« Foireux liens » de janvier (25) : le sens des luttes

Les « Foireux liens » de janvier 2018 : pour mieux réfléchir au sens de nos luttes

Et (re)voici nos « Foireux liens », revue de presse bimestrielle. Pour cette édition de janvier 2018 : Sens du service, de Noël (même si c’est déjà passé) et Christianisme « identitaire » vs Christianisme « réel » ; jouets connectés, Johnny Hallyday, culture médiatique, esprit critique, jeunesse et génération Y, travail et chômage, uberisation, écriture inclusive…et bien d’autres sujets encore !

1) Le lavement des pieds : de la domination au service

Laver les pieds, c’est la « podothérapie » proposée par Jésus ! Une histoire de pieds pour une autre manière d’être en relation. Face au mal, aux idées de grandeur et de domination, Jésus exprime en gestes quelle est la liberté de servir et quelle est sa seigneurie.

2) Noël déserte les pubs ? Bon débarras !

Coup de tonnerre sur nos pauvres sociétés européennes : une certaine marque de bière très connue ne produira plus de « bière de Noël » mais de la « bière d’hiver ». Dans le même temps, ce même mot recule aux frontons des temples du commerce et des enseignes municipales. Exit Noël, la société laïque pare ses tables pour « les fêtes de fin d’année » ! Faut-il s’en inquiéter ? Avons-nous encore intérêt à combattre pour défendre le royaume du Christ sur des boîtes de chocolats ou les calendriers des postes ?

 Voir aussi : « qui veut imposer le Père Noël dans une église ? »

3) Gare aux jouets connectés à Noël !

La Cnil a adressé une mise en garde publique à un fabricant qui vend deux produits insuffisamment sécurisés. En outre, la façon dont les données personnelles sont collectées et traitées est très insatisfaisante au regard de la loi.

Voir aussi : Objets connectés : défis technologiques et enjeux sociétaux

Interview de Maryline Laurent, Professeur à Télécom SudParis et spécialiste des objets connectés.

4) Contrefaire l’opinion. Johnny et l’irréalité

La mort de Johnny Hallyday a déclenché une vague médiatique à la hauteur des événements les plus dramatiques (…) Comment ce déferlement unanimiste avait-il pu se développer contre la vérité et la raison ? Encore une fois, on se trompait d’objet en croyant que l’information enregistre simplement l’importance des événements et parle forcément des choses qu’elle désigne. Les médias étaient bien en peine de voir qu’ils fabriquaient eux-mêmes cette unanimité d’images et de papier. Était-ce encore de l’information que ces images et commentaires diffusés pendant une semaine, jusqu’à la tombe antillaise ?

5) Près de huit Français sur 10 croient à au moins une « théorie du complot », selon une étude. Une enquête de la Fondation Jean-Jaurès et de Conspiracy Watch, en lien avec l’Ifop et relayée par franceinfo, dévoile pour la première fois les croyances des Français en matière de « fake news ».

6) Peut-on enseigner l’esprit critique ?

Former l’esprit critique des élèves est devenu une priorité de l’école française, en réponse à la prolifération de thèses complotistes sur Internet. Mais comment faire ? Et de quoi parle-t-on au juste ? Analyse à lire dans le magazine Sciences Humaines.

7) Des médias envahissants : peut-on y faire quelque chose ? Les médias et les réseaux sociaux exercent aujourd’hui une grande influence sur la vie, le temps et l’attention des individus, menaçant parfois les relations dans la vie réelle. Peut-on y faire quelque chose ? Conseils de Pierre-André Lechot, un spécialiste en éducation aux médias, sur Christ seul. Voir son blog qui propose des pistes utiles pour questionner les écrans et leurs contenus.

8) Les nouvelles générations sont multi-tâches. Est-ce efficace ?
Dans les caractéristiques de nos jeunes milleniums, on leur attribue souvent la capacité à être multi-taches : Écrire un devoir tout en répondant à un tchat à sa copine. Et visionnant une vidéo youtube. Notre jeune génération est elle super héros ? Est-ce efficace ?

