« La discipline positive » de Dieu

"Et tu reconnais, à la réflexion, que le SEIGNEUR ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils"(Deut.8v5).

« Et tu reconnais, à la réflexion, que le SEIGNEUR ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils »(Deut.8v5).

Proposer une étude biblique sur le sujet de la discipline, même « positive », n’est sans doute pas ce qui est le plus populaire. Néanmoins, une telle thématique me paraît garder toute sa pertinence en cette période d’été, où chacun est invité au relâchement, comme à « laisser son cerveau au placard ». Voici donc, en guise de réflexion et de méditation, avec quelques prolongements possibles :

Hébreux 12v7-13 : « C’est pour votre éducation que vous souffrez. C’est en fils que Dieu vous traite. Quel est, en effet, le fils que son père ne corrige pas ? Si vous êtes privés de la correction, dont tous ont leur part, alors vous êtes des bâtards et non des fils. Nous avons eu nos pères terrestres pour éducateurs, et nous nous en sommes bien trouvés ; n’allons-nous pas, à plus forte raison, nous soumettre au Père des esprits et recevoir de lui la vie ? Eux, en effet, c’était pour un temps, selon leurs impressions, qu’ils nous corrigeaient ; lui, c’est pour notre profit, en vue de nous communiquer sa sainteté. Toute correction, sur le moment, ne semble pas sujet de joie, mais de tristesse. Mais plus tard, elle produit chez ceux qu’elle a ainsi exercés un fruit de paix et de justice. Redressez donc les mains défaillantes et les genoux chancelants, et pour vos pieds, faites des pistes droites, afin que le boiteux ne s’estropie pas, mais plutôt qu’il guérisse »(TOB).

Deutéronome 8v2-5 : « Tu te souviendras de toute la route que le SEIGNEUR ton Dieu t’a fait parcourir depuis quarante ans dans le désert, afin de te mettre dans la pauvreté ; ainsi il t’éprouvait pour connaître ce qu’il y avait dans ton cœur et savoir si tu allais, oui ou non, observer ses commandements. Il t’a mis dans la pauvreté, il t’a fait avoir faim et il t’a donné à manger la manne(1) que ni toi ni tes pères ne connaissiez, pour te faire reconnaître que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais qu’il vit de tout ce qui sort de la bouche du SEIGNEUR. Ton manteau ne s’est pas usé sur toi, ton pied n’a pas enflé depuis quarante ans, et tu reconnais, à la réflexion, que le SEIGNEUR ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils« (TOB).

2 Samuel 7v12-15 : « Lorsque tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, j’élèverai ta descendance après toi, celui qui sera issu de toi-même, et j’établirai fermement sa royauté. C’est lui qui bâtira une Maison pour mon Nom, et j’établirai à jamais son trône royal. Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils. S’il commet une faute, je le corrigerai en me servant d’hommes pour bâton et d’humains pour le frapper. Mais ma fidélité ne s’écartera point de lui…. » (TOB)

2 Timothée 4v1-5 : « Je t’adjure en présence de Dieu et du Christ Jésus, qui viendra juger les vivants et les morts, au nom de sa manifestation et de son Règne : proclame la Parole, insiste à temps et à contretemps, reprends, menace, exhorte, toujours avec patience et souci d’enseigner. Viendra un temps, en effet, où certains ne supporteront plus la saine doctrine, mais, au gré de leurs propres désirs et l’oreille leur démangeant, s’entoureront de quantité de maîtres. Ils détourneront leurs oreilles de la vérité, vers les fables ils se retourneront. Mais toi cependant, sois sobre en toutes choses, supporte la souffrance, fais œuvre d’évangéliste, remplis ton ministère »(TOB).

Tite 2v11-12 : « Car elle s’est manifestée, la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes. Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux désirs de ce monde, pour que nous vivions dans le temps présent avec réserve[ou : sagesse], justice et piété »(TOB).

