La « post-vérité » : un « bob’art »

La vérité est-elle morte, cédant la place à la « post-vérité » ?
(Couverture du Times du 23/03/17, avec une interview exclusive de Donald Trump)

« Post-vérité », c’est « le mot de l’année 2016 » pour le très sérieux et très prestigieux « Oxford English Dictionary ». Un choix qui a été jugé un peu trop « politique », en comparaison des années précédentes, quand le vapotage ou les émojis entraient dans le célèbre dictionnaire. « Clairement », précise le blogueur Alexandre Roberge sur « Thot cursus » (un site dédié à la promotion de la formation et de l’utilisation des outils numériques pour l’éducation et la culture), «  le dictionnaire anglais a voulu rappeler par son choix deux événements qui ont le plus marqué politiquement l’année 2016 : la sortie de l’Angleterre de l’Union européenne (le Brexit) et l’élection présidentielle américaine de Donald Trump. Dans les deux cas, les campagnes électorales ont fait surtout appel aux sentiments et aux aspects plus irrationnels des électeurs, quitte à devoir pour y arriver, mentir sciemment ».

Sinon, « étymologiquement », explique Alexandre Roberge «  le terme (post-vérité) est d’autant plus fascinant qu’il n’a pas le sens normal. « Post » veut d’habitude dire après mais ici il a perdu ce sens pour dire que cela ne s’applique pas. Ainsi, nous sommes donc dans une société « post-vérité » ou « post-factuelle » où les faits bruts sont supplantés par les émotions, l’opinion personnelle et même les mensonges »

Et comme « le dirait même plus » Jérôme Prekel dans un article intitulé « l’Ère de la post-vérité », publié sur son blogue « Le Sarment », ces mensonges « ne cherchent même pas à être crédibles », étant exprimés « de manière à faire vibrer les auditoires. Cette nouvelle expression (post-vérité) ne fait que remettre au goût du jour les ressorts du discours populiste, utilisé par les démagogues qui mobilisent le peuple par des promesses électoralistes (synonyme de “fausses”) ou qui flattent ses « bas instincts » comme le nationalisme, la xénophobie, voire le racisme ou qui exacerbent les réflexes sécuritaires ».

« À chacun sa vérité » sur Internet

Comment en est-on arrivé là ? La faute aux « auteurs postmodernes » comme Jacques Derrida, qui à trop relativiser la vérité, aurait fini par en ruiner la valeur ? L’écrivain Ralph Kayes (L’Ère de la postvérité, 2004), cité par le dernier numéro de « Sciences Humaines », rappelle quant à lui que les réseaux sociaux deviennent la première source d’information, au détriment des médias traditionnels, décrédibilisés. Or, sur le Web 2.0, les informations erronées et les sources peu vérifiables abondent. Et à l’ère des réseaux sociaux, tous croient posséder leur propre vérité et cherchent, non pas tant des médias « d’information » que des médias « de confirmation ».

 Et les médias, là-dedans ?

S’il convient de se garder d’une attitude trop « sentimentale » et « naïve » à l’égard des médias (« tout serait vrai »), il convient également de se garder d’un autre extrême, tout aussi nocif (puisqu’ouvrant la porte au relativisme, au scepticisme et au complotisme), lequel prétend que « tout serait faux » dans les médias et sur internet (sauf celui qui affirme une telle chose !).

Néanmoins, un journaliste professionnel m’avait confié il y a deux ans que, pour lui, « la vérité », « ça ne veut pas dire grand-chose ». « Un bon journaliste », selon lui, est celui qui cherche à comprendre un événement et à vérifier l’information, en allant à la source. Néanmoins, selon lui, « il n’y (aurait) pas de vérité absolue », mais « des points de vue différents ». Une tendance confirmée par Jean-Luc Martin-Lagardette, lequel, journaliste et essayiste, relève qu’ « il y a belle lurette, en France, du moins », que ses collègues journalistes « ne croient plus en la vérité ! Et qu’ils ont cessé de la poursuivre. Selon eux, il serait « naïf » de croire que l’on peut atteindre la vérité », puisque « tout homme un tant soit peu cultivé sait bien que la vérité est hors d’atteinte » (Décryptez l’information, Dangles éditions, 2014, pp 14-15).

Bien entendu, souligne JL Martin-Lagardette, « idéalement parlant, ils ont raison : on ne peut pas parler de vérité absolue [plus exactement, nul ne peut prétendre « posséder » la vérité absolue, mais il peut s’en approcher, la connaître ou du moins, la désirer, la rechercher], mais pas moins, alors que de justice, de liberté, d’égalité ! Pour autant, devrions-nous abandonner toutes ces valeurs ? » Or, « nous avons besoin de la vérité », comme horizon à atteindre, d’autant plus que « la recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible »(op. cit., pp 15-16).

Ironie du sort, les « clés de la presse », « la boîte à outils des professionnels de la presse », enquête, dans son dernier numéro de janvier 2017, sur la façon…..« dont les médias se mobilisent pour rétablir la vérité », à l’heure où le phénomène de « post-vérité » (leur) pose question !

Dien envoie une puissance d’égarement parce que le Monde VEUT croire dans ce que nous appelons «le mensonge»

Repère biblique

Jérôme Prekel, dans l’article cité plus haut, rappelle que « l’apôtre Paul décrit un contexte semblable dans une de ses lettres aux Thessaloniciens, dans laquelle il décrit une situation future de la grande scène du monde » : il y est question de « la place centrale du mensonge et la vérité dans une société en proie à la confusion spirituelle ».

«…L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge,… afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés.» (2 Thess. 2/9 à 12)

Pourquoi Dieu envoie-t-il une puissance d’égarement ?

Nous avons besoin d’une réponse à cette question. En effet, la plupart des chrétiens prient pour que Dieu améliore la situation du monde, et c’est tout-à-fait juste, sous un certain angle : nous prions pour les autorités, pour les gouvernements, mais il semble ici que cette prophétie intègre un interventionnisme divin négatif : alors que la situation est catastrophique, Dieu accentue le problème.

Il faut noter cependant que Dieu ne déclenche pas un phénomène d’incrédulité mais il l’entérine, ce qui a pour effet d’accélérer un processus de confusion qui semble être parvenu à un point de non-retour, à savoir une société qui se livre graduellement au mensonge, jusqu’à un stade irréversible.

Dien envoie une puissance d’égarement parce que le Monde VEUT croire dans ce que nous appelons «le mensonge» (nous en avons la preuve avec le phénomène de post-vérité qui se déploie actuellement sous nos yeux), c’est-à-dire dans une forme d’existence, de fonctionnement et de progrès, sans Dieu. C’est en quelque sorte l’aboutissement de l’errance loin de la vérité, qui a commencé le jour où le premier couple a fait son premier pas en dehors du jardin d’Eden. Et cette errance ne peut engendrer à terme que le chaos, si les appels à revenir au Créateur ne sont pas entendus.

(…)Lorsque la société moderne décide de placer le mensonge exactement à la place de la vérité, en bricolant un élément de langage pour faire illusion, c’est le signe fort que nous sommes à une heure cruciale, proche de la situation décrite dans la prophétie de Paul. Nous voyons par exemple le Président du pays le plus puissant du monde se révéler comme un menteur compulsif, élu sur la base de ses mensonges, mais une grande partie des chrétiens continuent d’espérer avoir eu raison de voter pour lui. N’est-ce pas justement le signe d’un grand égarement ? » 

Ce débat amène toute la question de vérité avec un grand « V ». Et au-delà de la question philosophique de la réalité, beaucoup comptent sur la technologie pour lutter efficacement contre la désinformation. L’on citera les projets des géants Google, « Cross check » et de Facebook, « Crowd tangle », pour contrer les « fake news ». Toutefois, les algorithmes privilégient en général la popularité des articles. Sans compter qu’il serait surprenant qu’une intelligence artificielle puisse reconnaître la vérité quand cela n’est déjà pas évident pour des humains et, surtout,  d’autant plus qu’elle n’a pas de mémoire – historique….Signalons encore « le Décodex », lancé début février par l’équipe des « Décodeurs » du journal Le Monde, qui est un outil de vérification de la fiabilité des sites d’information. Sauf que tout n’est pas encore recensé et que l’on peut s’interroger sur la légitimité d’une source d’information à juger d’autres sources d’informations concurrentes fiables ou non, mais il s’agit déjà d’un début de réponse.

Resterait la solution éducative

« Éduquer la jeunesse » à l’information et au discernement (c’est le propre de la maturité, cf Hébr. 5v14) serait une façon de freiner le mouvement post-factuel. Par exemple, en rappelant que « la recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible » ; en apprenant à adopter une démarche intellectuelle équilibrée se situant entre le « tout est vrai » et le « tout est faux » ; en apprenant à discerner le vrai du faux, la publicité(la communication) de l’information,  « l’infaux » parodique(ou non) de la véritable « info », l’information de l’opinion, et à savoir lâcher ses opinions pour mieux saisir la vérité….. Mais aussi en (ré)apprenant à lire….pas uniquement le titre mais tout un article, et pas « en diagonal » !

 

 

Aller plus loin :

http://www.e-media.ch/e-media/evenements/semaine_des_medias/mat_ped/theories_du_complot

http://www.acrimed.org/Post-verite-et-fake-news-fausses-clartes-et

http://www.meta-media.fr/2017/01/30/mais-qui-donc-a-invente-la-post-verite.html

http://www.meta-media.fr/2017/03/15/deux-fabricants-de-fake-news-sexpliquent.html

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/01/31/dire-la-verite-toute-la-verite-rien-que-la-verite-dire-betement-la-verite-bete-ennuyeusement-la-verite-ennuyeuse-tristement-la-verite-triste/

 

 

 

 

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« Chrétien » ou « crétin » ? Le pragmatisme : une « nouvelle (fausse) doctrine » ?

Avec cet autre enjeu : Face à une « urgence signalée » ou supposée, comment ne pas céder à la panique, à la désinformation et à la manipulation ?

« C’est vrai ! Quand vous parlez, la justice est muette. Fils des hommes, jugez-vous avec droiture ? »(Ps.58v2. TOB)

« De l’abondance du coeur, la bouche parle » (Matt.12v34)

Voici ce qui m’a été communiqué en début de semaine et qui m’a été présenté comme « une analyse claire, pragmatique et…spirituelle » ! Si « je suis d’accord », je suis « encouragé » à faire ce que l’auteur « préconise » et, bien sûr….. « à partager cet article à (tous) mes contacts ». Ce qui suit a été très difficile à écrire, d’autant plus que la personne qui m’a transmis cet article est une connaissance que j’estime.

De quoi s’agit-il exactement ? Voici un petit exercice de décryptage, sur la forme et le fond, avec une série de questions à vous poser pour affiner votre esprit critique. Prendre le temps de « jouer le jeu » vous permettra de « lever la tête » et de « respirer un peu » :

 Quel est ce texte que l’on communique ? D’où vient-il ? Qui en est l’auteur ? Est-il fiable, digne de confiance ? Pourquoi a-t-il été publié ? Pourquoi me le communique-t-on ?

Qui écrit et pourquoi ? Nicolas Ciarapica, ancien responsable du site Blogdei, nous explique, dans un article publié le 3 mars 2017 sur le site « Infochrétienne », « Pourquoi (il) estime qu’il est URGENT de prier pour que François Fillon reste en lice »(1).

Mais en vertu de quelle légitimité et de quelle autorité écrit-il ? Question importante, d’autant plus que l’auteur ne se contente pas d’exprimer une simple opinion (c’est son droit le plus strict) : il nous engage à le suivre dans son initiative, « un appel solennel aux chrétiens de France, ainsi qu’aux amis de la France », invitant à prier, non pas pour que la justice et la vérité éclatent, mais « pour que le candidat François Fillon reste en lice [coûte que coûte] – quelles que soient nos opinions politiques – et pour qu’il puisse poursuivre sa campagne en vue du premier tour de l’élection présidentielle du 23 avril prochain ». Est-il « un leader spirituel » ayant autorité sur des millions de croyants ? A-t-il vocation à « rassembler » ainsi ?

Le texte est-il fiable, digne de confiance ? Puis-je le croire ? Faire ce qu’il m’est demandé de faire ? Pour le savoir, il convient de se questionner sur la nature de ce qui est publié et sur son contenu :

Ainsi, concernant l’article de Nicolas Ciarapica, il s’agit plus exactement, non d’une analyse(Étude minutieuse et précise, faite pour dégager les éléments qui constituent un ensemble, pour l’expliquer, l’éclairer et faisant appel à la raison), mais d’une tribune d’opinionexprimant une vision personnelle sur l’actualité. Il s’agit aussi d’un jugement : soit un énoncé persuasif, interprétatif, passionnel, s’adressant aux sens, aux émotions ou aux bas instincts (peur, désir, colère…) – et la Bible rappelle que « le cœur de l’homme est trompeur par dessus-tout » (Jer.17v9).

Le texte se veut « pragmatique ». Et même « pragmatique chrétien », de l’aveu même de l’auteur, mais ce n’est pas flatteur, comme nous le verrons plus loin.

Mais est-il « spirituel » ? Cela reste à voir, mais tout ce qui est « spirituel » ne vient pas que de Dieu. C’est pourquoi la première lettre de Jean nous invite à user de discernement et à éprouver les esprits(1 Jean 4v1). Quel est l’esprit de ce texte ? A qui invite-t-il d’aller ? Qui glorifie-t-il ? A noter que si l’auteur se base sur des médias tels que « Causeur », « Valeurs actuelles » ou « Dreuz », pour appuyer ses dires, son texte ne comprend pas une seule citation/référence biblique pour justifier si son action est « spirituelle » ou non.

Maintenant, passons au contenu de l’article en lui-même, lequel me pose plusieurs problèmes au regard de l’éthique biblique et même de l’éthique tout court.

D’abord, le mot « urgence » me fait tiquer, puisqu’il me pousse, avec une note alarmiste, à agir « vite », sans prendre le temps du discernement. Évidemment, nous sommes invités à « prier », de façon « urgente », certes, mais à prier. Où est le mal ? Or, si inviter à prier « c’est bien », encore faut-il savoir pour qui, pour quoi, et si c’est juste ou pertinent, et pour de bonnes raisons. « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions », nous prévient l’apôtre Jacques (4v3). Ce genre de questionnements est légitime, me semble-t-il. Parfois, quand nous n’ « obtenons pas » ce que nous demandons, il est plus sage et plus spirituel de ne pas s’obstiner, mais de chercher à (ré) ajuster notre demande, pour qu’elle soit conforme à la pensée de Dieu. Mais proclamer l’(état d’) urgence ne permet pas ce recul nécessaire.

