Qu’est-ce qui fait autorité dans ta vie : Les Ecritures ou les commentaires ?

« Une bonne herméneutique exige une attitude d’humilité. Cela comprend non seulement l’humilité d’apprendre des autres, mais de façon plus significative, l’humilité de se soumettre au jugement de la Parole que l’on interprète… »

« Et ainsi vous avez annulé la Parole de Dieu au nom de votre tradition. »(Le Seigneur Jésus. Matt.15v6)

Une question révélatrice tient à ce qui fait autorité dans ma vie.

Ainsi, les chrétiens protestants évangéliques sont censés connaître (et vivre) ce principe scripturaire des protestants – « sola scriptura » (L’Ecriture seule) – qui marque la réflexion et les écrits protestants. Ainsi, par exemple, l’introduction de la « Formule de Concorde » (1577, publiée dans le « Livre de Concorde » en 1580) affirme la confession suivante : « Nous croyons, enseignons et confessons que les livres prophétiques et apostoliques de l’Ancien et du Nouveau Testament constituent la seule règle ou norme selon laquelle toutes les doctrines et tous les docteurs doivent être appréciés et jugés. »

A ce stade, le lecteur sera peut-être surpris d’apprendre que certains, au sein du protestantisme évangélique, formulent l’objection suivante : « la Loi Ecrite, d’accord. Et la loi orale ? »

Objection sous-entendant la question suivante, à la manière de nos amis Juifs : « Dieu a-t-il aussi donné à Moïse une Loi Orale qui interprète la Loi Ecrite ? »

Dit autrement encore : « est-il impossible de comprendre les Ecritures ou d’accomplir la loi (écrite) de Dieu sans les traditions orales – ou les commentaires, « les écrits de nos illustres devanciers » ?

A ce sujet, dans le cadre d’une édifiante discussion sur un forum de discussion juif messianique, une internaute relève que « le Judaïsme Rabbinique croit que Dieu a donné à Moïse une Loi Ecrite (trouvée dans la Torah, les cinq livres de Moïse). Mais il est aussi affirmé que la plupart des commandements sont exprimés succinctement, qu’il s’agit de déclarations générales, un peu comme les titres de chapitre dans un livre. On doit les interpréter. Il faut les développer et les expliquer. Donc, selon la croyance traditionnelle, Dieu a aussi donné à Moïse une Loi Orale qui interprète la Loi Ecrite. Moïse l’a ensuite transmise à Josué, qui à son tour, l’a transmise ensuite aux 70 anciens qui dirigeaient dans sa génération, qui l’ont transmise aux prophètes des générations suivantes.

Et ainsi de suite, mais avec un grand nombre d’ajouts. C’est pourquoi les rabbins enseignent que la Loi Orale ne cesse de s’accroître, puisqu’à chaque génération, de nouvelles traditions se sont développées et de nouvelles situations se sont présentées qui nécessitaient de nouvelles applications de la Loi.

Deux siècles après l’ère de Jésus-Christ, la Loi Orale était si volumineuse et complexe qu’il fallut l’écrire pour qu’elle ne se perde pas. Ceci devint la Mishnah, qui fut étendue en ce qui est maintenant connu comme le Talmud dans les siècles suivants. Après cela, selon les croyances rabbiniques, ceux qui étudiaient le Talmud continuèrent à développer et transmettre la Loi Orale à chaque génération suivante.

Tout juif religieux croit de tout son coeur qu’il est impossible de comprendre les Ecritures ou d’accomplir la loi de Dieu sans les traditions orales.

Le problème est que : 

– Le Talmud s’arrogent une autorité que les Ecritures ne leur ont jamais donnée.
– Le Talmud place la voix du raisonnement terrestre sur un niveau supérieur à la voix prophétique du Ciel.
– Le Talmud contredit la signification évidente des Ecritures.
– Le Talmud à certains moments contredit même la Voix de Dieu.
– Il n’y a pas d’évidence biblique d’une chaîne ininterrompue de traditions et de nombreuses évidences qui l’a contredise.

La question que chaque juif honnête [mais aussi tout chrétien] doit se poser est : « et si la Bible dit une chose et mes traditions une autre ? Suivrai-je Dieu, ou suivrai-je les hommes ? »

Néanmoins, faut-il cesser d’interpréter ?

Un premier danger serait de prendre l’interprétation biblique comme une fin en soi et d’oublier que « nous ne sommes pas là d’abord pour faire des interprétations » mais « avant tout (pour) approfondir notre relation au Dieu vivant révélé en Jésus-Christ ». De fait, « si les interprétations que je lis ne me semblent pas renvoyer à un approfondissement de ma relation au Christ mais que, par exemple, elles cherchent à défendre une idéologie ou à faire admirer l’intelligence de l’interprète », mieux vaut alors prier, reprendre le texte et alors, proposer une interprétation plus personnelle, par laquelle je peux mieux connaître le Seigneur et son amour.

