Play it (again) : « X-Men : le commencement » ou les enjeux de la communauté

« X-Men : le commencement » ou les « bonnes ou mauvaises » raisons qui poussent des gens différents à se rassembler et à s’unir….
(Scène du film de Matthew Vaughn, avec, au premier plan : Michael Fassbender et James McAvoy)

Pour ceux qui sont « allergiques » aux films de super-héros en général et peu familiers des « X-Men » en particulier, « First class », ce « spécial origines » sorti en 2011, que j’ai personnellement beaucoup apprécié, est une bonne façon de commencer de s’initier au genre, sans oublier de s’interroger sur des enjeux très contemporains, à l’heure des tentations de repli identitaire et des dérives communautaristes.

Parmi les points forts de cet opus, particulièrement captivant, subtil et touchant, relevons une véritable intelligence – et un amour certain – dans le traitement à l’écran de personnages à la fois surhumains et très (trop) humains ; un scénario inspiré, nous racontant l’histoire et les raisons du rassemblement des mutants, avant leur division en deux « clans » (selon leur positionnement – « pacifique », défendu par « le professeur X » ou « belliciste », défendu par « Magneto » (1)vis-à-vis des humains « normaux » qui les craignent ou se méfient d’eux), dans un contexte de guerre froide, où les X-Men sont aux ordres de la CIA en pleine crise des missiles de Cuba(16-28 octobre 1962). Enfin, le métrage nous invite à un pertinent questionnement sur les « bonnes ou mauvaises » raisons qui poussent des gens différents à se rassembler et à s’unir, et sur ce qui fait tenir une communauté : pour quoi être ensemble ? Au nom et autour de qui, de quoi ?

Ainsi, dans le cas de nos « X-men », ceux-ci se mettent à part des humains, car tenus à l’écart par eux. Dès lors, réunis sur le seul fondement d’être « contre » (« contre » la haine des autres, « contre » la peur d’être seul…), comment ces exclus peuvent-ils vraiment être ensemble ? Quelle place à l’amitié et à la confiance ? Comment « être mutant et fier de l’être » (dixit « Raven », métamorphe de couleur bleue), quand certains – d’apparence « normale » (tel « le professeur X », télépathe et « maître à penser », fondateur d’une école pour mutants où l’on apprend à découvrir, développer et maîtriser ses dons) – semblent plus privilégiés que d’autres, dont la mutation est plus « visible » ?

Bref, « X-Men : le commencement » est un « film de genre » qui se distingue, en ce qu’il remplit sa mission de divertissement sans sacrifier l’intelligence.

 

En bref :

X-Men : le commencement (X-Men: First Class). Réalisé par Matthew Vaughn (USA, 2011). Avec James McAvoy (Charles Xavier alias Pr X), Michael Fassbender (Erik Lehnsherr alias Magneto), Jennifer Lawrence (Raven alias Mystique), Kevin Bacon (Sebastian Shaw), Nicholas Hoult (Hank McCoy alias Fauve)…..

A lire, pour aller plus loin : « Etrangers dans la cité » de S. Hauerwas/W.H. Willimon.

 

Note : 

(1) Ces deux personnages de leaders mutants, créés par Stan Lee et Jack Kirby en 1963, sont inspirés de Martin Luther King (pour le Professeur X) et de Malcom X (pour Magneto).

Lagaan : l’esprit d’équipe « made in India »

L’esprit d’équipe selon « Lagaan »(« Once Upon a Time in India »), un film indien réalisé par Ashutosh Gowariker(2001)

Lagaan : Once Upon a Time in India est un film indien, produit et réalisé par Ashutosh Gowariker (2001), revu cet été sur dvd avec beaucoup de plaisir.

De l’aveu de son auteur dans une interview pour Critikat, il s’agit d’ « une production familiale » avec « un héros, un méchant, un trio amoureux »(1), qui a été un succès commercial. En effet, « si l’on veut un film qui marche au box-office, il faut faire un film d’amour », explique encore Ashutosh Gowariker(1).

De quoi ça parle ?

 En 1893, au centre de l’Inde, les villageois de Champaner attendent en vain la mousson. Pour humilier ce peuple au bord de la famine, le capitaine Russel, chef de la garnison britannique, veut doubler le « lagaan », l’impôt sur les céréales. Le jeune Bhuvan, qui dirige la protestation contre cette injustice, se voit proposer par l’officier un terrible pari : si les Indiens battent les Anglais au cours d’un match de cricket, ils seront exemptés de « lagaan » pendant trois ans ; s’ils perdent, ils devront payer un triple impôt. Bhuvan accepte le pari mais n’a que trois mois pour former son équipe…et apprendre à jouer ! 

A l’instar des sept samouraïs, Lagaan a tout du « film parfait » : tout public, patriotique (mais non nationaliste), et épique, généreux et rafraichissant, avec plusieurs scènes de chansons et de danses, il relate sous un angle original (une compétition sportive au centre de tous les enjeux) comment des paysans opprimés doivent oublier leurs différences (de religion, de caste, d’ethnie ou de condition physique, sans oublier les conditions d’âge) et s’unir dans un but commun, pour une question de vie ou de mort. Ainsi, il est possible qu’un « fou », un muet, un handicapé de la main (mais à la façon unique de faire vriller une balle) et un jeune garçon se retrouvent dans une même équipe ; que des ennemis traditionnels – un hindou et un musulman –  combattent (pacifiquement) ensemble, et qu’un brahmin et un dalit (« intouchable » ou « paria » et « maudit ») se touchent. Ainsi, «  ce qui est folie, faible, vil ou méprisé dans le monde peut être choisi pour confondre les sages, les forts et les prétentieux » (cf 1 Cor.1v27-28). Certes, la cause paraît dérisoire ou perdue d’avance, mais, porteuse de sens, elle dépasse les challengers indiens, impliquant toute la communauté de Champaner : les villageois, qui jouent pour leur survie, quand les anglais (les dominateurs) jouent pour se distraire, feront preuve d’un véritable esprit d’équipe « made in India », et en ressortiront grandis individuellement et soudés collectivement à la suite de diverses épreuves.

A noter enfin, bien présente dans le film et comme déjà souligné plus haut, une dénonciation particulièrement culottée du système des castes, un sujet qui tient le réalisateur à cœur. Ce dernier pense-t-il que le cinéma en Inde, parce que très populaire, pourrait contribuer à changer les mentalités ? « Si vous voulez que le cinéma change les mentalités et les attitudes, vous devez faire vingt films sur le même sujet et les diffuser à la suite les uns des autres pendant au moins cinq ans », répond-t-il. « Je ne dis pas que le système des castes doit être éradiqué. C’est impossible. Avec beaucoup d’efforts, il est possible d’éradiquer la pauvreté. Mais le système des castes ne bougera pas. Ce qu’on peut changer, c’est une attitude, la tolérance entre castes…. » (1)

 

En bref : « Laagan » (« Once Upon a Time in India »). Réalisé par Ashutosh Gowariker (Inde, 2001). Produit par Aamir Khan Productions. Musique de A.R. Rahman.
Avec Aamir Khan (Bhuvan), Gracy Singh(Gauri), Rachel Shelley (Elisabeth Russel), Paul Blackthorne (Capitaine Russel), Yashpal Sharma (Lakha, le rival de Bhuvan), Amin Hajee (Bagha, l' »Hercule » muet et son tambour), Shri Vallabh Vyas (Ishwar, le médecin du village et père de Gauri), Rajesh Vivek (Guran, « l’astrologue fou »),  Aditya Lakhia (Kachra, l’intouchable), Amin Gazi (Tipu, le neveu de Bhuvan)…..

Durée : 3h40.

Nominé aux Oscars en 2002 dans la catégorie du « Meilleur film étranger », et plusieurs fois primé dans des festivals européens (dont celui de Locarno).

Une chanson : 

« Chale chalo » (une séance d’entraînement très rythmée)

 

 

 

Note : 

(1) https://www.critikat.com/actualite-cine/entretien/ashutosh-gowariker/

Les 7 Samouraïs : réflexion, action !

Une scène du film « Les 7 Samouraïs » d’Akira Kurosawa. Au premier plan, l’acteur Toshiro Mifune.

Un nouvel épisode de la série « watch it (again) », une invitation à revisiter les grands classiques, ou quand mon frère et ami Pierre-Louis s’essaye – avec succès, comme vous allez le voir – au difficile exercice de chroniqueur cinématographique. Qu’il en soit remercié !


De quoi ça parle ?

Les 7 samouraïs est un film japonais réalisé par Akira Kurosawa, en 1954.

Le scénario de ce film met en avant, dans un Japon du XVIe siècle, les paysans d’un village isolé, faisant alliance avec des samouraïs, contre la menace de bandits.

