Pauvreté et précarité : les préjugés face à la réalité

« Fainéants », « profiteurs », « incapables »: Trois préjugés sur les pauvres qui ne résistent pas à la réalité (Source : Secours catholique)

La pauvreté ne faiblit pas. Les préjugés non plus, malheureusement. À l’occasion de la publication de son rapport 2017 sur l’état de la pauvreté en France, réalisé en partenariat avec la fondation Crédit coopératif, le Secours Catholique, avec le sociologue Serge Paugam, dénonce les discours qui stigmatisent les personnes et familles en précarité.

Parmi ces préjugés, en voici trois :

(1)« Les étrangers profitent du système social français ». Quatre Français sur dix le croient.

(2)« Les pauvres font des enfants pour toucher les allocations familiales ».  Un tiers des Français le croient.

(3)« Si on cherche du travail, on trouve ». Un Français sur deux le croit et l’argumente (à partir de petits exemples empruntés au monde des TPE)

Or, tout cela est faux, démontre le Secours Catholique. Face aux préjugés sur la pauvreté, l’association et le chercheur opposent la réalité vécue sur le terrain. En 2016, les équipes du Secours Catholique ont accompagné 1,5 million de personnes partout en France. C’est de ces rencontres au quotidien que l’association tire son expertise. Bienvenue dans la réalité.

Rendez-vous sur le site : prenez connaissance du rapport pauvreté 2017, faites défiler les préjugés avec votre souris et découvrez comment agir pour les déconstruire.

Voir aussi la campagne de sensibilisation #Jesuisriche, qui a pour but d’interpeller le grand public et la société dans son ensemble, mais également de faire changer le regard que l’on porte sur les personnes confrontées à la pauvreté. Celles-ci s’expriment tour à tour sur leurs richesses. Ainsi, par exemple, « Clémentine », membre du groupe jeune ATD Quart Monde s’exprime sur ce que toutes ses rencontres ont pu lui apporter.

Rencontre avec le docteur Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes », préfacier du livre « Ils ont aimé leur prochain », dimanche 19/11

Enfin, des réponses à la pauvreté et à la précarité, illustrés par des exemples édifiants et inspirants de solidarité passés et présents, qui n’attendent que nos exemples à venir, sont à découvrir dans « ils ont aimé leur prochain »(Co-édition BLF/SEL, 2017), cet ouvrage récent de Nicolas Fouquet, chargé de mission Education au développement au SEL, préfacé par le docteur Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes ». L’un et l’autre seront d’ailleurs présents au CEIA (Centre Evangélique d’Information et d’Action) à Dammarie-les-Lys, ce dimanche 19/11. Une belle occasion de les rencontrer et d’échanger avec eux sur la solidarité et l’authentique esprit de service. Ce sera aussi une belle occasion de prendre conscience combien Notre Dieu est un Dieu vivant et combien Il a pu et peut encore agir dans le monde.

 

Foireux liens de juillet-août(22) : « mission/démission », « réformer/déformer »

Les « Foireux liens » de l’été 2017 : une actualité placée sous le signe de la « réforme », laquelle soulève des protestations !

Voici nos « foireux liens » de juillet-août : il y sera question, entre autres, de « génération Y », de « super-pouvoirs », de réformes autour du code du travail en France et de la santé aux USA, et de la meilleure façon de la théologie avec le hand-spinner ! A lire, bien entendu pas « d’un seule traite » mais à votre rythme, pendant l’été.

 

1) Pourquoi la génération Y est-elle en train de démissionner ?

« Née dans les années 80, elle est réputée difficile à manager, à rester concentrée, accusée d’être instable, paresseuse même parfois, elle fait l’objet de diverses études cherchant à comprendre pourquoi elle rencontre tant de difficultés à s’intégrer en entreprise. Ceux qui la composent disent rechercher une mission davantage qu’un travail, un mentor plutôt qu’un chef et veulent avant tout avoir de l’impact, de l’influence dans ce qu’ils font. Quitte à prendre le risque de tout abandonner s’ils ne l’obtiennent pas. (…) La génération Y continuera de démissionner tant que l’on sera incapable de faire le bon diagnostic et réorganiser le travail de façon à s’adapter aux modes de vies d’aujourd’hui ».

« Je vais sauver notre mariage », « Tu vas arrêter de boire, de me tromper, de me battre et tu vas consulter? », « Mon Dieu non ! Je vais voter pour interdire le mariage gay ! »

2) « Dieu est-il homophobe » ? Un rapport soumis au vote du Synode de l’Église anglicane en 2016 réaffirmait la vue traditionnelle du mariage entre un homme et une femme. Ce rapport valorisait toutefois certains aspects de l’homosexualité. Sam Allberry, chrétien et pasteur, et aussi attiré par les personnes du même sexe, s’est réjouit du maintien de cette vue traditionnelle. Il s’inquiète pourtant devant la forte pression qui est faite pour permettre à l’Église anglicane de bénir les couples homosexuels. Il est l’auteur du livre Dieu est-il homophobe ?, paru aux éditions BLF le 15 juin 2017.

Écouter sa prise de position, à cette occasion, ici, dans cette vidéo.

Et lire le témoignage de celui « qui a su replacer l’attirance pour les personnes du même sexe dans la perspective d’une vie de disciple. Loin de présenter une injuste spécificité des personnes attirées par le même sexe, en réalité », Sam relève que la vie de disciple a un coût, « qui est le même pour tous » : renoncer à « laisser libre-court à ses convoitises en matière de désirs charnels ».

3) Qu’est-ce qui constitue une approche pastorale ? Ou qu’est-ce que signifie « être pastoral » ? Par Kevin DeYoung. Selon nous, une «approche pastorale» implique la douceur, la patience et beaucoup d’écoute. Si quelqu’un est «pastoral», il est relationnel, sensible et a un effet calmant sur le autres. Le « soin pastoral », cela suppose de réconforter les malades, rendre visite aux veuves et prêter une épaule pour pleurer. Ce sont tous de bons exemples qui qualifient un bon pasteur. (…) ‪Mais ces exemples ne viennent pas à bout de ce que la Bible entend par le «ministère pastoral». Nous ne devons pas permettre aux vertus douces du soin pastoral d’en éclipser les vertus dures, de sorte qu’une «approche pastorale» devienne synonyme de ce qui est inoffensif, thérapeutique et réconfortant….

4) « Vaincre les idoles cachées » : une méditation de 2 Rois 17v9-19 proposée par Laurent Descos, pasteur et blogueur : C’est donc « en secret » que les Israélites s’étaient bâti des hauts lieux, qu’ils s’étaient fait des pierres levées et des poteaux cultuels sur toutes les collines. Étonnant, n’est-ce pas ? En secret de qui, si c’était à la vue de tous ? En secret d’eux-mêmes ! Combien de compromis en effet, cachés à nos propres yeux, faisons-nous avec l’ennemi dans nos vies ?

« Grand pouvoir….grandes responsabilités ! » (Source : blog du SEL)

5) Des pistes d’action contre la pauvreté en dessinVoici la 3ème série de dessins que le SEL publie sur le sujet de la pauvreté. Après une série sur le combat contre la pauvreté et une autre sur les causes de la pauvreté, cette série a pour but de nous amener à réfléchir sur certains passages de la Bible. Bien souvent on les connait bien, mais on les applique peu… Que le Seigneur nous change, au moyen de ces dessins, pour nous amener à vivre une vie d’amour et de service auprès des autres !

