Bonus pour Pessah : « Dayenu, Coming Home » – The Fountainheads Passover Song

« Dayènu » – « ça nous suffit », est un poème lyrique – certainement chanté par Jésus avec ses disciples, le dernier soir de sa mort – qui apparaît en première partie du seder juif et par lequel l’on remercie Dieu pour toutes ses œuvres de libération en Egypte. A chaque rappel de ces interventions divines, le choeur répond : « dayènu », « ça nous suffit ».

Voici, via ce clip vidéo, une version moderne, « décoiffante » et pleine d’humour, interprétée en 2011 par « The Fountainheads », un groupe composé de jeunes danseurs, de chanteurs et d’acteurs israéliens, tous diplômés ou étudiants de la « Ein Prat Academy », l’académie israélienne du leadership.

Le croyant en Christ, quant à lui, peut aussi dire « ça me suffit », puisqu’il n’est pas un « tonneau sans fond » réclamant toujours « plus, plus », à l’instar du consommateur rendu perpétuellement insatisfait par la publicité. Il est censé vivre par l’Esprit (Gal.5v25 Rom.8v914)et connaître ainsi perpétuellement la plénitude, au point de déborder positivement sur les autres (cf Eph.5v18 et ss). Celui qui est en Jésus, et le connaît comme Son Sauveur et Seigneur, n’a plus besoin de questionner. Il ne connaît pas « plus », mais mieux.

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Un message pour Pâque : « sortez maintenant de vos Egyptes et de vos servitudes », crie Dieu

Démarque-toi ! Sors de tes « Egyptes » et de tes servitude !
(Source : une du numéro 12, sept.2002 de « La Décroissance »)

Lecture : Esaïe 58v6-12

Dieu, dans son souci d’être compréhensible et proche de nous, se présente exactement comme nous :
— Je suis… et je fais ça…
Quand vous vous adressez à lui, quand vous priez, en somme, cela se passe de la façon suivante : [c’est vous qui commencez]
— Bonjour, à qui ai-je l’honneur ? dites-vous.
— Je suis l’Éternel ton Dieu qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude, dit Dieu.

Les présentations sont faites, on peut commencer à bavarder.
L’être de Dieu se joue donc dans un « Je suis » qui n’est pas qu’un prénom (son prénom à lui : l’Éternel) ou une fonction (Dieu), mais tout cela à la fois et même un petit peu plus :
— Je suis l’Éternel ton Dieu.
— Et dans la vie, ça fait quoi un Dieu ?
— Eh bien ça libère son peuple du pays d’Égypte, de la maison de servitude.
— Et, vous faites ça souvent ? Une fois que le travail est fait, vous devez être tranquille ?
— Figurez-vous, répond Dieu, que le problème, c’est qu’il faut sans cesse sortir d’Égypte : Jacob a dû sortir d’Égypte, Joseph le patriarche a dû sortir d’Égypte, Moïse a dû sortir d’Égypte, Jésus même a dû sortir d’Égypte. Mon peuple a un éternel besoin de sortir d’Égypte.
N’est-ce pas étonnant ce schéma transversal, valable pour tous : sortir d’Égypte ! (…..) Mais comme vous le savez, Dieu ne se contente pas seulement de l’Égypte géographique, mais plutôt de ce que certains ont appelé l’Égypte intérieure. Il nous faut sortir de tous les esclavages, de toutes les servitudes (…) des panthéons de tous les temps. Il y a une urgence à être sauvé du polythéisme pratique. Et la trajectoire du Dieu d’Israël, c’est de nous libérer de toutes les pyramides, celles que l’on doit construire sous un soleil de plomb ou ces pyramides, futiles et subtiles, de nos sociétés hiérarchiques et hiératiques.

Le Dieu de Moïse, le Dieu d’Israël et le Dieu de Jésus Christ est bien le même Dieu, il n’est pas un quarteron de divinités naturelles, instrumentalisées par les pouvoirs humains pour que règnent les régnants, pour que triomphent les forts, pour que s’élèvent des Khéops et Kephren qui sont les tombeaux des idoles, les tombeaux des impérialismes, et les tombeaux de la liberté.

— Sortez d’Égypte ! crie Dieu depuis la création du peuple.
— Sortez d’Égypte ! de toutes vos Égyptes et de toutes vos servitudes.
— Sortez maintenant, ne pensez pas que la pâte ait le temps de lever et de cuire avant de partir, partez maintenant.
Désormais s’ouvre le temps du salut, le temps de la sortie, de la course devant tous les Ramsès de tous les temps. Et cette libération, c’est maintenant. C’est toujours maintenant. C’est maintenant depuis trois mille deux cents ans. Car Dieu ne supporte plus de voir son peuple esclave, esclave des petits tyrans locaux, esclaves des prêtres de toutes religions, esclaves des bonnes consciences de tous les temps, esclaves des projets pharaoniques d’hommes qui se mettent à la place de Dieu.
— Sortez d’Égypte ! C’est moi qui vous libère de l’esclavage.

Libérer les esclaves est désormais la tâche première des croyants. C’est une tâche hautement politique et franchement spirituelle. C’est une tâche extrêmement pratique et totalement urgente puisque c’est maintenant, maintenant, et toujours maintenant, depuis l’Exode.

Voilà le vrai culte, voilà ce qui plaît à Dieu :
— Détache les chaînes de la méchanceté, 
Dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés, Et que l’on rompe toute espèce de joug, [et tant d’autres choses encore].

Le culte qui plaît à Dieu n’est pas de lui élever des pyramides ou de le nommer avec des superlatifs comme en attendent les pontifes. Le culte qui plaît à Dieu se trouve dans l’abaissement de ceux qui rejoignent les esclaves pour contribuer à rompre leurs chaînes. Parce qu’on ne peut pas les regarder de haut et les appeler à la liberté, puisque Dieu lui-même est descendu des hauteurs célestes où l’humanité voulait le confiner, afin de libérer ses enfants enchaînés.
En tant que chrétiens, nous avons reçus l’assurance d’être accueillis comme enfants de Dieu. « Voici mon Fils bien-aimé en qui je mets toute mon affection » (Matthieu 3:17). Vous êtes enfants d’un Dieu qui hurle chaque jour à son peuple : « Sortez d’Égypte ! maintenant ! Traversez ! ». Vous êtes les traversants, ceux qui viennent de l’autre côté, ceux qui passent sur l’autre rive : et en hébreu, ça se dit hibry, les hébreux, hibry, ceux qui vont passer leur temps à traverser de l’esclavage à la liberté, de la servitude au service. Vous êtes ceux qui ont leur esclavage derrière eux car ils ont changé de bord. Oui, nous tous, nous sommes les enfants de la libération, nous sommes le peuple qui a été expulsé de la matrice totalitaire qui veut tout régenter à toutes les époques. Nous sommes les enfants qui sont nés d’une expulsion hors du ventre confortable de l’Égypte, de cette Égypte où rien n’est à désirer, rien n’est à vouloir, puisqu’on décide de tout pour vous. Nous sommes les enfants du Dieu de Moïse, de ceux qui traversent miraculeusement pour naître à leur destinée, un peuple qui ose sortir quand la Mer(e) Rouge a perdu les eaux. Nous sommes enfin le peuple de ceux qui sont passés par les eaux vivifiantes du baptême qui nous a fait naître.
Le Dieu de Moïse, le Dieu de Jésus, votre Dieu, mon Dieu, est celui qui tient les clefs de toutes nos libertés, de toutes nos libérations. Et à des français, à ce peuple occidental qui a été le plus marqué par l’égyptomanie, celle de Louis XIV, celle de Napoléon ou des loges maçonniques, Dieu continue à dire :
— Sortez d’Égypte, même quand elle ne s’appelle plus Égypte !
A nous qui sommes sur l’axe de l’obélisque, de la pyramide transparente et des sarcophages sous la colonne de juillet, Dieu dit :
— Continuez à sortir d’Égypte, surtout si elle s’est donné un autre nom. Je suis l’Éternel ton Dieu qui t’ai fait sortir, qui t’ai libéré de la maison de la servitude.
Au peuple qui a pensé pouvoir sortir d’Égypte en coupant lui-même la tête de ses rois, Dieu dit : « Sortez d’Égypte, mais comme je l’ai voulu, selon mes façons de faire, mes procédés, dans le refus de la violence. C’est moi qui tiens la clef de votre libération et de votre liberté ».

