Nos groupes de jeunes vivent-ils l’évangile de Jésus-Christ, en étant ouverts à « toutes les réalités » ?

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d’aujourd’hui lui oseront-ils lui demander de leur apprendre à Le suivre ?
(Source : convergence bolcho-catholiques)

Nos groupes de jeunes sont-ils ouverts à toute la jeunesse en particulier et à « toutes les réalités » (1) en général ? Car c’est ainsi que se vit l’évangile et la vie chrétienne, selon l’esprit du corps de Christ.  Et sans oublier de « (construire) un pont avec le futur en parlant avec les anciens ! », selon les propos du pape François, lequel s’était adressé aux jeunes du Latium le 8/04/17 (veillée de prière à la basilique Sainte-Marie-Majeure, à Rome en vue des JMJ de Panama, prévu pour janvier 2019)

Extraits significatifs d’un discours (me paraissant) inspiré et inspirant(2), de nature à nous interpeller, nous, protestants évangéliques….

 

« Chers jeunes,

Merci d’être présents ici ! Cette soirée est un double commencement : le commencement du chemin vers le Synode, qui a un nom bien long : « Les jeunes, la foi et le discernement de la vocation », mais nous dirons : « le Synode des jeunes » [de tous les jeunes] Un Synode dont aucun jeune ne doit se sentir exclu ! (…) Oui ! C’est le Synode des jeunes : nous voulons tous vous écouter. Chaque jeune a quelque chose à dire aux autres(…), aux adultes, [ses frères et sœurs, y compris les pasteurs et responsables de jeunes] Nous avons tous besoin de vous écouter !

(…)Le monde d’aujourd’hui a besoin de jeunes qui vont « en hâte », qui ne se lassent pas d’aller en hâte ; des jeunes qui aient cette vocation de sentir que la vie leur offre une mission (…) Nous avons besoin de jeunes en marche. Le monde ne peut changer que si les jeunes sont en marche. Mais c’est le drame de ce monde : que les jeunes – et c’est le drame de la jeunesse d’aujourd’hui ! – que les jeunes sont souvent mis à l’écart. Ils n’ont pas de travail, ils n’ont pas d’idéal à suivre : manque l’éducation, manque l’intégration… Tant de jeunes doivent fuir, émigrer vers d’autres terres… C’est dur à dire, aujourd’hui souvent les jeunes sont des matériaux de rebut. Cela nous ne pouvons pas le tolérer ! Et nous, nous devons faire ce Synode pour dire : « Nous les jeunes, nous sommes là ! (…) nous sommes ici, en marche. Nous ne voulons pas être des matériaux de rebut ! Nous nous avons de la valeur à donner ! ».

(….) Vous les jeunes vous devez risquer. Aujourd’hui vous devez préparer le futur. Le futur est entre vos mains.

Pendant le Synode, toute l’Église veut écouter les jeunes : ce qu’ils pensent, ce qu’ils sentent, ce qu’ils veulent, ce qu’ils critiquent et de quoi ils se repentent. Tout. L’Église a besoin d’encore plus de printemps, et le printemps c’est la saison des jeunes.

Par ailleurs je voudrais vous inviter à faire cette marche (…) avec joie, à la faire avec vos inspirations, sans peur, sans honte, à la faire courageusement. Il faut du courage. Chercher à prendre la beauté dans les petites choses (…) : cette beauté de tous les jours, la prendre, ne pas perdre cela. Remercier pour ce que tu es : « Je suis ainsi : merci ! ». Bien souvent, dans la vie, nous perdons du temps à nous demander : « Que suis-je ? ». Mais tu peux te demander « qui » tu es » et passer toute ta vie en cherchant « qui » tu es… Demande-toi : « Pour qui suis-je ? ». (…) Pour qui suis-je, et non qui suis-je : cela vient après, si c’est une demande qu’on doit faire, mais avant tout pourquoi faire un travail, un travail de toute une vie, un travail qui te fait penser, qui te fait sentir, qui te met en action. Les trois langages : le langage de la pensée, le langage du cœur et le langage des mains. Aller toujours de l’avant.

Il y a une autre chose que je voudrais vous dire : le Synode ce n’est pas un parloir. Les JMJ ne seront pas un parloir ou quelque chose d’approchant, ou une belle chose, une fête et ensuite ciao j’oublie… Non, concrétisez ! La vie nous demande du concret. Dans cette culture « liquide » il faut du concret : le concret c’est votre vocation.

(…) Aux jeunes aujourd’hui, aux jeunes la vie demande une mission ; l’Église leur demande une mission et aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin, nous avons besoin du pont, du dialogue entre les grands parents et les jeunes, entre les vieux et les jeunes. Le prophète Joël, dans le chapitre 3, verset 1, nous dit ceci, comme une prophétie : « Vos anciens seront instruits par des songes et vos jeunes gens par des visions », c’est à dire qu’ils porteront en avant par des prophéties les choses concrètes. Ceci est un objectif que je vous donne aussi au nom de  l’Église : parler avec les anciens. « Mais c’est ennuyeux…  ils disent toujours les mêmes choses… » Non : écoute l’ancien. Parle. Demande des choses. Fais en sorte qu’ils songent et à partir de ces songes va de de l’avant, pour prophétiser et pour rendre concrète cette prophétie. Aujourd’hui c’est votre mission, c’est la mission que vous demande aujourd’hui l’Église.  Chers jeunes, soyez courageux ! « Mais, (…)j’ai péché, je tombe si souvent… » Il me vient à l’esprit une chanson alpine, très belle, que chantent les alpinistes : « Dans l’art de monter, l’important n’est pas de ne pas tomber, mais de ne pas rester à terre… » Avance ! Tu tombes ? Lève-toi et va de l’avant. Mais pense à ce qu’a songé le grand-père, ce qu’a songé le vieux ou la vieille. Fais-les parler, prends cela et fais le pont avec le futur. C’est l’objectif et la mission qu’aujourd’hui vous donne l’Église.  (…) Et [l’on] vous demandera : « Avez-vous parlé avec les vieux ? Avez-vous parlé avec les anciens ? Avez vous pris les songes de l’ancien et les avez vous transformés en prophéties concrètes ? » C’est votre objectif. Que le Seigneur vous bénisse ».

 

Notes :

(1)Voir notre article : « à qui appartiens-tu ? Ta vie chrétienne est-elle réelle ou virtuelle » ?

