« Les Combattants » : simplement survivre ou vivre, simplement ?

"Les combattants" : Arnaud(Kevin Azaïs ) et Madeleine (Adèle Haenel), dans un film de Thomas Cailley(2014). Trouveront-ils au nom de quoi ou de qui "combattre" ?

« Les combattants » : Arnaud(Kevin Azaïs ) et Madeleine (Adèle Haenel), dans un film de Thomas Cailley(2014).
Trouveront-ils au nom de quoi ou de qui « combattre » ?

Sorti depuis le 20 août, « Les Combattants »* est l’un des derniers films(nous l’avons vu il y a quelques jours) à découvrir, si vous souhaitez sortir des sentiers battus ou si vous en avez assez de certaines comédies françaises actuelles, « fun à regarder dans un premier temps » mais « laissant une impression de vide ensuite », et qui semblent toutes se ressembler.

Le film aurait pu s’appeler « collisions ».

-D’abord, celle du spectateur face à ce qui n’est pas un « film familial » à proprement parler, mais un premier film sur l’engagement et la recherche de combats à mener ; Film-« fable », « quête initiatique » ou portrait d’une génération( la génération « Y »). Un film multi-récompensé, dynamique, souvent drôle, atypique et décalé, glissant sans cesse d’un genre à l’autre.

– Ensuite, « collision » entre deux personnages-deux jeunes, Arnaud et Madeleine, environ la vingtaine. Tout les oppose : Lui hésite. Elle fonce. Lui est un rêveur. Elle, un garçon manqué et une véritable force de la nature : elle ne vit que pour s’entraîner « à la romaine »(nager dans la piscine familiale avec un sac à dos lesté de tuiles, ingérer du maquereau cru mixé, faire un stage commando…)et se préparer au pire, convaincue que la fin du monde est pour bientôt, qu’elle survienne sous forme d’épidémie, de sécheresse, d’émeutes de la faim, ou de pollution chimique. C’est d’abord elle, « la combattante ». Mais plus pour elle-même(comment devenir « la plus apte » à survivre) que pour les autres ou une « bonne cause ». Elle sera progressivement rejointe par Arnaud(pour d’autres motifs), qui apportera son apport personnel dans cette quête de combat à mener.

– Enfin, « collision » face au réel, quand on a épuisé toutes les réalités***. Mais laissons découvrir…

A noter(une métaphore ?)la présence récurrentes d’incendies de forêts durant le film. « La faute à un imbécile, qui aurait jeté son mégot », demande le grand frère d’Arnaud ? « Non », répond ce dernier. Et d’expliquer que lorsque la forêt atteint ses propres limites, elle « brûle toute seule », avant de renaître à nouveau de ses cendres.

Conclusion :

La fin du film est assez surprenante et reste ouverte. Elle satisfera ou non, mais donnera sans doute à réfléchir. Une seule façon d’en parler : aller voir le film.
Mais qu’en avons-nous personnellement retenu ?
Quelle est la clé pour « mener le (bon)combat » ? Cette clé nous semble triple : outre le fait de vivre de façon intense(« à fond »)pour l’essentiel, cette « triple clé » implique la prise en compte de nos propres limites, l’entraide et la solidarité(vivre ensemble, plutôt que la compétition permanente) et-surtout, la découverte d’un « centre de gravité » pour sa vie(selon la formule de Kierkegaard).

