« Foireux liens » de mars (38) : face au virus, quelles priorités ?

Les « Foireux liens » de Mars : une actualité placée sous le signe du coronavirus…ce qui ne doit pas occulter d’autres sujets ! (Source image : public domain pictures)

Bonjour ! Voici vos « Foireux liens » tant attendus ! Au menu de cette édition de mars, une actualité certes placée sous le signe du coronavirus, avec un traitement sous plusieurs angles. Mais ceci ne doit toutefois pas occulter d’autres sujets importants : pertinence d’un système économique censé être « la seule alternative », élections municipales françaises et lobbies, campagne électorale américaine, dispositifs anti-SDF, écologie, fuite de données et manipulations sur les réseaux @sociaux, faits religieux à l’école, le pardon….Bonne lecture !

 

En introduction, pour commencer, voici quelques précisions extraites de l’allocution du Président de jeudi soir, qu’il est toujours utile de rappeler.
Le Président de la république a ainsi demandé, à « tous les Français de limiter leurs déplacements [dans les transports publics] au strict nécessaire. Le Gouvernement [a annoncé vendredi 13 mars et samedi 14 mars] des mesures pour limiter au maximum les rassemblements. »
Il a par ailleurs demandé « aux personnes âgées de plus de 70 ans », mais aussi « aux personnes souffrant de maladies chroniques [tels diabète, obésité ou cancer…..] ou de troubles respiratoires ainsi qu’aux personnes en situation de handicap de rester autant que possible à leur domicile ». D’autre part, la population est invitée à ne pas rendre visite aux personnes hébergées en Ehpad : « Chacun d’entre nous détient une part de la protection des autres, à commencer par ses proches. Je compte sur vous aussi pour prendre soin des plus vulnérables de nos compatriotes, ne pas rendre visite à nos aînés. C’est, j’en ai bien conscience, un crève-coeur. C’est pourtant nécessaire temporairement. Écrivez, téléphonez, prenez des nouvelles, protégez en limitant les visites….. ». 
Il a été également annoncé que « dès lundi et jusqu’à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités seront fermés pour une raison simple : nos enfants et nos plus jeunes, selon les scientifiques toujours, sont celles et ceux qui propagent, semble-t-il, le plus rapidement le virus, même si, pour les enfants, ils n’ont parfois pas de symptômes et, heureusement, ne semblent pas aujourd’hui souffrir de formes aiguës de la maladie. C’est à la fois pour les protéger et pour réduire la dissémination du virus à travers notre territoire ».
Enfin, le Président a recommandé de « veiller au respect strict des gestes barrières contre le virus et des recommandations sanitaires », lesquelles « sont, aujourd’hui encore, trop peu appliquées. Cela veut dire se laver les mains suffisamment longtemps avec du savon ou avec des gels hydroalcooliques. Cela veut dire saluer sans embrasser ou serrer la main pour ne pas se transmettre le virus. Cela veut dire se tenir à distance d’un mètre. Ces gestes peuvent [nous] paraître anodins. Ils sauvent des vies, des vies. C’est pourquoi, [le Président nous] appelle solennellement à les adopter ».

1)Le coronavirus nuit gravement au libéralisme

“Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d’autres est une folie. Nous devons en reprendre le contrôle, construire plus encore que nous ne le faisons déjà une France, une Europe souveraine, une France et une Europe qui tiennent fermement leur destin en main. Les prochaines semaines et les prochains mois nécessiteront des décisions de rupture en ce sens. Je les assumerai…”  Stupeur incrédule jeudi soir en entendant Emmanuel Macron recourir à de tels éléments de langage anti-libéraux dans son allocution !  Y aurait-il « le diable dans le beffroi » ? Le journaliste-blogueur catholique Patrice de Plunkett nous propose une réflexion sur cette bizarrerie significative…..

Voir aussi :

Le virus et le big business. Oui, il faut lutter contre le virus en prenant un maximum de précautions. Mais il ne faut pas céder à la panique, qui mène aux incivilités et augmente les dangers. Et il faut se poser des questions pour chercher à comprendre…  Par exemple : la propagation du virus ne serait-elle pas liée au système économique global ?  Réponse dans le New York Times édition internationale (qui jusqu’ici n’était pas précisément critique envers la mondialisation économique et le libre-échange sans frontières)

Les Français craignent pour leur avenir ? Ils ont bien tort, puisque ce serait « le moment de faire de bonnes affaires en bourse »

Sur CNews [le 10/03], la secrétaire d’Etat Pannier-Runacher nous assure, très officiellement que « La bourse a des réactions parfois rapides, notamment avec les robots qui passent de manière automatique les ordres d’achat et de vente… Moi, je regarde avec une certaine circonspection la situation : c’est plutôt le moment de faire des bonnes affaires en bourse aujourd’hui. » Oui, oui, nous avons bien lu !

2)Coronavirus : mais pourquoi les consommateurs ont-ils pris peur de la bière Corona ?

La fameuse bière, fierté de l’industrie mexicaine, dans la tempête ! Comme le signale YouGov Ratings, une organisation spécialisée qui mesure la popularité et la notoriété de tout en se basant sur des millions de réponses du public américain, l’image de la bière Corona connaît une chute vertigineuse auprès des consommateurs. En cause : l’arrivée du coronavirus et la crainte globale qui l’accompagne qui a fait chuter les intentions d’achat à un peu plus de 5 % des Américains, le pourcentage le plus bas depuis deux ans.

3)Chercheurs online et Coronavirus

Des scientifiques se sont réunis sur la plateforme de messagerie Slack pour échanger sur la crise du coronavirus. Avant d’être publiées dans des revues scientifiques, les dernières découvertes sont ainsi partagées sur les réseaux sociaux et dans des articles dits de préimpression, donc pas encore validés par la communauté scientifique. Cela permet de confronter rapidement les résultats des différentes équipes. On attend avec impatience de voir apparaître : « On a trouvé un vaccin ! »


« Piqué » sur le compte twitter du Pasteur Gilles Boucomont (posté le 12/03/20)

4)Épidémie de coronavirus: plus de sainte cène pendant plusieurs semaines

L’épidémie de coronavirus oblige les églises à se réorganiser. Dans de nombreux endroits, la pratique de la communion est suspendue pour éviter toute propagation.

5)Les pires dispositifs anti-SDF « récompensés » par la Fondation Abbé Pierre

Ces prix visent à sensibiliser avec ironie sur « l’hostilité urbaine à l’égard des personnes sans domicile » et rappeler leurs droits.

6)La Cour de cassation requalifie en contrat de travail le lien entre un chauffeur et Uber

[Arrêt & communiqué] Patatras pour le modèle d’Uber. La Cour de cassation vient de requalifier le statut de travailleur indépendant d’un chauffeur en contrat de travail. Elle a deviné dans les relations contractuelles l’existence d’un lien de subordination suffisamment fort. Lire l’arrêt et la note explicative de la cour de cassation.

7)Pourquoi je crains le réchauffement climatique

« …..Avant que je n’explique pourquoi le refroidissement m’inquiète, je voudrais citer cet article présentant un point de vue contradictoire, publié dans la revue Nature, et qui explique que l’Antarctique perd ses glaces de plus en plus rapidement, et cet autre article prévoyant un réchauffement de dix degrés Celsius d’ici à 2021. D’autres points de vue contradictoires sont exprimés ici et ici. Les partisans de chaque camp s’empresseront sans doute de m’expliquer comment j’ai été dupé par leurs adversaires, mais l’objet de cet article n’est pas d’établir le bien-fondé de l’une ou l’autre opinion. Au contraire, je cherche à mettre en lumière ce qu’on perd de vue dans le feu de ce débat qui est devenu extrêmement polarisé et politisé. Pourquoi diable devrais-je me préoccuper d’un refroidissement planétaire ? Etant donné les dangers du réchauffement planétaire, on pourrait penser que les signes d’un refroidissement seraient les bienvenus. Ouf ! Catastrophe écologique évitée ! Maintenant les affaires peuvent reprendre leur cours normal.  C’est bien là ce qui m’inquiète. Le « cours normal des affaires» est en train de détruire la planète – que le climat soit dans une phase de réchauffement ou de refroidissement ». Réflexions de Charles Eisenstein [Enseignant, conférencier et écrivain] parues dans L’Ecologiste, avril juin 2020 et disponibles sur son site.