Ensuite, l’article me paraît « pécher » par excès d’arguments et par diabolisation – tout serait « tout blanc, tout noir » – ou par exagération : il mêle les propos apologétiques, flatteurs (sur François Fillon, principalement : « le seul à… » ; sa femme Pénélope « l’émeut »), discriminants (« rêveurs gauchistes »). Il fait des rapprochements fallacieux ou tirés par les cheveux, des amalgames illicites  (il déclare ne pas « pouvoir non plus donner sa voix à Mme Le Pen », parce que son projet serait « socialiste. National socialiste plus exactement » ; ailleurs, il classe parmi « toutes les idées progressistes qui rongent la France depuis des années » « l’accueil de l’étranger », censé se « muer en invasion Islamique ») ; il use et abuse de généralisation/banalisation.

Il brandit l’argument dit « d’autorité », censé faire taire « toute critique » : le fait que « Sens commun » soit l’un des soutiens de François Fillon rendrait le soutien quasi-sacré, telle « une parole d’évangile », ou le fait que François Fillon se soit revendiqué des « valeurs chrétiennes », limitées à la lutte contre l’avortement(2).

De façon particulière, l’article pose problème, parce qu’il se permet de discréditer et de décrédibiliser de façon calomnieuse, et la justice, et les médias, en remettant en cause le travail et l’indépendance de l’un et l’autre. Jugeons plutôt :

« ….le Syndicat de la Magistrature qui le harcèle pile au moment de l’élection est manifestement au service de l’idéologie de Gauche et que François Fillon fait l’objet d’une « chasse aux sorcières » disproportionnée par rapport au « crime » qu’on lui reproche (avoir comme de nombreux élus fait travailler des membres de sa famille) »….

 « …il est plus que douteux que la totalité des médias (l’immense majorité des journalistes est de Gauche) et des sondeurs se liguent contre un homme et mettent en avant un poulain (Emmanuel Macron) qui ne touchera pas aux ignobles lois mises en place par le Socialisme durant les 5 années terribles que nous venons de vivre »…..

Ceci dit avec des accents « apocalyptiques »…..

Plus sérieusement, l’auteur pêche sur deux autres points, en particulier :

Il met en doute la probité et l’indépendance de la justice, l’accusant d’être « manifestement au service (ou d’être « vendue à…?) de l’idéologie de gauche » ; il minore la gravité de l’accusation(forcément fausse), en la déformant, comme s’il savait de quoi il retourne, sans attendre les résultats de l’enquête en cours.

Infographie sur les médias : plutôt que de se demander s’ils sont « de gauche » ou « de droite », demandons-nous plutôt à qui ils appartiennent et pourquoi. Source : Le Monde Diplomatique/ACRIMED, janvier 2017

D’autre part, s’il convient de ne pas être naïf, en croyant que « tout serait vrai » sur internet ou dans les médias, il est un autre extrême à éviter : croire ou faire croire que « tout serait faux » et qu’il ne faudrait croire personne…sauf celui qui énonce cette « vérité », une croyance de nature à nourrir tous les fantasmes et autres délires complotistes.

Ensuite, l’auteur relaye des rumeurs, des « intox », sans prendre la peine de les vérifier : « J’ai appris », écrit-il, « que (Pénélope Fillon) aurait été hospitalisée en début de semaine », et de plaider pour « que M. Fillon et sa famille soient protégés des pressions publiques énormes qui poussent au divorce, au suicide, etc »…Or, ces histoires de « divorce », de « suicide », n’étaient que des rumeurs(3).

Plus grave encore : « parce que si les deux seuls candidats de Droite ou d’Extrême-droite sont accablés d’affaires judiciaires, les risques de frustration populaire et de troubles à l’ordre public sont considérables ». Si je comprends bien l’auteur de ces lignes, il serait donc légitime de faire pression sur la justice et de remettre en question son indépendance, en faisant entrave au bon déroulement d’une enquête, par peur de la foule ? Il conviendrait donc d’accepter ou de subir toutes les compromissions et d’agir…par pure « pragmatisme » ?

Or, que dit la Parole de Dieu ?

« Tu ne répandras point de faux bruit. Tu ne te joindras point au méchant pour faire un faux témoignage. Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice(…) Tu ne prononceras point de sentence inique, et tu ne feras point mourir l’innocent et le juste; car je n’absoudrai point le coupable » (Exode 23v1-2, 7 )

« Tu établiras des juges et des magistrats dans toutes les villes que l’Eternel, ton Dieu, te donne, selon tes tribus; et ils jugeront le peuple avec justice. Tu ne porteras atteinte à aucun droit, tu n’auras point égard à l’apparence des personnes, et tu ne recevras point de présent, car les présents aveuglent les yeux des sages et corrompent les paroles des justes. Tu suivras ponctuellement la justice, afin que tu vives et que tu possèdes le pays que l’Eternel, ton Dieu, te donne » (Deut.16v18-20).

« Mes frères, que votre foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ soit exempte de toute acception de personnes. Supposez, en effet, qu’il entre dans votre assemblée un homme avec un anneau d’or et un habit magnifique, et qu’il y entre aussi un pauvre misérablement vêtu; si, tournant vos regards vers celui qui porte l’habit magnifique, vous lui dites: Toi, assieds-toi ici à cette place d’honneur! et si vous dites au pauvre: Toi, tiens-toi là debout! ou bien: Assieds-toi au-dessous de mon marchepied! ne faites-vous pas en vous-mêmes une distinction, et ne jugez-vous pas sous l’inspiration de pensées mauvaises? Ecoutez, mes frères bien-aimés: Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres aux yeux du monde, pour qu’ils soient riches en la foi, et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment? Et vous, vous avilissez le pauvre! Ne sont-ce pas les riches qui vous oppriment, et qui vous traînent devant les tribunaux? Ne sont-ce pas eux qui outragent le beau nom que vous portez? Si vous accomplissez la loi royale, selon l’Ecriture: Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien. Mais si vous faites acception de personnes, vous commettez un péché, vous êtes condamnés par la loi comme des transgresseurs. » (Jacq.2v1-9)

« L’amour ne fait rien de malhonnête, il ne cherche point son intérêt (…) il ne se réjouit point de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité » (1 Cor.13v5-6)

 

Un mot maintenant sur « le pragmatisme » et plus précisément « le pragmatisme » dit « chrétien », qui est au cœur du sujetSerait-ce une nouvelle « doctrine » en vogue, dans les milieux évangéliques ? En réalité, le « pragmatisme », ce n’est pas « chrétien », c’est même « crétin ». C’est un sophisme postmoderne.

« Sophisme », du latin et du grec ancien « sophisma », signifie « habileté », « invention ingénieuse », « raisonnement trompeur ». Il se donne toutes les apparences de la « sagesse », d’autant plus qu’il est dérivé de « sophia », « sagesse », « savoir ».

Mais c’est là une « fausse sagesse », d’autant plus que « sophisme » rime avec « sottise ». Car les sophistes ne se soucient nullement de la vérité, contrairement aux véritables « amoureux de la sagesse ». Ils ne cherchent qu’à persuader leur auditoire quelle que soit la proposition à soutenir. Pour obtenir ce résultat, ils profitent donc des ambiguïtés du langage afin de produire des raisonnements en apparence solides, ayant l’apparence de la rigueur démonstrative, mais contenant en réalité un vice, volontaire ou non, permettant de provoquer l’adhésion de l’auditeur ». Avec cet esprit sophistique, le mal devient bien, le faux le vrai, le mensonge la vérité, l’esclavage la liberté, [la guerre la paix], le vice privé [ou l’égoïsme] la vertu, la corruption intégrité….

Il importe de les démasquer impérativement, car si la première bêtise n’est pas tout de suite réfutée et dénoncée pour ce qu’elle est – une bêtise – la porte est ouverte à toutes les autres qui peuvent alors s’agencer en autant de vrais systèmes bêtes qui paraissent très intelligents.

Et le pragmatisme est ce sophisme postmoderne qui dit « adieu à la vérité ». Il voit son avènement avec William James, à la fin du XIXe siècle. Pour ce dernier, « le vrai », qui « n’existe tout simplement pas », est « ce qui marche ». Cette attitude pragmatique (et relativiste) implique « qu’il n’y ait plus de « théorie », mais seulement de la « praxis », de l’action. Je ne peux donc voir ou concevoir aucune idée, mais seulement faire des expériences, des expériences infiniment multiples et variées. A noter que cette notion d’expérience, propre au pragmatisme, est au centre de la pensée de David Hume, ami d’Adam Smith et figure décisive du libéralisme anglais.

Or, l’on ne saurait avoir une bonne « orthopraxie » sans une bonne « orthodoxie »(4).

L’enjeu véritable n’est donc pas une question d’opinion (politique ou non) mais une question de justice et de vérité. Tient-on à la vérité et à la justice ? Ou à nos opinions ? A nos intérêts ?

Venons-en, maintenant, à ce qu’il me semble être les raisons fondamentales qui ont poussé Nicolas Ciarapica à écrire et publier cette tribune : Si j’ai bien lu et bien compris, par crainte de voir son candidat favori disqualifié et empêché de se présenter au premier tour de l’élection présidentielle, pour des raisons judiciaires, l’auteur nous explique, de façon plutôt maladroite, qu’il n’a pas pris le temps de consulter tous les programmes des candidats (pourtant connus depuis longtemps et librement consultables), en vue d’une élection présidentielle prochaine annoncée longtemps à l’avance. « Ils ont chacun un programme que je dois lire et sur lequel je dois me prononcer. On ne me demande rien d’autre [ce n’est déjà pas mal !] et ce n’est pas le moment de rêver à un autre candidat, fut-il chrétien : C’EST TROP TARD ! [ou trop dur de tout lire ?] Je peux y travailler, mais pour dans 5 ans ». Pourtant, « aujourd’hui », est le mot de Dieu…pourquoi attendre encore 5 ans, pour dire à nouveau « je peux y travailler, mais pour dans 5 ans », et ainsi de suite….? Et puisque l’on invoque souvent « l’excuse » de « l’imprévoyance » supposée des pauvres, pour expliquer la pauvreté et la précarité, l’imprévoyance manifeste de l’auteur explique la pauvreté de son raisonnement….Pourtant, il ne convient pas d’attendre « que les médias en parlent », pour s’intéresser à une élection (pas seulement présidentielle) et aux programmes des candidats. C’est le devoir de tout citoyen de s’informer.

Et, pressé par l’urgence (médiatique ?), le chantre « de la liberté » (de choix) se permet de réduire notre choix en nous disant clairement qui soutenir, à l’exclusion de tout autre (lequel « autre » est de toute façon ridiculisé ou diabolisé) : le « moins pire » des programmes (Ailleurs, dans la tribune, c’était « un programme cohérent ») et des candidats. Donc, pour lui, aujourd’hui c’est « Fillon ou rien ». Encore une fois, c’est son droit.

Mais cela devient problématique quand l’auteur de cette tribune nous pousse à brader nos convictions et à brader la justice et la vérité pour la compromission, sous prétexte de nous inviter « à prier ». Mais à prier pour quoi ? En espérant obtenir quoi ? Une « intervention providentielle » pour « sauver » son candidat, au mépris d’une procédure judiciaire en cours ? Peut-on imaginer une seconde que nous pouvons instrumentaliser Dieu, pour satisfaire nos ambitions personnelles ou nos plans les plus délirants ? Peut-on imaginer une seconde que Dieu cautionnerait l’injustice, l’iniquité et le mensonge ? Prier, ce n’est pas modifier le réel et le naturel, de façon surnaturelle, pour en tirer un bénéfice, au mépris de la justice et de la vérité. Rien n’est plus éloigné de cela que le surnaturel divin et les miracles du Christ.

« Dis à tout le peuple du pays et aux sacrificateurs: Quand vous avez jeûné et pleuré au cinquième et au septième mois, et cela depuis soixante-dix ans, est-ce pour moi que vous avez jeûné?(…)Ainsi parlait l’Eternel des armées: Rendez véritablement la justice, Et ayez l’un pour l’autre de la bonté et de la miséricorde. N’opprimez pas la veuve et l’orphelin, l’étranger et le pauvre, Et ne méditez pas l’un contre l’autre le mal dans vos cœurs »(Zach.7v5,9)

« Voici ce que vous devez faire: dites la vérité chacun à son prochain; jugez dans vos portes selon la vérité et en vue de la paix; que nul en son coeur ne pense le mal contre son prochain, et n’aimez pas le faux serment, car ce sont là toutes choses que je hais, dit l’Eternel ».(Zach.8v16-17)

Et peut-on instrumentaliser le peuple de Dieu, en le divisant en « peuple de droite », lequel s’opposerait à un « peuple de gauche » ? En nous demandant d’être dans un camp (le « bon » : celui des « amis de la France ») ou dans un autre ? (« Le camp du mal » ?) Il n’y a qu’un seul peuple de Dieu et Il se rassemble autour d’un seul nom, le seul nom qui sauve et qui unit : Jésus-Christ.

De qui se moque-t-on ? Ne nous laissons pas séduire.

Personnellement, pour paraphraser l’auteur, « je sens très clairement qu’on cherche à m’imposer un choix (même si l’on prétend le contraire) en faisant porter le débat sur des réactions émotionnelles », dans le style : « le Syndicat de la Magistrature qui le harcèle pile au moment de l’élection est manifestement au service de l’idéologie de Gauche »,  « c’est un complot socialo-communiste », « c’est truqué », « François Fillon fait l’objet d’une chasse aux sorcières disproportionnée par rapport au « crime » qu’on lui reproche », « la majorité des journalistes sont de gauches(sic) », « cette élection va ENGAGER LE DESTIN DE NOTRE PAYS pendant les 5 prochaines années »[pas faux !], donc il n’y a personne d’autre comme messie politique pour sauver notre pays….etc…

C’est là une technique classique pour nous pousser dans les bras de démagogues ou d’ « hommes forts », dits « providentiels », de nouveaux « messies politiques »(5).

Voici, d’après ce que je comprends de l’Ecriture, ce qui doit animer le chrétien et ce qui doit le pousser à agir : Ephésiens 5v8-9 ; Ps.40v9 ; Prov.31v8-9  ; 1 Jean 1v7  ; 1 Jean 2v6 , sont autant de passages qui nous invitent, en tant que chrétiens, à « marcher dans la vérité, la lumière », « dire la justice », et à « produire le fruit de la lumière », soit marcher comme Jésus a marché lui-même.

