Foireux liens d’octobre (41) : burn out, épuisement ou maltraitance professionnelle

Les « Foireux liens » d’automne : une actualité placée sous le signe de la souffrance au travail, qui n’épargne pas même les pasteurs ! (Source image : public domain pictures)

Bonjour à tous ! Les « Foireux liens » tant attendus sont de retour !

Au menu : burn out, management, rapport au travail, 1980, complotisme, prophéties en tout genre et impostures, Histoire et historiens, « fraude des pauvres » et « fraude des riches », café du commerce on line, bioéthique, savoir et foi….En vous souhaitant de bonnes lectures attentives et édifiantes !

 

1) C’est la rentrée : petites règles pour vivre ensemble, après le confinement : ou comment, en tant qu’être humain, se montrer tout simplement intelligent et ne pas attendre les règles, les décisions des autorisations en matière sanitaire ?

2) « On risque d’avoir un appauvrissement culturel de la population française »

Les réformes en cours de l’Éducation nationale, la focalisation sur les « EdTech », les technologies éducatives, ajoutées à la mauvaise formation des enseignants et aux politiques d’austérité, risquent de considérablement dégrader l’école publique. Entretien avec Stéphane Bonnéry, professeur en sciences de l’éducation.

3) Par la Foi : Déclaration commune suite à l’adoption de la loi bioéthique

L’équipe du blogue « Par la Foi » rend public une déclaration commune le 11/08/20, alors que l’Assemblée nationale a adopté en deuxième lecture le 31/07, devant un hémicycle vide aux quatre cinquièmes, au terme de 37 heures de débats et de 1250 amendements, le projet de loi relatif à la bioéthique. Ce dernier élargit notamment la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules et confère de nouveaux droits pour les enfants nés d’une PMA. Députés et sénateurs se sont opposés sur de nombreux articles du texte, en particulier sur la « PMA pour toutes » et sur la recherche sur les cellules souches. Il ne s’agit là que d’une étape, puisque le texte va revenir devant le Sénat, avant qu’une commission paritaire composée de représentants des deux chambres ne tente de trouver un accord qui, d’ores et déjà, s’annonce difficile au regard des dissensus entre députés et sénateurs. Cette étape n’en était pas moins d’importance puisqu’on sait que, dans l’hypothèse où tout compromis s’avérerait impossible, il reviendra à l’Assemblée nationale, lors d’une troisième lecture, de décider de la version finale du texte.

Suivre les étapes du processus législatif et comprendre le projet de loi ici.

Selon les déclarants de Par la Foi, le plus inquiétant dans ce projet de loi est « la possibilité de procéder à un avortement jusqu’au terme de la grossesse, « en cas de détresse psychosociale ». Derrière un terme en apparence propre et technique, « c’est un grand flou qui permet de faire rentrer n’importe quelle motivation ou démotivation afin de procéder à un infanticide, avec la bénédiction de la République française ». Les déclarants « (veulent) parler afin que les générations suivantes sachent que l’Église n’est pas restée silencieuse… »

4) Lettre à moi d’il y a 2 ans

« Cher moi d’il y a 2 ans, ce que je vais t’écrire là, je sais que tu ne peux pas l’entendre là où tu es. Pas simplement à cause du soi-disant continuum spatio-temporel — techniquement il me suffirait de rétro-dater ce post de 2 ans pour que tu puisses le lire. Non, tu ne peux pas entendre ce que je vais dire parce que tu es trop con. Alors tu l’apprendras à la dure ». Une « curieuse lettre (à lui) d’il y a deux ans »[par son « lui » du futur] d’un pasteur « théologeek » publiée sur son blogue. Le « théologeek » en souffrance nous propose également quelques points de repère sur le burn out : ce phénomène encore méconnu, et en partie tabou, peut être un « simple » épuisement professionnel, mais être aussi doublé de maltraitance et de perversion.