Prolongements :

  • « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son oeuvre », dit Jésus(Jean 4v34). « Dieu est amour », rappelle l’apôtre Jean (1 Jean 4v8). Dieu est « amour pour sa création et amour personnel pour chacun. Jésus dit que sa nourriture est de faire la volonté de Dieu. C’est sa joie, le moteur de sa vie, le but de son existence. Ce ne peut donc être ni pesant ni de l’ordre du devoir. Cela relève du désir, de l’élan de vie, de la relation aimante de celui qui se sait aimé. C’est un acte de vie que de faire la volonté de Dieu(…). Faire la volonté de Dieu est la réponse personnelle de chaque individu au dessein de Dieu(…). La volonté, le désir de Dieu ne peuvent en aucun cas être en contradiction avec nos désirs et nos aspirations les plus authentiques(…)car Dieu est créateur de ces désirs-là(….)Le désir est essentiel à la vie. Dans le désir est la vie ; en éteignant le désir, nous éteignons la vie. Il n’est pas possible de tuer, de nier, d’interdire le désir, sous peine d’être des morts-vivants. Mais nous ne pouvons pas non plus désirer n’importe quoi, n’importe comment, sous prétexte que l’essentiel est de nous faire plaisir, car alors nous allons vers la destruction »(D’après Simone PACOT. L’Evangélisation des profondeurs. Cerf, 2001. Epiphanie initiations, pp. 141-144).

 

  • « Dans la nouvelle école – « détruite en temps de paix » – à reconstruire, « il s’agit(…)d’accéder à toutes les disciplines(…)de transposition de la démesure en mesure(…). La maîtrise des passions, savamment conduite, permet tout simplement [à l’élève]de se rendre maître de lui-même[de se discipliner le corps et l’esprit], c’est à dire de s’avoir », conditions nécessaires, au préalable, « de l’accès possible aux savoirs[disciplinaires] »….Cette nouvelle école permettrait « à chacun, non de vivre ses passions[et d’avoir « tout, tout de suite »], comme le dit la publicité, mais de les rendre productives, autant pour lui que pour les autres »(D’après Dany-Robert DUFOUR. L’individu qui vient. Folio essais, 2015, pp.350-361)

 

  • A lire, encore : Jane NELSEN(Adapt. de Béatrice SABATE). La Discipline positive. Poche Marabout, 2014.

 

Bonnes lecture, étude et méditation !

 

Note :

(1)Laquelle manne « était comme de la graine de coriandre(…)blanc, avec un goût de beignets au miel »(Ex.16v31).

Dans quelle mesure avez-vous adopté ces « sophismes » postmodernes ?

"L'individu" serait encore à venir, selon Dany-Robert Dufour, puisque nous ne serions pas des "individualistes", mais des égoïstes grégaires", pour qui "les vices privés font les vertus publiques" !

« L’individu » serait encore « à venir », selon Dany-Robert Dufour, puisque nous ne serions pas des « individualistes », mais des « égoïstes grégaires », pour qui « les vices privés font la vertu publique » !

« Veillez à ce que nul ne vous prenne au piège de la philosophie, cette creuse duperie à l’enseigne de la tradition des hommes, des forces qui régissent l’univers et non plus du Christ » (Col.2v9. TOB)

« Mais si vous ne pensez à rebours, vous périrez tous également »(Luc 13v3)

« Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait ». (Rom.12v2)

Le postmodernisme, vous connaissez sans doute, surtout après avoir lu « les défis de la postmodernité » d’Alfred Kuen. Mais connaissez-vous les deux courants de pensée qui en sont au cœur et que la plupart semble avoir adopté aujourd’hui ?

Ces courants, Dany-Robert Dufour les appelle des « sophismes », dans son ouvrage sur le postmodernisme : « L’individu qui vient… » (Denoël, 2015. Folio Essais).

Qu’est-ce qu’un « sophisme » ? Et qu’est-ce qu’un « sophiste » ?

« Sophisme » vient du latin « sophisma », « sophisme », venant du grec ancien « sophisma », « habileté », « invention ingénieuse », « raisonnement trompeur ». Il se donne toutes les apparences de la « sagesse », d’autant plus qu’il n’aura échappé à personne qu’il est dérivé de « sophia », « sagesse », « savoir ». (Source : http://www.cnrtl.fr/lexicographie/sophisme )

Mais c’est là une « fausse sagesse », d’autant plus que « sophisme » rime avec « sottise ».

Les « sophistes », quant à eux, rappelle Dany-Robert Dufour, « ne se soucient nullement de la vérité », contrairement aux véritables « amoureux de la sagesse ». « Ils ne cherchent qu’à persuader leur auditoire quelle que soit la proposition à soutenir. Pour obtenir ce résultat, ils profitent donc des ambiguïtés du langage afin de produire des raisonnements en apparence solides, ayant l’apparence de la rigueur démonstrative, mais contenant en réalité un vice, volontaire ou non, permettant de provoquer l’adhésion de l’auditeur ».(op. cit., pp110-111). Avec cet esprit sophistique, le mal devient bien (ou « progrès »), le faux le vrai, l’esclavage la liberté, [la guerre la paix], le vice privé [ou l’égoïsme] la vertu…. (op. cit., p 114)

Il importe de les démasquer impérativement, « car si la première bêtise n’est pas tout de suite réfutée et dénoncée pour ce qu’elle est – une bêtise – la porte est ouverte à toutes les autres qui peuvent alors s’agencer en autant de vrais systèmes bêtes qui paraissent très intelligents ».