Alors, « prions », oui. Pour que se manifestent la vérité, la sagesse et la justice, condition pour une paix véritable. La paix n’est pas la compromission. La paix est l’établissement de ce qui est bon.

Et l’Évangile ne saurait être annoncé, affirmé, « en toute tranquillité », sur la base de la compromission, au mépris de la justice et la vérité.

Soyons exigeants : prions pour de bons candidats à l’élection présidentielle (ou à toute autre élection nationale, locale, municipale) véritablement « honnêtes et droits, ne cédant pas aux idéologies politiques et religieuses mais soutiennent la liberté, la justice et vise uniquement le bien public ». Sachant que le Président de la République n’est pas celui « qui siffle la justice » avec mépris comme on sifflerait « La Marseillaise » dans un stade, mais qui est le garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire (art. 64 de la constitution française). Prions pour de bons candidats, qui ne remettront en question, ni l’intégrité/indépendance de la justice, ni celle de la presse à des fins démagogiques. Car personne ne nous fera confondre « information » avec « communication » ou « publicité »….

 

 

Notes : 

1)Les faits, le contexte : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Penelope_Fillon ;  http://www.voxe.org/emploi-fictif-detournement-fonds-recel/ 

2) A la question « François Fillon est-il vraiment chrétien ? » le site « 1001questions.fr » animé par des pasteurs et théologiens protestants, du courant des « Attestants » répond ceci : « Il est toujours très difficile et délicat de se prononcer sur la foi de quelqu’un. Cependant les écritures nous donnent certains critères de jugement;  j’en retiens deux: la confession de la bouche (Matthieu 10: 32). Mais ce critère n’est pas suffisant, s’il ne s’accompagne pas des actes (Matthieu 7: 21).

Sinon, sur ses positions et votes, sur le plan de « l’éthique privée », le candidat Fillon a fait en réalité peu de concessions à « Sens commun » : s’il s’est déclaré personnellement hostile à l’IVG, il a assuré ne pas vouloir remettre en cause ce droit ; et s’il a toujours assumé son opposition au mariage pour tous et à l’adoption par les couples de même sexe, il ne souhaite pas non plus remettre en cause la légalisation du « mariage pour tous ». Sur le plan économique et social, d’inspiration « Thatchérienne », comme me l’a expliqué un abonné à notre blogue, chercheur en géopolitique, « Fillon est un libéral qui veut mener une politique axée sur l’offre qui dégonfle le poids de l’État dans l’économie, diminue la pression fiscale sur le patronat et les grandes entreprises qu’il compense avec la taxation indirecte (TVA) et la flexibilité du travail, lesquelles n’améliorent pas le pouvoir d’achat des ménages, consacrent la précarisation de l’emploi (en visant moins de chômeurs mais plus de travailleurs pauvres) ni ne protègent assez les travailleurs des catégories populaires contre les licenciements abusifs. Sa base électorale est restreinte puisqu’il a visé durant les primaires de la droite et du centre les seniors de la bourgeoisie d’affaire et les CSP+ ». D’autre part, le même internaute précise que, « en rupture avec le gaullisme social », Fillon est aussi « un européiste qui prend opportunément une posture gaullienne et défend des idées chrétiennes conservatrices (“la marche pour tous”) ». Sauf qu’ « il a négligé pour l’instant le volet social, pourtant décisif pour espérer l’emporter en 2017, et qu’une partie de son électorat catholique, en théorie attaché aux valeurs de partage et de justice, a, semble-t-il, curieusement – et l’on peut espérer momentanément – perdu de vue ». Signalons enfin que le candidat Fillon souhaite « supprimer de notre Constitution » le principe de précaution (pourtant intégré en 2005, par Jacques Chirac alors que la droite était majoritaire au Parlement) estimé « dévoyé et arbitraire », pour mieux, selon lui « emprunter les voies de l’innovation et du progrès scientifique, ne pas renoncer aux projets d’avenir au nom du principe de précaution, qui sert aujourd’hui de prétexte à l’inaction ».

3) Révéler le faux suicide d’une personne est certes une faute très grave pour un média, sauf que si l’on prend la peine de vérifier, aucune télévision n’a fait de telles déclarations : http://www.lci.fr/elections/penelope-fillon-francoi-parle-enfin-jdd-pour-mettre-un-terme-aux-folles-rumeurs-et-a-demande-a-son-mari-d-aller-jusqu-au-bout-2028118.html ; http://www.lci.fr/elections/suicide-penelope-fillon-chaines-tele-mais-de-quoi-parle-francois-fillon-2028212.html

4) Voir notre article : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/07/01/dans-quelles-mesures-avez-vous-adopte-ces-sophismes-postmodernes/

5)  La “fascination pour l’homme fort” se perçoit dans les choix actuels des peuples (le Brexit, l’élection de Donald Trump, la victoire aux primaires de F. Fillon). Et chez Nicolas Ciarapica ? En 2012, il appelait à voter Nicolas Sarkozy, « le candidat des valeurs chrétiennes », sur son site « Blogdei ». Plus récemment, à l’annonce de l’élection de Donald Trump, il se fend d’un billet délirant, aux accents « messianiques », sur infochrétienne.

 

 

 

Agressions de Cologne : D’un certain traitement médiatique qui s’appelle « bâtonnage »

Quel devrait être le rôle des médias ? « De rassurer, d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages », lisait-on dans ce manifeste de la revue « R de Réel », le 1er mai 2002.

Puisque l’on en parle, la façon dont les médias ont traité « les agressions de Cologne » est, à cet égard, édifiant. En gros, comme le résume assez bien Basta mag, « la police de Cologne, dans l’ouest de l’Allemagne », avait enregistré mardi 5 janvier 2016 « quatre-vingt dix plaintes pour des faits de vols et d’agressions sexuelles, dont une plainte pour viol, perpétrés la nuit de la Saint-Sylvestre. Tous se sont produits sur une place centrale de la ville, entre la cathédrale et la gare. Cette masse d’agressions scandalise l’Allemagne ».

Parmi d’autres médias, Paul Ohlott, le principal animateur et « rédacteur » d’un blogue d’ « Actus chrétiennes », pensait-t-il avoir trouvé un sujet « en béton », bien polémique, propre à provoquer « la baston » ? Le 8 janvier, il publie ce billet intitulé : « Un millier de réfugiés syriens, « tout juste arrivés en Allemagne », ont agressé sexuellement des femmes… ».

Ledit « billet » est en réalité un simple copier-coller d’un article publié sur 20 minutes, dont le titre originel est tout autre : « VIDEO. Agressions sexuelles à Cologne: Des policiers allemands mettent en cause des réfugiés syriens ». Remarquons cette pratique utilisée par Paul Ohlott et que l’on appelle, en jargon du métier, du « bâtonnage » de dépêches. Il s’agit de « l’une des tâches les plus ingrates d’un journaliste », explique Alice Antheaume sur son blog « WIP(« Work In Progress ») : soit de réécrire une dépêche fournie par une agence (type AFP ou Reuters) « en la remaniant à la marge » et, au besoin, en rhabillant les titres…. « Le bâtonnage serait le symbole de la paupérisation de la profession de journaliste, et, de surcroît, le chemin de croix des «forçats de l’info», ces soi-disant OS de l’Internet qui travaillent sur des sites de presse, des pure-players, mais aussi sur des plates-formes de contenus, comme Orange, Yahoo!News ou Dailymotion, ou pour des agences. On dit «bâtonner de la dépêche» ou «bâtonner» tout court. ».

En gros, « l’info » sur le sujet « d’actu » du jour tombe et « il faut la traiter le plus vite possible ». C’est à dire : copier-coller la dépêche, la toiletter un peu en changeant le titre, et « publier », espérant provoquer le buzz et la polémique. Valeur ajoutée ? Nulle. Or, pour l’essentiel, le contenu quotidien proposé par « Actus chrétiennes » relève justement plus du « bâtonnage » ou du recyclage d’articles provenant d’autres sites(le ton polémique en plus), que d’un véritable travail d’écriture ou d’enquête de terrain.  Le reste étant constitué de billets d’humeur ou « coup de gueule »(qui ne coûtent pas cher) rédigés par Paul Ohlott lui-même.

Mais le plus grave est ailleurs, car en publiant trop vite des affirmations non vérifiées sur le nombre et l’origine des agresseurs, et qui se sont avérées fausses(1), à l’instar d’un grand nombre de médias « non chrétiens », notre « rédacteur » tend le bâton pour se faire battre.

Ainsi, au milieu de plus de 150 commentaires, dont la plupart se passeraient de commentaires, l’internaute Tania réagit (9 janvier 2016 • 19 h 06 min ) : « Bon..ok ..Relisez bien votre titre en gras pour l’article… Ensuite regardez comment votre nez est en train de pousser comme Pinochio….. Euh..sans blague …it’s sure ?:  » Un millier de réfugiés »? .. ont agressé sexuellement. Est-il besoin d’écrire un mensonge (au sujet du millier ayant sexuellement agressé..) pour alourdir une réalité criminelle déjà sordide ? Avez-vous un objectif opportuniste (malsain) derrière ce shmilblick?….Un peu d’objectivité vous redonnerait de votre étoffe de vrai journaliste, pour l’instant vous nagez dans le compromis douteux ».

Mais lui, Rédaction, « voulant se justifier », répond (10 janvier 2016 • 0 h 20 min ) : « Le titre est juste. Il y a eu plus de 300 plaintes en une nuit ».

Ce à quoi réplique Tania (10 janvier 2016 • 7 h 46 min ) : « Le titre est faux : seulement un pourcentage de ces trois cents agressions (très important, certes) concerne des agressions sexuelles. Par ailleurs les informations disent bien qu’il y a un très grand nombres des criminels qui ont été identifiés comme étant des réfugiés syriens mais elles ne disent pas qu’il s’agit d’ « un millier » de réfugiés qui ont commis des viols sexuels sur 300 civils. Vous vous enfoncez comme d’habitude dans votre entêtement ….alors que vous avez clairement tort… » 

Plus exactement, comme nous en informent notamment La Croix, ou encore Basta mag, « selon la police de Cologne, dès 21 h le soir du 31 décembre, plusieurs centaines de personnes, en majorité des hommes, se trouvaient sur cette place du centre de la ville. En partie ivres, ils lançaient pétards et feux d’artifices – qui sont en vente libre et autorisés en Allemagne pour la Saint-Sylvestre. À 23 h, la foule regroupe un millier de fêtards et de badauds. La police est présente sur les lieux. Elle intervient même pour faire évacuer une partie de la place. Mais ce n’est qu’après qu’elle se rend compte des agressions dont ont été victimes, en majorité, des femmes. Les plaintes de femmes agressées, souvent pour des vols de portefeuilles et de portables, commencent à affluer. Dans un communiqué, la police déclare que « les suspects tentaient, par les attouchements, de détourner l’attention des femmes à qui ils étaient en train de voler des objets de valeurs ». Elle fait aussi état de témoignages selon lesquels les agresseurs auraient été d’« apparence nord-africaine ». L’élément a ensuite été repris sans précaution par un grand nombre de médias. Pourtant, mis à part ces suppositions basées sur leur apparence, la police n’a fourni aucun élément officiel sur les agresseurs ». Le mercredi 6 janvier, Ralf Jäger, ministre de l’Intérieur de l’Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (État-région dans lequel se trouve Cologne) avait indiqué « que la police avait pour l’instant ciblé trois suspects. Aucun élément n’avait pour l’instant été fourni sur leur identité »(2). Mais, relève encore Basta, « depuis que la police a fait état de témoignages selon lesquels les auteurs seraient des hommes « d’apparence nord-africaine », c’est un flot de préjugés racistes qui a pris le relais de l’indignation sur le sort réservé aux femmes ce soir là à Cologne – et à leur quotidien dans l’espace public ».  »

Devant des élus locaux, le ministre de l’Intérieur régional a mis en garde contre une stigmatisation des étrangers : « Stigmatiser un groupe (de population) comme des agresseurs sexuels est non seulement une erreur mais aussi dangereux. C’est ce que font les charognards de l’extrême droite, c’est leur seul argument ».

Prudence que n’a pas eu le « rédacteur » d’un blogue qui se fait pourtant fort d’offrir des « actus chrétiennes », comme le relève l’internaute Yves (10 janvier 2016 • 10 h 35 min ) : « 300 plaintes ne signifient pas un millier de coupables et un millier de coupables ne sont pas nécessairement un millier de « réfugiés syriens ». Vous aviez le choix d’un titre plus prudent et objectif, ne nous dites pas que ce n’est pas à dessein que vous avez choisi celui-là où je vois très bien votre intention dans la surenchère et l’incitation à la haine. C’est votre responsabilité entière d’en assumer maintenant les appels au pogroms contre les mosquées mais c’est aussi celle de vos lecteurs de vous dire le cas échéant leur dégoût pour un procédé journalistique indigne d’un chrétien et même d’un simple citoyen soucieux de vérité ». Et même d’aller voir ailleurs.

Effectivement. Comme dit l’adage journalistique, « informer, c’est choisir ». Et l’on choisit selon un but bien déterminé. Quel a été celui de « Rédaction » ? Chacun jugera, mais l’on serait en droit de se demander, à l’instar de Titi (8 janvier 2016 • 21 h 44 min ) « quel est le lien entre cet article et le christianisme ». Et de réclamer, si c’était possible : « svp que actu-chrétienne devienne actu-évangélique ». En clair : un site porteur de « bonnes nouvelles »(c’est le sens d’ « évangile ») ou de bonnes nouvelles édifiantes, plutôt que des unes à caractère raciste, racoleur et populiste « pour faire le buzz », ou des publi-reportages et autres divertissements people….(3)
Serait-ce « demain la veille » ? En attendant, en plus d’être bien peu fiable, Actu (vraiment ?) »chrétienne » paraît plutôt représentatif de ce que l’on peut appeler un site « involontairement pédagogique », vu que l’on peut y apprendre tout ce qu’il ne faut pas faire en matière de déontologie de la presse. Il serait temps que les Evangéliques se montrent beaucoup plus exigeants en matière d’éthique et de déontologie de la presse, et décident de prendre à bras le corps cette problématique relative de ce que seraient des médias sérieux et indépendants, réhabilitant un véritable travail de journaliste. Lequel journaliste jouerait, non un rôle de simple « publiciste » ou d’un organe de presse qui dirait ce qu’il faut penser, mais un rôle de journaliste, soit d’information, d’explication et d’interrogation, à mille lieux d’analyses superficielles et catastrophistes, jouant sur le scandaleux et suscitant une indignation stérile.

