Un interdit radical

« Abomination » ! (Personnage « Marvel »)

Une lecture biblique de « l’interdit » des peuples de Canaan, qui éclaire sur ce que Dieu appelle « abomination ».

Une raison de la politique génocidaire de « l’interdit » se trouve dans le livre du Deutéronome, explique le Pasteur Antoine Nouis, dans un commentaire paru dans Réforme, le 31/10/16 : « Lorsque tu entreras dans le pays que le Seigneur, ton Dieu, te donne, tu n’apprendras pas à imiter les abominations de ces nations-là. Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui se livre à la magie, qui cherche des présages, qui pratique la divination ou la sorcellerie, qui jette des sorts, qui interroge les spirites ou les médiums, qui consulte les morts. En effet, quiconque se livre à ces pratiques est une abomination pour le Seigneur ; c’est à cause de ces abominations que le Seigneur, ton Dieu, dépossède ces nations devant toi. » (Deut. 18,9-12).

« L’interdit des peuples de Canaan est une protection contre la contagion de pratiques qui seraient mortifères pour les Hébreux. Rappelons que les sacrifices d’enfants étaient courants au Moyen-Orient. Ils correspondent à une approche archaïque de la religion qui consiste à croire que si nous offrons à Dieu ce que nous avons de plus cher, il nous bénira à la mesure de notre sacrifice ».

Bien que sévèrement condamnée par le livre du Lévitique : « Tu ne livreras aucun de tes enfants pour le faire passer au Molek ; tu ne profaneras pas le nom de ton Dieu. Je suis le Seigneur. » (Lv 18,21), « cette pratique abominable a perduré en Israël [voir notamment le roi Acaz, en 2 chroniques 28v1-3, ou même le roi Manassé] puisque les prophètes Jérémie et Ezéchiel en ont fait la raison de l’exil à Babylone (Jr 19,5 ; Ez 16,20-21).

Quant à la divination, la sorcellerie et la consultation des morts, elles sont des asservissements qui sont contraires au commandement de liberté. Les pratiques occultes cherchent à maintenir le peuple sous la tutelle de magiciens qui manipulent le religieux pour leur plus grand profit.

Entre ces pratiques superstitieuses et mortifères et le Dieu de la libération, il n’y a pas de compromis possible, c’est la raison pour laquelle l’interdit est radical ».

« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : Lettres aux églises de l’Apocalypse

Une série pour considérer ce que peut nous enseigner l’objet des encouragements et interpellations de Jésus-Christ aux « 7 églises de l’Apocalypse » ( Source : Pixabay)

Le saviez-vous ? Le mot « évangélique » est dérivé du mot grec pour « évangile ». Originalement, cela signifiait pour les chrétiens que l’Évangile est le cœur et l’essence même de ce qu’ils sont chargés de transmettre, de la part de leur Seigneur Jésus-Christ.
Alors que ce terme est devenu péjoratif et connoté, souvenons-nous que, dans le livre de l’Apocalypse (= « révélation »), Jésus n’a pas adressé ses sept lettres à sept sièges de gouvernement des capitales du monde. Il les a écrites et envoyées aux Églises. Prenons quelques instants pour réfléchir au sens et aux conséquences de cette nuance quant à notre mission, comme pour considérer ce que peut nous enseigner l’objet des encouragements et interpellations de Jésus-Christ aux « 7 églises de l’Apocalypse ».

Voici donc la nouvelle série de l’été de Pep’s café en 7 épisodes, intitulée « Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal), à partir des lettres aux anges des 7 églises de l’Apocalypse : Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, Laodicée.

Plusieurs contributeurs, Louis-Michel, Mialy et Yannick, ont accepté de relever joyeusement le défi de traiter un ou plusieurs de ces épisodes hebdomadaires, à paraître du 06 juillet au 17 août, et s’efforceront notamment de souligner :
Ce que les destinataires de chaque « lettre aux églises » devaient comprendre
Ce que les églises d’aujourd’hui peuvent comprendre quant à ses défis et à ses engagements d’aujourd’hui
.

Qu’ils en soient remerciés !

Et en vous souhaitant toute la joie d’une lecture édifiante !

Premier épisode mercredi prochain, avec Ephèse.

Ne faites pas d’impair : Dieu est « Père » et pas « mère »

Lectures bibliques

Papa propose un nouveau jeu……

Deutéronome 4:32-40

(….)
Reconnaissez donc aujourd’hui et gardez dans votre coeur cette vérité :
c’est le Seigneur qui est Dieu, là-haut dans le ciel et en bas sur la terre.
Il n’y a pas d’autres dieux que lui.
Respectez ses lois et ses commandements que je vous donne aujourd’hui.
Alors vous et vos enfants, vous serez heureux.
Et vous vivrez longtemps dans le pays
que le Seigneur votre Dieu vous donnera pour toujours.

Romains 8:14-17
Tous ceux que l’Esprit de Dieu conduit sont enfants de Dieu. Et l’Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves qui ont encore peur, mais il fait de vous des enfants de Dieu. Et par cet Esprit, nous crions vers Dieu en lui disant : « Abba! Père ! ». L’Esprit Saint lui-même nous donne ce témoignage :
nous sommes enfants de Dieu. Alors, si nous sommes enfants de Dieu, nous recevrons en partage les biens promis par Dieu à son peuple, et ces biens, nous les recevrons avec le Christ. Oui, si nous participons à ses souffrances, nous participerons aussi à sa gloire.

………..Affronter la réalité ! Par Jim Benton [Piquée » sur le compte twitter de Laurent Descos, 09/05/18]

Message :

Nous découvrons dans ces passages des Écritures qu’il n’est pas du tout insignifiant d’appeler Dieu par un nom ou par un autre. Nous savons qu’il y a des tas de noms pour nommer Dieu, et chacun de ses noms s’appuie sur une identité particulière que nous voulons donner à celui à qui nous nous adressons.
Quand nous prions Dieu comme Tout-Puissant, nous ne prions pas du tout de la même façon que quand nous nous adressons au Christ, qui est passé par l’expérience de la croix. Prier le Dieu Tout-Puissant, c’est reconnaître que tous les possibles appartiennent à Dieu, qu’il est le Dieu de l’impossible qu’il est le Dieu qui peut tout (ce qui ne veut pas dire qu’il fait tout et en particulier qu’il ferait tout ce qu’on lui dit de faire…).
S’adresser à Dieu par un nom ou par un autre, c’est donc qualifier Dieu, de la même façon que l’on ne s’adresse pas sur le même ton à une même personne suivant les contextes. De temps en temps, un journaliste laisse échapper un « tu » à la place d’un « vous » qui dévoile qu’il connaît la personne au-delà de son rôle de journaliste, plutôt dans le registre de l’amitié.
Les protestants ont été appelés très tôt « les tutoyeurs de Dieu ». Non pas qu’il soit mieux de tutoyer Dieu que de le vouvoyer, mais simplement parce qu’en tutoyant Dieu on fait un choix. Et ce choix consiste à dire que la proximité, la confiance et l’intimité d’un « tu » sont plus importantes encore que la déférence et le respect d’un « vous ». Dieu n’a pas voulu être lointain mais bien proche, ce que nous reconnaissons et valorisons par l’usage du « tu »(1).
En qualifiant Dieu de « Père, Fils et Saint-Esprit », nos prédécesseurs dans la foi ont fait des choix très particuliers. Ils ont voulu mettre l’accent sur des facettes de Dieu bien particulières (…)
En choisissant d’appeler Dieu par le nom de Père principalement, les premiers chrétiens ont pris un risque. Il est souvent rappelé que cela a exaspéré nos frères aînés Juifs qu’on puisse appeler Dieu Père. A la rigueur qu’on dise « Dieu est comme un père pour nous », c’était recevable, et le Psaume 103 ne s’en prive pas. Mais l’appeler, le héler, le prier en l’appelant Père, c’était choquant. Car non seulement quand on nomme quelqu’un le nom qu’on lui donne dit des choses sur ce qu’il est, mais en plus, le nom qu’on lui donne décrit aussi comment nous nous positionnons par rapport à cette personne. Si nous nommons Dieu Père, alors cela signifie que nous nous reconnaissons comme enfants. Et c’est très compliqué de dire cela car alors, comment fonctionne cette paternité et cette filiation ? (….)

