Retrouver le sens « du » politique avec Clémenceau !

Ce qui est digne « ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité » : par exemple, en retrouvant le sens « du » politique ?

« Nous assistons depuis quelque temps à l’évolution d’un certain genre de patriotisme que la France n’avait pas connu jusqu’à présent. C’est un patriotisme haineux et bruyant, qui ne fait pas œuvre d’union et d’apaisement, mais qui semble avoir pris pour programme de diviser et d’exciter les citoyens les uns contre les autres ».

Qui est l’auteur de tels propos ?

Vous séchez ?

Il s’agit de CLEMENCEAU, dans un DISCOURS DU 24 JUILLET 1887 !

Yannick Imbert repère le propos, au cours d’une lecture de la biographie du personnage, écrite par Michel Winock, spécialiste de l’histoire de la république française.

« Clemenceau prononça ce discours à un moment de grande tension, la IIIe république vivant une crise politique qui risquait de se transformer en crise civile et militaire sous l’influence et la réputation grandissante du général Boulanger », explique Yannick dans une note de blogue intitulée « leçons de Clémenceau ». « Lorsque ce dernier [le général Boulanger, donc] perdit le ministère de la guerre à la suite de l’un des changements de gouvernements dont la IIIe république avait le secret, un mouvement nationalisme fut prêt à le porter au pouvoir en 1889… mais par quels moyens ? L’attaque de Clemenceau se porte très tôt contre lui… dès 1887, mais elle est aussi dirigée vers ses concitoyens appelés aux urnes ».

De là cette question posée par Yannick Imbert dans sa note de blogue : « Quel est le rôle de l’homme, ou de la femme, qui a choisi comme vocation le service civil ? Pas la politique… mais bien le service de la société ». Ce que l’on appelle aussi « le » politique », soitla recherche du bien commun et de l’intérêt général.

« Clemenceau nous offre ici des indications… ou du moins ce sont quelques leçons tirées de ce Clemenceau de juillet 1887 », et par là même « un programme » idéal auquel lui, Yannick, « pourrait souscrire ».

Tout d’abord, « un premier rôle du politicien, le serviteur de la communauté civile, est de faire d’œuvre d’union et d’apaisement. Quelle règle étonnante dans le climat social, politique, et médiatique ! Faisons preuve d’imagination… peignez devant vos yeux une société qui serait guidée, par l’exemple, par une volonté d’unir et d’apaiser, non d’opposer et de blâmer. Ne pas être bruyant, afin de gagner par le volume plutôt que par l’argument, mais conduire dans l’humilité et le service ».

Yannick ne prétend pas « que le vieux Clemenceau soit un bon exemple, ni même que la possibilité se trouve au coin de la rue. Imaginons cependant ! Une société où personne ne serait exciter à tweeter au vitriol, où la parole publique serait écrite, construite, imaginée, pour unir ».

Lire la suite sur son blogue « De la Grâce dans l’encrier ».

Comment peut-on espérer une « alliance » entre les Églises et l’État ?

Le piège d’une alliance-compromission, où « le fromage » est la référence, dans un programme politique, aux « valeurs chrétiennes » ou à l’« héritage chrétien ». (Source image : public domain pictures)

« Je suis venu au nom de mon Père et vous refusez de me recevoir. Par contre si quelqu’un d’autre vient en son propre nom, vous le recevrez ! », dit Jésus en Jean 5v43.

Le titre de cet article n’a pas pour but d’exposer en deux temps, trois mouvements, comment atteindre « une alliance » entre les Eglises et l’Etat. Ce titre exprime plutôt ma sidération, ma consternation et mon incompréhension de ce qu’un article (brillant dans la forme, mais me paraissant contestable et inquiétant dans le fond) de mon ami et frère en Christ Etienne, intitulé « ce que l’Evangile doit aux alliances entre les Eglises et l’Etat », ait pu passer l’étape du comité de rédaction de Par la Foi, blogue se revendiquant « réformé » (avec le « sola scriptura », « l’Ecriture seule », censé aller avec) et revendiquant rigueur théologique et fidélité à l’orthodoxie.

En effet, autant il est considéré blasphématoire de qualifier l’Egypte comme « le pays découlant de lait et de miel », comme le peuple l’a fait en Nombres 16v13, autant il peut paraître inouï de voir le terme « alliance »(1), qui concerne Dieu et son peuple, associé à l’Etat et à l’Eglise, dans un article se réjouissant de nous convaincre que « la Réforme n’aurait jamais pu arriver sans des assistances politiques, et même des intrigues politiques », et qu' »il n’y aurait pas eu le pur Évangile sans des princes agissant selon la vision constantinienne(2) d’alliance entre l’Église et l’État ». En clair, l’Alliance de l’Eternel ne serait pas suffisante : il serait vital pour Son peuple d’en chercher « une autre », comme les Galates ont cru bon de rechercher « un autre Evangile ». De même, dans cette optique, le Messie ne serait pas venu : il conviendrait alors d’en attendre « un autre » et d’espérer en sa protection.

Au final, Etienne va jusqu’à estimer possible de « créer une (telle) alliance avec bien moins que la majorité de la population : 20% suffisent. Le point de blocage [c’est le moins que l’on puisse dire !] est un dirigeant prêt à manier le pouvoir en faveur de l’Évangile. Ceci n’est pas le fruit d’un complot, et il n’y a pas à intriguer grandement(sic. Mais « un peu » quand même ?) : notre soin est l’Évangile, après tout(sic). Il s’agit d’abord et avant tout d’être prudent, et de saisir les occasions qui existent(sic) ». Sauf que l’Evangile n’a rien à voir avec tout cela.

A ce stade, cette marotte de la promotion du Constantinisme(2) et cette ardente espérance en un hypothétique « defenseur de la chrétienté » n’est plus de l’obsession, mais de l’acharnement, qui ne peut que mal finir, comme on l’a vu par le passé. En clair, les « 20 % » deviendraient un nouveau segment électoral à séduire et à conquérir pour être élu.

Il s’agit en effet « d’être prudent », si l’on en juge des récents soutiens/attentes de chrétiens vis à vis de certaines personnalités politiques présentées comme des « défenseurs de la chrétienté » et attendus comme des « messies » [les espoirs risquent d’être déçus !] en France, aux Etats-Unis, au Brésil ou en Hongrie…On se souviendra aussi du niveau de tensions et de bêtises autour des propos de « chrétiens en campagne », en France, durant les Présidentielles 2012 et 2017.

Curieuse espérance et curieuse attente d’un nouveau « Constantin »(2), censé être le garant d’une « alliance bien plus excellente » avec le peuple de Dieu, et ce, alors que s’approche l’Avent, période où nous nous préparons à célébrer Celui qui est déjà venu et qui a accepté de nous rejoindre, même au plus bas de notre réalité, en naissant dans « une mangeoire » pour animaux.

Mais s’approche aussi la prochaine présidentielle française, prévue le 10 avril prochain. S’agit-il de trouver des raisons historiques, à défaut de raisons bibliques et théologiques, de pousser le peuple de Dieu dans les bras d’un nouveau « messie » politique, qu’il s’agisse du « messie » X, Y, ou Z ? Or, nous, chrétiens, croyons que le Messie est déjà venu et qu’il reviendra à la fin des temps. Et ce Messie s’appelle Jésus-Christ.

Certes, l’histoire « nous montre que » certains événements se sont déroulés d’une certaine façon, dans un certain contexte. Le problème de l’argumentaire d’Etienne, en apparence impressionnant via la pléiade d’exemples tirés de l’histoire, est qu’il ne s’appuie à aucun moment sur les Ecritures Bibliques…ce qui est surprenant pour un auteur qui se revendique d’un mouvement dont l’un des principes est « sola scriptura », « l’Ecriture seule ».

Sans doute parce que les Ecritures lui donnent tort.

Et que nous dit l’Ecriture, au sujet de ces « alliances » ? Que dit Dieu, au sujet de cette « prudence », de ces petits calculs et de cet opportunisme politique ? Le prophète Esaïe, dans le chapitre 30 de son livre, est sans équivoque à ce sujet, en rapportant les Paroles du Seigneur :

1Malheur ! Ce sont des fils rebelles– oracle du SEIGNEUR.
Ils réalisent des plans qui ne sont pas les miens, ils concluent des traités contraires à mon esprit, accum
ulant ainsi péché sur péché.

2Ils descendent en Egypte sans me consulter, ils vont se mettre en sûreté dans la forteresse du Pharaon, se réfugier à l’ombre de l’Egypte.

3La forteresse du Pharaon tournera à votre honte, et le refuge à l’ombre de l’Egypte à votre confusion. 4Déjà vos chefs sont à Tanis, les ambassadeurs ont atteint Hanès. 5Ils seront tous déçus par un peuple qui leur sera inutile, qui ne leur sera d’aucun secours, d’aucune utilité, sinon pour leur honte et même leur infamie.

Lorsqu’il est attaqué par l’Assyrie, le roi Ezéchias fait appel à la deuxième grande puissance de l’époque, l’Egypte. Le prophète parlant de la part de Dieu dénonce ainsi les petits calculs, ainsi que les plans et les stratégies qu’élaborent les hommes pour survivre, ne faisant pas confiance au Seigneur, le seul qui puisse les sauver, les délivrer et les protéger. Au lieu de faire confiance au Seigneur et de croire qu’il maîtrise les événements, le peuple préfère chercher sa protection dans « un autre » ou « une autre » puissance. Si Esaïe parlait aujourd’hui, il dénoncerait certainement ce qui n’est qu’une illusion de sécurité et une idolâtrie.