Dans le souci de ne priver personne d’une belle découverte, voyons ci-dessous une proposition de séquencement en 5 actes principaux :

  1. La mauvaise nouvelle : le village apprend le projet de pillage des bandits.
  2. Le recrutement : la conviction du vieux samouraï de donner sa vie (contre un bol de riz).
  3. La stratégie défensive : une nécessaire prise de hauteur, préparation du village.
  4. La bataille : la gestion du groupe dans l’effort, la gestion des crises internes.
  5. Le rétablissement : morale de l’histoire sur le sens de la vie, la justice (etc.)

Comment ça nous parle ? Clés de décryptage

Jusque-là, pas de difficulté à comprendre de quoi traite le film. Pourtant, si l’on dispose de 3h20 pour se plonger dans cette réalité fictive, ayant pu prendre place dans un contexte (temporel, géographique, relationnel, culturel) spécifique, il peut y avoir 2 approches :

  • Une approche passive : consiste à lancer le DVD et bien voir ce qui arrivera
  • Une approche « semi-avertie » : consiste à partir dans cette aventure avec un trousseau de clés de compréhension. Elle permet au spectateur de décoder rapidement les éléments de contexte pour aller au cœur du message, et se laisser interroger par l’œuvre.

Les éléments de forme fluidifient notre compréhension du contexte et de l’histoire, en apportant un grand nombre d’informations (explicites ou abstraites) pour enrichir notre immersion.

Dans notre film, chaque prise de vue est une histoire dans l’histoire, au sein de laquelle l’auteur associe plusieurs éléments de forme :

  • Les expressions et postures individuelles :

Le jeu d’acteurs est (volontairement ou culturellement) franc et marqué, dans les expressions et les postures. Cela a pour effet de fluidifier notre compréhension des émotions, prises de parole et des relations entre personnages. Les nombreux rictus des personnages nous permettent de décoder avec aisance les personnalités et tempéraments de chaque personnage.

  • Les éléments de décor :

Le climat météo, les matières, les objets… Rien n’est laissé au hasard, pour nous donner des indices sur le contexte émotionnel de l’histoire en général et de chaque scène individuellement. La pluie vient souvent appuyer un effet de solitude, d’intimité, ou de deuil.

  • Le séquencement et les techniques de prise de vue :

Les effets de groupe, les déplacements, la durée des prises de vue, les transitions et les ruptures, résultent d’un choix judicieux pour amener le spectateur dans un effet de mouvement. Par exemple, une scène filmant un groupe pourra servir à amplifier un passage clé dans l’histoire. A contrario, une scène filmant un personnage seul nous permettra d’en savoir plus sur son contexte et sa personne.

L’histoire du film nous amène à obtenir une interprétation personnelle des faits relatés :

Au-delà d’une forme richement travaillée, Les 7 samouraïs est une œuvre s’appliquant à livrer une image fidèle de chaque personnage et du contexte temporel au spectateur. Cela nous aide à nous identifier aux personnages.

Dans sa version non-coupée, d’une durée de 3h20 environ, l’auteur alterne sur le fonds entre des scènes sur le contexte social et culturel des paysans et des scènes d’actions nous emmenant dans le déroulement de l’intrigue.

L’auteur, lui-même issu d’une famille de samouraïs, propose une œuvre riche de sens. Sur le fonds, l’auteur s’appuie sur une description fidèle du contexte des samouraïs et des paysans de l’époque.

Il peint un tableau avantageux de Kanbei, le samouraï selon son cœur. Ce chef de groupe est un samouraï faisant preuve de sagesse, de patience, de leadership, de concentration, de prise de recul, témoignant d’un amour certain pour son prochain.

Il associe autour de ce personnage des paysans et d’autres samouraïs. Les paysans sont craintifs, grégaires, et révèleront le courage et l’esprit d’équipe en eux une fois mis en confiance. Les samouraïs, eux, sont avantageusement mis en contraste avec une société violente et égoïste, qui renie, marginalise, et violente les faibles.

On penserait que l’auteur propose d’associer samouraïs et paysans dans une nouvelle relation où les deux camps font alliance contre l’ennemi. Il faut cependant attendre le final pour comprendre le constat tiré par l’auteur sur cette perspective.

Pourquoi ça nous parle ?

Je recommanderais de voir ce film pour ce qu’il est et, au-delà de ce qu’il dit, pour la manière dont il questionne le spectateur sur lui-même. Il nous encourage à prendre position par rapport aux situations complexes du point de vue relationnel et émotionnel (prêter attention à la manière dont le contact se crée entre samouraïs et paysans).

De nombreuses analogies sont possibles entre les scènes de ce film et notre manière d’agir au sein d’un groupe, de celui qui prend la tête des opérations à celui qui agit dans son coin. L’auteur s’applique à mettre en exergue ce qu’il considère bien (charisme, enthousiasme, sagesse, primauté du groupe sur l’individu) et mal (peur, rejet, injustice etc.).

En ouverture, ce film m’a ouvert à réfléchir sur la marche du chrétien. Au départ, semblables à des moutons égarés, on voit les paysans prendre peu à peu confiance en Kanbei, chef des samouraïs (notre chef étant Christ). Dès lors qu’ils avouent leur faiblesse, sortent de leur zone de confort, et se positionnent de son côté (cf. notre confiance Christ, et non en notre intelligence, ou dans les choses matérielles), ils s’approprient leur salut. Ils se disciplinent, revêtent leurs armes et remportent leur victoire selon le plan que Kanbei avait décrit. La fin du film illustre également un des pièges majeurs de notre marche en Christ, et nous questionne sur le motif fondateur de notre relation avec Jésus.

Bon visionnage.

 

Le voir : en salle ou en DVD, grâce à cette édition récente :

Les 7 Samourais (Shichinin no Samurai), d’Akira Kurosawa (Japon, 1954). Ed. 2 DVD Joker, 8 novembre 2017. N&B, 3h27. Avec Toshirô Mifune (Kikuchiyo), Takashi Shimura (Kanbei, le chef des samouraïs)….

Nouveaux sous-titres adaptés et écrits par Catherine Cadou. Bonus : « Kurosawa, la voie » de Catherine Cadou, avec Martin Scorsese, Clint Eastwood, Bong Joon Ho… (49′), « Un western diluvien » : rencontre avec certains membres de l’équipe du tournage (20′), Making of promotionnel de 1954 (muet), Bandes-annonces (ressortie Japon + ressortie salles françaises 2013)

Bonus : la bande annonce du film

 

 

Des films à voir avec son père, pour sa fête

Le 18 juin : « un appel » pour les pères, « appelés » à être des pères, tout simplement !

La fête des pères aura lieu le 18 juin, cette année.

Ces derniers entendront-ils leur « appel » personnel ?

 

Au-delà du jeu de mot facile, l’occasion est là pour offrir à son père, non pas une énième cravate ou un briquet, mais de voir ou revoir ensemble un film original susceptible d’interpeller et de faire parler.

Voici donc des films, la plupart déjà chroniqués sur « Pep’s café », où il est question de pères appelés « à se lever » et à « s’exposer » pour 1)« revenir », afin de retrouver celui que l’on a soi-même abandonné, le croyant perdu ou 2)« (re)devenir » une source d’inspiration :

« Courageous ». Avec sa fameuse « résolution »…..à faire signer à des pères réunis en week-end ?

« De toutes nos forces » :  un film tiré d’une histoire vraie, celle d’une redoutable épreuve qui réconcilie un père avec son fils handicapé.

« Le Convoi sauvage » (« Man in the Wilderness »), bien avant “Revenant”. Avec une très belle scène particulièrement insolite, propre à faire prendre conscience de la force et à la valeur de la vie et de l’amour et une dernière réplique marquante, qui rappelle Malachie 4v6, où il est question de (l’esprit d’) « Elie le prophète », qui « fera retourner le cœur des pères (biologiques et/ou spirituels) vers les fils, et le cœur des fils vers leurs pères…. »

Mais aussi à 3) « accompagner », pour aider à persévérer dans une démarche personnelle : « A Perfect day ».

Ou tout simplement 4) pour être « aimant », jusqu’au don de soi : « CJ7 » (1).

Avec une belle compétition entre un père et son fils, pour savoir qui écrasera le plus de cafards avec les pieds !

C’est à tout cela que l’on reconnaît un père, dit-on….

Et vous ? Que proposeriez-vous, pour enrichir cette liste ?

En attendant, bonne fête à tous les papas !