Sur le burn-out, voir aussi ce symptôme d’un processus en six temps

Par définition, ce syndrome se réfère au travail. Pour autant, ses symptômes – épuisement émotionnel, dépersonnalisation, perte de l’estime de soi – touchent un individu. Et de fait, le burn-out participe de dynamiques subjectives combinant des éléments individuels, relationnels et organisationnels. Une dynamique globale à laquelle on peut donner le nom de « terridéalité » – la terreur (Terry) et l’idéalisation (-idéal-) créant une pseudo-réalité (-ité) dont le chiffre et le totem et la réalité le tabou – et où l’on distingue six phases successives.

5)  Management : Comment décloisonner l’entreprise et mettre fin aux silos organisationnels (et géographiques) ?

Note : De tels conseils dans un certain contexte sont-ils applicables pour l’Eglise ? A moins qu’ils ne vous aident à évaluer votre propre organisation.

Voir aussi Le créosote, ce manager performant qui détruit votre entreprise

Dans un contexte d’étude des facteurs de déclin des entreprises (silence imposé aux employés, talents qui n’en sont pas), zoom sur « le manager créosote », celui qui tue tout autour de lui pour s’épanouir.

6) David Graeber (1961-2020), auteur de « Bullshit jobs » : anthropologue… et chercheur en gestion ?

L’Américain David Graeber, anthropologue à la London School of Economics, est mort le mercredi 2 septembre à l’âge de 59 ans. Il laisse derrière lui un héritage important, souvent original, parfois controversé. Néanmoins, au bilan, sa carrière aura « fait bouger » les lignes sur notre rapport au travail, ses pratiques et son utilité dans et pour l’organisation.

Les conclusions de Graeber entrent ainsi en résonance avec la crise sanitaire de la Covid-19 qui aura montré qu’il existait des « emplois indispensables » et des « secteurs essentiels ». La crise aura aussi montré que les travailleurs « en première ligne », si souvent invisibles en temps déconfinés, étaient indispensables à la société.

Voir « une étude scolastique » des « bullshit jobs » sur le blogue Phileo Sophia

7) 1980, «l’an zéro» du monde contemporain ?

A l’Université de Lausanne, les professeurs Jérôme Meizoz et Gilles Philippe dirigent un numéro de la revue «Etudes de lettres» consacré à « 1980, l’an zéro du monde contemporain ». Une décennie marquée par l’individualisme et le consumérisme, et le néolibéralisme : L’injonction des années 1980, c’est d’être «soi-même» par la consommation. La littérature du développement personnel a commencé ces années-là, elle porte cette injonction centrale: découvre ta singularité et deviens toi-même. Elle invite à se réaliser au niveau individuel, et non plus au sein d’un groupe. Cela s’illustre notamment par la commercialisation du baladeur: on s’isole pour écouter de la musique, alors que c’était jusque-là une activité collective.

8) La phrase du mois : « La fraude des pauvres, c’est une pauvre fraude. La fraude des riches, elle, nous coûte beaucoup d’argent ! » (Fabien Gay, sénateur de Seine-Saint-Denis)

Petit rappel : Fraude au RSA = 800 millions d’euros ; Fraude à l’impôt sur les sociétés = 27 milliards d’euros

9) Permettre à chacun de manger à sa faim : l’idée d’une « Sécurité sociale de l’alimentation »

Imaginez un budget de 150 euros dédiés à l’alimentation, alloué chaque mois à tout le monde. Imaginez ensuite que vous décidiez collectivement, en fonction de critères débattus, des types d’aliments qui pourront être achetés avec ce budget. Une sécurité sociale de l’alimentation pourrait fonctionner ainsi, et transformer le système alimentaire.

10) La crise sanitaire de Covid-19 a donné un nouveau souffle aux théories du complot.

La crise sanitaire de Covid-19 a donné un nouveau souffle aux théories du complot. Pour mieux comprendre ce phénomène, Heidi.news a envoyé un journaliste en immersion, au cœur de la complosphère.

Mais que se passe-t-il dans le cerveau des complotistes? Pour y voir plus clair, voici un échange avec Sebastian Dieguez, chercheur en neurosciences au Laboratoire de sciences cognitives et neurologiques de l’Université de Fribourg. Auteur de l’ouvrage «Total Bullshit: au coeur de la post-vérité» paru en 2018, ce dernier a beaucoup écrit sur les complotismes. Il est également connu pour ses activités de satiriste, notamment dans le magazine romand Vigousse.

