Notre regard sur le pauvre : Rois et Prophètes

"Ce dont cet homme a besoin" ou le point de vue du dominant-bis, par Andy Singer

« Ce dont cet homme a besoin » ou le point de vue du dominant, par Andy Singer

Le 17 janvier 2013, nous avions démarré une étude biblique nous invitant, à travers un examen approfondi des Ecritures(Ancien et Nouveau Testaments), à (re)considérer  « Notre regard sur le pauvre, l’étranger et l’éprouvé» et, par là même, à rejoindre Dieu Lui-même dans Sa façon de considérer le pauvre.

Après cette introduction au thème, la première partie de l’étude rappelait ce que la loi prévoit pour le pauvre et « la justice sociale », et ce qu’elle nous apprend sur le regard de Dieu sur le pauvre.

Il est intéressant de noter que le roi d’Israël, une fois sur le trône, devait s’appliquer à faire une copie de la loi pour son usage personnel, afin de l’observer(y compris, donc, ce qui est relatif au droit du pauvre). Il devait également veiller à se garder de tout train de vie « bling bling »(Deut.17v14-20. Comparer avec celui de Salomon, pourtant le roi le plus sage que la Terre ait porté : 1 Rois 1011).

Une certaine conception dite « libérale conservatrice » tend à cantonner « le roi » dans ses domaines dits « régaliens »(Justice, police-« sécurité », armée, diplomatie). Or, une telle conception oublie que le rôle du roi(aussi bien celui d’Israël que les rois des nations) est aussi d' »ouvrir la bouche pour le muet », de « prendre la cause de tous les délaissés », et de « défendre le pauvre et l’indigent »(Prov. 31v8-9 ; Ezéch.34-où les « bergers » ont le sens de « chefs politiques » dans ce passage-et cf Jér.22v2-5, 15, avec ce discours de Jérémie au roi de Juda).

Mais que se passe-t-il, si la loi n’est pas respectée par le peuple ou même par celui ou ceux censés l’appliquer les premiers et enseigner/inciter les autres à la suivre ?

C’est alors qu’interviennent les prophètes, porte-parole de Dieu, dont l’étude des messages concernant la pauvreté et la justice sociale fera l’objet de cette nouvelle partie.

Les premiers d’entre eux sont Nathan(qui, par le biais d’une parabole sur « la brebis du pauvre et l’invité du riche », rappelle au roi David, coupable de meurtre et d’adultère, ce que signifie être « le berger d’Israël » cf 2 Sam. 12v1-13) et Elie, face à Achab (1 Rois 21). Néanmoins, Amos est, semble-t-il, le premier des Prophètes dont les paroles figurent dans un livre qui porte son nom.

 

Lecture du livre d’Amos :
Le ministère prophétique d’Amos se situe à la fin du long règne de Jéroboam II (783-783). Quelle est la particularité de ce règne ? (cf 2 Rois 14v23-29). Restituer la situation économique, morale et religieuse du peuple au temps d’Amos et de ce roi.
A qui s’adresse le message du prophète ?

No exit par Andy Singer

No exit par Andy Singer

 

Quels crimes dénonce-t-il chez les nations (Amos 1v3-2v3) ? Que reproche-t-il à Israël ? Qu’est-ce qui est bafoué ? Voir 2v6-16(comparer avec Ex 23v6-8) ; 3v9 ; 4v1 ; 5 ; 9-11

Quelle est la gravité  des fautes d’Israël ?  Pourquoi ? (Voir ce rappel en Amos 2v4, 9-10). En quoi(plutôt qu’en qui) Israël a-t-elle mis sa confiance, en fin de compte ? Qu’est-ce qu’Israël a rompu ?

 

 

 

Lecture du livre d’Esaïe :
Lire Es. 1v1 à 5v30, et plus particulièrement le chapitre 2v6-22 : Qui est Esaïe ? Que dénonce-t-il ?

 

Que révèle-t-il particulièrement de Dieu, en comparaison ? Et de la seule attitude que l’homme doit avoir devant Dieu, pour être justifié ?(cf Es. 6). La « vraie religion » selon Dieu ?(Es. 58 et cf Zach.7v4-10)

 

 

 

Que nous apprend Es.61 à propos du Messie : qu’a-t-il fait pour les pauvres ?(cf Zach.9-14)

 

 

 

 

Lecture du livre de Michée* :

Qui sont les destinataires du message du prophète ? (Mich. 1v1-5)

Pour quels crimes ? Qui sont responsables ? (Michée 2-3 ; 6v9-7v1-3)

« On t’a fait connaître, Ô homme, ce qui est bien, et ce que l’Eternel demande de toi »…Quoi donc ?(Mich.6v8)

 

 
Lecture du livre de Sophonie :

Lecture des chapitres 1v1-3v20
Sous quel règne Sophonie exerce-t-il son ministère ?(1v1)

Sur qui sera le jugement ? Pour quels péchés ? (Soph.1 ; 2v8-15 ; 3v1-7). Comment y échapper ? (Soph.2v1-3)
Qu’est-ce que la pauvreté selon le prophète ? (Soph.3v11 et ss)

 

Bref, autant de messages et autant de rappels salutaires de principes divins de base, dans des contextes de croissance et de prospérité, où l’on est toujours en danger d’oublier l’essentiel.

(A suivre)

 

 

 

 

Notes :

* Une organisation chrétienne a pour nom « Défi Michée« . Pour découvrir en quoi consiste ses missions, voir ici.

 

 

 

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Jésus est…Le connais-tu ?

 

Qui est Jésus-Christ ?

Il est « Je suis », dit-il Lui-même (cf Jean 8 et tout l’évangile de Jean).

Il est mon Sauveur, mon Seigneur, mon Roi.

Le connais-tu ?

Il est…et bien d’autres !*

 

 

 

Note :

* Autres vidéos : en VF (https://www.youtube.com/watch?v=A5cP4187iks ), et en VO (https://www.youtube.com/watch?v=yzqTFNfeDnE )

 

 

 

 

 

Le Berger et le mercenaire

L'amour "agapé" : l'amour jusqu'au sacrifice

A quoi reconnaît-on le « Bon Berger » ? Il n’a pas cherché ce qui est rentable(pour lui)

Qu’est-ce qu’un « (bon) berger » ? Comment ne pas le confondre avec un « mercenaire » ?

