Foireux liens de juillet (28) : consommations, mensonges et dépendances

Les « Foireux liens » de juillet : une édition « chaude »…..pour réveiller, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien…

De nouveaux « foireux liens » pour l’été, avec une nouvelle sélection de ce qui nous a paru marquant depuis ces deux derniers mois. Cette édition de juillet, particulièrement « osée »,  vous propose des « sujets chauds »…..pour réveiller, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien, et nous encourager à rester vigilants, en cette période de défis et de tentations !

Nous vous souhaitons de bonnes lectures édifiantes ! 

 

1) Sexe sur grand écran : Les scènes de nudité sont plus réelles que vous ne le pensez.

« Qu’est-ce que ça vous ferait(…), maris, d’être d’accord que votre épouse dévoile ses seins et son corps devant une caméra? Qu’est-ce que ça vous ferait d’autoriser un autre homme à la déshabiller, l’embrasser, tomber avec elle sur un lit et simuler une relation sexuelle avec elle? Qu’est-ce que ça vous ferait d’être d’accord qu’une équipe de tournage filme la scène, image après image, angle après angle, jusqu’à ce que chaque détail soit parfaitement convaincant? Qu’est-ce que ça vous ferait d’approuver que la population entière regarde cette vidéo en tant que divertissement ? »

Voir aussi : Pourquoi la consommation de pornographie est-elle considérée comme un péché ? Est-ce que le porno est une forme de prostitution (puisque les femmes sont payées pour poser nue/faire des actes sexuels) ?

2) Enfant, smartphone et porno : l’alarme des médecins

Le 15 juin, des professionnels de santé parmi lesquels le Pr Nisand (président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français) ont interpellé les pouvoirs publics sur un sujet tabou, l’exposition massive à la porno pour les enfants et les adolescents.
« Pourquoi ce sujet était-il tabou », s’interroge le journaliste-blogueur Patrice de Plunkett ? « Parce qu’il met directement en cause l’industrie des smartphones : business privé dont l’emprise sur les circuits nerveux de la société intimide les pouvoirs publics, qui s’en rendent de plus en plus complices ». « Les films pornographiques, gratuits et accessibles en un clic, sont visionnés principalement par l’intermédiaire des smartphones qui échappent au regard des parents », constate le Pr Nisand : par le smartphone, « la rencontre avec les images pornographiques peut se produire dès le plus jeune âge, dans la cour de récréation du primaire et parfois de façon non souhaitée…. »

3) L’OMS reconnaît l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie

La pathologie est définie comme une « priorité accrue » et prolongée au jeu ayant des conséquences sur les « activités personnelles, familiales, sociales, professionnelles »…..

4) Un test simple pour les pasteurs pour savoir ce que les gens pensent que l’on pense
Où il est question d’un principe qui peut servir de test pour savoir quel est l’écart entre nos convictions théologiques et ce que les gens perçoivent de ces convictions. Ainsi, si personne ne confesse ses luttes avec la pornographie, nous communiquons implicitement que pour ce péché, ils doivent se débrouiller seuls. Si certains péchés semblent être absents de votre communauté, il y a seulement deux possibilités: soit ils n’existent pas, soit (et c’est plus probable) on n’ose pas en parler, par crainte d’être jugé…..

5) L’église locale indispensable à ma croissance

« J’arrive très bien à vivre ma foi tout seul » : bien des chrétiens ont pris le parti de ne pas fréquenter d’église locale. Ils se nourrissent spirituellement par un culte personnel quotidien ou des cultes de famille (c’est très bien), en écoutant des prédications sur internet (on ne peut que l’encourager si le prédicateur tient la route) ou en se connectant régulièrement sur [un site web d’édification chrétienne]. Mais est-ce suffisant ? Peut-on, sous prétexte qu’aucune église n’est parfaite, que les chrétiens nous déçoivent ou que les anciens sont faillibles, devenir un chrétien « non-églisé »? La Bible répond « non ».

6) Que veut vraiment dire « éduquer aux médias » ?
L’éducation aux médias est en vogue dans les discours politiques français. Mais que recouvre au juste cette notion, et quelles formes prend-elle ?

7) Pourquoi quitter Facebook ne sert à rien

La chercheuse danah boyd nous partage ses six croyances (idées) sur le sujet, qu’elle étaye dans ce billet qui n’est pas récent, puisqu’écrit le 23/05/10 [dispo en version française sur OWNI], à la lumière des discussions récentes [et toujours actuelles] sur l’opportunité d’un départ de Facebook, notamment suite au scandale mêlant le réseau (a)social et Cambridge analytica, qui a éclaté ce printemps.

Ainsi, par exemple :

Je ne crois pas qu’une alternative va émerger dans les 2 à 5 prochaines années et remplacera Facebook de quelque manière que ce soit.

Je crois que Facebook va être régulé, et j’aimerais qu’il y ait une discussion ouverte sur ce que cela signifie et quelle forme cela pourrait prendre.

Je crois qu’une minorité importante des utilisateurs court des risques à cause des décisions prises par Facebook et je pense que nous devons à ceux qui sont dans cette situation de travailler sur cette question.

Je crois que Facebook a besoin dès que possible d’engager un dialogue public avec ses utilisateurs et ceux qui sont concernés (…….) je pense que Facebook joue un rôle central dans la vie de beaucoup et je pense qu’il n’est pas sensé de dire qu’ils devraient “juste partir” si ils ne sont pas contents. C’est comme dire aux gens qu’ils devraient juste quitter leur appartement si ils ne sont pas satisfaits de leur proprio, quitter leur femme parce qu’ils ne sont mécontents d’une décision ou quitter leur boulot si ils sont mécontents de leur boss. La vie est plus compliquée qu’une série de choix simplifiés et on fait en permanence des décisions calculées, en comparant coûts et bénéfices. On garde nos boulots, appartements et époux(se) même si c’est le bazar parce qu’on espère rectifier le problème. Et ceux qui ont le plus à gagner de Facebook sont ceux qui sont le moins susceptible d’en partir, même s’ils sont ceux qui ont le plus à y perdre (…) Changer de réseau social est coûteux, comme quitter son logement ou son travail, ou partir en général. Plus la relation est profonde, plus il est difficile de s’en aller. Et la relation que Facebook a construit avec beaucoup de ses utilisateurs est très très très profonde.

 8) Parcours sup 

Cet étudiant en informatique de 22 ans a étudié le code source de Parcoursup pour savoir ce qui se cache derrière cette nouvelle plateforme d’inscription dans le supérieur. Voici ce qu’il a trouvé…

Voir aussi https://www.bastamag.net/Parcoursup-un-algorithme-kafkaien-qui-renforce-les-inegalites-sociales

9) Un monde de feed-back permanent ?

« Nous vivons dans une époque de feed-back généralisé », constate Zeboute, sur son blogue. « Tous nos actes demandent un feed-back. En entreprise, par le feed-back de ses collègues. Dans nos usages numériques. Les coachs virtuels des applications numériques : la course, le sommeil. Tout est matière à se mesurer. Et rétroactivement, nous conduire selon ces paramètres ». Alors voici son propre feed-back : « L’invention de la rétroaction ».

10) L’heure vient, de remettre en question « la propriété privée libérale »

« L’heure vient de mettre en cause la « propriété » libérale… » (titre de façon provocatrice Patrice de Plunkett sur son blogue – pour briser un tabou ?)…. « et de faire naître la culture qui  permettra ce changement : repenser la propriété des biens universels pour explorer la question des communs ».

« Croix de bois, croix de chemin de fer ». Paru dans CQFD n°166 (juin 2018), rubrique Chien méchant, par Soulcié

11) La réforme de la SNCF a été définitivement adopté par le Parlement en juin. Au fil des jours de grève, les syndicats de cheminots auraient bel et bien obtenu quelques garanties, notamment sur l’avenir de l’entreprise, comme quoi il n’y aurait pas de privatisation de la SNCF.

