« Break every chain ! Break every chain ! »

Hier soir, soirée « hommes », dans mon église locale, sur le thème de « l’identité de l’homme », et plus particulièrement de « l’homme selon le cœur de Dieu ». Nous reviendrons sur ce thème dans le courant 2015-2016.

La réunion s’est clôturée par un temps de louange, avec ce chant « qui déchire »(et délivre ?) :

« There is power in the name of Jésus. Break every chain ! »(« Il y a de la puissance dans le nom de Jésus ! Brise toutes les chaines ! »*) par « Jésus culture » :

Le Seigneur Jésus-Christ est Celui qui « brise toutes tes chaines ». Il est Celui qui a vaincu, désarmé et dépouillé « l’homme fort », en délivrant tous ceux qui étaient asservis dans sa maison de servitude(Marc 3v27). Le crois-tu ? Lesquelles de tes chaines a-t-il brisé ? Quel homme fort, dans ta vie, a-t-il vaincu ?

Notes :

*Le chant en français ici.

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Ce « trouble de la perception » appelé « indifférence »

"Indifférence" : trouble de la perception, empêchant de distinguer la réalité de la mise en scène... Par Andy Singer

« Indifférence » : trouble de la perception, empêchant de distinguer la réalité de la mise en scène…
Par Andy Singer

Notre société souffre terriblement de ce mal moderne qu’est l’indifférence.

Mais qu’est-ce que l’indifférence ? Erri de Luca* le définit comme étant « l’incapacité de distinguer les différences ». Il ne s’agit donc pas d’un « je-m’en-foutisme face au monde, mais plutôt (d’un) trouble de la perception qui empêche de distinguer la différence entre réalité et mise en scène. On assiste, inerte, à un acte de violence, à un malheur, car on croit assister gratis à une représentation où l’on est tenu d’agir en spectateur. On n’a jamais vu personne dans le public sauter sur scène pour empêcher Othello** de tuer Desdémone. Celui qui se croit spectateur profite du spectacle.***

L’indifférence est un dérangement opposé à celui de Don Quichotte**** qui s’immisçait dans les affaires et les malheurs des autres. Lui aussi distinguait mal la réalité, souffrant pourtant d’interventionnisme extrême. Il fait même irruption dans un théâtre de marionnettes, saccageant les pantins qu’il prend pour ses ennemis. Il confond spectacle et réalité, il ne se contente jamais d’être spectateur. En écoutant les nouvelles télévisées, il faudrait se rincer les yeux avec le collyre fébrile de Don Quichotte. Se sentir un peu moins spectateur, un peu moins membre d’une « audience », un peu plus membre d’une chevalerie errante, erronée et irritable. »

La vie de Rees Howells, celui qui était "sur la brèche"

La vie de Rees Howells, celui qui était « sur la brèche »

« Indifférent » et « spectateur », Rees Howells ne l’était nullement. Ce mineur, qui a connu le réveil de 1904 au Pays de Galles, a vécu « en simple radical », au service exclusif du Seigneur Jésus-Christ. Un « exemple », inspiré par la vie de Georges Müller, pas forcément à imiter tel quel, mais sa foi et sa consécration, si(cf Hébr.13v7). Atteignons-nous ce standard de Dieu ? Pour ma part, je suis loin d’être « arrivé »….

Mais lisez l’histoire de cet homme qui s’est tenu « sur la brèche »***** en tant que fidèle intercesseur, et vous connaîtrez ce que signifie réellement « mes pensées ne sont pas vos pensées »(dit le Seigneur, cf Es.55v8), et en quoi le péché est « manquer le but » de Dieu. Rees Howells ne s’est pas rincé les yeux « avec le collyre fébrile de Don Quichotte », mais avec celui recommandé à toute personne se croyant croyante (Apoc.3v17-18). Bien qu’il ne semblait pas en avoir besoin, à vues humaines, du fait de sa piété, il dut (pour prétendre être « un chrétien » véritable)passer « par la nouvelle naissance(Jean 3v3), et fut formé « à l’école de Dieu », d’une manière particulière. Autant d’étapes le préparant à son appel-tout aussi particulier – d’intercesseur.

