« Watch it (again) » : la conférence « l’Evangile, affaire privée ou engagement public ? »

Vous l’avez sans doute vu passer : En mai 2022, l’Institut Catholique de Paris a accueilli les théologiens Stanley Hauerwas et William T. Cavanaugh pour une semaine de rencontres. Ces derniers ont notamment participé à la conférence du 18 mai : « L’Évangile, affaire privée ou engagement public ? »

Cette soirée exceptionnelle s’est déroulée en deux temps :

20h : Réflexion théologique et action sociale : discerner et espérer

21h : Vivre l’Évangile : susciter, éduquer et former à l’engagement

Bonne nouvelle ! Il est possible de (re)découvrir cette soirée sur le site de l’ICP ou via la vidéo ci-dessus disponible sur la chaîne youtube de l’Institut.

Bonne vision édifiante !

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : Episode 1, d’après Marc 1v14-15

Imaginez, au milieu d’une réunion de préparation pour la prochaine campagne d’évangélisation, quelqu’un se lève et lance : « voilà ce que nous devons dire : repentez-vous et croyez ». Source image : Affiche du film « Jimmy Hall » de Ken Loach, (2014)

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu, le cœur de son message ne commence pas par un « Dieu vous aime », mais par l’annonce de la venue d’un règne et d’un appel à la repentance ! C’est « une bonne nouvelle », ça ? Voici l’épisode 1 de notre série Pep’s café, par Yannick, notre plume invitée du jour que je remercie, et d’après Marc 1 v14-15.

Annoncer l’Evangile ? D’accord mais par quoi commencer ? Le Nouveau Testament nous offre des angles d’approches multiples tu « toi suis-moi » au salut par la seule foi. L’Evangile de Marc nous peint une image surprenante. Re-découvrons-là : « Après que Jean eut été livré, Jésus alla dans la Galilée ; il prêchait la bonne nouvelle de Dieu et disait : Le temps est accompli et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle. » (1.14-15)

Je ne sais pas si Jésus ferait bien sensation de nos jours. Imaginez une réunion de préparation pour la prochaine campagne d’évangélisation. Tout le monde cherche les moyens les plus pertinents pour « rejoindre » les personnes là où elles sont. Comment construire des ponts avec ce que nos contemporains croient ? Et là, en plein milieu d’un brainstorming intense, quelqu’un que personne n’avait vu entrer se lève et lance : « Repentez-vous et croyez à Jésus… voilà ce qu’on devrait leur dire ! » Entre vous et moi… personne ne serait partant. Pas assez « sexy » comme message. Pas assez attirant. C’est un message qui ne peut pas être entendu. C’est pourtant le message de Jésus.

Frappant dans ces deux versets ? Marc ne nous dit pas ce qu’est la « bonne nouvelle ». Du moins… il faut revenir au verset 1 : « Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu. » La bonne nouvelle c’est tout ce que Marc vient de décrire : l’Ancien Testament accompli (v. 2), la promesse du Messie et de l’Esprit (v. 8), le Fils serviteur et humble dans son baptême (v. 8), la venue du Fils bien-aimé (v. 11), la soumission des anges au Christ (v. 14). Tout cela, c’est la bonne nouvelle de Jésus-Christ. Cette annonce est bonne parce que c’est l’accomplissement de la fidélité de Dieu qui veut sauver son peuple en se faisant lui-même homme.

Voilà ce que nous devons dire : Repentez-vous, et croyez. Croyez en Dieu qui s’est fait homme. Croyez en Dieu qui est fidèle. Croyez en un Dieu qui par amour envoie son Fils bien-aimé.

Dans un monde prêt à se soumettre à n’importe quelle autorité, n’importe quelle tyrannie, même la plus douce, continuons de dire la force de la Bonne nouvelle : la repentance est une libération parce qu’elle brise les liens de nos idoles. Dieu se fait homme et serviteur. Dieu est pour nous.

Dans ces deux versets de Marc, la double annonce de la repentance et de la bonne nouvelle sont unis dans la proclamation du royaume. Chez Marc, le cœur de la proclamation de Jésus c’est le royaume : Dieu vient régner sur son peuple. Jésus proclame la venue du royaume, et donc du roi… tous sont invités à venir à sa suite en reconnaissant son règne.

Le roi qui règne, la repentance, la bonne nouvelle de Jésus-Christ. Voilà ce qui est, pour Marc, notre évangélisation.

Bonus : Egalement à écouter, sur le même sujet et le même texte, une prédication de Thomas, du Temple du Marais (Paris), que je remercie !

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : Episode « pilote », d’après Luc 4

La façon dont Jésus prêche l’Evangile de Dieu a de quoi changer notre regard sur le marketing de l’Évangile (Source image : public domain pictures)

« Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu », il veut que la lettre morte devienne vivante, que l’information devienne bonne nouvelle, et que la Parole ancienne devienne nouveauté de vie. Episode « pilote » de notre série Pep’s café par Gilles, notre plume invitée du jour que je remercie, et d’après Luc 4.

Au tout début de l’évangile de Luc, Jésus est mis en situation d’être un « simple prédicateur » à l’occasion d’une lecture de la parasha, le texte du jour à la synagogue. Il lit le rouleau d’Esaïe dans ce passage que nous avons référencé comme Esaïe 61 : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. »

La Bonne nouvelle c’est que tout est accompli déjà, alors qu’on est encore très loin du « tout est accompli » de la Croix. Tout est accompli parce que Jésus ne se contente pas de lire le texte, de prêcher sur ce passage, il est le texte, il est la manifestation de ce qui est dit dans le texte.

