Débat sur la fin de Marc 16 : les chrétiens ont-t-ils reçu l’autorité de guérir et faire des miracles « au nom de Jésus » ?

« Problématique » l’affirmation comme quoi les chrétiens ont reçu l’autorité de guérir « au nom de Jésus » ?

En Marc 16v17-20, le Seigneur Jésus énumère « les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en (son) nom, ils chasseront les démons, ils parleront des langues nouvelles, ils prendront dans leurs mains des serpents, et s’ils boivent quelque poison mortel, cela ne leur fera aucun mal ; ils imposeront les mains à des malades, et ceux-ci seront guéris. » 

1. Une affirmation « problématique »

Nous comprenons de ce passage que l’Église a reçu de Dieu l’autorité de guérir et de réaliser des miracles « au Nom de Jésus ». Mais le pasteur Florent Varak, s’exprimant sur les blogues Le Bon Combat – lors de l’émission « Que dit la Bible ? » le 26/10/17 (1) – et TPSG (2), ne croit pas que ce soit la bonne interprétation. Il estime même « problématique » l’affirmation comme quoi les chrétiens sont appelés à guérir et qu’ils ont reçu l’autorité de guérir « au nom de Jésus ».

De sensibilité « cessationiste » [certains dons ont été donnés à l’Église pour un temps et pour un objectif précis. Une fois cet objectif réalisé ou accompli, ces dons ont cessé], Il croit que Dieu guérit quand il le souhaite et comme il le souhaite, notamment en réponse à la prière, parfois avec l’onction d’huile mais que le mandat confié aux apôtres d’accomplir des miracles « en nom et place du Seigneur » est révolu.

D’après lui, les miracles mentionnés en Marc 16 se retrouvent dans le livre des Actes, où ils ne sont exercés que par deux catégories de personnes liées à l’apostolat [Les Apôtres et les diacres]. Il souligne que dans Marc 16, Jésus reproche aux apôtres leur incrédulité, de sorte que la clause « ceux qui auront cru » est très probablement à comprendre comme « ceux qui auront cru parmi les apôtres ».

Sauf que…..

Si l’on peut se sentir soi-même incrédule, à l’instar de l’internaute Francine (1) dont nous reprenons et synthétisons l’argumentaire, ce n’est paradoxalement pas sur ce que rapporte la fin de Marc, mais plutôt sur les propos de Florent Varak, lesquels s’avèrent « problématiques ». Et comme les apôtres en entendant les femmes qui leur rapportaient que le tombeau était vide au matin de la résurrection, nous pourrions même penser « qu’il plaisante ».

1) Ainsi, dire : Ceux qui ont cru parmi les apôtres, implique en bonne logique française, qu’il y en avait donc parmi les apôtres qui n’ont pas cru, et qui par conséquent n’avaient pas à faire des miracles. Si ce n’est pas ce que veut dire l’intervenant, il faut qu’il reformule autrement : parmi ceux qui auront cru, seuls les apôtres etc… mais ce n’est pas ce que dit le texte de Marc 16.

D’autre part, si l’on tient compte du contexte du passage, ce que ne fait pas Florent Varak, l’incrédulité reprochée aux apôtres v. 11, est celle qu’ils ont manifestée au récit des femmes. Jean lui-même n’a cru qu’au moment où il a vu le tombeau vide, il le déclare. Pierre s’en est retourné de sa course au tombeau tout perplexe, il n’a donc cru réellement qu’après. L’incrédulité du v. 13 se rapporte à celle qui suit le récit des pèlerins d’Emmaüs ; Thomas en particulier est incrédule. Plus tard il s’écrie devant le Seigneur ressuscité : Mon Seigneur et mon Dieu !

Par conséquent le contexte de Allez dans tout le monde, prêchez l’Evangile à toute créature. Celui qui croira, et qui sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui n’aura pas cru, sera condamné ne peut se rapporter aux apôtres qui ont déjà surmonté leur incrédulité naturelle, et que le Seigneur envoie maintenant dans le monde. Du reste ne savons-nous pas que Pierre et Jean qui n’avaient pas cru auparavant, ont fait ensuite de grands miracles ?

2) Ensuite, il est faux de dire que du temps de Paul, seuls les apôtres et les diacres à qui ils avaient imposé les mains accomplissaient des miracles. Nous lisons dans 1 Corinthiens 12v7-10 : « Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ; à un autre, le don d’opérer des miracles ; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, la diversité des langues; à un autre, l’interprétation des langues ».

Paul inclut dans la liste des dons celui de faire des miracles ; il serait d’une mauvaise foi éhontée, de répondre qu’il ne pensait alors qu’à lui-même et aux autres apôtres. Tout le contexte montre qu’il parle des églises en général, et de leurs membres en général. La question de savoir si ce don a ensuite cessé est sans rapport avec celle de savoir combien l’avaient au temps des apôtres !

3) Enfin, Florent Varak n’assume toujours pas la mesure [ou la cohérence] de sa position dite « cessationiste ». D’après lui, dans toute l’Histoire de l’Église, seuls une vingtaine de croyants ont reçu le don d’accomplir des miracles, de manière plus ou moins suivie (12 apôtres + 7 diacres). De nature généreuse, Florent Varak est probablement prêt à doubler ce nombre, sachant qu’il faut toujours laisser au Seigneur une certaine marge ; 40 témoins donc au premier siècle faisant des miracles, sur au plus une ou deux centaines de milliers.

A présent au 21ième siècle, c’est par centaines de millions que se comptent les chrétiens charismatiques. Supposons qu’il en existe 500 millions ; d’après leur théologie ils croient que le don des miracles est encore accordé par le Saint Esprit aujourd’hui. Mais c’est rare ils en conviennent : 1/10000 peut-être on ne sait pas… ce qui fait toujours 500 M/10000= 50 000 chrétiens ayant le don des miracles ! et s’ils en font 10 chacun, on arrive à 500 000 miracles contemporains. Qu’est cette pauvre quarantaine d’apôtres et de diacres du livre des Actes en comparaison ?

Si Monsieur Varak veut être cohérent au niveau de son cessationisme, il faut qu’il dise que ce n’est pas 1/10000 qui reçoivent le don, mais ZÉRO ; TOUS les charismatiques (seraient alors) dans l’erreur. Une grave erreur puisqu’ils se permettent d’attribuer au Saint Esprit ce qui ne vient pas de lui. En conséquence, le Pasteur Varak doit immédiatement avertir le CNEF de sa découverte, et prendre les mesures appropriées, en cas de non-réaction. Sinon cela reste du cessationisme d’opérette : Il est donc incohérent et bassement opportuniste pour les cessationistes de se regrouper avec les charismatiques sous l’étiquette générale d’ « Évangéliques de France ».

