La décision de la cour suprême des Etats-Unis (de ne pas suspendre une loi du Texas restreignant l’avortement et incitant à la délation) expliquée par un juriste

Le Jugement de Salomon, par Nicolas Poussin (1649). Musée du Louvre. Richelieu, 2ème étage, salle 14.

Le Texas a récemment adopté une loi restreignant fortement l’avortement au-delà de six semaines de grossesse, y compris en cas de viol ou d’inceste, et autorisant les citoyens à dénoncer ceux qui auraient aidé à avorter passé ce délai. La Cour suprême des Etats-Unis a décidé de ne pas se prononcer sur la conformité de la nouvelle législation à la constitution. En attendant de l’examiner, elle refuse de suspendre son application.

Mauvaise nouvelle pour ceux qui militent pour le droit à l’IVG et bonne nouvelle pour ceux qui se déclarent « pro-vie » ?

Avant d’aller plus loin, voici d’abord une mise au point sur ce que la Bible dit de l’avortement : si celle-ci n’en parle pas clairement ou directement, nous pouvons lire, dans le livre de Jérémie, que Dieu dit au prophète qu’Il le connaissait « avant de te former dans le ventre de ta mère » et l’avait déjà consacré (1,5), ce que l’apôtre Paul dit aussi s’agissant de lui-même (Galates 1,15).  Nous lisons aussi dans la Bible que Dieu forme dans le ventre maternel et est déjà à ce moment-là bel et bien en relation avec Sa créature (Ps 119,13-16).  Enfin, le livre de l’Exode prévoit la même sanction pénale pour la mort du bébé d’une femme enceinte que pour tout autre meurtre (Exode 21, 22-25), ce qui laisse penser que le statut d’un enfant en gestation est bien celui d’un être humain. La Bible ne fait pas explicitement mention de l’avortement, pourtant bien connu, sans doute parce que l’expérience suffisait à constater qu’il s’agissait bien d’un être vivant (à 6 semaines, le cœur bat déjà). Chez le peuple d’Israël, on ne pouvait donc pas être sérieusement « pour l’avortement »(1), et c’est pour ces raisons que je ne peux être non plus « pour » (ou sa banalisation, en tout cas).
Au-delà des revendications « mon corps, mon choix », il nous est proposé, à la lumière de la Bible, un tout autre modèle quant à la manière de vivre la sexualité et la fertilité qui l’accompagne. Ainsi, sachant qu’il est répété, de l’Ancien au Nouveau Testament, que l’homme et la femme sont créés pour devenir « un » (Genèse 2/24), c’est dans l’engagement qui rend stable cette unité que la sexualité est appelée à se vivre, dans la responsabilité réciproque, en assumant ensemble ce qui pourrait advenir (1 Corinthiens 7/3-4). Cela implique le respect du choix et du corps de l’un et de l’autre, comme de celui de l’enfant qui, s’il est conçu, est déjà quelqu’un pour Dieu (Psaume 139)(2).

Ceci dit, je rappelle la question de départ : cette loi du Texas est-elle une mauvaise nouvelle pour ceux qui militent pour le droit à l’IVG et une bonne nouvelle pour ceux qui ne sont « pas pour » l’IVG ?

Cette question en appelle une autre, telle celle d’un internaute postée sur le compte twitter de Maître Eolas, juriste-blogueur, vendredi 03/09/21 : « Qui pour expliquer comment la Cour suprême des Etats-Unis (SCOTUS) peut s’exonérer de statuer sur une loi poussant à la délation de l’exercice d’un droit que je croyais fédéral ? »

Explication juridique de cette décision par Maître Eolas, sur son compte twitter :

L’affaire, dans le détail

Le Texas a récemment adopté une loi – entrée en vigueur le 1er septembre 2021 – prohibant tout IVG (même en cas de viol ou d’inceste) dès lors que des battements de cœur du fœtus sont perceptibles, soit autour de la 6e semaine. La majorité des femmes ne savent pas qu’elles ont enceintes à cette date. « It’s not a bug it’s a feature » (3), ironise Maître Eolas.