Trop souvent nous considérons l’évangélisation comme une forme de campagne d’information. Nous informons sur la perdition, nous informons sur le salut, nous informons sur Dieu et son Fils. Mais pour Jésus, il s’agit d’incarner la Parole. Et sa façon de se réapproprier le texte (y compris en le tordant, vous pourrez aller relire Esaïe), c’est pour que la Bonne nouvelle ne soit pas une information mais une puissance de transformation. Ce que Paul dit quand il exprime en 1 Corinthiens 2,4-5 : « Ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. »

Ce qui nous donne à penser que l’évangélisation ne doit pas être d’abord une campagne d’information, mais une puissance de transformation. Il ne suffit pas de dire des choses justes, mais il faut les acter. Il ne suffit pas de promettre le changement de vie et le renouvellement, il faut l’offrir, comme le Dieu qui offrait la lumière au monde en disant « Que la lumière soit ! ».

Donc non seulement, si nous sommes de vrais suiveurs de Jésus, nous transformons la lettre morte en parole vivante par la présence et l’action du Saint-Esprit, mais, mieux encore, nous prenons des paroles anciennes, vues par nos interlocuteurs comme des paroles vétustes, et les faisons advenir au statut de paroles de vie, de Paroles vivantes, qui apportent la vie à l’oreille et à tout l’être de ceux qui l’entendent. Paul ne s’y était pas trompé : « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. » (Romains 10,17).

De quoi changer notre regard sur le marketing de l’Évangile et autres séductions qui donnent à penser que la qualité de l’emballage donnera envie aux consommateurs de choisir notre produit plutôt que celui qu’essayent de vendre les autres. 

« Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu » : une série Pep’s café !

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d’aujourd’hui lui oseront-ils lui demander de leur apprendre à « évangéliser » en Son Nom ? (Source : convergence bolcho-catholiques)

« Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu », ou quand Jésus prend à contre-pied nos façons « d’évangéliser », autant dans le fond que dans la forme, sans compter, dans certains cas, une apparente « absence de résultat », en comparaison des grands moyens déployés.

Qu’apprenons-nous » à l’école du Maître » et en marchant à Sa suite, concernant le Grand Mandat qu’Il nous a confié ? Y a-t-il « une méthode Jésus » infaillible en matière d’Evangélisation, à dupliquer et à transmettre ?

Exemples tirés de la « vie de Jésus » racontée par Matthieu, Marc, Luc et Jean, pour cette nouvelle série Pep’s café, avec un « pilote » dès aujourd’hui, et un épisode chaque vendredi !

Merci à Yannick, Louis-Michel, Caroline, Thomas, Gilles, Josiane et Raphaël (enseignants, pasteurs et responsables d’églises), pour leur joyeuse contribution !

En bonus, et pour la première fois sur Pep’s café : certains épisodes (cf liste ci-dessous) donneront lieu à des prédications, lors de cultes au Temple du Marais (Paris), le dimanche suivant la publication de l’article. Et ce, dès le 06 Novembre, sur une chaleureuse proposition de Caroline et Thomas ! Qu’ils en soient également remerciés !

Pilote : « Jésus veut que la lettre morte devienne vivante, que l’information devienne bonne nouvelle, que la Parole ancienne devienne nouveauté de vie », d’après Luc 4 (Gilles)

Episode 1 : Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu, d’après Marc 1v14-15. Le coeur de son message ne commence pas par un « Dieu vous aime », mais par l’annonce de la venue d’un règne et d’un appel à la repentance ! C’est « une bonne nouvelle », ça ? (Yannick + prédication Thomas)

Episode 2 : une prédication de Jésus dans une synagogue, d’après Marc 1v21-28. « Une nouvelle doctrine » d’autant plus frappante que Jésus n’enseigne pas comme les autres, non pas « en paroles seulement », mais « en puissance », « avec autorité ». (Caroline : texte + prédication)

Episode 3 : « une méga campagne d’évangélisation » avec bien peu de fruits, d’après Jean 6v1-15, 22-71. (Yannick). Avec la participation de Raphaël (prédication d’après Jean 4v27-42)

Episode 4 : « Evangélisation » au bord d’une piscine. Mais pourquoi Jésus ne sauve-t-il pas tout le monde au lieu de cibler une seule personne qui n’attendait plus rien ? D’après Jean 5v1-16. (Louis-Michel)

Episode 5 : « ce qui est le plus difficile de dire… », d’après Marc 2v1-12 (Josiane : texte + prédication)

Envoi 1 : Quand Jésus envoie ses disciples deux par deux : de ses recommandations et du faible contenu apparent du message à donner…D’après Luc 10v1-20. (Yannick)

Envoi 2 : étude comparée des finales des 4 Evangiles : ce que nous sommes censés dire et faire en Son Nom, d’après Matthieu 28v19-20, Marc 16v15-20, Luc 24v45-49, Jean 20v21-23 et 21v15-22 (Louis-Michel)

« Allez, prêchez, guérissez, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons, mais surtout…ne faites pas de prosélytisme ! »

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d’aujourd’hui lui oseront-ils lui demander de leur apprendre à « évangéliser » en Son Nom ? (Source : convergence bolcho-catholiques)