9) 3 moyens infaillibles de débarrasser l’église de ses jeunes

La plupart d’entre vous répondraient par un vibrant « Oui, évidemment ! » Pour quelle autre raison iriez-vous acheter toutes ces pizzas, proposer tous ces programmes et faire tout votre possible pour éduquer et prendre soin de vos ados ? Vous voulez les garder au sein de l’église. Mais lorsque l’on scrute les cœurs, un sentiment différent fait surface. C’est une chose que l’église n’admettra jamais à haute voix, tapie silencieusement et dangereusement sous la surface.

Voir aussi : « ne dites plus ne nous donnez plus de pizzas ; dites « je vous invite, c’est fait maison ». 

10) En débat : Je travaille, donc j’existe ?

De notre emploi dépendent nos revenus, notre projection dans l’avenir, notre reconnaissance, notre sentiment d’utilité. Est-ce bien raisonnable de tant faire peser sur lui ? Comment valoriser d’autres formes de contribution à la société ?

Voir aussi : Telle est leur quête : Jeunes au travail : à la recherche du sens perdu

En France, plus qu’ailleurs, on cherche à s’accomplir par le travail. Or tout semble joué dès 20 ans : il faut avoir réussi, mais aussi avoir choisi sa voie. D’où un stress record à l’école et la grande frustration de bien des salariés, qui se sentent « déviés » de leur vocation… et cherchent un sens à leur vie hors du travail. Un entretien éclairant avec la sociologue Cécile Van de Velde à découvrir dans la revue Projet.

« Le con trolle, le café chaud meurt ». Paru dans CQFD n°160 (décembre 2017), rubrique Chien méchant, illustré par Lasserpe

11) « Pôle emploi, c’est vraiment devenu une machine de guerre »

Ils sont près de 40 000 conseillers à suivre, au quotidien, les six millions de chômeurs inscrits au Pôle emploi. Mais ces agents, dont le métier évolue sans cesse au gré des décisions politiques, ne savent plus trop où ils en sont. Sommés de faire du chiffre sans en avoir les moyens, souvent au détriment du respect des droits des usagers, beaucoup s’interrogent sur le sens de leur travail, quand ils ne sont pas purement et simplement en grande souffrance. Bastamag les a rencontrés.

Voir aussi : Les chômeurs dans le viseur : Fainéant, dis merci à ton coach ! 

Ce jour-là, vous êtes une bonne vingtaine de demandeurs d’emploi convoqués par Popôle Saint-Charles, à Marseille, mais la liste de présence que la jeune conseillère fait tourner ne correspond pas au groupe rassemblé là. Alors elle vous demande d’ajouter vos noms, prénoms et identifiants à la main, à la suite de ceux d’une trentaine de glorieux absents, ce qui prend un certain temps (…) Armée d’un triste PowerPoint, elle finit par annoncer, sans trop d’enthousiasme, le lancement du fameux plan Activ’Emploi. Ce qui revient à reconnaître, pour elle et son collègue qui l’épaule sans trop savoir à quoi s’en tenir, leur obsolescence programmée en tant que conseillers. Car, en clair, Pôle emploi va sous-traiter votre accompagnement à une start-up du coaching, sans doute pour libérer ses agents des contingences du trivial contact humain…..

12) Que pensent les riches des pauvres ? 

« Je ne céderai rien aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes… »  Ces quelques mots, formulés en septembre dernier par le Président français à l’adresse des opposants à sa réforme du droit du travail, ont choqué l’opinion publique. Emmanuel Macron a expliqué que ses propos, contrairement à l’interprétation qui en avait été faite, ne visaient nullement les syndicalistes, ni les travailleurs. Soit. Toutefois, le président français n’en est pas à sa première phrase du genre. N’a-t-il pas dit qu’« une gare était un lieu où se croisaient des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien »… ? N’a-t-il pas qualifié « d’illettrés » des ouvriers d’une usine dont les portes menaçaient de fermer ? Ou encore de « chômeurs récidivistes » les personnes ayant connu plusieurs périodes de chômage ? Pertinent article à lire sur Christ Seul.

