La désinformation nuit à la santé

L’enjeu ici n’a rien à voir avec la polémique. Il s’agit simplement de prendre le temps de réfléchir à ce que signifie croire que « Jésus-Christ est la vérité »(Source image : « Piquée » sur le compte twitter du Pasteur Gilles Boucomont, 19/12/18)

L’esprit du conspirationnisme s’est-il infiltré de façon virale dans le christianisme actuel ?

Est-il acceptable de voir des « dealers » diffuser des doses quotidiennes de désinformations quotidiennes, tout en déclarant ne pas y toucher eux-mêmes…?

Depuis le début de la crise du covid, je reçois régulièrement des niouzeletteurs de la part d’une connaissance – un chrétien évangélique – dont je tairai le nom, colportant des opinions sur les vaccins, Bill Gates, le coronavirus, Didier Raoult et l’hydroxychloroquine…..

Les 02/06 et le 11/06, ladite connaissance me relaye les deux messages suivants :

Le premier message relayé émane d’un certain Xavier Bazin, « journaliste scientifique, éditeur, écrivain », et… « passionné de médecine naturelle », de « Santé-corps-esprit », message intitulé « Dangers du paracétamol : le Pr Raoult aggrave son cas ! », laissant entendre que l’étude du Lancet sur les dangers de l’hydroxychloroquine aurait été « manipulée »/ »fabriquée » « pour faire croire aux gens que l’hydroxychloroquine est un médicament qui tue ! » et pour discréditer « un médicament ancien et peu coûteux » susceptible de « concurrencer les nouveaux vaccins ou anti-viraux hors de prix. Si la chloroquine s’avérait être efficace, ce serait dramatique pour le système, car ce serait la preuve qu’il y a beaucoup de molécules anciennes ou naturelles, non brevetables, qui sont intéressantes…et qu’il faudrait donc arrêter de tout miser sur des nouvelles molécules ou de nouveaux vaccins et s’ouvrir aux médecines alternatives, traditionnelles et naturelles ». Message se concluant par une offre de formation….sur « les médecines alternatives, traditionnelles et naturelles », dont « le premier mois est gratuit ».

Le second message relayé est un mail [intitulé « Des américains défendent Didier Raoult »] du webmestre du site évangélique canadien samizdat, lequel communique la traduction française d’un article de L’American Spectator intitulé « LancetGate: Pulling a Fast One on Proponents of Hydroxychloroquine and Chloroquine », lequel s’ajoute aux remises en cause de l’étude du Lancet. A noter que le même webmestre, se revendiquant « complotiste rationnel », introduit son dossier « revue de presse » sur le covid 19 en lâchant qu’en fin de compte, « le Covid19 n’entraîne(rait) PAS une mortalité plus élevée que la grippe d’hiver normale », et qu’il serait « rationnel et raisonnable (sic) d’avoir de gros doutes sur la mortalité extraordinaire du Covid19 ». Et « bien que toutes sortes de questions se posent sur l’origine du Covid19 (arme ou naturel, accidentel ou provoqué), c’est une question (qu’il a) décidé d’écarter » dans la constitution de ladite revue de presse. Ce qui s’appelle un biais cognitif. De là à dire que les mesures sanitaires seraient exagérées et donc suspectes, il n’y a qu’un pas…(1)

Suite à ces deux mails, je décide de poser cette simple question à mon expéditeur : « si je te comprends bien [d’après les messages que tu relaye], tu prendrais toi-même de l’Hydroxychloroquine, si besoin ? Recommandes-tu personnellement – et sans réserve – l’Hydroxychloroquine aux chrétiens ? Dans le cas contraire, quel est l’intérêt de relayer de tels messages de nature à le faire croire ? »

Ce à quoi mon interlocuteur me répond : « Je ne suis pas un gourou ni un maître à penser [comprendre : pour avertir les gens ou les inviter à la prudence ?]. Je transmets des informations qui me paraissent pertinentes sans pour autant adhérer à tout ce que j’envoie. Chacun se fait son opinion. Par ailleurs, je n’ai ni le temps ni la volonté de polémiquer ».

Cette posture en mode irresponsable m’a parue plutôt légère. En effet, il me paraît inconcevable et même improbable qu’un chrétien se contente de transmettre des opinions sans en assumer les conséquences : à savoir transmettre des opinions que l’on ne partagerait pas, dont on sait pertinemment la toxicité virale mais en présentant lesdites opinions de manière à minorer leur toxicité, d’autant plus que le diffuseur, tel un dealer, n’y toucherait pas lui-même.