 

12) Les sans papiers privés d’AME

Asile : le Sénat adopte la restriction de l’aide médicale d’État. En adoptant, à une courte majorité, un article introduit par la droite, le Sénat est revenu sur le dispositif qui permet aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès aux soins. Il le remplace par une « aide médicale d’urgence », concentrée sur les maladies graves.(21/06/18)

Commentaire sur twitter(23/06/18) de Maître Eolas, juriste blogueur : « Mais bande de cretins, l’AME n’est pas un cadeau fait aux sans papiers, c’est une mesure de santé publique. Vous préférez sérieusement crever de la tuberculose plutôt que de permettre à un sans papier de se soigner avant de vous contaminer ? » Et cet autre sur le même réseau (a)social : « L’#AME permet à un hôpital, qui soigne tout patient quelle que soit sa situation administrative, d’être remboursé pour le coût des soins. Supprimer l’#AME, c’est creuser le déficit des hôpitaux. En plus d’être honteux, c’est crétin » (P.Y. Geoffard, économiste).

13) Aide aux migrants : le Conseil constitutionnel censure partiellement « le délit de solidarité » et consacre « le principe de fraternité ».

Au moment où les pays de l’Union européenne se déchirent sur les questions migratoires, face à la montée des droites dures sur le continent, cette décision constitue indéniablement une victoire importante pour les associations et les personnes qui avaient saisi le Conseil d’une question prioritaire de constitutionnalité. A l’origine de cette requête, notamment, l’agriculteur Cédric Herrou, devenu le symbole de la défense des migrants de la vallée de la Roya, l’un des principaux points de passage des migrants arrivés en Europe par l’Italie.

14) Réduction des contrats aidés : un « séisme » social pour les quartiers populaires et le monde associatif

La réduction drastique des contrats aidés – dont le nombre sera plus que divisé par deux d’ici fin 2018 – va priver le sport, la culture, l’accompagnement des personnes âgées ou le soutien scolaire, de plus d’un milliard d’euros de ressources. Une catastrophe selon de nombreux responsables associatifs, auxquels Bastamag a donné la parole. Rejoints par les constats de plusieurs parlementaires, ils s’inquiètent de l’effondrement prévisible de pans entiers du secteur. Partout, et d’abord sur les territoires et auprès des populations qui en ont le plus besoin, des activités vont être réduites, des services vont se dégrader. Enquête sur un gâchis à échelle industrielle.

15) Effondrement (bis) : Quand Edouard Philippe et Nicolas Hulot en parlent ensemble…

« Cette question me taraude beaucoup plus que certains ne peuvent l’imaginer », a assuré le Premier ministre Edouard Philippe, mardi 3 juillet, lors d’un Facebook Live organisé avec Nicolas Hulot, ministre d’Etat de la Transition écologique et solidaire. Le sujet ? L’effondrement, ce discours de plus en plus audible annonçant l’effondrement économique et écologique de notre civilisation. « Mais l’interprétation que fait le Premier ministre d’ « Effondrement », le livre du géographe et biologiste américain Jared Diamond, qu’il cite régulièrement comme référence pour expliquer que le géographe et biologiste américain (l’aurait) « converti » aux questions environnementales, est toute personnelle », constate Usbek & Rica, magazine trimestriel qui « explore le futur ». Cependant, « l’ironie de la situation est assez cruelle quand on constate les nombreux reculs du gouvernement sur les sujets environnementaux au cours des derniers mois : loi agriculture et alimentation vidée de sa substance par le Sénat, recul sur l’interdiction du glyphosate, autorisation d’une raffinerie basée sur l’huile de palme, entre autres échecs bien éloignés du slogan d’affichage Make the planet great again ».

Un article repéré grâce à « Déconstruction de l’homme », un blog inspiré par la pensée de Jacques Ellul et partenaire de Pep’s café, que vous pouvez explorer ici.

16) Donald Trump et les migrants : les raisons du jusqu’au-boutisme

Une vidéo a été partagée des centaines de milliers de fois et on y entend des cris d’enfants qui sont enfermés dans une cage. Qui aurait pu imaginer que cela se passerait aux États-Unis, au XXIe siècle, et qu’il s’agissait là du résultat d’une politique officielle, voulue par le gouvernement et totalement assumée ? La colère a alors bien souvent pris le pas sur la surprise et l’effroi, poussant finalement le Président à reculer….

17) Corée du Nord/USA : l’accord Kim-Trump

Stupeur des « Occidentaux » devant le spectacle de Singapour.  Annoncée et accompagnée par un fracas planétaire, la rencontre Trump-Kim n’aboutit à rien de compréhensible pour nos médias. Rivés qu’ils sont à l’homme de Washington, ils sont éberlués qu’il ne retire rien de ce face-à-face…

18) « Le pari Bénédictin », une série à découvrir et à suivre

A découvrir, sur Phileo-sophia, le blogue d’Etienne Omnès, toute une série d’articles consacrée au « pari bénédictin » (éd La Nef), le livre de Rod Dreher. « Le but du livre est de donner à l’église une stratégie pour survivre à cette époque post-moderne », laquelle n’est pas la « fuite dans le désert ». De l’aveu de l’auteur, comme nous l’explique Etienne Omnès, ce choix de cette « étiquette nouvelle et catchy Benedict option sert à désigner en fait une très vieille démarche : celle de vivre selon Soli Deo Gloria. Ou, selon les termes de Dreher « que l’Eglise soit l’Eglise ».

19) Quelques questions et autant de réponses tirées du site « 1001 questions », animé par des répondants « attestants », un courant confessant protestant. Et vous ? Comment auriez-vous répondu ?

Que faire d’un verset comme Lév 19:19 qui interdit le port de chaussettes en coton et polyamide ?

Pourquoi certains disent que c’est un péché d’aller au théâtre ou au cinéma ?

Se remarier après un divorce est-il accepté par la foi chrétienne ?

 

20) Et le dernier pour la route : A ta santé, Timothée !

En plein milieu d’un développement sur la rémunération, la discipline et la sélection des responsables d’Églises (1 Tm 5.17-25), Paul invite son disciple Timothée à « prendre un peu de vin » pour sa santé… Une exhortation surprenante que l’on pourrait supprimer sans perdre le fil de la pensée. Elle n’est pourtant pas là par hasard puisqu’elle est attestée, à cet endroit, par tous les manuscrits du Nouveau Testament… Quelques réflexions particulièrement bienvenues sur cet étonnant conseil, à l’heure où certains font un dogme de leur opinion sur le sujet …

 

Prochains « Foireux liens » courant septembre.

La « post-vérité » : un « bob’art »

La vérité est-elle morte, cédant la place à la « post-vérité » ?
(Couverture du Times du 23/03/17, avec une interview exclusive de Donald Trump)

« Post-vérité », c’est « le mot de l’année 2016 » pour le très sérieux et très prestigieux « Oxford English Dictionary ». Un choix qui a été jugé un peu trop « politique », en comparaison des années précédentes, quand le vapotage ou les émojis entraient dans le célèbre dictionnaire. « Clairement », précise le blogueur Alexandre Roberge sur « Thot cursus » (un site dédié à la promotion de la formation et de l’utilisation des outils numériques pour l’éducation et la culture), «  le dictionnaire anglais a voulu rappeler par son choix deux événements qui ont le plus marqué politiquement l’année 2016 : la sortie de l’Angleterre de l’Union européenne (le Brexit) et l’élection présidentielle américaine de Donald Trump. Dans les deux cas, les campagnes électorales ont fait surtout appel aux sentiments et aux aspects plus irrationnels des électeurs, quitte à devoir pour y arriver, mentir sciemment ».

