La grâce : (s’)en parler en large et en travers

Ceux qui sont remplis de l’Esprit Saint « se parlent et s’encouragent les uns les autres, par des psaumes, des hymnes et des cantiques inspirés par l’Esprit », pour chanter et célébrer le Seigneur « de tout leur coeur » (Eph.5v18-19). Pour quelle raison ? Pour la grâce, par exemple !

En effet, la Grâce est le message central de la Réforme, mais plus encore de la Bible, et de la prédication de Jésus-Christ ! Dans cette nouvelle vidéo Libérer!, voici les bons et les mauvais usages de la grâce, vus par des accompagnants spirituels. Par les pasteurs Caroline Bretones (EPU Marais) et Gilles Boucomont (EPU Belleville).

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Hannouka : la lumière de la résistance et de l’espérance

[Un clip amusant et sympathique sur ce temps de célébration de Hannouka]

Hannouka – la fête de lumières ou de la dédicace, a débuté le soir du 28 novembre, en même temps que le premier dimanche de l’Avent [ou « l’arrivée », un temps de préparation pour les chrétiens, à cette attente de Dieu entrant dans l’histoire comme « une petite chose », un petit bébé], et se déroulera jusqu’au 06 décembre au soir. Nos amis Juifs allument chaque jour une bougie sur leur  » Hanoukkia » ou chandelier à 9 branches. Ils utilisent pour cela la branche centrale (appelée le Shamash c’est-à-dire le  » serviteur ») qui sert à allumer les 8 autres, soit au total 9 bougies.

Ce chandelier est généralement posé sur le rebord d’une fenêtre et, comme les lumières de l’avent, égayent l’obscurité de la saison même si leur origine diffère l’une de l’autre.

Dans un article publié sur Le Verbe.com, Sonia Sarah Lipsyc(1) nous parle de cette fête, laquelle commémore un fait historique, à l’instar de Pourim et de Pessah (= la Pâque). Ce fait historique, qui a eu lieu au 2e siècle avant l’Ère chrétienne et qui a servi de base à la décision rabbinique d’instituer la fête de Hannouka, est relaté dans les Maccabées – livres qui n’ont pas été retenus dans le canon de la Bible hébraïque (et absents de la plupart des éditions protestantes de la Bible). Sinon, cette fête est mentionnée pour la première fois dans la Bible…dans l’Evangile selon Jean, chapitre 10, verset 22, dans le Nouveau Testament !

« Cette fête célèbre à la fois la révolte victorieuse des Juifs sur la terre d’Israël contre l’emprise gréco-syrienne de la dynastie des Séleucides et le miracle d’une fiole d’huile retrouvée intacte et, selon les normes du rituel, dans l’enceinte du second Temple de Jérusalem ». Pour le peuple Juif, c’est aussi un symbole de la lumière de la création. »Que s’était-il passé à cette époque qui justifierait que les Juifs s’en souviennent et le fassent savoir au travers de leurs rites depuis des millénaires ? »

Sonia Sarah Lipsyc nous explique que les Juifs « avaient perdu leur souveraineté nationale et devaient subir, pour user d’un terme contemporain, l’impérialisme culturel et religieux d’un empire païen. Pire encore, ils étaient victimes de persécutions religieuses tant à l’encontre de leur personne que de la tradition juive monothéiste qu’ils incarnaient. On leur interdisait ainsi sous peine de mort, l’étude de la Torah, la pratique du jour consacré du shabbat, la circoncision et le respect d’autres commandements. On les obligeait aussi, sinon ils risquaient la mort, de transgresser les injonctions et l’éthique de la Torah en voulant leur faire manger publiquement, par exemple, des bêtes interdites à la consommation (porc) selon les règles exposées dans le livre du Lévitique et explicitées par la tradition orale juive. Le Temple et son sanctuaire avaient étés profanés par l’introduction d’idoles ou par d’autres humiliations.

Alors se leva un vieil homme de la tribu des Lévis, celle qui était dédiée au service du Temple, le prêtre Mathitiyaou de la famille des Hasmonéens. Il s’insurgea contre cette occupation et ce pouvoir coercitif qui menaçaient la pérennité nationale et spirituelle du peuple juif. Lui et ses fils, dont Judah Maccabée, qui prit sa succession, ont lutté alors qu’ils étaient peu nombreux. Contre toute attente, ils ont vaincu les oppresseurs. Maccabée est le sigle de leur étendard à partir des mots hébreux : « Qui est comme Toi parmi les dieux, Dieu » (Ex 15v11).

Ils ont nettoyé le Temple mais n’ont trouvé, pour allumer comme il se doit le candélabre du sanctuaire, qu’une fiole d’huile pure qui, au lieu de brûler une journée, brûla huit jours, le temps d’en produire d’autre conforme aux prescriptions bibliques.

C’est pourquoi avant d’allumer ces lumières, les Juifs rappellent dans leurs bénédictions : « Béni sois-Tu, Éternel notre Dieu, Roi de l’Univers, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné d’allumer les lumières de Hanouka (…) qui a fait des miracles pour ceux qui nous ont précédés en ces jours-là, en ce temps-ci (…) qui nous a fait vivre, exister et parvenir jusqu’à ce moment ».

 Ils rappellent également dans leurs prières au cours de cette période : « Tu as livré les puissants aux mains des faibles, les nombreux aux mains du petit nombre (…) Alors vinrent Tes ouailles (…) qui allumèrent des lumières dans les cours de Ton sanctuaire et instituèrent ces huit jours de Hanouka, pour remercier et louer Ton grand Nom ».

De là l’essentiel de cette fête pour les Juifs, laquelle célèbre « une persévérance non seulement identitaire, mais aussi dans la foi, et la capacité d’une résilience ».