En hébreu, Égypte se dit Mitzraïm, et ce mot veut aussi dire « les angoisses, la dépression » (….) c’est au peuple qui consomme le plus d’antidépresseurs au monde que le Dieu de Moïse et de Jésus rappelle que c’est lui qui détient la posologie de notre libération : « Je suis l’Éternel ton Dieu qui te fais sortir du pays des angoisses, je suis l’Éternel ton Dieu qui te libère du pays de la dépression ; et c’est moi qui le fais ».

Oui, Dieu nous sauve de tous les esclavages, et c’est tellement dans son projet pour nous qu’il a même décidé de l’inscrire jusque dans le nom de son fils, afin que nul ne puisse oublier que son plaisir, sa délectation n’est pas dans nos pieux épanchements ou dans nos bâtons d’encens, mais dans notre capacité à nous inscrire dans son projet de libération. C’est pour cela que le Fils de Dieu s’appelle du beau nom de Jésus. Yéshouah, Dieu sauve, Dieu élargit. Dieu sauve et élargit comme on le fait pour un esclave qu’on sauve et qu’on élargit quand on le libère. Ce projet n’est pas pour un peuple lointain du nôtre dans le temps ou dans l’espace. Ce projet de Dieu est pour nous qui sommes ici maintenant. Alors sortons d’Égypte ! Maintenant !
Amen !

 

(D’après la prédication donnée par le pasteur Gilles Boucomont l’été 2005 au Temple du Marais, à Paris. Dispo sur un « blog vraiment net »)

 

 

Pourquoi Jésus est le Messie

Jésus est le Messie. Mais pas un messie politique. Pas un messie comme certains peuvent en attendre…..(Source : « Mockingbird »)

Jésus est le Messie.

Parce qu’il a vaincu l’ennemi ultime.

Jésus est le Messie pour Israël. Il n’est pas un « messie politique », comme les juifs en attendaient pour chasser l’occupant romain, ou comme d’autres en attendent aujourd’hui, qu’ils aient pour noms « François », « Marine », « Marion », « Laurent », « Emmanuel » ou « Donald »….

Jésus est venu pour libérer Israël de son ennemi ultime, qui est aussi celui de tout le genre humain.

Cet ennemi est bien plus puissant que l’occupant romain de l’époque, et plus puissant que toutes les oppressions possibles, qu’elles soient politiques, religieuses, économiques, sociales ou physiques. Cet ennemi n’est pas « la Sécu », « les impôts » (servant normalement à financer les services publics, lesquels ne sont pas non plus l’ennemi), « le gauchisme », « les étrangers », « les pauvres », « les chômeurs », « les écologistes », « les grévistes »….

Pâque, c’est « sortir » et « faire sortir »…

Cet ennemi ultime est la mort. Et Jésus est venu libérer l’humanité de ce dernier ennemi(1 Cor.15v26), jusque-là considéré comme « faisant partie de la vie » et dont personne ne pouvait imaginer que l’on puisse en être délivré.

Jésus est le libérateur par excellence : crucifié et ressuscité durant la fête biblique de Pessah (Pâque ou « passage »), il est la Pâque ultime. En ressuscitant, il est celui qui nous fait passer de la mort à la vie.

La Pâque est le mémorial, le souvenir pour les juifs de la libération de l’esclavage en Égypte et la célébration du début d’une vie libre, libre de servir l’Éternel qui les a fait sortir du « pays des angoisses » à « main forte et à bras étendu ».

Aujourd’hui, il est important de comprendre de quoi chacun doit être libéré : pour cela, il s’agit de pouvoir nommer ces oppressions.

Jésus a été – et est encore – le plus grand libérateur de l’histoire. Toujours vivant, il continue de libérer ceux qui sont prêts à accepter Son règne comme Seigneur dans ces parties de leur vie où Il ne règne pas encore….

L’action du mois : suivre la formation Libérer !

« Libérer ! » Le temps d’une formation pour vivre une transformation et expérimenter, sur un fondement de vérité, que Jésus « est le même » : certes « hier » mais aussi « aujourd’hui » et « éternellement ».

Libérer ! est une excellente formation certifiante à l’accompagnement spirituel, proposée par les Eglises protestante unies du Marais et de Belleville, à Paris. Elle s’inscrit dans le cadre du panier de formation inter-Eglises au sein de la Fédération protestante de France, intitulé byReformation.

Pour qui ?

Libérer ! est avant tout destiné aux chrétiens de toutes dénominations (pasteurs/anciens, prêtres, et tout responsable « laïc » engagé dans un ministère) qui ont la volonté de s’engager en Eglise et/ou être renouvelés pour des ministères d’accompagnement spirituel, de relation d’aide et de conseil pastoral, incluant notamment les dimensions de la guérison spirituelle et de la délivrance.

Enracinée dans les Écritures Bibliques, elle s’appuie sur plus de 10 ans d’expérience-« maison » novatrice de l’Église Protestante Unie du Marais en matière d’accompagnement spirituel (50 personnes formées à l’accompagnement, soit un peu plus de 80 heures de formation).

Une formation équilibrée

J’ai déjà suivi les modules 1 et 2 l’an dernier et peut attester qu’elle est très équilibrée sur les plans théologiques et pratiques.

Libérer ! ne propose pas « de truc » ou de « technique », mais nous invite à nous exercer à l’écoute de la Parole de Dieu – plutôt que d’agir de manière systématique et stéréotypée – et à mettre cette Parole en pratique. Il ne s’agit pas de souhaiter d’être « plus » ou « mieux » informés, mais de nous laisser transformer pour expérimenter, sur un fondement de vérité, que Jésus « est le même » : certes « hier » mais aussi « aujourd’hui » et « éternellement »(Hébr.13v8). Cette formation se veut donc tout à la fois « un lieu d’enseignement et de témoignage de l’action du Saint-Esprit », toujours actuel, « dans la vie des chrétiens ». L’on peut venir aussi « pour soi », pour vivre une guérison et une libération personnelle, dans la perspective de le retransmettre à d’autres. Personnellement, j’y ai beaucoup appris quant aux enjeux pratiques liés à l’autorité et au mandat libérateur du chrétien (délivrance, combat spirituel, guérison).

Ensuite, l’équilibre de cette formation vient de ce qu’elle nous invite à sortir hors des « disputes théo » clivantes (et parfois stériles), entre les supposés partisans d’un « modèle ekbalistique » (du grec « ekballô« =  « chasser » –  des démons, s’entend) et les partisans d’un supposé « modèle pastoral » ou « biblique » de l’accompagnement (ces derniers, sauf erreur, s’opposent généralement à la pratique de la délivrance sous prétexte qu’à partir du moment où nous sommes « en Christ », il ne peut y avoir d’autre présence de Christ en nous).