Et ce « centre de gravité »-fondamental, puisque c’est de là que découlent les deux autres points-n’est pas « quelque chose » mais « quelqu’un » : « le modèle sera toujours le Christ », affirme par exemple le pasteur Gilles Boucomont dans l’un de ses livres(« Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit ». Ed. Première Partie, 2010, p 73-en cours de lecture), « car lui seul a réussi à trouver l’équilibre », étant « vraiment un être de chair autant qu’il est un être spirituel »(op. cit., p 72. cf 1 Jean 1v1-2, 4v2 ; Jean 1v14…). Il est un modèle pour ce qu’il a été sur la Terre [cf Phil.2v1-11]. « L’humilité de Jésus », poursuit Gilles Boucomont, « c’est cette capacité à ne pas oublier qu’en hébreu comme en français, « humanité » a une racine commune avec la terre, « l’humus »**. En hébreu, l' »adam » est tirée de la « adamah ». L’humilité véritable consiste à rappeler que nous sommes d’une part tirés de la terre, que nous sommes des « glébeux » comme traduira Chouraqui dans sa version de la Bible. Mais ces terriens doivent garder les pieds sur terre. Nous sommes au-dessus de la terre mais connectées à elle par les pieds. Nous avons autorité sur elle[cf Gen.1v2627, 2v8, 15-en tant que « gestionnaires », puisque la Terre appartient, en fin de compte, à Dieu] mais nous ne devons jamais oublier que nous sommes faits de cette poussière-là et que de toute façon nous y retournerons ! Ce qui veut dire que l’humilité véritable consiste à avoir les pieds sur terre et que la façon dont Jésus a vécu cet impératif, c’est en se mettant à genou devant ses congénères les humains pour leur laver les pieds, justement, pour les servir(Jean 13v1-17 et cf Luc 22v24-27, Marc 10v42-45). Le service est la meilleure facette de l’humilité, il est un des très bons fruits de l’âme équilibrée. Une âme équilibrée, c’est une âme où chacune des composantes psychiques est en équilibre avec elle-même. La pensée est conduite loin, les situations sont réfléchies, la mémoire est intense, le raisonnement est acéré. Les affects sont entiers. »(op. cit., p73)

Jésus-Christ est ce « centre de gravité », car Lui est la clé pour une nouvelle identité et une nouvelle vie, nous permettant de vivre une telle vie équilibrée : Jean 1v1-14 ; 3v3-17 ; 6v35-40, 68 ; 8v28, 36 ; 10v9-10 ; 12v32-33 ; 14v6 ; 15v1-17 ; 1 Jean 5v20 ; 2 Cor.5v15, 17-19…

 

Notes :

* Les Combattants
Réalisation: Thomas Cailley(France, 2014)
Scénario: Thomas Cailley, Claude Le Pape
Musique: Lionel Flairs, Benoit Rault et Philippe Deshaites pour Hit’n’Run
Interprétation: Kevin Azaïs (Arnaud), Adèle Haenel (Madeleine), Antoine Laurent (Manu Labrède), Brigitte Roüan (Hélène Labrède).
Date de sortie: 20 août 2014
Durée: 1h38

Résumé : Après la mort de son père, Arnaud a le choix : aider son grand frère à reprendre l’entreprise de menuiserie familiale, ou trouver sa propre voie. Alors que se profile devant lui un été tranquille et prévisible avec « ses potes », tout en travaillant comme charpentier, il rencontre subitement(voir la scène de leur premier contact !) Madeleine, une jeune fille de son âge qui ne vit que pour se préparer à survivre à la fin du monde, qu’elle estime imminente. Arnaud deviendra-t-il, à son tour, « un combattant » ?

Critiques : http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/les-combattants.html ; http://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Les-combattants-survivre-coute-que-coute-2014-08-20-1194221

Interview du réalisateur : http://www.quinzaine-realisateurs.com/interview-de-thomas-cailley-l14024.html

** Une même réflexion se retrouve dans l’ouvrage « Nos limites, pour une écologie intégrale »(auquel nous avons déjà fait allusion ici et ) de Gaultier Bès, Marianne Durano et Axel Norgaard Rokvam. Ed. Le Centurion, 2014(Voir notamment p. 110) : un manifeste pour « vivre plus simplement pour que chacun puisse simplement vivre. Veiller sur l’avenir, en respectant notre fragilité et celle de notre environnement. Face à la technique sans âme et au marché sans loi, l’écologie intégrale offre ainsi l’espérance d’un monde à la mesure de l’homme, fondé sur l’entraide et le don-fruits de nos limites ».(Résumé de quatrième de couverture). Lire cette critique du livre sur http://cahierslibres.fr/2014/06/limites-manifeste-nouvel-art-vivre/

*** « Le réel, c’est ce qui advient de façon brute. La réalité, c’est ce que nous faisons du réel », explique encore Gilles Boucomont (Op. cit., p21)

« Partage des tâches »

Quel "partage des tâches" dans le couple Luther ? Par Andy Singer

Quel « partage des tâches » dans le couple Luther ?
Par Andy Singer

« La première se vêtit en prostituée pour s’offrir à l’homme

désiré.

La deuxième était prostituée de profession et trahit

son peuple.

La troisième se glissa la nuit sous les couvertures

d’un riche veuf et se fit épouser.