 

Notes :

(1)Alors même que la police n’avait, au moment des faits, arrêté que trois suspects sur lesquels elle n’avait communiqué aucun élément officiel.

(2)  Selon La Croix, la presse locale à Cologne a parlé « d’une expédition menée par un groupe de gens cherchant à en découdre avec des étrangers à Cologne après les violences du Nouvel An. Le rapport du ministre est le premier du genre alors que la police locale de Cologne depuis une semaine s’est distinguée par une communication confuse et très parcimonieuse. De nombreuses zones d’ombre demeurent : comment les agressions ont-elles pu prendre une telle ampleur sans que la police n’intervienne alors qu’elle était à proximité ? Pourquoi a-t-elle attendu plusieurs jours avant d’en révéler l’ampleur ? Et les violences étaient-elles planifiées ? »

Voir aussi : http://rue89.nouvelobs.com/2016/01/11/facebook-les-refugies-syriens-denoncent-les-agressions-cologne-262783

 (3) Si c’était encore « un accident » ! Mais à noter que le 7 décembre 2011, Actu « Chretienne » nous offrait de regarder « un reportage percutant réalisé par CBN News », affirmant qu’à Oslo « 100% des viols » auraient été « commis par des non-norvégiens »(soit « des immigrés » en Norvège). Une « info » à 100 % bidon, par ailleurs abondamment relayée par la plupart des sites d’extrême-droite. A l’époque, il était aussi question de tenter d’expliquer les causes d’une agression (ici l’attentat d’Oslo) par le biais de l’immigration. Une triste impression de déjà vu, à comparer avec http://www.lexpress.fr/actualite/politique/oslo-un-proche-de-le-pen-berne-par-une-fausse-info_1018082.html

 

 

 

 

 

Pour être certain, face à la pression médiatique, il faut savoir(valablement)douter !

 

« Ne jugez pas selon l’apparence, mais jugez selon la justice » dit Jésus (Jean 7v24)

« Tu ne répandras point de faux bruit. Tu ne te joindras point au méchant pour faire un faux témoignage. Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal ; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice ». (Exode 23v1-2 et ss)

« L’Éternel descendit pour voir la ville…. » (Gen.11v5)

« Si tu entends dire au sujet de l’une des villes que t’a données pour demeure l’Éternel, ton Dieu : Des gens pervers sont sortis du milieu de toi, et ont séduit les habitants de leur ville en disant : Allons, et servons d’autres dieux ! des dieux que tu ne connais point, tu feras des recherches, tu examineras, tu interrogeras avec soin… » (Deut. 13v12-14)

 

Vous connaissez peut-être, ou vous avez peut-être lu, l’histoire des « Douze hommes en colère »(« Twelve Angry Men« ), pièce de théâtre(1953) de Reginald Rose(qui a été lui-même juré), adaptée au cinéma par Sidney Lumet(1957) : Douze jurés(des hommes, tous des blancs)statuent  sur le sort d’un accusé. Leur jugement devra être unanime pour être validé. Si l’accusé est déclaré coupable par le jury, il sera condamné à mort. Or, l’accusé est un jeune garçon(18 ans environ) d’origine latino-américaine. Enfermés dans une pièce,

11 "Coupable", et un seul "non coupable" ! Scène de "Douze hommes en colère" de Sidney Lumet (1957)

11 « Coupable », et un seul « non coupable » ! Scène de « Douze hommes en colère » de Sidney Lumet (1957)

les jurés votent coupable, sauf un, le juré numéro huit. Non pas parce qu’il est convaincu de l’innocence de l’adolescent, mais parce qu’il a un « doute valable ». « Douze hommes en colère » n’est pas à proprement parler « un plaidoyer contre la peine de mort ». Mais il pose de bonnes questions : comment douze jurés tirés au sort, qui ne connaissent pas l’accusé, à qui l’on n’a donné qu’une vision souvent partielle des faits et qui n’ont pas directement assisté à la scène, peuvent-ils déclarer qu’un homme mérite la mort ? Comment peut-on être certain de la culpabilité ou même de l’innocence d’un homme ?

Douter, moi ?  Lee J. Cobb, le "juré numéro 3", dans une scène du film "Douze hommes en colère" de Sidney Lumet (1957)

Douter, moi ?
Lee J. Cobb, le « juré numéro 3 », dans une scène du film « Douze hommes en colère » de Sidney Lumet (1957)

Peut-on condamner quelqu’un, en cas de « doute valable » ? Une pièce(et un excellent film) essentielle et toujours d’actualité.

Ce « droit au doute valable », le site « Debunkers »* choisit de l’exercer à propos d’une délicate et sordide affaire, relative à une institutrice de Joué les Tours, accusée dans une vidéo du collectif JRE de Farida Belghoul**, d’avoir incité des enfants de maternelle à pratiquer des attouchements sexuels. Puis à se faire des « bisous ». Le tout en présence de la classe et d’un autre adulte. La source est un article de la page facebook des JRE** 2014.

On pourra peut-être trouver à redire sur un certain manque de rigueur dans la forme et le ton employé par les Debunkers(A noter que je ne partage pas leur conception du « genre » : sur ce point, pas d’innovation de leur part par rapport aux médias « classiques »). Mais il me paraît intéressant de noter la démarche du site, qui titre prudemment de la sorte le billet suivant consacrée à cette affaire :

« Affaire possible*** de pédophilie à Joué les Tours, curieux comportement de la soralodieudosphère ».

« Farida Belghoul aurait été alertée par la « responsable locale des JRE »[qui dénonce l’enseignante dans une vidéo postée sur Youtube-retirée à la demande du rectorat d’Orléans-Tours] et se serait rendue sur place le 28 mars où elle aurait été reçue à 19h30 par la directrice de l’école. Une « centaine de mamans » étaient présentes.
Le premier article a été publié le 28 mars avant 22h30 (voir l’heure et la date du premier commentaire).
Puis à 2h du matin ce jour (dimanche 30 mars) dernière publication:
-un certificat médical établi au CHRU de Tours (Urgences pédiatriques (voir les éléments de la capture d’écran) établi le 28/03/2014:
et une main courante établie le 29/03/2014 à 19h20″.
[Note : documents consultables sur la page Facebook de la JRE 2014]
Comme souligné précédemment, l’affaire est délicate****, puisqu’elle implique de très jeunes enfants, premières victimes.  Cependant, il importe aussi de savoir exactement ce qui s’est passé. Et donc d’être capable 1)de ne pas se laisser submerger par l’émotion occasionnée par l’affaire, et surtout 2) de ne pas laisser son cerveau au placard. Ainsi, « les Debunkers tiennent à soulever quelques points qui leurs paraissent pour le moins curieux ».

Par exemple :

-Aucun site internet ne reprend l’affaire sauf l’extrême droite (…)
[ Note perso : la consigne donnée sur la page Facebook de JRE 2014 est celle-ci : « Les trolls vont se déchaîner. Ne leur répondez pas »,  alors qu’il est pourtant essentiel de prouver ce que l’on avance-surtout dans le cas d’une si grave accusation-et de rendre compte à qui le demande légitimement]
-Aucune photo, aucun point sur aucun forum malgré la présence d’une « centaine de mamans » présentes le vendredi soir. Pas de présence de policiers sur les lieux… a part un posteur qui signale leur présence discrète ce soir là…. Mais toujours pas de photos.
-AUCUN TEMOIN parmi la « centaine de mamans » n’est venu confirmer la relation de cette présence ce soir là sur les pages des JRE…
-La maman de la petit fille de l’histoire est « curieusement » absente.
-Il est invraisemblable qu’elle n’ait pas assisté à l’entretien avec la directrice, ni que les autres parents des enfants, témoins de la scène se soient manifestés. Alors que Farida Belghoul, parfaite étrangère à l’histoire ait été reçue en grande pompe comme un ministre.
-AUCUN tampon officiel sur les deux documents « officiels » présentés.
(…)
-Normalement un commissariat ne délivre pas la main courante, mais un récépissé, la main courante étant stockée dans un registre.
(…)
« Pour autant », relève Debunkers, « la liste de ces bizarreries n’en fait pas une manipulation à ce jour »(…)Pour tout étrange que semble cette affaire elle est parfaitement possible !
Cet article a été réalisé afin d’inciter à la prudence, plutôt que de relayer sans discernement cette accusation ou d' »appeler  au bûcher tous les responsables, les journalistes qui cachent l’affaire, etc… » 

Il est aussi pertinent de prendre du recul et de réfléchir quant aux méthodes employées par le collectif JRE**. D’autant plus, selon Debunkers, qu’il semble qu’en réalité l’accusation lancée par JRE** aille au-delà « d’une affaire de pédophilie possible », et sous-entende que l’accusée de cette histoire suivrait un programme scolaire(controversé, autour de la promotion du genre*****) et des consignes ministérielles…

Quoiqu’il en soit, que cette histoire soit vraie ou fausse, il importe ne pas oublier les parents, les enfants et les enseignant de cette école[« qui jusqu’à preuve du contraire sont innocents »], les premières victimes.

A suivre, donc.

L’essentiel à lire ici, ici et .

 

 

 
Notes :

*Petit cousin du site « hoaxbuster », « Debunkers » a été créé voilà bientôt un an. Il est spécialisé dans les « hoaxs » en provenance de l’extrême droite.

** Collectif JRE ou « Journée pour le Retrait de l’Ecole », initiative lancée pour la première fois le 13 décembre 2013 par Farida Belghoul et qui invite les parents à garder leurs enfants à la maison, un jour par mois, pour obtenir « l’interdiction de la théorie du genre dans tous les établissements scolaires« . Les premières JRE ont eu lieu en  janvier 2014, avec un succès assez significatif – notamment chez les parents musulmans, comme l’avait relevé à l’époque le journaliste Patrice de Plunkett. D’autres JRE ont été organisées, notamment le 10 février et le 31 mars.

Sinon, Farida Belghoul, est ancienne porte-parole de « Convergence », la seconde marche des Beurs organisée en 1984. L’essayiste d’extrême-droite et « antisioniste » Alain Soral, dont elle s’est récemment rapprochée, diffuse ses vidéos via la chaîne Dailymotion de son association « Egalité et réconciliation ». Voir : http://www.france24.com/fr/20140130-theorie-genre-fadira-belghoul-anti-racisme-conspirationnisme-soral-dieudonne/ ; http://www.lepoint.fr/societe/theorie-du-genre-farida-belghoul-histoire-d-une-derive-30-01-2014-1786236_23.php

 

*** C’est nous qui soulignons ainsi.

**** Plusieurs liens sur l’affaire sont à consulter :

http://education.blog.lemonde.fr/2014/03/30/la-journee-de-retrait-de-lecole-accuse-publiquement-une-enseignante-de-maternelle/

http://www.bfmtv.com/societe/joue-les-tours-un-collectif-controverse-accuse-une-institutrice-dattouchements-744583.html

http://www.20minutes.fr/societe/1338585-un-collectif-contre-la-theorie-du-genre-met-en-cause-une-institutrice

http://tours.mediaslibres.org/rumeur-a-l-ecole-maternelle-de.html

http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2014/04/01/Les-accusations-de-JRE-provoquent-un-tolle-general-1854127

http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2014/04/02/Theorie-du-genre-le-tract-qui-embarrasse-le-maire-de-Joue-les-Tours-1854978

 

**** Autour du « genre » semble se dessiner une forme de « bataille sémantique » : certains politiques veulent promouvoir « l’identité de genre », des citoyens pourfendent ce qu’ils appellent la « théorie du genre »(« qui n’existe pas », répètent en boucle les médias)alors qu’à l’université, les « études de genre » prennent du galon. D’autre part, les actions(malheureusement très médiatisées et aux méthodes contestables)de mouvements proches de l’extrême-droite, en plus de contribuer à la confusion et à l’amalgame, ne me paraissent pas aider à la crédibilité de toute mise en garde(avec un meilleur esprit et de meilleures méthodes que la rumeur ou la calomnie) contre le genre.

Pour y voir plus clair, voici plusieurs excellents dossiers :

Un dossier spécial de huit pages de La Croix publié le mardi 12 novembre 2013 (avec notamment : http://www.la-croix.com/Actualite/France/Comprendre-les-enjeux-du-genre-2013-12-09-1073290 : Que recouvre vraiment ce concept ? Pourquoi provoque-t-il tant de malentendus ? Et quelles sont, au final, les évolutions réellement à l’œuvre ? Les réponses sont d’autant plus cruciales que derrière le « genre » se profile un combat politique opposant deux visions du monde. Et un décryptage de « l’ABCD de l’égalité ».)

– Théorie(s), études de genre, quelle attitude évangélique ? L’actualité est chaude sur le sujet, la levée de bouclier de plusieurs ayant réussi à faire reculer le gouvernement sur son projet récent d’ABCD de l’égalité. Mais quel est-il ce projet exactement et y a-t-il, au fond, des raisons de s’inquiéter ? Et sans doute le plus important : quelle attitude évangélique adopter – au sens de fondée dans l’Évangile – dans cette querelle du genre ? Etat des lieux avec le pasteur Luc Olekhnovitch dans « Connexions », le magazine du Cnef.

 

La théorie du genre : Un enjeu majeur de société. De quoi s’agit-il ? Par le CPDH

La théorie du genre pour les nuls.
Face aux raccourcis et aux simplifications engendrés par la polémique médiatique, le philosophe Thibaud Collin décrypte les véritables enjeux de la théorie du genre

Et sans oublier :  http://www.arretsurimages.net/breves/2014-02-13/Quand-l-UMP-voulait-parler-de-genre-a-la-maternelle-id16918
Où l’on découvre, via « Arrêt sur image », que le parti de droite voulait lui-même déconstruire les stéréotypes entre femmes et hommes dans son programme en 2011, et employait même le terme de… « genre », comme l’a signalé un twittos, repris par plusieurs sites, ici, ici ou ici.

« The Bible » : « c’est spirituellement qu’on en juge… »

tout ce qui brille est-il or ?

tout ce qui brille est-il or ?