Imaginez Jésus en train d’envoyer les soixante-dix en mission : « Allez, prêchez, et dites: Le royaume des cieux est proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons, mais surtout… surtout, ne faites pas de prosélytisme ! »

Une prédication donnée en 2011 au Temple du Marais (Paris), sur la base des textes bibliques suivants :

1 Corinthiens 9:16-23 – Malheur à moi si je n’annonce pas l’évangile

1 Pierre 3:13-17 – Rendre compte de l’espérance qui est en nous.

« Tenez vous prêts en tout circonstance à rendre compte de l’espérance qui est en vous. » Voici la meilleure illustration de cette disponibilité du cœur et de la parole qui nous est demandée pour les autres. En effet, nous ne sommes pas chrétiens pour nous-mêmes. Nous ne sommes pas chrétiens pour nous faire du bien, pour administrer notre culpabilité, pour gérer nos conflits intérieurs et les tourments de nos âmes [ou même, pour justifier nos « crispations identitaires », comme quoi il « faudrait devenir davantage confessant », sous prétexte que « les athées aussi » seraient « en train de le devenir », comme on peut le lire sur la toile. NDLR]. Si nous sommes chrétiens, c’est parce qu’un homme du nom de Jésus a été capable de se décentrer suffisamment de lui-même pour pouvoir conduire tous ceux qu’il rencontrait sur un véritable chemin de liberté. Et cette liberté consiste justement à ne plus se considérer comme le centre de soi-même. Cette liberté consiste à laisser de la place pour les autres et pour le Tout-Autre qu’est Dieu.

Que ça fait du bien de ne plus tourner en rond à l’intérieur de soi-même. Jésus a réussi à vivre cette réalité, alors que beaucoup d’humains jusque là s’étaient contenté d’en avoir l’intuition et de désirer ce décentrement sans pour autant y arriver. C’est l’Esprit Saint qui a permis à Jésus de vivre ce décentrement de lui même, pour qu’il puisse devenir ce que Dieu avait désiré à son égard, c’est-à-dire un être pour les autres, un être centré sur les autres, telle une figure géométrique impossible où un cercle aurait son centre à l’extérieur de sa circonférence.

A la suite du Christ, nous sommes à notre tour mis en capacité par le Saint-Esprit de ne plus être autocentrés, de ne plus être fascinés par notre confort, par notre identité nombriliste, par l’image de nous-mêmes que nous façonnons comme une idole à vénérer. Oui, le Saint-Esprit, une fois le cercle de notre vie tracé sur le papier du livre de vie, opère cette aberration géométrique de déplacer notre centre. Ainsi le centre de nous-mêmes devient cet Esprit de Dieu que nous pouvons adorer parce qu’il apporte dans l’enfermement de notre égocentrisme un souffle vivifiant, une brise céleste venue de Dieu qui balaye les poussières, soulève la cendre et ravive la flamme. Telle est la bonne nouvelle pour nous-mêmes, personnellement : Dieu peut nous faire sortir de nos schémas circulaires.

Lire la suite sur le blogue « Au Nom de Jésus ».

En quelques mots : Evangile VS culture ?

Dois-je abandonner ma culture pour suivre Jésus-Christ ? Qu’est-ce que la culture ? L’Évangile est-il une culture ? Est-ce la culture d’un groupe qui s’impose aux autres cultures ?….

Une vidéo Libérer!, avec Josiane Ngongang, du temple du Marais (Paris), pour comprendre « en quelques mots » comment s’y retrouver et faire des choix…

Depuis 2008, Libérer! propose une excellente formation certifiante à l’accompagnement spirituel, qui inclue la relation d’aide, la prière de guérison et la délivrance. Avec les Eglises protestante unies du Marais et de Belleville, à Paris.

Plus d’infos sur le ministère Libérer! et ses prochaines formations.

Plus de vidéos sur la chaîne youtube Libérer !

« The Chosen », ou quand « le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous »

Bande annonce de la saison 1 de the Chosen

Vous n’y avez sans doute pas échappé : « The Chosen » est d’emblée présentée comme « la » première série multi-saisons phénomène sur la vie de Jésus-Christ et – particulièrement – de ceux qui l’ont rencontré et entouré durant son ministère public.

La trame de fond est l’Evangile selon Jean, avec d’autres scènes tirées des évangéliques synoptiques (Matthieu, Marc et Luc).

Sortie aux Etats-Unis en 2019, la série a trouvé son public outre-Atlantique, grâce notamment à un modèle de diffusion gratuite via la plateforme VidAngel et l’application the Chosen, soutenu par un financement entièrement participatif, et non par de grands studios américains. A ce jour, deux saisons de huit épisodes chacune sont disponibles. Une troisième est en cours de financement et devrait être visible en 2022. Sept, au final, sont prévues.

Réalisée par le chrétien évangélique Dallas Jenkins, dont le but est d’atteindre, à terme, un milliard de vues pour découvrir un « Jésus authentique », elle est considérée comme « une série catholiquement correcte » par le site web Le Verbe.com et a fait l’objet de commentaires favorables de la part d’autres médias catholiques, mais aussi de quelques sites protestants et évangéliques, dont TGC – Evangile 21.

En France, « The Chosen » est distribué par la société de distribution de films d’inspiration chrétienne Saje [lire l’interview de son directeur ici] et par la fondation ZeWatchers, qui investit dans des sociétés ou associations fondées par des chrétiens. Une première diffusion « en prime time » de la saison 1 à la télévision, sur une chaîne privée, est prévue durant les vacances de Noël, les 20 et 27 décembre 2021.

