Le péché : « une dynamique », « une rupture »

(News lovers in the)Planet of the Apps (2013) Huile sur toile 36” x 36” de Patrick McGrath Muñiz Le péché : une rupture

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(2013)
Huile sur toile 36” x 36” de Patrick McGrath Muñiz
Le péché : une rupture

Souvenez-vous des deux billets de la semaine dernière (« Ce dont souffrent ceux qui sont perdus dans le monde… » et « L’avenir est-il de vendre ce qui est aujourd’hui gratuit »), qui avaient été présentés comme deux introductions à un nouveau thème, que nous abordons aujourd’hui. Avez-vous trouvé de quoi il s’agit ?

Il s’agit du péché. Ne zappez pas trop vite, s’il vous plaît…

Quel rapport avec les deux billets précédents ? Nous y venons.

Qu’est-ce que le péché ? Contrairement à ce que nous pensons souvent, le péché n’a rien à voir avec le fait d’avoir « un mauvais comportement » ou une « mauvaise moralité ». Comme nous l’apprend Genèse 3, le péché est une affaire de relations. En effet, pécher, étymologiquement(en hébreu comme en grec), veut dire « manquer le but ». Soit « être à côté de la plaque » et « passer à côté » du cadre de l’alliance de Dieu avec l’homme, en violant celle-ci. Sans ce cadre, la liberté devient une liberté de tous les désirs et le résultat est la dispersion. Le péché est donc « une cassure », une « trahison » (analogue à celle d’un des deux conjoints, dans un couple)

 

Développons un peu :

Comme nous l’apprend Genèse 1, Dieu est un être relationnel : Dans l’original hébreu, Il est appelé ici « Elohim », qui est un pluriel, quoique le verbe qui suit (« créa ») soit au singulier(Gen.1v1). Ce nom signifie « Dieu fort et puissant, créateur ». Au début, Dieu parle tout seul, ou « à lui-même »(v26). Il aurait pu le faire encore longtemps. Mais comme Il déclarera qu’ « il n’est pas bon que l’homme soit seul », il ne semble pas bon que Dieu soit seul !

Dieu, qui est un « Dieu relationnel », décide donc de créer l’être humain « à son image » et « à Sa ressemblance »(v26). « Image » et « ressemblance » ne sont pas synonymes : « image » veut dire « ombre » et « ressemblance » évoque l’idée de « réalité », d’une reproduction fidèle (comme un portrait). Gen.1v26 ne l’explicite pas de manière directe, mais l’on peut déjà comprendre que l’identité de l’homme se définit en tant qu’être relationnel, dans son rapport avec un Dieu relationnel. L’homme, d’une manière unique-ce qui le distingue des animaux-est capable d’avoir conscience de l’existence de son créateur (cf Eccl.3v11) et donc de se rapprocher, de s’associer à Dieu, et d’être en relation/communion avec Lui.

Les relations sont « des connexions », entre Dieu et nous, entre un être humain et un autre. Les relations sont toujours interpersonnelles, au minimum entre deux personnes(sinon, c’est du fantasme).

D’autre part, si Dieu est « relationnel », il est aussi créateur. Le terme « créa » (« Bara » cf Gen. 1v1,21,27; 2v3,4) est le verbe hébreu employé exclusivement pour l’activité créatrice de Dieu. Son sens fondamental est de façonner en coupant ou en séparant, dans le sens de distinguer. Et toute la dynamique créatrice de Dieu consiste en distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais, afin que le chaos s’ordonne : la lumière est ainsi distinguée des ténèbres, le jour de la nuit, le sec du mouillé, la terre de la mer……

Or, nous souffrons d’un trouble de la perception qui s’appelle « l’indifférence : soit l’incapacité de distinguer les différences, telle que la différence entre réalité et fiction, et surtout, la différence (vitale) entre « distinguer » et « séparer ». Et Dieu veut distinguer – et non séparer- ce qui est bon, dans la création : ainsi, distinguer l’homme de la femme permet la non-confusion, mais aussi de préciser que si « l’homme doit s’attacher à sa femme », et être « une seule chair » avec elle(et réciproquement), ils restent bien homme et femme. Ils ne perdent pas leur identité.

 A l’inverse, si Dieu distingue, le Serpent de Gen.3 sépare. En effet, tandis que Dieu veille à ce que se créent et s’entretiennent de véritables liens sociaux positifs, entre Lui et l’humanité, et les hommes entre eux – du moment qu’il s’agit de projets sains (à l’inverse du projet totalisant de la Tour de Babel, en Gen.11) – le Serpent(ou le diable – « le diviseur ») fait tout pour dégrader, casser, détruire, diviser.

Dit autrement, Dieu souhaite « une distance de non-confusion » entre Lui et l’homme, et entre les hommes, mais à la condition que cette distance ne soit pas vide, qu’il y ait du liant, du contact, des passerelles. Le Serpent, quant à lui, souhaite le vide total et prêche la non-relation, la séparation, la rupture totale et radicale, quand il ne tente pas de nous faire croire aux « bienfaits » d’une prétendue (con)fusion. Ceci est illustré dans l’article « L’Avenir est-il de vendre ce qui est aujourd’hui gratuit », et chacun peut évaluer « les bienfaits » des « fusions » de plusieurs administrations/services aux missions différentes…..

Bref, le péché est donc d’abord un état, celui de mon être, où je suis séparé de Dieu ou de mon prochain/mon frère humain. Rom.3v23 déclare que « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu », et que « ce sont nos péchés qui nous cachent sa face »(Es.59v2). Bien sûr, l’on dira que « le péché est humain », et que l’on n’y peut rien. Mais ce n’est pas biblique : On se souviendra que l’homme a été créé sans péché (Voir ce que Dieu déclare au sujet de sa création et de sa créature en Gen.1v31), mais que c’est son adhésion au système du serpent (rusé, accusateur, menteur, diviseur) qui l’a fait entrer dans cette dynamique du péché. Insistons sur un point : le péché n’est pas nécessaire pour être véritablement humain : c’est pour cela que Dieu a envoyé Son Fils Jésus-Christ en tant qu’homme sans péché – « le second Adam » – pour montrer l’humanité originelle véritable(Rom.8v3, Hébr.2v14, 4v15). A ce propos, le péché est-il « inné » ou « acquis » ?(1) « Les deux, mon capitaine », peut-on répondre : d’un côté, le péché est « acquis » puisque les hommes sont responsables des actes qu’ils commettent (Romains 2v12-13), et non responsables de ceux qu’ils n’ont pas commis. De l’autre, le péché est « inné », étant une puissance qui habite en nous (Romains 7v17) suite au péché d’Adam (Romains 5v12) et qui nous rend esclaves (Romains 6v6). Dans le (seul) premier cas, nous ne pourrions y échapper au nom d’une certaine fatalité ; dans le second cas, nous pouvons y échapper et lutter contre lui. Encore faut-il avoir la puissance nécessaire de le faire : Nous le pouvons « en Christ » (2 Cor.5v17, Jean 3v3 et ss, Jer.31v33, Rom.68), mais sommes condamnés si nous restons « en Adam ». Ainsi, nous péchons tous, parce que toutes les générations précédentes enclenchent ce mouvement dès l’origine (cf « la vaine manière de vivre héritée de nos pères », cf 1 Pie.1v18)

