Foireux liens de juillet (40) : la situation écologique ou « un problème de trains qui se croisent »

Les « Foireux liens » de Juillet : l’occasion de faire le point (chaud) sur la situation écologique (Source image : public domain pictures)

Chers abonnés, chers lecteurs, voici vos « foireux liens » tant attendus ! Au menu : écologie, nucléaire, procès Fillon, racisme, internet, pauvreté, virus, Eglise post-covid et bien d’autres sujets. Bonne lecture !

 

1) Convention citoyenne pour le climat : les trois propositions qui vont vraiment agacer Macron

Les propositions de la convention sur le climat ne se résument pas à la limitation des 110 km/h, qui obnubile les commentateurs. Emmanuel Macron s’est engagé à y répondre le 29 juin. Soumettra-t-il « sans filtre » l’ensemble des propositions citoyennes au travail législatif ou référendaire, comme il l’a assuré ? Retour sur trois mesures qui obligent le gouvernement à en finir avec ses faux-semblants sur l’écologie.

2) Municipales : la France en habit vert

Le second tour des élections municipales a eu lieu dimanche 27/06. 16 millions d’électeurs étaient appelés à voter. Le taux de participation était de 41,6 %, selon le ministère de l’Intérieur, soit un chiffre en forte baisse par rapport à 2014 (63,7 %) et en baisse par rapport au premier tour du 15 mars (44,7 %). Des résultats de ce scrutin, l’on retient la victoire de candidats écologistes dans plusieurs villes de plus de 100 000 habitants. La majorité présidentielle n’en a gagné aucune à l’exception du Havre, où la liste du Premier ministre, Édouard Philippe, l’a emporté avec 58,8 % des voix. Le Parti socialiste se maintient à Paris, Lille ou Nantes et a ravi plusieurs villes à la droite, comme Nancy. Les Républicains conservent pour leur part « 50 % des villes de plus de 9 000 habitants », comme Toulouse et Nice, selon leur président, Christian Jacob, mais ont perdu des villes de taille, dont Bordeaux. Le Rassemblement National a gagné Perpignan, une ville de plus de 100 000 habitants …une victoire qui cache une dégringolade générale, puisqu’ailleurs en France, le parti de Marine Le Pen voit son nombre de conseillers municipaux s’effondrer [De 1 438 sièges dans 463 communes en 2014 à 840 sièges dans 258 communes en 2020].

Le politiste et historien Nicolas Roussellier nous propose une analyse du scrutin de dimanche.  Il tient compte à la fois des bouleversements provoqués par le changement climatique, par la pandémie du Covid 19, et par les évolutions profondes qui se dessinent dans la société française depuis trente ans.

Au soir du 28 juin (….)les élections municipales 2020, plus qu’en 2008 et 2014, ont fait naître un paysage politique inédit. Faut-il s’en réjouir ou s’en inquiéter?  Le politiste et historien Nicolas Roussellier reconnaît le poids de l’abstention comme l’ampleur du vote en faveur des écologistes. Mais il en propose un décryptage moins conventionnel que bien d’autres (…) nous assistons à un vrai changement de paradigme : « Alors qu’autrefois les électeurs votaient pour les écologistes quand ils voulaient envoyer un coup de semonce aux partis de gouvernement, ils considèrent les défenseurs de l’environnement comme des gens crédibles pour assumer le pouvoir exécutif. Que des villes réputées pour leur modération, leur prudence- Bordeaux, Lyon au premier chef, aient élu un candidat écologiste peu connu, voilà qui marque une rupture éclatante. »

3) Tantôt le pigeon, tantôt la statue

Un article du naturaliste catholique Phylloscopus [« parce que ça existe ! »], dans lequel il est question « des déboulonnages de statues et des numéros de cirque de zozos yankees qui se fouettent le dos pour demander pardon pour l’esclavage », avant de régler « tout de suite le premier point : l’écologie » avec la métaphore suivante :

« À deux reprises, dans Tintin au pays des soviets et dans Tintin en Amérique, on voit ce dernier suivre une voie de chemin de fer au moment où celle-ci est taillée dans le roc, au point qu’il soit impossible d’éviter un train s’il en arrive un. Il faut imaginer notre situation écologique comme très semblable, sauf qu’il y a non pas une mais deux voies ; et fonçant vers nous, le train du dérèglement climatique, et en sens inverse, celui de l’extinction biologique. Un élève appliqué résoudrait vite le problème des trains qui se croisent : pile où nous sommes, didon ! ça n’est pas de chance. Autrement dit, aucun espoir d’esquiver d’abord l’un, puis l’autre. Nous en sommes là, et quand l’ouvrier blanc, ou noir ou jaune ou brun ou rouge, ou beige, bleu, vert ou sang et or, diable rouge ou all black, sentira 40°C dans son appart suroccupé, 50 dans la rue, cinq pouces d’eau dans sa cave, et verra le prix de la nourriture s’envoler parce que faute d’insectes, il faut tout produire hors sol et payer nous-mêmes ce que la nature faisait gratos, il en fera une tête. Il sera ravi que la priorité du pays, quelques années plus tôt, ait été d’accabler d’anathèmes trois excités qui voulaient peindre en jaune le Colbert en bronze qui sert, au square, de latrines aux pigeons ».

4) Après l’arrêt définitif de la centrale de Fessenheim, beaucoup de questions subsistent

La procédure d’arrêt définitif du réacteur n° 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) a débuté lundi 29/06 après-midi. Le premier des deux réacteurs de cette centrale, mise en service en 1977, avait été arrêté le 22 février. Emmanuel Macron avait promis lors sa campagne pour l’élection présidentielle de 2017 qu’il fermerait la centrale au cours de son quinquennat. Quelles sont les conséquences sociales de cette fermeture ? Comment se déroulera le démantèlement ? Quel avenir pour le site ? Reporterre fait le point.

5) Starbucks sans filtre (Arte)

Disponible jusqu’au 06 mars 2021 : Comment la chaîne américaine de cafés, désormais planétaire, a conquis les classes moyennes urbaines. Cette investigation sur trois continents dévoile la face soigneusement cachée de la marque à la sirène.

La bande annonce du documentaire.

6) Encadrer la pub et l’influence des multinationales : un impératif écologique et démocratique

La publicité et la com’ des multinationales ne servent pas seulement à vendre toujours plus de produits, souvent pas très bons pour le climat ou la santé. Elles servent aussi à influencer, sans le dire, l’opinion publique et les décideurs pour protéger leurs modèles de profit. Une nouvelle publication, dont l’Observatoire des multinationales est partenaire, propose plusieurs mesures pour protéger notre démocratie de l’intoxication.

7) Feuilleton judiciaire : Condamnation des époux Fillon

Le tribunal judiciaire de Paris a condamné le 29/06 l’ancien Premier ministre François Fillon à cinq ans de prison dont deux ferme, 375 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité de 10 ans dans une affaire d’emplois fictifs de son épouse, Penelope. Celle-ci a été condamnée à trois ans de prison avec sursis et 375 000 euros d’amende. Les époux ont annoncé leur intention de faire appel.

Pendant quelques jours le dossier a été masqué par le tapage autour de quelques phrases d’une magistrate retraitéee devant une commission d’enquête parlementaire :  Mme Eliane Houlette, ex-procureure financière, a en effet déclaré (après avoir dit le contraire précédemment) qu’en 2017 la hiérarchie judiciaire avait exercé sur elle des “pressions”. Aussitôt les anciens supporters de M. Fillon à la présidentielle ont relancé l’idée que ce procès était un coup monté, visant, disent-ils, à leur “voler la présidentielle”. Dire cela, c’est de bonne guerre sur la scène politique. Mais est-ce la réalité ? On en doute.