Pour Dany-Robert Dufour, ces deux sophismes sont l’utilitarisme et le pragmatisme (op. cit. pp 113-121).

1) L’utilitarisme(1), ou « l’adieu aux idéaux » (qualifiés de « discours »), incite à croire « qu’on n’a plus du tout à se soucier de savoir si une action est vertueuse au départ ; la seule chose qui importe est qu’elle soit vertueuse à l’arrivée ». Il « se caractérise par un oubli volontaire des causes et une valorisation exclusive des conséquences. C’est là ce qu’on appelle depuis la fin des années 1950 un « conséquentialisme ». Peu importe donc au nom de quoi on entreprend une action, ce qui importe, c’est qu’elle soit censée engendrer le plus de bonheur pour l’ensemble de tous les agents – le bonheur étant défini comme la maximisation des plaisirs et la minimisation des peines [ou des désagréments, des embêtements] ». Ainsi, par exemple, ajouterai-je, l’utilitarisme me paraît privilégier « le consommateur » (l’essentiel étant qu’il soit « content/satisfait » d’un service rendu le plus efficacement possible « ou remboursé »), au détriment du citoyen.

En « conséquence », cette nouvelle « morale conséquentialiste » permet le plus grand cynisme de la part des décideurs de l’action qui pourront alors dire à leurs administrés ou à leurs salariés quelque chose qui ressemble à Jean 11v50. En gros, « ne voyez-vous pas que nous faisons cette action [vous licencier, détruire des emplois, par exemple] pour le bien futur du plus grand nombre ? Ne seriez-vous pas un peu égoïste », à toujours vous préoccuper que de vos seuls droits ? Dans ces conditions, la dignité humaine (ne pas dire « oui » à tout) ne pèse pas bien lourd….

D’autre part, le conséquentialisme est également « im-prudent, puisqu’il incite à agir en fonction d’un futur (toujours hypothétique) en refoulant (ou ignorant) l’examen du présent (toujours certain). Et il rend « désuète la morale (ce qui vaut pour tous), au profit de l’éthique (ce que j’ose faire, y compris contre tous) ».

2) Le pragmatisme (terme que l’on emploi souvent à tort et à travers) ou « l’adieu à la vérité », voit son avènement avec William James, à la fin du XIXe siècle. Pour ce dernier, « le vrai », qui « n’existe tout simplement pas », est « ce qui marche ». Cette attitude pragmatique implique « qu’il n’y ait plus de « théorie », mais seulement de la « praxis », de l’action. Je ne peux donc voir ou concevoir aucune idée, mais seulement faire des expériences, des expériences infiniment multiples et variées »(2). Une philosophie qui se retrouve d’ailleurs au cœur d’une certaine théorie de l’éducation de John Dewey.

Or, l’on ne saurait avoir une bonne « orthopraxie » sans une bonne « orthodoxie ».

Evaluez-vous maintenant : lequel de ces sophismes avez-vous adopté, « avalé », même inconsciemment ? Comment ? Pourquoi ? Lequel est le plus dominant autour de vous ?

A méditer :

« Vous, frères, c’est à la liberté que vous avez été appelés. Seulement, que cette liberté ne donne aucune prise à la chair ! Mais, par l’amour, mettez-vous au service les uns des autres. Car la loi tout entière trouve son accomplissement en cette unique parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais, si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres. Ecoutez-moi : marchez sous l’impulsion de l’Esprit et vous n’accomplirez plus ce que la chair désire »(Gal.5v13-16. TOB)

Voir aussi : Ephésiens 5v8-9 ; Ps.40v9 ; Prov.31v8-9  ; 1 Jean 1v7  ; 1 Jean 2v6. L’un et l’autre des passages suivants nous invitent, en tant que chrétiens, à « marcher dans la vérité, la lumière », « dire la justice », et « produire le fruit de la lumière », marcher comme Jésus a marché lui-même.