Cette loi s’inscrit dans une série de lois votées par des États conservateurs visant à remettre en cause la jurisprudence Roe v. Wade de 1973 faisant du droit à l’IVG un droit garanti par la Constitution. Jusqu’à présent, toutes ont été invalidées par la SCOTUS.

Cette loi est entrée en vigueur le 1er septembre, la SCOTUS ayant refusé de la suspendre.

C’est « une bonne nouvelle » si vous estimez qu’une loi incitant à la délation et risquant d’envoyer en prison des femmes très précaires (majoritairement noires et latinos) -ou pire encore, de les faire mourir dans des avortements clandestins (4) – est dans l’esprit de l’Evangile.

Ceci dit, pour Maître Eolas, qui s’exprime ici sur le plan strict du droit, si « les nouvelles ne sont pas bonnes pour le droit à l’IVG, elles ne sont pas non plus totalement mauvaises ». Et « le petit rayon de soleil » perçu par le juriste se trouve « dans la décision de la SCOTUS, justement. »

Il faut comprendre que cette décision n’a pas été rendue dans le cadre du contrôle de constitutionnalité classique, celui-là même qui a abouti à Roe v. Wade. C’était une demande de mesure urgente, adressée directement à la Cour Suprême [de la part d’institutions pratiquant l’avortement au Texas], visant à suspendre provisoirement la loi. Cela permet d’éviter des atteintes à la Constitution pendant le temps, parfois fort long, que les recours aboutissent. C’est notre référé suspension, mais appliqué à la loi.

La décision, WHOLE WOMAN’S HEALTH ET AL. v. AUSTIN REEVE JACKSON, JUDGE, ET AL. 594 U. S. ____ (2021), a été rédigé par le Juge Alito. Un des juges les plus conservateurs. Mais sa lecture est intéressante.

Alito rappelle d’entrée les conditions à réunir pour que la cour accorde les mesures urgentes, que ce soit la suspension de l’application de la loi (stay) ou une injonction faites aux autorités (injunction).

1 : démontrer que la requête soulève un moyen sérieux ayant de grandes chances d’aboutir (strong showing that it’s likely to succeed on the merits).

2 : démontrer que l’intérêt du requérant sera irrémédiablement atteint faute d’une suspension (irreparably injured absent a stay) ;

3 : que la balance des intérêts le favorise (that the balance of the equities favors it)

4 : qu’une suspension est conforme à l’intérêt général (that a stay is consistent with the public interest).

Il ne sort pas ça de sa poche : c’est la jurisprudence de la cour depuis 2008.

La requête est rejetée car les requérants ne remplissent pas tous ces critères. MAIS Alito lui-même, appuyé par tous les juges conservateurs, écrit : « les requérants ont soulevé des moyens sérieux quant à la constitutionnalité de cette loi » (The applicants now before us have raised serious questions regarding the constitutionality of the Texas law at issue.)

Ça veut dire que le premier test, le plus difficile pourtant, a été franchi. La Cour doute de la constitutionnalité de cette loi. Mais elle ne peut pas trancher ce point dans le cadre des mesures d’urgence.

Et cela soulève des questions complexes et nouvelles, notamment sur le fait que l’application de cette loi ne repose pas ni sur la police ni sur le parquet texans, mais sur des citoyens qui seuls pourront (et sont incités financièrement – jusqu’à 10.000 dollars – à) dénoncer les avortements illégaux.

Or si la cour peut délivrer des injonctions à des officiels (gouverneurs, procureurs, policiers), elle ne peut faire d’injonction générale à des citoyens non partie à l’instance. Là encore « not a bug, it’s a feature ».

La Cour veut que ces questions soient tranchées selon un processus de droit commun, et statuer après l’examen de la question par la cour d’appel fédérale (circuit court), une fois que toutes les questions de faits et de droit auront été débattues sur des bases concrètes.

Trois Juges, dont le Chief Justice Roberts (nommé par George W Bush) disconviennent et disent qu’eux auraient accordé la suspension, la manipulation consistant à dire que l’Etat n’est pas en charge de l’application de la loi étant grossière à leurs yeux(5).