L’occasion de rappeler que « l’affaire Fillon » n’est pas « l’Affaire » (Dreyfus). En effet, les “pressions” de 2017 n’étaient pas venues du pouvoir politique mais du Parquet national financier. Elles ne visaient qu’à faire nommer vite un juge d’instruction (magistrat indépendant, lui, contrairement à une procureure). Et l’affaire Fillon n’était pas l’affaire Dreyfus : le dossier n’était pas vide, il s’agissait du million d’euros versé par l’Etat – les contribuables – à Mme Fillon pour un travail d’assistante dont on n’a pas trouvé trace…

8) Travailler 4 jours pour travailler mieux

Sans la crise financière de 2007-2008, la tendance, après des décennies de baisse graduelle du temps de travail, nous aurait conduit à bénéficier, aujourd’hui en 2020, d’une semaine de travail en moins sur l’année en moyenne. Mais c’est le scénario inverse qui déroule ses effets pervers. Quant au mirage de l’automatisation, de la digitalisation et l’intelligence artificielle censées soulager l’humain, il ne profite qu’à une infime minorité quand ce n’est pas l’exacte opposé qui se produit avec la précarisation à outrance des « ouvriers du net ». Et pourtant travailler moins apporterait plus. Du fait de ce constat, l’économiste Michel Santi estime que la crise sanitaire et économique actuelle devrait créer un élan vers la semaine de quatre jours dans une tribune dans La Tribune

9) Manif, masques et racisme

A Sherbrooke, Montréal, Trois-Rivières et bien d’autres villes du Québec, des manifestations ont eu lieu dimanche pour dénoncer le racisme systémique et la brutalité policière. Ce journaliste du Verbe, média catholique, est allé à celle de Québec, il a écouté les discours et a interviewé une organisatrice et une manifestante. Compte-rendu de la manifestation et points de vue sur l’antiracisme et la religion.

Extrait : « …plusieurs chrétiens ne comprennent pas la situation des communautés opprimées en Occident, alors qu’il s’agit là d’un devoir. « Le rôle des chrétiens, devant le racisme, est de s’informer et de savoir quoi répondre, de puiser dans la Bible et dans les enseignements de l’Église ce qui prouve que les êtres humains sont égaux et que l’idée de discrimination selon la race n’a pas lieu d’être. »

Marjorie raconte : « Quand j’étais plus jeune, mon père me rappelait fréquemment qu’être catholique, c’est être le plus universel possible. » Selon elle, si certains catholiques s’opposent à l’égalité, c’est qu’ils suivent un message biaisé, qui n’est pas celui de l’Église. »

10) Pourquoi « le racisme anti-Blanc » n’existe pas

Après la polémique suscitée par les propos du rappeur Nick Conrad, à lire ou écouter certains commentaires, il apparaît utile de revenir aux fondamentaux et d’expliquer ce qu’est le racisme (pour les nuls). Démonstration efficace, par Rokhaya Diallo.

11) Ce virus nous a-t-il vraiment rendus fou ?

Avant d’envisager le monde d’après, comment analyser et comprendre ce que nous venons de vivre ? Quel bilan tirer de ce temps de confinement ? Entretien avec le philosophe Olivier Abel.

12) Le concept « One Health » doit s’imposer pour permettre l’anticipation des pandémies

C’est à la fois un concept, une stratégie et un objectif. « One Health » (une santé) s’est progressivement imposé en sciences du vivant, en médecine vétérinaire et en sciences biomédicales. Il domine à présent la communication d’organisations internationales de santé publique comme l’Organisation mondiale de la santé animale, la Food and Agriculture Organization (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), l’Organisation mondiale de la Santé et les Centers for Disease Control and Prevention (centres pour le contrôle et la prévention des maladies). Mais le concept « One Health » reste peu connu du grand public et rarement intégré dans les prises de décision des gouvernements. Alors même que, représentant un véritable changement de paradigme, il pourrait nous aider à mieux appréhender, anticiper et gérer l’irruption de nouvelles pandémies.

13) Covid-19 : assez d’informations, place à l’éducation !

Depuis le début de la crise sanitaire, les messages sur les gestes barrières ont été conçus avec leur déclinaison de spots, d’affichages et de tutoriaux pour être facilement compris. Cependant, il est difficile de mesurer leur bonne réception auprès du public. D’autre part, on a tendance à raisonner et réagir actuellement comme si la diffusion de l’information suffisait à enclencher un comportement de prévention. Comme si la simplicité des messages rendait ipso facto la vie réelle compatible avec le contenu des informations, sans passer par un débat sur ce qu’est un comportement de santé.

14) Quel est l’état d’Internet en France ? Le « gardien des réseaux » répond en détail

L’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) publie l’édition 2020 de son rapport sur l’état d’internet en France, remis au Parlement et présenté lors d’une conférence de presse en ligne. Dans ce rapport, l’Arcep expose les évolutions marquantes des différentes composantes des réseaux internet fixes et mobiles pour 2019 : qualité de service, interconnexion de données, transition vers IPv6, neutralité du net, ouverture des terminaux et rôle des plateformes.

L’objectif de ce suivi : s’assurer, à travers la régulation, qu’internet continue à se développer comme un bien commun où l’utilisateur est l’arbitre en dernier ressort.

Pour la première fois, un chapitre entier est consacré à la question de l’impact environnemental du numérique, secteur qui représente aujourd’hui environ 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Il s’agit d’une première étape vers un « baromètre vert » que l’Arcep souhaite mettre en place pour mettre à disposition du public les données les plus pertinentes sur l’empreinte environnementale des réseaux, des terminaux et des usages, dans le cadre de la plateforme de travail « pour un numérique soutenable » lancée le 11 juin dernier.

Par ailleurs, bien qu’il s’agisse d’un rapport sur 2019, l’Arcep détaille également  ses observations et les premiers enseignements tirés de la  période.de la crise sanitaire et le confinement du printemps 2020  qui ont eu de forts impacts sur les usages des réseaux.

La synthèse du rapport et le rapport complet.

15) La pauvreté : un sujet éminemment d’actualité

En 2018, la France comptait plus de neuf millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. La pauvreté affecte toute l’existence de près de 15 % de la population et les inégalités sont aujourd’hui reparties à la hausse, selon le « Portrait social de la France » (Insee, novembre 2019). La France peut-elle rester passive devant un tel scandale ? A lire le dossier sur la lutte contre la pauvreté dans la revue Projet, lequel se propose comme une base de réflexion pour alimenter les débats. Parce que la lutte contre la pauvreté se présente comme un sujet majeur, à l’avenir.

16) Read it again : La revue jésuite America bannit les termes « conservateur » et « progressiste »

Un vieil article (publié dans La Vie le 02/07/13) qui garde encore toute sa pertinence aujourd’hui, à lire et à relire : « Généralement elle-même qualifiée de « progressiste », véritable symbole du catholicisme « de gauche » aux Etats-Unis, la revue jésuite America lance une grande révolution en interne en choisissant de ne plus catégoriser les catholiques entre « progressistes » et « conservateurs ». Un changement expliqué par (celui qui était, à l’époque) le nouveau rédacteur en chef de l’hebdomadaire, Matt Malone, qui publie un véritable manifeste de ce nouveau positionnement sur le site de la revue plus que centenaire, expliquant notamment que la société est « malade de ce poison qu’est l’idéologie partisane »« Quand nous envisageons l’Eglise en fonction de catégories politiques essentiellement laïques, alors ce n’est plus vraiment l’Eglise, ce n’est plus une communion mais un regroupement de factions. Et la conséquence de cela, c’est que les termes et la teneur des conversations ecclésiales deviennent de plus en plus difficiles à distinguer de celles du monde qui nous entoure. Pour ce qui nous concerne, les médias catholiques deviennent alors l’équivalent religieux des chaînes du câble : chacun a ses programmes favoris, et la plupart du temps ce sont ceux qui viennent le mieux satisfaire nos opinions préexistantes. »

Le manifeste (en anglais).