Le Seigneur Jésus-Christ nous donne, à ce sujet, un important enseignement, que l’on peut lire dans l’évangile selon Jean, chapitre 10, versets 1 à 30.

 

A partir de là, nous pouvons définir les caractéristiques du berger. Du « Bon Berger » :

-« Il entre par la porte de la bergerie »(v2)

-« Il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent » et les « conduit dehors »(v3 : « conduire dehors », dans le sens d' »éduquer », d' »élever » ou d’aider quelqu’un à tirer de lui-même ce qui y est en germe, en sommeil-« educere »)

-« Il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix »(v4-5)

-« Il vient afin que les brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance. »(vv10)

-Le Père le connaît, il connaît le Père et le Père l’aime.(v15, 17). Parce qu’il donne sa vie pour ses brebis(v11, 15), parce qu’il donne sa vie « pour la reprendre »(v17).

Il donne la vie éternelle à ses brebis et « elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de sa main »(v28). Il reçoit les brebis de son Père, « qui est plus grand que tous », et personne ne peut les ravir de la main de son Père ». Lui et le Père sont un(v29-30).

Le bon berger connaît et aime donc ses brebis. Il les sert et donne sa vie pour elles.

Le mercenaire, à l’inverse, peut, dans un premier temps, faire illusion en « jouant le rôle du berger ». Sauf qu’un mercenaire est « payé pour ». Il ne cherche pas « l’intérêt général »-celui des brebis-mais le sien. Son activité doit être « rentable ». Et pour le mercenaire, « la rentabilité ultime », c’est de « sauver sa peau », au prix de l’abandon des brebis.

 

Bien entendu, à la lumière de Jean 10, le « Bon Berger », c’est le Seigneur Jésus. Le connaître et l’accepter comme Sauveur et Seigneur de ta vie est la décision la plus importante de ta vie, de laquelle découleront toutes les autres(décisions).

Mais n’oublions pas d’encourager les  » bons bergers », qui manifestent l’esprit(et le coeur) du « Grand » et « Bon Berger ». Dans le cadre ecclésial, évidemment, mais également dans d’autres domaines. « Civil », familial, associatif, professionnel, voire même politique, aux niveaux national et local…dans les domaines de la santé, de l’énergie, de la culture…Ne confions pas ce qui nous est vital et nécessaire(y compris moral et spirituel), « d’intérêt public »,  « aux mercenaires » ! Sachons faire preuve de discernement et apprenons à reconnaître « la voix du Bon Berger » !

 

A lire, pour approfondir : 1 Pie.5v1-4 ; Ézéchiel 34 [à noter que dans ce chapitre, « berger » a le sens de « chef politique »] ; 1 Sam. 21v7 et 22v9-10, 18 ; Psaume 23 ; Psaume 78v70-72 ; Apoc.13v11-18.

 

Face à la haine décomplexée, « prudence » ?….ou vigilance ?

 

Agen : un quartier ciblé couvert de tags racistes et antisémites, rapporte La Dépêche, datée du 25/03/14.

« Atmosphère nauséabonde et réveil violent hier matin dans le quartier Floréal qui borde la route de Toulouse à Agen.
Les habitants ont découvert avec stupeur une série de tags xénophobes et antisémites aux messages explicites d’incitation à la haine raciale : «Les Arabes et les Juifs dehors ! Tous au four !».

«C’est une honte !», commentait, révoltée, une dame qui promenait son chien.  Elle s’est insurgée contre ce sentiment haineux envers les immigrés véhiculé par ces graffitis laissés un peu partout.
À l’unanimité, les riverains se montraient atterrés par ce raid nocturne et les agressions visuelles ressenties devant un spectacle choquant de croix gammées, de références récurrentes à Hitler et aux «SS» inscrites en rouge sur des portes de garages derrière la cité Floréal(…) L’auteur semble avoir suivi un itinéraire bien précis(…) Le choix de ce quartier populaire, point de convergence de la jeunesse des cités Sud-Est d’Agen, ne paraît en rien innocent. Le reste de la ville n’a pas été touché(…)
Pour sa part, un résidant du quartier Floréal n’hésitait pas à relier ces dégradations aux élections de la veille et au terrain gagné par le FN. Le commissariat a procédé aux constatations ».

Il appartiendra bien entendu aux enquêteurs de déterminer, en plus de l’identité du ou des auteurs, si ces inscriptions ont un rapport direct avec la soirée électorale de dimanche.

Néanmoins, face à cette forme de haine raciste et xénophobe « décomplexée »(avec un sentiment d’impunité ? Comme quoi le geste pourrait être « légitimé » ?), quelle posture choisir ? « Prudence » ? Ou « vigilance » ?

Eph.5v6-17 semble clair :

« Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion.
N’ayez donc aucune part avec eux.

"Dieu est lumière...vous êtes lumière...marchez comme des enfants de lumière !"