Notre façon de prier, et d’intercéder, témoigne peut-être de notre façon d’être et de vivre en ce monde : sommes-nous « spectateur » ou « acteur » ?

Car, apprenons-nous dans ce récit de la vie de Rees Howells, le secret de l’intercession est de « sortir de sa zone de confort » : il est dans l’identification de l’intercesseur à ceux pour lesquels il prie(cf ch.8 : « les clochards »), la souffrance et l’autorité. A ce sujet, Rees Howells a connu « ses plus belles victoire spirituelles » (tel libérer des alcooliques de « l’homme fort » cf Marc 3v27)par la seule intercession, en s’appuyant sur la promesse de Jean 15v7. Une promesse sans limites, mais dont l’accomplissement dépend de « la ferme position » de l’intercesseur par rapport au Christ, soit de l’obéissance à son commandement de « demeurer en Lui ». Et soit de « permettre au Saint-Esprit de vivre en nous la vie que le sauveur aurait vécue s’il s’était trouvé à notre place »(cf 1 Jean 2v6).

Christ est le modèle parfait de l’intercesseur(Es.53v12 ; Hébr.2v9, 5v8-15 ; 2 Cor.5v21, 8v9) : bien qu’étant actuellement au ciel, à la droite de Dieu(Eph.1v20-21 ; Hébr.1v1-4 cf Philip.2v1-11), il n’est pas non plus « spectateur » mais bien toujours « acteur »(Marc 16v19-20), en tant que notre « souverain sacrificateur »(Hébr.4v14). Il n’est « pas incapable de compatir à nos faiblesses », puisque, sur terre, il s’est identifié à nous, « éprouvé et tenté comme nous, à part le péché »(v15). Il s’est mis au même niveau que les personnes qu’il voulait toucher, en vivant avec eux, parmi eux, et en se donnant pour eux(Jean 1v9-14 ; 10v11-18). Pleinement homme, tout en étant pleinement Dieu, Il a pu être pleinement notre représentant(Hébr.9v15, 12v24 ; 1 Tim.2v4-6.

 

Etant « son corps »(Eph.1v22-23 ; Col.1v18 ; 1 Cor.12v27…), ferions-nous moins ?

 

 

 

Notes :

* « Indifférence » d’Erri de Luca. IN Alzaia. Rivages et Payot, 1998(Bibliothèque rivages), pp 95-96.

** Dans la pièce éponyme de W. Shakespeare

*** Et il veut en avoir pour son argent….

**** Personnage du roman éponyme de Cervantes.

***** « Sur la brèche », de Norman Crubb. CLC, 1979. Une lecture bouleversante, faite en deux jours cette semaine (pour la première fois sur kindle-qui est moins pratique qu’un « vrai livre » !), et qui m’a permis de prendre « un peu mieux » conscience des enjeux de l’intercession.

 

« Tant que la terre durera… » ou la miséricorde de Dieu(Gen.8v22)

"Même la pluie" : elle vient de Dieu, qui "ne la fait pas payer" et la fait tomber au bénéfice de tous. (Affiche du film "Même la pluie", d'Iciar Bollain, 2010)

« Même la pluie » : elle vient de Dieu, qui « ne la fait pas payer » et la fait tomber au bénéfice de tous.
(Affiche du film « Même la pluie », d’Iciar Bollain, 2010)

(Note : ce billet, publié vendredi, a été amélioré ce dimanche 18/10/15)

Un dernier « verset-harpon »(en gras)pour le week-end(et pour votre route ?). Il importe de le lire dans son contexte, soit celui du récit de Noé et du déluge(Gen.6-9)

« Noé éleva un autel pour le Seigneur. Il prit de tout bétail pur, de tout oiseau pur et il offrit des holocaustes sur l’autel. Le Seigneur respira le parfum apaisant et se dit en lui-même : « je ne maudirai plus jamais le sol à cause de l’homme. Certes, le cœur de l’homme est porté au mal dès sa jeunesse, mais plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme je l’ai fait.