 

Aller plus loin :

Un article parmi d’autres, sous forme de parabole, sur la justice : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2015/06/03/notre-regard-sur-la-justice-ou-le-conte-des-balances/

Qui comprend le test suivant : lisez attentivement cet article : « Amazon, l’envers de l’écran » de Jean-Baptiste Malet, paru en novembre 2013 dans « Le Monde diplomatique » : ou les dessous de la célèbre multinationale organisée selon une idéologie bien définie. Comme le relève le célèbre journaliste Günter Wallraff, son système ne nous pose pas la simple question, « neutre », « de savoir si nous voulons ou non consommer sur son site Internet », ou s’il est « moral ou non » d’acheter sur internet  ; « il nous pose des questions politiques : celles de notre choix de société. »

Puis réagissez. Pourquoi réagissez-vous comme vous réagissez à cet article ? De quel côté vous positionnez-vous ? Pourquoi ?

Et ces deux autres articles sur la vérité : http://www.ethiquechretienne.com/relativisme-et-verite-a2143759 ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/01/31/dire-la-verite-toute-la-verite-rien-que-la-verite-dire-betement-la-verite-bete-ennuyeusement-la-verite-ennuyeuse-tristement-la-verite-triste/

 

 

Notes :

(1) Lequel utilitarisme (Bentham, puis John Stuart Mill) vient du libéralisme anglais.

(2) A noter que cette notion d’expérience, propre au pragmatisme, est au centre de la pensée de David Hume, ami d’Adam Smith et figure décisive du libéralisme anglais.

« Car nous sommes ouvriers avec Dieu », pas « prolétaires »

"Prolétaire à la chaîne". Par Colloghan.

« Prolétaire à la chaîne ». Par Colloghan.

« Car nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, l’édifice de Dieu. » (1 Cor.3v9. Colombe)

 

Lu récemment, ce qui n’a pas manqué de m’interpeller : « L’ouvrier, comme son nom ancien d’ « oeuvrier » l’indique assez, est celui qui porte une œuvre en lui et qui la réalise. Le prolétaire – à ne pas confondre avec ouvrier – est celui à qui l’on a confisqué l’œuvre. Pour obtenir un prolétaire à partir d’un ouvrier, il faut commencer par ne pas appliquer ce que Hobbes appelait « la loi de l’égalité naturelle » entre les êtres, ce qui crée une situation où certains ont plus [que leur part], cependant que d’autres ont moins. Pour réaliser ce tour, il faut et il suffit de vider la tête de l’ouvrier afin de le délester de l’œuvre qu’il porte en lui. On obtient alors un être spolié de l’œuvre dont il était porteur puisque le dessin, la forme de cette œuvre, a été transféré de sa tête à celle de l’ingénieur. Elle est alors devenue hors de portée et, lorsqu’elle revient, c’est sous une forme parcellarisée en tâches fonctionnelles, vidée du sens qu’elle portait. Le résultat, c’est que cet ouvrier, devenu prolétaire, n’utilise plus des outils en se servant d’eux pour fabriquer son œuvre mais est transformé en un servant de la machine en charge d’une tâche parcellaire auxquelles tous les prolétaires, dans leur ensemble, se trouvent assujettis »( Dany-Robert Dufour. « L’individu qui vient… ». Folio, 2015, pp 203-204)

Réflexion, transposable dans un contexte d’Eglise :

Ce que nous faisons a-t-il du sens ?

Dans quelles mesures les conditions sont-elles réunies, au sein de nos églises locales, pour que chacun soit en mesure d’être pleinement « ouvrier avec Dieu », réalisant « l’œuvre en lui », qu’il est appelé à accomplir ? Nos pratiques « créent-elles du prolétariat », plus qu’elles n’encouragent véritablement des ouvriers dignes de ce nom ?

Dans notre travail en équipe, donnons-nous à voir le sens global d’une oeuvre collective en train de se faire, ou nous bornons-nous  à confier des « micro-tâches » à nos collaborateurs ?

Et par associations d’idées, dans quelles mesures l’industriel (celui qui produit en série) a-t-il remplacé l’artisan ? Dans quelles mesures avons-nous substitué la rentabilité et l’efficacité à la qualité et à l’authenticité ?

Qu’est-ce que « faire sa part » ? Faire sa « juste part » ?

Inspi cinéma : voir la scène du travail à la chaîne, dans « Le Roi et l’oiseau » de Paul Grimault (1980) ; « la classe ouvrière va au paradis » d’Elio Pétri (1971).