17) Les autorités civiles : au service de Dieu ou au service du diable ?

L’histoire montre que l’attitude des peuples envers leurs dirigeants est parfois extrême : certains rois ont été divinisés alors que d’autres ont été mis à mort par leur peuple. Au sein des démocraties modernes, l’opinion envers les élus va de l’amour quasi-aveugle jusqu’à la haine injurieuse. Parmi les chrétiens évangéliques, il n’est pas rare que ces opinions extrêmes soient « spiritualisées ». Ainsi, un président peut être porté aux nues par certains qui le considèrent comme un chef d’état « béni » et « élu » par Dieu. Pour d’autres, ce même individu sera considéré comme une figure quasi-diabolique, voire l’antichrist lui-même.

18) Service protestant sur France culture : « un petit déjeuner autrement nourrissant ! »

Le Service protestant sur France culture est proposé par la Fédération Protestante de France (FPF), association constituée d’Eglises et œuvres protestantes aux sensibilités culturelles et théologiques plurielles. Le dimanche à 8h30 (à 9h30 à la Toussaint, Noël et l’Ascension) des pasteurs se succèdent pour partager leur compréhension des textes bibliques et leur confiance en la vie et en Dieu. L’un des objectifs de ce service est de rendre l’émission cultuelle accessible et compréhensible par tous, croyants ou non, pratiquants ou non. Il veut aussi interpeller et surprendre en laissant s’exprimer la créativité, la sensibilité des pasteurs, prédicateurs et intervenants.

Depuis le 16 juin 2020, son nouveau responsable éditorial est le pasteur baptiste Jean-Luc Gadreau.

19) S’il n’y avait qu’un article à lire sur l’Eglise post-covid, ce serait celui de Philippe Henchoz, Pasteur de l’Eglise évangélique de Meyrin, qui a ressenti le besoin de prendre la plume pour parler de son vécu de la pandémie. Et surtout de ce qui se passe aujourd’hui dans son Eglise, alors que l’on s’attendrait à ce que tout redevienne comme avant. Un propos fort et poignant d’un responsable évangélique dans une Eglise locale.

Et le dernier pour la route :

20) « A quoi sert d’avoir le Saint-Esprit ? »

Voici une série à découvrir sur les effets du Saint-Esprit dans la vie de chaque croyant.

 

 

 

 

 

 

 

En finir avec le racisme

Quand certains, sur la toile, nous incitent à « décoller nos yeux de nos Bibles » pour regarder certains sujets « avec une vision plus élargie »(1) ou libèrent de façon opportuniste la parole extrême, sous prétexte de « débat »(2), il est toujours essentiel de revenir sans cesse à l’Ecriture pour chercher le cœur de Dieu par rapport à ce que l’actualité proclame : c’est ainsi qu’il convient d’attaquer de front le racisme, lequel n’est même pas une option, puisque bibliquement impossible, inversant les projets de Dieu.

Plus subtil encore, le racisme peut même avoir des racines bibliques. La (re)découverte d’un texte connu nous permettra de prendre conscience des dégâts provoqués par les paroles maudissantes d’un des plus célèbres ivrognes. Et ce texte est Genèse 9v18-28.

 

 

Notes :

(1) Dit par l’animateur d’un site dit d' »actus chrétiennes » (19 février 2012), en réponse aux commentaires sur ce sujet jugé « essentiel » pour la présidentielle de 2012… : Marine Le Pen et le hallal…

(2) « Débat » du 12 avril 2012 sur le même site, pour savoir s’il est « concevable » qu’il y ait des « évangéliques d’extrême droite »…

Résister !

Face à la vague : résister, surfer complaisamment ou se laisser emporter ? (Source image : public domain pictures)

Visitant un jour le camp des Milles, à proximité d’Aix-en-Provence, je parcourais en quelques heures l’histoire des idéologies antisémites, eugénistes (vouloir des êtres humains parfaits) et  sélectives (« l’euthanasie » des enfants handicapés ou bien les stérilisations forcées) qui conduisirent l’Europe dans le chaos épouvantable de la seconde guerre mondiale. « Vivant la même apathie que des millions d’autres individus, je laissais venir les choses. Elles vinrent » [1]. Ces mots de Sébastien Haffner, jeune magistrat allemand dans les années 1930, percutent et blessent mon esprit. Comment aurait-il fallu agir ? En un mot : RESISTER.

Dans un ouvrage publié sous la direction d’Alain Chouraqui (Pour résister, les repères de l’expérience, éditions « Cherche midi »), directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), nous lisons que « l’histoire a montré tragiquement que tenter de résoudre les difficultés sociétales par un « ciment » imposé, national, social ou religieux ne fait qu’aviver les tensions, en nourrissant une spirale d’enfermement, d’intolérances, de réactions et souvent de violences »[2]. L’ouvrage décrit alors trois étapes qui jalonnent le glissement vers toutes les barbaries. Les voici.

« La première étape de cet engrenage vers le pire s’enclenche dans un contexte de déstabilisation sociétale. Des crises sociales, économiques ou morales affectent la société et entrainent une peur de l’avenir, une perte de repères »[3]. C’est une étape durant laquelle s’exerce la manipulation du langage : « une des armes utilisées par les minorités agissantes pour répandre leurs idées est la manipulation du discours ». Les mensonges s’imposent progressivement et ceux qui ne font aucun mal sont accusés d’être la source du mal. Les contresens et les contradictions sont fréquents. « Quand les mots deviennent fous, les hommes deviennent fous »[4].

« La deuxième étape est franchie quand une minorité accède au pouvoir par la force ou par les urnes (…). On voit se mettre en place une législation contraire aux libertés conduisant la puissance publique à alimenter voire accélérer le processus vers le pire. Le régime devient alors autoritaire, voire totalitaire. La violence devient une violence d’Etat »[5]. Quels en sont les signes ? Institutions confisquées (elles peuvent être consultées mais jamais écoutées), contre-pouvoirs éliminés, médias manipulés, promotion de « nouvelles valeurs », liberté d’expression et de conscience muselée.

Avec la troisième étape, « on assiste non seulement à l’exclusion systématique des personnes ou des groupes cibles voire à l’organisation de crimes de masse, mais également à une extension des persécutions »[6]. Comment cela se traduit-il ? Conformisme accepté ou imposé, insécurité généralisée, peur de s’exprimer, disparition des opposants, déshumanisation, menace permanente.

Cette spirale est-elle inéluctable ? Pour les auteurs, il faut résister : « nous sommes responsables de ce que nous ne faisons pas ». Pour eux les formes de résistance sont multiples et leur convergence est efficace. Plus la résistance est précoce et forte plus elle a de chance d’aboutir. L’effet de groupe, la propension de l’être humain au conformisme peut être contrecarrée.

Lire la suite de l’article « Pourquoi faut-il résister ? » de Franck Meyer, Président du CPDH, Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine, paru le 13/12/19 sur le site de l’organisme.

 

 

Notes :

[1] Histoire d’un allemand, souvenirs 1914-1933. Sebastian Haffner (de son vrai nom, Raimund Pretzel)

[2] « Pour résister… à l’engrenage des extrémismes, des racismes et de l’antisémitisme ». Alain Chouraqui dir., Cherche-Midi, 2015.

[3] Ibidem, p. 86

[4] Ibidem, p. 164

[5] Ibidem, p. 90

[6] Ibidem, p. 94

 

 

« Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? » Ou quand “la France (serait) un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer”

Un film dont l’ambition est « moins de dénoncer les préjugés que d’admettre la drôle d’équation suivante : puisque tout le monde est raciste, alors personne ne l’est vraiment »….

