Bien (s’)informer : voir l’intention avant l’action (Josué 22)

Dès que les internautes apprennent ce qui se chuchote sur la toile, ils sont prompts à le relayer immédiatement. Mais, est-ce que c’est B.I.E.N. ? Source : Découvert sur le compte twitter de Gilles Boucomont (3 mai 2017)

Un cas d’école, illustré en Josué 22  – un épisode biblique qui aurait pu mal tourner – et parfaitement applicable de nos jours, en ce qu’il nous donne une démarche de sagesse et de discernement dans le traitement informationnel et médiatique.

Il paraît simple d’informer. En réalité, il importe de prendre conscience que « la fabrique de l’info » parcourt un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

Ici, « le fait brut » particulièrement « frappant » est cet autel monumental élevé par les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé, installés de l’autre côté du Jourdain, à l’écart des autres tribus (v10)(1).

« Les fils d’Israël apprirent qu’on disait : « Les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé ont bâti un autel face au pays de Canaan, à Gueliloth du Jourdain, du côté des fils d’Israël. » Dès que les fils d’Israël l’apprirent, ils assemblèrent toute la communauté des fils d’Israël à Silo afin de lancer contre eux une attaque », pour ce qui est considéré comme « une infidélité » et un acte d’idolâtrie (v11-12) : l’élévation d’un autel concurrent de celui de Silo.

Aujourd’hui, rien n’a changé : dès que les internautes apprennent ce qui se chuchote sur la toile, ils sont prompts à le relayer immédiatement.

Heureusement, dans notre passage, les fils d’Israël ont le meilleur réflexe d’aller voir directement à la source. Ils envoient « auprès des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé, au pays du Galaad », une commission d’enquête composée de « Pinhas, fils du prêtre Eléazar, ainsi que dix responsables avec lui, un responsable par tribu pour toutes les tribus d’Israël, chacun d’eux étant chef de sa famille patriarcale, selon les milliers d’Israël. Ils vinrent auprès des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé au pays du Galaad et leur parlèrent en ces termes : « Ainsi parle toute la communauté du SEIGNEUR : Qu’est-ce que cette infidélité que vous commettez envers le Dieu d’Israël, que vous vous écartiez aujourd’hui du SEIGNEUR en vous bâtissant un autel et que vous vous révoltiez aujourd’hui contre le SEIGNEUR ? » (v13-16)

Une démarche bien inspirée, puisque les envoyés ont ainsi pu apprendre directement de la part des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé la réalité de leur intention, soit que l’autel bâti n’en était pas un et que l’infidélité supposée n’en était pas une ! (Lire vv21-30) Une fois bien informés, « les fils d’Israël se tinrent pour satisfaits et ils bénirent Dieu, ils renoncèrent à lancer contre eux une attaque et à ravager le pays qu’habitaient les fils de Ruben et les fils de Gad » (v33)

Que pouvons-nous retenir de ce passage ?

Premièrement, qu’une information ou l’acte d’informer est ce qui me renseigne avec exactitude sur ce que j’ignore et qui répond aux questions « (de) qui, (de) quoi, quand, où, comment, pourquoi ». Ou plus précisément encore : qui me parle de quoi, avec quelle légitimité, dans quel contexte et avec quelles intentions réelles ?

Il est en effet fondamental de discerner l’intention avant l’action pour ne pas commettre d’erreur d’interprétation, erreur pouvant coûter très cher et s’avérer irréparable.

Informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant, tandis que s’informer consiste à se donner les moyens de comprendre ce que l’on nous transmet :

Ainsi, en Josué 22v11-12, 16-19, s’agit-il d’un fait ou d’une opinion ?  D’un fait raconté ou expliqué ? L’information, comme quoi « les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé (auraient) bâti un autel (concurrent) face au pays de Canaan, à Gueliloth du Jourdain, du côté des fils d’Israël » et commis une infidélité envers Dieu, est-elle communiquée « à chaud » ou avec un certain recul, au reste du peuple ?

Cette information, d’après la façon dont elle est premièrement communiquée, rend-elle compte de tous les aspects importants du sujet ou d’une partie seulement de la réalité qu’elle prétend décrire ?
Ceux qui sont ainsi « informés » en savent-ils assez pour se faire leur propre opinion et bien agir ?

Enfin, il reste à aborder la question de l’objectivité de celui qui (s’)informe : L’objectivité est la qualité de celui qui décrit des faits avec exactitude et juge (dans le bon sens du terme) sans parti pris. Certes, vous me direz sans doute qu’il est difficile de l’être « à 100 % », surtout lorsque nous sommes concernés et impliqués émotionnellement par le fait, mais celui qui (s’) informe se doit avant tout d’être honnête (envers lui-même), équitable (envers les personnes), prudent (dans le jugement), tout en prenant en compte la diversité des points de vue.

Comme nous venons de le lire en Josué 22, l’objectivité d’une information est possible, à condition : de prendre la peine de vérifier l’information sur le terrain, auprès des personnes concernées ; de privilégier la diversité des perceptions et des opinions, même contradictoires ; de ne pas porter de jugement moral ; d’expliquer sa démarche d’information ; de préciser les limites et le cadre de l’enquête ; de permettre à celui que l’on informe de discuter/enrichir le contenu et d’apporter une contradiction/réfutation/ rectification de ce qu’il voit/lit/entend.

Aller plus loin :

Comment aurai-je agi, à la place des Israélites, hier, dans la même situation ? Et aujourd’hui ?

Maintenant, à vous de jouer !

 

Note : 

(1) Pour comprendre la situation de ces tribus, lire Nombres 32.

 

 

Agressions de Cologne : D’un certain traitement médiatique qui s’appelle « bâtonnage »

Quel devrait être le rôle des médias ? « De rassurer, d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages », lisait-on dans ce manifeste de la revue « R de Réel », le 1er mai 2002.

Puisque l’on en parle, la façon dont les médias ont traité « les agressions de Cologne » est, à cet égard, édifiant. En gros, comme le résume assez bien Basta mag, « la police de Cologne, dans l’ouest de l’Allemagne », avait enregistré mardi 5 janvier 2016 « quatre-vingt dix plaintes pour des faits de vols et d’agressions sexuelles, dont une plainte pour viol, perpétrés la nuit de la Saint-Sylvestre. Tous se sont produits sur une place centrale de la ville, entre la cathédrale et la gare. Cette masse d’agressions scandalise l’Allemagne ».

Parmi d’autres médias, Paul Ohlott, le principal animateur et « rédacteur » d’un blogue d’ « Actus chrétiennes », pensait-t-il avoir trouvé un sujet « en béton », bien polémique, propre à provoquer « la baston » ? Le 8 janvier, il publie ce billet intitulé : « Un millier de réfugiés syriens, « tout juste arrivés en Allemagne », ont agressé sexuellement des femmes… ».

Ledit « billet » est en réalité un simple copier-coller d’un article publié sur 20 minutes, dont le titre originel est tout autre : « VIDEO. Agressions sexuelles à Cologne: Des policiers allemands mettent en cause des réfugiés syriens ». Remarquons cette pratique utilisée par Paul Ohlott et que l’on appelle, en jargon du métier, du « bâtonnage » de dépêches. Il s’agit de « l’une des tâches les plus ingrates d’un journaliste », explique Alice Antheaume sur son blog « WIP(« Work In Progress ») : soit de réécrire une dépêche fournie par une agence (type AFP ou Reuters) « en la remaniant à la marge » et, au besoin, en rhabillant les titres…. « Le bâtonnage serait le symbole de la paupérisation de la profession de journaliste, et, de surcroît, le chemin de croix des «forçats de l’info», ces soi-disant OS de l’Internet qui travaillent sur des sites de presse, des pure-players, mais aussi sur des plates-formes de contenus, comme Orange, Yahoo!News ou Dailymotion, ou pour des agences. On dit «bâtonner de la dépêche» ou «bâtonner» tout court. ».

En gros, « l’info » sur le sujet « d’actu » du jour tombe et « il faut la traiter le plus vite possible ». C’est à dire : copier-coller la dépêche, la toiletter un peu en changeant le titre, et « publier », espérant provoquer le buzz et la polémique. Valeur ajoutée ? Nulle. Or, pour l’essentiel, le contenu quotidien proposé par « Actus chrétiennes » relève justement plus du « bâtonnage » ou du recyclage d’articles provenant d’autres sites(le ton polémique en plus), que d’un véritable travail d’écriture ou d’enquête de terrain.  Le reste étant constitué de billets d’humeur ou « coup de gueule »(qui ne coûtent pas cher) rédigés par Paul Ohlott lui-même.

Mais le plus grave est ailleurs, car en publiant trop vite des affirmations non vérifiées sur le nombre et l’origine des agresseurs, et qui se sont avérées fausses(1), à l’instar d’un grand nombre de médias « non chrétiens », notre « rédacteur » tend le bâton pour se faire battre.

Ainsi, au milieu de plus de 150 commentaires, dont la plupart se passeraient de commentaires, l’internaute Tania réagit (9 janvier 2016 • 19 h 06 min ) : « Bon..ok ..Relisez bien votre titre en gras pour l’article… Ensuite regardez comment votre nez est en train de pousser comme Pinochio….. Euh..sans blague …it’s sure ?:  » Un millier de réfugiés »? .. ont agressé sexuellement. Est-il besoin d’écrire un mensonge (au sujet du millier ayant sexuellement agressé..) pour alourdir une réalité criminelle déjà sordide ? Avez-vous un objectif opportuniste (malsain) derrière ce shmilblick?….Un peu d’objectivité vous redonnerait de votre étoffe de vrai journaliste, pour l’instant vous nagez dans le compromis douteux ».