Certains reconnaissent en être devenus « accros », au point de visionner « en rafale » (ou d’une traite) plusieurs épisodes, voire même les deux saisons (8 épisodes chacun) actuellement disponibles en une nuit…. Et je #bingeJesus [littéralement « devenir obsessionnel pour Jésus »] est le hashtage promotionnel de la série !

Sinon, il est possible de visionner simplement et gratuitement, sans qu’il soit nécessaire de créer un compte, les premières saisons disponibles sur la plateforme VidAngel citée plus haut. Mais déjà, le premier épisode de la saison 1 (que j’ai vu, ainsi que les épisodes 2 à 8, et toute la deuxième saison, à ce jour, depuis samedi 18/12) permet de se faire une idée.

[La série est regardable en anglais sous-titrés. Pour sélectionner les sous-titres en français, disponibles parmi 100 autres langues, cliquer en bas, à droite, de chaque vidéo et choisir « french »]

Pour ceux qui s’apprêtent à visionner le premier épisode sans savoir à quoi s’attendre et en ayant en tête les adaptations précédentes de la vie et de l’œuvre de Jésus-Christ, il me paraît utile de les prévenir qu’ils risquent d’être surpris, vu l’angle choisi de la série. Celle-ci, très intelligente et subtile, est fort bien réalisée et interprétée avec justesse. Elle tourne autour des personnes évoquées dans les Évangiles, adultes et enfants, hommes et femmes, qui ont rencontré le Christ, tout à la fois « vrai Dieu et vrai homme », venu les rejoindre dans « le creux de leur vie », et montre en quoi leur vie a ainsi changé à son contact. De là certaines extrapolations qui ne sont pas dans les textes bibliques, mais aussi certains éléments intéressants et bienvenus de contexte politique et religieux de l’époque.

En cela, « The Chosen » est distinct des « 4 Évangiles, les films » (Lumno, 2014-2015 et édités en France par Bibli’O, en 2019, sous la forme d’un coffret de 4 DVD), lesquels proposaient déjà une expérience immersive pour découvrir la vie, les actes et les enseignements du Christ, avec le texte intégral narré, sans rien enlever/rajouter, et magnifié par l’image.

Certains dialogues ou choix narratifs de The Chosen peuvent surprendre, ou paraître très anachroniques, voire même franchement osés, mais la plupart sont bien vus et sonnent paradoxalement justes, avec une certaine cohérence et fidélité avec les Evangiles.

Alors, certes, on est tout à la fois en terrain connu et désarçonnés, puisque l’on retrouve Simon Pierre et André, Marie de Magdala, Matthieu, Nicodème, Jean le Baptiste, Thomas, Marie et Joseph….et Jésus, qui tarde à apparaître au début [par la suite, il se fera bien plus présent], dans des situations inattendues. Sont aussi surprenantes dans leur traitement et l’angle choisi, certaines scènes marquantes des Évangiles (ou susceptibles d’être connues de la plupart), telles que Jésus et les enfants(épisode 3 – mon préféré), la pêche miraculeuse (épisode 4), les noces de Cana (épisode 5), le paralytique conduit à Jésus (épisode 6), ou encore la rencontre nocturne entre Jésus et Nicodème (épisode 7).

Le déroulé de l’action peut être aussi difficile à suivre au début, et certains enjeux paraîtront complexes, voire incompréhensibles, pour qui n’est pas familier des Évangiles. D’où la nécessité de s’accrocher et/ou de se référer aux textes bibliques pour ne pas être perdu.

Au final, un parti pris artistique qui nous garde d’un Christ désincarné ou d’une lecture « mythologique, moralisante et édifiante » de l’Evangile, pour nous donner à découvrir la foi de gens réels, résultat d’une rencontre non moins réelle, dans des lieux réels, avec une personne bien réelle : Celui qui est « le Verbe (ou la Parole) fait chair » (Jean 1v14).

De l’aveu du réalisateur, l’idée est de donner envie à ceux qui connaissent (ou croient connaître) les Evangiles, comme à ceux qui ne les connaissent pas, peu ou mal, de s’y (re)plonger.

Néanmoins, une telle série peut-elle être de nature à rapprocher du Christ ?

A condition de bien faire la différence entre la réalité et la fiction, entre les choix artistiques, l’imagination et l’interprétation des scénaristes, et ce que dit vraiment le texte de l’Évangile.

Et à condition de ne pas passer tout son temps à « binger » [visionner d’une traite] cette série ;-), au point de devenir obsessionnel d’un produit artistique – « l’ombre » – qui deviendrait « culte » (un comble !), en oubliant Celui qui est la réalité, Christ – d’autant plus que 7 saisons sont annoncées (ce qui me paraît beaucoup), avec un premier tome du livre de la série !

Il s’agit en effet de se laisser rejoindre, dans notre vie réelle, non pas par un Christ d’une série télévisée, ou interprété par un acteur, aussi juste soit-il, mais par le Christ authentique des Evangiles et de la Bible, Celui qui est « le Dieu véritable et la vie éternelle » (1 Jean 5v20). Et ce, pour vivre une relation vivante et véritable, d’amour et de confiance, avec Lui, en découvrant à quel point que Dieu est concerné par toutes les réalités et qu’il n’y a pas de domaine de notre vie où Jésus-Christ ne règne pas.