Passages à lire et à étudier ensemble :

« Pendant qu’il fait jour, nous devons accomplir les œuvres de celui qui m’a envoyé. La nuit s’approche, où personne ne peut travailler ».(Jean 9v4. BFC)

« Dès avant ma naissance, le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore au ventre de ma mère quand il a prononcé mon nom. Il a fait de ma parole une épée tranchante et il me cache à l’abri de sa main. Il a fait de mon message une flèche pointue, dissimulée dans son carquois. Il m’a dit : « C’est toi qui es mon serviteur, l’Israël dont je me sers pour manifester ma gloire. » Quant à moi, je pensais m’être donné du mal pour rien, avoir usé mes forces sans résultat, pour du vent. Or le Seigneur garantit mon droit, mon Dieu détient ma récompense ».(Es.49v1-4)

« Car c’est lui qui nous a faits ; nous avons été créés en Jésus Christ pour les œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance afin que nous nous y engagions » (Eph.2v10. TOB)

« Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur reste dans l’ignorance de ce que fait son maître ; je vous appelle amis, parce que tout ce que j’ai entendu auprès de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jean 15v15-16. TOB)

« Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire. Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de cette gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût ».(Jean 17v4-5)

 

 

« Tout a, ou bien un prix ou bien une dignité »

Ce qui est digne "ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité" : par exemple, la vie d’un enfant, son éducation...

Ce qui est digne « ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité » : par exemple, la vie d’un enfant, son éducation…

La citation du Week-end, et ce n’est pas un « poisson d’avril » !

 

« Tout a, ou bien un prix ou bien une dignité. On peut remplacer ce qui a un prix par son équivalent ; en revanche, ce qui n’a pas de prix, et donc pas d’équivalent, c’est ce qui possède une dignité », affirme Kant(1), philosophe du XVIIIe siècle, dans ses « Fondements de la métaphysique des mœurs »(1785).

En clair, « ce qui a un prix » (marchand) est la « valeur » d’échange d’un objet : une voiture, un téléphone ou un ordinateur portable…. Lesquelles valent « tant » en euros ou en dollars, par exemple. Et c’est l’échange des biens qui transforme ceux-ci en marchandises.

Jusqu’à quel point réduisons-nous l’autre à l’état de « marchandises » ?

Or, un enfant, comme son éducation ou sa santé, par exemple, cela n’a pas de prix. L’un et l’autre ne sont pas des « moyens », nous permettant d’atteindre un but personnel, mais sont « une fin » en eux-mêmes, c’est-à-dire qu’ils ont une valeur pour eux-mêmes.

Relevons l’ambigüité (ou la confusion) qui règne autour du terme de « valeur », au sens à la fois « éthique »/« moral » et « boursier ».  Mais si nous considérons que « l’éducation » n’a « pas de prix », nous estimons (sic) qu’ « elle a un coût », ramenant encore le débat sur le terrain purement économique. La place exclusive donnée aux valeurs purement marchandes (de même que la question du coût ou la logique comptable-ne parlons pas de cette idéologie économique qui voudrait mettre les écoles en situation de « concurrence » les unes contre les autres) nous empêcherait-elle de discerner ce qui est fondamental et vital, ce qui est « une question de vie ou de mort » ?

Il importe donc de distinguer le moyen (ce qui a un prix et pouvant être remplacé par un autre moyen de prix équivalent), de la fin (ce qui a une valeur pour lui-même) : il s’agit là d’une invitation à dépasser une logique purement pragmatique, comme à préserver ce qui est  « non négociable », échappant au secteur exclusivement marchand.

Pour Dany-Robert Dufour, « ce principe de dignité ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité » : encore une fois, la vie d’un enfant, son éducation….« Face à la loi égoïste de la maximisation des intérêts personnels, la loi altruiste[ou de l’amour, dirai-je] « m’oblige à considérer l’autre, non comme un moyen pour réaliser mes fins, mais comme une fin en lui-même »(Dany-Robert Dufour, IN « L’individu qui vient…après le libéralisme ». Folio essais, 2016, p 58)

Le 7ème Salon de l'Education Chrétienne vous invite à réfléchir et à échanger autour de "l'éducation véritable" du vendredi 15 avril au dimanche 17 avril 2016

Le 7ème Salon de l’Education Chrétienne vous invite à réfléchir et à échanger autour de « l’éducation véritable » du vendredi 15 avril au dimanche 17 avril 2016

C’est aussi « collectivement », ensemble, que nous pourrons réfléchir à ce qui est « véritable » et non pas (uniquement) « comptable », relatif à l’éducation : il s’agit bien d’un enjeu « de vie ou de mort » ! C’est dans cette perspective que nous vous invitons à participer au 7ème Salon de l’Education chrétienne, qui aura lieu prochainement en région parisienne : toute personne interpellée, qui a ou aura une responsabilité éducative ou instructive au sein de la famille, l’école ou l’église, est la bienvenue !