Paul, à la suite de Jésus-Christ tient fermement sur cette appellation de Dieu comme Père. C’est au cœur de sa foi.
Pourquoi Dieu a-t-il été appelé Père et non pas Mère ? Après tout on pourrait l’envisager ? Eh bien tout simplement parce que c’est bien comme Père que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de Moïse et de Jésus-Christ, se comporte. Laissez tomber d’office l’argument ethnologique comme quoi Dieu serait père parce qu’il serait décrit comme tel dans une société patriarcale. Ce n’est pas là la vraie raison. Il est nommé Père tout simplement parce que le type de relation qu’il a avec l’humain est de l’ordre de la paternité beaucoup plus que de la maternité. Et ce n’est pas une histoire de féminisme ou de machisme. C’est simplement un type relationnel. On est toujours sûr de sa mère, tandis qu’on n’est jamais vraiment sûr de son père. Même avec les analyses ADN. L’être humain est complexe et si la maternité est un lien qu’il faut couper, la paternité est un lien qu’il faut construire. En tant que lien de personne à personne la paternité est beaucoup plus fragile que la maternité parce qu’elle naît d’une parole. Oui, la paternité ne tient qu’à la parole de la mère. On devient père dès que la mère d’un enfant dit à son enfant « C’est lui ton père ». Dès qu’elle le dit par des mots, par des gestes, par des attitudes et par une pratique. Un père est toujours adoptif. Alors bien sûr on souhaite à chacun que son géniteur naisse comme père assez rapidement après la naissance, mais c’est toujours conditionnel.
Dieu n’est pas en relation avec nous dans un mode relationnel où il faut couper un cordon. Il est devant nous comme cette relation paternelle qu’il faut au contraire tisser, construire et faire naître par une parole.
Si vous tenez à tout prix à chercher du maternel dans ce qui fait notre foi, n’allez – de grâce – pas chercher du côté de Marie. Non, la figure féminine qui construit notre foi, c’est tout simplement l’Église, la communauté. Elle est cette matrice, elle est cette mère où nous nous trouvons dès le début, elle exerce cette maternité qui nomme, qui essaye de dire à ses enfants, depuis le plus jeune âge : « Tu sais, tu peux avoir confiance en Dieu car c’est bien lui ton Père ». Quand nous accompagnons des enfants dans leur formation biblique, quand nous prenons soin des uns et des autres au moment où ils essayent de revivifier un lien avec Dieu dont ils sentent bien qu’il ne tient pas très bien, nous exerçons, à notre tour cette fonction maternelle qui essaye de nommer la paternité de celui qui est Père parce qu’il veut adopter tous ceux qui accepteront son amour.
L’enjeu est de taille pour la vie de nos communautés (….)C’est à l’Église que revient la tâche de contredire les mensonges qui courent autour de nous, [à propos de Dieu et à propos du père]……

Lire la suite de la prédication initialement donnée à l’Église réformée du Marais par le Pasteur Gilles Boucomont, le dimanche 11 juin 2006, et disponible sur le blog « Au Nom de Jésus ».

Note : 

(1) C’est ainsi que l’on peut définir un croyant : celui qui dit « tu » à Dieu.

Trois questions fondamentales que Dieu te pose aujourd’hui : épisode 3

« Chrétiens, notre ego est crucifié avec Christ… mais il semble avoir tendance à redescendre de la croix ! » (Source image : public domain pictures)

Dernier volet de notre série en 3 épisodes de Jo, notre plume invitée*, que je remercie, orientée « jeunes » (« et moins jeunes! ») et consacrée aux premières questions fondamentales que pose Dieu aux humains. Aujourd’hui : « pourquoi as-tu fait cela ?… »Si vous prenez la série en route, ne manquez pas de (re)lire les épisodes 1 et 2, avant de commencer celui-ci.

Une fois que l’homme a trouvé justification à son acte par un « c’est la faute de cette femme que tu m’as donnée »,  Dieu se retourne vers la femme et lui demande:

« Pourquoi as-tu fait cela ? » (Genèse 3:13, NFC)

Encore une fois, Dieu n’accable pas la personne à qui il s’adresse mais il cherche à faire comprendre à la femme ce qui l’a réellement poussée à désobéir. Cela me semble être une bonne pédagogie !

Nous pouvons noter que, depuis le début, Dieu n’a pas ajouté à l’accablement de l’homme et de la femme : à aucun moment il n’a “rajouté une couche” ou cherché à “compter les points”. Au contraire, il semble vouloir engager un dialogue avec eux.

Voici la réponse de la femme au verset 13 : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé du fruit. »

Par sa réponse, la femme reconnaît qu’elle a mangé du fruit mais en reporte la responsabilité sur le serpent. Ce dernier ne lui a pourtant pas mis le fruit dans la main !

La manière dont l’homme et la femme répondent est curieusement semblable à nos manières de rejeter la faute sur un tiers, lorsque nous sommes pris “la main dans le sac”. C’est en effet toujours plus agréable lorsqu’un tiers peut porter la responsabilité à notre place !

Sauf que ce n’est pas juste de se cacher derrière quelque chose ou quelqu’un pour justifier notre erreur.

Si la femme était allée jusqu’au bout de la réflexion, jusqu’à la racine du problème, elle aurait pu l’arracher, traiter le sujet en profondeur. En posant cette question, Dieu voulait peut être que la femme s’interroge sur sa motivation profonde, sur la raison qui l’a amenée à faire confiance à la parole du serpent.

Peut-être aurait-elle répondu à côté une première fois, puis, dans le dialogue avec Dieu, en conclure que c’était son désir de toute puissance, d’être « comme Dieu », qui avait déclenché la cascade d’événements malheureux.

C’est parfois ce qu’il nous manque : traiter nos péchés, nos fautes, en allant jusqu’à leur racine. En restant en superficie, sans réfléchir à ce qui nous a conduit à fauter/ « rater la cible » de Dieu pour nous, nous risquons de faire du sur-place au lieu de revenir vers Lui.

Etre responsable, assumer sa responsabilité dans une faute, requiert beaucoup de courage et d’humilité. Deux qualités précieuses.

Je crois que nous préférons le confort de la fuite, ou de blâmer autrui…Ainsi notre égo n’est pas mis au défi.

Or notre égo est l’un des plus gros obstacles pour bénéficier de la grâce de Dieu. Il est à l’origine de beaucoup de nos problèmes en fait !

Notre ego refuse de reconnaître qu’il puisse avoir tort, avoir mal fait et avoir besoin de « s’écraser » devant Dieu. C’est très inconfortable, d’où la difficulté à reconnaître notre part de responsabilité lorsque nous sommes pris en faute.

Paul dit en Galates 2:20 : « Avec le Christ, je suis mort sur la croix. Je vis, mais ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. Maintenant, ma vie humaine, je la vis en croyant au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui a donné sa vie pour moi ». Ce qu’il veut dire, c’est que ce n’est plus mon ego qui vit mais Christ en moi.

