« 1001 questions » simples (et autant de réponses claires) « sur la foi, Jésus, la Bible, Dieu, la vie…et même le reste ! »

« Pasteurs et théologiens sont connus pour répondre en termes alambiqués à des questions que personne ne se pose jamais », constatait avec humour le « théologeek » Olivier Keshavjee sur son blogue. Quand ils ne font pas des blagues en grec ancien que personne ne comprend…..

Mais plutôt que d’interpeller par un « ok ! » le « conseiller spirituel le plus consulté de notre temps » (à savoir, le moteur de recherche « Google », qui ne sait que lire des suites de mots, sans comprendre le sens d’une question), l’on pourra estimer plus pertinent de recourir à « 1001 questions », un nouveau site créé le 1er janvier 2017 à l’initiative des « Attestants », et que j’ai découvert grâce au blogue « Une foi, des actes »(1). Ce courant de l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) s’est constitué suite au synode de Sète qui a vu autoriser la bénédiction des couples homosexuels. L’idée du mouvement est « de mettre au centre des préoccupations le fait d’être une Eglise de témoins ». Il s’agit pour ces protestants, non plus de « protester » mais « d’attester » d’une foi solide dans le Père, le Fils et le Saint Esprit, comme « d’attester » de l’autorité souveraine de la parole biblique pour la foi et la vie des croyants(2).

Sur 1001 Questions, des théologiens protestants, « Attestants » donc, se tiennent disponibles pour répondre de façon brève, claire et pertinente à vos questions simples « sur la foi, Jésus, la Bible, Dieu, la théologie, la vie, … et même le reste »(3). Ce qui est un exploit de nos jours ! Le site est lui aussi très clair : il comporte le classique nuage de mots-clés facilitant les recherches sur les occurrences populaires (telles que « baptême », « Bible », « Caïn », « Confession de foi », « esprit », « Jésus »….), ainsi qu’un classement des réponses par thèmes.

Bien entendu, à l’heure où j’écris, et vu que le site est très récent, nous sommes encore loin des « 1001 questions » et autant de réponses ! Mais vous pouvez contribuer à atteindre ce chiffre, en posant votre propre question : il n’y en a aucune qui soit idiote et ne pas la poser, c’est peut-être courir le risque de « rester idiot » toute sa vie !

Si vous n’osez pas, ou si vous connaissez toutes les réponses de toutes les questions passées, présentes ou à venir, vous pouvez toujours explorer le site pour découvrir les questions qui ont déjà trouvé une réponse. Bonne visite !

 

 

Exemples de questions déjà posées :

http://1001questions.fr/quel-est-le-sens-de-la-vie-selon-vous-question-peu-originale-mais-finalement-essentielle-non-nath/ ;

http://1001questions.fr/comment-comprendre-la-sainte-cene-quelle-frequence-sans-tomber-dans-lidolatrie-stephane/ ;

http://1001questions.fr/quest-ce-que-le-peche-est-il-inne-ou-acquis-peps/ ;

http://1001questions.fr/quest-ce-que-le-blaspheme-contre-lesprit-saint-dont-parle-jesus-pourquoi-est-il-impardonnable-tototte/ ;

http://1001questions.fr/est-ce-que-trader-son-argent-est-un-peche-laisser-son-argent-sur-un-compte-en-banque-est-il-vraiment-une-solution-meilleure-quand-on-sait-ce-qui-en-est-fait-hanna/ ;

http://1001questions.fr/si-dieu-a-cree-le-monde-quil-a-tant-aime-le-monde-et-quil-est-tout-puissant-pourquoi-y-a-t-il-tant-dinjustices-de-guerres-de-famine/ ;

http://1001questions.fr/le-chretien-est-il-condamne-a-ne-jamais-divorcer-sauf-violence-et-adultere-quand-dans-un-couple-apres-un-temps-de-discernement-lun-veut-divorcer-dans-la-paix-la-bible-le-lui-interdirait/

http://1001questions.fr/comment-evoquer-avec-les-parents-de-lecole-biblique-la-question-de-la-priere-en-famille-aude/

http://1001questions.fr/la-presentation-denfant-nest-elle-pas-un-bapteme-sec-cr/

 

Notes :

(1) Et non pas le contraire, comme diraient nos amis Belges… 😉

(2) Le site « Attester » des « Attestants » est consultable ici. Voir aussi leur déclaration d’intention.

(3) Explication de la démarche sur le site des Attestants. Les plus curieux pourront découvrir la composition de l’équipe des « répondants » ici.

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« Inculture au poing » : « rompre le pain »

"Faites ceci en mémoire de moi", dit Jésus

« Faites ceci en mémoire de moi », dit Jésus

Le Talmud de Babylone raconte cette anecdote(1) où le grand rabbin Rav Achi jugeait de la question des rois d’Israël (pour savoir lesquels n’auront pas part au monde futur) et dit à ses collègues : « demain nous nous occuperons de notre « ami » Menaché (Ou : Manassé, un roi corrompu et idolâtre cf 2 Rois 21 et 2 Chron.33) ». La nuit, Menaché lui apparait en rêve et lui demande : « tu te permets de m’appeler ton « ami » ! (comment prétends-tu te mettre au même niveau que le mien). Alors je vais te poser une question : je voudrais savoir lorsqu’on rompt le pain(2) de quel côté doit-on le rompre ? » Rav Achi lui répondit qu’il n’en sait rien. Il lui dit : « tu ne sais même pas comment rompre le pain et tu m’appelles ton « ami » ! Je vais te l’apprendre et demain tu l’enseigneras, tu dois le rompre à l’endroit où il est le plus cuit », c’est-à-dire la croûte (sous-entendu : « et pas la mie ! »).

Que signifie ce geste de « rompre le pain » ?

« Avant de pouvoir manger, il faut, selon la tradition talmudique », et comme l’explique notammnt Marc-Alain Ouaknin (3), « premièrement s’assurer que les animaux domestiques ont reçu de quoi se nourrir, et deuxièmement rompre le pain même si l’on mange seul. Un symbole d’une « éthique au quotidien » : « je ne peux jamais commencer à manger sans avoir fait ce geste qui signifie que je suis prêt à partager le pain avec autrui. » C’est aussi dans ce geste que culmine le sens de la soirée pascale (le seder), par exemple inaugurée par l’invitation faite à l’autre homme de venir partager le pain.

L’invité est en hébreu un « oréah », mot dont la racine signifie aussi « chemin ». Nous pouvons également y lire les mots « or » et « réah », « lumière » et « parfum ». Toute personne avec qui nous partageons le pain et même ses proches sont considérés comme des invités. C’est pour cela que le mot « repas » se dit « arouha » en hébreu, de la même racine qu’ « oréah »/ « invité ». De fait, c’est le geste du partage qui confère à l’autre homme le statut d’invité. Ainsi, « partager le pain », c’est « ouvrir sa maison à la lumière et au parfum de la vie ». C’est en accueillant l’autre qu’on est soi-même accueilli par l’autre, accueilli par la lumière et le parfum. L’ambiguïté du « qui accueille qui » est bien soulignée par la langue française, qui utilise le même mot pour « l’invité » et « l’invitant » : l’hôte !