Sinon, « étymologiquement », explique Alexandre Roberge «  le terme (post-vérité) est d’autant plus fascinant qu’il n’a pas le sens normal. « Post » veut d’habitude dire après mais ici il a perdu ce sens pour dire que cela ne s’applique pas. Ainsi, nous sommes donc dans une société « post-vérité » ou « post-factuelle » où les faits bruts sont supplantés par les émotions, l’opinion personnelle et même les mensonges »

Et comme « le dirait même plus » Jérôme Prekel dans un article intitulé « l’Ère de la post-vérité », publié sur son blogue « Le Sarment », ces mensonges « ne cherchent même pas à être crédibles », étant exprimés « de manière à faire vibrer les auditoires. Cette nouvelle expression (post-vérité) ne fait que remettre au goût du jour les ressorts du discours populiste, utilisé par les démagogues qui mobilisent le peuple par des promesses électoralistes (synonyme de “fausses”) ou qui flattent ses « bas instincts » comme le nationalisme, la xénophobie, voire le racisme ou qui exacerbent les réflexes sécuritaires ».

« À chacun sa vérité » sur Internet

Comment en est-on arrivé là ? La faute aux « auteurs postmodernes » comme Jacques Derrida, qui à trop relativiser la vérité, aurait fini par en ruiner la valeur ? L’écrivain Ralph Kayes (L’Ère de la postvérité, 2004), cité par le dernier numéro de « Sciences Humaines », rappelle quant à lui que les réseaux sociaux deviennent la première source d’information, au détriment des médias traditionnels, décrédibilisés. Or, sur le Web 2.0, les informations erronées et les sources peu vérifiables abondent. Et à l’ère des réseaux sociaux, tous croient posséder leur propre vérité et cherchent, non pas tant des médias « d’information » que des médias « de confirmation ».

 Et les médias, là-dedans ?

S’il convient de se garder d’une attitude trop « sentimentale » et « naïve » à l’égard des médias (« tout serait vrai »), il convient également de se garder d’un autre extrême, tout aussi nocif (puisqu’ouvrant la porte au relativisme, au scepticisme et au complotisme), lequel prétend que « tout serait faux » dans les médias et sur internet (sauf celui qui affirme une telle chose !).

Néanmoins, un journaliste professionnel m’avait confié il y a deux ans que, pour lui, « la vérité », « ça ne veut pas dire grand-chose ». « Un bon journaliste », selon lui, est celui qui cherche à comprendre un événement et à vérifier l’information, en allant à la source. Néanmoins, selon lui, « il n’y (aurait) pas de vérité absolue », mais « des points de vue différents ». Une tendance confirmée par Jean-Luc Martin-Lagardette, lequel, journaliste et essayiste, relève qu’ « il y a belle lurette, en France, du moins », que ses collègues journalistes « ne croient plus en la vérité ! Et qu’ils ont cessé de la poursuivre. Selon eux, il serait « naïf » de croire que l’on peut atteindre la vérité », puisque « tout homme un tant soit peu cultivé sait bien que la vérité est hors d’atteinte » (Décryptez l’information, Dangles éditions, 2014, pp 14-15).

Bien entendu, souligne JL Martin-Lagardette, « idéalement parlant, ils ont raison : on ne peut pas parler de vérité absolue [plus exactement, nul ne peut prétendre « posséder » la vérité absolue, mais il peut s’en approcher, la connaître ou du moins, la désirer, la rechercher], mais pas moins, alors que de justice, de liberté, d’égalité ! Pour autant, devrions-nous abandonner toutes ces valeurs ? » Or, « nous avons besoin de la vérité », comme horizon à atteindre, d’autant plus que « la recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible »(op. cit., pp 15-16).

Ironie du sort, les « clés de la presse », « la boîte à outils des professionnels de la presse », enquête, dans son dernier numéro de janvier 2017, sur la façon…..« dont les médias se mobilisent pour rétablir la vérité », à l’heure où le phénomène de « post-vérité » (leur) pose question !

Dien envoie une puissance d’égarement parce que le Monde VEUT croire dans ce que nous appelons «le mensonge»

Repère biblique

Jérôme Prekel, dans l’article cité plus haut, rappelle que « l’apôtre Paul décrit un contexte semblable dans une de ses lettres aux Thessaloniciens, dans laquelle il décrit une situation future de la grande scène du monde » : il y est question de « la place centrale du mensonge et la vérité dans une société en proie à la confusion spirituelle ».

«…L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge,… afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés.» (2 Thess. 2/9 à 12)

Pourquoi Dieu envoie-t-il une puissance d’égarement ?

Nous avons besoin d’une réponse à cette question. En effet, la plupart des chrétiens prient pour que Dieu améliore la situation du monde, et c’est tout-à-fait juste, sous un certain angle : nous prions pour les autorités, pour les gouvernements, mais il semble ici que cette prophétie intègre un interventionnisme divin négatif : alors que la situation est catastrophique, Dieu accentue le problème.

Il faut noter cependant que Dieu ne déclenche pas un phénomène d’incrédulité mais il l’entérine, ce qui a pour effet d’accélérer un processus de confusion qui semble être parvenu à un point de non-retour, à savoir une société qui se livre graduellement au mensonge, jusqu’à un stade irréversible.

Dien envoie une puissance d’égarement parce que le Monde VEUT croire dans ce que nous appelons «le mensonge» (nous en avons la preuve avec le phénomène de post-vérité qui se déploie actuellement sous nos yeux), c’est-à-dire dans une forme d’existence, de fonctionnement et de progrès, sans Dieu. C’est en quelque sorte l’aboutissement de l’errance loin de la vérité, qui a commencé le jour où le premier couple a fait son premier pas en dehors du jardin d’Eden. Et cette errance ne peut engendrer à terme que le chaos, si les appels à revenir au Créateur ne sont pas entendus.

(…)Lorsque la société moderne décide de placer le mensonge exactement à la place de la vérité, en bricolant un élément de langage pour faire illusion, c’est le signe fort que nous sommes à une heure cruciale, proche de la situation décrite dans la prophétie de Paul. Nous voyons par exemple le Président du pays le plus puissant du monde se révéler comme un menteur compulsif, élu sur la base de ses mensonges, mais une grande partie des chrétiens continuent d’espérer avoir eu raison de voter pour lui. N’est-ce pas justement le signe d’un grand égarement ? » 

Ce débat amène toute la question de vérité avec un grand « V ». Et au-delà de la question philosophique de la réalité, beaucoup comptent sur la technologie pour lutter efficacement contre la désinformation. L’on citera les projets des géants Google, « Cross check » et de Facebook, « Crowd tangle », pour contrer les « fake news ». Toutefois, les algorithmes privilégient en général la popularité des articles. Sans compter qu’il serait surprenant qu’une intelligence artificielle puisse reconnaître la vérité quand cela n’est déjà pas évident pour des humains et, surtout,  d’autant plus qu’elle n’a pas de mémoire – historique….Signalons encore « le Décodex », lancé début février par l’équipe des « Décodeurs » du journal Le Monde, qui est un outil de vérification de la fiabilité des sites d’information. Sauf que tout n’est pas encore recensé et que l’on peut s’interroger sur la légitimité d’une source d’information à juger d’autres sources d’informations concurrentes fiables ou non, mais il s’agit déjà d’un début de réponse.

Resterait la solution éducative

« Éduquer la jeunesse » à l’information et au discernement (c’est le propre de la maturité, cf Hébr. 5v14) serait une façon de freiner le mouvement post-factuel. Par exemple, en rappelant que « la recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible » ; en apprenant à adopter une démarche intellectuelle équilibrée se situant entre le « tout est vrai » et le « tout est faux » ; en apprenant à discerner le vrai du faux, la publicité(la communication) de l’information,  « l’infaux » parodique(ou non) de la véritable « info », l’information de l’opinion, et à savoir lâcher ses opinions pour mieux saisir la vérité….. Mais aussi en (ré)apprenant à lire….pas uniquement le titre mais tout un article, et pas « en diagonal » !