Mais lui, Rédaction, « voulant se justifier », répond (10 janvier 2016 • 0 h 20 min ) : « Le titre est juste. Il y a eu plus de 300 plaintes en une nuit ».

Ce à quoi réplique Tania (10 janvier 2016 • 7 h 46 min ) : « Le titre est faux : seulement un pourcentage de ces trois cents agressions (très important, certes) concerne des agressions sexuelles. Par ailleurs les informations disent bien qu’il y a un très grand nombres des criminels qui ont été identifiés comme étant des réfugiés syriens mais elles ne disent pas qu’il s’agit d’ « un millier » de réfugiés qui ont commis des viols sexuels sur 300 civils. Vous vous enfoncez comme d’habitude dans votre entêtement ….alors que vous avez clairement tort… » 

Plus exactement, comme nous en informent notamment La Croix, ou encore Basta mag, « selon la police de Cologne, dès 21 h le soir du 31 décembre, plusieurs centaines de personnes, en majorité des hommes, se trouvaient sur cette place du centre de la ville. En partie ivres, ils lançaient pétards et feux d’artifices – qui sont en vente libre et autorisés en Allemagne pour la Saint-Sylvestre. À 23 h, la foule regroupe un millier de fêtards et de badauds. La police est présente sur les lieux. Elle intervient même pour faire évacuer une partie de la place. Mais ce n’est qu’après qu’elle se rend compte des agressions dont ont été victimes, en majorité, des femmes. Les plaintes de femmes agressées, souvent pour des vols de portefeuilles et de portables, commencent à affluer. Dans un communiqué, la police déclare que « les suspects tentaient, par les attouchements, de détourner l’attention des femmes à qui ils étaient en train de voler des objets de valeurs ». Elle fait aussi état de témoignages selon lesquels les agresseurs auraient été d’« apparence nord-africaine ». L’élément a ensuite été repris sans précaution par un grand nombre de médias. Pourtant, mis à part ces suppositions basées sur leur apparence, la police n’a fourni aucun élément officiel sur les agresseurs ». Le mercredi 6 janvier, Ralf Jäger, ministre de l’Intérieur de l’Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (État-région dans lequel se trouve Cologne) avait indiqué « que la police avait pour l’instant ciblé trois suspects. Aucun élément n’avait pour l’instant été fourni sur leur identité »(2). Mais, relève encore Basta, « depuis que la police a fait état de témoignages selon lesquels les auteurs seraient des hommes « d’apparence nord-africaine », c’est un flot de préjugés racistes qui a pris le relais de l’indignation sur le sort réservé aux femmes ce soir là à Cologne – et à leur quotidien dans l’espace public ».  »

Devant des élus locaux, le ministre de l’Intérieur régional a mis en garde contre une stigmatisation des étrangers : « Stigmatiser un groupe (de population) comme des agresseurs sexuels est non seulement une erreur mais aussi dangereux. C’est ce que font les charognards de l’extrême droite, c’est leur seul argument ».

Prudence que n’a pas eu le « rédacteur » d’un blogue qui se fait pourtant fort d’offrir des « actus chrétiennes », comme le relève l’internaute Yves (10 janvier 2016 • 10 h 35 min ) : « 300 plaintes ne signifient pas un millier de coupables et un millier de coupables ne sont pas nécessairement un millier de « réfugiés syriens ». Vous aviez le choix d’un titre plus prudent et objectif, ne nous dites pas que ce n’est pas à dessein que vous avez choisi celui-là où je vois très bien votre intention dans la surenchère et l’incitation à la haine. C’est votre responsabilité entière d’en assumer maintenant les appels au pogroms contre les mosquées mais c’est aussi celle de vos lecteurs de vous dire le cas échéant leur dégoût pour un procédé journalistique indigne d’un chrétien et même d’un simple citoyen soucieux de vérité ». Et même d’aller voir ailleurs.

Effectivement. Comme dit l’adage journalistique, « informer, c’est choisir ». Et l’on choisit selon un but bien déterminé. Quel a été celui de « Rédaction » ? Chacun jugera, mais l’on serait en droit de se demander, à l’instar de Titi (8 janvier 2016 • 21 h 44 min ) « quel est le lien entre cet article et le christianisme ». Et de réclamer, si c’était possible : « svp que actu-chrétienne devienne actu-évangélique ». En clair : un site porteur de « bonnes nouvelles »(c’est le sens d’ « évangile ») ou de bonnes nouvelles édifiantes, plutôt que des unes à caractère raciste, racoleur et populiste « pour faire le buzz », ou des publi-reportages et autres divertissements people….(3)
Serait-ce « demain la veille » ? En attendant, en plus d’être bien peu fiable, Actu (vraiment ?) »chrétienne » paraît plutôt représentatif de ce que l’on peut appeler un site « involontairement pédagogique », vu que l’on peut y apprendre tout ce qu’il ne faut pas faire en matière de déontologie de la presse. Il serait temps que les Evangéliques se montrent beaucoup plus exigeants en matière d’éthique et de déontologie de la presse, et décident de prendre à bras le corps cette problématique relative de ce que seraient des médias sérieux et indépendants, réhabilitant un véritable travail de journaliste. Lequel journaliste jouerait, non un rôle de simple « publiciste » ou d’un organe de presse qui dirait ce qu’il faut penser, mais un rôle de journaliste, soit d’information, d’explication et d’interrogation, à mille lieux d’analyses superficielles et catastrophistes, jouant sur le scandaleux et suscitant une indignation stérile.

 

Notes :

(1)Alors même que la police n’avait, au moment des faits, arrêté que trois suspects sur lesquels elle n’avait communiqué aucun élément officiel.

(2)  Selon La Croix, la presse locale à Cologne a parlé « d’une expédition menée par un groupe de gens cherchant à en découdre avec des étrangers à Cologne après les violences du Nouvel An. Le rapport du ministre est le premier du genre alors que la police locale de Cologne depuis une semaine s’est distinguée par une communication confuse et très parcimonieuse. De nombreuses zones d’ombre demeurent : comment les agressions ont-elles pu prendre une telle ampleur sans que la police n’intervienne alors qu’elle était à proximité ? Pourquoi a-t-elle attendu plusieurs jours avant d’en révéler l’ampleur ? Et les violences étaient-elles planifiées ? »

Voir aussi : http://rue89.nouvelobs.com/2016/01/11/facebook-les-refugies-syriens-denoncent-les-agressions-cologne-262783

 (3) Si c’était encore « un accident » ! Mais à noter que le 7 décembre 2011, Actu « Chretienne » nous offrait de regarder « un reportage percutant réalisé par CBN News », affirmant qu’à Oslo « 100% des viols » auraient été « commis par des non-norvégiens »(soit « des immigrés » en Norvège). Une « info » à 100 % bidon, par ailleurs abondamment relayée par la plupart des sites d’extrême-droite. A l’époque, il était aussi question de tenter d’expliquer les causes d’une agression (ici l’attentat d’Oslo) par le biais de l’immigration. Une triste impression de déjà vu, à comparer avec http://www.lexpress.fr/actualite/politique/oslo-un-proche-de-le-pen-berne-par-une-fausse-info_1018082.html

 

 

 

 

 

Laïcité : Que dire à nos enfants d’« 1-dispensable » ?

"Je sais mais je dirai tout" : d'abord un film de et avec Pierre Richard(1973). Aujourd'hui, il semble que ce soit un nouveau crédo...

« Je sais rien mais je dirai tout » : d’abord un film de et avec Pierre Richard(1973). Aujourd’hui, il semble que ce soit un nouveau crédo…

Connaissez-vous « Le 1 » ? L’hebdo d’idées « qui ne se feuillette pas, mais se déplie », lancé depuis le 09/04/14 par Eric Fottorino, l’ancien directeur du Monde.
Cette « nouvelle expérience de presse », qui se veut « 1-dispensable », comme l’explique Eric Fottorino , est d’abord un curieux objet. Une grande feuille pliée trois fois sur elle même en format A4.
Ensuite, « Le 1 » traite d’un seul thème par semaine sur différents angles, à travers les regards d’écrivains, chercheurs ou artistes pour «comprendre et ressentir le monde qui vient ». Il ne demande pas plus d’une heure de lecture, mais tout de même plus de 20 minutes. Il paraît chaque Mercredi et est vendu 2,80€. Sans publicité*.

Bref, un format original, agréable et une bonne intention de départ(dans le traitement de l’info)qui n’est pas pour me déplaire. Mais quels regards privilégie-t-il ? A ce sujet, le numéro 41 du 28 janvier dernier, intitulé « Que dire à nos enfants ? »**, a récemment retenu mon attention.

Après la tuerie de Charlie Hebdo et ses répercussions, l’école se trouve au centre des interrogations. Comment répondre aux questions des élèves tout en déjouant les provocations ? Comment combattre l’intolérance, l’obscurantisme et transmettre les valeurs républicaines de liberté, de laïcité et de respect ? Il faut plus que jamais faire de l’éducation une priorité et ne pas abandonner les élèves en état de rupture républicaine.

La question est légitime et mérite d’être traitée. Néanmoins, j’ai trouvé le numéro plutôt déséquilibré, me paraissant donner une large place aux points de vue véhiculés par de non-spécialistes de la laïcité (mais vrais dogmatiques, partisans d’une « laïcité stricte »). Ainsi, l’académicienne Danièle Sallenave*** et la philosophe Elisabeth Badinter****, se taillent la part du lion*****. Mais pour dire quoi ? Ou pour que l’on dise quoi, à nos enfants ? D’autant plus que, rappelons-le, l’une et l’autre ne sont aucunement des spécialistes de la laïcité.