Le geste du partage du pain est l’un des plus essentiels du judaïsme : il est le signe que l’homme est toujours engagé dans une relation avec un autre homme. Etre, c’est « être avec ». La relation n’est pas un « en-plus-de-l’humanité-de-l’homme », mais le constitue ontologiquement.

Pourquoi alors « (casser) la croûte » ?

Parce que la croûte, c’est ce qui a durci, ce sont les habitudes ! Une vieille expression française parle d’ailleurs fort justement du risque de « s’encroûter ». Et manger, c’est partager, c’est « casser la croûte », c’est-à-dire refuser l’encrassement, l’engluement, la lourdeur des habitudes(3). C’est aussi inviter l’autre à « sortir de sa zone de confort ».

Dans le Nouveau Testament, la pratique de « rompre le pain » (ou du partage du pain) est  l’une des caractéristiques de la vie de la communauté chrétienne. Ce que l’on appelle « la Sainte Cène » (« Cène » = « repas du soir ») ou « le repas du Seigneur », évoque le geste même de Jésus rompant le pain lors de son dernier repas avec ses apôtres (cf Matt. 26v26-28 ; Marc 14v22 ; Luc 22v14). C’est même l’un des rares gestes que Jésus nous a explicitement commandé de reproduire : « Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22v 19). Il s’agit, pour nous qui suivons Jésus, d’annoncer « la mort du Seigneur », condition de nos rassemblements « en Eglise », « jusqu’à ce qu’Il vienne » (1 Cor.11v26).

« La fraction du pain » fait aussi partie de ces 4 choses dans lesquelles les premiers chrétiens persévéraient, avec «  l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle et les prières » : « Ils persévéraient …dans la fraction du pain (Actes 2v42) Chaque jour, avec persévérance… ils rompaient le pain dans les maisons et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur » (Actes 2v46).  Dans les premières assemblées chrétiennes, les repas étaient collectifs et étaient l’occasion du partage du pain et du vin avec le rappel de son institution par Jésus(cf 1 Cor.11, le plus ancien document à ce sujet). Dans Actes 2, le verbe «persévérer» a le même sens que «tenir fermement attaché à» (Rom 12v12 ; Col 4v2). La persévérance exige une discipline personnelle et collective (nous y reviendront plus loin). « Ils persévéraient », « ils se réunissaient pour » et ils ne comptaient pas le temps. Ils le faisaient « avec joie et simplicité de cœur ».

Le « pain rompu » est aussi (le rappel de) « la communion au corps de Christ » : « puisqu’il y a un seul pain », ceux qui « sont plusieurs » ne sont pas une somme d’individus mais « forment un seul corps », dont les membres sont interdépendants, « participant tous à un même pain ». (1Cor. 10v16).

Il est édifiant d’apprendre, comme nous le rappelle le pasteur Gilles Boucomont (4) que le verbe « accompagner » signifie « partager son pain avec » [ce qui a aussi donné « copain »]. L’accompagnement est un accompagnement fraternel. Il est donc enraciné dans la vie communautaire et le partage du pain ou de la cène, qui nous fait devenir tous enfants d’un même Père [céleste]. Quand je suis accompagné spirituellement ou que j’accompagne quelqu’un d’autre, je fais route avec lui jusqu’au partage du pain qui révèle la présence du Christ ressuscité »(4), comme l’illustre la scène( !) des pèlerins d’Emmaüs, lesquels reconnaissent Jésus ressuscité lors « de la fraction du pain » en Luc 24v28-35.

« Rompre le pain » rendrait-il donc « clairvoyant » ? Il est possible de faire un rapprochement édifiant avec le premier repas de communion de l’histoire : du pain et du vin, apporté par « le roi de justice et de paix » à Abraham, ce qui a rendu ce dernier « clairvoyant » sur un important enjeu spirituel (une tentation) cf Gen.14v18.

Pour Gilles Boucomont encore, « le partage de la Cène est [également] agent de guérison parce qu’il nous manifeste ce qu’est l’humanité concrètement réconciliée(…) Sont ainsi rendues visibles le fait qu’il n’y ait plus de distinctions entre les personnes, une puissance égalitaire que jusque-là seule la mort pouvait prétendre offrir aux humains. Le fait même d’utiliser deux aliments simples pour dire le corps et le sang de Jésus est une réconciliation. Ce sont des produits transformés, fruits du travail de la nature, de la création de Dieu, et du travail des hommes. La Cène est une vraie guérison des relations interpersonnelles, car elle brise tous les jeux d’autorité qui ne sont pas en Christ ou de Christ. Elle est aussi une guérison de la mémoire, car en mettant fin à la nécessité de répéter un sacrifice (Hébr.7v26-27 et 10v18), mais en le symbolisant, elle nous fait sortir de la tension entre l’oubli et la répétition qui hante nos histoires. Enfin, elle est une guérison fondamentale de toutes les tentations religieuses : c’est Dieu[ou Christ] qui invite à sa table, ce n’est pas un lieu de pouvoir religieux (cf 1 Cor.11v17-34 et cf 1 Cor.12), elle met fin à la logique sacrificielle…Autant de guérisons d’une humanité en manque de repères… »(5)

 

Enfin, quand prendre la Cène ? « Quelle fréquence sans tomber dans l’idolâtrie » (ou la routine) ? (6)

Doit-on craindre « une routine » ou « une lassitude », si nous prenons la Cène une fois par semaine ? Le danger n’est pas plus grand que de se réunir tous les dimanches pour le culte.

Néanmoins, l’on peut remarquer que, « dès le début, ce repas a été un point de vérification de la santé de la communauté : un problème dans la forme pouvait révéler un problème spirituel de fond ! (voir par exemple 1 corinthiens 11v17-23) »(6). D’autre part, prendre la Cène régulièrement implique ma responsabilité de suivre Jésus, de ne pas laisser un différend avec mon frère avec qui je partage ce repas et de ne pas vivre dans le péché. Le repas du Seigneur ne se prend pas à la légère. Le péché y est confessé et jugé. La Cène ne devient donc pas une simple habitude, car chaque fois « chacun s’éprouve », chacun se juge pour discerner s’il y a quelque chose qui le sépare de son Seigneur et de son frère (1 Cor 11v27-32). Cela signifie qu’il y a une discipline à la fois individuelle mais aussi collective, à la table du Seigneur. « Que chacun donc s’éprouve soi-même », pour ne pas s’abstenir de prendre la cène, mais pour « ainsi (manger) du pain et (boire) de la coupe… » (1Co 11v28)

Concernant la fréquence de la Sainte Cène, il n’y a pas « de règle » dans le Nouveau Testament, mais la mention d’une fréquence, d’une régularité (et non d’un caractère occasionnel ou exceptionnel).