6) L’intox du « grand remplacement musulman »L’Europe a peur. Un des épouvantails agité aujourd’hui par les partis xénophobes et nationalistes qui prospèrent sur le Vieux Continent est le « grand remplacement ». Décryptage par le sociologue Sébastien Fath.

 7) Vivre en « chrétien engagé » est-il (in)compatible avec un engagement d’homme politique ? Bien entendu, un chrétien peut s’engager en politique, s’il perçoit un appel particulier à ce sujet, et même, pourquoi pas, faire partie des hautes instances dirigeantes d’un parti. Néanmoins, personne ne devrait douter que sa foi est plus importante, à ses yeux, que la politique. Et comme par un fait exprès, l’éternel débat de la compatibilité de la foi chrétienne avec l’engagement politique me paraît être relancé par la récente décision de l’ « évangélique » britannique Tim Farron, qui est aussi le chef du parti libéral-démocrate. « Déchiré » entre sa foi chrétienne et son rôle d’homme politique, Tim Farron a finalement choisi…..de démissionner de ses fonctions, le 14 juin, à la surprise générale. Deux journalistes chrétiens, l’évangélique Henrik Lindell, pour « La Vie », et le catholique Pierre Jova, pour « Famille chrétienne », analysent l’un et l’autre les raisons dans deux articles complémentaires. 

8) Le chiffre insolite au second tour des élections législatives françaises- surtout postprésidentielles : 57 % d’abstentions. Ailleurs en Europe, l’élection nationale aurait été invalidée faute de participants !

9) « Un incroyable talent », et bientôt « des superpouvoirs ». Pour quoi faire ? (Publié avant les résultats des législatives). Le président Emmanuel Macron va obtenir « des super-pouvoirs que de Gaulle n’avait pas eus. Sa victoire annoncée est énorme. Pratiquement pas d’opposition ; une vie parlementaire circonscrite à des centaines de députés macroniens, au garde-à-vous dans les débuts ; néanmoins, des ordonnances pour mener au pas de charge des réformes graves dont il aurait fallu débattre. Jusqu’à quel point peut-on déréguler ? Peut-on accepter que ce gouvernement exhume le faux dogme du « ruissellement », selon lequel enrichir les plus riches finit par profiter aux pauvres ? Peut-on laisser plafonner les dommages-intérêts dus aux salariés abusivement licenciés (ce qui encouragera les abus) ? Voilà le genre de questions qui ne seront posées à l’Assemblée que par une poignée de gens, dans l’indifférence de l’énorme majorité », représentant « les heureux de la mondialisation ».

10)  Non à une République qui marche «au pas»! Une note de blogue publiée le 15 juin de Barbara Romagnan, député sortante candidate à sa succession…avant d’être « sortie » le 18 juin face à une candidate LREM : « En République, c’est le Parlement qui contrôle le Gouvernement, et non l’inverse. En République, c’est aux citoyens qu’il appartient de décider si les représentants sont dignes de confiance. En République, un député élu par des citoyens libres doit être une voix libre – et non pas la voix du Président. En somme, une République qui « marche », ce n’est pas une République qui marche « au pas ».

 

11) Faut-il assouplir le code du travail ? Flexibiliser le code du travail, comme le gouvernement projette de le faire à la rentrée, est-il efficace pour lutter contre le chômage ? En réalité, 30 ans de dérégulation n’ont pas réussi à endiguer le phénomène… Mais le mauvais procès instruit contre le code du travail est tenace. Explications en vidéo. Trois minutes pour comprendre.

12) Loi travail bis : La France va-t-elle suivre le modèle allemand et transformer ses chômeurs en travailleurs pauvres ? Après les lois Macron, Rebsamen et El-Khomri(1) sous le précédent quinquennat, le gouvernement d’Edouard Philippe prépare une réforme encore plus profonde du droit du travail(2), précédant une remise à plat de l’assurance chômage. Ce big bang annoncé a un modèle : les réformes « Hartz »(3), engagées en Allemagne au début des années 2000, aujourd’hui parées de toutes les vertus par de nombreux commentateurs avec, en apparence, l’un des taux de chômage les plus bas d’Europe. La réalité des chiffres montrent au contraire que ces réformes du marché du travail n’ont pas radicalement réduit le chômage et la sous-activité et, surtout, ont provoqué une explosion des travailleurs pauvres, dont le nombre est l’un des plus élevés d’Europe.

13) La libéralisation du transport ferroviaire « en marche », en France ? Deux sénateurs ont mis en chantier une proposition de loi qui pourrait encadrer l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs. Une chose à ne pas faire, vu qu’au Royaume-Uni, « 20 ans après », « la privatisation des chemins de fer déraille » : Hausse incontrôlée du prix des billets, trains supprimés et réduction du personnel, conduisant près de deux Britanniques sur trois à souhaiter une renationalisation complète.

14) Pollution atmosphérique et hausse du prix des titres de transport en IDF :  Gel du tarif des tickets « origine-destination » et du ticket de métro, augmentation du Pass Navigo, ticket Mobilis « grande banlieue »… Voyager en illimité dans toute l’Île-de-France coûtera plus cher à partir du 1er août 2017. Le prix du Pass Navigo augmentera de 3% pour atteindre 75,20 euros contre 73 euros aujourd’hui, comme l’annoncera Valérie Pécresse, la présidente de la région d’IDF lors du conseil d’administration du Stif (Syndicat des Transports d’Île-de-France), le 28 juin prochain, dévoile Le Parisien mardi. Les usagers ne manqueront pas de s’interroger sur de telles hausses, alors que le service rendu ne s’est guère amélioré ces derniers mois. Et ce, alors que s’est déclenchée une nouvelle procédure d’information et de recommandation(4) par la préfecture de police, pour la journée du mardi 20 juin, en IDF, concernant la pollution atmosphérique, selon les données transmises par AIRPARIF.

 

« Jésus-Christ guidant Donald Trump dans son offensive contre l' »Obamacare » ? Un chromo délirant et inquiétant qui se propage sur la toile de façon virale depuis le 20/01/17 !

15)  USA : Comment Trump tente de défaire l’Obamacare…..

Les Etats-Unis détiennent deux tristes records. Celui des coûts de santé par habitant, qui s’élevaient à plus de 9 451 dollars en 2015, contre 3 612 dollars en France, selon l’OCDE. Et celui des inégalités de santé. C’est un pays riche en équipements de pointe pour soigner et réparer les corps. C’est en même temps un pays où des individus se retrouvent lourdement endettés après une opération chirurgicale dont le coût peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars. Alors que le président Donald Trump lance une virulente offensive législative pour revenir sur l’Obamacare, l’emblématique réforme du système de santé de son prédécesseur, essayons de comprendre ce qui se joue outre-Atlantique. Que peut-il advenir de ce système d’assurance maladie particulièrement complexe, à l’issue des manœuvres en cours ?

….. et se retrouve dans le bourbier de la réforme de santé : Après avoir promis d’abroger l’assurance santé mise en place par Obama, Donald Trump est confronté à la division des sénateurs républicains, et à l’opposition de citoyens (dont des handicapés) attachés à l' »Obamacare ».