Tant que la terre durera, semailles et moissons, froid et chaleur, été et hiver, jour et nuit, jamais ne cesseront. »(Gen.8v22. TOB)

Tel est Notre Dieu, qui « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons », qui « fait pleuvoir sur les justes et les injustes »(Matt.5v45), et qui est « bon pour les ingrats et pour les méchants »(Luc 6v32)

Notre Dieu est donc bon et miséricordieux… »tant que la terre durera ». Car, un jour, cette terre prendra fin. La grâce de Dieu n’a qu’un temps. « La terre dure », comme expression de « la patience de Dieu », « qui ne veut qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance »(2 Pierre 3v9). Mais un jour, tout viendra au jugement, la terre étant « réservée », non pour l’eau(comme aux temps de Noé), mais « pour le feu »(2 Pie.3v7-12).

Ne pensons donc pas que, parce que le soleil se couche et que la pluie tombe, nous n’aurons aucun compte à rendre de nos actions, ou que cet « ordre naturel des choses » cautionne nos mauvaises actions. « Aujourd’hui est le jour du salut » ; « aujourd’hui » est « le temps favorable »(de la grâce), de se repentir, de (re)venir à Dieu(2 Cor.6v2). « Demain » sera sans doute trop tard. Nous ne maîtrisons pas demain, mais nous pouvons décider pour aujourd’hui. C’est pourquoi, vous qui lisez ceci « aujourd’hui », prenez la bonne décision.

 

 

Relisons ensemble l’épître « aux Ephésiens »

Depuis quelques temps, il me semble que tout semble converger-ou inciter-à (re)lire et (re)découvrir l’épître de Paul dite « aux Ephésiens ».

Ce constat vient notamment 1)de préoccupations personnelles récurrentes relatives à la façon dont nous sommes censés vivre en tant qu' »expression locale du corps de Christ »(soit la vie de l’église locale) ; 2)de la relecture(répétée et encore récente) d’articles* relatives à cette lettre, ainsi que 3)du choix de mon pasteur d’étudier « Ephésiens » pendant toute l’année lors des cultes du dimanche. Ce n’est sans doute pas « un hasard ». Ou alors « un hasard avec un grand D ».

Que nous enseigne cette épître ?

Déjà, il s’agit d’une des lettres dites « de la captivité de Paul »(avec Philippiens, Philémon et Colossiens). Ensuite, une remarque, concernant l’intitulé et l’adresse de cette épître particulière impersonnelle : plusieurs manuscrits(et des meilleurs)laissent d’ailleurs « en blanc » la mention du destinataire (« aux Ephésiens »)dans la salutation(1v1). De quoi donner à penser que l’épître de Paul, dite « aux Ephésiens », ne serait pas vraiment(ou exclusivement)adressée « aux Ephésiens »**, mais qu’il s’agirait en réalité d’une sorte de lettre circulaire adressée aux église d’Asie mineure. Elle s’adresse à l’Eglise universelle ou au corps de Christ, composé de tous les croyants en Christ. Vous pouvez donc tout à fait la lire aujourd’hui, comme si elle était adressée à votre propre communauté(« A l’église-ou « aux Saints »-réunie à Paris, Lyon, Marseille », etc…) Une lettre actuelle, donc.

Quel est son contenu ?

Son thème central est « le mystère de Dieu » pour le salut du monde, voilé durant les siècles, accompli en Christ, et maintenant révélé, « déployé » dans l’Eglise. Paul n’écrit pas en réaction contre des fausses doctrines(à l’instar de l’épître aux Colossiens ou aux Galates), ou pour répondre à des questions(Corinthiens), mais pour transmettre un exposé de la doctrine, des vérités divines, pour consolider la foi des croyants.

Une épître courte et dense, riche en enseignements, à une époque où ce qui est « doctrinal » semble actuellement dévalorisé au profit de « l’expérience », et tout à fait cohérente.