 

 

Aller plus loin :

http://www.e-media.ch/e-media/evenements/semaine_des_medias/mat_ped/theories_du_complot

http://www.acrimed.org/Post-verite-et-fake-news-fausses-clartes-et

http://www.meta-media.fr/2017/01/30/mais-qui-donc-a-invente-la-post-verite.html

http://www.meta-media.fr/2017/03/15/deux-fabricants-de-fake-news-sexpliquent.html

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/01/31/dire-la-verite-toute-la-verite-rien-que-la-verite-dire-betement-la-verite-bete-ennuyeusement-la-verite-ennuyeuse-tristement-la-verite-triste/

 

 

 

 

Trois films (sinon rien) pour apprendre à écouter, à regarder, et pour mieux s’engager

Idées subversives subventionnées... (Goodwin/Burr. Economix)

Des idées subversives subventionnées…plein la tête !
(Goodwin/Burr. Economix)

« Ecoutez-moi tous et comprenez… »(Jésus. Marc 7v14)

« Que celui qui a des oreilles pour entendre entende »(Jésus. Matt.11v15)
« Ne jugez pas selon l’apparence mais portez un jugement juste »(Jésus. Jean 7v24)
« Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu’ il les connaissait tous. »(Jean 2v24)
« …et que les autres jugent… »(1 Cor.14v29)

 

« On dit encore que la nature, en nous donnant deux oreilles et une seule langue, voulut nous obliger à moins parler pour mieux entendre », selon Plutarque* dans « Comment écouter » (Payot/Rivages poche, 2012. Petite bibliothèque, p17). Le même aurait pu ajouter : « ainsi que deux yeux…pour nous obliger à mieux regarder ».

« Mieux entendre » ou « mieux écouter », comme « mieux regarder », sont autant d’exercices permis par le cinéma en direction d’enfants ou d’ados, mais aussi d’adultes, pour peu que l’on se livre au décryptage adéquat, avec la finalité suivante : mieux réfléchir pour « mieux s’engager ». Car, pour quelles raisons consacrer environ 1h30 à un film, pour que notre temps soit bien employé ?

A quoi rends-tu ton cerveau "disponible" ?

Pour quoi rends-tu ton cerveau « disponible » ?

Rendre notre cerveau « disponible » ? Ou bien, ou bien… ?

Voici trois films possibles, parmi d’autres, utilisables pour ce type d’exercices :
Un film muet (mais sonore) pour « mieux écouter »(non, non, ce n’est pas une blague) ; un second offrant une multiplicité de points de vue pour « mieux regarder » et un dernier, dont la finalité était de provoquer une réaction de la part du spectateur-pour « mieux s’engager ».

 

Sidewalk stories, de Charles Lane(1989) : un film muet, où l'on n'est pas dispensé d'écouter...

Sidewalk stories, de Charles Lane(1989) : un film muet, où l’on n’est pas dispensé d’écouter…

1)Un événement pour les cinéphiles ou pour les enseignants familiers d’« école et cinéma » : après sa ressortie en salle en version restaurée, en octobre 2013(il est encore visible à l’écran, notamment à Paris), voici enfin la sortie dvd de « Sidewalk stories » de Charles Lane(1989)chez Carlotta**, depuis octobre 2014.

 

L’histoire : Un artiste de rue sans le sou vivant en plein coeur de Manhattan, recueille une petite fille de 2 ans dont le papa est assassiné sous ses yeux. L’adoptant presque malgré lui, il va tenter de prendre soin d’elle et de subvenir à ses besoins, alors qu’il y parvient difficilement pour lui-même.

 

Sidewalk stories : "the artist" et la petite fille

Sidewalk stories : « the artist » et la petite fille

Bien avant « the Artist »(2011) de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin, découvrez cet autre « Artist », héros d’un film « moderne », en N & B, « muet », ou plutôt « sans paroles »(sauf à la fin) et sonore. Le parti pris artistique-faire un film « muet et en noir et blanc » en 1989, alors que le son et la couleur sont disponibles-procède d’une intention : transmettre un message à celui qui saura l’entendre. En choisissant de « priver de voix » les protagonistes, Charles Lane tente de nous sensibiliser aux « sans »(abris, argent, voix, considération, dignité…bien avant l’expression des « sans dents » qui a récemment fait polémique)qui ne parviennent pas à se faire entendre, soit ceux que la société n’écoute pas. Mais aussi ne voit pas-ou ne veut pas voir. On pense à cette exhortation, adressée à un roi, dans Proverbes 31v8-9 : « ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés. Ouvre ta bouche, juge avec justice et défends le malheureux et l’indigent. »

 

2) Rashômon*** : « la séance du spectateur »

Réalisé en 1950 par Akira Kurosawa-par ailleurs également réalisateur des « Sept Samouraïs », un véritable « Maître »(à l’instar de John Ford ou de Fritz Lang). Lion d’or à Venise et Oscar du meilleur film étranger, c’est le film qui a fait connaître le cinéma japonais en Occident. Le scénario a été coécrit par Shinob Hashimoto et Akira Kurosawa d’après « Dans le fourré », et « Rashômon », deux nouvelles d’Akutagawa Ryunosuke [IN Rashômon et autre contes. Gallimard/UNESCO, 2000. Connaissance de l’Orient, pp 76-94].

Il est possible de le voir intégralement (en VOST) ici :

L’histoire : Trois hommes, un bonze, un bûcheron et un domestique, surpris par une pluie diluvienne, se mettent à l’abri sous les ruines d’un vieux portique, « Rashômon », dans l’antique Kyoto en proie à la guerre civile. Pour se distraire, ils évoquent un procès au cours duquel ils ont été cités comme témoins. Le bûcheron a découvert dans la forêt le cadavre du samouraï Takehiro qui, voyageant avec son épouse Masago, avait été attaqué par le bandit Tajomaru et lié à un arbre. Après avoir violé sa femme, le bandit libéra le samouraï et le tua en duel.
Un dramatique fait divers, d’une banale simplicité, d’autant plus que  le coupable a été arrêté et condamné. Or, cette affaire n’est simple qu’en apparence, puisque cinq versions nous sont racontées en flash-back successifs.

Qui dit vrai ? Où est la vérité ?

Un procédé novateur pour l’époque(mais mainte fois copié depuis), particulièrement déstabilisant pour le spectateur habitué au fait que tout ce qui est montré est réel (ou que « l’image ne ment pas »), mais invité ici à se questionner sur ce qu’il voit****. Mais le plus intéressant ne me paraît pas dans une démonstration d’un certain relativisme(existe-t-il « une » vérité ? Peut-on jamais la connaître ? etc…), mais plutôt dans le fait que chaque témoin présente une version personnelle du drame, soit celle qui lui est la plus favorable, ou susceptible de le mettre en valeur. Pourquoi témoigne-t-on ? Qu’est-ce qu’être témoin ? D’où ce constat pessimiste du réalisateur sur la nature humaine : « L’Homme est incapable d’être honnête avec lui-même. Il est incapable de parler honnêtement de lui-même sans embellir le tableau. Ce scénario parle de gens comme ça (ce genre d’individus qui ne peuvent survivre sans mentir pour se montrer meilleur qu’ils ne le sont vraiment. Il montre également que ce besoin de faussement se flatter continue même dans la tombe puisque même le personnage mort ne peut s’empêcher de mentir sur lui-même en parlant à travers le médium). L’égoïsme est un péché que l’être humain porte en lui depuis la naissance et c’est le plus difficile à combattre. »*****

Dès lors, le rôle-clé n’est pas « à l’écran », joué par l’un des personnages, mais « hors de l’écran » ou « devant l’écran », interprété par le spectateur qui est invité à être un juge(ou un jury) chargé de discerner le vrai du faux.
De là la transition avec le dernier film :

 
3) 49ème parallèle de Michaël Powell****** ou « L’extension du domaine de la lutte ».
L’histoire : en 1940, six nazis, rescapés d’un équipage de sous-marin qui vient d’être coulé, essaient de traverser le Canada pour rejoindre les Etats-Unis, alors neutres. Sur leur chemin, ils rencontreront certains des habitants, tolérants et bienveillants, mais aussi, surtout, courageux, qui leur opposeront une véritable résistance spirituelle. Car la guerre est avant tout idéologique.