 

Nous sommes revêtus de l’autorité du Christ, avec le devoir de l’exercer pour mener le bon combat…

2. Ceci dit, pour revenir à la question de départ, les chrétiens ont-ils reçu l’autorité de guérir et de faire des miracles « au nom de Jésus » ?

Si l’on considère l’Eglise, à l’instar de Florent Varak dans son « conte de la circulation routière »(2), comme un automobiliste lambda qui ne saurait se prévaloir d’une quelconque autorité pour réguler la circulation, à l’inverse du policier en fonction « revêtu de son uniforme », l’on déniera alors à l’Église tout mandat pour guérir « au nom de Jésus-Christ », c’est-à-dire en son nom, en tant que son représentant, muni de son autorité. En concédant que le chrétien « garderait le privilège d’intercéder auprès du Père, grâce à la médiation accomplie de Jésus et de prier « au nom de Jésus », c’est-à-dire selon l’accès que Christ nous permet d’avoir au Père par la rédemption »(2).

Position peu cohérente là encore, puisque dans ce cas, la logique serait de dénier à l’Eglise toute capacité d’agir « au nom de Jésus » (lier et délier, baptiser et faire des disciples, demander quoique ce soit au nom de Jésus – même pour seulement intercéder….cf Matt.18v18-20, 28v18-20 et Jean 14v13-14, 15v16, 17v18….)

A l’inverse, souligne le pasteur Gilles Boucomont(3), si nous considérons que « baptisés en Christ, nous avons revêtu Christ » (Gal.3v27), nous comprenons alors que nous ne nous prenons pas pour Jésus, mais que nous sommes revêtus de l’autorité du Christ, avec le devoir de l’exercer pour continuer son œuvre. Dans ce cas, nous nous trouvons dans la position du policier en fonction revêtu de son uniforme.

A l’instar d’une secrétaire qui refuserait (avec pour sanction le licenciement pour faute professionnelle) d’écrire une lettre sur les instructions de son patron, alors que cette tache entre dans ses attributions les plus élémentaires, nous passons notre temps à dire à Dieu de faire des choses que Lui nous a demandé de faire dans les Ecritures…. tout en dépensant une énergie folle à vouloir faire ce que lui seul peut faire [nous sauver tout seul ou sauver, convaincre les autres] ! Et ce, alors qu’Il nous a donné toutes une série d’indications très précises quant à ce qui nous incombe, et inversement ce qui est de son registre(3).

Ainsi, certains considèrent comme « un privilège » d’ « intercéder » pour les malades(2), soit de demander à Dieu qu’Il intervienne pour leur guérison. Ce n’est pas faux dans le sens où la guérison est toujours un don de Dieu. Sauf que les Ecritures bibliques présentent la guérison comme un charisme (cf 1 Cor.12v4-11) qui doit être exercé par les croyants au nom de Jésus, et non pas demandé par les croyants à Dieu.

Et ce, d’autant plus, comme le souligne Gilles Boucomont, qu’aucune allusion à la demande de guérison ne se trouve dans le Notre Père, et qu’aucun texte biblique ne nous dise de prier pour les malades en demandant à Dieu la guérison. Même « la prise en charge des malades par la communauté et les Anciens décrite par Jacques dans son épître (ch.5v14-16) est très active, puisque dans l’onction d’huile est manifestée la guérison, pas seulement espérée. C’est une démarche active de l’Eglise, corps de Christ contre la maladie qui abîme l’un de ses membres »(3).

A l’inverse, de nombreux passages nous donnent pour instruction de guérir les malades, ressusciter les morts, purifier les lépreux, chasser les démons cf Matt.10v8 ; Luc 10v9, 17-20 ; Marc 16v15-20

Ayant « revêtus Christ », nous avons, non à intercéder ou à demander à Dieu d’intervenir à notre place, mais à exercer la prière d’autorité, laquelle est une prière où l’on va chercher sa légitimité et son autorité pour intervenir nous-mêmes sur le réel. Parce que Jésus ne nous demande pas d’intercéder pour les malades mais bien de les guérir. Pas d’intercéder pour les lépreux mais de les purifier. Pas d’intercéder pour les morts mais de les ressusciter. Pas d’intercéder pour la délivrance, mais de chasser nous-mêmes les esprits mauvais.

Soit d’agir « au Nom de Jésus » de manière significative dans la vie des gens, et de manifester ainsi cette annonce impérative que « le Règne de Dieu s’est approché ».

Encore une fois, il ne s’agit pas de nous prendre pour Dieu, en nous croyant personnellement aptes à guérir, comme s’il s’agissait d’un automatisme – il s’agit de guérir les malades au Nom de Jésus et selon la volonté de Dieu, au moment opportun, et non de manière stéréotypée. Dieu nous appelle à collaborer avec Lui (cf Marc 16v20), en nous demandant d’assumer l’autorité qu’Il nous donne, à la manière de Christ.

« Se dérober à nos prérogatives, c’est retarder la venue du Règne de Dieu, en nous-mêmes et dans ceux que nous voudrions bénir »(3).

 

 

Notes : 

(1) Cf http://leboncombat.fr/fin-marc-serpents/

(2) Cf https://florentvarak.toutpoursagloire.com/miracles-guerisons-et-marc-16-1ere-partie/

(3) Boucomont, Gilles. Au Nom de Jésus : Mener le bon combat. Editions Première Partie, 2011, pp 227-231. Du même : Au Nom de Jésus, libérer le corps, l’âme, l’esprit. Editions Première Partie, 2010.

Quel est notre « élan » ?