Le péché est aussi une dynamique spirituelle, où l’éloignement avec Dieu casse ce qui nous relie aux autres.  L’épisode de Caïn et Abel l’illustre assez bien en Gen.4. Le v7 de ce chapitre décrit le péché comme un fauve « tapis à notre porte », qui n’attend que le bon moment pour nous sauter dessus, nous dominer et nous détruire, si nous lui ouvrons la porte. On relèvera, dans ce passage, que Dieu ne dit pas que Caïn est « bestial » ou que son comportement est « animal », mais qu’Il distingue bien Caïn du péché(extérieur à lui) cf Rom.7v17. S’Il invite Caïn à « dominer » sur le péché, c’est que cela est possible (cf le mandat donné par Dieu à Adam et Eve en Gen.1v28). L’alternative est alors claire : soit je domine le péché, soit c’est lui qui me domine. Il suffit de baisser un peu ma garde, d’entrouvrir un peu la porte…cf Jean 8v34.

La clé pour vaincre le péché, c’est de sortir de l’ombre, de nos (fausses) sécurités et affronter la lumière (« Dieu est lumière », nous dit 1 Jean 1v6-9) pour confesser ce péché que nous cachons(et même : aimons) et nous en repentir. Notons encore que dans le passage de Gen.4, c’est Dieu qui prend l’initiative du dialogue avec Caïn, au moment où il n’a pas encore commis l’irréparable, et même après avoir commis son meurtre : Dieu « ouvre la porte » à la possibilité d’une relation restaurée, condition nécessaire pour vaincre le péché. Comparez avec l’invitation donnée par Jésus, lequel « se tient(aussi) à la porte » en Apoc.3v20, puis décidez à qui vous voulez ouvrir la porte…Mais, a dit encore Jésus, « quiconque se livre au péché est esclave du péché »( Jean 8v34), et « le salaire du péché, c’est la mort » (Rom.6v23).

Comment le péché s’enclenche-t-il ? Par la désobéissance. Nous l’avons vu plus haut, le péché, c’est « Manquer le but » : soit de « passer à côté » du cadre de l’alliance de Dieu avec l’homme, en violant celle-ci.

Ce cadre pour la liberté est illustré par « les 10 commandements » d’Exode 20 et Deut.5, revisités par Jésus en Matt.57. Par exemple, « Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens : Tu ne tueras point ; celui qui tuera mérite d’être puni par les juges. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges ; que celui qui dira à son frère[sur twitter ou non] : imbécile ! mérite d’être puni par le sanhédrin ; et que celui qui lui dira : Insensé ! mérite d’être puni par le feu de la géhenne (Matt.5v21-22)….. Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras point d’adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur » (v27-28).

Le péché commence quand l’homme trahit l’alliance qui régit la relation. Le mécanisme d’enclenchement du péché s’explique par Jacques en Jacq.1v14-15 : « chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise….. »

Ensuite, le péché est toujours, premièrement, un péché contre Dieu : ne disons pas, à l’instar du roi Saül », « j’ai péché » d’une façon vague, mais « j’ai péché contre toi seul », Seigneur (Psaume 51v1-4), et contre les hommes (Luc 15v18).

Ce qui signifie que nous ne péchons pas contre les commandements de Dieu ou contre la loi, mais contre Dieu, Celui qui nous fait don de cette loi. La loi est simplement là pour nous montrer où nous avons dévié. Chacun peut d’ailleurs se questionner, à la lecture des commandements de Dieu, dans le style : « montre-moi ce que je dois apprendre de moi, en lisant Exode 20 ou Deut.5 ! »

Un exemple : le fameux « tu ne commettras pas de vol » semble être de prime abord une défense de la libre propriété privée, clé de voute du capitalisme. Or, ce que nous apprend fondamentalement ce commandement est que, si je vole, je détruis l’ordre créationnel. Rien moins. Comment cela ? L’ordre créationnel de Dieu consiste à recevoir (ce dont j’ai besoin et que Dieu me donne avec générosité) et non à prendre. Or, si je vole, je prends. Je ne reçois plus, puisque recevoir ne me suffit plus.

Qui a péché ? Tous (Rom.3v9-10), même ceux qui n’ont pas la connaissance des 10 commandements et qui ont « une loi naturelle » en eux, inscrite dans leur cœur (cf Rom.2v14-15). Nous pouvons donc tous savoir que nous sommes pécheurs contre Dieu et contre les hommes. « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous », rappelle 1 Jean 1v18 (Voir aussi Jean 8v7)

Nous péchons donc personnellement. Ce ne sont donc pas les autres (nos parents, nos frères et sœurs, la société, le gouvernement…), cf Deut.24v16 ; Job 19v4 et Ezech.18v20. Et je suis le seul à pouvoir confesser mes péchés, mais pas ceux des autres. Cela ne sert à rien de chercher à me justifier ou à minimiser mon péché. D’ailleurs, Dieu ne nous demande pas « pourquoi » mais « quoi », quand nous péchons (Gen.4v9). Il ne demande pas au pécheur de se justifier, mais l’invite à reconnaître la vérité de la rupture. C’est la porte ouverte au pardon, à la réconciliation et à la restauration : Jésus est venu sauver « non des …. mais des …… »(Luc 5v32. Darby), et « il y a plus de joie dans le ciel pour… » (Luc 15v7). « Mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rom.5v20) ; « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1v9).

L’enjeu (choisir la vérité face au péché, choisir d’être vrai devant Dieu, soi et les autres) est donc vital, puisque le péché est une question « de vie ou de mort », et non « de morale » (Deut.30v19) !

Et puisque l’on parle d’une question « de vie ou de mort », peut-on dire à mon frère qu’il a péché ? S’il a péché, suis-je légitime pour le reprendre ? (Matt.18v15). N’est-ce pas se mêler des affaires d’autrui ? Ne serait-ce pas faire preuve d’orgueil spirituel que de vouloir jouer les « redresseurs de tort » ? Qui suis-je, pour juger les autres ?

Mais la Bible dit autre chose. Voici un passage d’Ezéchiel 33v7-8, qui ne manque jamais de nous faire frémir : « Et toi, fils de l’homme, je t’ai établi comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu dois écouter la parole qui sort de ma bouche, et les avertir de ma part. Quand je dis au méchant : Méchant, tu mourras ! si tu ne parles pas pour détourner le méchant de sa voie, ce méchant mourra dans son iniquité, et je te redemanderai son sang ».

Suis-je « la sentinelle de mon frère « ? Suis-je « le gardien de mon frère » ? Bien entendu. Jacques 5v19-20 dit encore que « si quelqu’un parmi vous s’est égaré loin de la vérité, et qu’un autre l’y ramène, qu’il sache que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s’était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés ».