Comment se sentir concerné par un conflit qui paraît tellement lointain ? « Si tu ne viens pas au conflit, le conflit ira à toi », pourrait-on dire.
A la base, un film de commande et « de propagande », réalisé en 1941. Grâce à la persévérance de Michaël Powell, qui avait en vue un projet plus global, autour de la mondialisation du conflit, nous avons échappé à « un long métrage ayant pour toile de fond les techniques de guerre sous-marines ». En effet, le réalisateur souhaitait « faire un film au Canada pour flanquer la frousse aux Américains et les faire entrer en guerre plus vite. » Cela a donné un excellent film à l’angle original, plein de suspens, très moderne et jamais caricatural.

Ecouter ici le superbe thème musical de Ralph Vaughan Williams.

Voir le film, dans son intégralité(VO seulement) ici :

 

 

Notes :

* Pour une fois que nous avons une citation authentique avec auteur ! Le même Plutarque a aussi dit : « Car l’esprit n’est pas comme un vase qu’il ne faille que remplir. À la façon du bois, il a plutôt besoin d’un aliment qui l’échauffe, qui fait naître en lui une impulsion inventive et l’entraîne avidement en direction de la vérité. » (Comment écouter, Rivage poche, p. 67)

** « Sidewalk stories »(USA, 1989). Réalisation : Charles Lane. Scénario : Charles Lane. Musique : Marc Marder.

Avec : Charles Lane (L’Artiste), Nicole Alysia (La Petite Fille). Sandye Wilson (La Jeune Femme) … Noir et Blanc, sonore. Durée : 1h41. Distributeur (reprise) : Carlotta Films. Editeur Vidéo : Carlotta Films. Sortie cinéma France : 18 avril 1990. Sortie cinéma (reprise – version restaurée) : 9 octobre 2013. Sortie DVD / Blu-ray : 8 octobre 2014.

Bonus : Commentaire audio de Charles Lane et Marc Marder
« Vibrations » : entretien exclusif avec Charles Lane et Marc Marder autour du film (HD – 28′)
L’ensemble permet de mieux cerner la nature de Sidewalk Stories, notamment concernant la question des sans-abris, et de leur perception par la société. On y apprend également que le film a été tourné pendant une vague de froid de février en seulement quinze jours, le budget serré ne permettant pas d’offrir le confort de caravanes chauffées.

Court métrage : « A Place In Time » de Charles Lane, la matrice de Sidewalk Stories, réalisée plus de dix ans auparavant (1977 – HD – N&B – 34′)
Bande-annonce 2013 : http://youtu.be/SKixhUj942k

En savoir plus :

http://www.dvdclassik.com/critique/sidewalk-stories-lane

Travailler avec le film dans un cadre pédagogique :
http://www.cinehorloge.fr/IMG/pdf/SIDEWALK_STORIES_dossier_pedagogique.pdf

http://www.etab.ac-caen.fr/apiedu/ecoleetcinema/docs/Cinema-sidewalk_stories.pdf

 

***Rashômon(Japon, 1950)
Réalisation : Akira Kurosawa.
Avec : Toshirô Mifune, Machiko Kyô, Masayuki Mori, Takashi Shimura
N&B, 88 minutes (Edition DVD « films sans frontières », 2006)
Pour aller plus loin :
http://www.cinemalefrance.com/fiches/Rashomon.pdf

http://www.panorama-cinema.com/html/critiques/rashomon.htm

http://www.dvdclassik.com/critique/rashomon-Kurosawa

**** En comparaison, voir le parti pris du film « Eve »(1950-la même année que Rashômon) de Mankiewickz, où ce qui est montré « est vrai », alors que « ce qui est raconté et non montré est faux ».

***** Akira Kurosawa dans « Comme une autobiographie ». Cité par Christophe Buchet, pour Dvdclassik, dans cette analyse du film.

****** 49ème parallèle(Royaume-Uni, 1941). Réal. Michaël Powell

Avec : Eric Portman, Laurence Olivier, Anton Walbrook, Glynis Johns, Leslie Howard… N&B, 123 minutes

Deux éditions DVD : Carlotta(2013) et Institut Lumière(2006)

En savoir plus :

http://www.dvdclassik.com/critique/le-49eme-parallele-powellhttp://www.critikat.com/dvd-livres/dvd/49e-parallele.html

« Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste ».

Qu’est-ce que la vérité ?

Question essentielle et fondamentale, s’il en est, puisque de la réponse dépend notre liberté. Rien moins. Nous y reviendrons.

La question avait été posée jadis par Pilate à Jésus. Le procurateur romain attendait-il une réponse ? Il semble malheureusement que non, puisque l’intéressé sortit avant de l’entendre.

Selon Héraclite, « qui cherche la vérité doit être prêt à l’inattendu, car elle est difficile à trouver et, quand on la rencontre, déconcertante ».

Il existe « une vérité qui dérange », à l’instar du film éponyme d’Al Gore.

Dans « L’ultimatum des trois mercenaires », l’ultime film de Robert Aldrich*-enfin disponible dans son intégralité chez Carlotta-qui décrit une société où l’image est omniprésente et fragmentée, et où l’on s’identifie à l’aide de numéros, le personnage du président des Etats-Unis estime que la vérité (et la transparence) est « un devoir des gouvernements, vis à vis des citoyens », qui sont jugés suffisamment mûrs pour « avoir le droit de savoir ».

Charles Péguy, enfin, a eu l’ambition de « Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste. »**

Qu’est-ce que la vérité ?

D’après le Nouveau Dictionnaire Biblique Emmaüs, le mot hébreu ’emet’, dans l’Ancien Testament, généralement traduit par « vérité », est lié à un verbe qui veut dire « supporter, soutenir, établir », avec l’idée de solidité, de fidélité. Il est appliqué à des faits, qui peuvent être appréciés pour être vrais ou faux. C’est son sens intellectuel. Mais il a aussi le sens existentiel et moral qui présente la vérité en tant qu’attribut d’une personne : être vrai, c’est être droit, honnête, authentique, sûr, fidèle, juste, homme de parole…

La Vérité (absolue) existe-t-elle ?
La question est toujours d’actualité et un défi pour le chrétien, face au relativisme et à la « fuite de l’absolu », qui caractérise notre occident post-moderne et que dénonce d’ailleurs Paul Gosselin, anthropologue évangélique ( cf  http://assr.revues.org/6342 ; http://assr.revues.org/21575?lang=en )
Or, l’on sera peut être surpris de constater que cette « fuite de l’absolu » n’est pas le monopole du postmodernisme, puisqu’il est notamment revendiqué dans cet article découvert depuis peu et dont voici l’introduction : « Jusque maintenant, la seule religion qui officiellement interdit le mensonge, c’est l’Islam. Le christianisme le combat et le condamne mais ne l’interdit pas, ce qui serait ridicule ».

De quoi s’agit-il exactement ? L’auteur, présenté sous le nom d’ «Andrea De Filippi » dénonce « deux amendements relatifs à l’IVG et à la notion de « détresse » (…) qui ont été « votés par le Parlement, dans le cadre de la loi sur l’égalité  » homme-femme ». Outre le fait qu’il s’agit de postures électoralistes plus que discutables, il faut remarquer que l’un de ces deux amendements vise ni plus ni moins à interdire le mensonge ».

Une telle dénonciation, si le but est bien de mettre en garde contre les conséquences de tels amendements, peut se comprendre. Un décryptage (texte à l’appui***) aurait été pertinent et judicieux. Néanmoins, l’auteur plombe lui-même de façon maladroite son propre argumentaire(ou supposé tel). Car « Interdire le mensonge » (ce que supposerait le texte) ou « interdire de parole ceux qui utilisent le mensonge pour discréditer l’avortement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui », semble être là le cœur du problème dénoncé par l’auteur, pour qui la fin justifie sans doute les moyens. Ce dernier se livre à un étonnant et inquiétant « plaidoyer », de toute façon peu convaincant (et fondé sur le silence, de fait de l’absence d’une seule citation biblique) sur le caractère supposé « relatif » de la vérité et du mensonge.
Cela fait beaucoup de suppositions ! On peut de fait douter du sérieux de l’auteur (dont l’identité affichée n’est peut-être que relative), et de sa capacité réelle à traiter et à maîtriser son sujet, autant dans les domaines théologiques et bibliques que juridiques. Sait-il en vérité de quoi il parle ?