 

Note :

(1) Si vous avez de jeunes enfants, c’est le film idéal, mais à condition de ne pas chercher à en savoir trop, pour ne pas gâcher l’effet de surprise. La scène de début vaut son pesant d’or, puisqu’elle illustre assez bien le décalage possible entre « les valeurs » qu’un père peut donner à son fils et « les valeurs » dominantes, celles « de la majorité » : lorsqu’un professeur demande aux élèves d’une école privée huppée ce qu’ils veulent faire plus tard, les petites filles expriment leurs rêves de célébrité et les petits garçons ambitionnent de devenir riches et puissants. Dickie, quant à lui, déclare vouloir devenir « quelqu’un de pauvre », parce que l’essentiel pour être respecté-« même si on n’a pas d’argent »-selon ce que lui a enseigné son papa, manœuvre sur un chantier, est d’être « gentil », « pas bagarreur », « travailleur » et « de ne pas raconter de salades ». Un « rêve » qui provoque les moqueries de la classe et l’incompréhension du professeur…..

“Le discours d’un roi” : qui est « plus fort » que « plus fort que lui » ?

Le discours d'un roi, film britannique de Tom Hooper(2010), avec Colin Firth et Geoffrey Rush

Le discours d’un roi, film britannique de Tom Hooper(2010), avec Colin Firth et Geoffrey Rush

Ces derniers jours, j’ai eu l’occasion de revoir pour la première fois sur DVD « Le Discours d’un roi »(1), un film vu en salle à sa sortie.

En gros, il s’agit de l’histoire d’un roi appelé à faire quelque chose qu’il est incapable de faire : parler en public.
Il y parvient finalement, surmontant sa peur – moteur de son handicap – en plaçant sa confiance en quelqu’un de pourtant « peu recommandable », « qui n’avait rien pour attirer le regard » (Es.52v14, 53v1-3), et qui est devenu pour toujours son ami, son confident.

Son fameux discours final sera prononcé, non pour « le monde entier », mais pour cette seule personne, qui recevra l’Ordre royal de Victoria, le 11 mai 1937 et sera élevé au rang de Commander (CVO) en 1944. « Tout ce que vous faites, faites-le comme pour le Seigneur et non pour les hommes », nous enseigne Colossiens 3v23.

Cette histoire, édifiante, telle une parabole, nous rappelle que si nous disons que quelqu’un ou quelque chose « est plus fort que nous », Celui qui est « en nous » – et en qui nous avons placé notre confiance – est plus fort que tous les hommes forts réunis(Luc 11v21-22 et cf Hébr.2v14-15. Ce qui nous paraît « plus fort que nous » n’est, en définitive, « pas plus fort que nous ».

D’autre part, tenter d’aider quelqu’un à faire ce qu’il n’était pas capable de faire, dans le « un à un », peut nous paraître parfois dérisoire. Mais au final, le tandem « George VI/Lionel Logue » révèle le bénéfice de la démarche, au profit d’une nation entière et même au-delà.

 

 

Notes :

(1) Le Discours d’un roi (The King’s Speech)
Angleterre – 2010 (Sortie française, le 2 février 2011)
Réalisation: Tom Hooper
Durée: 1h58

Avec Colin Firth (George VI), Helena Bonham-Carter (Elizabeth), Geoffrey Rush (Logue)…

Résumé : D’après l’histoire vraie et méconnue du père de l’actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l’abdication de son frère Edouard VIII (Guy Pearce). D’apparence fragile, incapable de s’exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI tentera de surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme (Helena Bonham Carter) et d’affronter ses peurs avec l’aide d’un thérapeute du langage (Geoffrey Rush) aux méthodes peu conventionnelles. Il devra vaincre son bégaiement pour assumer pleinement son rôle, et faire de son empire le premier rempart contre l’Allemagne nazie. Source : allociné.

 « Man in the Wilderness » : ou un « revenant » qui trouve « des raisons d’être sans colère ».

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness) de Richard C. Sarafian (1971) appartient à ce type de film « revenant », sorti en édition DVD en 2012, pour montrer que « Revenant » n’a rien de novateur…

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness) de Richard C. Sarafian (1971) appartient à ce type de film « revenant », sorti en édition DVD en 2012, pour montrer que « Revenant » n’a rien de novateur…

J’ai eu l’occasion de revoir récemment un film sur le sujet suivant : « 1820. Un trappeur, laissé pour mort après avoir été blessé par un grizzly, tente de survivre au sein d’une nature hostile avec une seule idée en tête : se venger de ses anciens compagnons… »

Le film, d’après le « pitch »,  c’est « The Revenant », me diriez-vous !

Ce film d’aventure américain(pas vu) avec Léonardo Di Caprio, réalisé, coécrit et coproduit par Alejandro González Iñárritu, sorti en 2015, plusieurs nominés et récompensés aux Oscars(1).

 
Avant « The Revenant », il y a « Le Convoi sauvage ».

Le réalisateur Alejandro González Iñárritu, ainsi que son acteur principal Leonardo Di Caprio, ont bien eu leur Oscar, mais sans que soit « rendu à César » ce qui lui appartient ! En effet, l’histoire – « incroyable mais vraie » – racontée par The Revenant, a  déjà fait l’objet d’un film, réalisé en 1971, par Richard C. Sarafian, d’origine arménienne : « Le Convoi sauvage » (« Man in the Wilderness »), avec Richard Harris et John Huston dans les rôles principaux.

Je me souviens de l’avoir vu sur une vieille télévision en noir et blanc, en famille, lorsque j’étais enfant. Je garde en mémoire le bateau monté sur roues, tiré par des mules, traversant la prairie, avec son capitaine tout en noir et coiffé d’un haut-de-forme…lequel ordonnant à un moment « de tirer » au canon « sur rien ». Je me souviens du trappeur (Zachary Bass), laissé pour mort après avoir été déchiqueté par un ours (scène que je n’avais pas vue) et veillé par ses compagnons, avant d’être abandonné par eux. Puis s’efforçant de survivre et lisant sa Bible à un lapin qu’il a recueilli. J’ai oublié de quel passage il s’agit, mais je me souviens avoir été surpris par la fin, par l’attitude du héros envers ceux qui l’ont abandonné, qui était toute autre de ce à quoi je m’attendais. Je me souviens aussi des flash-backs, dont « un cours de religion », où le jeune Zachary Bass est censé répondre à coups de baguettes que « Dieu est celui qui a créé la terre et les cieux ! »

"Le convoi sauvage" : ici, tiré par une vingtaine de mules.

« Le convoi sauvage » : ici, tiré par une vingtaine de mules.

Bien des années après, j’ai pu le revoir il y a une dizaine de jours, profitant d’une édition DVD(Wildside), sortie en mars 2016. Je peux dire qu’il supporte parfaitement de nouvelles visions. Le rythme est tranquille, contemplatif, avec quelques scènes d’action.

Il s’agit d’un film qui parle beaucoup de Dieu. J’ai fini par comprendre que le verset lu par le héros, Zachary Bass, à son lapin, est Job 14v14-15 : « si l’homme une fois mort pouvait revivre, J’aurais de l’espoir tout le temps de mes souffrances, Jusqu’à ce que mon état vînt à changer ».

Il est intéressant de constater que le v.15 de Job 14 dit ceci : « Tu appellerais alors, et je te répondrais ».

Mais, dès son plus jeune âge, Zachary Bass a plutôt choisi de tourner le dos à Dieu, du fait d’un parcours personnel particulièrement tragique : à sa belle-mère qui l’invite à « faire avec » un drame personnel (je ne dirai pas lequel) par un « c’est la volonté de Dieu » (on dirait aujourd’hui : « Dieu est au contrôle »), il répond ne pas accepter « cette volonté-là ».

Mais face à ce révolté, Dieu « surprend » en ne faisant pas ce que nous attendrions qu’Il fasse :

Ainsi, il y a cette scène où le héros se résout à arracher quelques pages de sa Bible(les pages blanches ?) quand il ne trouve rien d’autre pour allumer le feu qui l’empêchera de mourir de froid. L’on pourrait y voir un geste sacrilège – car peut-on brûler un texte sacré, quelle qu’en soit la raison ? – ou se dire que « oui, on peut », pour une question de vie ou de mort, et y trouver là un signe de la miséricorde divine. Les lecteurs de la Bible se souviendront peut-être des pains de propositions que seuls les prêtres pouvaient manger et que David, pourchassé par Saül, a pu manger (cf 1 Sam. 21v3-5, Lévit. 24v8-9, et cf le commentaire du Seigneur Jésus-Christ à ce propos en Matt.12v2-4).