La quatrième fut adultère, elle trahit son mari qui

fit tuer son amant.

La dernière tomba enceinte avant ses noces et l’enfant

n’était pas de son époux.

C’est par ces cinq femmes que passe l’histoire la plus ambitieuse du monde, celle du monothéisme et du messie/mashiah, littéralement oint d’huile sainte ».
Telles sont « les saintes du scandale » : Tamàr la Cananéenne, Rahàv la prostituée étrangère, Ruth la Moabite, Bethsabée la femme adultère et Miriam(Marie), « la mère de Jésus ».

« Les saintes du scandale »*, c’est aussi le titre du dernier récit d’Erri de Luca, publié dans une belle édition enrichie d’une quinzaine de reproductions en noir et blanc (dont deux versions d’un tableau de commande du peintre Le Caravage) et lu cet été. Il s’agit d’une nouvelle et passionnante aventure exégétique, dans laquelle l’auteur napolitain parle de « transmission » et reprend « l’histoire la plus ambitieuse du monde, celle du monothéisme et du Messie », en bouleversant les idées reçues. Lesdites idées reçues bouleversées sont relatives aux places respectives de l’homme et de la femme, et, de façon particulière, de celle de la femme dans le plan du salut de Dieu, via la place inattendue de « certaines » femmes dans la généalogie(mâle) du Messie(cf Matthieu 1). Par-delà « le scandale », c’est toute la raison d’être de la venue de Christ dans le monde qui apparaît au travers de cette généalogie ainsi assumée**.

 

A découvrir dans les meilleures librairies !

En attendant, voici un extrait :

« Il existe un partage des tâches entre homme et femme, plus flou aujourd’hui, mais vigoureux alors. La femme est chargée de s’occuper de la reproduction de la vie et à l’homme revient la tâche seconde de transmettre la loi, l’histoire, l’alliance, à graver dans sa chair par l’entaille du prépuce.
Mâle se dit zakhar en hébreu, qui vient du verbe rappeler. C’est en cela que consiste le masculin, recevoir et transmettre à la génération suivante le bagage sacré.
Femelle se dit nekeva en hébreu, du verbe graver. Femelle est incision, fissure, d’où sort la vie. C’est à elle que revient la charge de la nativité. Le nom du premier fils de l’histoire sainte, Caïn, est donné par sa mère. Adam, qui a pourtant mis un nom sur toutes les créatures du jardin, ne peut en donner un à son fils. c’est une prérogative d’Eve/Havva.
Les lettres hébraïques sont du genre féminin. Le corps écrit de la Thora, confié à l’arbre de transmission masculin, est composé de cellules féminines, c’est pourquoi il est vivant et produit de nouvelles pousses à chaque lecture, dans chaque génération. Même l’Ecriture sainte, le domaine le plus strictement masculin, est constituée de vie féminine grâce aux lettres ».(op. cit., pp15-17)

 

Note :

* Erri de Luca. Les saintes du scandale. Mercure de France, avril 2013. Traduction de l’italien par Danièle Valin.

**Voir notre billet sur Matthieu 1 : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/06/18/qui-jesus-appelle-t-il/

« Cela s’appelle l’Eglise… »

Simple constat : l’Eglise est l’une des vérités(un « mystère » dans la Bible, cf Ephésiens)les plus attaquées et discréditées de nos jours, à l’instar du mariage. Et ce, « au profit » de « spiritualités » individualistes aux effets précarisants(une image tirée de la nature : le loup cherche en général à isoler la brebis la plus faible du troupeau. Certainement pas pour l’aider à « se réaliser »…cf Ezech.34, Eph.4v11-16, Jean 10…). Ce n’est certainement pas un « hasard », comme ce n’est certainement pas un « hasard » que Dieu(me semble-t-il)nous invite à reconsidérer ce qu’elle est et ce qu’elle-en tant que telle-nous enseigne.

(Re)découvrons donc aujourd’hui ce que Dieu Lui-même nous en dit dans Sa Parole, par exemple, dans l’épître aux Ephésiens(déjà signalée plus haut), notamment ce qu’elle est pour le Seigneur Jésus-Christ, qui l’a suffisamment aimée au point de donner sa vie pour elle(Eph.5v22-33)-et donc, ce qu’elle doit être pour nous. Relisons également la première épître aux Corinthiens(chapitre 12v12-27, par exemple), la première épître à Timothée(chapitre 3v15), Actes 2 à 4, etc…

Testons-nous également : lorsque nous parlons de l’Eglise, dans nos conversations(à table, par exemple), comment en parlons-nous ? Comment la voyons-nous ? Avec quel regard ?