Il est aussi mentionné, en Actes 20v7, que l’Eglise primitive a célébré la Cène lors d’un rassemblement « le premier jour de la semaine » (le dimanche).

La Didaché (un document de l’Eglise primitive datant de la fin du premier siècle) recommande : «Réunissez-vous le jour dominical du Seigneur, rompez le pain et rendez grâces après avoir confessé d’abord vos péchés» (paragr. XIV).

Jésus Lui-même est apparu à ses disciples, après sa résurrection (cf. Jean 20v19,26 ; 21v1 ; Luc 24v36 ; I Cor. 16v2) « le premier jour de la semaine ».

Pour terminer, « l’idolâtrie [ou la routine] peut se cacher dans une célébration hyper fréquente de la cène, comme dans une trop grande rareté de celle-ci. Et une foi authentique peut être manifestée dans des pratiques parfois surprenantes, mais réfléchies spirituellement. Bref, une Eglise saine aime la cène » (6)

 

 

Notes :

(1) Traité Yebamot Chapitre 4 Page 49b. Anecdote rapportée, avec quelques modifications, par Marc-Alain Ouaknin, dans « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains. Seuil, 2013(points), p 223. Voir aussi pp 226-228.

(2) Geste fondamental dans la tradition juive, repris ensuite par Jésus, qui consiste à rompre et partager le pain entre ceux qui participent à un repas, geste qui inaugure, en général, tout repas.

(3) Voir son « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains ». Seuil, 2013(points), p 223. Voir aussi pp 226-228.

(4) Boucomont, Gilles. « Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit » Première partie, 2010, p.176

(5) Boucomont, Gilles. « Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit ». Première partie, 2010, p.223.

(6) Question « classique » notamment posée ici : http://1001questions.fr/comment-comprendre-la-sainte-cene-quelle-frequence-sans-tomber-dans-lidolatrie-stephane/ ; http://1001questions.fr/doit-on-prendre-la-sainte-cene-tous-les-dimanches/

 

 

« Tout est fini…. »

Dans l'original, en un seul mot, ce dernier cri de Jésus à la croix : "Tetelestai" ! "Tout est accompli !"

Dans l’original, en un seul mot, ce dernier cri de Jésus à la croix : « Tetelestai » ! « Tout est accompli ! »

Les mots “tout est fini” correspondent à un seul mot en grec : « tetelestai ». Il signifie que “tout est fini et définitivement accompli”. Ce mot était souvent employé par les éleveurs. Lorsqu’un animal naissait dans le troupeau et que celui-ci était parfait, sans aucun défaut, l’éleveur s’écriait : “Tetelestai ! Tetelestai !”

Les artistes ou les ouvriers employaient la même expression, lorsqu’ils étaient venu à bout de leur œuvre : “Tetelestai ! Tetelestai !”

Et « Tetelestai » était aussi employé couramment par les Grecs Anciens dans le commerce, pour signifier qu’une dette était payée (cela ne s’invente pas !).

C’est ce mot que Jésus emploie en Jean 19v30 pour signifier que ce qu’il était venu accomplir était achevé. Aux yeux des hommes le regardant mourir à la croix, Jésus « a raté sa vie ». Mais si Jésus n’a pas « réussi dans la vie », selon les critères de ce monde ou d’un certain publiciste, Il a véritablement « réussi sa vie », puisqu’il a pu dire : « Tetelestai, tetelestai », « l’œuvre que le Père m’a donné est achevée »(Jean 17v4) ; « Tetelestai, tetelestai », « l’agneau parfait a été trouvé » (Gen.22v7-8, Jean 1v29) et « la dette a été payée »(cf Luc 7v36-50).

« Tetelestai, tetelestai », « tout est fini et définitivement accompli », c’est aussi un beau chant de Jimmy Needham (« It is finished »), tiré de l’album « The Hymns Sessions », Vol.1, et que je vous invite à écouter pour le Week-end.

Bonne écoute et bonne méditation autour de ce que Jésus a fait pour vous : “Tetelestai ! Tetelestai !”
 

« Aimez-vous les uns les autres », c’est aussi sur le web !

"La solidarité protestante évangélique" devrait être "nettement" sur le net !

« La solidarité protestante évangélique » devrait être « nettement » sur le net !

Imagine : je suis ton voisin et je passe régulièrement devant ta maison. Puis je me décide enfin à venir te rendre une visite, et ma première remarque porte sur la déco, l’ameublement ou la maison en elle-même, que je juge « pas terrible », dans le style : « ça fait un bout de temps que je voulais faire à mon voisin cette remarque : allons-y franco ».

« Dans la vraie vie », cela ne serait ni correct, ni poli et ni respectueux. Qu’en dis-tu ?

D’autant plus que l’essentiel me paraît être ailleurs : la visite devrait être motivée parce que je porte un véritable et sincère intérêt au voisin (et à ce qu’il fait), dans le fond et l’esprit, et dans un soucis de réciprocité. C’est là le principe du corps de Christ(cf 1 Cor.12).
Mais ce que nous savons fondamental de faire à l’autre « dans la vraie vie », le faisons-nous aussi sur le web (et inversement) ? Ou estimons-nous que l’un et l’autre « n’ont rien à voir » ?

Bref,  « Aimez-vous les uns les autres », ce commandement du Christ, c’est aussi sur le web !

Et « Aimez-vous les uns les autres ou la solidarité (réformée) sur le web » est aussi une excellente initiative d’Olivier Keshavjee, « théologeek » et animateur paroissial réformé suisse, concrétisée via ce site : http://www.aimez.ch/index.html

L’auteur fait avant tout référence au monde réformé, mais l’initiative peut tout à fait s’appliquer au protestantisme évangélique.

La page du site débute par un constat : Le monde [protestant] est bien présent sur la toile, et regorge d’idées, d’initiatives et de compétences. Malgré cela, il y a peu d’interactions entre les différents acteurs, très peu de réjouissance et solidarité envers les projets les uns des autres [ou alors, certains se regroupent par affinité/hobbies, cultivant un certain entre-soi]. En plus d’être triste et décourageant, cela nuit à la visibilité de l’ensemble.

Suivi par le rappel d’un appel particulièrement clair : «Aimez-vous les uns les autres », nous a commandé Jésus. Si nous ne vivons pas cela sur le web, où le vivrons-nous? Le but de ces pages est d’aider de manières très concrètes à répondre à cet appel, en manifestant plus de solidarité entre protestants.