« Dieu est lumière…vous êtes lumière…marchez comme des enfants de lumière ! »

Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière !
Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.
Examinez ce qui est agréable au Seigneur ;
et ne prenez point part aux oeuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les.
Car il est honteux de dire ce qu’ils font en secret ;
mais tout ce qui est condamné est manifesté par la lumière, car tout ce qui est manifesté est lumière.
C’est pour cela qu’il est dit : Réveille-toi, toi qui dors, Relève-toi d’entre les morts, Et Christ t’éclairera.
Prenez donc garde de vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des sages ;
rachetez le temps, car les jours sont mauvais.
C’est pourquoi ne soyez pas inconsidérés, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur ».(cf 1 Thes.5v5-8 )

Pas de « prudence » de mauvaise aloi, donc, au risque de minimiser, d’excuser ou de banaliser cette forme de violence,

Clandestins pour un aller simple

Ne cherchons pas de « boucs émissaires » : un seul(Jésus) l’a été pour nous….(Dessin de L.L. de Mars)

nourrissant la recherche de boucs émissaires. Mais vigilance, bienveillance et compassion envers ceux qui sont victimes de cette haine décomplexée. Comme bienveillance et compassion envers ceux qui souffrent(de la crise, du chômage…)
« Quand tout est obscur, une lumière se lève pour l’homme droit. Le fidèle est bienveillant et compatissant. » cf Psaume 112.4.
Soyons porteurs de « la bonne nouvelle », cette « bonne nouvelle » qui dit que « Dieu est lumière et qu’il n’y en point en lui de ténèbres » (1 Jean 5v5-7), lequel Dieu « aime l’étranger », ne fait pas de favoritisme et n’est pas corruptible (cf Deut.10v17-20)

Soyons vigilants, en faisant preuve de discernement, sans donner plus d’importance à un mouvement qu’il n’en a réellement. Cherchons à comprendre les mécanismes et les raisons d’une crise et ne cherchons pas les habituels boucs émissaires.

Ayons cette autre prudence face aux « hoaxs » et rumeurs racistes, plutôt que de les relayer sans discernements.

Soyons comme cet « homme prudent », dont parle Jésus et qui est celui qui bâtit « sur le roc »(Matt.7v24). Comme le rappelle Jésus, lequel a dit avoir été sur cette terre comme « l’étranger »(Matt.25v35).

Soyons vigilants et « soyons des hommes », comme nous y invite 1 Cor.16v13-14

Face à « la Vague » : se laisser emporter, « surfer » ou résister

Comment sait-on que l’on a retenu les leçons de l’histoire ?

Le roman « La Vague » de Todd Strasser*(1981), que j’ai reçu(avec beaucoup d’autres) et lu hier soir, tente d’apporter une réponse à cette question, par le biais d’une étrange expérience. Le livre se fonde sur un incident qui s’est réellement produit en 1969 pendant un cours d’histoire au lycée de Palo Alto, en Californie. Selon Ron Jones, le professeur concerné, personne n’en parla durant les trois années suivantes. « Il s’agit, dit-il, de l’événement le plus effrayant que j’ai jamais vécu dans une salle de classe »**.

Tout a commencé par un cours d’histoire de Terminale sur la Seconde Guerre Mondiale. Le professeur, Ben Ross, un homme qui a pour habitude de se donner à fond dans tout ce qui le passionne, montre à ses élèves un documentaire sur les atrocités commises par les Nazis dans les camps de concentration. Son intention, explique-t-il, n’est pas « simplement de les émouvoir », mais de les amener « à réfléchir sur ce qu’ils viennent de voir »(op. cit., p26).

Certains(des garçons)restent persuadés qu’ils ne laisseront jamais « une minorité de ce genre gouverner la majorité »(op. cit., p28). Pour d’autres, « c’est de l’histoire ancienne. C’est arrivée une fois et le monde entier a retenu la leçon. Ça n’arrivera plus »(op. cit., p36, 41). Mais surtout, pour d’autres, bouleversés et révoltés, la question reste insoluble : « comment cela a-t-il pu se produire ? Comment les Allemands [des années 30] ont-ils pu laisser les Nazis(10 % de la population)assassiner des gens presque sous leurs yeux pour ensuite affirmer qu’ils n’en savaient rien ? Comment peut-on être aussi cruel ? »(op. cit., p 28,30)

Incapable d’expliquer à ses élèves comment la majorité des Allemands n’ont pu massivement dire « non » à une minorité, même organisée et prétendre être la majorité ignorante,  le professeur décide donc de faire l’expérience de « La Vague » avec sa propre classe. Il commence par leur inculquer une discipline : une façon de se tenir droit, de marcher, de poser et répondre à des questions. Puis viennent l’esprit de corps, les slogans(« la force par la discipline, la force par la communauté, la force par l’action »), le logo(« la vague »), le salut(op. cit., pp 73-76). Bientôt, le phénomène touche tous les élèves de Terminale, et une partie des Premières.  Le professeur, Ben Ross, se prête au jeu et devient le leader incontesté de « La Vague », passant d’une figure d’autorité à une figure de pouvoir.

Dans un premier temps, les effets de « La Vague » semblent positifs, au point que David, un élève de la classe, souhaite appliquer la même discipline à l’équipe du lycée qui collectionne les défaites(op. cit., pp76-81). Néanmoins, Ben est mis en garde par sa femme(« tu viens de créer des monstres », op. cit., p69) et par le proviseur du lycée, qui lui rappelle que « l’expérience concerne des jeunes adolescents impressionnables. Parfois », dit-il, « nous avons tendance à oublier qu’en raison de leur jeune âge, ils n’ont pas encore développé l’esprit critique, que, nous l’espérons, ils auront un jour. »(op. cit., pp 129-130)

Or, « La Vague » prend peu à peu une toute autre tournure : les élèves qui ne souhaitent pas faire partie du mouvement font l’objet d’intimidations ou de menaces ; ceux qui ne font pas le salut se voient refuser des places au stade ; l’ex-souffre douleur de la classe, pour qui l’expérience semble changer positivement la vie, se propose d’être le garde du corps de Ben Ross ; le professeur constate que ses élèves semblent apprendre plus vite et plus efficacement, mais au détriment de l’argumentation et d’une réflexion poussée…les langues(anonymes, par peur de représailles)se délient pour dénoncer une dérive « fasciste » de « La Vague »….Laurie, une autre élève rédactrice en chef du journal du lycée, commence à avoir des doutes : sera-t-elle la seule ? Jusqu’où ira « La Vague » ? Pourra-t-on l’arrêter ?

Une histoire qui est donc basée sur des faits réels. Néanmoins, ce n’est pas du documentaire : cela reste romancé(avec sans doute pas mal de raccourcis pour des raisons de choix narratifs), facile à lire, « peu épais » et « écrit gros ». Néanmoins, un sentiment de malaise émerge de la lecture : n’aurions-nous, en fin de compte, rien appris de cette période, au point d’être en mesure de reconstituer un même phénomène de manipulation des masses ? Et, plus grave encore, de trouver cela fascinant ? Fascinant fascisme ? Une vérité qui (nous) dérange.