Mme Sallenave appelle à un « Un devoir de tolérance réciproque » (titre de l’article qui peut être consulté dans son intégralité ici), même s’il semble que dans l’esprit de son auteur, sauf erreur, il ne soit pas certain que ce devoir soit si réciproque que cela- certains se devraient-ils d’être « plus tolérants que d’autres » ? Extrait : « Ceux qui depuis des années se battent pour que l’école conserve ou retrouve ses valeurs fondatrices se sont félicités de voir les plus hautes autorités de l’État rappeler le lien qui unit l’école à la République, et la charger expressément de réparer un scandale, pourtant prévisible : celui de voir des enfants de familles musulmanes refuser de se joindre au mouvement de protestation unanime de la nation, et se déclarer plus proches de la religion caricaturée que des caricaturistes(Sic). Mais suffira-t-il pour les ramener dans le giron de la République(Re-sic) de décréter une journée de la laïcité, de les faire se lever à l’entrée du maître et ânonner en chœur qu’ils sont « pour la liberté d’expression » ? Je n’en crois rien. Certains de ces enfants, dans les quartiers périphériques ou les cités, ne se sont pas sentis solidaires de ce vaste sursaut patriotique (re-re-sic) parce que, à tort ou à raison, ils n’ont pas le sentiment que leur cité, leur quartier, leur famille même, leurs parents, appartiennent au même monde que celui des centres-villes, des professeurs, des docteurs et des juges. Voilà pourquoi certains refusent l’humour ou l’ironie quand ils visent ce qu’ils considèrent comme leur appartenance de naissance ». (re-re-re-sic : et pourquoi pas « d’origine », pendant qu’on y est ? Faut-il envoyer de tels « déviants » dans des camps de redressement ? Faut-il donc « arracher » ces élèves à tous les « déterminismes » ? Nous ne sommes pas loin de Nathalie Saint-Cricq****** )
Mais, dit-elle, « on ferait mieux de méditer la formule sans ambiguïté du président de la République selon laquelle « les religions n’ont pas leur place à l’école ». Même si elle est aujourd’hui difficile à comprendre et plus encore à mettre en œuvre, il convient de rappeler qu’elle a régné longtemps sur l’école républicaine, et tout le bénéfice que celle-ci, et la République, en ont longtemps tiré ».

Chacun appréciera et fera sa propre analyse.
Pour Mme Badinter, « Il faudrait d’abord enseigner la laïcité aux parents »*******.
Et quelle serait sa définition de la laïcité ? Comment l’expliquerait-elle devant une classe ?
Elle dirait « que toutes les religions sont admises au sein de la République, pas les sectes. C’est cela la laïcité. L’État garantit une protection générale à tous afin que les personnes puissent pratiquer leur religion, mais il ne se mêle de rien. Chacun doit comprendre que les religions n’ont pas à faire la loi en politique. Et j’insisterai, en second lieu, sur la séparation du public et du privé. C’est déterminant. La religion doit se limiter à l’espace familial et aux lieux de culte. La religion, c’est une affaire personnelle ». Mais, de même que « la rue ne saurait gouverner », elle estime « saisissant » que, désormais, les religions se trouvent dans la rue [à moins qu’il ne s’agisse de l’espace public ?]: « dans le grand débat national, en 2013, sur le mariage pour tous », elle déclare avoir été « extrêmement surprise par la réaction militante (sic) d’une grande partie des catholiques. Ce qui n’était habituellement pas visible-le poids des convictions religieuses sur le politique-, nous l’avons tous vu réapparaître comme jamais. La discrétion n’était soudain plus de mise(re-re-sic) et c’est vrai pour beaucoup de pratiquants des trois grandes religions. »

Cachez donc ce croyant ou « ce religieux »(« fanatique » et « terroriste » en puissance ?) que je ne saurais voir ! L’article aurait pu être rebaptisé : « il faudrait d’abord enseigner les religions (mais aussi ce que signifie « tolérance » et « liberté de conscience ») à Elisabeth Badinter », laquelle fait preuve d’une certaine intolérance, liée à un mépris certain. On sera édifié par sa remarque sur la kippa : « je suis stupéfaite de voir des jeunes juifs dans la rue avec une kippa. C’est quoi une kippa ? On se couvre la tête quand on prie. Cela signifie qu’on met une kippa quand on entre dans une synagogue et qu’on l’enlève quand on sort. Quand on va chez son épicier, on a peu de chances de parler à Dieu ! [pourtant, il est possible de prier ou de parler à Dieu en servant le vin, que l’on porte ou non une kippa cf Néh.2v1-5]Nous sommes en présence de revendications identitaires très fortes(…)et c’est désastreux. Depuis une vingtaine d’année, la laïcité recule, recule, recule…Que l’on puisse revendiquer des plats halal, des plats casher dans les crèches ou les écoles, c’est pour moi incompréhensible ! Quand on fréquente l’école publique, on mange comme tout le monde. Les minoritaires n’ont pas à imposer leur régime aux autres ».
Les « minoritaires » apprécieront.
Mais nous restons stupéfaits devant tant d’inculture religieuse. La laïcité serait-elle l’ignorance ? Ou le mépris ?
En guise de « rattrapage », nous suggérons la lecture des articles suivants : l’un d’Akadem, campus numérique juif, et cet autre, tiré du Monde daté du 24/09/12  : « En réaction aux propos de Marine Le Pen, qui a suggéré d’interdire le port du voile islamique et de la kippa dans l’espace public, [celui qui était à l’époque ministre de l’intérieur-et donc des cultes] a tenu à rassurer des fidèles partagés entre incrédulité, inquiétude et mépris pour des propos jugés « antirépublicains ». « Chaque religion a ses rites et ses traditions ; la liberté de croyance, c’est la liberté de porter la kippa, de manger casher, de réaliser la circoncision(…)Je me méfie de ceux qui, comme Marine Le Pen, se disent avocats de la laïcité et sont en fait des incendiaires du débat public. La laïcité n’est pas faite pour jeter les uns contre les autres. Les juifs de France peuvent porter avec fierté leur kippa(…) C’est la responsabilité des politiques de ne pas répondre à ces provocations. »

Et aussi la responsabilité des journalistes et des intellectuels ?

Bref, les intéressées sont-elles les mieux placées, ou les plus pertinentes, pour parler et même pour expliquer ce qu’est la laïcité ? D’autant plus que ce numéro s’est fait sans Jean Bauberot ********(Professeur émérite de la chaire « Histoire et sociologie de la laïcité » à l’EPHE) ou même Raphaël Liogier(sociologue, Professeur à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence et directeur de l’Observatoire du religieux), lesquels ont pourtant des choses à nous apprendre sur la question. Et même de quoi répondre aux deux personnalités citées plus haut :

– Ainsi, Raphaël Liogier, de façon indirecte à l’une et l’autre, rappelle que « la laïcité, c’est deux choses : la séparation des églises et de l’État, définie par la loi de 1905 – et non pas la séparation du religieux et du politique – et la neutralité des agents publics. Ce qui n’est pas la neutralité de l’espace public ! Si l’espace public devient un espace contraint[ou restreint] en ce qui concerne l’expression des opinions, qu’elles soient politiques ou religieuses, c’est une régression. Ce qu’on nous propose aujourd’hui, ce n’est même pas la neutralité de l’espace public, c’est sa neutralisation, donc un retour à une situation antérieure à 1789, au nom de la laïcité »…..(Lire absolument ces articles sur BastamagLa Provence,  et  sur un blogue de Médiapart)

– et de façon plus directe, Jean Bauberot avait réagi sur son blog aux propos d’ Elisabeth Badinter, qui, lors d’une interview pour le Monde des religions(Le Monde du jeudi 29 septembre 2011 en avait publié de larges extraits) avait déclaré qu’ « en dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité.»

Le même Jean Bauberot avait aussi répondu dans une autre note de blogue à Danielle Sallenave*********, suite à l’intervention de celle-ci sur France culture, lui rappelant que « JAMAIS la laïcité (…) n’aurait triomphé en France si elle n’avait pas su se montrer accommodante. Sans cela le conflit des deux France aurait dégénéré en guerre civile et que la France, avec la laïcité intégrale que certains souhaitaient, aurait quitté l’épure démocratique ». Ce que, reproche-t-il, Mme Sallenave, « inconsciemment ou non peu importe », souhaite « masquer », parce qu’elle ne le supporte pas. Il reste convaincu que prôner « une laïcité non accommodante, l’exact contraire de la laïcité historique (du moins, celle qui, heureusement, s’est imposé politiquement) », c’est là engager « la France dans une voie désastreuse. »

Etonnant choix de la part d’un journal qui se fait fort de proposer chaque mercredi « plusieurs regards sur une question d’actualité »….

On peut aussi s’étonner de ne trouver quasiment aucun représentant des diverses religions-du moins monothéistes : chrétienne (catholique, orthodoxe, protestante-FPF, CNEF ou même CPDH), juive et musulmane, à part la seule contribution (« ne pas insulter la foi des autres ») du prêtre-éducateur Guy Gilbert.
Il aurait été aussi pertinent (plus que de donner une parole excessive à celles qui méprisent les confessions et convictions des autres, y compris celles des enfants) de rappeler qu’ « en France, l’école publique est laïque et accueille ainsi des élèves et des parents de convictions très diverses, en toute neutralité. Toutefois, si l’école est laïque, ses usagers ne le sont pas. Leurs convictions, de toutes natures, ne restent pas à la maison », et ils sont « libres de les dire à l’école », n’en déplaise à Mesdames Sallenave et Badinter. Un petit livre nous invite à réfléchir sur la liberté de conscience et à son libre exercice (comme à son bon usage), particulièrement dans un contexte qui lui semble peu évident et bien peu favorable, de prime abord. L’enjeu restant le « bien vivre ensemble ».