Ensuite, « pourquoi s’aimer sur le net », questionne Olivier Keshavjee ?

Parce que, d’abord, ça fait plaisir : Aimer, commenter ou partager [ce que mon frère ou ma soeur a écrit] — ça fait plaisir. C’est une manière peu coûteuse de dire à l’autre qu’il existe, et ça fait du bien.

Ensuite, cela contribue à une certaine visibilité : Plus nous « likons », suivons, commentons et partageons (plus « nous nous aimons les uns les autres », Jean 13v34, Jean 15v12,17) plus grande est la visibilité des protestants sur le web (et « plus le monde verra… » Jean 13v35).

Mais aimer ne signifie pas être d’accord : On peut « liker » / suivre quelqu’un sans pour autant être d’accord avec tout ce qu’il dit et fait. « Liker » / suivre est néanmoins une manière de dire que l’autre est important, et que je suis solidaire avec lui/elle.

Comment faire concrètement ?

"Droit d'auteur" : La question n’est pas : « quel est le bien de l’auteur », mais « quel est le bien de la communauté ». Ou, « est-ce que je me sers de la communauté, ou est-ce que je sers la communauté? »

Partager et encourager l’autre ne me fait pas de l’ombre — au contraire !

« Aimez », « commentez », « partagez », « suivez »…. !

Commencez par découvrir et aimer de (nouveaux blogues/sites protestants). Aimez ensuite le contenu sur ces pages, remerciez et encouragez son auteur, puis partagez plus loin!

Faites à d’autres ce que vous voudriez qu’on vous fasse !

Car partager et encourager l’autre ne me fait pas de l’ombre — au contraire, cela contribue à la visibilité du protestantisme en général.

Alors ? A quand « la solidarité protestante évangélique sur le web » ?

« Aimons-nous les uns les autres….comme Christ nous a aimé Lui-même ! » Dans « la vraie vie », mais aussi sur le web !

 

 

 

 

 

 

 

Pour qui te lèves-tu, le matin ?

"Pratiquer", c'est avant tout appliquer la parole qui nous intime de faire de la prière notre première activité ["Dieu, le premier servi"], bien avant le travail. Nous avons malheureusement inversé les valeurs ; nous avons fait du travail notre valeur suprême, la source de notre vie". Source : rawpixel

« Pratiquer », c’est avant tout appliquer la parole qui nous intime de faire de la prière notre première activité [« Dieu, le premier servi »], bien avant le travail. Nous avons malheureusement inversé les valeurs….. »
Source : rawpixel

Êtes-vous un « pratiquant » ? Un « chrétien pratiquant » ? Qu’entendez-vous par là ?

Voici ce que Jésus peut nous apprendre à ce sujet :  Tandis que les foules se rassemblaient pour écouter son message, (Il) « se tenait retiré dans les déserts et priait » (Luc 5v16). La prière était sa priorité, même quand ses journées étaient chargées. Même dans les moments de grande occupation, il se levait « bien avant le jour » et s’en allait prier « dans les lieux déserts » (Marc 1v35). Lui qui portait pourtant les franges rituelles juives n’allait pas prier dans les synagogues : quand il s’y rendait, c’était pour prêcher (1).

Alors, « pratiquer » ? « Pratiquer », c’est avant tout appliquer la parole qui nous intime de faire de la prière notre première activité [de sorte que Dieu « soit le premier servi », à notre réveil], bien avant le travail. Nous avons malheureusement inversé les valeurs ; nous avons fait du travail notre valeur suprême, la source de notre vie. Le « chrétien pratiquant » est-il celui qui glisse, entre ses occupations, une petite demi-heure[une heure, deux heures, tout au plus, et encore, s’il ne regarde pas tout le temps son smartphone pendant le service !]pour assister à une messe [ou à un culte] et s’estime ensuite « quitte » de ses « devoirs religieux » ?(1) Une drôle façon de considérer « la pratique », non ?

Et vous ? Comment considérez-vous « la pratique »(religieuse)  ? « Qui est le premier servi », au commencement de votre journée ?

 

Note :

(1) Delpech, Michel. J’ai osé Dieu. Points seuil, 2015, pp 94-95.

Pep’s café a 4 ans : « Aujourd’hui, tu as l’occasion de bénir »

La question reste celle "des valeurs". Mais quelles "valeurs" ?

Pep’s café a 4 ans ! Aujourd’hui, tu as l’occasion de lui dire et de lui faire du bien !

Le 09 janvier, « Pep’s café, le blogue » a soufflé ses 4 bougies. Toi qui le lit et le suit fidèlement – ou, du moins, régulièrement (et je t’en remercie !)- tu as la possibilité de le bénir aujourd’hui, via un petit témoignage à poster en bas de cet article. Tu peux ainsi relever un aspect que tu aimes bien dans le blogue et en quoi il a pu t’encourager en 2016, si c’est le cas. J’en serai personnellement très honoré et te remercie par avance !

N’hésite pas ! Car bénir, c’est bon !(1) C’est dire du bien de quelqu’un. Mais attention ! Pas « un conseil » ou une chose que nous « pensons bonne » ou « cool », mais c’est élever la voix (ou prendre la plume) pour seulement et simplement dire une chose que Dieu a déclaré bonne : soit dire une chose juste et vraie.

D’autre part, bénir, c’est aussi se mobiliser pour que ce bien énoncé par la parole devienne une réalité.

Certes, Dieu bénit et il n’y a que Lui qui sache vraiment ce qui est bon pour quelqu’un. Mais bénir, c’est aussi une prérogative du croyant, qui est « appelé à cela »(1 Pie.3v9 ; Rom.12v14), car il est un fils(ou une fille) née de la bénédiction de Dieu.

Donc, ne manque pas une occasion de bénir aujourd’hui, et surtout, de bénir sans cesse ! 😉

 

 

Note : 

(1) Le passage sur la bénédiction s’inspire de « Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit » de Gilles Boucomont. Ed. Première partie, 2010, pp 30-33.

Foireux liens de janvier (19) : musulmans de France, revente ou échange de cadeaux, administration Trump, « christianisme identitaire », semaine universelle de prière 2017….

Les "Foireux liens" de septembre : une actualité placée sous le signe de "la rentrée" et de "la neutralité"....

Les premiers « Foireux liens » de l’année 2017 !

Enquête sur les musulmans de France, liste des infractions pouvant être sanctionnées à distance, revente ou échange de cadeaux, future administration Trump, affaire des cyberattaques russes, Semaine Universelle de Prière 2017, réédition de « Mein Kampf », scénario de « politique fiction » autour de l’élection de Marine Le Pen, et dilemme républicain autour de l’Obamacare….un menu post-fêtes plutôt copieux, pour ces « foireux liens » de janvier !

