Noël : peut-on y croire ? Du mythe, de la tradition et de la réalité autour de cette fête chrétienne

Extrait du film « l’Evangile de Matthieu » réalisé par David Batty (RU, 2014) de la série « 4 Evangiles, les films » (Lumo project). Texte intégral de l’Evangile raconté et mis en image.

La semaine dernière, nous parlions sur ce blogue d’Hannouka. Cette fête de lumières ou de la dédicace, qui a débuté le soir du 18 décembre, et qui se déroulera jusqu’au 26 décembre au soir, est évoquée dans l’Evangile selon Jean.

Les fêtes bibliques, instituées dans l’Ancien Testament, ont pour but de glorifier Dieu en se remémorant de façon objective son action dans l’histoire d’Israël cf Exode 12v24-27. Elles n’ont pas un sens seulement social ou « festif », mais servent à communiquer la présence de Dieu avec son peuple et à transmettre l’enseignement de la foi aux générations successives. C’est pourquoi il serait dommage de passer à côté d’excellentes occasions pédagogiques pour (s’)édifier, en redonnant tout leur sens à ces fêtes et en se connectant à leur source : le Seigneur Jésus-Christ, lequel « est le même, hier, aujourd’hui et éternellement » (Hébr.13v8).

Les fêtes dites chrétiennes, quant à elles, ne sont certes pas instituées bibliquement mais commémorent également l’action de Dieu en prenant pour thème des moments importants de la vie du Seigneur Jésus-Christ racontés dans les évangiles (naissance ou incarnation, mort et résurrection, ascension…), ou de l’action de l’Esprit (Pentecôte). Les fêtes chrétiennes ont également pour rôle de valoriser l’aspect festif et communautaire de la foi.

Parmi ces dernières, « Noël, avec ses décorations, ses sapins et ses crèches, est probablement l’une des histoires bibliques les plus connues », souligne le Pasteur Philippe Golaz dans une note de blogue. « Mais cette fête est-elle bien connue pour autant ? Qu’est-ce qui relève de la vraie histoire, qu’est-ce qui relève de la tradition, ou du mythe ? »

Ainsi, « Jésus (serait) né un 25 décembre » et les mages seraient « trois et rois ». « Jésus n’existait pas avant Noël », il serait « né dans une étable », et tout cela ne serait « qu’une légende ». Qu’en est-il exactement ?

Bonus : Au sujet de ces mages, il est intéressant de comparer le texte de l’Evangile selon Matthieu avec la mise en scène/en image de l’excellent film « l’Evangile de Matthieu » réalisé par David Batty (RU, 2014) de la toute aussi excellente série « 4 Evangiles, les films » (Lumo project).

Pour aller plus loin :

Joyeux Noël…simple formule ou message d’espérance ?, de Stéphanie Pillonca, Sébastien Doane, et Elaine Sansoucy. Editions Bibli’O, 2022

Une grande question existentielle abordée « tout en nuances » dans un petit livre qui déploie une lecture plurielle et inaugure une nouvelle collection éponyme des éditions Bibli’O parue en octobre 2022. « Tout en nuances », 3 regards se croisent, 3 voix se font entendre pour explorer la fécondité des textes anciens : un bibliste, une réalisatrice et une infirmière évoque la joie d’une naissance au cœur de notre monde. Chacun des auteurs nous fait tour à tour partir à la rencontre du texte biblique, de pistes d’actualisation et d’un cheminement où l’art cinématographique se met au service des autres.  Ainsi, avec « Joyeux Noël…? », qui nous rappelle dans quelles circonstances Jésus est venu au monde [ayant failli naître dehors, il se trouve menacé de mort à sa naissance et devient le plus jeune réfugié de l’histoire…], c’est la mise en avant de la vulnérabilité qui bouleverse, de ces situations précaires où la joie d’une naissance se retrouve voilée par les circonstances difficiles. A découvrir absolument en cette période de fête et au-delà ! (Ouvrage reçu gracieusement « en service presse » de la part de Laurène de La Chapelle, chargée de communication pour l’Alliance Biblique Française, que je remercie !)

« Noël : peut-on vraiment y croire ? » Par l’apologète Rebecca Mac Laughlin, qui explore « 4 questions incontournables sur l’histoire la plus connue au monde ». Un livre qui s’adresse aussi bien aux « sceptiques » qu’aux « convaincus » qui souhaiteraient (re)découvrir Noël sous un jour nouveau. A noter que Rebecca Mac Laughlin est également l’auteure de « 12 raisons de ne plus croire au christianisme et pourquoi y croire encore », un livre récent paru en français chez BLF éditions en 2022, et qui a reçu le prix de « meilleur livre de l’année » 2020 de la part de Christianity Today (en VF et en VO). L’un et l’autre ouvrages reçus « en service presse » de la part de l’éditeur, que je remercie également !

Sinon, le saviez-vous ? Noël est une bonne nouvelle pour les grévistes !

Hannouka : la lumière de la résistance et de l’espérance

[Un clip amusant et sympathique sur ce temps de célébration de Hannouka]

Hannouka – la fête de lumières ou de la dédicace, débute le soir du 18 décembre, et se déroulera jusqu’au 26 décembre au soir. Nos amis Juifs allument chaque jour une bougie sur leur  » Hanoukkia » ou chandelier à 9 branches. Ils utilisent pour cela la branche centrale (appelée le Shamash c’est-à-dire le  » serviteur ») qui sert à allumer les 8 autres, soit au total 9 bougies.