A l’inverse, « Le 1 » nous donne à  lire « Enseigner l’histoire des religions, c’est enseigner l’histoire du doute », de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur : respectivement cinéaste et journaliste, par ailleurs auteurs du fameux « corpus christi » diffusé sur Arte en 1997(+ L’Apocalypse, l’origine du Christianisme)…Il est utile de rappeler que l’un et l’autre n’ont aucune formation philosophique, théologique ou biblique. Ils sont encore moins historiens ou exégètes, mais avant tout des metteurs en scène, faisant parler les spécialistes en les scénarisant selon un plan bien précis.
Selon eux, « Il est primordial de montrer aux élèves la dimension historique du fait religieux. Ils auront ainsi la possibilité de prendre du recul par rapport aux croyances dans lesquelles ils ont été élevés. Apprendre à douter éveille l’esprit critique…. »

Bien vu ! Et pourquoi ne pas « montrer aux élèves la dimension historique » de la laïcité, pour leur donner la possibilité de prendre un recul bienvenu ?
Commentant le numéro du Monde du Week-end dernier dans une note de blogue, Patrice de Plunkett relève que « Jean Baubérot y souligne avec ironie qu’un enseignement de la laïcité ne peut se fonder que sur la connaissance historique(…), mais que la connaissance historique serait dangereuse pour nos marchands de prêt-à-penser qui croient, par exemple, que laïcité et féminisme marchent du même pas : « Apprendra-t-on aux élèves que la France a été le seul pays démocratique où a existé un siècle d’écart entre l’instauration du suffrage masculin (1848) et le suffrage universel (1944) ? Or c’est en invoquant la laïcité que des parlementaires ont régulièrement refusé d’accorder la citoyenneté politique aux femmes, considérées comme  »soumises » au clergé. Un silence sur ce point serait très significatif. »
Il n’est donc pas inutile de rappeler, à l’instar de Jean Bauberot, que « comme toute réalité sociétale, la laïcité doit faire l’objet d’une démarche de connaissance ». De même, sur un plan plus général, que l’histoire reste une science. Et une science exigeante, qui plus est, nécessitant une certaine rigueur, valable pour tous. Bien entendu, l’histoire n’appartient pas aux historiens. Mais sans eux, l’analyse risque de se réduire à la simple expression d’une simple opinion sans fondement scientifique.
Or, il semble que, aujourd’hui, tout le monde prétende informer, enseigner ou même faire(de)l’histoire. En réalité, beaucoup s’expriment. Le plus souvent sur ce qu’ils ne connaissent pas…**********
Il est pourtant « 1-dispensable » d’en prendre conscience, non ?
A lire, dans le Nouveau Testament, Actes 4, où l’on retrouve cette tentation de la foi « en chambre ». Et où comment l’on peut rendre visible ce que l’on croit…

 

 

 
Notes :

* Plus exactement, « Le 1 » est uniquement financé pour le moment par un seul actionnaire, Henry Hermand, 89 ans, entrepreneur et dirigeant d’entreprises. Lequel Henry Hermand a construit l’un des premiers groupes français d’immobilier commercial et a joué un rôle de premier plan dans de nombreux organes de presse comme Esprit, Quinzaine, Tribune des peuples, Faire, Le Matin de Paris…. Il finance notamment le cercle de réflexion Terra Nova, proche du PS). Ont également des parts dans le titre Éric Fottorino lui-même, Laurent Greilsamer(ancien directeur adjoint du Monde, aujourd’hui directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Le 1 et enseignant à Sciences-Po)et Natalie Thiriez, la directrice artistique. Informations disponibles sur le site du « 1 ».
** Le numéro est construit ainsi :

Le temps de l’émotion
Victor Hugo, Écrit après la visite d’un bagne
Un devoir de tolérance réciproque Danièle Sallenave
Brouillages Robert Solé
Pardon ? Oui, pardon. Jean-Daniel Magnin
Le dessin de Céline Devaux

Le temps de la réflexion
Repères : état et religions depuis 1789 François Olislaeger
« Il faudrait d’abord enseigner la laïcité aux parents » Élisabeth Badinter
École : le handicap des enfants d’immigrés Loup Wolff
Ne pas insulter la foi des autres Guy Gilbert

Le temps de l’évasion
« Je crois à l’interculturel »J.M.G. Le Clézio
Pour la laïque Jean Jaurès
Les « Français » et « nous »Jean-pierre Obin
Déverrouiller l’institution Jean-Michel Croissandeau
Communiquer la sagesse du genre humainJules Ferry
« Je me suis senti en difficulté »Hugo Billard
De la maternelle à l’université Anne-Marie Cocula
Désarroi dans les classes Elsa Delaunay
« Enseigner l’histoire des religions, c’est enseigner l’histoire du doute »Gérard Mordillat Jérôme Prieur
De vives crispations
Je suis Charlie et je suis prof WEBONLYGabrielle Tuloup
Des histoires – WEBONLYThomas Vinau
*** Egalement normalienne et agrégée de lettres classiques. Elle a enseigné la littérature et l’histoire du cinéma à l’université Paris-X Nanterre de 1968 à 2001.

**** Spécialiste du siècle des lumières, féministe et milliardaire : présidente du conseil de surveillance de « Publicis », fondé par son père. En 2014, elle est la deuxième actionnaire de ce groupe.

***** Mme Sallenave bénéficie d’une pleine page, en deux colonnes, en p 3 ; Mme Badinter, de quatre colonnes, étalées sur les pp 5 et 6.

******  Nathalie Saint-Cricq est responsable, depuis juin 2012, du service politique de France 2. Lundi 12 janvier 2015, au journal de 13h, interrogée par Elise Lucet sur la marche républicaine qui a eu lieu la veille un peu partout en France et sur ses conséquences, elle avait déclaré : « C’est justement ceux qui ne sont pas « Charlie » qu’il faut repérer, ceux qui, dans certains établissements scolaires ont refusé la minute de silence, ceux qui « balancent » sur les réseaux sociaux et ceux qui ne voient pas en quoi ce combat est le leur. Eh bien ce sont eux que nous devons repérer, traiter*, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale ». (http://blogs.mediapart.fr/blog/gerard-becquet/130115/reperer-et-traiter-ceux-qui-ne-sont-pas-charlie-la-traque-est-ouverte-la-france-est-mure-les-med )
******* Article commentée par Joseph Gynt, dans son édito pour « Les Cahiers libres ».
******** Voir ses blogues : http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/ ; http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-bauberot

********* Voir aussi ce débat récent publié dans Le Monde du WE dernier : Après les attentats début janvier, le gouvernement a engagé une « grande mobilisation« de l’éducation nationale pour transmettre les « valeurs de la République ». Mesure pour combattre le fanatisme ou risque de religion laïque ? Deux points de vue :
Les religions n’ont pas leur place dans les établissements scolaires, par Danièle Sallenave (écrivain et membre de l’Académie française). Confrontée à des adolescents qui revendiquent leurs appartenances identitaires, l’école doit tenir à distance et arracher les élèves à toutes les déterminations grâce à l’exercice de l’esprit critique.
– Adopter des politiques incantatoires est inutile, par Jean Baubérot (historien et sociologue). Les récentes annonces faites par la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, visent d’abord les élèves et leurs parents, avec notamment la signature d’une charte de la laïcité. L’exercice risque d’être vain tant l’institution scolaire échappe à toute remise en question.
********** Lundi, sur le plateau de BFM-TV, l’ex-ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet s’est exprimée pour dénoncer la radicalisation des jeunes, s’appuyant sur un «exemple très concret »(en réalité très fantaisiste) : de nombreux enfants arriveraient en retard le matin à cause de la prière. Elle a aussi déclaré que la religiosité des parents était une « radicalisation », que cette radicalisation était de la « maltraitance » envers les enfants, et qu’il fallait donc retirer ces enfants à leurs parents….

Voir : http://plunkett.hautetfort.com/archive/2015/02/03/delire-antireligieux-dans-la-classe-politique-5551073.html#more

http://www.liberation.fr/politiques/2015/02/02/les-enfants-musulmans-a-la-priere-plutot-qu-a-l-ecole-nathalie-kosciusko-morizet-en-pleine-derive_1193977

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20150202.OBS1483/quand-nkm-se-prend-les-pieds-dans-le-tapis-de-priere.html

« Et c’est ainsi qu’on fabrique colère et lassitude chez le téléspectateur frustré … »

« ….au lieu de lui donner les outils pour raisonner et participer au débat ».

A découvrir cet excellent récent billet de blogue d’Aliocha, journaliste, à propos de deux grands événements récents : la coupe du monde 2014 et la grève de la SNCF…et de la façon dont on nous en informe : une information « optimale », « en continu », pour le premier, et une information « bien moins optimale », pour le second. Et avec quelles conséquences  ? Et, surtout(la réponse à cette dernière question, telle « la morale de l’histoire », peut faire mal)pourquoi un tel traitement de la part des médias ?

Car, enfin, qu’attendons-nous des médias ?