Enfin, la vision tripartite de l’homme (Dieu nous a fait corps, âme, esprit) de Libérer ! nous permet de résoudre certaines difficultés, liées aux limites des approches exclusivement « spirituelles »/ « spiritualisantes » ou exclusivement « psychiques » (celle de la « relation d’aide », avec une vision anthropologique et intellectuelle inspirée de la psychanalyse/la psychologie). Elle nous permet ainsi de discerner si nous avons à affaire à du somatique, du psychique ou du spirituel, et d’apporter un « traitement holistique » adapté, sachant qu’aucun de ces domaines n’est véritablement étanche. Elle nous permet enfin de sortir de l’impasse due à l’opposition entre « délivrance » et « accompagnement » (pastoral), alors que les deux sont liés. En effet, apprend-t-on dans cette formation, selon les situations, certaines personnes auront d’abord besoin d’être libérées, avant de pouvoir être accompagnées. Et dans les deux cas, la repentance joue un rôle majeur. Elle est même une clé de la vie chrétienne.

C’est où ? C’est quand ? Comment s’inscrire ?

Sur le plan pratique, le cycle de formation, qui forme un tout, se compose de trois modules, chacun comportant des séquences d’enseignements, de travail en groupes et des temps de prière.

Libérer! 1 : Libérer le corps, l’âme et l’esprit
En développant une conception tripartite de l’humain (corps, âme, esprit), le Nouveau Testament nous éclaire sur les strates où doit se déployer la guérison de notre être. Le règne de Dieu s’étend sur toutes ces zones de notre intériorité.

Cette première session aura lieu les vendredi 1er et samedi 2 décembre 2017. Il est encore possible de s’inscrire ici ou , que vous habitiez la région parisienne ou non.

Libérer! 2 : Libérer, délier, délivrer
Nous ne luttons pas contre la chair et le sang, nous ne nous battons pas contre les personnes, mais en Christ nous obtenons la victoire sur des puissances spirituelles qui agissent. Forts de l’expérience de Jésus, des apôtres, d’une part, et de l’anthropologie moderne (psychologique notamment), comment marcher vers la liberté ?

28, 30 avril et 1er mai 2018

Libérer! 3 : Pratique de l’accompagnement spirituel et transmission

Du 25 au 29 juin 2018

Pour être éligible au Certificat Libérer! il faut avoir fait les trois stages et avoir validé l’examen final.

La formation est gratuite mais il est possible de faire une offrande pour soutenir ce ministère. Note : coût réel estimé au minimum à 200 euros/personne, sachant que les questions financières ne doivent pas être un frein à l’inscription)

En savoir plus : http://www.liberer.fr/

 

Quand Jésus-Christ libère, Il libère vraiment : Marc 5v1-20

Jésus et l'homme de Gedara : une libération totale mise en oeuvre !

Jésus et l’homme de Gedara : une libération totale mise en oeuvre !

Nous connaissons l’histoire de l’homme possédé par l’esprit de « légion », à Gédara, en Marc 5. « Cet homme avait sa demeure dans les sépulcres, et personne ne pouvait plus le lier, même avec une chaîne. Car souvent il avait eu les fers aux pieds et avait été lié de chaînes, mais il avait rompu les chaînes et brisé les fers, et personne n’avait la force de le dompter. Il était sans cesse, nuit et jour, dans les sépulcres et sur les montagnes, criant, et se meurtrissant avec des pierres »(Marc 5v3-5). Jésus y opère une délivrance à tous les niveaux. L’homme était nu, incontrôlable et malade : il ne l’est plus. Le voici désormais « assis aux pieds de Jésus »(Luc 8v35), « vêtu et dans son bon sens »(v15). C’est bien la totalité des plans de sa vie personnelle qui est guérie et sauvée : son corps, son âme, son esprit, ses relations, sa place dans la société.

Mais la libération ne se limite pas à un seul individu et à son réseau, puisque c’est aussi toute une économie locale (la principale de la région) qui est libérée de l’élevage du porc, animal impur par excellence pour les Juifs. Selon Gilles Boucomont, il s’agit d’« une souillure contingente de la dégradation sociale qui consistait à ce qu’un membre d’une communauté vive dans un cimetière, hurle et soit enchaîné dans ses crises les plus terribles. La purification de cet homme conduit à la purification d’un système marchand qui avait une influence sur toute une région. D’autant plus qu’à la corruption sociale et économique s’ajoutait l’impureté politique : le démon s’appelait en effet « légion ». Cela veut dire qu’il est lié à la domination romaine et c’est ce qui explique qu’on élève dans le coin des porcs, afin de nourrir les armées de l’envahisseur »(1), ou de l’occupant, dirai-je. Soit une région entièrement sous la tutelle de l’ennemi, l’ennemi physique et l’ennemi spirituel, depuis les plans les plus intimes de la vie des gens jusqu’au système économique et politique(1).

Bref,

« Quand Dieu libère une personne, il enclenche la libération d’une famille.

Quand Dieu libère un citoyen, il libère sa nation.

Quand Dieu libère sur un des plans de la vie, il veut libérer sur tous les plans »(1).

N’oublions jamais que Dieu est le créateur de la Terre et que la Terre lui appartient(Ps.24v1). « Le pays est à Lui » et « nous sommes ici chez Lui comme des émigrés et des hôtes »(Lévit.25v23. TOB), bien qu’elle soit trop souvent, par nos compromissions, sous la domination du malin, qui se fait appeler « le prince de ce monde »(Jean 16v11), alors que Lui est le Roi de l’Univers(Ps.93v1). Et Jésus est « le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs »(Apoc.19v16)

L’homme intelligent ou l’homme sage, selon la sagesse de Christ(1 Cor.1v19 et ss ; Col.2v3), est celui qui fait le lien, sachant que tous les problèmes sont liés, et qu’il n’y a pas de domaines cloisonnés, où Christ ne serait pas appelé à régner. Le mandat de l’homme intelligent, de l’homme sage, est celui de la réconciliation(2 Cor.5v19). A tous les niveaux.

Quel sera notre impact, en tant que témoin de Christ ? Il est facile, aujourd’hui, de trouver une actualisation de ce qui précède.

Examinons-nous : quel Evangile proclamons-nous ?(2) De même, examinons si notre implication, en tant que chrétiens, disciples de Jésus-Christ, dans les domaines de l’économie, l’éducation, la politique…comporte des effets réellement salutaires et réellement significatifs des principes du Royaume de Dieu…..

 

Notes : 

(1) Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus (T.2): Mener le Bon Combat. Ed. Première Partie, 2011, pp 323-324. L’essentiel de cette étude provient de là.

(2) Sachant que « l’Evangélisation prend toujours trois P » : « Présence »(« incarnation »), « Parole », « Puissance », comme le rappelle ce billet sur le blogue « Théologeek ». Ou alors l’Evangélisation se dit « CCP » : « Compassion, Communication(proclamation, affirmation), Puissance ».

 

 

Le Psaume 126 et sa « rime secrète »

Jésus est venu pour libérer les captifs et pour réveiller ceux qui dorment... (Image du blog "Ze Bible")

Jésus est venu pour libérer les captifs et pour réveiller ceux qui dorment…
(Image du blog « Ze Bible »)

En ce moment, j’entends pas mal parler de « coma »(dans le, sortir du), autour de moi. De « coma » au sens propre, comme au sens figuré.