Un autre danger, selon Bob Utley, professeur d’herméneutique, serait d’abandonner la tâche de l’interprétation Biblique « aux experts privilégiés, hautement qualifiés », en mettant une grande confiance dans nos techniques, principes herméneutiques et procédures d’exégèse, aussi excellents soient-ils, alors que « la foi n’offre pas de raccourcis à une lecture responsable de la Bible » : « Ce que nous avons fait avec les principes de l’interprétation ressemble à (1) ce que les Juifs ont fait avec leurs experts de la Loi, les scribes; (2) ce que les Gnostiques ont fait avec leur insistance intellectuelle et leur savoir secret, dont ils étaient les seuls à dispenser; et (3) ce que l’Église Catholique du Moyen-Âge a fait avec la dichotomie clergé-laïcs, laquelle continue jusqu’à aujourd’hui. »

Or, rappelle-t-il, « aucun de nous ne peut éviter le travail d’interprétation. Chaque fois que nous écoutons quelqu’un parler, ou lorsque nous lisons ce que quelqu’un d’autre a écrit, nous interprétons ce qui est dit. Cela n’est pas différent de quand nous ouvrons personnellement la Bible. La question n’est pas de savoir si nous devons interpréter, mais plutôt si nous le faisons bien ou mal (…)L’humilité doit toujours accompagner nos interprétations. Une bonne herméneutique exige une attitude d’humilité. Cela comprend non seulement l’humilité d’apprendre des autres, mais de façon plus significative, l’humilité de se soumettre au jugement de la Parole que l’on interprète. Bien que la tâche de l’interprète nécessite étude et jugement, sa tâche ultime consiste à laisser la Parole qu’il étudie lui confronter et l’amener à l’obéissance….. »

Karsten Lehmkühler, professeur de théologie systématique, ne le dit pas autrement : « Avant d’être un objet de connaissance et de recherche, la Parole est un sujet agissant. Elle examine avant d’être examinée, elle nous interprète avant d’être interprétée. Cette perspective inclut le caractère du don : la parole est avant tout une grâce, un don qui ne demande point d’œuvres de notre part. Cette efficience ne saurait dépendre de nos œuvres, … pas même de nos œuvres herméneutiques. La Bible est avant tout un sujet agissant qui nous interroge, interpelle, console ; c’est par elle que Dieu nous fait découvrir nos limites, donne naissance à la foi et nous oriente dans nos choix de vie ».

 

 

Retour sur le forum 2019 des Attestants : « qui parle, quand nous lisons la Bible ? »

« La Bible a été écrite par plusieurs et inspirée par un seul. Quand nous la lisons, nous l’interprétons différemment. Comment retourner aux Écritures en repérant et levant ensemble des obstacles à l’accueil d’une Parole de Dieu ? »

« Qui parle, quand nous lisons la Bible ? » « Nous », quand nous la faisons parler et dire ce que nous voulons qu’elle (nous) dise ? Ou « elle », quand nous la laissons (nous) parler et faire autorité dans nos vies ? 

Tel était le thème du 4ème Forum des Attestants qui a eu lieu le samedi 2 février 2019 au Palais de la Femme (Armée du Salut) à Paris, et auquel j’ai eu la joie de participer en tant que « sympathisant ». 170 personnes représentant une cinquantaine de paroisses EPUDF (Eglise Protestante Unie de France), plus quelques attestants belges [« l’Unio Réformata » de l’EPUB], étaient réunis. Nous nous sommes entretenus ensemble dans la convivialité, la joie et la simplicité au sujet de la problématique suivante : 

La Bible a été écrite par plusieurs et inspirée par un seul. Quand nous la lisons, nous l’interprétons différemment. Comment retourner aux Écritures en repérant et levant ensemble des obstacles à l’accueil d’une Parole de Dieu ? 

Un thème qui ne saurait étonner, quand on sait que le Mouvement des Attestants « est né en 2015 du désir de renforcer au sein de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF) les piliers de la Réforme (Sola Scriptura, bien entendu, avec Sola Gratia, Sola Fide,, Solus Christus, Semper Reformanda et Soli Deo Gloria). Certaines décisions prises en synode leur ont semblé affaiblir la dynamique de l’Eglise et négliger son enracinement dans la révélation biblique ».

De fait, les Attestants « enracinent leurs convictions dans les Ecritures. La liberté chrétienne n’exclut pas mais implique une interprétation respectueuse des textes, pour tout ce qui fonde la foi et structure la vie »

L’orateur invité et principal intervenant était Karsten Lehmkühler, professeur de théologie systématique à l’université de Strasbourg, faculté de théologie protestante.  Ses thèmes de recherche sont en rapport avec Anthropologie théologique, Questions de bioéthique, « Amélioration de l’homme » (Human enhancement), Théologie comparée des religions, La théologie de Dietrich Bonhoeffer, Ethique de la parole.

Il a donc été question de la Bible, à la fois « parole d’hommes » et « Parole de Dieu », laquelle Bible n’est pas un objet de recherche mais « un moyen de grâce », dans la logique de l’incarnation, avec ses faiblesses et limites, utilisé par le Saint-Esprit pour se faire connaître.

Il a été notamment rappelé que la Bible est « loi et Evangile », en ce qu’elle « interpelle, exige, accuse, encourage et console », et qu’elle est claire et efficace en tant que Parole de Dieu.