Dans Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ?(2018), vu récemment, suite de « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu »(2014), vu aussi, les parents Verneuil [joués par Christian Clavier et Chantal Lauby] ont fini par accepter leurs gendres « algérien », « juif », « chinois » et « africain », mais ces derniers veulent quitter la France, pour rejoindre l’Algérie, la Chine, l’Inde et Israël. Sonnés par ce nouveau coup dur, les Verneuil décident de tout mettre en oeuvre pour leur faire aimer la France….

Comme on ne change pas une formule qui gagne, le film reprend les recettes (ficelles ?) du précédent (12 millions d’entrées) mais aussi tous ses défauts : aborder tout un tas de sujets sensibles/de société/d’actualité pour n’en approfondir aucun. Comme l’analyse finement l’auteur de cette chronique pour Critikat(1), son ambition est « moins de dénoncer les préjugés que d’admettre la drôle d’équation suivante : puisque tout le monde est raciste, alors personne ne l’est vraiment(2). Dès lors, il ne peut y avoir de transformation mais seulement une transactionpuisque c’est un mariage, entre deux femmes [avec une absence totale d’enjeux dramatiques, dirai-je] qui réunira la famille, l’essentiel étant, au fond, de mettre les conflits de côté ». L’ambivalence du film tient à son double-discours, (défendant notamment) l’idée, formulée par l’écrivain Sylvain Tesson, que “la France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer”, tournant en ridicule tous les débats qui la divisent pour prôner (une supposée) réconciliation(1).

Mais ladite réconciliation se confond en réalité dans le film avec « tranquillité » ou « tranquillisant », la paix avec « apaisement » et « zone de confort ». Sauf que la paix n’est pas l’absence de conflit ou de ce qui dérange, mais plutôt l’établissement de ce qui est bon(3).

« D’une manière générale », comme l’écrivait « l’apôtre du Swag » à propos du premier opus, sur le blog collectif les cahiers libres(4), « on devrait se méfier d’un film qui prêche la tolérance, car ce terme est piégé. On parle de tolérance quand on ne veut pas parler d’un véritable accueil inconditionnel. C’est sous couvert d’apaisement que l’on impose de nouvelles normes à peines moins étroites que les anciennes, pas plus libératrices que les représentations racistes qu’elles chassent » [ou prétendent chasser].

 

En bref :

Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? Film français de Philippe de Chauveron (2018). Avec : Christian Clavier (Claude Verneuil), Chantal Lauby (Marie Verneuil), Ary Abittan (David Maurice Isaac Benichou), Medi Sadoun (Rachid Abdul Mohammed Ben Assem), Frédéric Chau (Chao Pierre Paul Ling), Noom Diawara (Charles Koffi),Frédérique Bel (Isabelle Suzanne Marie Verneuil-Ben Assem, 1re fille des Verneuil), Julia Piaton (Odile Huguette Marie Verneuil-Benichou, 2e fille des Verneuil), Émilie Caen (Ségolène Chantal Marie Verneuil-Ling, 3e fille des Verneuil), Élodie Fontan (Laure Evangeline Marie Verneuil-Koffi, 4e fille des Verneuil)

Date de sortie française : 30 janvier 2019 (encore en salles).

 

Notes :

(1) D’après https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/quest-quon-dieu/ Voir aussi https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Quest-quon-encore-fait-Bon-Dieu-hymne-France-terroirs-2019-01-30-1200999166

(2) ….ceci affirmé face au constat d’un racisme encore trop présent dans la France d’aujourd’hui. Le niveau des préjugés racistes se stabilise, la tendance à la baisse des actes racistes constatés se confirme, avec toutefois une progression inquiétante des actes les plus violents, et une dangereuse forme d’accoutumance au racisme « ordinaire ». Cf le 27ème rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) sur l’état du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie en France (publié le 24/05/18) , en s’appuyant notamment sur des études de l’institut Ipsos, de chercheurs de Sciences Po, de l’Insee, sur des déclarations d’associations, ou encore sur les chiffres des plaintes en commissariat ou gendarmerie. Voir https://www.cncdh.fr/sites/default/files/180322_cp_rapport_lutte_contre_le_racisme_2017_0.pdf et https://www.cncdh.fr/sites/default/files/essentiels_du_rapport_racisme_2017_-_pour_impression_ok_1.pdf

(3) A ce propos, « rendre productifs les conflits, mission (im)possible ? » Ou comment tirer le meilleur du conflit ? Ne manquez pas la première plénière du 8e Salon de l’Education Chrétienne, animée par Olivier Abel, professeur de philosophie et d’éthique, samedi 13 avril, à 9h30. Inscriptions en ligne gratuite mais obligatoire avant le 08 avril.

(4) Voir http://cahierslibres.fr/2014/06/quest-ce-quon-fait-au-bon-dieu/

Voilà, voilà….

Voilà, voilà

Voilà, voilà, que ça recommence

Partout, partout et sur la douce France

Voilà, voilà, que ça recommence

Partout, partout, ils avancent

La leçon n’a pas suffit

Faut dire qu’à la mémoire on a choisi l’oubli Partout, partout, les discours sont les mêmes

Etranger, tu es la cause de nos problèmes

Moi je croyais qu’c’était fini

Mais non, mais non, ce n’était qu’un répit

Voilà, voilà …
La leçon n’a pas suffit

Faut dire qu’à la mémoire on a choisi l’oubli

Dehors, dehors, les étrangers

C’est le remède des hommes civilisés

Prenons garde, ils prospèrent

Pendant que l’on regarde ailleurs

Prenons garde, ils prospèrent

Pendant que l’on regarde ailleurs

« Voilà, voilà …The lesson was not learned Remembers they choosed forget Everywhere I hear what they say Foreigners you are the cause of our problems Me I thought it was all over But in fact, it was only a pause Voilà, voilà, it starts again Everywhere and in la douce France Voilà, voilà, it starts again They are coming

Voilà, voilà ..Rachid Taha (1993. Album « Carte Blanche ». 1997)

Foireux liens(6) : « pour quoi faire ? » ou « Est-ce un bien ? »

 

Une foire aux médias(chrétiens)et non des "foireux médias" !

Une foire aux liens pour questionner l’usage : des pratiques, des « progrès », des mots…

« Le progrès fait rage », avait coutume de dire un célèbre chroniqueur radio !Voici une sélection de ce qui nous est présenté comme un « progrès » ou une « avancée », sous prétexte que ce serait « plus pratique », voire « plus utile ». De telles affirmations ne nous dispensent heureusement pas de nous questionner à ce sujet. A noter enfin que la réflexion nécessaire sur « l’usage » touche aussi aux mots, auxquels il est aussi vital de redonner le juste poids.

 
1) »Ecrire à la main n’est plus utile », juge-t-on en Finlande.

Je l’ai appris hier soir : dès 2016, et ce, bien après les Etats-Unis, les enfants finlandais n’apprendront plus à écrire à la main, mais sur un clavier. Une « compétence » (on ne parle déjà plus de « savoir »-qui se transmet)jugée plus « utile » par l’Office national de l’Education., révèle un blog de la BBC qui reprend l’article d’un journal finlandais.

Et ailleurs-en Allemagne ou en Belgique ? http://www.ufapec.be/nos-analyses/2813-apprentissage-ecriture-sur-ordi/ ; http://www.lalibre.be/debats/ripostes/l-apprentissage-de-l-ecriture-cursive-est-il-revolu-51c980923570b73efa89f0f5 ; http://www.lesoir.be/299198/article/studeo/2013-08-14/abandonner-l-ecriture-cursive-pour-clavier-un-debat-irreel

Est-ce une bonne ou mauvaise idée ? Et en France, c’est possible ?
Ce qu’en pense le linguiste Alain Bentolila.