Ce chandelier est généralement posé sur le rebord d’une fenêtre et, comme les lumières de l’avent, égayent l’obscurité de la saison même si leur origine diffère l’une de l’autre.

Dans un article publié sur Le Verbe.com, Sonia Sarah Lipsyc(1) nous parle de cette fête, laquelle commémore un fait historique, à l’instar de Pourim et de Pessah (= la Pâque). Ce fait historique, qui a eu lieu au 2e siècle avant l’Ère chrétienne et qui a servi de base à la décision rabbinique d’instituer la fête de Hannouka, est relaté dans les Maccabées – livres qui n’ont pas été retenus dans le canon de la Bible hébraïque (et absents de la plupart des éditions protestantes de la Bible). Sinon, cette fête est mentionnée pour la première fois dans la Bible…dans l’Evangile selon Jean, chapitre 10, verset 22, dans le Nouveau Testament !

« Cette fête célèbre à la fois la révolte victorieuse des Juifs sur la terre d’Israël contre l’emprise gréco-syrienne de la dynastie des Séleucides et le miracle d’une fiole d’huile retrouvée intacte et, selon les normes du rituel, dans l’enceinte du second Temple de Jérusalem ». Pour le peuple Juif, c’est aussi un symbole de la lumière de la création. »Que s’était-il passé à cette époque qui justifierait que les Juifs s’en souviennent et le fassent savoir au travers de leurs rites depuis des millénaires ? »

Sonia Sarah Lipsyc nous explique que les Juifs « avaient perdu leur souveraineté nationale et devaient subir, pour user d’un terme contemporain, l’impérialisme culturel et religieux d’un empire païen. Pire encore, ils étaient victimes de persécutions religieuses tant à l’encontre de leur personne que de la tradition juive monothéiste qu’ils incarnaient. On leur interdisait ainsi sous peine de mort, l’étude de la Torah, la pratique du jour consacré du shabbat, la circoncision et le respect d’autres commandements. On les obligeait aussi, sinon ils risquaient la mort, de transgresser les injonctions et l’éthique de la Torah en voulant leur faire manger publiquement, par exemple, des bêtes interdites à la consommation (porc) selon les règles exposées dans le livre du Lévitique et explicitées par la tradition orale juive. Le Temple et son sanctuaire avaient étés profanés par l’introduction d’idoles ou par d’autres humiliations.

Alors se leva un vieil homme de la tribu des Lévis, celle qui était dédiée au service du Temple, le prêtre Mathitiyaou de la famille des Hasmonéens. Il s’insurgea contre cette occupation et ce pouvoir coercitif qui menaçaient la pérennité nationale et spirituelle du peuple juif. Lui et ses fils, dont Judah Maccabée, qui prit sa succession, ont lutté alors qu’ils étaient peu nombreux. Contre toute attente, ils ont vaincu les oppresseurs. Maccabée est le sigle de leur étendard à partir des mots hébreux : « Qui est comme Toi parmi les dieux, Dieu » (Ex 15v11).

Ils ont nettoyé le Temple mais n’ont trouvé, pour allumer comme il se doit le candélabre du sanctuaire, qu’une fiole d’huile pure qui, au lieu de brûler une journée, brûla huit jours, le temps d’en produire d’autre conforme aux prescriptions bibliques.

C’est pourquoi avant d’allumer ces lumières, les Juifs rappellent dans leurs bénédictions : « Béni sois-Tu, Éternel notre Dieu, Roi de l’Univers, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné d’allumer les lumières de Hanouka (…) qui a fait des miracles pour ceux qui nous ont précédés en ces jours-là, en ce temps-ci (…) qui nous a fait vivre, exister et parvenir jusqu’à ce moment ».

 Ils rappellent également dans leurs prières au cours de cette période : « Tu as livré les puissants aux mains des faibles, les nombreux aux mains du petit nombre (…) Alors vinrent Tes ouailles (…) qui allumèrent des lumières dans les cours de Ton sanctuaire et instituèrent ces huit jours de Hanouka, pour remercier et louer Ton grand Nom ».

De là l’essentiel de cette fête pour les Juifs, laquelle célèbre « une persévérance non seulement identitaire, mais aussi dans la foi, et la capacité d’une résilience ».

Toutefois, précise Sonia Sarah Lipsyc, « si la défense de ces valeurs passe parfois par les armes, elle ne doit pas occulter la force de l’esprit. Et c’est le sens de ce passage du livre du prophète Zacharie (Za 4v6) que l’on récite durant cette fête : « Ni par la puissance, ni par la force, si ce n’est par mon esprit ».

Hanouka est l’occasion de raconter des histoires de martyrs (= témoins), comme celle de Hanna et de ses sept fils qui ont accepté d’être assassinés plutôt que de transgresser en public l’un des commandements de la Torah (2 Macc.7). Cette martyrologie illustre ce choix, dans la tradition judéo-chrétienne, de mourir pour sa foi (cad plutôt que d’abandonner sa foi), à mille lieux de celui de mourir au nom de sa foi, en assassinant d’autres personnes.