Par honnêteté intellectuelle, il serait plus juste et plus pertinent d’assumer sa propre position : si (pour reprendre ma question initiale) ce traitement (l’hydroxychloroquine) est dangereux, et auquel cas l’on ne se risquera pas de le prendre soi-même, il convient alors, par soucis d’intégrité, d’inviter les destinataires de nos mails à une prudence responsable, soulignant qu’un tel traitement n’est pas recommandable sans risque (2).

Ceci dit, je constate que « ces informations jugées pertinentes » (et donc partagées) par mon interlocuteur sont toujours traitées sous le même angle, sous leur angle le plus trouble – il y en a toujours un – et que ces « infos » sont triées de façon à ne conserver que ce qui est suspect, ou en ne retenant que les erreurs – ce qui n’est pas la vérité car un tel traitement est partiel et partial.

D’ailleurs, en quoi est-ce pertinent et utile pour la gloire de Dieu (refléter Dieu tel qu’Il est en vérité) et l’édification du corps de Christ de transmettre des opinions systématiquement marquées par le complotisme, le scepticisme, le cynisme ou le négationnisme écologique, quand il ne s’agit pas d’un billet d’humeur injurieux, diffamatoire et partisan en faveur de tel chef d’état sous le coup d’une procédure de destitution, ou de polariser autour de Didier Raoult et des vaccins, etc… ? Dit autrement : en quoi cela contribue-t-il à rendre les gens vraiment meilleurs, c’est-à-dire spirituellement plus murs, plus conscients de la dignité de leur humanité, plus responsables et plus ouverts aux autres ? En quoi cela contribue-t-il à les rapprocher de Christ et des uns des autres ?

A ce jour, je n’ai toujours pas eu de réponse claire et convaincante. Mon expéditeur n’a sans doute « pas le temps, ni la volonté de polémiquer », mais il fallait y penser avant de relayer des prises de position polémiques et clivantes.  Or, l’enjeu ici n’a rien à voir avec la polémique. Il s’agit simplement de prendre le temps de réfléchir à ce que signifie croire que « Jésus-Christ est la vérité », que « Dieu est amour » et « lumière », soit donc qu' »il n’y a pas trace de ténèbres en lui ». A moins que ce type de réflexions ne pose trop de problèmes ? C’est là un enjeu de santé publique, un enjeu spirituel.

Certes, celui qui choisit d’informer – et plus encore s’il est aussi chrétien – doit être conscient d’exercer « un mini-stère » (un service et un même service public) et non « un magi-stère ». En clair, celui qui exerce le service d’informer aura l’ambition de faire réfléchir ses lecteurs, et non de leur dire ce qu’il faut penser.

Une information, ou l’acte d’informer, est ce qui renseigne avec exactitude sur ce que l’on ignore et qui répond aux questions « qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi ». L’information n’est pas une opinion mais un élément de connaissance vérifiable, qui ne concerne pas que moi mais qui s’adresse/s’impose à tous. Et la condition d’une information digne de ce nom, crédible, est la recherche de la vérité. Sur ce point, le chrétien qui informe est censé avoir un avantage : il croit en la vérité absolue ou qu’il existe une vérité. Il sait que Jésus-Christ est la Vérité ou que « la Vérité est en Jésus ». A l’inverse, celui qui estime que la vérité n’est pas atteignable a renoncé à la chercher. Il ne lui reste alors plus que son honnêteté (ou sa mauvaise foi) par rapport à ses croyances (ce à quoi il tient) ou ses convictions (ce qui le porte) et non plus par rapport à la réalité. Or, nous réduisons trop souvent l’information à la seule expression d’une vision sur l’actualité, survalorisant l’opinion, le « coup de gueule », « l’édito » ou le commentaire.

Ensuite, informer, ce n’est pas simplement balancer des « faits bruts » en se donnant bonne conscience (« au lecteur de se faire son opinion ») : c’est aussi et surtout donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant. S’informer, c’est se donner les moyens de comprendre la complexité du monde réel dans lequel on vit. Pour cela, « la fabrique de l’info » doit parcourir un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

Informer, c’est (toujours) choisir : de parler d’un fait et pas d’un autre ; de choisir un aspect d’une question – un « angle » – dans le traitement de ladite information.

