh lé-chounra, dé-akhla lé-gad’ya

14. Que mon père avait acheté pour deux sous.

dizabbin abba bitrē zouzē.

Couplet 6 :

15. Un agneau, un agneau: Que mon père avait acheté pour deux sous.

Ḥad Gad’ya, Ḥad Gad’ya, dizabbin abba bitrē zouzē.

16. Et l’eau arrive et éteint le feu,

Va-ata maya, vé-khaba lé-noura

17. qui a brûlé le bâton, qui a frappé le chien,

dé-saraf lé-ḥouṭra, dé-hikka lé-khalba

18. qui a mordu le chat qui a mangé l’agneau,

dé-nachakh lé-chounra, dé-akhla lé-gad’ya

19. Que mon père avait acheté pour deux sous.

dizabbin abba bitrē zouzē.

Couplet 7 :

20. Un agneau, un agneau: Que mon père avait acheté pour deux sous.

Ḥad Gad’ya, Ḥad Gad’ya, dizabbin abba bitrē zouzē.

21. Et le bœuf arrive et boit l’eau,

Va-ata tora, vé-chata lé-maya

22. qui a éteint le feu, qui a brûlé le bâton,

dé-khaba lé-noura, dé-saraf lé-ḥouṭra

23. qui a frappé le chien, qui a mordu le chat, qui a mangé l’agneau,

dé-hikka lé-khalba, dé-nachakh lé-chounra, dé-akhla lé-gad’ya

24. Que mon père avait acheté pour deux zouzim.

dizabbin abba bitrē zouzē.

Couplet 8 :

25. Un agneau, un agneau: Que mon père avait acheté pour deux sous.

Ḥad Gad’ya, Ḥad Gad’ya, dizabbin abba bitrē zouzē.

26. Et le chohet arrive et égorge le bœuf,

Va-ata ha-choḥet, vé-chaḥat lé-tora

24. qui a bu l’eau, qui a éteint le feu

dé-chata lé-maya, dé-khaba lé-noura

25. qui a brûlé le bâton qui a frappé le chien

dé-saraf lé-ḥouṭra, dé-hikka lé-khalba

26. qui a mordu le chat, qui a mangé l’agneau

dé-nachakh lé-chounra, dé-akhla lé-gad’ya

27. Que mon père avait acheté pour deux sous.

dizabbin abba bitrē zouzē.

Couplet 9:

28. Un agneau, un agneau: Que mon père avait acheté pour deux sous.

Ḥad Gad’ya, Ḥad Gad’ya, dizabbin abba bitrē zouzē.

29. Et l’ange de la mort arrive et tue le chohet

Va-ata mal’akh hammavet, vé-chaḥat lé-choḥet

30. qui a égorgé le bœuf, qui a bu l’eau

dé-chaḥat lé-tora, dé-chata lé-maya

31. qui a éteint le feu, qui a brûlé le bâton,

dé-khaba lé-maya, dé-saraf lé-houṭra

32. qui a frappé le chien, qui a mordu le chat, qui a mangé l’agneau,

dé hikka lé-khalba, dé-nachakh lé-chounra, dé-akhla lé-gad’ya

33. Que mon père avait acheté pour deux sous.

dizabbin abba bitrē zouzē.

Couplet 10:

34. Un agneau, un agneau: Que mon père avait acheté pour deux sous.

Ḥad Gad’ya, Ḥad Gad’ya, dizabbin abba bitrē zouzē.

35. Et arrive le Saint Béni soit-Il,

Va-ata Haqqadoch Baroukh Hou

36. et fait mourir l’ange de la mort, qui a saigné le chohet

vé-chaḥat lé-mal’akh hammavet, dé-chaḥat lé-choḥet

37. qui a égorgé le bœuf, qui a bu l’eau

dé-chaḥat lé-tora, dé-chata lé-maya

38. qui a éteint le feu, qui a brûlé le bâton,

dé-khaba lé-noura, dé-saraf lé-ḥouṭra

39. qui a frappé le chien, qui a mordu le chat, qui a mangé l’agneau,

dé-hikka lé-khalba, dé-nachakh lé-chounra, dé-akhla lé-gad’ya

40. Que mon père avait acheté pour deux sous.

dizabbin abba bitrē zouzē.

Couplet 11 :

41. Un agneau, un agneau: Que mon père avait acheté pour deux sous.

Ḥad Gad’ya, Ḥad Gad’ya, dizabbin abba bitrē zouzē

Le savon de Dieu

Quand Dieu nous passe un savon…. (source image : public domain pictures)

« Nettoyez vos mains, pécheurs » (Jacques 4v8)

Un « savon de Dieu » sans nuance, et une injonction ô combien paradoxale, puisque le verset suivant décourage d’emblée toutes nos tentatives d’y répondre :

« Tu aurais beau te lessiver à la soude, y rajouter quantité de potasse, devant moi, ta faute reste incrustée. » (Jérémie 2v22)

Un tel constat ne peut que susciter l’angoisse et le désespoir, celle de la culpabilité (ou de la conscience de sa faute) sans remède. Cependant, pour Kierkegaard, penseur chrétien, c’est le fait d’être « passible du désespoir » qui fait la supériorité de l’homme sur l’animal.

Toujours selon Kierkegaard, la forme la plus aboutie du désespoir est le scandale, lié au fait que le Christianisme ne s’adresse pas à la foule et mais à l’individu, lui offrant cette alternative et injonction : « scandalise-toi ou crois ! » 

De son côté, le psalmiste choisit la foi, ou plutôt, dans une variante de l’alternative précédente, il choisit « la crainte de Dieu » à « l’effroi ».

Les versets 3-4 du psaume 130 nous l’enseignent :  « si tu gardais le souvenir des iniquités, Eternel, Seigneur, qui pourrait subsister ? Mais le pardon se trouve auprès de toi, afin qu’on te craigne».

Craindre Dieu dans les Ecritures, loin de décourager, est en réalité libérateur, puisque celui qui craint Dieu ne peut craindre autre chose, souligne Erri de Luca. Et le même d’ajouter que « celui qui craint Dieu le craint parce que de lui seul dépend le pardon, seliha. Crains le juge, non parce qu’il peut te condamner, mais parce que de son pouvoir dépend la remise de tes fautes ».

« Venez et plaidons ! dit l’Eternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; S’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine ». (Es.1v18)