The Chosen me paraît donc être une approche originale à tester et à découvrir. Mais je recommanderai toutefois de prendre le temps de lire ou de relire les 4 Evangiles, avant de commencer cette série, comme de revenir sur les textes déjà lus entre chaque épisode, pour mieux échanger ensuite en petits groupes ou entre amis.

En bonus, une scène de l’épisode 3 de la première saison, illustrant combien Jésus est l’ami des enfants et rappelant à quel point il convient d’être « comme les enfants », pour entrer dans le Royaume de Dieu (Marc 10v14) :

« Etrangers dans la cité » ou quand l’Eglise ne doit plus avoir honte d’être l’Eglise

L’Eglise ne doit pas s’inquiéter « d’être dans le monde » mais « comment être dans le monde, sous quelle forme et dans quel but »(Hauerwas/Willimon. Etrangers dans la cité)

Voici là l’un de mes meilleurs livres lus cette année, reçu dans des circonstances particulières, et dont je vous recommande vivement la lecture : « Etrangers dans la cité » de Stanley Hauerwas et William H. Willimon (Ed. du Cerf, 2016). Il y est question de l’Eglise (celle de Jésus-Christ) et de la façon dont elle est appelée par Son Seigneur à être visible, en étant ni « du monde » ou « hors du monde », mais bien « dans le monde ». En clair : l’Eglise ne doit plus avoir honte d’être l’Eglise, et les chrétiens doivent assumer le fait d’être « des exilés en terre étrangère » (op. cit, p 51).

Cette édition d’ « Etrangers dans la cité » (par ailleurs catholique et non protestante/évangélique, comme on aurait pu s’y attendre) est la première traduction française de l’édition « anniversaire » d’un best-seller (« vendu à 1 million d’exemplaires » dans son édition américaine d’origine !) publié pour la première fois en 1990, réédité et augmenté en 2014. L’ouvrage, qui a pour auteurs deux méthodistes américains (l’évêque William H. Willimon, qui a rédigé un avant-propos, et le théologien et éthicien Stanley Hauerwas, qui a rédigé la postface), reste toujours aussi stimulant et pertinent pour notre temps. Il semble pourtant encore trop peu connu en France et me paraît particulièrement recommandable à tous ceux qui estiment que l’on pourrait « être chrétien sans église » et/ou que le summum de « la maturité spirituelle » serait une vie marquée par l’indépendance ou « la liberté individuelle » rationnelle de choix (par ailleurs héritée des Lumières).

Dans cette édition française figure également une préface tout aussi percutante des traducteurs Grégoire Quévreux et Guilhem Riffaut. Intitulée de façon provocatrice « Babylone à domicile », elle souligne que « l’Eglise, quand elle est fidèle à Jésus-Christ » et au véritable Evangile (pas le faux, dit « de la prospérité » !), « s’oppose nécessairement au monde », « un monde malade de son propre vide : le McWorld », né de « la mcdonaldisation » de la société, standardisée sur le modèle du « fast-food »(op.cit., pp8-13, 23). Et cette Eglise fidèle s’oppose alors aux « piliers du McWorld » (le nihilisme, le matérialisme, le capitalisme et l’individualisme), « lorsqu’elle lui rappelle la foi en Dieu et son Fils, son éloge d’une vie simple et spirituelle fondée sur l’amour du prochain et vécue communautairement, loin du consumérisme acharné et de la concurrence rapace de tous avec tous » (op.cit., p23). C’est là « la chose la plus précieuse (que l’Eglise fidèle) a à apporter (à ce) monde » (op.cit., pp 26-27).

Sinon, Willimon et Hauerwas nous invitent à nous poser les bonnes questions (non plus « devons-nous croire ? » mais « que devons-nous croire ? », op. cit., p63 et non plus « Dieu existe-t-il ? » mais « quel Dieu existe ? », op.cit., p164). Et à nous réjouir de ce que, « quelque part entre 1960 et 1980, un vieux monde dépassé (ait) pris fin, laissant la place à « un monde nouveau et excitant », « en attente d’être exploré »(op.cit., p53).

« Le vieux monde » qui a disparu est « la chrétienté », ou « l’Église constantinienne » – marquée par une si étroite collaboration entre l’Église et l’Etat, que l’un et l’autre en sont confondus. Le christianisme a paru pendant des siècles en tirer profit par l’influence qu’il s’imaginait avoir sur le temporel. La disparition de ce régime a laissé désemparées plusieurs générations de chrétiens.

« Le monde nouveau et excitant, en attente d’être exploré » est celui qui s’ouvre aux chrétiens, libres désormais de proclamer l’Evangile et d’incarner une véritable contre-culture, missions impossibles si « la tâche sociale de l’Église est d’être l’un des nombreux auxiliaires dociles de l’État » (op.cit. p. 85), ou si l’Eglise reste « le supplément d’âme de la société marchande » (op. cit., p 27).

Rejetant les compromissions et les impasses du sécularisme de l’Église « militante » (« libérale », « progressiste », oeuvrant à réformer la société) et de l’individualisme de l’Église « conversionniste » (« conservatrice », travaillant au changement intérieur des individus), l’une et l’autre n’ayant rien de sérieux (et de neuf) à dire à la société, Willimon et Hauerwas optent pour une Église confessante, qui n’est ni « le juste milieu », ni une synthèse des deux précédentes.