La seule alliance en laquelle espère le peuple de Dieu est cette « Alliance bien plus excellente », dont Jésus-Christ est le médiateur et le garant, et qu’il a scellée de son sang cf Hébreux 8 et 9.

Puisque l’article d’Etienne se réfère à l’histoire, il aurait été pertinent de faire l’inventaire des legs de compromissions passées a)de la réforme luthérienne, avec notamment le massacre des paysans et des « schwärmer », ainsi que la négociation permanente et la soumission des églises aux princes des länders allemands ;  b)des protestants allemands à l’époque des IIe et IIIe Reich – une époque où les chrétiens se croyaient tenus à un programme national chrétien – et face à Hitler, qui se présentait comme « chrétien », avec « le devoir d’être un combattant pour la vérité et la justice »une période rêvée pour les protestants qui ont su bénéficier comme jamais auparavant d’un « ordre social chrétien », et des libertés désirées pour annoncer l’Evangile. Avec les conséquences que l’on connaît. Autant de compromissions complexes à assumer pour les générations futures, et particulièrement ravageuses si elles sont assumées et promues en tant que telles par la génération actuelle. Or, regarder en face (plutôt que fuir ou nier) ces compromissions, pour s’en repentir et y renoncer, sera source de libération et de guérison.

La déclaration de Barmen, principalement écrite par Karl Barth (avec la participation d’autres protestants allemands) en 1934, laquelle affirmait la position de l’Église confessante face à Hitler : « Jésus-Christ, selon le témoignage de l’Ecriture sainte est l’unique Parole de Dieu. C’est elle seule que nous devons écouter ; c’est à elle seule que nous devons confiance et obéissance, dans la vie et dans la mort. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle, en plus et à côté de cette Parole de Dieu, l’Eglise pourrait et devrait reconnaître d’autres événements et d’autres pouvoirs, d’autres personnalités et d’autres vérités comme Révélation de Dieu et source de sa prédication » et (…)« Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Eglise pourrait, en dehors de ce ministère, se donner ou se laisser donner un Chef muni de pouvoirs dictatoriaux ».

En guise de prise de position « politique », déclarons alors espérer plus dans le retour du Christ que dans les prochaines élections ou dans un résultat électoral. En attendant, soyons ses témoins fidèles et véritables, avec le secours du Saint-Esprit et la grâce de Dieu, en étant conscients que le but de l’Eglise n’est pas de se fourvoyer dans une pseudo-alliance illusoire pleine de fausses promesses, qui ne serait qu’une compromission, ni d’être réduite à être la cliente d’un pouvoir, ou de croire « qu’elle permettrait à Dieu d’être Dieu », ou « d’empêcher César d’être César » (3).

On prendra alors au sérieux cet avertissement de Deutéronome 13v2-5 , lequel, toujours valable, fait appel à la responsabilité du peuple et testant la fidélité de celui-ci envers l’Eternel : en effet, nous dit personnellement Celui-ci, « imagine qu’un prophète ou un visionnaire t’annonce un signe ou un prodige ; si le signe ou le prodige se réalise comme annoncé mais que l’homme t’invite alors à adorer d’autres dieux que vous ne connaissez pas, n’écoute pas ce prophète. En effet, c’est le Seigneur votre Dieu qui vous teste pour savoir si vous l’aimez de tout votre cœur et de tout votre être. Ne rendez de culte qu’au Seigneur votre Dieu, reconnaissez son autorité, prenez au sérieux ce qu’il commande, écoutez sa voix, servez-le et demeurez attachés à lui seul ».

Autant il convient de ne pas se laisser impressionner par le fait que les signes et prodiges des faux prophètes se réalisent, autant il convient de ne pas se laisser impressionner par un excès d’argumentation, vu que l’essentiel reste la finalité du discours tenu : vers qui et vers quoi cela nous mène-t-il ? Vers « quel Dieu » et vers quelle alliance nous oriente celui qui parle ?

La période de Noël qui s’annonce est généralement une période favorable pour « les enfants de lumière » que nous sommes, pour manifester « le fruit de la lumière, lequel consiste en toutes sortes de Bonté, justice et vérité » (Eph.5v8-9) et pour annoncer Celui qui est « la lumière du monde » (Jean 8v12), comme à rappeler et attester que « Dieu est lumière, et de ténèbres, il n’y a pas trace en lui » (1 Jean 1v5).

Notes : 

(1) On appelle « alliance » la relation légale établie entre deux parties, avec engagements et souvent serment, avec des responsabilités réciproques. Dans la Bible, on distingue plusieurs alliances : adamique, noachique, abrahamique, mosaïque (avec le peuple d’Israël), davidique et la nouvelle alliance, qui repose sur le sacrifice parfait de Christ, qui en est le médiateur et celui qui l’a scellée de son sang (Luc 22, Hebr 8 et 9). En réalité, il n’y a qu’une seule alliance, comme le postule le réformateur Jean Calvin, d’après Paul dans son épître aux Romains, mais aucune entre le peuple de Dieu et l’Etat – ou entre un politicien candidat à une élection/un « messie politique » ne se lit dans les Ecritures bibliques. Et qui dit « alliance » avec un pouvoir dit engagement et redevabilité, et inévitablement compromission.

(2)L’empereur Constantin arrivé au pouvoir à Rome après avoir vaincu son rival Maxence a signé l’édit de Milan (en 313) autorisant tous les citoyens de l’empire Romain à adopter la religion de leur choix, ce qui a donc fait cesser les persécutions contre les chrétiens (déjà nombreux à l’époque). Les biens qui leur avaient été confisqués leur ont été restitués. Les chrétiens de l’Eglise orthodoxe le vénèrent comme un Saint, et mon ami Etienne se fend régulièrement d’articles laudateurs à son sujet sur le blogue Par la foi. Les sources, Lactance et Eusèbe, deux historiens chrétiens des premiers siècles, attestent que Constantin s’était converti suite à une vision. Il est difficile, voire impossible, de savoir si cette conversion est un acte d’opportunisme politique ou l’aboutissement d’un parcours spirituel authentique, voire un peu des deux. Un tel débat sur la question semble alors peu profitable, vu que Dieu seul connaît ceux qui lui appartiennent, et que le lecteur des Evangiles connaît la parabole du bon grain et de l’ivraie en Matthieu 13,24-30). Il est en revanche plus prometteur et utile de tenter d’évaluer les conséquences de cette conversion pour le Christianisme. Constantin a assumé un double-pouvoir, politique et religieux (Il a convoqué lui-même le concile de Nicée qui a réaffirmé face à l’hérésie arienne la nature divine du Christ. En comparaison, voir ce que la Bible nous apprend de ce qui arrive aux souverains qui ont tenté de jouer les prêtres « dans le même temps » (ex d’Ozias ). Le Christianisme en devenant progressivement « religion officielle » après Constantin, sous l’empereur Théodose, est-il resté vraiment fidèle à son Maître ? Peut-il exister une société chrétienne avant que vienne le Royaume de Dieu ? Le débat n’est pas prêt d’être clos…

D’après Constantin était-il vraiment chrétien ? Sa conversion était-elle sincère ?

(3) De là la question posée : Quelle serait alors la relation idéale entre l’Eglise et l’Etat ? Les Ecritures bibliques nous exhortent à prier pour les autorités cf 1 Timothée 2v2. D’autres passages, tels Rom.13, 1 Pie 2, Tite 3 ou le psaume 28, insistent sur l’exigence de se soumettre aux autorités humaines, dans la mesure où elles remplissent leur office, qui est celui d’encourager le bien, et de réprimer le mal. Celui qui exerce le pouvoir, qu’il soit empereur au 1er siècle ou président de la République de nos jours, d’après ces textes, a reçu du Seigneur une délégation d’autorité pour faire respecter le droit indispensable pour que nous vivions ensemble. Ce qui est tout à fait compatible avec le principe de laïcité qui ne reconnaît à aucune religion le droit d’exercer le pouvoir politique, et laisse à chacun le soin de croire ou de ne pas croire). Donc il ne s’agit pas d’une obéissance servile et inconditionnelle, mais, en fait, d’une soumission libre et consciente à l’ordre voulu par le Seigneur. Voilà pourquoi Paul, quand il parle de ce que nous devons à l’Etat (le paiement de l’impôt par exemple), ajoute en Romains 13,8 : « ne devez rien à personne, sinon de vous aimer les uns les autres ».  Ce qui exclue donc toute « alliance-compromission », impliquant un lien et une redevabilité avec un pouvoir. 

D’après cette réponse à la question posée sur 1001 questions : Quelle est la relation idéale entre l’Eglise et l’Etat ? Laïcité ? (Rom 13- 1 Pie 2- Tit 3- Psa 28). Qu’est-ce que cela signifie pour l’Etat de porter l’épée si nous nous opposons à guerre/militaire ?

Voir aussi « Nationalisme, populisme, politiques et identité des évangéliques » : Contribution de l’alliance évangélique européenne (EEA), extrait du projet Issachar (https://www.lecnef.org/articles/39532-nationalisme-populisme-politiques-et-identite-des-evangeliques ) Ou quand « à une époque de recrudescence du nationalisme en Europe, il est vital que nous examinions attentivement et dans la fidélité à Christ les déclarations et l’idéologie des mouvements et partis politiques. Ne nous laissons pas égarer ni manipuler par des références aux « valeurs chrétiennes » ou à l’« héritage chrétien ». Si ces valeurs et programmes « chrétiens » ne sont pas en accord avec le caractère de notre Seigneur et sa Parole, il faut les combattre ».