16) Insolite(bis) : le « Covfefe Act » : Le député démocrate Mike Quigley a introduit une proposition de loi baptisée Covfefe Act (abréviation de Communications Over Various Feeds Electronically for Engagement ) !! L’objectif de cette proposition de loi est de modifier le Presidential Records Act pour y inclure les publications du Président des Etats-Unis sur les réseaux sociaux. Cela inclurait notamment les tweets publiés par Donald Trump et ses successeurs sur leur compte Twitter personnel. Ces publications ne pourraient ainsi plus être effacées et devraient être obligatoirement archivées en tant que communications présidentielles officielles, au même titre que les communiqués de la Maison Blanche et autres documents écrits.

Et pour finir :

17) Insolite (ter) : Faire de la théologie avec le « hand spinner » ? C’est possible !

 C’est le gadget à la mode : un petit objet que l’on fait tourner entre ses doigts et aurait des effets positifs contre le stress et pour la concentration. Vertus auxquelles on pourrait donc ajouter… la théologie trinitaire.

 

 

 

Notes : 

(1) Code du travail 2017 – PDF en ligneLe texte intégral du Code du travail de 2017, à jour de la loi Macron, de la loi Rebsamen et de la loi travail parues en 2015 et 2016, est librement téléchargeable ici sous la forme d’un fichier PDF de 3040 pages. Ce document comprend tous les articles figurant dans les parties législative et réglementaire du Code du travail. Vous pourrez notamment y retrouver les règles applicables au licenciement, au paiement du salaire, aux congés payés, à la période d’essai, à la procédure de rupture conventionnelle ou à la démission.

Important : le Code du travail a été modifié en profondeur en 2016 avec la nouvelle loi travail promulguée en août dernier. Pour en savoir plus sur les changements intervenus, voir loi El Khomri (loi travail) – Ce qui a changé. Le contenu du Code devrait à nouveau être grandement modifié en 2017 avec l’entrée en vigueur de la réforme du Code du travail voulue par Macron.

(2) Code du travail, la réforme Macron : Le président Macron souhaite que la réforme du Code du travail soit mise en oeuvre dès cet été 2017. Le point sur le contenu de cette réforme qui modifiera en profondeur le droit du travail français.

(3) La loi dite Hartz, du nom de Peter Hartz, ancien DRH de Volkswagen qui a dirigé la commission ayant concocté ces réformes sous le gouvernement du social-démocrate Gerhard Schröder. Trois autres réformes ont suivi, lesquelles se sont attaquées à l’assurance chômage, en réduisant la durée d’allocation et en renforçant les contrôles et la surveillance des chômeurs, et ont ouvert grand la porte au développement des emplois à bas-salaire. A noter que pour le sociologue Sébastien Fath, ce que Gerhard Schröder a accompli en Allemagne  est comparable, en dépit de différences notables, avec les propositions  qu’il estime « assez proches et profondément respectables » – et qu’il range sous la « bannière réformiste du courage politique » – d’ Emmanuel Macron et François Fillon, deux hommes selon lui « pondérés et très déterminés ».

(4) Pour en savoir plus sur la procédure.

 

 

Ce vendredi 17 octobre, cassons nos préjugés sur la pauvreté

Les idées reçues sur les pauvres et la pauvreté ? Elles sont légion !

Les idées reçues sur les pauvres et la pauvreté ? Elles sont légion !

Aujourd’hui, vendredi 17 octobre, informe l’hebdomadaire protestant « Réforme », a lieu « la journée mondiale du refus de la misère. Cette année, le focus est mis sur la lutte contre les préjugés ». Dans ce cadre, il est utile de lire  « En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté », ATD Quart Monde, Edition de l’Atelier 2015, 220 pages, 5 €

Profitez-en aussi pour (re)découvrir notre étude biblique « Notre regard sur le pauvre ».

Notre regard sur le pauvre : Rois et Prophètes

"Ce dont cet homme a besoin" ou le point de vue du dominant-bis, par Andy Singer

« Ce dont cet homme a besoin » ou le point de vue du dominant, par Andy Singer

Le 17 janvier 2013, nous avions démarré une étude biblique nous invitant, à travers un examen approfondi des Ecritures(Ancien et Nouveau Testaments), à (re)considérer  « Notre regard sur le pauvre, l’étranger et l’éprouvé» et, par là même, à rejoindre Dieu Lui-même dans Sa façon de considérer le pauvre.

Après cette introduction au thème, la première partie de l’étude rappelait ce que la loi prévoit pour le pauvre et « la justice sociale », et ce qu’elle nous apprend sur le regard de Dieu sur le pauvre.

Il est intéressant de noter que le roi d’Israël, une fois sur le trône, devait s’appliquer à faire une copie de la loi pour son usage personnel, afin de l’observer(y compris, donc, ce qui est relatif au droit du pauvre). Il devait également veiller à se garder de tout train de vie « bling bling »(Deut.17v14-20. Comparer avec celui de Salomon, pourtant le roi le plus sage que la Terre ait porté : 1 Rois 1011).

Une certaine conception dite « libérale conservatrice » tend à cantonner « le roi » dans ses domaines dits « régaliens »(Justice, police-« sécurité », armée, diplomatie). Or, une telle conception oublie que le rôle du roi(aussi bien celui d’Israël que les rois des nations) est aussi d' »ouvrir la bouche pour le muet », de « prendre la cause de tous les délaissés », et de « défendre le pauvre et l’indigent »(Prov. 31v8-9 ; Ezéch.34-où les « bergers » ont le sens de « chefs politiques » dans ce passage-et cf Jér.22v2-5, 15, avec ce discours de Jérémie au roi de Juda).

Mais que se passe-t-il, si la loi n’est pas respectée par le peuple ou même par celui ou ceux censés l’appliquer les premiers et enseigner/inciter les autres à la suivre ?

C’est alors qu’interviennent les prophètes, porte-parole de Dieu, dont l’étude des messages concernant la pauvreté et la justice sociale fera l’objet de cette nouvelle partie.

Les premiers d’entre eux sont Nathan(qui, par le biais d’une parabole sur « la brebis du pauvre et l’invité du riche », rappelle au roi David, coupable de meurtre et d’adultère, ce que signifie être « le berger d’Israël » cf 2 Sam. 12v1-13) et Elie, face à Achab (1 Rois 21). Néanmoins, Amos est, semble-t-il, le premier des Prophètes dont les paroles figurent dans un livre qui porte son nom.

 

Lecture du livre d’Amos :
Le ministère prophétique d’Amos se situe à la fin du long règne de Jéroboam II (783-783). Quelle est la particularité de ce règne ? (cf 2 Rois 14v23-29). Restituer la situation économique, morale et religieuse du peuple au temps d’Amos et de ce roi.
A qui s’adresse le message du prophète ?

No exit par Andy Singer

No exit par Andy Singer

 

Quels crimes dénonce-t-il chez les nations (Amos 1v3-2v3) ? Que reproche-t-il à Israël ? Qu’est-ce qui est bafoué ? Voir 2v6-16(comparer avec Ex 23v6-8) ; 3v9 ; 4v1 ; 5 ; 9-11

Quelle est la gravité  des fautes d’Israël ?  Pourquoi ? (Voir ce rappel en Amos 2v4, 9-10). En quoi(plutôt qu’en qui) Israël a-t-elle mis sa confiance, en fin de compte ? Qu’est-ce qu’Israël a rompu ?

 

 

 

Lecture du livre d’Esaïe :
Lire Es. 1v1 à 5v30, et plus particulièrement le chapitre 2v6-22 : Qui est Esaïe ? Que dénonce-t-il ?