Soyons conscients qu’il n’y a pas que « des individus ». Moi-même, je ne suis pas seul et je ne me suis pas fait tout seul. Le monde ne tourne pas autour de « moi, moi, et moi » seul. Si je suis libre de mes choix, je ne suis pas libre des conséquences de mes choix.  Nous vivons dans un cadre social bien réel, qu’il s’agisse de la famille, de la société, d’une communauté, ou d’une collectivité, autant de structures où est censée fonctionner une certaine interdépendance. Je suis ainsi reconnaissant de ce que d’autres (mes parents ou des aînés) aient veillé sur moi et n’aient pas « respecté ma liberté », à un âge où les conséquences de mes bêtises (traverser sans regarder, se pencher au balcon, mettre les doigts dans la prise) auraient été trop lourdes à porter.

Dans le même ordre d’idée, lorsque Jésus recommande à ses disciples de pratiquer « la correction fraternelle »(« si ton frère- et non ton prochain – a péché »), selon une progression par étapes décrite en Matt. 18, il fait référence à un cadre familial : l’Eglise, le corps de Christ, qui est réellement une famille spirituelle. C’est le rassemblement « au nom de Jésus » de tous ceux qui « sont sortis hors de » (du monde qui ne reconnaît pas Dieu) et qui ont le même Père céleste. Et c’est dans la famille, ce cadre intime, et non « sur les places publiques » que sont les forums/blogues (« chrétiens » ou non) d’aujourd’hui, que l’on apprend à s’aimer, à donner et à recevoir, comme à se parler en en vérité et à se pardonner.

Ne « manquons pas le but » : la finalité de la correction fraternelle reste la restauration des relations brisées (entre Dieu et nous, nous et nos frères) via le pardon que l’on donne mais aussi que l’on reçoit.

Ne craignons donc pas de reconnaître et de dire les ruptures, soit de reconnaître et de dire notre propre péché et celui des autres, pour vivre sur un fondement de vérité. Mais à la condition de le dire avec amour, sans juger. Et certainement pas pour condamner en se plaçant plus du côté de ceux qui veulent lapider la femme adultère (cf Jean 8v1-11) que du côté de Jésus, ou en se plaçant du côté du « moraliste » par un « va et ne pêche plus », oubliant ce qui précède : « je ne te condamne pas non plus »(v11).

En définitive, notre positionnement face au péché ne devrait donc pas être « moral », mais « dans le même registre que celui de Jésus » : celui-ci, en effet, n’est pas venu pour « faire la morale aux gens », ou pour accuser, condamner, faire tomber, enfoncer. Mais pour relever les personnes,  les faire passer de la mort à la vie. On notera enfin que dans la scène avec la femme adultère, en Jean 8v11, Jésus donne pour consigne, après le refus de condamner, d’avancer, mais « pas de rechuter ». C’est une invitation à « tenir ferme », une fois libéré (cf Hébr.12v4 ; Eph.6v11).

 

 

(D’après « Mener le bon combat » de Gilles Boucomont. Ed. Première partie, 2011, pp 45-59).

 

Notes : 

(1) L’avis de théologiens ou de toute personne aimant passer du temps dans l’étude de la Parole de Dieu, m’intéresse, bien entendu !

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Ensemble, les Pères, Priez pour l’Education et l’Ecole

L'éducation, cela concerne aussi les hommes, et les pères.

L’éducation, cela concerne aussi les hommes, et les pères.

Vous les pères, et de manière générale, nous les hommes. Et ce, au nom de « l’Eternel des Armées », ce « Héros qui sauve » ! Ce Père, qui nous aime et nous éduque !(Deut.8) Et au nom du Seigneur Jésus-Christ, le Maître qui enseigne.

– Parce que nous, les « mâles »(« Zakhar »), sommes ceux « qui se souviennent » et « qui transmettent » à la génération suivante ce qui leur a été confié.

– Parce que l’homme, époux et père, est un sacrificateur dans sa maison.

– Parce qu’il y a un enjeu de vie ou de mort, liant l’enfant et l’éducation.

– Parce que l’enfant connaît trois lieux d’influences : l’Ecole, la Famille, l’Eglise….plus un quatrième et un cinquième. Où et avec qui passe-t-il le plus de temps ? Et quand vous vous retrouvez tous « en famille », à la maison, l’enfant est-il vraiment « là », avec vous ? « Il y a plusieurs demeures(ou plusieurs pièces) dans la maison (du) Père », dit Jésus (Jean 14v2). Et aucune ne devrait être étanche. Peut-on circuler de l’une à l’autre, de manière interdépendante ? La famille vit-elle vraiment « ensemble » ?
A moins que les uns et les autres ne soient chacun dans son coin ou sur son écran ?

Parce que si ce n’est pas le père qui enseigne et éduque l’enfant, ce seront ses paires. Lesquels se « ressourcent » via les jeux vidéo, la télévision, internet…

Ensemble, les Pères, les hommes ! Prions et intercédons pour l’Education et l’Ecole, ce week-end ! Main dans la main avec nos épouses et les sœurs de notre église. Car nous sommes concernés. Nous sommes tous concernés.

Snow Therapy : ou l’illusion que « nous sommes au contrôle »

"Tout est-il sous contrôle" ? Snow Therapy, un film suédois de Ruben ÖSTLUND (2014)

« Tout est-il sous contrôle » ?
Snow Therapy, un film suédois de Ruben ÖSTLUND (2014)

Il vous a peut-être échappé.
Il a été successivement baptisé puis débaptisé et encore rebaptisé : Tourist, puis Force majeure, enfin Snow Therapy. Comme ce dernier titre ne l’indique pas, il s’agit d’un film, suédois, sur la famille, les relations dans le couple et le rôle de l’homme.
Sortie en France le 28 janvier 2015, il est encore à l’affiche, quoique beaucoup moins médiatisé, semble-t-il, que d’autres films. Et il est encore temps d’aller le voir, à plusieurs, entre hommes, ou en couples-hommes et femmes, pour en discuter longuement ensuite.

A noter que c’est mon épouse qui a attiré mon attention sur ce film, que nous avons vu ensemble courant février. Elle m’avait assuré « qu’il me plairait sûrement ». Et effectivement…Mais commençons par le commencement, et d’abord, parlons de l’histoire, en peu de mots :
« Tout est sous contrôle »

Snow therapy raconte l’histoire d’une famille « traditionnelle » suédoise, passant un séjour dans la station de ski des Arcs, en France. Le récit est d’ailleurs découpé en cinq parties, soit une pour chaque jour passé dans la station. Le père, Tomas, « travaille trop »(ou sans doute « plus »-peut-être même le dimanche-« pour gagner plus ») selon son épouse Ebba : l’occasion pour lui d’accorder un peu de temps à sa femme et à ses deux jeunes enfants Vera et Harry…
La première journée se passe bien, et la famille offre un profil uni et solide. Tout bascule dès le lendemain, lorsque la famille, confortement installée à une terrasse de café avec d’autres skieurs, est témoin d’une avalanche – en réalité déclenchée par les responsables de la station pour l’entretien des pistes et donc « sous contrôle », rassure Tomas. Mais l’avalanche semble se diriger droit vers eux et c’est la panique. Les enfants hurlent de peur, et Ebba demande de l’aide. Mais Tomas prend la fuite, bousculant son petit dernier, sans oublier l’essentiel : ses gants et son portable ! Au final, fausse alerte…mais les fondements de la petite famille sont ébranlés, d’autant plus que Tomas s’enferme dans le déni, se défendant d’avoir été lâche…