Pour en savoir plus, lire ici : http://laplumedaliocha.wordpress.com/2014/06/16/des-emmerdes-et-des-jeux/

Foire aux médias(4) : journaux, magazines ou sites « non chrétiens »

Suite et fin de notre « Foire aux médias », débutée ici, et poursuivie ici, et .

Eau turbulente par Daniele Pellati Suivre le courant, au risque de se laisser emporter...ou vivre à contre-courant ?

Eau turbulente par Daniele Pellati
Comment être une presse ou un média « à contre courant » ?

Au menu, des journaux, magazines et sites « non chrétiens » : Certains spécialisés dans le décryptage/ »observatoire des médias » et d’autres, représentatifs d’une curieuse presse « pas pareil » à observer, notamment par le choix de ligne éditoriale, le traitement de l’information, le graphisme, le style et le modèle économique (sans pub) de la plupart.

 

24 heures dans une rédaction : Depuis 2013, un outil simple et pédagogique pour connaître le métier de journaliste. Co-réalisé par l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille et Canal France International, l’agence française de coopération médias à destination notamment de l’Afrique, il propose 4 séries de 24 fiches pratiques sur l’exercice du journalisme. Ces documents rédigés par des journalistes confirmés en télévision, radio, web et presse écrite sont destinés aux journalistes, et formateurs en journalisme, mais aussi pour le grand public.

Acrimed : ou Action-CRItique-MEDias. Sur un mode très différent d’« Arrêt sur image » (lequel n’échappe pas toujours au piège du racolage, à mon goût), une association née en 1996 du mouvement social de 1995, qui se veut un « observatoire des médias ». Elle réunit des journalistes et salariés des médias, des chercheurs et universitaires, des acteurs du mouvement social et des « usagers » des médias. Elle cherche à mettre en commun savoirs professionnels, savoirs théoriques et savoirs militants au service d’une critique indépendante, radicale et intransigeante. Depuis octobre 2011, Acrimed publie par ailleurs une revue papier trimestrielle, le magazine Mediacritique(s)

L’Age de faire : Sympathique périodique national « grand public », paru pour la première fois en octobre 2005(aujourd’hui mensuel) et créé par un ancien entrepreneur dans le BTP. L’Age de faire propose « des outils pour réinventer le monde » : « savoir » et « comprendre », pour « agir », dans les domaines de l’écologie, la citoyenneté et la solidarité, au niveau local comme international. Mais surtout, le journal promeut un mode de vie écologiste « responsable » assez radical. Son indépendance financière (ni subventions, ni publicité) repose sur ses abonnements et sur ses lecteurs : un mode de diffusion original, basé sur des « coopérateurs » qui s’engagent à acheter un certain nombre de numéros par mois et à les diffuser.
Il est possible de trouver l’Age de faire dans les biocoop, épiceries équitables, associations écologiques, stands de producteurs, et même certains cinémas indépendants(tels le réseau « Utopia »). Il est animé depuis fin 2011 par une Sarl Scop (Société coopérative de production). Les six salariés détiennent la majorité des voix et du capital au sein de l’entreprise. Ils décident ensemble du contenu et de la gestion du journal.

Basta Mag : Pure player se voulant « alternatif », Basta ! veut offrir un autre regard sur l’actualité : sur les problématiques sociales et environnementales(qu’il veut décloisonner et traiter de manière transversale), sur la solidarité internationale et l’engagement citoyen. Par la production d’articles, reportages, enquêtes, interviews, vidéos, Basta ! décrypte les crises qui rongent le monde actuel : crise économique, crise sociale, crise de la démocratie, crise environnementale. On aime sa volonté de « ne pas se contenter d’évidences », de creuser et d’essayer de comprendre le fond des sujets, comme sa volonté de ne pas faire le même traitement médiatique que d’autres médias. « Engagé »(avec une production journalistique qui se rapproche parfois du contenu des sites associatifs ou syndicaux), mais pas « partisan ». Excellent. A suivre de près, pour son sérieux.

CQFD : mensuel « de critique et d’expérimentation sociale », distribué tous les premiers vendredi du mois.  Basé à Marseille, son comité de rédaction est composé essentiellement de chômeurs. Il est certes souvent « en colère » mais traite avec professionnalisme des sujets locaux, nationaux et internationaux, liés à la pauvreté, aux mouvements sociaux, aux résistances sociales parmi les salariés, dans les périphéries urbaines et aussi dans le milieu agricole. Car il n’est pas question pour lui de ne publier que des billets d’humeur ou des éditoriaux, ni de faire du « journalisme Google ». Sa ligne éditoriale : « faire un Charlie mieux informé et un Diplo plus accessible. » Sans publicité, il est gratuit pour les personnes incarcérées. A noter que ses numéros d’été traitent le plus souvent de sujets pointus et exigeants (les langues, l’éducation…), quand d’autres médias se laissent aller à la facilité.

Les Dossiers de l’Actualité : « L’actu décodée » – Idéal pour les lycéens et étudiants. Conçus par les journalistes de La Croix (un des quotidiens français de référence) et de Phosphore (mensuel pour les jeunes), Les Dossiers de l’Actualité proposent un temps pour faire le point, chaque mois, de façon pédagogique et éclairante, sur trois sujets qui comptent : politique, économie, culture, environnement, société…

L’Eléphant : une revue trimestrielle qui revendique cette idée jugée désuète, à l’heure où toute la connaissance du monde est à portée de clic : « La culture générale et l’éducation contribueront à sauver le monde ». 

e-media.ch : l’indispensable site suisse romand d’éducation aux médias, qui me paraît beaucoup mieux conçu que celui de son homologue du CLEMI français. On y trouve d’importantes ressources pédagogiques consacrées à la presse papier et audio-visuelle, au cinéma (avec des fiches films détaillées), la publicité, l’internet, les technologies de l’information et de la communication, et la littérature jeunesse.

Le Gorafi : pour ceux qui en ont assez de certains « pure players », ce site se livre à une parodie(en faisant preuve d’ironie) jouissive des sites de presse. Comme le dit si bien la journaliste « Aliocha », « des gens capables de concevoir un article qui dit que « 79% des français refusent de répondre aux sondages » [ou « À l’encontre de son code de déontologie, un journaliste pose une question économique au président »] mériteraient d’être élevés au rang d’antidépresseur recommandé par la faculté de médecine ». A quand la recommandation « sur les chaines d’information continue et des sites de presse de la lecture du Gorafi, au même titre que la consommation de 5 fruits et légumes par jour » ? Certaines personnalités (notamment politiques) s’y sont d’ailleurs laissé prendre, en relayant une « infaux » du « Gorafi », la croyant « vraie ».

Habilomedias : un autre site francophone, canadien, d’éducation aux médias et de litteratie numérique, sans but lucratif, et tout aussi riche que le précédent. Son objectif est de veiller à ce que les enfants et les adolescents développent une pensée critique, pour un usage « citoyen, actif et éclairé » des médias et du numérique. On y trouve quantité d’outils et de ressources pédagogiques destinés aux parents et aux enseignants.

La Décroissance : « le journal de la joie de vivre » et « premier journal d’écologie politique ».
Créée en 2004 par Vincent Cheynet et Bruno Clémentin, fondateur de « Casseurs de pub », La Décroissance est un mensuel critique qui veut incarner un projet d’écologie politique radical, sans compromis ni compromissions, et promouvoir une société basée sur « la décroissance soutenable »(sachant qu’une croissance perpétuelle est illusoire sur une planète aux ressources limitées). Un étonnant journal, particulièrement intransigeant(au risque de demeurer marginal), qui offre débats, chroniques, coups de gueule, interviews, articles de fond, dessins(d’Andy Singer, Colloghan…) et BD.

 

OWNI :  un média d’enquête, de reportage et de data-journalisme, dédié aux cultures numériques ainsi qu’aux nouveaux enjeux de société.Une référence. Leur charte éditoriale se découvre ici. Placé en liquidation judiciaire le 21 décembre 2012, le site est fermé depuis, mais toutes les archives restent en ligne. C’est un bien commun en « Creative Commons ».

Sciences Humaines : le magazine référence indépendant, sans annonceurs et pariant sur ses lecteurs, « pour comprendre l’humain et la société à travers l’actualité des sciences humaines et sociales ». Conçu, dès l’origine, comme un instrument de synthèse des connaissances.

Le Tigre magazine : un drôle d’animal « curieux » ayant réussi un temps à poser sa griffe dans la jungle médiatique, avant de disparaître en 2015. Découvert « par hasard » il y a quatre ans dans un cadre professionnel, il m’est devenu « familier » avec le temps. « Familier », mais pas « domestique » pour autant.
Fondé en 2006, Le Tigre était un mensuel généraliste, indépendant, éclectique, souvent imprévisible et sans publicité, distribué en kiosques et en librairies. C’était aussi une aventure de presse novatrice avec de petits moyens, à rebours de la logique économique actuelle : il proposait un journalisme inventif, curieux, ouvert au monde, exigeant et constructif, dressant des passerelles entre des secteurs d’ordinaire très éloignés.  On pouvait y découvrir des contributions de journalistes, photographes, dessinateurs, écrivains et universitaires.

Parmi ses choix : le refus« de ne pas faire ce que d’autres font déjà très bien »(comme les recensions de l’actualité culturelle-livres, films, disques, etc), au profit de créations d’auteurs contemporains (pages graphiques et dessins, photographies sans contrainte d’actualité…..) » ; l’ironie plutôt que le pamphlet et la diatribe ; le télescopage, le décalage et le recul aux lignes de fracture traditionnelles. Le Tigre était un animal solitaire : plutôt que la défense d’un groupe, ou de dire ce qu’il faut penser, Le Tigre avait l’ambition de faire réfléchir. Il réveillait en nous non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien.