Chrétiens, notre ego est crucifié avec Christ… mais il semble avoir tendance à redescendre de la croix !

C’est pourquoi nous avons besoin de rester vigilants, et de demander au Saint Esprit qu’il sonde nos cœurs et nous révèle notamment dans quels cas il s’agit de notre ego qui réagit plutôt que de notre esprit.

Je crois que Dieu, dans le jardin, appelait la femme et l’homme à faire preuve d’humilité, à confesser qu’ils avaient fait fausse route et à reconnaître qu’ils avaient besoin de l’aide divine pour changer.

Arrives-tu à identifier des sujets où ton égo se met actuellement en travers de Dieu et toi ?

Et si tu priais simplement avec le psaume 139 ?

Ô Dieu, regarde au fond de mon cœur et connais-moi,

Examine mes pensées et vois mes soucis.

Regarde si je suis sur un chemin dangereux,

Et conduis-moi sur ton chemin, ce chemin qui est sûr pour toujours (vv23-24).

Par son Esprit, le Seigneur peut nous révéler la cause ou l’origine de nos manquements, afin que nous puissions nous réaligner avec le projet de Dieu pour nous.

Cela demandera de passer par les cases de la confession puis de la repentance.

L’une comme l’autre ne sont pas des processus automatiques: il est recommandé de demander à Dieu le Saint Esprit ce que nous devons confesser et ce pourquoi nous devons vraiment nous repentir. Son efficacité et sa précision sont redoutables lorsque nous l’invitons, bien plus que le sont toutes nos capacités intellectuelles.

La démarche de confesser ses péchés devant des frères et soeurs dans la foi semble très saine et puissante si l’on se fie à Jacques 5:16 qui nous invite à la confession des péchés « les uns aux autres [et j’ajoute: sans jugement, car nous sommes tous pécheurs !], afin que nous soyons guéris ».

La repentance suit la confession : nous demandons pardon à Dieu et prenons la décision de vraiment changer avec son aide, de lâcher notre ancienne manière de voir les choses pour adopter la perspective de Dieu.

Il s’opère ainsi un changement à 180 degrés.

C’est seulement au bout de ce processus que nous aurons vraiment pris notre responsabilité devant le Seigneur, et serons prêts à recevoir son pardon et sa libération.

Ose donc t’humilier devant Dieu et demander son aide pour changer.

* De notre plume invitée : Jo est ingénieure, amatrice de réflexion, de lecture et discussions pour refaire le monde (dont l’Eglise!) entre amis et en famille. 

Quelles sont tes priorités dans le choix de ton député ?

Quelles seront nos priorités dans le choix d’un député ? Les mêmes que les siennes !

Que peuvent nous apprendre, pour le choix d’un député, des passages comme 1 Tim.3v1-13, Tite 1v6-8, Jacq.3v1, Actes 20v17-38 ou même Prov.31v4-9 ?

Les 12 (premier tour) et 19 juin (second tour), tu seras une nouvelle fois appelé aux urnes, dans le cadre des élections législatives, pour élire ton député.

Bien sûr, je pourrais aussi te dire : « Tu veux aller voter ? Fais-le. Tu ne veux pas voter ? Ne vote pas. Le plus important c’est d’être en parfaite cohérence avec ce que l’on croit, que l’on expérimente, et que l’on décide ».

Justement, sur quels critères ? Quels sont les enjeux ?

C’est d’abord, pour le député, un grand privilège d’être élu : 6 293 candidats sont en lice pour les 577 sièges de député à pourvoir, soit une moyenne d’environ 11 candidats par circonscription. Lors des précédentes élections législatives de 2017, 7 882 étaient en lice pour le premier tour. En 2012, il étaient 6611(1).

Mais tout privilège comporte de grandes responsabilités : élus au suffrage universel direct, par tous les citoyens en âge de voter et en ayant le droit, pour un mandat de cinq ans renouvelable, les députés occupent en effet une place centrale dans notre démocratie dite représentative.

Bien qu’ils soient élus dans une partie du pays (une circonscription), les députés représentent l’ensemble des Français, qu’ils résident dans l’Hexagone, dans les départements ou collectivités d’Outre-mer, ou encore à l’étranger. Quelque soit leur sensibilité politique ou leur parti d’appartenance, les députés représentent l’intérêt général de la nation, et non les intérêts de groupes particuliers/privés.

Les députés votent les lois et peuvent en proposer. Ils travaillent en commissions (lesquelles examinent les projets ou propositions de loi et préparent les débats en séance publique). Ils contrôlent l’action du gouvernement : ils peuvent ainsi interpeller les ministres pour leur demander de travailler sur certains sujets qu’ils estiment importants pour le pays, lors des « questions au gouvernement », les mardi et mercredi de la période parlementaire ; ils peuvent également renverser le gouvernement, si celui-ci n’a plus leur confiance.  Ils tissent des liens solides avec les assemblées des autres pays, tentent de répondre aux problématiques sociétales en allant à la rencontre des acteurs de terrain, reçoivent les citoyens à leur permanence, bureau d’accueil pour tous les citoyens, pour résoudre leurs problèmes quotidiens.

Le député bénéficie d’une immunité parlementaire : l’irresponsabilité, qui le protège de toute poursuite pour des actions accomplies dans l’exercice de son mandat ; et l’inviolabilité, pour éviter que son action ne soit entravée par des actions pénales visant des actes accomplis par les députés en tant que citoyens. Cela les protège contre les intimidations et les pressions politiques et privées et c’est censé être une garantie d’indépendance et de liberté d’action dans l’intérêt général.

Le député dispose de moyens matériels et financiers attachés à sa fonction : une indemnité parlementaire de 5000 euros par mois, une indemnité représentative de frais de mandat de 6000 euros par mois (frais de déplacement, d’habillement, de restauration…) et un crédit collaborateur (allant jusqu’à 9500 euros par mois) pour rémunérer ses collaborateurs (cinq maxi). Il a enfin à sa disposition un bureau personnel dans l’un des bâtiments de l’assemblée.

Quelles devraient être tes priorités dans le choix du député ? Les mêmes que ce dernier !

Que peuvent nous apprendre, à ce sujet, des passages comme 1 Tim.3v1-13, Tite 1v6-8, Jacq.3v1, Actes 20v17-38 ou même Prov.31v4-9 ? Ils ont trait aux critères de choix, comme aux devoirs et responsabilités, de tout responsable. Un responsable est celui qui a une position d’influence. Et un député est un responsable.

Tes priorités (dans le choix du député), comme les priorités du député, sont en rapport avec ses convictions (ce qu’il croit ou ce dont il est convaincu), son caractère (ce qu’il est), sa réputation (ce qu’on pense de lui) et ses compétences (ce qu’il sait faire).

Certes, « si quelqu’un aspire à la charge (de député), c’est une belle tache qu’il désire »(1 Tim.3v1). Notre pays a besoin de députés. C’est une tâche noble que de vouloir servir ainsi (et non pas se servir de) son pays. Pour paraphraser Jacq.3v1, nous ne devrions pas « être nombreux à vouloir être député, car nous serons jugés plus sévèrement. De fait, « on demandera davantage » à ceux qui se (re)trouvent sous les projecteurs.

1) Son caractère et sa réputation : Selon 1 Tim.3v2 et Tite 1v6-7, il est premièrement attendu d’un député qu’il soit « irréprochable ». Et plus encore d’un député se revendiquant « chrétien ». Une telle confession publique « doit impliquer non seulement une irréprochabilité pénale, mais également morale. Les discordances et les contradictions seront passées au scanner du jugement du monde, qui en évaluera la vérité et la cohérence ». La responsabilité de ces candidats n’en est que plus grande (Rom. 2v21), car s’il advenait que leur parole de chrétien ne soit qu’une posture religieuse ou politique, et que leur morale sois prise en défaut … alors leur réprobation serait aussi publique et retentissante que leurs déclarations. Elle rejaillirait non seulement sur eux et leurs familles, mais aussi et surtout sur le christianisme et sur le nom de Jésus, qui pourrait par ce moyen être davantage blasphémé qu’il ne l’est déjà.»(2).