(2) Découvert via http://plunkett.hautetfort.com/archive/2017/04/11/nouvelle-evangelisation-sur-le-terrain-de-toutes-les-realites.html ; Voir aussi : https://fr.zenit.org/articles/le-pape-invite-les-jeunes-a-se-demander-pour-qui-suis-je-et-non-qui-suis-je/

Publicités

Ce dont souffrent ceux qui sont « perdus dans le monde comme lui »

En guise de première introduction à un prochain grand thème(les plus futés découvriront sans doute bien vite de quoi il s’agit) à paraître mercredi prochain, voici le génial clip de la chanson « Are You Lost in the World Like Me ? » (« Etes-vous perdu dans le monde comme moi ? ») de Moby & The Void Pacific Choir (lequel a sorti un nouvel album, These Systems Are Failing le 14 octobre 2015), avec les dessins de Steve Cutts(1).

A l’heure des réseaux dits « sociaux », les liens véritablement sociaux sont sur le mode « Brice de Nice »(« cassés »). Mais les foules décrites dans le clip(des « égoïstes grégaires » dépersonnalisés) semblent souffrir d’un mal plus grave encore : le trouble de la perception, que l’on appelle « indifférence ».

En bref, le clip fait beaucoup plus que dénoncer un fait de société : il pose une véritable question « métaphysique »(2) de notre rapport au monde, à l’autre et à nous-mêmes.

A suivre ici.

Notes : 

(1) Découvert via le mensuel « La Décroissance » (numéros de novembre et décembre 2016).

(2) Entre autres questions :

« Are you lost in the world like me ? (Êtes-vous perdu dans le monde comme moi ?)

If the systems have failed ? (Si les systèmes avaient échoué ?)

Are you free ? (Êtes-vous libres ?)

All the things, all the loss (Toutes les choses, toutes les pertes)

Can you see ? (Pouvez-vous les voir ?) »

Croire que Dieu est « juste là » : c’est le premier pas de la foi

Dieu est "Juste là" : le crois-tu ? Si oui, c'est là le premier pas de la foi, d'après Hébr.11v6

Dieu est « Juste là » : le crois-tu ? Si oui, c’est là le premier pas de la foi, d’après Hébr.11v6

C’est « Juste là ». Le nouvel album « famille » de Den-Isa(1).

Le premier chant commence par une interpellation – « hé ho, hé ho ! »(2), suivie d’une invitation à découvrir ce nouvel univers musical d’une grande richesse et plein de « pep’s », qui est aussi une initiation aux premiers pas de la foi et aux premières interrogations existentielles.

« Juste là » invite aussi à découvrir qu’Il est « juste là »(3) : qui donc ? Dieu ! Il est, certes, invisible, mais bien là, tout proche, « tout près de toi »(3). Il se révèle à toi et te révèle qu’Il t’a voulu(4), qu’Il t’aime, que tu as une place dans ce monde(2) et que ta vie a un sens. La « vraie vie », c’est de « connaître », « marcher » avec Celui qui est « le chemin, la vérité et la vie », et « le Dieu véritable »(5).

Mais si je « ne sens pas » qu’Il est (juste) là ? Et si « tout se bouscule dans ma tête » pour me persuader du contraire, ou que je ne vaux rien ?(6) Dieu souhaite que tu écoutes Sa voix, même quand tu ne le vois pas : c’est cela, la foi, comme le fait de croire qu’Il est « juste là ».

Dieu est ce Dieu relationnel et Il « a des choses à (te) dire….aujourd’hui encore, Il parle. Faut l’écouter, c’est vital(7). En cas de doute, va relire ce qu’Il a écrit dans la Bible, Sa Parole – tu sais, « ce pavé » qui semble remonter « à un autre âge »(7)…, et va dire « ouste dehors, dehors ! » à « ce qui n’est pas vrai, pas vrai », à « ce qu’Il n’a pas écrit »(6). Et souviens-toi, Dieu n’est pas distant ou « trop occupé », mais s’Il est au ciel, Il est « toujours dispo ». Tu peux « lui parler sans payer. Pas de délai, pas de file d’attente…C’est très facile d’aller vers Dieu. Il est à la portée de tous…Et Il t’entend du haut des cieux » !(8)

Et surtout, Il a donné ce qu’Il a de plus cher pour toi : Son Fils, Jésus-Christ, « pur et parfait, mais pas nous », qui t’aime « tellement », qu’Il a « choisi de venir »(sur Terre), parce qu’Il a « tant envie » que tu sois « son ami ». « Et ça, ça (lui) a coûté la vie » : Il s’est « laissé punir pour le mal », alors qu’Il n’avait « rien fait, c’était nous ». Parce qu’Il est « le Fils de Dieu, pur et parfait », Lui seul pouvait « effacer » ce qui nous sépare de Lui. « Pour ça », Il est « mort sur la croix » et Il a « tout fait pour être avec moi » et toi (9). Il a tout payé, pour que tu vives une relation personnelle et apaisée avec Lui.

C’est vrai….même si tu as « du mal » à te (le) dire. Mais tu peux (Lui) dire « merci d’avoir payé si cher pour pouvoir être (ton ami) »(9) et Lui dire « bravo », parce qu’Il est aussi « ressuscité », « vivant » aujourd’hui, « tout près de nous maintenant ». Sa « souffrance et sa mort devaient se passer » : ce n’était donc « pas un échec, non pas un raté », mais Sa « mission est finie », Il a « tout accompli » !(10)

Au final, un excellent CD particulièrement rafraîchissant, « bondissant » et original, qui invite à l’émerveillement : de soi, de ce qui nous entoure, de Dieu… Et qui a le mérite de rappeler, à hauteur d’enfant, qu’une vie pleine de sens, digne d’être vécue, n’est pas nombriliste, mais est avant tout relationnelle, avec Celui qui est le « Véritable » et « la vie éternelle »(1 Jean 5v20). A recommander chaudement autour de vous !

Paroles à découvrir et extraits à écouter (mes chansons préférées étant la 12 : « ouste dehors » et la 14, dans laquelle nous sommes invités à garder « les yeux fermés », pour se mettre « dans la peau » de Bartimée, l’aveugle guéri par Jésus).

 

 

Notes :

(1) « Den-Isa » : Denis et Isabelle Hey, couple chrétien « à la ville », comme « sur la scène », que nous connaissons personnellement et aimons beaucoup pour ce qu’ils sont et font. Pour ce CD, on appréciera le beau packaging qui évoque cet univers : digipack 3 volets, et un livret 16 pages tout en couleurs, avec des illustrations de personnages en pâte à modeler créés par Myriam Schott.