Tout ceci n’est très joyeux, me direz-vous. Au contraire, ce qui prédomine dans la célébration de Hanouka, ce sont la joie et le côté festif !

« Après l’allumage des bougies que l’on met bien en évidence pour donner de l’écho à ces miracles, on mange des mets frits, en rappel de la fiole d’huile, comme des latkes (galettes de pommes de terre) ou des soufganyot (des beignets). De l’argent ou des cadeaux sont offerts aux enfants qui jouent avec des toupies portant les initiales hébraïques de « un grand miracle s’est produit là-bas ». Là-bas, c’est ici chaque fois que l’on met un peu plus de lumière dans l’obscurité ».

Ce miracle nous rappelle un plus grand miracle encore : celui de Jésus-Christ, « Emmanuel » ou « Dieu avec nous » (Matt.1v23), qui est venu dans ce monde comme « une petite chose » aussi insignifiante que la petite fiole d’huile, et qui est entré dans le Temple en proclamant : « je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera plus dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8v12). En Lui en effet se trouve la véritable lumière.

Jésus est aussi le « Shamash », « le parfait serviteur », puisqu’il est venu, « non pour être servi mais pour servir et donner (sa) vie (une fois pour toute) en rançon pour plusieurs » (Marc 10v45, cf Jean 13 et Hébr. 9v28)

Demandons-lui d’allumer chaque jour sur le « Hanoukkia de notre cœur » une bougie supplémentaire, pour que sa lumière nous illumine davantage, et disons-lui avec foi : « Seigneur, je veux t’aimer aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain » avec le secours de ta grâce. Aide-moi, je t’en prie, à t’aimer vraiment en esprit mais aussi en vérité, en gardant et pratiquant ta Parole. Ainsi, je veux aussi aimer mon prochain « plus qu’hier et bien moins que demain », de sorte que de plus en plus de personnes que je rencontre reçoivent Ta lumière ! »

Malgré la sécularisation et le sentiment matérialiste qui prévaut aujourd’hui, et alors que les enseignes lumineuses des villes nous souhaitent « de bonnes fêtes de fin d’année », sans la mention de Noël, ayons ou gardons confiance en l’irrésistible et extraordinaire nature du message d’espérance de la naissance du Messie et Sauveur Jésus, la raison d’être de cette fête de la lumière. Aucune action qui tente de supprimer, ignorer ou étouffer l’histoire de la puissance salvatrice divine n’aboutira et ne pourra diminuer cette grande espérance en Jésus annoncée au monde. Cette espérance enracinée en Dieu « venu en chair » (Jean 1v14) est une profonde réalité qui donne aux croyants la force de résister aux attaques du doute et de surmonter le désespoir du monde, déçu par les faux messies politiques, religieux ou scientifiques.

Appuyons-nous alors sur cette espérance pour parler de la puissance qu’elle contient à ceux qui ne la connaissent pas encore, tout spécialement en ce temps inédit de célébrations. Des vies seront changées. Peut-être la vôtre, vous qui nous lisez ?

« Que le Dieu d’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi pour que vous abondiez en espérance par la puissance de l’Esprit Saint » (Rom.15v13).

Hag Sameah Hannouka ! [Bonne fête d’Hannouka !], en attendant de se souhaiter prochainement un « Joyeux Noël » !

En bonus : Chaque soir de cette semaine, retrouvez Juifs pour Jésus [qui attestent que Yeshouah est le Messie attendu] sur leur chaîne youtube autour de l’allumage des bougies de Hannouka, pour découvrir le sens profond de cette fête des lumières, porteuse d’Espérance.

Et avec ce clip du groupe…The Maccabeats !

Initialement publié sur Pep’s café! le 12/12/20, et mis à jour pour l’occasion.

Notes :

(1) Cf cet article « Hanouka, la fête juive des lumières » sur le site web du Verbe.

Sociologue, rédacteure en chef pour La Voix Sépharade, auteure et dramaturge, Sonia Sarah Lipsyc est également chercheuse associée à l’Institut d’études juives de l’Université Concordia.

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : envoi 2

« Allez dans le monde entier proclamer la bonne nouvelle à toute la création ». Marc 16 : 15 (Source image : public domain pictures)

Nous voici au terme de cette série ! Dans cet « Envoi 2 », une étude comparée des finales des 4 Evangiles sur ce que nous sommes censés dire et faire en Son Nom, d’après 28v19-20, Marc 16v15-20, Luc 24v45-49 et Jean 20v21-23 et 21v15-22. Par Louis-Michel, notre plume invitée du jour, que je remercie !

Qu’étaient sensés dire et faire les disciples selon Jésus ?

Par extension : Que sommes-nous sensés dire et faire nous-mêmes ?

Recensons d’abord les éléments correspondant aux disciples à la fin de chaque écrit évangélique :

            – Matthieu 28 : 19-20 = a. vivre en tant que disciples envoyés, b. faire des nations des disciples, c. baptiser les disciples au nom du Dieu Tri-Un, d. former les disciples à la pratique de l’évangile selon l’enseignement de Jésus (tout cela dans la présence de Dieu Jésus).

