« Holly Spirit » : Un chant sur le Saint-Esprit ?

Voici, pour ce week-end, « Holy Spirit », un chant de Kim Walker-Smith, de « Jésus Culture »(1).

Un chant sur le Saint-Esprit ?

Et pourquoi pas ? D’autre part, parce que Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit(Matt.28v19), et puisque sans le Saint-Esprit, nous ne serions pas « convaincus de péché, de justice, de jugement »(Jean 16v8) ; nous ne naîtrions pas « d’en haut »(Jean 1v12-13 et 3v3-7 ; Tite 3v5) ; et sans Lui, nous ne serions pas membres du corps de Christ, de l’Eglise (1 Corinthiens 12v13) ; nous ne serions ni unis, ni aptes à mener une vie de nature à plaire à Dieu (Eph.4v3-4, 5v18-21 ; Gal. 5v16-25….) ; et nous ne serions pas « conduits dans toute la vérité »(Jean 16v13) ou aptes à connaître ce qui vient de Jésus et le glorifie(v14-15)….et bien d’autres choses encore !

 
Apprenons donc à « Connaître le Dieu Trine » ! Mais qu’est-ce que cela change, me demanderez-vous ?
La réponse dans cette excellente prédication donnée le 2 décembre 2012 par le théologeek suisse Olivier Keshavjee, actuellement « animateur vie paroissial ».
Textes : Ephésiens 1, 3–14 ; 1 Jean 1, 1–14
Plan :
Introduction :
Le prédicateur commence par nous confier avoir été quelque peu « découragé, ces jours. Découragé suite à ces débats d’Églises, l’impression de perdre tellement de temps et d’énergie alors qu’il y aurait tellement plus à faire. Découragé, justement, à cause de tout ce qu’il y a à faire: les champs sont mûrs pour la moisson, et il y a peu d’ouvriers. Découragé parce qu(’il se sent) plein de faiblesse et pas à la hauteur… ». Cependant, il relève « différentes choses qui (lui) ont fait du bien cette semaine, et la principale, ça a été de (se) souvenir un peu plus particulièrement qui est Dieu, qui il est pour (lui). Et ça (lui)a fait un bien fou ».
Qui est le Dieu qui nous sauve?
Quelques pas de danse :
o Connaître Dieu dans la prière
o Connaître Dieu dans la communauté
o Connaître Dieu dans la mission
Conclusion : « Le salut, donc, c’est le Dieu Trinitaire qui invite toute la création dans une communion d’amour avec lui. Apprenons à connaître le Père, le Fils et l’Esprit de manière intime, personnelle. Et que ce soit en famille, dans un groupe de maison, un autre groupe, le salut n’est pas un truc individuel. Recherchons toujours d’avantage cette dynamique, et cela à plusieurs, pour notre joie, et pour qu’elle déborde au-delà de nous, pour la gloire de Dieu ».

Apprenons donc à connaître le Dieu Trine, et, surtout, apprenons à le connaître en famille !

Ecouter ici la prédication http://corsiercorseaux.eerv.ch/rentrer-dans-la-dynamique-du-dieu-trinitaire-ephesiens-1-3-14-1-jean-1-1-4/   (+ « abolir les murs de la haine »)

En guise de prolongement, voir aussi, via la pensée de Dany-Robert Dufour (un auteur pourtant non chrétien), sur ce mystère central du christianisme, combien « la trinité loge dans notre langue » ! Analyse critique des conséquences de cette volonté de la pensée occidentale de réduire le ternaire au binaire dans ce « devoir philo » du journal québecquois « Le Devoir ».

Sur ce, bon Week-end !

 

 

Notes :

(1) « Jésus culture » est une communauté de “leaders de louange” et de musiciens, dont le but, depuis 1999, est « d’amener le corps de Christ à s’abandonner radicalement à un style de vie d’adoration motivé par un désir de voir Dieu recevoir la gloire qui Lui est due ». (Source : enseignemoi.com).

Vous pouvez découvrir un autre chant(« Break every chain ») de Kim Walker-Smith ici.

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« Si tu entends dire…. » : vérifie avant de publier !

Cartoon de Kevin KAL Kallaugher. Publié, semble-t-il, pour la première fois, dans "The Baltimore Sun" in 1989. Et repris par The Economist, en Novembre 1997, pour sa couverture.