 

Ce que j’en pense :
Voilà un film bienvenu ! Le réalisateur suédois n’est pas croyant, et l’on n’est pas obligé d’adopter un certain discours sous-jacent, mais son film, d’une richesse incroyable, source de discussions profondes, nous invite à gratter la poudreuse, histoire de voir ce qui s’y cache. Et par-là même, nous invite à un questionnement ou à une remise en question salutaire :
Qu’est-ce donc qu’une famille selon « les principes bibliques », ou une famille selon le cœur de Dieu ? Qu’est-ce qu’ « un homme, un vrai » ? Quel est son rôle au sein du couple et de la famille ? Quels sont les besoins respectifs de l’homme, de la femme et des enfants ? Sans oublier une réflexion sur la vérité et le mensonge, le courage et la source du bonheur, l’instinct de survie, l’être et le paraître, l’illusion que « tout est sous contrôle » ou que l’on contrôle sa vie, son image…….Autant de questions « métaphysiques » mais très concrètes, qui touchent, par ricochet, d’autres protagonistes, témoins de la crise du couple Tomas et Ebba.
D’autre part, il nous invite, nous chrétiens, à répondre aux défis posés par notre société post-moderne, notamment représentée par une femme dite « libre », rencontrée par Ebba lors du séjour aux Arcs, et persuadée que ses enfants sont heureux de son choix de vie.

Bref, un excellent film européen à voir à plusieurs, où on se laisse embarquer et où l’humour n’est pas absent. La fin est quelque peu énigmatique, ouvrant d’autres perspectives. Comme l’a dit quelqu’un d’autre, un film « à la fois très quotidien et très stylisé, terre à terre et distancié », aux allures de « fable morale complexe qui impressionne durablement ».

En bref :
SNOW THERAPY
Écrit et réalisé par Ruben ÖSTLUND – Suède 2014 1h58mn VOSTF – avec Johannes Bah Kuhnke, Lisa Loven Kongsli, Clara Wettegren, Vincent Wettegren, Kristofer Hivju, Fanni Metelius… Sortie française le 28 janvier 2015.
Actuellement encore en salles.

Bande annonce :

Quelle est ta cuirasse ?

 « L’espace d’un instant, je me suis senti revêtu d’une cuirasse », écrivait Franz Kafka dans son journal, le 21 février 1911*, évoquant la sensation d’être enfermé dans son propre corps.

Et toi, quelle est ta « cuirasse » ?
De quoi est-elle faite ? Dans quel but ?

Les réponses à ces questions seront une source de révélations sur toi-même, tes propres relations avec les autres et…avec Dieu !

 

A lire, pour prolonger la réflexion :

Gen.3v6-11, 21

Exode 12

1 Jean 1v7
1 Pie.1v18-19

Ps.91v4

Eph.6v14
1 Thes.5v8

 

 

 

Notes :

*Kafka, Franz. Journal(Traduit et présenté par Marthe Robert). Le Livre de poche biblio, 1991, p 36.

La vie par Sa mort ? Un mystère !

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr Savoir renoncer au superflu pour mieux nous concentrer sur Dieu

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr
Lorsque nous plongeons nos regards dans les mystères de Dieu, nous nous sentons tout petits…

« Universalisme* versus prédestination » : ou peut-on faire « froidement » de la Haute-théologie à propos de l’amour de Dieu ou des raisons pour lesquelles Christ est mort ?

Tous sauvés ou seulement quelques-uns ?

« L’universalisme est la doctrine théologique que toutes les âmes seront finalement sauvés et qu’il n’y a pas de tourments de l’enfer ». « Il a pour fondement la croyance que le salut promis par Dieu bénéficiera à toute l’humanité, par le biais de la rédemption. L’universalisme s’oppose alors à la prédestination ».

«Nous appelons ‘prédestination’ le conseil éternel de Dieu, par lequel il a déterminé ce qu’il voulait faire de chaque homme. Car il ne les crée pas tous en pareille condition, mais ordonne les uns à la vie éternelle, les autres à l’éternelle damnation. Ainsi selon la fin pour laquelle est créé l’homme, nous disons qu’il est prédestiné à la mort ou à la vie.» écrit Calvin dans L’Institution chrétienne, III.xxi.5 (Aix-en-Provence: Kerygma, 1978) – cité par La Revue Réformée**.  (Article à lire pour éviter de simplifier la pensée de Calvin à ce sujet)

« Pour ou contre l’ universalisme » et « universalisme versus prédestination » sont de vieux « débats » récurrents de l’histoire de l’Eglise, notamment au sein du protestantisme.
En guise d’illustration, je relèverai  plusieurs réactions autour de “La vie par sa mort“[ou « The Death of Death in the Death of Christ »], ouvrage dit « polémique »(il affirme que la doctrine du salut universel ne serait pas fondée sur les Ecritures) de John Owen, pasteur et théologien puritain anglais, publié en 1647.
J’ai découvert l’existence de ce livre, ainsi que les diverses critiques et réflexions à son sujet, par le biais de certains blogues protestants évangéliques.

Mais au-delà des débats et analyses théologiques, il me paraît intéressant de relever ici les interrogations de Hillsong nutella à propos de l’ouvrage :

« Owen explique que Christ ne peut être mort pour tous les hommes, puisque tous les hommes ne sont pas sauvés ; son sacrifice n’aurait donc pas été suffisant, ce qui est d’après Owen une hypothèse insultante vis-à-vis de Dieu. Christ est donc mort pour une partie des hommes seulement, ceux que Dieu a élus.
Il donne plein d’arguments très précis ou plus généraux, fondés sur l’étude de nombreux passages de la Bible, pour appuyer sa thèse.
Je ne vais pas rentrer dans le commentaire systématique ici, bien qu’en plusieurs points ses arguments m’ont semblé discutables.
Ce qui me pose vraiment problème, c’est le corollaire de sa thèse : Dieu n’aime pas tous les hommes de la même façon, son amour ne va pas jusqu’à souhaiter leur salut à tous. Comment accepter cette idée ?
(…..)
En ce temps de l’Avent, un temps pour se souvenir et se laisser toucher par cet amour qui est venu jusqu’à nous, cet amour auquel nous sommes plus chers que les oiseaux que pourtant il nourrit, je ne peux pas imaginer que certains humains sont exclus de cet amour.
Tous aussi indignes de cet amour, comment certains en seraient-ils malgré tout bénéficiaires et d’autres exclus ?
Alors on peut discuter sur la prédestination et le libre-arbitre, c’est vrai. Owen en parle. Mais affirmer froidement que Christ n’est pas venu pour tous, ça dépasse ma compréhension ».

Pour ma part, je n’ai pas(encore) lu le livre(je n’en parlerai donc pas, en attendant de pouvoir le lire vraiment) ! 😉  ) Mais j’avoue que cette question me dépasse aussi. En fait, il est normal qu’elle nous dépasse tous, puisqu’elle nous révèle ainsi et de plus en plus un Dieu infini, qui ne ressemble pas à l’homme.
Heureusement ! Et c’est cette grandeur de Dieu qui nous émerveille.