En tant que chrétiens confessants, nous avons été également encouragés, outre à discerner « les désaccords [d’interprétation] que nous pouvons supporter sans nous séparer », à rester ensemble, dans le cadre de la communauté – l’Église – pour lire la Bible, ces textes inspirés qui nous forgent, et pour chercher ensemble ce qui est clair dans les Ecritures.

En cela, Les Attestants, qui ont choisi de rester au sein de l’EPUDF, plutôt que d’en partir pour rejoindre les Evangéliques ou fonder une nouvelle dénomination, illustrent ce cheminement possible.

Enfin, lors d’un temps d’atelier où nous avons été invités à discuter ensemble de « La Bible dans ma vie et dans mon (église) locale », il est ressorti du mien la stimulante piste de dialogue suivante : et pourquoi ne pas exposer sa compréhension personnelle des Écritures bibliques – comment me fait-elle vivre – en sollicitant le témoignage de mon interlocuteur sur ce point, plutôt que de rester dans un seul débat dogmatique et de doctrine ?

 

Découvrir le programme détaillé du forum sur le site des Attestants.

Le forum en vidéos sur la page Facebook des Attestants.

Prédication de Michel Block lors du culte du forum : « Dans notre rapport aux Ecritures, quel type de serviteurs sommes nous appelés à être ? Fidèles ou… inutiles ? » Un texte de l’Evangile « pas compliqué » mais « difficile » à entendre !

Le texte complet de la prise de parole du professeur Karsten Lehmkühler ici.

Découvrir mes articles sur les Attestants ici.

 

 

 

« Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom » : Focus sur une mauvaise interprétation d’un texte que l’on croit bien mal interprété…

Gaston Lagaffe par Franquin : « le gag » des « crêpes foireuses » !

L’article qui suit commence pourtant bien. Mais la suite prend des allures de gag.

Michael Patton, dans cet article publié sur son blog, Credo House, le 8 octobre 2012. et traduit en français par Elodie Meribault pour Le Bon Combat, estime que le fameux verset “Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.”
(Matthieu 18.20) est généralement mal interprété. De quoi le rendre « hara » ! (de l’hébreu «courroucé», «furieux»)

Nous invitant à regarder « ce verset de plus près », l’auteur nous fait la démonstration suivante :

« Mais quelle est la signification de ce verset ? Cela veut-t-il dire que Christ est davantage enclin à répondre à nos prières si nous prions en commun ? Cela signifie-t-il que Christ est physiquement présent au milieu de notre réunion de prière, comme… un fantôme, une entité flottante ? Après tout, peut-être est-il est là, et il nous tient la main. Et puis, qu’est-ce que cela veut dire, de toute façon ? Comment cela, deux ou trois ? L’idée véhiculée est la suivante : il faut nécessairement plus d’une seule personne pour invoquer cette présence à la fois réelle et mystique de Christ. De cette idée, certains en ont même fait un sacrement. Et pourtant, ce n’est pas ce que signifie ce verset. Et, dans un certain sens, cela m’irrite un peu, car cela peut nous induire en erreur sur la puissance de Dieu et sur notre vie de prière.

Matthieu 18:20, comme chaque passage des Écritures, s’inscrit dans un contexte. Et lorsque nous analysons ce contexte, nous découvrons que la péricope (la plus petite unité de pensée) dans laquelle s’inscrit ce verset commence au verset 15 : « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t‘écoute, tu as gagné ton frère » (Matthieu 18:15).

« Au final », conclue-t-il, « ce passage fait tout simplement référence à la discipline d’Église et la validation d’un processus par Christ. Il n’a donc rien à voir avec une présence mystique de Christ au moment d’une réunion de prière (…). Cette prière mal interprétée pourrait bien ressembler à une formule d’incantation dénuée de tout pouvoir, à une manœuvre manipulatrice d’un système polythéiste qui dépend en permanence de la présence physique de ses dieux pour que les bénédictions arrivent. Nous ne sommes pas limités par ces choses. Notre Dieu est tellement plus grand. Alors réfléchissons à deux fois avant de prier de la sorte ».

Une fois n’est pas coutume, les commentaires qui ont suivi cette analyse sont bien plus intéressants que l’analyse elle-même.

Car, comme le relèvent finement les internautes, l’exposé a beau paraître magistral, il présente l’écueil majeur suivant : « Prétendre regarder le verset de près et ne pas même citer celui qui précède ! » C’est là se planter… magistralement ! Car lequel verset dit justement : « Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux »(v19).

Et l’un des internautes de souligner que « l’enfant le moins déluré voit immédiatement que la discipline de l’Église est ici un sujet complètement étranger à la pensée que Jésus veut communiquer à ses disciples. L’auteur, qui ne manque de nous informer de sa grande familiarité avec le mot hébreu hara, le complète malheureusement pour lui par le japonais kiri, sur le plan intellectuel ».

Comment Dieu nous parle-t-il ?

Ecoute ! Dieu te parle !