Je reviens sur un autre élément important, que je n’avais pas perçu, lors de ma première vision du film, il y a très, très longtemps : il y est question de pères – de père biologique et de père d’adoption – et de leurs relations/non relations avec leurs fils. Ainsi, l’on apprend que Zachary Bass est le protégé du capitaine Henry, lequel l’a recueilli et adopté enfant comme son propre fils, alors qu’il avait fui le pensionnat, orphelin et en révolte contre Dieu. Son « père spirituel » l’abandonnera pourtant – donnant même l’ordre de l’achever, le croyant à l’article de la mort, comme Zachary avait lui-même abandonné son fils qu’il n’a pas vu naître, dans sa colère contre Dieu.

Enfin, il faut parler de la fin, qui est plutôt édifiante. La connaître ne vous empêchera pas d’apprécier le film, si vous décidez de le voir, mais vous pouvez « zapper » le paragraphe qui suit.

Laissé pour mort, le héros survivra et « renaîtra ». Il se tiendra debout, réapprendra à marcher, à survivre, puis à (re)vivre. Il assistera même à une scène insolite et particulièrement belle : l’accouchement d’une Indienne en pleine nature, et ce (rappelons-le) alors qu’il n’a pas assisté à la naissance de son fils.

D’abord porté par sa soif de vengeance, il prendra conscience de l’absurdité de celle-ci, face à la force et à la valeur de la vie et de l’amour. Comme je l’ai lu ailleurs, il n’ira pas jusqu’à « embrasser » ses ennemis quand il les retrouve, mais, ayant « appris »(« par ce qu’il a souffert ») « que la vengeance est un plat qui ne se mange pas »(2),  il sera en mesure d’accorder le pardon libérateur, tout autant à ceux qui l’ont abandonné qu’à lui-même.

La dernière réplique, qui m’avait déjà marqué la première fois – « j’ai un fils. Je vais le chercher » – me fait aujourd’hui penser à Malachie 4v6, où il est question de (l’esprit d’) « Elie le prophète », qui « fera retourner le cœur des pères (biologiques et/ou spirituels) vers les fils, et le cœur des fils vers leurs pères…. »

A l’heure où l’on parle beaucoup (trop ?) de « la culture d’honneur », sans savoir peut-être ce que c’est, on notera enfin que Richard Harris n’a décroché aucune récompense pour son rôle dans « le Convoi sauvage », sauf erreur de ma partRichard Sarafian, le réalisateur, explique dans un bonus fort intéressant, que le film a été quelque peu « plombé » au moment de sa sortie par la concurrence de « Jeremiah Johnson », film à plus gros budget de Sydney Pollack, avec Robert Redford. Le producteur ayant préféré tout miser sur ce dernier, et rien sur le premier. C’est l’inverse « de la culture d’honneur », qui est de « donner plus à ceux qui ont moins ».

A vous maintenant « d’honorer ce travail », en découvrant sur DVD une véritable épopée initiatique (et un cheminement spirituel), certes modeste(3), mais non moins émouvante, de Richard C. Sarafian, susceptible de vous marquer longtemps.

 

En bref :

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness)
États-Unis – 1971
Réalisation : Richard C. Sarafian
Scénario : Jack DeWitt
Image : Gerry Fisher
Montage : Geoffrey Foot
Musique : Johnny Harris
Producteur : Sandy Howard
Interprétation : Richard Harris (Zachary Bass), John Huston (Cpt. Filmore Henry), Prunella Ransome (Grace Bass), Percy Herbert (Fogarty)…
Durée : 1h44

Edition DVD : WildSide vidéo, mars 2016

 

Pour se donner une idée :

 

Et à écouter, la bande originale du film :

 

Notes :

(1)Partiellement adapté du roman Le Revenant de Michael Punke, fondé sur une histoire vraie, celle de l’exploit accompli en 1823 par le trappeur Hugh Glass. Il a bénéficié de douze nominations aux oscars 2016 et en a remporté seulement trois : celui du meilleur réalisateur pour Alejandro González Iñárritu, celui du meilleur acteur pour Leonardo DiCaprio, et celui de la meilleure photographie pour Emmanuel Lubezki, ainsi que trois Golden Globes, dans les catégories meilleur film dramatique, meilleur réalisateur et meilleur acteur dans un film dramatique

(2)Formule géniale piquée dans « Le Convoi sauvage, le film avant « Revenant », sur le site « Salon littéraire ». L’article comporte quelques autres perles et un ou deux parallèles(qui m’étaient également venus à l’idée), que je me suis permis de reprendre. Autre critique à lire, par exemple sur Dvdclassik.

(3)Tourné en Espagne avec un petit budget et des Gitans dans le rôle des Indiens !

Enjeux écologiques et climatiques : des ressources pour s’informer, se sensibiliser, réfléchir et agir

Crédits carbone ? Par Andy Singer

Crédits carbone ?
Par Andy Singer

La COP21 s’est terminée vendredi 11 décembre 2015, avec un accord qui a été beaucoup commenté et analysé(1). Mais ce n’est pas une raison pour ne plus reparler d’écologie ou de climat par la suite. L’intérêt de la présente bibliographie – non exhaustive – que nous vous proposons est de vous inviter, non seulement à vous informer, vous sensibiliser, réfléchir aux enjeux écologiques, environnementaux et climatiques, mais aussi de vous inviter à agir de façon cohérente. Son esprit est de vous inviter à considérer les enjeux économiques, sociaux, sociétaux et écologiques de façon non cloisonnés/opposés, mais de manière globale, interdépendante. Car « tout est lié ». D’autre part, il s’agit de vous inviter à un regard biblique de la création, pour une vision juste, vraie, bonne et sage de la création. Le meilleur antidote, selon nous, aux impasses du matérialisme, de l’ utilitarisme et du pragmatisme(2), d’une part, comme aux impasses d’une pensée « néo-païenne » et panthéiste, divinisant la Terre en l’appelant « notre mère ». Enfin, seront privilégiées les contributions protestantes/protestantes évangéliques (sans oublier les catholiques, par exemple), pour rappeler l’intérêt de ces derniers aux questions environnementales, et ce, depuis quarante ans, contrairement à ce qu’une vision caricaturale pourrait laisser entendre.

 

Bibliographie « Ecologie, économie, social et société », évidemment à ne pas lire d’une traite :

1)La source : la Bible. Soit le fondement de toute pensée véritablement écologique, même si là n’est pas son sujet principal. L’occasion de découvrir, notamment, ce qu’ont à nous apprendre le pentateuque, les psaumes, les prophètes Amos, Osée, Esaïe, Jérémie…et le Nouveau Testament, dont les 4 Evangiles, les Actes, Romains, 1-2 Corinthiens, Ephésiens, Jacques….

 

2) Déclarations/confessions de foi :

L’Engagement du cap(2010), un texte important sur l’engagement chrétien dans le monde, dans la lignée des fondements posés par le manifeste de Manille(1989) et la Déclaration de Lausanne(1974)   ;

3ème Déclaration de Chicago(1986) sur l’application de l’enseignement biblique (not. L’Art. XVI) ;

Déclarations de la Fédération Protestante de France (FPF) et de ses partenaires sur les enjeux environnementaux et climatiques.

 

3)Document de synthèse et autres articles :

« La protection de l’environnement dans une perspective chrétienne Pour une éthique de la Création : Bible et écologie », par Frédéric BAUDIN Directeur de Culture Environnement Médias (CEM)

Du même Frédéric BAUDIN : « Bible et écologie, protection de l’environnement et responsabilité chrétienne » IN « La revue Réformée », 2 mars 2005, numéro 232, vol.LVI.

 « Bible, création, écologie », article de Scott Mac CARTY IN « Promesses », revue de réflexion biblique, janvier-mars 2010, numéro 171 (Dossier « Foi et société »)

 

4) De très bonnes Revues, sans pub et au modèle économique original :

« L’Ecologiste »: une revue indépendante et trimestrielle de référence, à découvrir peut-être en priorité pour se tenir informé des grands enjeux de l’écologie. Lancé en 2000, « L’Ecologiste » se présente comme l’édition française de « The Ecologist », revue britannique fondée en 1970.
La revue promeut la mise en place d’une société «stable», considérant que «la société industrielle, le libre-échange, la mondialisation économique et les multinationales engendrent des mécanismes de destruction de la nature et de la société qui s’étendent aujourd’hui à toutes les actions humaines et à la planète elle-même». C’est donc en toute logique que la revue se montre critique envers le développement durable, les OGM, le gaz de schiste, certains « grands projets inutiles »comme l’EPR, l’Aéroport de Notre-Dames-des-Landes ou la construction de nouvelles lignes de TGV….mais aussi contre « le mariage pour tous », en 2013(3).