Toutefois, précise Sonia Sarah Lipsyc, « si la défense de ces valeurs passe parfois par les armes, elle ne doit pas occulter la force de l’esprit. Et c’est le sens de ce passage du livre du prophète Zacharie (Za 4v6) que l’on récite durant cette fête : « Ni par la puissance, ni par la force, si ce n’est par mon esprit ».

Hanouka est l’occasion de raconter des histoires de martyrs (= témoins), comme celle de Hanna et de ses sept fils qui ont accepté d’être assassinés plutôt que de transgresser en public l’un des commandements de la Torah (2 Macc.7). Cette martyrologie illustre ce choix, dans la tradition judéo-chrétienne, de mourir pour sa foi (cad plutôt que d’abandonner sa foi), à mille lieux de celui de mourir au nom de sa foi, en assassinant d’autres personnes.

Tout ceci n’est très joyeux, me direz-vous. Au contraire, ce qui prédomine dans la célébration de Hanouka, ce sont la joie et le côté festif !

« Après l’allumage des bougies que l’on met bien en évidence pour donner de l’écho à ces miracles, on mange des mets frits, en rappel de la fiole d’huile, comme des latkes (galettes de pommes de terre) ou des soufganyot (des beignets). De l’argent ou des cadeaux sont offerts aux enfants qui jouent avec des toupies portant les initiales hébraïques de « un grand miracle s’est produit là-bas ». Là-bas, c’est ici chaque fois que l’on met un peu plus de lumière dans l’obscurité ».

Ce miracle nous rappelle un plus grand miracle encore : celui de Jésus-Christ, « Emmanuel » ou « Dieu avec nous » (Matt.1v23), qui est venu dans ce monde comme « une petite chose » aussi insignifiante que la petite fiole d’huile, et qui est entré dans le Temple en proclamant : « je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera plus dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8v12). En Lui en effet se trouve la véritable lumière.

Jésus est aussi le « Shamash », « le parfait serviteur », puisqu’il est venu, « non pour être servi mais pour servir et donner (sa) vie (une fois pour toute) en rançon pour plusieurs » (Marc 10v45, cf Jean 13 et Hébr. 9v28)

Demandons-lui d’allumer chaque jour sur le « Hanoukkia de notre cœur » une bougie supplémentaire, pour que sa lumière nous illumine davantage, et disons-lui avec foi : « Seigneur, je veux t’aimer aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain » avec le secours de ta grâce. Aide-moi, je t’en prie, à t’aimer vraiment en esprit mais aussi en vérité, en gardant et pratiquant ta Parole. Ainsi, je veux aussi aimer mon prochain « plus qu’hier et bien moins que demain », de sorte que de plus en plus de personnes que je rencontre reçoivent Ta lumière ! »

Malgré la sécularisation et le sentiment matérialiste qui prévaut aujourd’hui, et alors que les enseignes lumineuses des villes nous souhaitent « de bonnes fêtes de fin d’année », sans la mention de Noël, ayons ou gardons confiance en l’irrésistible et extraordinaire nature du message d’espérance de la naissance du Messie et Sauveur Jésus, la raison d’être de cette fête de la lumière. Aucune action qui tente de supprimer, ignorer ou étouffer l’histoire de la puissance salvatrice divine n’aboutira et ne pourra diminuer cette grande espérance en Jésus annoncée au monde. Cette espérance enracinée en Dieu « venu en chair » (Jean 1v14) est une profonde réalité qui donne aux croyants la force de résister aux attaques du doute et de surmonter le désespoir du monde, déçu par les faux messies politiques, religieux ou scientifiques.

Appuyons-nous alors sur cette espérance pour parler de la puissance qu’elle contient à ceux qui ne la connaissent pas encore, tout spécialement en ce temps inédit de célébrations. Des vies seront changées. Peut-être la vôtre, vous qui nous lisez ?

« Que le Dieu d’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi pour que vous abondiez en espérance par la puissance de l’Esprit Saint » (Rom.15v13).

Hag Sameah Hannouka ! [Bonne fête d’Hannouka !], en attendant de se souhaiter prochainement un « Joyeux Noël » !

En bonus : Chaque soir de cette semaine, retrouvez Juifs pour Jésus [qui attestent que Yeshouah est le Messie attendu] sur leur chaîne youtube autour de l’allumage des bougies de Hannouka, pour découvrir le sens profond de cette fête des lumières, porteuse d’Espérance.

Et avec ce clip du groupe…The Maccabeats !

Initialement publié sur Pep’s café! le 12/12/20, et mis à jour pour l’occasion.

Notes :

(1) Cf cet article « Hanouka, la fête juive des lumières » sur le site web du Verbe.

Sociologue, rédacteure en chef pour La Voix Sépharade, auteure et dramaturge, Sonia Sarah Lipsyc est également chercheuse associée à l’Institut d’études juives de l’Université Concordia.

Comment peut-on espérer une « alliance » entre les Églises et l’État ?

Le piège d’une alliance-compromission, où « le fromage » est la référence, dans un programme politique, aux « valeurs chrétiennes » ou à l’« héritage chrétien ». (Source image : public domain pictures)

« Je suis venu au nom de mon Père et vous refusez de me recevoir. Par contre si quelqu’un d’autre vient en son propre nom, vous le recevrez ! », dit Jésus en Jean 5v43.

Le titre de cet article n’a pas pour but d’exposer en deux temps, trois mouvements, comment atteindre « une alliance » entre les Eglises et l’Etat. Ce titre exprime plutôt ma sidération, ma consternation et mon incompréhension de ce qu’un article (brillant dans la forme, mais me paraissant contestable et inquiétant dans le fond) de mon ami et frère en Christ Etienne, intitulé « ce que l’Evangile doit aux alliances entre les Eglises et l’Etat », ait pu passer l’étape du comité de rédaction de Par la Foi, blogue se revendiquant « réformé » (avec le « sola scriptura », « l’Ecriture seule », censé aller avec) et revendiquant rigueur théologique et fidélité à l’orthodoxie.