Elle est aussi très bien structurée : On relève une première partie(ch.1-3) sur Dieu(le « Dieu trinitaire » cf ce que l’on y apprend de Christ et du Saint-Esprit, par exemple : wow !), ce qu’Il a fait(voir les verbes d’action du ch.1 le concernant, et ce qui nous reste à « faire », de notre côté), l’Eglise, notre position en Christ, ainsi que sur ce à quoi nous sommes prédestinés et ce pourquoi nous avons été adoptés(Eph.1v1-12). Suit une seconde partie(ch.4-6), relative aux applications pratiques de ce qui précède et que l’on pourrait résumer en gros : « vous êtes[et vous savez pourquoi], soyez », ou « vivez comme tels ». Ainsi : ne cherchez pas à « faire »(ou à « fabriquer »)l’unité : « vivez (dans) l’unité » ou « gardez l’unité »(Eph.4v3. Comp. avec 2v11-19) ; ou ne cherchez pas à « faire pour être »… « des enfants lumière », mais « marchez comme des enfants de lumière », produisant « le fruit de la lumière »(Eph.5v8-9). « Soyez » ou « ne soyez pas », non parce que « ce serait bien » ou parce que « ce serait mal », mais parce que « c’est ce que vous êtes », ou parce que « c’est contre-nature ». Et vivez, non pas de manière individuelle, individualiste, mais dans la communion, l’amour, la réciprocité…

Un élément marquant, pour moi, aujourd’hui, dans cette lettre : aux chapitre 1-2, il est fait question des « richesses infinies » de Dieu, réservées et au bénéfice, non pas d’une personne, ou d’un petit groupe de personnes, mais de toute la communauté. Face à ces « richesses infinies »(célestes, spirituelles), quelle attitude devons-nous adopter, nous croyants ? Sera-t-elle différente de celle que nous devons adopter ou manifester, face aux « richesses(ressources) finies »(ou terrestres) ? Comment manifesterons-nous ainsi le caractère de Dieu, marqué par l’abondance, la générosité, la sagesse et la justice ?

En étant de « bons (et fidèles) intendants des diverses grâces de Dieu », servant les autres et non nous-mêmes ! (1 Pie.4v10. Comp. avec Marc 6v43-44)

 

 

Notes :

* « Connaître le Dieu trine »(prédication pêchée sur le blogue « Théologeek ») et « voler et copier dans le cadre de la communauté »(article auquel je fais référence ici)

**Ephèse, une cité grecque d’Asie mineure dont la fortune ou la prospérité semblait venir de toute une industrie au service de la déesse Artémis(ou Diane). Comparer avec Actes 19.

« Car le monde ancien a disparu »

(« New création » d’Eddie James )

Un nouveau « verset-harpon », hier soir, plutôt inattendu, à la lecture d’Apocalypse 21v4-5. En réalité, c’est une phrase(en gras) qui « m’a harponnée » au milieu de ce passage bien connu :

« Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus. Il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance, car le monde ancien a disparu. Et celui qui siège sur le trône dit : Voici, je fais toutes choses nouvelles »(TOB).

Il est encourageant de constater que la fin du deuil, des cris, des souffrances et de la mort, viendra de la fin du « monde ancien ». Dieu n’améliore pas ce qu’Il appelle « ancien », imparfait et voué à disparaître : Il change, supprime « l’ancien » pour créer, établir quelque chose de nouveau. Dieu n’établira donc pas « un paradis » sur notre « bonne vieille planète », mais en créera une nouvelle, avec une promesse de nouveaux commencements et de perfection (Voir aussi Apoc.21v9-27). De même, il est illusoire et vain de chercher à « s’améliorer » ou même de chercher à revenir à un « état ancien »-celui d’Adam avant la chute, par exemple-ou à « d’anciennes ordonnances »(religieuses) : « si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle création. Le monde ancien est passé, voici qu’une réalité nouvelle est là. »(Darby, TOB. 2 Cor.5v17)

En attendant « ces nouveaux cieux » et « cette nouvelle terre », vous pouvez vivre, dès maintenant, une nouvelle naissance, pour être « une nouvelle création », soit véritablement un changement de vie. Et ce, en mettant votre confiance dans ce que le Seigneur Jésus-Christ a dit : Jean 3v1-21.