 

Que révèle-t-il particulièrement de Dieu, en comparaison ? Et de la seule attitude que l’homme doit avoir devant Dieu, pour être justifié ?(cf Es. 6). La « vraie religion » selon Dieu ?(Es. 58 et cf Zach.7v4-10)

 

 

 

Que nous apprend Es.61 à propos du Messie : qu’a-t-il fait pour les pauvres ?(cf Zach.9-14)

 

 

 

 

Lecture du livre de Michée* :

Qui sont les destinataires du message du prophète ? (Mich. 1v1-5)

Pour quels crimes ? Qui sont responsables ? (Michée 2-3 ; 6v9-7v1-3)

« On t’a fait connaître, Ô homme, ce qui est bien, et ce que l’Eternel demande de toi »…Quoi donc ?(Mich.6v8)

 

 
Lecture du livre de Sophonie :

Lecture des chapitres 1v1-3v20
Sous quel règne Sophonie exerce-t-il son ministère ?(1v1)

Sur qui sera le jugement ? Pour quels péchés ? (Soph.1 ; 2v8-15 ; 3v1-7). Comment y échapper ? (Soph.2v1-3)
Qu’est-ce que la pauvreté selon le prophète ? (Soph.3v11 et ss)

 

Bref, autant de messages et autant de rappels salutaires de principes divins de base, dans des contextes de croissance et de prospérité, où l’on est toujours en danger d’oublier l’essentiel.

(A suivre)

 

 

 

 

Notes :

* Une organisation chrétienne a pour nom « Défi Michée« . Pour découvrir en quoi consiste ses missions, voir ici.

 

 

 

« Foireux liens » 2, le retour

Voici une nouvelle édition de nos « Foireux liens », inaugurés il y a plus de trois mois. Soit le « top du top des meilleurs/plus intéressants(ou tout simplement des plus amusants/insolites) sites internet » des derniers mois.

Pour nos « foireux liens » de janvier, nous nous attarderons sur :

1) Quand l’internet (ou le virtuel) « bouffe » une énergie bien réelle. Laquelle ? La nôtre, bien sûr !

Une critique du film « Disconnect » dans « Croire et vivre », par Nicolas Ciarapica :

Jeune femme s'ennuie par Petr Kratochvil Il est essentiel de savoir se ménager du temps sans distraction, pour être à l'écoute de Dieu

Jeune femme s’ennuie par Petr Kratochvil
Et si nous reprenions le temps que nous a volé la technologie ?

« Et si nous reprenions le temps que nous a volé la technologie ?
Sortir du virtuel pour se reconnecter à notre environnement immédiat. Reprendre pied avec notre quotidien et retrouver le chemin de la communication avec nos proches que nous négligeons. C’est tout le propos, assez peu à la mode il faut le dire, du film d’Henry Alex Rubin ».

 
Numérique : cette empreinte écologique que les consommateurs ont bien du mal à voir, un article de Nolwenn Weiler, à lire sur Basta Mag !
« L’économie virtuelle consomme une énergie bien réelle. Les « data centers », qui regroupent les serveurs indispensables à la navigation sur le Web et à la circulation des 300 milliards de courriels, pourriels, photos ou vidéos envoyés quotidiennement, peuvent consommer autant d’énergie qu’une ville de 200 000 habitants. Sans compter le coût environnemental de la fabrication d’équipements toujours plus nombreux. De quoi relativiser l’apport apparemment écologique de l’économie dématérialisée, avec ses « télé-réunions », son commerce en ligne ou ses téléchargements ».

2)Culture numérique versus culture du livre. Un « débat » classique avec une impression de « déjà vu »,  que d’aucun voudront zapper…à moins de le prendre sous un autre angle. Par exemple,  l’internet, le numérique : une culture taillée sur mesure pour un nouveau polythéisme ?

Femme sms lecture par Petr Kratochvil

Femme sms lecture par Petr Kratochvil

Extraits : « Avec l’humain multiconnecté de l’ère de l’Internet, des jeux vidéo et de leurs multiples écrans est en train de se constituer une nouvelle culture. Selon le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron, qui vient de publier «Rêver, fantasmer, virtualiser» (Dunod), sous-titré «Du virtuel psychique au virtuel numérique», cette nouvelle culture des écrans s’oppose à la culture du livre autant d’un point de vue strictement culturel que sur les plans cognitif et psychologique.
(…)D’une culture à l’autre, on change complètement de modèle. On pourrait dire que la culture du livre est taillée sur mesure pour des religions monothéistes : un Dieu, un livre… Et puis un auteur, un lecteur. La culture Internet, bien au contraire, semble faite pour le polythéisme et donc la multiplication des références ».

Entretien à lire également en mode PDF

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr Savoir renoncer au superflu pour mieux nous concentrer sur Dieu

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3) Notre rapport au livre :

Le message du Farenheit 451 de Ray Bradbury, ou Des trois éléments dont les hommes ont besoin, particulièrement à notre époque d’information(ou de surinformation). Par « Phil », un blogueur-lecteur :

Farenheit 451 décrit une société totalitaire qui brûle les livres, dans un futur indéterminé. Ce que l’on appelle une « dystopie ».

« Quelle est le message de Ray Bradbury à travers la description de cette société qui détruit les livres ? Tout d’abord les autodafés se focalisent sur les livres alors que l’important n’est pas le livre en lui-même mais bien les idées qu’il véhicule. Ce n’est qu’un medium. La télé ou la radio pourraient en ce sens être un outil qui aiguise le sens critique mais les programmes diffusés dans le roman servent plutôt l’abrutissement des masses.

Ray Bradbury fait dire à un de ses personnages que les hommes ont besoin de trois éléments.
Tout d’abord, la qualité de l’information. Dans le roman, les livres montrent le vrai visage des choses, ils montrent la vie. Deuxième élément nécessaire : le loisir d’assimiler cette information. C’est-à-dire qu’il ne faut pas être sans cesse dans l’action ou soumis à des messages en continu. Il faut pouvoir avoir du temps libre pour digérer l’information. Et le troisième élément est la liberté d’accomplir des actions fondées sur ce que nous apprend l’interaction entre la qualité de l’information et le loisir de l’assimiler. Un triptyque fait de libre circulation de l’information, de temps de loisir et de liberté. Voilà ce qui est fondamental pour l’homme ».

Bradbury donne l’espoir d’une nouvelle société qui se souvient, mais aura-t-elle le courage de créer la possibilité d’un échange créateur de nouvelles idées ?

La réponse ici, dans ce fort intéressant article de Tatjana Barazon :

Des livres dans la tête : la bibliothèque imaginaire chez Bradbury, Canetti et Joyce ou trois livres* qui parlent de livres pour saisir le rapport particulier que l’homme entretient avec eux, et qui montrent chacun une relation différente au livre en tant qu’objet :  Fahrenheit 451(encore), Auto-da-fé, et Ulysse.

Lecteur (ou homme) livre
Lecteur(ou homme) livré
Lecteur (ou homme) libre

« Fahrenheit 451 et Auto-da-fé font état de l’importance primordiale du livre pour l’individu et pour la société. Le livre est un symbole de la liberté créatrice de l’homme et de sa faculté d’exprimer ses émotions. Quand le livre est interdit et même brûlé, cette liberté est mise en danger. L’homme se perd dans le bonheur facile, et finit par s’anéantir. Le livre est considéré comme le plus grand obstacle au bonheur dans une société qui recherche l’absence de douleur.
L’isolement que constitue le livre et le rapport à lui reste cependant un danger quand la lecture devient enfermement. Dans Auto-da-fé d’Elias Canetti, c’est un savant sinologue, le professeur Kien, qui cherche à remplacer la vie par les livres. À la différence de Bradbury, Canetti n’imagine pas une société qui meurt par un manque de livre, mais plutôt un homme qui est anéanti par un « excès de littérature ». Le personnage de Kien démontre le danger d’un attachement total aux livres. Il finit aussi par se détruire parce qu’il ne cherche plus le contact de l’autre.

