« Voici maintenant » : 3 questions

Le temps favorable, c’est maintenant ! (Source image : convergence bolcho-catholiques)

« Voici maintenant », non pas une, mais trois questions existentielles :

Quel est le meilleur moment pour agir ?

Quelle est la personne la plus importante ? 

Quelle est la meilleure chose à faire ?

Réponse :

Il y a un seul moment important dans la vie, et ce moment c’est maintenant. La personne la plus importante est toujours celle avec laquelle tu es. Et la chose la plus importante est d’être bon avec la personne qui est à tes côtés.

(D’après 3 questions de Léon Tolstoï IN Dernières Paroles Traduction par J.-Wladimir Bienstock. Mercure de France, 1905)

ἰδοὺ νῦν

καιρὸς εὐπρόσδεκτος,

ἰδοὺ νῦν

ἡμέρα σωτηρίας.

[« Voici, maintenant, le temps favorable, Voici, maintenant, le temps du salut », lit-on dans la Bible dans 2 Corinthiens 6v2b]

Et « voici maintenant » l’occasion de savoir un peu de grec !

Lectures : Jean 4, Luc 19v1-10, Marc 1v40-45

Aller plus loin : lire notre article Arrête « d’éviter » mais commence « à inviter » (et à aimer) les « gens ennuyeux » dans ta vie….

Christianisme : les privilèges politiques nuisent gravement à sa santé

Le favoritisme : un piège pour la vitalité chrétienne ! (Source image : public domain pictures)

Qui l’eut cru ?  La plus grande menace à la vitalité chrétienne n’est pas la persécution, la richesse, le niveau d’éducation ou le pluralisme. C’est le soutien de l’État. 

De quoi battre en brèche l’espoir illusoire en un « défenseur de la chrétienté » pour « des questions de survie ».

Espoir d’autant plus illusoire – et dangereux – s’il se donne une caution théologique.

Une analyse de 166 nations à ce sujet à lire, dans la langue de Molière, sur Christianity Today, laquelle analyse relève trois paradoxes ayant trait à la vitalité du christianisme : le paradoxe du pluralisme, le paradoxe des privilèges et le paradoxe de la persécution.

Un « bobard » cru et vous êtes cuits ! (1 Rois 13)

Voici un récit peu banal et riche en enseignements, où il est question d’un homme de Dieu qui se fait avoir par un vieux prophète « pas vraiment net », atteint de « dieumadisme » (une maladie encore répandue aujourd’hui). Le plus troublant dans cette histoire est que c’est celui qui a cru « le bobard » qui est puni…mais pas celui qui lui a fait avaler le bobard !

Une prédication du pasteur Isabelle Coffinet de Cergy, sur 1 Rois 13v1-34*.

* Un passage de l’Ancien Testament situé peut après le schisme qui a vu les royaumes d’Israël et de Juda se séparer, du temps de Roboam et Jéroboam. Malgré tout, Dieu n’abandonne pas le royaume du Nord et continue d’envoyer des prophètes.

Comment exercer sa responsabilité pastorale, face à la question du vaccin contre la COVID-19 ?

« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » : un sage enseignement que « Spiderman » a appris à ne jamais oublier…

Les chrétiens sont divisés sur la question : certains préconisent la vaccination par amour pour le prochain, d’autres laissent ce choix à la conscience de chacun et d’autres encore la proscrivent absolument.

Compte tenu de ces divergences, comment les pasteurs devraient-ils aborder le sujet du vaccin contre la COVID-19 avec leurs assemblées ? Devraient-ils encourager les gens de leur Église à se faire vacciner ?  Comment exercer sa « responsabilité pastorale » et comment équiper les membres de l’église dans un tel contexte ? Comment manifester concrètement l’amour du prochain ?….

 Cinq pasteurs américains ont bien voulu expliquer à Christianity Today comment des facteurs tels que l’origine ethnique, la théologie et la composition de la congrégation influencent leur approche du problème. Une chose est sûre, de l’aveu de certains d’entre eux : « nous ne devrions pas laisser la question nous diviser entre chrétiens » et « s’il y a une chose que la pandémie nous a montrée, c’est que nos vies et notre santé sont étroitement liées à celles des autres »(1).

