« Scandale » pour les uns, « folie » pour les autres » : Faut-il cesser de parler de la mort de Jésus comme un sacrifice ?

Le plus grand « scandale » qui soit, qui exige de notre part de prendre clairement position, n’est pas « le papyrus de César »….
[Extrait du nouvel album d’Astérix de J-Y Ferri et D. Conrad, sorti le 22 ocotobre 2015]

« … nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les non-Juifs, mais pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que non-Juifs, il est Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes ». (1 Cor.1v23-25).

Initialement paru sur le blogue(1) du temple du Marais (Paris), voici un texte du pasteur Thomas Keller, que je remercie chaleureusement pour m’avoir aimablement autorisé à le reproduire ici :

Un sacrifice humain est un acte particulièrement horrible. Pourtant, on entend souvent les chrétiens affirmer que Dieu le Père aurait sacrifié Jésus (son Fils !) pour le salut des hommes. Cette affirmation heurte toujours… Et tant mieux ! C’est le signe d’une part d’un refus de la violence et, d’autre part, d’une confiance dans le fait que Dieu est bon.

La tentation, pour résoudre la tension entre la foi en un Dieu bon et l’horreur d’un sacrifice humain, est alors pour certains chrétiens de cesser de parler de la mort de Jésus comme d’un sacrifice. Est-ce vraiment la bonne solution ? Comment comprendre qu’un Dieu qui sacrifie son fils n’est pas un Dieu cruel qui encouragerait donc aussi la violence humaine ?

Une interprétation incompréhensible

Que ce soit dans les chants, les prières ou la prédication, nous affirmons chaque dimanche que la croix n’a pas été un accident ou un malheur, mais un événement voulu et programmé : Dieu a planifié la mort de son Fils pour racheter les péchés des hommes.

Cette affirmation va à l’encontre d’une idée parfois rencontrée selon laquelle Jésus serait mort simplement par fidélité à sa non-violence : A la violence de ceux qui voulaient le tuer, il aurait répondu en se laissant crucifier. Ainsi, il aurait permis la sortie du cercle des représailles violentes et montré une autre voie possible pour nous à sa suite, la voie de la non-violence extrême.

Si on croit que Dieu est non-violent par nature, on ne peut pas croire qu’il ait désiré et planifié la mort violente de son Fils.

Une interprétation présente dans la Bible

Si elle nous heurte, la compréhension selon laquelle la mort de Jésus sur la croix est un sacrifice est celle qui est la plus présente dans le nouveau testament :

Elle est présente dans les évangiles, on peut citer en exemple le discours de Jean le baptiste, en Jean 1, 29 : “Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde” qui associe Jésus à la victime d’un sacrifice expiatoire comme celui décrit dans la prophétie d’Esaïe 53 : “tu as fait de lui un sacrifice de réparation.” (v.10)

Cette interprétation est aussi présente dans les épîtres, de la manière la plus belle en Romains 3,21-31 : “Dieu l’a offert en sacrifice. Alors par sa mort, le Christ obtient le pardon des péchés pour ceux qui croient en lui.” Et de la manière la plus claire et succincte en 2 Corinthiens 5,21 : “Le Christ était sans péché, mais Dieu l’a chargé de notre péché. Alors maintenant, par le Christ, Dieu nous a rendus justes.”

La dimension sacrificielle de la mort de Jésus est l’un des thèmes centraux de l’épître aux Hébreux et l’arrière-plan indispensable pour comprendre les visions de l’Apocalypse, ainsi que, finalement, le lien entre le culte dans l’ancienne alliance et son accomplissement en Jésus.

Les recommandations cultuelles du Lévitique (Lév. 4-5), les prophéties d’Esaïe (chap. 52-53 par ex.) et bien d’autres passages de l’Ancien Testament, au cœur duquel les sacrifices occupent une place importante, prennent un sens nouveau au regard du sacrifice de Jésus sur la croix.