Soyons donc émerveillés.

Néanmoins, je pense que Dieu « ne fait pas de favoritisme »(ou « acception de personnes » dans la Darby) et qu’Il n’exclue personne. Il a « tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils unique afin que quiconque croit ne périsse pas mais ait la vie éternelle »(Jean 3v16). Et Il « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1 Timothée 2.4).

Mais « tout le monde » le veut-il, alors qu’il le peut, puisque Dieu le veut et le rend possible ?
Semble-t-il que non, malheureusement.
C’est là que commence la responsabilité humaine.

Je suis conscient que c’est un peu court, et que ce n’est pas là « de la haute théologie ». D’ailleurs la critique de La Maison de la Bible prévient que le livre est « hard(u) » : « le sujet est compliqué et délicat. Le thème de la prédestination n’est en effet pas aisé à traiter; c’est un mystère que personne ne peut élucider claire-ment et de manière juste ».

Bref, en résumé :

« Prédestination » ? Mystère !
Amour et grâce de Dieu(pour tous les hommes, cf Tite 2v11) ? Mystère !

Néanmoins, Jésus-Christ est bien venu dans ce monde pour une « catégorie de gens » : les pécheurs(à la repentance), et non ceux qui se croient justes !(Matt.9v12-13 cf Luc 5:32)

Notes :

*Comme celui affiché par le pape François en septembre dernier, « rassurant les athées » comme l’a relevé Guillaume Bourin en réponse à un commentaire, sur son blogue ?

Lire le contenu(en français) de la fameuse lettre du Pape à Eugenio Scalfari, fondateur du journal « La Repubblica ».

Extraits : « J’en viens(écrit le Pape) ainsi aux trois questions que vous me posez dans votre article du 7 août. Il me semble que, dans les deux premières, ce qui vous tient à cœur c’est de comprendre l’attitude de l’Église envers celui qui ne partage pas la foi en Jésus. Avant tout, vous me demandez si le Dieu des chrétiens pardonne celui qui ne croit pas et ne cherche pas la foi. En admettant que – et c’est là la chose fondamentale – la miséricorde de Dieu n’a pas de limites si l’on s’adresse à lui d’un cœur sincère et contrit, la question pour qui ne croit pas en Dieu réside dans l’obéissance à sa propre conscience. Le péché, même pour celui qui n’a pas la foi, c’est d’aller contre sa conscience. Écouter et obéir à celle-ci signifie, en effet, se décider face à ce qui est perçu comme bien ou comme mal. Et c’est sur cette décision que se joue la nature bonne ou mauvaise de nos actions.

En deuxième lieu, vous me demandez si la pensée selon laquelle il n’existe aucun absolu et donc même pas une vérité absolue, mais uniquement une série de vérités relatives et subjectives, est une erreur ou un péché. Pour commencer, je ne parlerais pas, même pas pour celui qui croit, de vérité « absolue », en ce sens qu’absolu est ce qui est détaché, ce qui est privé de toute relation. Or, la vérité, selon la foi chrétienne, est l’amour de Dieu pour nous en Jésus-Christ. Donc, la vérité est une relation ! À tel point que même chacun de nous la saisit, la vérité, et l’exprime à partir de lui-même : de son histoire et de sa culture, du contexte dans lequel il vit, etc. Ceci ne signifie pas que la vérité soit variable et subjective, bien au contraire. Mais cela signifie qu’elle se donne à nous, toujours et uniquement, comme un chemin et une vie. Jésus lui-même n’a-t-il pas dit : « Je suis la voie, la vérité, la vie » ? En d’autres termes, dès lors que la vérité ne fait, en définitive, qu’un avec l’amour, elle exige l’humilité et l’ouverture pour être cherchée, accueillie et exprimée… »

** Voir cet article, cet autre et cet autre encore de « La Revue Réformée » ;  celui-ci de « Bible ouverte » et ce dernier de la revue « Promesses ».

La chute que les voyants de Babylone n’avaient pas vue(Lisons ensemble Esaïe/8)

Suite de notre lecture d’Esaïe, entreprise à partir du chapitre 40.

Le principe reste toujours le même. Après lecture du chapitre du jour, Il s’agit d’être attentif, à chaque fois, à trois choses : ce que nous apprend le chapitre sur la nature et la personne de Dieu ; ce que nous apprend le chapitre sur la nature et le caractère de l’homme, et enfin, ce que nous apprend le chapitre sur les engagements de Dieu vis à vis de l’homme.

N’hésitez pas à publier en commentaire, au pied de l’article, le fruit de vos réflexions !

Le chapitre d’aujourd’hui est consacré à la chute de Babylone, la capitale du grand empire, comme le chapitre précédent et le prochain.

Après ses dieux(cf chapitre 46), c’est au tour de la ville elle-même de tomber.

En plus des questions ci-dessus, il est possible de s’interroger particulièrement sur les raisons de la chute de la grande ville(comparer avec Apoc.18) :

D’où tombe Babylone ? A qui est-elle comparée ? (v1-4)

Pour quelles raisons tombe-t-elle ?(vv5-7).

« Le pouvoir absolu rend fou » et donne le sentiment d’impunité : cela se vérifie-t-il pour Babylone ? Comment ?

Que va-t-elle expier ? Qui va la châtier ?

Qui, selon elle, pourrait la sauver ? Et pourquoi, selon elle ? Peut-elle relever le défi qui lui est lancé ?  Peut-elle même le prévoir ? (versets 8 à 15) Relever l’ironie de la situation dans laquelle se retrouve Babylone, à l’instar de la blague d’une voyante sursautant à l’entrée d’un visiteur et s’excusant, confuse : « pardon, je ne vous avais pas vu ! » (v11)

 

Bonne lecture et bonne étude !

Eaïe 47

1 Descends et assieds-toi dans la poussière, vierge, fille de Babel! Assieds-toi à terre, faute de trône, fille de Chaldée! Car désormais on ne t’appellera plus la délicate, la voluptueuse.

2 Saisis les meules et va moudre la farine; relève ton voile, retrousse la traîne de ta robe, découvre tes jambes pour traverser les rivières.

3 Ta nudité sera mise à jour et ta honte sera visible; je vais exercer ma vengeance, sans me heurter contre personne.

4 Quant à nous, notre sauveur s’appelle l’Eternel-Cebaot, le Saint d’Israël.
5 Reste assise en silence et enfoncée dans les ténèbres, fille de Chaldée! Car désormais on ne t’appellera plus la reine des empires.

6 J’étais irrité contre mon peuple, j’avais repoussé mon héritage et les avais livrés entre tes mains: tu ne leur témoignas aucune pitié, même sur les vieillards tu fis peser lourdement ton joug.

7 Et tu disais: « À jamais je serai souveraine! » parce que tu ne prenais rien de tout cela à cœur et ne pensais nullement à la fin.