 

2)« ONU: Les enfants ont droit au sexe, à la drogue et à l’avortement » : une information relayée notamment par le CPDH, encore bien peu commentée(à part peut-être ici) et que l’on peut lire sur c-fam.org : « La terre compte aujourd’hui une jeunesse plus nombreuse que jamais. D’après le dernier rapport du Fonds de l’Onu pour la Population (UNFPA), c’est le moment ou jamais de faire des progrès sans précédent, mais cela requiert que les futures générations soient moins nombreuses. Les instructions de l’ UNFPA visent à ce que le « dividende démographique » garantisse un libre accès à l’avortement aux adolescents, l’abrogation de l’âge minimal de consentement aux relations sexuelles, et l’affaiblissement du rôle des parents dans la formation sexuelle de leurs enfants ».
La principale préoccupation de l’UNFPA est donc de mettre un frein à la croissance démographique. Et si l’on se trompait de cible ? Et si la vraie question était liée au partage des ressources et non à la diminution de la population ? Cette offensive « malthusienne » n’est toutefois pas neuve. Déjà, en 2009

 

"Quand le système repose sur notre envie d'acheter" Ou "Adoracion Capital" (2014) Huile sur toile de Patrick McGrath Muñiz.

« Quand le système repose sur notre envie d’acheter »
Ou « Adoracion Capital » (2014) Huile sur toile de Patrick McGrath Muñiz.

3) Grenoble, première ville française sans publicité ? Une expérience qui s’attire les foudres de Jacques Séguéla qui a déclaré : « C’est criminel(…)Si vous abaissez l’envie d’acheter, vous courez directement vers la fin du système(…)Ce n’est pas parce que les banques ont fait sauter le système qu’il faut s’en prendre à l’affichage(…)Méfions-nous des castrateurs d’imaginaire ! C’est le début de toute dictature. » Où l’on apprend, en vrac, que(comme le commente le journaliste Patrice de Plunkett) : notre « imaginaire » dépend de la pub ; tout recul de la pub est une avancée de « la dictature » ; « le système » repose sur notre « envie d’acheter ».

 

4) Le transhumanisme est-il un « humanisme » ? Oeuvre-t-il pour « le bien de l’humanité » ?
Nous en avons déjà parlé ici, sur notre blogue.
Pour rappel, les transhumanistes se sont réunis à Paris, les 20, 21 et 22 novembre derniers, dans le but de réfléchir aux multiples façons (via les progrès technologiques) d’atteindre « l’homme augmenté ». L’occasion de prendre du recul à ce propos et de réfléchir, outre à leur influence actuelle, aux conséquences éthiques, spirituelles et morales d’un tel mouvement de pensée : lire  http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/11/14/face-a-l-offensive-du-transhumanisme-5489852.html et http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/11/20/31003-20141120ARTFIG00268-le-transhumanisme-n-est-pas-un-humanisme.php . Ce dernier article, découvert via la dernière « foire aux liens » de « Notre Eglise point com », me paraît toucher juste : « certains préfèrent évoquer l’espoir de technologies intelligentes utilisées dans l’intérêt de l’homme, de manière bienveillante. Mais tout ce qu’il sera donné à l’homme de faire, il le fera. L’histoire nous a par trop de fois montré combien l’homme ivre de liberté en oublie sa conscience…».

D’autres réflexions sur « l’usage » : donner du poids(le juste poids), cela va aussi pour les mots.

5) Un numéro de Libération(découvert grâce à cette note de Patrice de Plunkett éditée sur son blogue) consacre une double page à Erri de Luca, 64 ans, écrivain napolitain polyglotte, bibliste hébraïsant (neuf essais ou traductions) et militant écologiste… ce passionné de la Bible, qui se présente comme quelqu’un « qui ne croît pas », pourrait faire honte à certains croyants qui la négligent ou nient qu’elle est « la Parole de Dieu ». L’entretien tourne autour des questions bibliques, et notamment des problèmes (ardus) de traduction de l’hébreu. Lire ici : http://www.liberation.fr/societe/2014/11/07/j-aime-toucher-la-langue-originelle_1138745
6) « Les mots ont un poids, un sens et une histoire. Quand on les utilise sans réfléchir à leur contenu ou à leur passé, on s’englue dans les préjugés », écrivait il y a quelques années la journaliste et écrivain Jacqueline Rémy. Une remarque qui revient en mémoire de Joseph Gynt(co-fondateur des « Cahiers libres »), au regard des derniers débats agricolo-environnementaux. A lire ici : http://cahierslibres.fr/2014/11/edito-grand-mal-mots/

7) Et quand les mots sont des nombres : une exégèse d’Ezech.47 par Pneumatis, en lien avec Jean : http://www.pneumatis.net/2014/11/mais-le-temple-dont-il-parlait-cetait-son-corps/

8)« Doxa » :
Un mot grec employé par Parménide et surtout Platon pour désigner l’opinion, les idées reçues que la pensée rationnelle devait combattre, puis concept sociologique que Pierre Bourdieu, notamment, a développé pour caractériser l’opinion publique, ses interprètes (les doxosophes), ainsi qu’un type de perception du monde constitué par l’évidence des choses (le rapport doxique). Un mot guère connu, du moins jusqu’à ce que politiques, polémistes et « débatteurs » s’en emparent, discutant(ou remettant en cause) les conclusions de scientifiques et d’historiens.
A lire, sur le sujet, un excellent billet d’Alain Garrigou, professeur de science politique à l’université de Paris Ouest Nanterre et directeur de l’Observatoire des sondages, qui a le mérite de réactualiser ces propos de Thucydide : « En voulant justifier des actes considérés jusque-là comme blâmables, on changea le sens ordinaire des mots » (La guerre du Péloponnèse, CXXXII, III). Un phénomène observé par l’historien pendant la guerre du Péloponnèse (430-404 AC) « quand les Athéniens désemparés par la prolongation du conflit perdaient le sens des mots. Comme hier, la longue crise d’aujourd’hui fait perdre la faculté de juger ».

9) Repérer et décrypter, au-delà du vernis, les mots « qui tuent » : c’est la mission d’un site « qui repère les dérives racistes et antisémites des cadres du Front national » : « Un site internet mis en ligne le 10 novembre, Lentente.net, se propose « d’observer le Front national (FN) » et de traquer les dérives de tous les cadres ou futurs candidats du parti, alors que le FN organise son congrès les 29 et 30 novembre 2014 à Lyon. Depuis que Marine Le Pen, en succédant à son père, a pris la tête du parti et s’est attelée à le « normaliser », et après la victoire aux municipales d’élus d’extrême droite dans une dizaine de communes, une nouvelle forme d’opposition au FN voit le jour », peut-on apprendre sur Fait religieux. Comme le déclarent les animateurs du site dans une courte présentation, « la présence du Front national n’est pas la première raison de la faiblesse du débat d’idées dans l’espace médiatique : mais elle occupe trop les pensées et les discours politiques ».

Et on terminera par là :

10) Focus sur une nouvelle pratique : la curation

Ce terme vient de l’ancien français « curation » qui désigne le traitement d’une maladie. La maladie qui nous intéresse ici est « l’infobésité »(ou « surcharge informationnelle », dans le sens que « trop d’information, tue l’information »). La curation peut alors être considérée comme « un remède ». Ou, selon le blogueur « Zeboute », consultant en sciences de l’information et de la communication, « une alternative intéressante, puisqu’elle permet continuellement de « recycler » ou « dépoussiérer » la connaissance. Pas des éléments de « buzz », mais des vieux articles, des liens url surannés qui nous relient dans la webosphère sur ce qu’il y a de plus précieux : l’intelligence humaine ».
La curation provient également de l’anglais « curator » qui désigne tout type de gardien d’un héritage culturel (conservateur de musée, bibliothécaire, etc.) chargé de prendre soin des œuvres dont il a la charge, de les rassembler et de les organiser pour mieux les diffuser au public.
Pour « Zeboute », encore, « le bon curator » doit donc donner du sens au contenu qu’il diffuse. Comme le bibliothécaire qui conseille le lecteur.
A condition de ne pas contribuer à « l’infobésité » en relayant une information qui existe déjà, ou déjà relayée par d’autres, et de respecter le droit d’auteur.