Cartoon de Kevin KAL Kallaugher. Publié, semble-t-il, pour la première fois, dans « The Baltimore Sun » in 1989. Et repris par The Economist, en Novembre 1997, pour sa couverture.

Et non le contraire !
« Si, dans une des villes que le SEIGNEUR ton Dieu te donne pour y habiter, tu entends dire que des vauriens sont sortis du milieu de toi et ont entraîné les habitants de leur ville en disant : « Allons servir d’autres dieux » – des dieux que vous ne connaissez pas –, alors tu te hâteras de colporter la nouvelle à toute ta parenté, tes amis, tes voisins et tu les inviteras à faire promptement de même… » (Deut.13v13-15. TOB)

Si c’est ce que tu lis dans ta Bible, alors change de Bible. Et pourtant, c’est ce que certains d’entre nous ont tendance à faire : publier d’abord (sur twitter, sur facebook…) et vérifier ensuite, une fois les dégâts constatés. Quand la vérification est faite !

Le passage exact est en réalité celui-ci :

« Si, dans une des villes que le SEIGNEUR ton Dieu te donne pour y habiter, tu entends dire que des vauriens sont sortis du milieu de toi et ont entraîné les habitants de leur ville en disant : « Allons servir d’autres dieux » – des dieux que vous ne connaissez pas –, alors tu feras des recherches, tu t’informeras, tu mèneras une enquête approfondie…. » (Deut.13v13-15. TOB)

 
« Si tu entends dire…. »

Nous recevons des informations de toutes sortes, venant de canaux très différents qui nous sont plus ou moins familiers : famille, voisins, amis, collègues de travail, médias, institutions…
Une « masse » qu’il faut savoir trier, vérifier…et même « vérifier deux fois » (c’est une règle de base à la BBC). Quel que soit notre maturité ou nos connaissances, nous pouvons être soumis à la manipulation, à la propagande ou bien au marketing publicitaire. Si nous reprenons une nouvelle quelconque, celle-ci doit être absolument certaine et vérifiée. En aucun cas, nous ne pouvons la communiquer telle quelle. Nous devons aussi toujours citer la source exacte. Si nous ne la trouvons pas, nos « lanternes rouges » devraient aussitôt s’allumer.

Une information – qui n’est pas une opinion – répond généralement à ces six questions : qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi. Je serai véritablement informé si j’ai des réponses claires à toutes ces questions. A noter que le rôle et la responsabilité de celui ou celle dont c’est le métier d’informer est « de rassurer, d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages ».
Parmi d’autres, le journaliste et essayiste Jean-Luc Martin-Lagardette(1) nous invite aux bons réflexes suivants, face à l’information :

Premièrement, il importe avant tout d’être conscient que si une information est collectée, mise en forme et diffusée par quelqu’un, c’est parce que ce quelqu’un a intérêt à le faire : par exemple, pour des raisons économiques/financières, mais aussi idéologiques, affectives ou morales. L’intérêt de l’émetteur (est-il également le producteur de l’info, ou juste un « relai » ?) n’est pas un mal en soi, surtout quand il est clairement affiché. « Mais il y a manipulation quand l’intérêt véritable de l’émetteur est caché, et quand il ne sert pas le contenu du message »(1).

Ensuite, dira-je, lorsque l’on me communique une information, je dois impérativement me poser les questions suivantes avant de relayer quoique ce soit à tous mes contacts : qui me le dit ? Pourquoi me le dit-il ? Est-il bien placé pour le savoir ? Comment le sait-il ? D’où le tient-il ? Est-ce vrai ? Puis-le vérifier ? L’ai-je vérifié ?

D’autre part, « informer, c’est choisir. Et choisir, c’est renoncer ». Néanmoins, il est essentiel d’être impartial, soit de manifester l’attitude « de celui qui voir les choses sans parti pris et de qui est capable de rendre des faits de la façon la plus complète possible, sans omettre ce qui nous gène »(1). Deux qualités permettent d’atteindre l’impartialité attendue : être honnête (par rapport à nous-mêmes) et équitable (par rapport aux personnes).

Ainsi, au cas où nous aurions « entendu dire », sommes-nous allés chercher l’information « à la source », sur le terrain ? Avons-nous pris l’avis de toutes les personnes concernées ? Ou bien n’avons-nous qu’une information de « seconde » ou de « troisième main » ?

Savons-nous de quand date l’information ?