8 Or maintenant, écoute donc ceci, amie des plaisirs, qui trônes en sécurité et dis en toi-même: « Moi et personne hors de moi! Je ne serai pas réduite au veuvage ni n’éprouverai la privation d’enfants! »

9 Eh bien, ces deux coups te frapperont soudain, le même jour: privation d’enfants et veuvage; dans toute leur étendue ils t’atteindront, malgré la multiplicité de tes magies et le nombre infini de tes sortilèges.

10 Tu avais foi dans ta malfaisance, tu disais: « Personne ne me voit! » Ta sagesse, ta science t’ont égarée, et ainsi tu pensais en toi-même: « Moi et personne que moi! »

11 C’est pourquoi, un malheur s’abat sur toi que tu ne sauras prévenir, une catastrophe t’atteint que tu ne pourras conjurer; la ruine t’accable soudain, sans que tu l’aies prévue.

12 Relève-toi donc au moyen de tes sortilèges et de tes nombreuses magies auxquelles tu as consacré tes forces depuis ta jeunesse; peut-être réussiras-tu à en tirer profit, peut-être recouvreras-tu ta puissance.

13 Tu t’es épuisée à force de faire des projets; qu’ils se lèvent donc et te sauvent, ces contemplateurs du ciel qui observent les étoiles, qui pronostiquent à chaque lunaison ce qui doit t’arriver.

14 Mais les voilà devenus comme du chaume, que l’incendie a consumé, ils ne peuvent se préserver des atteintes de la flamme; ce n’est pas du charbon pour se chauffer, ni un brasier devant lequel on puisse s’asseoir. ,

15 Voilà à quoi te servent ceux pour qui tu t’es mise en frais; ceux qui trafiquèrent avec toi depuis ta jeunesse errent chacun de son côté, personne ne vient à ton secours ».
(Version du Rabbinat français)

 

L’attachement à tes faux dieux ne fera pas « décoller ta vie »….mais « collera tes yeux »(Lisons ensemble Esaïe/5)

Le contact avec les faux dieux est « mal vu » de Dieu, car cela rend aveugle…

Retour de notre lecture biblique du livre du prophète Esaïe, entamée ici.

D’habitude, il s’agit de lire attentivement le chapitre et d’être attentif à 1)ce que nous apprend le chapitre sur la nature et la personne de Dieu ; 2)ce que nous apprend le chapitre sur la nature et le caractère de l’homme, et enfin, 3)ce que nous apprend le chapitre sur les engagements de Dieu vis à vis de l’homme.

Concernant ce chapitre, voici quelques suggestions d’étude supplémentaires : que nous apprend le chapitre sur la nature des idoles, ainsi que sur les attitudes de l’homme face aux idoles et à Dieu ?

Qui est au service de qui ? Qui façonne qui ? Dans quel but ?

Existe-t-il encore des idoles ou des formes d’idolâtrie dans nos sociétés occidentales, au XXIème siècle ?

Que vaut ce que je fabrique ou façonne ?*
Est-ce une idole ?

Bonne exploration et bonne lecture !

Esaïe 44**

1 Mais maintenant, écoute bien,
peuple de Jacob, mon serviteur,
Israël, toi que j’ai choisi. 2 Voici ce que je te déclare,
moi le Seigneur qui t’ai fait,
qui t’ai formé dès avant ta naissance
et qui viens à ton aide :
N’aie pas peur, peuple de Jacob,
toi mon serviteur,
toi Yechouroun que j’ai choisi. 3 Car je vais arroser
le pays qui meurt de soif,
et faire couler des ruisseaux
sur la terre desséchée.
Je vais répandre mon Esprit sur tes enfants
et ma bénédiction sur tes descendants. 4 Ils pousseront et grandiront
comme des roseaux dans l’eau,
comme des peupliers
sur le bord des ruisseaux. 5 L’un dira : «Je suis au Seigneur» ;
un autre voudra porter le nom de Jacob.
Tel autre inscrira sur sa main :
«Propriété du Seigneur»
et sera fier de porter le nom d’Israël. »

6 Le Seigneur, le roi d’Israël,
lui qui libère son peuple,
lui le Seigneur de l’univers,
te déclare, Israël :
« C’est moi qui suis au point de départ,
mais aussi à l’arrivée.
A part moi, pas de Dieu. 7 Qui donc comme moi
provoque les événements par sa parole ?
Qu’il me raconte tout cela et me l’expose
depuis que j’ai établi les premiers humains !
Et qu’il annonce aux gens
ce qui est près d’arriver. 8 Vous, mon peuple,
soyez sans crainte, n’ayez pas peur.
Je vous l’ai annoncé,
je vous l’ai révélé longtemps à l’avance,
vous le savez bien,
vous m’en êtes témoins.
A part moi y a-t-il un autre Dieu ?
Non, il n’y a pas d’autre Rocher,
je n’en connais aucun. »

9 Les fabricants d’idoles sont tous des nullités.

Et leurs chers objets ne servent absolument à rien :
ce sont leurs témoins à eux,
mais des témoins qui ne voient rien,
qui ne savent rien
et les laisseront bien déçus. 10 Fabriquer un dieu, mouler une idole
qui ne servira à rien, quelle sottise ! 11 Tous ceux qui s’en font les complices
se couvriront de honte.
Les artisans qui la fabriquent
ne sont que des hommes.
Qu’ils se rassemblent tous,
qu’ils se présentent :
ils prendront peur
et se couvriront tous de honte ! 12 Le forgeron aiguise un ciseau,
il le travaille à chaud,
lui donne une forme au marteau ;
il y met toute son énergie.
Mais le travail lui donne faim,
le voilà sans force.
S’il oublie de boire un peu d’eau,
le voilà épuisé. 13 Quant au sculpteur sur bois,
il prend ses mesures au cordeau,
trace le contour à la craie,
travaille la pièce au ciseau
et arrondit le tout au rabot.
Il lui donne une forme humaine,
une belle figure d’homme,
qui restera dans une maison. 14 On réserve un cèdre à couper,
on choisit un chêne ou un térébinthe.
On le laisse grandir
parmi les arbres de la forêt.
Ou bien on plante un pin ;
la pluie le fera pousser. 15 Ce bois servira aux hommes
pour allumer du feu.
Ils en prennent pour se chauffer
ou pour cuire leur pain.
Ou ils en font un dieu,
devant lequel on s’incline,
ils fabriquent une idole
à qui l’on adresse des prières. 16 Ils brûlent ainsi au feu
la moitié de la bûche ;
ils y font rôtir de la viande
et en mangent à leur faim.
Ou encore ils se chauffent
en s’exclamant : « Ah, je me réchauffe,
quel plaisir de voir le feu ! » 17 Avec l’autre moitié de la bûche
ils se fabriquent un dieu,
ils se font une idole,
ils s’inclinent devant elle
et lui adressent cette prière :
« Tu es mon dieu, délivre-moi ! » 18 Ces gens n’ont rien dans la tête,
ils ne comprennent rien.
Ils ont les yeux collés,
ils ne distinguent rien,
et leur esprit est trop borné
pour qu’ils saisissent quelque chose. 19 Aucun ne réfléchit,
aucun n’a le bon sens
ni l’intelligence de se dire :
« J’ai brûlé la moitié de ce bois ;
sur les braises j’ai cuit mon pain
et rôti la viande que je mange.
Ce que je fais de l’autre moitié
n’est qu’une idole abominable.
C’est devant un bout de bois
que je viens m’incliner ! » 20 Non, leurs pensées s’attachent
à ce qui n’est qu’un peu de cendre ;
leur esprit égaré les fait déraisonner.
Leur dieu ne les délivre pas,
mais eux-mêmes ne se disent pas :