8)Fuite de données et manipulation sur les réseaux sociaux… Ce que révèle le livre du lanceur d’alerte de Cambridge Analytica

Le lanceur d’alerte Christopher Wylie publie un livre témoignage intitulé « Mindfuck ». Celui qui a été au cœur de la création de l’entreprise Cambridge Analytica dévoile les rouages d’un des plus gros scandales de fuite de données et de manipulation sur les réseaux sociaux ayant participé à l’élection de Donald Trump et au vote du Brexit. Extraits.

9)Retour sur l’« affaire WikiLeaks » : qu’ont changé les révélations de 2010 ?

Il y a 10 ans, le site WikiLeaks divulguait une série de documents classifiés qui allaient propulser l’organisation au premier plan médiatique. Démarrée en avril 2010 par la publication de « collateral murder » – l’enregistrement vidéo d’une bavure américaine en Irak –, l’une des plus grandes fuites de secrets de l’Histoire se conclut en apothéose le 29 novembre de la même année. L’organisation, en collaboration avec cinq grands titres de la presse internationale, commence alors à diffuser au compte-gouttes plus de 250 000 câbles diplomatiques américains. Entre-temps, WikiLeaks a également rendu publics quelque 500 000 documents confidentiels sur les guerres d’Afghanistan et d’Irak.  Les révélations de 2010 ont fait couler beaucoup d’encre. À l’instar de David Leigh et Luke Harding, de nombreux journalistes et commentateurs se sont empressés d’annoncer la fin du secret et le début d’une ère de la transparence, dont les outils du Web 2.0 seraient l’arme principale.  Ce sont ces révélations, souvent qualifiées d’« affaire WikiLeaks » par les médias, qui valent à Julian Assange, leader médiatique de l’organisation, son procès en extradition qui a débuté le lundi 24 février à Londres.  L’occasion de revenir sur un épisode fondamental de l’histoire de WikiLeaks et de tenter d’évaluer l’efficacité des méthodes de l’organisation de Julian Assange dans sa « guerre contre le secret ».

10)Twitter appose son tag “média manipulé” pour la première fois sur une vidéo retweetée par Trump

Twitter a mis à jour sa politique il y a maintenant plusieurs semaines. Le réseau social souhaite lutter contre la désinformation, particulièrement celle faite par les politiques et signaler aux utilisateurs tous les autres contenus altérés. Pour la première fois, dimanche 9 mars, Twitter a utilisé son tag “média manipulé” pour une vidéo publiée par Dan Scavino, responsable des réseaux sociaux de la Maison-Blanche et retweetée par Donald Trump.

11)Les « deepfakes », ces fausses vidéos créées pour nous influencer

Entre l’affaire Cambridge Analytica, les tentatives d’ingérence dans les élections françaises et les opérations d’influence en Ukraine, les méthodes visant à influencer les populations sont maintenant perçues comme une réalité par les opinions publiques occidentales. Or, un nouveau phénomène émerge depuis quelques années avec le développement de l’intelligence artificielle (IA) et ses potentialités de création et d’apprentissage : les deepfakes, ou hypertrucages en français. Quelle est la nature de ces contenus de synthèse ? Comment leur utilisation pourrait influencer les opinions publiques ?

12)Comment les sociétés tolérantes se laissent porter par la haine

L’attentat xénophobe qui s’est déroulé à Hanau, près de Francfort, le 19 février 2020 et a fait neuf morts dans un bar à chicha lors d’une fusillade, a plongé l’Allemagne dans la stupeur et la colère. «Le racisme est un poison» a ainsi martelé la chancelière Angela Merkel le lendemain de l’attaque. Ces événements sont alarmants car ils s’inscrivent dans une montée en puissance de la haine au niveau sociétal, un phénomène déjà disséqué il y a une décennie par le réalisateur autrichien Michael Haneke dans son film Le Ruban blanc.

13)Une foi à l’ère des réseaux sociaux

Une série en trois parties à découvrir sur Point Théo, pour comprendre comment les réseaux sociaux fonctionnent et quel impact peuvent-ils avoir sur nous.

Partie 1 : « Le moyen c’est le message » Ou comment un simple moyen de communication peut-il transformer la société ?

Partie 2 : « La bataille de notre temps »

Partie 3 : « (Dés)information & débat » ou les réseaux sociaux sont-ils ainsi réellement un lieu privilégié d’information et de débat ?

14)Replay : Débat sur la véracité historique sur France culture

Le 8 novembre 2019, l’émission « Le cours de l’histoire », sur France Culture, reçoit Isabelle Clarke et Daniel Costelle, réalisateurs de la série documentaire Apocalypse, dont France 2 diffuse alors une septième saison. En contrepoint, l’animateur a convié au micro un historien spécialiste de l’Asie et de la guerre froide, Pierre Grosser. Les discussions ne ronronnent pas longtemps. Les auditeurs, habitués au chuintement feutré de la station, comprennent qu’ils ne vont pas s’ennuyer. Exaspéré par le mépris des réalisateurs pour la recherche historique, Grosser pilonne une à une les fake news diffusées en première partie de soirée par France 2.

L’effet de révélation est saisissant. À la télévision, le pouvoir de conviction d’Apocalypse repose sur la magie hypnotique des images : on croit ce qu’on voit. La radio rompt le charme et laisse paraître l’intention…..

(Ré)écouter l’émission et lire cette analyse.

15)Des élus sous influence

Le scrutin municipal des 15 et 22 mars revêt un rôle symbolique majeur car il s’agit de l’échelon politique le plus proche des administrés, et celui pour lequel ils ont le plus confiance.  La première qualité évoquée par les Français pour accorder leur confiance envers les personnalités politique est l’honnêteté. Une solution pour développer ce sentiment d’honnêteté pour le décideur public est d’offrir de la transparence autour de ses décisions. Celle-ci permet au citoyen de comprendre les mécanismes orientant les choix de ses représentants et de mettre en lumière les actions d’influence exercées par les entreprises ou les lobbies sur les élus locaux. Or ces actions de lobbying au niveau local sont fréquentes, au point que certaines universités et cabinets d’influence proposent des formations dédiées au lobbying territorial.

16)Dans les villes gérées par le RN : budgets sociaux sabrés, démocratie entravée, indemnités des maires augmentées…

Que s’est-il passé pendant six ans au sein des quatorze villes gérées par le RN/FN ? Le collectif Vigilance et initiatives syndicales antifascistes livre, avec les éditions Syllepse, son bilan de la gestion communale par l’extrême droite. En voici quelques illustrations au sujet de six villes : Mantes-la-Ville (Yvelines), Hayange (Moselle), Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Orange (Vaucluse), Cogolin et Luc (Var).

17)Clap de fin pour « The American Ballot box »

Le blogue « The American Ballot Box, la politique américaine pour tous » va malheureusement cesser ses activités : son animatrice, Axel Azard, nous explique ici les raisons de l’annonce de ce « clap de fin ». Même si nous le comprenons, nous regrettons la fin de ce blogue passionnant,  dont le but était de fournir une information de qualité (et accessible à tous) en français sur l’actualité politique américaine en général, et plus particulièrement sur l’élection présidentielle américaine.  Ne manquez pas de l’explorer.

18)Juifs aux États-Unis : pour qui voteront-ils à l’élection présidentielle ?

Depuis l’élection de Donald Trump fin 2016, les juifs se sentent plus en danger aux États-Unis. Et le président américain ne s’appuie que sur une frange minoritaire proche d’Israël qui fait de la politique extérieure une priorité. Mais il ne mobilise pas pour autant la majorité des juifs américains. Voir aussi en vidéo.