Adoption définitive du projet de loi bioéthique : ou l’échec de ne pas dire « oui » à tout (et n’importe quoi)

Bientôt « le Meilleur des mondes » ? (Source image : scène de « Bienvenue à Gattaca », un film d’Andrew Niccol (1997)

Le Parlement a définitivement adopté, le soir du 29/06/21, par un ultime vote de l’Assemblée nationale, le projet de loi relatif à la bioéthique, qui ouvre l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP) ou « Procréation Médicalement Assistée » (PMA) – à toutes les femmes, par 326 voix pour, 115 contre et 42 abstentions. Et ce, à  l’issue d’une 7e lecture (4 à l’Assemblée, 3 au Sénat), près de deux ans après sa présentation en conseil des ministres(1).
Députés et sénateurs se sont opposés sur de nombreux articles du texte, en particulier l’ouverture de la PMA à toutes les femmes (couples de femmes et femmes célibataires) pour leur permettre d’obtenir une grossesse, finalement validée par les députés. Auparavant, la PMA n’était permise que pour les couples hétérosexuels infertiles. Les premiers enfants conçus par « PMA pour toutes» en France pourraient naître dès le printemps 2022, sauf éventuel contre-temps dû à un éventuel recours auprès du Conseil constitutionnel.
Le projet de loi permet aussi aux personnes majeures de conserver leurs gamètes (spermatozoïdes et ovules) pour pouvoir reporter à plus tard un projet d’enfant, ce qui était uniquement permis aux femmes pour des raisons médicales. Le texte remet également en question l’anonymat des donneurs de gamètes, qui devront accepter que leur identité ou « des données non identifiantes », tels que l’âge, les caractéristiques physiques, la profession…, puissent être révélées à la personne née du don après ses 18 ans.

La gestation pour autrui (GPA), ou le fait qu’une femme porte un fœtus pour le compte d’une autre personne ou d’un couple, potentiellement contre rémunération, reste interdite en France. Néanmoins, le projet de loi prévoit la reconnaissance, sous certaines conditions, de la filiation d’enfants conçus par GPA à l’étranger – une pratique légale dans plusieurs pays comme les États-Unis et le Canada. Le texte ne prévoit pas l’élargissement de la PMA aux hommes transgenres, nés avec un appareil reproducteur féminin. Le diagnostic préimplantatoire, qui permet de repérer de possibles anomalies génétiques dans les embryons, reste limité aux couples ayant connaissance d’une maladie génétique transmissible dans leur famille. Les femmes dont le conjoint est décédé ne peuvent pas avoir recours à la PMA avec les gamètes de ce dernier.
Enfin, le projet de loi facilite les recherches sur les cellules souches embryonnaires, qui peuvent se multiplier et donner naissance à n’importe quelle autre cellule de l’organisme. Elles « peuvent être utilisées en thérapie cellulaire, pour régénérer un organe ou produire des substances nécessaires à rétablir une fonction biologique », précise l’Inserm (2). 
Le texte adopté à l’Assemblée nationale autorise aussi les « chimères animal-homme », des cellules souches humaines insérées à des embryons animaux. 
Cet article 17 de la loi de bioéthique soulève des inquiétudes auprès de certains qui ont signé une tribune dans La Croix, pour dire « Non aux chimères dans la loi de bioéthique ! »(3). Ils ont appelé les parlementaires « à s’insurger contre l’inscription de la bioéthique française dans ce scénario de science-fiction et à initier un Référendum d’Initiative Partagée ».  De son côté, l’Inserm plaide pour ce type de recherche, expliquant que « l’un des objectifs est de développer ainsi des modèles animaux de pathologies humaines notamment pour les maladies neurodégénératives. À plus long terme, ces chimères pourraient favoriser la production d’organes chez l’animal pour permettre des xénogreffes sur l’Homme. Enfin, avoir recours à ce processus permettrait notamment de mieux étudier comment s’effectue la différenciation des cellules dans un tel environnement, et donc, de valider ou non bon nombre d’hypothèses de recherche» (3).
En revanche, est interdite « la modification d’un embryon humain par adjonction de cellules provenant d’autres espèces »,  selon la reformulation de l’article 17 du projet de loi de bioéthique(4).


Au final, est-ce un progrès ?

Le journaliste Patrice de Plunkett dénonce, dans sa chronique à Radio Présence (Toulouse Midi-Pyrénées) et Radio fidélité Mayenne(5), le vote final de ce qu’il appelle « la loi de pseudo-bioéthique », lequel vote lui paraît illustrer l’ouverture à tous les « désirs se (prenant) pour des droits » sans souci des conséquences, comme l’alignement de la classe politique sur les lobbies.

L’ «  adoption (de ce projet de loi) était inéluctable », souligne le journaliste, « le parti du président Macron étant à fond pour cette réforme – et le Sénat, malgré son opposition opiniâtre, n’étant pas parvenu à se faire entendre des députés :

Les sénateurs disaient que la PMA pour les femmes célibataires ou homosexuelles bouleversera les normes de la filiation et nuira ainsi aux intérêts de l’enfant… 
Des députés d’opposition disaient qu’ouvrir la PMA aux femmes homosexuelles sans accorder la GPA aux homosexuels masculins serait créer une inégalité contraire à la philosophie du droit… ». En effet, en toute logique, « après la PMA, doit venir la GPA. Ceci afin que le désir d’enfant puisse être universellement satisfait », et « afin de permettre l’égalité des sexes devant la parentalité », plaide Luc Le Vaillant dans sa tribune d’opinion sur Libération (6) 
« Mais ni ces sénateurs ni ces députés n’ont réussi à se faire entendre de la majorité LREM de l’Assemblée nationale. Pourquoi ? Parce que LREM voit les choses autrement : selon ce parti, il ne s’agissait avec cette réforme que « d’élargir les droits des femmes ».
Un écrivain du XIXe siècle, lui-même homosexuel d’ailleurs, prophétisait qu’on allait entrer dans un âge où tous les désirs se prendraient pour des droits : c’est bien ce que nous vivons. Le consumérisme s’est étendu à tout. L’individu ne voit plus midi qu’à sa porte. Et le pouvoir politique, lui, ne voit plus au nom de quoi il pourrait faire un tri entre les désirs se proclamant des droits.
D’où cette impression qu’ont les opposants, minoritaires, de parler à des sourds quand ils tentent de faire valoir un autre point de vue que la satisfaction de tous les désirs quels qu’ils soient.
Aujourd’hui, dire « non » à quelque chose passe pour de l’intolérance, même s’il y aurait de solides raisons (sociales, morales et juridiques) de ne pas dire « oui » [c’est même là le sens de la dignité humaine : ne pas dire oui à tout et à n’importe quoi(7)].
Un peuple qui ne se voit plus comme peuple mais comme foule d’individus – chacun proclamant ses droits sans souci des conséquences – deviendra ingouvernable. Comment ne pas en venir là ? On ne sait pas trop…  Il n’existe plus d’autorités morales reconnues quand le consumérisme s’étend à tout : à l’ère de l’individu tabou, l’horizontal remplace le vertical. Et l’on peut se demander si ce phénomène d’ensemble n’explique pas, en partie, l’abstentionnisme électoral massif que nous venons de constater aux deux tours des régionales et départementales. Quand le consommateur remplace le citoyen, des gens déclarent aux radio-trottoirs ne plus s’intéresser qu’à ce qui exaucerait leurs désirs individuels – qui à leurs yeux sont tous des droits. Vers quoi se dirige l’ensemble de ce processus ?  Peut-être la réponse se trouve-t-elle dans un roman prémonitoire : Le meilleur des mondes, d’Aldous Huxley », que Patrice de Plunkett nous conseille de (re)lire cet été. Cela tombe bien : « il est en livre de poche »(8).

Notes :


(1) Pour les curieux, l’analyse du scrutin (qui a voté quoi) ici https://www2.assemblee-nationale.fr/scrutins/detail/(legislature)/15/(num)/3855 ; et pour ceux qui aiment la lecture, l’ensemble du processus législatif de ce projet de loi sur https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/dossiers/alt/bioethique_2, avec le texte final voté le 29/06 (79 pages) https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15t0640_texte-adopte-provisoire.pdf ; sinon, une synthèse à lire sur https://www.vie-publique.fr/loi/268659-loi-bioethique-pma


(2) https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/cellules-souches-embryonnaires-humaines : L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) est un établissement public à caractère scientifique et technologique français spécialisé dans la recherche médicale

(3) https://www.la-croix.com/Debats/Non-chimeres-loi-bioethique-2021-02-05-1201139072  et https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/15/loi-de-bioethique-nous-ne-voulons-pas-d-une-humanite-genetiquement-modifiee_6025898_3232.html ; https://presse.inserm.fr/chimeres-inter-especes/42157/ ; https://www.francetvinfo.fr/societe/loi-de-bioethique/le-projet-de-loi-de-bioethique-vote-par-les-deputes-permet-il-de-creer-des-embryons-chimeriques-mi-homme-mi-animal_3663337.html
Voir aussi https://www.la-croix.com/Debats/Non-chimeres-loi-bioethique-2021-02-05-1201139072 et https://www.reforme.net/societe/2021/06/23/bioethique-des-chimeres-de-moins-en-moins-chimeriques/


(4) Voir le texte final du projet de loi, voté le 29/06 (79 pages) https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15t0640_texte-adopte-provisoire.pdf

(5) http://plunkett.hautetfort.com/archive/2021/06/30/pseudo-bioethique-quand-les-desirs-se-prennent-pour-des-droits.html#more