« La Décroissance » :  « le journal de la joie de vivre » et « premier journal d’écologie politique ». Créée en 2004 par Vincent Cheynet et Bruno Clémentin, fondateur de « Casseurs de pub », « La Décroissance » est un mensuel critique qui veut incarner un projet d’écologie politique radical, sans compromis ni compromissions, et promouvoir une société basée sur « la décroissance soutenable »(sachant qu’une croissance perpétuelle est illusoire sur une planète aux ressources limitées). Un étonnant journal, particulièrement intransigeant(au risque de demeurer marginal), et qui rend intelligent, offrant débats, chroniques, « coups de gueule », interviews, témoignages, articles de fond, et dessins.

« Silence » : une revue alternative et participative, publiée depuis 1982, donnant toute sa place aux expérimentations écologiques, sociales et non-violentes.

« L’Age de faire » : Sympa mensuel « grand public », paru pour la première fois en octobre 2005 et fondé par l’association « L’âge de faire ». Edité depuis 2011 par une SCOP(Société coopérative de production, sans actionnaires), « L’Age de faire » propose « des outils pour réinventer le monde » : « savoir » et « comprendre », pour « agir », dans les domaines de l’écologie, la citoyenneté et la solidarité, au niveau local comme international.

 

5)Sites et blogues :

Basta mag : média indépendant centré sur l’actualité économique, sociale et environnementale. Un « must » et un modèle du genre, de nature à inspirer des médias chrétiens dignes de ce nom, vu qu’il tient à jouer non « un rôle de simple relais (…) mais un rôle d’information, d’explication et d’interrogation ».  Nous apprécions son refus des cloisonnements des thématiques et la large place accordée à l’enquête, aux reportages de terrain et aux témoignages, avec ce souci d’apporter informations originales et analyses complémentaires sur l’actualité sociale et écologique.

Construire une éthique sociale chrétienne : être chrétien dans la cité – Eveiller les consciences : à l’origine, le blogue perso d’Alain Ledain, dont j’ai eu la joie de faire la connaissance récemment, devenu un site collectif. Une approche pertinente de questions rarement débattues dans le milieu évangélique, à signaler et à encourager.  On y trouve notamment un dossier « foi et écologie ».

Manicore, le site personnel de Jean-Marc Jancovici, ingénieur conseil en organisation, lequel propose services et connaissances dans les domaines de l’énergie et du climat. Riche et pertinent dans son contenu, très pédagogique et non dénué d’humour dans la forme. A noter sa position en faveur de l’option nucléaire, susceptible, selon lui, de réduire l’effet de serre et parce qu’il n’existerait pas d’alternative renouvelable capable de le remplacer….A moins qu’il n’existe d’autres alternatives capables, non de remplacer, mais de réduire le poids du nucléaire ?

Et encore : Reporterre, « le quotidien de l’écologie » dans ses dimensions politique et sociale, avec un espace de tribunes pour réfléchir et débattre.

Sans oublier les sites de Jean Gadrey et Eric Jaffrain, pour d’autres approches de l’économie….

Du côté catholique, trois sites dignes d’intérêt et à suivre :

Eglises & Ecologies(E&E) : un site d’actualité de la prise de conscience écologique chrétienne ; un espace éditorial qui tente de suivre l’actualité des Eglises (et des associations)chrétiennes(dans un sens large : catholique, luthéro-réformée, évangéliques, orthodoxe) en lien avec les thématiques de l’écologie. C’est aussi un lieu riche en ressources dans ce domaine. L’usage du pluriel dans le titre du blogue est significatif : il privilégie une vision non restreinte ou exclusive de « l’Eglise » et de « l’écologie », donnant à voir et à comprendre 1)la diversité des sensibilités chrétiennes et 2)le caractère « pluridisciplinaire » de l’écologie.

Patrice de Plunkett : un catholique et « laïc de base qui se trouve être journaliste »(et par ailleurs, essayiste – auteur notamment de « L’écologie, de la Bible à nos jours » –  et conférencier), comme il le dit lui-même sur son blogue ouvert depuis 2005. Et ledit blogue est à la fois très réactif et très intelligent sur tous les sujets d’actualité ayant un rapport avec la pensée sociale catholique, défendue par son auteur.

Phylloscopus inornatus : le blogue d’un naturaliste catholique. « Parce que ça existe ».

 

 

6)Organisations :

A Rocha : une association qui se donne pour mission de protéger l’environnement dans une perspective chrétienne, mais aussi de sensibiliser le public « aux liens entre les choix de vie et leurs impacts écologiques et planétaires ainsi qu’aux profondes injustices qu’ils accentuent vis-à-vis des populations les plus démunies, et de proposer des alternatives durables et respectueuses tant des hommes que de l’environnement »

Défi Michée : un mouvement mondial chrétiens qui se donne pour mission d’interpeller les gouvernants, quant à la lutte contre la pauvreté et à la justice sociale. Il se veut aussi sensibiliser les chrétiens sur ces questions. Le site ne semble pas mis à jour mais l’on y trouve quantité de ressources intéressantes sur tous les sujets économiques et sociaux, sans oublier l’environnement.

GIEC : le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

Réseau Action climat (Fédère des associations engagées dans la lutte contre les changements climatiques. A explorer, son décryptage de la cop 21 : http://macop21.fr/ ).

 

7)Livres :

A lire absolument et prioritairement :

BOOKLESS, Dave. « Dieu, l’écologie et moi ». Je sème, 2014 (dossier Vivre). Selon le directeur théologique d’ A Rocha International, « nous avons mal compris ce que doit être notre relation à la planète. La solution à la crise écologique ne réside pas simplement dans une meilleure technologie et quelques choix politiques difficiles. Cela va beaucoup plus loin : jusqu’au coeur de qui nous sommes. » Une invitation enthousiaste à (re)découvrir le message biblique concernant Dieu, sa création, l’alliance et la place de l’homme en son sein, et une approche théologique audacieuse.

La pollution et la mort de l'homme : un "classique" qui garde toute sa pertinence et son actualité, 40 ans après...

La pollution et la mort de l’homme : un « classique » qui garde toute sa pertinence et son actualité, 40 ans après…

SCHAEFFER, Francis. « La pollution et la mort de l’homme ». BLF, 2015. Une excellente initiative de la part de cet éditeur évangélique que de rééditer l’ouvrage du penseur calviniste Francis Schaeffer, initialement paru chez nous en 1974, et qui fut sans doute l’un des plus vigoureux plaidoyer en faveur d’une saine gestion des ressources et de la protection de la nature dans les milieux protestants évangéliques : comment la foi chrétienne, fondée sur la Bible, bien comprise et vécue avec authenticité, conduit à garder la terre et non à la détruire. Une rare – et très bonne – critique du livre à lire sur ce blogue, avec la nôtre.

OUAKNIN, Marc-Alain. « Zeugma : mémoire biblique et déluge contemporain ». Seuil, 2013(Points Essais). Une réflexion profonde et perspicace sur « l’éthique du futur » -« le principe de responsabilité »- dans le Judaïsme. Et une bonne approche de la pensée d’Hans JONAS, un auteur pas facile d’accès. Analyse ici.

PAPE FRANCOIS. « Laudato si ». Salvator, 2015. Un texte fort pertinent « sur la sauvegarde de la maison commune »(c’est le sens de « écologie »), certes empreint de culture catholique. Il n’empêche qu’il reste à découvrir, d’autant plus que, cette fois, le sujet de l’écologie n’est pas « dillué » au milieu d’autres textes, mais faisant l’objet de toute une encyclique.

Et encore : « Terre créée, terre abîmée, terre promise. Ecologie et théologie en dialogue ». Editions Olivetan, 2014. Une publication qui fait suite au colloque « Terre créée, terre abîmée, terre promise », tenu à l’Institut Protestant de Théologie, Faculté de Paris, les 30 novembre et 1er décembre 2014, à l’initiative de la commission Eglise et société de la Fédération Protestante de France et du réseau Bible et création de l’Eglise protestante unie de France.

Voir aussi :

« Les limites à la croissance (dans un monde fini) », de Donella et Dennis MEADOWS, Jorgen RANDERS. Rue de l’Echiquier, 2012 (Version considérablement affinée du fameux rapport dit du « club de Rome », publié en 1972, mise à jour en 2004 et traduite en français).

 » Printemps silencieux » de Rachel CARSON. Wildproject, 2014(Domaine sauvage). Peut-être le premier avertissement de la crise écologique, et le premier déclencheur du mouvement environnemental, en 1962, année de sortie du livre de la biologiste américaine. L’ouvrage – toujours actuel – qui dénonce les dangers liés aux pesticides, contribua à l’interdiction du DDT aux USA en 1972.