Voici un exemple de question posée à « 1001questions.fr », excellent site dont nous avons déjà parlé ici : « comment Dieu nous parle-t-il ? »

La réponse, postée le 18/03 :

De tas de manières différentes ; il est libre !

Mais l’outil qui m’est donné pour l’entendre, c’est le texte biblique. Ce qui suppose un certain nombre de précautions propres à ce media particulier. Ainsi, il faut d’abord lire intelligemment le texte, en usant des mêmes moyens que pour n’importe quel texte (les notes qui accompagnent le texte y aident parfois) : le sens des mots et expressions, le contexte littéraire (= la Bible elle-même, à commencer par ce qui entoure le texte choisi) et historique (= ce qu’on sait du temps et du lieu de l’écriture), etc. Et puis il faut se demander ce que le texte m’apprend, me dit sur Dieu, sur moi, sur mes relations aux autres. Enfin il faut demander à Dieu de me faire comprendre ce qu’il veut me faire entendre, lui qui est une vraie personne vivante, à moi qui en suis une autre.

Il faut aussi accepter que Dieu se taise, ou dise autre chose que le texte biblique (choisi à bon escient ou au hasard). Mais c’est toujours la Bible qui reste le critère : si j’entends Dieu me dire le contraire, alors ce n’est pas Dieu ! Comme toute parole, celle de Dieu est un acte relationnel, qui m’implique autant que lui. C’est ma foi, pas mes connaissances, qui est sollicitée, elle concerne ma propre vie. C’est la parole d’amour d’un père, par elle je reçois la vie du Christ qui est mort et ressuscité pour moi. Dans le concret de mon existence. À proprement parler, c’est lui, Jésus, qui est la parole de Dieu pour moi.

Le critère pour savoir si c’est Dieu qui parle et pas mon inconscient ou l’air du temps : « sola scriptura » ! L’Ecriture seule a autorité.

Je puis donc aussi entendre cette parole à travers l’Église, les autres, les événements, la tradition, la nature, etc. Mais dans tout ça, je n’ai pas de moyen de savoir que c’est Dieu plutôt que mon inconscient ou que l’air du temps. Là encore, le critère, c’est la fidélité de ce que j’entends à la révélation biblique. C’est ce que les théologiens protestants appellent le « sola scriptura » : l’Écriture seule a autorité…

A cette réponse claire et précise, je rajouterai ceci : il est toujours frappant(mais pas étonnant) de constater que ceux ou celles qui remettent en question une telle autorité ont généralement tendance à lui substituer une autre parole et donc une autre autorité. La leur, le plus souvent…..

 

Voir aussi cette autre question, sur le même site : « comment entendre la voix de Dieu ? »

Foireux liens de mai(15) : « ne passons pas à côté de l’essentiel ! »

Les "Foireux liens" de Mars : une actualité "chaude", qui ne devrait pas vous laisser "froid"...

Les « Foireux liens » de Mai : une invitation à « ne pas se conformer au monde présent » et à adopter une vision sociale et sociétale biblique !

Et « l’essentiel », c’est avant tout les relations. D’avoir de bonnes relations. Et surtout, de cultiver ces relations, sachant que la fidélité n’est pas acquise pour toujours. Les liens ci-dessous ont trait aux relations avec Dieu, premièrement, puis « les uns les autres » – un enjeu, surtout à une époque du cloisonnement et de l’atomisation.
1)Ainsi, comment prendre ne seraient-ce que « quatre minutes » avec Dieu par la Bible et la prière « pour une bonne journée » ? Une décision vitale, face au stress, « au surbooking et à un rythme de vie décapant ». C’est le défi que nous invite à relever ce « guide expresso » (1)pour les 25-45 ans de la Ligue pour Lecture de la Bible(LLB). Un programme qui peut paraître peu ambitieux(en comparaison du défi relevé chaque matin par l’écrivain napolitain Erri de Luca), à moins qu’il ne s’agisse de « réalisme ». Mais quatre minutes seront-elles « suffisantes » pour se nourrir, ou « toujours trop », par « manque de temps » ?

Pour les visuels – et les pressés – une présentation vidéo ici :

Si nous prenons la peine et le temps de lire et d’étudier la Bible, nous nous poserons les questions suivantes, avec le bibliste Joël Sprung :

2) « Dans la loi qu’est-il écrit ? Comment lis-tu ? » Le « bon sens » (est-il) « près de chez vous » ?

L’animateur du blog « pneumatis » souligne que « nous vivons une époque dans laquelle la confrontation des méthodes exégétiques, dans les milieux chrétiens, est très vive(…)Quoiqu’il en soit, il convient au moins de rappeler ici que cette confrontation est au moins aussi ancienne que la pluralité des milieux de réception de l’Ecriture. Dès lors, comment s’y retrouver ? Une « méta-méthode », qui pourrait prétendre à faire l’unanimité, et qui pourrait sinon être au moins le mouvement premier du lecteur croyant, consisterait finalement à interroger l’Ecriture elle-même, pour savoir ce qu’elle dit de la manière de l’interpréter. Étrange paradoxe alors, a priori, que de devoir lire pour savoir comment lire ! »

3) « Mais que dit la Bible ? » Notamment à propos de ce sujet controversé et sensible de l’homosexualité, à découvrir sur TGC – Evangile 21. Pour Kévin de Young, « en tant que chrétiens vivant au milieu de la controverse, il y a trois choses que nous devons garder ouvertes : nos cerveaux, nos cœurs et nos Bibles ».