Un livre abordable à lire, pour ne pas oublier que «Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde».(Brecht. Epilogue de La Résistible Ascension d’Arturo Ui, 1941)

« Ne vous conformez pas aux habitudes de ce monde, mais laissez Dieu vous transformer et vous donner une intelligence nouvelle. Vous pourrez alors discerner ce que Dieu veut : ce qui est bien, ce qui lui est agréable et ce qui est parfait ».(Rom.12v2. Version en français courant)

D’autres lectures toutes aussi pertinentes sur le sujet sont également possibles :

« Rhinocéros » d’Eugène Ionesco (Folio) : un étrange phénomène frappe les habitants d’une petite ville. On y voit paraître dans les rues un rhinocéros, puis un autre…A chaque apparition de rhinocéros correspond la disparition d’un habitant. Face à cette sorte d’épidémie(« la rhinocérite »)qui se répand rapidement, les gens commencent par se révolter, puis ils se soumettent en cherchant à comprendre ces bêtes, en trouvant même des justifications à cette épidémie de métamorphoses. Ils vont même jusqu’à vouloir comprendre le phénomène de l’intérieur, tentent l’expérience et deviennent à leur tour rhinocéros. Qui résistera ?

« La ferme des animaux » de Georges Orwell(Folio) : une excellente fable que l’on ne présente plus. Lassés des mauvais traitements, les animaux de la Ferme du manoir se révoltent et chassent Mr Jones, leur fermier. Ils proclament alors une nouvelle société où tous les animaux sont égaux. Mais quelques uns dans la ferme décident bientôt que « certains sont plus égaux que d’autres »…Une parodie de la révolution russe et de toutes les révolutions perverties.

Voir aussi le dessin animé britannique éponyme(à partir de 11 ans) de John Halas et Joy Batchelor(1954), adaptation de la nouvelle de Georges Orwell qui vaut le détour, mais avec une fin quelque peu différente. Salué par la critique, il fut élu « meilleur film » en 1954. Pourtant, il ne sera visible en France qu’en 1993. Le film a fait l’objet d’une réédition numérique, élaborée à partir d’un master restauré, et est distribué par Malavida qui l’avait déjà réédité en DVD en 2005.

Pour en savoir plus :  http://www.kidclap.fr/film/la-ferme-des-animaux,9659 ; http://www.kidclap.fr/notes-de-prod/la-ferme-des-animaux,9659-note-100853

« Mâtin brun » de Frank Pavloff (Cheyne éditeur): chronique de la lâcheté ordinaire face à une « vague brune ». Le narrateur et son copain, simples observateurs, subissent la mise en place progressive d’un « Etat brun », sous prétexte qu’ils ne sont pas concernés. Jusqu’au jour où….Ecrit dans le contexte des municipales de 1995, qui avaient vu le Front National emporter certaines villes(Orange, Toulon, Marignane. Puis Vitrolles en 1997…). Contrairement à ce que certains affirment, réécrivant l’histoire, le FN a bien été « aux affaires « , au niveau local. De même qu’il y a eu 35 députés FN entre 1986 et 1988. Il est facile de prendre connaissance des bilans de ses gestions passées. Voir aussi nos autres billets sur la question : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/06/24/banalisation-de-lextreme-seduction/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/10/02/vous-etes-chretien-et-au-milieu-de-vous-certains-revent-de-matin-brun/

« La Fascination du Nazisme » de Peter Reichel(édition Odile Jacob, 1993) : comment le peuple allemand a-t-il pu idéaliser à ce point le Troisième Reich, pourtant fondé sur la violence, la destruction et l’horreur ? L’auteur analyse avec brio l’esthétique nazie et ses racines culturelles, le décorum, la mythologie autour desquels s’est édifié le pouvoir hitlérien, jouant à la perfection de la radio, du cinéma, du sport, des loisirs…pour séduire et rassembler derrière lui la nation allemande.

L’adaptation cinématographique de « La Vague »(que je n’ai pas vue), par Denis Gansel (2009), réalisateur et co-scénariste du film avec Todd Strasser et Peter Thorwarth, transposée dans l’ Allemagne d’aujourd’hui.

La mini-série « V » de Kenneth Johnson(1983), adaptée de la nouvelle de l’écrivain Sinclair Lewis, intitulée « It Can’t Happen Here » (« Cela ne peut pas arriver ici ») et publiée en 1935. La nouvelle est disponible en anglais, uniquement, ici. A la base, Kenneth Johnson avait eu l’idée d’un téléfilm explorant l’attitude d’Américains vivant sous un régime fasciste.

Enfin, il est aussi édifiant 1)de reconsidérer les trois tentations de Jésus-Christ cf Matt. 4v1-11 : manipuler les besoins primaires(ou flatter les « bas instincts »)des personnes, fasciner les foules et dominer ; et, surtout, 2)les réponses de Jésus, victorieux de ces tentations : Matt.4v4, 7, 10.

Notes :

* Disponible en français chez Jean-Claude Gawsewitch éditeur, 2008(Pocket jeunesse. PKJ, 2009. 228 p. Précédé d’un avant-propos et suivi d’une postface de l’éditeur : « bestiaire du totalitarisme ordinaire »). A partir de 15 ans ou fin de troisième.

** Cité dans l’avant-propos de l’édition « Pocket jeunesse »(2009)de « La Vague », p 9

Althusius : la politique « autrement »

« Les chrétiens doivent s’engager en politique », dit-on. Au niveau national ou(les municipales 2014 donnent justement l’occasion)local.

L’on peut bien entendu se réjouir d’un tel engagement, mais tout dépend « pour quoi » et, surtout, pour quelle « politique ».