En savoir plus dans cet article de Christianity Today, compilé par Rebecca Randall. Traduit en français par Simon Fournier et révisé par Léo Lehmann

Note :

(1) Commentaire d’un ami et frère pasteur français, exerçant son ministère en France, après la lecture de cet article : « Personnellement, et vues les circonstances entourant ce virus, je ne dirais pas aux gens de se faire vacciner ou pas. Ils sont libres de leur décision. Par contre, nous avons un devoir de dé-diaboliser le vaccin et d’informer le plus justement possible ceux qui souhaitent des conseils. Nous avons besoin de sagesse. Merci.

Tous les points de vue doivent être examinés. Ce qui est dommage, c’est que nous ne disposons pas d’enquête du même genre en France, car la situation américaine est totalement différente, la culture aussi ».

« Quand l’extrémisme n’est plus rentable, soudainement, les gens changent »

Inquiétude de se voir « frappé au portefeuille » (Source image : dessin de Mathieu Colloghan

Les « sleeping Giants », vous connaissez ? Non ? « Grâce » à Valeurs actuelles et CNews, c’est désormais chose faite ! Les deux médias ont en effet annoncé déposer plainte contre ce collectif(1), au mode d’action original : frapper au portefeuille en alertant les annonceurs dont les spots publicitaires sont diffusés sur des médias susceptibles de véhiculer des contenus haineux [lesquels ne sont pas des « opinions », mais des délits], amoindrissent leurs revenus publicitaires.
Le 4 juin 2021, la société Valmonde et Cie, à laquelle appartient Valeurs actuelles, dépose une plainte à l’encontre de Sleeping Giants, visant à dénoncer « des faits de discrimination, à raison des opinions politiques, et de nature à entraver l’exercice normal d’une activité économique ». Le directeur adjoint de la rédaction, Tugdual Denis, reconnaît qu’ils leur font « perdre beaucoup d’argent ». De même, l’entreprise de publicité en ligne Taboola, en rompant son contrat en début d’année avec le magazine à la suite de la publication du feuilleton donnant à voir la députée Danièle Obono représentée en esclave, avait privé le magazine d’un revenu de « trois millions d’euros sur trois ans »(2). 

Selon Valeurs actuelles, CNews pourrait, de son côté, déposer trois plaintes : deux pour diffamation, et une pour discrimination et entrave à la liberté d’expression. La chaîne d’information confirme l’existence d’une seule plainte, après qu’elle aurait, elle aussi, perdu de nombreux annonceurs à la suite des alertes des Sleeping Giants. La saison 2020-2021 aura effectivement été chiche en spots publicitaires accompagnant « Face à l’info », l’émission dans laquelle officie Eric Zemmour. Ce dernier, bien que multi-condamné pour injures et provocations à la haine, peut, chaque soir, qualifier des réfugiés « d’envahisseurs », des femmes musulmanes de « mosquées ambulantes » et des mineurs de « délinquants et de violeurs »(3). Tantôt la chaîne n’en a diffusé aucun, tantôt quelques spots « de petits annonceurs qui ne paient pas cher du tout les écrans mais servent de chair à canon », comme l’explique « Rachel »co-fondatrice de Sleeping Giants France.
Interrogée par Le Monde, par téléphone, la même « Rachel »ne semble pas spécialement affolée. Elle a appris l’existence de la plainte, à la lecture de Valeurs actuelles« Nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer quoi que ce soit puisque nous n’avons rien reçu », explique-t-elle(4).

Les plaintes de CNews et Valeurs actuelles ont-elles des chances d’aboutir ? « Ces procès baillons sont d’abord faits pour nous intimider », commente Rachel. Mais pour atteindre les bénévoles du collectif, souligne-t-elle, « il faudrait d’abord qu’on nous identifie »(4). Et c’est sans doute là le but recherché de cette plainte – comme d’un hypothétique procès, même inutile : voir les identités des activistes des Sleeping Giants France révélées et donc exposées.