Que veut dire irréprochable ? Sans reproche. Cela ne signifie pas qu’il soit parfait, mais plutôt qu’il est impossible d’avoir prise sur lui pour l’accuser, pour le critiquer ou pour l’attaquer. Cela signifie aussi qu’il a une bonne réputation et qu’il est digne de confiance (1 Tim.3v7).

Ensuite, il lui faut être « sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier »(1 Tim.3v2). Sobre veut dire qu’il est vigilant, notamment quant à sa conduite et concernant les dossiers à traiter, l’action du gouvernement, la situation de notre pays. Etre hospitalier, c’est d’être disponible, à l’écoute et accueillant, surtout pour accueillir tout étranger.

Il ne doit être « ni adonné au vin, ni violent, mais indulgent, pacifique, désintéressé »(v3), et pas soumis à des lobbies/pris dans des conflits d’intérêt.

Prov.31v3-5 rappelle que le responsable ne doit pas « livrer sa vigueur aux femmes », et « ses voies à celles qui perdent » (les responsables). « Ce n’est point aux (responsables) de boire du vin, ou de rechercher des liqueurs fortes, de peur qu’en buvant ils n’oublient la loi, et ne méconnaissent les droits de tous les malheureux ». Car le député doit servir l’intérêt général et le bien commun, avec le souci constant de refuser toute stigmatisation de personnes, avant tout les plus faibles et les plus précaires : il « ouvrira sa bouche », non pour déplorer « le cancer de l’assistanat », mais « pour le muet, pour la cause de tous les délaissés ». Il « ouvrira sa bouche » pour « juger avec justice, et défendre le malheureux et l’indigent »(Prov.31v8-9).

2) Il doit aussi avoir des convictions claires et solides, pour prendre les meilleures décisions en toute sagesse et justice.

Ainsi, par exemple, estime-t-il que « la défense de la dignité humaine » se limite aux deux extrémités de la vie, ou intègre tout ce qu’il y a entre les deux, c’est-à-dire, en l’occurrence, 67 millions de citoyens vivants ?

Considère-t-il les changements climatiques comme une question sociétale, éthique et spirituelle, posant un défi majeur aux générations présentes et à venir, en particulier du fait de l’interdépendance des causes ?

Pense-t-il que bâtir des hôpitaux, des routes, des écoles, c’est « dépenser de l’argent » ou qu’il est essentiel de refonder le lien social, pour régénérer nos communautés dévitalisées ?

Pense-t-il qu’il n’y ait « rien qu’on puisse appeler la société » et « qu’il n’existe que des individus » ? Et donc qu’il n’y a pas non plus de problèmes « sociaux » mais seulement « des problèmes individuels », des individus aux prises avec certaines difficultés, « des assistés » ayant certaines faiblesses mais sans le courage ou la volonté de les résoudre ?

Justifie-t-il une « responsabilisation » absolue de l’individu et un désengagement de l’État de plusieurs de ses missions ? Ou alors estime-t-il que « le principe de subsidiarité donne la liberté au développement des capacités présentes à tous les niveaux, tout en exigeant en même temps plus de responsabilité pour le bien commun de la part de celui qui détient plus de pouvoir » ? (3)

3) Enfin, sans être un « politicien professionnel », il devra être compétent et connaître les dossiers qu’il traite, en étant capable de comprendre les lois qui lui sont soumises et qu’il vote.

Prions donc pour les candidats-députés, qui aspirent et prétendent nous représenter au niveau national : qu’ils aient ce désir d’être irréprochables et de servir le bien commun, pour prendre les meilleures décisions en toute sagesse. Et prions pour nous-mêmes, que nous fassions de preuve de discernement, en prenant en compte le caractère, la réputation, les convictions et les compétences du candidat-député !

Et toi ? Quels sont tes critères de choix d’un candidat ?

Pour aller plus loin :

Que peut nous apprendre ce discours de Paul aux responsables de la communauté d’Éphèse (Actes 20v17-38), dans lequel l’apôtre fait un bilan de son activité et livre son testament spirituel ?

Sans justice, pas de paix

Deux mots sont essentiels aux yeux de Dieu pour retrouver la paix, laquelle est l’établissement de ce qui est bon : le droit et la justice.

« Je déteste, je méprise vos fêtes, je n’ai aucun goût pour vos assemblées. Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, je ne les accueille pas ; vos sacrifices de bêtes grasses, je ne les regarde même pas. Éloignez de moi le tapage de vos cantiques ; que je n’entende pas la musique de vos harpes. Mais que le droit jaillisse comme une source ; la justice, comme un torrent qui ne tarit jamais ! » (Am 5v21-24)

Initialement publié le 09/06/17 et mis à jour pour l’occasion.

Notes :

(1) Cf https://www.vie-publique.fr/en-bref/285221-legislatives-2022-la-liste-officielle-des-candidats

(2) Voir https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/04/21/pour-le-nouveau-directeur-de-la-cia-de-trump-jesus-christ-est-la-seule-solution-pour-notre-monde-un-temoignage-public-a-double-tranchant/

(3) Voir « Laudato si » du Pape François, paragraphe 196

« Faites la fête, pas la tête »… ou quand Dieu nous apprend à fêter

Comme Stromae l’exprime justement, dans « Alors on danse », la fête apparait comme un lieu pour fuir et oublier la vie dure et parfois même absurde. Et si Dieu nous apprenait à vraiment fêter ?

Dans nos sociétés, la fête semble omniprésente. Aux yeux d’un philosophe français, l’individu occidental contemporain serait même un homo festivus, un homme centré sur la fête. De plus, pour plusieurs, la festivité se serait déployée en se libérant de Dieu et des religions, qui apparaissent rabat-joies.

Et si ce n’était pas l’inverse qui est vrai ? Se pourrait-il que Dieu nous apprenne à pleinement fêter ? Alors que les chrétiens sont dans les cinquante jours où ils fêtent Pâques, c’est le bon moment pour réfléchir au sens de la fête.

[Un article de Jean-Philippe Murray initialement paru sur Le Verbe.com* et reproduit ici suite à l’aimable autorisation de l’équipe, que je remercie].

Deux visions de la fête

Commençons par mieux comprendre ce qu’est fêter. Derrière ce mot de « fête » se cachent deux réalités différentes et opposées : une plus contemporaine et une autre plus ancienne ou traditionnelle.

La vision contemporaine de la fête nous est assez bien connue. Elle apparait en pleine lumière dans la chanson à succès Alors on danse. Comme Stromae l’exprime justement, la fête apparait comme un lieu pour fuir et oublier la vie dure et parfois même absurde. Dans cette optique, la fête permet de sortir d’une réalité difficile et aide à y retourner par la suite. On comprend pourquoi l’alcool et la drogue occupent une place importante dans bon nombre de fêtes ! Évidemment, cette vision contemporaine de la fête n’est pas la seule qu’on connait aujourd’hui, mais elle représente plutôt une trame générale ou importante.