Car l »‘engagement en politique » se heurte à plusieurs écueils :

1)D’abord, le contexte « moderne » dans lequel nous vivons actuellement en Occident, où, comme le rappelle Paul Wells dans « La théorie politique «réformationnelle» et le pacte social », publié dans « La Revue Réformée »*, « une (de ses) caractéristiques est la montée de l’individualisme et son corrélat – la relation entre l’individu et la communauté ».

Une certaine idéologie politique considère, de façon peut-être idéalisée, que la séparation radicale entre l’individu et l’Etat (également jugé comme étant « le problème ») est le moyen de garantir les droits fondamentaux de l’individu. Comme l’explique Paul Wells, cette séparation a également été « un outil pour remodeler la société humaine au moyen de programmes imaginés par des «ingénieurs» sociaux. L’Etat est aussi considéré comme le bienfaiteur omniprésent et omnipotent qui prend en main les intérêts des citoyens ».

Entre les deux positions, que reste-t-il ? Un « intermédiaire », pourtant vital, malheureusement bien malmené : en effet, l’évolution moderne vers le « pouvoir central » ou le « centralisme étatique » comme moteur de gouvernement, a entraîné un affaiblissement de ce que l’on appelle les « corps intermédiaires » entre l’Etat et l’individu, soit toutes les formes de vie associative non gouvernementale [voir le « plan social » qui touche actuellement les associations en France], y compris la famille et l’Église. C’est particulièrement vrai en France, République fortement centralisée.

D’autre part, cet affaiblissement desdits corps intermédiaires favorise l’essor de l’individualisme et du libéralisme, lequel libéralisme « fait de l’individu et de ses droits inaliénables (liberté, propriété…) le centre et l’origine des relations sociales ». Mais qualifié de « main invisible, qui, sans contre-pouvoir ni encadrement extérieur, classe et hiérarchise », il est aussi destructurant par essence : « le libéralisme disloque la société, mais ne la conserve pas ».

2) Mais au-delà d’une menace de « totalitarisme étatique »(certes aliénant), le plus inquiétant(et non des moindres)est peut-être cette désillusion quasi généralisée des citoyens vis-à-vis de la « politique politicienne » ou de caniveau, conséquence des dérives du modèle démocratique des pays libéraux en Occident**. Comment alors prétendre « faire de la politique autrement », surtout si on se met à en faire, de « la politique politicienne » ?

C’est pourquoi, estime Paul Wells, il est peut-être temps de (re)considérer « la contribution importante dans le domaine de la théorie politique-mais souvent oubliée-de la pensée de la Réforme protestante. Celle-ci a cherché à développer une vision de la vie sociale et politique fondée sur les notions d’alliance et de consensus, c’est-à-dire d’accords mutuellement consentis. Cette vision peut favoriser une réflexion, d’une part, sur l’exercice équilibré de l’autorité dans la société, en termes de consensus, et, d’autre part, sur l’importance des institutions médiatrices entre l’Etat et l’individu ».

Dans ce cadre, et alors que nous voterons dimanche prochain(23 mars), pour le premier des élections municipales***, la pensée du protestant allemand Johannes Althusius (1556-1637), très originale, est absolument à découvrir****.

Son ouvrage majeur, « Politica Methodice Digesta« *****, écrit en 1603 et complété en 1610, paru sous sa forme définitive en 1614, contient ce qui peut être considérée comme la plus grande critique du système hiérarchique et centralisé du pouvoir «pyramidal»(dont le Saint Empire romain germanique est le plus bel exemple)à la lumière de la théologie réformée de l’alliance.  Système auquel l’auteur oppose une vision alternative, voire meilleure. Appelé le « père du fédéralisme », il est aussi l’un des premiers théoriciens de la subsidiarité, principe essentiel de l’Union européenne******.
Dans son traité, Althusius présente une théorie de la politique, où « la vie de la cité est avant tout une question de symbiose, la manière de vivre ensemble ou des vies qui s’organisent dans l’harmonie ».  Et la politique selon Althusius « est l’art d’associer (consociandi) les êtres humains dans le but d’établir, de cultiver et de maintenir, entre eux, une vie sociale. Ainsi, nous l’appelons la ‹symbiotique›. Le sujet de la politique est l’acte d’association (consociatio) par lequel ceux qui vivent ensemble s’engagent les uns avec les autres, par un pacte explicite ou implicite, en vue d’un partage (communicatio) mutuel de tout ce qui est utile et nécessaire pour promouvoir l’harmonie dans la vie sociale. Le but de l’action politique est une vie commune (symbiosis) qui est sainte, juste, agréable et heureuse, une vie où il ne manque rien de nécessaire et d’utile à l’être humain.»

Une telle définition, comme le relève Paul Wells, a de quoi nous surprendre quand, pour nous, « la politique » est habituellement porteuse d’un esprit « clivant » avec une idée d’opposition et d’affrontement. Ainsi, par exemple, les chrétiens se souviendront peut-être comment ils ont vécu la dernière présidentielle. Cependant, un tel clivage, face à la complexité de certains enjeux ou débats, empêche le citoyen(chrétien ou non) de se former une réelle opinion. Et ledit citoyen(chrétien ou non) en est alors réduit à être « une brebis qui élit le berger dont le son de la voix est le plus agréable » ou  à  « voter oui ou non, sans avoir lu, par exemple, le projet de Traité constitutionnel européen » de 2005(texte complexe, s’il en est).

A l’inverse, remarque Paul Wells, Althusius « dédramatise » le fait politique, « auquel nous demandons beaucoup en pensant que les hommes politiques vont tenir leurs promesses ». En effet, la politique n’est pas, selon lui, l’exercice du pouvoir, c’est un savoir-vivre-ensemble. Sa vision repose sur une société fondée sur l’alliance existant entre les êtres humains au sein de laquelle la participation, l’engagement personnel et les relations interpersonnelles sont essentiels. Dans cette vision, l’individu prime sur le collectif et non le contraire, mais l’individu existe dans une collectivité, l’alliance étant le fondement de la socialisation ».

La suite ici :

http://www.theonomia.fr/article-22689401.html   ou :

http://larevuereformee.net/articlerr/n244/la-theorie-politique-%C2%ABreformationnelle%C2%BB-et-le-pacte-social

Relire également, en comparaison, le principe du corps de Christ en 1 Corinthiens 12.