(6) https://www.liberation.fr/idees-et-debats/opinions/apres-la-pma-que-vienne-la-gpa-20210629_EVFFB52K2ZFWXPAN2SFWSOCFQE/?utm_medium=Social&utm_source=Twitter&xtor=CS7-51-#Echobox=1624955798


(7) Le Comité Protestant pour la Dignité Humaine (CPDH) le dit autrement, dénonçant, quant à lui, un droit à l’enfant. « Le droit à l’enfant que le gouvernement veut créer pour les couples de femmes et les femmes seules nuit directement à l’enfant. De sujet de droit – ayant des droits -, il devient objet de droit : J’ai le droit d’avoir un enfant, de la façon dont je veux, quand je veux, avec qui je veux », constate Franck Meyer, Président de cet organisme, avant d’ajouter « que l’accès impossible à la filiation paternelle est profondément injuste ». De plus, ce projet de loi encouragerait la monoparentalité, « ce qui n’est ni recommandable, ni souhaitable». Le CPDH déclare par ailleurs refuser « d’abandonner le combat », envisageant des recours auprès du Conseil Constitutionnel et des organisations internationales. cf https://www.evangeliques.info/2021/06/29/france-avec-la-pma-pour-toutes-le-cpdh-denonce-un-droit-a-l-enfant/ ; Voir aussi https://www.reforme.net/bioethique/2020/07/21/le-comite-protestant-evangelique-pour-la-dignite-humaine-denonce-la-gpa/

(8) http://plunkett.hautetfort.com/archive/2021/06/30/pseudo-bioethique-quand-les-desirs-se-prennent-pour-des-droits.html#more

Eric Lemaître : départ d’un « éveilleur »

« Veillez, priez, résistez », dirait encore aujourd’hui cet « éveilleur » des consciences (Source image : public domain pictures)

C’est avec une grande surprise – et beaucoup de tristesse – que j’ai appris le décès soudain d’Eric Lemaître, mercredi 14/04.

Je me sens peu légitime pour en parler, d’autres le connaissaient bien mieux que moi et ont pu partager de très beaux textes en hommage.

Ceci dit, je garde de ma rencontre avec Eric le souvenir d’un homme passionné, se voulant un « éveilleur des consciences » (à Reims et au-delà), que j’ai appris à connaître et à aimer sur une très courte période (2017-2021) grâce à un ami commun – Alain Ledain. J’ai eu l’honneur d’échanger à de nombreuses reprises avec Eric…..avec une seule (et unique) rencontre « en vrai » chez lui, à Reims, à l’occasion d’une conférence sur Jacques Ellul. Un comble pour ce frère dans la foi qui privilégiait les relations « incarnées » aux relations « désincarnées » !

Eric était chrétien, dans son expression évangélique, refusant les étiquettes. Sa vie a changé le jour où l’Evangile de Jésus-Christ eût une résonance déterminante sur son parcours et sa trajectoire de vie, comme il me l’a expliqué lors de cette rencontre au sujet de la sortie de « la déconstruction de l’homme », en 2018, un ouvrage collectif sur les enjeux du transhumanisme, réalisé à son initiative et sous sa direction.

Eric est auteur de plusieurs autres ouvrages co-écrits avec Alain Ledain et d’autres auteurs : « Masculin et/ou Féminin : Peut-on choisir » publié en 2014 par FAREL et « Vers une société d’Uniformisation » publié par Ethique Chrétienne en 2015 qui préfigurait la sortie de l’essai « La Déconstruction de l’homme ».

Il a contribué à plusieurs blogues et sites (« Ethique sociale chrétienne », « Phileo-sophia »…), sans oublier sa contribution encourageante au « défi biblique de l’été » sur Pep’s café!, avec des textes sur les livres de Nahum et du Lévitique. En juin 2018, il fonde son propre blogue intitulé « la Déconstruction de l’homme ».

Homme engagé, également influencé par Ivan Illich[1926-2002] et Jacques Ellul [1912-1994], il était conscient que « la vie chrétienne se traduit en actes, non seulement en actes qui touchent à ta propre personne et à l’attitude que tu manifestes envers les autres, mais également à l’engagement social que nous pouvons avoir au sein même de notre environnement pour nous emmener à une société plus conviviale ». Ce cheminement l’a conduit notamment à accompagner un projet de quartier dans sa ville de Reims, un jardin partagé avec des habitants. Ses engagements au sein de son église, dont il a été l’un des pasteurs, l’ont aussi conduit à secourir ceux qui sont dans le besoin, des familles pauvres à des amis migrants.

Je retiens enfin de ma rencontre avec Eric que toute rencontre est un cadeau et une grâce, en ce qu’elle nous permet de découvrir en l’autre, notre prochain, notre frère en Christ (pour mieux l’aimer), ce qui fait de lui un être unique, comme il n’y avait pas avant et comme il n’y en aura jamais après.

C’est pourquoi tout départ est une tristesse et une perte pour ceux qui restent, même si je sais que là où est Eric est le meilleur endroit, et que nous partageons une même espérance en la résurrection, attendant « de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera », où « la mort ne sera plus, et (où) il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur » ( 2 Pie.3v13 et Apoc.21v1, 4).

Merci Seigneur pour cette rencontre avec Eric !

 

 

Communion : le défi inclusif de Jésus face à nos tentations exclusives

« Qu’ils soient un, comme nous sommes un » : Une prière prophétique de Jésus au Père, actuellement non encore véritablement réalisée. De quoi nous pousser à la repentance, surtout quand nous mobilisons toutes nos énergies à rebâtir les murs de séparation abattus par Jésus lui-même ! (Source image : Pixabay)

Samedi 06 février, j’ai eu la joie de participer au 5ème forum des Attestants(1), en tant que « sympathisant », voyant dans ce mouvement confessant, né au sein de l’EPUDF dans des circonstances particulières, l’illustration que l’action de l’Esprit Saint ne connaît pas de frontière dénominationnelle.

Cette nouvelle édition a eu lieu par zoom, nous proposant tables rondes et ateliers, avec des intervenants de qualité, autour du thème « la communion, un défi ? »(1). Un enjeu spirituel d’actualité, à l’heure des séparatismes et des crispations identitaires, tandis qu’un protocole sanitaire nous impose de respecter des « distances sociales », et sachant que les réseaux @sociaux favorisent un entre-soi plutôt inquiétant. J’ai hâte de voir publier les actes du forum sur le site des Attestants, permettant de revoir/entendre les diverses interventions, notamment celles de la matinée, que j’ai raté ! (1)

En vérité, il ressort de ce forum que la communion, à la fois un « être et un faire ensemble », n’est pas si évidente que cela chez les chrétiens, et même pas « naturelle » du tout. C’est pour cela qu’elle est un défi en tout temps, nous confrontant à la réalité.

Or, comme si « être » et « faire » communion n’était déjà pas un défi suffisant en soi, la veille du forum, l’équipe de jeunes rédacteurs du blogue Par La Foi, s’affichant « réformé », apportait une curieuse contribution à cet enjeu spirituel, sur fond de crispation identitaire, avec un certain formalisme cultuel, via un article qui m’a paru trop long et très académique(2), mais aussi particulièrement maladroit dans le contexte actuel et, surtout, injuste et prétentieux, en prétendant faire le (dépôt de) bilan négatif des Attestants après 5 ans d’existence [selon quels critères ? Quel « magistère » ?] pour expliquer pourquoi ils marchent « sur des chemins séparés »(3).

Cet article, qui accuse certains biais (« cessationnistes », « pédobaptistes »…), est-il utile pour la gloire de Dieu (c’est à dire contribuant à rendre Dieu visible, tel qu’il est en vérité) et l’édification de tous ? La question peut se poser, car, rappelons-le, le service véritable, qui est un mini-stère (et non un magi-stère), consiste à se positionner en-dessous des pieds de celui que l’on prétend servir. Une fois relevé, nous ne laissons pas par terre (ou plus bas que terre) celui que nous avons servi, mais contribuons humblement à l’élever, à le faire grandir.

Est-ce le cas de cet article ? Jugeons-en plutôt, à la lecture de sa conclusion, laquelle ferait froid dans le dos si elle n’était pas ridicule : « À l’heure actuelle, la croissance de l’Église protestante unie de France ne nous paraît pas une chose désirable pour l’Église universelle. La présence en son sein des Attestants est d’après nous un obstacle à la reconstitution d’une identité réformée (ou luthérienne) authentiquement confessante plutôt qu’un instrument à cette fin. À ce titre, nous ne jugeons pas non plus la communion possible entre nous…. ».

En clair, « Attestants, merci de ne pas (plus) exister » ?

Ceci dit, on se marre tout de même un peu quand on lit ce qui est écrit très sérieusement, soit (pour prendre un ou deux exemples au hasard) que les Attestants seraient des « libéraux moins extrémistes et moins cohérents que les autres » au sein de l’EPUDF. Rappelons que ce mouvement de chrétiens confessants est né en 2015 « du désir de renforcer au sein de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF) les piliers de la Réforme (Sola Scriptura, bien entendu, avec Sola Gratia, Sola Fide,, Solus Christus, Semper Reformanda et Soli Deo Gloria). Certaines décisions prises en synode leur ont semblé affaiblir la dynamique de l’Eglise et négliger son enracinement dans la révélation biblique ». De fait, les Attestants « partagent une même foi au Père créateur, au Christ Seigneur et sauveur [qu’ils confessent aussi comme étant pleinement Dieu et pleinement homme, mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification], à l’Esprit Saint consolateur et puissant. « Courant de conviction parmi d’autres dans l’EPUdF », ils souhaitent « promouvoir une façon de vivre la foi, la vie de famille, la formation, à la lumière d’une lecture exigeante de l’Evangile ». Ils se veulent, notamment, « force de proposition en matière de prière, de lecture de la Bible, d’édification pour la foi, de formation, d’accueil des plus humbles ».