« Renverser nos manières de penser », entretiens avec l’économiste Serge LATOUCHE(Fayard, 2014. Collection « Mille et une nuits »). Un penseur de la Décroissance.

« Nos limites »(Ed. Le Centurion, 2014) de Gaultier BES, Axel Nørgaard ROKVAM et Marianne DURANO(Regard d’une génération sur les évolutions économiques, sociales et sociétales de notre temps. Par des initiateurs du mouvement des « Veilleurs »),

« La reproduction artificielle de l’humain » d’Alexis ESCUDERO (Le Monde à l’envers, 2014),

« Just people », Défi Michée(LLB, 2015) : serions-nous injustes sans le savoir ? Voici un manuel pour sensibliser et inspirer les chrétiens intéressés par la problématique de la pauvreté et de la justice sociale à « vivre justement ». Une remise en question de nos styles de vie dans une perspective biblique.

Si vous avez « la chance » d’en trouver un exemplaire : « le chrétien et les défis de la vie moderne »(T.1). Ed. Sator, 1987, de John STOTT.

« A la reconquête de l’éducation chrétienne » d’Albert GREENE. Ed. ACSI, 2013 (Entre autre, comment un programme éducatif chrétien devrait aussi inclure notamment « création et alliance »)…

Et pourquoi pas, ces romans jeunesse sur l’écologie : 

Bleu toxic, de Christophe Léon. Seuil, 2011. Deux nouvelles évoquant deux catastrophes industrielles vécues par deux adolescents : au Japon, en 1956, dans la baie de Minamata, et en Inde, en 1984, à Bhopal.

Carbon diaries 2015, de Saci Lloyd. Pocket jeunesse, 2012. Réchauffement climatique (Voir aussi, du même auteur, Carbon diaries 2017. Pocket jeunesse, 2013)

Céleste ma planète, de Timothée de Fombelle. Gallimard jeunesse, 2009 (Folio junior). Pollution

Les enquêtes de Logicielle : Cinq degrés de trop, de Christian Grenier. Rageot, 2008. Réchauffement climatique

La Colère des Hérissons, de Jacques Cassabois. Hachette, 2013. Gaz de schiste

Mon père n’est pas un héros : Fukushima, de Christophe Léon. Oskar éditions, 2013 (Court métrage). Nucléaire

Tchernobyl: bienvenue en enfer, de Pascale Perrier et Sylvie Baussier. Oskar jeunesse, 2011 (Histoire & société). Nucléaire

Typos : Fragments de vérité (T. 1 ), de Pierdomenico Baccalario. Flammarion, 2014. En Afrique, un dictateur détruit les champs et les puits, dans le but inavouable d’affamer son peuple pour financer son armée, en détournant l’argent des ONG. Les membres de TYPOS, un journal clandestin, devront mettre à jour ce scandale humanitaire, mais il faudra compter avec K-lab, une redoutable multinationale qui vent du mensonge au plus offrant. Moins réussi, mais sur une thématique essentielle : Typos : poison noir (T.2), de Guido Sgardoli. Flammarion, 2014. Une micro bactérie, appelé le « poison noir » s’attaque aux récoltes, entrainant une crise alimentaire et économique sans précédent. Une puissante société, AgroGen, prétend avoir trouvé un anti-virus….

 

8) BD :

« Tchernobyl, un nuage sans fin », éditée par AFMT (Association Française des Malades de la Tyrroïdes)/MING, 2016

GOODWIN, M. ; BURR, Dan E.. Economix : la première histoire de l’économie en BD. Ed. Les Arènes, 2013

9) Films : « Soleil vert » de Richard Fleischer(1973), avec Charlton Heston(surtout, ne vous faites pas raconter la fin !) ; « Nos enfants nous accuseront » de JP Jaud(2009) ; « solutions locales pour désordre global » de Coline Serreau(200) ; « la planète blanche » de Thierry Piantanida et Thierry Ragobert(2006) ; « le jour d’après » de Roland Emmerich(2004) ; « une vérité qui dérange » de Davis Guggenheim(2006), avec Al Gore ; « le cauchemar de Darwin » de Huber Sauper(2005) ; « Alamar » de Pedro González-Rubio(2009 ; « Même la pluie » d’Icíar Bollaín(2010) ; « The land of hope » de Sono Sion(2010) ;« Colorado », mini-série de John Wilder(1978-79), avec Robert Conrad, Richard Chamberlain…d’après l’oeuvre de James A. Michener….

10)Les grands dossiers, outre le climat, d’après « Bastamag » :

L’agriculture, les OGM, l’enjeu alimentaire et les alternatives au modèle productiviste
L’habitat écologique
La crise financière et ses conséquences sociales
La santé au travail et le management par le stress
Les pratiques sociales et environnementales des entreprises et les alternatives portées par le secteur de l’économie solidaire
Les questions posées par l’émergence de nouvelles technologies : nanomatériaux, nano-aliments, semences de synthèses, transhumanisme…

Sans oublier les questions sociétales : la famille, l’éducation….

 

Notes :

(1) Par exemple, ici : http://macop21.fr/accord-de-paris-sur-le-climat-tout-reste-a-faire-pour-quil-devienne-historique-2/ ; http://www.bastamag.net/A-Paris-les-Etats-s-accordent-pour-sauver-le-climat-mais-ne-precisent-pas ;http://reporterre.net/Climat-qu-y-a-t-il-vraiment-dans-l-accord-de-Paris

(2) « Utilitarisme » : ou comment renoncer à la prudence dans l’action, misant sur un futur hypothétique, en ignorant le présent ; « pragmatisme » : ou l’adieu à la vérité, au profit de la seule expérience. Voir DUFOUR, Dany-Robert. L’individu qui vient…après le libéralisme. Folio, 2015, pp 114-124.

(3) Voir la prise de position du rédacteur en chef Thierry Jaccaud dans son édito intitulé « vérité pour tous ».

Les vœux de Pep’s café pour 2016 : « apprenez à marcher lentement dans la foule ! »

Pour gagner "le bon combat", il importe d'avoir "la bonne stratégie". Et celle-ci s'élabore dans "the war room", "le secret de la chambre". ("War room", film d'Alex Kendrick)

Pour gagner « le bon combat », il importe d’avoir « la bonne stratégie ». Et celle-ci s’élabore dans « the war room », « le secret de la chambre ».
(« War room », film d’Alex Kendrick)

Une nouvelle année, et nous sommes vivants aujourd’hui. Ce blogue aura trois ans, vendredi 09 janvier.
Il est d’usage (depuis l’Antiquité) de se souhaiter pleines de bonnes choses pour le Nouvel An, sachant que l’envoi de cartes de vœux serait apparu tardivement en France. A propos, connaissez-vous cette « coutume ancestrale » de notre beau pays- aujourd’hui oubliée : les visites du nouvel an ? « De façon tout à fait rituelle et formalisée, on rendait visite, dans les quinze jours qui suivaient le 1er janvier, à son entourage proche, famille et amis, mais aussi à ses collègues de travail, à son patron, et même à des familles pauvres ou des malades dont on avait à coeur d’embellir ces jours festifs par des dons et des marques d’amitié ». Bien vite, ces « visites obligatoires » apparurent bien trop contraignantes. Elles furent remplacées « par un passage éclair au domicile de la personne et la remise au concierge d’une carte de visite agrémentée de vœux »(1). Au XXIe siècle, les vœux tendent à devenir de plus en plus dématérialisés et impersonnels (sous forme de e-cards, mails, sms, et autres posts facebook), à une époque où l’on peut revendiquer 500 « amis » sur Facebook-que l’on ne connaît que superficiellement-tandis que d’autres ne sont jamais visités…. .
Ceci dit, que vous souhaiter personnellement, pour 2016 ?

1) Tout d’abord, une meilleure prise de conscience que la meilleure des « stratégies de vie » est celle « du long terme », et que tout commence dans le « secret de la chambre »(2), cf Matt.6v6 et ss. Un point fondamental sur lequel le Seigneur a beaucoup insisté, en fin d’année 2015, et sur lequel Il me parle tout autant en ce moment. Personnellement, j’en ai besoin.

2) A l’heure où chacun croit, à tort, « être au contrôle » lorsqu’il publie sur les réseaux sociaux (not. Facebook, pour ne pas le nommer), sauvegarder sa vie privée et intime est peut-être le plus gros enjeu, et le plus gros défi pour aujourd’hui(3). Veillez donc sur votre intimité-personnelle, avec Dieu, familiale et avec votre conjoint-comme sur la prunelle de votre œil.

Marchez lentement dans la foule : que remarquez-vous ?

Marchez lentement dans la foule : que remarquez-vous ?