Comme toujours avec la SCOTUS, des interprétations purement politiques sont proposées. Maître Eolas ne souhaite pas entrer sur ce terrain, qui n’est plus juridique, mais attire notre attention sur un point important.

Les Juges sont nommés à vie et ne sont pas redevables au président qui les a nommés. Trump l’a appris à ses dépens. Ils restent malgré tout des juristes : si la loi dit rouge alors qu’ils pensent vert, ils statueront rouge.

Et quelles que soient leurs théories juridiques dominantes, la force du précédent est puissante à leurs yeux : si la cour a déjà statué dans un sens fût-ce avant leur venue, il faut une raison très grave pour renverser cette jurisprudence.

C’est pourquoi Roe v. Wade a survécu si longtemps dans une SCOTUS dominée par les conservateurs. Ou que le 2nd amendement(6) se porte bien malgré les SCOTUS progressistes qu’il a connus.

Notes :

(1) Voir cette réponse du répondant sur ce sujet, publiée sur https://1001questions.fr/jesus-aurait-il-aussi-pu-dire-je-suis-contre-lavortement-mais-pour-sa-legalisation-simon/

(2) Voir https://1001questions.fr/pourquoi-certaines-femmes-disent-mon-corps-mon-choix-pour-etre-comme-les-hommes-jean-yves/

(3)Littéralement « ce n’est pas un bug, c’est une fonctionnalité », phrase utilisée à l’origine pour se moquer des éditeurs de logiciels qui sont réticents à reconnaître les erreurs dans leurs produits.

(4) Dans le New York Times, l’éditorialiste Gail Collins dénonce cette loi et regrette qu’un manque d’éducation sexuelle au Texas ne permette pas d’apprendre aux jeunes à éviter des grossesses non désirées. « La grande majorité des femmes qui se font avorter au Texas ont dépassé ce nouveau délai de six semaines. Et à partir de maintenant, elles ont trois choix : continuer une grossesse non désirée, sortir de leur vaste État ou aller dans un endroit illégal et probablement très dangereux. La meilleure option, bien sûr, est d’éviter complètement la grossesse ». Sauf que de nombreuses écoles au Texas sont mauvaises en matière d’éducation sexuelle…. (https://www.nytimes.com/2021/09/01/opinion/texas-abortion-law.html )

(5) Comme le souligne Maître Eolas, lors d’un échange avec un internaute sur ce sujet, « cette pirouette [législative] sera peut-être le clou dans le cercueil de cette loi du Texas, la SCOTUS ne va pas apprécier qu’on emploie des artifices pour échapper à sa juridiction. Mais ça prendra des années ».

(6) Lequel reconnaît la possibilité pour le peuple américain de constituer une milice (« bien organisée ») pour contribuer « à la sécurité d’un État libre », et garantissant en conséquence à tout citoyen américain le droit de détenir des armes.

« Liberté ! Que de bêtises on peut raconter en ton nom ! »

Que de bêtises, mais aussi d’horreurs….

« Le sage est celui qui connaît ses limites ».

 

Face à certains sujets, dont la délicatesse et la complexité nous rappelleraient presque « le noeud gordien », voire « l’hydre de Lerne », il peut paraître très « simple » (ou « de bons sens ») d’avoir une opinion « franche » et « tranchée ». Mais est-ce si simple ?

Ainsi, entre le piège de la banalisation et celui de la surmédiatisation d’idées nauséabondes et de personnes véhiculant(ou vivant de)ces mêmes idées*, quelle posture choisir ? Faut-il « interdire », sans tomber dans le « deux poids, deux mesures » ?  A moins qu’il ne soit « interdit d’interdire » au nom de « la liberté d’expression » ou du risque de la « victimisation » ?
Car, en France comme ailleurs(les pays dits « libres »), la liberté d’expression est un principe essentiel et sacré : «…l’un des fondements essentiels d’une société démocratique, l’une des conditions primordiales de son progrès et de l’épanouissement de chacun » selon la Cour européenne des droits de l’homme (Handyside contre Royaume-Uni, 1976).