            – Marc 16 : 15-20 = a. vivre dans le monde, proclamer l’évangile, b. baptiser ceux qui croient (tout cela aussi dans la présence de Dieu Jésus avec des signes de cette présence).

            – Luc 24 : 45-49 = a. vivre déjà dans Jérusalem en tant que témoins de ce que Dieu accomplit, b. vivre avec la puissance du Saint-Esprit (tout cela dans la présence de Dieu Jésus – v.45 et 49).

            – Jean 20 : 21-23 puis 21 : 15-22 = a. l’envoi des disciples est ordonné par Jésus, b. transmettre le pardon des péchés, c. nourrir le « troupeau » de Dieu, d. quoi qu’il arrive dans le futur, les disciples suivent en premier Jésus.

Les quatre témoignages des disciples et autres écrivains sont utiles à nous aussi en notre temps. Nous avons reçu l’Esprit aussi en vue de témoigner de la Bonne Nouvelle ! Cela me donne à réfléchir personnellement … MERCI Seigneur de m’avoir « envoyé » dans ce monde ! Je n’en suis pas digne, mais tu m’as choisi, tu m’as établi sur les nations (Jérémie 1 : 10) pour en faire des disciples !

C’est une grande responsabilité ! Mais l’amour de Dieu nous aide à l’accomplir … Nous pouvons compter sur l’oeuvre du Saint-Esprit qui touche les coeurs à salut car n’oublions pas que nous vivons concrètement l’envoi du Christ uniquement à travers Son amour pour ceux et celles qui n’ont pas Christ en eux.

Et toi, ami(e) lecteur(trice), qu’en penses-tu ? Tu le sais, le Seigneur, par le bain de la régénération (lire la Lettre à Tite), t’a amené(e) à une vie nouvelle, puis comme il l’a fait avec ses premiers disciples, Jésus t’a envoyé(e) et/ou t’envoie de par le monde pour exercer un ministère dans son éternelle présence !

Alors, que te dire pour finir ? Va ! au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit !!!

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : épisode 5, d’après Marc 2v1-12

Est-il plus facile de dire au paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou de dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ?(Source image Wikipédia : « le penseur », d’Auguste Rodin.1881-1882)

Dans cet épisode de notre série Pep’s café, Jésus nous pose « une colle » sur ce qui est « le plus facile (ou difficile) de dire…. ». Par Josiane, notre plume invitée du jour que je remercie, et d’après Marc 2v1-12

Cette semaine, Jésus est interrompu en plein enseignement par l’irruption d’un paralytique sur son brancard, descendu du toit de la maison par ses quatre amis.

En effet, c’était le moyen le plus efficace pour attirer son attention au milieu d’une foule si nombreuse que la maison ne peut accueillir toutes les personnes venues écouter Jésus.

Interpellé par la foi des amis de cette personne, il lui annonce le pardon de ses péchés…un peu contre toute attente. En effet, seul Dieu pouvait pardonner le péché des personnes, une fois qu’elles s’étaient acquittées de rituels bien précis.
“Pour qui se prend ce Jésus? Comment ose-t-il déclarer ce que seul l’Eternel peut dire?” Telles étaient les pensées des scribes autour de lui. Bien versés dans les Ecritures et la Loi, ils ne concevaient pas que Dieu puisse agir en dehors du temple, en dehors de leurs schémas religieux bien intégrés…et pourtant, Jésus a mis à mal leurs raisonnements : avec le pardon des péchés du paralytique et la guérison qui a suivi, il leur a montré que  Dieu pouvait bien agir “hors les murs” (physiques ou immatériels)…et que son autorité lui venait bien de Dieu.

Certains récits anciens, rapportent l’existence à l’époque où Jésus a vécu, de guérisseurs, opérant des “miracles” en Judée. Certains utilisaient cela pour se présenter comme des “messies”. Les docteurs de la Loi, ayant entendu parler de Jésus et de son ministère, s’attendaient surement à ce qu’il agisse comme ces guérisseurs, et donc opère un miracle en faveur de cet infirme…mais surtout pas qu’il annonce le pardon des péchés!

Jésus est venu annoncer un évangile à contre-pied des réflexes religieux, qui mettraient Dieu (et les autres!) dans une boîte. Notre Dieu fait ce qu’il veut (Psaumes 115 v3). Et surtout, il annonce le pardon à celui ou celle qui aurait peur de son jugement, de sa colère: voilà une bonne nouvelle!

Jésus ne s’arrête pas là: connaissant les pensées des Pharisiens, il leur pose une simple question, à laquelle il ne répond pas directement : Est-il plus facile de dire au paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou de dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ? (v.9)

Il n’y répond pas, mais dans la foulée il prononce une parole d’autorité dont l’effet est la guérison du paralytique, qui prend son brancard et s’en va en marchant. Pour ceux qui pensaient que la paralysie de cet homme était liée à son péché cet acte a confirmé qu’il a vraiment été pardonné par Dieu ! (et que Jésus avait bien l’autorité pour le déclarer)

En guérissant le paralytique, Jésus vient confirmer la puissance et l’autorité qui sont les siennes en tant que “Fils de l’homme” (terme utilisé par Jésus, peut être en référence au passage dans Daniel 7:13-14 décrivant le Messie attendu par les Hébreux): il est le seul habilité à guérir à l’intérieur (pardon des péchés) et à l’extérieur (guérison physique). Rien n’est “plus facile” ou “plus difficile” pour lui, au final ! Il a l’autorité pour les deux.