19)Jésus est-il de droite ou de gauche ?

Question anachronique, certes. Mais comment le christianisme, de religion d’exclus, est devenu une religion de puissants, défiguré par Donald Trump ou Jair Bolsonaro ? Une chronique historique à découvrir.

20)Après Jean Vanier, sortir de l’idéalisation des figures charismatiques

Les révélations, samedi 22 février, d’abus perpétrés par Jean Vanier forcent les catholiques à revoir leur rapport à des hommes sans doute trop vite érigés en guides spirituels. Une réflexion valable et transposable pour toute personne érigée en « messie » politique ou « homme/femme providentiel(le) »….

21)Fait religieux à l’école : mobilisation autour de l’instituteur de Malicornay

L’enseignant sanctionné pour avoir fait étudier des extraits de la Bible dans sa classe n’a pas été réintégré dans sa classe, contrairement à l’injonction du tribunal administratif. Le ministère de l’Education nationale est donc dans l’illégalité. Ses soutiens se sont réunis mercredi 26 février pour plaider sa cause, en présence notamment de Régis Debray. La laïcité française serait-elle devenue folle ?

22)La transsubstantiation cachée de la louange contemporaine

Dans un nombre incalculable d’Églises à travers tout le paysage confessionnel d’Amérique, les pratiques de louange contemporaines l’ont emporté au nom de la pertinence culturelle et des préférences stylistiques. Mais il y a une dangereuse séparation entre le style et la substance inhérente à la louange contemporaine qui, si on n’y remédie pas, peut saccager le cœur même de l’orthodoxie chrétienne…..Ou quand la façon dont vous louez est la façon dont vous finissez par croire…..

23)Pardonner

a)« Notre société du relativisme et du chacun pour soi est-elle en position de lyncher Polanski ? », questionne le journaliste catholique Patrice de Plunkett dans sa chronique à Radio Présence et Radio Fidélité Mayenne. Estimant que « les abus sexuels sont graves, et que notre époque les favorise tout en feignant de les condamner  (au nom d’une morale introuvable, puisque c’est la morale du chacun pour soi, laquelle est bien incapable de fonder quoi que ce soit en société) », l’auteur souligne « qu’une époque qui ne comprend plus le pardon est mal partie pour son avenir. Le pardon n’empêche pas la justice. Nulle part dans l’Evangile le Christ ne dit que les coupables de crimes doivent rester impunis. Mais il fonde, au Golgotha, une justice supérieure qui est celle du pardon donné par la victime. Et la victime a le droit de pardonner – même si nos magazines ne comprennent plus ce mot ».

b)Pardonner n’est pas une option pour ceux qui déclarent suivre Jésus. En effet, le pardon est un des principaux piliers de la foi chrétienne, mais surtout un vrai chemin de vie qui libère, chez moi et chez l’autre, la capacité à devenir vraiment humain. En trois prédications, voici un petit parcours, qui, sans être une méthodologie, peut quand même constituer une incitation à vivre vraiment, jusqu’au bout, le programme du Christ.

Pardonner (1) – La correction fraternelle

Pardonner (2) – Comment pardonner ?

Pardonner (3) – Le non-pardon

 

Ces « Foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils ont retenu votre attention. Prochaine édition en mai.

« L’Affaire Mila » : « vies privées »

« L’affaire Mila » ou le révélateur d’une crise de notre époque, dans laquelle nous vivons l’oubli ou la négation de l’intime….

« L’affaire Mila » – du prénom d’une lycéenne de 16 ans – est révélatrice d’un phénomène inquiétant : après avoir tenu des propos insultants envers la religion musulmane dans une « story » instagram, elle est persécutée et menacée par des milliers de jeunes, des deux sexes, nés en France et de nationalité française. « Outre les insultes et les menaces de mort ou de viol, certains internautes, qui l’ont reconnue, dévoilent son identité, son adresse, celle de son lycée » (1).

« Plusieurs vidéos massivement partagées et commentées sur les réseaux sociaux reprennent les extraits de cette story Instagram (…)Depuis la publication de ces vidéos, plusieurs hashtags ont émergé (#JesuisMila et #JesuispasMila), symbolisant un débat extrêmement polarisé autour de la jeune fille, désormais cible de cyberharcèlement »(2).

Ceci dit, ce qui se vit est également révélateur d’une crise de notre époque, à l’heure où il est normal, banal et « moderne » de s’exprimer « en live » et en public sur les réseaux @sociaux, sans soucis de protéger son identité numérique. Un peu comme si l’on ouvrait la porte de sa chambre à une foule d’inconnus. En effet, Internet, ce n’est pas « privé ». Cette crise est perçue par Marc-Alain Ouaknin, rabbin et docteur en philosophie, comme une « crise de l’intimité ».

Comme il l’explique très bien dans son « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains » (3), nous vivons en effet « l’époque de l’oubli [ou de la négation ?] de l’intime, catégorie essentielle fondatrice de toute société ». Or, poursuit-il, « l’éthique n’est possible qu’à partir de l’existence de l’intime. L’intime de la maison n’est pas fuite du monde et de l’autre, mais la condition même de leur rencontre…. » (Zeugma, p 497).

Selon Ouaknin, le texte biblique est de nature à nous ouvrir de nouvelles perspectives sur cette question de l’intime. Il cite en particulier « cet épisode [de Genèse 9v20 et ss] où, après être sorti de l’arche, Noé (…) plante une vigne et s’énivre de son vin, pour finir dénudé dans l’intimité de sa tente. Un des trois fils, Cham, entre dans la tente et voit son père nu. « Et Cham, le père de Canaan, vit la nudité de son père et il raconta à ses deux frères à l’extérieur »[v22]. Des commentateurs estiment que « ce texte suggère (….) que la faute de Cham n’est pas d’avoir vu la nudité de son père, mais de n’avoir regardé que cette nudité et de l’avoir racontée à ses frères » (op .cit., p 499). Dès la sortie de l’arche, le langage est perverti dans son utilisation par Cham qui entre dans le monde de la médisance. Et, souligne Marc-Alain Ouaknin, « médire, ce n’est pas mentir, mais réduire la complexité d’une situation ou d’un être à une seule dimension. La médisance réduit la conscience que l’on peut avoir de la complexité d’autrui en le réduisant à une seule de ses fonctions, en n’en voyant qu’un point sans le mettre en relation avec les autres, sans prendre en considération les interactions, les liens et les marges (…). Cham est dans une pulsion qui transforme son voir en parole sans attendre que son père puisse prendre la parole, dire quelque chose, expliquer, s’expliquer. Cham est dans l’aussitôt. Il voit et aussitôt se met à parler sans laisser à son père le temps d’une parole, d’un commentaire, et sans se laisser à lui-même la possibilité d’élaborer un discours, une raison, un logos. Il ne se fait pas accueil pour une parole (…). Aucune parole ne peut résider chez lui, en lui. Il est sans intériorité et ne comprend ni ne respecte l’intériorité de l’autre, ici son père. Il raconte à ses frères qui sont à l’extérieur. Sa bouche est toujours tournée vers cette extériorité sans retenue, ce que l’hébreu nomme l’insolence, houtspa, mot qui veut dire littéralement « extérieur-bouche ».

La médisance, c’est nier chez l’autre le droit à l’intime et chez soi l’existence de cet intime, lieu d’un temps de maturation d’une parole qui pourra être dite ou retenue. Et en niant le droit de l’autre à l’intime, c’est le réduire à son dévoilement, son apocalypse [« révélation » et non « catastrophe »], sans lui donner le temps de retrouver son for intérieur dans lequel il pourrait se ressaisir et élaborer une parole d’explication et de transmission. Médire, c’est ne pas respecter la part de mystère qui est à l’origine de toute créature.