Chacun jugera. Florilège :

 

« Nous savons tous que le mensonge est un concept plus que relatif ! »
Vous ne rêvez pas : c’est bien écrit. A la vingt-sixième ligne.
Ce « (nous) savons », loin d’apporter des certitudes solides, est plutôt de nature à « savonner » la marche des lecteurs sincères(chrétiens ou non), les entraînant sur un terrain glissant.

Car enfin, qu’est-ce que le mensonge ? Une « altération volontaire de la vérité dans le but de tromper ».
Contrairement à ce qui est affirmé plus haut, les Ecritures font plus que simplement « condamner » le mensonge : elles s’y opposent et l’interdisent radicalement (Ex.20v16, Deut .5v20), puisque le mensonge est associé à l’idolâtrie(Jér.10v14)et au rejet de Christ(1 Jean 2v22). A la base du péché, on trouve la volonté de « changer la vérité de Dieu en mensonge »(Rom.1v25). Le mensonge prend diverses formes, comme les demi-vérités, les faux poids, les faux serments, l’hypocrisie….

D’ailleurs, il est particulièrement périlleux de jouer avec la vérité et le mensonge, puisque « la colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive »(Rom.1v18).  De plus, « le faux témoin qui dit des mensonges », comme « celui qui excite des querelles entre frères », fait partie « des six choses que hait l’Éternel », et même « sept qui sont en abomination à son âme »(Prov.6v16-19, cf 12v22 et 14). « Celui qui dit des mensonges périra », annonce solennellement deux fois Prov.19v5, 9. Cf Lévitique 5v20-26, 2 Rois 5v20-27 et Deut.13v1-5.

Le Nouveau Testament n’est pas plus « cool » que le Premier à ce sujet : on relira cette histoire édifiante et malheureusement vraie dans Actes 5v1-11, et l’on se rappellera, en avec Apocalypse 21v8, 22v15, quelle est la part de ceux « qui aiment et pratiquent le mensonge ».

Pourquoi tant « intolérance biblique » vis à vis du mensonge ?
Cela s’explique par la nature de Dieu même : lequel est « lumière et il n’y a en Lui aucune ténèbres » (1 Jean 1v5). De fait, « Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la vérité. Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n’est point en nous ». (1 Jean 1v6-10)

Dieu ne ment point(Tite 1v2, Hebr.6v18) ; « L’Eternel est un Dieu de vérité »(Jer.10v10) et « la vie éternelle, c’est de connaître (le)seul vrai Dieu et Celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ »(Jean 17v3)

Par contraste, Mme de Filippi invoque ses lecteurs supposés, dont « aucun n’(est censé)ignorer qu’en réalité, il n’y a aucune vérité absolue en ce bas monde, abstraction faite de la foi de chacun ».
Une affirmation fausse et dangereuse, qui tend à favoriser une foi subjective, ne reposant sur rien de solide ou d’absolu, puisque selon l’auteur, « il n’y a aucune vérité absolue en ce bas monde ». Bref, une subjectivité plus proche de la mauvaise foi et bien éloignée de « la foi subjective »(ou personnelle-que chacun doit s’approprier et donc vivre personnellement, de manière authentique) de Kierkegaard. N’est pas philosophe qui veut.

Mieux, l’auteur assène un « Qui peut encore croire, à part quelques extrémistes de tout bord – se manifestant aussi sur ce site d’ailleurs – que dire la vérité tout le temps est possible? »

Jésus-Christ, peut-être ? Lequel « extrémiste », à moins qu’il ne soit en vérité radical, a par ailleurs affirmé : « je suis le chemin, la vérité et la vie » ?(Jean 14v6). Lequel Jésus est « le Dieu véritable »(1 Jean 5v20), « Lui qui n’a point commis de péché, Et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude… »(1 Pie.2v22) ?

A l’inverse, Satan est « menteur et Père du mensonge »(Jean 8v44, 2 Cor.11v14). Sa technique n’a pas changé depuis le commencement : « proposer une bouteille contenant 99,9 % d’eau pure et 0,1 % de poison ». En buvant, ce n’est pas l’eau de la vérité qui vous tue, mais le poison qui y est mélangé[« pas touche » in Promesses janvier-mars 2014, 187 – « l’occultisme démasqué »)

La vérité peut-être elle connue ? Oui, car la vérité est incarnée en Jésus.  Elle « est en Jésus »(Eph.4v21). La vérité existe donc : elle est non seulement incarnée, mais aussi relationnelle, à l’instar de la vie éternelle. Elle n’est donc pas relative, mais absolue. Dieu la veut reproduite en nous, Ses enfants : Eph 4v15, 21-24

A quoi reconnaît-on les disciples de Jésus ? D’abord, à l’amour qu’ils ont les uns pour les autres. Ensuite, « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »(Jean 8, 31 – 42)

A quoi reconnaît-on les enfants du Dieu véritable, qui est lumière ? Ils rejettent « les choses honteuses qui se font en secret », ils n’ont « point une conduite astucieuse », et ils n’altèrent « point la parole de Dieu. Mais, en publiant la vérité », ils se recommandent « à toute conscience d’homme devant Dieu » (2 Cor.4v2-4). Ils n’avancent pas masqués, agissent selon la vérité et « viennent à la lumière, afin que (leurs) œuvres soient manifestées, parce qu’elles sont faites en Dieu ». (Jean 3v19-21cf matt.5v14-16). Ils sont sanctifiés par la vérité(jean 17v17). Ils sont passés des ténèbres à la lumière, sont enfants de lumière et leur fruit consiste en toutes sortes de « bonté, justice, vérité »(1 Thes.5v5-6 ; Eph.5v8-13) : vérité relative ? Bonté relative ? Justice relative ?
A noter encore que le Saint-Esprit est « l’Esprit de vérité »(Jean 16v13) et la Parole de Dieu « est la vérité »(Jean 17v17)….à moins que les Ecritures n’aient qu’une autorité « relative » pour l’auteur ? Lequel auteur juge que « Nous mentons dans les faits, dans les attitudes, dans les paroles et tant mieux, parce que cela nous évite d’être totalement seuls et rejetés de partout ».
Un aveu personnel de l’auteur, qui n’aurait recours qu’au seul buzz pour exister ? Bref, prônons donc l’hypocrisie, levain des pharisiens (Luc 12v21).

Il est d’ailleurs singulier de pouvoir lire de tels propos sur un site s’affichant « évangélique », et qui ambitionne de donner à lire de « l’actualité chrétienne ». Il est aussi singulier que l’on ait pu écrire un tel article pour un tel site, et que le propre responsable dudit site ait pu accepter de publier un tel article.
Mais il est plus encore singulier qu’un tel article ayant provoqué plus de 100 commentaires(dont pas mal de hors-sujets) ait suscité si peu de réactions(voire presqu’aucune****) contre ce qui apparaît comme une apologie du relativisme, donnant à lire une vision caricaturale et fausse du Christianisme biblique.

Mais peut-être que cet article n’est-il en réalité qu’un vaste canular ? Faut-il le prendre « au second degré » ? Peut-être n’a-t-il en réalité pour seul but que de dénoncer le relativisme, sous le mode de l’ironie, en feignant de prendre sa défense ?
On peut rêver, mais non. La preuve étant les interventions du modérateur-le responsable du site (« Rédacteur »), qui se veut « pédagogue » pour expliquer l’intention de l’auteur :
Rédaction
23 janvier 2014 • 11 h 17 min
« Le christianisme n’interdit pas aux non chrétiens de vivre dans le mensonge ou dans de fausses croyances. C’est de cela qu’il s’agit ici ».