« Ce que je tiens dans la main
n’est qu’un faux dieu, c’est évident. »

Notes :

* Voir à ce propos le phénomène de l’« obsolescence programmée » : un « mécanisme qui enferme le consommateur dans un cycle perpétuel de renouvellement de matériel en lui fournissant des produits
trop vite inutilisables ou irréparables »Sur le plan de la technologie, on construit « moins fiable, moins durable et non réparable » ; sur celui du design, il s’agit de « créer artificiellement, par un effet de mode, un effet de vieillissement prématuré en « démodant » les produits ». Et enfin, sur le plan de la législation : on cherche à « obtenir l’instauration de nouvelles exigences légales obligeant la « mise aux normes » par le renouvellement du produit ».

Le rapport entre le chapitre d’Esaïe 44 lu précédemment, les idoles et l’obsolescence programmée ? Fabriquer un tas de choses qui réussit le tour de force de prendre une très(trop) grande dans nos vies, tout en étant parfaitement inutile et peu fiables, sur le long terme…

Sur le sens du « travail », voir encore le documentaire de Pierre CARLES « Volem rien foutre al pais »(2006) : Comment résister à la guerre économique, à la surconsommation, au système? Certains choisissent l’autonomie et des pratiques-certaines plus ou moins discutables-solidaires, marginales ou collectives.

Dans ce cadre, quelle(s)réponse(s)apporteront les chrétiens, sur la base de l’Evangile de Jésus-Christ ?

** Version Français courant

Ô homme, que fais-tu de ton esprit ?

« Parole de l’Eternel qui a déployé les cieux, fondé la terre et formé l’esprit qui anime l’homme… »(Zach.12v1. Version du Rabbinat français)

Ce passage est à replacer dans son contexte, bien entendu. Mais arrêtons-nous un instant sur ce verset.
Il nous apprend Ce Qui Est au commencement.

Au commencement, Dieu.
Il est nous ici présenté comme le créateur des cieux et de la terre. Et comme le créateur de l’homme. Celui qui a « formé l’esprit de l’homme » ou qui « forme l’esprit de l’homme au-dedans de lui ».
Dieu est donc Celui qui a créé, donné un cadre de vie à l’homme.

Que faisons-nous de ce cadre de vie, nous, hommes ?

Dieu est aussi Celui qui a formé l’esprit de l’homme. L’esprit, pour permettre à l’homme d’être en communion, en relation avec Dieu.
Dieu a donc créé l’homme pour qu’il Le connaisse personnellement.

Que faisons-nous de cet esprit, nous, hommes ?

On notera enfin que ce verset commence par « Parole de l’Eternel… »

« Au commencement était la Parole »-cette Parole créatrice-« et la Parole était Dieu », lisons-nous enfin dans Jean 1v1(et ss).

Que faisons-nous de cette Parole, nous, hommes ?
Y prêtons-nous attention ? Elle est descendue jusqu’à nous et a habité au milieu de nous, lisons-nous encore dans Jean 1v14.

Lectrice, lecteur, l’as-tu accueillie, cette Parole ?

« Écoutez, sourds, et vous, aveugles, regardez pour voir »(Lisons Esaïe ensemble/3)

C’est sur cet étrange appel paradoxal que nous invite, entre autre, le chapitre 42 d’Esaïe.

Celui-ci fait suite à notre lecture d’Esaïe, amorcée ici et commencée à partir du chapitre 40 et poursuivie au chapitre 41.

De même que pour les chapitres précédents,  examinons ce que nous apprend le chapitre sur la nature et la personne de Dieu ; ce que nous apprend le chapitre sur la nature et le caractère de l’homme, et enfin, ce que nous apprend le chapitre sur les engagements de Dieu vis à vis de l’homme.

Esaïe 42 :

1    Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme trouve son plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui; il fera valoir le jugement à l’égard des nations.
2    Il ne criera pas, et il n’élèvera pas sa voix, il ne la fera pas entendre dans la rue.

3    Il ne brisera pas le roseau froissé, et n’éteindra pas le lin qui brûle à peine. Il fera valoir le jugement en faveur de la vérité.
4    Il ne lassera pas, et il ne se hâtera pas, jusqu’à ce qu’il ait établi le juste jugement sur la terre; et les îles s’attendront à sa loi.
5    Ainsi dit Dieu, l’Éternel, qui a créé les cieux et les a déployés, qui a étendu la terre et ses produits, qui donne la respiration au peuple qui est sur elle, et un esprit à ceux qui y marchent:
6    Moi, l’Éternel, je t’ai appelé en justice; et je tiendrai ta main; et je te garderai; et je te donnerai pour être une alliance du peuple, pour être une lumière des nations,
7    pour ouvrir les yeux aveugles, pour faire sortir de la prison le prisonnier, et du cachot ceux qui sont assis dans les ténèbres.
8    Je suis l’Éternel: c’est là mon nom; et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, ni ma louange à des images taillées.
9    Voici, les premières choses sont arrivées, et je déclare les choses nouvelles: avant qu’elles germent, je vous les ferai entendre.
10    Chantez à l’Éternel un cantique nouveau, sa louange du bout de la terre, vous qui descendez sur la mer, et ce qui la remplit, les îles et ceux qui les habitent!
11    Que le désert et ses villes élèvent la voix, les villages qu’habite Kédar! Que les habitants du rocher exultent! Que du haut des montagnes on jette des cris!
12    Qu’on donne gloire à l’Éternel, et qu’on déclare sa louange dans les îles!
13    l’Éternel sortira comme un homme vaillant, il éveillera la jalousie comme un homme de guerre; il criera, oui, il jettera des cris; contre ses ennemis il se montrera vaillant.
14    Dès longtemps je suis resté tranquille, je me suis tu, je me suis contenu. Je crierai comme une femme qui enfante, je soufflerai et je serai haletant à la fois.
15    Je dévasterai les montagnes et les collines, et je dessécherai toute leur verdure; je changerai les rivières en îles, et je mettrai à sec les étangs;
16    et je ferai marcher les aveugles par un chemin qu’ils n’ont pas connu, par des sentiers qu’ils n’ont pas connus je les conduirai. Je changerai les ténèbres en lumière devant eux, et les chemins tortueux en ce qui est droit. Je leur ferai ces choses, et je ne les abandonnerai pas.
17    Ils se retireront en arrière, ils seront couverts de honte, ceux qui mettent leur confiance en une image taillée, qui disent à une image de fonte: Vous êtes nos dieux.