4) « Que dit la Bible » : une question qui ne porte pas seulement(et exclusivement)sur des « questions de société », mais qui porte aussi sur des « questions sociales ». On se reportera donc avec profit sur cette étude d’Alain Nisus – « Connaissance de Dieu et justice sociale chez le prophète Jérémie » : Ou comment il ne saurait y avoir « de disjonction entre la piété et l’éthique ; entre la pratique de la justice sociale et la pratique du culte ; entre l’orthodoxie et l’orthopraxie. La piété authentique s’exprime aussi par un souci de justice sociale ». Et comment il ne saurait y avoir « de disjonction entre l’éthique sociale et l’éthique sexuelle ».

5) Un autre sujet de société : le célibat. Serait-il « Hors norme », notamment de nos jours ? « Pour une valorisation(et une vision biblique) du célibat », il est possible de lire l’édifiante recension du livre d’Albert Hsu sur « elle croit », de nature à inspirer toute réflexion sur cet éternel sujet.

6) Mondialisation : Le « globish » serait-il « la langue de Babel » ?
Est-ce « s’isoler » que de « parler français aux Français, en France » ? s’interroge Patrice de Plunkett, relayant sur son blogue une tribune de Xavier Combe (enseignant à Paris-X et président de l’Association française des interprètes de conférence), à lire intégralement sur Libération. En effet, mot-valise formé à partir de « Global » et de « English », le « globish » est devenu « la langue véhiculaire de la planète » et surtout « la langue de la mondialisation ». Mais, « contrairement au mythe de Babel », estime Xavier Combe, « la malédiction serait que les hommes ne disposent plus que d’une seule langue, d’une unique et même façon de penser ».

7) « Ubérisation » :  un néologisme devenu omniprésent dans la presse, également orthographié «uberisation» sans accent aigu, en référence à « Uber », la fameuse entreprise de mise en relation de chauffeurs professionnels indépendants et de client.
« Au carrefour de l’économie du partage, de l’innovation numérique, de la recherche de compétitivité et de la volonté d’indépendance des Français »(sic), un « phénomène » vu par un « observatoire de l’ubérisation »(2), comme « une lame de fond » susceptible d’ « impacter [ou de bouleverser ]petit à petit tous les secteurs de l’économie traditionnelle des services ». Voici six exemples de ces bouleversements : la profession de taxi, les libraires et l’édition (investie par Amazon), les hôtels, les professions juridiques, les banques et les restaurateurs….Un point commun : offrir la possibilité de se servir tout seul, rapidement, avec la suppression des intermédiaires.

Avec quelles conséquences ? Est-elle « une chance pour l’économie » ?

Faut-il (et peut-on y) résister ?(3) « Uberisation » rime-t-il aussi avec « paupérisation » et « précarisation » ? Chacun – et notamment le chrétien, invité à « ne pas se conformer au monde présent »(cf Rom.12v2) – est appelé à s’interroger.

8) D’ailleurs, il y a deux ans, dans un article consacré à Althusius, un penseur politique protestant, nous soulignons cet affaiblissement des « corps intermédiaires » entre l’Etat et l’individu, soit de toutes les formes de vie associative non gouvernementale, y compris la famille et l’Église(cela concerne aussi l’entreprise).  Un affaiblissement qui favorise l’essor de l’individualisme et du libéralisme, lequel « fait de l’individu et de ses droits inaliénables (liberté, propriété…) le centre et l’origine des relations sociales ». La « main invisible » a aussi un effet destructurant par essence, puisqu’elle « disloque la société, mais ne la conserve pas ». L’occasion de reconsidérer une contribution oubliée de la pensée politique protestante, soit une vision de la vie sociale et politique fondée sur les notions d’alliance et de consensus. Une vision de nature à nous faire réfléchir, d’une part, sur l’exercice équilibré de l’autorité dans la société, en termes de consensus, et, d’autre part, sur l’importance des institutions médiatrices entre l’Etat et l’individu.

Dit autrement :

9) « Comment bâtir des relations authentiques ? » Ou « comment entretenir des relations où les gens se sentent assez à l’aise pour se montrer vulnérables ? » Un article découvert via elle croit.com, et un enjeu fondamental qui concerne aussi les hommes !

Et pour finir :

10) Cette excellente intervention récente de Benoît, des « Cahiers libres », sur le sens de la grève contre la loi travail : une « scandaleuse atteinte aux droits des consommateurs » ? A moins de se souvenir que le consommateur est aussi un travailleur. Et si on donnait prioritairement la parole à ce dernier, pour le laisser s’exprimer sur ses droits légitimes ? C’est sur le « blog notes » de Radio Notre Dame, et c’est à (ré)écouter sur les « Cahiers libres ». Ne pas manquer le démontage en règle du fameux sophisme : « faciliter les licenciements et précariser le travailleur permettra de lutter contre le chômage » !