Voir aussi :

Pourquoi le prof Raoult fait-il encore parler de lui ?

Dans « Oh my fake », le portrait du professeur Didier Raoult, qui alimente polémiques, rumeurs, et théories du complot depuis plusieurs mois. Ici, il ne s’agit pas de répondre à la question « C’est vrai ou c’est faux ? » mais à « Pourquoi on y a cru ? »

Voir aussi, sur Acrimed : « Chloroquine, une saga médiatique » ou comment le débat autour de l’utilisation de la chloroquine comme traitement de l’infection au Covid-19 a pris une place considérable dans les médias.

Pourquoi l’imposture intellectuelle de Michel Onfray est-elle si problématique ?

Une opinion de Jean-Sébastien Philippart, titulaire d’un DEA en philosophie et agrégé (UCLouvain), chercheur indépendant.

Quand Rick Joyner prophétise une période de guerre civile aux USA

Le 3 septembre 2019, Rick Joyner est apparu dans « The Jim Bakker Show », où il a exhorté les chrétiens conservateurs à commencer à former des milices en vue d’une guerre civile à venir. Depuis plus d’un an, Joyner prétend que Dieu lui aurait donné « une vision » dans laquelle il lui est apparu « inévitable » que l’Amérique subisse une seconde guerre civile. Dans le cadre de l’émission, M. Joyner a dit à M. Bakker qu’il croit que le catalyseur de ce conflit viendra lorsque [tenez-vous bien] le gouvernement mettra en oeuvre des politiques de contrôle des armes à feu et commencera à tenter de confisquer les armes [Un appel notamment dénoncé sur twitter par Robin Reeves, lui-même Protestant évangélique, comme étant « une négation de l’Évangile ». A noter que chaque semaine, 25 enfants trouvent la mort à cause des armes à feu, en moyenne, aux États-Unis, où elles circulent beaucoup plus librement qu’en Europe. C’est ce que révèle une étude publiée en ligne par l’Académie américaine de pédiatrie. Les résultats montrent que les tirs sont la 2e cause de mortalité pour les enfants, derrière les accidents de la route cf https://pediatrics.aappublications.org/content/early/2017/06/15/peds.2016-3486 et https://www.planetoscope.com/Criminalite/1416-meurtres-par-armes-a-feu-aux-etats-unis.html ]

Fin du monde et Code secret de la Bible : un rabbin désigne l’année 2021

Le Rabbi Matityahu Glazerson, bien connu en Israël, communique régulièrement ses recherches de codes secrets dans la Torah : il avait ainsi prévu (dit-on) l’élection de Donald Trump avant novembre 2016, et trouvé le coronavirus et son origine chinoise en début 2020, intriqué dans un texte du livre du Lévitique qui contient des règles précises de consommation de viandes animales. Pour lui, tout le problème vient des organes de certains animaux, qui ne doivent absolument pas être consommés. Aujourd’hui, il prédit une attaque inévitable de l’Iran sur Israël et une fin du monde pour 2021.

L’histoire à l’encan

Si on désignait comme historiens tous ceux qui se mêlent d’histoire, le métier serait très largement pratiqué. La revendication se double parfois d’agressivité contre les adversaires qui disent le contraire mais aussi contre les historiens professionnels. Certains veulent réécrire l’histoire parce qu’elle ne leur convient pas. Les sources, la méthode, les concepts ? Peu importe. Ils ne vont tout de même pas entreprendre des études. Ils savent. Ils trouvent même quelques étonnants renforts parmi des intellectuels (peu nombreux mais bruyants).

11) Stefan Zweig contre Calvin

Comment la légende noire de Calvin s’est-elle construite ?  Frank Lestringant fait le point dans cet excellent article : Stefan Zweig contre Calvin (1936).

12) Les médias profitent-ils des réseaux sociaux ?