 

1) « Ces études sur l’Islam qui font polémique » : Découvert via un exemplaire de démonstration du « Monde des religions », reçu ce mois-ci : L’Institut Montaigne (un think tank créé en 2000) a publié, en septembre dernier, une enquête pionnière au fort potentiel polémique sur les musulmans de France intitulée : « Un islam français est possible », et qui a fait couler beaucoup d’encre. D’abord, parce qu’il est inhabituel de collecter des données personnelles religieuses pour les besoins d’un sondage. Ensuite, parce que ce sondage révèle que 28 % des musulmans interrogés peuvent être considérés comme « rigoristes ».  Si la majorité des musulmans ne s’y reconnaissent pas, pas moins de la moitié des 15-25 ans, eux, se rangent dans cette catégorie – ce qui ne signifie pas, préviennent les auteurs du rapport, qu’il s’agit d’individus « radicalisés ». Rapport à consulter ici ; En savoir plus sur le site du Monde ou du JDD.

 

2) Téléphone au volant et non-port de la ceinture verbalisables « à la volée » par caméra dès demain. Et même par radar automatique : Au travers d’un décret paru vendredi 30 décembre au Journal officiel, le gouvernement a modifié la liste des infractions pouvant être sanctionnées à distance, par le biais de caméras, ou même par radar automatique : téléphone au volant, non-port du casque, franchissement de lignes continues, dépassement dangereux, etc….A découvrir sur « nextinpact ».

3) « Déçu de vos cadeaux de Noël ? Votre joie d’hier a déjà fait « pschit » ? » BLF éditions croit tellement « qu’un excellent livre peut marquer durablement une vie » qu’ils sont prêts à vous proposer un étrange « deal » : Envoyez-leur vos cadeaux de Noël qui ne vous plaisent pas  et ils vous donnent le droit de choisir les livres de leur catalogue que vous souhaitez recevoir en échange. Question « à 100 euros » : pourquoi cette démarche et que feront-ils des cadeaux ? Comme je suis curieux, j’ai posé la question à Ruben Nussbaumer, le Directeur, lequel m’a aimablement répondu : « l’initiative de fin d’année est un clin d’œil à notre communauté. Elle est à la fois originale et décalée, comme on aime bien l’être ! Et à la fois tout à fait sérieuse : nous croyons vraiment qu’un livre peut durablement marquer une vie et nous aimons tout faire pour mettre nos livres entre les mains d’un maximum de lecteurs.  Et au vu de ce qu’on a reçu, je confirme qu’un bon livre a une portée beaucoup plus grande que certains cadeaux reçus. On y retrouve des foulards, de la nourriture pour poisson, des boucles d’oreilles, une paire de ballerines, un livre de recettes nutella etc. ! On va donner quelques nouvelles sur Facebook de l’opération. Tout ce que je sais pour l’instant, c’est qu’elle a produit le sourire escomptée chez nos lecteurs. » Affaire à suivre ! En attendant, voir ici.

4) Mais que penser de cette tendance révélatrice de notre temps – la revente ou l’échange de ses cadeaux de Noël ? Le journaliste Patrice de Plunkett relève que, « selon les journaux, plus de 500 000 cadeaux de Noël ont été mis en vente (quelques clics de smartphone) dans les heures qui ont suivi le réveillon. Les plates-formes comme PriceMinister ou Le Bon Coin comptent sur 3,5 millions de cadeaux à revendre d’ici la mi-janvier. Le réflexe est désormais acquis : un cadeau  – qu’il soit « de Noël » ou non –  est un objet à revendre. Selon deux critères……» à découvrir ici.

5) « Perdu…retrouvé » et publié par le Canard enchaîné : le programme santé du candidat F. Fillon : « Cette perle (était) devenue introuvable sur le site du candidat qui ne contient plus qu’un inoffensif résumé », explique l’hebdomadaire satirique paraissant le mercredi. En effet, poursuit-il, « au soir du 13 décembre, après le grand rétropédalage de Fillon sur la Sécu, son équipe a supprimé du site de campagne ses 16 pages de «propositions détaillées» sur la santé. »

6) « Les identitaires » veulent peser en politique. Une tendance révélatrice d’une évolution : le passage d’un Christianisme social et ouvert à un Christianisme davantage identitaire et tourné sur les questions de morale. « Être Chrétien » consiste alors essentiellement à défendre « une identité chrétienne ».  ….sauf que le christianisme « identitaire » est un piège.

7) Avec qui Trump va-t-il gouverner ? Son gouvernement sera-t-il « très chrétien » ? « Largement chrétien » ? Ou peut-il être vu comme « une réponse aux prières des chrétiens américains, réclamant à Dieu des chrétiens aux postes clés du gouvernement ? » Axelle Hazard, diplômée en sciences politiques, nous en dit un peu plus sur la future administration Trump, dans « The American Ballot Box – La politique américaine pour tous », un blogue passionnant et très bien informé. Cette administration sera composée de : Andrew Puzder, un patron de chaîne de fast-food opposé à l’augmentation du salaire minimum au ministère du Travail ; Steven Mnuchin, un ancien dirigeant de Goldman Sachs aux finances; Rex Tillerson, le PDG d’Exxon Mobil, aux Affaires étrangères(il entretient des relations très amicales avec Vladimir Poutine) ; Wilbur Ross, un milliardaire et un investisseur spécialisé dans le sauvetage d’entreprises au bord de la faillite, à l’économie…Et de Stephen Bannon, un journaliste à la tête de « Breitbart News Network » – un site web d’informations conservateur qui soutient Trump depuis le début de la campagne – comme « Chief Strategist and Senior Counselor », soit le plus proche conseiller et le responsable de la stratégie présidentielle, au sein de l’Executive Office of the President (EOP), l’équipe qui entoure directement le président à la Maison Blanche. Avant de prendre la tête de « Breitbart », Stephen Bannon a travaillé chez Goldman Sachs. Depuis qu’il a pris la direction de Breitbart, le site a de plus en plus régulièrement versé dans le nationalisme, la xénophobie et les théories du complot et est devenu l’une des références du mouvement alt-right, abréviation de « Alternative Right ». Ce groupe est informel et surtout actif sur le web, où il diffuse ses idées nationalistes (la nécessité de défendre la race blanche face au multiculturalisme notamment) et aussi sexistes.
Bref, les personnalités (la plupart sans expérience politique) choisies par Donald Trump pour former son gouvernement reflètent l’orientation très pro-business qu’il entend donner à sa future administration.
D’un coup d’œil, la liste régulièrement mise à jour. Et dans le détail, voir ici, ici et .