Appliqué à l’Internet, la curation consiste à sélectionner, éditer et partager les contenus jugés comme étant les plus pertinents du web, pour une requête ou un sujet donné.
Mais qui va sélectionner l’information ? Sur quels critères ? Dans quel but ? Quel est son intérêt ? Réponse dans cet autre billet de « Zeboute », qui nous propose un « Focus sur cette nouvelle pratique de la curation » des chaînes d’info en continu, « en temps réel » et « au plus vite ». Une pratique « dont la valeur ajoutée pour l’organe médiatique est faible, puisqu’il suffit de « copier/coller » les dépêches AFP. Une tâche ingrate dévolue à un stagiaire. Qui ne mange pas le midi, car à midi, l’info ne s’arrête pas ».
Une dénonciation de l’usage général réservé aux stagiaires, et « d’un journalisme trop concentré sur l’instantanéité de l’information, plutôt que producteur de sens ».

 
11)Connaissez-vous les « non-conférences » ?
À la recherche d’une méthodologie pour animer des discussions théologiques dans sa paroisse, qui soit aisée à organiser, si possible sans préparation, bienfaisante pour la réflexion individuelle et communautaire, conviviale, Olivier Keshavjee s’est souvenu « des non-conférences (unconference), un concept de conférence particulièrement intéressant ». Il nous invite à le découvrir ici , tout en exprimant son « envie de vivre des cultes sur ce modèle ». Néanmoins, comme il l’explique lui-même, ce modèle n’a rien de neuf, puisqu’ « inventé par une Madame L’Esprit, et théorisé par Monsieur De Tarse, dans une lettre Aux Corinthiens, tome 1, ch. 14, v. 26) ».

« Liberté ! Que de bêtises on peut raconter en ton nom ! »

Que de bêtises, mais aussi d’horreurs….

« Le sage est celui qui connaît ses limites ».

 

Face à certains sujets, dont la délicatesse et la complexité nous rappelleraient presque « le noeud gordien », voire « l’hydre de Lerne », il peut paraître très « simple » (ou « de bons sens ») d’avoir une opinion « franche » et « tranchée ». Mais est-ce si simple ?

Ainsi, entre le piège de la banalisation et celui de la surmédiatisation d’idées nauséabondes et de personnes véhiculant(ou vivant de)ces mêmes idées*, quelle posture choisir ? Faut-il « interdire », sans tomber dans le « deux poids, deux mesures » ?  A moins qu’il ne soit « interdit d’interdire » au nom de « la liberté d’expression » ou du risque de la « victimisation » ?
Car, en France comme ailleurs(les pays dits « libres »), la liberté d’expression est un principe essentiel et sacré : «…l’un des fondements essentiels d’une société démocratique, l’une des conditions primordiales de son progrès et de l’épanouissement de chacun » selon la Cour européenne des droits de l’homme (Handyside contre Royaume-Uni, 1976).

C’est sur cette base que chacun peut librement exprimer une opinion, positive ou négative, sur un sujet mais aussi sur une personne physique ou morale, une institution…**

La liberté d’expression est donc un droit, jugé précieux et sacré.

Mais la liberté totale existe-t-elle ? Un droit est-il absolu ?

Comme tout droit, il est possible d’user d’un droit, mais aussi d’en abuser. Un abus qui peut être sanctionné, au terme de « la théorie de l’abus de droit ».
Notre Déclaration de 1789 précise d’ailleurs dans son article 4 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi ».
En clair : « la liberté de chacun s’arrête où finit celle des autres », dans le cas où une personne outrepasserait sa liberté d’expression et nuirait ainsi à une autre**.

Donc, tout droit n’est pas absolu.

Mais puisque l’on parle d’abus ou d’usage abusif d’un droit…ne serait-ce pas plutôt la récente décision du Conseil d’Etat (10/01/14), saisi par l’exécutif, déclarant que l’interdiction d’un spectacle par le préfet de la région Pays de la Loire était légale, qui serait abusive ? Peu pertinente, disproportionnée ?  Faut-il, à l’instar du sociologue et historien Sébastien Fath, s’indigner et dénoncer une « affligeante police de la pensée qui croit qu’en cassant le thermomètre, on détruit la fièvre, au risque de rendre la France entière malade et à bout »?
Car « interdire », n’est-ce pas, au contraire, « promouvoir » les idées nauséabondes que l’on prétend combattre ? ***

A ce sujet, « Thomas More »( « République 1 – Dieudonné 0 ou pourquoi le Conseil d’Etat n’a pas enterré la liberté d’expression », 11 janvier 2014), un blogueur qui traite de questions juridiques et politiques dans une perspective chrétienne(catholique) nous expose « une brève » mais pertinente « synthèse des idées exposées à propos de la première ordonnance du Conseil d’Etat rendue dans cette affaire le 9 janvier 2014 (V. également la deuxième en date du 10 janvier 2014)….Pour faire simple, le juriste blogueur estime que la décision du conseil d’Etat n’est pas un revirement de jurisprudence valant faire-part de décès de la liberté d’expression mais la réponse « la plus sage dans les circonstances présentes qui sont tout à fait particulières ».
Comme il l’explique tout au long de son argumentaire,« il ne me semble pas qu’on soit face à une forme de sanction anticipée de l’infraction, une forme liberticide de prévention. Si l’affaire porte bien sur un spectacle, il ne faudrait pas négliger qu’il s’agit d’une tournée et que le contenu du spectacle est connu. N’en a-t-on pas assez entendu et vu pour juger de la gravité du propos ? Il ne semble pas qu’il s’agisse d’un nouveau spectacle et son contenu est suffisamment scandaleux pour justifier une réaction sans attendre qu’il sorte une nouvelle fois ses horreurs. L’antisémitisme n’est pas une opinion banale, un discours comme les autres. Le caractère tout à fait particulier de l’affaire justifie une solution particulière(…) L’ordonnance ne se saisit pas de Dieudonné comme d’un humoriste banal, dans un spectacle banal, dans un contexte banal. Elle s’empare de son spectacle à l’expérience d’une période très longue, de présence médiatique intense dont il est avéré qu’elle a un contenu très problématique et très constant, au cours de laquelle de nombreuses condamnations pénales ont été prononcées, etc. Nous sommes très loin du traitement d’un dérapage exceptionnel, et très loin aussi du procès d’intention. On peut penser qu’il y a un système, et c’est ce système que le Conseil d’Etat permet d’appréhender ».
Et le juriste de conclure : « Ne jouons pas à nous faire peur ! Qu’est-ce qui est le plus dangereux ? La banalisation du discours antisémite à quelques mois de l’entrée dans le domaine publique de Mein Kampf ? ou une mise en œuvre dans un cas peu banal des pouvoirs de police du maire ? Dans quelle société voulons-nous vivre ? Celle que nos parents et nous-mêmes avons bâti depuis 1945 ou celle fantasmée par Dieudonné, Soral et consorts ? »

Dans le même esprit, le cardinal André Vingt-Trois sur Radio Notre-Dame, 3 janvier 2014 estime que
« Pour l’affaire Dieudonné, l’intervention de Manuel Valls a eu un effet salutaire dans la mesure où elle fait réfléchir, et il faut faire réfléchir. Car malheureusement l’histoire du XXe siècle a montré que la montée de l’antisémitisme n’est pas une révolution à grand spectacle, c’est une montée progressive, qui passe par des événements, des paroles, des articles, des spectacles… Rien n’est anodin en matière d’antisémitisme, comme pour la xénophobie ou la discrimination religieuse. Il est scandaleux que nous soyons insensibles à la dépréciation progressive des seuils à ne pas franchir. Une culture du respect de l’autre, des autres religions, doit se réimplanter d’une manière forte. Que l’on apprenne aux enfants qu’il y a des choses qui ne se font pas !(…)

L’antisémitisme est un poison, qui n’est pas simplement une agression contre les juifs, mais une agression qui concerne l’humanité entière(…)Et on ne doit pas laisser se développer et se banaliser les caricatures, la dérision, la provocation(…)symptômes d’une société dans laquelle on ne tient plus les seuils de protection, protection de l’identité propre de chacun ».