 

Autres lectures : Col.2v13-17, 3v1-11 ; Eph.2v1-19 ; Rom.6 ; Hébr.8v7, 13 ; Jean 12v24 ; Matt.9v17

Sur le même thème, écouter encore :

« I am not the same » d’Aaron Keyes

« Victoire »

Scène des "Chariots de feu", film britannique de Hugh Hudson(1981)

Scène des « Chariots de feu », film britannique de Hugh Hudson(1981)

« Victoire » (ou : « être victorieux ») = « espérance, but et mouvement » vers la réalisation d’une vision de ce que serait ma vie (ou la vôtre) dans un an, cinq ans… « si l’Esprit de Dieu a le champ libre ».(D’après Larry Crabb. Le Silence d’Adam*. Ed. La Clairière, 2003, pp 156-157)

 

 

 

 

 

 

Notes :

*Un excellent livre lu cet été, que je recommande à tous les hommes, et dont je parlerai prochainement.

« Cherem »

¡No pasarán! Sachons dire non si nécessaire et faire preuve de discernement

« Cherem » : en hébreu moderne, le terme signifie aussi « boycott de l’inaccessibilité ».

…ou le « dévouement éternel ».

 

L’ordre donné par Dieu au roi Saül est clair : « Samuel dit à Saül : C’est moi que l’Eternel a envoyé pour t’oindre roi sur son peuple, sur Israël : écoute donc ce que dit l’Eternel. Ainsi parle l’Eternel des armées : Je me souviens de ce qu’Amalek* fit à Israël, lorsqu’il lui ferma le chemin à sa sortie d’Egypte. Va maintenant, frappe Amalek, et dévouez par interdit tout ce qui lui appartient; tu ne l’épargneras point, et tu feras mourir hommes et femmes, enfants et nourrissons, boeufs et brebis, chameaux et ânes ». (1 Sam.15v1-3. Voir Ex.17v8-16, Deut.25v17-19)

Saül remplit bien son contrat, mais en partie seulement : il « battit Amalek depuis Havila jusqu’à Schur, qui est en face de l’Egypte. Il prit vivant Agag, roi d’Amalek, et il dévoua par interdit tout le peuple en le passant au fil de l’épée. Mais Saül et le peuple épargnèrent Agag, et les meilleures brebis, les meilleurs boeufs, les meilleures bêtes de la seconde portée, les agneaux gras, et tout ce qu’il y avait de bon; ils ne voulurent pas le dévouer par interdit, et ils dévouèrent seulement tout ce qui était méprisable et chétif » (vv7-9).

Epargner les meilleures bêtes, alors que Dieu avait ordonné de les lui dévouer par interdit, n’est que « pure logique » à vue humaine. Car ce qui a été épargné n’est pas mauvais en soi, puisque susceptible d’être « utile » : sacrifice pour l’Eternel ou nourriture, et même-s’agissant du roi Agag-« trophée de guerre » pouvant signifier que la victoire a bien été remportée !

Sauf que… « la logique humaine » n’entre pas en compte ici. Seule compte la Parole de l’Eternel : « obéissance est meilleure que sacrifice » et « désobéissance est aussi coupable que la divination » !(vv22-23)

Le mot « interdit » se dit « Herem »(ou « Cherem ») en hébreu, généralement traduit par « dévoué », « interdit », « filet », « extermination », « destruction », « piège ». Il se rapporte à tout ce qui est éternellement dévoué, consacré à Dieu. Et ce qui est consacré à Dieu(un bien, par exemple) ne peut être repris. Car reprendre le « cherem », c’est voler Dieu.

Ex : Lévit.27v21, 28 : « Et quand l’acquéreur en sortira au jubilé, ce champ sera consacré à l’Eternel, comme un champ qui a été dévoué; il deviendra la propriété du sacrificateur(…)Tout ce qu’un homme dévouera par interdit à l’Eternel, dans ce qui lui appartient, ne pourra ni se vendre, ni se racheter, que ce soit une personne, un animal, ou un champ de sa propriété; tout ce qui sera dévoué par interdit sera entièrement consacré à l’Eternel ».