13) « Pourquoi sortons-nous de l’école avec des valeurs à l’exact opposé de celles qui nous ont motivés à y entrer ? »

Les écoles d’ingénieurs sont une spécificité de l’enseignement supérieur français. Couvrant les domaines de l’industrie, de la chimie, de l’agronomie ou encore de l’environnement, elles préparent leurs élèves à occuper des postes à responsabilités. Malgré leur statut généralement public, les multinationales y prennent une place de plus en plus importante, au nom du « rapprochement avec le monde de l’entreprise ». Témoignage de deux étudiant-e-s de l’une de ces écoles, AgroParisTech, championne des « sciences et industries du vivant et de l’environnement ».

14) Réforme de l’apprentissage : le pouvoir aux entreprises et non plus aux régions

Ou comment, en avril 2018, le gouvernement entend présenter un projet de loi de réforme de l’apprentissage qui transfère les compétences des régions vers les entreprises.

15)  « Si on ne fait rien, le Far West digital nous laminera »

Le mot « ubérisation » (du nom de la start-up américaine ubercab) est entré dans le vocabulaire depuis environ deux ans. Ce phénomène consiste en l’utilisation de services permettant aux professionnels et aux clients de se mettre en contact direct, de manière quasi instantanée, grâce à l’utilisation des nouvelles technologies. Or, « l’uberisation » de l’économie menace notre vieux modèle fondé sur le salariat. Piloter cette transition devient une urgence politique. Le point avec Bruno Teboul, vice-président du cabinet de conseil en innovation Keyrus et professeur à l’Ecole polytechnique et à l’université Paris-Dauphine.

16) Aux USA, l’écriture cursive fait son retour dans les salles de classe aux Etats-Unis

Après avoir préféré le clavier d’ordinateur au stylo, les USA font machine arrière. Selon des chercheurs, l’écriture cursive a une grande importance pour apprendre.

17) L’écriture inclusive à l’école : un combat erroné

Le 23 septembre dernier, l’éditeur scolaire Hatier a annoncé avoir édité un manuel de CE2 en écriture inclusive. Le 7 novembre dernier, 314 professeurs, à travers une tribune publiée sur le site Slate, ont indiqué ne plus vouloir enseigner la règle de grammaire résumée par la formule « le masculin l’emporte sur le féminin ». L’objectif des partisans de l’écriture inclusive est de combattre les préjugés sexistes et de lutter contre les inégalités hommes / femmes. Ils veulent mettre fin à la hiérarchisation des sexes. Mais la défense de l’écriture inclusive est-elle ce « bon combat » à mener, propre à faire l’égalité ? Analyse, « en aparté », par la journaliste Gaëlle Picut sur son blogue consacré à l’éducation et aux relations parents-enfants.

18) Le dossier dont tout le monde se moque (ou presque) : Rohingyas, un peuple sacrifié

Un million de Rohingyas vit en Birmanie. Musulmans sunnites originaires du Bangladesh, ils sont considérés comme des étrangers et apatrides. Victimes de multiples discriminations, un puissant mouvement de moines nationalistes ne cesse par ailleurs d’attiser la haine à leur encontre. Des milliers d’entre eux ont fui ces dernières années le pays par la mer pour rejoindre la Malaisie ou l’Indonésie. D’autres ont choisi le Bangladesh.

19) Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2018 : 215 millions de chrétiens fortement persécutés dans le monde

Basé sur une étude de terrain, l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens publié par Portes Ouvertes apporte une analyse objective de la situation vécue par 215 millions de chrétiens dans les pays où la persécution est forte à extrême. Le top 5 des « pires pays », extrait du rapport et tendances, sans oublier les 4 bonnes nouvelles de l’index 2018.

