Quand « changer de régime » devient une nécessité face à l’infobésité

A quoi rends-tu ton cerveau « disponible » ?

Un article de « Jo », notre plume invitée, que je remercie !

Lorsque j’étais enfant, mes parents regardaient les infos et lisaient la presse quotidienne de manière plutôt assidue. Ils étaient au courant des infos locales et internationales et cela faisait partie de la culture familiale, d’être au courant de ce qui se passait autour de nous.

J’avoue avoir été contaminée par ce virus de l’information !

Cependant, depuis quelques années, je me sens trop sollicitée : les informations à portée de main, de clic, de swipe, défilent sans cesse grâce à la technologie. C’est super de pouvoir être au courant des évènements nationaux et internationaux quasi en temps réel.

Mais il s’agit, de mon point de vue, d’une évolution à double tranchant : l’exposition constante aux flux de nouvelles est aussi parfois source d’angoisse, surtout lorsque les nouvelles sont essentiellement négatives (repensez au premier confinement !).

Par ailleurs, il est difficile de savoir à quelle source s’abreuver tellement l’offre informationnelle est substantielle !

Aujourd’hui, avec un smartphone, je peux animer un podcast, produire des clips et vidéos, faire des directs via les réseaux sociaux. Je peux même ajouter des filtres, des effets, et embellir, voire modifier la réalité pour les regards non avertis…bref : n’importe qui pourrait s’autoproclamer journaliste ou “informateur” via internet, sans forcément passer un diplôme ou être affilié à un média reconnu pour son travail d’investigation.

Avec la pandémie covid, la guerre en Ukraine et les élections présidentielles qui se sont superposées, il est devenu capital pour moi de faire le tri entre les informations avérées et les fausses, entre les buzz éphémères et les sujets méritant une attention plus importante.

J’ai pour cela accepté un défi au détour d’une publication de Pep’s café ! : tester le “slow media” Brief.me(1) pendant 30 jours.

Je préfère le dire tout de suite : j’ai beaucoup aimé pour plusieurs raisons, et me suis même abonnée!

Tout d’abord, la sobriété de la newsletter et du traitement de l’information: pas de pub, pas de liens qui clignotent dans tous les sens. Juste l’essentiel, avec un ton neutre et sans agenda caché. A l’heure où la publicité sponsorise énormément de médias, je trouve leur parti pris courageux et très agréable pour la lectrice que je suis. Cela m’encourage à lire de façon plus concentrée.

Ensuite je sens, en lisant ou en écoutant les informations, que des journalistes ont vraiment travaillé les sujets. C’est flagrant dans leur rubrique “Panorama” qui regroupe des articles de fond sur des grands thèmes d’actualité. En les consultant, je ressors toujours “nourrie” : ce n’est donc pas du “fast food journalistique”.

Je n’ai pas peur de ressortir une information de Brief.me car je sais que des personnes se sont assuré qu’elles étaient véridiques. L’exactitude des informations m’est très chère.

Autre point apprécié : une forme de collaboration avec les lecteurs. Tous les mercredis, nous pouvons voter pour choisir le thème qui sera développé dans l’édition du week-end. Bien que je ne sois pas toujours dans la majorité, je trouve cette proposition originale et lorsque mon choix est le majoritaire, je lis l’édition du samedi avec d’autant plus d’attention!

Enfin, j’aime bien le côté “slow” de l’expérience.

Attendre 18h30 tous les soirs pour être informée sur la journée et savoir ce que seront des nouvelles de qualité (et sans parti pris catastrophiste!) me libère et me repose.

Je ne suis plus obligée de subir les avalanches de nouvelles et de notifications au fil de la journée, ni de passer trop de temps à trier le fil d’info 24/24 pour en extraire les sujets de fond. Je peux faire confiance au contenu de Brief.me pour ne pas orienter ma manière de penser, mais au contraire pour m’apporter assez d’éléments pour m’instruire et m’aider à faire des choix “informés”.