Et les Attestants sont tellement « libéraux » qu’ils confessent enraciner leurs convictions dans les Ecritures. La liberté chrétienne (n’excluant) pas mais (impliquant) une interprétation respectueuse des textes, pour tout ce qui fonde la foi et structure la vie »(4).

Les Attestants seraient aussi des « modernistes » et des « postmodernes », sous prétexte que certaines « traditions »(port de la robe pastorale, usage de la chaire, présence de l’orgue/harmonium….) seraient « systématiquement rejetées ».

Autant d’arguments pouvant d’ailleurs justifier un refus de communion…avec le Christ lui-même !

Imaginez en effet ce qui aurait pu se passer, pendant les 3 jours suivant la mise au tombeau de Jésus-Christ, après sa mort à la croix : « nous espérions qu’il était celui qui allait délivrer Israël, mais il est utile aujourd’hui de se poser la question s’il a réussi après 3 ans 1/2 de ministère ». Et un jeune docteur de la loi de se fendre d’un (trop) long article très académique, justifiant pourquoi lui et les siens « ne sont pas disciples de Celui que l’on appelle le Christ », concluant par ce qui ressemble à une condamnation sans appel, dans le style : « il n’est décidément pas possible d’être en communion avec ce jeune mouvement, lequel est un obstacle pour la conservation de l’identité judaïque », leur leader étant trop « libéral » (ou étant un « libéral » ne s’assumant pas) et « post-moderne », parce qu’il ne respecterait pas « la tradition des anciens »….Position tenue jusqu’à ce que le jeune docteur de la loi rencontre, confus, Jésus-Christ ressuscité….C’est ce que l’on peut se souhaiter de mieux.

Une chose est sûre : si vous souhaitez connaître les Attestants, ce n’est pas par cet article qu’il faut commencer, mais plutôt en cherchant à les fréquenter pour mieux les connaître, plutôt que de les enfermer dans des étiquettes disqualifiantes/restrictives : visitez leurs paroisses et participez (ou assistez) à leurs cultes, pour vous rendre compte si le Dieu véritable (Père, Fils, Saint-Esprit) est à sa place ; consultez leurs sites et participez à leurs formations/forums(5), non pas en cherchant « à obtenir confirmation » de ce que vous croyez savoir, mais plutôt avec la volonté humble et honnête de savoir vraiment.

Pour le reste, la sagesse sera celle de suivre le conseil d’un autre sage, un célèbre docteur de la loi, Maître du jeune docteur cité plus haut : « ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette oeuvre vient des hommes, elle se détruira; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu ». (Actes 5v38-39). En attendant, apprenons à discerner des fruits évidents et significatifs, apprenons à dire merci à Dieu pour cela, et gardons confiance que l’approbation finale sera donnée (comme à nous tous) par le Maître lui-même.

Mais, comme le dit le vieil adage, « quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt », il importe de ne pas s’arrêter « au doigt Attestant », pour fixer ses regards sur ce qu’il montre, à savoir le Christ.

Et ce, d’autant plus que nos réflexes exclusifs font plutôt tâche avec l’esprit inclusif du Christ et des Ecritures. Ainsi, quand certains justifient théologiquement d’exclure de leur cercle (déjà étroit) de « communion », nous lisons cette joyeuse invitation à la communion de l’apôtre Jean, au début de sa lettre [1 Jean 1v3-4] , rappelant les conditions de celle-ci : « ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Et notre communion est communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ. Et nous vous écrivons cela pour que notre joie soit complète ». Le même apôtre rappelle également que « si nous marchons dans la lumière comme (Dieu) lui-même est dans la lumière, nous sommes en communion……les uns avec les autres, et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché » (1 Jean 1v7)

Cet esprit inclusif se discerne encore dans le « faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance » de Dieu, au commencement (Gen.1v26), le « nous » inclusif du Notre (et non pas « mon ») Père, enseigné par le Christ à ses disciples (Matt.6v9-13), et dans le « Qu’ils soient un, comme nous sommes un », le projet exprimé dans une prière dite par le Fils au Père en Jean 17, sur la façon dont l’un et l’autre souhaiteraient voir vivre ensemble ceux qui lui appartiennent. Une prière prophétique actuellement non encore véritablement réalisée. De quoi nous pousser à la repentance, surtout quand nous mobilisons toutes nos énergies à rebâtir les murs de séparation abattus par Jésus lui-même (Eph.2v14) ! L’enjeu spirituel de relever le défi de vivre la communion et l’unité est de taille, puisque c’est « afin que le monde croit »…. (v21). L’inverse est malheureusement vrai, puisque si pas de communion, il y a division, et l’absence de communion et d’unité empêche de croire.

Comme il a été rappelé lors du forum des Attestants du 06 février, en situation de crise, il n’est plus le temps de rompre des lances sur des sujets secondaires [lire à ce sujet Romains 14], mais le temps de revenir à l’essentiel. Et l’essentiel est Christ.

Rappelons que le Nom de Jésus est le seul Nom qui sauve, le seul Nom qui rassemble et le Nom qui est élevé au-dessus de tout nom, y compris les étiquettes dénominationnelles, rendant ainsi vaines toute crispation/repli/tentation ou prétention identitaire. En tant que chrétiens – « petits Christs » – nous n’acceptons pour seule « étiquette » que celle que Jésus nous a déjà donnée : « enfants de Dieu », « saints et fidèles en Jésus-Christ », « appartient à Jésus-Christ »…..

Rappelons également que le Nom de Jésus signifie aussi « Dieu sauve » mais aussi « Dieu élargit », lequel nous élargit de toute l’étroitesse de nos petits cercles restreints de (pseudo) « communion », « à l’exclusion de tous les autres ». De même, à la suite du Christ et en Son Nom, nous sommes envoyés pour élargir les horizons de nos frères et de notre prochain.

 

A l’heure où certains jouent encore à être « plus royalistes que le Roi », en mode « plus réformé que moi tu meurs », contribuons à une réelle édification, aidant à grandir : puisque nous sommes censés avoir « dépouillé le vieil homme » (avec ses prétentions identitaires restrictives), revêtons-nous du Seigneur Jésus-Christ – la seule identité valable qui nous a été donnée – et n’ayons pas soin de la chair [par exemple, l’orgueil intellectuel et/ou spirituel] pour en satisfaire les convoitises (Rom.13v14).

Renversons également nos façons de penser, pour en finir avec la pensée opposée à la pensée biblique et axée sur la « saisie », la classification, le déterminisme (soit le fait de coller une étiquette sur quelqu’un), la division, la conceptualisation…avec les logiques de la prise, les pensées rapaces qui griffent et qui déchirent.

Si ta théologie te rend incapable de discerner ce qu’est une pensée biblique, et si elle contribue à rebâtir les murs de séparation ce que Christ a abattu, alors change de théologie….

Le dernier mot sera au fameux jeune docteur de loi cité plus haut, qui n’a plus été le même après sa rencontre avec le Christ ressuscité :

C’est aussi « un devoir pour nous, les forts, de porter l’infirmité des faibles et de ne pas rechercher ce qui nous plaît. Que chacun de nous cherche à plaire à son prochain en vue du bien, pour édifier. Le Christ, en effet, n’a pas recherché ce qui lui plaisait mais, comme il est écrit, les insultes de tes insulteurs sont tombées sur moi. Or, tout ce qui a été écrit jadis l’a été pour notre instruction, afin que, par la persévérance et la consolation apportées par les Ecritures, nous possédions l’espérance. Que le Dieu de la persévérance et de la consolation vous donne d’être bien d’accord entre vous, comme le veut Jésus Christ, afin que, d’un même cœur et d’une seule voix, vous rendiez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu »(Rom.15v1-7)

« Si donc il y a quelque consolation en Christ, s’il y a quelque soulagement dans la charité, s’il y a quelque union d’esprit, s’il y a quelque compassion et quelque miséricorde, rendez ma joie parfaite, ayant un même sentiment, un même amour, une même âme, une même pensée. Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres.  Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ».(Philip. 2v1-11).

Amen !

 

 

 

 

 

Notes :

(1)cf https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2021/01/30/forum-des-attestants-du-06-fevrier-communion-un-defi/

Il est possible de visionner les vidéos des temps forts (tables rondes seulement) du forum du 06 février. Le pasteur Martin Hoegger, de l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud et membre du mouvement R3 (Rassemblement pour un renouveau réformé), nous partage également son regard sur cette rencontre dans cet article consultable ici.

(2) Cf https://parlafoi.fr/2021/02/04/pas-attestants/

(3) Pour rappel, « séparé », en hébreu et araméen, a donné le nom de « pharisiens », ce groupe de religieux souvent dénoncé par Jean le Baptiste et par Jésus, et qui a fini par intriguer bassement pour condamner et livrer ce dernier pour être crucifié. Par contraste, les Attestants ont choisi de rester au sein de l’EPUDF, plutôt que d’en partir pour rejoindre les Evangéliques ou fonder une nouvelle dénomination, illustrant un cheminement possible, alternatif aux replis identitaires.