Une interprétation importante pour les protestants

Cette interprétation sacrificielle de la mort de Jésus est biblique, elle est donc à recevoir, même si elle nous bouscule. De plus, elle est la base de la compréhension de la croix chez les Réformateurs, comme le montre par exemple la question 40 du catéchisme (Protestant Réformé) d’Heidelberg : “Pourquoi le Christ a-t-il dû subir la mort ? Parce que la justice et la vérité de Dieu sont telles que nos péchés ne pouvaient être acquittés autrement que par la mort du Fils de Dieu”

En tant que chrétiens et en tant que protestants, nous ne pouvons pas simplement choisir d’ignorer ou de rejeter en bloc cette interprétation.

Une telle violence était-elle nécessaire ?

La question la plus brûlante que pose certainement la notion de sacrifice est celle de la violence de Dieu : une telle violence était-elle nécessaire ? Dieu est-il un Dieu cruel ?

Souvenons-nous d’abord que la violence n’a pas été créée ni désirée par Dieu, elle est une transgression de son projet, un signe du péché de l’humanité, dont la création entière souffre. En réalité, selon la Bible, dans le paradis avant le péché de l’homme et la chute, il n’y avait pas encore de violence (cf. Gn 1 et 2), et dans dans le Royaume de Dieu dans l’éternité à venir, il n’y aura plus de violence (cf. Ap 21) : “Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu.” (v.4)

La violence découle du rejet de Dieu et est contraire à sa volonté, c’est pourquoi il la condamne et la punit, c’est pourquoi elle n’a pas de place en sa présence.

Mais celle-ci est tant ancrée en nous que s’il se contentait de rejeter toute violence, aucun humain n’aurait trouvé de place dans la présence du Seigneur. En rejetant totalement cette violence, avec le péché qui en est la source, il rejèterait aussi chaque homme et chaque femme. C’est pour cela qu’il a fait mieux que de la refuser, il l’a détournée et prise sur lui, comme il a pris sur lui tout le péché et la mort qui vient avec.

Ce que nous voyons à la croix est donc bien l’horreur de la cruauté… mais non pas la cruauté de Dieu : celle de l’humanité !

A la croix nous sommes aussi témoins de la violence de Dieu… la violence avec laquelle il rejette et interdit ce qui opprime l’humanité et la création : on y voit son jugement sur le péché.

Oui, le sacrifice de Jésus sur la croix est un événement terriblement violent, où notre péché est dévoilé et la colère de Dieu à son encontre exprimée. Ce sacrifice est certainement le moment le plus douloureux de l’histoire. Mais il est aussi le plus beau, celui où Dieu, par amour, nous libère éternellement de l’emprise du péché et de sa colère.

Dieu avait effectivement un plan !

Le fait que Dieu ait planifié à l’avance la mort de son Fils pour racheter les péchés des hommes est précisément une source d’émerveillement, c’est un signe de l’ampleur et de la prévenance de son amour.

Cela nous dit que Dieu n’a pas été surpris par notre péché. Nous créant distincts de lui et libres, il savait que nous nous éloignerions de lui. Mais il a pu nous laisser cette liberté parce que de toute éternité il avait déjà prévu le plan de sauvetage : nous allions pêcher, mais il allait prendre ce péché et ses conséquences sur lui pour nous permettre quand même de l’aimer librement et de trouver dans la communion avec lui la joie parfaite.

Le sacrifice de son fils, planifié de toute éternité, est ce qui rend possible finalement une véritable relation d’amour entre un Dieu Saint et juste et ses créatures, forcément imparfaites et coupables.

Évidemment cette compréhension repose sur un présupposé indispensable : Christ est pleinement homme et pleinement Dieu, quand il sacrifie son fils c’est en fait lui-même, dans son amour, que Dieu sacrifie ! Dieu est un seul Dieu, qui est Père, Fils et Esprit saint.

 

 

Note :

(1) Keller, Thomas. « La mort de Jésus est-elle un sacrifice ? » (21/04/21)

En ce moment, j’écoute « Montre-moi l’aurore » (« The Power of the Cross ») de Keith Getty et Stuart Townend

Voici un très bel hymne moderne, particulièrement profond, que l’on croirait composé il y a un siècle. Il nous invite à contempler ce « jour le plus noir » où Christ a été « jugé par des pécheurs, battu et cloué sur une croix ». Il célèbre aussi « la puissance de (cette) croix », sur laquelle « Christ s’est fait péché pour moi », a pris sur lui la colère, et par laquelle je suis pardonné. Écrit en 2005 par Keith Getty et Stuart Townend, dont la première collaboration, en juin 2001, a donné le fameux « En Jésus seul » (In Christ Alone).