Et ce, d’autant plus que les Sleeping Giants ne risquent, à priori, rien : ils se contentent d’informer des annonceurs publiquement connus sur ce qu’ils financent, sans appel au boycott desdits annonceurs. La question parlementaire [d’un député LREM] annonciatrice de la plainte est à cet égard symptomatique, le rédacteur s’étant rendu compte de l’absence de tout fondement juridique bien qu’il cite le code pénal et la jurisprudence suggère in fine de faire changer la loi (5).

« Nous ne travaillons que sur les publicités programmatiques(6), gérées par des régies, et dont les placements de pubs qui ne sont pas consentis par l’annonceur – il n’en a même pas connaissance« , explique Rachel lors d’un entretien avec Loïc Leclerc, pour Regards(7). Le but est d’alerter l’annonceur quand il est présent sur un média qui a déjà été condamné, afin qu’il se demande si ces contenus sont en lien avec les valeurs de ses annonces. L’annonceur peut alors ajouter tel ou tel site à une liste d’exclusion (…)Notre démarche est d’informer ceux qui ne savent pas qu’ils font de la pub dans ces médias » (7).

« Nous faisons surtout un travail d’information. Ça n’a rien à voir avec du ‘Name & Shame’ [« nommer et couvrir de honte »] où on fouille dans les tiroirs et on met à jour quelque chose que quelqu’un aurait essayé de cacher. N’importe qui, qui va sur un site ou sur une chaîne de télévision, peut voir la pub qui passe avant monsieur Zemmour. Donc on ne révèle pas de secret. Par contre, souvent, pour l’annonceur, c’est un secret effectivement. Il y a un genre de ‘package deal’, et il y a des annonceurs qui reviennent vers nous totalement choqués, en disant : ‘On a appris ça. On ne savait pas du tout sur quelle chaîne ils allaient placer notre publicité »(8).

A ceux qui les accusent de censure et d’atteinte au pluralisme de l’expression en France, les Sleeping Giants répondent qu’ils ne censurent rien : « Valeurs actuelles peut écrire ce qu’ils veulent. Le financement par le consommateur, via la publicité, n’est pas un droit. Il n’y a pas un droit absolu d’être financé par la publicité. Si les entreprises n’ont pas envie d’être associées [parce que lesdits sites iraient à l’encontre de leurs propres valeurs, des chartes de responsabilité sociale, éthique, écologique – un peu comme un boucher qui ferait de la pub sur un site végan ou inversement. Cela va aussi plus loin parce que ce ne sont pas que les marques, c’est le consommateur qui finance la publicité, donc notre argent via l’annonceur qui l’ignore], elles, elles ont ce droit-là. Ce n’est pas une question de censure. Le financement de Valeurs actuelles [ou de CNews…] n’est pas notre problème. Tout ce qui nous importe, c’est la liberté des entreprises à s’associer ou non avec ces médias (et donc de les financer) ».
Une telle action et de telles réactions en disent long de l’état de la presse et de la fragilité de son système économique. En effet, comme l’explique Rachel, « il y a un problème concernant l’indépendance des médias. Puis il y a un cercle vicieux : plus les contenus sont extrémistes et racoleurs, plus ils seront vus, lus et partagés et plus vous aurez droit à des publicités et à des publicités qui valent plus. Quand on interrompt ce cercle, que l’extrémisme n’est plus rentable, soudainement, les gens changent. Nous en sommes convaincus, tout est une question d’argent. Il n’y a pas que l’idéologie. Et ça dépasse leur entendement que nous faisions tout ça bénévolement ! Ça leur pose un problème que des personnes puissent s’engager sans chercher à faire du profit »(9).

« Moralité » selon les Sleeping Giants :« Si on veut garder ses annonceurs, on a intérêt à présenter effectivement de l’information. Et peu importe de gauche, du centre, de droite. Mais si on dépasse ça, on n’est plus un média d’information ou on n’a jamais été un média d’information, mais un blog d’opinion »(10) [Certains sites ne sont d’ailleurs que des conglomérats d’éditos/billets d’humeur]. Ce qui est une façon d’inviter chacun (médias, annonceurs et consommateurs) à prendre ses responsabilités.