La foi, « c’est croire sans voir ». C’est par ce moyen que l’on peut s’approprier la grâce de Dieu, qui seule nous sauve.
Néanmoins, pour faire la critique d’un livre ou d’un film, il est indispensable d’avoir lu ou vu d’abord l’œuvre en question, avant de faire une quelconque analyse ou commentaire. Une « évidence » qui ne semble pas partagée par certains, notamment sur la toile et les blogues d’infos. Jugeons-en plutôt avec ce qui suit et tâchons d’en tirer des leçons concernant une certaine éthique ou déontologie nécessaire.

Où l’on retrouve notre bon vieux « débat » : « pertinence » ou « popularité » ?

Voici un billet « plein de colère », à l’approche de Noël, que l’on peut lire sur un blogue « d’actualités chrétiennes ». Non toutefois pas cette colère-là…ou celle du Seigneur Jésus Christ chassant les marchands du temple(Luc 19v45)….Son animateur, Paul Ohlott, « enrage » de ce que le Nouvel Obs, selon lui, « enrage(rait) » face à « l’incroyable succès de The Bible » (c’est le titre de son billet coup de gueule, daté du 8 décembre 2013). « La Bible » ou « The Bible »(à ne pas confondre avec « Ze Bible »), la mini série américaine(que je n’ai pas vu, à part quelques extraits sur internet et que je ne commenterai donc pas), pas la Parole de Dieu écrite.

Paul Ohlott(« Rédaction »),  qui réussit le tour de force de rédiger une « critique »(plus une « critique de la critique  », en réalité) sur ce qu’il n’a visiblement pas vu* (comme il le reconnaît lui-même à demi-mot-les commentaires ci-dessous le prouvent) »enrage » de ce que Marie Lemonnier, journaliste en charge des questions religieuses pour le Nouvel Observateur,  ait jugé mauvais « The Bible », la série, au point d’estimer qu’« il doit falloir être néocréationniste fanatisé ou télévangéliste à paillettes pour réellement goûter le spectacle ».
« Vous savez ainsi ce que vous êtes aux yeux du Nouvel Obs, si vous avez le malheur d’apprécier cette horrible série qui fait la promotion du message biblique ! » [sic-rien moins !] prévient Paul Ohlott en conclusion de son billet.

Mais quel est, en fait, le problème ?

Que l’article de Marie Lemonnier ait le (seul) »défaut » de ne pas reconnaître « l’incroyable succès de la série télévisée « The Bible »(…)la superproduction de Mark Bunett (également producteur des shows « Survivor » ou « The Voice »), qui a cartonné « tout d’abord aux Etats-Unis(…)mais également en Australie, où la série a même battu les records d’audience de la célèbre émission « MasterChef » ?

Au fait, est-il possible d’être évangélique, « né de nouveau » ou même « fondamentaliste » et de trouver(« objectivement ») la série mauvaise ?

Au final, cette « critique de la critique » de Paul Ohlott(qui se contente de reprendre certains termes ou infos de l’article de Marie Lemonnier et n’apporte rien de neuf) « n’a d’autre intérêt » que de révéler le manque de rigueur professionnelle de son auteur.

Quel est le problème ?

Une façon de juger sans voir et sur de mauvaises bases, qui peine à convaincre et à faire avancer la réflexion.

Une façon de juger sans voir et sur de mauvaises bases, qui peine à convaincre et à faire avancer la réflexion.

Que, quand il ne lit pas « en diagonale », Paul Ohlott ne fait pas ce qui est le minimum requis pour un journaliste, avant la diffusion d’un programme télévisuel :  le regarder avant de commenter, ce qui lui aurait permis de donner un véritable avis sur une production qui se donne tout de même pour ambition de donner « à voir »(et à comprendre)toute la Bible. Et ce qui lui aurait permis de comprendre enfin qu’une critique négative(surtout si elle est justifiée) d’un mauvais film(surtout s’il est attesté comme tel) n’est pas(forcément) une « attaque » contre la Bible, l’évangile ou les évangéliques. Plus grave et dangereux, Paul Ohlott semble ici défendre « l’idée » que l’essentiel est « l’étiquette »(ici, « série évangélique »), ou même « le succès »(en chiffre d’audience), la popularité, lesquels suffiraient pour donner toute légitimité à une oeuvre, court-circuitant ou décrétant « hérétique »/ »blasphématoire » toute analyse ou esprit-critique du contenu. Un état d’esprit contradictoire avec l’esprit des Béréens cf Actes 17v11(qui ne se sont pas laissés impressionnés par la renommée de Paul et dont la noblesse n’est pas liée à un titre mais à l’attitude), de 1 Cor.14v29(« éprouver les prophéties ») ou même de Deut.13. A noter que l’inverse est vrai : une « mauvaise » étiquette(« de gauche », « catholique »…)suffit à rendre illégitime.
On appréciera d’autant plus, parmi les nombreux commentaires en réaction(plus de 90 à ce jour), certaines interventions pertinentes et intelligentes(par contraste), pour ne pas dire spirituelles(voir « Yves », « Sergio3 », « Bucer », et surtout, « Pneumatis »). Et on se rassurera en se disant que Paul Ohlott n’est heureusement pas représentatif des évangéliques :

Yves
8 décembre 2013 • 12 h 46 min
La critique du Nouvel Obs est sévère mais j’attendrai d’avoir vu un épisode pour juger si elle est pertinente… Vous-même Paul, qu’en avez-vous vu et qu’en pensez-vous ?

o
Rédaction
8 décembre 2013 • 13 h 00 min
Pour ma part, je me moque de la « french manucure » des ongles d’Eve… et les divers extraits m’ont montré une grande qualité. D’ailleurs, à mille lieux du Nouvel OBS, la présentation de Paris Première souligne qu’il s’agit d’un « phénomène télévisuel mondial » qui a été « salué par la critique ». Il n’y a donc pas besoin d’etre « néocréationniste fanatisé ou télévangéliste à paillettes » pour apprécier la série.
o
Yves
9 décembre 2013 • 6 h 44 min
Mais vous ne m’avez pas dit Paul si vous aviez vu la série pour contester la pertinence de la critique de l’Obs, car le seul avis de la chaine qui la diffuse me parait de bien peu d’objectivité…

sergio3
8 décembre 2013 • 17 h 09 min
Le problème des films, c’est que les images s’impriment dans nos mémoires. Il suffit d’une expression du visage ou de quelques mots inventés pour nous donner une autre compréhension de l’Evangile…
Certains chrétiens sont tellement habitués à se gaver de films qu’ils ne réalisent pas le danger.
J’espère que cette superproduction aura un impact positif sur les pécheurs et qu’elle ne fera pas de dégâts dans les rangs de la famille de Dieu.

o
Rédaction
8 décembre 2013 • 21 h 02 min
Un film ne déforme pas plus l’Evangile qu’une prédication. L’un comme l’autre comporte une dimension humaine et se voit transmis par le biais d’un canal humain, par définition imparfait.
.
o
Bucer
9 décembre 2013 • 17 h 02 min
Comment c’était hier soir?
Ma critique, ici:
http://blog-confessant.blogspot.fr/2013/12/la-bible.html
o
Bucer
9 décembre 2013 • 17 h 17 min
Et je dois ajouter que le début est un peu guignolesque avec Noé qui raconte magistralement le récit de la Création dans une arche construite en bois bien poncé acheté chez Casto et où l’une des planches de 2 cm d’épaisseur qui constituent la coque commence à prendre l’eau au point qu’il s’en va retaper un clou pour colmater la brèche. A première vue, l’arche de Aronofsky semble plus solide et ressemble moins à un bâtiment sorti du Monde de Narnia.
C’était là le truc à éviter: ne pas sembler raconter un conte de fées pour grands naïfs. Et je pense que la série (en tout cas les deux premiers épisodes) est tombée en plein dans cette erreur.
Je pensais voir un vrai Abraham ou un vrai Moïse, dans leur vraie vie, avec leurs vraies craintes et leurs vraies appréhensions devant un appel qui les dépasse… mais, hier, je n’ai vu que des anges sortis de Star Wars et des héros sortis d’un nanar et dont on sent bien qu’après le tournage, ils vont aller manger un cheesburger au Mcdo du coin.

Yves
10 décembre 2013 • 7 h 32 min
Merci Bucer. Avec vous on a au moins ici une critique chrétienne sérieuse de quelqu’un qui a réellement vu un épisode, ce qui ne semblait pas le cas de Paul Ohlott dans sa contestation de la critique sévère du nouvelObs….
o
Rédaction
10 décembre 2013 • 8 h 52 min
La critique de bucer concernant les anges n’a rien de sérieux et je prépare un article a ce sujet, avec extrait vidéo de la série pour ceux qui ne l ont pas vu…
o
Bucer
10 décembre 2013 • 11 h 09 min
Rien de sérieux?
On voit l’ange qui sort deux petites épées de son dos et se met à faire une scène de moine shaolin en démonstration de kung fu à Bercy!
Une vraie niaiserie dont la série n’avait pas besoin.

Pneumatis
10 décembre 2013 • 11 h 20 min
Je suis catholique pratiquant, je suis passionné d’exégèse, et je confirme la critique du Nouvel Obs (et celle ci-dessus de Bucer). J’ai vu les deux premiers épisodes, qui sont une daube monumentale. Cette série n’a rien de biblique, c’est une série d’action qui utilise des images et des références bibliques. La culture et l’esprit de la Bible n’y sont pas. Avoir réussi à faire tout un épisode sur Abraham sans même évoquer l’alliance de la circoncision, c’est quand même du grand art ! Par contre les scènes de bagarre et d’action, ça y va. Comme si c’était l’essentiel. Quant à l’histoire de Moïse, c’est pareil. Là il aurait fallu ouvrir le Livre plutôt que de tenter un remake du film avec Charlton Heston en moins bien. C’est désastreux, et cela induit complètement le spectateur en erreur sur la réception de la Révélation. Que cette série rencontre un tel succès est une vraie tragédie, si vous voulez mon avis, pour ce qui est d’ouvrir l’esprit à l’intelligence des Ecritures (ce qui fut l’oeuvre de Jésus avec ses disciples jusqu’à son Ascension).

o
Rédaction
10 décembre 2013 • 11 h 31 min
C’est intéressant, parce que lorsque je pense à l’histoire d’Abraham, je ne pense absolument pas à la circoncision. Ce n’est pas, personnellement, ce qui me marque dans la vie d’Abraham !
Contrairement à vous, je trouve ça très bien que l’on présente la Bible d’une nouvelle manière, afin d’attirer des gens qui ne s’intéressaient pas à la Bible. En outre, nous avons des représentations conventionnelles de la Bible , qui ne sont absolument pas biblique… et je vais en parler dans un article à propos des Anges.
o
Pneumatis
10 décembre 2013 • 11 h 43 min
« C’est intéressant, parce que lorsque je pense à l’histoire d’Abraham, je ne pense absolument pas à la circoncision. » Et demandez-vous pourquoi, alors que c’est le centre de gravité de toute l’histoire d’Abraham, celle dans laquelle s’enracine jusqu’à l’accomplissement par le Christ. Comment voulez-vous comprendre l’étendue de ce que peut signifier « Voici le sang de l’alliance nouvelle et éternelle » si vous ignorez tout de ses racines spirituelles ? Et le problème, c’est qu’il n’est pas question que de la circoncision, mais de l’alliance en général, qui même avec Moïse est passée sous silence. Enfin quoi, retirer l’alliance de l’Ancien Testament, c’est comme retirer la Cène et l’institution de l’eucharistie du Nouveau.
La focalisation sur les batailles et les scènes d’action n’est pas plus dans l’esprit biblique. Et je passe sur des détails qui réitèrent toujours les mêmes images populaires convenues de la Bible , comme le sacrifice d’un Isaac enfant qui, de mémoire, n’avait pas l’air hyper consentant dans la série. Il y a un moment, quand on s’intéresse un peu à la Bible , où il faut mettre à jour ses connaissances. Je ne comprends pas où vous voyez du « nouveau » dans cette présentation des récits bibliques, à part dans les techniques de combat qui sont mises en scènes, et dans les étranges coupes dans le récit.
Et vous voyez, la tragédie est celle-ci : c’est qu’au final, certains arrivent à trouver ça bien. Là où l’Eglise, les chercheurs, les catéchistes (du moins ceux qui sont formés pour ça) essaient de faire avancer un peu la connaissance biblique, cette série fait revenir les gens un siècle en arrière, avec des airs d’actualité. C’est effrayant.
o
Rédaction
10 décembre 2013 • 11 h 47 min
Votre vision des choses est très catholique… Non seulement, on n’a pas besoin de mettre l’emphase sur la circoncision pour comprendre le sacrifice du Christ… mais en outre, il n’y a pas lieu non plus de mettre l’emphase sur la Cène … c’est juste un symbole commémoratif. Ce n’est pas le coeur de l’Evangile. Incroyable mais vrai, je me suis converti seul dans ma chambre, loin de la circoncision abrahamique et de l’eucharistie catholique !
Ce genre de séries Tv n’a pas pour objectif d’être un cours théologique, mais de montrer un aperçu du message biblique de manière attrayante pour une génération majoritairement déchristianisée. Ce n’est pas avec les programmes de KTO ou avec le « Jour du Seigneur » que les foules vont s’intéresser à la Bible …
C’est bien d’avoir de la connaissance biblique, mais c’est bien également de créer des supports qui vont se mettre à la portée du grand public. Le jour où l’Eglise le comprendra, elle commencera à communiquer l’Evangile différemment.

Pneumatis
10 décembre 2013 • 11 h 47 min
Et je me permets de vous inviter à lire cette critique constructive de la série, qui parait poser les bonnes questions.
http://www.20minutes.fr/television/1259715-20131205-bible-enfer-scenaristes-tele
Pneumatis
10 décembre 2013 • 11 h 50 min
Et croyez-moi, ce n’est pas non plus avec cette série que la jeune génération déchristianisée va s’intéresser à la Bible. Au mieux, elle va s’intéresser à la série (ce qui semble déjà être le cas), ce qui est bien différent. Attention, encore une fois à ne pas confondre cette série et la Bible elle-même, qui en est très éloignée.

o
Rédaction
10 décembre 2013 • 11 h 52 min
Relisez plus posément mon commentaire et essayez de réfléchir aux différentes manières de communiquer la Parole de Dieu. Oui, c’est notamment grâce à ce genre de séries, que certains vont commencer à s’intéresser à la Bible. On attire pas les gens avec des cours de catéchisme. D’ailleurs, c’est comme cela que le Catholicisme a su dégoûter la majorité des jeunes… heureusement que le mouvement évangélique a su développer une approche différente pour communiquer l’Evangile.