Qui suivrais-je ? Oserai-je « passer par la porte » ?

 

Aujourd'hui, Jésus met devant toi "une porte que personne ne peut fermer"(Apoc.3v8). Oseras-tu "franchir le pas" ?

Aujourd’hui, Jésus met devant toi « une porte que personne ne peut fermer »(Apoc.3v8). Oseras-tu « franchir le pas » ?

Lecture :

«  Jésus reprit : En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands, mais les brebis ne les ont pas écoutés. Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir. Le voleur ne se présente que pour voler, pour tuer et pour perdre ; moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance.

Je suis le bon berger : le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis ». (Jean 10v7-11. TOB)

 

Voici un passage, dit « du Bon Berger », qui est vous est sans doute familier. Il est utile de rappeler qu’il s’insère dans le contexte d’une polémique particulièrement violente, amorcée au chapitre 9 du même évangile selon Jean, suite à la guérison de l’aveugle-né par Jésus. Un tel miracle ne peut laisser indifférent : les gens en général et les religieux, spécialistes de la loi, en particulier, sont divisés à son sujet (cf Jean 9v8, 16 et 10v19, cf Jean 7v7) : est-il un fou, un « démoniaque », un « pêcheur » ? Ou bien est-il véritablement (de) Dieu ? Le Messie promis, accomplissant les prophéties d’autrefois ? (1)

Autant de questions qui invitent à une prise de position claire, puisqu’Il est soit l’un, soit l’autre. Mais Jésus va plus loin, en déclarant que : « C’est pour un jugement (qu’il est) venu dans le monde, pour que ceux qui ne voyaient pas voient, et que ceux qui voyaient deviennent aveugles. Les Pharisiens qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : Est-ce que, par hasard, nous serions des aveugles, nous aussi ? Jésus leur répondit : « Si vous étiez des aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais à présent vous dites “nous voyons” : votre péché demeure ». (Jean 9v39-41).

De là l’enjeu, au-delà de la discussion : comment prétendre guider le peuple de Dieu, si l’on est en réalité aveugle, croyant voir ? Qui suivre ? Qui y voit clair ? Qui connaît le véritable chemin ? Qui « parle vrai » ? Qui peut nous conduire dans toute la vérité, sans être « un démagogue »(tonitruant ou non) ou un « gourou » ? Comment savoir si quelqu’un vient de Dieu ou non ? Osera-t-on le suivre, malgré les risques et l’opposition ?

Suite à sa déclaration « sans langue de bois », Jésus leur raconte une parabole – ce qui semble, de prime abord, sans rapport avec la discussion qui précède : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans l’enclos des brebis mais qui escalade par un autre côté, celui-là est un voleur et un brigand. Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Celui qui garde la porte lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix ; les brebis qui lui appartiennent, il les appelle, chacune par son nom, et il les emmène dehors. Lorsqu’il les a toutes fait sortir, il marche à leur tête, et elles le suivent parce qu’elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger ; bien plus, elles le fuiront parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » (Jean 10v1-5)

Et comme les religieux ne comprennent pas « la portée de ce qu’il (est en train de dire) » (v6), Jésus « en rajoute une couche » dans les versets suivants (cf notre passage plus haut) : « En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands, mais les brebis ne les ont pas écoutés. Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir. Le voleur ne se présente que pour voler, pour tuer et pour perdre ; moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. Je suis le bon berger : le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis ». (Jean 10v7-11. TOB )

Ici, « le bon berger »(2), c’est Jésus Lui-même. Il est (le) « bon », parce que d’autres sont « les mauvais » (bergers). Et « le bon » confronte et confond « les mauvais » (ou « les truands »).