En effet, autant il est considéré blasphématoire de qualifier l’Egypte comme « le pays découlant de lait et de miel », comme le peuple l’a fait en Nombres 16v13, autant il peut paraître inouï de voir le terme « alliance »(1), qui concerne Dieu et son peuple, associé à l’Etat et à l’Eglise, dans un article se réjouissant de nous convaincre que « la Réforme n’aurait jamais pu arriver sans des assistances politiques, et même des intrigues politiques », et qu' »il n’y aurait pas eu le pur Évangile sans des princes agissant selon la vision constantinienne(2) d’alliance entre l’Église et l’État ». En clair, l’Alliance de l’Eternel ne serait pas suffisante : il serait vital pour Son peuple d’en chercher « une autre », comme les Galates ont cru bon de rechercher « un autre Evangile ». De même, dans cette optique, le Messie ne serait pas venu : il conviendrait alors d’en attendre « un autre » et d’espérer en sa protection.

Au final, Etienne va jusqu’à estimer possible de « créer une (telle) alliance avec bien moins que la majorité de la population : 20% suffisent. Le point de blocage [c’est le moins que l’on puisse dire !] est un dirigeant prêt à manier le pouvoir en faveur de l’Évangile. Ceci n’est pas le fruit d’un complot, et il n’y a pas à intriguer grandement(sic. Mais « un peu » quand même ?) : notre soin est l’Évangile, après tout(sic). Il s’agit d’abord et avant tout d’être prudent, et de saisir les occasions qui existent(sic) ». Sauf que l’Evangile n’a rien à voir avec tout cela.

A ce stade, cette marotte de la promotion du Constantinisme(2) et cette ardente espérance en un hypothétique « defenseur de la chrétienté » n’est plus de l’obsession, mais de l’acharnement, qui ne peut que mal finir, comme on l’a vu par le passé. En clair, les « 20 % » deviendraient un nouveau segment électoral à séduire et à conquérir pour être élu.

Il s’agit en effet « d’être prudent », si l’on en juge des récents soutiens/attentes de chrétiens vis à vis de certaines personnalités politiques présentées comme des « défenseurs de la chrétienté » et attendus comme des « messies » [les espoirs risquent d’être déçus !] en France, aux Etats-Unis, au Brésil ou en Hongrie…On se souviendra aussi du niveau de tensions et de bêtises autour des propos de « chrétiens en campagne », en France, durant les Présidentielles 2012 et 2017.

Curieuse espérance et curieuse attente d’un nouveau « Constantin »(2), censé être le garant d’une « alliance bien plus excellente » avec le peuple de Dieu, et ce, alors que s’approche l’Avent, période où nous nous préparons à célébrer Celui qui est déjà venu et qui a accepté de nous rejoindre, même au plus bas de notre réalité, en naissant dans « une mangeoire » pour animaux.

Mais s’approche aussi la prochaine présidentielle française, prévue le 10 avril prochain. S’agit-il de trouver des raisons historiques, à défaut de raisons bibliques et théologiques, de pousser le peuple de Dieu dans les bras d’un nouveau « messie » politique, qu’il s’agisse du « messie » X, Y, ou Z ? Or, nous, chrétiens, croyons que le Messie est déjà venu et qu’il reviendra à la fin des temps. Et ce Messie s’appelle Jésus-Christ.

Certes, l’histoire « nous montre que » certains événements se sont déroulés d’une certaine façon, dans un certain contexte. Le problème de l’argumentaire d’Etienne, en apparence impressionnant via la pléiade d’exemples tirés de l’histoire, est qu’il ne s’appuie à aucun moment sur les Ecritures Bibliques…ce qui est surprenant pour un auteur qui se revendique d’un mouvement dont l’un des principes est « sola scriptura », « l’Ecriture seule ».

Sans doute parce que les Ecritures lui donnent tort.

Et que nous dit l’Ecriture, au sujet de ces « alliances » ? Que dit Dieu, au sujet de cette « prudence », de ces petits calculs et de cet opportunisme politique ? Le prophète Esaïe, dans le chapitre 30 de son livre, est sans équivoque à ce sujet, en rapportant les Paroles du Seigneur :

1Malheur ! Ce sont des fils rebelles– oracle du SEIGNEUR.
Ils réalisent des plans qui ne sont pas les miens, ils concluent des traités contraires à mon esprit, accum
ulant ainsi péché sur péché.

2Ils descendent en Egypte sans me consulter, ils vont se mettre en sûreté dans la forteresse du Pharaon, se réfugier à l’ombre de l’Egypte.

3La forteresse du Pharaon tournera à votre honte, et le refuge à l’ombre de l’Egypte à votre confusion. 4Déjà vos chefs sont à Tanis, les ambassadeurs ont atteint Hanès. 5Ils seront tous déçus par un peuple qui leur sera inutile, qui ne leur sera d’aucun secours, d’aucune utilité, sinon pour leur honte et même leur infamie.

Lorsqu’il est attaqué par l’Assyrie, le roi Ezéchias fait appel à la deuxième grande puissance de l’époque, l’Egypte. Le prophète parlant de la part de Dieu dénonce ainsi les petits calculs, ainsi que les plans et les stratégies qu’élaborent les hommes pour survivre, ne faisant pas confiance au Seigneur, le seul qui puisse les sauver, les délivrer et les protéger. Au lieu de faire confiance au Seigneur et de croire qu’il maîtrise les événements, le peuple préfère chercher sa protection dans « un autre » ou « une autre » puissance. Si Esaïe parlait aujourd’hui, il dénoncerait certainement ce qui n’est qu’une illusion de sécurité et une idolâtrie.

La seule alliance en laquelle espère le peuple de Dieu est cette « Alliance bien plus excellente », dont Jésus-Christ est le médiateur et le garant, et qu’il a scellée de son sang cf Hébreux 8 et 9.