Ou pour rappeler à l’ordre celui qui, selon lui, n’a « rien compris à (la) chronique » :
Rédaction(23 janvier 2014 • 13 h 36 min)
« Lorsque le Christianisme a voulu « interdire le mensonge », cela s’appelait l’inquisition… On remet en place les bûchers au nom de la vérité absolue ou on accepte l’idée que interdire le mensonge chez les autres n’est pas une solution. Le mensonge, il faut le combattre par la vérité et non par l’interdiction. (Et le 8ème commandement***** s’adresse aux Juifs et aux chrétiens, pas aux non croyants ou aux croyants des autres religions… ne soyons pas comme les islamistes qui massacrent les non-musulmans qui refusent de se conformer à la charia) »

Cette mise au point de « Rédacteur » pose toutefois problème :

« Le mensonge, il faut le combattre par la vérité et non par l’interdiction. Et le 8ème commandement s’adresse aux Juifs et aux chrétiens, pas aux non croyants ou aux croyants des autres religions… »

Or, 1) Si la vérité n’est que « relative », comment combattre le mensonge ? A moins de considérer le mensonge comme relatif ? Et 2)D’autre part, cette façon d’affirmer que « le 8ème commandement « (comme les autres) ne s’’adresserait qu' »aux Juifs et aux chrétiens, pas aux non croyants ou aux croyants des autres religions… » relègue de façon insultante Dieu comme un « dieu » purement et simplement tribal. Or, Dieu est le Dieu de la création toute entière et non pas seulement de l’Alliance.
Ensuite, ladite affirmation est plombée par la raison même du choix d’Israël comme « peuple élu »  ou « peuple-témoin »: Gen.12v1-3, Deut.4-9, et particulièrement face à Rom.2v11-16

 

 

Conclusion : « Il est plus facile de ruiner que de fonder »(Péguy)

Alors, « chrétiennes », les actus ? Relativement, peut-être. Mais dans l’absolu, pas vraiment.
Après le faux humour « cool », « Actu » ferait-il la promotion d’un nouveau concept, « décomplexé », « cool » et « tendance » ? « Tendance » amorale, et cynique, quasi-nihiliste ?

Bref, pour l’information et l’édification, mieux vaut aller voir ailleurs…

Pour lire, par exemple, ces excellents articles sur la vérité :

http://www.atoi2voir.com/atoi/visu_article.php?id_art=119&n1=1&n2=5&n3=36

http://www.larebellution.com/2012/12/28/moi-mentir-jamais-13/

http://www.larebellution.com/2012/12/29/moi-mentir-jamais-23/

http://www.larebellution.com/2012/12/30/moi-mentir-jamais-33/

http://larevuereformee.net/articlerr/n193/verite-et-foi

http://www.publicroire.com/hokhma/divers/article/quest-ce-que-la-verite-orientations-bibliques-dans-le-debat

 

 

Notes :

*L’ultimatum des trois mercenaires (Twilight’s Last Gleaming). Réalisé par Robert Aldrich(1977, USA-Allemagne de l’Ouest)
Avec : Burt Lancaster, Joseph Cotten, Charles Durning, Richard Jaeckel, Richard Widmark, Paul Winfield, Burt Young….
Résumé : Novembre 1981. Lawrence Dell (Burt Lancaster), un ancien général de l’US Air Force condamné pour meurtre, et trois autres codétenus parviennent à s’échapper de la prison militaire où ils sont enfermés et à s’emparer de Silo 3, une base de lancement de missiles nucléaires située dans le Nevada. Depuis le centre de contrôle, Dell contacte le général Mackenzie (Richard Widmark) et menace de lâcher les neuf têtes nucléaires qu’il a en sa possession sur l’U.R.S.S. s’il n’est pas mis directement en relation avec le président David T. Stevens (Charles Durning). Il expose à ce dernier ses revendications : 10 million de dollars, la mise à disposition de l’Air Force One pour quitter le sol américain et surtout que le président rende public un document du Conseil National de la Sécurité jusqu’ici tenu secret et qui éclairerait d’un jour nouveau l’intervention américaine au Vietnam. Stevens, qui doit lui-même se rendre à Silo 3 pour prouver sa bonne foi, découvre effaré l’existence de ce document.(source : dvdclassik)

**En créant Les Cahiers de la Quinzaine en 1900, Charles Péguy proposait un nouvel espace de réflexion critique, ancré dans son temps.
L’ambition des « Cahiers » tenait dans cette formule célèbre : « Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste » (Lettre du provincial).
La quasi-totalité des Cahiers de la Quinzaine est disponible sur le site internet de la Bibliothèque universitaire de Toronto (Canada). Pour y accéder, cliquer ici, puis taper « Cahiers de la Quinzaine » dans l’outil de recherche « search ».
Chacun des documents peut être soit lu en ligne, soit téléchargé (format pdf notamment), le tout gratuitement.

*** Selon l’auteur, il s’agit d’ « interdire de parole ceux qui utilisent le mensonge pour discréditer l’avortement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ».
L’internaute Exhine(23 janvier 2014 • 21 h 08 min) donne heureusement à lire « le texte incriminé ». Lequel exhine de s’étonner(25 janvier 2014 • 13 h 34 min) « qu’aucun site » n’ait « pris la peine de donner les textes de loi et les amendements le modifiant, comme si la simple réalité n’était pas suffisante ou utile pour informer. Ou alors il faut penser que le bruit et la colère sont les objectifs recherchés ».

Article L2223-2
Est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30000 euros d’amende le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher une interruption de grossesse ou les actes préalables prévus par les articles L. 2212-3 à L. 2212-8 :
– soit en perturbant de quelque manière que ce soit l’accès aux établissements mentionnés à l’article L. 2212-2, la libre circulation des personnes à l’intérieur de ces établissements ou les conditions de travail des personnels médicaux et non médicaux ;
– soit en exerçant des pressions morales et psychologiques, des menaces ou tout acte d’intimidation à l’encontre des personnels médicaux et non médicaux travaillant dans ces établissements, des femmes venues y subir une interruption volontaire de grossesse ou de l’entourage de ces dernières.
L’amendement déposé:
L’article L. 2223-2 du code de la santé publique est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est complété par les mots : « ou de s’informer sur ces actes » ;
2° Au dernier alinéa, après les mots : « y subir », sont insérés les mots : « ou s’informer sur ».

Et de commenter : « Je ne vois pas trop comment, sur base de cet amendement, on pourrait, je cite : « Interdire de parole ceux qui utilisent le mensonge pour discréditer l’avortement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ». On pourrait, tout au plus, interdire à certaines associations de se rendre dans les hôpitaux avec des prospectus mensongers, pour les remettre aux femmes qui ont déjà pris l’initiative de venir à l’hôpital.
Il n’est pas question de vérité ou de mensonge, il ne s’agit, dans ce cas précis, que d’une mesure limitée visant à protéger les femmes ayant déjà décidé. On ne pourra pas poursuivre les sites internet anti-IVG sur base du nouvel amendement.
Par ailleurs, en 1980, le conseil d’état a émis cet avis: « il ressort de ce texte éclairé par les travaux préparatoires de la loi que la disposition en cause, qui présente un caractère purement facultatif, n’a ni pour objet ni pour effet de priver la femme majeure du droit d’apprécier elle-même si sa situation justifie l’interruption de la grossesse » rendant l’idée même de « notion de détresse » vide de sens. Donc le nouvel amendement ne change rien à la situation ».
(…)

D’autres commentaires sur ce texte :
http://www.numerama.com/magazine/28111-editer-un-site-anti-ivg-pourrait-devenir-un-delit-penal.html

http://www.bfmtv.com/politique/projet-loi-egalite-hommes-femmes-dit-vraiment-texte-livg-690778.html

http://www.la-croix.com/Actualite/France/Avortement-les-deputes-votent-la-suppression-de-la-notion-de-detresse-2014-01-22-1094881