1)En effet, on reconnaît « le bon berger », premièrement, peut-être, parce qu’il agit sans détours et entre directement par «  la porte dans l’enclos des brebis »(Jean 10v1). Il s’annonce (cf Apoc.3v20) et a été annoncé longtemps à l’avance par les prophètes (1). A l’inverse, « le voleur » ne s’annonce pas et s’introduit par effraction et par ruse. Il peut avoir belle apparence (celle d’un « vrai berger »), alors qu’il n’est en réalité qu’un « loup ravisseur »(Matt.7v15 ; Actes 20v29)

Mais « les brebis (re)connaissent » la « voix » du Bon Berger, qui leur est familière (v3-4). Elles connaissent le témoignage rendu par ses œuvres(Jean 5v36 ; Jean 10v25, 38  ;  et par le Père à son sujet(Matt.3v17).

2)Le Bon Berger les « conduit dehors », c’est-à-dire « les élève », leur donne une véritable éducation qui fait grandir. Son enseignement nourrit. Il rassemble le troupeau et assure son unité.

3)Il vient pour « donner la vie », « une vie abondante » et débordante(Jean 7v38), une « vie nouvelle » (sans rapport avec l’ancienne cf 2 Cor.5v17) et une « vie éternelle ».

Jésus, « le Bon Berger », nous invite à le suivre. Il est « le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6).

Pour cela, il convient de passer par « la porte », c’est-à-dire par Lui, et non « par la fenêtre », en « escaladant par un autre côté », « en douce » ou « en resquilleur ». Il s’agit de venir à lui de façon visible, sincère et honnête, et de lui ouvrir (la porte de) notre cœur.

4)Nous pouvons avoir toute confiance, car – et c’est le plus important – Son amour tout puissant le pousse à « donner sa vie ». Il ne nous laissera donc jamais tomber, puisqu’Il est prêt à nous aimer ainsi « jusqu’à l’extrême » (Jean 13v1). Il donne Sa vie de Lui-même : personne ne lui ôte. Il en a le pouvoir, comme Il a le pouvoir « de la reprendre »(Jean 10v18).

A l’inverse, le « mauvais berger » est un « mercenaire », « payé pour » garder des brebis.  Il « ne se soucie pas des brebis », mais seulement de son intérêt. Son activité doit être « rentable ». Et pour le mercenaire, « la rentabilité ultime », c’est de « sauver sa peau », au prix de l’abandon des brebis…..

Aujourd’hui, comme à l’époque de ce récit, ceux qui écoutent cette parole de Jésus ont un choix à faire : aller vers Lui, en se disant « à qui irai-je ? Il a les paroles de la vie éternelle », croyant et connaissant qu’Il est « le Christ, le Saint de Dieu… » (Jean 6v68-69)….ou « rentrer dans le rang », suivant le groupe, ne peur d’être exclu (Jean 9v22) !

Que déciderez-vous ? Aujourd’hui, Jésus frappe à votre porte. Cherchez-le, invoquez-le, ouvrez-lui, tandis (et tant) qu’il s’annonce (Es.55v6). C’est aujourd’hui, « le temps favorable », « non subi ». Pas demain.

                                                                                                                                                                                                                                           

 

Notes :

(1) Sur les prophéties concernant Jésus, le Messie, voir le site atoi2voir.

(2)Une image que l’on retrouve dans tout l’Ancien Testament. Une image d’abord associée à Dieu (cf Esaïe 40v11 ; Ezéchiel 34v12 ; Psaume 23v1 et ss ; Ps.80v1 et ss ; Jer31v10……), mais aussi au Messie, « Fils de David », et aux responsables (religieux ou même politique) d’Israël (Psaume 78v70-71 ;  Jérémie 3v15 ; Jérémie 23v 4 ; Ezéchiel 34v23 ; 1 Rois 22v17…..)

Concernant l’opposition entre « bon » et « mauvais bergers », on se reportera à Ezechiel 34.

 

 

« Alors que nous étions encore….Christ… »

Car, alors que nous étions encore "dans notre confort", Christ a quitté sa "zone de confort" pour nous...