Notes :

*In La revue Réformée N° 244 – 2007/5 – OCTOBRE 2007 – TOME LVIII. Carrefour théologique Aix-en-Provence, mars 2007 : Protestantisme et libertés

** Dérive que l’on ne veut peut-être pas voir, du fait d’une « tentation de plus en plus visible » de considérer « la démocratie se prétendre la religion de l’Occident, au risque d’un unanimisme qui tue le débat, la différence, le différend, comme le souligne le philosophe et professeur d’éthique Olivier Abel. [cité par Sébastien Fath dans une note de blogue datée du 21/03/14]Celui-ci « appelle à développer la réflexion pluridisciplinaire sur le politique, la différence, le « vivre-ensemble », l’espace public. Quitte à démythologiser les grands discours, soit-disant laïques, sur une démocratie ou une République aux attributs quasi divins ».

*** Municipales dont il est important de connaître les enjeux. Quels médias sauront nous donner « à comprendre », plutôt que de nous abreuver de « politique politicienne » ? Voir, par exemple : http://elections-municipales2014.fr/2014/01/04/les-dix-dossiers-strategiques-qui-attendent-les-maires-en-2014/ ; http://elections-municipales2014.fr/bon-a-savoir/enjeux-municipales-2014/ ; http://www.youphil.com/fr/article/07314-comparateur-inegalites-ville?ypcli=ano ; http://www.m2014.fr/74/comment-devrait-etre-un-bon-maire-en-2014.htm

****A noter que l’on fait notamment l’éloge d’Althusius sur les sites ou forums libéraux. Or, rien n’est plus éloigné du libéralisme (comme du centralisme étatique) que la pensée d’Althusius.

***** En anglais. Sinon, voir ici.

****** Notamment rappelé dans ce billet récent de Patrice de Plunkett : « les évêques européens et les élections[européennes] de juin ».

« Nous, les forts… »

Une scène de "CJ7", de et avec Stephen Show

Une scène de « CJ7 », de et avec Stephen Show

« ……nous devons supporter les faiblesses* de ceux qui ne le sont pas, et ne pas nous complaire en nous-mêmes.
Que chacun de nous complaise au prochain pour ce qui est bien en vue de l’édification.
Car Christ ne s’est point complu en lui-même… »(Rom.15v1-3 et ss**)

 

 

 

 

 

 

Notes :

* Les « faiblesses » des « faibles » sont décrites en Romains 14

** Ou« Nous qui sommes forts dans la foi, nous devons prendre à coeur les scrupules des faibles. Nous ne devons pas rechercher ce qui nous plaît. Il faut que chacun de nous cherche à plaire à son prochain pour son bien, pour le faire progresser dans la foi. En effet, le Christ n’a pas recherché ce qui lui plaisait… »(Bible en français courant)

Foire aux médias(4) : journaux, magazines ou sites « non chrétiens »

Suite et fin de notre « Foire aux médias », débutée ici, et poursuivie ici, et .

Eau turbulente par Daniele Pellati Suivre le courant, au risque de se laisser emporter...ou vivre à contre-courant ?

Eau turbulente par Daniele Pellati
Comment être une presse ou un média « à contre courant » ?

Au menu, des journaux, magazines et sites « non chrétiens » : Certains spécialisés dans le décryptage/ »observatoire des médias » et d’autres, représentatifs d’une curieuse presse « pas pareil » à observer, notamment par le choix de ligne éditoriale, le traitement de l’information, le graphisme, le style et le modèle économique (sans pub) de la plupart.

 

24 heures dans une rédaction : Depuis 2013, un outil simple et pédagogique pour connaître le métier de journaliste. Co-réalisé par l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille et Canal France International, l’agence française de coopération médias à destination notamment de l’Afrique, il propose 4 séries de 24 fiches pratiques sur l’exercice du journalisme. Ces documents rédigés par des journalistes confirmés en télévision, radio, web et presse écrite sont destinés aux journalistes, et formateurs en journalisme, mais aussi pour le grand public.

 
Acrimed : ou Action-CRItique-MEDias. Sur un mode très différent d’« Arrêt sur image » (lequel n’échappe pas toujours au piège du racolage, à mon goût), une association née en 1996 du mouvement social de 1995, qui se veut un « observatoire des médias ». Elle réunit des journalistes et salariés des médias, des chercheurs et universitaires, des acteurs du mouvement social et des « usagers » des médias. Elle cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d’une critique indépendante, radicale et intransigeante. Depuis octobre 2011, Acrimed publie par ailleurs une revue papier trimestrielle, le magazine Mediacritique(s)

L’Age de faire : Sympathique périodique national « grand public », paru pour la première fois en octobre 2005(aujourd’hui mensuel) et créé par un ancien entrepreneur dans le BTP. L’Age de faire propose « des outils pour réinventer le monde » : « savoir » et « comprendre », pour « agir », dans les domaines de l’écologie, la citoyenneté et la solidarité, au niveau local comme international. Mais surtout, le journal promeut un mode de vie écologiste « responsable » assez radical. Son indépendance financière (ni subventions, ni publicité) repose sur ses abonnements et sur ses lecteurs : un mode de diffusion original, basé sur des « coopérateurs » qui s’engagent à acheter un certain nombre de numéros par mois et à les diffuser.
Il est possible de trouver l’Age de faire dans les biocoop, épiceries équitables, associations écologiques, stands de producteurs, et même certains cinémas indépendants(tels le réseau « Utopia »). Il est animé depuis fin 2011 par une Sarl Scop (Société coopérative de production). Les six salariés détiennent la majorité des voix et du capital au sein de l’entreprise. Ils décident ensemble du contenu et de la gestion du journal.