(2)Chant 1 : « Hé Ho »

(3) Chant 2 : « Juste là »

(4) Chant 13 : « Tu es bien »

(5)Chant 15 : « Je suis la vie »

(6)Chant 12 : « Ouste dehors »

(7)Chant 11 : « Le Gros Livre »

(8)Chant 16 : « La dent bleue

(9)Chant 9 : « Merci »

(10)Chant 10 : « Bravo »

Pas d’exception ! Ou la leçon de « La Prophétie des Grenouilles »

"La prophétie des grenouilles", film de Jacques-Rémy Girerd(2003). Un "nouveau déluge", mais aussi une formidable leçon de vie.

« La prophétie des grenouilles », film de Jacques-Rémy Girerd(2003). Un « nouveau déluge », mais aussi une formidable leçon de vie.

Et si nous décidions de regarder, non pas « plus », mais « mieux » de films, notamment en famille et avec des enfants ?
Le choix de films témoigne d’une certaine vision du monde… et est révélateur de la place que nous accordons(ou pas) aux films étrangers (notamment non « hollywoodiens » et non exclusivement anglophones). Ces derniers nous permettent de nous sensibiliser à d’autres modes de vie, d’autres cultures et de nous rappeler que nous ne sommes pas le centre du monde. Voir « mieux » de films, c’est aussi se former en tant que spectateurs critiques, capables d’échanger et de dialoguer avec ses pairs mais aussi avec des adultes.
Ainsi, vous cherchez un film ou un dessin animé à voir en famille, avec vos enfants. Que choisissez-vous ? Et pourquoi ? Un « Disney », un « Pixar » ?…
Et si vous osiez « prendre des risques » et choisir un dessin animé…français, pour cette fois-ci ?

Par exemple, « La Prophétie des Grenouilles » de Jacques-Rémy Girerd(2003), vu hier soir ?

Une famille non conventionnelle, mais aimante et stable. (Scène de "La Prophétie des grenouilles")

Une famille non conventionnelle, mais aimante et stable. (Scène de « La Prophétie des grenouilles »)

L’histoire : Au bout du monde, loin de tout, une famille paisible, plutôt non conventionnelle. Elle est en effet composée du capitaine Ferdinand-un marin « blanc » à barbe d’un certain âge-de Juliette, son épouse « de couleur »(sans doute des Antilles)et de Tom, le petit garçon qu’ils ont adopté à la mort de ses parents naturels. L’enfant appelle ce couple « Maman » et « Grand-père ». Cette famille est installée dans une ferme coquette perchée en haut d’une colline. Elle accepte de garder la petite Lili (de l’âge de Tom), le temps que ses parents, les gardiens du zoo, ramènent d’Afrique des nouveaux « pensionnaires »-des crocodiles !

Mais au pied de cette colline, le monde des grenouilles est en émoi : il n’y a plus de doute ! Toutes les prévisions coïncident : un nouveau déluge s’annonce.
Face à l’événement, les grenouilles conviennent, à titre exceptionnel, de communiquer avec les humains.
C’est alors le début d’une grande aventure où animaux et humains vont devoir apprendre à vivre ensemble. Ce qui n’est pas toujours facile.
La phrase du réalisateur
La Prophétie des Grenouilles est une fable sociale, tragi-comique, qui pose des questions sur la tolérance, l’écologie, la difficulté de vivre ensemble, les affres de la dictature… C’est aussi une belle histoire d’amour entre deux enfants.
Prix & Festivals
Festival du Film Français de Richmond 2004 -Chine- Paris- Shanghai- Corée
Tournage en Rhône-Alpes
Le film a été entièrement réalisé au Studio Folimage de Valence. Six ans de travail, un million d’images, une équipe de deux cents personnes ont été nécessaires à la fabrication de ce film
(Source : http://rhone-alpes-cinema.fr/fr/film-la-prophetie-des-grenouilles.html )
Age conseillé : à partir de 7 ans.

 

 

Ce que j’en retiens :
Sur le plan formel, d’abord, le dessin animé est extrêmement réussi et agréable à voir. Le choix des voix est aussi très travaillé(doublages par des comédiens chevronnés : Michel Piccoli en Ferdinand, Anouk Grinberg en tortue, Annie Girardot et Michel Galabru en couple d’éléphants, Jacques Higelin en lion, Romain Bouteille, Luis Rego….)Grande richesse de vocabulaire.
Sur le plan thématique, on retient cette micro-société reconstituée sur une « arche improvisée », reposant sur une bouée géante. De prime abord, il semble bien périlleux de tenter de faire cohabiter des personnes tellement différentes (des carnivores et des herbivores dans le même bateau !), alors que l’on n’a que des patates à manger ! Pourtant, cette situation d’épreuve et de crise est une opportunité de remporter une victoire personnelle et collective, comme d’éprouver, dans un contexte plus difficile, les bienfaits du « vivre ensemble », et ce, au-delà des différences.
On relève ici le rôle essentiel de la Loi, celle du capitaine-une autorité forte, bonne et bienveillante. C’est une même loi (« universelle », commune) pour tous, qui protège tout le monde et qui ne saurait souffrir d’aucune exception (« on ne mange personne » et « on ne se mange pas entre nous »)-seule condition pour que tout le monde reste en vie.
Certes, cette Loi est contraignante et vivre ensemble est très difficile pour tout le monde. Mais l’on voit aussi ce qui se passe, lorsque l’on prétend violer cette loi, sous prétexte qu’elle serait « mauvaise » et « contraire à ma nature, mes besoins, mes intérêts », et lorsque l’autorité est chassée de cette société, pour être remplacée par une figure de pouvoir, manipulant tout le monde (notamment « les bas instincts »). C’est la porte ouverte à un danger encore plus grand que la situation de crise, et la mise en danger de tous, sans exception.
Autres thèmes :
On apprendra encore que « vengeance n’est pas justice » et qu’il est aussi vain de chercher le moindre bouc émissaire, à des fins « expiatoires » et dans « l’espoir que tout ira mieux ». Un seul est mort pour vous, et une fois pour toutes.
Le thème du film fait inévitablement allusion au déluge de Noé, sans pour autant que l’on ait une explication pour ce nouveau « déluge » (d’autant plus que…cf Gen.9v11) ; la question « des origines » est aussi posée, avec une explication plutôt « mythologique » de la création du monde, venant se mêlant à une explication scientifique de l’origine des comètes.
Des « questions métaphysiques » autour de la mort (la vie après la mort) sont également posées.
D’autre part, un mot sur ces grenouilles, qui se sont mobilisées pour faire connaître « leur prophétie » au monde, quoique non « aux sages et aux intelligents », mais « aux enfants ». Et ce, sans se préoccuper de ce qui peut leur arriver à elles, pour que l’humanité soit sauvée. En cela, le titre du film, comme l’acte altruiste de ces grenouilles, donne du poids et du sens au don et à la gratuité. C’est cela, l’esprit de l’Evangile : « vous avez reçu gratuitement ; donnez gratuitement », a recommandé Jésus. Un esprit dont notre monde, où tout semble se vendre et où il faut (se) vendre, en est malheureusement dépourvu.
Enfin, nous terminerons sur le thème de l’adoption, très présent dans ce film. On relèvera la difficulté du petit garçon à appeler son père d’adoption « papa ». Pour lui, il n’est que « grand-père ».
Pour nous aussi, chrétiens, ayant mis notre confiance en Jésus-Christ, sauveur et seigneur, notre relation avec Dieu est révélatrice de qui nous sommes. La Bible nous dit que nous avons été « adoptés » (Rom.8v15 ; Jean 1v12 ; Eph.1v5 ; Gal.4v5….). Mais qui est Dieu, pour nous ? Est-il pour vous un « grand-père à barbe blanche », certes « très gentil » et peut-être assez « distant » ? Ou bien est-il votre « Père » ? Un chrétien, estime James Packer dans « Connaître Dieu », est celui « qui connaît Dieu comme Père ». Et « le Père Lui-même (nous) aime ».