Depuis 2006, Le Tigre a connu de nombreuses vies : hebdomadaire à sa création, il a été mensuel en 2007, bimestriel en 2008-2009, quinzomadaire en 2010, et mensuel début 2011, avant de cesser de paraître(définitivement ?) depuis 2015. Enfin, Le Tigre était le premier journal en France à être conçu uniquement avec des logiciels libres.

« Un bon journaliste ne lit pas (et ne nous donne pas à lire) « en diagonale »

Ou comment être « involontairement pédagogique »….

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/50000/nahled/white-fence-and-green-grass.jpg Lire en diagonale, une solution de facilité qui mène dans l'impasse !

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/50000/nahled/white-fence-and-green-grass.jpg
Lire en diagonale, une solution de facilité qui mène dans l’impasse !

Journaliste est un métier exigeant, assorti d’une très grande responsabilité.
Qu’attendre d’un journaliste* ? Tout d’abord-cela paraît tellement évident – qu’il nous informe. Et donc qu’il soit capable de restituer correctement une information.
Ensuite, expliquer, décrypter, donner à comprendre et engager à l’action…avec « l’ambition de faire réfléchir et non de dire ce qu’il faut penser »** ou « Réveiller en nous, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien. »***
Une telle exigence est-elle facile à satisfaire ? Où la trouver ? Comment l’atteindre ?
Dans le but de répondre à ces questions, intéressons-nous à ce qui semble être « le plus simple » à satisfaire : « informer », « restituer correctement une information », et propulsons-nous sur un site d’actualités ou d’informations pour comprendre comment retranscrire l’information.

Le site d’« actualités chrétiennes », par exemple, créé par Paul Ohlott, ancien contributeur du Topchrétien. Selon Frédéric Dejean, géographe des religions, il s’agit « moins le résultat d’un travail d’écriture de la part de son auteur qu’un patchwork composé de billets venants de divers sites. Il arrive néanmoins que Paul Ohlott rédige des billets d’humeur sur un sujet d’actualité », comme celui-ci(publié le 3 septembre) à propos d’un autre article « Jésus était-il un homme heureux ? » **** de Christine Pedotti(rédactrice en chef de Témoignage Chrétien)…
Cet article rédigé par Paul Ohlott sur ce sujet est « un billet d’humeur » ou un « coup de gueule ». Soit « un article d’opinion, souvent court et généralement en première page dans la presse, qui présente de façon sarcastique ou humoristique un événement ou un sujet d’intérêt général susceptible d’attirer l’attention du lecteur, d’apporter un sujet de réflexion. L’auteur du billet prend parti. Habituellement, la chute de l’article est particulièrement soignée, constituant en quelque sorte la morale de l’histoire. »
Ce « détail »(le genre journalistique utilisé pour le traitement de l’article de C. Pedotti) a son importance. Et il est par ailleurs intéressant d’étudier la place que consacre le responsable d' »actualités chrétiennes » au billet d’humeur sur son site, ce qui est de nature à nous renseigner sur ses buts précis et sur la cible(le public)qu’il vise.

Que fait exactement le rédacteur dans ce billet d’humeur ?
Pour le savoir, un exercice tout simple consiste à relever les éléments « informatifs »(sachant qu’une information peut être définie comme étant une réponse aux questions « qui », « quoi », « où », « quand » et éventuellement « comment » et « pourquoi », qui relèvent de l’explicatif )et les éléments de commentaires, présents à la fois et dans le titre et dans le billet d’humeur, afin d’apprendre à dissocier le factuel de l’interprétatif.
Ensuite, il s’agit de comparer l’importance de chacun de ces éléments pour déterminer ce qui est prédominant dans l’article (l’information ou le commentaire ?) et par-là même pour comprendre les intentions de l’auteur de l’article.

L’examen du titre a son importance.
Celui que nous étudions s’intitule : « La mission du Christ a été « un échec retentissant »… selon Témoignage Chrétien. » Il nous donne d’entrée une idée du sujet et surtout de la façon dont l’auteur va parler du sujet. Plus exactement, il révèle ce qui semble essentiel de comprendre ou de savoir pour l’auteur.
La difficulté est d’être capable de dépasser le titre, qui pourrait nous suffire (telle une « brève »), et d’aller plus loin.
Le titre est constituée d’une phrase à l’affirmative et non à l’interrogative. L’affirmation affichée dès le titre semble confirmée par la suite du billet, qui débute ainsi : « En s’intéressant à l’humanité du Christ et en cherchant à savoir si « Jésus était un homme heureux », Christine Pedotti tient des propos pour le moins étrange, dans un média « chrétien » ».

Normalement, un « bon article »(même s’il s’agit d’un billet d’humeur, qui n’exclut pas l’argumentation) devrait avoir la progression suivante, dans cet ordre :
Raconter, soit donner les informations de base en répondant aux questions : « Qui, Quoi, Où , Quand » ;
Expliquer, soit donner des informations complémentaires : « Pourquoi, Comment » ;
Préciser, soit donner des Infos supplémentaires : « Et avant, Et après » ;
Enfin, Commenter (l’Interprétatif) : « Et alors ».

Dans le billet d’humeur de Paul Ohlott, quel est l’ordre et la progression de ces différents éléments ? A quel moment apparaît « l’interprétatif » ?
On rappellera également, d’une manière générale, que tout auteur (le rédacteur), comme tout lecteur, d’un article filtrent l’information en fonction de son  idéologie.

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/50000/nahled/black-wild-cat-taking-a-nap.jpg Vous regardez attentivement ce chat noir : vous pensez à quoi ?

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/50000/nahled/black-wild-cat-taking-a-nap.jpg
Vous regardez attentivement ce chat noir : vous pensez à quoi ?

Ainsi, le fait que le rédacteur d’ »actualités chrétiennes » ne semble pas apprécier « Témoignage Chrétien »***** a-t-il une incidence sur le contenu du billet ?

Ces principes étant posés, la lecture commentée que fait Paul Ohlott de l’article de Christine Pedotti  est-elle au moins fidèle dans le fond et l’esprit avec le contenu « analysé » ?

Le problème vient de ce que

notre lecture est orientée dès le départ, par un titre faisant à la fois « la question et la réponse », et par un billet, qui nous donne à lire, dès le début(en copie d’écran), le seul premier paragraphe de l’article de Mme Pedotti, comme pour appuyer l’affirmation posée dans le titre.
Or (et c’est valable pour l’étude biblique, comme pour toute étude de textes), « un texte cité hors-contexte est un prétexte ».
L’article incriminé**** fait partie d’un tout, soit d’un dossier sur le bonheur.
Il(figurant dans la rubrique « religions », « commentaires spirituels ») ne se prête guère à une lecture rapide ou superficielle, au risque d’interprétation fausse et faussée.
De deux choses l’une :

– Le rédacteur n’a pas saisi le contenu de l’article, du fait d’une lecture « en diagonale », trop rapide. Il semble n’avoir retenu que le premier paragraphe de l’article, dont il nous donne une copie d’écran. Dans ce cas, il eut été préférable de simplement donner un lien vers l’article, sans commentaire, laissant aux lecteurs le soin de se faire leur propre opinion******. Il eut été aussi préférable de s’abstenir de commenter un article dont on ne maîtrise pas le contenu.

Le rédacteur a parfaitement compris le propos de Christine Pedotti, mais dans ce cas, on comprend mal ce compte-rendu incomplet et tronqué,  hors-contexte, donnant une interprétation faussée du texte incriminé, de nature à « enduire d’erreur » le lecteur, faisant passer Mme Pedotti(et par ricochets TC) pour une «drôle/mauvaise/fausse chrétienne ». Plus grave encore, le rédacteur du billet d’humeur semble en profiter, au passage, pour régler ses comptes avec un journal qu’il méprise.

C’est peut être une coïncidence, mais on sent comme un air de « déjà vu » à la lecture de ce commentaire de Frédéric Dejean, géographe des religions déjà cité, qui déplorait, il y a presque un an(12 septembre 2012)que l’historien Patrick Cabanel ait pu être « très injustement pris à partie par le journaliste évangélique Paul Ohlott sur son site Actu-chretienne. Que ce dernier règle ses comptes avec ce qu’il appelle la « la vieille soupe religieuse luthéro-réformée », c’est son droit le plus strict, mais qu’il en vienne à offrir une interprétation erronée d’un travail de chercheur dans le but de servir une démonstration fallacieuse, c’est aller un peu loin ».

Un constat facilement ré-actualisable ici.

Bref, « qu’attendre d’un journaliste* ? Tout d’abord, qu’il nous informe. Et donc qu’il soit capable de restituer correctement une information », disais-je plus haut. Cette exigence est-elle atteinte sur ce site « d’actualités chrétiennes », du moins, avec cet exemple ? Peut-on dire : a-t-on « même cela », sur « actualités chrétiennes » ?
Il semble en fin de compte que non. En réalité, Paul Ohlott « ne nous informe pas » (si l’on se base sur les critères posés plus haut), avec ce billet d’humeur,

mais « affirme » les choses, ou prétend « confirmer ce que l’on sait(ou croit savoir) déjà ». D’ailleurs, il est permis de se demander si le genre journalistique choisi(le billet d’humeur) convient pour traiter et donner à comprendre(en nous permettant de dépasser nos préjugés) une information contenue dans un article tel que celui de Mme Pedotti.