Et comme par « un fait exprès », lundi matin, je me sens poussé à relire « Alzaia »(1) d’Erri de Luca, un recueil dont j’ai déjà parlé. Et je tombe sur ce texte intitulé « rime secrète ». Commenté par l’auteur napolitain, cela donne :

« Le premier vers du psaume 126, un des quinze dits « des montées »(ou « des degrés »), est en hébreu un soufflet pulmonaire. Les pèlerins montent à Jérusalem rythmant leur respiration sur ces mots[pardon par avance pour la prononciation] : « Beshùv Adonài et shivàt Tsion »(quand Adonài ramena les captifs de Sion), « hayinu keholemim » (« nous étions comme ceux qui songent » ou « qui rêvent »).

Adonaï est un des noms de Dieu, Sion est Jérusalem. « Keholemim » (comme ceux qui rêvent) est une expression unique dans les Saintes Ecritures. on sait qu’en hébreu les mots ont aussi une valeur numérique, car chaque lettre est aussi un chiffre. Le chiffre de « comme ceux qui rêvent » est le même que « Pessah », Pâque. L’identité entre les deux mots est une rime secrète, une coïncidence voulue. Elle enseigne que le retour des prisonniers à Sion est élevé au même rang de solennité que la Pâque et chaque Pâque est une libération. Celui qui, le jour de cette commémoration (prochaine), récite, lit ou seulement effleure ce psaume(2), se trouve parmi ceux qui montent à Jérusalem ». Il est « comme ceux qui rêvent »[à moins qu’il ne soit comme ceux qui sortent d’un « long sommeil »…ou d’un coma prolongé], qui n’arrivent pas à croire qu’ils sont à nouveau sur le chemin de la maison », comme certains émigrants « de retour d’une longue déportation économique à l’étranger ».

Et Erri de Luca de noter que le Seigneur Jésus-Christ s’est « immolé » à « cet anniversaire de libération »(1 Cor.5v7), Lui (je précise) »l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde »(Jean 1v29), et qui a accompli « cette parole de l’Ecriture » : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé ; pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, Pour publier une année de grâce du Seigneur. »(Luc 4v18-19). Lui qui a également réveillé les morts, comme ceux qui dorment(Luc 7v11-16, 8v52-55 ; Jean 11v43), et dont on s’apprête à célébrer, non pas tant sa mort, « pour nos péchés », mais sa résurrection, « pour nous rendre justes »(Rom.4v25).

 

 

Notes : 

(1) De Luca, Erri. « Rime secrète », IN « Alzaia ». Bibliothèque Rivages, 1998, pp 163-164.

(2) Chanté, cela peut donner :

(« Shir Ha’amalot ». Music by Sheli Myers & Yochai Bar-David
Lyrics based on Psalm 126. From the album « Yigdal Adonai » from Shemen Sasson feat. Sheli Myers)

« La liberté de choix » : une « illusion », une « malédiction » héritée de la chute (2)

Dans un billet précédent, nous soulevions le fait que la liberté dans le sens où nous l’entendons (« la liberté de choix ») n’est pas la liberté dont Dieu parle, mais une « illusion », une « malédiction » héritée de la chute, conséquence du péché, selon les auteurs bibliques. Etre vraiment libre, ce n’est pas « avoir le choix » entre le bien et le mal, mais être positionné du côté de Dieu.

D’autre part, le chrétien devrait en réalité préférer à la « liberté », concept « statique », celui de « libération », qui inclue un processus et une « dynamique ». En effet, selon le pasteur Gilles Boucomont (1), l’on ne saurait parler « de liberté sans libération », car, juge-t-il avec humour sur twitter,

Scène de la série "Le Prisonnier" de et avec Patrick Mac Goohan (1967)

Scène de la série « Le Prisonnier » de et avec Patrick Mac Goohan (1967)

l’ « on n’a jamais entendu un prisonnier se dire libre parce qu’il faisait ce qu’il voulait dans sa cellule » ! Pour pouvoir vivre la liberté, il nous faut donc passer par la libération, soit le fait d’être toujours portée en avant dans un processus d’émancipation(2), contrairement à l’inertie d’une liberté qui, elle, s’étiole, quand on ne la vit pas activement au quotidien. Il est intéressant de constater que la première des « 10 Paroles », dans Exode 20v2 et Deutéronome 5v6, est justement le rappel d’une libération : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude ». Suivent ensuite les commandements de Dieu à suivre pour vivre cette libération. Nous sommes donc invités à entendre chacune des « Paroles » de Dieu comme étant précédé par la libération : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte…et toi, tu n’auras pas d’autre dieu et tu ne t’en feras pas d’images », etc…A vous de poursuivre !

Dans le Nouveau Testament, Paul rappelle fort opportunément aux Galates-tentés de se remettre sous un joug-que « c’est pour la liberté que Christ nous a libérés »(Gal.5v1). Et il y a un prix à payer, pour « garder cette liberté chèrement acquise par un autre à la croix : « tenir ferme » et ne pas se remettre « sous le joug de l’esclavage »(v1). Nous sommes donc intégrés dans un processus de « libération continue », dont l’événement fondateur est la libération en Jésus, « livré à la mort à cause de nos péchés et ramené à la vie (par Dieu) pour nous rendre justes devant lui »(Rom.4v25. BFC)

Jésus-Christ est d’ailleurs le seul homme qui a pu être véritablement libre sur la terre : personne n’a pu « le convaincre de péché »(Jean 8v46), il n’y avait en lui aucune source de mal, et même Satan n’a eu aucune prise sur lui (cf Matt.4v1-11). Et pourtant, Jésus a choisi le contraire de la liberté que nous poursuivons avec tant d’ardeur : Il est « venu, non pour faire (sa) volonté, mais pour faire la volonté de Celui qui (l’a) envoyé »(Jean 6v38)…. « non pour être servi mais pour servir et donner (sa) vie en rançon pour plusieurs »(Marc 10v45), parce qu’il avait une libération totale à conquérir : la libération de toutes nos servitudes, du pouvoir du péché, de la crainte de la mort(Hébr.2v15), et la restauration d’une relation qui avait été rompue : « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même » (2 Cor.5v19)

Jusque à présent, je pouvais croire que choisir de ne pas mettre ma confiance en Jésus et de ne pas le suivre, Lui et ses commandements, était justement l’expression de ma liberté. En réalité, je ne deviens libre qu’en refusant l’exercice de cette pseudo-liberté de pouvoir vivre sans Dieu. Je ne suis pas libre d’exercer ou non la miséricorde(ou la bonté), mais vu que j’appartiens à Jésus, je deviens miséricordieux, car c’est là « le fruit de l’Esprit »(Gal.5v22) et parce que mon Père céleste est « miséricordieux »(Matt.6v36). Je ne suis pas libre d’être, soit doux, soit violent, car j’appartiens à Jésus, qui est lui-même « doux et humble de cœur »(Matt.11v29), et le fruit de l’Esprit est ma douceur(1). Enfin, je ne suis pas libre d’aimer ou de ne pas aimer, mais parce que « Dieu est amour »(1 Jean 4v16) et parce que mon Père Céleste m’aime personnellement(1 Jean 3v1), je peux « aimer mon Dieu de toute ma force… » et mon prochain, « comme moi-même ».