8) « Ensemble, prions pour la France » : La Semaine Universelle de Prière 2017 a débuté le 08 janvier et se terminera le 15 janvier. Une initiative placée sous le signe de la liberté de conscience, puisque 2017 marquera le cinquième centenaire de l’affichage par le réformateur Luther des 95 thèses contre les indulgences sur la porte de l’église de Wittemberg. Désireuse de mettre en valeur le précieux héritage spirituel de cette époque, l’Alliance évangélique européenne a choisi de baser la semaine universelle de prière sur la redécouverte des soli par la Réforme protestante : « le Christ seul, l’Écriture seule, la grâce seule, la foi seule » (mais pas « la gloire de Dieu seule » ?)….. Découvrir les sujets de prière proposés par le Conseil National des Évangéliques de France (CNEF) (pour nos autorités, nos départements, nos villes et nos quartiers, la liberté de dire et de vivre l’Evangile en France, être des réseaux de solidarité), les lieux de prière et les méditations quotidiennes proposées par l’Alliance Evangélique européenne.

9) “Le délit de solidarité avec les sans-papiers n’a pas disparu“ : Huit mois avec sursis requis contre un agriculteur pour avoir aidé des migrants.

10) Classes de défense globale : quand l’armée fait son entrée dans les écoles et les collèges : Des enfants coachés par l’armée dès l’école élémentaire ? C’est le cas en France, depuis quelques années, grâce à des partenariats établis entre l’armée et l’Éducation nationale. Il existe plus de 80 « classes de défense globale » visant souvent des « publics en difficulté », avec l’objectif notamment de « réduire d’éventuels problèmes d’incivilités ». Les enseignants des établissements concernés n’échappent pas à une formation obligatoire à la défense nationale.

11) L’affaire des cyberattaques russes. Préparez-vous à entendre encore beaucoup parler de la Russie et des cyberattaques qu’elle aurait menées contre le Parti Démocrate en 2017. Le point sur ce que vous devez savoir : De quoi la Russie est-elle accusée ?

12) « Mein Kampf », le bon combat ? Marteler sur Twitter « qu’il ne fallait pas rééditer Mein Kampf, pour protéger la démocratie », et parce que cela va « banaliser les idées nauséabondes », «  c’est au mieux jouer à se faire peur, au pire prendre les gens pour des imbéciles », relève le naturaliste catholique et blogueur Phylloscopus. « C’est prôner une démocratie où le peuple est dénigré au point qu’on le croit bien capable de se laisser berner par ce torchon ». Mais « qu’avons-nous fait de notre monde pour qu’en 2017, nous puissions craindre que la vision nazie puisse de nouveau, sachant ce qu’elle a fait, susciter l’enthousiasme ?(…) Un coup d’œil aux programmes des prochaines élections nous renseigne : rien. Pauvreté, précarité, pression – sans limites, à l’infini ».

13) Note au Premier ministre : que se passera-t-il si Marine Le Pen remporte l’élection présidentielle ? 7 mai 2017, 20h. Marine Le Pen est élue présidente de la République. Quelles seraient les conséquences pour les institutions ? Pourra-t-elle disposer d’une majorité parlementaire ? Quelle résistance opposeraient fonctionnaires, médias et société civile ? Dans une note fictive au chef du gouvernement, un haut fonctionnaire envisage froidement un scénario.

14) France Inter met fin aux ondes longues et dit bon vent à sa météo marine.

15) « Le dilemme de la semaine » : Etats-Unis, encore, pour terminer. Les Républicains semblent bien décidés à faire de l’abrogation de l’Affordable Care Act, plus connu sous le nom d’Obamacare, l’une de leurs priorités lors des prochaines semaines. Mais cela ne sera peut-être pas aussi simple que cela. En effet, des millions d’américains pourraient perdre leur couverture santé du jour au lendemain. C’est pourquoi les Républicains promettent non seulement d’abroger l’Obamacare mais aussi de le remplacer par une autre loi plus efficace. Quel est le problème? Il semblerait que cette nouvelle loi ne soit pas encore tout à fait prête. Par conséquent, les Républicains sont confrontés à un véritable dilemme. Faut-il abroger tout de suite l’Obamacare ou attendre que la loi de remplacement soit prête?

 

Pourquoi créer une « cellule de vie » pour hommes

L'esprit d'équipe selon "Lagaan"("Once Upon a Time in India"), un film indien réalisé par Ashutosh Gowariker(2001)

Vivre l’esprit d’équipe, comme dans « Lagaan »(« Once Upon a Time in India »), un film indien réalisé par Ashutosh Gowariker(2001)

Salut !

Tu connais certainement le principe des “cellules de vie”? Des groupes composés de personnes qui se lient ensemble en décidant de développer des relations authentiques.  En gros, comme on peut le lire sur le site du Temple du Marais, à Paris, « c’est l’Église, vécue au niveau le plus local possible ».

Les “cellules de vie” sont généralement mixtes et axées autour du partage, de la communion, la prière et l’étude de la Parole de Dieu. Mais existent-ils des cellules ou des groupes de partage et d’étude biblique spécifiquement pour hommes, dans ton église ? Envisages-tu d’en intégrer ou d’en créer un ?

Voici quelques bonnes raisons fondamentales de le faire, inspirées de celles qui ont conduit à la création de mon propre groupe de Partage et d’Etude de la Parole, depuis 2010, au sein de mon église locale. Si tu es un homme et si tu aspires à être un homme selon le Coeur de Dieu, “à l’image et selon la resemblance de Dieu”, ce qui suit est pour toi :

Une cellule de vie pour les hommes

Alors que notre époque tend à nier ou effacer les différences sexuelles, l’hébreu se permet le luxe de distinguer le masculin du féminin à l’intérieur du verbe et du pronom. Ainsi, « les 10 commandements » ont été donnés initialement en hébreu, au genre masculin. Ainsi, par exemple, le « tu ne tueras pas » (« lo tirtzàh ») s’adresse d’abord à un homme. D’autre part, le « mâle » se dit « zakar » en hébreu, qui signifie « celui qui se souvient ». Mâle et souvenir ont la même racine. Dieu a employé le masculin pour lui confier la charge « du souvenir », afin d’être « l’arbre de transmission » de sa loi pour les générations. Pour que l’homme soit en mesure « de se souvenir » et « de transmettre » fidèlement la Parole de Dieu, (et donc être « véritablement un homme » selon Dieu, « à son image et selon sa ressemblance » cf Gen.1v26, 1 Cor.15v45-49)-ce que n’a pas su faire Adam- il lui est donc nécessaire de bien connaître cette Parole.