C’est chez Joyce, et notamment avec Ulysse que l’expérience du livre devient véritablement fructueuse, quand le lecteur arrive enfin à trouver goût à la vie à travers le livre ».

L’intégralité de l’article à découvrir ici :

Tatjana Barazon, « Des livres dans la tête : la bibliothèque imaginaire chez Bradbury, Canetti et Joyce », Conserveries mémorielles [En ligne], #5 | 2008, mis en ligne le 01 octobre 2008.

4) Respect de la vie : quels enjeux ?

– Qu’est-ce qui est « obscène » ?

« Les 85 personnes les plus riches du monde possèdent autant d’argent que la moitié de la planète, ou plus exactement, les trois milliards et demi de personnes les plus pauvres. C’est le message du rapport « Working for the Few », publié par l’organisation caritative Oxfam, spécialisée dans les initiatives de développement, qui décrit l’écart grandissant entre les plus riches et les pauvres. Selon Oxfam, la croissance rapide des fortunes des super-riches menace le progrès continu de l’humanité.(…)
« Les riches ont saisi des opportunités aux dépends des pauvres et cela a contribué à créer une situation dans laquelle 7 personnes sur 10 dans le monde vivent dans des pays où les inégalités ont augmenté depuis les années 1980 », indique le rapport.
Oxfam veut que les dirigeants rassemblés au Forum Economique Mondial de Davos s’engagent sur un certain nombre de points, incluant le soutien à une taxation progressive, et l’utilisation des fonds publics pour promouvoir des soins de santé, une éducation et une protection sociale pour tous les citoyens ».

« La Mort n’est pas toujours leur métier », un billet du blogueur-juriste catholique « Thomas More » , blogueur que nous avons récemment cité ici, qui rappelle, à l’occasion du cas de Vincent Lambert que La loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, dite loi Léonetti, est fondée sur un double refus : refus de l’acharnement thérapeutique ; refus de l’euthanasie. Le législateur refuse de légitimer la transgression de l’interdit de tuer tout en autorisant l’arrêt des traitements disproportionnés : cet équilibre, un peu ambigu (…)est l’originalité du droit français ».

Et de conclure ainsi : « Les personnes en état végétatif ou en état pauci-relationnel, ne sont peut-être plus des patients ordinaires pour les équipes médicales : elles restent des personnes humaines, vivantes à l’égard desquelles notre commune humanité impose respect, soin et attention. Elles nous invitent en réalité à remettre en cause la démarche éthique dominante et à réfléchir à une éthique de communion (V. B. de Malherbe, Le respect de la vie humaine dans une éthique de communion : Parole & silence 2006). Après les ambiguïtés du rapport Sicard, et le rappel de l’engagement 21 du candidat Hollande, cela devient urgent : Il est donc nécessaire et urgent de poursuivre un véritable engagement de solidarité et de fraternité (CEF, Fin de vie) »

Voir aussi cet article de La Vie.

Et la position du Cnef sur la fin de vie.

-L’Eglise locale, havre de paix pour les homosexuels
Par Gilles Boucomont,  Eglise Protestante Unie du Marais,
publié dans « Homosexuel, mon prochain », hors-série n° 15 des Cahiers de l’Ecole Pastorale.

Retour sur la période ayant débouché sur l’adoption finale du texte de loi dit du « mariage pour tous ». Gilles Boucomont relève que loin d’avoir été « un temps de débat, un temps de paroles », cela a été « plutôt un temps pour des cris. Cris de douleur de la communauté homosexuelle qui s’est souvent construite, à raison, mais parfois aussi à tort, dans une identité de rejet. Cris de colère des défenseurs du mariage, chrétiens ou non, attachés à une institution qui s’est forgée en France pour délimiter et encadrer natalité, filiation et transmission. Après tant de bruit », il est temps de « se retrouver en Eglise pour penser les questions qu’ont fait surgir ces débats, avec un impératif que le Christ nous soumet : être dans sa vérité, et être dans la paix. En somme être en Lui, qui est Vérité et Prince de paix.

(….) Il n’est pas insensé de considérer que tous ces péchés sont aussi graves les uns que les autres, dans la mesure où Paul proclame qu’ils nous privent du Royaume. Mais l’attitude de Christ en Jean 8 par rapport à la femme adultère devient la nouvelle norme du Royaume. L’Eglise, qui prolonge l’œuvre de Christ est donc le lieu où doit s’exprimer l’habile dosage de sévérité à l’égard du péché, et de compassion à l’égard du pécheur désireux de changer de vie.
Les Eglises sont donc appelées à être des lieux de sécurité et de refuge pour les personnes se disant homosexuelles, où elles peuvent être sures d’être préservés de toute forme d’homophobie et de tout jugement. Nos Eglises doivent être des lieux où se dit la vérité, mais dans l’amour qui prévaut aux suiveurs de Christ. Elles sont appelées à être des lieux de grande sécurité spirituelle mais aussi émotionnelle pour que les pécheurs s’y retrouvent comme étant graciés, et apprenant à en tirer toutes les conséquences jusque dans chaque recoin de leur vie.
Mais comme pour tout pécheur, ce lieu de sécurité est aussi un lieu de vérité où la personne n’est pas confondue avec son comportement, mais définie dans ses vrais lieux d’identité ».

Voir aussi le texte de la commission d’éthique protestante évangélique “Aimer mon prochain homosexuel », en faveur d’une pastorale de l’homosexualité “qui soit digne, respectueuse et empreinte d’amour envers les personnes homosexuelles, tout en étant fidèle à la vérité biblique.

– « C’est de l’humour » : une phrase fétiche qui sert à justifier tout et n’importe quoi, à l’instar de « c’est de l’art » ou « c’est du débat ».
Mais peut-on souhaiter un « humour à tout prix », à l’instar d’une liberté « à tout prix » ou « totale » ? En réalité, l’humour est difficile à manier. Rare, donc difficile à trouver. Donc précieux.

Sa meilleure définition est peut-être celle du Père Bourgoin, curé de la paroisse de l’Immaculée Conception à Paris, après qu’une quinzaine de comédiens aient fait irruption en plein office le 12 janvier dernier, pour les besoins d’une émission de Canal + :

« L’humour c’est beaucoup d’humilité et beaucoup d’amour ».

-Pour finir, toujours sous le signe du « respect », qui pense à prier positivement pour le président François Hollande ? Qui pense à privilégier le « blessing », plutôt que le « bashing » ?

« Les Cahiers libres », semble-t-il, un blogue catholique au sous-titre très évangélique(« dans le monde sans en être »)qui espère que « François Hollande acceptera) Jésus pour Sauveur »!