(4) A ce sujet, je renvoie au forum des Attestants consacré au thème « qui parle ? Quand je lis la Bible… » https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2019/02/08/retour-sur-le-forum-2019-des-attestants-qui-parle-quand-nous-lisons-la-bible/

(5) Cf http://lesattestants.fr/ ; http://1001questions.fr/ ; http://tablesrondes.leglisequicroit.fr/ (avec ce compte rendu d’atelier https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/08/29/ce-que-leglise-communaute-chretienne-peut-apporter-a-la-generation-z-ou-digitals-natives/) ; http://www.liberer.fr/

Pour réussir sa vie (à défaut de réussir à la rater)

« Réussir sa vie », c’est « transmettre la vie ». Une vie « bonne » et « abondante » parce que « relationnelle ».
(Source : convergence bolcho-catholiques)

« Pour réussir sa vie, un homme doit faire un enfant, écrire un livre et planter un arbre », aurait dit Compay Segundo, un musicien cubain devenu mondialement célèbre dans « Buena Vista Social Club », un film de Wim Wenders (1999).

« Réussir sa vie », ce ne serait donc pas avoir une rolex avant 50 ans. « Ce serait avant tout transmettre la vie.  Transmettre la vie par un enfant (le sien ou celui d’autres, par l’adoption ou l’éducation), dans le monde de la culture (par l’écriture ou toute autre forme de créativité et de savoir), par la Nature (en plantant des arbres ou en prenant soin de l’environnement) », estime le pasteur et théologien Shafique Keshavjee sur son blogue(1).

« Réussir sa vie ? Est-ce d’abord écrire des livres? Bien sûr que non ! », poursuit Shafique Keshavjee. « Le plus important pour (lui), ce sont toutes les relations (qu’il a) pu vivre et continue de vivre. Ce sont toutes les découvertes et tous les échanges qui ont façonné (son) existence. Et pour Réussir sa lesquelles (il est) reconnaissant.  Parmi toutes ces découvertes, il y a le trésor du Christ ».

Il a raison. Le Christ lui-même rappelle que « la vie éternelle », c’est de « connaître » (dans un sens intime et relationnel) Celui qui est « le Dieu véritable et la vie éternelle » (Jean 17v3, cf 1 Jean 5v20).

Dieu se nomme d’ailleurs « la source des eaux vives » (Jer.17v13), comme Jésus est « (le chemin, la vérité et) la vie » (Jean 14v6).

Réussir sa vie, c’est donc vivre une vie bonne et abondante, parce que relationnelle.

 

 

 

Note :

(1) Cf https://skblog.ch/2021/01/07/reussir-sa-vie/ (D’autres auront au moins réussi à « rater leur vie » !)

 

 

Merci !

Le top du top : quand nos propres articles sont lus, appréciés, relayés ou cités par d’autres !

Pep’s café ! vous remercie, chers (et notamment nouveaux) abonnés, lecteurs, commentateurs, et « likeurs », pour votre intérêt et votre fidélité à ce blogue.

Pep’s café ! remercie également :

Son cher ami Etienne Omnès, pour les citations et les renvois à nos articles « comment gérer une gueule de bois post-électorale ou quand mieux vaut perdre un vote que son âme » et « doit-on espérer en un défenseur de la chrétienté pour des raisons de survie », via les siens intitulés « une défense du vote des chrétiens déplorables » et « Qui dit Evangile dit chrétienté », publiés sur « Par la Foi », blogue collectif théo réformé.

Le CPDH (Comité Protestant Evangélique pour la Dignité Humaine) et Franck Meyer, son Président, pour le relai de notre  article « Vivre, penser (et éduquer à la liberté : oui, mais laquelle ? » sur leur site.

Le Pasteur Gilles Boucomont, du temple de Belleville, pour le relai de notre article « Baise ton prochain ou les origines occultées et refoulées du capitalisme » sur son compte twitter.

Mille mercis !

Foireux liens de mai (39) : boîtes à outils spirituels

Les « Foireux liens » de Mai : une sélection de « boîtes à outils spirituels » (Source image : public domain pictures)

Bonjour ! Vos « Foireux liens » tant attendus sont de retour ! La crise du Coronavirus aura eu au moins un effet positif : être inspirante pour tous ceux soucieux de poursuivre leur mission d’édification, d’information et d’annonce. Voici donc un petit échantillon (avec pas mal de vidéos) de ce qui nous est proposé sur le web pour nourrir notre foi et notre réflexion, et inspirer une action porteuse de sens. Bonnes découvertes !

 

En introduction, le Guide de reprise des Eglises Evangéliques par le CNEF, paru le 20 mai : Afin d’aider les églises ou les oeuvres dans la reprise éventuelle de leurs activités, le CNEF (Conseil National des Evangéliques de France) a réuni dans un Guide pratique de reprise de l’activité des associations protestantes évangéliques toutes les consignes et recommandations utiles. C’est en lien étroit avec les Délégués départementaux du CNEF et le ministère de l’Intérieur que ce guide a été réalisé, et en consultant en particulier le Protocole national de déconfinement. Le Conseil d’État a jugé le 18 mai que le gouvernement devait publier (avant le 26 mai) un décret autorisant les lieux de culte à accueillir du public. Ce guide sera actualisé en fonction des directives du décret à venir.

1) Le pain quotidien

A découvrir, « le pain quotidien », la vidéo méditative du confinement, postée sur youtube à 20h tous les soirs. Lancée dès le 16 mars.

2) Le Réveil (matin) : La guérison miraculeuse (un regard historique)

Dans cette édition (15 mai) du « Réveil », émission matinale en facebook live à 7h00 (redif sur youtube à 9h00), les pasteurs Julien et Anne Coffinet, des paroisses de Cergy, Saint-Germain-en-Laye et Dreux, s’entretiennent d’une enquête historique de Fadiey Lovsky et David Bouillon qui a été retracée dans le livre : « l’Eglise et les malades, du 2e siècle à nos jours ». L’occasion de parler de la prière de guérison, de la continuité ou non des miracles dans notre vie d’Eglise, de l’interprétation du Nouveau Testament. Un contenu à retrouver sur leur chaîne « Vous Etes Le Temple ».

3) Un site « Franchement top » : publications filtrées à l’ère du coronavirus

….parce qu’à l’ère de la fake news, un discernement offert est un vrai service rendu !

Un site à l’initiative de pasteurs membres des Attestants [qui animent par ailleurs « 1001 questions »], un groupe confessant de l’Eglise protestante unie de France, qui ont été préoccupés dès le début de la crise du coronavirus par les contenus foisonnants que l’internet proposait pour meubler l’ennui du confinement. Parmi tous ces contenus, beaucoup sont douteux et peu recommandables. D’où ce site de recommandation, qui n’engage que la bonne volonté du lecteur, et en amont le désir de bien faire de ses auteurs. Avec forcément des failles, des manques, des erreurs, comme dans toute expérience humaine, donc…

Explication de la démarche par l’administrateur du site.

« Au hasard », parmi leurs recommandations, ce site essentiel alors que nous sommes souvent perdus dans le temps et que nous avons besoin de regarder le calendrier pour savoir quel jour nous sommes…..

4) Comment, pour danah boyd, l’éducation aux médias ainsi (mal) faite peut être dangereuse et contre-productive

L’éducation aux médias, telle qu’elle est pratiquée actuellement, est-elle LA (bonne) solution pour lutter contre la désinformation ?  danah boyd, anthropologue et chercheuse chez Microsoft, fondatrice et présidente de Data & Society, était intervenue en mars 2018 lors de SWSX EDU à Austin (Texas), où elle y jouait un rôle « provocateur » et de « stimulant du débat ».  Dans sa présentation, elle a invité l’auditoire et les éducateurs en général à « remettre en questions leurs hypothèses sur l’éducation aux médias ». Elle a examiné « l’instabilité de notre écosystème médiatique » aujourd’hui en réseau pour ensuite aborder la question suivante : « vers quel type d’éducation aux médias devrions nous travailler ? »

5) Pour ne pas se tromper de « bon combat » : pourquoi le moralisme n’est ni la solution, ni la mission de l’Eglise

Dans le livre de l’Apocalypse, Jésus a écrit sept lettres à sept villes d’Asie Mineure. Il ne les a pas adressées aux hôtels de ville. Il les a écrites et envoyées aux Églises. Prenons quelques instants pour y réfléchir. Dans les derniers chapitres des Écritures, le Seigneur n’a pas donné à son Église la mission de « convertir la culture ». Il n’a pas conseillé à son peuple d’influencer le pouvoir politique pour implanter la moralité, ou pour protester contre la façon de gouverner des hommes immoraux. À vrai dire, il n’a instauré aucune révolution culturelle ni implanté une quelconque stratégie politique.

Aujourd’hui, l’Église (…) doit comprendre que Dieu n’a pas appelé son peuple hors du monde pour entreprendre une guerre contre la culture de la société. Nous n’avons pas le mandat de gagner du terrain sur le monde actuel, comme une force opérant superficiellement « pour ramener ce pays à Dieu ». Nous devons écarter l’illusion que la moralité de nos ancêtres a jadis fait de l’Amérique « une nation chrétienne ». Il n’y a jamais eu de nation chrétienne, seulement des chrétiens.