 

Notes : 

(1) Parmi les contributeurs, on y retrouve entre autres Olivier Keshavjee, théologien réformé et « animateur de paroisse » en Suisse. Il est aussi censé animer son blogue « Théologeek ». Mais si vous en avez assez d’attendre qu’« une particule de créativité traverse le vide interstellaire(j’allai écrire « intersidéral »)pour s’écraser sur un de ses neurones »(ce qui n’est plus arrivé, à l’heure où j’écris, depuis le 9 avril 2015), vous pouvez toujours le lire sur le guide « Express’o » !

(2) On notera que ledit « observatoire » a été fondé par des auto-entrepreneurs (FEDAE) et l’association « Parrainer la Croissance ». Il se donne « pour but d’accompagner l’ubérisation, d’apporter un constat précis et de proposer des pistes de réflexion autour de la réforme du code du travail, du dialogue social, de l’évolution du Droit… ». 

(3) Cf cet article du Monde diplomatique. Voir aussi ces autres exemples pour l’économie et l’université.  A lire, également, « ultramoderne solitude », entretien avec Philippe Breton, dans « La Décroissance », avril 2016, numéro 128, pp3-5 : « sur l’uberisation de l’économie, il y a des résistances très fortes, on voit ce que donne la déréglementation du travail. Les partisans des nouvelles technologies nous flattent en disant : « l’individu moderne n’a pas besoin de régulation ». Mais les gens voient que tout n’est pas possible, que la toute-puissance de l’individu est relative, que les professions doivent être réglementées. Ils ont conscience que ce sont les règles collectives qui nous permettent de vivre en société, qu’il faut des normes, des médiations, des régulations. On sent que dans un monde non régulé, la violence refait rapidement surface »(op. cit., p 5).

 

Au coeur du Pentateuque : une invitation redoublée à « chercher »…

Dans « Bibliothérapie »*, Marc-Alain Ouaknin nous propose « un voyage au coeur du livre », soit celui de « la loi »(ou la Torah, le Pentateuque), en ayant recours au comptage classique des mots de cette section**. « Le nombre de mots étant pair, le coeur du livre est l’espace vide qui sépare les deux mots au milieu du livre », explique-t-il. Le milieu du livre se trouve alors en Lévitique 10v16, un verset qui semble parfaitement anodin en français, mais dont Marc-Alain Ouaknin souligne l’étrangeté de la formule originale en hébreu. Dans ce chapitre, il y est question de la mort de deux fils d’Aaron, le souverain sacrificateur et frère de Moïse. Sont également énoncés les prescriptions aux prêtres de manger les sacrifices(appelés « choses saintes ») dans un lieu saint.
Le v16 dit : וְאֵת שְעִיר הַחַטָּאת דָּרֹשׁ דָּרַ שׁ מֹשֶׁׁה וְהִנֵה שֹרָּ ף (ou « Veèt seïr hahatat daroch darach moché vehiné soraf « . En français, mot à mot, cela donne : « Et le bouc du péché, cherché il a cherché Moïse, et voici qu’il était brûlé »***).
Cette répétition, suffisamment rare pour être signalée, est au cœur du Pentateuque. Elle est toutefois bien mal rendue dans la plupart de nos traductions françaises (à part la Chouraqui).
Le mot « darach » est répété deux fois : « daroch darach », « cherché il a cherché ». C’est entre ces deux mots identiques que se situe précisément le coeur du pentateuque ou de la Torah. Le coeur du livre est un vide séparant deux mots identiques (chercher : דּרש) qui signifient précisément « interprétation ». Le mot « darach » signifie en effet « interpréter » et a donné le mot « Midrach », soit les différents recueils des interprétations rabbiniques de la Bible (op. cit., pp234-235). Cette répétition est une forme verbale qui intensifie l’action, avec un impératif : « cherche ! » ou « interprète ! ». Marc-Alain Ouaknin y lit une invitation du verset à l’interpréter.

De prime abord, le rapport entre un bouc expiatoire que l’on cherche avec insistance et l’invitation d’un texte à l’interpréter ne semble pas évident. Mais l’impératif unique demeure : « cherchons, cherchons ». Que(ou qui) faut-il donc chercher ?
L’objet de la quête est une victime expiatoire, un animal en vue du sacrifice pour le péché. Cette quête est celle d’Isaac, qui questionne ainsi son père Abraham : « où est l’agneau pour l’holocauste ? »(Gen. 22v7), pour obtenir cette réponse du patriarche : « Dieu se pourvoira lui-même de l’agneau pour l’holocauste »(v8). La réponse est donnée en filigrane dans les Ecritures– des tuniques de peau d’animal faits par Dieu lui-même pour « couvrir » Adam et Eve après leur désobéissance, de façon bien plus efficace que leurs feuilles de figuier(Gen.3v21) ; une offrande d’Abel « le juste », agréée par Dieu même(Gen.4v4 cf Matt. 23v35, Luc 11v54, Hébreux 11v4 et 12v24) ; « l’agneau pascal » en Exode 12 ; un mystérieux agneau que l’on conduit à la boucherie (Es 53v7), qui « s’est livré lui-même à la mort, mis au nombre des malfaiteurs », qui « a porté les péchés de beaucoup d’hommes, et qui a intercédé pour les coupables »(v12)….jusqu’à la pleine révélation donnée par Jean : « Voici l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! » (Jean 1v29, 36 cf Act. 8v30-35)