Car, alors que nous étions encore « dans notre confort », Christ a quitté sa « zone de confort » pour nous…

« Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies »(Rom.5v6)

« ….Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous »(v8)

« …lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils »(v10)

« …. Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (…) Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie »(Eph.2v3-5, 8-9)

« Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, à qui nous devons d’avoir eu par la foi accès à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu(…)nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, par qui maintenant nous avons obtenu la réconciliation » (Rom.5v1-2, 11)

Croire que Dieu est « juste là » : c’est le premier pas de la foi

Dieu est "Juste là" : le crois-tu ? Si oui, c'est là le premier pas de la foi, d'après Hébr.11v6

Dieu est « Juste là » : le crois-tu ? Si oui, c’est là le premier pas de la foi, d’après Hébr.11v6

C’est « Juste là ». Le nouvel album « famille » de Den-Isa(1).

Le premier chant commence par une interpellation – « hé ho, hé ho ! »(2), suivie d’une invitation à découvrir ce nouvel univers musical d’une grande richesse et plein de « pep’s », qui est aussi une initiation aux premiers pas de la foi et aux premières interrogations existentielles.

« Juste là » invite aussi à découvrir qu’Il est « juste là »(3) : qui donc ? Dieu ! Il est, certes, invisible, mais bien là, tout proche, « tout près de toi »(3). Il se révèle à toi et te révèle qu’Il t’a voulu(4), qu’Il t’aime, que tu as une place dans ce monde(2) et que ta vie a un sens. La « vraie vie », c’est de « connaître », « marcher » avec Celui qui est « le chemin, la vérité et la vie », et « le Dieu véritable »(5).

Mais si je « ne sens pas » qu’Il est (juste) là ? Et si « tout se bouscule dans ma tête » pour me persuader du contraire, ou que je ne vaux rien ?(6) Dieu souhaite que tu écoutes Sa voix, même quand tu ne le vois pas : c’est cela, la foi, comme le fait de croire qu’Il est « juste là ».

Dieu est ce Dieu relationnel et Il « a des choses à (te) dire….aujourd’hui encore, Il parle. Faut l’écouter, c’est vital(7). En cas de doute, va relire ce qu’Il a écrit dans la Bible, Sa Parole – tu sais, « ce pavé » qui semble remonter « à un autre âge »(7)…, et va dire « ouste dehors, dehors ! » à « ce qui n’est pas vrai, pas vrai », à « ce qu’Il n’a pas écrit »(6). Et souviens-toi, Dieu n’est pas distant ou « trop occupé », mais s’Il est au ciel, Il est « toujours dispo ». Tu peux « lui parler sans payer. Pas de délai, pas de file d’attente…C’est très facile d’aller vers Dieu. Il est à la portée de tous…Et Il t’entend du haut des cieux » !(8)

Et surtout, Il a donné ce qu’Il a de plus cher pour toi : Son Fils, Jésus-Christ, « pur et parfait, mais pas nous », qui t’aime « tellement », qu’Il a « choisi de venir »(sur Terre), parce qu’Il a « tant envie » que tu sois « son ami ». « Et ça, ça (lui) a coûté la vie » : Il s’est « laissé punir pour le mal », alors qu’Il n’avait « rien fait, c’était nous ». Parce qu’Il est « le Fils de Dieu, pur et parfait », Lui seul pouvait « effacer » ce qui nous sépare de Lui. « Pour ça », Il est « mort sur la croix » et Il a « tout fait pour être avec moi » et toi (9). Il a tout payé, pour que tu vives une relation personnelle et apaisée avec Lui.

C’est vrai….même si tu as « du mal » à te (le) dire. Mais tu peux (Lui) dire « merci d’avoir payé si cher pour pouvoir être (ton ami) »(9) et Lui dire « bravo », parce qu’Il est aussi « ressuscité », « vivant » aujourd’hui, « tout près de nous maintenant ». Sa « souffrance et sa mort devaient se passer » : ce n’était donc « pas un échec, non pas un raté », mais Sa « mission est finie », Il a « tout accompli » !(10)

Au final, un excellent CD particulièrement rafraîchissant, « bondissant » et original, qui invite à l’émerveillement : de soi, de ce qui nous entoure, de Dieu… Et qui a le mérite de rappeler, à hauteur d’enfant, qu’une vie pleine de sens, digne d’être vécue, n’est pas nombriliste, mais est avant tout relationnelle, avec Celui qui est le « Véritable » et « la vie éternelle »(1 Jean 5v20). A recommander chaudement autour de vous !