Votre vie est un film

"La fin du film(de la vie)" Scène de "Macadam à deux voies"(1971)de Monte Hellman.

« La fin du film(de la vie) »
Scène de « Macadam à deux voies »(1971)de Monte Hellman.

Beaucoup de décès, ce mois-ci. Sans doute « pas plus » que d’habitude, mais « assez » pour nous interpeller, d’autant plus qu’il s’agit de proches.
Certains appartenaient à Jésus-Christ, ayant vécu et partagé leur espérance autour d’eux, durant leur vie. Avec certitude, nous pouvons dire d’eux qu’ « ils rient (dans la joie) avec leur créateur », dans le ciel. D’autres ne connaissaient pas Jésus comme leur sauveur et seigneur, semble-t-il, ou du moins, n’avaient pas confessé ou proclamé que leur confiance (leur fondement, notamment pour être déclaré juste ») était en Lui. Où sont-ils maintenant ?

Une chose est certaine : au-delà de la peine, de la douleur, des souffrances, causées par le départ d’un proche ou d’un ami cher, il y a un message pour ceux qui restent. Encouragement et consolation, confiance, pour ceux qui partagent la même espérance ; avertissement et invitation à s’arrêter pour se poser « les bonnes questions » et réfléchir, pour les autres.

Ainsi, vous-mêmes ? Quelle est votre relation avec Jésus-Christ (comment le connaissez-vous ? Qui est-il pour vous ?), face au rendez-vous inéluctable de la mort ?
Êtes-vous « prêts à rencontrer votre Dieu » ? (Amos 4v12)

 

Notre vie est courte : elle se déroule comme un film, qui finira par brûler à la fin-à l’instar de la fin de « Macadam à deux voies », le film de Monte Hellman*.

Prenez-vous le temps de penser (et de répondre) à certaines questions essentielles (existentielles) : qui suis-je ? A qui est-ce que j’appartiens ? D’où est-ce que je viens ? Où vais-je ? Pourquoi suis-je là ? A quoi consacrer ma vie ? Quelles sont les choses véritablement « durables » ?

A moins que vous n’estimiez que ces questions ne soient pas pour vous, vous estimant :
– Trop jeunes
– Trop forts, trop sûrs de vous
– Trop heureux (vous êtes actuellement « comblés »)
– Trop occupés-à gagner votre vie, de l’argent, ou trop occupés à changer le monde…
– Trop « pourris », ou trop « justes »
– Trop intelligents, trop sérieux
– Trop malades
– Trop vieux
– Trop morts. Mais vous ne serez plus là pour lire ces lignes et il sera alors trop tard. N’attendez pas d’en être là !

 

 

 
Face à la mort et concernant le sens de la vie, ce message est toujours actuel :
Eccl.11v912v1-8, 13-14
Les choses véritablement durables : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/22/deux-choses-eternelles/
« Aujourd’hui… » est le mot de Dieu cf 2 Cor.6v2(« plus tard » étant un mot piège, vous empêchant de prendre les bonnes décisions cf Actes 24v25)
Venez donc à Jésus-Christ, « tels que vous êtes »(Jean 6v37-40). Il a le pouvoir de répondre à votre crainte de la mort(Hébr.2v14-15)

 

 

Note :

« Macadam à deux voies », un film de Monte Hellman (1971), avec James Taylor, Warren Oates, Laurie Bird, Dennis Wilson… qui questionne le rapport à l’espace et à la fuite : deux garçons quasi mutiques-« Mécano » et « Conducteur », et un quadragénaire-« GTO », rejoints par une fille versatile, « the Girl »-tous quatre sans nom et sans passé- « sillonnent les routes à deux voies des Etats-Unis. Chaque fin d’étape est ponctuée par des courses automobiles. Avec l’argent engrangé lors de ces rallyes urbains, nos compagnons d’infortune peuvent payer leur carburant et reprendre la route. Enfermés dans ce système absurde et sans fin, ils traînent nonchalamment de ville en ville, de bars en motels miteux ». (cf http://www.dvdclassik.com/critique/macadam-a-deux-voies-hellman )

Un film qui se distingue par son absence totale de violence, de sexe et de drogue.

Le Mensonge que Nous Vivons – The Lie We Live

Pour montrer qu'ils sont "à poigne", certains élus n'hésitent pas à cogner sur les Rroms.

« Le mensonge que nous vivons » : le type de vidéo « coup de poing », dont le but semble plus de déclencher une force émotionnelle que de construire une démonstration objective…

Qui est Spencer Cathcart ? Avant-hier, je l’ignorai encore. Et j’ignore toujours qui il est.

La seule chose que je sais, outre que je ne sais rien, est qu’il a réalisé le 29 janvier 2015 une vidéo de 8 minutes et des poussières : « The Lie We Live » (« Le mensonge que nous vivons »)*. Il semble s’y questionner et nous invite à nous questionner sur tout ce qui fait de notre monde ce monde. Nous questionner ? Et pour décider de faire quoi ensuite ? Comment ? Sur quelles bases ? La balle est dans notre camp, semble-t-il….