20) Grands projets inutiles ? L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes deux fois plus cher que moderniser celui de Nantes

« Réhabiliter Nantes-Atlantique coûterait deux fois moins cher que construire Notre-Dame-des-Landes. » C’est l’une des premières conclusions tirées du rapport des médiateurs sur le projet de Notre-Dame-des-Landes  , et livrées par le quotidien Ouest-France. Remis au premier ministre ce mercredi 13 décembre, le rapport a été coordonné par trois médiateurs nommés en juin dernier par le gouvernement, lequel doit rendre sa décision sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes au plus tard entre le 15 et le 30 janvier 2018.

Voir aussi : Le croirez-vous ? L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes finalement remplacé par une centrale nucléaire. Suite au rapport des médiateurs sur le projet, le gouvernement a annoncé qu’il renonçait définitivement à faire construire un aéroport à Notre-Dame-des-Landes. La place laissée vacante servira à la construction d’une centrale nucléaire. « Que celui qui lit fasse attention ! » 

21) L’expo du moment : Le froid, un précieux allié

La Cité des Sciences nous propose une exposition didactique et ludique sur le concept de Froid, de nature à (r)éveiller les consciences quant à des sujets très actuels : le réchauffement climatique et la transition écologique. L’exposition se présente en trois parties : Les défis pour le vivant. Comment le corps humain réagit-il dans un environnement froid ? Quelles astuces pour se protéger ? Les défis pour la société. Réfrigération, congélation, climatisation… À quel point la technologie frigorifique a-t-elle modifié notre vie ? Les défis pour la science.  Quels sont les effets du froid sur la matière ?

Exposition Froid, ouverte tous les jours (sauf le lundi) du 5 décembre 2017 au 26 août 2018, de 10 h à 18 h à la Cité des Sciences au 30 avenue Corentin Cariou, 75019 Paris. 

 22) L’action du mois : s’accorder une parenthèse dans son agenda pour assister à une lecture publique des livres de la Bible.

Parce que la Bible a été écrite, non seulement pour être lue mais pour être entendue, prenez le temps d’une pause chaque lundi soir, 20h00 (si vous habitez Paris ou si vous vous trouvez dans le coin à ce moment-là) pour répondre à l’invitation de l’Action Biblique Française : venir écouter les textes bibliques récités par un comédien. Un moment unique et privilégié pour entendre, comprendre et réfléchir à la Parole de Dieu !

 

Foireux liens(9) : « L’activisme n’est pas du militantisme ! »

"Occupé, trop occupé !" Une malédiction ou...un sujet de gloire ?

« Occupé, trop occupé ! »
Une malédiction ou…un sujet de gloire ?

Serait-ce « l’appel du 1er mai », fête du travail en France ?

Pour le mois d’avril qui vient de s’écouler, je constate une drôle de « coïncidence », avec la présence de pas mal d’articles-voire d’occasions- abordant les thèmes du travail, du chômage, de l’activisme(de « l’overbooking ») ou du phénomène d’être « occupé, trop occupé ». Et ce, dans un contexte où le code du travail fait l’objet de nouvelles attaques.

En voici quelques-uns. Prenez donc le temps de consulter ces diverses et édifiantes contributions à cet éternel sujet :

 

« Depuis dix jours, plus personne ne répond à nos mails ». La raison ? Les gens sont débordés ! D’ailleurs, « presque tous les gens que nous connaissons sont débordés. Ils se sentent angoissés et coupables dès qu’ils ne sont plus en train de travailler ou de promouvoir leur travail. Quand ils consacrent du temps à leurs amis, ils le font comme de bons élèves font du bénévolat, parce que ça fait bien sur un CV », constate le journaliste et cartooniste Tim Kreider.