"300, naissance d'un empire"(2014)

Ce qui est censé « nous faire nous déplacer », ce n’est pas « un esprit guerrier », de « conquête », de « revanche »….Mais « nous nous bougeons » pour installer la paix ». Affiche du film « 300, naissance d’un empire »(2014)

Nous connaissons bien ce passage d’Ephésiens 6v10-17, consacré aux fameuses « armes de Dieu » que nous sommes exhortés à « revêtir ». Notamment, « comme chaussures aux pieds, l’élan pour annoncer l’Evangile de la paix » (v15. TOB)

C’est là une expression bien compliquée, rendue de façon plus ou moins claire par les différentes traductions bibliques : « mettez pour chaussures à vos pieds les bonnes dispositions que donne la bonne nouvelle de la paix » (NBS) ; « mettez comme chaussures le zèle à annoncer la Bonne Nouvelle de la paix » (BFC) ; « mettez pour chaussure à vos pieds le zèle que donne l’Évangile de paix » (LSG)…..Les « chaussures » ou « les sandales » (mais non « les scandales » !)
Cette expression signifie que ce qui nous fait nous déplacer, ce n’est pas un esprit guerrier, ou « revanchard », bien que nous soyons en train de parler d’armes. Au passage, les plus attentifs d’entre nous auront noté que seule la dernière arme – « l’épée de l’esprit, qui est la Parole de Dieu » – est offensive et que toutes les autres sont défensives, pour notre protection. Ce qui nous fait « nous bouger », c’est donc la motivation, non pas de « faire la guerre pour faire la guerre », mais bien pour installer la paix. La paix n’est pas « l’absence de ce qui dérange », mais l’établissement de quelque chose de bon. La paix véritable est en Christ, « Prince de la Paix » (Es.9v5).
Et si nous venons en Son Nom, nous dirons alors « au diable (au sens propre donc, les croisades, les reconquista, les inquisitions, les Jihad…. ! » (1)

Pour aller plus loin :

Esaïe 52v7 affirme combien « sont beaux sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie la paix ! De celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie le salut ! De celui qui dit à Sion : ton Dieu règne ! »

A la naissance de Jésus-Christ, annoncée par les anges à des bergers, « l’armée céleste en masse chantait les louanges de Dieu », disant : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux ; sur la Terre : paix : pour les hommes, bienveillance » (Luc 2v13-14).

 

Notes :

(1) D’après Boucomont, Gilles. Au Nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit ». Ed. Première Partie, 2010, p 219.

« Tu es doué pour donner » : Méditation de 1 Pierre 4v10-11

De l'art d'être "doué"...de "talents" ! Extrait de l'album "Astérix et Cléopâtre"(1965) de Goscinny et Uderzo

De l’art d’être « doué »…en « talents » !
Extrait de l’album « Astérix et Cléopâtre »(1965) de Goscinny et Uderzo

Ou plutôt : tu as été « doué » pour donner….

« Mettez-vous, chacun selon le don qu’il a reçu, au service les uns des autres, comme de bons administrateurs de la grâce de Dieu, variée en ses effets. Si quelqu’un parle, que ce soit pour transmettre les paroles de Dieu ; si quelqu’un assure le service, que ce soit avec la force que Dieu accorde, afin que par Jésus Christ Dieu soit totalement glorifié, lui à qui appartiennent gloire et domination pour les siècles des siècles. Amen ! » (1 Pie.4v10-11. TOB)

Mercredi, nous abordions les enjeux écologiques, soit « la bonne gestion » ou « la bonne intendance » de « notre maison commune », dont les richesses sont finies. « Administrateurs » ou « Intendants », nous, chrétiens, sommes également appelés à l’être, concernant ce que le Nouveau Testament appelle « les charismes », ou (c’est le sens en grec de ce mot et de sa racine)de la « grâce infiniement variée »de Dieu(v10). Les charismes sont donc des aptitudes que l’Esprit donne à notre esprit et ils sont offerts par pure grâce. Ils sont aussi appelés « dons spirituels », pour bien signifier qu’ils nous sont donnés. Mais ces charismes sont donnés par le Saint-Esprit à toute personne connaissant Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur(1), avant tout pour édifier la communauté chrétienne. Sans le Saint-Esprit, nous ne pourrions, ni servir le Seigneur, ni même faire Sa volonté. Le propre d’un charisme est d’être « utile », « en vue du bien de tous », comme le rappelle 1 Cor.12v7(TOB).

Il existe quatre passages principaux sur les dons spirituels, sujet qui ne constitue qu’une partie de l’œuvre du Saint-Esprit : Rom.12v3-8, 1 Cor.12-14, Eph.4v1-16 et 1 Pie.4v10-11. Pour avoir une compréhension juste et équilibrée du sujet, il importe de lire et de connaître tous ces passages.

Nous concernant, nous nous bornerons à l’étude du dernier passage, 1 Pie.4v10-11, lu ce matin. Dans cette épître, l’apôtre Pierre exhorte ses destinataires(des chrétiens qui vivent « exilés », en « étrangers » dans ce monde), à utiliser, « chacun, le don reçu… » – c’est donc que chacun a au moins un don – non pour « jouer avec » ou pour « améliorer sa vie spirituelle », mais en étant « au service les uns des autres, comme de bons administrateurs de la grâce de Dieu, (infiniement) variée(ou « multicolore », comme le spectre de la lumière) en ses effets ». Qu’il s’agisse de ressources terrestres finies, ou de « la grâce variée » de Dieu, nous sommes appelés à être « de bons administrateurs ». A l’image du Maître, le Seigneur Jésus-Christ, nous sommes sur Terre, « non pour être servi »(ou « nous servir »), mais pour « servir »(Marc 10v45).

Ici, Pierre ne semble pas « ajouter de nouveaux dons, comparativement aux épîtres de Paul mentionnées plus haut, mais voit ces derniers divisés en deux catégories :

1) »Si quelqu’un parle »,

2) »si quelqu’un assure le service », ou le ministère(2)

Dans le premier cas, que ce soit alors « pour transmettre les paroles de Dieu » ou « comme oracle de Dieu », vérités divines révélées, et non (par ) notre propre sagesse, nos propres raisonnements, nos propres visions/choix idéologiques ou politiques, nos propres sentiments….Seul le Saint-Esprit convainc (cf Jean 16v8), sachant que Dieu réduit à néant même la plus grande sagesse humaine(1 Corinthiens 1v19 et ss). Pour connaître les pensées de Dieu, vivons une communion réelle avec Lui, laissons-nous conduire « dans toute la vérité » par Son Esprit(Jean 16v13. Colombe) et passons du temps à « sonder les Ecritures »(Jean 5v39), la Parole de Dieu, « qui est la vérité »(Jean 17v17) et qui témoigne de Christ(Jean 5v39).

Dans le second cas, « que ce soit avec la force que Dieu accorde », mais aussi, par voie de conséquence, à notre rythme, et non « aux pièces », selon une « cadence infernale », à des fins de rendements ».

La fin est plutôt de rendre toute la gloire et la puissance (que nous pourrions être tentés de rechercher via l’exercice des dons ou d’un ministère) à Dieu, « par Jésus Christ »,  « lui à qui appartiennent gloire et domination pour les siècles des siècles »(1 Pie.4v11).