Le film est sans doute à voir. Mais deux questions demeurent : Qui est Spencer Cathcart ? Pourquoi a-t-il diffusé cette vidéo ? (outre le fait de nous inviter à « nous bouger »)
Regardez donc et, surtout, « ne laissez pas votre cerveau au placard ».
Parallèlement, j’ai envie de poser ces autres questions :
Qui es-tu ? A qui appartiens-tu ? Qui veux-tu servir ? De façon durable, pour un impact durable ?
Deux choses sont véritablement durables, contrairement à une affirmation de Spencer Cathcart**(cf Vidéo à 7’02’’) et méritent que l’on s’y consacre toute notre vie, cf Jean 5v28-29 et Esaïe 40v8, sachant qu’annonce 2 Pie.3v10***.

Sinon, plutôt que de diffuser massivement cette vidéo sur la toile, un petit travail d’analyse s’impose :

Il ne s’agira pas de répondre aux thématiques/questions soulevées, mais de tenter de décrypter quelques-uns des procédés utilisés, afin de dépasser le premier stade de l’émotion et de prendre conscience de la contradiction du film : si Spencer Cathcart prétend que nous sommes manipulés, nous manipule-t-il à son tour pour faire valoir ses vues – encore bien mystérieuses à ce jour ? En bref, il s’agit de prendre du recul sur des sujets qui méritent tout de même réflexion et exigent un débat nécessaire face à un document dont le but semble plus de déclencher une force émotionnelle que de construire une démonstration objective.

Méthode proposée :

Regardez d’abord la vidéo sans le son, et concentrez-vous d’abord sur les images. Puis repassez-la, avec le son seul, sans les images. Ensuite, sans le son et sans les images, avec le texte seul Et enfin, la vidéo intégrale, avec le son, les images et le texte

Pendant les visionnages successifs, prenez des notes sur le film (résumez-le en une phrase), relevez les passages vous paraissant les plus marquants, vos impressions (ce que vous avez aimé/ou pas) et répondez aux questions suivantes :

1) Que venez-vous de voir ? Comment s’appelle ce genre de film ? S’agit-il d’un documentaire, comme on peut le lire ici ou là, sur le web ? Qu’est-ce qu’un film documentaire ?

2) Qui est l’auteur ? Pourquoi diffuse-t-il cette vidéo ?

3) Le film est-il composé d’images filmées par l’auteur ? De quoi est-il composé ?

4) De quoi est composé la bande son ? Quel est son rôle ?

5) Qui parle ?

6) Combien de points de vue nous donne-t-on ici ? La place est-elle donnée au « débat contradictoire », à l’échange d’idées ?

7) Qu’avez-vous appris de nouveau ?

8) Vous permet-on d’approfondir ce qui est présenté ?

Etc…. D’autres questions vous viendront certainement à l’esprit pour compléter ce qui précède.

 

Notes :

* Découvert via ici https://catherinenbocher.wordpress.com/2015/04/02/le-mensonge-que-nous-vivons-the-lie-we-live/ qui elle-même….
** Voir aussi le blogue de Spencer Cathcart, qui contient cette vidéo et la transcription du texte :

Traduction française d’Alain Adriaens :