L’invitation redoublée à « chercher » est donc une invitation redoublée à « Le chercher », en « sondant les Ecritures »(Jean 5v39 ; Luc 24v27, 44), puisqu’ « elles témoignent de Lui ». Lui qui nous ouvre l’intelligence afin que nous comprenions les Ecritures (Luc 24v45). C’est aussi une invitation à « interpréter », soit à « traduire », « exécuter », « donner du sens », « vivre » ces paroles, données pour nous aujourd’hui.

 

 
Notes :

* « Bibliothérapie : lire c’est guérir ».Seuil, 2008(Points)

** Les sofrim(ou « scribes ») ont compté dans le Pentateuque 669 paragraphes, 5845 versets, 79 976 mots et 304 805 lettres consonnes. Sachant que « les textes hébraïques ne comportent que des consonnes. C’est une langue purement consonantique au niveau de l’écriture. Ni voyelles, ni ponctuation : seuls « comptent » les espaces de séparation entre les chapitres et les espaces un peu plus grands entre les livres »(« Bibliothérapie », p 233).
*** Ou encore : « Au sujet du bouc expiatoire, Moïse fit des recherches (daroch), et il se trouva (darach) qu’on l’avait brûlé. »

 

 

Comment lis-tu ?

Verres optiques par George Hodan

Verres optiques par George Hodan

L’été est là depuis quelque temps, même si le temps dont nous disposons ne nous aide pas toujours à le croire. Mais ne râlons pas…

L’été est là et les vacances d’été(pour certains !)débutent.

Une question demeure : que faire ? Que et qui voir ? Où aller ? Qu’emporter dans nos bagages ? (pour ceux qui pourront partir en vacances)

Que lire ?

Tiens, puisque l’on parle de « lecture » ! Parlons encore de la lecture de la Bible ! Et surtout d’une certaine façon de lire :

Quand je lis, ici ou là, certaines façons de lire ou d’interpréter les Ecritures(mais aussi certaines façons de considérer les Ecritures-ce qui est la même chose !), je pense souvent à ce passage de 2 Jean 9 :
« Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu. »

« Aller plus » ou « trop loin », c’est courir le risque de ne pas demeurer dans la doctrine de Christ(Et donc de s’en écarter)et de ne point avoir Dieu.

2 Jean v9 est une mise en garde pour quiconque, érudit, sage, intelligent ou moins instruit(mais sachant lire et comprendre).

Ainsi, il est possible de prendre beaucoup d’énergie et de temps pour fouiller, décortiquer, creuser, des notions de la Bible. Il est dommage que cela ne nous conduise pas toujours à un émerveillement simple, réel et franc, quant à ce que Dieu a fait pour nous.
La théologie peut être utile, comme, parfois, de discuter. Dieu nous exhorte à creuser Sa Parole, mais à la condition de ne pas perdre de vue, et le fil rouge-Christ-et et la finalité : grandir dans une meilleure connaissance, plus vivante, plus authentique, plus vraie, de Dieu et de Jésus-Christ, ainsi qu’une plus grande obéissance et soumission à Dieu. L’obéissance, la soumission à Dieu(et l’amour), c’est là l’essentiel.

Pour l’avoir oublié, Eve a été trompée : elle a voulu discuter avec le premier théologien de l’histoire(Gen.3)et cela l’a conduit à douter de Dieu et à prendre du fruit défendu. Pierre a aussi « oublié » de se soumettre au Seigneur et a voulu discuter avec Lui(Jean 13v36-38 et Matt.16v21-22). Résultat, il n’a pas pu veiller même une heure avec Jésus et on connaît la suite à Gethsémané…
De même, enfin, le peuple juif (en réalité sans doute plus « le peuple de l’interprétation des Ecritures » que « du Livre ») : ils scrutaient, sondaient les Ecritures, mais ont oublié l’essentiel(Jean 5v39). Résultat, lorsque le Messie est venu, ils ne l’ont pas reconnu. Mieux : ils savaient où Il devait naître, mais ne se sont pas déplacés pour l’adorer.

A l’inverse, le Seigneur ne discute jamais avec l’adversaire, notamment sur Son identité et Sa mission, et affirme la Parole avec autorité(Matt.4 et Marc 5)

Bref, que conseiller(si je puis conseiller quelque chose !)de « faire » (ou de vivre)cet été ? 

La lecture du Livre par Peter Griffin

La lecture du Livre par Peter Griffin

De se (re)plonger dans la Parole de Dieu écrite : la Parole et rien que la Parole de Dieu(du premier au dernier livre, NT et AT) pendant les deux mois qui viennent. Vous verrez : ce livre, vivant, est passionnant ! Il vous parle d’une personne toute aussi vivante et passionnante !