En effet, la vision ancienne ou traditionnelle de la fête ne nous est pas complètement étrangère. Dans cette approche classique, la fête est comprise comme une activité où l’on sort du quotidien pour faire mémoire d’une réalité qui est très bonne ou significative. Pour un temps, on s’arrête et on accueille d’une manière extraordinaire un évènement ou une réalité qui marque notre vie ordinaire et lui donne sens. C’est ce qu’on voit par exemple dans un anniversaire de mariage, lorsqu’un couple fait mémoire du moment fondateur de leur union. C’est aussi ce qu’on voit à Pâques, alors que les chrétiens s’arrêtent pour rendre à nouveau présentes la mort et la résurrection de Jésus-Christ, évènement fondateur de leur foi.

Évidemment, la fête ainsi comprise amène aussi une détente par rapport au quotidien. Cependant, ce repos n’est pas le cœur de la célébration, mais plutôt une conséquence ou un fruit de celle-ci.

Le vrai sens de la fête

Ce trop rapide survol met en lumière deux conceptions de la fête qui se distinguent et s’opposent. On peut fêter pour oublier et fuir la réalité qui est dure, ou on peut au contraire fêter pour faire mémoire et accueillir la réalité qui est fondamentalement bonne. Cependant, ce premier sens ressemble moins à la fête qu’à ce que le philosophe Pascal appelait le « divertissement ». La véritable fête n’a pas son origine dans la dureté ou l’absurdité de la vie, mais dans sa bonté profonde.

Ici, une précision importante s’impose : ne confondons pas la détente ou la pause qui est saine et bonne avec le divertissement qui disperse et fatigue. Quand on se détend, on ne cherche pas à fuir ou à oublier la réalité, mais on essaie de mieux vivre cette dernière en se reposant.

Dieu : le roi de la fête

On voit maintenant mieux comment Dieu entre dans le décor festif. Si la fête est comprise comme un lieu pour fuir la réalité difficile, il est préférable qu’il n’y ait personne pour m’empêcher de fêter comme je l’entends. Ici, Dieu risque d’apparaitre comme un trouble-fête. De plus, si Dieu ne fait pas partie de la réalité, on peut comprendre que cette dernière apparaisse encore plus dure et absurde.

Par contre, si la fête est comprise comme un lieu pour faire mémoire et mettre en lumière ce qui est bon dans notre vie et dans ce monde, alors Dieu apparait comme la source même de la festivité. En effet, dans un monde sans créateur, et donc dépourvu de sens, d’ordre et de bien, on voit difficilement ce qu’on pourrait fêter de bon. Ici, Dieu n’apparait pas comme un rabat-joie, mais plutôt comme la source ou le roi de la fête. D’ailleurs, dans l’Ancien Testament, fêter le Sabbat est même un commandement fondamental que Dieu donne à son peuple (Ex 20,8-11). Pour les chrétiens, c’est la résurrection de Jésus-Christ qui deviendra le nouveau Sabbat, la nouvelle fête fondamentale de leur vie.

Ainsi, loin d’être opposé à la fête, Dieu en est plutôt l’instigateur, celui qui la rend possible et qui nous invite à pleinement fêter. Évidemment, on peut fêter sans connaitre Dieu. Cependant, sans le savoir, on est alors comme ceux qui boivent l’eau de la rivière, mais qui ignorent sa source ou qui s’en coupent.

Cinq conseils pour cultiver la fête

Si Dieu lui-même met la fête en troisième place dans ses commandements, cela nous montre bien que c’est important et que ça n’est pas toujours simple. C’est aussi ce que notre expérience nous fait voir : il est souvent plus aisé de se divertir que d’entrer dans cette mémoire joyeuse de ce qui est très bon et digne de mention. Pour nous aider à cultiver le sens de la fête dans nos vies, voici cinq conseils non exhaustifs.

Nourrir notre mémoire et notre intelligence. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, on ne fête pas mieux en perdant la tête : plus on nourrit la mémoire et l’intelligence de ce qui est bon et fondamental dans notre vie et plus on a de raisons de fêter. Comment pourrait-on fêter ce qu’on ignore ? Ainsi, la connaissance du sens profond de notre vie et de notre monde est à la source de la véritable fête.

Nourrir la gratuité et fuir l’activisme dans notre vie. En accordant plus de place à ce qui est gratuit ou inutile dans notre vie et en fuyant l’activisme, on se dispose à mieux fêter. En effet, celui qui pense toujours en matière d’utilité ou de production est peu disposé à accueillir et à fêter ce qui est très bon dans le monde. La mentalité utilitaire ou activiste veut moins contempler et fêter qu’inventer et travailler.

Veiller à la dimension matérielle de la fête. Étant donné que nous ne sommes pas de purs esprits, nous fêtons toujours avec notre corps. Cela nous demande de veiller à ce qu’il y ait de bonnes conditions matérielles pour fêter. Sans tomber dans une considération démesurée pour l’aspect matériel de la fête, il importe de veiller au choix des lieux, du temps, du nombre de personnes, de la musique, de la nourriture, des vêtements, etc. Idéalement, on ne fête pas un anniversaire de mariage ou Noël dans un dépotoir !

Veiller à vivre la discipline et la pénitence. Même si la fête se distingue du travail et de la pénitence, celui qui ne leur accorde pas de place dans sa vie ne peut pas pleinement fêter. Il en est ici comme pour l’artiste qui ne peut obtenir la joie d’un concert sans les efforts de la pratique. Une personne sans discipline ne peut pas pleinement vivre la fête au moment venu, car elle n’est pas maitre d’elle-même.

Favoriser la communion ou l’amitié. Ultimement, il importe de se rappeler que la fête est toujours orientée vers la communion ou l’amitié entre les personnes. Quelle que soit la fête, elle n’est jamais une activité solitaire ou impersonnelle, mais elle implique toujours une relation personnelle. Si la fête était privée de sa dimension personnelle, elle serait coupée de son fondement à la fois humain et divin, car l’homme est, à l’image de Dieu, un être personnel. Il importe ainsi que cette finalité imprègne et modèle notre manière de fêter.

*Le Verbe témoigne de l’espérance chrétienne dans l’espace médiatique en conjuguant foi catholique et culture contemporaine. La joyeuse équipe produit un magazine bimensuel de 20 pages (distribué gratuitement dans les places publiques), un numéro spécial biannuel (mook) de 116 pages (envoyé gratuitement par la poste aux abonnés), un site web animé par une quarantaine de collaborateurs réguliers et une émission de radio hebdomadaire, On n’est pas du monde (diffusée sur les ondes de Radio Galilée, Radio VM et aussi disponible en baladodiffusion).

Comment l’Eglise locale peut être un « havre de paix pour les homosexuels »

« Havre de paix pour toute personne fatiguée et chargée, lieu de sécurité pour le pécheur en reconversion, l’Eglise a un grand rôle à jouer dans un monde en perte de repères ». ( Source : Pixabay)

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, le Conseil National des Evangéliques de France (CNEF) rappelle, le 17/05 sur twitter, qu’« aucune violence physique ou psychologique envers une personne en raison de son orientation sexuelle ou son identité de genre ne peut être justifiée par l’Evangile ou l’exemple de Christ.  Les protestants évangéliques sont attachés à la protection des personnes et sont opposés à toute forme d’abus, notamment ceux commis sur les personnes en questionnement à propos de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre. La Bonne nouvelle est pour tous, car nous sommes tous loin de l’idéal biblique et de notre modèle : Jésus-Christ ! »

Cette prise de position, relayée par « infochrétienne » notamment sur sa page Facebook, provoque, de la part d’internautes, un déluge de commentaires indignés/scandalisés, certains particulièrement inquiétants, au point où je me demande s’il ne s’agit pas là d’un phénomène « d’astro-turfing » [ou technique consistant en la simulation d’un mouvement spontané ou populaire à des fins de manipulation pour fabriquer l’opinion] pour tenter de décrédibiliser le mouvement évangélique en le présentant sous un jour systématiquement caricatural et outrancier.