Concernant le « billet d’humeur », nous disions plus haut qu’« habituellement, la chute de l’article est particulièrement soignée, constituant en quelque sorte la morale de l’histoire ». Et ici, quelle est peut-être « la morale de l’histoire » ?
Que les ravages d’une lecture en diagonale ne sont plus à démontrer.
Et qu’il est possible d’être « involontairement pédagogique » en donnant l’exemple de ce qu’il ne faut (déontologiquement parlant) pas faire en journalisme.

"Soyons plein d'espérance !" Dans le tunnel par Adrian Paulino

« Soyons plein d’espérance ! »
Dans le tunnel par Adrian Paulino

Heureusement, il est possible d’espérer un apport positif (avec quelques leçons de journalisme) de quelques rares commentaires (parmi 72 environ) :

Robert L. (4 septembre 2013 • 2 h 36 min) : « L’auteure du texte ne dit pas que la mission de Jésus a été un échec, mais qu’au moment précis où le Christ vit le supplice de la croix, il peut ressentir une forme d’échec. C’est bien plus qu’une nuance. N’a t il pas dit: « pourquoi m’as tu abandonné »? Mais pourquoi s’acharner sur TC? ») ;  Le même (4 septembre 2013 • 13 h 31 min) : « Mais relisez pourtant le texte. Plutôt que d’esquiver, répondez sur le fond. Le texte se place du point de vue du christ et ne juge pas de sa mission de manière générale« ).

Et surtout celui de l’internaute « Jean-pierre » (4 septembre 2013 • 13 h 45 min) :
« Bonjour,
Je vous proposerais une autre manière de voir le texte original qui a été écrit dans l’article de témoignagecrhetien.fr . Dans son intention de proposer une réflexion sur le bonheur l’auteur introduit le premier paragraphe avec 3 pistes de réponses:
-Jésus est Dieu; la question ne se pose pas
-Jésus est forcément heureux
-Jésus n’est pas heureux et sa mission est un échec; “on peut aussi considérer que…et que sa mission fut un échec”. Dans ce dernier point le ‘on’ ne semble pas indiquer une prise de position de la part de l’auteur.
Dans les paragraphes suivants l’auteur motive sa question en y apportant un certains contexte biblique: les béatitudes, la sensibilité de Jésus etc…
Puis l’auteur prend position et propose sa réponse, je cite:
‘Ce n’est donc pas dans la figure de l’impassibilité qu’il nous faut chercher un Jésus heureux.En revanche, il est clair qu’il est un homme unifié…Jésus, lui, semble toujours être en plein accord avec lui-même et libre’
Par là l’auteur suggère que le Jésus heureux vient de son accord parfait avec le Père:
‘C’est cet accord, cette unité de l’être que nous voyons en sa personne. Il est l’homme sauvé de la division, capable d’accor¬der sa volonté à celle de celui qu’il nomme « Père ».’
Pour finir, elle termine en disant: ‘ Il porte en lui, et pour nous, la promesse de cet accord intérieur. C’est en nous laissant unifier intérieurement que nous pourrons être vraiment, à son image, des cœurs simples, facteurs de paix et de justice. ’ Elle propose ici qu’en Jésus nous avons la promesse de la reconciliation et l’unité avec le Père.
En espérant que cela vous a aussi éclairer, que Dieu vous bénisse.
Fraternellement Jean-pierre
 
PS: Mon intention n’est pas de chercher à défendre l’auteur mais plutôt d’essayer de comprendre sa pensée ».

Précaution qui tend à révéler qu’il est toujours courageux et périlleux de « donner à comprendre », au risque d’être accusé de « prendre parti ».
Conclusion résumant parfaitement quelle devrait être la position de tout journaliste digne de ce nom. Bravo « Jean-Pierre » !

Question subsidiaire : combien d’internautes auront-ils fait l’effort de suivre cette démarche, dépassant « l’obstacle » du titre du billet d’humeur ?

 

Pour terminer, il est toujours utile de rappeler la charte d’éthique professionnelle des journalistes.

En contre-point, on lira avec profit cette « nouvelle charte de déontologie du journalisme », se voulant « plus exactement conforme à la réalité du journalisme dominant que les chartes, au demeurant respectables, que tant de journalistes ne parviennent pas à respecter ou à faire respecter ». Avec humour, par Philippe Boure, Docteur en Droit des Médias et des NTIC, chargé de cours en « communication et marketing européens » à l’IUT de Nice. Comme il le dit si bien lui-même : « nous nous proposons de présenter le métier de journaliste tel qu’il est réellement aujourd’hui, en dehors de tous les phantasmes qui entourent cette profession, au travers d’une « nouvelle charte déontologique du journalisme ».

Article 1  : Tout journaliste se doit, de respecter son employeur, ses principaux actionnaires, ainsi que les annonceurs publicitaires de son média.
Article 2 : Le droit de savoir trouve ses limites dans le devoir d’informer utilement, en fonction des intérêts propres à son média.
Article 3  : La diffamation est acceptée dès lors :
– qu’elle est source de profit supérieur aux coûts des dommages Intérêts reversés à la personne calomniée
– qu’elle s’inscrit dans la défense de son média, ou dans l’intérêt politique, économique de ce dernier.
Ces deux conditions sont alternatives l’une de l’autre.
Article 4  : Le traitement de l’information reçue doit toujours se faire en fonction des attentes publicitaires des médias.
Article 5  : Les opinions politiques personnelles ne doivent jamais apparaître dans l’écrit journalistique, sauf à servir les intérêts de son média.
Article 6 : Tout journaliste jouit d’une clause de droit économique qui lui permet de changer d’employeur dès lors qu’une proposition économiquement plus intéressante lui est faite. La clause de « bonne conscience » est quant à elle supprimée.
Article 7 : Le traitement médiatique d’une guerre doit toujours être effectuée :
– en fonction de l’opinion de la classe politique dominante
– en fonction de ce que le journaliste voit, en dehors de toute analyse posée et introspective du journaliste.
Article 8  : Les idées contraires aux idées communément admises sont à bannir du traitement médiatique, sauf si ces dernières sont sources de profits immédiats et importants pour le média employeur.
Article 9  : Le journaliste ne peut intervenir dans un autre média que le sien, sauf dans les cas où cet autre média appartiendrait au même groupe de communication ou que son intervention entraînerait des profits réels pour son employeur.
Article 10 : La critique du métier, du monde de la communication ou de ses confrères est à bannir en ce qu’elle porte atteinte à la liberté d’entreprendre des multinationales, à la liberté d’expression, ainsi qu’à l’image des médias.

 

 

Notes :
* Peut prétendre au titre de journaliste toute personne titulaire d’une carte de presse. Celle-ci est délivrée à toute personne qui en fait la demande et tirant plus de la moitié de ses revenus d’une activité réelle de presse(la pub ne comptant pas) : « S’il s’agit d’une première demande, il faut exercer la profession depuis trois mois au moins consécutifs, et tirer de cette activité le principal de ses ressources, c’est-à-dire, plus de 50 %. Naturellement, les fonctions exercées doivent être de nature journalistique. Enfin, l’employeur doit être une entreprise de presse (écrite ou audiovisuelle) ou une agence de presse agréée. Pour un renouvellement, les conditions à remplir sont les mêmes, mais la régularité de l’activité s’apprécie sur les douze mois précédant la demande ».

** l‘ambition du « Tigre magazine », « publication indépendante, n’appartenant à aucun groupe de presse. L’indépendance éditoriale (étant) garantie par l’absence de publicité dans ses pages ». On peut y lire « de longs reportages d’écrivains, des articles géopolitiques, des pamphlets, des dessins de presse, des critiques de la consommation. Le tout émaillé de photos, de jeux typographiques, de citations littéraires, de fausses pubs, d’un roman-photo, d’un feuilleton en bande dessinée, d’une énigme, d’un almanach regorgeant de savoirs utiles et futiles, et d’une bonne dose d’ironie. »
A noter que l’un des deux fondateurs du mensuel, Raphaël Meltz, répète souvent qu’ « il n’est pas journaliste : d’une part parce qu’officiellement (il n’en a )pas le statut (pas de carte de presse), mais surtout parce (qu’il n’a) jamais eu le désir de l’être… »

***Citation à propos du même « Tigre magazine », piochée il y a quelques années sur internet et dont je ne retrouve plus la trace.

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Dossier bonheur
TC n° 3546 31 août 2013
Jésus était-il un homme heureux ?
Par Christine Pedotti

POINT DE VUE – La question a de quoi surprendre. Cependant, y réfléchir, c’est prendre au sérieux ce que fut Jésus dans son destin humain et, à travers lui, considérer nos propres destins.
La question a de quoi surprendre. On est tenté de répondre que, si Jésus est Dieu, soit la question ne se pose pas, soit la réponse est évidente et il était heureux. On peut aussi considérer que l’homme fut nécessairement inquiet, que sa mission fut un échec retentissant, et qu’il est difficile de penser qu’un tel homme qui achève sa trajectoire supplicié sur une croix, abandonné des siens à l’issue d’un procès bâclé, puisse être qualifié d’« homme heureux ».
Cependant, réfléchir à la question, c’est prendre au sérieux ce que fut Jésus dans son destin humain et, à travers lui, considérer nos propres destins. Tout d’abord, ce qui frappe à la lecture des évangiles, c’est qu’il y est souvent question de bonheur, l’exclamation « Heureux… » revenant à de nombreuses reprises.
Si nous lisons les Béatitudes comme un programme de bonheur proposé par Jésus, il est aisé de vérifier que, selon les critères qu’il donne lui-même, Jésus est un homme heureux. Il a, d’une certaine façon, appliqué son programme : il a choisi d’être pauvre, il a fait partie de ceux qui sont affamés de justice, il a pleuré sur le malheur et l’injustice et, pour finir, il a été insulté, haï, persécuté à cause de l’Évan¬gile qu’il annonçait.
Cependant, le « bonheur » paradoxal de celui qui, certes, souffre mais demeure fidèle à lui-même et à sa propre exigence de vie, peut sans doute être lu à un autre niveau.
 