Cham maudit son père et est maudit en retour, comme s’il se maudissait lui-même. Pris dans l’émotion produite par la nudité de son père, aucune place n’est donnée au discours et aux commentaires qui auraient pu être faits. Une forme de ressenti obstrue la possibilité d’une pensée rationnelle et devient fondement du non-entendement, de la pulsion et de l’intolérance ».(op.cit., pp 500-501)

Le propre de cette génération, piégée par des polarisations extrêmement violentes ?

Face aux deux écueils d’une vie marquée par la démesure (la croyance dans le mythe moderne du « tout est possible »), et d’une vie marquée par la seule nécessité, conduisant au déterminisme et au fatalisme, il est heureusement permis d’espérer.

Marc-Alain Ouaknin, dans son commentaire de cet épisode biblique, rappelle que « Shem et Yafet, les deux autres frères, vont à la fois réparer la faute de Cham » et rendre possible « une éthique de la juste parole (4), du bien dire, (c’est-à-dire), de la bénédiction. Ils font réparation de la médisance, réparation qui sera ritualisée plus loin dans le texte biblique dans le rituel de guérison [et purification] du lépreux [l’ostracisé de l’époque, cf Lévitique 14].

Le bien dire de la bénédiction consiste tout d’abord à rétablir l’intime de l’autre. C’est ainsi que les frères prennent une couverture [qui est autre que les « couvertures médiatiques »] qu’ils posent sur leurs épaules pour la déposer sur le corps de leur père en marchant en arrière, sans regarder sa nudité. » (op.cit., p 502)

« (Car j’étais) nu, et vous m’avez vêtu (…) Alors les justes lui répondront : “Seigneur (….) quand nous est-il arrivé de te voir (…) nu et de te vêtir ? Et le roi leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! » (Matt.25v36, 38, 40)

« Vêtir ceux qui sont nus », telle est la réponse à cette nouvelle « théoulogie » [de : « t’es où ? »] qui promet, de façon illusoire, un monde sans vie privée. Sans doute l’un des plus grands dangers qui nous menace, à l’instar des déluges contemporains médiatiques.

 

Aller plus loin : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/12/15/limitation-de-jesus-christ-veiller-a-son-intimite/ et https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/09/20/le-pseudonymat-nest-pas-un-anonymat/

 

 

Notes :

(1) Le déroulé de l’histoire : https://www.lci.fr/justice/jesuismila-menacee-de-mort-et-de-viol-pour-avoir-insulte-l-islam-sur-instagram-mila-16-ans-porte-plainte-2143516.html

(2) https://www.liberation.fr/checknews/2020/01/22/mila-une-jeune-femme-de-16-ans-a-t-elle-ete-exfiltree-de-son-lycee-par-la-police-suite-a-une-video-a_1774539

(3) Seuil, 2008 et en édition de poche chez « Points seuil », 2013. Voir notre article sur l’ouvrage.

(4) Bénir, c’est effectivement dire du bien de quelqu’un, mais pas dans le sens de quelque chose que nous trouverions « sympa » ou « cool ». C’est tout simplement dire une chose que Dieu a déclaré bonne : c’est ainsi que cette chose est juste et vraie. D’autre part, bénir, c’est aussi se mobiliser pour que ce bien énoncé par la parole devienne une réalité.

 

 

Foireux liens de juillet (28) : consommations, mensonges et dépendances

Les « Foireux liens » de juillet : une édition « chaude »…..pour réveiller, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien…

De nouveaux « foireux liens » pour l’été, avec une nouvelle sélection de ce qui nous a paru marquant depuis ces deux derniers mois. Cette édition de juillet, particulièrement « osée »,  vous propose des « sujets chauds »…..pour réveiller, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien, et nous encourager à rester vigilants, en cette période de défis et de tentations !

Nous vous souhaitons de bonnes lectures édifiantes ! 

 

1) Sexe sur grand écran : Les scènes de nudité sont plus réelles que vous ne le pensez.

« Qu’est-ce que ça vous ferait(…), maris, d’être d’accord que votre épouse dévoile ses seins et son corps devant une caméra? Qu’est-ce que ça vous ferait d’autoriser un autre homme à la déshabiller, l’embrasser, tomber avec elle sur un lit et simuler une relation sexuelle avec elle? Qu’est-ce que ça vous ferait d’être d’accord qu’une équipe de tournage filme la scène, image après image, angle après angle, jusqu’à ce que chaque détail soit parfaitement convaincant? Qu’est-ce que ça vous ferait d’approuver que la population entière regarde cette vidéo en tant que divertissement ? »

Voir aussi : Pourquoi la consommation de pornographie est-elle considérée comme un péché ? Est-ce que le porno est une forme de prostitution (puisque les femmes sont payées pour poser nue/faire des actes sexuels) ?

2) Enfant, smartphone et porno : l’alarme des médecins

Le 15 juin, des professionnels de santé parmi lesquels le Pr Nisand (président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français) ont interpellé les pouvoirs publics sur un sujet tabou, l’exposition massive à la porno pour les enfants et les adolescents.
« Pourquoi ce sujet était-il tabou », s’interroge le journaliste-blogueur Patrice de Plunkett ? « Parce qu’il met directement en cause l’industrie des smartphones : business privé dont l’emprise sur les circuits nerveux de la société intimide les pouvoirs publics, qui s’en rendent de plus en plus complices ». « Les films pornographiques, gratuits et accessibles en un clic, sont visionnés principalement par l’intermédiaire des smartphones qui échappent au regard des parents », constate le Pr Nisand : par le smartphone, « la rencontre avec les images pornographiques peut se produire dès le plus jeune âge, dans la cour de récréation du primaire et parfois de façon non souhaitée…. »

3) L’OMS reconnaît l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie

La pathologie est définie comme une « priorité accrue » et prolongée au jeu ayant des conséquences sur les « activités personnelles, familiales, sociales, professionnelles »…..

4) Un test simple pour les pasteurs pour savoir ce que les gens pensent que l’on pense
Où il est question d’un principe qui peut servir de test pour savoir quel est l’écart entre nos convictions théologiques et ce que les gens perçoivent de ces convictions. Ainsi, si personne ne confesse ses luttes avec la pornographie, nous communiquons implicitement que pour ce péché, ils doivent se débrouiller seuls. Si certains péchés semblent être absents de votre communauté, il y a seulement deux possibilités: soit ils n’existent pas, soit (et c’est plus probable) on n’ose pas en parler, par crainte d’être jugé…..

5) L’église locale indispensable à ma croissance

« J’arrive très bien à vivre ma foi tout seul » : bien des chrétiens ont pris le parti de ne pas fréquenter d’église locale. Ils se nourrissent spirituellement par un culte personnel quotidien ou des cultes de famille (c’est très bien), en écoutant des prédications sur internet (on ne peut que l’encourager si le prédicateur tient la route) ou en se connectant régulièrement sur [un site web d’édification chrétienne]. Mais est-ce suffisant ? Peut-on, sous prétexte qu’aucune église n’est parfaite, que les chrétiens nous déçoivent ou que les anciens sont faillibles, devenir un chrétien « non-églisé »? La Bible répond « non ».

6) Que veut vraiment dire « éduquer aux médias » ?
L’éducation aux médias est en vogue dans les discours politiques français. Mais que recouvre au juste cette notion, et quelles formes prend-elle ?

7) Pourquoi quitter Facebook ne sert à rien

La chercheuse danah boyd nous partage ses six croyances (idées) sur le sujet, qu’elle étaye dans ce billet qui n’est pas récent, puisqu’écrit le 23/05/10 [dispo en version française sur OWNI], à la lumière des discussions récentes [et toujours actuelles] sur l’opportunité d’un départ de Facebook, notamment suite au scandale mêlant le réseau (a)social et Cambridge analytica, qui a éclaté ce printemps.