Avons-nous négligé certaines sources, même si elles peuvent nous paraître « farfelues », « saugrenues » ?

Ex : « Ils tinrent ces discours pour des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes » (Luc 24v11)

Nous contentons-nous de sources « officielles » ou « institutionnelles » ? Reproduisons-nous sans enquête et sans vérification d’autres sources ?

Ex : « (les principaux sacrificateurs) après s’être assemblés avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, en disant : Dites : Ses disciples sont venus de nuit le dérober, pendant que nous dormions. Et si le gouverneur l’apprend, nous l’apaiserons, et nous vous tirerons de peine. Les soldats prirent l’argent, et suivirent les instructions qui leur furent données. Et ce bruit s’est répandu parmi les Juifs, jusqu’à ce jour ».(Matt.28v11-15)

Gardons-nous de la distance avec les sources « amies » ou proches de notre référentiel cognitif ou idéologique ? Avons-nous pris le temps d’étudier les sources « ennemies » ou opposées, ou « différentes » ?

Nous savons aussi qu’un « témoin unique » est un « témoin nul » : avons-nous pris la peine de multiplier les sources (au moins « deux ou trois » vrais « témoins » cf Deut.17v6), si possible concurrentes ?

Développons-nous une pensée personnelle, ou bien reproduisons-nous celle du groupe, de notre groupe ?

Avons-nous correctement « hiérarchisé » l’information ? C’est-à-dire, mettons-nous bien avant ce qui est capital, vital, le plus important, ce qui est de nature à édifier, et non à divertir, distraire ? Ne grossissons-nous pas des broutilles, pour créer et nourrir le scandale, au détriment de faits plus impliquants ?(1)
Bref, s’informer et informer correctement prend du temps, et peut être dangereux. Certains journalistes ou reporters en savent quelque chose ! Mais nous pouvons nous montrer moins exigeants et plus « légers », par paresse ou même…lâcheté.

 

Pour aller plus loin :

La fin de notre passage (vv15-16) peut nous paraître plutôt « raide ». Néanmoins, elle me paraît édifiante à deux points de vue :

  • Etre « bien informé », après une enquête sérieuse, est une chose. Agir en conséquence en est une autre. C’est même la suite logique.
  • Etre informé, c’est être responsable. Et les premiers informés – et donc les premiers responsables – restent les autorités et les habitants de la ville coupable d’idolâtrie, qui ont choisi le « laisser faire », croyant sans doute(à tort) « bien garder ». L’on comprend alors mieux la conséquence du jugement, en rapport avec la négligence relevée. Nul ne peut dire, dans ce cas : « je ne savais pas !… »

Maintenant, à vous de jouer, face à l’information !

 

 
Notes :

(1) D’après Martin-Lagardette, Jean-Luc. Décryptez l’information. Dangles éditions, 2014, PP 7-9, 46-47
Le même JL Martin-Lagardette, lors d’un atelier sur « la transparence comme outil », a estimé « qu’il faudrait instaurer politiquement, juridiquement, économiquement, professionnellement la base d’un droit à l’information. Il serait nécessaire de se battre pour cela. Il faudrait affirmer et inscrire, peut-être dans la Constitution, le droit du citoyen a être correctement informé, c’est-à-dire être éclairé le plus objectivement et impartialement possible sur tous les enjeux de la vie démocratique afin qu’il puisse former librement son opinion personnelle(…)La liberté d’expression ou d’opinion existe, pas celui du droit du public à être informé correctement. Cela n’a rien à voir. Il n’y a pas encore de droit à l’information ». (p 16 du doc)
Université d’été 2005 de la communication sur le développement durable de l’ACIDD(Association Communication et Information (& Innovation) pour le développement durable) et Comité 21. Sur « le droit à l’information », voir cet article du 27/10/14(« le droit à l’information, ses conditions et ses conséquences ») sur Acrimed.

Et encore :
Sur le site « 24h dans une rédaction ».

Notre article sur l’évaluation de l’information sur le web.