Paroles à découvrir et extraits à écouter (mes chansons préférées étant la 12 : « ouste dehors » et la 14, dans laquelle nous sommes invités à garder « les yeux fermés », pour se mettre « dans la peau » de Bartimée, l’aveugle guéri par Jésus).

 

 

Notes :

(1) « Den-Isa » : Denis et Isabelle Hey, couple chrétien « à la ville », comme « sur la scène », que nous connaissons personnellement et aimons beaucoup pour ce qu’ils sont et font. Pour ce CD, on appréciera le beau packaging qui évoque cet univers : digipack 3 volets, et un livret 16 pages tout en couleurs, avec des illustrations de personnages en pâte à modeler créés par Myriam Schott.

(2)Chant 1 : « Hé Ho »

(3) Chant 2 : « Juste là »

(4) Chant 13 : « Tu es bien »

(5)Chant 15 : « Je suis la vie »

(6)Chant 12 : « Ouste dehors »

(7)Chant 11 : « Le Gros Livre »

(8)Chant 16 : « La dent bleue

(9)Chant 9 : « Merci »

(10)Chant 10 : « Bravo »

« Us for Them » de Gungor ou « Mon refuge, sous Sa croix »

Et un dernier* pour le week-end :

« Us for them » de Gungor, un groupe dont nous avons déjà parlé.

A retenir : nul besoin de « chercher des boucs émissaires », ni de « plus de sang », car Christ est « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » et qui a donné Sa vie, Lui le juste, pour des injustes(Jean 1v29 ; Rom.5v6-10 ; Hébreux 10v18, 12v2…), en vue du pardon et de la réconciliation.

Us for Them:

When the lines are drawn
When you’re in or out
When it’s us or them
And we shame the doubt

It is all a lie
All we ever really need is love
There’s no need to shed more blood
Look upon the cross
Look upon the cross

See the face of Christ
See the mercy in His eyes
Every valley shall be lifted high
Now our enemies are blessed
The heavy laden rest
For His judgment is love
His judgment is love

There is no more guilt
There is no more shame
All our darkest sin
All our deepest pain

Blessed are the poor
All the lonely broken lost and torn
See a kingdom comes to us
A war that’s fought with love
Our only war is love

Prepare the way of the Lord
Wielding mercy like a sword
Every mountaintop will be made low
Know, He holds the earth like dust
And his judgment comes to us
And his judgment is love
His judgment is love

We will not fight their wars
We will not fall in line
Cause if it’s us or them
It’s us for them
It’s us for them

We reject the either or
They can’t define us anymore
Cause if it’s us or them
It’s us for them
It’s us for them

 

Note :

*Découvert via ce touchant article d' »Eva », 21 ans : « entretien avec un kamikaze », publié sur La Rébellution.

« Pas nécessaires »

Chacun est une pièce unique. Nul ne peut être remplacé.

Chacun est une pièce unique. Nul ne peut être remplacé.

Vous connaissez sans doute la boutade : « nous sommes tous nécessaires, mais nul n’est indispensable ».

En réalité, il se peut que ce soit l’inverse qui soit vrai, comme le croit Erri de Luca : « chaque individu est un don, un ajout non nécessaire, qui ne vient pas combler une case vide, mais enrichir tous les êtres. Une vie est cet excès de la nature, exagération retentissante d’une offre non nécessaire et pourtant irremplaçable. Chacun est une pièce unique, exceptionnelle, dont la fin est un total gaspillage, sans remède, sans substitution, sans dédommagement. Nul ne peut être remplacé. Le monde avance à force de dons et de dissipations, de cadeaux retentissants et de brusques effacements, d’excès et de manque. Ce n’est pas un système équilibré donner/avoir, il est fourni sans contrepartie. Nul n’est nécessaire, chacun est indispensable »*.