Pneumatis
10 décembre 2013 • 12 h 21 min
Je relis plus posément votre commentaire. Et je sais trouver un juste milieu entre mettre l’emphase sur quelque chose et faire comme si la Bible n’en parlait pas. Et j’espère que vous êtes aussi capable d’envisager un juste milieu entre une catéchèse classique et une série qui trahit le message biblique.
Je suis convaincu que c’est au contraire ce genre de travestissement populaire, qui n’a rien de nouveau, qui a largement contribué au désintérêt pour la Bible. Cette série est de l’anti-évangélisation.

o
Rédaction
10 décembre 2013 • 12 h 24 min
Je ne connais personne qui a été dégoûté de la foi et qui a rejeté Dieu après avoir regardé une série biblique qui n’est pas totalement fidèle au message biblique. En revanche, on ne compte plus les millions de personnes – rien qu’en France – qui ont rejeté Dieu après s’être profondément ennuyés dans les cours de catéchisme…
Et pour rappel, le film  » la Passion du Christ », malgré toutes les critiques, a eu un impact positif sur des millions de gens.
o
Pneumatis
10 décembre 2013 • 12 h 32 min
Très bien. Quant à moi, je ne connais personne qui se soit converti au Christ en s’abrutissant devant une superproduction américaine. Et je suis plus que sceptique quant à la faisabilité.
o
Rédaction
10 décembre 2013 • 12 h 39 min
Soyons honnête… Même si vous ne connaissez personne qui se soit converti par le biais d’un film américain, vous n’en connaissez pas davantage qui se sont éloignés de la foi et de Dieu à cause d’un film biblique américain. En revanche, vous en connaissez beaucoup qui ont rejeté le catholicisme, après avoir suivi le catéchisme, fait la communion, confirmation… pourtant, vous êtes trop attaché à la religiosité catholique pour le reconnaître. Vous préférez critiquer le films américains, plutôt que de critiquer le catholicisme qui s’est embourbé dans une religiosité qui n’a plus rien d’évangélique…
o
Pneumatis
10 décembre 2013 • 13 h 02 min
Des qui se sont éloignés de la foi et de Dieu à cause d’un film biblique américain ? Mais ouvrez les yeux, ça s’appelle le monde d’aujourd’hui, dans lequel plus on passe de temps à s’abrutir devant ce genre de superproduction moins on a de chance, proportionnellement d’avoir envie d’ouvrir un livre… alors de prier, n’en parlons même pas. Pour le reste, je ne rentrerai pas avec vous dans une controverse catho/évangéliques, ce serait glissant. Je suis très nettement favorable au dialogue interreligieux, et sur un tel sujet, il me semblerait mal engagé. J’ai aussi un regard sur l’histoire religieuse, et croyez-moi, je sais l’Eglise largement coupable d’avoir éloigné ses fidèles de la Bible , mais je la sais vivante et pas enfermée dans ses erreurs du passé… Je n’ai pas de temps à perdre dans des combats de chapelles, quand le Christ nous veut unis.
Aussi, je retourne à cette religion qui n’a plus rien d’évangélique, à laquelle je me suis converti à 25 ans, qui m’a appris à aimer le Christ de tout mon coeur, de toute mon âme et de toute ma force, et à aimer les hommes d’un amour semblable. Je retourne à cette religion qui n’a plus rien d’évangélique, mais qui parie sur mon intelligence de la foi, plus que sur mon goût pour le marketing américain, et que je remercie pour cela.
Ceci dit, je peux vous suggérer un prochain article : comment la dernière publicité pour l’offre de Noël sur les abonnements canal+, mettant en scène les rois mages à la crèche s’extasiant devant un écran de télé, contribue à la découverte du nouveau testament par les téléspectateurs. C’est du même acabit.
Bonne journée.
o
Rédaction
10 décembre 2013 • 13 h 27 min
(….)c’est dommage que vous vous soyez converti à la religion catholique et non à Christ. C’est là ce qui nous sépare.

Le mauvais débat : beaucoup de bruit et surtout, beaucoup de fumée. En clair, nocif.

Le mauvais débat : beaucoup de bruit et surtout, beaucoup de fumée. En clair, nocif.

Bref, Paul Ohlott, qui semble se focaliser sur le fait que l’internaute « Pneumatis »(alias Joël Sprung) se soit présenté comme « catholique pratiquant », fait de l’anticatholicisme primaire(alors qu’il sait être « autre » face à des journalistes catholiques ou orthodoxes, lorsqu’il est parfois invité sur Radio Notre Dame pour commenter l’actualité), ignorant que « Pneumatis », bien que non évangélique, et certaines divergences doctrinales mises à part, est un croyant(voir ce portrait). Ce dernier est aussi animateur du blog éponyme(qui est aussi le nom de son association) qui a pour sous-titre : « Pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres (ls 61, 1 ; Lc 4, 18) », et dont le but est de « promouvoir les études bibliques faisant plus particulièrement appel aux racines juives de la foi chrétienne ».
Bref, « ce qui le sépare » de pneumatis n’est pas forcément ce que croit Paul Ohlott.

Paul, écrivant à Timothée, chargeait celui-ci de reprendre certains, qui « égarés dans de vains discours(…)veulent être docteurs de la loi », alors qu' »ils ne comprennent ni ce qu’ils disent, ni ce qu’ils affirment »(1 Tim.1v6-7).
Ce besoin est toujours d’actualité. Mais où sont les « Timothée » d’aujourd’hui ?

Et le plus beau est toujours à venir : en guise de « réponse », Paul Ohlott choisit de consacrer son billet suivant-qui ressemble plus à une autojustification ou à une diversion-à un énième « débat » sur « le sexe des anges »(dans le genre de celui qui occupa la hiérarchie ecclésiastique durant le siège de Constantinople), ou plutôt sur « les anges-ninjas » à partir d’un extrait vidéo. Choisir de se recentrer sur les anges, mêmes « ninjas » : un choix à la fois artistique et éditorial discutable, mais qui ne mérite pas que l’on s’enfonce dans une énième dispute.
Mais pendant que l’on débat sur le sexe des anges…

Notes :

*On appréciera aussi sa « critique » de mauvaise foi de la critique de télérama qu’il juge de… »mauvaise foi » datée du 09 mars 2013, et ce, d’autant plus qu’il n’a pas vu lui-même l’oeuvre en question à l’époque de la critique(datée du 06/03/13).

D’autres critiques intéressantes et pertinentes sur cette série :

Celle de Télérama(datée du 06-07/03/13) et celle-ci.

Du « Hollande bashing » à la télévision iranienne : et si on allait au-delà du « voile » ?

« Et nous ne faisons pas comme Moïse, qui mettait un voile sur son visage, pour que les fils d’Israël ne fixassent pas les regards sur la fin de ce qui était passager.
Mais ils sont devenus durs d’entendement. Car jusqu’à ce jour le même voile demeure quand, ils font la lecture de l’Ancien Testament,
et il ne se lève pas, parce que c’est en Christ qu’il disparaît.
Jusqu’à ce jour, quand on lit Moïse, un voile est jeté sur leurs coeurs ;
mais lorsque les coeurs se convertissent au Seigneur, le voile est ôté.
Or, le Seigneur c’est l’Esprit ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté ».(2 Cor.3v13-17)

« Christine Boutin, voilée sur une chaîne iranienne » :
Christine Boutin et Jean-Claude Martinez se sont livrés mardi 12 novembre à une attaque en règle de François Hollande sur une chaîne d’information internationale iranienne diffusée en langue anglaise.
Dans l’émission, Christine Boutin apparaît voilée…

Et c’est tout. Tel est la brève très brève et très « neutre », datée du 22 novembre 2013(avec un lien vers une vidéo publiée sur le site du Figaro) que consacre le blog « actualités chrétiennes » à cet événement.
Une brève plutôt préoccupée par l’anecdote du voile, puisque l’on retrouve ce terme deux fois : une fois dans le titre et une fois dans le corps de la brève.

Cette histoire de "voile" : du vent !

Cette histoire de « voile » : du vent !

Mais, puisque l’on attend d’un journaliste qu’il explique, décrypte, et nous donne à comprendre, il aurait été plus pertinent d’expliquer ou de préciser que « La télévision iranienne exige que les femmes, qu’elles soient étrangères ou non, se drapent d’un voile pour respecter les bonnes mœurs ». Il s’agit là d’« un choix de cohérence » pour madame Boutin, « qui s’était opposée à la loi sur le voile et avait soutenu le choix d’une candidate NPA (extrême gauche) d’apparaître voilée », comme le rappelle le Huffingtonpost.
Mais il aurait été encore plus pertinent de se questionner quant à la pertinence de l’intervention de Mme Boutin sur Press TV, une chaîne de télévision, par ailleurs créée en 2007 sur le modèle de Russia Today, par l’État iranien et opérée par l’Islamic Republic of Iran Broadcasting(IRIB). Press TV s’était fait retirer sa licence par le Royaume-Uni en janvier 2012 pour manque d’indépendance éditoriale par rapport à Téhéran. « La chaîne satellitaire relaye à l’envie la propagande radicale du régime iranien, versant fréquemment dans le conspirationnisme à caractère antisémite. Press TV accuse ainsi régulièrement les Juifs d’avoir organisé les attentats du 11-Septembre, d’être derrière la crise financière ou, plus récemment, d’avoir commandité la tuerie de l’école de Sandy Hook. Elle accueille également sur son antenne plusieurs propagandistes négationnistes. Elle compte enfin au nombre de ses collaborateurs réguliers l’ancien député britannique Derek Conway, l’ex-maire de Londres Ken Livingston, le leader du Respect Party, George Galloway, ou encore l’islamologue suisse Tariq Ramadan ».

Car quitte à respecter les traditions, pourquoi ne pas respecter celle pourtant en usage pour les responsables politiques de ne pas critiquer leur pays lorsqu’ils sont à l’étranger ? « Qui plus est lorsque celui-ci est engagé dans un bras de fer international ? »

Car, précisons-le, le Président François Hollande, cible des attaques de Mme Boutin, est partisan d’une ligne dure dans les négociations sur le nucléaire iranien.
Aurait-t-elle fait(et de façon maladroite, de surcroit) « le jeu de la propagande iranienne », s’interroge BFMTV ?

D’ailleurs, il peut paraître curieux que la source d’information du blog ait été « Le Figaro » et non justement BFMTV, qui a pourtant été le premier à relayer l’événement….

Mais il est vrai que BFMTV a l’inconvénient d’apporter les précisions suivantes :

Que Jean-Claude Martinez, qui était aux côtés de Mme Boutin, ait été cadre du FN et que les deux se soient « associés cet été pour présenter des listes pro-famille(sous le label « Force vie »)aux élections européennes de juin 2014″.

Mais de tout cela, on ne le lira pas sur le blog d' »actualités chrétiennes ».

Mais cette emphase(révélatrice)mise sur le « voile de Mme Boutin » contribuerait-il justement à couvrir pudiquement ce qui aurait été utile et nécessaire de soulever ? Car, après tout, le rôle du journaliste n’est-il pas d’informer et non de faire diversion(ou de divertir ?) ?
Du coup, pour répondre à une exigence d’éthique journalistique qui ne serait pas en toc, nous pourrions paraphraser le passage de 2 Corinthiens 3 en en-tête de cet article comme suit :
« Jusqu’à ce jour, quand on lit l’actualité avec certaines lunettes, un voile est jeté sur l’entendement….et jusqu’à ce jour le même voile demeure
quand on lit l’actualité avec certaines lunettes…
Mais lorsque l’on recherche réellement et ardemment la vérité(ou si l’on s’attache à la vérité) et non confirmation, le voile (peut être) ôté ».

« La vérité est en Jésus », nous dit encore l’Ecriture(Eph.4v21). Jésus, qui est « le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6)

A lire et à voir :

« A la télé iranienne, l’offensive musclée et voilée de Boutin contre Hollande », avec une vidéo. Le 21/11/2013 à 17:31. Info mise à jour le 21/11/2013 à 18:03

Et ce compte-rendu ici.

« Un bon journaliste ne lit pas (et ne nous donne pas à lire) « en diagonale »

Ou comment être « involontairement pédagogique »….

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/50000/nahled/white-fence-and-green-grass.jpg Lire en diagonale, une solution de facilité qui mène dans l'impasse !

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/50000/nahled/white-fence-and-green-grass.jpg
Lire en diagonale, une solution de facilité qui mène dans l’impasse !

Journaliste est un métier exigeant, assorti d’une très grande responsabilité.
Qu’attendre d’un journaliste* ? Tout d’abord-cela paraît tellement évident – qu’il nous informe. Et donc qu’il soit capable de restituer correctement une information.
Ensuite, expliquer, décrypter, donner à comprendre et engager à l’action…avec « l’ambition de faire réfléchir et non de dire ce qu’il faut penser »** ou « Réveiller en nous, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien. »***
Une telle exigence est-elle facile à satisfaire ? Où la trouver ? Comment l’atteindre ?
Dans le but de répondre à ces questions, intéressons-nous à ce qui semble être « le plus simple » à satisfaire : « informer », « restituer correctement une information », et propulsons-nous sur un site d’actualités ou d’informations pour comprendre comment retranscrire l’information.

Le site d’« actualités chrétiennes », par exemple, créé par Paul Ohlott, ancien contributeur du Topchrétien. Selon Frédéric Dejean, géographe des religions, il s’agit « moins le résultat d’un travail d’écriture de la part de son auteur qu’un patchwork composé de billets venants de divers sites. Il arrive néanmoins que Paul Ohlott rédige des billets d’humeur sur un sujet d’actualité », comme celui-ci(publié le 3 septembre) à propos d’un autre article « Jésus était-il un homme heureux ? » **** de Christine Pedotti(rédactrice en chef de Témoignage Chrétien)…
Cet article rédigé par Paul Ohlott sur ce sujet est « un billet d’humeur » ou un « coup de gueule ». Soit « un article d’opinion, souvent court et généralement en première page dans la presse, qui présente de façon sarcastique ou humoristique un événement ou un sujet d’intérêt général susceptible d’attirer l’attention du lecteur, d’apporter un sujet de réflexion. L’auteur du billet prend parti. Habituellement, la chute de l’article est particulièrement soignée, constituant en quelque sorte la morale de l’histoire. »
Ce « détail »(le genre journalistique utilisé pour le traitement de l’article de C. Pedotti) a son importance. Et il est par ailleurs intéressant d’étudier la place que consacre le responsable d' »actualités chrétiennes » au billet d’humeur sur son site, ce qui est de nature à nous renseigner sur ses buts précis et sur la cible(le public)qu’il vise.