Pourquoi rester tout seul avec sa Bible et son café ? (Source : Rawpixel)

Pourquoi rester tout seul avec sa Bible et son café ? (Source : Rawpixel)

En effet, si nous apprenons des uns des autres, nous avons aussi tous besoin d’une base de vérité : c’est alors qu’une cellule d’étude biblique pour hommes prend tout son sens. Sont conviés tous les hommes qui ont « soif de Dieu et de sa Parole », à partir de 18 ans révolus. Le cadre reste l’église (ou la paroisse) locale, avec la couverture des Anciens et Pasteurs.  L’activité principale est l’étude systématique et le partage d’un livre de la Parole de Dieu sur l’année, dans un cadre et un esprit fraternel et convivial. Mais au-delà de l’étude, il s’agit de s’Equiper, s’Edifier et s’Exhorter à être un homme selon le cœur de Dieu !

– S’exhorter : Mettre en pratique ce que signifie « nous sommes membres les uns les autres » (Rom.12v5), par l’écoute, l’encouragement, la prière commune, le soutien mutuels, des activités communes, mais aussi des occasions spontanées pour créer/renforcer des liens pendant les réunions, comme d’une réunion à l’autre….

S’édifier : Développer et forger son caractère, dans la dépendance de Dieu et la soumission les uns aux autres, pour être un « homme fait » (1 Cor.14v20 et Hébr.5v14), en chemin vers la maturité, à la ressemblance de Christ.

 S’équiper : Pour être un homme selon Dieu, « celui qui se souvient » et qui transmet à d’autres, propre à lire, étudier et partager la Bible dans toutes ses sphères de vie et d’autorité : avec son épouse, ses enfants, ses collègues de travail, un « nouveau-né dans la foi », ou ses frères en Christ.

D’autre part, il s’agit de s’encourager mutuellement entre hommes à « sortir de notre zone de confort », et de vivre à la fois un véritable esprit d’équipe – à l’instar de ces quatre(Marc 2v3-4) – et de don(cf Eph. 2v225), de fidélité, avec la volonté de chercher à plaire à quelqu’un d’autre qu’à nous-mêmes ! Sachant que nous disposons des ressources suivantes :

-Un modèle, le Seigneur Jésus-Christ (Marc 10v45)

– Une base, un fondement de vérité : la Parole de Dieu (1 Pie.1v22-25 2 Tim.3v16)

– Un conseiller, le Saint-Esprit en nous, qui nous équipe et nous rend capable d’être (1 Cor.12 Jean 14– et ss ; Eph.4 ; Rom.8….) un « homme, un vrai », « à l’image et selon la ressemblance de Dieu ».

 

« Pratico-pratique » :

Une fois la cellule autorisée par les Anciens de ton église et une fois clarifié le point du ou des responsables, il s’agit de déterminer le rythme et le moment des rencontres selon le contexte de ton église locale : une fois par semaine, une fois ou deux fois par mois ? Quel jour de la semaine ? Et quel lieu ? A l’église ? Ou chez le responsable de la cellule ?

Il est aussi possible d’inclure des moments récréatifs dans l’année (sortie culturelle, détente, repas…), des « ciné-discussions » (films sur la thématique de l’identité masculine, par exemple : « De toutes nos forces », « Snow therapy », « Courageous »…) et un moment « spécial » avec Sainte-Cène, pour répondre à cette invitation du Seigneur : « souvenez-vous de moi »….jusqu’à « ce que (je) vienne ».

Les réunions peuvent se dérouler comme suit :

Accueil dès 19h00 ; 19h30-20h00 : partage d’un repas commun et discussions ; 20h00 à 21h00 : lecture, partage et étude biblique d’un passage du livre choisi pour l’année ; 21h00 à 21h30 : temps de prière pour des personnes faisant partie de nos cercles d’influence/d’autorité respectifs : nos connaissances/collègues qui ne connaissent pas encore Christ ; nos conjoints/familles ; nos frères en Christ ; les membres de la cellule…..Prévoir une réunion « 0 », pour démarrer et expliquer la vision. Chacun peut venir « pour voir », sans engagement, au départ, ou venir avec un ami. Il est important de préciser qu’il s’agit d’une étude suivie et de recommander la fidélité toute l’année pour recevoir pleinement et être en mesure de donner à son tour ce que l’on aura reçu.

 

Un exemple de programme d’études possible :

Les fondamentaux de la foi, avec 1 Jean, Galates et 1 Pierre ; une vision originale de Jésus-Christ à travers l’épître aux Hébreux (un livre qui donne tout son sens à l’Ancien Testament).

Mais aussi l’identité et la vocation masculine(ce qu’est « un homme, un vrai »), avec :

La Genèse, ou « le livre des commencements » (ch.1-5 au minimum, voire les 11 premiers chapitres).

L’évangile selon Jean, pour fixer nos regards sur le Seigneur Jésus-Christ, LE modèle de ce qu’est un homme véritable.

En effet, Dieu souhaite au départ créer l’humain « à son image » et « selon sa ressemblance ». Cependant, il s’avère que l’homme n’est créé « qu’à l’image de Dieu », et non « à sa ressemblance ». (Gen.1v27). Que nous manque-t-il pour qu’à l’image s’ajoute la ressemblance ? Une réponse à ce manque se trouve en 1 Cor.15v45-49 : vivre en homme spirituel ! Le but de notre vie « spiritualisée » est d’ajouter la ressemblance à l’image. Jésus-Christ est l’exemple parfait d’un homme « à la ressemblance de Dieu ». Adam est-il parvenu « à vivre par l’Esprit » ? Non, il a échoué. Il a oublié Dieu, au lieu de se souvenir ; il a gardé le silence, plutôt que de s’engager ; il s’est montré négligent, au lieu de garder/protéger….Les temps d’étude de la Parole entre hommes auront pour but de rappeler que notre destinée est de vivre, non comme Adam, de façon « animale »(comme si nous n’étions que « corps et âme », en suivant nos désirs/appétits, émotions, pensées, volontés), attaché à la terre, mais comme Christ, pleinement humain et spirituel(où l’Esprit est à sa vraie place), attaché et obéissant à Dieu, manifestant la foi en Dieu.

 

« Le Discours de la Méthode » :

Il existe plusieurs méthodes d’étude de la Parole de Dieu. Mais l’essentiel n’est pas tant de « préparer la réunion »mais plus de « se préparer à la réunion ». Il ne s’agit pas de « suivre un programme », mais plutôt de chercher ensemble à mieux connaître Christ (« l’homme parfait »), « apprendre de Lui », « croire en Lui », le suivre, et l’imiter.

Versets-clés : « ….ils ne virent plus personne. Jésus seul était avec eux »(Jean 9v8. BFC) ; « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles qui donnent la vie éternelle. Nous le croyons, nous le savons : tu es le Saint envoyé de Dieu….ne vous ai-je pas choisis…. ? (Jean 6v68-70, Jean 15v16)

« Me voici ! » (Pour être d’abord avec toi, ensuite pour faire ta volonté et être envoyé par toi) cf Gen.22v1, 11 ; Exode 3v4 ; 1 Sam.3v4, 16 ; Esaïe 6v8….Marc 3v13-15)

 

Enfin, pour « bien se préparer à la réunion », il est important de vivre premièrement la disponibilité et l’écoute de Dieu : En se « saturant » de la Parole, en lisant et relisant(ou en écoutant, par la Bible audio) les livres étudiés, pour avoir une vue d’ensemble de ces textes. Ce n’est qu’ainsi qu’il est possible de vivre la disponibilité et l’écoute des autres : notre conjoint, les membres de notre famille, nos frères en Christ, nos connaissances…..