Pour une telle église, « fidèle plus qu’efficace », être « le plus crédible » et « le plus efficace » ne consiste pas à rendre l’Evangile plus « crédible et compréhensible » pour le monde, au risque de dénaturer le message, mais à être « quelque chose que le monde n’est pas et ne pourra jamais être » sans le Christ (op.cit., pp 93-95) :

« Ilot culturel au milieu d’une culture étrangère », l’Eglise ne doit pas œuvrer pour « améliorer » le monde, mais préparer le Royaume (ou Règne) de Dieu en bâtissant ce qui est « la stratégie sociale la plus créative que (les chrétiens ont) à offrir » (op. cit.p. 147), prémices d’une nouvelle création en Christ. L’Eglise n’a donc pas seulement une éthique sociale chrétienne : elle « est » une éthique sociale chrétienne, étant une communauté de foi vivante, visible et inspirante (certes, dans la faiblesse) où sont vécus les principes de vie du Règne de Dieu enseignés par Jésus dans le Sermon sur la Montagne : suivre Jésus et vivre ensemble autrement, choisir la vérité au mensonge, remettre en question « une bonne idée » de garderie à l’église (pour les membres qui auraient besoin « de travailler plus pour gagner plus » de quoi s’acheter une deuxième voiture…), confronter les « Ananias et Saphira » plutôt que de (les) rassurer, prendre soin de manière collective et concrète d’un couple proche du divorce, donner et recevoir le pardon, aimer nos ennemis et prier pour ceux qui nous persécutent….bref, « être parfaits », comme « Notre Père Céleste est parfait », Lui qui « fait lever son soleil aussi bien sur les méchants que sur les bons, il fait pleuvoir sur ceux qui lui sont fidèles comme sur ceux qui ne le sont pas » (Matt.5v45, 48).

Contrairement à une idée reçue, le Sermon sur la montagne n’encourage pas un individualisme héroïque, puisqu’il le tient en échec. Il n’est donc pas à vivre seul, ce qui serait impossible, mais nécessairement au sein d’une communauté (l’Eglise) et autour d’un grand récit (celui de la révélation biblique dont le centre est Jésus-Christ). C’est ainsi que sera effectivement et concrètement annoncé « une Bonne Nouvelle premièrement pour les pauvres », et proclamé « aux captifs la libération… » (Luc 4v18).

« Objections ! »

Une telle approche, qualifiable de « radicale », sera-t-elle intégralement adoptée ? Stimulante et interpellante, elle est toutefois susceptible d’être critiquée comme étant « sectaire » (cf la posture d’une Eglise repliée sur elle-même), « pessimiste » ou « binaire » (l’Église présentée comme « l’unique planche de salut face à une société éclatée »). Ainsi, Dieu est-il exclusivement actif dans la communauté des chrétiens ou agit-il aussi dans la vie des hommes et des femmes de bonne volonté qui n’appartiennent pas à une «Église visible» ? « Dieu offre-t-il le salut à un petit nombre de croyants seulement ? Le monde n’est-il pas un lieu habité par l’Esprit de Dieu ? Un agnostique individualiste ne peut-il pas trouver dans sa vie un chemin de vérité ? La sagesse de ce dernier ne peut-elle rien apporter aux chrétiens ?…… »

D’autres objecteront : « une foi réellement incarnée peut-elle se passer d’entrer en dialogue avec la culture ? Le modèle suggéré par les auteurs est-il vraiment pertinent pour penser les défis de la foi chrétienne dans une France sécularisée, tentée par toutes sortes de replis identitaires ? » (pour ne pas dire « communautaristes ») Ce à quoi répondent indirectement Willimon et Hauerwas, pour qui « les chrétiens se doivent d’être très soupçonneux vis-à-vis de tout discours communautariste », surtout « lorsque les gens sont totalement privés de perspectives ou d’une vision du monde cohérente ».

D’autres encore estimeront « critiquable » l’affirmation comme quoi « l’éthique chrétienne (n’aurait pas) de sens pour des non-chrétiens » et dénonceront comme un « excès de langage » ce qui consiste à qualifier tout projet d’une éthique universellement compréhensible d’« hérésie diabolique ». Si « l’éthique chrétienne découlant de la foi au Christ est folie pour le monde, est-elle pour autant incompréhensible ? L’éthique chrétienne ne vient-elle pas réveiller la conscience que Dieu a déjà placée en chacun ? »

« A nous de jouer ! » (Mais ce n’est pas un jeu)

Ces objections et interrogations une fois formulées (dans le but – conscient ou inconscient – de « rationaliser » le propos d’ « Etrangers dans la cité » ?), et après avoir bien débattu sur le web et/ou IRL, les chrétiens oseront-ils être enfin l’Eglise, « dans le monde sans être du monde » ?

Non pas, comme le précisent Willimon et Hauerwas, pour être « la communauté pour la communauté » (op.cit., p138), mais pour être fidèles à Jésus, dans l’humilité et en vérité.

En parallèle, le mieux que l’on puisse souhaiter à « Etrangers dans la cité », à l’instar du vœu de ses auteurs, c’est d’être lu et perçu « comme un livre d’espérance », source d’inspiration, par ceux qui continuent de croire que « Dieu n’abandonnera jamais Son Eglise » (op.cit., p 282)

 

En bref :

Stanley Hauerwas, William H. Willimon, Étrangers dans la cité (Resident Alliens. Life in the Christian Colony), traduit et préfacé par G. Quévreux et G. Riffault, Editions du Cerf, 2016(collection Essais). Disponible chez l’éditeur et dans toute bonne librairie.