La bonne nouvelle qu’il annonce est une nouvelle qui libère l’être entier et s’inscrit parfaitement dans la suite de l’expulsion de l’esprit mauvais dans la synagogue, en Marc 1: des paroles, des actes, de l’autorité…avec pour résultat une foule frappée de stupeur et louant Dieu!

Et nous, quelle nouvelle annonçons-nous le plus facilement? Le pardon des péchés ou la guérison divine?

Ne serions-nous pas en train de rater la cible de l’évangélisation selon Jésus, en restant focalisé sur l’un des deux aspects au détriment de l’autre?

Que le Seigneur nous éclaire chacun face à cette question, et qu’il nous accorde audace, autorité et puissance dans notre témoignage individuel et en église.

En bonus, une prédication de Josiane sur le même sujet et le même texte, donnée (cette fois-ci en avance sur l’article !) dimanche 20/11/22 :

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : Episode 4, d’après Jean 5v1-16

Evangélisation au bord d’une piscine (Source image : rawpixel)

Dans cet épisode de notre série Pep’s café, une « évangélisation au bord d’une piscine » !  Mais pourquoi Jésus ne sauve-t-il pas tout le monde au lieu de cibler une seule personne qui n’attendait plus rien ? Par Louis-Michel, notre plume invitée du jour que je remercie, et d’après Jean 5v1-16.

Nous sommes à Jérusalem, au bord d’une piscine nommée Béthesda. Sous les cinq portiques de l’établissement, un grand nombre de malades y venait chaque jour …

L’apôtre Jean nous raconte que Jésus se tenait au bord de la piscine. Il vit alors un homme qui était malade depuis 38 ans !… Il était couché et attendait que quelqu’un veuille bien le porter jusque dans l’eau lorsqu’un ange apparaissait pour l’agiter … Beaucoup étaient guéris, mais jamais lui. Quelle tristesse !

Jésus lui fit grâce, il le guérit ! Comment ? Jésus s’est approché de l’homme, lisons ensemble cet événement : « Jésus le vit couché … il lui dit : Veux-tu être guéri ? » Là, il fait appel au plus profond désir de l’âme. Derrière la guérison il y a tant de réalités à découvrir et à vivre ! Continuons : « Lève-toi ! lui dit Jésus, prends ton grabat et marche ! Aussitôt, cet homme fut guéri » … Jésus, après le désir, fait un appel à la foi de l’infirme et à son obéissance. C’est l’une des merveilles de Dieu : la guérison … Le hic, c’est que l’on était jour de sabbat … Voyez de suite la réaction des religieux qui voulaient sans cesse le faire mourir ! Cependant, ils avaient tort puisque la loi de Moïse n’empêchait pas le transport de charges (l’interdiction venait de l’interprétation de la tradition).

Une question se pose : « Pourquoi Jésus ne sauve-t-il pas tout le monde au lieu de cibler une seule personne ? ».

L’enseignement qui suit cet événement répond à cette question. Jésus est le FILS DE DIEU, DIEU LUI-MÊME (Jean ch.1) … mais « les siens ne le reçurent pas » … C’est le drame des hommes religieux. C’était le drame du fils aîné qui ne comprenait pas la joie du père quand le cadet est revenu … C’était le drame de cet homme qui n’avait pas « d’habit de noces » (Matthieu 22v1-14).

Eh oui, tu ne peux pas entrer dans la salle des noces si tu n’as pas reçu, selon la coutume, l’habit remis par l’hôte à ses invités. Le roi est venu dans la salle du festin pour constater la joie de la foule rassemblée. Mais il voit un homme tout seul, sans habit. Alors, Jésus s’approche du convive et lui demande amicalement avec compassion (il dit « mon ami ») pourquoi il n’a pas d’habit. Vous le savez, l’homme avait triché pour entrer, il n’a donc pas reçu l’habit de fête !

Oh ! Jésus n’est-il pas Lui-même notre vêtement ? Paul nous exhorte : « Revêtez Christ ! ». Un jour, au Retour de Jésus, dans le sabbat éternel, nous participerons au festin des noces de l’Agneau (Apocalypse 19), quelle fête ce sera !!!

Oui mais, celui qui n’aura pas revêtu Christ n’en fera pas partie. Jésus n’a-t-il pas dit : « Ce ne sont pas ceux qui me disent Seigneur Seigneur qui entreront dans le royaume des cieux … je ne vous connais pas ouvriers d’iniquité, retirez-vous de moi …! (Matt.7v21 et ss)

Heureusement que Jésus-Christ a donné Sa vie, et qu’il s’est fait péché pour porter le jugement divin à notre place. Non, tout le monde ne veut pas de « ce si grand salut » (Héb.2v3) ! Alors Jésus connaissant le coeur de l’homme choisit une relation personnelle. Il a vu la patience et le désir de ce vieil homme, il a vu sa foi, il y a répondu !!!