 

Notes : 

(1) Voir, par exemple : Jean 1v12, Jean 7v37-39, Jean 14-16, Ephésiens 1v13-14, Galates 3v2….

(2)Le pasteur Gilles Boucomont insiste sur le fait qu’il convient de bien distinguer les charismes des talents et des ministères, sachant notre tendance à tout confondre en la matière. Ainsi, « un talent est quelque chose que Dieu a déposé dans ma vie durablement, depuis longtemps et pour longtemps. C’est à moi de le gérer(…)pour le mieux, non pour ma gloire, mais pour celle de Dieu, dans l’action de grâce, dans la joie de l’avoir reçu(…). Nous pouvons recevoir de nouveaux talents si nous avons bien administré les talents déjà obtenus précédemment. Bien prêcher l’Evangile peut-être un talent oratoire, comme faire de la bonne cuisine pour réjouir les assemblées dominicales est un talent communautaire, etc. Les ministères, quant à eux, sont des aptitudes reconnues par les humains. Le ministère n’est pas donné directement par Dieu en réalité. Dieu a pu nous appeler au ministère, mais c’est l’Eglise qui donne(confirme, reconnaît) les ministères. Le ministère est un service, et non un honneur ou une responsabilité, sinon on l’appelerait magistère(…). Le ministère est en bas (« mini-stère »). Son attitude n’est pas d’être devant ou en haut, mais de laver les pieds des personnes censées être en dessous de nous(…)Le charisme est donné par le Saint-Esprit, « comme Il le veut », et il n’est reçu qu’au niveau de l’Esprit de la personne. La durée est ponctuelle, selon les besoins (Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed.Première Partie, 2010, pp 124-131)

Sur les dons et notamment un commentaire de 1 Pie.4v10-11, voir aussi Shallis, Ralph. Explosion de vie. Ed. Farel, 1992, pp 317 -321.

Pourquoi « ce n’est pas bon » de « bénir » les couples homosexuels

(Et ce qu’est vraiment « bénir »)

 

Il s'agit de "bénir une alliance". Mais quelle alliance ? Est-ce "bon", pour Dieu ?

Il s’agit de « bénir une alliance ». Mais quelle alliance ? Est-ce « bon », pour Dieu ?

L’Église protestante unie de France (EPUdF) a voté dimanche 17 mai la possibilité pour ses pasteurs de bénir les couples homosexuels. Comme le précise le communiqué du synode, il s’agit d’une « possibilité ouverte », qui n’est ni un « droit, ni une obligation », et qui « ne s’impose à aucune paroisse, à aucun pasteur ».

Il n’empêche que « pour les croyants attachés au texte biblique, il s’agit là d’une bien triste décision », commente Guillaume Bourin sur son blogue*, donnant « 4 raisons pour lesquelles l’Eglise ne doit pas apporter sa bénédiction à l’union de deux personnes du même sexe ».

Il est d’ailleurs dommage qu’il n’ait pas été invité à débattre sur cette question avec James Woody(qui représente le protestantisme libéral) et Philippe Clanché(journaliste catholique-ancien de Témoignage Chrétien) sur Radio Notre Dame(RND : émission « le débat de la semaine », datée du 15 mai-qui n’a pas abordé que ce sujet). On y aurait gagné une meilleure vision des enjeux (et des conséquences) de la décision du synode national de l’Eglise Protestante Unie, au-delà d’un simple « moralisme »(« c’est bien », « c’est pas bien »), posture dans laquelle l’on souhaite enfermer l’Eglise. Il s’agirait plutôt de rappeler pourquoi nous avons affaire à une question « de vie ou de mort ». Nous y reviendrons plus loin.

A ce sujet, le pasteur Gilles Boucomont(qui aurait du être aussi invité sur RND, à l’émission pré-citée), pasteur d’une église dans le quartier du Marais, à Paris, me paraît rejoindre Guillaume Bourin quand il estime que la formule « bénir, c’est dire du bien » est « un mensonge ». Car, souligne-t-il, « Bénir, ce n’est pas dire du bien, mais énoncer ce qui est bien. Un groupe bénit ce qu’il cautionne. Pas ce qu’il trouve gentil ou joli (…) La bénédiction première dans le fil du récit biblique est celle du créateur qui lance son “C’est bon !” (TOV) au fil des réalités qu’il a créées en ordonnant le chaos (…)initial(…) C’est bon parce que Dieu dit que c’est bon[cf Gen.1v1-4…et même “très bon” cf Gen.1v30. Ou même “pas bon” cf Gen.2v18-24]Les adeptes de la bénédiction légère, celle qui dit du bien, restent au stade de la morale en pensant que le bien qui est proclamé par la bénédiction est quelque chose de l’ordre du cool, ou du sympa, qui sont les versions modernes du bien. Ces gens sont bien sympathiques alors on les bénit. Mais la bénédiction biblique n’est pas un bien qui est socialement paramétré, le fruit d’une mode, d’une pensée majoritaire ou d’un sentiment collectif[qui dirait que « tout est bien, tout est possible, aujourd’hui »]. Le bien de la bénédiction divine est le “Bien !” de Dieu ». Lire la suite de son billet datant du 05 mai(corrigé le 07/05), mais toujours d’actualité sur http://aunomdejesus.fr/

Sur ce fondement, quel devrait alors être la position de l’Eglise ? Certainement pas de répondre par le moralisme ou par plus de moralisme. Et certainement pas de s’aligner sur les évolutions de la société (ce qui serait adopter un autre « moralisme »). A ce sujet, Gilles Boucomont explique sans langue de bois que notre positionnement au sujet de l’homosexualité, « un piège majeur de notre époque », ne devrait pas être « moral », mais être « dans le même registre que celui de Jésus » : celui-ci, en effet, n’est pas venu pour « faire la morale aux gens », ou « pour accuser, condamner, faire chuter ». Mais « pour relever les personnes » ; « les faire passer de la mort à la vie ». On notera que dans la scène avec la femme adultère, en Jean 8v11, Jésus donne pour consigne, après le refus de condamner, « d’avancer ». Mais « pas de rechuter ».