– De « creuser » cette Parole vivante d’une façon différente, comme pour y trouver des trésors, sources d’émerveillement…dans le but d’ »aller plus loin », dans une communion et une connaissance(et une soumission) plus profonde, plus vraie, plus vivante, plus juste et meilleure avec Christ. Nos perspectives pourraient être totalement différentes !

Bonne lecture à chacune et chacun !

Et bonne « chasse au trésor »…. »si tu veux aller loin » !*

Que le Seigneur vous conduise !

PS : pour ma part, j’avais eu, au départ, idée de consacrer un ou deux billets(pour terminer juillet)à quelques critiques de films ou de livres.

Au final, je n’en conseillerai donc qu’un(ou plutôt : une bibliothèque de 66 livres en un volume de poche) pour l’été. Plusieurs plans de lecture de la Bible sont disponibles sur ce blog, dans la partie « étudier la Bible ».

Je reparlerai d’autres livres(autres que la Bible, mais que j’ai trouvés édifiants et intéressants) et de films, à la rentrée(peut-être, au plus tôt, fin août).

En attendant, ce blog et son bloggeur se mettent au repos pour juillet-août. Je compte mettre à profit ce temps pour continuer à mettre en pratique que j’ai conseillé plus haut.

Profitez-en pour vous promener sur le blog et pour lire les autres billets (qui ne sont pas si nombreux après presque six mois d’existence !)

Grâce et paix en Jésus-Christ à vous tous !

Note :

*Hommage à Ralph Shallis !

Les « 10 commandements » de l’interprète de la Parole de Dieu

 

Curieux étudiant par Petr Kratochvil

Curieux étudiant par Petr Kratochvil
La Parole nous parlera si nous la laissons nous parler. Si nous la faisons parler, nous n’entendrons que notre propre voix.

 1) La Bible est la Parole de Dieu et elle est la seule vérité (1 Thes.2v13, Jean 17v17). Tous les hommes que Dieu a utilisés pour des réveils étaient attachés à Christ et à l’Ecriture (2 Chr.34).

2) La prière et la conduite du Saint-Esprit (Jean 16v13)

Le Saint-Esprit nous a été donné pour que nous soyons conduits dans toute la vérité. Nous devons à la fois chercher la pensée de Dieu par la prière et aussi tenir compte de ce qu’il communique par le moyen de nos frères et sœurs en Christ.

3) Nous avons reçu un esprit de « sobre bon sens » (2 Tim.1v7, 1 Cor.10v15) : Recevons simplement ce que le Seigneur nous dit et donnons aux termes employés leur sens courant. Avant de voir des « types », voyons-y la réalité.

4) « Boire directement l’eau vive à la source, plutôt qu’au réservoir ». Aller directement au texte biblique, car Dieu nous a parlé par l’Ecriture et non par des commentaires. Si ceux-ci sont utiles, l’Ecriture est seule Parole de Dieu, et seule inspirée.

5) Etre honnête et vrai (Luc 10v26) : est-ce que nous ne comprenons pas ce que nous lisons, ou est-ce que nous ne voulons tout simplement pas obéir à ce que nous comprenons ?

6) Lire l’explicite avant de chercher l’implicite (Matt.15v2-6)

Des « fondamentaux », dans la Parole de Dieu, tels que l’amour et la justice, et des préceptes simples, tel qu’honorer ses parents. Toute explication allant contre ces principes clairs doit nous être suspecte.

7) Ne pas chercher confirmation de ce que l’on pense ou l’approbation de ce que l’on a déjà décidé de faire (Matt.4v5-7) : La Parole nous parlera si nous la laissons nous parler. Si nous la faisons parler, nous n’entendrons que notre propre voix.

8) La règle des « deux ou trois témoins » (2 Cor.13v1) : il est important de ne pas établir de doctrine sur la base d’un seul verset. Toutes les doctrines importantes peuvent être établies par de nombreux versets et leur contexte.

9) Ne pas confondre l’esprit et la lettre (Jean 6v63, 2 cor.3v6) et l’esprit prime sur la lettre :

« Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. Car, si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, et qui, après s’être regardé, s’en va, et oublie aussitôt quel il était. Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l’oeuvre, celui-là sera heureux dans son activité ».(Jacq.1v22-25)

Notre attachement à la Parole écrite doit nous amener à produire du fruit dans notre marche pratique quotidienne, sinon il n’est qu’intellectuel, « nous nous séduisons nous-même ».

10) Interpréter les versets « obscurs », difficiles, par des versets plus clairs (2 Pie. 3v16)

Sans oublier le « 11ème commandement » : « Chercher Christ dans les Ecritures », puisqu’elles parlent et témoignent de Lui.

Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait, dans toutes les écritures, les choses qui le regardent(…)Ce sont ici les paroles que je vous disais quand j’étais encore avec vous, qu’il fallait que toutes les choses qui sont écrites de moi dans la loi de Moïse, et dans les prophètes, et dans les psaumes, fussent accomplies.(Luc 24v27, 44)

 

(Inspiré de Pierre Oddon : « Examiner chaque jour les Ecritures ». Séminaire « Boire à la Source »)