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/01/22/notion-de-detresse-dans-l-ivg-pour-ou-contre-quels-arguments_4352253_3224.html

 

****A part « Un pasteur », qui a du se sentir bien seul.
(23 janvier 2014 • 13 h 26 min) :
« Les moralistes ont donc eu tort d’énoncer le 8° commandement*** du décalogue sous la forme impérative bien connue de : « Tu ne mentiras point ». Car le mensonge n’étant que relatif, l’injonction est inapplicable, suite à des contestations sans fin.
Le « Tu ne tueras point » deviendra-t-il lui aussi caduc, si par aventure madame de Filippi venait à déclarer le concept de meurtre « plus que relatif » ? En tous cas ce qui est certain c’est que pour elle l’inconvénient de l’avortement n’est que « relatif ». Relatif à la détresse de la patiente.
En soi, il n’est pas mauvais d’avorter parce que Dieu serait absolument contre, mais parce que celle qui sera l’objet de cet acte médical, risque d’éprouver une « détresse », dont madame de Filippi a l’insigne courage de signaler aux médecins ignorants qu’elle peut survenir après l’avortement aussi bien qu’avant ».(…) Sur un autre fil un commenteur écrivait : « C’est une instrumentalisation subtile qui, sous le couvert d’un christianisme, vient tromper et déstabiliser les chrétiens de bonne foi. Compte tenu de ces observations, on peut dire que ce genre d’idéologie chrétienne n’a rien à voir avec le christianisme. »
Sur le coup je trouvais son jugement exagéré ; là je commence à penser qu’il a plus que relativement raison ».

***** Il s’agit en réalité du neuvième : voir son interprétation(intéressante et éclairante, du fait de sa connaissance de l’hébreu biblique) par Erri de Luca dans « Et Il dit »(Ed. Gallimard).
« Tu ne répondras pas dans ton compagnon en faux témoin ». Il te sera demandé et tu devras répondre. Souviens du premier, né d’une femme, qui a été interrogé : ce fut Caïn….suis-je le gardien de mon frère ? Du moment où il prononça la phrase, il s’enchaîna à elle. : il était devenu le gardien de son frère….Toi aussi, au moment où l’on te questionne, tu deviens le gardien de ton frère. »(op. cit. p83)

Voir aussi : « Tu ne soulèveras pas le nom de Yod ton Elohim pour l’imposture. Rien à voir avec la version où on lit : tu ne nommeras pas en vain. Qui peut décider quand ce nom est vain sur des lèvres ?… »Tu ne soulèveras pas le nom » : il s’agit d’appeler la divinité comme garant d’un témoignage et d’affirmations….tu n’oseras pas soulever ce nom pour soutenir une imposture…car n’absoudra pas Yod celui qui soulèvera son nom pour l’imposture. »….Lashàue, pour l’imposture, dit l’hébreu, rien à voir avec en vain.
On le comprend bien grâce à une autre ligne : tu ne répondras pas en témoin pour l’imposture(Lashàue)contre ton prochain »(Deutéronome/Devarim 5v20)
Op. cit. pp63-65

T’es brouillon ? Facebook le voit ! (Ou quelques bonnes raisons de se passer de Facebook)

Prendre une gamelle

A quand un bouton « j’aime pas », pour dire « j(e ne t)’ aime pas, Facebook » ?

Certainement, chacune et chacun a de bonnes raisons d’être sur Facebook.
Néanmoins, il existe aussi de tas d’autres bonnes raisons « de ne pas y être », ou même « de ne plus être ».

Par exemple, cette « bonne raison »-là, que je viens d’apprendre via « Arrêt sur images »* :

Parce que  Facebook espionne les brouillons de vos messages : « il sait quand que vous décidez de ne pas publier une partie du message que vous avez tapé »*.

 
Ou encore, selon Le Tigre magazine,
Parce que Facebook a réussi « le plus incroyable hold-up de l’histoire », en incitant 1,2 milliard d’individus de faire d’eux-mêmes « le choix de s’y inscrire et de l’utiliser majoritairement pour communiquer »**.

 
Parce que Facebook fonctionne sur un principe faussement vertueux : « plus de gens s’inscrivent chez eux, plus ils sont incontournables, et donc plus de gens s’y inscrivent »**.

 
Parce que « si des passerelles existent encore vers le web (un simple lien vers un bon vieux site), Facebook fait tout pour les minimiser : plus les utilisateurs restent sur Facebook, plus leur valeur auprès des annonceurs est forte ».**

 
Parce que « cliquer sur un bouton « J’aime » relié à Facebook, donne accès à cette société, outre à toutes les informations que vous avez publiées, à l’ensemble de l’historique de votre navigation web. Là encore, le profit pour eux est évident : vos centres d’intérêt étant mieux connus, il sera plus facile de vous exposer à de la publicité ciblée »**.

 
Parce que Facebook échappe à toute forme de contrôle : c’est une société privée, qui fait ce qu’elle veut : c’est ainsi que « tout ce qui est publié sur ce site lui appartient de facto. En effet, les conditions d’utilisation précisent que toute personne qui s’inscrit sur Facebook accorde à l’entreprise « une licence non-exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale pour l’utilisation des contenus de propriété intellectuelle ». En clair, Facebook peut faire ce qu’il veut du contenu posté sur son site**.

 
Parce que, selon Philippe Rivière pour Le Monde diplomatique, « en permettant à chacun de polir sa marque personnelle, Facebook est le miroir magique de notre époque égotiste et publicitaire. L’expérience Facebook procure à l’utilisateur la sensation d’être en permanence en représentation devant cent trente personnes (nombre moyen d’amis) applaudissant chaque geste et chaque bon mot. Plus la projection électronique de notre être reflète la vérité de notre personnalité – ou de notre désir -, plus on se laisse griser par son reflet »***.

 
Et enfin, parce que Facebook repose sur un gros mensonge : comment croire , en effet, que l’on puisse avoir « plus de 200 amis » sur ce réseau dit « social » ?

Pour ma part, je n’ai pas à me poser la question, puisque je n’y suis pas et que je ne veux pas y être.

 

Notes :
* http://www.arretsurimages.net/breves/2013-12-15/Facebook-espionne-les-brouillons-de-vos-messages-id16574

Facebook s’intéresse à ce que vous choisissez de ne pas mettre en ligne explique en détail « Auto-Censure sur Facebook » une étude (PDF), très sérieuse signée de Sauvik Das (étudiant en doctorat à l’université Carnegie Mellon) et Adam Kramer (ancien de Carnegie Mellon, docteur en psychologie sociale, acutuellement Data Scientist chez Facebook où il travaille depuis juillet 2010sur « emotion expression, psycholinguistics and statistical methods »).
Cette étude est signalée par Jennifer Golbeck (directrice de l’Human-Computer Interaction Lab, et professeur associée à l’université du Maryland) qui la commente, par ailleurs.
Les auteurs de cette étude ont travaillé sur les données de 3,9 millions d’utilisateurs américains ou anglais de Facebook sur une période de 17 jours (du 6 au 22 juilet 2012). Ils ont constaté que 71% d’entre eux avaient au moins une fois censuré une partie d’un message ou d’un commentaire avant de le poster sur Facebook.
Ils précisent qu’un message ou qu’un commentaire était considéré comme censuré, s’il n’avait pas été publié dans les dix minutes suivant sa composition.

Goldbeck souligne que l’étude indique que Facebook n’envoie qu’une information permettant de savoir si oui ou non vous avez auto-censuré un message, mais pas le texte de la partie non-publiée de ce message. Elle ajoute que c’est techniquement possible de lire ce que vous avez supprimé avant d’envoyer le message final sur Facebook, même si ce réseau social assure ne pas le faire.
** http://www.le-tigre.net/Et-nous-assistames-les-bras.html

*** http://toutsurlachine.blogspot.fr/2010/11/analyse-facebook-miroir-magique.html