Informer n’est pas communiquer. Informer implique de donner à voir la réalité dans toute sa complexité, tandis que communiquer ne vise qu’à montrer le meilleur [ou le pire, selon son objectif de départ cf plus haut]

Un témoin est celui qui rend compte de ce qu’il a vu/entendu/rencontré personnellement. Il n’est pas un simple « relais » d’une information lue/entendue quelque part, à partir de sources de seconde, voire de troisième main.

Le rôle de celui qui informe devrait être de rassurer[ou d’inviter à prendre du recul], d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages [ou ici, de niouzeletteurs]

Enfin, informer n’a pas pour vocation de frapper, mais de toucher les esprits et les cœurs (3)

 

 

Notes :

(1) L’esprit du conspirationnisme s’est-il infiltré de façon virale dans le christianisme actuel ?

(2) « Les données recueillies au début de la pandémie surestimaient la mortalité du virus, puis les analyses ultérieures l’ont sous-estimée. Aujourd’hui, de nombreuses études – fondées sur des méthodologies différentes et complémentaires – estiment que, dans la plupart des pays, la mortalité du Covid-19 se situe entre 0,5 et 1 % ». (https://www.pourlascience.fr/sr/covid-19/quel-est-le-vrai-taux-de-mortalite-du-covid-19-19633.php ; https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/05/05/coronavirus-age-mortalite-departements-pays-suivez-l-evolution-de-l-epidemie-en-cartes-et-graphiques_6038751_4355770.html )

Actuellement : plus de 11 millions de contaminés, plus de 517.000 décès au niveau mondial, selon le bilan établi le 03/07/20 par l’Organisation mondiale de la santé, une agence de l’ONU.  L’Europe est le continent le plus touché, avec 2,6 millions de cas. Les pays qui comptent quotidiennement le plus de morts sont le Brésil, le Mexique, les États-Unis et l’Inde.

Concernant l’hydroxuchloroquine, le point sur les études, recommandations nationales et prises de position, Mises en garde 

https://www.hug.ch/sites/interhug/files/structures/coronavirus/documents/hydroxy-chloroquine_et_covid-19.pdf

https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/COVID-19/Chloroquine_final.pdf

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/05/covid-19-l-hydroxychloroquine-n-a-pas-d-effet-benefique-selon-l-essai-clinique-recovery_6041923_3244.html [Les résultats préliminaires du plus grand essai clinique à ce jour incluant des patients hospitalisés pour un Covid-19 sont tombés le 04 juin : « Nous avons conclu que l’hydroxychloroquine n’a aucun effet bénéfique sur les patients hospitalisés avec Covid-19 », ont annoncé, vendredi 5 juin, les professeurs Peter Horby et Martin Landray (université d’Oxford), chercheurs en chef de l’essai britannique Recovery. Celui-ci a recruté depuis le mois de mars plus de 11 000 patients dans 175 hôpitaux du National Health Service (NHS) du Royaume-Uni]

Voir aussi : https://www.lci.fr/sante/coronavirus-le-covid-19-peu-dangereux-avec-une-mortalite-de-0-04-attention-aux-publications-trompeuses-2154431.htmlhttps://www.liberation.fr/checknews/2020/06/02/pourquoi-l-etude-du-lancet-sur-l-hydroxychloroquine-est-elle-sous-le-feu-des-critiques_1789844 ; https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/06/08/l-hydroxychloroquine-therapie-la-plus-efficace-un-sondage-obsolete-qui-circule-encore_6042157_4355770.html

(3) « De Babel à la Pentecôte, une leçon de communication du Pape François », article de Simon Lessard IN Le Verbe d’Avril-mai 2015, pp 36-36. A lire tout l’excellent dossier sur le journalisme chrétien (pp 12-46, paru dans cette édition du magazine https://www.le-verbe.com/wp-content/uploads/2015/03/Le-Verbe-complet.pdf

« Un chrétien ne jette pas de pierres »

Pour diaboliser, il suffit de traiter la question sous son angle le plus trouble (il y en a toujours un), en triant les infos pour ne conserver que ce qui est suspect, ou ne retenir que les erreurs. Une sorte de définition du faux témoignage. Source image : compte twitter du Pasteur Gilles Boucomont (19/12/18)

« Un projet de vaccin pour les pays en voie de développement prévoit « de joindre aux injections quelques gouttes d’un produit photosensibilisant, qui va pénétrer dans l’épiderme au moyen de petites pointes (comme un patch en velcro) et y demeurer quelques temps, pour qu’on puisse détecter si la personne a déjà été vaccinée ou pas », explique Jérôme Prekel en introduction à son article intitulé « une marque en forme de croix », publié sur son blogue Le Sarment(1).