« Un coach nommé Jésus » : Epanouissement personnel et Evangile

« Un programme de réussite basé sur les valeurs de l’Evangile et une lecture managériale des Ecritures bibliques ».

J’avoue avoir d’abord « tiqué » à la lecture du titre de ce livre de Sophie Soria, qu’un ami m’a prêté : Un coach nommé Jésus : Epanouissement personnel et Evangile – Editions Dunod (12 mai 2005). En réalité, l’ouvrage mérite que l’on s’y arrête pour sa démarche et la portée de son propos….

Apparu il y a environ 25 ans, le coaching est aujourd’hui à la mode et se retrouve un peu partout – sport, entreprise, vie personnelle et même église…avec ce point commun : accompagner des personnes ou des équipes pour favoriser le développement de leur potentiel professionnel.

L’ouvrage veut simplement, semble-t-il, rendre compte d’un constat : Jésus serait « un coach extraordinaire. Coach du sens de la vie, de l’accompagnement au changement, de la sagesse et de la transformation intérieure, coach par ses paraboles, il demeure, à travers les siècles, toujours moderne et innovateur. Son message libérateur offre des points de repère et des méthodes pour guider notre existence vers un épanouissement durable, professionnel et personnel »(Résumé de 4ème de couverture). Mais Jésus est-il vraiment un « coach » ? Une telle comparaison est-elle raison, à l’heure où chacun se choisit les maîtres à penser qu’il veut, dans un esprit « free style » ?

Ce livre est publié chez Dunod, un éditeur spécialisé dans les ouvrages de formation universitaire et professionnelle (parmi ses domaines : la gestion et le management, ainsi que le développement personnel). D’où l’angle choisi de cet ouvrage théorique sur le coaching : nous présenter un programme de réussite basé sur les valeurs de l’Evangile et une lecture managériale des Ecritures bibliques.

Treize « paroles de sagesse » de Jésus donnent treize principes : relativiser l’argent, rassurer l’inquiétude, entreprendre la prise de risques, donner et pardonner dans l’amour-agapè, servir avec humilité, rêver et créer dans un esprit d’enfance, décider avec discernement, chercher avec persévérance, résister librement, changer de cadre pour créer le paradoxe, gagner en lâcher-prise, renaître de l’épreuve et savourer la joie. Suivent trois paraboles « du coaching » tirées des Evangiles, lesquelles se basent sur 4 grands principes : la parabole des talents (le potentiel), la parabole du sel de la terre et de la lumière du monde (la sagesse et la vérité) et la parabole de la maison bâtie sur le roc (les valeurs éthiques). La finalité étant de « vivre en plénitude la vie surabondante ». A la fin de chaque chapitre d’inégale longueur, Sophie Soria nous propose des exercices d’autocoaching fondés sur des situations concrètes de la vie personnelle et professionnelle.

En fin de compte, la démarche d’actualisation du langage biblique, plutôt originale et osée, se révèle pertinente en soulignant le caractère universel et intemporel de l’enseignement de Jésus-Christ. J’ai particulièrement apprécié le chapitre sur la liberté, avec le « décodage » des trois tentations de Jésus au désert. Certains trouveront que c’est ainsi réduire le Fils de Dieu et la portée de son message que de le présenter en simple « coach », « conseiller en communication », ou « maître de sagesse » (managériale), et que les quatre « titres » donné par l’auteure à Jésus (et dont elle fait les quatre parties de son livre) sont bien peu messianiques : « Jésus, conseiller merveilleux » ; « Jésus, coach du changement » ; « Jésus, coach de la sagesse » ; « Jésus, coach par la parabole ».

Mais l’on peut noter que l’auteure, autrefois juive athée, s’est convertie au christianisme (elle est catholique pratiquante), ayant reconnue Jésus comme étant bien le Messie promis et attendu par Israël. Et bien qu’elle prétende le contraire, cet ouvrage est un (e) remarquable « catéchisme/exégèse pratique », liant le spirituel au concret. Il explique, sans forcer à croire[mais en invitant à faire appel au « pouvoir de croire »], en quoi choisir Jésus-Christ et son enseignement, loin de pousser à la résignation et à la haine de soi, rend « réellement libre » et heureux aujourd’hui. Un tel livre peut alors toucher des personnes susceptibles d’être séduits par le New Age, l’ésotérisme et l’occultisme ou par l’ambiguïté de certaines techniques de communication et d’influence, pour mieux les conduire à Celui qui est le « Dieu véritable » et dont les paroles sont « esprit et vie ». Ce qui ne serait déjà pas si mal !

En bref :

Un coach nommé Jésus, par Sophie Soria
Chez InterEditions, collection épanouissement personnel et professionnel – 155 x 240 mm – 272 pages – 2005 – ISBN : 2100486845 – Prix : 19 €
Sommaire :
Ce livre…Jésus, «conseiller merveilleux», coach à part entière Jésus, coach du changement Jésus, coach de la sagesse l’argent. L’inquiétude. La prise de risques. L’amour. L’humilité. L’esprit d’enfance. Le discernement. La persévérance. La liberté. Le paradoxe. Le lâcher-prise. Le sens de l’épreuve. La joie. Jésus, coach par la parabole. Vivre en plénitude.