Si je choisi de suivre Jésus, le Seigneur, alors mes choix sont simples(1) : j’abandonne « l’idolâtrie de soi » qui réside dans la vénération du libre-arbitre, je lâche prise sur « la liberté de choix » qui est devenue aujourd’hui un véritable dogme, et je me réjouis d’entrer dans les projets de mon libérateur : « si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création: les choses vieilles sont passées; voici, toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor.5v17) ;« Or, le Seigneur c’est l’Esprit ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Cor.3v17). Et je me réjouis de cette nouvelle relation avec Jésus : « plus esclave…mais ami » (Jean 15v15), et je vois « de quel amour le Père m’a fait don, que je sois appelé enfant de Dieu » (1 Jean 3v1 ; Jean 1v12-13)

 

Notes :

(1) Boucomont, Gilles. Au Nom de Jésus : Mener le Bon Combat. Editions Première Partie, 2011, pp 152-155

(2) C’est le sens d' »éducation » : « conduire hors de », pour élever, faire grandir(cf Jean 10v3).

 

« La liberté de choix » : une « illusion », une « malédiction » héritée de la chute

La liberté consiste-t-elle à "choisir" entre "ces deux options" ? Par Andy Singer

La liberté consiste-t-elle à « choisir » entre « ces deux options » ?
Par Andy Singer

Dans notre vie, nous menons beaucoup de batailles. L’une d’elle-primordiale, à remporter-est une bataille sémantique : « Les mots ont un sens », et aussi un usage. Encore faut-il connaître et comprendre lesquels.

Ainsi, par exemple, qu’est-ce que la liberté ? L’on dira alors que c’est « pouvoir faire ce que l’on veut, sans avoir besoin d’obéir à personne », « le mépris des influences et des préjugés », « vivre à son idée, sans contraintes et sans attaches »…. La liberté, nous savons ce que c’est, et surtout, nous la chérissons, nous y tenons particulièrement, « comme une perle rare ». Nous tenons à penser, parler, sortir, manger, nous amuser, nous réunir ou nous associer, circuler, choisir, décider librement….

Certains ont même payé le prix de notre liberté et de ces libertés-là.

De tous les peuples, les Français sont peut-être « les plus experts » en matière de « Liberté » (du moins le croient-ils), puisque cette notion est inscrite dans leur devise et figure dans l’article 2 de la Constitution française de 1958.

Néanmoins, la liberté est-elle bien ce que l’on affirme qu’elle est ?

Le chrétien, quant à lui, prétend se fonder sur la Bible, et ce que Dieu en dit, pour penser, de comprendre, d’expliquer ou de vivre la liberté. Et ce, à l’opposé de « la pensée humaniste » de l’époque moderne (des XVI-XVIIe siècle), notamment « la philosophie des Lumières »(XVIIIe siècle). Or, relève le pasteur Gilles Boucomont (1), nous serions bien avisés « de ne pas minimiser l’influence-aussi bien positive que négative-de la pensée des Lumières » sur notre compréhension bien française de la liberté.

Car, dénoncer trop vite « l’humanisme des Lumières », c’est oublier « que celui-ci a permis à l’homme d’être à nouveau au centre, alors que des institutions(la Royauté ou l’institution ecclésiale issue des croisades) étaient devenues le centre ». On notera que la Réforme protestante du XVIe siècle, avec son retour aux sources bibliques, participe du même mouvement de réflexion sur l’identité et la place de l’être humain. Pourtant, « il est vrai, nuance Gilles Boucomont, « que la liberté née du Siècle des Lumières s’est d’abord énoncée comme une liberté de refuser ces institutions, c’est-à-dire de préférer un régime républicain [quand d’autres choisissent de s’appeler « Les républicains »] à la royauté, ou préférer de ne plus être considérés comme membre de l’église de Rome. Sauf que ce refus s’est opéré sur un mode « destruction », dans un esprit de rébellion. Ainsi, plutôt que de se positionner contre les abus du Roi ou du Pape, beaucoup ont glissé vers un désir d’être libérés de l’emprise de Dieu Lui-même, « jetant le bébé(Jésus) avec l’eau du bain(l’église de Rome). Quitte à être libres, autant être libres de tout »(1), à l’instar des « gens de (la) génération » du prophète Jérémie(Jer.2v31)

Ainsi, « l’homme moderne »(des XVII-XVIIIe siècle, dont nous sommes l’héritier direct), s’affirmant comme un « sujet pensant » et « un être doué de raison », revendique son droit à juger par lui-même de ce qui est vrai ou faux, ou à décider souverainement « de ce qui est bien ou mal », « libre » de toute autorité susceptible de lui imposer de croire à des vérités établies(2). C’est là la réalisation de la promesse du serpent, en Genèse 3 : « vous serez comme des dieux… ».

Dans le domaine moral et religieux, « l’homme libre moderne » renonce à conquérir le paradis (futur et céleste), pour établir son propre bonheur terrestre « ici et maintenant ». Enfin, dans le domaine technique et politique, « l’homme entièrement libre » est « propriétaire de lui-même comme de son destin ». Devenu « maître et possesseur de la nature », selon l’expression de Descartes, il (auto)entreprend de mettre la nature à son entière disposition. Politiquement, il se considère également comme « affranchi » de toute appartenance à une communauté ou à une lignée naturelles, la seule société légitime n’étant plus désormais à ses yeux qu’une libre association [et non plus une « alliance »] fondée sur un « contrat »(de confiance)juridique(2), que l’on peut rompre(après « 30 jours d’essai »). Bref, faites le lien avec les conceptions « modernes » du mariage ou de l’Eglise dans notre XXIe siècle…..

Ainsi, sur ces critères résolument « modernes », la liberté s’est notamment définie comme la possibilité de croire ou ne pas croire. Le caractère principal de cette liberté née des Lumières, c’est le triomphe du choix, ou de « la liberté de choix », chère-notamment-aux libéraux.

Etre libre, c’est pouvoir choisir. Et « le plus grand pouvoir que Dieu aurait donné à l’Homme, ce serait le choix », estime-t-on.

Sauf que….cette liberté-là, « la liberté de choix », n’est pas la liberté dont Dieu parle, souligne Gilles Boucomont(1). Cette liberté que nous revendiquons et poursuivons, défendons, avec tant d’ardeur…n’est « qu’une illusion » et même « une malédiction » héritée de la chute, conséquence du péché, selon les auteurs bibliques.

« Etre vraiment libre, ce n’est pas avoir le choix entre le bien et le mal, c’est être positionné du côté de Dieu. Ce qui veut dire que, contrairement à ce que l’on pense souvent, le texte biblique ne promeut pas la notion de « libre arbitre » qui est un concept moderne lié aux Lumières ». Et, paradoxalement, notre compréhension de la liberté-que nous croyons « biblique »-s’avère en réalité plus nourrie de la philosophie des Lumières que de la pensée (réellement) biblique ! « Luther insistera sur l’idée, provocatrice, du serf arbitre. C’est parce que ma conscience se fait « servante », « esclave »(« serf ») du Christ, que je deviens libre ».

Cette idée était déjà très présente dans l’Ancien Testament, dans l’offre faite par Moïse au nom de l’Eternel, quand il s’adresse ainsi au peuple : « J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité »(Deut.30v19-20)

« Certes, dans ce passage », commente Gilles Boucomont, « il est clair que les grandes étapes de la vie se présentent comme des choix. Mais chacun de ces choix n’est pas une alternative équilibrée, laissée à la discrétion de celui qui doit se prononcer. Moïse dit bien : « choisis la vie ». Ce n’est pas un choix « libre » selon nos catégories modernes, puisque la bonne solution est nommée immédiatement….et pourtant, le texte marque bien, par le choix d’abord énoncé, qu’il y aura des gens qui vont choisir la malédiction et la mort ! »

Cela signifie que nos choix fondamentaux ne sont pas faits par nous, contrairement à ce que nous croyons, mais du fait d’influences de notre éducation, de la mode, de notre grille de lecture de telle ou telle situation…..