Ne les oubliez pas : ce vendredi 12 février, c’est la journée internationale des enfants-soldats

Au Soudan, d'anciens enfants soldats laissent derrière eux leurs armes pour montrer qu'ils retournent à une vie normale (UNICEF)

Au Soudan, d’anciens enfants soldats laissent derrière eux leurs armes pour montrer qu’ils retournent à une vie normale (UNICEF)

« Tu ne livreras aucun de tes enfants pour le faire passer à Moloch, et tu ne profaneras point le nom de ton Dieu. Je suis l’Eternel ».(Lévit.18v21)

Incroyable mais vrai, mais cela existe encore au XXIe siècle : selon l’ONU, il reste 250 000 enfants-soldats, impliqués de manière directe ou indirecte dans des conflits armés dans le monde ! Plus de 2 millions d’enfants soldats ont été tués lors des dix dernières années.
Ils ont entre 7 et 18 ans et sont rattachés aux forces armées. Ils ne sont pas toujours « soldats », mais peuvent servir en tant que cuisiniers, porteurs, messagers, espions ou de détecteurs de mines. Témoins de conflits ou forcés d’y prendre part, ils sont avant tout des victimes : asservis, exploités, violentés, abusés sexuellement, blessés ou tués… Pendant plusieurs mois ou plusieurs années, leur vie quotidienne n’est plus celle d’enfants de leur âge : leur droit à l’enfance et à l’éducation est littéralement violé et volé.
Les continents où le nombre d’enfants soldats est le plus élevé sont l’Afrique (République Démocratique du Congo, Tchad, Ouganda, Mali) et l’Asie (Myanmar, Népal, Pakistan, Philippines ou Sri Lanka). Les enfants-soldats sont également présents sur le continent américain, notamment en Colombie depuis de très nombreuses années.

Les raisons de l’engagement des enfants soldats, nombreuses et parfois complexes, restent la pauvreté et le manque d’éducation, sans compter un contexte de guerre déjà très difficile. Une partie des enfants sont contraints de devenir enfants soldats sous la menace ou alors sont enlevés à leur famille.

Le 12 février, c’est leur journée internationale. Pour ne pas les oublier et pour faire le point sur les droits de l’enfant. Cette date n’a pas été choisie au hasard, puisqu’elle coïncide avec le jour de l’entrée en vigueur du Protocole facultatif se rapportant à la Convention relative aux droits de l’enfant, le 12 février 2002. Ce document de l’ONU interdit à quiconque l’utilisation d’enfants-soldats à travers le monde, et exige que l’âge minimum pour le recrutement obligatoire et la participation directe à un conflit armé soit de 18 ans.
A signaler, encore, l’action de diverses branches de l’ONU, lesquelles, en collaboration avec des ONG (organisations non gouvernementales), prennent en charge des opérations de démobilisation et de démilitarisation des enfants. Et ce, avec des résultats intéressants. À cela s’ajoutent des programmes de réinsertion de ces enfants dans leur communauté et dans leur famille d’origine. Depuis l’an 2000, dans le monde, presque 100 000 anciens enfants soldats ont été accompagnés pour qu’ils puissent retrouver une vie normale.
Vous connaissez certainement une ou plusieurs ONG travaillant dans ce sens, à soutenir.

 
Pour aller plus loin :
Un exemple de journée pédagogique par Le Réseau canadien In-Terre-Actif, secteur jeunesse du Comité de Solidarité/Trois-Rivières, qui « un outil d’éducation à la citoyenneté permettant aux jeunes d’être sensibilisés aux enjeux mondiaux actuels et de jouer un rôle en solidarité internationale ». Ce réseau propose, dans un dossier d’éducation à la citoyenneté, des fiches d’activités pour les élèves et des guides pour les enseignants sur 4 thématiques liées à la guerre dont celle les enfants-soldats.

Exemples d’actions proposées aux(et avec les) enfants :

1)Adopter des comportements pacifiques au quotidien, notamment dans notre façon de t’exprimer (au « je » plutôt qu’au « tu », avec respect et honnêteté sans brusquer les gens). Tenter de résoudre nos conflits avec des mots et une médiation plutôt qu’avec des gestes violents.
2) Dans notre quotidien, éviter d’acheter et d’offrir des jouets qui renforcent une culture de la violence. Choisir des jeux pacifiques et qui stimulent la créativité de l’enfant.

3) Se rappeler que la guerre n’est pas un jeu et que beaucoup d’enfants autour du monde meurent dans des contextes de guerre et doivent combattre avec de vraies armes.
4) Se joindre ou, s’il n’existe pas déjà, fonder un comité d’élèves-médiateurs dans son école, dont l’objectif serait de contribuer à promouvoir le pacifisme et la résolution non-violente des conflits.