Ainsi, par exemple :

Je ne crois pas qu’une alternative va émerger dans les 2 à 5 prochaines années et remplacera Facebook de quelque manière que ce soit.

Je crois que Facebook va être régulé, et j’aimerais qu’il y ait une discussion ouverte sur ce que cela signifie et quelle forme cela pourrait prendre.

Je crois qu’une minorité importante des utilisateurs court des risques à cause des décisions prises par Facebook et je pense que nous devons à ceux qui sont dans cette situation de travailler sur cette question.

Je crois que Facebook a besoin dès que possible d’engager un dialogue public avec ses utilisateurs et ceux qui sont concernés (…….) je pense que Facebook joue un rôle central dans la vie de beaucoup et je pense qu’il n’est pas sensé de dire qu’ils devraient “juste partir” si ils ne sont pas contents. C’est comme dire aux gens qu’ils devraient juste quitter leur appartement si ils ne sont pas satisfaits de leur proprio, quitter leur femme parce qu’ils ne sont mécontents d’une décision ou quitter leur boulot si ils sont mécontents de leur boss. La vie est plus compliquée qu’une série de choix simplifiés et on fait en permanence des décisions calculées, en comparant coûts et bénéfices. On garde nos boulots, appartements et époux(se) même si c’est le bazar parce qu’on espère rectifier le problème. Et ceux qui ont le plus à gagner de Facebook sont ceux qui sont le moins susceptible d’en partir, même s’ils sont ceux qui ont le plus à y perdre (…) Changer de réseau social est coûteux, comme quitter son logement ou son travail, ou partir en général. Plus la relation est profonde, plus il est difficile de s’en aller. Et la relation que Facebook a construit avec beaucoup de ses utilisateurs est très très très profonde.

 8) Parcours sup 

Cet étudiant en informatique de 22 ans a étudié le code source de Parcoursup pour savoir ce qui se cache derrière cette nouvelle plateforme d’inscription dans le supérieur. Voici ce qu’il a trouvé…

Voir aussi https://www.bastamag.net/Parcoursup-un-algorithme-kafkaien-qui-renforce-les-inegalites-sociales

9) Un monde de feed-back permanent ?

« Nous vivons dans une époque de feed-back généralisé », constate Zeboute, sur son blogue. « Tous nos actes demandent un feed-back. En entreprise, par le feed-back de ses collègues. Dans nos usages numériques. Les coachs virtuels des applications numériques : la course, le sommeil. Tout est matière à se mesurer. Et rétroactivement, nous conduire selon ces paramètres ». Alors voici son propre feed-back : « L’invention de la rétroaction ».

10) L’heure vient, de remettre en question « la propriété privée libérale »

« L’heure vient de mettre en cause la « propriété » libérale… » (titre de façon provocatrice Patrice de Plunkett sur son blogue – pour briser un tabou ?)…. « et de faire naître la culture qui  permettra ce changement : repenser la propriété des biens universels pour explorer la question des communs ».

« Croix de bois, croix de chemin de fer ». Paru dans CQFD n°166 (juin 2018), rubrique Chien méchant, par Soulcié

11) La réforme de la SNCF a été définitivement adopté par le Parlement en juin. Au fil des jours de grève, les syndicats de cheminots auraient bel et bien obtenu quelques garanties, notamment sur l’avenir de l’entreprise, comme quoi il n’y aurait pas de privatisation de la SNCF.

 

12) Les sans papiers privés d’AME

Asile : le Sénat adopte la restriction de l’aide médicale d’État. En adoptant, à une courte majorité, un article introduit par la droite, le Sénat est revenu sur le dispositif qui permet aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès aux soins. Il le remplace par une « aide médicale d’urgence », concentrée sur les maladies graves.(21/06/18)

Commentaire sur twitter(23/06/18) de Maître Eolas, juriste blogueur : « Mais bande de cretins, l’AME n’est pas un cadeau fait aux sans papiers, c’est une mesure de santé publique. Vous préférez sérieusement crever de la tuberculose plutôt que de permettre à un sans papier de se soigner avant de vous contaminer ? » Et cet autre sur le même réseau (a)social : « L’#AME permet à un hôpital, qui soigne tout patient quelle que soit sa situation administrative, d’être remboursé pour le coût des soins. Supprimer l’#AME, c’est creuser le déficit des hôpitaux. En plus d’être honteux, c’est crétin » (P.Y. Geoffard, économiste).

13) Aide aux migrants : le Conseil constitutionnel censure partiellement « le délit de solidarité » et consacre « le principe de fraternité ».

Au moment où les pays de l’Union européenne se déchirent sur les questions migratoires, face à la montée des droites dures sur le continent, cette décision constitue indéniablement une victoire importante pour les associations et les personnes qui avaient saisi le Conseil d’une question prioritaire de constitutionnalité. A l’origine de cette requête, notamment, l’agriculteur Cédric Herrou, devenu le symbole de la défense des migrants de la vallée de la Roya, l’un des principaux points de passage des migrants arrivés en Europe par l’Italie.

14) Réduction des contrats aidés : un « séisme » social pour les quartiers populaires et le monde associatif

La réduction drastique des contrats aidés – dont le nombre sera plus que divisé par deux d’ici fin 2018 – va priver le sport, la culture, l’accompagnement des personnes âgées ou le soutien scolaire, de plus d’un milliard d’euros de ressources. Une catastrophe selon de nombreux responsables associatifs, auxquels Bastamag a donné la parole. Rejoints par les constats de plusieurs parlementaires, ils s’inquiètent de l’effondrement prévisible de pans entiers du secteur. Partout, et d’abord sur les territoires et auprès des populations qui en ont le plus besoin, des activités vont être réduites, des services vont se dégrader. Enquête sur un gâchis à échelle industrielle.

15) Effondrement (bis) : Quand Edouard Philippe et Nicolas Hulot en parlent ensemble…

« Cette question me taraude beaucoup plus que certains ne peuvent l’imaginer », a assuré le Premier ministre Edouard Philippe, mardi 3 juillet, lors d’un Facebook Live organisé avec Nicolas Hulot, ministre d’Etat de la Transition écologique et solidaire. Le sujet ? L’effondrement, ce discours de plus en plus audible annonçant l’effondrement économique et écologique de notre civilisation. « Mais l’interprétation que fait le Premier ministre d’ « Effondrement », le livre du géographe et biologiste américain Jared Diamond, qu’il cite régulièrement comme référence pour expliquer que le géographe et biologiste américain (l’aurait) « converti » aux questions environnementales, est toute personnelle », constate Usbek & Rica, magazine trimestriel qui « explore le futur ». Cependant, « l’ironie de la situation est assez cruelle quand on constate les nombreux reculs du gouvernement sur les sujets environnementaux au cours des derniers mois : loi agriculture et alimentation vidée de sa substance par le Sénat, recul sur l’interdiction du glyphosate, autorisation d’une raffinerie basée sur l’huile de palme, entre autres échecs bien éloignés du slogan d’affichage Make the planet great again ».

Un article repéré grâce à « Déconstruction de l’homme », un blog inspiré par la pensée de Jacques Ellul et partenaire de Pep’s café, que vous pouvez explorer ici.

16) Donald Trump et les migrants : les raisons du jusqu’au-boutisme

Une vidéo a été partagée des centaines de milliers de fois et on y entend des cris d’enfants qui sont enfermés dans une cage. Qui aurait pu imaginer que cela se passerait aux États-Unis, au XXIe siècle, et qu’il s’agissait là du résultat d’une politique officielle, voulue par le gouvernement et totalement assumée ? La colère a alors bien souvent pris le pas sur la surprise et l’effroi, poussant finalement le Président à reculer….