Visiter  le compte twitter et le site web des Sleeping Giants France.

Notes : 
(1) Né aux Etats-Unis en 2016, après la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle, et actif en France depuis février 2017, au moment où le site américain Breitbart était sur le point de s’installer dans notre pays – ce qui ne s’est pas fait finalement. Le collectif a alors commencé à travailler sur des sites français, les premiers étant Boulevard Voltaire – condamné pour provocation à la haine contre les musulmans en 2014 – et Breizh Atao, puis CNews, Valeurs Actuelles, « le nouveau » France Soir [un site complotiste qui n’a plus rien à voir avec l’ancien quotidien aujourd’hui disparu]…En 2021, Breiz Atao, géré par Boris Le Lay, est un site interdit en France par une décision de justice, du fait de son contenu profondément antisémite, xénophobe, raciste, homophobe, et par ailleurs servi par AdSense par Google   C’est-à-dire que d’un côté, la justice interdit des sites. De l’autre côté, Google continue de les fournir en publicité…jusqu’à ce que les Sleeping Giants fasse la démarche d’avertir les annonceurs qui se sont tous retirés en quelques mois. Mais aussi d’alerter Google AdSense de ce partenariat jugé « absolument ahurissant ».

Sources : http://www.regards.fr/politique/societe/article/si-valeurs-actuelles-n-a-quasiment-plus-aucune-publicite-c-est-a-cause-de-ses et  https://www.franceinter.fr/emissions/l-instant-m/l-instant-m-18-fevrier-2021

(2) Cf Publicité : CNews et « Valeurs actuelles » déposent plainte contre le collectif Sleeping Giants

(3) A noter enfin que les propos d’Eric Zemmour, chroniqueur sur CNews (et l’absence de réaction/modération de l’animatrice) ont valu à la chaîne 2 amendes par le  Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). La première (10 000€) vient d’être confirmé mercredi 16 juin par le Conseil d’État qui rejette le recours de la chaîne pour faire annuler une mise en demeure prononcée le 27 novembre 2019 par le CSA à son encontre. A l’époque de la décision du CSA, l’émission Face à l’info n’avait que quelques jours d’existence. Le 14 octobre 2019, au terme d’un débat avec l’ancien socialiste François Pupponi, portant notamment sur l’immigration, le polémiste Eric Zemmour s’était exprimé au sujet de la colonisation française en Algérie en ces termes : « Quand le général Bugeaud arrive en Algérie, il commence par massacrer les musulmans, et même certains juifs. Eh bien moi, je suis aujourd’hui du côté du général Bugeaud. C’est ça être Français ». De quoi s’attirer les foudres du CSA, qui avait estimé que la chaîne avait contrevenu à ses obligations en matière d’« incitation à la haine ou à la violence pour des raisons de race, de sexe, de mœurs ou de nationalité ».

Source : Le Monde.

(4) Cf Publicité : CNews et « Valeurs actuelles » déposent plainte contre le collectif Sleeping Giants

(5) Cf https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-39220QE.htm

(6) « Il y a 20 ou 30 ans », explique Rachel lors d’un entretien sur France inter, avec Sonia Devillers, le 18 février 2019, « vous choisissiez votre emplacement publicitaire par rapport à vos besoins. Vous le financiez directement ou en passant par une agence. Avec les contenus de plus en plus présents sur Internet, il y a eu la création de la publicité programmatique ou pour un prix relativement raisonnable, vous pouviez figurer sur un grand nombre de supports, ce qui, évidemment, a entraîné aussi que vous ne saviez plus où était affichée votre publicité ». Donc tout cela est devenu à travers les années, « un système très opaque », entièrement géré par des logiciels et des algorithmes. Sauf que « l’on programme ces algorithmes pour que certains annonceurs ne se retrouvent jamais associés à des contenus pornographiques, sur des sites pédophiles ou même, par exemple, sur des sites qui promeuvent les jeux d’argent ». D’où l’aberration que des sites qui promeuvent du contenu haineux ou complotiste ne soient pas éliminés de cette distribution publicitaire. Source : https://www.franceinter.fr/emissions/l-instant-m/l-instant-m-18-fevrier-2021