En ce moment, vous pourriez être n’importe où, à faire n’importe quoi. Au lieu de cela, vous êtes assis seul devant un écran. Alors qu’est ce qui nous empêche de faire ce que nous voulons ? Être là où nous voudrions être?
Chaque jour nous nous réveillons dans la même pièce et suivons la même voie, nous vivons un jour semblable à celui d’hier. Pourtant, il fut un temps où chaque jour était une nouvelle aventure. Chemin faisant, quelque chose a changé. Avant nos jours étaient intemporels, maintenant nos jours sont minutés.
Est-ce cela qu’être adulte ? Être libre ? Mais sommes-nous vraiment libres ?
Aliments, eau, terres… les éléments dont nous avons besoin pour survivre sont la propriété de sociétés. Il n’y a pas de nourriture pour nous sur les arbres, pas d’eau douce dans les ruisseaux, pas de terrain pour construire une maison. Si vous essayez de prendre ce que la Terre fournit vous serez mis sous les verrous. Alors, nous obéissons à leurs règles.
Nous découvrons le monde dans un manuel. Pendant des années, nous restons assis et régurgitons ce qu’on nous raconte. Passant des examens et classés comme des cobayes dans un laboratoire. Élevés à ne pas être différents dans ce monde, éduqués à ne pas être différents. Nous sommes assez intelligents pour faire notre travail, mais pas assez pour nous remettre en question les raisons pour lesquelles nous le faisons. Donc, nous travaillons sans cesse et il ne nous reste plus de temps pour vivre la vie pour laquelle nous travaillons. Et puis vient le jour où nous sommes trop vieux pour faire notre travail. Alors, on nous laisse mourir. Et nos enfants prennent nous remplacent dans la partie.
Pour nous chacun de nous notre chemin est unique mais, tous ensemble, nous ne sommes rien de plus que du carburant. Le carburant qui alimente l’élite, l’élite qui se cache derrière les logos des sociétés. Ce monde leur appartient. Et leur ressource la plus précieuse n’est pas enfouie dans le sol : c’est nous. Nous construisons leurs villes, nous faisons tourner leurs machines, nous combattons dans leurs guerres. En fait, l’argent n’est pas ce qui les motive. C’est le pouvoir. L’argent est simplement l’outil qu’ils utilisent pour nous contrôler. Ces bouts de papier sans valeur, nous en dépendons pour nous nourrir, nous déplacer, nous divertir.
Ils nous ont donné de l’argent et en retour, nous leur avons donné le monde. Là où il y avait des arbres qui purifiaient notre air, maintenant il y a des usines qui l’empoisonnent. Là où il y avait de l’eau bonne à boire, il y a des déchets toxiques qui puent. Là où les animaux couraient libres, il y a des élevages industriels où les animaux naissent et sont abattus à la chaîne, pour notre satisfaction. Plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim, bien que nous ayons assez de nourriture pour tout le monde. Où est-ce qu’elle part ? 70% des céréales que nous produisons pour l’alimentation sont utilisées pour nourrir et pour engraisser les animaux que nous mangeons pour le dîner. Pourquoi aiderions-nous les affamés? Ils ne génèrent aucun profit !
Nous sommes comme une peste balayant la Terre, détruisant l’environnement qui nous permet de vivre. Nous voyons tout comme quelque chose qui peut être vendu, comme un objet que nous pouvons détenir. Mais qu’est ce qui arrivera quand nous aurons pollué la dernière rivière, empoisonné le dernier souffle d’air, quand nous n’aurons plus de pétrole pour les camions qui nous apportent notre nourriture ? Quand allons-nous nous rendre compte que l’argent ne se mange pas, qu’il n’a pas de valeur ?
Nous ne sommes pas en train de détruire la planète : nous détruisons toute vie sur elle. Chaque année des milliers d’espèces disparaissent. Et le temps est compté avant que nous soyons l’espèce suivante. Si vous habitez en Amérique, vous avez une probabilité de 41% de développer un cancer. Les maladies du cœur vont tuer un Américain sur trois. On nous prescrit des médicaments pour faire face à ces problèmes mais les soins médicaux, eux-mêmes, sont la troisième cause de décès après le cancer et les maladies cardiaques. On nous dit que tout peut être résolu en donnant beaucoup d’argent à des scientifiques afin qu’ils puissent découvrir une pilule qui pourra résoudre tous nos problèmes. Mais les compagnies pharmaceutiques et les sociétés contre le cancer comptent sur notre souffrance pour faire du profit. Nous pensons que nous sommes à la recherche de remèdes mais, dans les faits, nous nous éloignons de trouver la cause de nos maux. Notre corps est le produit de ce que nous consommons mais la nourriture que nous mangeons est conçue uniquement dans un but lucratif. Nous nous gavons de produits chimiques toxiques. Les corps des animaux sont infestés par les médicaments et les maladies. Mais nous ne voyons pas cela. Le petit groupe de sociétés qui possèdent les médias ne veut pas que nous le réalisions. On nous raconte des balivernes et on nous dit que c’est la réalité.
C’est amusant de penser que l’homme croyait que la Terre était le centre de l’univers. Mais aujourd’hui, nous nous considérons comme le centre de la planète. Nous regardons notre technologie et nous nous disons que nous sommes les plus intelligents. Mais les ordinateurs, les voitures, et les usines nous montrent-ils que nous sommes très intelligents ? Ou bien montrent-ils à quel point nous sommes devenus paresseux. Nous nous sommes cachés sous le masque de « civilisés ». Mais quand on nous arrache ce masque, que sommes-nous ?
Comme nous oublions facilement qu’il y a moins de cent ans que nous permettons aux femmes de voter, que nous permettons aux noirs de vivre comme nos égaux. Nous agissons comme si nous étions des êtres omniscients, mais il y a beaucoup que nous ne voyons pas. Nous marchons dans les rues en ignorant toutes les petites choses. Les yeux qui nous regardent. Les histoires qu’ils racontent. Tout cela n’est qu’un décor pour Moi.
Peut-être craignons-nous de ne pas être seuls, de n’être qu’une partie d’un bien plus grand dessein. Mais nous ne parvenons pas à faire le lien. Nous sommes d’accord de tuer les cochons, les vaches, les poules, les étrangers de pays éloignés. Mais pas nos voisins, pas nos chiens, nos chats, pas ceux que nous avons appris à aimer et à comprendre. Nous appelons les autres créatures stupides mais nous les désignons comme responsables de nos actions. Mais le fait de tuer simplement parce que nous pouvons le faire, parce que nous l’avons toujours fait, cela nous en donne-t-il le droit ? Ou cela montre-t-il le peu de choses que nous avons apprises ? Nous continuons à agir en suivant nos pulsions d’agression primitive plutôt que de privilégier la réflexion et la compassion.
Un jour, cette sensation que nous appelons la vie va nous quitter. Notre corps va pourrir, nos objets de valeur seront récupérés. Les actions d’hier seront tout ce qui restera. La mort nous entoure constamment et pourtant elle semble tellement éloignée de notre réalité quotidienne. Nous vivons dans un monde sur le point de s’effondrer. Il n’y aura pas de gagnants dans les guerres de demain car la violence ne sera jamais la réponse. Elle va détruire toutes les solutions possibles.
Si nous examinons nos désirs les plus profonds, nous voyons que nos rêves ne sont pas si différents. Nous partageons un objectif commun : le bonheur. Nous dévastons le monde à la recherche de la joie, sans jamais regarder en nous-mêmes. Beaucoup des personnes les plus heureuses sont celles qui possèdent le moins. Sommes-nous vraiment si heureux avec nos iPhones, nos grandes maisons, nos voitures pour frimer ?
Nous sommes devenus déconnectés. Nous idolâtrons des personnes que nous n’avons jamais rencontrées. Nous assistons à des choses extraordinaires sur les écrans mais, partout ailleurs, il n’y a que de l’ordinaire. Nous attendons que quelqu’un apporte du changement sans même envisager de nous changer nous-mêmes.
Les élections présidentielles pourraient aussi bien se jouer à pile ou face. Ce sont les deux faces d’une même pièce. Nous choisissons le visage que nous voulons et l’illusion du choix, du changement est ainsi créée. Mais le monde reste le même. Nous ne parvenons pas à réaliser que les politiciens ne nous servent pas ; ils servent ceux qui les ont financés pour arriver au pouvoir.
Nous avons besoin de leaders, pas des politiciens. Mais dans ce monde de suiveurs, nous avons oublié de nous diriger nous-mêmes. Cessez d’attendre le changement et soyez le changement que vous voulez voir advenir. Nous ne sommes pas arrivés au point où nous en sommes en restant assis sur notre cul. Le genre humain a survécu non pas parce que nous sommes les plus rapides ou les plus forts, mais parce que nous avons travaillé ensemble.
Nous avons maîtrisé l’acte de tuer. Maintenant, nous allons maîtriser la joie de vivre.
La question n’est pas de sauver la planète. La planète sera toujours là que nous y soyons encore ou pas. La Terre est là depuis des milliards d’années et chacun de nous aura la chance s’il vit quatre-vingts ans. Nous sommes un éclair dans le temps mais notre impact sera là pour toujours.
« J’ai souvent désiré vivre à une époque où les ordinateurs n’existaient pas encore, quand nous n’avions pas des écrans pour nous distraire. Mais je me rends compte qu’il y a une raison pour laquelle c’est maintenant que je veux être en vie. C’est parce qu’aujourd’hui, une opportunité nous est offerte que nous n’avions jamais eue auparavant. »
Internet nous donne le pouvoir de partager un message et d’unir des millions de personnes dans le monde.
« Tant que nous le pouvons encore, nous devons utiliser nos écrans pour nous rapprocher, plutôt que de nous éloigner les uns des autres. »
Pour le meilleur ou pour le pire, notre génération va déterminer l’avenir de la vie sur cette planète. Nous pouvons soit continuer à servir ce système de destruction jusqu’à ce qu’il ne reste aucune trace de notre existence. Ou nous pouvons nous réveiller, nous rendre compte que nous ne sommes pas en train d’évoluer vers le haut mais plutôt de tomber… nous avons juste ces écrans devant nos visages et nous ne voyons pas où nous nous dirigeons.
Le moment présent est celui où chaque pas, chaque respiration et chaque mort nous a conduits. Nous sommes les visages de tous ceux qui ont vécu avant nous. Et maintenant c’est notre tour. Vous pouvez choisir de tailler votre propre chemin ou suivre la route que d’innombrables autres ont déjà prise.
La vie n’est pas un film. Le scénario n’est pas encore écrit. Nous sommes les auteurs.
C’est votre histoire, leur histoire, notre histoire

 

*** Nous avions consacré un billet à ces deux « choses durables » ici :  https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/22/deux-choses-eternelles/

 

Interstellar : « la situation est grave et désespérée, mais rassurez-vous, on gère ! »

 

"Interstellar", de Christopher Nolan(2014), avec Matthew McConaughey(sur la photo). "C'est cassé ? T'inquiètes, je gère..." !