3) Bannissez l’indifférence et apprenez « à marcher lentement dans la foule », pour prendre le temps de considérer les personnes, les choses, la création…Retrouvez « le goût des merveilles », qui est le propre de celui qui a des yeux et un cœur….(4)

4) Soyez attachés à la vérité, et moins à vos opinions(ou à celles des autres) : démasquez et abattez les mythes/mensonges modernes sur lesquels s’appuient telles ou telles idéologies dominantes-politiques, économiques(5), religieux…. Apprenez à évaluer et usez de discernement pour ne pas être séduit.

5) Comprenez et attachez-vous à ce qui est vital, fondamental. Ne gâchez pas votre vie(6).

6) Soyez passionnés et recherchez ce qui vaut la peine d’être vécu.

7) Soyez conscients que « grand pouvoir = grande responsabilité »

8) Découvrez comment vous pouvez vivre injustement sans le savoir. Apprenez à « vivre justement », pour que d’autres puissent « justement vivre ».

9) « Pensez juste » dans un monde complexe. Ne vous contentez pas de « juste penser ».

10) Vivez dans le monde réel.

11) Comprenez que la liberté, telle que nous la chérissons (« vivre comme l’on veut », « être libre de choisir ») n’est qu’un mythe, une illusion, voire une malédiction, héritée de la chute. Redécouvrez ce qu’est la vraie liberté et ce qu’est un homme « réellement libre », à travers les auteurs de l’Ancien Testament (Genèse, Deutéronome…les psaumes et les prophètes) et du Nouveau Testament, et surtout, à travers la vie du Seigneur Jésus-Christ dans les Evangiles.

12) Prenez le temps de lire (un livre, le journal, vos mails) et de répondre à vos courriers (même électroniques).

13) Déconnectez-vous et débranchez au moins une fois par semaine, sinon le WE.

14) Respectez et faites respecter le jour de repos hebdomadaire donné par Dieu (déjà le repos dominical, normalement d’usage et fédérateur, en France, mais aussi « le Shabbat » cf Deut.5v12-15)

15) Apprenez à écouter, plus qu’à parler. Cherchez à comprendre l’autre.

16) Soyez « un ouvrier de paix », sachant que la paix, ce n’est pas la tranquillité, mais l’établissement de bonnes relations.

17) Lisez(ou relisez) et étudiez le livre de la Genèse et l’épître de Paul aux Ephésiens.

18) Cherchez pour vous-mêmes, et donnez à voir, la pertinence et le sens de la famille, du mariage ; de ce qu’est « un homme, un vrai », et de ce qu’est « une femme, une vraie » ; de l’Eglise, de l’Ecole et de ce qu’est « une éducation véritable ».

19) Etudiez, dans le Nouveau Testament, le principe du corps de Christ, ainsi que son fondement.

20) Lisez la Bible. Toute la Bible. Dans un esprit de soumission et d’écoute. Laissez-vous toucher par votre lecture.

21) Cultivez l’esprit du don et apprenez à recevoir.

22) Soyez reconnaissants et comprenez que ce que vous avez, vous l’avez en réalité reçu.

23) Aimez en vérité, en profondeur, sans mesure, et sans calcul. Découvrez la source de cet amour véritable (cf Rom.5v5 et ss). « Aimez (votre) Dieu de tout votre âme, de tout votre cœur, de toute votre force et de toute votre pensée », et « votre prochain, comme vous-mêmes ». « Maris, aimez vos femmes »(luttez contre l’esprit d’adultère), et « vous, femmes, respectez vos maris ».

24)Prenez clairement position. Comprenez que bâtir « sans Jésus », c’est être « contre Lui » et disperser (cf Luc 11v23). Faites toutes choses « avec » Lui.

25) Soyez cohérents et équilibrés

26) Soyez pleins d’espérance : croyez en Dieu (pour qui, « tout est possible » cf Marc 10v27), croyez en Jésus-Christ(Jean 14v1).

27) Découvrez ce qu’est « la culture de l’honneur » selon Dieu : « donner plus à ceux qui ont moins » (1 Cor.12v24-25)

28) Pardonnez, remettez toutes les dettes, comme aussi Dieu vous a pardonné et vous a remis toutes vos dettes(Matt.18v21-35, Matt.6v12-15, Luc 7v41-50, Lévit.25v8-55, Deut.15v1 et ss)

29)Intéressez-vous à la culture et à la nature(7). Relevez le défi de « bien gérer » et « sauvegarder » votre « maison », sans oublier « notre maison commune »(8).

30) Lisez toutes les paraboles « du Royaume », notamment dans l’Evangile selon Matthieu

 

 

 

 
Notes :

(1) Piqué sur « Atlantico »

(2) cf le très bon film-dont nous reparlerons-« War room », le « dernier-né » d’Alex Kendrick

(3) Marc-Alain Ouaknin analyse plutôt bien cet enjeu, dans son « Zeugma : mémoires bibliques et déluges contemporains »(Points seuil, 2013)

(4) Un film d’Eric Besnard(France, 2015), également excellent, vu le 19/12

(5) A lire, le pertinent et équilibré « 2 ou 3 choses que l’on ne vous dit jamais sur le capitalisme » de Ha-Joon Chang(Points seuil, 2015), qui enseigne l’économie à l’université de Cambridge, dont nous reparlerons.

(6) Cf « le Désert des tartares », film franco-germano-italien de Valerio Zurlini (1976)adapté du roman éponyme de Dino Buzzati.

(7) Parallèle fait par Francis Schaeffer, dans « La pollution et la mort de l’homme »(BLF, 2015) et Hannah Arendt, dans « La Crise de la culture »(Folio)

(8) Voir « Laudato si », l’encyclique du Pape François, pour qui « tout est lié ». Nous reviendrons prochainement sur ce sujet de l’écologie.

Pas d’exception ! Ou la leçon de « La Prophétie des Grenouilles »

"La prophétie des grenouilles", film de Jacques-Rémy Girerd(2003). Un "nouveau déluge", mais aussi une formidable leçon de vie.

« La prophétie des grenouilles », film de Jacques-Rémy Girerd(2003). Un « nouveau déluge », mais aussi une formidable leçon de vie.

Et si nous décidions de regarder, non pas « plus », mais « mieux » de films, notamment en famille et avec des enfants ?
Le choix de films témoigne d’une certaine vision du monde… et est révélateur de la place que nous accordons(ou pas) aux films étrangers (notamment non « hollywoodiens » et non exclusivement anglophones). Ces derniers nous permettent de nous sensibiliser à d’autres modes de vie, d’autres cultures et de nous rappeler que nous ne sommes pas le centre du monde. Voir « mieux » de films, c’est aussi se former en tant que spectateurs critiques, capables d’échanger et de dialoguer avec ses pairs mais aussi avec des adultes.
Ainsi, vous cherchez un film ou un dessin animé à voir en famille, avec vos enfants. Que choisissez-vous ? Et pourquoi ? Un « Disney », un « Pixar » ?…
Et si vous osiez « prendre des risques » et choisir un dessin animé…français, pour cette fois-ci ?

Par exemple, « La Prophétie des Grenouilles » de Jacques-Rémy Girerd(2003), vu hier soir ?

Une famille non conventionnelle, mais aimante et stable. (Scène de "La Prophétie des grenouilles")

Une famille non conventionnelle, mais aimante et stable. (Scène de « La Prophétie des grenouilles »)

L’histoire : Au bout du monde, loin de tout, une famille paisible, plutôt non conventionnelle. Elle est en effet composée du capitaine Ferdinand-un marin « blanc » à barbe d’un certain âge-de Juliette, son épouse « de couleur »(sans doute des Antilles)et de Tom, le petit garçon qu’ils ont adopté à la mort de ses parents naturels. L’enfant appelle ce couple « Maman » et « Grand-père ». Cette famille est installée dans une ferme coquette perchée en haut d’une colline. Elle accepte de garder la petite Lili (de l’âge de Tom), le temps que ses parents, les gardiens du zoo, ramènent d’Afrique des nouveaux « pensionnaires »-des crocodiles !

Mais au pied de cette colline, le monde des grenouilles est en émoi : il n’y a plus de doute ! Toutes les prévisions coïncident : un nouveau déluge s’annonce.
Face à l’événement, les grenouilles conviennent, à titre exceptionnel, de communiquer avec les humains.
C’est alors le début d’une grande aventure où animaux et humains vont devoir apprendre à vivre ensemble. Ce qui n’est pas toujours facile.
La phrase du réalisateur
La Prophétie des Grenouilles est une fable sociale, tragi-comique, qui pose des questions sur la tolérance, l’écologie, la difficulté de vivre ensemble, les affres de la dictature… C’est aussi une belle histoire d’amour entre deux enfants.
Prix & Festivals
Festival du Film Français de Richmond 2004 -Chine- Paris- Shanghai- Corée
Tournage en Rhône-Alpes
Le film a été entièrement réalisé au Studio Folimage de Valence. Six ans de travail, un million d’images, une équipe de deux cents personnes ont été nécessaires à la fabrication de ce film
(Source : http://rhone-alpes-cinema.fr/fr/film-la-prophetie-des-grenouilles.html )
Age conseillé : à partir de 7 ans.