17) Corée du Nord/USA : l’accord Kim-Trump

Stupeur des « Occidentaux » devant le spectacle de Singapour.  Annoncée et accompagnée par un fracas planétaire, la rencontre Trump-Kim n’aboutit à rien de compréhensible pour nos médias. Rivés qu’ils sont à l’homme de Washington, ils sont éberlués qu’il ne retire rien de ce face-à-face…

18) « Le pari Bénédictin », une série à découvrir et à suivre

A découvrir, sur Phileo-sophia, le blogue d’Etienne Omnès, toute une série d’articles consacrée au « pari bénédictin » (éd La Nef), le livre de Rod Dreher. « Le but du livre est de donner à l’église une stratégie pour survivre à cette époque post-moderne », laquelle n’est pas la « fuite dans le désert ». De l’aveu de l’auteur, comme nous l’explique Etienne Omnès, ce choix de cette « étiquette nouvelle et catchy Benedict option sert à désigner en fait une très vieille démarche : celle de vivre selon Soli Deo Gloria. Ou, selon les termes de Dreher « que l’Eglise soit l’Eglise ».

19) Quelques questions et autant de réponses tirées du site « 1001 questions », animé par des répondants « attestants », un courant confessant protestant. Et vous ? Comment auriez-vous répondu ?

Que faire d’un verset comme Lév 19:19 qui interdit le port de chaussettes en coton et polyamide ?

Pourquoi certains disent que c’est un péché d’aller au théâtre ou au cinéma ?

Se remarier après un divorce est-il accepté par la foi chrétienne ?

 

20) Et le dernier pour la route : A ta santé, Timothée !

En plein milieu d’un développement sur la rémunération, la discipline et la sélection des responsables d’Églises (1 Tm 5.17-25), Paul invite son disciple Timothée à « prendre un peu de vin » pour sa santé… Une exhortation surprenante que l’on pourrait supprimer sans perdre le fil de la pensée. Elle n’est pourtant pas là par hasard puisqu’elle est attestée, à cet endroit, par tous les manuscrits du Nouveau Testament… Quelques réflexions particulièrement bienvenues sur cet étonnant conseil, à l’heure où certains font un dogme de leur opinion sur le sujet …

 

Prochains « Foireux liens » courant septembre.

« …Car j’étais nu, et vous m’avez vêtu », dit Jésus

Comment veiller à son intimité, pour ne pas se priver de vie privée sur les réseaux « sociaux » ? Source : Découvert sur le compte twitter de Gilles Boucomont(3 mai 2017)

« (Car j’étais) nu, et vous m’avez vêtu (…) Alors les justes lui répondront : “Seigneur (….) quand nous est-il arrivé de te voir (…) nu et de te vêtir ? Et le roi leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! » (Matt.25v36, 38, 40)

« Habiller celui qui est nu » selon Matthieu 25v36 (voir aussi Esaïe 58v7), c’est aussi mettre en garde nos jeunes contre l’exhibition de leurs photos et de leurs données sur les réseaux sociaux ; c’est aussi les rhabiller de ce précieux manteau qu’est la pudeur. Travaillons-y ! »

Piqué sur « prédicatwitt »(publié le 18/02/18).

Ceux qui ne veulent pas et ceux qui ne veulent plus de facebook

Facebook est-il « notre ami » ? (Une du journal « Le 1 » du 04/10/2016)

Et ceux qui ne savent pas s’ils ne veulent plus de facebook….

 

Stéphane, blogueur et pasteur, rendait publique il y a plus d’un an « sa décision de fermer son compte facebook ». Pour une raison simple et parfaitement valable : du fait de « l’arrivée massive des vidéos sur Facebook », et parce que Facebook « est devenu le premier rival de (son) temps de lecture le soir ».

Malheureusement, la décision n’a pas fait long feu, comme nous l’apprend son témoignage plus récent sur « Le bon combat », puisque le compte a été rouvert (ou « pas vraiment fermé », c’est selon) au bout de deux mois après cette déclaration !

Ce geste simple, d’autres l’ont fait bien avant lui, de façon plus radicale et pour d’autres raisons, peut-être plus fondamentales encore (1).

Pour ma part, je ne suis pas sur Facebook et ne veux pas y être. Je dirai même plus : en écoutant certains s’exprimer sur le web et en lisant d’autres réflexions, je ne veux toujours pas y être.
Sinon, fermer son compte Facebook, c’est très bien. Et encore, à condition que cela soit radical et pas à moitié….Mais qu’en est-il des autres : twitter, instagram…?
Autant de « plateformes et outils » susceptibles de remplacer Facebook pour occuper le temps (resté) libre (plus pour l’instant)». Ainsi, qui a vu la fameuse vidéo virale ? Pas ceux qui ne sont, ni sur Facebook, ni sur twitter …!

Et pour du temps passé sur Facebook et autres réseaux dits « sociaux », combien de temps non passé, par exemple, à visiter les vrais gens dans la vie réelle (et pas seulement ceux de notre « cercle d’amis ») et à passer du temps de qualité, authentique et profond avec eux ? N’y a-t-il pas de contradiction avec le ministère du pasteur (« berger »), censé être « souterrain » ? J’estime que si Richard Baxter (1615-1691), auteur du « pasteur réformé », avait eu Facebook, il n’aurait pas pu exercer le remarquable ministère de visites qu’il a exercé en son temps.

D’autre part, nous resterons à la surface du problème, tant que nous resterons sur des postures du genre « …le problème ne vient pas de Facebook. Je pense que Facebook c’est comme toutes les technologies : Pas forcément mauvaises mais notre comportement et usage doit constamment être examiné » ou « Facebook est une(simple ?) interface d’interaction entre personnes qui se connaissent et s’apprécient ».
Justement : est-ce le cas ? Dans quel esprit Facebook a-t-il été conçu ?
Et au-delà de toutes les « bonnes raisons » de couper avec Facebook, ne s’agirait-il pas de lutter contre cette nouvelle « théoulogie »(2) qui promet (de façon illusoire)…. un monde sans vie privée, et lui substituer une meilleure théologie, pour l’instant totalement absente ou indigente sur ce sujet ?

Car là est le nœud ou l’essence (pas super) du problème : comme le souligne à juste titre l’internaute « Francine » sur « Le Bon Combat », « Facebook et ses concurrents utilisent la vanité de l’Adam déchu pour empiler du big data en gigantesques tours de Babel numériques, d’où ils surveillent et dominent la terre des vivants : déjà un milliard d’âmes documentées sur FB ! » Ce que « Le Tigre », « curieux, magazine curieux » qualifiait déjà, en 2011 de «  hold-up le plus stupéfiant de l’histoire de l’humanité ».

Comment se nourrit notre égo au quotidien. Dessin de John Holcroft

Mais voici la solution proposée par « Francine » sur « Le Bon combat », « pour contenir la foire aux vanités évangélique dans des bacs à sable de dimensions raisonnables, tout en faisant un pied de nez à « Big Brother ». Cette solution, c’est l’anonymat obligatoire. Sous la boîte à commentaires, l’on pourrait remplacer la ligne habituelle : Merci d’utiliser vos vrais noms et prénoms pour commenter par : Merci de garder privée votre identité en choisissant un pseudo ; nous n’acceptons pas de mélange entre le réel et le virtuel sur ce site.

Non seulement notre désir de gloriole se verra rogner les ailes par cette mesure, mais encore les discussions et les échanges y gagneront en profondeur, puisque les commentaires seront davantage jugés sur leur contenu que sur leur conteneur. Pour ne pas parler de ce que Baxter aurait fait des réseaux sociaux, voici, sans doute, ce qu’aurait fait Calvin s’il avait vécu de nos jours, comme en témoigne une petite liste non exhaustive des pseudos(3) qu’il a utilisés dans sa courte vie : Charles d’Espeville, Alcuinus, Faber Stapulensis, Martianus Lucanius, Deperçan, Joseph Calphurnius, J. de Bonneville, Eusebius, Pamphilus (Diatribe de Pseudonymia Calvini, » Amst. 1723. Sans compter bon nombre de documents anonymes mais que l’on pense être de sa main.). 