« La visite du président François Hollande au pape François est très attendue. Après une année de rapports crispés entre le gouvernement et les catholiques français on se demande tous à quoi va ressembler cette rencontre. Certains – anonymement nommés « collectif de catholiques de France » –, inquiets que le Pape François soit en rade de sujet de conversation avec notre président,lui adressent une lettre ouverte sous forme de pétition (…)dans laquelle ils lui demandent d’officiellement faire état [à François Hollande] du profond malaise et de l’inquiétude grandissante de nombreux catholiques de France face à la promotion par son gouvernement d’atteintes majeures aux droits fondamentaux de la personne humaine(Loi Taubira, PMA-GPA, recherches sur l’embryon humain, euthanasie, Gender, etc.) et face aux attaques dont ils sont l’objet quotidiennement (…)Et puis, pour être honnête… je me demande si ça sert à quelque chose que le pape parle de La Manif Pour Tous à notre président.

Après tout …quand Jésus a débarqué chez Zachée, a-t-il commencé par lui parler de son rapport à l’argent ?
Imaginez… Et si la « méthode-Zachée » marchait encore ? Et si l’annonce cash de l’amour fou de Jésus crucifié était la meilleure méthode ? »

La suite ici

La fin du monde : une perspective fermée ou ouverte ?

Sur ce, bons clics et bonnes lectures !

Et on retrouvera dans trois mois de prochains « foireux liens » !

 

Notes :

*A lire ou à relire :
Bradbury, Ray, Fahrenheit 451, (1953) 2000, Paris, Folio Science Fiction Gallimard. Un classique, qui plaira même à ceux qui n’aiment pas ou n’ont pas l’habitude de la science fiction.

Canetti, Elias, 1935, 1949, Auto-da-fé (Die Blendung), Paris, L’imaginaire, Gallimard. Excellent. Le livre qui m’a fait aimer la littérature il y a plus de vingt ans. Si vous ne connaissez pas, plongez-vous vite dedans !

Joyce, James. Ulysse(1914-1921). Paris, Folio, Gallimard ou London, Penguin Books. Un classique de la littérature anglophone, que je n’ai toujours pas lu. Ce « troisième livre », dont il est fait question dans l’article précédent, ne pourrait-il pas être remplacé par La Sainte Bible,  en fin de compte ? Ce ne sont pas les traductions diverses et complémentaires (consultables partout et notamment dans la partie « liens » de notre blogue)qui manquent.

L’adversaire de François(homme de l’année 2013) a un nom : « la finance »

Nommé il y a quelques jours « personnalité de l’année » par le magazine américain Time, le pape catholique François (dont nous avions déjà parlé) a fêté le 17 décembre ses 77 ans avec  quatre sans-abris séjournant dans le quartier autour du Vatican.

En quoi un tel événement peut-il intéresser un « protestant évangélique » ?

Tout d’abord, parce qu’« il ne s’agit pas d’un prix, mais d’une reconnaissance d’impact*. Aussi est-il significatif de noter que depuis 1927, seules six personnalités religieuses** ont été ainsi reconnues par le prestigieux magazine », comme le rappelle le sociologue et historien du protestantisme Sébastien Fath dans une note de (son) blogue, « Une distinction rare : le pape François, homme de l’année 2013 (Time) » publiée le 19/12/13.

M. Fath relève d’ailleurs « que François est le seul pape à avoir été nommé dès son année d’arrivée au pontificat. Signe d’une entrée en fanfare »  d’une personnalité qui[c’est nous qui soulignons] a redonné du sens et du poids au fameux « Quand je donne à manger aux pauvres, ils disent que je suis un Saint. Quand je demande pourquoi les pauvres sont pauvres, on dit que je suis un communiste » de Dom Helder Camara, archevêque de Recife, dans le Nordeste du Brésil de 1964 à 1986.

En effet, lors d’un entretien accordé à la revue jésuite « Civilta Cattolica », le pape François fixait certaines priorités, justifiant sa relative discrétion sur les questions de moeurs et de morale, préférant insister sur « la miséricorde ». Une attitude qui « lui vaut des critiques au sein de l’institution », de l ‘aveu de l’intéressé qui avait déclaré :

Quelle est la mission de l'Eglise ? Faut-il revoir nos priorités et remettre en question certains de nos schémas ?

Quelle est la mission de l’Eglise ? Faut-il revoir nos priorités et remettre en question certains de nos schémas ?

« Je vois avec clarté que la chose dont a le plus besoin d’Église aujourd’hui c’est la capacité de soigner les blessures et de réchauffer les cœurs des fidèles, la proximité, la convivialité ». Je vois l’Église comme un hôpital de campagne après une bataille. Il est inutile de demander à un blessé grave s’il a du cholestérol et le taux de sucre trop haut ! Nous devons soigner les blessures. Ensuite nous pourrons parler de tout le reste. Nous ne pouvons pas insister seulement sur les questions liées à l’avortement, au mariage homosexuel et à l’utilisation de méthodes contraceptives. Cela n’est pas possible. Je n’ai pas beaucoup parlé de ces choses, et on me l’a reproché(…) Les enseignements, tant dogmatiques que moraux, ne sont pas tous équivalents. Nous devons trouver un nouvel équilibre, autrement l’édifice moral de l’Église risque lui aussi de s’écrouler comme un château de cartes. L’annonce évangélique doit être plus simple, profonde, irradiante. C’est à partir de cette annonce que viennent ensuite les conséquences morales ».

« Si seulement ils pouvaient forcer ce foutu marxiste à parler sexe.. »

On comprend d’autant mieux que de tels propos, par ailleurs favorablement accueillis par les catholiques et les médias américains, dont le New York Times, n’ait pas rassuré Adam Shaw, rédacteur en chef de Fox News et catholique, qui a comparé le pape à Barack Obama dans une tribune publiée sur le site internet de la chaîne d’information.

Par la suite, les pages économiques et sociales de l’exhortation apostolique « La joie de l’Evangile »(« Evangelii gaudium » )du pape François publiée le 26/11/13, venant « enfoncer le clou »,  ont déchaîné « une rage spectaculaire chez des ténors de la droite conservatrice et du Tea Party aux Etats-Unis », qui l’ont traité de « marxiste », comme l’a relevé le journaliste Patrice de Plunkett dans une série de notes sur son blogue.

Pas étonnant, quand ce dernier appelle les dirigeants des grandes puissances mondiales « à lutter contre la pauvreté et les inégalités engendrées par le capitalisme financier », qu’il qualifie de « nouvelle tyrannie invisible » et quand il se montre critique à l’égard d’un système économique « de l’exclusion », dénonçant « la nouvelle idolâtrie de l’argent » et plaidant pour un « retour de l’économie et de la finance à une éthique en faveur de l’être humain ».
Son devoir, « au nom du Christ », est « de rappeler que les riches doivent aider les pauvres, les respecter, les promouvoir », dénonçant dans un passage consacré aux « défis du monde actuel » qu’« il n’est pas possible que le fait qu’une personne âgée réduite à vivre dans la rue, meure de froid ne soit pas une nouvelle, tandis que la baisse de deux points en Bourse en soit une ».

« Tant que ne seront pas résolus radicalement les problèmes des pauvres, en renonçant à l’autonomie absolue des marchés et de la spéculation financière, et en attaquant les causes structurelles de la disparité sociale, les problèmes du monde ne seront pas résolus, ni en définitive aucun problème. La disparité sociale est la racine des maux de la société », poursuit le texte***.

Une façon plus claire, plus cohérente et plus vivante d’affirmer l’Evangile, centré sur Jésus-Christ, lequel est venu « annoncer la bonne nouvelle aux pauvres… »(Luc 4v18 et ss) ?