« Interstellar », de Christopher Nolan(2014), avec Matthew McConaughey(sur la photo).
« C’est cassé ? T’inquiètes, je gère… » !

Sorti sur les écrans français le 05 novembre 2014(et vu il y a quelques jours), Interstellar est un film de science-fiction réaliste, « dans l’air du temps », pour les thématiques qu’il aborde.

D’abord, le thème de la crise écologique sans précédent que connaît ce futur proche : maltraitée, la Terre « vomit ses habitants » et ne peut plus les nourrir. Les ressources naturelles se raréfient et les céréales( à part le maïs) se meurent. Les hommes tombent malades, victimes d’une poussière persistante et de terribles tempêtes de sable. On pense à une conséquence de la désobéissance et de l’infidélité du peuple de Dieu, décrite dans ces versets de Deutéronome 28v23-24 : « Le ciel sur ta tête sera d’airain, et la terre sous toi sera de fer. L’Éternel enverra pour pluie à ton pays de la poussière et de la poudre ; il en descendra du ciel sur toi jusqu’à ce que tu sois détruit ».

A une époque, on s’en serait pris à Dieu. Ce n’est plus le cas dans le futur d' »Interstellar », où Dieu est le grand absent ou le grand oublié, comme le souligne fort justement Charles Vaugirard, dans son très intéressante critique du film dans « Les Cahiers libres ». On ne semble plus s’occuper de lui, lui préférant un « retour aux sources » ou aux « mythes fondateurs » des Etats-Unis, tels l’esprit du pionnier ou la conquête(de l’Ouest, de l’espace). Le fait que notre bonne vieille planète atteigne ses limites, au point d’en crever et de condamner l’espèce humaine, « ne devrait pas » nous empêcher de pousser les limites(humaines)de l’exploration pour trouver une nouvelle planète habitable(plan A), ou tenter une forme de colonisation s’appuyant sur le développement in vitro d’embryons humains congelés(Plan B). Bref, on n’a donc pas ou plus besoin de Dieu, mais plutôt de la technique, semble-t-il.

De là cet autre thème, abordé « avec intelligence », selon Charles Vaugirard, encore : la question de la place de la technique ou de la technologie.« Est-elle à craindre ? Ou peut-elle contribuer au sauvetage de l’humanité ? ». Une question pertinente, particulièrement aujourd’hui. S’y ajoutent les problématiques de « l’odyssée de l’espèce(humaine)et de l’espace »(dans le sens de trouver un nouvel espace habitable pour l’homme. Ou le dilemme « la Terre, si tu l’aimes, tu la quittes »), de la transmission(« d’une génération à l’autre » en général, et d’un père à sa fille, en particulier. Que léguer, derrière soi ?) et de l’éducation-ici, à visée plutôt utilitariste. En effet, pourquoi apprendre et qu’apprendre, dans un monde condamné, à l’heure où l’urgence est de former des agriculteurs, aux dépends des ingénieurs(et donc des programmes spatiaux), devenus « inutiles » ?

« Interstellar » est donc, pour toutes ces raisons, un film dans « l’air du temps ». Mais c’est aussi un film rassurant, qui nous délivre, en fin de compte, une « vérité bien rassurante » : notre monde est mort, ou en passe de mourir, mais l’homme est tellement intelligent qu’il trouvera une solution. Il s’en sortira toujours, comme le croit le personnage de « Cooper », joué par Matthew McConaughey. Dans le film, la solution est proche de nous, quand « le problème est ailleurs ». Elle est « en nous », voire « nous-mêmes », alors que la Bible affirme que « nous sommes le problème et que la solution vient d’ailleurs », souligne Matthieu Giralt, co-animateur du blogue « Notre église point com », dans une critique complémentaire de celle de Charles Vaugirard.

A propos du problème, il serait pertinent d’en rechercher les causes. Mais Christopher Nolan, le réalisateur, ne veut pas parler de cela. L’important pour le spectateur est de comprendre que la technique est un allié et non un problème(ou en tout cas, responsable du désastre écologique), et que l’on ne pourra faire quoique ce soit sans elle. La technique est au service de l’homme. Les robots(non humanoïdes)sont gentils, bienveillants, et même plus marrants que le sinistre HAL 9000(l’ordinateur fou de « 2001, l’Odyssée de l’espace »). Les robots sont rassurants. L’homme maîtrise. L’homme gère. Dans quel état ? Bien, semble-t-il.

Cette pirouette évoquant une question métaphysique nous permet de soulever que nous sommes également censés voir dans le film une portée « clairement métaphysique »*, selon Matthieu Giralt, co-animateur du blogue « Notre église point com ». « Le contraste entre l’immensité de l’espace et la fragilité de la vie humaine » est censé nous pousser à nous interroger « sur notre place dans le monde ». Mais, constate Matthieu Giralt, « assez paradoxalement, le film ne s’arrête jamais, le temps de réfléchir(…)Toute la dimension métaphysique est presque vidée : toutes les questions[notamment celle de Dieu, ou « des dieux »] ont trouvé leurs réponses ».