Au-delà du bruit et de la fureur, il serait plus sain, comme nous y invite le Pasteur Gilles Boucomont « de se retrouver en Eglise pour penser les questions qu’ont fait surgir ces débats, avec un impératif que le Christ nous soumet : être dans sa vérité, et être dans la paix. En somme être en Lui, qui est Vérité et Prince de paix ».

Dans un article initialement paru dans « Homosexuel, mon prochain », hors-série n° 15, 4ème trimestre 2013,  des Cahiers de l’Ecole Pastorale, l’auteur, actuellement pasteur au temple de Belleville, après avoir exercé au Marais, nous explique comment « l’église locale (peut être un) havre de paix pour les homosexuels » dans un monde en perte de repères, en précisant qu’il ne s’agit pas du tout d’être « dans une perspective morale mais [de se montrer] plus préoccupés par la sortie d’une idolâtrie qui menace tout humain et tout croyant, [l’auteur] le premier.  Ce dont nous sommes redevables devant Dieu, c’est de faire bon usage de la grâce incomparable que nous avons reçue ». 

Extraits : 

Morale « judéo-chrétienne » ?

Toute Eglise protestante ou évangélique va donc prendre la question comme elle en a l’habitude, à l’aune de ce qu’évoque le texte biblique, qui fait autorité en matière de foi et de règles (Sola Scriptura). L’Ecriture est une source centrale bien qu’elle ne soit jamais purement unique. Si c’est l’Ecriture seule qui fait foi, nous savons combien notre culture est marquée par le paternalisme et le puritanisme du XIXème siècle, que nous confondons avec la « morale judéo-chrétienne », concept créé par les sociologues athées et les journalistes de la fin du XXème siècle.  Et nous confondons sans nous en apercevoir l’Ecriture et ses interprétations, dont nous avons intégré les lignes fortes pour ne plus pouvoir revenir à la source sans y apporter un goût extérieur, extra-biblique. Après tout qui se choque encore du nombre d’épouses et concubines de Salomon ? Qui encore, sinon les pharisiens, crie au scandale quand Marie sèche les pieds de Jésus avec ses cheveux ? Qui s’étonne que Joseph aille sans problème à Bethléem avec une Marie enceinte avant le mariage, n’étant lui-même blessé que par le fait qu’il ne soit pas à l’origine de cette grossesse ?  

Bref, il est objectif que la Genèse pose la complémentarité homme-femme. Mais trouver une morale immanente à la Bible en matière de sexualité, de conjugalité et de famille nécessite de tordre et déformer le texte biblique, à partir de nos principes et de notre actualité. La morale au temps d’Abraham n’a rien à voir avec celle au temps d’Esaïe, qui n’a rien à voir avec celle au temps des apôtres. Elle n’a rien à voir avec la nôtre, qui s’est surtout forgée dans les 150 dernières années…  

Quatre textes bibliques normatifs nous parlent d’homosexualités. 

Ils ne structurent pas une morale mais bien une Loi civile et religieuse, avec son aspect pénal. C’est le code de sainteté d’Israël. La première chose que nous remarquons c’est que, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, seul un texte interdisant l’homosexualité en Israël se trouve dans le premier testament (Lévitique 18,22 avec la punition assortie en Lévitique 20,13). Dans l’histoire de Loth, c’est le viol qui est condamné surtout (Genèse 19,5). De la même façon à Guibéah dans le viol d’un lévite (Juges 19,22). 

Trois textes se trouvent dans le nouveau testament, plus particulièrement dans les épîtres de Paul (Romains 1,28-31 1 Corinthiens 6,91 Timothée 1,8-11).  En 1 Corinthiens 6,9, Paul crée des mots nouveaux pour parler de l’homosexualité dans ses deux modes, passif (malakoï) et actif (arsekoïtai).  En Romains 1, il inclue l’homosexualité dans une série d’idolâtries comportementales. Son but est d’aboutir à Romains 3,23 : « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ». Il ne met pas un accent particulier au point que l’homosexualité fait partie d’une liste bien plus vaste.

En 1 Timothée 1,8-11, il déploie la même argumentation.     

La Loi et la morale  

Les Ecritures parlent donc clairement de l’homosexualité comme d’un péché. N’en déplaise à ceux qui sont prêts à tordre le texte pour affirmer le contraire, jusqu’à dire que Jésus l’admettrait, car sinon, il l’aurait condamnée explicitement…  En revanche, c’est la posture de Jésus face au péché et au pécheur qui nous importe pour comprendre l’économie nouvelle, la norme du Royaume. Comment nous positionner à notre tour non pas dans une attitude de jugement comme si c’était toujours la Loi qui prévalait pour nous, mais bien pour intégrer la grâce dont le Christ a voulu faire preuve, de la part du Père.  

Et c’est dans son attitude face aux pécheurs que nous pouvons comprendre la révolution Jésus.

En Jean 8, Jésus fait face à une femme adultère. Mais il n’est pas seul ; les tenants de la Loi sont avec lui, prêts à la lapider, mais rebroussant chemin dans la honte que fait monter en eux la conscience de leur péché.  Les tenants de la morale sont les nouveaux docteurs de la Loi et les nouveaux scribes ou pharisiens. A ceci près que, s’ils sont chrétiens désormais, ils se trompent de loi. C’est au nom d’une autre Loi que celle de Christ qu’ils agissent, au nom de cette loi morale prétendument judéo-chrétienne qui n’est autre qu’un paternalisme conservateur qui est surtout le fruit de la révolution industrielle, indispensable pour que les ouvriers soient disciplinés et serviles.  

Pourtant, bizarrement, si cette morale est très présente dans les Eglises, elle est exigeante contre l’homosexualité, mais elle est parfois moins véhémente contre l’adultère. Elle est tout à fait relâchée par rapport aux ivrognes, que l’on ne cherche pas toujours à sortir de leur mauvaise habitude au pays du bon vin. Que dire des cupides, qui eux sont dans les conseils pour administrer l’Eglise, alors que Paul en 1 Corinthiens 6,9-10 les met tous sur le même plan ? Sans distinction ni hiérarchie.     

L’amour et la vérité  

Il n’est pas insensé de considérer que tous ces péchés sont aussi graves les uns que les autres, dans la mesure où Paul proclame qu’ils nous privent du Royaume. Mais l’attitude de Christ en Jean 8 par rapport à la femme adultère devient la nouvelle norme du Royaume. L’Eglise, qui prolonge l’œuvre de Christ est donc le lieu où doit s’exprimer l’habile dosage de sévérité à l’égard du péché, et de compassion à l’égard du pécheur désireux de changer de vie.  C’est ainsi que les prostituées qui se convertissent sont souvent bien accueillies, les alcooliques en chemin vers la sobriété le sont aussi dans nos Eglises ; il doit en être de même pour ceux qui luttent en chemin contre l’homosexualité. L’Eglise est le lieu où les pécheurs (que nous sommes tous si nous relisons le sermon sur la montagne), viennent confesser leur misère devant celui qui les relève et leur dit : – Je ne te condamne pas, – Va, – Ne pèche plus.