Il s’agit donc bien d’une question de limites nécessaires. C’est bien parce que a liberté d’expression est précieuse, qu’il importe de donner à  réfléchir sur les conséquences d’une liberté que l’on voudrait « totale » et « absolue », pour ne pas dire « sacrée »****.

Une formule à la Jacques Ellul*****  dirait peut-être que « ce n’est pas l’usage de la liberté d’expression qui asservit, mais le sacré transféré à la liberté d’expression ». On parle alors de « sacro-sainte » liberté (ici, d’expression)….liberté dont le « sacré » exige que l’on lui sacrifie tout ?

Or, faut-il tout sacrifier (la dignité humaine, l’honneur)sur l’autel du « dieu liberté(d’expression) », « Moloch »****** moderne ? Ou sur l’autel de la recherche du buzz(que l’on croit « rentable ») à tout prix ?

Dans ce cas, pour à la fois préserver la (précieuse)liberté d’expression et pour se préserver des abus, pour  se libérer de ce qui asservit, faudra-t-il « profaner » cette sacrée liberté d’expression, en lui ôtant l’aura de sacré qui l’entoure *******, pour mieux y inclure cette prise de conscience : « qui dit grande liberté(ou « grand pouvoir ») dit aussi « grande responsabilité »,   et que « si nous sommes libres de nos choix, nous ne sommes pas libres des conséquences de nos choix » ?

Et nous devons nous préoccuper des conséquences de nos choix, car

« Au jour du jugement, chaque homme aura à rendre compte de toute parole proférée »(Matt.12v36-37)

Etape suivante : la vraie liberté passe par Celui qui seul nous affranchit et peut nous rendre réellement libre(Jean 8v30-36-avec cet avertissement : Jean 5v41-44)

Le mot de la fin ? Laissons-le au  Gorafi :
« Les Français espèrent des chutes de neige prochainement pour aider les médias à parler enfin d’autre chose ».

En effet, il serait temps de parler d’autre chose…Par exemple, de « cette maladie de civilisation » ?

 

 

 

Notes :

* Ainsi, sous couvert de « dénoncer » des idées stupides et nauséabondes, il est possible faire la promotion de ces mêmes idées, via force publications de liens internet ou de liens vidéos, ou de faire la promotion d’autres idées toutes aussi stupides et nauséabondes.  Quand il ne s’agit pas de faire la promotion d’un geste lourd de sens, en croyant le parodier….

** En France, c’est dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 qui consacre la liberté d’expression(voir l’article 11 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi »http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais….)

Les articles 18 et 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme(10 décembre 1948) consacrent eux aussi la liberté d’expression, conjointement à la liberté de conviction et de religion.

Voir http://www.les-infostrateges.com/article/0807342/un-droit-fondamental-la-liberte-d-expression-et-ses-limites ; et http://www.lemondepolitique.fr/cours/libertespubliques/libertes/liberte_expression.htm

*** Une idée en rappelle une autre, mais ce rappel me paraît utile, face à ceux qui plaident, pour les mêmes raisons ou pour d’autres, pour l’abolition des lois dites mémorielles : qui se souvient du décret-loi « Marchandeau »(du nom de celui qui a été Député radical-socialiste de la Marne, maire de Reims,  ministre de la Justice entre novembre 1938 et septembre 1939)portant sur la répression de la diffamation par voie de presse lorsque « la diffamation ou l’injure, commise envers un groupe de personnes appartenant, par leur origine, à une race ou à une religion déterminée, aura pour but d’exciter à la haine entre les citoyens ou les habitants » ?

Pour l’anecdote (qui n’est pas un « point de détail de l’histoire »), l’une des premières mesures du régime Vichy, mis en place depuis à peine un mois(Il n’existe plus de Parlement, et les lois l’œuvre du Maréchal Pétain qui, selon l’article 1 § 2 de l’acte constitutionnel n°2 du 11 juillet 1940, exerce le pouvoir législatif, en conseil des ministres), a été d’abroger cette fameuse loi Marchandeau, le 27 août 1940. Sachant que l’armistice avec l’Allemagne, mettant fin officiellement aux hostilités ouvertes par la déclaration de guerre du 3 septembre 1939, ne sera signé que plus tard,  le 22 juin 1940.
Avec l’abolition du décret-loi Marchandeau, la loi rend libre la tenue de propos racistes ou antisémites, et prononce une amnistie des poursuites. Avec pour conséquences un boulevard pour la propagande xénophobe, raciste et antisémite, et une liberté de la presse au service du racisme et de l’antisémitisme.

Le Journal officiel du 30 août 1940, page 4844, publie la loi du 27 août 1940 portant abrogation du décret-loi du 21 avril 1939, modifiant les articles 32, 33 et 60 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse :
« Art. 1°. – Est abrogé le décret-loi du 21 avril 1939, modifiant les articles 32, 33 et 60 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Les dispositions antérieures des articles précités sont remises en vigueur.

« Art. 2. – Amnistie pleine et entière est accordée, pour tous les faits commis antérieurement à la promulgation de la présente loi, aux délits prévus par les dispositions abrogées par l’article 1° du présent décret ».

****L’on pourrait penser qu’en Eden, Dieu ait dès le départ accordé une liberté totale à l’homme :
« ….L’Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.(…) L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder. L’Éternel Dieu donna cet ordre à l’homme: Tu pourras manger de tous les arbres du jardin…. »(Gen.2v9)

Une liberté assortie toutefois d’un garde-fou : « mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras »(v16-17)
Garde-fou qui a été rapidement violé par l’homme et la femme…tous deux motivés par la volonté d’atteindre le « No limit » (« vous serez comme des dieux »)

***** « Ce n’est pas la technique qui nous asservit mais le sacré transféré à la technique » (Ellul, Jacques. Les nouveaux possédés, 1973).

Jacques Ellul(mort en 1994) est un professeur d’histoire du droit, sociologue et théologien protestant français, surtout connu comme penseur de la technique et de l’aliénation au XXe siècle.

****** Moloch, dieu exigeant le sacrifice des enfants.

*******Inspirée d’une citation de Frédéric Rognon, relevée dans le débat « La Décroissance est-elle une hérésie ? » IN La Décroissance, décembre 2013, numéro 105, p15 : « il ne pourra y avoir de libération que si l’on profane la technique, et « que lorsque l’on aura enlevé l’aura de sacré qui entoure la technique. »

Frédéric Rognon est professeur de Philosophie des religions, à la Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg.

« (In)culture au poing ! » Le dico de PEP’S CAFE !

Flaubert avait son dictionnaire des idées reçues.
Pep’s café ! vous propose son propre dictionnaire : des idées reçues ou pas reçues, sans prétention aucune à l’exhaustivité ou à l’exclusivité. Une façon de revisiter une certaine actualité, ainsi que certains thèmes abordés sur ce blogue.
N’hésitez pas à vous prêter à ce petit jeu (littéraire et intellectuel) et nous proposer vos propres définitions !

Adhérence : coller à. Pour le meilleur et pour le pire.