18    Écoutez, sourds, et vous, aveugles, regardez pour voir.
19    Qui est aveugle, si ce n’est mon serviteur, et sourd, comme mon messager que j’ai envoyé? Qui est aveugle comme celui en qui je me confie, et aveugle comme le serviteur de l’Éternel,
20    pour voir bien des choses et ne pas y faire attention? Les oreilles ouvertes, il n’entend pas.
21    L’Éternel a pris plaisir en lui à cause de sa justice: il a rendu la loi grande et honorable.
22    Mais c’est ici un peuple pillé et dépouillé; ils sont tous liés dans des fosses, et ils sont cachés dans des prisons; ils sont devenus un butin, et il n’y a personne qui délivre, – une proie, et il n’y a personne qui dise: Restitue!
23    Qui parmi vous prêtera l’oreille à cela? Qui fera attention, et écoutera ce qui est à venir?
24    Qui a livré Jacob pour être une proie, et Israël à ceux qui le pillent? N’est-ce pas l’Éternel, celui contre qui nous avons péché? Et ils n’ont pas voulu marcher dans ses voies, et ils n’ont pas écouté sa loi;
25    et il a versé sur lui l’ardeur de sa colère et la force de la guerre: et elle l’a embrasé de tous côtés, et il ne l’a pas su; et elle l’a brûlé, et il ne l’a pas pris à coeur.

« Prouvez-moi que vous n’êtes pas du vent !  » dit l’Eternel(Lisons Esaïe ensemble/2)

Qui est Dieu ? Qui est l’homme ?

Autant de questions essentielles et dont la réponse est indispensable.
Car, comme nous le soulevions dans un précédent billet, nous ne pourrons avoir une vision juste de nous-même, si nous n’avons pas une vision juste de Dieu…

En guise d’aide à la réflexion, nous vous invitions à lire le livre du prophète Esaïe. Plus particulièrement, les chapitres 40 à 66.

Aujourd’hui, après le chapitre 40, lisons le chapitre 41, et « soyons attentifs ensemble », à chaque fois, à trois choses : ce que nous apprend le chapitre sur la nature et la personne de Dieu ; ce que nous apprend le chapitre sur la nature et le caractère de l’homme, et enfin, ce que nous apprend le chapitre sur les engagements de Dieu vis à vis de l’homme.

N’hésitez pas à publier en commentaire le fruit de vos réflexions !

Bonne lecture !

 

Esaïe 41

1 Iles, faites silence pour m’entendre! Que les peuples renouvellent leurs forces, qu’ils approchent et ensuite prennent la parole!
Ensemble, nous allons comparaître en justice.

2 Qui l’a suscité de l’Orient, celui qui appelle le droit à suivre ses pas?
Qui lui livre les nations? Qui lui soumet les rois? Son glaive réduit les choses en poussière, son arc fait de tout une paille qui s’envole.
3 Il les poursuit, il avance sain et sauf sur une route que ses pieds n’avaient point foulée.
4 Qui a fait, qui a exécuté tout cela?
Celui qui, dès le commencement, appelle les générations [à l’être], moi, l’Eternel, qui suis le Premier et demeure encore avec les derniers.
5 Les îles le voient et prennent peur, les confins de la terre tremblent. On se rapproche, on accourt.
6 L’un prête assistance à l’autre et chacun dit à son frère: « Courage! »
7 Le sculpteur encourage l’orfèvre, celui qui polit au marteau réconforte l’ouvrier qui frappe l’enclume et dit de la soudure: « C’est bien! »
Puis on consolide [l’idole] avec des clous, pour qu’elle ne branle pas.
8 Mais toi, Israël, mon serviteur, Jacob, mon élu, postérité d’Abraham qui m’aimait,
9 toi que j’ai ramené comme par la main des extrémités de la terre, que j’ai rappelé de ses zones les plus lointaines,
toi à qui j’ai dit: « Tu es mon serviteur, je t’ai choisi et je ne te rejette plus, »
10 eh bien! Ne crains rien, car je suis avec toi; ne sois point affolé, car je suis ton Dieu. Je t’affermis, je t’assiste et te soutiens par ma droite, armée de justice.
11 En vérité, ils connaîtront la honte et la confusion, tous ceux qui sont enflammés contre toi; ils seront réduits à néant, ils périront, tous ceux qui te cherchent querelle.
12 Tu les chercheras et tu ne les trouveras plus les gens qui se déclarent tes adversaires; ils seront comme le néant et le vide, les gens qui te font la guerre.
13 Car moi, l’Eternel, ton Dieu, je soutiens ta droite et je te dis: « Ne crains pas, je viens à ton secours. »
14 Ne crains rien, vermisseau de Jacob, faible reste d’Israël! C’est moi qui te prête secours, dit le Seigneur, le Saint d’Israël est ton libérateur.
15 Voici, je fais de toi une herse à dents, toute neuve, et garnie de tranchants: tu fouleras les montagnes à les broyer, et les coteaux, tu les réduiras en menue paille.
16 Tu les vanneras et le vent les emportera, la tempête les dispersera, tandis que toi, tu te réjouiras en l’Eternel, tu te glorifieras par le Saint d’Israël.

17 Les affligés et les malheureux réclament de l’eau et n’en trouvent pas; leur langue est desséchée par la soif.
Eh bien! Moi, l’Eternel, je les exaucerai; Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas.
18 Je ferai sourdre des rivières sur les hauteurs dénudées, des fontaines dans les vallons; du désert je ferai un lac, de la terre aride des sources d’eau jaillissantes.
19 Dans le désert je ferai croître le cèdre, l’acacia, le myrte et l’olivier, dans la campagne stérile je planterai, avec le cyprès, l’orme et le buis,
20 pour qu’ils voient et sachent, réfléchissent et comprennent tous ensemble que c’est la main de l’Eternel qui l’a fait, que c’est le Saint d’Israël qui en est l’auteur.
21 Présentez votre cause, dit l’Eternel, produisez vos arguments, dit le Roi de Jacob.
22 Qu’ils les produisent donc et qu’ils nous exposent ce qui doit arriver! Dites seulement les choses du passé dans leur réalité, pour que nous examinions
et en apprenions les suites, ou faites-nous connaître les événements futurs.
23 Racontez ce qui va se passer dans l’avenir, pour que nous sachions que vous êtes des dieux;
agissez donc en bien ou en mal, et tous nous admirerons en regardant.
24 Allons! Vous êtes néant, et votre œuvre est néant. Qui s’attache à vous est un objet d’horreur!
25 Je l’ai suscité du Nord et il est venu; depuis le Levant, il proclame mon nom. II marche sur les princes comme sur de la boue, tel le potier foule l’argile.
26 Qui a annoncé tout cela dès le premier jour, pour que nous sachions? Dès les temps passés, pour que nous disions: « C’est juste! »
Mais nul ne l’a annoncé, nul ne l’a proclamé, personne n’a même entendu une parole de vous!
27 Moi, le premier, j’ai dit à Sion: « Les voici, les voici! » Et à Jérusalem j’ai envoyé un messager de bonnes nouvelles.
28 J’avais regardé pas un homme! Parmi tous ceux-là, pas un conseiller! Comment les consulter pour qu’ils donnent un avis?
29 Vraiment, tous ils sont mensonge, et vaine est leur œuvre; leurs idoles ne sont que vent et néant.