Ouverture au public, le vendredi 15 avril à 19h00, avec une soirée artistique. Suivi de la journée du samedi 16 avril, riche en enseignements-plénières, table ronde, ateliers- et en rencontres potentielles avec les orateurs, intervenants, exposants. Sans oublier les animations pour enfants, avec un concours BD gratuit. Clôture avec le culte spécial « éducation », le dimanche matin 17 avril. En savoir plus sur le détail du programme. Inscriptions recommandées ici.

Venez en famille soutenir et recevoir ! Invitez vos amis et ne manquez pas de relayer cet événement autour de vous !

 

PS : ce blogue se met en pause à partir d’aujourd’hui, pendant tout le mois d’Avril. Retour prévu début mai. Profitez-en pour lire et relire les anciens billets !(2)

 

 

Notes :

(1) Bien avant lui, Dieu se révèle comme Celui qui rend l’honneur(ou de la dignité) perdu : Ps.91v15(BFC). Il « a composé le corps(de Christ) en donnant plus d’honneur à ce qui en manque, afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient un commun souci les uns des autres »(1 Cor.12v24-25. Colombe).

En 1 Cor.1v27-28, Il choisit « ce qui est faible dans le monde, pour confondre ce qui est fort » ; et choisit « ce qui dans le monde est vil et méprisé, ce qui n’est pas », pour « réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune créature ne puisse tirer quelque fierté devant (Lui) ».

Enfin, Dieu révèle au peuple d’Israël Sa conception des « valeurs », en Deut.7v7-8 : « Si le Seigneur s’est attaché à vous », leur dit-il, « et s’il vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais si le Seigneur, d’une main forte, vous a fait sortir et vous a rachetés de la maison de servitude, de la main du Pharaon, roi d’Egypte, c’est que le Seigneur vous aime et tient le serment fait à vos pères »(TOB).

(2) Par exemple, ce sondage – toujours d’actualité – ou ce défi apologétique, autour du pardon.

« Holly Spirit » : Un chant sur le Saint-Esprit ?

Voici, pour ce week-end, « Holy Spirit », un chant de Kim Walker-Smith, de « Jésus Culture »(1).

Un chant sur le Saint-Esprit ?

Et pourquoi pas ? D’autre part, parce que Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit(Matt.28v19), et puisque sans le Saint-Esprit, nous ne serions pas « convaincus de péché, de justice, de jugement »(Jean 16v8) ; nous ne naîtrions pas « d’en haut »(Jean 1v12-13 et 3v3-7 ; Tite 3v5) ; et sans Lui, nous ne serions pas membres du corps de Christ, de l’Eglise (1 Corinthiens 12v13) ; nous ne serions ni unis, ni aptes à mener une vie de nature à plaire à Dieu (Eph.4v3-4, 5v18-21 ; Gal. 5v16-25….) ; et nous ne serions pas « conduits dans toute la vérité »(Jean 16v13) ou aptes à connaître ce qui vient de Jésus et le glorifie(v14-15)….et bien d’autres choses encore !

 
Apprenons donc à « Connaître le Dieu Trine » ! Mais qu’est-ce que cela change, me demanderez-vous ?
La réponse dans cette excellente prédication donnée le 2 décembre 2012 par le théologeek suisse Olivier Keshavjee, actuellement « animateur vie paroissial ».
Textes : Ephésiens 1, 3–14 ; 1 Jean 1, 1–14
Plan :
Introduction :
Le prédicateur commence par nous confier avoir été quelque peu « découragé, ces jours. Découragé suite à ces débats d’Églises, l’impression de perdre tellement de temps et d’énergie alors qu’il y aurait tellement plus à faire. Découragé, justement, à cause de tout ce qu’il y a à faire: les champs sont mûrs pour la moisson, et il y a peu d’ouvriers. Découragé parce qu(’il se sent) plein de faiblesse et pas à la hauteur… ». Cependant, il relève « différentes choses qui (lui) ont fait du bien cette semaine, et la principale, ça a été de (se) souvenir un peu plus particulièrement qui est Dieu, qui il est pour (lui). Et ça (lui)a fait un bien fou ».
Qui est le Dieu qui nous sauve?
Quelques pas de danse :
o Connaître Dieu dans la prière
o Connaître Dieu dans la communauté
o Connaître Dieu dans la mission
Conclusion : « Le salut, donc, c’est le Dieu Trinitaire qui invite toute la création dans une communion d’amour avec lui. Apprenons à connaître le Père, le Fils et l’Esprit de manière intime, personnelle. Et que ce soit en famille, dans un groupe de maison, un autre groupe, le salut n’est pas un truc individuel. Recherchons toujours d’avantage cette dynamique, et cela à plusieurs, pour notre joie, et pour qu’elle déborde au-delà de nous, pour la gloire de Dieu ».