Amalgame (voir inculture) : Confusion, écran de fumée.
Exemple 1 : Gitans, Rroms, Tsiganes, Gens du voyage : « Quand ils jouent du violon, ce sont de gentils Tsiganes. Quand ils font du jazz, ce sont des Manouches. Dans les films de Kusturica, c’est des Gitans. Quand ils mendient dans le métro, c’est des Roumains. Quand ils habitent dans une caravane, c’est des gens du voyage. Quand ils habitent dans des bidonvilles, c’est des Rroms. Quand ils habitent dans une maison, c’est des « Tsiganes sédentarisés ». Quand ils sont très pauvres, c’est des voleurs. Quand ils ont de belles voitures, c’est aussi des voleurs ».
Exemple 2 : Diaconesse de Reuilly : elle porte une robe. Elle est forcément « bonne sœur ».

Art : mot magique, prétexte, justification (voir débat)

Autre(l’) : Point de vue.  Prochain.

Bible : N’a pas été donné pour augmenter nos connaissances mais pour inspirer notre conduite. S’y (re)plonger, plutôt que dans les programmes politiques.

Bouc émissaire : on en recherche encore aujourd’hui, parce que l’on a rejeté ou oublié Celui qui a été l’ultime bouc émissaire. Sa recherche a été rendue vaine par Celui qui a été l’ultime bouc émissaire. Voir Jésus-Christ. Jésus Christ crucifié.

CDD : engagement moderne

Communiste : quelqu’un qui demande pourquoi les pauvres sont pauvres (voir saint)

Débat : mot magique, prétexte, justification (voir Art). Ne vise pas toujours l’accord. Lui préférer le dialogue et la discussion. A Pep’s café ! on aime tellement le débat qu’on lui a consacré une page et un billet :   ;

Champ de mission : toujours à l’étranger.

Chrétien(voir « en séjour ») : « petit Christ ». Injure, surnom dérisoire(donné par dérision) avant de devenir un titre de gloire.

Cœur : à garder plutôt qu’à suivre ou à écouter. Trompeur.

Convictions, opinions : ne pas y tenir. Tenir à la vérité. En changer si elles contredisent la vérité.

Culture biblique : dans l’église postmoderne d’aujourd’hui, on lui préfèrerait la culture du débat.

Culture du débat : c’est le « donnez-nous de la viande » moderne. Jugé urgent, prioritaire, pour l’Eglise.

Diagonale : marche du fou(voir lecture)

Dieu : au commencement, Dieu. Doit être replacé au centre de la prédication. Défenseur de la veuve, de l’orphelin, du pauvre et de l’étranger. Celui pour qui la fin ne justifie jamais les moyens.

Ecriture manuelle : en danger d’être perdue

En séjour (voir étranger) : chrétien sur Terre.

Etranger(voir en séjour) : aimé de Dieu. L’accueillir, c’est accueillir Christ. Chrétien sur Terre.

Etre humain : être humain, créé à l’image de Dieu (voir étrangers, Rroms…)

Etude biblique : sucres lents

Extrême-droite, Front national : mouvement ayant la prétention de répondre au prétendu « besoin d’un chef pour la France  » ; pour les uns, mouvement politique censé véhiculer « des idées de bon sens » ; pour un autre, « A l’heure actuelle, l’extrême-droite ne (représenterait) pas un danger en France », et « donc non, aucune raison de lutter contre ». Et, pour d’autres, c’est : non non et non !

Evangile : une évidence. Premièrement annoncé aux pauvres (Voir Grâce et paix, Jésus-Christ, Jésus-Christ crucifié). Ce dont on ne doit pas avoir honte.

Evident/évidence : De nos jours, plus rien ne semble l’être….(mariage, apprentissage manuel de l’écriture…)semble-t-il….

Facebook : peut-être le plus stupéfiant hold up de l’histoire

Généraliser : stigmatiser(voir amalgame, inculture)

Grâce(voir évangile) : révèle la colère de Dieu contre l’impiété et toute marche sans loi, sans frein.

Hérétique : celui qui sépare, divise, oppose(par exemple, le spirituel du matériel)

Humour : difficile à manier. Rare, donc difficile à trouver. Donc précieux.
: détachement de soi. Savoir rire de soi.(à ne pas confondre avec ricanement)

Inculture : au poing. Snobisme. Voir amalgame.

Informer(ou s’informer) : c’est choisir. Entre la pertinence et la popularité.
: Renseigner sur ce que l’on ignore.
: Aujourd’hui, conforter l’autre dans son ignorance. Donner de l’attendu.

Ironie : trompe-l’œil dont le plaisir est de se faire passer pour vraie un certain temps. Ce qui redonne du sens aux mots employés par les politiciens. Ce qui permet de tester la capacité de révolte d’un auditoire. Préférer l’ironie à la diatribe et au ricanement.

« Iste » : étiquette(voir stigmatiser, généraliser).

Intellectuel : Gros mot. Celui qui entre dans une bibliothèque même quand il ne pleut pas.

Interprète de la Bible : le plus mauvais interprète est celui qui reste persuadé qu’il ne l’interprète pas.

Jésus-Christ (voir Jésus-Christ crucifié) : pas nos bannières ou nos croisades.

Jésus-Christ crucifié(voir Jésus-Christ)  : scandale et folie pour les uns, « puissance et sagesse de Dieu » pour d’autres.

Journaliste : celui qui ne lit pas(ou ne donne pas à lire) en diagonale. Celui qui explique « qu’un qu’un tract raciste dans une boîte aux lettres propre, c’est plus grave qu’un graffiti sur un mur sale ».

Laisser-faire : crédo économique. Loi du renard dans le poulailler.

Lecture(moderne) :  souvent en diagonale

Livre : révolution technologique sans précédent

Paix(voir évangile) : quelque chose de bon et de durable. A ne pas confondre avec la tranquillité.

Pauvre : souvent « mal fichu » ou en mauvaise santé.
: l’outrager, c’est outrager celui qui l’a fait.

Périphérique : « ce qui est autour » ; ce qui nous passionne plus que l’évangile. Proposer plutôt d’aller « de l’autre côté du périph’ ».

Prier : écouter

Prochain : pour certains, le « lointain »

Racisme : « réalisme », « bon sens », pour certains(voir Extrême droite).

Roi : Celui qui ouvre sa bouche pour le muet.

Ricanement : « humour » au service des forts et des dominants. Se moquer des autres. Particulièrement des faibles(les pauvres, les chômeurs, les précaires), de ceux qui sont différents(les étrangers…). Abusivement confondu avec humour ou ironie.

Riche : Quelqu’un qui a beaucoup d’amis. Mieux vaut l’être et bien portant. (Voir pauvre)

Rroms : également appelés tantôt gitans, tantôt tsiganes, tantôt gens du voyage… Sur les routes, ils sont les seuls à avoir tant de panneaux indicateurs à leur usage.
Cible peu émouvante, au regard de certains….(voir amalgame)

Saint : quelqu’un qui donne à manger aux pauvres(voir communiste)

Se faire tout seul : facile pour celui qui a des griffes, des ailes et des serres.

Stigmatiser : marquer, piquer. Voir généraliser.

Témoin : fidèle. Rendre compte exactement et fidèlement ce que l’on a vu et vêcu. A ses risques et périls. Toujours lumineux.
: aujourd’hui, il serait « tendance » de parler et faire parler sur ce que l’on n’a ni vu, ni vécu, ni su(voir inculture).

Tomate : aujourd’hui, Diogène serait à la recherche d’une tomate, d’une vraie.

Travail du dimanche : lobby

Verre d’eau : simple comme. A donner en Son nom. L’évangile en bleu de travail.

Vrai, honorable, juste, pur, aimable(ce qui est), ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange : que ce soit l’objet de nos pensées.
(Mais alors, de quoi allons-nous parler ?)