Enfin, dans le but d’alimenter la réflexion, voici ce qui me paraît être une belle image de l’Eglise : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/06/03/de-toutes-nos-forces-aimons-notre-dieu/

Avec cet autre excellent billet, à l’angle original, où l’on apprend que l’Eglise-loin d’être une déception-est « cette bonne nouvelle » :

http://www.theologeek.ch/2014/08/15/leglise-bonne-nouvelle/

 

Sur ce, bonne soirée de dimanche !

1 sens à ma vie

La religion de la consommation : où cela nous mène-t-il ? Par Andy Singer

Le sens de la vie : c’est par où ?
Par Andy Singer

Tapez « bonheur »* sur votre moteur de recherche favori et vous obtenez environ 89 900 000 résultats.

La requête « Un sens à ma vie » donne, quant à elle,  environ 18 600 000 résultats.

Enfin, ne manquez pas de compter le nombre de titres sur le « bonheur » ou « le développement personnel » disponibles dans les rayons d’une librairie….

C’est dire que le sujet est plus que d’actualité.

« Le bonheur » ou « le sens de la vie », plusieurs l’ont trouvé. Et pas dans le dernier Luc Ferry. Ils sont 10 à témoigner sur le sujet dans « 1 sens à ma vie » :  10 témoignages(dont celui du blogueur Guillaume Bourin) et 2 titres musicaux, avec une introduction et une conclusion, qui s’enchaînent pendant près de 80 minutes, le tout disponible sur CD gratuit. Découvrez les différents parcours d’hommes et de femmes tout aussi différents, et leur point commun ; et découvrez notamment, comme l’explique l’un d’eux, que même « la plus haute sagesse humaine » est « folie devant Dieu »(1 Cor.3v19 et cf 1v18-2v15)

Il est également possible de télécharger directement l’ensemble des enregistrements dans un fichier compressé (se décompresse avec le programme gratuit winrar — Taille : 70 Mo) puis de graver vous-même votre ou vos exemplaires.

Tout est gratuit et chacun est « vivement » encouragé « à copier différents CD pour les offrir à des personnes de (son) entourage ».

Vraiment ? Puisqu’on vous le dit….

Allez « vivement » voir sur :

http://www.1sensamavie.fr/

 

 

Notes :

* L »on peut lire ce fort intéressant débat : « comment refuser d’être heureux », dans le numéro double d’été de « La Décroissance »(juillet-août 2014, numéro 111, pp 30-31). Disponible en kiosque et dans les supermarchés.

D’autre part, le secret des « Gens les plus heureux sur terre » peut se découvrir ici : Nous en reparlerons bientôt…

 

« Le Voyage est si court »

« Le voyage est si court »* : les malheureux passagers victimes des récentes catastrophes aériennes(crash aérien ou avion abattu)s’en doutaient-ils ?

Déjà que la durée « normale » du voyage de la vie est très courte……

Alors, que pas une minute de notre vie ne soit perdue pour l’essentiel : la proclamation et l’affirmation de l’Evangile-qui est « grâce et paix »(Gal.1v3), « la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit »(Rom.1v16  et ss)-et l’avancement du règne de Dieu.

La façon de mettre en scène les catastrophes en dit long sur nous-mêmes Par Andy Singer

Face à la détresse humaine, ne perdons pas notre temps en futilités…
Par Andy Singer

Vivons donc intensément(à fond) pour une cause durable : Jésus-Christ et Son évangile. Aimons notre prochain du même amour dont Jésus l’a aimé(Jean 6v34, Matt.14v36-38…)et aimons-le suffisamment pour lui partager le message essentiel…

 

 

 

 

Lectures : Luc 13v1-5 ; Jean 5v24-29 ; Actes 24v15-16 ; 2 Pie.3v10-15 ; 1 Pie.1v17-25

 

 

 

 

 

 

Notes :

* « Le voyage est si court » : titre d’un feuillet de calendrier de « La Bonne Semence »(Valence), daté du samedi 14 juin 2014.