Les textes évangéliques ne nous montrent pas Jésus d’humeur égale, très loin de là. Il est troublé par la rencontre des autres. Il se laisse émouvoir ou, au contraire, est capable de colère. Il n’est pas un homme sage, au sens où il serait un homme qui maîtrise ses émotions. Point de stoïcisme en lui. Il pleure avec ses amies en deuil devant le tom¬beau de Lazare, et gageons qu’invité à des banquets et des festins, il savait être joyeux convive.
Ce n’est donc pas dans la figure de l’impassibilité qu’il nous faut chercher un Jésus heureux. En revanche, il est clair qu’il est un homme unifié. Contrairement à saint Paul qui explique qu’il fait le mal qu’il voudrait éviter, qu’il ne fait pas le bien qu’il voudrait faire, Jésus, lui, semble toujours être en plein accord avec lui-même et libre. Cet homme, tel que nous le montrent les textes, est, dit et fait d’un seul mouvement puissant et profond de l’être. Sans doute est-ce cette unité intérieure qui lui donnait cette autorité que les textes ne cessent de souligner.
 
Nous-mêmes, au-delà des ennuis et des chagrins ordinaires de nos existences, ne sommes-nous pas surtout malheureux de cette blessure intérieure qui nous laisse intimement divisés. Qui d’entre nous ne désire pas être capable d’accor¬der son être, sa parole et ses actes ? « Que votre oui soit oui », dit Jésus.
C’est cet accord, cette unité de l’être que nous voyons en sa personne. Il est l’homme sauvé de la division, capable d’accorder sa volonté à celle de celui qu’il nomme « Père ». Il porte en lui, et pour nous, la promesse de cet accord intérieur. C’est en nous laissant unifier intérieurement que nous pourrons être vraiment, à son image, des cœurs simples, facteurs de paix et de justice.

***** Voir ce commentaire en réponse à ses lecteurs :

Rédaction – 3 septembre 2013 • 21 h 58 min« Ils[TC] ne doivent pas avoir beaucoup d’abonnés… mais ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. A force d’écrire vraiment n’importe quoi… Pas sûr que cet article suffise à attirer un nouveau lectorat »

****** C’est le choix (simple) du site « Info évangélique » , site ressource mis en place depuis août 2013.

« C’est sous le radar qu’il faut guetter les pulsions de la société… »

 

Tour de contrôle par Petr Kratochvil

Tour de contrôle par Petr Kratochvil

J’ai longuement hésité avant de commenter l’événement qui suit. Particulièrement du fait de la nature de l’événement. Et de ce que cache cet événement.

Un certain Dominique Venner, 78 ans, s’est suicidé l’après-midi du 21/05/13 devant le maître-autel de Notre-Dame de Paris.

« Dominique qui ? » Il est probable que la plupart d’entre vous ignoraient jusqu’à aujourd’hui l’identité de cet essayiste et théoricien de l’extrême-droite.

C’est mon cas.

Que l’on ne le connaissait pas, c’est là « le plus frappant », au vu de sa longue biographie, et de sa non moins longue bibliographie », comme le constate Daniel Schneidermann, dans “Dominique qui ? Venner, sous le radar”, publié le 22/05/13 sur «Arrêt sur image ».

Pourquoi alors revenir sur ce drame et consacrer un billet à un parfait inconnu du grand public ? Pour plusieurs raisons :

1)Tout d’abord,  pour couper court à tout amalgame. Parce que les agences de presse ont affirmé que le dernier texte de son blog appelait à manifester le 26 mai contre « le mariage pour tous ». Or, et c’est là tout le malentendu, elles l’ont affirmé à tort.

Selon le journaliste Patrice de Plunkett,  dans un billet de son blog, datant du 21/05/13, intitulé « le suicidé de Notre-Dame »(un « étrange et sombre événement »), « il suffit de lire ce texte (sur le site du Point) pour voir qu’il qualifie dédaigneusement de « gentilles » les manifestations LMPT : selon Dominique Venner, ce type de rassemblement de masse ne « suffira pas ». À quoi ? À lutter, dit-il, contre « l’immigration afro-maghrébine », dont les conséquences sont « autrement catastrophiques que la détestable loi Taubira ». (Et « l’Eglise », ajoute Dominique Venner, fait partie de ceux qui ont « travaillé activement » à ce que la France tombe « au pouvoir des islamistes »). On voit que le monde mental du défunt était étranger, non seulement à celui des organisateurs des manifestations contre la loi, mais à celui de l’Eglise catholique.


2) Parce qu’il est essentiel d’éclairer la raison du suicide(mis en scène)
d’un païen assumé devant le maître-autel d’une cathédrale.

Car, l’a rappellé Gérard Leclerc, sur Radio Notre Dame,  le 23/05/13, « Dominique Venner s’est toujours réclamé d’un paganisme contraire au christianisme et il n’a jamais renoncé à polémiquer contre la vision biblique du monde à laquelle il reprochait son universalisme, solidaire de son monothéisme(…)sur son refus de la foi chrétienne, il ne transigea jamais, cultivant un différentialisme qui exaltait l’hétérogénéité des cultures, tout en professant un véritable culte de la force. Il rejoignait ainsi toute une thématique nietzschéenne».

Le geste de Dominique Venner, qui se veut sans doute spectaculaire, ne relèverait donc ni d’une défense des valeurs ni d’une volonté révolutionnaire, mais du nihilisme.
De quoi mesurer à quel point l’idéologie de cette homme était effectivement étrangère au christianisme.

Pourquoi s’attarder sur un tel fait divers ? Et pourquoi  s’attarder sur ce qui a nourrit un homme, semble-t-il, toute sa vie durant ?


3)Parce que ceux qui l’admirent et lui rendent hommage ne se taisent pas. Et parce qu’ interdire toute critique  pour contrer toute forme d' »hagiographie » ou contre toute tentation de fascination malsaine, c’est encourager une relecture de l’histoire. Ainsi que la banalisation de ses idées contraires à l’évangile.

Il est donc essentiel, à l’instar de Gérard Leclerc, de mettre en garde « contre la tentation de la fascination à l’égard de l’acte transgressif que(David Venner) a posé dans le lieu le plus symbolique qui soit. Il serait dangereux de ne pas avertir les jeunes gens, notamment, du caractère foncièrement ambigu du message qu’il a voulu adresser de la façon la plus spectaculaire. Il faudra peut-être prendre le temps d’analyser avec soin tous les motifs de son idéologie….. »

4)Et aussi, parce que, comme le souligne si bien Daniel Schneidermann, le fait « que Venner soit resté, jusqu’à sa mort, inconnu de ce que l’on appelle le « grand public », ne signifie pas que ses thèses ne rencontraient pas d’écho. Dans ce fameux dernier billet, Venner cite notamment, parmi ses compagnons de hantise, l’écrivain Jean Raspail, et son livre « Le camp des saints »,roman profondément raciste, et peut-être même fondateur du lepénisme actuel, rédigé en 1973. Raspail y dépeint la capitulation des élites françaises, confrontées à un déferlement, sur les côtes, de miséreux asiatiques. Ce roman a connu un beau succès et plusieurs rééditions, sans que Raspail, lui non plus, ne soit jamais invité dans les « grands medias » (…)

Bref, la mort de Venner nous rappelle, une fois de plus, que c’est sous le radar qu’il faut guetter les pulsions de la société ».

Il est enfin édifiant d’examiner, en comparaison des analyses ci-dessus, comment une même information est traitée ailleurs. Ici, par exemple, sur un blog « d’actualités chrétiennes », l’information traitée ressemble à une sorte de communiqué (avec les réactions de certaines personnalités politiques choisies) au ton se voulant curieusement « neutre ». Néanmoins,  la nature de ce traitement ne nous permet que difficilement de comprendre l’objectif du responsable du site. Et ce d’autant plus que l’on attend d’un journaliste qu’il rassure, explique, engage les gens à agir, et démonte les discours de la peur.

Chacun jugera.

Mais la plupart des commentaires (plus de 130 à ce jour-à lire à petites doses) qui suivent valent leur pesant de cacahuètes, dont celles du responsable du site lui-même : Rédaction 22 mai 2013 • 10 h 11 min « La problématique de l’immigration ne doit pas être regardé uniquement d’un point de vue économique. Et d’ailleurs, dans son article, Dominique Venner parle non pas d’économie, mais du danger de l’islamisation de la France. « 
Au milieu des 130 réactions, on notera celles de l’internaute « Guerinier », qui se présente comme un ex-FN converti et qui a du se sentir bien seul(comme quelques rares autres intervenants) :
GUERINIER 22 mai 2013 • 11 h 06 min  : Aucun CHRÉTIEN D’extrême droite ne peut atteindre le salut, nuance. Vous trouvez cela compatible vous ? J’étais, avant de rencontrer Jésus, d’extrême droite, je connais très bien ce parti aux idées dégueulasses….

Pour le coup, cela se passe de commentaire !