Ex : Deut.7v25-26 (relative aux idoles-appelées « choses abominables »-que l’on serait tenté d’introduire chez soi) : « Vous brûlerez au feu les images taillées de leurs dieux. Tu ne convoiteras point et tu ne prendras point pour toi l’argent et l’or qui sont sur elles, de peur que ces choses ne te deviennent un piège; car elles sont en abomination à l’Eternel, ton Dieu. Tu n’introduiras point une chose abominable dans ta maison, afin que tu ne sois pas, comme cette chose, dévoué par interdit; tu l’auras en horreur, tu l’auras en abomination, car c’est une chose dévouée par interdit ».

Il y a de quoi nous interpeller. Et cela m’interpelle particulièrement. A ce sujet, je ne suis pas encore « arrivé », mais suis « en chemin », comme vous. Cette question, sérieuse, vaut la peine d’être creusée, à la lumière de la Parole de Dieu. A moins de dire que « ces trucs juifs » ne nous concernent pas, nous chrétiens. Sauf que 1 Cor.6v19-20 nous le rappelle : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu ».

Cela signifie que quelqu’un-le Seigneur Jésus-Christ-a payé un grand prix, à la croix, pour vous. Parce qu’Il vous aime et parce que votre vie est précieuse à ses yeux. Cela signifie que si Jésus est bien, outre « votre Sauveur », « le Seigneur de votre vie », vous n’avez plus de droit sur votre vie. Vous ne pouvez plus « faire n’importe quoi avec ». Votre vie, désormais entre les mains de Jésus, votre Seigneur, est maintenant « sainte » à Ses yeux (voir 2 Cor.5v15, Romains 14v7-8, Galates 2v20…)

Ce qui signifie qu’être chrétien, et donc « disciple de Jésus-Christ », n’est pas être « un touriste spirituel » ou un « dilettante », quelqu’un « qui joue au chrétien ». Vous n’avez certes « plus de droit sur votre vie », mais le Seigneur Jésus vous aime. Il connaît (et vous enseigne) la meilleure façon (la plus juste, la plus sage, qui ait du sens) de l’utiliser dans ce monde, pour Sa gloire et le bien des autres.

Nous n’avons qu’une vie, et la vie est courte : qu’allons-nous en faire ? Pour qui allons-nous vivre ? Sommes-nous décidés à relever le défi ?

 

Notes :

*On a vu en Amalek « la chair », l’ennemi de nos âmes, tout ce qui est en rébellion contre Dieu : http://www.preparezlechemin.com/article-16343155.html ; http://www.bibliquest.org/BriemC/BriemC-at02-Ch17_Amalek.htm

 

 

 

 

 

« Soyez mes imitateurs, comme je suis moi-même un imitateur »…(1 Cor.11v1)

"Droit d'auteur" : La question n’est pas : « quel est le bien de l’auteur », mais « quel est le bien de la communauté ». Ou, « est-ce que je me sers de la communauté, ou est-ce que je sers la communauté? »

« Droit d’auteur » : La question n’est pas : « quel est le bien de l’auteur », mais « quel est le bien de la communauté ». Ou, « est-ce que je me sers de la communauté, ou est-ce que je sers la communauté? »

Télécharger illégalement, serait-ce « pécher inconsciemment » ? s’interroge Gilles Colin, titulaire d’un Master 2 de philosophie des sciences économiques, dans un billet pour Le Bon combat.
Ainsi, selon l’auteur, « qui vole un œuf vole un bœuf*, mais qui consomme un bien virtuel sans le payer, commet-il un méfait ? » Avec une liste de « 4 principes bibliques à considérer avant de consommer un bien non-gratuit sans le payer » : se soumettre aux autorités, rendre à chacun son dû, aimer son prochain comme soi-même et se concentrer sur l’essentiel (soulevant le principe de sobriété, à contre-courant de la société de consommation).

En contraste, voici deux autres articles intéressants et courageux. Leurs auteurs ont le mérite d’ouvrir (et d’élargir) le débat, en nous invitant à aborder les choses sous un autre angle-notamment la notion d’imitation dans la Bible, et la dimension communautaire.
Avec ces nombreuses questions : qu’est-ce que voler ?* Copier et imiter sont-ils synonymes ? Copier et imiter, est-ce voler ? Pour qui sont les lois ? Qu’est-ce qu’une loi juste, une loi injuste ? Comment le chrétien doit-il se positionner bibliquement à ce sujet, pour « rendre témoignage » de ce Dieu juste qu’il prétend servir ?