Selon Patrick J. Deneen, cité par Patrice de Plunkett,  ceux qui critiquent le Pape, lui reprochant de se mêler de questions qui ne le concerneraient pas, voudraient cantonner « la foi catholique dans les domaines de ‘la foi et la morale’ – pour dénoncer l’avortement, s’opposer au mariage gay et faire individuellement la charité » . Par là même, de telles personnes témoignent d’un « catholicisme de conversation courtoise » et  « fragmentaire, qui ne met pas en cause des points fondamentaux de l’idéologie économiciste ». Il s’agit là d’« un catholicisme acceptable par ceux qui contrôlent le discours dominant, parce qu’elle ne met pas en danger ce qu’il y a de plus important pour les dirigeants de la République : maintenir un système économique postulant l’extraction [pétro-gazière] sans limite, attisant des désirs sans fin, et créant un fossé de plus en plus large entre winners et losers au nom du mantra de « l’égalité  des chances ». Un énorme appareil de financement soutient les causes catholiques du moment qu’elles ne concernent que la sexualité : autrement dit l’avortement, le mariage gay ou « la liberté religieuse » (confondue à vrai dire avec les questions d’avortement) »

A ce sujet, comment se positionneront les protestants évangéliques ?

Cette « personnalité de l’année 2013 » et ses actions nourrissent enfin la réflexion suivante, de nature peut-être à interpeller chacune et chacun, y compris protestant évangélique : l’Eglise(corps de Christ) doit-elle « faire de la politique ? » Et d’ailleurs, à partir de quand l’Eglise « fait-elle de la politique » ? Visiblement, quand elle combat le projet de loi sur le mariage pour tous ou quand elle prend le parti des pauvres.
Parmi les points dits « non négociables », ou « les valeurs bibliques », la lutte contre la pauvreté et l’injustice sociale(et leurs causes structurelles), et donc la défense de la vie tout court, en fait-elle partie ?

Quoiqu’il en soit, de telles déclarations-très évangéliques-rappellent 1)que le christianisme est une question de « relations » : « verticales », avec Dieu(1 Jean 5v20-21) et « horizontales » avec autrui ».

Ces relations « les uns les autres » enseignées notamment dans les épîtres de Paul, et envers « mon prochain »(Luc 10v27 et ss, d’après Lévitique 19v18).

Et 2)que le corps de Christ, constitué selon et par Dieu, « donne plus d’honneur à ce qui en manque », de sorte « qu’il n’y ait pas de division dans le corps »(1 Cor.12v22-25).

En effet, « sans justice, pas de paix ».

Notes :

* « Pourquoi saluer ainsi un pape qui a débuté son pontificat il y a tout juste neuf mois ? Pour Time, il s’agit sans doute de parier sur ce que le pape François peut faire, plutôt que de le récompenser pour ce qu’il a… déjà fait ».

**Un hindouiste (Gandhi, en 1930), un protestant baptiste (Martin Luther King, en 1963), un musulman chiite (l’Ayatollah Khomeini, en 1979), et…. trois catholiques, les papes Jean XXIII (en 1962), Jean-Paul II (en 1994), et désormais François (2013).

*** http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE9AP04520131126 ;

http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0203150549548-le-pape-francois-accuse-la-nouvelle-tyrannie-des-marches-632513.php ;

http://www.latribune.fr/actualites/economie/20131126trib000797883/le-pape-s-attaque-a-la-tyrannie-des-marches.html ;

http://chretiensdegauche.com/2013/12/18/de-leglise-de-la-politique-et-de-leconomie/ ;

http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/201312/16/01-4721268-le-pape-et-la-droite-americaine.php ;

http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/quand-obama-cite-evangelii-gaudium-06-12-2013-47372_16.php )

Les miettes du riche suffisent-elles à nourrir le pauvre ?

Le "Baron noir" de Petillon : "self made bird"

Le « Baron noir » de Petillon : « self made bird »

Il semble que non, si l’on en croit la parabole de Lazare et du riche, racontée par Jésus(Luc 16v19-31), puisque le pauvre meurt(comme le riche après lui, d’ailleurs)

La brebis du pauvre doit-elle nourrir l’invité du riche ?

Là encore, il semble que non : il suffit de lire ou relire la réaction d’un roi célèbre à ce sujet(2 Sam12v1-6 )-roi dont le rôle est d’« ouvrir la bouche pour le muet et de prendre la cause des délaissés »(Prov.31v8-9).

Bref, autant de questions dérangeantes-quand elles ne sont pas jugées provocatrices-susceptibles de nous éclairer, particulièrement aujourd’hui.

Le journaliste Patrice de PLUNKETT, ironisait, sur son blog, à propos de ce théorème libéral qui stipule que « quand les riches maigrissent, les pauvres meurent ». En réalité, constate-t-il, c’est l’inverse qui est vrai : « les pauvres meurent et les riches grossissent ».

Car, comme le relève encore Patrice de PLUNKETT, « 10 % de la population mondiale raflent 86 % des richesses, tandis que les 1 % les plus nantis accaparent 46 % des actifs….

 

Ce constat soulève plusieurs questions : « Les inégalités ne cessent de croître. Pourtant la richesse monétaire des individus, à l’échelle mondiale, a doublé en une décennie ! Qui détient ces fortunes ? Quels sont les pays qui tirent leur épingle du jeu ? Quelle serait la richesse de chaque Français si on répartissait l’argent de manière égalitaire ? »

Quant à nous-chrétiens ou non-nous ne sommes peut-être pas économistes, ou alors, nous ne nous sentons peut-être pas compétents pour donner un avis autorisé sur la question.

Cependant, la Parole de Dieu, la Bible, est là et elle contient des principes susceptibles de nous éclairer sur cette situation, ainsi que sur les pistes et solutions possibles.

Tout en citant le rapport BRANDT « Nord-Sud : un programme de survie »(1980)**, John STOTT, dans « Le chrétien et les défis de la vie moderne »(volume 1). Ed. Sator, collec. Alliance, 1987(pp217-245-chap. « L’inégalité économique nord-sud »), en voit deux :

-Le principe de l’unité : « la planète est une, ainsi que la race humaine » ; la Terre appartient à Dieu, qui l’a créée, et nous qui qui la peuplons, nous ne sommes que « les gérants », et nous lui appartenons également, cf Psaume 24v1. « Dieu a donc créé un seul peuple(…) et lui a donné un seul lieu d’habitation ». C’est à ce seul peuple-l’humanité-que Dieu a donné le commandement de Gen.1v28. Ainsi, au commencement, il n’était pas dans le plan de Dieu de diviser la terre en nations rivales(division et dispersion datant de Babel, cf Gen.11), vivant selon la loi du plus fort ou selon l’esprit d’une « concurrence libre et non faussée »***. Au contraire, tous les hommes « devaient mettre en valeur la terre toute entière, pour le bien commun »(op.cit. p228-230)

-Le principe de l’égalité, cf 2 Cor.8v8-15 : « Le Seigneur s’est dépouillé de sa richesse à cause de notre pauvreté pour que par sa pauvreté nous puissions avoir part à sa richesse. La renonciation du Christ visait ainsi une certaine égalité ».  Une expression de sa grâce : nous sommes appelés à agir de façon similaire, par amour, de façon libre et spontanée(op. cit., pp 235-237).

A noter que le terme employé par Paul est « isotès », qui signifie certes « égalité », mais aussi « justice », « équité », et non « uniformité ».