Puisque l’article d’Etienne se réfère à l’histoire, il aurait été pertinent de faire l’inventaire des legs de compromissions passées a)de la réforme luthérienne, avec notamment le massacre des paysans et des « schwärmer », ainsi que la négociation permanente et la soumission des églises aux princes des länders allemands ;  b)des protestants allemands à l’époque des IIe et IIIe Reich – une époque où les chrétiens se croyaient tenus à un programme national chrétien – et face à Hitler, qui se présentait comme « chrétien », avec « le devoir d’être un combattant pour la vérité et la justice »une période rêvée pour les protestants qui ont su bénéficier comme jamais auparavant d’un « ordre social chrétien », et des libertés désirées pour annoncer l’Evangile. Avec les conséquences que l’on connaît. Autant de compromissions complexes à assumer pour les générations futures, et particulièrement ravageuses si elles sont assumées et promues en tant que telles par la génération actuelle. Or, regarder en face (plutôt que fuir ou nier) ces compromissions, pour s’en repentir et y renoncer, sera source de libération et de guérison.

La déclaration de Barmen, principalement écrite par Karl Barth (avec la participation d’autres protestants allemands) en 1934, laquelle affirmait la position de l’Église confessante face à Hitler : « Jésus-Christ, selon le témoignage de l’Ecriture sainte est l’unique Parole de Dieu. C’est elle seule que nous devons écouter ; c’est à elle seule que nous devons confiance et obéissance, dans la vie et dans la mort. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle, en plus et à côté de cette Parole de Dieu, l’Eglise pourrait et devrait reconnaître d’autres événements et d’autres pouvoirs, d’autres personnalités et d’autres vérités comme Révélation de Dieu et source de sa prédication » et (…)« Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Eglise pourrait, en dehors de ce ministère, se donner ou se laisser donner un Chef muni de pouvoirs dictatoriaux ».

En guise de prise de position « politique », déclarons alors espérer plus dans le retour du Christ que dans les prochaines élections ou dans un résultat électoral. En attendant, soyons ses témoins fidèles et véritables, avec le secours du Saint-Esprit et la grâce de Dieu, en étant conscients que le but de l’Eglise n’est pas de se fourvoyer dans une pseudo-alliance illusoire pleine de fausses promesses, qui ne serait qu’une compromission, ni d’être réduite à être la cliente d’un pouvoir, ou de croire « qu’elle permettrait à Dieu d’être Dieu », ou « d’empêcher César d’être César » (3).

On prendra alors au sérieux cet avertissement de Deutéronome 13v2-5 , lequel, toujours valable, fait appel à la responsabilité du peuple et testant la fidélité de celui-ci envers l’Eternel : en effet, nous dit personnellement Celui-ci, « imagine qu’un prophète ou un visionnaire t’annonce un signe ou un prodige ; si le signe ou le prodige se réalise comme annoncé mais que l’homme t’invite alors à adorer d’autres dieux que vous ne connaissez pas, n’écoute pas ce prophète. En effet, c’est le Seigneur votre Dieu qui vous teste pour savoir si vous l’aimez de tout votre cœur et de tout votre être. Ne rendez de culte qu’au Seigneur votre Dieu, reconnaissez son autorité, prenez au sérieux ce qu’il commande, écoutez sa voix, servez-le et demeurez attachés à lui seul ».

Autant il convient de ne pas se laisser impressionner par le fait que les signes et prodiges des faux prophètes se réalisent, autant il convient de ne pas se laisser impressionner par un excès d’argumentation, vu que l’essentiel reste la finalité du discours tenu : vers qui et vers quoi cela nous mène-t-il ? Vers « quel Dieu » et vers quelle alliance nous oriente celui qui parle ?

La période de Noël qui s’annonce est généralement une période favorable pour « les enfants de lumière » que nous sommes, pour manifester « le fruit de la lumière, lequel consiste en toutes sortes de Bonté, justice et vérité » (Eph.5v8-9) et pour annoncer Celui qui est « la lumière du monde » (Jean 8v12), comme à rappeler et attester que « Dieu est lumière, et de ténèbres, il n’y a pas trace en lui » (1 Jean 1v5).

Notes : 

(1) On appelle « alliance » la relation légale établie entre deux parties, avec engagements et souvent serment, avec des responsabilités réciproques. Dans la Bible, on distingue plusieurs alliances : adamique, noachique, abrahamique, mosaïque (avec le peuple d’Israël), davidique et la nouvelle alliance, qui repose sur le sacrifice parfait de Christ, qui en est le médiateur et celui qui l’a scellée de son sang (Luc 22, Hebr 8 et 9). En réalité, il n’y a qu’une seule alliance, comme le postule le réformateur Jean Calvin, d’après Paul dans son épître aux Romains, mais aucune entre le peuple de Dieu et l’Etat – ou entre un politicien candidat à une élection/un « messie politique » ne se lit dans les Ecritures bibliques. Et qui dit « alliance » avec un pouvoir dit engagement et redevabilité, et inévitablement compromission.