C’est sur cette base que chacun peut librement exprimer une opinion, positive ou négative, sur un sujet mais aussi sur une personne physique ou morale, une institution…**

La liberté d’expression est donc un droit, jugé précieux et sacré.

Mais la liberté totale existe-t-elle ? Un droit est-il absolu ?

Comme tout droit, il est possible d’user d’un droit, mais aussi d’en abuser. Un abus qui peut être sanctionné, au terme de « la théorie de l’abus de droit ».
Notre Déclaration de 1789 précise d’ailleurs dans son article 4 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi ».
En clair : « la liberté de chacun s’arrête où finit celle des autres », dans le cas où une personne outrepasserait sa liberté d’expression et nuirait ainsi à une autre**.

Donc, tout droit n’est pas absolu.

Mais puisque l’on parle d’abus ou d’usage abusif d’un droit…ne serait-ce pas plutôt la récente décision du Conseil d’Etat (10/01/14), saisi par l’exécutif, déclarant que l’interdiction d’un spectacle par le préfet de la région Pays de la Loire était légale, qui serait abusive ? Peu pertinente, disproportionnée ?  Faut-il, à l’instar du sociologue et historien Sébastien Fath, s’indigner et dénoncer une « affligeante police de la pensée qui croit qu’en cassant le thermomètre, on détruit la fièvre, au risque de rendre la France entière malade et à bout »?
Car « interdire », n’est-ce pas, au contraire, « promouvoir » les idées nauséabondes que l’on prétend combattre ? ***

A ce sujet, « Thomas More »( « République 1 – Dieudonné 0 ou pourquoi le Conseil d’Etat n’a pas enterré la liberté d’expression », 11 janvier 2014), un blogueur qui traite de questions juridiques et politiques dans une perspective chrétienne(catholique) nous expose « une brève » mais pertinente « synthèse des idées exposées à propos de la première ordonnance du Conseil d’Etat rendue dans cette affaire le 9 janvier 2014 (V. également la deuxième en date du 10 janvier 2014)….Pour faire simple, le juriste blogueur estime que la décision du conseil d’Etat n’est pas un revirement de jurisprudence valant faire-part de décès de la liberté d’expression mais la réponse « la plus sage dans les circonstances présentes qui sont tout à fait particulières ».
Comme il l’explique tout au long de son argumentaire,« il ne me semble pas qu’on soit face à une forme de sanction anticipée de l’infraction, une forme liberticide de prévention. Si l’affaire porte bien sur un spectacle, il ne faudrait pas négliger qu’il s’agit d’une tournée et que le contenu du spectacle est connu. N’en a-t-on pas assez entendu et vu pour juger de la gravité du propos ? Il ne semble pas qu’il s’agisse d’un nouveau spectacle et son contenu est suffisamment scandaleux pour justifier une réaction sans attendre qu’il sorte une nouvelle fois ses horreurs. L’antisémitisme n’est pas une opinion banale, un discours comme les autres. Le caractère tout à fait particulier de l’affaire justifie une solution particulière(…) L’ordonnance ne se saisit pas de Dieudonné comme d’un humoriste banal, dans un spectacle banal, dans un contexte banal. Elle s’empare de son spectacle à l’expérience d’une période très longue, de présence médiatique intense dont il est avéré qu’elle a un contenu très problématique et très constant, au cours de laquelle de nombreuses condamnations pénales ont été prononcées, etc. Nous sommes très loin du traitement d’un dérapage exceptionnel, et très loin aussi du procès d’intention. On peut penser qu’il y a un système, et c’est ce système que le Conseil d’Etat permet d’appréhender ».
Et le juriste de conclure : « Ne jouons pas à nous faire peur ! Qu’est-ce qui est le plus dangereux ? La banalisation du discours antisémite à quelques mois de l’entrée dans le domaine publique de Mein Kampf ? ou une mise en œuvre dans un cas peu banal des pouvoirs de police du maire ? Dans quelle société voulons-nous vivre ? Celle que nos parents et nous-mêmes avons bâti depuis 1945 ou celle fantasmée par Dieudonné, Soral et consorts ? »