Ce passage de 2 Corinthiens 8v8-15, souligne John STOTT,  se base sur un autre texte de l’Ancien Testament concernant la manne(Exode16) : « celui qui avait ramassé plus n’avait rien de trop, et celui qui avait ramassé moins n’en manquait pas. Chacun ramassait ce qu’il fallait pour sa nourriture »****(v18).

Les effets de la spéculation sont décrits aux vv19-20 : « Moïse leur dit : Que personne n’en laisse jusqu’au matin. Ils n’écoutèrent pas Moïse, et il y eut des gens qui en laissèrent jusqu’au matin ; mais il s’y mit des vers, et cela devint infect. Moïse fut irrité contre ces gens ». Si l’on stocke, « ça pue ».

Résumons, dit donc STOTT :« Dieu a donné tout le nécessaire pour répondre aux besoins de tous les êtres humains(…)il ne supporte pas la disparité opposant l’abondance à l’indigence, la richesse  à la pauvreté ; lorsqu’une situation de ce genre apparaît, on devrait pouvoir y remédier par un réajustement dans le but d’assurer l’égalité ou de répondre à la justice ; la motivation qui pousse le chrétien à rechercher une telle justice est la grâce, cet amour empreint de générosité qui a amené Jésus-Christ à devenir pauvre, de riche qu’Il était, afin que par sa pauvreté nous soyons enrichis ; les chrétiens sont appelés à suivre l’exemple du Seigneur et à prouver ainsi la sincérité de leur amour. »(op. cit., p238)

Comment alors concilier les enseignements de la Bible, Parole de Dieu, sur l’unité et la diversité, sur l’égalité et l’inégalité ?

« Le premier problème », juge John STOTT, « est celui de notre style de vie personnel », dans le sens qu’« il ne devrait pas y avoir de contraste évident entre notre style de vie et celui de notre entourage ». Il est donc possible d’adopter « un niveau de vie témoignant d’un amour empreint du souci d’autrui et du désir de partager », de recevoir sans embarras, « de façon naturelle et réciproque. »(op. cit., p 240)

Vivre de cette façon serait, à notre sens, l’expression de cette grâce de Dieu, que nous avons évoquée plus haut. Et « la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes », qui « a été manifestée », nous dit Tite 2v11-12, « nous enseigne à renoncer à une mauvaise conduite et aux désirs terrestres, pour mener dans ce monde une vie raisonnable, juste et fidèle à Dieu »(Français courant). « Raisonnablement »(ou « sagement »), « justement » et « fidèle à Dieu »(ou « pieusement ») : John STOTT ne le dit pas explicitement, mais on pourrait y ajouter « sobrement », exhortation biblique. Car est-il pertinent et réaliste de chercher « toujours plus », comme si  les ressources de notre planète(comme nos besoins ?) étaient infinies ?

Le deuxième problème est celui de l’inégalité économique Nord-Sud et de l’inégalité des chances : « puisque nous avons tous la même valeur, nous devrions tous avoir les mêmes chances de mettre en valeur le potentiel que Dieu nous a donné pour l’utilité commune ». Dans un contexte où, aujourd’hui, l’essentiel des richesses est concentrée en quelques mains(soit par une minorité de privilégiés, ce qui accroît/aggrave les écarts de richesses et donc les inégalités), John STOTT estime que « nous devrions chercher à tout prix à supprimer l’inégalité des privilèges pour garantir l’égalité des possibilités. Car il existe des millions d’individus dans le monde qui ne peuvent exploiter leur potentiel. Voici, aux yeux des chrétiens, le vrai scandale », qui constitue une atteinte à la dignité humaine, mais aussi « un affront au Créateur qui a équipé de dons les hommes, non pour qu’ils les gaspillent mais pour qu’ils les cultivent et les mettent au service de leurs prochains. »

Une « égalité des chances » dans les domaines de « l’enseignement, la prise de responsabilités dans les institutions internationales »(FMI, Banque mondiale…)et « les échanges commerciaux[sans oublier une autorité régulatrice nécessaire****] favoriseraient peut-être , plus que tout autre chose, une meilleure répartition des richesses mondiales »(op.cit., pp 241-243)

Nous-mêmes(pas plus que les pauvres) ne sommes pas obligatoirement responsables, termine John STOTT, « mais nous devenons coupables personnellement si nous acceptons qu’une telle situation se perpétue******. »(op. cit. p244).

Trouvons-nous « normal » ou « juste » qu’une minorité s’accapare les trois quarts du gâteau, quand nous sommes des milliards à table ? Ou culpabilisons-nous les pauvres, en fustigeant « l’assistanat » ?

Nous devenons coupables si nous entretenons ou encourageons tout système économique provoquant et nourrissant cette inégalité.

L’on aurait beau jeu, après, de tenter de lutter contre les conséquences de nos actes, en oubliant leurs causes. Ou de s’indigner contre ce qui n’est que la conséquence de ce que nous avons défendu.

D’aucun appelle cela :  « dissonance cognitive » !

 

 

 

 

 

Notes :

*« Selon les rapports du Crédit suisse, du HCR et du FMI, en 2013 la moitié pauvre de la planète ne possède que 1% de la richesse mondiale, alors que les 1 % les plus nantis accaparent 46 % des actifs. L’ascension vertigineuse des plus hauts revenus bat son propre record, en liaison avec la financiarisation de l’économie et – a contrario – avec le creusement non moins vertigineux des écarts de salaires ».

(Note de Patrice de PLUNKETT sur son blog, intitulée « 10 % de la population mondiale raflent 86 % des richesses » et datée du 11/10/13).

** A l’époque, « huit cents millions de personnes(étaient)encore sans ressources, c’est-à-dire que quarante pour cent de la population du Sud survit(…) à peine. Par ailleurs, le Nord, y compris l’Est européen, (possédait)un quart de la population mondiale et les quatre cinquièmes de ses ressources(…)plus de quatre-vingt-dix pour cents de l’industrie mondiale »(cité par John STOTT. Op. cit., p 219).

*** Dans cet esprit bien décrit dans Ézéchiel 34v1-6, 17-21

**** Outre cette répartition équitable, on remarque qu’il est prévu un temps pour ramasser et un temps de repos, où l’on ne ramasse pas.

***** Un exemple ici : Ézéchiel 34v7-17, 22-31

****** Pour aller plus loin, dans la réflexion, voir, par exemple, l’action et le ministère du Défi Michée : pauvreté, style de vie chrétien, dossiers d’animations « pour s’impliquer » et le jeu du « Banquet mondial ».

Enfin, dans la continuité du propos de John STOTT, l’on pourrait ajouter qu’il est un devoir pour chacune et chacun(le chrétien, comme le non-chrétien)de s’intéresser à l’économie et de chercher à comprendre ce qui nous paraît souvent obscur et complexe. Certes, la défense du « mariage biblique », la lutte contre l’avortement et l’euthanasie, « l’éthique »…sont autant de domaines importants, aux conséquences durables sur nos vies. Mais « comprendre l’économie, c’est maîtriser notre destin(…) la plupart des sujets à propos desquels nous votons, nous, citoyennes, citoyens, d’une démocratie, relèvent de l’économie. C’est notre responsabilité de comprendre ce pour quoi nous votons.« (GOODWIN, Michael. Préface du roman graphique « Economix ». Ed. Les Arènes, 2013, p9 – nous en reparlerons très bientôt)