(2)L’empereur Constantin arrivé au pouvoir à Rome après avoir vaincu son rival Maxence a signé l’édit de Milan (en 313) autorisant tous les citoyens de l’empire Romain à adopter la religion de leur choix, ce qui a donc fait cesser les persécutions contre les chrétiens (déjà nombreux à l’époque). Les biens qui leur avaient été confisqués leur ont été restitués. Les chrétiens de l’Eglise orthodoxe le vénèrent comme un Saint, et mon ami Etienne se fend régulièrement d’articles laudateurs à son sujet sur le blogue Par la foi. Les sources, Lactance et Eusèbe, deux historiens chrétiens des premiers siècles, attestent que Constantin s’était converti suite à une vision. Il est difficile, voire impossible, de savoir si cette conversion est un acte d’opportunisme politique ou l’aboutissement d’un parcours spirituel authentique, voire un peu des deux. Un tel débat sur la question semble alors peu profitable, vu que Dieu seul connaît ceux qui lui appartiennent, et que le lecteur des Evangiles connaît la parabole du bon grain et de l’ivraie en Matthieu 13,24-30). Il est en revanche plus prometteur et utile de tenter d’évaluer les conséquences de cette conversion pour le Christianisme. Constantin a assumé un double-pouvoir, politique et religieux (Il a convoqué lui-même le concile de Nicée qui a réaffirmé face à l’hérésie arienne la nature divine du Christ. En comparaison, voir ce que la Bible nous apprend de ce qui arrive aux souverains qui ont tenté de jouer les prêtres « dans le même temps » (ex d’Ozias ). Le Christianisme en devenant progressivement « religion officielle » après Constantin, sous l’empereur Théodose, est-il resté vraiment fidèle à son Maître ? Peut-il exister une société chrétienne avant que vienne le Royaume de Dieu ? Le débat n’est pas prêt d’être clos…

D’après Constantin était-il vraiment chrétien ? Sa conversion était-elle sincère ?

(3) De là la question posée : Quelle serait alors la relation idéale entre l’Eglise et l’Etat ? Les Ecritures bibliques nous exhortent à prier pour les autorités cf 1 Timothée 2v2. D’autres passages, tels Rom.13, 1 Pie 2, Tite 3 ou le psaume 28, insistent sur l’exigence de se soumettre aux autorités humaines, dans la mesure où elles remplissent leur office, qui est celui d’encourager le bien, et de réprimer le mal. Celui qui exerce le pouvoir, qu’il soit empereur au 1er siècle ou président de la République de nos jours, d’après ces textes, a reçu du Seigneur une délégation d’autorité pour faire respecter le droit indispensable pour que nous vivions ensemble. Ce qui est tout à fait compatible avec le principe de laïcité qui ne reconnaît à aucune religion le droit d’exercer le pouvoir politique, et laisse à chacun le soin de croire ou de ne pas croire). Donc il ne s’agit pas d’une obéissance servile et inconditionnelle, mais, en fait, d’une soumission libre et consciente à l’ordre voulu par le Seigneur. Voilà pourquoi Paul, quand il parle de ce que nous devons à l’Etat (le paiement de l’impôt par exemple), ajoute en Romains 13,8 : « ne devez rien à personne, sinon de vous aimer les uns les autres ».  Ce qui exclue donc toute « alliance-compromission », impliquant un lien et une redevabilité avec un pouvoir. 

D’après cette réponse à la question posée sur 1001 questions : Quelle est la relation idéale entre l’Eglise et l’Etat ? Laïcité ? (Rom 13- 1 Pie 2- Tit 3- Psa 28). Qu’est-ce que cela signifie pour l’Etat de porter l’épée si nous nous opposons à guerre/militaire ?

Voir aussi « Nationalisme, populisme, politiques et identité des évangéliques » : Contribution de l’alliance évangélique européenne (EEA), extrait du projet Issachar (https://www.lecnef.org/articles/39532-nationalisme-populisme-politiques-et-identite-des-evangeliques ) Ou quand « à une époque de recrudescence du nationalisme en Europe, il est vital que nous examinions attentivement et dans la fidélité à Christ les déclarations et l’idéologie des mouvements et partis politiques. Ne nous laissons pas égarer ni manipuler par des références aux « valeurs chrétiennes » ou à l’« héritage chrétien ». Si ces valeurs et programmes « chrétiens » ne sont pas en accord avec le caractère de notre Seigneur et sa Parole, il faut les combattre ».

« Un moi pour aimer l’essentiel », de Gilles Geiser ou comme un « geyser d’amour » de Dieu

Ces derniers mois, je note dans mon carnet les réflexions et méditations suivantes :

Le 13/09/21 : « un seul mot peut tout changer ». Un seul mot ou une seule parole confessée, donnée, accueillie…pour se réconcilier, revenir, se réajuster, révéler, relever, encourager, édifier, libérer…tels : « pardon », « je me repens », « je te pardonne », « je t’aime d’un amour éternel », « viens (et bois, mange, gratuitement) »….

Le 14/09/21 : « ma nourriture (dit Jésus) est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir Son œuvre » (Jean 4v34).

Le 28/09/21, d’après une lecture d’Ezéchiel 14v1-11 : « quand je me présente devant Dieu pour le consulter [mais aussi pour le prier, l’adorer), qu’y-a-t-il dans mon cœur ? »

Autant d’interrogations et de préoccupations sur ce qui est prioritaire pour Dieu, lesquelles trouvent un écho particulier dans un recueil de méditations quotidiennes reçu il y a quelques mois en service presse de la part de BLF éditions, que je remercie : « Un moi pour aimer l’essentiel : 30 jours pour trouver ta joie en Dieu », de Gilles Geiser, sorti le 15/09/21. Envoi particulièrement bienvenu : je cherchais justement un tel recueil inspirant !

Et inspirant, « un moi pour aimer l’essentiel » l’est particulièrement.

Ce livre étonnant et unique, déstabilisant et souvent drôle, n’est pas un livre à lire d’une traite, comme on boirait « cul sec ». Il est un livre à vivre chaque jour, seul, ou mieux, en couple, « à deux ou (même) trois » (ce qui est le minimum ecclésial » selon Jésus), comme un parcours ou une aventure autour de ce qui fait l’essentiel de notre existence. Nous concernant, mon épouse et moi, nous l’avons vécu à deux, en lisant un chapitre par jour, suivi de temps d’échange et de prière, pour s’encourager mutuellement et concrètement à passer, comme nous y invite l’auteur, « du savoir à l’avoir », pour relever le défi d’« un moi pour aimer mieux ».