Dans le même esprit, le cardinal André Vingt-Trois sur Radio Notre-Dame, 3 janvier 2014 estime que
« Pour l’affaire Dieudonné, l’intervention de Manuel Valls a eu un effet salutaire dans la mesure où elle fait réfléchir, et il faut faire réfléchir. Car malheureusement l’histoire du XXe siècle a montré que la montée de l’antisémitisme n’est pas une révolution à grand spectacle, c’est une montée progressive, qui passe par des événements, des paroles, des articles, des spectacles… Rien n’est anodin en matière d’antisémitisme, comme pour la xénophobie ou la discrimination religieuse. Il est scandaleux que nous soyons insensibles à la dépréciation progressive des seuils à ne pas franchir. Une culture du respect de l’autre, des autres religions, doit se réimplanter d’une manière forte. Que l’on apprenne aux enfants qu’il y a des choses qui ne se font pas !(…)

L’antisémitisme est un poison, qui n’est pas simplement une agression contre les juifs, mais une agression qui concerne l’humanité entière(…)Et on ne doit pas laisser se développer et se banaliser les caricatures, la dérision, la provocation(…)symptômes d’une société dans laquelle on ne tient plus les seuils de protection, protection de l’identité propre de chacun ».

Il s’agit donc bien d’une question de limites nécessaires. C’est bien parce que a liberté d’expression est précieuse, qu’il importe de donner à  réfléchir sur les conséquences d’une liberté que l’on voudrait « totale » et « absolue », pour ne pas dire « sacrée »****.

Une formule à la Jacques Ellul*****  dirait peut-être que « ce n’est pas l’usage de la liberté d’expression qui asservit, mais le sacré transféré à la liberté d’expression ». On parle alors de « sacro-sainte » liberté (ici, d’expression)….liberté dont le « sacré » exige que l’on lui sacrifie tout ?

Or, faut-il tout sacrifier (la dignité humaine, l’honneur)sur l’autel du « dieu liberté(d’expression) », « Moloch »****** moderne ? Ou sur l’autel de la recherche du buzz(que l’on croit « rentable ») à tout prix ?

Dans ce cas, pour à la fois préserver la (précieuse)liberté d’expression et pour se préserver des abus, pour  se libérer de ce qui asservit, faudra-t-il « profaner » cette sacrée liberté d’expression, en lui ôtant l’aura de sacré qui l’entoure *******, pour mieux y inclure cette prise de conscience : « qui dit grande liberté(ou « grand pouvoir ») dit aussi « grande responsabilité »,   et que « si nous sommes libres de nos choix, nous ne sommes pas libres des conséquences de nos choix » ?

Et nous devons nous préoccuper des conséquences de nos choix, car

« Au jour du jugement, chaque homme aura à rendre compte de toute parole proférée »(Matt.12v36-37)

Etape suivante : la vraie liberté passe par Celui qui seul nous affranchit et peut nous rendre réellement libre(Jean 8v30-36-avec cet avertissement : Jean 5v41-44)

Le mot de la fin ? Laissons-le au  Gorafi :
« Les Français espèrent des chutes de neige prochainement pour aider les médias à parler enfin d’autre chose ».

En effet, il serait temps de parler d’autre chose…Par exemple, de « cette maladie de civilisation » ?

 

 

 

Notes :

* Ainsi, sous couvert de « dénoncer » des idées stupides et nauséabondes, il est possible faire la promotion de ces mêmes idées, via force publications de liens internet ou de liens vidéos, ou de faire la promotion d’autres idées toutes aussi stupides et nauséabondes.  Quand il ne s’agit pas de faire la promotion d’un geste lourd de sens, en croyant le parodier….

** En France, c’est dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 qui consacre la liberté d’expression(voir l’article 11 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi »http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais….)

Les articles 18 et 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme(10 décembre 1948) consacrent eux aussi la liberté d’expression, conjointement à la liberté de conviction et de religion.