"Nudge", de Richard H. Thaler et Cass R. Sunstein

« Nudge », de Richard H. Thaler et Cass R. Sunstein

A ce sujet, d’intéressants auteurs, Ha-Joon Chang(3), Richard H. Thaler et Cass R. Sunstein(4), nous expliquent que cette liberté totale que nous revendiquons est en réalité « pipée » : nous ne sommes en effet que de « simples mortels faillibles », faisant « de notre mieux pour nous en sortir dans un monde complexe »(4). Hélas, notre « rationalité »(3, 4) et notre « maîtrise de soi » sont « limitées », et nous sommes « vulnérables aux influences sociales »[et même environnementales], d’où des erreurs fréquentes ou des décisions prises de manière plus irrationnelle que rationnelle(3, 4). C’est la combinaison « des problèmes de maîtrise de soi et de choix irréfléchis qui provoque des catastrophes dans la vraie vie » (4). C’est pour cela que nous avons besoin de restreindre délibérément notre liberté de choix pour réduire la complexité des problèmes que nous devons affronter-et en général, c’est ce que nous faisons(5).

Ceci dit, celui qui doit déterminer nos choix, c’est celui qui dirige notre vie. Mais qu’est-ce qui est le plus « déterminant » dans notre vie ? « Notre identité nationale », notre éducation, notre métier ou « notre ministère », nos habitudes alimentaires, les discours ou les programmes politiques, les « news-magazines », « ce que l’on a vu à la TV » ? Ou le Seigneur Jésus-Christ, dont nous avons (normalement)choisi qu’Il dirige notre vie ?(1)

 

(A suivre. Suite et fin mercredi prochain).

A noter que ce billet est le prolongement de cet autre sur la liberté d’expression.

 

Notes :

(1) Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : mener le bon combat(T2). Ed. Première Partie, 2011, pp 151-155.

(2) D’après Clerget-Gurnaud, Damien. Vivre passionnément avec Kierkegaard. Eyrolles, 2015, pp 55-57

(3) Dans « 2 ou 3 choses que l’on ne vous dit jamais sur le capitalisme ». Points Seuil, 2015, p 231 et ss)

(4) Dans « Nudge : la méthode douce pour inspirer la bonne décision ». Pocket, 2012, p 76, 85, 135-136

(5) « Souvent, la réglementation publique fonctionne, notamment dans des milieux complexes comme le marché financier moderne, non parce que l’Etat en sait plus long, mais parce qu’il restreint les choix, donc la complexité des problèmes immédiats, ce qui réduit les risques de dérapage », relève Ha-Joon Chang (op.cit., pp231-232). « Or, dans la marche à la crise financière mondiale de 2008, notre aptitude à prendre de bonnes décisions a été submergée, parce qu’avec l’innovation financière, on a laissé évoluer les choses vers trop de complexité…au point que même les experts de la finance n’y comprenaient plus rien !(op. cit., p 242)

Pourquoi « ce n’est pas bon » de « bénir » les couples homosexuels

(Et ce qu’est vraiment « bénir »)

 

Il s'agit de "bénir une alliance". Mais quelle alliance ? Est-ce "bon", pour Dieu ?

Il s’agit de « bénir une alliance ». Mais quelle alliance ? Est-ce « bon », pour Dieu ?

L’Église protestante unie de France (EPUdF) a voté dimanche 17 mai la possibilité pour ses pasteurs de bénir les couples homosexuels. Comme le précise le communiqué du synode, il s’agit d’une « possibilité ouverte », qui n’est ni un « droit, ni une obligation », et qui « ne s’impose à aucune paroisse, à aucun pasteur ».

Il n’empêche que « pour les croyants attachés au texte biblique, il s’agit là d’une bien triste décision », commente Guillaume Bourin sur son blogue*, donnant « 4 raisons pour lesquelles l’Eglise ne doit pas apporter sa bénédiction à l’union de deux personnes du même sexe ».

Il est d’ailleurs dommage qu’il n’ait pas été invité à débattre sur cette question avec James Woody(qui représente le protestantisme libéral) et Philippe Clanché(journaliste catholique-ancien de Témoignage Chrétien) sur Radio Notre Dame(RND : émission « le débat de la semaine », datée du 15 mai-qui n’a pas abordé que ce sujet). On y aurait gagné une meilleure vision des enjeux (et des conséquences) de la décision du synode national de l’Eglise Protestante Unie, au-delà d’un simple « moralisme »(« c’est bien », « c’est pas bien »), posture dans laquelle l’on souhaite enfermer l’Eglise. Il s’agirait plutôt de rappeler pourquoi nous avons affaire à une question « de vie ou de mort ». Nous y reviendrons plus loin.

A ce sujet, le pasteur Gilles Boucomont(qui aurait du être aussi invité sur RND, à l’émission pré-citée), pasteur d’une église dans le quartier du Marais, à Paris, me paraît rejoindre Guillaume Bourin quand il estime que la formule « bénir, c’est dire du bien » est « un mensonge ». Car, souligne-t-il, « Bénir, ce n’est pas dire du bien, mais énoncer ce qui est bien. Un groupe bénit ce qu’il cautionne. Pas ce qu’il trouve gentil ou joli (…) La bénédiction première dans le fil du récit biblique est celle du créateur qui lance son “C’est bon !” (TOV) au fil des réalités qu’il a créées en ordonnant le chaos (…)initial(…) C’est bon parce que Dieu dit que c’est bon[cf Gen.1v1-4…et même “très bon” cf Gen.1v30. Ou même “pas bon” cf Gen.2v18-24]Les adeptes de la bénédiction légère, celle qui dit du bien, restent au stade de la morale en pensant que le bien qui est proclamé par la bénédiction est quelque chose de l’ordre du cool, ou du sympa, qui sont les versions modernes du bien. Ces gens sont bien sympathiques alors on les bénit. Mais la bénédiction biblique n’est pas un bien qui est socialement paramétré, le fruit d’une mode, d’une pensée majoritaire ou d’un sentiment collectif[qui dirait que « tout est bien, tout est possible, aujourd’hui »]. Le bien de la bénédiction divine est le “Bien !” de Dieu ». Lire la suite de son billet datant du 05 mai(corrigé le 07/05), mais toujours d’actualité sur http://aunomdejesus.fr/

Sur ce fondement, quel devrait alors être la position de l’Eglise ? Certainement pas de répondre par le moralisme ou par plus de moralisme. Et certainement pas de s’aligner sur les évolutions de la société (ce qui serait adopter un autre « moralisme »). A ce sujet, Gilles Boucomont explique sans langue de bois que notre positionnement au sujet de l’homosexualité, « un piège majeur de notre époque », ne devrait pas être « moral », mais être « dans le même registre que celui de Jésus » : celui-ci, en effet, n’est pas venu pour « faire la morale aux gens », ou « pour accuser, condamner, faire chuter ». Mais « pour relever les personnes » ; « les faire passer de la mort à la vie ». On notera que dans la scène avec la femme adultère, en Jean 8v11, Jésus donne pour consigne, après le refus de condamner, « d’avancer ». Mais « pas de rechuter ».