L’essence de l’essentiel est d’aimer. Non pas d’en savoir « plus, plus, plus » sur ce qu’est l’amour et aimer. Ni même d’« aimer plus, plus, plus », comme un puits sans fond jamais satisfait. Mais de vivre l’appel de Jésus-Christ pour ma vie, qui est d’aimer l’essentiel. Et l’essence de l’essentiel est d’aimer de manière mieux ajustée : aimer « le Seigneur ton Dieu » et aimer « ton prochain, comme toi-même » (Matt.22v36-40).

Ce parcours quotidien nous invite donc à nous focaliser sur l’essentiel de Dieu, enseigné par le Seigneur Jésus-Christ. Comprendre et vivre l’essentiel est en effet là tout l’essentiel, car si on en manque, il nous manque tout, même si nous avons tout le reste, qui reste encombrant et inutile. Et si nous avons cet essentiel, nous avons tout !

Il vaut donc la peine de se plonger dans ce parcours, où nous sommes invités à « aller en eaux profondes », qui est aussi « un torrent d’amour » de Dieu à traverser ensemble, d’abord « avec l’eau aux chevilles », puis « à la taille », et enfin « en nageant », sans jamais nous « noyer » (Ezéch.47v1-5).

Ce parcours percutant nous est proposé par Gilles Geiser, l’auteur, dont le nom me fait penser à « geyser », comme « geyser d’amour ». A l’image de celui que Dieu déverse dans notre cœur par l’Esprit qu’Il nous a donné ! (Rom.5v5)

Au final, nous n’oublions pas d’en ressortir et nous en ressortons « lavés d’une eau pure » (Ezéch.36v25), encouragés et inspirés à vivre cet essentiel.

L’aventure n’attend plus que vous !

Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies, par exemple ici ou .

Extraits :

[Un antidote, selon moi, aux tentations du tribalisme et du nationalisme et autres replis identitaires]

« Si nous aimons notre famille par-dessus tout, nous finirons par choisir le bien de notre famille au détriment du bien d’autres familles.

Si nous aimons notre pays par-dessus tout, nous choisirons les intérêts de notre pays et nous ignorerons ceux des autres pays.

Si nous aimons notre intérêt personnel par-dessus tout, nous choisirons de nous servir nous-même au détriment des besoins des autres.

C’est seulement si nous aimons Dieu lui-même par-dessus-tout que nous pourrons aimer et servir tout le monde, toutes les familles, toutes les catégories, tous les peuples » (Jonathan Edwards, cité par Gilles Geiser, « un moi pour aimer l’essentiel », p 127)

« Il y a parfois deux essentiels. Jésus le souligne dans son enseignement [en Matthieu 22v36-40]…..Aimer Dieu, c’est aimer son prochain. Ne pas aimer son prochain, c’est ne pas aimer Dieu. Puisque l’homme est créé à l’image de Dieu, il est impossible d’adorer Dieu en méprisant celui qui en est son image. Impossible d’aimer une personne et piétiner son portrait (….). Quand Dieu nous regarde, il nous voit à travers nos rapports humains. Nous ne nous présentons pas seul devant Dieu. Nos relations, bonnes ou mauvaises, restaurées ou détruites, sont présentes à nos côtés et font partie intégrante de qui nous sommes. Rien ne lui est caché (….) Où es-tu ? C’est la première parole que Dieu adresse à l’homme après que celui-ci a délibérément choisi de lui désobéir. Il n’est pas question uniquement ici de localisation géographique. Il s’agit aussi de localisation relationnelle (….). Laissons-nous interpeller par notre créateur encore aujourd’hui. Tu en es où dans tes relations : avec Dieu et avec ton prochain ? » (op. cit., pp 49-52)

Titulaire d’un master en sciences de l’éducation et en théologie, Gilles Geiser est pasteur à Aigle, en Suisse, depuis 12 ans. Marié et père de trois adolescents, il travaille aussi comme aumônier dans un foyer pour adolescents, et s’est lancé dans un one-man-show mêlant rire, émotion et profondeur.

L’auteur nous parle de son livre ici, lors d’une émission de radio.

PS : je viens de me rendre compte que j’avais déjà lu, il y a quelques années, quelque chose de Gilles Geiser, lequel est notamment l’auteur du premier article [« la sexualité : un constat, un sens, un défi»] du dossier de la revue Promesses (N°183, janvier-mars 2013) intitulé « en attendant le mariage ».

Hesed

Epines

La compassion de Dieu me touche. Une compassion « payée » en retour par une telle couronne…(Source image : public domain pictures)

« Car tendresse j’ai voulu et non sacrifice. Et connaissance d’Elohim plus que des holocaustes » (Osée 6v6). Dans ce verset sec du prophète Osée se manifeste nettement l’impatience envers les formes extérieures du culte religieux, offrandes, sacrifices, alors que la préférence pour une foi exprimée dans l’intimité de soi-même est bien claire.

Les Eglises savent que les fidèles mécontents s’appuient sur de tels versets pour pratiquer un culte personnel, à l’écart des liturgies, des rites. Mais tout homme de foi fait aussi cela : il s’éloigne de l’assemblée par besoin de recueillement personnel. Même David, dans le psaume 51, avait écrit que le sacrifice qui plait à Elohim est « un coeur brisé ». Et Samuel avait enseigné à Saül qu’« obéir est préférable au sacrifice, écouter est préférable au gras des moutons » (1 Sam.15v22). Mais Osée est plus net, car son verset contient directement la voix de Dieu qui dit : « Car tendresse j’ai voulu et non sacrifice ». Le verset résonne ainsi en hébreu : « Ki hèsèd hafatzti velo zavah ». Quel beau mot que hèsèd (חֶ֫סֶד), tendresse : celle entre père et fils, une disposition amoureuse et affectueuse, fondement de toute intimité. Moïse appelle Dieu « une abondance de tendresse et de vérité » quand il le sent près de lui sur le Sinaï, caché dans un nuage (Ex.34v6)(1).