Un grand coup de gueule de Zeboute sur son blogue, sur la pratique de certains médias, lesquels, dénonciateurs des réseaux sociaux en profitent mais sans assumer ! Et Zeboute de souligner que la tendance des articles publiés sur le net se résume à certains titres parfois racoleurs, pour les journaux les moins sérieux (…) On ne lit que les titres. Sans lire le contenu. Sans même cliquer sur le média. Ce qui ne lui ramène aucune audience. car le constat est là : 70% des utilisateurs d’internautes ne lisent que les titres. Ne lisent pas le contenu. Mais par contre, ces utilisateurs prennent malin plaisir à commenter. Sans savoir, sans ayant pris connaissance des faits. Sans avoir lu l’article en question.  De là des dérives monumentales que tous les acteurs essayent (ou pas ) de juguler. Le café du commerce on-line !

13) Les conseils d’une féministe radicale pour « les conservateurs chrétiens »

Etienne Omnès, contributeur au blogue « Par la Foi »,  découvre en ce moment la théologie féministe. Plus précisément, via Beyond God the Father de Mary Daly, écrit en 1973. Mary Daly est une féministe radicale qui a grandi dans le milieu catholique. En plein milieu de son chapitre 2, Mary Daly adresse plusieurs conseils à ses « sœurs » pour opérer leur propre libération intérieure. À sa grande surprise, Etienne estime ces conseils très pertinents pour sa propre situation, en tant qu’homme et chrétien.

14) Parquet financier : aucune pression

Dans un avis rendu public ces jours-ci, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), chargé de veiller à l’indépendance de l’autorité judiciaire, a estimé qu’aucune « pression » du pouvoir exécutif, « au sens d’“influence coercitive” », n’avait été exercée sur le parquet national financier (PNF) dans l’enquête sur les époux Fillon. L’ancienne procureure du PNF Éliane Houlette avait déclaré en juin avoir subi des « pressions » du parquet général, avant de préciser que ses propos avaient été mal interprétés.

15) Une « écriture excluante » qui « s’impose par la propagande » : 32 linguistes listent les défauts de l’écriture inclusive

« Outre ses défauts fonctionnels, l’écriture inclusive pose des problèmes à ceux qui ont des difficultés d’apprentissage et, en réalité, à tous les francophones soudain privés de règles et livrés à un arbitraire moral. » Bien que favorables à la féminisation de la langue, plusieurs linguistes estiment l’écriture inclusive profondément problématique.

Voir aussi : Stylo ou clavier ?

Ecrire à la main crée des connexions neuronales qui n’existent pas avec un clavier. De plus, ce dernier n’aide pas à traiter correctement les informations transcrites. L’écriture manuscrite demeure donc la plus stimulante pour votre cerveau. À vos plumes !

16) « A boire et à manger » dans le libéralisme théologique

Concrètement, qu’est-ce que le libéralisme théologique ? Peut-il y avoir des bonnes choses à prendre dans ce mode de pensée ? Telle est la question d’un internaute sur le site 1001 questions. Réponse du Répondant à découvrir.

17) Read it (again) : Newbigin sur la confiance adéquate du chrétien

Initialement paru sur le blogue Theologeek, ce billet a été publié dans la revue Hokhma, n°101, 2013.

Quelle peut être la confiance du chrétien face à sa foi? Est-ce qu’il y a une connaissance chrétienne ? Et si oui, quel est le statut de cette connaissance face à d’autres savoirs, en particulier scientifiques? Quel interactions entre foi, doute et certitude dans la vie chrétienne ? La réponse généralement admise, que beaucoup de théologiens modernes admettent et diffusent, est que le « savoir » est à réserver aux disciplines scientifiques (dans un sens large, historiographie comprise). La foi, du domaine du personnel, de l’intime, se situe sur un autre registre, qui n’est pas celui de la connaissance. L’ordre du savoir est objectif, valable pour tous; il est le même pour tout le monde. Le domaine du croire est subjectif, personnel, et remettre le croire de l’autre en question passe pour de l’intolérance.

Cette conception du savoir et du croire est aujourd’hui bien ébranlée, et est très difficilement défendable telle quelle. Un auteur qui propose une vision alternative très riche, de manière relativement simple et accessible, est l’œcuméniste, missionnaire, pasteur et théologien anglais, Lesslie Newbigin (1909–1998).