(7) Cf http://www.regards.fr/politique/societe/article/si-valeurs-actuelles-n-a-quasiment-plus-aucune-publicite-c-est-a-cause-de-ses


(8) Cf https://www.franceinter.fr/emissions/l-instant-m/l-instant-m-18-fevrier-2021

(9) Cf http://www.regards.fr/politique/societe/article/si-valeurs-actuelles-n-a-quasiment-plus-aucune-publicite-c-est-a-cause-de-ses

(10) Cf https://www.franceinter.fr/emissions/l-instant-m/l-instant-m-18-fevrier-2021

Le moyen le plus sûr de savoir qu’une élection approche

Accueillir le réfugié, c’est « chrétien » ? (Dessin de « 

« Accueillir le réfugié, c’est chrétien ? » (Source image : dessin de PrincessH », pour « La Croix », octobre 2016)

Le moyen le plus sûr de savoir qu’une élection approche :

« Macron demande plus de fermeté sur l’expulsion des étrangers irréguliers », titre un article publié sur 20 minutes, le 10/06/21.

A ce propos, les migrants seraient-ils « un sujet » qui concernerait davantage le citoyen que le chrétien, le magistrat plutôt que le pasteur ? Ma contribution à cette question ici.

Que choisir : Notre environnement ou notre économie ?

La pollution et la mort de l’homme : un « classique » qui garde toute sa pertinence et son actualité, 40 ans après…

 « Si vous pensez vraiment que notre environnement est moins important que notre économie, essayez juste d’arrêter de respirer le temps que vous comptiez votre argent ». Guy McPherson (1)

A lire : « la pollution et la mort de l’homme », notre recension du livre de Francis Schaeffer

Et « pourquoi je crains le réchauffement climatique », une analyse de Charles Eisenstein, philosophe américain et conférencier, dont les travaux couvrent un large éventail de sujets, de l’histoire de la civilisation humain à l’économie du don, en passant par l’écologie.

Note :

(1) Guy Mc Pherson (né en 1960) est un ancien professeur d’université d’écologie. Il a quitté le monde de la recherche universitaire, et la vie dans la société américaine pour exploiter, conformément à ses valeurs,  une ferme écologique, changement  qu’il a décrit dans un livre, ‘Walk away from the Empire‘ et dans son blog.  Le livre ‘Going dark’ expose ses inquiétudes pour la Planète. Aujourd’hui, il expérimente personnellement un mode de vie écologique. Il élève des chèvres et  cultive son jardin. Ses recherches l’ont mené à prendre très au sérieux la vitesse à laquelle les espèces vivantes disparaissent aujourd’hui et le changement climatique (Source : Le Temps.ch)

« Régionales » et « départementales » : indices de discernement pour « bien voter »

[Source image : public domain pictures]

Vous les avez peut-être oubliées : les élections régionales et départementales auront finalement lieu en France les 20 et 27 juin 2021. Initialement prévues en mars 2021, elles ont été reportées de plusieurs mois en raison de la pandémie de Covid-19 en France, à la suite des préconisations de la mission Debré rendu le 13 novembre 2020.

Ces élections permettront de renouveler les conseils régionaux de 12 régions métropolitaines, de la Guadeloupe et de La Réunion, ainsi que les 95 conseils départementaux.

Disposant d’un statut différent de celui des régions, la Corse, la Martinique et la Guyane organiseront dans le même temps des élections territoriales destinées à renouveler leurs assemblées. 

Pour savoir « comment bien voter », il importe de bien comprendre de quelles élections il s’agit, et quelles sont les compétences des régions et des départements. Ainsi, si un candidat ou une candidate émet des promesses qui n’entrent dans aucun de ces domaines, il y a de fortes chances pour qu’il ne puisse pas les tenir s’il/elle est d’aventure élu(e).