6) « L’Eglise qui croît (quand même) 3.0 » : les trois tables rondes en vidéo

A la veille de la première vague de déconfinement, les 8 et 9 mai 2020 a eu lieu par zoom la troisième édition du séminaire « L’Eglise qui croît », avec Anne-France de Boissière, Raphaël Anzenberger et bien d’autres, annoncé notamment sur ce blogue. Ayant eu la joie de compter parmi les participants, je reviendrai certainement plus tard sur cet événement. En attendant, il est désormais possible de (re)visionner les trois tables-rondes du séminaire, lequel nous a invité à réfléchir ensemble « sur ce qui va, peut ou doit mourir, ce qui va, peut ou doit survivre, et ce qui va, peut, ou doit vivre avec les défis que nous lance la Corona-crise ».

7)« Chroniques en miettes » sur un « monde en pièces »

« J’hésitais entre deux qualifications pour décrire à la fois notre siècle et l’irruption de la Reine Corona dans notre univers humain, un monde en miettes ou un monde en pièces. J’ai choisi le monde en pièces pour illustrer ce livre que je m’apprête d’achever, qui a été écrit sous forme de chroniques. Tout au long de ces pages et au fil de ces textes, j’ai souhaité partager une vision très personnelle de cet événement brusque et brutal, à la fois, interpellant et dérangeant », nous explique Eric Lemaître, socio-économiste et blogueur. Lequel, s’il veut bien me passer cette facétie, prend en effet le pain du système technicien, serre le poing et des phalanges broie la grosse croûte bien sèche. Il ouvre la main et répand ses pensées en miettes, qu’il nous donne à goûter les unes après les autres sur « La Déconstruction de l’homme », blogue partenaire avec Pep’s café!

8) L’Eglise dématérialisée

Le temps de confinement généralisé de ces derniers mois nous a tous contraints à une rupture quasi-totale des interactions sociales. Les églises n’ont pas été fermées, mais on a interdit aux chrétiens de se rassembler — ce qui revenait un peu au même. Du jour au lendemain, la crise Covid-19 aura provoqué la dématérialisation de l’Église, complètement inimaginable sauf dans les scénarios apocalyptiques à la Tim Lahaye, ce qui a entraîné un blocage de la vie cultuelle habituelle. Une réflexion du blogue Le Sarment.

9) Un corps numérique ? Une évaluation de la “Zoom-Cène”

Le développement des cultes évangéliques en « live » sur le web interroge : vivons-nous durant cette période des « vrais cultes » (avec d’autres moyens), ou s’agit-il plutôt de « substituts », utiles et nécessaires, mais qui ne peuvent prétendre à remplacer simplement le rassemblement communautaire ? Y-a-t-il un sens théologique au rassemblement concret des croyants en un même lieu ? Cette question mérite d’autant plus d’être creusée qu’au prix du mètre carré, la pertinence de l’investissement dans un lieu de culte en serait forcément affectée. La question de la Cène nous offre une porte d’entrée dans cette réflexion.

10) 7 idées chrétiennes ressuscitées par la crise

Les idées chrétiennes ont ce pouvoir exceptionnel de ressusciter chaque fois qu’on les croyait mortes pour de bon. Résurgence inattendue de l’essentiel au cœur d’un monde superficiel, la crise sanitaire que nous vivons révèle la vraie nature de l’homme : un être profondément relationnel, dont la vie consiste avant tout à penser et aimer. Plus encore, ladite crise se présente à nous telle une sorte de « burnout » salutaire du postmodernisme. Comme si notre monde qui tournait trop vite et n’allait nulle part s’est épuisé et est désormais contraint de se mettre sur pause. Arrêt forcé qui lui permet d’examiner sa conscience et de se remémorer des idées plus pérennes que périmées. Analyse pertinente à lire sur le blogue du Verbe, lequel a pour mission de « témoigner de l’espérance chrétienne dans l’espace médiatique en conjuguant foi catholique et culture contemporaine ».

11) Souffrance intérieure du chrétien : « jusques à quand ? »

Si vous l’avez raté, voici une recension du livre de Pascal Denault : Le côté obscur de la vie chrétienne : Les doutes de la foi, la dépression de l’âme et le manque de croissance spirituelle, parue sur Pep’s café !

12) L’économie selon Dieu

Et si la Bible avait des choses à nous dire sur l’économie ? Étienne Omnès, des blogues « phileo-sophia » et « par la foi », pense qu’elle a en fait beaucoup de choses à dire et que les chrétiens ne devraient pas éviter les sujets économiques car tout appartient au Seigneur, y compris nos corps et ce que nous faisons avec eux, ce qui comprend notre travail. Voici son excellente conférence (en vidéo) donnée début février 2020 à l’Église Évangélique Évidence (hispanophone).

Voir aussi Quel système économique chrétien doit-on choisir ? Et Comment étudier l’Economie sous un angle chrétien

13) Le Covid-19 et le Général de Gaulle

On l’a oublié aujourd’hui, mais le monde a connu une crise sanitaire très semblable à celle de 2020 : la grippe de Hong-Kong de 1968 qui a tué non pas 130 000 personnes dans le monde, comme le Covid-19 à la mi-avril, mais largement plus d’un million, à une époque où la planète comptait moins de 4 milliards d’hommes. La moitié moins qu’aujourd’hui…

En France, cette même grippe de 1968 a tué 17 000 personnes, sur une population de 50 millions d’habitants (contre 65 millions en 2020). C’est dire si l’alerte a été sévère. Pour autant, le système de santé n’a pas été débordé, on n’a pas confiné toute une population chez elle, l’économie ne s’est pas arrêtée, bref, personne n’a pensé une seconde qu’une grippe, aussi contagieuse soit-elle, allait provoquer un collapsus économique planétaire semblable à la crise de 1929. » Et ce, pour une raison très simple….

14) Le Scandale des nouveaux-nés bloqués en Ukraine…et ailleurs

« La maternité de substitution commerciale relève de la vente d’enfant », selon la définition des Nations Unies : « un enfant est donné pour de l’argent. Les enfants, comme tous les êtres humains, ont le droit d’être protégés. Tout d’abord, contre le marché. Or, la maternité de substitution est un marché », dénonce le Corp [collectif pour le respect de la personne, militant pour l’abolition de la maternité de substitution – la GPA], dans un communiqué sur les enfants bloqués en Ukraine.

Et le dernier pour la route :

15) Raconter une « histoire par en bas » de la crise….ou quand « Ils et elles sont en première ligne et racontent leur quotidien, loin de la com’ gouvernementale »

Bastamag nous partage des récits de femmes et hommes trop souvent minorés. Avec sa série vidéo « Paroles de terrain » lancée le 20 mars dernier, Basta fait entendre celles et ceux que le Covid-19 a frappé en premier : ces soignants, sapeurs-pompiers, infirmières aux urgences ou en psychiatrie, anesthésistes qui, déjà avant la crise, manquaient de moyens, de lits, de personnel, et qui se sont retrouvés durant des semaines à gérer la pénurie de matériel de protection. Plusieurs personnes interviewées ont d’ailleurs eu le Covid – dans le cadre de leur travail, selon elles.

A travers leurs voix, ces reportages veulent lutter contre l’oubli : des mois de grèves juste avant l’épidémie, dans tout le pays, pour réclamer plus de moyens et de personnels pour leurs établissements, contre le démantèlement de l’hôpital public, sa gestion managériale, ses restrictions budgétaires. Relayer l’alerte de ces aides-soignants en Ehpad sur la prise en charge des résidents qui se dégrade. L’indignation de couturières face à la vente par des industriels de masques et blouses qu’elles ont cousus bénévolement. La colère d’enseignants confrontés à la fermeture de classes à la rentrée prochaine, tout en devant appliquer des consignes de « distanciation sociale » depuis le 11 mai jugées maltraitantes pour les enfants.

Le témoignage d’un employé d’Amazon à l’entrepôt de Brétigny-sur-Orge sur ses conditions de travail a contribué à documenter une plainte. Déposée par Solidaires et Les Amis de la Terre, cette plainte demandait l’arrêt de l’activité d’Amazon France. Le 14 avril, le tribunal de Nanterre a ordonné à la multinationale de limiter son activité à la livraison de produits essentiels (alimentaire, santé, hygiène) et d’évaluer les risques pour les salariés, dans les 24 heures et sous astreinte d’un million d’euros par jour de retard.

 

 

Ces « Foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils auront suscité votre intérêt. Prochaine édition en juillet.

 

Comment aller bien au-delà d’un simple « bilan d’un mois de cultes en streaming » ?

En ce temps de confinement, comment aller au-delà d’un simple bilan d’un mois de culte en ligne ? (Source : medium.com)

« Oui, un mois déjà que nous vivons les cultes « à distance ». Pour répondre à l’impossibilité de se réunir pour célébrer, différentes paroisses [ou églises] ont répondu de différentes manières », constate, comme nous tous, le pasteur-blogueur suisse Philippe Golaz, dont la propre réponse a été « de proposer des cultes en streaming sur FaceBook, en y intégrant une dimension participative ». Dans une note de blogue, il nous propose une pertinente réflexion, qui va bien au-delà d’un simple « bilan des 7 cultes célébrés ainsi en un mois ».

Parmi les points à retenir :

Le culte en streaming : un compromis

Vivre un culte en streaming – qu’ils soit interactif ou non, sur Facebook ou YouTube, pré-enregistré ou en direct, traditionnel ou moderne, à la TV ou à la radio – n’est jamais qu’un compromis qui ne peut pas remplacer l’expérience et le vécu d’un culte en présence, dans une communauté locale. Ce que nous proposons n’est donc qu’une solution imparfaite, ayant pour but de palier à un manque temporaire. Ces types de cultes ne sauraient devenir la norme sur le long terme.