Que fait exactement le rédacteur dans ce billet d’humeur ?
Pour le savoir, un exercice tout simple consiste à relever les éléments « informatifs »(sachant qu’une information peut être définie comme étant une réponse aux questions « qui », « quoi », « où », « quand » et éventuellement « comment » et « pourquoi », qui relèvent de l’explicatif )et les éléments de commentaires, présents à la fois et dans le titre et dans le billet d’humeur, afin d’apprendre à dissocier le factuel de l’interprétatif.
Ensuite, il s’agit de comparer l’importance de chacun de ces éléments pour déterminer ce qui est prédominant dans l’article (l’information ou le commentaire ?) et par-là même pour comprendre les intentions de l’auteur de l’article.

L’examen du titre a son importance.
Celui que nous étudions s’intitule : « La mission du Christ a été « un échec retentissant »… selon Témoignage Chrétien. » Il nous donne d’entrée une idée du sujet et surtout de la façon dont l’auteur va parler du sujet. Plus exactement, il révèle ce qui semble essentiel de comprendre ou de savoir pour l’auteur.
La difficulté est d’être capable de dépasser le titre, qui pourrait nous suffire (telle une « brève »), et d’aller plus loin.
Le titre est constituée d’une phrase à l’affirmative et non à l’interrogative. L’affirmation affichée dès le titre semble confirmée par la suite du billet, qui débute ainsi : « En s’intéressant à l’humanité du Christ et en cherchant à savoir si « Jésus était un homme heureux », Christine Pedotti tient des propos pour le moins étrange, dans un média « chrétien » ».

Normalement, un « bon article »(même s’il s’agit d’un billet d’humeur, qui n’exclut pas l’argumentation) devrait avoir la progression suivante, dans cet ordre :
Raconter, soit donner les informations de base en répondant aux questions : « Qui, Quoi, Où , Quand » ;
Expliquer, soit donner des informations complémentaires : « Pourquoi, Comment » ;
Préciser, soit donner des Infos supplémentaires : « Et avant, Et après » ;
Enfin, Commenter (l’Interprétatif) : « Et alors ».

Dans le billet d’humeur de Paul Ohlott, quel est l’ordre et la progression de ces différents éléments ? A quel moment apparaît « l’interprétatif » ?
On rappellera également, d’une manière générale, que tout auteur (le rédacteur), comme tout lecteur, d’un article filtrent l’information en fonction de son  idéologie.

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/50000/nahled/black-wild-cat-taking-a-nap.jpg Vous regardez attentivement ce chat noir : vous pensez à quoi ?

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/50000/nahled/black-wild-cat-taking-a-nap.jpg
Vous regardez attentivement ce chat noir : vous pensez à quoi ?

Ainsi, le fait que le rédacteur d’ »actualités chrétiennes » ne semble pas apprécier « Témoignage Chrétien »***** a-t-il une incidence sur le contenu du billet ?

Ces principes étant posés, la lecture commentée que fait Paul Ohlott de l’article de Christine Pedotti  est-elle au moins fidèle dans le fond et l’esprit avec le contenu « analysé » ?

Le problème vient de ce que

notre lecture est orientée dès le départ, par un titre faisant à la fois « la question et la réponse », et par un billet, qui nous donne à lire, dès le début(en copie d’écran), le seul premier paragraphe de l’article de Mme Pedotti, comme pour appuyer l’affirmation posée dans le titre.
Or (et c’est valable pour l’étude biblique, comme pour toute étude de textes), « un texte cité hors-contexte est un prétexte ».
L’article incriminé**** fait partie d’un tout, soit d’un dossier sur le bonheur.
Il(figurant dans la rubrique « religions », « commentaires spirituels ») ne se prête guère à une lecture rapide ou superficielle, au risque d’interprétation fausse et faussée.
De deux choses l’une :

– Le rédacteur n’a pas saisi le contenu de l’article, du fait d’une lecture « en diagonale », trop rapide. Il semble n’avoir retenu que le premier paragraphe de l’article, dont il nous donne une copie d’écran. Dans ce cas, il eut été préférable de simplement donner un lien vers l’article, sans commentaire, laissant aux lecteurs le soin de se faire leur propre opinion******. Il eut été aussi préférable de s’abstenir de commenter un article dont on ne maîtrise pas le contenu.

Le rédacteur a parfaitement compris le propos de Christine Pedotti, mais dans ce cas, on comprend mal ce compte-rendu incomplet et tronqué,  hors-contexte, donnant une interprétation faussée du texte incriminé, de nature à « enduire d’erreur » le lecteur, faisant passer Mme Pedotti(et par ricochets TC) pour une «drôle/mauvaise/fausse chrétienne ». Plus grave encore, le rédacteur du billet d’humeur semble en profiter, au passage, pour régler ses comptes avec un journal qu’il méprise.

C’est peut être une coïncidence, mais on sent comme un air de « déjà vu » à la lecture de ce commentaire de Frédéric Dejean, géographe des religions déjà cité, qui déplorait, il y a presque un an(12 septembre 2012)que l’historien Patrick Cabanel ait pu être « très injustement pris à partie par le journaliste évangélique Paul Ohlott sur son site Actu-chretienne. Que ce dernier règle ses comptes avec ce qu’il appelle la « la vieille soupe religieuse luthéro-réformée », c’est son droit le plus strict, mais qu’il en vienne à offrir une interprétation erronée d’un travail de chercheur dans le but de servir une démonstration fallacieuse, c’est aller un peu loin ».

Un constat facilement ré-actualisable ici.

Bref, « qu’attendre d’un journaliste* ? Tout d’abord, qu’il nous informe. Et donc qu’il soit capable de restituer correctement une information », disais-je plus haut. Cette exigence est-elle atteinte sur ce site « d’actualités chrétiennes », du moins, avec cet exemple ? Peut-on dire : a-t-on « même cela », sur « actualités chrétiennes » ?
Il semble en fin de compte que non. En réalité, Paul Ohlott « ne nous informe pas » (si l’on se base sur les critères posés plus haut), avec ce billet d’humeur,

mais « affirme » les choses, ou prétend « confirmer ce que l’on sait(ou croit savoir) déjà ». D’ailleurs, il est permis de se demander si le genre journalistique choisi(le billet d’humeur) convient pour traiter et donner à comprendre(en nous permettant de dépasser nos préjugés) une information contenue dans un article tel que celui de Mme Pedotti.

Concernant le « billet d’humeur », nous disions plus haut qu’« habituellement, la chute de l’article est particulièrement soignée, constituant en quelque sorte la morale de l’histoire ». Et ici, quelle est peut-être « la morale de l’histoire » ?
Que les ravages d’une lecture en diagonale ne sont plus à démontrer.
Et qu’il est possible d’être « involontairement pédagogique » en donnant l’exemple de ce qu’il ne faut (déontologiquement parlant) pas faire en journalisme.

"Soyons plein d'espérance !" Dans le tunnel par Adrian Paulino

« Soyons plein d’espérance ! »
Dans le tunnel par Adrian Paulino

Heureusement, il est possible d’espérer un apport positif (avec quelques leçons de journalisme) de quelques rares commentaires (parmi 72 environ) :

Robert L. (4 septembre 2013 • 2 h 36 min) : « L’auteure du texte ne dit pas que la mission de Jésus a été un échec, mais qu’au moment précis où le Christ vit le supplice de la croix, il peut ressentir une forme d’échec. C’est bien plus qu’une nuance. N’a t il pas dit: « pourquoi m’as tu abandonné »? Mais pourquoi s’acharner sur TC? ») ;  Le même (4 septembre 2013 • 13 h 31 min) : « Mais relisez pourtant le texte. Plutôt que d’esquiver, répondez sur le fond. Le texte se place du point de vue du christ et ne juge pas de sa mission de manière générale« ).

Et surtout celui de l’internaute « Jean-pierre » (4 septembre 2013 • 13 h 45 min) :
« Bonjour,
Je vous proposerais une autre manière de voir le texte original qui a été écrit dans l’article de témoignagecrhetien.fr . Dans son intention de proposer une réflexion sur le bonheur l’auteur introduit le premier paragraphe avec 3 pistes de réponses:
-Jésus est Dieu; la question ne se pose pas
-Jésus est forcément heureux
-Jésus n’est pas heureux et sa mission est un échec; “on peut aussi considérer que…et que sa mission fut un échec”. Dans ce dernier point le ‘on’ ne semble pas indiquer une prise de position de la part de l’auteur.
Dans les paragraphes suivants l’auteur motive sa question en y apportant un certains contexte biblique: les béatitudes, la sensibilité de Jésus etc…
Puis l’auteur prend position et propose sa réponse, je cite:
‘Ce n’est donc pas dans la figure de l’impassibilité qu’il nous faut chercher un Jésus heureux.En revanche, il est clair qu’il est un homme unifié…Jésus, lui, semble toujours être en plein accord avec lui-même et libre’
Par là l’auteur suggère que le Jésus heureux vient de son accord parfait avec le Père:
‘C’est cet accord, cette unité de l’être que nous voyons en sa personne. Il est l’homme sauvé de la division, capable d’accor¬der sa volonté à celle de celui qu’il nomme « Père ».’
Pour finir, elle termine en disant: ‘ Il porte en lui, et pour nous, la promesse de cet accord intérieur. C’est en nous laissant unifier intérieurement que nous pourrons être vraiment, à son image, des cœurs simples, facteurs de paix et de justice. ’ Elle propose ici qu’en Jésus nous avons la promesse de la reconciliation et l’unité avec le Père.
En espérant que cela vous a aussi éclairer, que Dieu vous bénisse.
Fraternellement Jean-pierre
 
PS: Mon intention n’est pas de chercher à défendre l’auteur mais plutôt d’essayer de comprendre sa pensée ».

Précaution qui tend à révéler qu’il est toujours courageux et périlleux de « donner à comprendre », au risque d’être accusé de « prendre parti ».
Conclusion résumant parfaitement quelle devrait être la position de tout journaliste digne de ce nom. Bravo « Jean-Pierre » !

Question subsidiaire : combien d’internautes auront-ils fait l’effort de suivre cette démarche, dépassant « l’obstacle » du titre du billet d’humeur ?

 

Pour terminer, il est toujours utile de rappeler la charte d’éthique professionnelle des journalistes.

En contre-point, on lira avec profit cette « nouvelle charte de déontologie du journalisme », se voulant « plus exactement conforme à la réalité du journalisme dominant que les chartes, au demeurant respectables, que tant de journalistes ne parviennent pas à respecter ou à faire respecter ». Avec humour, par Philippe Boure, Docteur en Droit des Médias et des NTIC, chargé de cours en « communication et marketing européens » à l’IUT de Nice. Comme il le dit si bien lui-même : « nous nous proposons de présenter le métier de journaliste tel qu’il est réellement aujourd’hui, en dehors de tous les phantasmes qui entourent cette profession, au travers d’une « nouvelle charte déontologique du journalisme ».

Article 1  : Tout journaliste se doit, de respecter son employeur, ses principaux actionnaires, ainsi que les annonceurs publicitaires de son média.
Article 2 : Le droit de savoir trouve ses limites dans le devoir d’informer utilement, en fonction des intérêts propres à son média.
Article 3  : La diffamation est acceptée dès lors :
– qu’elle est source de profit supérieur aux coûts des dommages Intérêts reversés à la personne calomniée
– qu’elle s’inscrit dans la défense de son média, ou dans l’intérêt politique, économique de ce dernier.
Ces deux conditions sont alternatives l’une de l’autre.
Article 4  : Le traitement de l’information reçue doit toujours se faire en fonction des attentes publicitaires des médias.
Article 5  : Les opinions politiques personnelles ne doivent jamais apparaître dans l’écrit journalistique, sauf à servir les intérêts de son média.
Article 6 : Tout journaliste jouit d’une clause de droit économique qui lui permet de changer d’employeur dès lors qu’une proposition économiquement plus intéressante lui est faite. La clause de « bonne conscience » est quant à elle supprimée.
Article 7 : Le traitement médiatique d’une guerre doit toujours être effectuée :
– en fonction de l’opinion de la classe politique dominante
– en fonction de ce que le journaliste voit, en dehors de toute analyse posée et introspective du journaliste.
Article 8  : Les idées contraires aux idées communément admises sont à bannir du traitement médiatique, sauf si ces dernières sont sources de profits immédiats et importants pour le média employeur.
Article 9  : Le journaliste ne peut intervenir dans un autre média que le sien, sauf dans les cas où cet autre média appartiendrait au même groupe de communication ou que son intervention entraînerait des profits réels pour son employeur.
Article 10 : La critique du métier, du monde de la communication ou de ses confrères est à bannir en ce qu’elle porte atteinte à la liberté d’entreprendre des multinationales, à la liberté d’expression, ainsi qu’à l’image des médias.

 

 

Notes :
* Peut prétendre au titre de journaliste toute personne titulaire d’une carte de presse. Celle-ci est délivrée à toute personne qui en fait la demande et tirant plus de la moitié de ses revenus d’une activité réelle de presse(la pub ne comptant pas) : « S’il s’agit d’une première demande, il faut exercer la profession depuis trois mois au moins consécutifs, et tirer de cette activité le principal de ses ressources, c’est-à-dire, plus de 50 %. Naturellement, les fonctions exercées doivent être de nature journalistique. Enfin, l’employeur doit être une entreprise de presse (écrite ou audiovisuelle) ou une agence de presse agréée. Pour un renouvellement, les conditions à remplir sont les mêmes, mais la régularité de l’activité s’apprécie sur les douze mois précédant la demande ».

** l‘ambition du « Tigre magazine », « publication indépendante, n’appartenant à aucun groupe de presse. L’indépendance éditoriale (étant) garantie par l’absence de publicité dans ses pages ». On peut y lire « de longs reportages d’écrivains, des articles géopolitiques, des pamphlets, des dessins de presse, des critiques de la consommation. Le tout émaillé de photos, de jeux typographiques, de citations littéraires, de fausses pubs, d’un roman-photo, d’un feuilleton en bande dessinée, d’une énigme, d’un almanach regorgeant de savoirs utiles et futiles, et d’une bonne dose d’ironie. »
A noter que l’un des deux fondateurs du mensuel, Raphaël Meltz, répète souvent qu’ « il n’est pas journaliste : d’une part parce qu’officiellement (il n’en a )pas le statut (pas de carte de presse), mais surtout parce (qu’il n’a) jamais eu le désir de l’être… »

***Citation à propos du même « Tigre magazine », piochée il y a quelques années sur internet et dont je ne retrouve plus la trace.