Voir http://www.les-infostrateges.com/article/0807342/un-droit-fondamental-la-liberte-d-expression-et-ses-limites ; et http://www.lemondepolitique.fr/cours/libertespubliques/libertes/liberte_expression.htm

*** Une idée en rappelle une autre, mais ce rappel me paraît utile, face à ceux qui plaident, pour les mêmes raisons ou pour d’autres, pour l’abolition des lois dites mémorielles : qui se souvient du décret-loi « Marchandeau »(du nom de celui qui a été Député radical-socialiste de la Marne, maire de Reims,  ministre de la Justice entre novembre 1938 et septembre 1939)portant sur la répression de la diffamation par voie de presse lorsque « la diffamation ou l’injure, commise envers un groupe de personnes appartenant, par leur origine, à une race ou à une religion déterminée, aura pour but d’exciter à la haine entre les citoyens ou les habitants » ?

Pour l’anecdote (qui n’est pas un « point de détail de l’histoire »), l’une des premières mesures du régime Vichy, mis en place depuis à peine un mois(Il n’existe plus de Parlement, et les lois l’œuvre du Maréchal Pétain qui, selon l’article 1 § 2 de l’acte constitutionnel n°2 du 11 juillet 1940, exerce le pouvoir législatif, en conseil des ministres), a été d’abroger cette fameuse loi Marchandeau, le 27 août 1940. Sachant que l’armistice avec l’Allemagne, mettant fin officiellement aux hostilités ouvertes par la déclaration de guerre du 3 septembre 1939, ne sera signé que plus tard,  le 22 juin 1940.
Avec l’abolition du décret-loi Marchandeau, la loi rend libre la tenue de propos racistes ou antisémites, et prononce une amnistie des poursuites. Avec pour conséquences un boulevard pour la propagande xénophobe, raciste et antisémite, et une liberté de la presse au service du racisme et de l’antisémitisme.

Le Journal officiel du 30 août 1940, page 4844, publie la loi du 27 août 1940 portant abrogation du décret-loi du 21 avril 1939, modifiant les articles 32, 33 et 60 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse :
« Art. 1°. – Est abrogé le décret-loi du 21 avril 1939, modifiant les articles 32, 33 et 60 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Les dispositions antérieures des articles précités sont remises en vigueur.

« Art. 2. – Amnistie pleine et entière est accordée, pour tous les faits commis antérieurement à la promulgation de la présente loi, aux délits prévus par les dispositions abrogées par l’article 1° du présent décret ».

****L’on pourrait penser qu’en Eden, Dieu ait dès le départ accordé une liberté totale à l’homme :
« ….L’Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.(…) L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder. L’Éternel Dieu donna cet ordre à l’homme: Tu pourras manger de tous les arbres du jardin…. »(Gen.2v9)

Une liberté assortie toutefois d’un garde-fou : « mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras »(v16-17)
Garde-fou qui a été rapidement violé par l’homme et la femme…tous deux motivés par la volonté d’atteindre le « No limit » (« vous serez comme des dieux »)

***** « Ce n’est pas la technique qui nous asservit mais le sacré transféré à la technique » (Ellul, Jacques. Les nouveaux possédés, 1973).

Jacques Ellul(mort en 1994) est un professeur d’histoire du droit, sociologue et théologien protestant français, surtout connu comme penseur de la technique et de l’aliénation au XXe siècle.

****** Moloch, dieu exigeant le sacrifice des enfants.

*******Inspirée d’une citation de Frédéric Rognon, relevée dans le débat « La Décroissance est-elle une hérésie ? » IN La Décroissance, décembre 2013, numéro 105, p15 : « il ne pourra y avoir de libération que si l’on profane la technique, et « que lorsque l’on aura enlevé l’aura de sacré qui entoure la technique. »

Frédéric Rognon est professeur de Philosophie des religions, à la Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg.

La fidélité ne paye pas de mine, mais sa valeur(sa solidité)s’éprouve dans la durée…

Contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre du billet, nous n’allons pas parler du mariage.

Mais plutôt de la fidélité de Dieu.

Je vous invite à lire, aujourd’hui, le psaume 89, et plus particulièrement les versets 1-18, dans la version du Rabbinat français.