« Ultérieurement, si on expose la peau à une certaine lumière, le dépôt apparaîtra, sinon il ne sera pas visible. Ce sera une marque en forme de croix (ou de rond). Cette idée, au stade expérimental, a été mise au point par des ingénieurs du prestigieux MIT (Massachusetts Institute of Technology) pour une raison simple : en Afrique, par exemple, où existent de grands bassins de populations qui n’ont pas accès aux soins (soit parce qu’elles sont trop pauvres, soit parce qu’elles résident dans des régions reculées) vous pouvez rencontrer un grand nombre de personnes qui ne possèdent pas de papiers d’identité et encore moins de carnet de vaccination. Et s’ils en avaient un, il n’est pas certain qu’ils réussiraient à le garder en état plusieurs années. Un casse-tête pour les soignants ».

Or, « sur les réseaux sociaux, cette info a été l’occasion d’agiter le chiffon rouge de la conspiration et de la manipulation de masse. Elle est devenue virale après avoir été traitée sous un angle alarmiste par des collectifs appelés « antivax ». Beaucoup d’antivax sont conspirationnistes : globalement, ils estiment que les vaccins servent à enrichir le « big pharma » (au mieux), et qu’ils font partie d’une stratégie mondiale pour réduire l’humanité (au pire). Toutes les personnes opposées aux vaccinations ne sont pas conspirationnistes, mais avec la perspective possible d’une vaccination à grande échelle contre le coronavirus, leurs rangs vont sans doute grossir conséquemment.

Nous vivons à l’époque où il suffit d’un seul message posté sur les réseaux sociaux, par n’importe qui, pour former une vague qui fera le tour de la terre. Certaines rumeurs (hoax, fakenews) ont la vie dure et survivent plusieurs années, même après que la vérité ait été rétablie. Le mensonge revient, encore et encore, pour se nourrir de la crédulité, qui est une forme de foi.

Le mensonge a toujours existé, mais son rayonnement a pris de la force et de l’ampleur grâce à internet, qui peut produire des « effets de foule » électroniques. Des pics de mensonge auxquels un grand nombre de personnes croient, de manière irrationnelle. Comme dans les effets de foule, l’individu perd ses inhibitions et diminue son sentiment de responsabilité pouvant l’amener à adopter des comportements antisociaux à cause d’une désindividuation.

Au mois d’avril 2020, facebook a déclaré avoir signalé 50 millions de contenus classés comme de la désinformation. Ce qui signifie 1) qu’il en existe bien davantage en circulation et 2) que même étiquetés « suspects », voire faux, ils vont continuer d’exister. Parce que le mensonge est plus vendeur que la vérité.

Le présent article a peu de chance d’être partagé [parce qu’il ne fait pas peur], alors qu’une accusation absurde va enregistrer 10 000 vues en peu de temps. Et plus la ficelle sera grosse, et plus on la croira. Ainsi, une pandémie mondiale, avec l’anxiété qui l’accompagne, est l’occasion de faire des millions de victimes de la peur, du mensonge, qui va fonctionner exactement comme un virus, avec un taux de contamination extraordinaire.

Dans l’exemple de cet article, certains journalistes ont parlé d’un « carnet de vaccination implanté sous la peau », provoquant des pétitions de personnes probablement bien intentionnées, mais qui viennent alimenter la rumeur.

D’autres ont (évidemment) relié cette annonce à l’implantation d’une puce, pensant avoir découvert la preuve d’un complot caché pour détruire l’humaniténotamment parce que ces recherches sont financées par la fondation Bill et Melinda Gates ».

Notamment – incroyable mais vrai – ce « scoop » intitulé « prêt à être pucé ? », publié sur son site par un certain docteur Schmitz [lequel n’est pas virologue mais « pionnier de la santé naturelle »], que certains chrétiens évangéliques ont estimé « utile » de transmettre à des responsables d’églises et d’œuvres, ainsi qu’à « des chrétiens » jugés suffisamment « affermis ». Des « révélations » d’autant plus acceptées qu’elles font écho à certaines préoccupations de longue date….