Bien sûr, l’on dira que « c’était pour fuir la persécution ! » Sauf que l’opposition du monde au règne de Dieu a pris aujourd’hui d’autres formes, mais l’orgueil reste le plus cruel des persécuteurs de l’âme. Le Calvin réel était introverti, timide, méditatif ; il examinait les écrits des pères de l’Église et de ses contemporains pour ce qu’ils disaient, et non pour faire savoir sur Facebook qu’il les avaient lus ; quand il les commentait en français et non en latin, c’était avec des mots rudes mais compréhensibles et dépourvus de prétention. Bref l’esprit du Calvin réel, c’est juste l’inverse de l’esprit du Calvin virtuel, dans le style : « Bavinkadit, Vantiladit, Dooyeweerdadit, Calvinadit, et Tolkienaussi ; et moi je les lis tous au petit déjeuner, c’est trop super ! »

 

Pour aller plus loin, voir les bonnes raisons du « Tigre magazine » de préconiser le « pseudonymat », qui n’est pas un anonymat !

Voir aussi « Radicalement ordinaire », un livre [reçu récemment et pas encore lu] d’un auteur…volontairement anonyme paru aux éditions BLF en avril 2017.

 

 

 

Notes : 

(1) Parmi toutes ces bonnes (ou meilleures) raisons, citons, parmi les réflexions/témoignages glanés ici et là :

En novembre 2016, sur « The conversation » : « si t’es pas sur Facebook, t’es un extra-terrestre ! » (Facebook permet une exposition médiatique immédiate. Cela comporte de nombreux dangers. Être sur Facebook serait pour finir, synonyme de ritualisation des gestes, assimilable à un acte religieux – du latin « religare », signifiant relier. Quand certains commencent leur journée par une prière, d’autres la commencent en vérifiant le statut Facebook de leurs amis…Essayez donc un dîner en tête à tête sans Facebook !)

En novembre 2015, sur « Les Cahiers libres » : pour que les relations deviennent authentiques, sans écrans.

En 2013, sur Libé : comment et pourquoi « critiquer(vraiment)Facebook » (Car « ce qui nous pousse vers Facebook est aussi ce qui nous fait[devrait ?] nous en méfier »).

Le 29 avril 2010, sur Owni :  http://owni.sabineblanc.net/pourquoi-je-n%25e2%2580%2599utiliserai-plus-facebook.pdf (Hugo Roy avait écrit ce billet après avoir pris connaissance des changements annoncés lors du F8 et largement relayés par la presse à l’époque : « Il s’agit donc d’une réaction personnelle. Le compromis que j’ai essayé de tenir en utilisant Facebook pour profiter de ses avantages en dépit de son architecture centralisée et hypermnésique a rompu, j’en explique ici les raisons », tout en soulevant «  le faux-problème de la vie privée sur Facebook »).

Et en 2011, d’autres choisissaient de ne jamais être sur facebook (ou même twitter).

(2) A ce sujet, l’on ne manquera pas de se référer à l’excellent « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains »(Seuil, 2008 et en édition de poche chez « Points seuil », 2013), un vrai livre de Marc-Alain Ouaknin.

(3) Sans parler de Kierkegaard et de tous ses pseudos !

 

 

 

 

Foireux liens de mars (20) : convictions évangéliques, « Pénélopegate », « secrets et mensonges », doughnut, exoplanètes, leaders lecteurs, réseaux sociaux….

Les "Foireux liens" de septembre : une actualité placée sous le signe de "la rentrée" et de "la neutralité"....

Les « Foireux liens » de mars : une actualité placée sous le signe des convictions, ancrées « dans le réel »….

Depuis janvier, une actualité particulièrement riche, avec une invitation à s’ancrer « dans le réel », qu’il s’agisse de convictions « évangéliques », « politiques » ou « sociales ». Bien entendu, ne pas tout lire « d’une traite » et surtout « pas en diagonale » !

 

1) « Convictions évangéliques », à rebours des clichés : Quelques mois après le petit livre de la Conférence des évêques de France (CEF) « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique », le CNEF publie un livret pédagogique, en collaboration avec le SEL, le Défi Michée, A Rocha et le CPDH, pour communiquer des convictions partagées aux candidats de la présidentielle française de 2017 : laïcité, écologie, pauvreté, accueil de l’étranger, famille et sexualité, éducation, liberté de culte et d’expression, dignité de la personne….autant de préoccupations diverses révélatrices d’une vision holistique de la foi chrétienne.

 

"Justificatif", par Xavier Gorce (Blog LeMonde)

« Justificatif », par Xavier Gorce (Blog LeMonde)

2) Vous ne comprenez rien au « Penelopegate » ? CFactuel vous explique « la triple affaire » frappant François Fillon, candidat victorieux de la primaire de la droite, à 75 jours du premier tour de la présidentielle française. cFactuel est un média dont je viens d’apprendre l’existence et dont l’ambition est de « rendre l’actualité claire et captivante ». Une équipe de 5 personnes à temps plein décrypte une information par jour, « sans parti pris, à travers des formats alternatifs aux articles » (vidéo, infographie, quiz). Plus d’infos sur la ligne éditoriale ici. Lancé en novembre 2015, cFactuel a été reconnu Service de presse en ligne par le Ministère de la Culture.

3) Pour en finir avec la séparation des pouvoirs :

Dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Fillon, une étrange argumentation juridique a fait son apparition qui, au-delà du fond de l’affaire, a de quoi laisser pantois. Rappelons brièvement les faits : des révélations successives par la presse ont mis au jour le fait que le candidat LR à la présidence de la République a longtemps salarié son épouse grâce à l’enveloppe attribuée à chaque député pour pouvoir salarier des assistants parlementaires, que ce soit à l’assemblée pour le travail parlementaire proprement dit ou dans la circonscription pour assurer une présence permanente de l’élu. Ce qui en soit est critiquable mais, en l’état des textes, légal. Là où le bat blesse, c’est qu’il semble n’y avoir eu aucune contrepartie réelle à un salaire largement au-dessus des montants habituels, les explications fournies par l’intéressée ou ses soutiens (dans le sens où la corde soutient le pendu) étant embrouillées, contradictoires, et parfois accablantes. Le parquet national financier a donc ouvert une enquête préliminaire sur ces faits, actuellement en cours. Et c’est dans ces circonstances qu’une tribune de juristes courroucés a été publiée sur Atlantico, prétendant opposer des arguments juridiques à l’existence même de ces poursuites. Promesse rarement tenue, comme nous l’explique le blogueur juriste « Maître Eolas ».

4) On ne sait plus trop comment qualifier ce qu’il se passe en ce moment aux Etats-Unis. Surréaliste? Réjouissant? Inquiétant? À vous de juger !

Le blog « The American Ballot Box » « braque les projecteurs » sur la démission de Michael Flynn, le controversé conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, lundi 13 février. Jamais un conseiller à la sécurité nationale n’était resté en poste aussi peu de temps. Vingt-quatre jours exactement. Pourquoi Michael Flynn a-t-il démissionné ? La presse avait révélé quelques jours plus tôt qu’il avait discuté de la levée des sanctions contre la Russie avec l’ambassadeur russe en poste à Washington, et ce avant même que Donald Trump ne prête serment et ne devienne officiellement le nouveau président des Etats-Unis. Pour y voir plus clair et tenter de comprendre tous les tenants et aboutissants de cette affaire digne d’un polar, voici un petit bond dans le temps.

Trump, un « nouveau Cyrus » ? Ou « fanatisme sacrilège » ? Un chromo délirant et inquiétant se propage sur la toile de façon virale depuis le 20/01/17 : « Jésus-Christ guidant Donald Trump pour signer ses décrets » (anti-immigration ?)

Trump, un « nouveau Cyrus » ? Ou « fanatisme sacrilège » ? Un chromo délirant et inquiétant se propage sur la toile de façon virale depuis le 20/01/17 : « Jésus-Christ guidant Donald Trump pour signer ses décrets » (anti-immigration ?)