Le Mot hébreu hèsèd (חֶ֫סֶד) est si particulier qu’il n’a pas de correspondant strict dans notre langue : il signifie miséricorde, fidélité, amitié, faveur, bonté, loyauté, amour, grâce…Tous ces termes peuvent être compatibles, pourvu que l’on conserve le lien d’intimité affectueuse et familière que comporte le mot hèsèd (חֶ֫סֶד). C’est un sentiment direct qui lie réciproquement deux personnes, dans ce cas-ci créateur et créature. Et lorsque la seconde moitié du verset d’Osée confirme que Dieu a voulu la connaissance de soi plutôt que les holocaustes, alors on comprend bien qu’une connaissance de Dieu ne peut venir que précédée d’une hèsèd (חֶ֫סֶד), d’une tendresse, donc d’un sentiment, non pas d’un acte mental.

La connaissance de Dieu s’ouvre en grand à condition qu’auparavant ait germé dans la créature humaine l’émotion profonde du hèsèd (חֶ֫סֶד). Aucune démonstration possible de l’existence de Dieu, aucun argument théologique [ou philosophique] ne peut servir de fondement à la connaissance directe entre une personne et Dieu. Celle-ci ne se produit que par un acte d’amour unique, réciproque et non répétable. C’est ce qu’annonce Osée. Et même s’il envoie « au diable » offrandes et liturgies, il met dans la joie l’homme de foi qui, intérieurement, exulte dans l’attente de renouveler entre Dieu et lui la tendresse du hèsèd (חֶ֫סֶד).

D’après De Luca, Erri. Hésed IN Première heure. Folio, 2012, pp 107-109.

Initialement publiée le 12 février 2014, cette méditation vient de connaître une importante mise à jour.

Notes :

(1) Voir aussi Sa plus belle manifestation en 1 Jean 4v9-12 et Jean 3v16

Ces morts « encombrants » : vivre « avec eux » ou « séparés d’eux » ?

Cette vidéo « en quelques mots » de la chaîne Libérer! nous interroge sur la posture de Jésus, étonnante et décalée, par rapport à nos habitudes culturelles ou à nos intuitions quant au statut de morts et des vivants. Par le pasteur Gilles Boucomont de l’Église protestante unie de Belleville.

Depuis 2008, Libérer! propose une excellente formation certifiante à l’accompagnement spirituel, qui inclue la relation d’aide, la prière de guérison et la délivrance. Avec les Eglises protestante unies du Marais et de Belleville, à Paris.

Plus d’infos sur le ministère Libérer! et ses formations.

Plus de vidéos de la chaîne Libérer!

Le commandement de Dieu le plus difficile…

Marchez pendant vous avez la lumière

La fête de Soukkot passera-t-elle inaperçue parmi les chrétiens, cette année ?

Quel est, parmi les commandements de Dieu, celui qui est le plus difficile à accomplir ?

Celui qui nous exhorte à « n’être que joyeux »(ou « à se livrer entièrement à la joie »), à l’occasion de la fête des Tabernacles(« soukkot »), cf Deut.16v15(voir aussi Néhémie 8v9-10 et ss), célébrée ce mois-ci par les Juifs du monde entier.

Des trois fêtes bibliques principales relevées dans les Ecritures(Deut.16 et Lévitique 23), Soukkot est la moins « défigurée » de nos jours. Sans doute parce qu’elle est la plus oubliée au sein des chrétiens, comme l’a rappelé récemment mon pasteur. Que signifie-t-elle ? Un « non Juif » peut-il se sentir concerné ? Sachant que, comme le souligne encore mon pasteur, beaucoup fêtent Noël qui n’est pas dans la Bible(ou même fêtent Pâque d’une façon qui n’est pas dans la Bible)…alors qu’ ils ne fêtent pas Soukkot qui est pourtant dans la Bible.

L’édito d’une lettre de nouvelles d’octobre de « Juifs pour Jésus »* souligne que, à cette occasion « les Juifs du monde entier fêtent la lumière parmi tant d’autres symboles de Soukkot. » Car « c’est par la lumière[en rappelant les prophéties d’Esaïe] que Jésus a pu montrer à ses détracteurs qu’il représente bien l’accomplissement des Ecritures(…)A la fin du premier jour de la fête de Soukkot, le temple était merveilleusement illuminé(…)La lumière était destinée à rappeler au peuple comment la glorieuse « Shekinah » de Dieu avait jadis rempli le Temple. Mais la gloire de Dieu était encore une fois dans le Temple, manifestée dans la personne de Jésus qui utilisa cette cérémonie pour illustrer ce fait. » Celui-ci déclara à tous ceux qui étaient assemblés là : « je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie »(Jean 8v12). Mais Jésus n’a pas été reconnu(cf Jean 7**). Beaucoup ont refusé que leurs ténèbres soient exposées à Sa lumière. Mais il y en a eu qui furent attirés à la lumière, dont le cœur brûla de la vérité de Jésus. » (Jean 3v19-21 ; Jean 1v8-14)Nous qui connaissons Jésus-Christ comme Messie, Sauveur et Seigneur, nous sommes ses témoins aujourd’hui. En attendant Son retour.

Pour ce mois-ci, tellement important pour le peuple Juif, laissons donc luire notre lumière pour ceux qui sont encore dans les ténèbres(cf Matt.5v16 ; Eph.5v8-13)et donnons à voir la lumière de Jésus. Célébrons donc la fête. Celle de l’Eternel, qui est donc la nôtre ! Et, conformément au commandement de Dieu, livrons-nous entièrement à la joie !

Initialement paru le 10/10/14

Notes :

*Octobre 2014, numéro 59, p1(Edito de Josué Turnil)

** Il est par ailleurs révélateur, dans ce chapitre 7 de Jean, que la fête des tabernacles soit appelée « la fête des Juifs » et non plus « la fête de l’Eternel ». Son sens véritable était-il déjà perdu à l’époque de Jésus ?