Je crois par ailleurs que c’est un bon exercice, dans nos vies sans répit, que de choisir de ralentir et patienter. Mon cerveau, fréquemment stimulé par des futilités, m’en remercie.

Sinon, « question existentielle » : vais-je rater des informations si je ne vérifie pas mes notifications?

Comme dirait une amie: « si c’est vraiment très important et critique, cela arrivera à tes oreilles quand même ». Il est vrai que, le 11 septembre 2001, je n’avais pas internet à la maison ni sur le téléphone, mais j’ai très vite su ce qu’il s’était passé à New York.

NB: Il en est de même pour les buzz et autres news people : elles finissent par arriver à nos oreilles ou sur nos écrans sans devoir trop les chercher. Par exemple, si je vous parle d’un scandale récent aux Oscars, il est fort probable que vous sachiez que je fais référence à une gifle devenue un meme célèbre en l’espace de quelques heures.

Par contre, dès qu’il s’agit de travail de recherche, d’une ligne non partisane, ou de sujets informatifs, éducatifs et avec du sens…vous devrez vous donner les moyens de les trouver !

Mais pourquoi insister autant sur la qualité de l’information et des sources ?

A l’ère du deep fake, et des fameuses fake news, l’information est un vrai enjeu :

Fausse, elle peut parasiter la vie entière d’individus, de groupes et même de pays entiers : elle est dans ce cas au service de la manipulation et du mensonge et engendre toujours plus de division.

Cela ne va pas sans rappeler l’oeuvre du Malin depuis Eden et jusqu’aujourd’hui : nourrir le doute et la suspicion, tromper, diviser. En tant que chrétienne, je crois qu’il est de mon devoir de résister activement à cette entreprise de mensonge et de division.

Comment faire ?

L’une des premières actions dans ce sens, c’est de m’assurer que moi-même je ne propage pas de faits non avérés ou de mensonges : balayer devant ma porte en priorité, faire du tri dans les sources d’information que je consulte.

Une autre action est de m’interroger sur mes motivations et leurs conséquences : dans quel but suis-je en train de relayer une information? Quel en sera le fruit pour celui ou celle qui va la recevoir, et pour moi?

Une troisième action serait de me former un peu à la détection des fausses informations, afin de progresser en vigilance, car nul n’est à l’abri un jour de se faire berner. Cela m’est arrivé plusieurs fois. Je pense que personne n’est imperméable à 100% aux fake news.

En même temps que je résiste activement à la division, je peux aspirer à adopter un positionnement pour la vérité (ce qui est vrai), l’unité, et la confiance : somme toute, un positionnement généré par l’Esprit Saint en nous !

Puisse-t-Il nous éclairer en toute chose et conduire nos choix “informatifs”, dans cette époque si spéciale que nous vivons et dans ce combat contre la désinformation.

De notre plume invitée : Jo est ingénieure, amatrice de réflexion, de lecture et discussions pour refaire le monde (dont l’Eglise!)  entre amis et en famille. 

Note :

(1) Brief.me se présente comme « un slow media » proposant “moins de contenu, mais plus de sens sous une forme épurée sans publicité.”

C’est un media également indépendant, sans intérêt politique ni de défense de telle ou telle tendance. Leur ambition: informer leurs lecteurs en faisant du travail de recherche et vérification sur chaque sujet abordé. L’équipe a également le souci d’apporter du sens.

Cela peut sembler évident mais force est de constater que les uns les autres nous relayons aujourd’hui beaucoup d’informations via des messageries et autres réseaux sociaux sans jamais se demander: “c’est vrai ça? qui en est à l’origine?”

Brief.me fait le choix de traiter régulièrement certaines thématiques: entre autres, l’écologie, la technologie et le numérique, l’international. Elles semblent importantes aux journalistes de l’équipe.

Brief.me c’est une lettre de nouvelles, tous les soirs à 18h30 (disponible en version audio également) sauf samedi matin.

Il est possible de tester Brief Me gratuitement pendant 30 jours ici.

 

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