L’exemple vivant d’une des communautés réformées en France où il y a le plus d’homosexuels est susceptible de nous édifier : ce qui y est proposé à ces derniers, « s’ils le veulent », c’est « un chemin qui est au-delà de la condamnation, mais qui consiste à aller », soit « à sortir de la prison dans laquelle les autres et soi-même, conjointement, les ont enfermés ». C’est le pas choisi par « beaucoup », témoigne Gilles Boucomont. Lequel ne craint pas de dire que « l’homosexualité est mortifère (et non « pas morale ») car « elle prive de cette libération de nos incomplétudes qu’offre l’union à la personne de l’autre sexe ». Certes, les homosexuels ont eux aussi le sens de l’altérité. Sauf que ledit sens de l’altérité « ne se fixe pas sur les bons objets » : « L’homosexualité, comme tous les autres troubles de la sexualité » serait donc « une structure idolâtrique ». Relevant, non « d’abord » du psychique, de la génétique, ou du moral, mais du spirituel. En cela, « l’homosexualité n’est pas en rien différente du célibat ou du « multipartenariat », ou de la violence conjugale, ou encore de l’adultère ; c’est une stratégie de survie par rapport à une souffrance qu’on n’arrive pas à gérer. »

Ce qui fait que cela ne sert à rien de condamner les homosexuels, en se plaçant plus du côté de ceux qui veulent lapider la femme adultère(cf Jean 8v1-11) que du côté de Jésus, ou en se plaçant du côté du « moraliste » par un « va et ne pêche plus », oubliant ce qui précède : « je ne te condamne pas non plus »(v11).

Le rôle de l’Eglise est, plutôt que d’enfoncer ou polémiquer, d’aider la personne « empêtrée dans l’homosexualité » à s’ouvrir au don de Dieu par la guérison et la délivrance. Mais « les avares, les ivrognes, les adultères, les menteurs, les médisants, les orgueilleux »…en ont tout aussi besoin, de guérison ou de délivrance ! (Rom.1v23-30 et cf 1 Cor.6v9-10)**

 

 

Notes :

* Voir aussi ce manifeste « pour une lecture biblique du Mariage d’un homme et d’une femme ! » http://www.ethiquechretienne.com/manifeste-pour-une-lecture-biblique-du-mariage-d-un-homme-et-d-une-fem-a117676168

La réaction du CNEF : http://lecnef.org/images/CNEF_communique_benediction_couples_meme_sexe_150518.pdf

Celle du sociologue Jean-Paul Willaime, directeur d’études à l’EPHE, qui « estime que la décision du synode de l’Église protestante unie de France (EPUdF) de permettre la bénédiction des couples de même sexe est une « ouverture prudente et non une rupture » ( http://reforme.net/une/societe/benediction-couples-homosexuels-decision-historique )

Celles des Evangéliques de la FPF : http://www.christianismeaujourdhui.info/articles.php/eglise-protestante-unie-la-benediction-des-couples-de-meme-sexe-n-ebranle-pas-les-evangeliques-de-la-fpf-12504.html

Bénir : les pour et les contre (http://reforme.net/une/societe/benediction-couples-homosexuels-arguments-et-contre )

Et cette réflexion de Philippe Golaz sur son blogue, suite à la décision du synode évoquée plus haut, relatif à la manière de manifester la paix et l’unité dans l’Eglise, au-delà des désaccords suscités par cet événement : http://philippegolaz.ch/une-eglise-de-temoins/

**D’après Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première Partie, 2010, pp 91-93

Jésus-Christ, « pédagogue de la foi »

« Fixons les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi »(Hébr.12v2)

« Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22v19)

« …je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait » (Jean 13v15)

« Je suis le bon berger. Je connais mes brebis, et elles me connaissent, comme le Père me connaît et comme je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. » (Jean 10v14-15)

 

« Jésus prenait soin de ceux qui lui étaient confiés. Il avait une véritable pédagogie de la foi, et il a laissé des consignes explicites quant à des gestes à pratiquer pour manifester la foi », souligne le pasteur Gilles Boucomont dans son « Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit » (Ed. Première partie, 2010, p.223).

Nous pouvons considérer comme « sacrements » ou « sacramentelles », à l’instar des Protestants, toutes les pratiques qui ont été ordonnées par Christ dans les Evangiles, « et qui font intervenir une parole, un geste, un élément matériel » : ainsi le baptême, que Jésus a ordonné(Matt.28v19-20 et Marc 16v16, Rom.6v3), le partage de la Cène en mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples (Luc 22v19-20), et le lavement des pieds(Jeanv14-15)-non conservé par la plupart des Eglises protestantes et évangéliques, « alors qu’il est biblique »(op. cit., p 225).

Pour Gilles Boucomont, qui aborde cette question des « sacrements » dans un ouvrage consacré à la délivrance, « quand Jésus donne ces trois directions pour faire signe et rendre visible la grâce invisible, il pense aux vertus thérapeutiques de ces gestes :

Le baptême est ainsi thérapeutique parce qu’il permet à l’adulte qui se fait baptiser de marquer un changement de vie radical(…) ». Il « nous inclut dans la famille chrétienne, mais surtout dans la famille de Dieu, qui devient non seulement notre créateur mais aussi Notre Père(…)Le baptême nous guérit donc de notre animalité en nous faisant résolument entrer dans l’humanité réconciliée avec Dieu et réconciliée avec les autres humains(…)

Le partage de la Cène est aussi agent de guérison parce qu’il nous manifeste ce qu’est l’humanité concrètement réconciliée(…)Sont ainsi rendues visibles le fait qu’il n’y ait lus de distinctions entre les personnes, une puissance égalitaire que jusque-là seule la mort pouvait prétendre offrir aux humains. Le fait même d’utiliser deux aliments simples pour dire le corps et le sang de Jésus est une réconciliation. Ce sont des produits transformés, fruits du travail de la nature, de la création de Dieu, et du travail des hommes. La Cène est une vraie guérison des relations interpersonnelles, car elle brise tous les jeux d’autorité qui ne sont pas en Christ ou de Christ. Elle est aussi une guérison de la mémoire, car en mettant fin à la nécessité de répéter un sacrifice(Hébr.7v26-27 et 10v18), mais en le symbolisant, elle nous fait sortir de la tension entre l’oubli et la répétition qui hante nos histoires. Enfin, elle est une guérison fondamentale de toutes les tentations religieuses : c’est Dieu[ou Christ] qui invite à sa table, ce n’est pas un lieu de pouvoir religieux(cf 1 Cor.11v17-34 et cf 1 Cor.12) , elle met fin à la logique sacrificielle…Autant de guérisons d’une humanité en manque de repères(…)

Quant au lavement de pieds, il est lui aussi thérapeutique dans la mesure où il brise ce qui est le péché suprême de l’orgueil. C’est le péché le plus subtil(…), le plus religieux aussi, car il nous met comme dieux à la place de Dieu. Par l’humiliation volontaire, le lavement des pieds ouvre un espace pour vivre le pardon(…)et par le fait de s’incliner, il nous apprend ce que veut dir l’autorité en Jésus-Christ, qui n’est pas domination mais abaissement.(op.cit., pp223-227)

 

Ne faites pas (la) peur !