« Non nécessaires » et parfaitement « dispensables » étaient les attentats meurtriers du vendredi 13/11/15 qui ont provoqué un effroyable gâchis et causé un énorme gaspillage en vies humaines. Des vies indispensables, que nul ne pourra remplacer dans ce monde privé du don de leur existence-de la leur entre toutes les autres*.

Jésus-Christ, qui est venu dans ce monde, « non pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour plusieurs »(Marc 10v45), et qui a « le pouvoir de donner(librement) sa vie, et de la reprendre »(Jean 10v18)a pris ce risque du don total « sans retour », « sans dédommagement », ou presque**. « Car Christ, alors que nous étions sans forces, au temps convenable, est mort pour des impies. Car à peine pour un juste quelqu’un mourra-t-il(…)Mais Dieu constate son amour à lui envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous »(Rom.5v6-8)

Un risque indispensable qu’Il devait prendre pour nous sauver.

 

Note :

*D’après « Pas nécessaires » d’Erri de Luca IN Alzaia. Payot et Rivages, 1998, pp 127-128

**Sachant qu’« il y a de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent, plus que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de repentance » !(Luc 15v7)

« Il dressa sa face résolument… »

Méditation reçue lors du culte de dimanche dernier.

Lecture de Luc 9v51-56

« Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha », nous dit le texte, Jésus prend la ferme résolution(littéralement, il « dressa sa face résolument », « comme un caillou » cf Es.50v7)d’aller à Jérusalem, sachant ce qui l’y attend(Luc 9v44 ; 18v31-33). Car Jérusalem est « la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés »(Matt.23v37).

Il envoya devant lui des messagers qui entrèrent dans un village de Samaritains pour lui préparer un logement. Mais on ne le reçut pas, « parce que sa face était tournée vers Jérusalem »(Luc 9v53-Darby). Il y a en effet inimitié entre les Juifs et les Samaritains. La réponse de Jésus à ce rejet, comme à la réaction spontanée de Jacques et Jean(v54)-« les fils du Tonnerre »- est remarquable : « Le Fils de l’homme est venu, non pour perdre les âmes des hommes, mais pour les sauver »(Luc 9v56). Il montre par là que les hommes ne sont pas l’ennemi, et que sa lutte(comme la nôtre)n’est pas contre « la chair et le sang »(cf Eph.6v12). Jésus, Sauveur et Seigneur, n’est pas « un mou », mais Il est tout à la fois « l’agneau immolé » et « le lion de Judas »(cf Es.53v7 ; Jean 1v29, 36 ; Apoc.5v5-6). Il est déterminé, résolu, contre le péché et les puissances des ténèbres. « Il est venu pour détruire les oeuvres du diable »(1 Jean 3v8). Mais Il est aussi venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie pour nous sauver(cf Marc 10v45 ; Luc 19v10 ; Jean 10v14-18)

De même, nous aussi, chrétiens(« petits Christ »), soyons déterminés de cette détermination-là : soyons « agneaux » avec les hommes pour leur manifester l’amour et la grâce de Dieu. Et soyons « lions », déterminés à lutter, non contre « la chair et le sang », mais « contre les dominations, les esprits méchants… »(Eph.6v12). Souvenons-nous aussi, sans nous en étonner, que nous servons un Maître actuellement rejeté dans ce monde(Luc 19v11-14). Ne maudissons donc pas. Et proclamons que « Le Fils de l’homme est venu, non pour perdre les âmes des hommes, mais pour les sauver ». Et ce, en donnant Sa vie.

« Personne ne porta les mains sur lui, car son heure n’était pas encore venue. »

Un leitmotiv frappant, avec une nuance importante, lorsqu’on lit les 4 Évangiles.

 

« Ce n’était pas son heure » :

Jean 7v30, 44 

Luc 4v28-30 ; Jean 10v11, 17-18, 39

 

Jusqu’à ce que…..

« C’est ici votre heure… »

ou plutôt, Son heure : Marc 14v41-49 ; Luc 22v53 ; Jean 18v1-9

« Le temps convenable » Rom. 5v6