« Il n’y a pas longtemps », témoigne-t-il, « j’ai proposé à un copain qu’on se voie un jour dans la semaine. Il m’a répondu qu’il n’avait pas trop de temps mais de l’appeler si je faisais un truc : il arriverait peut-être à dégager quelques heures. J’ai failli lui dire que ma question n’était pas le préliminaire à une invitation mais l’invitation elle-même. Mais bon, il aurait fallu crier tellement fort pour qu’il m’entende par-dessus le bruit de son agitation que j’ai laissé tomber.

Même les enfants sont débordés, aujourd’hui. Entre l’école et les activités extra-scolaires, leur journée est réglée à la demi-heure. Quand ils rentrent le soir, ils sont épuisés comme des adultes… » (La suite sur « Moyen courrier », blog de Rue89 Lyon)

 

« Je suis très occupée ! », constate Ludivine sur « elle croit », son blogue féminin, donnant raison à ce qui précède. Va-t-elle « s’en sortir » ? Sauf qu’il ne s’agit pas d’ « une nouvelle situation d’urgence à régler particulièrement ce mois ci… C’est sa vie normale !  Moment de silence…»

Marquez une pause avant de lire sa critique de « Vie de fou » (Crazy Busy) de Kévin DeYoung, « un livre pour ceux qui sont toujours un peu occupés voire très occupés ! Ou/et qui ont besoin d’organisation ».

 

Puis, prenez le temps de lire attentivement les « 4 façons de remporter la victoire sur le surmenage » du pasteur J. D. Greear. Car, dit-il, “Être sur-occupé n’est pas seulement inconfortable, c’est aussi dangereux. Il y a peu de choses aussi destructrices (y compris pour l’âme) que le surmenage”. A découvrir sur TGC Evangile 21.

 

Ensuite, le code du travail français est-il « un carcan », empêchant « la libération des richesses de ce pays », comme j’ai pu récemment l’entendre, lors d’un séminaire ?*

Tout dépend certainement du côté où l’on se place. Et tout dépend du côté où Dieu se place (Deut.24v14-15 ; Es.58v3…), aurai-je envie de répondre. Comme de poser cette autre question : combien de pages valent la vie d’un homme ?

Gilles Balbastre y répond dans le Monde diplomatique dans un article de novembre 2014, toujours d’actualité.

D’ailleurs, notre vision sur cette question est-elle réellement biblique ? Car, au commencement, le travail est un don de Dieu, et même un bon projet de Dieu pour l’homme. Néanmoins, c’est le péché qui a déformé et rendu plus difficile ce qui était bon, au départ, provoquant les dérives présentées plus haut : trop ou pas assez, voire pas du tout(de travail). Pour aller plus loin,  le dernier numéro de « Promesses » d’avril-juin 2015, qui apporte une réflexion biblique pertinente sur « travail et chômage », est à découvrir. Equilibré, quoique manquant de contribution féminine, il mérite le détour : voir « les sept questions sur le travail » de Joël Prohin(« est-une malédiction ou un don de Dieu ? A quoi sert notre travail ? Comment le faire ? Que penser du travail rémunéré de la femme mariée ? Le chrétien peut-il se mettre en grève ?… ») ; « le chômage : qu’en dit la Bible ? » de Nathanaël Bourgeois ; « Le travail de Dieu » de Claude-Alain Pfenniger, qui nous présente Dieu comme le « travailleur par excellence », « sans rival » dans ce domaine. Lequel, dès le commencement, a su prendre le temps de contempler ce qu’Il fait, pour dire « c’est bon !…c’est même très bon ! »…« Patrons et employés : entre soumission zélée et devoirs réciproques » de Frédéric Mondin…et le bienvenu « L’inventeur des congés payés » de David Richir, lequel nous rappelle que le premier commandement de Dieu à son peuple…c’est de s’arrêter, de se reposer un jour par semaine(Ex.16v23) !

A commander sur le site et à offrir à vos amis… « overbookés » !