Quelles sont tes peurs ? Pourquoi as-tu peur ?

Quelles sont tes peurs ? Pourquoi as-tu peur ?

Comme chaque année, pendant la période fin octobre-début novembre, « le bon goût » a été de « jouer » à (se)faire peur. Certes, les festivités macabres sont derrière nous, mais le thème me paraît toujours d’actualité, d’autant plus que l’on connaît cette sorte de « fascination » pour la peur, de la part de notre prochain, et même des plus jeunes(du moins, ce qu’ils en disent)-illustré par exemple, via un certain goût pour les « films d’horreur ».

Mais qu’est-ce que la peur ? D’où vient cette fascination pour la peur ? Est-elle saine ? Comment la gérer ? Est-on « moins » un « homme » parce que l’on a peur ou parce que l’on a avoue avoir(eu)peur ?

Le pasteur Gilles Boucomont rappelle que la majorité des auteurs bibliques définissent la peur comme le contraire de la foi, ou de la confiance. Le mot « peur » est très présent dans le Nouveau Testament, via le terme « phobos » employé 47 fois, et le terme « phobeo »-avoir peur-employé, lui, à 93 reprises !

Voici un exemple d’événement ayant suscité la peur ou le trouble : Luc 2v9 ; Matt.2v3.

La peur est-elle mauvaise ? Selon les pompiers, par exemple, dans le cadre de formation à la sécurité, la peur peut-être bonne. Celui qui n’a pas peur dans une situation de danger est soit un fou, soit un inconscient. Il existe « une bonne peur » qui sert à nous protéger et à nous tenir en éveil, face à ce qui est franchement dangereux. Sur un plan plus « philosophique », on pense aussi à « l’heuristique de la peur » de Hans Jonas, posé dans son « principe de la responsabilité ».

Cependant, la peur est aussi « mauvaise conseillère », dans le sens que nous pouvons estimer que tout ce qui est nouveau et inconnu(pour ne pas dire « différent ») est potentiellement dangereux : l’entrée dans une nouvelle école, l’arrivée d’un nouveau camarade qui nous paraît « bizarre », une situation nouvelle, etc….La peur est aussi « mauvaise conseillère », parce qu’elle nous pousse à réagir de façon irrationnelle.

Voici un autre exemple où un groupe de personne a pris peur et pourquoi. L’intérêt de cet exemple est aussi de amener à comprendre ce qui a mis fin à la peur : Marc 6v45-51 (cf 1 Jean 4v18 ; Es.30v15)

La peur est toujours « la peur de »(quelque chose : d’un danger ou d’une punition). Elle a toujours un objet, à la différence de l’angoisse, qui est sans objet. La peur est aussi distinct de la crainte, qui est le respect, la vénération, dû(e) à quelqu’un d’autre (cf Ps.111v10 ; Rom.13v7). La peur est tellement présente au point d’être banale que l’exhortation n' »aies pas peur » revient sans cesse(environ 365 fois dans la Bible, sous des formes différentes, selon certains : soit une ressource pour chaque jour de l’année !).

En français, « phobos » et « phobeo » ont donné le mot « phobie », qui exprime toute une gamme de sentiments(de la crainte à la frayeur) à l’égard de personnes, de situations : de l’agoraphobie-la peur des espaces et des foules, exprimée par le personnage joué par Sigourney Weaver dans le thriller « Copycat »(1995)-à la xénophobie(la peur des autres peuples)…A noter une certaine évolution(ou dérive) de langage, traduisant, par exemple, « homophobie » ou « islamophobie »(pour ne pas dire « christianophobie »-qui me paraît impropre)comme étant une haine et non une peur à l’égard des homosexuels, des musulmans ou des chrétiens…(cf ce qu’annonçait le Seigneur Jésus à ses disciples dans Jean 15v18-25 ; Luc 21v17, etc…)

"Peur de son ombre". Dessin préparatoire de Tim Burton pour le court-métrage "Vincent"

« Peur de son ombre ».
Dessin préparatoire de Tim Burton pour le court-métrage « Vincent »

 

Qu’est-ce qu’encore que la peur ? Et surtout, d’où vient-elle ?

Selon Gilles Boucomont, la peur est une construction mentale, dont la cause est une « confiance malade »(ou un manque de confiance en soi, les autres…en Dieu). Nous nous faisons « nos propres films » ou « une tempête dans un verre d’eau », à propos de choses qui n’existent pas. L’ombre d’un chiot(ou notre propre ombre), un rendez-vous chez le médecin ou le dentiste…peuvent ainsi prendre des proportions insoupçonnées.

 
La peur est dangereuse, puisqu’elle peut être exploitée à des fins totalitaires. Examinez ou déconstruisez, par exemple, les discours de certains démagogues, dont l’objectif reste de ne pas vous détromper sur l’objet de votre peur, quand le bouc émissaire commode n’est pas désigné !


A l’inverse, ce que nous propose Jésus, c’est un travail salutaire de déconstruction de nos peurs(ou constructions mentales)et de reconstruction de la confiance-car la réponse à la peur reste l’amour et la confiance. Jésus nous invite à « retrouver le sens des proportions », de sorte à ne pas rester focalisé sur ce qui est en réalité petit ou insignifiant(ou de l’ordre du fantasme), pour considérer l’immensité de la bonté et de la grâce de Dieu, qui est Celui qui nous libère de toutes nos peurs(comme Il a libéré Son peuple d’Egypte, « de la maison de servitude » cf Exode 20v2). Jésus nous invite enfin à passer « de la peur de tout » à la crainte de l’Eternel, pour que nous connaissions « la joie de craindre Dieu ».

(D’après Gilles Boucomont. Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit »(Ed. Première partie, 2010, pp 248-251)

 

Pour aller plus loin :

Recherchez les différentes peurs de David et comment celui-ci les a « gérées » (cf 1-2 Samuel et 1 Chroniques)

 

Chaque jour, deux rois viennent à toi….

Ce n'est pas une histoire de "tout blanc" ou "tout noir", de "bien" ou de "mal". C'est une question de vie ou de mort !

Ce n’est pas une histoire de « tout blanc » ou « tout noir », de « bien » ou de « mal ». C’est une question de vie ou de mort !