Autres liens :

Amnesty International – Enfants et droits humains
UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’enfance) – Les enfants-soldats
Le travail de l’UNICEF : « déposer les armes et construire un avenir »

Child Soldiers International
Nations Unies – Les enfants et les conflits armés

 

A lire :
« Une arme dans la tête », de Claire Mazard. Flammarion jeunesse, 2014 (Tribal). Un roman sur le sujet, pour adolescents(à partir de 14 ans).
« Le jeu a cessé quand nous avons eu de vraies armes et quand nous avons croisé le caporal »
A 10 ans, Apollinaire est enrôlé dans l’armée d’un pays d’Afrique comme enfant soldat. Drogué, il devient « Conan l’effaceur » et commet les pires atrocités. Lorsque Wamba, son meilleur ami, est tué, il s’enfuit. Recueillit par un prêtre, il arrive clandestinement en France. Là, il devient un « mineur isolé » et tente d’oublier le passé au sein d’un foyer et l’apprentissage d’un métier. Mais peut-il oublier la violence dont il a fait preuve pendant quatre ans ? Comment racheter ses fautes ? Comment vivre-et non plus survivre ?
Un livre fort, sensible et intelligent, sur le difficile retour à la vie « normale » d’un ancien enfant-soldat hanté par ses souvenirs. A lire pour les plus grands, surtout, pour sensibiliser à une thématique peu connue et pour prendre toute la mesure de la valeur du droit à l’enfance et à l’éducation.

 

 

A étudier :
« Tu ne livreras aucun de tes enfants pour le faire passer à Moloch, et tu ne profaneras point le nom de ton Dieu. Je suis l’Eternel ».(Lévit.18v21 + Lévit.20v1-7) ; Deut.12v31, 18v10….Jer.32v35
Qui sont nos « Moloch » d’aujourd’hui ?

Départ avec indemnités

Voici un édifiant exemple tiré de la Bible, qu’il serait curieux de voir un peu plus médiatisé et généralisé, aujourd’hui. Il se trouve dans le livre du Deutéronome 15v12-18 :

« Si, parmi tes frères hébreux, un homme ou une femme s’est vendu à toi et s’il t’a servi comme esclave pendant six ans, à la septième année tu le laisseras partir libre de chez toi. Et quand tu le laisseras partir libre de chez toi, tu ne le laisseras pas partir les mains vides ; tu le couvriras de cadeaux avec le produit de ton petit bétail, de ton aire et de ton pressoir : ce que tu lui donneras te vient de la bénédiction du SEIGNEUR ton Dieu. Tu te souviendras qu’au pays d’Egypte tu étais esclave et que le SEIGNEUR ton Dieu t’a racheté. C’est pourquoi je te donne ce commandement aujourd’hui (…) Ne trouve pas trop dur de le laisser partir libre de chez toi, car en te servant pendant six ans il t’a rapporté deux fois plus que ce que gagne un salarié ; et le SEIGNEUR ton Dieu te bénira dans tout ce que tu feras »(TOB).

En clair, tu veilleras au respect des droits et de la personne du salarié, de sorte que les rapports « maîtres – serviteurs » (ou « patrons-employés »), qui reposent déjà sur un principe de subordination, ne dérivent pas en asservissement pour le second. Tu le traiteras, non avec « la mentalité du propriétaire », mais avec justice, équité, bonté et compassion, à l’image de Dieu(1), vu qu’il n’est ni ta « propriété », ni ta « chose »(2), mais ton frère. Tu considéreras le travail qu’il a fourni et combien il t’a béni en te servant toutes ces années.

Tu ne l’exploiteras donc pas comme un citron, « jusqu’à la dernière goutte », et tu ne le jetteras pas, « quand il n’y aura plus de jus ». Mais tu partageras avec lui ce que tes champs et tes troupeaux ont produit de meilleur pendant les années où il a servi. Tu accepteras donc de le laisser partir libre, même au risque d’une perte de profit, et tu ne le renverras pas « à vide », ou « vidé »….

Dans la série, « le code du travail selon Dieu », une invitation pertinente à changer de regard et à « penser à rebours »(3) face au point de vue du dominant-celui du « patron » ou du « propriétaire », habituellement et abondamment relayé, et ce, au détriment du point de vue du pauvre, de l’employé ou de l’ouvrier…l’un et l’autre étant malheureusement souvent présentés de façon caricaturale (4).