C’est là que l’article de Jérôme Prekel se montre édifiant, en ce qu’il nous décortique la recette de la diabolisation, laquelle est simple : il suffit de traiter « la question sous son angle le plus trouble (il y en a toujours un) et en triant les infos pour ne conserver que ce qui est suspect, ou ne retenir que les erreurs. Une sorte de définition du faux témoignage (….)

Encore une fois, on ne s’étonne pas de trouver cette mentalité parmi les hommes sans Dieu, mais il est particulièrement affligeant de la trouver chez les chrétiens. Aux États-Unis, près de 40% de l’électorat Républicain  pense que le futur vaccin de Bill Gates contre le coronavirus, contiendra une puce de traçage, et on connaît la proportion de chrétiens évangéliques dans cet électorat ».

Or, « dans le monde de l’hystérie, nous ne sommes pas appelés à crier avec les loups et à jeter des pierres. Ni aux innocents, ni aux coupables… »

La suite ici.

 

Note :

(1) « Une marque en forme de croix », par Jérôme Prekel, publié le 27/05/20 sur Le Sarment

Foireux liens de mai (21) : Comment prier pour notre nouveau président et notre pays ?

Les « Foireux liens » de mai : comment être des « ouvriers de paix » et intercéder positivement, intelligemment et spirituellement, pour notre pays et notre nouveau président ?

Emmanuel Macron vient d’être élu 25ème président de la République Française à 66,10 % des voix [Avis – piqué sur twitter – aux complotistes « mystico-biblico-paranoïaques » : le vrai Chiffre de la Bête est en fait 665,9793 mais il a été arrondi]. Ce n’est peut être pas votre choix, mais notre responsabilité est désormais de prier positivement pour lui, comme nous l’avons certainement tous fait pour son prédécesseur, et pour notre pays. Reste à savoir comment, dans quel but, et avec quel secours. Les présents « foireux liens » sont là pour nous y aider.

1)En guise d’introduction, un peu d’anecdotique :

 « Présidentielle : élu à 100% des voix, abstention massive et choc des générations… les insolites du scrutin de 2017 »

2) 12 (pas moins) manières de prier pour le nouveau président, proposées par « Le Bon Combat ».

D’autres points d’accroche :

3) « L’Economie du Royaume » : prédication sur Luc 9v 23-27 donnée le 9 août 2015 par Gilles Boucomont au Temple du Marais à Paris.

Il est la seule « divinité » évoquée nommément par Jésus, et en plus ce dernier prend bien le soin de souligner la stricte impossibilité de servir Dieu et Mammon. Le choix est radical. Il va même joindre la parole au geste car Mammon a envahi le Temple de Jérusalem : il va tout casser dans le temple en renversant les tables des changeurs. Jésus est catégorique et nous appelle à l’être, dans un monde de capitalisme libéral avancé où Mammon est plus roi que jamais.

4) « Qui est dangereux pour qui ? » : une autre prédication à partir de Marc 13v9-13.

Au moment où Marc rédige son évangile, les chrétiens ont déjà commencé à avoir des problèmes. Ils proposent un type de vie qui est radicalement différent des autres propositions. Ce type de vie est suffisamment différent pour s’opposer au judaïsme dans sa forme de l’époque, parce que ce judaïsme s’était enfermé dans un type de religiosité qui lui faisait proposer de temps en temps de compromissions avec l’envahisseur romain. Ces Juifs convertis au Messie Jésus, ou ces païens de toutes origines, convertis encore plus à un Messie qu’ils n’attendaient même pas, se retrouvent dans une situation où ils sont en danger. Ils sont en danger parce qu’ils ne veulent pas se conformer au temps présent. Ils ne veulent pas se conformer à la pression du Temple et des prêtres, dont quelques histoires du Nouveau Testament nous font penser qu’elle était devenue plus économique qu’autre chose….

Et si l’on ne jouait plus « à (se) faire peur » ? Les chrétiens en premier ?

5) Comment journaux télévisés et chaînes d’information contribuent à la montée du Front National

Comment la télévision biaise-t-elle notre regard sur la société ? Quelle est son influence sur nos choix politiques, en cette période électorale ? Obsession sécuritaire des médias, reportages et micro-trottoirs contribuant à la banalisation de FN, journalistes acquis au néolibéralisme, éditorialistes convaincus de savoir ce que pensent les Français… Samuel Gontier, journaliste à Télérama et animateur du blog « Ma vie au poste », dresse le portrait de ce paysage télévisuel français, fortement droitisé, incapable de prendre du recul sur les idéologies qu’il distille à longueur d’antenne, et se nourrissant de son propre discours.