Si vous êtes dans la situation de cet homme à Béthesda, alors prenez la guérison de Dieu pour vous et louez Dieu ! Soli Deo Gloria !

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : épisode 3, d’après Jean 6v1-71

La scène de la multiplication des pains dans « l’Evangile de Jean »(2014), de la série « 4 Evangiles – les films », de David Batty.

Voici, au cœur de l’épisode 3 de notre série Pep’s café, « une méga campagne d’évangélisation » (et un pique-nique géant !) de Jésus, mais avec bien peu de fruits, semble-t-il….. Par Yannick, notre plume invitée du jour que je remercie, et d’après  Jean 6v1-1522-71

S’il y avait plus de miracles lors de nos campagnes d’évangélisation, nos contemporains seraient plus attirés à Christ. Vivons la puissance de l’Evangile ! Si nous nous contentons du peu que nous avons, l’Eglise ne grandira jamais. Demandons à Dieu les signes qu’il nous donnera si nous les lui demandons dans la foi.

Sauf que les miracles n’ont jamais amené plus facilement à Jésus. Ah ! Je sais, c’est osé, alors laissez-moi qualifier cela. Dans l’Evangile de Jean, les miracles ne font pas de vraie différence dans l’évangélisation. Oups. Non, laissez-moi préciser encore. En fait, bien sûr que les miracles ont un impact. Ils permettent de distinguer ceux qui ont vraiment cru de ceux qui disent simplement avoir cru. Les miracles ont un effet d’éloignement. Ils n’attirent pas plus qu’ils éloignent.

Prenez Jean 6. Dans les 15 premiers versets, nous trouvons ce miracle quand même impressionnant de la multiplication des pains. Si vous voulez du miracle bien frappant qui devrait attirer des foules, là il y a du lourd ! D’ailleurs ce miracle a bien attiré les foules… qui ont voulu faire de Jésus un roi politique.

Jésus vient de faire un miracle très semblable… à celui de la manne. Jésus est le Yahweh de l’Ancien Testament. Et pourtant ! Voilà certains des juifs qui ne peuvent que lui dire : « Quel miracle fais-tu donc, lui dirent-ils, afin que nous le voyions et que nous te croyions ? Quelle œuvre fais-tu ? » (v. 30) Ironique aussi qu’ils disent à Jésus que Dieu, « leur Dieu », a donné à manger à Israël dans le désert… oui parce que Jésus, lui, il a fait quoi ? Inviter tout le monde au resto ?

Ironie, incompréhension, et abandon. Plusieurs de ceux qui avaient suivi Jésus finissent par l’abandonner (v. 66). Une campagne d’évangélisation qui avait pourtant bien commencé, avec un bon gros miracle, finit presque en queue de poisson. Certains s’éloignent de Jésus… ils ont vu, ont marché sur le chemin, et choisissent de le quitter. D’autres sont renforcés dans leur rejet : le miracle leur voile les yeux. Leur absence de foi est un aveuglement. Par la grâce de Dieu, certains confessent que Jésus a « les paroles de la vie éternelle » (v. 68). Le miracle vient trancher, séparer, épurer. Il est presque une occasion de jugement, de discernement.

Lorsque nous nous demandons comment « attirer » des gens à Christ, n’oublions pas pourquoi ils ne croient pas. Ce n’est pas d’abord à cause d’un manque de preuves, de miracles, ou de beau discours. C’est un aveuglement spirituel. C’est d’abord à cela que nous avons à faire. C’est pour cela que l’annonce de la bonne nouvelle se fait par Christ et en l’Esprit ! En nous rappelant de cela, nous mettrons nos œuvres et nos miracles à la bonne place : sous la providence de Dieu, qui fera en sorte que pas un seul de ceux qu’il sauvera ne se perde (v. 39).

En bonus : une prédication de Raphaël, donnée le dimanche 27/11/22, sur un sujet à peu près « voisin » et d’après Jean 4v27-42 : « le pain d’en haut », qui est « la nourriture de Jésus », nous paraît-il suffisant ? Ou ce que Jésus nous enseigne quant à la volonté du Père.

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : Episode 2, d’après Marc 1v21-28

Jésus aurait pu être un « prédicateur » ou un « rabbi » parmi d’autres. Mais à peine commence-t-il à prêcher qu’il frappe les esprits – dans tous les sens du terme ! (Enrique Irazoqui dans l’Evangile selon Saint Matthieu de Pasolini)

Dans cet épisode, une prédication de Jésus dans une synagogue et « une nouvelle doctrine » d’autant plus frappante que Jésus n’enseigne pas comme les autres : non pas « en paroles seulement », mais « en puissance », « avec autorité ». D’après Marc 1v21-28, par Caroline, notre plume invitée du jour que je remercie.

Au moment où Jésus commence son ministère en Galilée, il est loin d’être un prédicateur isolé ou le seul rabbi qui fait parler de lui. Avant lui, Jean-Baptiste, son cousin, a déjà enseigné les foules et baptisé ceux qui voulaient changer de vie en se repentant de leurs péchés. Un peu partout en Israël, des rabbis forment leurs disciples et prêchent dans les synagogues. Des docteurs de la loi coupent les cheveux en quatre, tandis que des prophètes se lèvent et annoncent la fin des temps. Jésus aurait pu passer presque inaperçu au milieu de cette effervescence religieuse. Mais à peine commence-t-il à prêcher qu’il frappe les esprits – à tous les sens du terme !