C’est le cas, par exemple, des déclarations de certains candidats concernant « la sécurité » et la lutte contre la délinquance pendant la campagne des régionales, alors que la sécurité n’est pas une compétence du conseil régional. C’est même le seul échelon qui n’a quasiment aucune prérogative sur la question. La protection de la population sur le territoire dépend principalement de l’État. Mais le maire, qui est aussi officier de police judiciaire, a la possibilité de créer une police municipale. Les départements doivent, eux, gérer la police de circulation et la sécurité incendie(1). 

Ce sujet en appelant un autre : une autre candidate, à sa succession à la tête d’une des régions, entend créer « une agence des travaux d’intérêt général »…sauf que celle-ci existe déjà !

Il serait donc temps de savoir enfin à quoi « servent » votre région et votre département.

Ainsi les départements sont compétents dans trois grands domaines: la solidarité et la cohésion territoriale, l’éducation, l’aménagement et les transports, auxquels s’ajoutent certaines actions partagées (culturelles, sportives, tourisme, langues régionales, éducation populaire) avec les autres collectivités territoriales. 

L’action sociale de solidarité représente souvent plus de la moitié du budget de fonctionnement du département et porte sur différents pôles, dont premièrement celui de l’enfance: aide sociale à l’enfance (ASE), protection maternelle et infantile (PMI), adoption, soutien aux familles en difficulté financière. Il y a aussi le pôle des solidarités personnes handicapées: politiques d’hébergement et d’insertion sociale, prestation de compensation du handicap (PCH), maisons départementales des personnes handicapées (MDPH). A cela s’ajoute le pôle lié aux personnes âgées: création et gestion de maisons de retraite, politique de maintien des personnes âgées à domicile (allocation personnalisée d’autonomie). Enfin, il y a le pôle des prestations légales d’aide sociale, dont la gestion du revenu de solidarité active (RSA) au montant fixé par l’État.

En coordination avec l’État, le département élabore un schéma départemental d’amélioration de l’accessibilité des services aux publics, dont l’objet est de réduire les zones marquées par un déficit d’accessibilité.

S’il est question d’éducation lors de ces « départementales », seuls les collèges sont concernés.

Les départements sont compétents pour la construction, l’entretien et l’équipement des collèges (Code de l’éducation, art. L. 213-1 et s.). Ils sont également responsables du recrutement et de la gestion des agents techniciens, ouvriers et de service (TOSpour les collèges. Ces agents ont pour mission d’entretenir et nettoyer les locaux, d’assurer la maintenance des installations et l’entretien des matériels de nettoyage. Ils s’occupent également de la restauration, du magasinage et des fonctions d’accueil.

Enfin, le département partage certaines compétences avec les communes, les régions et les collectivités à statut particulier. C’est notamment le cas des compétences culturelles (financement de manifestations culturelles et artistiques; bibliothèques; musées; services d’archives; conservation du patrimoine), sportives (animations sportives; accessibilité pour tous; financement et promotion du sport amateur et à haut niveau), de tourisme (comité départemental du tourisme; élaboration, promotion et commercialisation de produits touristiques), de promotion des langues régionales (signalétique et documents touristiques bilingues; apprentissage dans les écoles primaires, collèges, lycées et instituts d’études) et d’éducation populaire (aides à la formation d’animateurs; Contrats territorialisés de jeunesse et d’éducation populaire; aides aux associations locales et fédérations d’éducation populaire).

Autant de secteurs sinistrés par la crise sanitaire, et sur lesquels on attend beaucoup des départements comme des autres collectivités territoriales(2).

La région, quant à elle, est un rouage essentiel du “développement économique, social, sanitaire, culturel et scientifique de la région, le soutien à l’accès au logement et à l’amélioration de l’habitat, le soutien à la politique de la ville et à la rénovation urbaine et le soutien aux politiques d’éducation et l’aménagement et l’égalité de ses territoires, ainsi que pour assurer la préservation de son identité et la promotion des langues régionales” selon le Code général des collectivités territoriales (art. L 4221-1). L’économie régionale passe donc par le soutien aux entreprises et les infrastructures de transport régionaux, l’aménagement numérique, ou encore le “soutien à l’internationalisation”, les “aides à l’investissement immobilier et à l’innovation des entreprises, ainsi que les orientations relatives à l’attractivité du territoire régional” (art. L 4251-13).