Les trois éléments de ce cheminement sont capitaux. Jésus, par son délicat « ne pèche plus », signifie clairement qu’il n’a pas aboli le fait que l’adultère avéré de cette femme soit une occasion de rupture avec le monde, et avec Dieu et sa Loi. Il n’a pas aboli le code de sainteté. Et il n’hésite pas à dire les limites du possible. Il n’a pas de honte à dire que c’est invivable. Que c’est même contre Dieu. Il ne lui dit pas « Rien n’est grave, avance maintenant ». Selon le code de sainteté, elle devait être lapidée. Elle ne le sera pas. Mais combien de personne se disant homosexuelles sont lapidés verbalement ou simplement ostracisées jusqu’à ne plus revenir, dans des Eglises où leur péché a été promu au rang de péché supérieur. Qui sommes-nous pour établir des catégories que les Ecritures et le Christ n’ont pas posées, pour hiérarchiser les vertus ou les vices ? Sommes-nous ceux qui fixent la Loi ? De quelle autorité sortirions-nous un péché de cette liste, pour le rendre plus infâme ou le qualifier, au contraire, de bénin ?  Seul quelqu’un de totalement saint peut être en droit de mettre en application le code de sainteté, si nous sommes cohérents. Dieu seul peut donc punir l’adultère, en toute logique. Alors « que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre », lance Jésus, qui est sans péché, et a donc autorité pour la lapider, lui ! Mais il choisit de ne pas le faire. Il ouvre la possibilité au changement de vie, qui commence avec la capacité à se repentir. « Car là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. » (Romains 5:20). Et c’est pourquoi il peut lui dire : « Va ».     

Havres de paix  

Les Eglises sont donc appelées à être des lieux de sécurité et de refuge pour les personnes se disant homosexuelles, où elles peuvent être sûres d’être préservés de toute forme d’homophobie et de tout jugement. Nos Eglises doivent être des lieux où se dit la vérité, mais dans l’amour qui prévaut aux suiveurs de Christ. Elles sont appelées à être des lieux de grande sécurité spirituelle mais aussi émotionnelle pour que les pécheurs s’y retrouvent comme étant graciés, et apprenant à en tirer toutes les conséquences jusque dans chaque recoin de leur vie.  Mais comme pour tout pécheur, ce lieu de sécurité est aussi un lieu de vérité où la personne n’est pas confondue avec son comportement, mais définie dans ses vrais lieux d’identité. Personnellement, je ne suis pas un hétérosexuel, mais un homme marié à une femme. Nos Eglises ne bénissent pas des hétérosexuels. Elles bénissent des hommes et des femmes qui veulent vivre la conjugalité dans la fidélité que définit l’Ecriture, et qui fait de la vie comme de tout ce qui la constitue, une réalité éternelle.  

Tu n’es pas ce que tu fais  

Lire la suite sur le site de « Croire publications » ou sur le blogue de l’auteur.

Suffit-il- pour un chrétien se voulant « biblique »- que l’avortement soit interdit pour s’en réjouir ?

La première question que pose l’avortement est celle de la valeur de la vie humaine. Source image : public domain pictures

« Suffit-il- pour un chrétien se voulant biblique- que l’avortement soit interdit pour s’en réjouir ? Comment agir- de façon édifiante et glorifiant Dieu- pour prévenir l’avortement ? » 

Telle est la question posée par l’internaute « Nick » sur le site 1001 questions, et jugée « intéressante » par les répondants :

En effet, « être contre l’avortement, c’est bien. Mais comment faire, concrètement, pour rendre cet idéal possible ? L’avortement pose en effet des questions qui nous impliquent tous.

La première question que pose l’avortement me semble être celle de la valeur de la vie humaine dans notre culture. Qu’est-ce qui fait que nous valons quelque chose ? Nos capacités à réfléchir, à travailler ? Le regard que d’autres posent sur nous ? Le fait que nous soyons aimés, par un conjoint, par des parents, par des amis ? Notre richesse ? Dire que nous sommes contre l’avortement, c’est dire notre confiance dans le fait que la valeur de l’humain repose sur le fait que Dieu l’a désiré. Etre contre l’avortement, c’est donc agir pour que soit considérée la valeur de tout être humain. Je vous laisse donc imaginer à quel point ces considérations ont de larges implications, de la question de la maltraitance dans les EHPAD, à celle du harcèlement dans les collèges ou de la malnutrition dans les pays du Sud.


La seconde question que pose l’avortement est celle de la responsabilité. L’éthique chrétienne lie l’amour à l’engagement pour l’autre. Promouvoir une culture de l’engagement, c’est certainement limiter le nombre de femmes qui doivent avorter parce que leur conjoint ne veut pas de l’engagement que représente un enfant. C’est aussi permettre aux femmes de refuser les pressions qui laissent entendre qu’accueillir un enfant équivaut à gâcher sa vie.


La troisième implication relève de l’aide pratique. Comment peut-on épauler des femmes qui choisissent de garder leur enfant malgré des conditions économiques, psychologiques et relationnelles difficiles. Comment entourer les personnes qui ont des enfants et en particulier les femmes qui les élèvent seules ? Cette question s’adresse peut-être spécialement aux églises, qui se disent être une famille.

La quatrième relève de l’annonce de l’Evangile.

Lire l’intégralité de la réponse sur 1001 questions.

Lutter contre le racisme, le genou à terre

Un nouvel article de « Jo », notre plume invitée, que je remercie !

Depuis bientôt deux ans, le sujet du racisme semble gagner de la visibilité en société et soulever des débats passionnés et des conversations sensibles entre amis, en famille et parfois en église. (*)

Mon constat au fil des années : tous nos efforts militants variés, et toute la bonne volonté du monde ne suffisent pas à faire reculer le racisme de manière significative dans les mentalités et dans la construction de la société. Bien qu’il y ait eu du progrès au fil des époques, les choses ne semblent pas avancer de manière notable et définitive dans la bonne direction. A chaque petite avancée, un mouvement de résistance ou répression vient se dresser en opposition.

En tant que croyant.e, vouloir lutter contre le racisme me semble légitime car c’est une forme d’injustice.

Il serait très tentant de réduire ce combat à la lutte contre les systèmes oppressifs – qui doivent effectivement être démantelés- pour rendre nos sociétés plus justes.

Il me semble que la justice est bien au coeur du projet de Dieu pour l’humanité et que les Ecritures bibliques regorgent d’exhortations à limiter ou éradiquer la prolifération de l’injustice sous toute forme dans les vies et dans les sociétés. S’engager pour plus de justice sociale est donc une démarche alignée avec le royaume de Dieu, et va surement au-delà de notre activisme moderne à base de “hashtags” (ou mots-balise).

Cependant, cette lutte contre des injustices à l’échelle de la société peut nous distraire d’un autre volet fondamental du combat contre le racisme -et contre toute autre cause d’injustice.

Voici ce que nous dit l’apôtre Paul :

Ephésiens 6.12 : « En effet, ce n’est pas contre l’homme que nous avons à lutter, mais contre les puissances, contre les autorités, contre les souverains de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal dans les lieux célestes ».

Je déduis que les hommes et les institutions manifestent dans le monde visible ce qui se passe dans l’invisible. Et c’est bien dans le champ de l’invisible que se trouve l’autre aspect du combat contre le racisme : dans la prière.

Le combat que nous menons est d’abord spirituel : l’ennemi de Dieu continue d’utiliser le racisme pour diviser les humains alors que l’Esprit Saint œuvre à notre unité.
Il va falloir utiliser les armes spirituelles dont Christ nous équipe pour libérer complètement les captifs de ce système en commençant par nous-mêmes. (cf 2 Corinthiens 10.4)

Sans armure spirituelle il est facile de s’épuiser dans le militantisme et s’enfermer dans la frustration.

La prière est un sujet parfois négligé lorsque l’on s’intéresse aux sujets de justice sociale. Pourtant le combat spirituel est réel, à en croire Paul. Quel que soit le domaine concerné par le combat spirituel, nous ne pouvons pas y aller la fleur au fusil, sans un discernement de Dieu et sans comprendre les règles du combat.