 
Article 11 : journal alternatif (par son organisation collective et économique, ses sujets et ses qualités littéraires) de manière toute aussi alternative (par la maquette et les images). D’abord (et toujours) site web, créé en 2008, puis journal papier de 2010 à 2015, sans pub. Un regard critique et subversif sur des sujets sociaux et politiques contemporains[Y compris environnementaux : vous en connaissez beaucoup, vous, des publications qui consacrent plusieurs articles sur la tomate ?], une exigence esthétique dans le travail de l’écriture, une belle variété des expressions (et des sujets), une complicité réelle avec les lecteurs, le fameux vrai-faux édito(censé être écrit par une personnalité « tête de turc » du journal). Et un format inhabituel, puisque allongé.

 
Basta Mag : Pure player se voulant « alternatif », Basta ! veut offrir un autre regard sur l’actualité : sur les problématiques sociales et environnementales(qu’il veut décloisonner et traiter de manière transversale), sur la solidarité internationale et l’engagement citoyen. Par la production d’articles, reportages, enquêtes, interviews, vidéos, Basta ! décrypte les crises qui rongent le monde actuel : crise économique, crise sociale, crise de la démocratie, crise environnementale. On aime sa volonté de « ne pas se contenter d’évidences », de creuser et d’essayer de comprendre le fond des sujets, comme sa volonté de ne pas faire le même traitement médiatique que d’autres médias. « Engagé »(avec une production journalistique qui se rapproche parfois du contenu des sites associatifs ou syndicaux), mais pas « partisan ». Excellent. A suivre de près, pour son sérieux.

CQFD : mensuel « de critique et d’expérimentation sociale », distribué tous les premiers vendredi du mois.  Basé à Marseille, son comité de rédaction est composé essentiellement de chômeurs. Il est certes souvent « en colère » mais traite avec professionnalisme des sujets locaux, nationaux et internationaux, liés à la pauvreté, aux mouvements sociaux, aux résistances sociales parmi les salariés, dans les périphéries urbaines et aussi dans le milieu agricole. Car il n’est pas question pour lui de ne publier que des billets d’humeur ou des éditoriaux, ni de faire du « journalisme Google ». Sa ligne éditoriale : « faire un Charlie mieux informé et un Diplo plus accessible. » Sans publicité, il est gratuit pour les personnes incarcérées. A noter que ses numéros d’été traitent le plus souvent de sujets pointus et exigeants (les langues, l’éducation…), quand d’autres médias se laissent aller à la facilité.

 

Les Dossiers de l’Actualité : « L’actu décodée » – Idéal pour les lycéens et étudiants. Conçus par les journalistes de La Croix (un des quotidiens français de référence) et de Phosphore (mensuel pour les jeunes), Les Dossiers de l’Actualité proposent un temps pour faire le point, chaque mois, de façon pédagogique et éclairante, sur trois sujets qui comptent : politique, économie, culture, environnement, société…

 

L’Eléphant : une revue trimestrielle qui revendique cette idée jugée désuète, à l’heure où toute la connaissance du monde est à portée de clic : « La culture générale et l’éducation contribueront à sauver le monde ». 

e-media.ch : l’indispensable site suisse romand d’éducation aux médias, qui me paraît beaucoup mieux conçu que celui de son homologue du CLEMI français. On y trouve d’importantes ressources pédagogiques consacrées à la presse papier et audio-visuelle, au cinéma (avec des fiches films détaillées), la publicité, l’internet, les technologies de l’information et de la communication, et la littérature jeunesse.

Le Gorafi : pour ceux qui en ont assez de certains « pure players », ce site se livre à une parodie(en faisant preuve d’ironie) jouissive des sites de presse. Comme le dit si bien la journaliste « Aliocha », « des gens capables de concevoir un article qui dit que « 79% des français refusent de répondre aux sondages » [ou « À l’encontre de son code de déontologie, un journaliste pose une question économique au président »] mériteraient d’être élevés au rang d’antidépresseur recommandé par la faculté de médecine ». A quand la recommandation « sur les chaines d’information continue et des sites de presse de la lecture du Gorafi, au même titre que la consommation de 5 fruits et légumes par jour » ? Certaines personnalités (notamment politiques) s’y sont d’ailleurs laissé prendre, en relayant une « infaux » du « Gorafi », la croyant « vraie ».

Habilomedias : un autre site francophone, canadien, d’éducation aux médias et de litteratie numérique, sans but lucratif, et tout aussi riche que le précédent. Son objectif est de veiller à ce que les enfants et les adolescents développent une pensée critique, pour un usage « citoyen, actif et éclairé » des médias et du numérique. On y trouve quantité d’outils et de ressources pédagogiques destinés aux parents et aux enseignants.

 
Journalismesinfo.fr : le web-observatoire du journalisme sur le web. Une production des étudiants du master Journalisme de l’Ecole de journalisme de Grenoble.  Excellent travail, notamment les dossiers.

 

La Décroissance : « le journal de la joie de vivre » et « premier journal d’écologie politique ».
Créée en 2004 par Vincent Cheynet et Bruno Clémentin, fondateur de « Casseurs de pub », La Décroissance(qui a du ou devrait bientôt fêter ses dix ans cette année) est un mensuel critique qui veut incarner un projet d’écologie politique radical, sans compromis ni compromissions, et promouvoir une société basée sur « la décroissance soutenable »(sachant qu’une croissance perpétuelle est illusoire sur une planète aux ressources limitées). Un étonnant journal, particulièrement intransigeant(au risque de demeurer marginal), qui offre débats, chroniques, coups de gueule, interviews, articles de fond, dessins(d’Andy Singer, Colloghan…) et BD. A lire, le numéro 101, édition spéciale de juillet-août, qui raconte l’aventure du journal par ceux qui le font.

 

OWNI :  un média d’enquête, de reportage et de data-journalisme, dédié aux cultures numériques ainsi qu’aux nouveaux enjeux de société.Une référence. Leur charte éditoriale se découvre ici. Placé en liquidation judiciaire le 21 décembre 2012, le site est fermé depuis, mais toutes les archives restent en ligne. C’est un bien commun en « Creative Commons ».

 

 

Sciences Humaines : le magazine référence indépendant, sans annonceurs et pariant sur ses lecteurs, « pour comprendre l’humain et la société à travers l’actualité des sciences humaines et sociales ». Conçu, dès l’origine, comme un instrument de synthèse des connaissances.