Apprenons donc à connaître le Dieu Trine, et, surtout, apprenons à le connaître en famille !

Ecouter ici la prédication http://corsiercorseaux.eerv.ch/rentrer-dans-la-dynamique-du-dieu-trinitaire-ephesiens-1-3-14-1-jean-1-1-4/   (+ « abolir les murs de la haine »)

En guise de prolongement, voir aussi, via la pensée de Dany-Robert Dufour (un auteur pourtant non chrétien), sur ce mystère central du christianisme, combien « la trinité loge dans notre langue » ! Analyse critique des conséquences de cette volonté de la pensée occidentale de réduire le ternaire au binaire dans ce « devoir philo » du journal québecquois « Le Devoir ».

Sur ce, bon Week-end !

 

 

Notes :

(1) « Jésus culture » est une communauté de “leaders de louange” et de musiciens, dont le but, depuis 1999, est « d’amener le corps de Christ à s’abandonner radicalement à un style de vie d’adoration motivé par un désir de voir Dieu recevoir la gloire qui Lui est due ». (Source : enseignemoi.com).

Vous pouvez découvrir un autre chant(« Break every chain ») de Kim Walker-Smith ici.

Foireux liens de Novembre (12) : « Penser juste dans un monde complexe »

Un monde binaire : les gentils et les méchants

Un monde binaire : les gentils et les méchants

Sans oublier d’être vrai et bon*….

« Puisque la vie continue, autant la rendre plus belle », écrit magnifiquement le journaliste et blogueur catholique « Joseph Gynt » dans « Les Cahiers libres ». Lequel est conscient que « nous, chrétiens, savons bien qu’on ne change pas une société sans convertir le cœur des individus qui la composent ». Le « cœur des individus », mais avant tout le nôtre, d’où l’importance de nous ramener « à nos engagements premiers : « là où est la haine, que je mette l’amour, là où est l’offense, que je mette le pardon… Là où est l’erreur, que je mette la vérité ! » Dans ce cadre, poursuit Joseph Gynt, « les blogs et les réseaux sociaux peuvent être des armes d’évangélisation massive[face à la destruction et à la distraction massives], si nous osons y proclamer ce qui nous anime ».
La mission du chrétien serait donc de « rendre la vie plus belle »….et surtout, face aux extrémismes et aux fanatismes, peut-être moins simpliste, moins « binaire », comme nous y invite Yannick Imbert, professeur d’apologétique à la Faculté Jean Calvin(Aix-en-Provence) dans deux billets tout à fait salubres et pertinents, à ne pas manquer cette semaine** :

1)Sur Le Bon Combat, il réagit à un vieil article[plutôt un dessin] intitulé « Naissance du Christianisme vs naissance des autres religions », mettant en garde : dans notre démarche d’ « apologétique »(de « défense de la foi »), « ne nous focalisons pas sur des résumés trop rapides »[ou des schémas trop simplistes], mais « concentrons-nous plutôt sur les personnes qui croient », lesquelles sont en réalité souvent plus complexes que les étiquettes qu’on leur colle pour se rassurer. C’est moi qui souligne : l’attitude à adopter devrait être la même envers des croyants d’autres confessions chrétiennes, qu’ils soient protestants(historiques ou luthéro-réformé), évangéliques-« charismatiques » ou « non charismatiques », « pentecôtistes », « baptistes », « libristes », « mennonites », « adventistes », « darbystes », et autres « istes » ou « iques »…

2)Sur son propre blogue-« De la Grâce dans l’encrier »,  il relève combien notre « éthique chrétienne » devrait nous interdire « de raisonner par peur, mais » plutôt nous exhorter « à raisonner par justice et compassion ».

Au lendemain des attaques du 13/11/15 sur Paris, Yannick Imbert analyse les récentes déclarations sur l’Islam de Franklin Graham, qui comptent parmi les posts publiées sur les réseaux sociaux, récapitulant, selon lui, « tout ce qui convient de ne pas dire ».
Car Franklin Graham, « fils de l’icône Billy Graham, n’a pas que son nom pour se faire entendre. Evangéliste et missionnaire(…)sa volonté de servir l’Église de Christ, son dévouement à Christ et à la proclamation de l’Evangile ne fait aucun doute. Malheureusement, certains de ses propos affectent la crédibilité de son discours ».
Un dérapage que nous, chrétiens, ne pouvons nous permettre « dans ces temps douloureux, temps de crise et d’incertitude », où « ceux qui se disent disciples de Christ doivent démontrer, plus que jamais, qu’ils sont renouvelés à son image ». La suite à lire ici.