5) Pourquoi la politique d’immigration de Donald Trump provoque le chaos et l’indignation : Tout a commencé le vendredi soir, 27/01/17, lorsque Donald Trump a annoncé la signature d’un nouveau décret présidentiel (executive order), intitulé Protecting the Nation from Foreign Terrorist Entry into the United States (Protéger la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis). L’objectif affiché de ce décret est de prévenir le risque d’infiltration terroriste sur le territoire américain. Est-ce de l’amateurisme total ou une tendance à l’autoritarisme? En tout cas, il semble que le Département de la Sécurité Intérieure et le Département de la Justice n’aient pas été consultés par la Maison Blanche avant la signature du fameux décret. Autrement dit, la Maison Blanche aurait agi unilatéralement. Cela expliquerait la confusion qui a régné dans les aéroports du pays ce fameux week-end, personne n’ayant reçu de consignes claires quant à la manière d’appliquer le décret.

L’application dudit décret de Donald Trump a d’ailleurs été temporairement suspendue suite à la décision d’un juge fédéral, James Robart (nommé par le président George W. Bush et confirmé 99 voix à 0 par le Sénat en 2004). Décision maintenue par la cour d’appel.

6) États-Unis. Une journée de grève pour montrer à Trump ce que serait une Amérique sans immigrés : Pour protester contre la politique anti-immigration de Donald Trump, une “journée sans immigrés” a été organisée le 16 février aux États-Unis. Les personnes d’origine étrangère sont appelées à faire grève (« ne pas travailler, ne pas consommer ») afin de mettre en lumière le rôle fondamental qu’elles jouent dans la société et l’économie du pays.

7)  L’hospitalité envers les étrangers: moyen de sanctification oublié !
Voici deux questions jamais posées et qui concernent pourtant notre santé spirituelle : En quoi l’accueil et le dialogue avec les étrangers sont-ils importants pour la sanctification des chrétiens ? En quoi cette hospitalité et cette amitié avec les étrangers sont-elles incontournables pour l’Eglise destinée à être façonnée à l’image du Christ ? Un édifiant article, à l’angle étonnant, à découvrir sur TPSG.

8)  Trump et les religions : une relation complexe

Dans ce numéro de La Croix du 01/03, Donald Trump est présenté comme un « personnage très difficile à cerner, plein de contradictions » : « son univers religieux, inexistant, est par conséquent totalement incohérent ». Et les relations qu’il entretient avec les religions (les catholiques, les musulmans et les Juifs) s’avèrent « complexes ». Une partie importante de la communauté juive reproche d’ailleurs au milliardaire d’avoir – par sa rhétorique de campagne et ses propos virulents contre le « politiquement correct » –, libéré en quelques mois la parole de toute une frange gravitant autour des mouvances extrémistes américaines. Et d’avoir ainsi encouragé implicitement l’émergence d’un climat propice à la recrudescence des actes antisémites, qui se multiplient de fait depuis quelques semaines.

9) Quand l’avenir de l’humanité dépend d’un doughnut, symbole d’un « espace juste et sûr » pour tous :

L’avenir de l’humanité dépend-il d’un doughnut ? C’est à partir de cette image d’une viennoiserie américaine que l’économiste Kate Raworth explique le lien intrinsèque entre inégalités sociales et limites environnementales. Avec l’objectif d’assurer un bien être minimal à l’ensemble de l’humanité sans franchir les seuils physiques et écologiques – dérèglement climatique, disparition de la biodiversité, pénurie d’eau potable… – qui la mettraient en danger. « Le défi est aujourd’hui de repenser l’économie de sorte qu’elle ramène toute l’humanité au sein de cet espace juste et sûr, au lieu de nous en expulser », estime-t-elle. Entretien à lire sur Bastamag, sans forcément dévorer un doughnut.

10) Une alarmante surmortalité due à la grippe et… à l’austérité : L’épidémie de grippe touche à sa fin mais elle laisse derrière une augmentation alarmante de surmortalité. Les premières estimations de l’agence « Santé publique France », rendue publique mi février, font état d’une surmortalité de 17 000 personnes entre mi-décembre et mi-février. Des chiffres vertigineux qui rappellent ceux de l’hiver 2014-2015 au cours duquel une surmortalité de 18 000 personnes avait été observée, les trois quarts étant liés à la grippe. Les personnes âgées de plus de 65 ans sont les plus touchées. Pour Olivier Mans, secrétaire fédéral de Sud Santé, le lien entre cette hécatombe et les coupes budgétaires dans le budget des hôpitaux est « évident ». « Le rouleau compresseur des mesures d’austérité, la généralisation des contrats précaires, le manque d’effectifs et de moyens rendent les conditions de travail, et d’accueil, très difficiles », explique le syndicaliste sur Bastamag.

11) Vivre comme un pauvre, « le temps d’un week-end » et pour 69 dollars seulement !

Mission Waco est une organisation chrétienne qui a pour but de donner la parole aux pauvres et aux marginalisés, en sensibilisant les Américains de la classe moyenne. L’une de leurs activités consiste à proposer « une simulation de pauvreté » pour  quiconque le désire, durant 72 heures, et pour un tarif de 69 dollars par personne. Durant ces séances, les participants se retrouvent sans téléphone, sans montre, et sans programme d’activité, livrés à eux-mêmes. On leur donne des vêtements délabrés et ils apprennent à connaitre les lieux où les sans-abris dorment ou mangent. Des situations qui génèrent rapidement des sentiments d’anxiété et d’impuissance.
Une initiative se voulant « tendance » ou susceptible d’ « ouvrir les yeux des participants en créant un environnement qui provoquera un choc psychologique, les menant à une transformation de leurs façons de penser et de vivre », voire, pourquoi pas, d’inspirer une politique de lutte contre les causes structurelles de la pauvreté ? Chacun jugera…

12)  « Bijoutier de Nice » : du coup de feu aux pouces bleus

Le 11 septembre 2013, Stéphan Turk, tuait d’une balle dans le dos l’un des deux hommes qui venaient de braquer son commerce. Placé en garde à vue, il a rapidement défrayé la chronique et provoqué une mobilisation inédite : sur Facebook, plus de 1,5 million de personnes ont apporté sans hésiter leur soutien au désormais nommé « bijoutier de Nice ». Triste fait divers, son histoire est devenue phénomène social.

13) Comment les populistes utilisent les réseaux sociaux pour manipuler ?

Marine Lepen, Donald Trump, les partisans du Brexit, les anti-migrants sont des gens modernes. Et ont tout compris de nos réseaux sociaux. Le nouveau pouvoir : diffuser des contre vérités [ou faire croire qu’il ne faut croire personne…sauf eux !] Et vous allez les croire… Que vous soyez un citoyen intelligent, ou pas, comme nous l’apprend « Zeboute », sur son blogue…

14) Les leaders sont des lecteurs : Un excellent article tiré du livre La conviction de diriger par Albert Mohler, publié sur le site québecquois « Publications chrétiennes » et découvert via TPSG. Quand « Leader et lecteur sont indissociables. La raison en est simple : il n’existe aucun autre moyen que la lecture efficace pour développer et entretenir l’intelligence nécessaire à la tâche de diriger (…) Des pensées intelligentes, des idées et des informations doivent constamment alimenter le leadership. Il est impossible d’acquérir les fondements du leadership sans lire ».

15) Trappist-1 : sept exoplanètes, trois en zone habitable : que faut-il attendre de cette découverte ?
La Nasa vient d’annoncer la découverte du système solaire Trappist–1. Trois des sept planètes qui le composent sont dans une zone dite « d’habitabilité », pouvant accueillir la vie. Mais pour Michel Viso, responsable du programme exobiologie du Cnes, cela ne signifie pas qu’elles réunissent les conditions nécessaires, notamment la présence d’eau et les températures adéquates.

 

Sur ce, bonne lecture et bon week-end ! A mercredi prochain.