Et régulièrement, entre les réunions,  prenons l’habitude d’appeler (ou de retrouver quelque part) un ou deux frères de la cellule pour prendre des nouvelles/partager nos luttes/parler de nos lectures bibliques/s’encourager/prier ensemble…..

 

Alors ? Es-tu motivé pour intégrer une telle cellule ou pour créer ta propre cellule ? Partage-nous tes témoignages à ce sujet !

Les vœux de Pep’s café pour 2017 : pour une joyeuse année, marquée par l’espérance, la résistance et la persévérance !

« Une nouvelle année, et nous sommes vivants aujourd’hui », écrivais-je il y a un an. C’est encore vrai aujourd’hui, à l’heure où je publie le présent article. Et ce blogue aura quatre ans, lundi 09 janvier. Nous fêterons son anniversaire le vendredi 13 janvier.

En 2016, vous avez pu être troublé ou éprouvé, et l’avenir qui se profile ne semble pas rassurant du tout. C’est pourquoi- plus que jamais – il est vital de continuer à vivre, en témoin véritable et en fidèle disciple de Jésus-Christ, à contre-courant de ces deux mensonges du XXIe siècle, qui semblent s’imposer tels des rouleaux compresseurs : le seul « nous n’y pouvons (plus)rien » (conduisant au déterminisme et au fatalisme, avec une absence de foi et de confiance) et le seul « tout nous est possible » (avec une absence de garde-fou).

 

Et pour 2017, je vous souhaite :

Une nouvelle année : « nouvelle », de qualité, et promesse de pouvoir « repartir à zéro ».

Une nouvelle année joyeuse, pleine d’espérance : plus dans le retour certain de Jésus-Christ que « dans les prochaines élections » ou dans « les messies politiques », « les hommes(ou les femmes) fort(e)s »(1).

Une nouvelle année marquée par la persévérance : surtout, « ne te lasse pas en faisant le bien »(Gal.6v9), même si le contexte n’est pas favorable à cela. Et « persévère dans l’amour fraternel » (Hébr.13v1)

Une nouvelle année marquée par la vigilance, la prudence(ou la sagesse) et la résistance, à contre-courant de l’uniformisation ambiante, et des « sophismes »(sagesses qui ne le sont que d’apparence)de ce siècle : le pragmatisme et l’utilitarisme(2) (cf Rom.12v2).

Une nouvelle année marquée par la sécurité : pas ces « petites sécurités » bien commodes mais illusoires que sont « les enfers tranquilles ». Mais la meilleure et la plus grande de toutes, qui est de demeurer dans la volonté de Christ.

Une nouvelle année marquée par l’humour, que l’on apprendra à manier : sachant que « humour » (à ne pas confondre avec « ricanement » ou « moquerie ») est composé des mots « humilité » et « amour ».

Une nouvelle année marquée par le souci de la justice, dans les standards de Dieu : ne manquez d’ailleurs pas de relire, à ce sujet, « la Loi, les Prophètes et les Psaumes » (tout l’Ancien Testament), et surtout l’interprétation de la Loi, donnée par Jésus-Christ Lui-même dans le Nouveau Testament. Ne manquez pas non plus de voir ou revoir « les dessous de la mondialisation ou comment Coca Cola colonise le Mexique », sur Public Sénat (3), pour mieux rejeter ce qui est présenté comme « acquise » cette « règle du jeu » édictée par les puissants : te voler ce qui était jusque-là « gratuit » et « de droit », et te faire payer un produit « moins bien » et même néfaste pour la santé.

Une nouvelle année marquée par le souci de la vérité et l’ancrage dans le monde réel, à mille lieux du fantasme et de l’idéalisé.

Une nouvelle année marquée par la force et l’unité véritables : car « la grande faiblesse des méchants, c’est que leur méchanceté les divise. Il faut beaucoup de bonté et d’amour pour s’unir, et seule l’union fait la force »(4). Tout dépend ensuite au nom de qui et comment l’on s’unit (cf Eph.4v1-6). Et « l’amour ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt » (1 Cor.13v5. TOB).

Une nouvelle année marquée par le retour du « bien commun » : car il est vital de « suivre les règlements établis pour le bien commun. C’est une question de vie ou de mort » (5).

 

 

 

 

Notes :

(1)A l’instar de Benoît, blogueur catholique et co-fondateur des « Cahiers libres ».

(2) Pour le pragmatisme, la vérité n’existe pas : ce qui est vrai, c’est « ce qui marche ». Il n’y aurait donc plus de « théorie », mais seulement de la « praxis », de l’action. Je ne peux donc voir ou concevoir aucune idée, mais seulement faire des expériences. L’utilitarisme, quant à lui, dit « adieu aux idéaux » (qualifiés de « discours »), et incite à croire « qu’on n’a plus du tout à se soucier de savoir si une action est vertueuse au départ ; la seule chose qui importe est qu’elle soit vertueuse à l’arrivée ». L’utilitarisme est également « im-prudent, puisqu’il incite à agir en fonction d’un futur (toujours hypothétique) en refoulant (ou ignorant) l’examen du présent (toujours certain). Et il rend « désuète la morale (ce qui vaut pour tous), au profit de l’éthique (ce que j’ose faire, y compris contre tous) ». Voir notre article à ce sujet.

(3) Voir https://youtu.be/WxPFdegA6T8  et lire https://reporterre.net/Au-Mexique-la-population-manque-d

(4) Une  « perle » découverte dans un vieux album jeunesse datant de 1944 : « les aventures de mademoiselle Hortense » d’Herman Grégoire. Ill. de Roger Sam. Edition Archat Lyon-Paris, p 69.

(5) A lire dans le même album cité plus haut, pp75-76. Contexte : pourchassés par des bandits, les héros – un jeune prince de 14 ans et une vieille demoiselle, mademoiselle Hortense – arrivent à un refuge non gardé : « il n’y avait(…) âme qui vive(…) mais tout y était dans un ordre parfait. Une pancarte au mur expliquait ce mystère : « prenez ce qui vous est nécessaire et remettez tout en place ».

– « C’est bien la première fois, s’écria mademoiselle Hortense, que je vois une pareille recommandation aussi bien suivie ».

– « En montagne, répondit le prince Armor, il faut suivre les règlements établis pour le bien commun. C’est une question de vie ou de mort ».