Lequel choisis-tu ?*

 

Lecture : Genèse 14v17-24

« Après qu’Abram fut revenu vainqueur(…), le roi de Sodome sortit à sa rencontre(…). Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin. Il était sacrificateur du Dieu très haut. Il bénit Abram(…)et Abram lui donna la dîme de tout. Le roi de Sodome dit à Abram : donne-moi les personnes et prends pour toi les richesses. Abram répondit au roi de Sodome : je lève la main vers l’Eternel, le Dieu Très-Haut, maître du ciel et de la terre : je ne prendrai rien de tout ce qui est à toi, pas même un fil, ni un cordon de soulier… »

 

J’aime beaucoup ce récit.

Un homme sort vainqueur, avec son armée de quelque trois serviteurs, d’un combat contre cinq ennemis redoutables. Mais c’est toujours l’après-victoire qui s’avère être une épreuve encore plus redoutable.

Deux rois viennent alors à la rencontre du héros vainqueur. Le premier est devancé de façon opportune et providentielle par le second, une figure mystérieuse qui disparaîtra ensuite tout aussi mystérieusement, une fois sa mission accomplie.

Comme pour Abram, deux rois viennent à toi. Chaque jour. Et particulièrement après une victoire que tu viens de remporter. Lequel choisis-tu ? Qui va régner dans ta vie ?

« Le roi de Sodome », roi de la célèbre ville**, lequel te propose « les richesses » en échange « des personnes »(ou des âmes) ?

Ou Melchisédek, le roi de « justice et de paix »*** ?

 

Répondras-tu comme Abram, lequel refuse, de la part du roi de Sodome, ne serait-ce qu’un « fil »(Gen.14v23) ? Un fil est un élément apparemment insignifiant, sauf qu’il peut devenir une corde, un lien. « Le fil de la compromission ».

Accueilleras-tu « le roi de justice et de paix, lequel te bénit et t’apporte le premier repas de communion de l’histoire : du pain et du vin ?

Esaïe 9v5 nous enseigne que Jésus-Christ, le Messie, est appelé « Prince de Paix ». Ouvrons-lui la porte lorsqu’Il frappe et Il « entrera souper avec nous »(ou « prendre la cène » avec nous, cf TOB), apportant lui-même le repas. Confions-nous dans le Dieu sauveur, qui nous peut nous délivrer de tous nos ennemis**** et donnons-lui « la dîme de tout ». Ce temps de communion avec Lui nous nourrit, nous équipe, nous éclaire et nous permet(au-delà des apparences) de discerner « le véritable »(1 Jean 5v18-21).

Ayons donc « la foi d’Abram », qui implique une relation personnelle, véritable et vivante avec « le Dieu véritable et la vie éternelle ». (cf 1 Jean 5v20, Jean 17v3) : « sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu, car il faut que celui qui s’approche croit que Dieu est, et qu’Il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent ».(Hébr.11v6)*****

 

 

 

Notes :

* D’après un enseignement du pasteur Claude Houde : « relevez le défi 10/30 » (ou 10 jours de prières-de la Bible-avec Claude Houde)

** On connaît l’histoire de Sodome(comme celle de Gomorrhe) grâce à Genèse 13v12-13, 18v20-21, 19v1-29(Chacun pourra vérifier qu’il n’y a aucun « ange ninja » dans cet épisode du récit biblique….)et aussi grâce à Ezéchiel 16v49-50.

*** C’est le sens du nom de Melchisédek (« roi de justice »), et celui de « Salem »(« paix », « salut ») cf Hébreux 7v1-3 et ss

**** Cf Luc 11v21-22 ; Hébr.2v14-15 ; Col.2v9-15 ; 1 Cor.15v20-28 ; 1 Jean3v8, 4v4, 5v4-5….

***** « Beaucoup disent avoir la foi » : certes, ils croient que « Dieu existe », mais « cette foi n’est ni plus moins qu’une virtualité, une construction mentale ». Ils n’ont pas de véritable relation avec Lui. Ils ne disent rien à Dieu ou alors ils monologuent dans la prière, sans se préoccuper de savoir si Dieu leur dit quelque chose en retour. Or, Dieu existe dans le sens « qu’Il est disponible pour une relation, qu’Il est là pour nous. C’est nous qui ne sommes pas là pour Lui, la plupart du temps. Nous disons que nous voulons de Dieu dans notre vie »…en réalité, nous aspirons à un dieu à notre image, « qui serait une construction mentale pour nous émerveiller, nous émoustiller, nous faire sentir qu’on est vivant parce qu’il y a du mouvement là, à l’intérieur ». Laissons le virtuel, le fantasme, la construction mentale et « commençons par exister. Et notre foi deviendra relation. Un amour partagé ». (D’après Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus, libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première partie, 2010, p 171)

« Les Combattants » : simplement survivre ou vivre, simplement ?

"Les combattants" : Arnaud(Kevin Azaïs ) et Madeleine (Adèle Haenel), dans un film de Thomas Cailley(2014). Trouveront-ils au nom de quoi ou de qui "combattre" ?

« Les combattants » : Arnaud(Kevin Azaïs ) et Madeleine (Adèle Haenel), dans un film de Thomas Cailley(2014).
Trouveront-ils au nom de quoi ou de qui « combattre » ?

Sorti depuis le 20 août, « Les Combattants »* est l’un des derniers films(nous l’avons vu il y a quelques jours) à découvrir, si vous souhaitez sortir des sentiers battus ou si vous en avez assez de certaines comédies françaises actuelles, « fun à regarder dans un premier temps » mais « laissant une impression de vide ensuite », et qui semblent toutes se ressembler.

Le film aurait pu s’appeler « collisions ».

-D’abord, celle du spectateur face à ce qui n’est pas un « film familial » à proprement parler, mais un premier film sur l’engagement et la recherche de combats à mener ; Film-« fable », « quête initiatique » ou portrait d’une génération( la génération « Y »). Un film multi-récompensé, dynamique, souvent drôle, atypique et décalé, glissant sans cesse d’un genre à l’autre.