Un défi : vivre quelque chose de la communauté

Un des principaux défi qui s’est posé à nous est celui du lien communautaire. J’éprouve une grande frustration devant les offres certes numériques de nombreuses paroisses, mais qui restent totalement frontales, sans laisser aucune place à l’expression des liens interpersonnels. Soit des paroisses qui sont productrices de média à contenu spirituel. Je reconnais qu’une part importante de ce que j’ai développé à Meyrin souffre de ce défaut. Avec les cultes, j’avais donc particulièrement à coeur de pouvoir redresser la barre et offrir un espace où l’on est pas consommateur mais acteur d’une célébration.

(…..)

Construire un culte autour du média, plutôt que d’utiliser un média pour fournir un culte

La tentation est grande de reproduire ce qui est habituellement vécu le dimanche matin. Certains poussent même à ignorer la présence de la caméra et à s’adresser à des chaises vides. J’avoue que cela produit en moi un sentiment d’étrangeté. Il m’a semblé plus pertinent de réfléchir autrement, et de partir du média – Facebook Live – et de me demander comment vivre un culte dans ce contexte-là. Ou, dit autrement, la question a été « quelle communauté voulons-nous créer pour cette situation de crise ? » Il m’est alors apparu que le format devait être court (30 minutes). Car une minute sur son canapé ou une minute en communauté, ce n’est pas la même chose. Même brièveté dans les différents moments du culte (lecture courte, message court, interludes courts, prières courtes, etc.). Ensuite, une atmosphère plus détendue m’a semblé être de rigueur. Ne serait-ce que pour être un peu plus proche de mes paroissiens qui rejoignent le culte en pyjama, mais aussi pour éviter d’ajouter une distance supplémentaire (celle de la robe pastorale par exemple). Enfin, j’ai voulu profiter de la fonction de chat pour permettre aux participants d’intervenir dans le culte.

La suite à lire ici

Pourquoi Christianity Today ne doit pas oublier que « le Créateur s’est sali les mains »

Voici l’Affaire.

Pour la première fois, « Christianity Today », dans un édito de Marc Galli, son rédacteur en chef, paru le 19 décembre 2019 dans le magazine évangélique américain de référence, affirme que Donald Trump, actuellement sous le coup d’une procédure d’impeachment (2) devrait « être démis de ses fonctions » et appelle ses lecteurs évangéliques, « après plusieurs années de retenue », à cesser de le soutenir. Une telle prise de position « politique » résonne comme un véritable « coup de tonnerre » dans le ciel évangélique, commente-t-on dans la presse dite chrétienne et séculière.

En effet, pour CT, dont « la mission ordinaire » est de « rester au-dessus de la mêlée », « il (serait) temps d’appeler un chat un chat », car Trump est « un président moralement perdu et confus », coupable « d’abus d’autorité à des fins personnelles ». Prendre position à ce sujet serait d’une « question de loyauté au créateur des Dix commandements ».

En réalité, il y a plutôt de quoi être « consterné » à la lecture de cet édito. Non pas à la façon d’un Jerry Falwell Junior ou d’un Franklin Graham (fils ainé de Billy Graham), qui l’ont condamné ou désavoué (3), mais plutôt à la manière de Joëlle SutterRazanajohary, pasteur de l’église Baptiste d’Annecy.

Dans une note de blogue (4) dont je vous recommande la lecture, celle-ci salue ironiquement l’initiative de « Christianity Today », qui « ose enfin appeler un chat un chat ! », vu qu’il n’y a, en réalité, « rien de nouveau sous le soleil américain motivant cette sortie de retenue ».

En effet, analyse-t-elle, l’on « reconnait (pourtant) un arbre à ses fruits » et « cela fait bien longtemps déjà que Mr Trump s’est emmêlé les pinceaux dans cette histoire de chat sans que (le magazine évangélique) n’espère sa destitution ! » Dans une « vidéo qui tournait sur le Web quelques mois avant les élections », Trump se vantait de pouvoir, grâce à sa position, faire violence à n’importe quelle femme (…) Et pourtant les évangéliques qui le soutenaient n’ont pas vu à ce moment-là un candidat « moralement perdu et confus » ! Ils n’ont pas compris qu’il s’agissait déjà là d’un « abus d’autorité à des fins personnelles ». Ils n’ont pas appelé ce chat un chat, ce qui (…) était pourtant déjà clairement un signe d’absence de loyauté au créateur des dix commandements, aussi bien de la part du candidat en question que des électeurs. La mention de ce que le magazine éditait pour Bill Clinton en 1998 aurait donc dû s’appliquer immédiatement pour le candidat Trump » (4).

Voilà pourquoi, à l’instar de Joëlle Sutter-Razanajohary, l’on ne peut que saluer timidement (à défaut ironiquement) cet édito, et « espérer qu’à l’avenir, tant qu’à réagir, Christianity Today hésite moins longtemps à descendre dans la mêlée ». Quitte à « oser » courageusement prendre position « pour dire qu’un candidat à la présidentielle de l’un des plus grands pays du monde qui se permet de maltraiter les femmes n’est pas digne d’être président », autant « le dire tout de suite, quelle que soit la manière dont il traite ensuite les dignitaires étrangers ou ses opposants politiques », sans craindre de « se salir les mains ». Après tout, « le Dieu de la Bible » n’a pas hésité à le faire, lorsqu’il a « formé l’humain » (cf Gen.2v7) (4). De là sa mise en garde cinglante contre toute diabolisation (« Tout démocrate n’est pas ‘antichrétien’ et tout républicain n’est pas ‘chrétien’ non plus ») et contre tout clivage, ce qui permettrait « d’exprimer d’infinies nuances, sous peine de prendre conscience un jour que l’on a gobé des couleuvres et d’être obligé de ‘retourner’ sa veste » (4).

Et puisque nous parlons de clivage, il nous est par ailleurs annoncé régulièrement que la procédure de destitution du président Trump, votée par la majorité démocrate à la Chambre des représentants (5), n’aurait que « peu de chance d’aboutir », du fait du positionnement partisan des élus républicains au Sénat, chargés du procès. Une telle posture partisane me paraît inquiétante dans son mépris de la vérité et de la justice, et de nature à interpeller le chrétien, lequel est censé vouloir penser et agir comme Christ. Et, en tant que tel, ayant à cœur de « faire ce qui plaît » à son Seigneur, il « annonce (la) justice (de Dieu) », sans retenue et « sans la dissimuler », « dans la grande assemblée » (Ps.40v9-11).

Le chrétien sait que « Dieu est amour » (1 Jean 4v8) et « l’amour ne se réjouit pas de l’injustice, mais trouve sa joie dans la vérité » (1 Cor.13v6). Et non dans une quelconque posture partisane.

Le Christ qu’il sert a d’ailleurs averti les siens de « (prendre) garde que personne ne vous égare. Car beaucoup viendront en prenant mon nom ; ils diront : “C’est moi, le Messie”, et ils égareront bien des gens (…) Par suite de l’iniquité croissante, l’amour du grand nombre se refroidira ; mais celui qui tiendra jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé » (Matt.24v4-5, 12-13).

Et tout lecteur de la Bible se doit de prendre au sérieux les avertissements de 2 Thes.2v3-12 : « Que personne ne vous séduise d’aucune manière; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition, ‘adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous? Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu’il ne paraisse qu’en son temps. Car le mystère de l’iniquité agit déjà; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu. Et alors paraîtra l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il anéantira par l’éclat de son avènement. L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés ».

Et comme « notre foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ » ne serait être polluée par le sentimentalisme (6) ou la partialité (cf Jacq.2v1), les « hommes faits » ou matures sont invités au discernement pur (Hébr.5v14). Leur responsabilité est de « jauger » ou d’évaluer le réel – particulièrement la façon de vivre de ceux qui se prétendent chrétiens – en toute humilité – et non à fuir/dénier le réel.

Face à ceux qui affirment « que le président ait fait quelque chose de mal ou non, même s’il l’a fait et que c’est immoral, cela exige le pardon et demande un coup de main, si vous êtes chrétien », aimant rappeler « que Jésus, quand il était sur la terre, n’a pas jugé les gens » (7), les mêmes « hommes faits » (se) rappelleront que cela ne sert à rien de nous justifier ou de minimiser notre péché. D’ailleurs, Dieu ne nous demande pas « pourquoi » mais « quoi », quand nous péchons (Gen.4v9). Il ne demande pas au pécheur de se justifier, mais l’invite à reconnaître la vérité de la rupture. Tout pécheur ainsi repentant (et non « excusé ») est pardonné, réconcilié et restauré, selon les principes bibliques (Luc 5v32, 15v7 et 1 Jean 1v9).

 

 

 

Notes :

(1) L’original ici et la traduction française .

(2) Comprendre le processus et les raisons

(3) Voir https://theweek.com/speedreads/885611/christianity-todays-editorial-sparked-family-fight-about-billy-graham-trump et http://www.evangeliques.info/articles/2019/12/23/etats-unis-180-leaders-evangeliques-reagissent-a-l-edito-du-christianity-today-appelant-a-la-destitution-de-donald-trump-20791.html ).

(4) Cf https://www.actus-mots.com/post/christianity-today-ose-enfin-appeler-un-chat-un-chat

(5) Cf https://americanballotbox.com/2019/12/19/breaking-news-donald-trump-is-impeached/

(6) Cf https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/02/22/ton-christianisme-est-il-sentimental/

(7) http://www.evangeliques.info/articles/2019/12/23/etats-unis-180-leaders-evangeliques-reagissent-a-l-edito-du-christianity-today-appelant-a-la-destitution-de-donald-trump-20791.html