 

 

 

 

Notes :

(1) La loi rappelle(avec les prophètes et les psaumes)que si Dieu  « ne fait pas de favoritisme », Il est du côté du pauvre, surtout quand il ne peut pas se défendre, ainsi que de la veuve, de l’orphelin et de l’étranger-les précaires de l’époque(cf Deut.10v17-19 ; Deut. 15 ; Deut. 24 ; Ps.72 ; Job5v15…). D’autre part, selon le site lamed.fr, qui consacre toute une série équilibrée sur le sujet (« Car ils sont mes serviteurs »), « la tradition juive part de l’hypothèse qu’un ouvrier est une personne nécessiteuse vivant au jour le jour, et qu’il a besoin de son salaire quotidien pour entretenir sa famille. C’est pour cette seule raison, (expliquent les sages juifs), qu’il sacrifie son existence aux risques que lui fait courir son travail et qu’il abandonne sa liberté aux fantaisies d’un autre homme ».

 

 

(2) Comparer, à ce sujet, avec ce commentaire du commandement du Décalogue « tu ne voleras pas ».

(3) Soit à une « métanoia », un terme grec habituellement traduit par « repentance ».

(4) Un exemple frappant de cette vision caricaturale est celle de Dennis Peacocke, dans « Partenaire avec Dieu en affaires ». JEM Editions, 2008(un ouvrage qui m’a paru particulièrement inspiré par le libéralisme selon Friedrich Von Hayek), qui affirme que « les bénéfices ne sont pas générés par les employés »-lesquels « se focalisent sur leurs droits »– mais par ceux qui ont « l’esprit du propriétaire » (op. cit., p 90)

 

Pep’s café et vous

La parole est à vous, lectrices, lecteurs ! Qui veut la prendre ?

La parole est à vous, lectrices, lecteurs ! Qui veut la prendre ?

Ou quand un blogue part à la rencontre de ses lecteurs.

Trois ans déjà que Pep’s café existe ! Depuis sa création, en janvier 2013, nous vous présentions les raisons d’être de ce blogue ici.

Depuis trois ans, nous avons à cœur de contribuer, en moyenne deux fois par semaine, à votre édification, et à vous inviter à « lire, écouter, discerner, réfléchir, comprendre, croire, recevoir, s’ouvrir, partager, discuter », ou « à vous laisser surprendre », notamment par le Seigneur Jésus-Christ et Son message de salut et de réconciliation, touchant à tous les domaines de la vie.
Ecrire pour vous, c’est un investissement en soi : en temps, en énergie et en recherche. Mais aussi un investissement dans la durée, pour l’avenir. Qu’en retirez-vous, personnellement ? C’est le moment pour nous de faire le point.
Et c’est ici que vous intervenez, pour que vous puissiez nous faire part de ce que vous pensez de « Pep’s café le blogue », et aussi pour que nous puissions découvrir un peu mieux qui nous lit et pourquoi. Merci de nous partager vos attentes, vos remarques, vos suggestions, vos encouragements, vos coups de cœur, voire vos frustrations ou tout ce qui peut vous énerver chez nous… La Parole est à vous !

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« La liberté de choix » : une « illusion », une « malédiction » héritée de la chute (2)

Dans un billet précédent, nous soulevions le fait que la liberté dans le sens où nous l’entendons (« la liberté de choix ») n’est pas la liberté dont Dieu parle, mais une « illusion », une « malédiction » héritée de la chute, conséquence du péché, selon les auteurs bibliques. Etre vraiment libre, ce n’est pas « avoir le choix » entre le bien et le mal, mais être positionné du côté de Dieu.

D’autre part, le chrétien devrait en réalité préférer à la « liberté », concept « statique », celui de « libération », qui inclue un processus et une « dynamique ». En effet, selon le pasteur Gilles Boucomont (1), l’on ne saurait parler « de liberté sans libération », car, juge-t-il avec humour sur twitter,

Scène de la série "Le Prisonnier" de et avec Patrick Mac Goohan (1967)