 

 

Ce que j’en retiens :
Sur le plan formel, d’abord, le dessin animé est extrêmement réussi et agréable à voir. Le choix des voix est aussi très travaillé(doublages par des comédiens chevronnés : Michel Piccoli en Ferdinand, Anouk Grinberg en tortue, Annie Girardot et Michel Galabru en couple d’éléphants, Jacques Higelin en lion, Romain Bouteille, Luis Rego….)Grande richesse de vocabulaire.
Sur le plan thématique, on retient cette micro-société reconstituée sur une « arche improvisée », reposant sur une bouée géante. De prime abord, il semble bien périlleux de tenter de faire cohabiter des personnes tellement différentes (des carnivores et des herbivores dans le même bateau !), alors que l’on n’a que des patates à manger ! Pourtant, cette situation d’épreuve et de crise est une opportunité de remporter une victoire personnelle et collective, comme d’éprouver, dans un contexte plus difficile, les bienfaits du « vivre ensemble », et ce, au-delà des différences.
On relève ici le rôle essentiel de la Loi, celle du capitaine-une autorité forte, bonne et bienveillante. C’est une même loi (« universelle », commune) pour tous, qui protège tout le monde et qui ne saurait souffrir d’aucune exception (« on ne mange personne » et « on ne se mange pas entre nous »)-seule condition pour que tout le monde reste en vie.
Certes, cette Loi est contraignante et vivre ensemble est très difficile pour tout le monde. Mais l’on voit aussi ce qui se passe, lorsque l’on prétend violer cette loi, sous prétexte qu’elle serait « mauvaise » et « contraire à ma nature, mes besoins, mes intérêts », et lorsque l’autorité est chassée de cette société, pour être remplacée par une figure de pouvoir, manipulant tout le monde (notamment « les bas instincts »). C’est la porte ouverte à un danger encore plus grand que la situation de crise, et la mise en danger de tous, sans exception.
Autres thèmes :
On apprendra encore que « vengeance n’est pas justice » et qu’il est aussi vain de chercher le moindre bouc émissaire, à des fins « expiatoires » et dans « l’espoir que tout ira mieux ». Un seul est mort pour vous, et une fois pour toutes.
Le thème du film fait inévitablement allusion au déluge de Noé, sans pour autant que l’on ait une explication pour ce nouveau « déluge » (d’autant plus que…cf Gen.9v11) ; la question « des origines » est aussi posée, avec une explication plutôt « mythologique » de la création du monde, venant se mêlant à une explication scientifique de l’origine des comètes.
Des « questions métaphysiques » autour de la mort (la vie après la mort) sont également posées.
D’autre part, un mot sur ces grenouilles, qui se sont mobilisées pour faire connaître « leur prophétie » au monde, quoique non « aux sages et aux intelligents », mais « aux enfants ». Et ce, sans se préoccuper de ce qui peut leur arriver à elles, pour que l’humanité soit sauvée. En cela, le titre du film, comme l’acte altruiste de ces grenouilles, donne du poids et du sens au don et à la gratuité. C’est cela, l’esprit de l’Evangile : « vous avez reçu gratuitement ; donnez gratuitement », a recommandé Jésus. Un esprit dont notre monde, où tout semble se vendre et où il faut (se) vendre, en est malheureusement dépourvu.
Enfin, nous terminerons sur le thème de l’adoption, très présent dans ce film. On relèvera la difficulté du petit garçon à appeler son père d’adoption « papa ». Pour lui, il n’est que « grand-père ».
Pour nous aussi, chrétiens, ayant mis notre confiance en Jésus-Christ, sauveur et seigneur, notre relation avec Dieu est révélatrice de qui nous sommes. La Bible nous dit que nous avons été « adoptés » (Rom.8v15 ; Jean 1v12 ; Eph.1v5 ; Gal.4v5….). Mais qui est Dieu, pour nous ? Est-il pour vous un « grand-père à barbe blanche », certes « très gentil » et peut-être assez « distant » ? Ou bien est-il votre « Père » ? Un chrétien, estime James Packer dans « Connaître Dieu », est celui « qui connaît Dieu comme Père ». Et « le Père Lui-même (nous) aime ».

Votre vie est un film

"La fin du film(de la vie)" Scène de "Macadam à deux voies"(1971)de Monte Hellman.

« La fin du film(de la vie) »
Scène de « Macadam à deux voies »(1971)de Monte Hellman.

Beaucoup de décès, ce mois-ci. Sans doute « pas plus » que d’habitude, mais « assez » pour nous interpeller, d’autant plus qu’il s’agit de proches.
Certains appartenaient à Jésus-Christ, ayant vécu et partagé leur espérance autour d’eux, durant leur vie. Avec certitude, nous pouvons dire d’eux qu’ « ils rient (dans la joie) avec leur créateur », dans le ciel. D’autres ne connaissaient pas Jésus comme leur sauveur et seigneur, semble-t-il, ou du moins, n’avaient pas confessé ou proclamé que leur confiance (leur fondement, notamment pour être déclaré juste ») était en Lui. Où sont-ils maintenant ?

Une chose est certaine : au-delà de la peine, de la douleur, des souffrances, causées par le départ d’un proche ou d’un ami cher, il y a un message pour ceux qui restent. Encouragement et consolation, confiance, pour ceux qui partagent la même espérance ; avertissement et invitation à s’arrêter pour se poser « les bonnes questions » et réfléchir, pour les autres.

Ainsi, vous-mêmes ? Quelle est votre relation avec Jésus-Christ (comment le connaissez-vous ? Qui est-il pour vous ?), face au rendez-vous inéluctable de la mort ?
Êtes-vous « prêts à rencontrer votre Dieu » ? (Amos 4v12)

 

Notre vie est courte : elle se déroule comme un film, qui finira par brûler à la fin-à l’instar de la fin de « Macadam à deux voies », le film de Monte Hellman*.

Prenez-vous le temps de penser (et de répondre) à certaines questions essentielles (existentielles) : qui suis-je ? A qui est-ce que j’appartiens ? D’où est-ce que je viens ? Où vais-je ? Pourquoi suis-je là ? A quoi consacrer ma vie ? Quelles sont les choses véritablement « durables » ?

A moins que vous n’estimiez que ces questions ne soient pas pour vous, vous estimant :
– Trop jeunes
– Trop forts, trop sûrs de vous
– Trop heureux (vous êtes actuellement « comblés »)
– Trop occupés-à gagner votre vie, de l’argent, ou trop occupés à changer le monde…
– Trop « pourris », ou trop « justes »
– Trop intelligents, trop sérieux
– Trop malades
– Trop vieux
– Trop morts. Mais vous ne serez plus là pour lire ces lignes et il sera alors trop tard. N’attendez pas d’en être là !

 

 

 
Face à la mort et concernant le sens de la vie, ce message est toujours actuel :
Eccl.11v912v1-8, 13-14
Les choses véritablement durables : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/22/deux-choses-eternelles/
« Aujourd’hui… » est le mot de Dieu cf 2 Cor.6v2(« plus tard » étant un mot piège, vous empêchant de prendre les bonnes décisions cf Actes 24v25)
Venez donc à Jésus-Christ, « tels que vous êtes »(Jean 6v37-40). Il a le pouvoir de répondre à votre crainte de la mort(Hébr.2v14-15)

 

 

Note :

« Macadam à deux voies », un film de Monte Hellman (1971), avec James Taylor, Warren Oates, Laurie Bird, Dennis Wilson… qui questionne le rapport à l’espace et à la fuite : deux garçons quasi mutiques-« Mécano » et « Conducteur », et un quadragénaire-« GTO », rejoints par une fille versatile, « the Girl »-tous quatre sans nom et sans passé- « sillonnent les routes à deux voies des Etats-Unis. Chaque fin d’étape est ponctuée par des courses automobiles. Avec l’argent engrangé lors de ces rallyes urbains, nos compagnons d’infortune peuvent payer leur carburant et reprendre la route. Enfermés dans ce système absurde et sans fin, ils traînent nonchalamment de ville en ville, de bars en motels miteux ». (cf http://www.dvdclassik.com/critique/macadam-a-deux-voies-hellman )

Un film qui se distingue par son absence totale de violence, de sexe et de drogue.