 
Le travail ! Comme pour tout sujet, il y a deux manières d’en parler, rappelle Benoît Sibille des « Cahiers libres » : celle des experts, qui, tout en « emplissant nos plateaux TV et nos partis politiques », réussissent le tout de force d’ « oublier de nous parler du travail en lui-même. Reste alors une deuxième méthode, celle du philosophe, qui consiste, elle, à donner la parole au réel : Qu’est-ce qui se donner à vivre dans le travail ? » Ecouter la chronique de Benoît Sibille pour Radio Notre Dame, sur « les Cahiers libres ».

 

Pour finir, profitez-en aussi pour voir ou revoir ces films sur le travail(sens, conditions…)et le chômage :

« Le sel de la terre » de H.J. Biberman(1953), dont nous avions déjà parlé : l’un des films les plus singuliers des années 1950, peut-être celui qui résume le mieux l’époque du maccarthysme, et qui a le mérite de ne pas oublier les conséquences morales et psychologiques d’un conflit social sur les rapports (raciaux, sociaux) des hommes entre eux, leur comportement/leur motivation et la vie des couples.

« La classe ouvrière va au paradis », un film italien d’E. Pietri(Palme d’or à Cannes en 1972) : ou comment un ouvrier zélé, doublé d’un consumériste docile, en arrive à faire grève. Le point de départ du film, qui « n’est pas un film sur une prise de conscience révolutionnaire », est l’idée du travail à la chaîne qui rend les hommes esclaves d’un même travail, pendant des années, sans même qu’ils sachent à quoi ça sert. Le « miracle italien » n’a eu lieu que parce qu’on a fait faire en huit heures des travaux qui devaient être faits en quinze**.  Ecouter la BO du film.

 

« The company men » de J. Wells (2010) : un film qui donne l’illusion d’avoir affaire à une énième fable hollywoodienne sur des héros ordinaires qui parviennent à surmonter une crise (ici financière) par la seule force des bons sentiments et des incontournables valeurs familiales. Or, The Company Men montre une Amérique que l’on n’a pas tant l’habitude de voir au cinéma : celle des cadres moyens supérieurs, qui croient dans un système qu’ils servent docilement, et qui se retrouvent d’autant plus désemparés quand ils sont sacrifiés à la faveur d’une « restructuration ».

 

Notes :

* Une pensée qui me paraît plus marquée par l’idéologie libérale que par la pensée biblique. Or, la tendance actuelle est plutôt, depuis plusieurs années, le « détricotage » du code du travail entraînant banalisation de la flexibilité, précarité…sans compter que les papas(mais aussi les mamans)rentrent de plus en plus tard à la maison, et « doivent » travailler le dimanche. Pourquoi « doivent » ?

D’autre part, l’actuel projet de loi « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques » du ministre de l’économie Emmanuel Macron, (adopté en 1ère lecture à l’assemblée nationale le 19 février 2015 ; en discussion au Sénat- vote prévu le 12 mai) participe bien à cette logique : libéralisation des lignes d’autobus ; accroissement du travail du dimanche et de nuit ; limitation du rôle des prud’hommes ; affaiblissement du code du travail ; déréglementation de la profession des notaires ; privatisation de l’industrie de l’armement et des aéroports ; filialisation de centres hospitaliers universitaires ; assouplissement des normes environnementales…( cf http://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPreparation.do?idDocument=JORFDOLE000029883713&type=general&typeLoi=proj&legislature=14 ; http://www.la-croix.com/Actualite/France/Loi-Macron-les-principaux-points-2015-02-17-1281670 ; http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2015/04/28/25002-20150428ARTFIG00369-emmanuel-macron-n-exclut-pas-d-avoir-a-nouveau-recours-au-49-3.php )

Bref, le plus gros mensonge du libéralisme est de faire croire qu’il ne règne pas, qu’il n’a jamais régné, et qu’il doit régner. Et « qu’il n’y a pas d’autre alternative ».

 

 
** cf http://www.tamasadiffusion.com/sitesofficiels/classeouvriere/classeouvriere-documents/classeouvriere-petripartassone.pdf  ; http://www.dvdclassik.com/critique/la-classe-ouvriere-va-au-paradis-petri