Scène de la série « Le Prisonnier » de et avec Patrick Mac Goohan (1967)

l’ « on n’a jamais entendu un prisonnier se dire libre parce qu’il faisait ce qu’il voulait dans sa cellule » ! Pour pouvoir vivre la liberté, il nous faut donc passer par la libération, soit le fait d’être toujours portée en avant dans un processus d’émancipation(2), contrairement à l’inertie d’une liberté qui, elle, s’étiole, quand on ne la vit pas activement au quotidien. Il est intéressant de constater que la première des « 10 Paroles », dans Exode 20v2 et Deutéronome 5v6, est justement le rappel d’une libération : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude ». Suivent ensuite les commandements de Dieu à suivre pour vivre cette libération. Nous sommes donc invités à entendre chacune des « Paroles » de Dieu comme étant précédé par la libération : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte…et toi, tu n’auras pas d’autre dieu et tu ne t’en feras pas d’images », etc…A vous de poursuivre !

Dans le Nouveau Testament, Paul rappelle fort opportunément aux Galates-tentés de se remettre sous un joug-que « c’est pour la liberté que Christ nous a libérés »(Gal.5v1). Et il y a un prix à payer, pour « garder cette liberté chèrement acquise par un autre à la croix : « tenir ferme » et ne pas se remettre « sous le joug de l’esclavage »(v1). Nous sommes donc intégrés dans un processus de « libération continue », dont l’événement fondateur est la libération en Jésus, « livré à la mort à cause de nos péchés et ramené à la vie (par Dieu) pour nous rendre justes devant lui »(Rom.4v25. BFC)

Jésus-Christ est d’ailleurs le seul homme qui a pu être véritablement libre sur la terre : personne n’a pu « le convaincre de péché »(Jean 8v46), il n’y avait en lui aucune source de mal, et même Satan n’a eu aucune prise sur lui (cf Matt.4v1-11). Et pourtant, Jésus a choisi le contraire de la liberté que nous poursuivons avec tant d’ardeur : Il est « venu, non pour faire (sa) volonté, mais pour faire la volonté de Celui qui (l’a) envoyé »(Jean 6v38)…. « non pour être servi mais pour servir et donner (sa) vie en rançon pour plusieurs »(Marc 10v45), parce qu’il avait une libération totale à conquérir : la libération de toutes nos servitudes, du pouvoir du péché, de la crainte de la mort(Hébr.2v15), et la restauration d’une relation qui avait été rompue : « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même » (2 Cor.5v19)

Jusque à présent, je pouvais croire que choisir de ne pas mettre ma confiance en Jésus et de ne pas le suivre, Lui et ses commandements, était justement l’expression de ma liberté. En réalité, je ne deviens libre qu’en refusant l’exercice de cette pseudo-liberté de pouvoir vivre sans Dieu. Je ne suis pas libre d’exercer ou non la miséricorde(ou la bonté), mais vu que j’appartiens à Jésus, je deviens miséricordieux, car c’est là « le fruit de l’Esprit »(Gal.5v22) et parce que mon Père céleste est « miséricordieux »(Matt.6v36). Je ne suis pas libre d’être, soit doux, soit violent, car j’appartiens à Jésus, qui est lui-même « doux et humble de cœur »(Matt.11v29), et le fruit de l’Esprit est ma douceur(1). Enfin, je ne suis pas libre d’aimer ou de ne pas aimer, mais parce que « Dieu est amour »(1 Jean 4v16) et parce que mon Père Céleste m’aime personnellement(1 Jean 3v1), je peux « aimer mon Dieu de toute ma force… » et mon prochain, « comme moi-même ».

Si je choisi de suivre Jésus, le Seigneur, alors mes choix sont simples(1) : j’abandonne « l’idolâtrie de soi » qui réside dans la vénération du libre-arbitre, je lâche prise sur « la liberté de choix » qui est devenue aujourd’hui un véritable dogme, et je me réjouis d’entrer dans les projets de mon libérateur : « si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création: les choses vieilles sont passées; voici, toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor.5v17) ;« Or, le Seigneur c’est l’Esprit ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Cor.3v17). Et je me réjouis de cette nouvelle relation avec Jésus : « plus esclave…mais ami » (Jean 15v15), et je vois « de quel amour le Père m’a fait don, que je sois appelé enfant de Dieu » (1 Jean 3v1 ; Jean 1v12-13)

 

Notes :

(1) Boucomont, Gilles. Au Nom de Jésus : Mener le Bon Combat. Editions Première Partie, 2011, pp 152-155

(2) C’est le sens d' »éducation » : « conduire hors de », pour élever, faire grandir(cf Jean 10v3).