Sa première prédication dans la synagogue de Capernaum en est une parfaite illustration : ce qui frappe d’abord, c’est qu’il parle « avec autorité » (l’évangéliste Marc emploie ici deux fois le terme grec « exousia » qui signifie autorité) et aussi qu’il parle d’une manière nouvelle. Mais plutôt que de nous donner le contenu de son message, l’évangeliste choisit de nous livrer la prédication de Jésus en actes, à travers le récit de la délivrance d’un homme tourmenté par un esprit impur qui se trouve de manière très étonnante dans la synagogue. Ce premier exorcisme nous fait découvrir que la présence et la parole de Jésus provoquent une sorte de « coming out » des esprits mauvais (le phénomène se répète d’ailleurs tout au long de l’évangile).

Le message est clair : quand le règne de Dieu s’approche, l’ennemi tremble, il se manifeste car il sait que sa fin est proche. Jésus ne se contente pas d’annoncer le règne de Dieu, il l’illustre et l’incarne dans cette autorité qu’il déploie en paroles et en actes contre les esprits mauvais. Sa prédication est en quelque sorte une prédication de combat.

Ce que nous comprenons aussi c’est que l’autorité de Jésus n’est pas simplement due à une éloquence particulière ni à sa personnalité charismatique. La prédication de Jésus est une prédication qui, de manière visible, fait ce qu’elle dit. Sa parole est performative, à l’instar de celle du Dieu créateur, au chapitre premier de la Genèse : « il dit et la chose arrive ». C’est sans doute cela qui la rend tout à la fois nouvelle, puissante et déconcertante.

En bonus : une prédication de Caroline sur le même sujet et le même texte, délivré dimanche 13/11/22

Antidote : le jeu de cartes pour (re)créer du lien et semer la bonté de Dieu !

Dans un contexte anxiogène où tout est sujet de division, voici enfin…l’Antidote qui invite à sortir de la solitude, pour semer l’espérance, la joie et la justice !

Conçu lors de l’édition 2021 de « Hack My Bible », organisée par l’Alliance Biblique Française, et sorti le 14/10/22 chez Bibli’O, « Antidote » est un ingénieux jeu de 52 cartes, chacune comportant un verset biblique et un défi viral, pour (re)créer du lien et semer la bonté de Dieu autour de soi ! Lorsqu’un défi est réalisé, il faut laisser la carte à la personne bénéficiaire, qui a son tour vivra le défi et transmettra la carte.

Exemples de missions et versets : 

« Donne cette carte à la prochaine personne qui te demande son chemin »/ « Jésus dit : je suis le chemin, la vérité et la vie »

« Propose ton bras à une personne âgée et accompagne-la dans son trajet en l’écoutant. », 

« Choisis un livre que tu aimes particulièrement, offre-le à un ami, en plaçant cette carte à ta page préférée » / « Dieu aime celui qui donne avec joie ».

« Fais de cette journée une fête ! (Par exemple, change l’eau en vin :)) », 

« Choisis quelque chose dont tu doutes et décide de faire confiance »,

« Prends du temps au téléphone avec quelqu’un que tu n’as pas contacté depuis longtemps » / « Dieu me réapprend à écouter. » [oui, oui : c’est bien dans la Bible !]

Le choix des versets bibliques a été fait en croisant 2 axes :
–       La dynamique spirituelle verticale (lien avec Dieu) et horizontale (lien à autrui et à la nature, la création).
–       Les langages de l’amour : des paroles valorisantes, des temps de qualité, les cadeaux, les services rendus et le toucher physique.

« Ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat », dit Dieu dans la Bible.

A vous de jouer !

Disponible dans toutes les bonnes librairies ou chez l’éditeur

Merci à Laurène de La Chapelle, chargée de communication auprès de l’Alliance Biblique Française, pour m’avoir envoyé le jeu en « service presse » !

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : Episode 1, d’après Marc 1v14-15

Imaginez, au milieu d’une réunion de préparation pour la prochaine campagne d’évangélisation, quelqu’un se lève et lance : « voilà ce que nous devons dire : repentez-vous et croyez ». Source image : Affiche du film « Jimmy Hall » de Ken Loach, (2014)

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu, le cœur de son message ne commence pas par un « Dieu vous aime », mais par l’annonce de la venue d’un règne et d’un appel à la repentance ! C’est « une bonne nouvelle », ça ? Voici l’épisode 1 de notre série Pep’s café, par Yannick, notre plume invitée du jour que je remercie, et d’après Marc 1 v14-15.