L’exemple vivant d’une des communautés réformées en France où il y a le plus d’homosexuels est susceptible de nous édifier : ce qui y est proposé à ces derniers, « s’ils le veulent », c’est « un chemin qui est au-delà de la condamnation, mais qui consiste à aller », soit « à sortir de la prison dans laquelle les autres et soi-même, conjointement, les ont enfermés ». C’est le pas choisi par « beaucoup », témoigne Gilles Boucomont. Lequel ne craint pas de dire que « l’homosexualité est mortifère (et non « pas morale ») car « elle prive de cette libération de nos incomplétudes qu’offre l’union à la personne de l’autre sexe ». Certes, les homosexuels ont eux aussi le sens de l’altérité. Sauf que ledit sens de l’altérité « ne se fixe pas sur les bons objets » : « L’homosexualité, comme tous les autres troubles de la sexualité » serait donc « une structure idolâtrique ». Relevant, non « d’abord » du psychique, de la génétique, ou du moral, mais du spirituel. En cela, « l’homosexualité n’est pas en rien différente du célibat ou du « multipartenariat », ou de la violence conjugale, ou encore de l’adultère ; c’est une stratégie de survie par rapport à une souffrance qu’on n’arrive pas à gérer. »

Ce qui fait que cela ne sert à rien de condamner les homosexuels, en se plaçant plus du côté de ceux qui veulent lapider la femme adultère(cf Jean 8v1-11) que du côté de Jésus, ou en se plaçant du côté du « moraliste » par un « va et ne pêche plus », oubliant ce qui précède : « je ne te condamne pas non plus »(v11).

Le rôle de l’Eglise est, plutôt que d’enfoncer ou polémiquer, d’aider la personne « empêtrée dans l’homosexualité » à s’ouvrir au don de Dieu par la guérison et la délivrance. Mais « les avares, les ivrognes, les adultères, les menteurs, les médisants, les orgueilleux »…en ont tout aussi besoin, de guérison ou de délivrance ! (Rom.1v23-30 et cf 1 Cor.6v9-10)**

 

 

Notes :

* Voir aussi ce manifeste « pour une lecture biblique du Mariage d’un homme et d’une femme ! » http://www.ethiquechretienne.com/manifeste-pour-une-lecture-biblique-du-mariage-d-un-homme-et-d-une-fem-a117676168

La réaction du CNEF : http://lecnef.org/images/CNEF_communique_benediction_couples_meme_sexe_150518.pdf

Celle du sociologue Jean-Paul Willaime, directeur d’études à l’EPHE, qui « estime que la décision du synode de l’Église protestante unie de France (EPUdF) de permettre la bénédiction des couples de même sexe est une « ouverture prudente et non une rupture » ( http://reforme.net/une/societe/benediction-couples-homosexuels-decision-historique )

Celles des Evangéliques de la FPF : http://www.christianismeaujourdhui.info/articles.php/eglise-protestante-unie-la-benediction-des-couples-de-meme-sexe-n-ebranle-pas-les-evangeliques-de-la-fpf-12504.html

Bénir : les pour et les contre (http://reforme.net/une/societe/benediction-couples-homosexuels-arguments-et-contre )

Et cette réflexion de Philippe Golaz sur son blogue, suite à la décision du synode évoquée plus haut, relatif à la manière de manifester la paix et l’unité dans l’Eglise, au-delà des désaccords suscités par cet événement : http://philippegolaz.ch/une-eglise-de-temoins/

**D’après Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première Partie, 2010, pp 91-93

Foireux liens(6) : « pour quoi faire ? » ou « Est-ce un bien ? »

 

Une foire aux médias(chrétiens)et non des "foireux médias" !

Une foire aux liens pour questionner l’usage : des pratiques, des « progrès », des mots…

« Le progrès fait rage », avait coutume de dire un célèbre chroniqueur radio !Voici une sélection de ce qui nous est présenté comme un « progrès » ou une « avancée », sous prétexte que ce serait « plus pratique », voire « plus utile ». De telles affirmations ne nous dispensent heureusement pas de nous questionner à ce sujet. A noter enfin que la réflexion nécessaire sur « l’usage » touche aussi aux mots, auxquels il est aussi vital de redonner le juste poids.

 
1) »Ecrire à la main n’est plus utile », juge-t-on en Finlande.

Je l’ai appris hier soir : dès 2016, et ce, bien après les Etats-Unis, les enfants finlandais n’apprendront plus à écrire à la main, mais sur un clavier. Une « compétence » (on ne parle déjà plus de « savoir »-qui se transmet)jugée plus « utile » par l’Office national de l’Education., révèle un blog de la BBC qui reprend l’article d’un journal finlandais.

Et ailleurs-en Allemagne ou en Belgique ? http://www.ufapec.be/nos-analyses/2813-apprentissage-ecriture-sur-ordi/ ; http://www.lalibre.be/debats/ripostes/l-apprentissage-de-l-ecriture-cursive-est-il-revolu-51c980923570b73efa89f0f5 ; http://www.lesoir.be/299198/article/studeo/2013-08-14/abandonner-l-ecriture-cursive-pour-clavier-un-debat-irreel

Est-ce une bonne ou mauvaise idée ? Et en France, c’est possible ?
Ce qu’en pense le linguiste Alain Bentolila.

 

2)« ONU: Les enfants ont droit au sexe, à la drogue et à l’avortement » : une information relayée notamment par le CPDH, encore bien peu commentée(à part peut-être ici) et que l’on peut lire sur c-fam.org : « La terre compte aujourd’hui une jeunesse plus nombreuse que jamais. D’après le dernier rapport du Fonds de l’Onu pour la Population (UNFPA), c’est le moment ou jamais de faire des progrès sans précédent, mais cela requiert que les futures générations soient moins nombreuses. Les instructions de l’ UNFPA visent à ce que le « dividende démographique » garantisse un libre accès à l’avortement aux adolescents, l’abrogation de l’âge minimal de consentement aux relations sexuelles, et l’affaiblissement du rôle des parents dans la formation sexuelle de leurs enfants ».
La principale préoccupation de l’UNFPA est donc de mettre un frein à la croissance démographique. Et si l’on se trompait de cible ? Et si la vraie question était liée au partage des ressources et non à la diminution de la population ? Cette offensive « malthusienne » n’est toutefois pas neuve. Déjà, en 2009

 

"Quand le système repose sur notre envie d'acheter" Ou "Adoracion Capital" (2014) Huile sur toile de Patrick McGrath Muñiz.

« Quand le système repose sur notre envie d’acheter »
Ou « Adoracion Capital » (2014) Huile sur toile de Patrick McGrath Muñiz.

3) Grenoble, première ville française sans publicité ? Une expérience qui s’attire les foudres de Jacques Séguéla qui a déclaré : « C’est criminel(…)Si vous abaissez l’envie d’acheter, vous courez directement vers la fin du système(…)Ce n’est pas parce que les banques ont fait sauter le système qu’il faut s’en prendre à l’affichage(…)Méfions-nous des castrateurs d’imaginaire ! C’est le début de toute dictature. » Où l’on apprend, en vrac, que(comme le commente le journaliste Patrice de Plunkett) : notre « imaginaire » dépend de la pub ; tout recul de la pub est une avancée de « la dictature » ; « le système » repose sur notre « envie d’acheter ».