1) Le premier article est celui de Yannick Imbert, professeur d’apologétique à la Faculté Jean Calvin (Aix-en-Provence) : « Imiter consciemment, témoigner légalement », publié sur Le Bon Combat le 14 septembre 2015. Il est une réponse directe à celui de Gilles Colin, soulevant que la position de ce dernier (télécharger “sans payer” va à l’encontre de l’éthique chrétienne) est « problématique sur plusieurs points » :
« Rendre à chacun son dû », d’accord. « Mais quel est le “dû” du chanteur dont vous achetez le dernier album ? Lui devons-nous 10 000 euros, 20 000 euros ? Devons-nous le payer à vie pour une oeuvre qu’il a produite il y a peut-être trente ans ? Oui, tout travail mérite salaire. Mais aucun travail passé ne mérite un salaire éternel. »**
Yannick Imbert recommande, « d’un point de vue chrétien », de ne pas se « limiter à des réponses faciles ou à s’appuyer trop simplement sur quelques rares versets bibliques », mais de privilégier une vision biblique plus profonde, allant « jusqu’à regarder à la notion d’imitation dans la Bible ». S’il estime « important de respecter les lois », il est aussi important « d’aller plus loin, en appelant un changement de ces lois si elles ne sont pas justes »***. A ce titre, la seule question que se pose Yannick Imbert est celle-ci : « Les lois actuelles sont-elles bénéfiques pour tous les artistes et auteurs », ainsi qu’à « celui qui achète » ? C’est ainsi(en apportant une réponse biblique à de telles questions) que « nous serons aussi témoins véritables de Christ. C’est dans tous les domaines de la vie chrétienne que nous sommes appelés à être témoins de notre foi. Pas seulement lorsque nous “évangélisons” ».

Un article qui a suscité de nombreuses réactions et quelques incompréhensions. Quelle est la position exacte de Yannick Imbert ? Est-elle biblique ? Lui-même est-il « pour ou contre » le téléchargement illégal ? A lire sur http://leboncombat.fr/imiter-consciemment-temoigner-legalement/  ( et aussi sur http://leboncombat.fr/imitation-et-telechargement-une-reponse-aux-critiques/ )

2) Le second est « Voler et copier dans le contexte de la communauté » d’Olivier Keshavjee, théologien et « animateur vie paroissial » en Suisse.
Il est une autre réponse-pertinente et indirecte-à l’article de Gilles Colin :
« À l’ère d’Internet et de la copie facile, on entend souvent dire que « copier c’est voler ».
Rien n’est plus faux : Si tu me voles ma montre, il m’en reste 0 et tu en as 1. Si tu me copies ma montre, il m’en reste 1 et tu en as 1. « Copier n’est pas voler ».
Lorsque l’on discute de la légitimité ou non de copier un contenu informatique, il est généralement fait appel à la notion de « droit d’auteur ». L’idée véhiculée est que l’auteur a un droit sur le contenu qu’il produit. La perspective est largement individuelle (plutôt que communautaire), et centrée sur le droit (plutôt que sur le devoir). Si quelqu’un copie le contenu sans que l’auteur n’ait donné son accord, son droit a été bafoué comme s’il avait été victime d’un vol. C’est un acte amoral. Et si l’on abordait les choses sous un autre angle : « Voler et copier dans la communauté de l’Esprit » ? C’est ce que Paul fait lorsqu’il aborde la question du vol, dans son épître aux Éphésiens**** :
La question n’est donc pas: « quel est le bien de l’auteur », mais « quel est le bien de la communauté ». Autrement dit, « est-ce que je me sers de la communauté, ou est-ce que je sers la communauté? »

Puisqu’on en parle, l’écrivain napolitain Erri de Luca juge que « le droit d’auteur se fonde sur une présomption de primeur et d’originalité, et sur la curieuse prétention de croire qu’on peut décerner un brevet aux histoires »( « Droit d’auteur » in « Alzaia », p55-56)
Justement, faut-il contester, à l’instar de Yannick Imbert, la notion de « droit d’auteur », pour lui préférer-« de loin »- celle de « paternité intellectuelle » ?