En définitive, « Interstellar » est un assez bon film, plutôt réussi(autant les parties intimistes que les parties d’exploration dans l’espace), offrant plusieurs niveaux de lecture et qui nous permet de réfléchir sur pas mal de sujets. A la condition de prêter attention(en sachant les lire et sans se laisser distraire par la mise en scène, la beauté des images, la musique, l’émotion) « aux silences » du film(à l’image du silence dans l’espace ?) : silences à propos de Dieu, ou des causes du désastre écologique…. et à la condition de prêter attention à ce qui est présenté comme normal, banal ou positif. Ainsi, le fameux « plan B », consistant en une forme de colonisation s’appuyant sur le développement in vitro d’embryons humains congelés. Un « plan B » dans l’air du temps, puisque susceptible de donner  naissance à une nouvelle génération…mais de quel ordre ? Avec quels pères et quels repères ?**

 

En bref :

Interstellar
Etats-Unis(2014). Réalisation: Christopher Nolan. Date de sortie: 5 novembre 2014
Avec : Matthew McConaughey (Cooper), Anne Hathaway (Dr Amelia Brand), Michael Caine (Pr Brand), John Lithgow (Donald), Jessica Chastain (Murphy Cooper adulte), Matt Damon (Dr Mann)…
 Durée: 2h50

Bande annonce :

 

Sur le sujet de la Bible, de la création et de l’écologie, voir cet excellent article de « Promesses, revue de réflexion biblique ».

Et si vous voulez de la « métaphysique pour les nuls au cinéma », voir ici : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/28/la-metaphysique-pour-les-nuls-au-cinema/

Notes :

* Parlant d’influences : outre « 2001, l’Odyssée de l’espace » de Kubrick, je pense aussi à « Solaris »- notamment la version récente, avec Georges Clooney, plus psychanalytique que réellement métaphysique, où l’on cite aussi du « Dylan Thomas ».

** Il était facile de la ressortir, cette formule !

(U)chroni(qu)es métaphysiques

Si Nicolas Sarkozy n’avait pas existé, la démocratie existerait-elle encore ? (« Piqué » dans Le Tigre magazine-« curieux magazine curieux »-de Décembre-janvier 2014, numéro 036-037)

« Non, selon Henri Guaino : « sachez que s’il n’avait pas été là, il n’y aurait plus de démocratie en France, plus de démocratie en Europe et plus de démocratie dans le monde », a-t-il déclaré sur BFM TV, le 24 novembre 2013. C’est en réalité difficile à vérifier. Henri Guaino* voulant dire par là qu’un autre président de la république, par exemple Ségolène Royal, François Bayrou ou Hollande, ou qui vous voulez, aurait été incapable de faire face à la révolte qui n’aurait pas manqué de le submerger à cause de la crise de 2008. Quelle révolte, demandez-vous ? Celle qui aurait eu lieu si Nicolas Sarkozy n’avait pas été là. Comme tous les exercices d’uchronie**, celle d’Henri Guaino nous plonge dans les abîmes métaphysiques. »

Un « sauveur » ! Et nous ne le savions pas !

Plus sérieusement, la Bible raconte l’histoire d’« une petite ville, et peu d’hommes dedans ; et un grand roi vint contre elle, et l’investit(…)or il s’y trouva un homme pauvre et sage, qui délivra la ville par sa sagesse; mais personne ne se souvint de cet homme pauvre ».(Eccl.9v13-18)***

Plus récemment encore, une parabole moderne(illustrée dans le court métrage tchéco-américain « Most-un train vers le ciel »****) raconte l’histoire des passagers d’un train, qui ont tous eu la vie sauve grâce à un enfant. Ils ne l’ont jamais su…sauf celle, pour qui le fait de le savoir a changé la vie.

Plus important encore, Jésus-Christ est mort pour toi. Le sais-tu ?
Mais qu’est-ce que cela change de le savoir ?

Cela change beaucoup et durablement. Pour la vie.

 

Jean 3v16(le verset qui résumerait toute la Bible et qui est le sujet de « Most ») : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. »

 

Eph.2v1-10 : « Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés, dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde(…)
Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ(…)Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.
Ce n’est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie.Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus Christ pour de bonnes oeuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions ».

 
Rom.5v8 : « Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous ».

 
2 Cor.5v14 : « Il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux ».

 

 

 

Notes :

* Henri Guaino : wikipédia précise qu’il s’agit d’un « haut fonctionnaire et homme politique français. Économiste au Crédit lyonnais (1982-1986) et chargé de cours à l’ESCP Europe et à l’École normale supérieure de Saint-Cloud (1984-1987), il devient chargé de mission à la direction du Trésor au ministère des Finances et adjoint au secrétaire général du Club de Paris (1987-1988), puis maître de conférences à l’IEP de Paris (1988-2003) et conseiller-maître à la Cour des comptes depuis septembre 20062. Conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, président de la République française, du 16 mai 2007 au 15 mai 2012, il est l’auteur de ses principaux discours[dont celui de Dakar] pendant tout le quinquennat. Il devient ensuite député de la 3e circonscription des Yvelines ».

** « Uchronie » : néologisme formé par le philosophe Charles RENOUVIER en 1857 et illustré dans son ouvrage révisé en 1876. Le terme « Uchronie » ou « l’utopie dans l’Histoire »n est forgé sur le modèle d’« utopie », pour désigner l’histoire recommencée, celle qui s’exprime en général par « Et si … ? »

*** Idée que l’on retrouve dans « L’Homme qui tua Liberty Valence », de John Ford(1962, USA), avec James Stewart, John Wayne, Lee Marvin, Vera Miles.

**** « Most. Un train vers le ciel »(2003)tchéco-américain
Réal.  Bobby Garabedian
Avec Vladimir Javorsky, Ladislav Ondrej, Linda Rybova, Klara Issova, Ester Geisslerova
Durée : 33 min VOST(Tchèque, sous titré en Français).
Ed dvd Sephora, 2012

Most est un mot tchèque qui signifie « Le pont », et aussi le titre de ce court métrage racontant l’histoire d’un père aimant, de son jeune fils, et du jour fatidique où ils tentent d’éviter un désastre ferroviaire. Les centaines de passagers à bord du train arrivant à pleines vapeurs ne réalisent pas le danger auquel ils s’exposent à l’approche d’un pont-levis en position verticale. Alors qu’une jeune femme désespérée est témoin d’un acte de courage au-delà de toute imagination, sa vie est changée à jamais. A la fois déchirant et touchant, Most retrace une histoire de sacrifice, de pardon et d’espérance. Film inspiré de Jean 3.16  (http://www.maisonbible.net/sep3589/un-train-vers-le-ciel-most-2003-dvd-sous-titre-francais-et-hollandais ; http://librairie-7ici.com/dvd-film/3270-dvd-most-un-train-vers-le-ciel.html )

Stupéfiant d’émotion. Et désarçonnant dans sa façon de raconter une histoire, avec beaucoup de non-dits, de suggestions. Un film qui fait à la fois appel à l’intelligence et au coeur des personnes.
Bande annonce officielle : http://www.topchretien.com/toptv/view/18463/un-train-vers-le-ciel-most-bande-annonce-officielle.html

Regardable ici.