 

4) Le transhumanisme est-il un « humanisme » ? Oeuvre-t-il pour « le bien de l’humanité » ?
Nous en avons déjà parlé ici, sur notre blogue.
Pour rappel, les transhumanistes se sont réunis à Paris, les 20, 21 et 22 novembre derniers, dans le but de réfléchir aux multiples façons (via les progrès technologiques) d’atteindre « l’homme augmenté ». L’occasion de prendre du recul à ce propos et de réfléchir, outre à leur influence actuelle, aux conséquences éthiques, spirituelles et morales d’un tel mouvement de pensée : lire  http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/11/14/face-a-l-offensive-du-transhumanisme-5489852.html et http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/11/20/31003-20141120ARTFIG00268-le-transhumanisme-n-est-pas-un-humanisme.php . Ce dernier article, découvert via la dernière « foire aux liens » de « Notre Eglise point com », me paraît toucher juste : « certains préfèrent évoquer l’espoir de technologies intelligentes utilisées dans l’intérêt de l’homme, de manière bienveillante. Mais tout ce qu’il sera donné à l’homme de faire, il le fera. L’histoire nous a par trop de fois montré combien l’homme ivre de liberté en oublie sa conscience…».

D’autres réflexions sur « l’usage » : donner du poids(le juste poids), cela va aussi pour les mots.

5) Un numéro de Libération(découvert grâce à cette note de Patrice de Plunkett éditée sur son blogue) consacre une double page à Erri de Luca, 64 ans, écrivain napolitain polyglotte, bibliste hébraïsant (neuf essais ou traductions) et militant écologiste… ce passionné de la Bible, qui se présente comme quelqu’un « qui ne croît pas », pourrait faire honte à certains croyants qui la négligent ou nient qu’elle est « la Parole de Dieu ». L’entretien tourne autour des questions bibliques, et notamment des problèmes (ardus) de traduction de l’hébreu. Lire ici : http://www.liberation.fr/societe/2014/11/07/j-aime-toucher-la-langue-originelle_1138745
6) « Les mots ont un poids, un sens et une histoire. Quand on les utilise sans réfléchir à leur contenu ou à leur passé, on s’englue dans les préjugés », écrivait il y a quelques années la journaliste et écrivain Jacqueline Rémy. Une remarque qui revient en mémoire de Joseph Gynt(co-fondateur des « Cahiers libres »), au regard des derniers débats agricolo-environnementaux. A lire ici : http://cahierslibres.fr/2014/11/edito-grand-mal-mots/

7) Et quand les mots sont des nombres : une exégèse d’Ezech.47 par Pneumatis, en lien avec Jean : http://www.pneumatis.net/2014/11/mais-le-temple-dont-il-parlait-cetait-son-corps/

8)« Doxa » :
Un mot grec employé par Parménide et surtout Platon pour désigner l’opinion, les idées reçues que la pensée rationnelle devait combattre, puis concept sociologique que Pierre Bourdieu, notamment, a développé pour caractériser l’opinion publique, ses interprètes (les doxosophes), ainsi qu’un type de perception du monde constitué par l’évidence des choses (le rapport doxique). Un mot guère connu, du moins jusqu’à ce que politiques, polémistes et « débatteurs » s’en emparent, discutant(ou remettant en cause) les conclusions de scientifiques et d’historiens.
A lire, sur le sujet, un excellent billet d’Alain Garrigou, professeur de science politique à l’université de Paris Ouest Nanterre et directeur de l’Observatoire des sondages, qui a le mérite de réactualiser ces propos de Thucydide : « En voulant justifier des actes considérés jusque-là comme blâmables, on changea le sens ordinaire des mots » (La guerre du Péloponnèse, CXXXII, III). Un phénomène observé par l’historien pendant la guerre du Péloponnèse (430-404 AC) « quand les Athéniens désemparés par la prolongation du conflit perdaient le sens des mots. Comme hier, la longue crise d’aujourd’hui fait perdre la faculté de juger ».

9) Repérer et décrypter, au-delà du vernis, les mots « qui tuent » : c’est la mission d’un site « qui repère les dérives racistes et antisémites des cadres du Front national » : « Un site internet mis en ligne le 10 novembre, Lentente.net, se propose « d’observer le Front national (FN) » et de traquer les dérives de tous les cadres ou futurs candidats du parti, alors que le FN organise son congrès les 29 et 30 novembre 2014 à Lyon. Depuis que Marine Le Pen, en succédant à son père, a pris la tête du parti et s’est attelée à le « normaliser », et après la victoire aux municipales d’élus d’extrême droite dans une dizaine de communes, une nouvelle forme d’opposition au FN voit le jour », peut-on apprendre sur Fait religieux. Comme le déclarent les animateurs du site dans une courte présentation, « la présence du Front national n’est pas la première raison de la faiblesse du débat d’idées dans l’espace médiatique : mais elle occupe trop les pensées et les discours politiques ».

Et on terminera par là :

10) Focus sur une nouvelle pratique : la curation

Ce terme vient de l’ancien français « curation » qui désigne le traitement d’une maladie. La maladie qui nous intéresse ici est « l’infobésité »(ou « surcharge informationnelle », dans le sens que « trop d’information, tue l’information »). La curation peut alors être considérée comme « un remède ». Ou, selon le blogueur « Zeboute », consultant en sciences de l’information et de la communication, « une alternative intéressante, puisqu’elle permet continuellement de « recycler » ou « dépoussiérer » la connaissance. Pas des éléments de « buzz », mais des vieux articles, des liens url surannés qui nous relient dans la webosphère sur ce qu’il y a de plus précieux : l’intelligence humaine ».
La curation provient également de l’anglais « curator » qui désigne tout type de gardien d’un héritage culturel (conservateur de musée, bibliothécaire, etc.) chargé de prendre soin des œuvres dont il a la charge, de les rassembler et de les organiser pour mieux les diffuser au public.
Pour « Zeboute », encore, « le bon curator » doit donc donner du sens au contenu qu’il diffuse. Comme le bibliothécaire qui conseille le lecteur.
A condition de ne pas contribuer à « l’infobésité » en relayant une information qui existe déjà, ou déjà relayée par d’autres, et de respecter le droit d’auteur.

Appliqué à l’Internet, la curation consiste à sélectionner, éditer et partager les contenus jugés comme étant les plus pertinents du web, pour une requête ou un sujet donné.
Mais qui va sélectionner l’information ? Sur quels critères ? Dans quel but ? Quel est son intérêt ? Réponse dans cet autre billet de « Zeboute », qui nous propose un « Focus sur cette nouvelle pratique de la curation » des chaînes d’info en continu, « en temps réel » et « au plus vite ». Une pratique « dont la valeur ajoutée pour l’organe médiatique est faible, puisqu’il suffit de « copier/coller » les dépêches AFP. Une tâche ingrate dévolue à un stagiaire. Qui ne mange pas le midi, car à midi, l’info ne s’arrête pas ».
Une dénonciation de l’usage général réservé aux stagiaires, et « d’un journalisme trop concentré sur l’instantanéité de l’information, plutôt que producteur de sens ».

 
11)Connaissez-vous les « non-conférences » ?
À la recherche d’une méthodologie pour animer des discussions théologiques dans sa paroisse, qui soit aisée à organiser, si possible sans préparation, bienfaisante pour la réflexion individuelle et communautaire, conviviale, Olivier Keshavjee s’est souvenu « des non-conférences (unconference), un concept de conférence particulièrement intéressant ». Il nous invite à le découvrir ici , tout en exprimant son « envie de vivre des cultes sur ce modèle ». Néanmoins, comme il l’explique lui-même, ce modèle n’a rien de neuf, puisqu’ « inventé par une Madame L’Esprit, et théorisé par Monsieur De Tarse, dans une lettre Aux Corinthiens, tome 1, ch. 14, v. 26) ».