****
Dossier bonheur
TC n° 3546 31 août 2013
Jésus était-il un homme heureux ?
Par Christine Pedotti

POINT DE VUE – La question a de quoi surprendre. Cependant, y réfléchir, c’est prendre au sérieux ce que fut Jésus dans son destin humain et, à travers lui, considérer nos propres destins.
La question a de quoi surprendre. On est tenté de répondre que, si Jésus est Dieu, soit la question ne se pose pas, soit la réponse est évidente et il était heureux. On peut aussi considérer que l’homme fut nécessairement inquiet, que sa mission fut un échec retentissant, et qu’il est difficile de penser qu’un tel homme qui achève sa trajectoire supplicié sur une croix, abandonné des siens à l’issue d’un procès bâclé, puisse être qualifié d’« homme heureux ».
Cependant, réfléchir à la question, c’est prendre au sérieux ce que fut Jésus dans son destin humain et, à travers lui, considérer nos propres destins. Tout d’abord, ce qui frappe à la lecture des évangiles, c’est qu’il y est souvent question de bonheur, l’exclamation « Heureux… » revenant à de nombreuses reprises.
Si nous lisons les Béatitudes comme un programme de bonheur proposé par Jésus, il est aisé de vérifier que, selon les critères qu’il donne lui-même, Jésus est un homme heureux. Il a, d’une certaine façon, appliqué son programme : il a choisi d’être pauvre, il a fait partie de ceux qui sont affamés de justice, il a pleuré sur le malheur et l’injustice et, pour finir, il a été insulté, haï, persécuté à cause de l’Évan¬gile qu’il annonçait.
Cependant, le « bonheur » paradoxal de celui qui, certes, souffre mais demeure fidèle à lui-même et à sa propre exigence de vie, peut sans doute être lu à un autre niveau.
 
Les textes évangéliques ne nous montrent pas Jésus d’humeur égale, très loin de là. Il est troublé par la rencontre des autres. Il se laisse émouvoir ou, au contraire, est capable de colère. Il n’est pas un homme sage, au sens où il serait un homme qui maîtrise ses émotions. Point de stoïcisme en lui. Il pleure avec ses amies en deuil devant le tom¬beau de Lazare, et gageons qu’invité à des banquets et des festins, il savait être joyeux convive.
Ce n’est donc pas dans la figure de l’impassibilité qu’il nous faut chercher un Jésus heureux. En revanche, il est clair qu’il est un homme unifié. Contrairement à saint Paul qui explique qu’il fait le mal qu’il voudrait éviter, qu’il ne fait pas le bien qu’il voudrait faire, Jésus, lui, semble toujours être en plein accord avec lui-même et libre. Cet homme, tel que nous le montrent les textes, est, dit et fait d’un seul mouvement puissant et profond de l’être. Sans doute est-ce cette unité intérieure qui lui donnait cette autorité que les textes ne cessent de souligner.
 
Nous-mêmes, au-delà des ennuis et des chagrins ordinaires de nos existences, ne sommes-nous pas surtout malheureux de cette blessure intérieure qui nous laisse intimement divisés. Qui d’entre nous ne désire pas être capable d’accor¬der son être, sa parole et ses actes ? « Que votre oui soit oui », dit Jésus.
C’est cet accord, cette unité de l’être que nous voyons en sa personne. Il est l’homme sauvé de la division, capable d’accorder sa volonté à celle de celui qu’il nomme « Père ». Il porte en lui, et pour nous, la promesse de cet accord intérieur. C’est en nous laissant unifier intérieurement que nous pourrons être vraiment, à son image, des cœurs simples, facteurs de paix et de justice.

***** Voir ce commentaire en réponse à ses lecteurs :

Rédaction – 3 septembre 2013 • 21 h 58 min« Ils[TC] ne doivent pas avoir beaucoup d’abonnés… mais ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. A force d’écrire vraiment n’importe quoi… Pas sûr que cet article suffise à attirer un nouveau lectorat »

****** C’est le choix (simple) du site « Info évangélique » , site ressource mis en place depuis août 2013.

« Eprouver ce qui est bon » : c’est aussi (surtout !) sur internet…

L’Internet tel qu’il est aujourd’hui, ainsi que la masse informationnelle (d’aucun parleront de « déluge ») qui résulte de son essor, nous placent face à un véritable défi, doué d’un enjeu. En effet, nous ne pouvons esquiver l’inévitable question de la fiabilité de l’information disponible sur internet :

Aider par Kosta Kostov

Aider par Kosta Kostov

D’où vient-elle ? Et, surtout, peut-on la croire ?

Chacun connaît le constat classique, que l’on nous présente comme une évidence, à savoir que  « Les jeunes savent mieux que les adultes se servir d’internet ». Ladite évidence se vérifiera sans doute concernant l’utilisation d’un ordinateur, d’un portable ou de tablettes permettant entre autre de jouer à des jeux de voiture….Mais ladite évidence le sera peut-être moins (évidente) concernant une navigation pertinente ou vigilante d’internet.

Dans ce contexte, il est essentiel,

autant pour les jeunes que pour les moins jeunes, d’acquérir « une culture de l’information », pour une recherche « éveillée ».

Qu’est-ce que la culture de l’information ?

Il s’agit d’une culture qui comprend les savoirs suivants :

« Lire » : décoder et comprendre
« Ecrire » : créer et diffuser ses propres productions
« Evaluer » : évaluer la qualité et la pertinence de l’information

C’est ce dernier volet-l’évaluation de l’information sur internet-qui nous occupera maintenant, le temps du présent billet.  En guise de précision, j’ajouterai que, dans le cadre professionnel, je travaille régulièrement avec mes élèves de collège-notamment de troisièmes-sur ces questions de l’origine de l’information, notamment de ce qui a motivé sa publication et sa diffusion.

Concernant l’évaluation de l’évolution sur internet, il est peut-être utile de rappeler, à l’instar des enseignants responsables de « La Commission Français et Informatique » (http://users.skynet.be/ameurant/francinfo/validite/evaluer.html ; http://fr.sarto.free.fr/b2i/exemples_lycee/questionnement.pdf ), « qu’un document Internet reste un document, même si son support est particulier », et qu’ « à ce titre, il (convient) de lui appliquer les règles normales de la critique externe du document, qui s’appliquent d’abord (…) au site qui présente les informations ».

Ces règles reposent sur un questionnement, qui s’avère être le même que celui du journaliste :

Qui ? Quel est «l’hôte» de la page ? Qui héberge le site ? Un site éducatif,  commercial, gouvernemental, politique, religieux…. ?  La page d’accueil est-elle bien indiquée ?

L’auteur est-il clairement indiqué ? Que sait-on de son parcours, sa formation, sa réputation, son domaine et son expérience d’expertise ?
Au nom de qui, de quelle idéologie, s’exprime-t-il ? S’agit-il d’un auteur recommandé, recommandable ?

 Quoi ? (Quelles informations ?) S’agit-il d’une source primaire (des données d’enquête) ? D’une source secondaire (Document qui fait état d’un rapport d’enquête déjà réalisé) ? Les données sont-elles vérifiables ? L’auteur me permet-il de recouper l’information donnée ? L’information communiquée est-elle contradictoire avec d’autres sources déjà consultées ?

L’auteur présente-t-il différents points de vue, notamment lorsqu’il s’agit d’une question polémique ou controversée ?
Son article est-il documenté, argumenté ?
Son langage est-il nuancé ? Très catégorique ? Partisan ?
Est-on en mesure de faire la différence entre ce qui relève de l’information et de la promotion, de la publicité ?
Y-a-t-il des indices qui permettent de douter de la qualité du document ?(fautes d’orthographe, de syntaxe…Références inexactes ? Ou incomplètes ?…)

Suis-je en mesure de comprendre l’information contenue dans l’article ?
L’article est-il en rapport avec le sujet ou hors-sujet ?
Est-ce que je me sens à l’aise avec les conclusions de l’article ?

 Comment ? (comment se présente et est organisée l’information),
Quand ? (L’information est-elle régulièrement mise à jour ? La date de création est-elle indiquée ? Y a t il plusieurs liens inactifs-ce qui indique que les mises à jour ne sont pas faites régulièrement ?…)
Où ? (Quelle partie du site contient l’information ?)
Pourquoi ? (Question liée à l’objectivité de l’information)

Quel semble être le but premier de l’auteur ? Est-il évident, clair ? Pourquoi l’auteur me communique-t-il cette information ?

A-t-il pour but d’informer, d’aider, d’éduquer, d’expliquer ? De donner son opinion personnelle ? De vendre ? Défendre ou servir une cause ? A-t-il des visées publicistes, propagandistes, lobbyistes ?

(http://www.bibliotheques.uqam.ca/InfoSphere/fichiers_communs/feuilles_travail/feuille5.pdf )

Les enseignants responsables de « La Commission Français et Informatique » parlent, quant à eux, « d’altruisme »(« aider son prochain en diffusant la connaissance »), d’ « égoïsme »(« Regardez comme je suis intéressant; ma page personnelle n’est-elle pas admirable ? »), de « capitalisme »(« Achetez mon produit ! ») et « prosélytisme »(« adhérez à mes idées ! »)
(http://users.skynet.be/ameurant/francinfo/validite/evaluer.html ; http://fr.sarto.free.fr/b2i/exemples_lycee/questionnement.pdf )

Toutes ces questions doivent être, bien entendu, prises ensemble : déterminer la fiabilité ou non d’une information dépend de la convergence des réponses obtenues.

En guise d’application de ce qui précède, nous suggérons l’analyse de « Novopress », qui se présente comme une « agence de presse indépendante ».

A ce sujet, Ludovic Finez, dans un article initialement paru sur le site du Club de la Presse Nord-Pas-de-Calais le 22 juillet 2005 (et publié sur le site Acrimed le 27 juillet 2005 ), ainsi que Loïc Blache, dans un article plus récent publié le 14 mars 2013, ont su formuler le questionnement présenté ci-dessus :

Au début, on pouvait croire « à une nouvelle agence de presse qui donne des infos sur la région », commente Ludovic Finez. « Sur sa page d’accueil, le site Novopress se présente comme une agence de presse internationale, iconoclaste et réactive. (…)  Novopress affirme défendre une information alternative et sans tabous pour lutter contre le monde de la pensée et de l’information unique, un monde où Big Brother voit, entend, lit et dirige tout. Ce n’est qu’en lisant plus attentivement certains textes mis en ligne que l’on comprend mieux ce que Novopress appelle une information alternative et sans tabous.

Question contenu, l’agence de presse ne fait pas preuve d’une « grande originalité par rapport aux commentaires faits par la presse régionale. Et pour cause… puisque nombre d’entre eux, vérification à l’appui, sont des articles intégralement pompés dans les éditions de La Voix du Nord. Évidemment, une telle pratique est déjà en soi répréhensible mais ce n’est pas le plus grave. Loin de là. Le plus grave, c’est le ton d’autres « articles », qui dégagent une nauséabonde odeur de xénophobie et d’incitation à la haine raciale (…)

A ce stade de la lecture, l’envie démange d’en savoir un peu plus sur les responsables de ce site ». (…)Pour savoir qui se trouve derrière le nom de domaine Novopress, il est « inutile de chercher sur le site des coordonnées, à part des adresses e-mail impersonnelles. En revanche, une simple requête sur le site Gandi.net nous en apprend beaucoup plus. Le nom de domaine Novopress (…) a été déposé par un certain Fabrice Robert. Un inconnu ? Pas vraiment…

(…)Ex-conseiller municipal FN à La Courneuve, ex-membre du Conseil national du MNR (de Bruno Mégret), c’est aussi l’ancien porte-parole d’Unité radicale. C’est à cette organisation, interdite depuis, qu’appartenait Maxime Brunerie, qui avait tenté de tirer sur Jacques Chirac le 14 juillet 2002. Parmi d’autres « exploits », Fabrice Robert est aussi le fondateur du groupe de rock radical Fraction Hexagone, qui promet « une balle pour les sionistes, une balle pour le cosmopolitisme, et une balle pour la police » ou rend hommage à la croix celtique, symbole depuis longtemps récupéré par les groupuscules fascistes.
Aujourd’hui, Fabrice Robert est président du Bloc identitaire* (qui, entre autres, dit « son opposition totale au dogme du métissage ethnique »), créé en 2003, après la dissolution d’Unité Radicale. Tout soupçon d’homonymie est à écarter : l’adresse postale (à Nice) du Bloc identitaire (précisée sur son site) et celle du dépositaire de Novopress sont les mêmes. La filiation entre les deux structures est de toute façon évidente. Un lien sur le site de Novopress renvoie vers ID Magazine (domicilié à Nivelles, en Belgique), publication commune au Bloc Identitaire et aux Jeunesses Identitaires, présidées par un comparse de Fabrice Robert. Par ailleurs, Novopress a relayé la campagne, pour une élection partielle à Nice, d’un « candidat identitaire », « soutenu par Fabrice Robert, président du Bloc Identitaire ».

Et voilà comment, pensant trouver le site d’une nouvelle agence de presse, on tombe en fait sur une émanation d’un groupuscule de l’extrême droite la plus radicale»

[*qui se classe à l’extrême-droite de l’échiquier politique français.]

Lampe par bruna pires

Lampe par bruna pires

En règle générale, nombre d’informations(ou présentées comme telles-surtout celles à tendance polémique), « piquées » ici ou là, sont souvent relayées en boucle d’un site à l’autre ou d’un forum à l’autre. Et ce, sans vérification, semble-t-il, autant de la validité de ladite information, que de la source. Dans le cas de Novopress, il est tout à fait possible de savoir quel site l’utilise fréquemment(en connaissance de cause ou non-c’est une autre histoire), en rédigeant une équation de recherche sur votre moteur de recherche favori : nom du site + Novopress ;  Novopress + sujet (Ex : Bible King James ou redoute + propagande…)

Éprouvez toutes choses; retenez ce qui est bon. 22 Abstenez-vous de toute apparence de mal.(1 Thes.5v21-22)

A lire :

http://tempsreel.nouvelobs.com/le-dossier-de-l-obs/20120921.OBS3171/reacosphere-le-cas-novopress.html

http://owni.fr/2011/05/16/les-familles-dextreme-droite-sur-internet/