Promulguée le 7 août 2015, la loi portant sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la République (NOTRe) confie de nouvelles compétences aux Régions et redéfinit les compétences attribuées à chaque collectivité territoriale.  

Moins nombreuses mais plus fortes, les Régions sont en charge de la coordination sur leur territoire de toutes les actions en faveur de l’économie et de l’animation des pôles de compétitivité. Elles sont seules compétentes pour définir les aides et les régimes d’aides générales (subventions, prêts, avances remboursables, etc.) en faveur de la création ou de l’extension d’activités économiques ou des entreprises en difficulté.

L’aménagement du territoire et environnement compte encore parmi leurs compétences exclusives. Elles pilotent toutes les politiques en matière de transport par trains express régionaux (TER), ainsi que les transports inter-urbains.

Elles disposent de l’autorité de gestion des fonds européens depuis 2014. Elles sont pleinement responsables en matière de formation professionnelle, apprentissage et alternance depuis le 1er janvier 2015.

Depuis les premières lois de décentralisation, la Région s’occupe de la construction, de l’entretien et du fonctionnement des lycées d’enseignement général, des lycées professionnels et des établissements d’enseignement agricole. Depuis 2004, elles sont chargées des formations sanitaires et sociales (infirmier, aide-soignant, ambulancier, sage-femme, masseur-kinésithérapeute, assistant de service social, éducateur spécialisé, etc.).

 Enfin, les régions partagent les compétences suivantes avec les autres collectivités : Sport et Culture, tourisme, logement, éducation populaire, lutte contre la fracture numérique, et santé(3).

Ceci dit, en quoi ces élections très « terre à terre », et bien « peu fun » de prime abord, peuvent-elles intéresser le citoyen lambda – ou même le chrétien (qui est aussi citoyen) « engagé en politique » ?

Vous l’avez compris, savoir qui sera élu au sein des exécutifs départementaux et régionaux a une très grande importance, puisque le champ de compétence de ces derniers est en rapport avec notre réalité (très) quotidienne. 

Les chrétiens, quant à eux, ne doivent pas réduire leur participation citoyenne à la seule « présidentielle » (ou même aux seules législatives). Engagés « en politique », dans l’esprit de leur Seigneur, qui a dit être venu, « non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour plusieurs », ils doivent témoigner qu’ils ne réclament pas le pouvoir suprême – la Présidence de la République – mais plutôt se concentrer à viser les exécutifs départementaux et régionaux (comme locaux), pour être en mesure de montrer sur le terrain comment et pourquoi leurs solutions dans l’esprit de l’Evangile changent la vie et contribuent à améliorer (et non à rendre plus compliqués) les quotidiens des citoyens. Ils gagneront ainsi en crédibilité et en efficacité avec un tel programme et/ou en soutenant de tels candidats qui ne se tromperont pas d’élection ! (4)

Mise à jour le 18/06 : Andreï VAITOVICH, journaliste franco-bélarusse, annonce, quant à lui, que le 20 juin, il votera pour la 1ère fois en France. « J’entends souvent « ça sert à rien » ou encore « on est dans une dictature ». J’ai connu la vraie dictature au Bélarus, où les élections sont volées et le désaccord avec le pouvoir mène en prison. Voter renforce la démocratie », explique-t-il sur son compte twitter.

Notes :

(1) « La sécurité au coeur de la campagne mais quelles sont réellement les compétences des régions ? » (sur France 3) et « quelles promesses les candidats pourront-ils tenir aux départementales ? » (« Les Surligneurs »). Voir aussi les professions de foi des candidats aux régionales et aux départementales 2021.

(2) Voir « quelles promesses les candidats pourront-ils tenir aux départementales ? » (« Les Surligneurs »)

(3) Sur les compétences des régions, voir ici et ou .

(4) D’après cet article de Claude-Marie Vadrot publié dans « Politis », initialement en rapport avec les écologistes, mais qui m’a paru aisément transposable du côté des chrétiens engagés « en politique ».