Je suis persuadée que les systèmes ségrégationnistes de l’apartheid en Afrique du Sud ou de Jim Crow aux Etats unis sont tombés grâce à une conjonction de choses, dont la prière fidèle de chrétiens mobilisés spirituellement.

Quel rapport entre le combat spirituel et le racisme ?

Essayons de comprendre ce qu’il se passe.

Certains disent que les Noirs sont maudits et sont donc voués à l’échec et à la servitude (je l’ai entendu de Noirs eux-mêmes). Toute une théologie a été développée autour de cette idée à partir de l’histoire de Noé et son fils Cham, mais elle est fausse.

Pour moi toute l’humanité est maudite, quelle que soit notre expérience de vie, car désalignée du projet de Dieu pour les relations humaines.

Ce projet est résumé au début de la Genèse :

Lors de la création du monde, le mandat divin pour les humains était qu’ils dominent sur la terre (sans pour autant la maltraiter), qu’ils voyagent, fassent des bébés et qu’ils collaborent dans leur travail avec les autres humains en tant que représentants de Dieu sur Terre. Jamais un humain n’était censé être violent, maltraitant, dominant sur l’autre, que ce soit par la force, l’argent ou tout autre moyen.
Dans le projet de Dieu les humains ont pour seul “chef” ou “maître” le Seigneur lui-même.

Cependant, très rapidement, une autre dynamique relationnelle se met en place dans les premières pages de la Genèse. Cette dynamique a perduré jusqu’aujourd’hui : partout sur la planète des humains ont mis en place des systèmes basés sur la domination (économique, politique, etc) qui bénéficient aux uns et désavantagent les autres – de génération en génération…depuis très longtemps.
NB: ce type de système se voit le plus clairement dans toutes les structures de forme pyramidale (pensez “pharaon”) qui existent aujourd’hui. Et oui, même dans certaines églises.

Dominer sur un autre humain ne rend pas gloire à Dieu : c’est une œuvre satanique.
Ce qui honore Dieu c’est de se mettre volontairement au service de l’autre, dans une relation d’égal à égal et non plus de dominant et dominé.

C’était cela le projet, c’était l’exemple donné par Christ lors de sa vie sur Terre et c’est aujourd’hui notre défi dans l’Eglise.

L’Eglise doit résister à la tentation d’instituer des formes de domination en son sein ou collaborer avec les systèmes de domination en place dans la société.

Voilà où se situe le combat spirituel: vivre le projet d’égalité pensée par Dieu pour nous.

Comment faire?

L’étape incontournable se trouve au pied de la croix : nous devons tous y abandonner ce qui nous lie spirituellement aux dynamiques dominant-dominé.
Par exemple: des héritages (familiaux, ethniques, nationaux) ou des manières de penser basées sur de fausses identités (d’esclave, de maître, etc) et autres faux raisonnements. Mais ce n’est pas un exercice facile de s’humilier, se repentir pour recevoir de Dieu ce dont nous avons besoin: un coeur nettoyé, un esprit renouvelé.

Dans sa grâce Dieu nous donne en échange de ce que nous abandonnons, une identité en Lui, qui devient alors notre marqueur le plus important.
NB: Il ne nous appelle pas à gommer tout notre héritage culturel ou nos différences; il nous appelle à ne pas en faire un objet de fierté et à en garder ce qui est bon, ce qui porte la trace du royaume de Dieu.

Une fois habillés de cette nouvelle identité, nous pourrons manifester en tant que peuple de Dieu, qu’une autre manière de vivre est possible.

En effet, dans la famille de Dieu nous ne sommes plus considérés principalement par le prisme de la couleur de peau mais d’abord comme des enfants du Père, tous égaux devant Lui et vivant dans une logique à l’opposé des systèmes de ce monde: celle de la fraternité en Christ, le don, le partage, la justice.

En tant qu’enfants de Dieu, nous sommes également appelés à devenir « le bon samaritain » pour les plus faibles : aider celui qui est victime du péché d’autrui (comme dans la parabole qui porte ce nom).
C’est notre confiance en Dieu qui nous poussera à faire de bonnes oeuvres en agissant concrètement pour l’avancée de la justice sociale. C’est un tout, on ne peut pas prendre l’un sans l’autre ou annoncer l’un sans l’autre.
Nous ne pouvons pas nous contenter d’avoir renoncé à une identité de dominé ou dominant: notre nouvelle identité, si nous sommes prêts à la vivre pleinement, se manifestera forcément dans de nouveaux engagements et sur la durée.

De même, nous ne pourrons pas militer sur le long terme sans puiser à la source de vie, sans être renouvelés par le Saint Esprit.

Comment pourrions-nous nous engager à lutter contre le fléau du racisme (et tout autre cause que Dieu mettra dans nos coeurs) à petite et grande échelle?

Commençons par poser la question à Dieu lui-même: “Que puis-je faire à mon niveau, Seigneur ?” C’est l’Esprit de Dieu qui doit nous inspirer l’action, au risque de se perdre dans des projets vains.

Tous ne seront pas des Martin Luther King Jr, mais chacun de nous peut faire quelque chose à son niveau et il y a du travail.

Cela va forcément impliquer des changements dans nos priorités, nos emplois du temps, nos finances…et c’est normal : après tout, si l’Evangile ne nous fait pas changer, ne nous bouscule pas dans notre confort, est-ce vraiment l’Evangile?

Puisse le Seigneur attirer notre regard vers les plus faibles, nous sortir du silence et de l’indifférence en nous remplissant de courage chacun là où nous sommes. Le monde attend la révélation des enfants de Dieu, encore aujourd’hui. (selon Romains 8.19)

Le combat spirituel contre le racisme se mènera au quotidien sur les deux fronts de la prière et de l’action dans la société: le genou à terre, implorant le Seigneur et servant notre prochain.

Le genou à terre (comme certains manifestants lors des marches antiracistes!) implorons un déversement puissant du Saint Esprit, afin que nous retrouvions chacun notre identité en Lui, qui a préséance sur notre couleur de peau et notre nationalité.

Le genou à terre, remplis d’un courage venu d’en haut, mettons-nous au travail pour agir pour la paix, la justice, l’équité, la réconciliation, la guérison, pour notre monde et pour la gloire de Dieu.

Amen.

(*) Non que le sujet n’ait jamais fait l’objet d’étude et de lutte, mais depuis le meurtre de George Floyd, un mouvement beaucoup plus global s’est emparé du sujet. Sur tous les continents divers peuples font lumière et mémoire des réalités des faits coloniaux avérés, de l’esclavage trans-africain et transatlantique, des lois racistes instaurées pendant la période des empires coloniaux, et de leurs conséquences dans le monde du XXIème siècle. Des mobilisations importantes pour dénoncer les inégalités basées sur la notion de race ont commencé en Mai 2020 et se poursuivent, dans les rues et sur les réseaux sociaux.

Sur l’origine du « genou à terre », bien avant Georges Floyd, le football américain et Martin Luther King, voir aussi ici.

De notre plume invitée : Jo est ingénieure, amatrice de réflexion, de lecture et discussions pour refaire le monde (dont l’Eglise!) entre amis et en famille. 

« Il était une fois…la foi » (Hébreux 11v1-3)

Première prédication d’une série sur le thème « environnés d’une si grande nuée de témoins » (Héb 12.1), dans laquelle on se pose la question de la foi. « Avoir la foi, certes. Mais ça veut dire quoi ? »

Prédication de la Pasteure Isabelle Coffinet (Temple de Cergy), à découvrir sur la chaîne youtube « vous êtes le temple ! », sur le texte biblique d’Hébreux 11v1-3.