6) Complotisme : un internaute dénonce des « signes franc-maçonniques » dans un manuel de Maths. A peine remis du discours d’Emmanuel Macron devant la pyramide du Louvre, les complotistes ont déjà trouvé leur nouvelle cible : les manuels de mathématiques. Sur internet, un spécialiste de la question affirme y avoir décelé des dizaines de signes franc-maçonniques. Le fin mot de l’histoire à découvrir, pour qui saura lire avec attention, sur Edukactus.

7) Appelons les choses par leur nom : Est-ce Dieu qui commande de tuer les faux prophètes et de détruire en Deutéronome 13 ?

 Une question fondamentale, contenant deux éléments en un, et une proposition de réponse à lire sur 1001 questions.

8) Construire une paix qui ne vient pas

Il est rare – et prions certes et agissons pour qu’il en reste ainsi (…) – que le terrorisme, dans un pays occidental, devienne une cause première de mortalité. En France, les accidents de la route tuent vingt fois plus, les accidents domestiques 70 fois plus, les suicides 60 fois, et le tabac trois cents. À l’aune de la peur que nous inspire le terrorisme, le nombre de cancers mortels, et parmi eux, de cancers à cause environnementale, devrait nous inspirer une terreur permanente plongeant la population dans l’hypocondrie. Et aucun politique ne devrait pouvoir être pris au sérieux sans un projet en béton contre l’abus de pesticides et de perturbateurs endocriniens. Si la sécurité est la première des libertés, rationnellement, c’est d’abord cette sécurité médicale et sanitaire qui devrait truster les unes. Il n’en est rien. Pourquoi ? L’acte terroriste est vu comme intolérable, car évitable, anormal. C’est vrai. Il n’est pas question de « nous y faire ». Mais n’en va-t-il pas de même des suicides, des cancers à cause environnementale, des accidents de la route et de la plupart des accidents domestiques ? La suite de la réflexion sur le blogue de ce naturaliste catholique (parce que ça existe !).

On en oublierait presque de……

9) Rendre grâce pour notre pays !

Ou comment cultiver une attitude de reconnaissance, à l’instar de cette exhortation de Phil.4v6, rappelée par Timothée Minard sur son blogue : En cette période électorale, la tendance est à la colère, au rejet, à l’inquiétude. On focalise nos regards vers ce qui ne va pas, vers les difficultés de notre pays, vers le péché des uns et des autres. On nous montre le malaise ambiant, le chômage, les injustices, la corruption, l’immoralité… Et cela nous pousse notamment, en tant que chrétiens, à l’intercession. A juste titre. Toutefois, ce que ce verset de Philippiens nous rappelle, c’est que nous sommes appelés à prier « dans une attitude de reconnaissance » (traduction Segond 21).

Un antidote face à l’injonction assénée chaque jour, notamment via nos postes de TV, radios et écrans : « ayez peur ! » et « consommez » !

Voici deux articles plutôt « théo », sur le même thème, mais dont la lecture parallèle est édifiante :

10) De la Trinité sainte à l’inspiration des Écritures

Le souffle de l’Esprit, vie et force pour le monde

Ou comment, en cet anniversaire des 500 ans de la Réforme, il est légitime de se poser la question du rapport de l’Esprit avec les Ecritures. Et du coup celle de la relation entre l’Esprit, l’Ecriture et le croyant. Mais croire en un Dieu unique, et aussi relations en lui-même au point d’être trois, c’est tout de même un étrange mystère. D’autre part, en « ajoutant » le Fils et le Saint-Esprit à la foi au Dieu unique, les chrétiens ne rendent-ils pas le dialogue impossible avec les autres croyants ? Il y a donc un défi aujourd’hui à clarifier nos convictions pour que, sans renoncer à ce qui fonde notre foi, nous soyons suffisamment au clair en nous-mêmes pour poursuivre un dialogue avec d’autres. Quelle est notre image de Dieu ? Qui est Jésus par rapport au Père ? Comment le connaissons-nous ? Et quelle est notre vision de l’homme ?

11) Sur Point théo, « une version longue des grandes réponses théologiques face aux versions courtes » du site « 1001 questions » :  Le Saint-Esprit, « option + » de l’Évangile ?

En guise de conclusion :

12) On en a peu parlé le 7 mai mais voici une nouvelle d’importance…..