Il semble donc que cette fête soit la seule qui n’ait pas été véritablement accomplie lors de la première venue de Jésus et qu’elle le sera enfin lors de Sa seconde venue. Et Il « vient bientôt » !(Apocalypse 3v11 et 22v7-20 ). Désirons Sa venue !

Shana Tova ! (Très bonne année !)

Très bonne année ! Shana Tova ! (Posté sur le compte twitter de Delphine Lancel, le 06/09/21)

« Shana Tova ! » C’est ainsi que nos amis Juifs se souhaitent une « Très bonne année » pour « Roch Hachana »(Le Nouvel an juif, qui est le 5782ème. Dans la Bible, il s’agit de « Yom Terouah », le jour ou la fête des trompettes ). En 2021, les festivités ont débuté lundi 6 septembre au soir, pour une célébration jusqu’à la soirée du mercredi 8 septembre. A partir de là, une période de recueillement de 10 jours est observée jusqu’à  » Yom Kippour », « le jour du grand pardon », qui a lieu cette année à partir du mercredi 15 septembre au soir et jusqu’au jeudi 16 septembre en 2021. 

Enfin, le cycle des fêtes bibliques d’automne se terminera avec Soukkot, la fête des tentes ou des cabanes, qui aura lieu du lundi 20 septembre au soir, jusqu’au mercredi 29 septembre. Il s’agit là d’une fête où l’on ne sera « que joyeux » (Deut.16v15), après l’austérité des fêtes précédentes.

Pour en savoir plus, lire nos articles sur ces fêtes bibliques et leur esprit :

Et à ne pas manquer : un office messianique de Roch Hachana, samedi 11/09, 17h00, sur la chaîne youtube de Juifs Pour Jésus

Du rapport entre les chrétiens et les autorités : martyr chrétien (Etienne) vs martyr juif (Massada)

Le pasteur Sébastien Fresse, de Beaucourt, nous présente une nouvelle vidéo « excursus » de la série « Adorez Dieu / honorez les autorités », disponible sur le compte youtube « vous êtes le temple ». À cette occasion, il nous parle du rapport entre les chrétiens et les autorités civiles (et plus largement du pouvoir – politique ou religieux), à partir des exemples du martyr chrétien d’Étienne et du martyr juif de Massada. Textes bibliques : Actes 6v8-15 et Actes 7v54-60.

Bonne vision et bonne méditation !

Dieu et le débat transgenre : que dit vraiment la Bible sur l’identité de genre ?

Attention : Ceci n’est pas un débat !

« Attention, ceci n’est pas un débat ! », nous prévient d’emblée Andrew Walker, l’auteur d’un ouvrage publié en 2021 chez BLF éditions.

Et c’est ce que j’ai apprécié de sa part, à la lecture de ce livre : nous sommes en effet invités à aller au-delà des termes piégés « débat » et « transgenre » du titre, pour garder ainsi en permanence à l’esprit qu’il s’agit avant tout d’êtres humains.

Je ne sais si Andrew Walker est le premier (chrétien, évangélique, du moins) à aborder ce sujet délicat. Mais l’intérêt (mais aussi les limites, de l’aveu même de l’auteur) du livre est de poser les bases pour une réflexion et une réponse compatissante de la part (et au sein) de l’Eglise, à la suite (et dans l’esprit) de Jésus-Christ et de l’Evangile, à un défi d’aujourd’hui. En effet, « Jésus savait affronter les questions qui font débat. Mais avant tout, il aimait les gens », rappelle Andrew Walker en ouverture de son livre.

C’est dans cet esprit que nous refléterons le plus fidèlement possible qui est Dieu, en évitant les écueils de la condamnation, de la fuite, du conformisme et du relativisme, autant de postures à mille lieux de l’amour, de la grâce, de la vérité et de la justice.

Dans le même esprit, nous chercherons alors ensemble des réponses aux questions et enjeux suivants : Qu’est-ce que la Bible dit réellement à propos de l’identité de genre ? Qu’est-ce qu’être un humain créé à l’image de Dieu ? Qu’est-ce qu’être un homme et une femme ? Que faire concrètement le jour où nous serons confrontés à cette question d’identité ? Pas seulement en étant interpellés par des personnes « extérieures », mais en étant directement concernés, touchés dans notre intimité, confrontés à nos propres luttes et questionnements ou celles de nos proches, mes enfants… ?

Comme l’explique Andrew Walker, « ce livre est un début » et « pas une fin ». Il pose les bases et un cadre, nous invitant à aller plus loin.  A nous d’aller ensemble de l’avant, avec compassion, à la suite de Jésus-Christ, qui lui-même nous envoie deux par deux, pour annoncer que le règne de justice et de paix de Dieu – Dieu qui « fait toutes choses nouvelles » – est proche.

Le champ nous est donc ouvert pour des actions appropriées et significatives, voire même pour d’autres ouvrages complémentaires – plus approfondis encore sur d’autres pistes qui n’ont pu être développées dans le livre, mais aussi pratiques, dans une perspective plus « pastorale » et éducative sur la question.

A nous de jouer !

En bref :

« Dieu et le débat transgenre : que dit vraiment la Bible sur l’identité de genre ? » d’Andrew Walker. BLF éditions, 2021. Préface de Sam Allberry, auteur de « Dieu est-il homophobe ? ». Reçu gracieusement en service presse de la part de BLF éditions, que je remercie chaleureusement. Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies.

Table des matières

Préface de Sam Allberry

1. Il était plein de compassion

2. Comment en sommes-nous arrivés là ?

3. Le vocabulaire

4. Ce qui motive nos décisions

5. Une conception parfaite

6. Beaux, mais abîmés

7. Un avenir meilleur

8. Aime ton prochain

9. Le chemin n’est pas facile

10. Le défi de l’Église

11. En parler aux enfants

12. Des questions épineuses

13. Des mains ouvertes

Remerciements

Glossaire

Index