Il s’agit d’un « Maskîl »(ou cantique) d’Ethân l’Esrahite.

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/40000/nahled/--1360063794Grp.jpg La fidélité de Dieu est notre stabilité

Connaissez-vous Ethân l’Esrahite ? Non ? Vous avez tort, car il s’agit d’un homme sage(quoique moins que le Roi Salomon). Ce cantique est, semble-t-il, sa seule oeuvre. Mais quelle oeuvre ! Elle est pour le Roi !

« Toujours », dit-il, « je chanterai les bontés du Seigneur; d’âge en âge, ma bouche proclamera ta fidélité. Car, dis-je, la bonté aura une durée éternelle; dans les cieux tu as rendu immuable ta fidélité.(v2-3)

…….les cieux célèbrent tes merveilles, ô Seigneur, l’assemblée des saints ta fidélité(v6).
Seigneur, Dieu-Cebaot[Dieu des Armées], qui comme toi, est éternellement puissant? Ta fidélité rayonne autour de toi.

Tu domines l’orgueil de la mer; quand ses vagues se soulèvent, tu apaises leur fureur. Tu as écrasé la fière Egypte comme un blessé à mort; par ton bras puissant tu as dispersé tes ennemis.(v9-11)

Ton bras est armé de force, puissante est ta main, sublime ta droite. La justice et le droit sont la base de ton trône, l’amour et la vérité marchent devant toi.  Heureux le peuple connaissant les chants de victoire, cheminant, Eternel, à la lumière de ta face! Sans cesse ils sont en joie à cause de ton nom, et s’élèvent par ta justice. Car la parure de leur force, c’est toi; par ta bienveillance s’élève notre puissance« .(v14-18)

Dieu est fidèle. Il est fiable. Il est puissant.

« Puissamment » bon et fidèle.

« La fidélité de Dieu est immuable » et elle ne fait jamais défaut. Si c’était le cas, tout s’écroulerait.

Mais Dieu n’est pas un homme(instable, changeant)pour décevoir. Sa fidélité est notre stabilité(ainsi que celle de l’univers) et notre sécurité.

La justice et le droit de Dieu(v15) ne sont pas « ce qui se voit immédiatement », mais ils constituent la base, le fondement, de Sa Seigneurie. « Immédiatement visibles » sont « l’amour et la vérité », qui « marchent devant Lui », et le « précèdent ».

C’est par l’amour(ou la grâce) et la vérité que Dieu se fait connaître aux hommes.

Ces quatre piliers(la justice, le droit, l’amour et la vérité), révélateurs de ce que Dieu est, sont également une réponse à ce qui peut nous opprimer. « Par (Son) bras puissant (Il a) dispersé (nos) ennemis »(v11).

La Parole de Dieu nous rappelle qui sont nos ennemis : la chair(1 Pierre 2v11 ; Rom.8v5-8 ; Gal.5v19-21), le monde(1 Jean 2v16) et le diable(1 Pierre 5v8).

Juges 7v25, 8v10-21, nous donnent les noms de quatre autres :

-« Oreb »(« le corbeau », ou « le voleur ») ;et « Zéeb »( » le loup », ou « le tueur »), princes de Madian(Juges 7v25). Nous bénéficions du droit de Dieu, contre le voleur, et de Son amour, contre le tueur.

-« Zébach »(« victime ») et Tsalmunna(« Protection déniée »), autres rois de Madian(Juges 8v10-21) : la vérité de Dieu nous protège contre le premier, et Sa justice contre le second.

Dieu est « comme un héros qui sauve » : Il nous rend capable d’aimer comme Lui, de vivre selon Sa justice, et d’être fidèle(cf 1 Jean ; Gal.5v22). Jésus « nous a lavés de nos péchés par son sang » et a fait de nous « Rois et sacrificateurs pour Dieu, son Père »(Apoc.1v5-6). Et le devoir du Roi, c’est d’« ouvrir la bouche en faveur du muet, pour la défense de tous les vaincus du sort ». D’« ouvrir la bouche pour juger avec équité et faire droit au pauvre et à l’indigent »(Prov.31v8-9).