Le Tigre magazine : un drôle d’animal « curieux » qui a réussi à poser sa griffe dans la jungle médiatique, avant de disparaître en 2015. Découvert « par hasard » il y a quatre ans dans un cadre professionnel, il m’est devenu « familier » avec le temps. « Familier », mais pas « domestique » pour autant.
Fondé en 2006, Le Tigre est un mensuel généraliste, indépendant, éclectique, souvent imprévisible et sans publicité, distribué en kiosques et en librairies. C’est aussi une aventure de presse novatrice avec de petits moyens, à rebours de la logique économique actuelle : il propose un journalisme inventif, curieux, ouvert au monde, exigeant et constructif, qui dresse des passerelles entre des secteurs d’ordinaire très éloignés.  On peut y découvrir des contributions de journalistes, photographes, dessinateurs, écrivains et universitaires. Le Tigre choisit également « de ne pas faire ce que d’autres font déjà très bien »(comme les recensions de l’actualité culturelle-livres, films, disques, etc), au profit de créations d’auteurs contemporains (pages graphiques et dessins, photographies sans contrainte d’actualité…..).  Le Tigre n’est pas militant. Le Tigre préfère l’ironie au pamphlet et à la diatribe, le télescopage, le décalage et le recul aux lignes de fracture traditionnelles. Le Tigre est un animal solitaire : plutôt que la défense d’un groupe, ou de dire ce qu’il faut penser,

Le Tigre a l’ambition de faire réfléchir. Il réveille en nous non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien.
Depuis 2006, Le Tigre a connu de nombreuses vies : hebdomadaire à sa création, il a été mensuel en 2007, bimestriel en 2008-2009, quinzomadaire en 2010, et mensuel début 2011, avant de cesser de paraître(définitivement ?) depuis 2015. Enfin, Le Tigre est le premier journal en France à être conçu uniquement avec des logiciels libres.

 

 

Youphil, le média de toutes les solidarités : créé en 2008, il donne une vision transversale de toute l’actualité sociale et solidaire sous toutes ses facettes(entrepreneuriale, philanthropique, humanitaire, associative).
La rédaction est composée d’une équipe permanente à Paris et d’un réseau de correspondants à l’étranger. Elle s’appuie également sur une centaine de contributeurs : universitaires, responsables d’ONG, entreprises, consultants.   Le site regroupe également une communauté réunie autour d’une soixantaine de blogueurs engagés dans le domaine de la solidarité.

 

 

Tout ne se vend pas

« Tout se vend », dit-on.

Or, le sage dit : « Acquiers la vérité, et ne la vends pas, La sagesse, l’instruction* et l’intelligence ».(Prov.23v23)

« Ne la (re)vends pas ». Même si tu te trouves un jour dans l’extrémité. Même si quelqu’un te promet un gain(ou une rentabilité)plus grand(e), ou prétend « t’en offrir plus ».

Car, « tout ne se vend pas » et « tout ne se vaut pas »**.

Justement, comment « acquérir » ce qui « en vaut la peine » : la vérité, la sagesse, l’instruction et l’intelligence ? Certainement pas par « des choses corruptibles, de l’argent ou de l’or »(1 Pie.1v18), mais en connaissant « Celui qui est la vérité »(Jean 14v6), « le seul vrai Dieu »( Jean 17v3), « le Dieu véritable »(1 Jean 5v20-21), et en connaissant la Parole de Dieu, « qui est la vérité »(Jean 17v17)

De même, Dieu dit encore « que celui qui veut se glorifier se glorifie d’avoir de l’intelligence et de (le) connaître…. »(Jér.9v24). Lui  « qui donne la sagesse »(Prov.2v6), dont le commencement est la crainte de l’Eternel(Prov.9v10)…sagesse qui « vaut mieux que l’or », de même que l’intelligence vaut mieux que l’argent.(Prov.16v16)

Bref, si tu acquiers la vérité, ne la vends pas, « de même que la sagesse, l’instruction* et l’intelligence ». L’une et l’autre sont sans prix.

Vraiment, « tout ne se vend pas » et « tout ne se vaut pas » !**

Notes :

* Ici, instruction se dit « muwcar » en hébreu, soit : discipline, châtiment, correction. Traduit généralement par corriger, instruction, enseigner, ceinture, outrager, avis, leçon, science, exemple.

** Une histoire de la Bible, où il est question de quelqu’un qui « ne voulait pas vendre », dans 1 Rois 21v1-29.

Transmission

Grand-père et petit-fils par George Hodan Une ère où tout ce qui est vieux est dévalorisé

Grand-père et petit-fils par George Hodan
La transmission, d’une génération à l’autre : un enjeu, à l’ère où tout ce qui est « vieux » est dévalorisé

« L’Homme de bien transmet son héritage aux enfants de ses enfants… »(Prov.13v22)

L' »homme de bien » est aussi un homme sage. A mille lieux d’une vision à court terme, il pense à l’avenir. Et même au-delà de ses propres intérêts, de ce qui peut « rapporter tout de suite », ou même de ses propres enfants. Il se soucie de ce qui sera laissé aux petits enfants.

« Ce qui sera laissé »(« l’héritage ») est révélateur de ce qui a (pré)occupé cet « homme de bien » durant sa vie : cet héritage sera-t-il matériel, moral, culturel, environnemental ou spirituel ? A moins qu’il ne soit…Dieu Lui-même ? (Deut.10v9) Sachant qu’en comparaison, Dieu s’est choisi des personnes pour héritage.(Deut.9v29)

A quoi rêvent les petits garçons ? Et les petites filles ?

Nos (petits)enfants nous accuseront-ils ? Et d’ailleurs, se préoccuperont-ils de ce qui leur sera laissé ?

Mais ce qui est aussi révélateur est la façon dont les bénéficiaires recevront l’héritage. Car la question qui suit-au delà du « comment transmettre »- reste d’actualité :

Qu’en feront-ils ?