« Le débat » est ouvert !

 

 

Notes :

* Concernant le vol, Erri de Luca, dans son « Et Il dit »(Gallimard)fait le commentaire suivant :
« Tu ne voleras pas« [surtout dans un contexte où, dans un camp dans le désert, la notion de « propriété » était peu pertinente]. Non, mais tu pourras entrer dans le champ de ton voisin et manger le fruit de ce qu’il a semé. Tu ne prendras avec toi ni panier ni hotte à remplir et à transporter, parce que ça, c’est voler, soustraire le bien d’autrui. Mais dans son champ tu pourras te nourrir et tu n’oublieras pas de remercier son labeur, son bien et la loi qui te permet d’entrer. Et à la saison des récoltes, le propriétaire laissera une dixième partie de son champ au profit des démunis. Et encore : quand les moissonneurs seront passés avec leurs faux, ils ne pourront passer une deuxième fois pour terminer. Ce qui reste revient au droit de grappiller.

Ainsi, tu ne voleras pas poussé par la nécessité et tu ne maudiras pas la terre qui te porte et le ciel qui passe au-dessus de toi. Et si tu travailles pour un salaire, le prix de ta peine te sera payé le jour même. Ainsi est-il dit à celui qui t’engage : « Dans sa journée, tu lui donneras son salaire et le soleil ne passera pas au-dessus de lui, car il est pauvre et vers ce salaire il lève sa respiration. » (Deutéronome, 24, 15). Celui qui retient chez lui la paie due à l’ouvrier qui a fait son travail est semblable au voleur, mais il opprime un pauvre, ce qui est pire […]. Si la personne humaine est rabaissée au niveau d’une marchandise, d’un butin, celui qui la réduit à ça est un voleur ».

(op cit, pp 79–80)

** On relèvera cet édifiant commentaire d’un internaute(« Claude R »)  : « Comme l’expliquerait l’économiste Charles Gave, le marché-libre possède la vertu(sic) de s’auto-réguler, tandis que l’intervention autoritaire de l’Etat décourage les initiatives et les prises de risque(re-sic)……Que je sache, la Bible ne pose pas de limite au montant atteint par un compte en banque ; c’est Marx qui a demandé que le salaire soit proportionnel au travail, pas Dieu. Par contre, Dieu s’est exprimé sur la manière dont on dépense l’argent, ou sur celle dont on ne le dépense pas, parce qu’on l’aime. »

Sauf que si : un roi d’Israël, par exemple, ne devait pas avoir certaines choses « en trop » : de l’or, des chevaux et des femmes (Deut.17v16-17).
Autre exemple, la distribution de la manne en Exode 16 : Dieu donne une juste mesure(« un omer par tête »), et chacun a pu ramasser proportionnellement à ses besoins, ni trop, ni peu(Ex.16v16-18 et ss). Voir 1 Tim.6v9-10
***« L’injustice résulte de l’inadéquation de la fin de la loi par rapport au bien de la cité qu’elle est censée servir, ou alors de l’inadéquation des moyens par rapport à la fin juste poursuivie ».
(http://www.objectiondelaconscience.org/faut-il-obeir-aux-lois-injustes/ . Voir aussi http://www.contrepoints.org/2014/03/29/161154-faut-il-obeir-aux-lois-injustes )

Pour Saint Thomas d’Aquin, une loi injuste ne mérite pas d’être appelée loi.

A lire, encore, cet article du juriste-blogueur Eolas : « La sagesse des anciens », dans lequel nous sommes invités à méditer deux textes « qui ne datent pas d’hier », et « desquels le législateur contemporain, qui se croit sûrement meilleur que celui d’hier, devrait s’inspirer » :
http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/02/02/1304-c-est-pas-moi-qui-le-dis
**** Enfin, à propos d’ « imitation », il importe aussi de se garder des « fausses imitations », soit, de ce qui est « frelaté », avec un risque pour la santé (ici, spirituelle) publique.