– Ensuite, « collision » entre deux personnages-deux jeunes, Arnaud et Madeleine, environ la vingtaine. Tout les oppose : Lui hésite. Elle fonce. Lui est un rêveur. Elle, un garçon manqué et une véritable force de la nature : elle ne vit que pour s’entraîner « à la romaine »(nager dans la piscine familiale avec un sac à dos lesté de tuiles, ingérer du maquereau cru mixé, faire un stage commando…)et se préparer au pire, convaincue que la fin du monde est pour bientôt, qu’elle survienne sous forme d’épidémie, de sécheresse, d’émeutes de la faim, ou de pollution chimique. C’est d’abord elle, « la combattante ». Mais plus pour elle-même(comment devenir « la plus apte » à survivre) que pour les autres ou une « bonne cause ». Elle sera progressivement rejointe par Arnaud(pour d’autres motifs), qui apportera son apport personnel dans cette quête de combat à mener.

– Enfin, « collision » face au réel, quand on a épuisé toutes les réalités***. Mais laissons découvrir…

A noter(une métaphore ?)la présence récurrentes d’incendies de forêts durant le film. « La faute à un imbécile, qui aurait jeté son mégot », demande le grand frère d’Arnaud ? « Non », répond ce dernier. Et d’expliquer que lorsque la forêt atteint ses propres limites, elle « brûle toute seule », avant de renaître à nouveau de ses cendres.

Conclusion :

La fin du film est assez surprenante et reste ouverte. Elle satisfera ou non, mais donnera sans doute à réfléchir. Une seule façon d’en parler : aller voir le film.
Mais qu’en avons-nous personnellement retenu ?
Quelle est la clé pour « mener le (bon)combat » ? Cette clé nous semble triple : outre le fait de vivre de façon intense(« à fond »)pour l’essentiel, cette « triple clé » implique la prise en compte de nos propres limites, l’entraide et la solidarité(vivre ensemble, plutôt que la compétition permanente) et-surtout, la découverte d’un « centre de gravité » pour sa vie(selon la formule de Kierkegaard).

Et ce « centre de gravité »-fondamental, puisque c’est de là que découlent les deux autres points-n’est pas « quelque chose » mais « quelqu’un » : « le modèle sera toujours le Christ », affirme par exemple le pasteur Gilles Boucomont dans l’un de ses livres(« Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit ». Ed. Première Partie, 2010, p 73-en cours de lecture), « car lui seul a réussi à trouver l’équilibre », étant « vraiment un être de chair autant qu’il est un être spirituel »(op. cit., p 72. cf 1 Jean 1v1-2, 4v2 ; Jean 1v14…). Il est un modèle pour ce qu’il a été sur la Terre [cf Phil.2v1-11]. « L’humilité de Jésus », poursuit Gilles Boucomont, « c’est cette capacité à ne pas oublier qu’en hébreu comme en français, « humanité » a une racine commune avec la terre, « l’humus »**. En hébreu, l' »adam » est tirée de la « adamah ». L’humilité véritable consiste à rappeler que nous sommes d’une part tirés de la terre, que nous sommes des « glébeux » comme traduira Chouraqui dans sa version de la Bible. Mais ces terriens doivent garder les pieds sur terre. Nous sommes au-dessus de la terre mais connectées à elle par les pieds. Nous avons autorité sur elle[cf Gen.1v2627, 2v8, 15-en tant que « gestionnaires », puisque la Terre appartient, en fin de compte, à Dieu] mais nous ne devons jamais oublier que nous sommes faits de cette poussière-là et que de toute façon nous y retournerons ! Ce qui veut dire que l’humilité véritable consiste à avoir les pieds sur terre et que la façon dont Jésus a vécu cet impératif, c’est en se mettant à genou devant ses congénères les humains pour leur laver les pieds, justement, pour les servir(Jean 13v1-17 et cf Luc 22v24-27, Marc 10v42-45). Le service est la meilleure facette de l’humilité, il est un des très bons fruits de l’âme équilibrée. Une âme équilibrée, c’est une âme où chacune des composantes psychiques est en équilibre avec elle-même. La pensée est conduite loin, les situations sont réfléchies, la mémoire est intense, le raisonnement est acéré. Les affects sont entiers. »(op. cit., p73)

Jésus-Christ est ce « centre de gravité », car Lui est la clé pour une nouvelle identité et une nouvelle vie, nous permettant de vivre une telle vie équilibrée : Jean 1v1-14 ; 3v3-17 ; 6v35-40, 68 ; 8v28, 36 ; 10v9-10 ; 12v32-33 ; 14v6 ; 15v1-17 ; 1 Jean 5v20 ; 2 Cor.5v15, 17-19…

 

Notes :

* Les Combattants
Réalisation: Thomas Cailley(France, 2014)
Scénario: Thomas Cailley, Claude Le Pape
Musique: Lionel Flairs, Benoit Rault et Philippe Deshaites pour Hit’n’Run
Interprétation: Kevin Azaïs (Arnaud), Adèle Haenel (Madeleine), Antoine Laurent (Manu Labrède), Brigitte Roüan (Hélène Labrède).
Date de sortie: 20 août 2014
Durée: 1h38

Résumé : Après la mort de son père, Arnaud a le choix : aider son grand frère à reprendre l’entreprise de menuiserie familiale, ou trouver sa propre voie. Alors que se profile devant lui un été tranquille et prévisible avec « ses potes », tout en travaillant comme charpentier, il rencontre subitement(voir la scène de leur premier contact !) Madeleine, une jeune fille de son âge qui ne vit que pour se préparer à survivre à la fin du monde, qu’elle estime imminente. Arnaud deviendra-t-il, à son tour, « un combattant » ?

Critiques : http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/les-combattants.html ; http://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Les-combattants-survivre-coute-que-coute-2014-08-20-1194221

Interview du réalisateur : http://www.quinzaine-realisateurs.com/interview-de-thomas-cailley-l14024.html

** Une même réflexion se retrouve dans l’ouvrage « Nos limites, pour une écologie intégrale »(auquel nous avons déjà fait allusion ici et ) de Gaultier Bès, Marianne Durano et Axel Norgaard Rokvam. Ed. Le Centurion, 2014(Voir notamment p. 110) : un manifeste pour « vivre plus simplement pour que chacun puisse simplement vivre. Veiller sur l’avenir, en respectant notre fragilité et celle de notre environnement. Face à la technique sans âme et au marché sans loi, l’écologie intégrale offre ainsi l’espérance d’un monde à la mesure de l’homme, fondé sur l’entraide et le don-fruits de nos limites ».(Résumé de quatrième de couverture). Lire cette critique du livre sur http://cahierslibres.fr/2014/06/limites-manifeste-nouvel-art-vivre/

*** « Le réel, c’est ce qui advient de façon brute. La réalité, c’est ce que nous faisons du réel », explique encore Gilles Boucomont (Op. cit., p21)