Annoncer l’Evangile ? D’accord mais par quoi commencer ? Le Nouveau Testament nous offre des angles d’approches multiples tu « toi suis-moi » au salut par la seule foi. L’Evangile de Marc nous peint une image surprenante. Re-découvrons-là : « Après que Jean eut été livré, Jésus alla dans la Galilée ; il prêchait la bonne nouvelle de Dieu et disait : Le temps est accompli et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle. » (1.14-15)

Je ne sais pas si Jésus ferait bien sensation de nos jours. Imaginez une réunion de préparation pour la prochaine campagne d’évangélisation. Tout le monde cherche les moyens les plus pertinents pour « rejoindre » les personnes là où elles sont. Comment construire des ponts avec ce que nos contemporains croient ? Et là, en plein milieu d’un brainstorming intense, quelqu’un que personne n’avait vu entrer se lève et lance : « Repentez-vous et croyez à Jésus… voilà ce qu’on devrait leur dire ! » Entre vous et moi… personne ne serait partant. Pas assez « sexy » comme message. Pas assez attirant. C’est un message qui ne peut pas être entendu. C’est pourtant le message de Jésus.

Frappant dans ces deux versets ? Marc ne nous dit pas ce qu’est la « bonne nouvelle ». Du moins… il faut revenir au verset 1 : « Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu. » La bonne nouvelle c’est tout ce que Marc vient de décrire : l’Ancien Testament accompli (v. 2), la promesse du Messie et de l’Esprit (v. 8), le Fils serviteur et humble dans son baptême (v. 8), la venue du Fils bien-aimé (v. 11), la soumission des anges au Christ (v. 14). Tout cela, c’est la bonne nouvelle de Jésus-Christ. Cette annonce est bonne parce que c’est l’accomplissement de la fidélité de Dieu qui veut sauver son peuple en se faisant lui-même homme.

Voilà ce que nous devons dire : Repentez-vous, et croyez. Croyez en Dieu qui s’est fait homme. Croyez en Dieu qui est fidèle. Croyez en un Dieu qui par amour envoie son Fils bien-aimé.

Dans un monde prêt à se soumettre à n’importe quelle autorité, n’importe quelle tyrannie, même la plus douce, continuons de dire la force de la Bonne nouvelle : la repentance est une libération parce qu’elle brise les liens de nos idoles. Dieu se fait homme et serviteur. Dieu est pour nous.

Dans ces deux versets de Marc, la double annonce de la repentance et de la bonne nouvelle sont unis dans la proclamation du royaume. Chez Marc, le cœur de la proclamation de Jésus c’est le royaume : Dieu vient régner sur son peuple. Jésus proclame la venue du royaume, et donc du roi… tous sont invités à venir à sa suite en reconnaissant son règne.

Le roi qui règne, la repentance, la bonne nouvelle de Jésus-Christ. Voilà ce qui est, pour Marc, notre évangélisation.

Bonus : Egalement à écouter, sur le même sujet et le même texte, une prédication de Thomas, du Temple du Marais (Paris), que je remercie !

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : Episode « pilote », d’après Luc 4

La façon dont Jésus prêche l’Evangile de Dieu a de quoi changer notre regard sur le marketing de l’Évangile (Source image : public domain pictures)

« Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu », il veut que la lettre morte devienne vivante, que l’information devienne bonne nouvelle, et que la Parole ancienne devienne nouveauté de vie. Episode « pilote » de notre série Pep’s café par Gilles, notre plume invitée du jour que je remercie, et d’après Luc 4.

Au tout début de l’évangile de Luc, Jésus est mis en situation d’être un « simple prédicateur » à l’occasion d’une lecture de la parasha, le texte du jour à la synagogue. Il lit le rouleau d’Esaïe dans ce passage que nous avons référencé comme Esaïe 61 : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. »

La Bonne nouvelle c’est que tout est accompli déjà, alors qu’on est encore très loin du « tout est accompli » de la Croix. Tout est accompli parce que Jésus ne se contente pas de lire le texte, de prêcher sur ce passage, il est le texte, il est la manifestation de ce qui est dit dans le texte.

Trop souvent nous considérons l’évangélisation comme une forme de campagne d’information. Nous informons sur la perdition, nous informons sur le salut, nous informons sur Dieu et son Fils. Mais pour Jésus, il s’agit d’incarner la Parole. Et sa façon de se réapproprier le texte (y compris en le tordant, vous pourrez aller relire Esaïe), c’est pour que la Bonne nouvelle ne soit pas une information mais une puissance de transformation. Ce que Paul dit quand il exprime en 1 Corinthiens 2,4-5 : « Ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. »

Ce qui nous donne à penser que l’évangélisation ne doit pas être d’abord une campagne d’information, mais une puissance de transformation. Il ne suffit pas de dire des choses justes, mais il faut les acter. Il ne suffit pas de promettre le changement de vie et le renouvellement, il faut l’offrir, comme le Dieu qui offrait la lumière au monde en disant « Que la lumière soit ! ».

Donc non seulement, si nous sommes de vrais suiveurs de Jésus, nous transformons la lettre morte en parole vivante par la présence et l’action du Saint-Esprit, mais, mieux encore, nous prenons des paroles anciennes, vues par nos interlocuteurs comme des paroles vétustes, et les faisons advenir au statut de paroles de vie, de Paroles vivantes, qui apportent la vie à l’oreille et à tout l’être de ceux qui l’entendent. Paul ne s’y était pas trompé : « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. » (Romains 10,17).

De quoi changer notre regard sur le marketing de l’Évangile et autres séductions qui donnent à penser que la qualité de l’emballage donnera envie aux consommateurs de choisir notre produit plutôt que celui qu’essayent de vendre les autres.