Et puisque l’on parle du danger d’une vision simpliste du monde – d’un monde qui serait « binaire », ne manquez pas de découvrir cette étonnante analyse de la pensée(non moins étonnante) du philosophe Dany-Robert Dufour au sujet du « mystère de la trinité » – un « devoir de philo »(04/04/15) pour le journal québécois « Le Devoir »***. L’exercice ne manque pas d’intérêt dans ce qu’il pousse nos contemporains à se demander en quoi cette « affaire trinitaire » pourrait encore concerner nos sociétés occidentales largement postchrétiennes ? « Pourquoi la pensée séculière et les non-croyants devraient-ils s’y intéresser ? Et, finalement, quel éclairage critique pourrions-nous en tirer sur l’état de nos débats publics et de nos liens sociaux ? »
Dans son livre intitulé « Les mystères de la trinité » (publié chez Gallimard en 1990)****,  Dany-Robert Dufour avance que « l’homme est trinitaire ». Une affirmation étonnante, vu que l’ouvrage n’est pas un traité de théologie et que son auteur n’est pas un croyant. Mais ce dernier , qui « parcourt l’histoire de la raison occidentale », y « discerne une lutte constante entre ce qu’il appelle « trinité » et « binarité » (…)toute l’histoire de la pensée en Occident (étant) le théâtre d’une éternelle tentation : la volonté de réduire le ternaire au binaire. De ce fait, la structure trinitaire (dont le dogme chrétien représente la sublimation par excellence) a toujours été une écharde au pied de cette raison occidentale », faisant « trébucher » celle-ci « sur ses limites ». De quoi faire réfléchir les chrétiens également « tentés » de se passer du dogme trinitaire, jugé « compliqué » ou « peu utile »….
.
Et dans la foulée, pour terminer, une invitation à « Sortir de sa culture, rencontrer les autres », par Benjamin H. Un article publié dans la revue de réflexion biblique « Promesses » (n° 171 jan – mars 2010. Dossier « Foi et société »), et que l’on peut également retrouver dans un autre numéro, sur « l’Evangélisation personnelle », sous cet autre titre « choc des cultures ».
Son auteur a travaillé plusieurs années dans un pays du Sahel. Il est aujourd’hui responsable d’une organisation chrétienne internationale ayant son siège en France. Ici, il soulève que « le défi de la communication avec les musulmans n’est pas seulement d’ordre théologique, mais aussi d’ordre culturel(…)Dans notre communication de l’Évangile, quelles sont les limites à ne pas dépasser entre transmission du message du Christ et envahissement culturel ? »

Bonnes lectures ! Ne manquez pas de nous partager le fruit de vos réflexions, qui, nous l’espérons, seront nombreuses, en bas d’article.

 

 

Notes :

* »Bon », non dans le sens d’être « performant » ou « rentable », mais plutôt dans le sens de manifester de la bonté et de la compassion, à l’image de Dieu qui est « bon ».

** Du même Y.Imbert, voir encore cet autre article sur le site TGC – Evangile 21 : « les enfants non religieux » seraient-ils « plus altruistes que ceux élevés dans une famille de croyants ? »
Le professeur d’apologétique revient sur une étude présentée comme étant « scientifiquement démontrée », publiée le 5 novembre dernier dans « Current Biology ». Laquelle « conclut, après expérimentation, que les enfants athées sont plus altruistes que ceux élevés dans une famille « religieuse » – musulmane, juive, ou chrétienne. Dans les mots mêmes de l’étude : « Nos résultats démontrent fermement que les enfants des familles qui s’identifient à l’une des deux grandes religions du monde (christianisme et islam) étaient moins altruistes que les enfants de familles non-religieuses. » A ce sujet, Y. Imbert affirme qu’il n’y a pas lieu de s’angoisser, et il explique pourquoi.

*** Deux fois par mois, « Le Devoir » lance à des passionnés de philosophie, d’histoire et d’histoire des idées le défi de décrypter une question d’actualité à partir des thèses d’un penseur marquant.

**** http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-des-Sciences-humaines/Les-Mysteres-de-la-trinite (Compte-rendu ici : http://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1992_num_47_1_279033_t1_0119_0000_001 )