L’auteure : Coach certifié et conseil en communication. D’abord journaliste, elle devient coach en 2000 suite à une formation de 3 ans au coaching comportemental selon la psychologie humaniste. Après de premières armes en entreprise auprès de collaborateurs et dirigeants de grands groupes qu’elle coache, elle créée en 2002 son cabinet Le Coaching Ethique, orienté vers la réussite éthique. En 2005, elle publie un livre théorique sur le coaching : « Un coach nommé Jésus », devenu ouvrage de référence. Son livre présente un programme de réussite basé sur les valeurs de l’Evangile. En 2007, elle se spécialise dans l’aide aux victimes de harcèlement moral dans l’entreprise et la vie privée. Par son expérience d’aide à la reconstruction des femmes ayant subi de la violence psychologique dans le milieu familial, Sophie SORIA-GLO est alors amenée à établir sa méthodologie pour le leadership des femmes. Elle est aussi la secrétaire de l’association AVHMVP, Aide aux victimes de harcèlement moral et de violences psychologiques dans la vie privée ou professionnelle.

 

« Ça change tout ! » : L’Evangile qui transforme ta jeunesse

Vivre intégralement l’Évangile : « ça change tout ! »

« Ça change tout ! » pourrait être un nouveau slogan pour faire rêver. En réalité, il s’agit du constat d’une réalité : comment l’Évangile, « une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit », et comment aimer et suivre chaque jour Jésus, notre Seigneur, génèrent le changement intégral dans notre vie.

« Ça change tout ! L’Evangile qui transforme ta jeunesse » est le livre co-édité par la Rébellution(1) et BLF Éditions (28/04/18)– que j’ai trouvé fort bien écrit et construit – de Jaquelle Crowe, une « rebellutionnaire » américaine de 19 ans (2) qui s’adresse franchement à sa génération pour l’encourager : « de jeune à jeune et de disciple de Jésus à disciple de Jésus », elle partage avec simplicité et humilité ce qu’elle a elle-même appris dans les Écritures bibliques, Parole de Dieu, pour vivre une vie abondante. Particulièrement bienvenu, ce livre, que j’ai reçu gracieusement de l’éditeur (que je remercie), vient rappeler que la jeunesse a besoin avant tout de solide pour non seulement croire mais croître dans la foi, sur de bons fondements. Par moments, il m’a fait penser à « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété » de Kent Hughes, mais en version « jeune », pour son approche holistique. En effet, chacun des 8 chapitres composant ce livre aborde un thème classique de la vie chrétienne, comme autant d’illustrations complémentaires du changement opéré par l’Évangile. En utilisant le « nous » inclusif dans les titres de chapitres, Jaquelle Crowe invite d’ailleurs ses lecteurs, disciples de Jésus-Christ, à s’approprier pour eux-mêmes chacune de ces thématiques et à vivre personnellement que l’Évangile change tout, avec de nouvelles (meilleures) perspectives : « notre identité », « notre histoire » ; « notre communauté » (L’Église) et notre nouveau regard/rapport à celle-ci, « notre (attitude face au) péché » (que nous n’aimons plus mais haïssons et combattons – les péchés plus « ordinaires » étant les plus dangereux), nos priorités (aimer Jésus et désirer lui ressembler toujours mieux, soit les finalités de l’exercice des disciplines spirituelles), « notre croissance » (pour nous exercer au discernement), « notre (rapport au) temps » (parce qu’il est précieux) et « nos (façons de vivre nos) relations » avec les autres (parents, frères et sœurs, amis et personnes du sexe opposé).

Ce changement intégral, dans tous les domaines, nous rendra libre de vivre joyeusement à contre-courant de la culture ambiante, qui est un redoutable « faiseur de disciple », et libre d’aimer, glorifier et plaire à un autre que nous-même :  Jésus-Christ, notre Seigneur !

Au final, cette lecture est parfaitement recommandable pour tout jeune, particulièrement né dans une famille chrétienne et s’apprêtant à témoigner que Christ est le Seigneur de toute sa vie, dans le cadre de son baptême. Elle sera également rafraichissante pour les lecteurs moins jeunes. Dans tous les cas, elle est idéale pour l’été, période de défis et de tentations !

 

En savoir plus :

Le lien du livre et cette vidéo :

 

Notes :

(1) « Rébellution » est un mot-valise, composé de « rébellion » et de « révolution ». Une rébellion de jeunes chrétiens non pas contre des autorités instituées par Dieu, mais contre les exigences médiocres de notre société. Le blogue, écrit par des jeunes pour des jeunes, a du « pep’s » et contient quantité de ressources pour booster sa foi et nous encourager à vivre pour Dieu. Il est la version francophone d’un mouvement(« rebelution », avec un seul « l ») initié par Alex et Brett Harris. Si vous êtes anglophone, ne manquez pas de découvrir la version « originale », laquelle met également en avant des projets humanitaires, sociaux et caritatifs.

(2) Jaquelle Crowe est une jeune auteure de 19 ans qui vient de l’est du Canada. Elle est éditrice en chef de TheRebelution.com et contributrice de the Gospel Coalition, desiringGod.org et Unlocking the Bible. Elle anime aussi un atelier pour jeunes écrivains, le Young Writers Workshop. Ca change tout : l’Évangile qui transforme ta jeunesse est son premier livre.