18) Sortie du N°117 d’Hokhma spécial « mouvements confessants »

Le n°117 de Hokhma est disponible, avec un dossier spécial consacré aux mouvements confessants au sein des Églises réformées, avec des contributions de chacun de ces mouvements – principalement en France (le mouvement des « Attestants »), en Suisse (le mouvement R3) et en Belgique (le mouvement Unio Reformata ). à ces trois principaux mouvements se sont ajoutés des groupes moins connus, comme la Fraternité de l’Ancre pour le cas de l’Alsace Lorraine. De plus, ce dossier est élargi et enrichi de perspectives internationales, nous donnant un éclairage particulier sur les Pays-Bas, le Royaume-Uni et les mouvements oecuméniques en Europe.

Plus de détails dans l’Editorial de Michaël de Lucas

Découvrez également au complet la préface du numéro par Pierre Berthoud.

19) 3 ans déjà pour Plumes chrétiennes

Le blog Plumes chrétiennes fête ses trois ans : l’occasion de faire un petit bilan annuel sous forme de rétrospective. L’occasion aussi de découvrir ce blogue d’écrivains et poètes plein de pep’s !

 

Et le dernier pour la route :

20) Un nouveau site à suivre : « Théologus », pour « penser la foi et évangéliser la pensée ».

 

Ces « Foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils ont suscité votre intérêt. Prochaine édition en décembre.

 

 

Les Grands jours de l’inhumanité : Après « Globish et management », « Globish et politique », « Globish aussi dans l’Eglise » ?

Le « Globish » : la langue des « winners » ou la nouvelle Novlangue ? A moins qu’il ne s’agisse du « latin des médecins de Molière » moderne…

Dans une note de blogue récente, le journaliste-blogueur catholique Patrice de Plunkett braque le projecteur sur la « singulière inhumanité d’élues macronistes »lors du débat sur une proposition du groupe centriste UDI-Agir visant à allonger de cinq à douze jours le congé du salarié en cas de décès d’un enfant : cinq jours n’étant pas suffisants pour que les parents puissent “reprendre pied”, expliquait le rapporteur UDI de la proposition de loi, Guy Bricout. La proposition a été rejetée par le bloc macroniste, sur intervention personnelle de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, traduite par un amendement de la députée MoDem Michèle de Vaucouleurs et soutenue (avec férocité) par la députée LREM Sereine Mauborgne. Les trois femmes se sont acharnées à dire que la proposition Bricout allait “pénaliser les entreprises”, et que si vraiment les parents en deuil d’un enfant avaient besoin d’un délai, ce n’était pas à l’employeur de le leur accorder : ils n’avaient qu’à se faire offrir des jours de RTT par leurs collègues de travail ! L’inhumanité des trois femmes a choqué les députés de gauche et de droite, qui ont fait part de leur “honte”.

Dans une autre note suivant la première et publiée le 02/02 (« Congé de deuil parental : carence humaine à LREM »), le même Patrice de Plunkett souligne également à quel point « l’attitude du député [LREM du Val de Marne] Frédéric Descrozaille [interrogé sur l’inhumanité de phrases proférées par la ministre du Travail et plusieurs députées LREM, lors du débat de LCI vers 23h, le 01/02] a fait voir au téléspectateur le mur mental qui sépare le logiciel des macroniens et les réalités humaines (…) Interrogé là-dessus, l’élu du Val-de-Marne, sueur au front, s’est évertué à parler hors du sujet. Il paraissait gêné d’avoir à répondre d’un manque d’humanité ; visiblement il eût préféré se lancer dans les litanies « techniques » sous lesquelles ce parti a coutume de noyer les problèmes. L’une des invité(e)s, la députée EELV Sandra Regol, lui a donc reproché – non sans ironie – de sembler incapable de reconnaître une faute de son camp : celle de Mmes Pénicaud, Vaucouleurs et Mauborgne (…..). Ainsi mis dos au mur, M. Descrozaille a fini par reconnaître la faute des trois macroniennes. Il l’a même reconnue deux fois. Une première fois en français – et une seconde fois en globish, comme pour valider le « oui, c’était une faute » par un « yes, it was a mistake » : le globish étant la langue des choses sérieuses dans le petit monde dont fait partie LREM… Voilà par quelle catégorie sociétale nous sommes gouvernés depuis 2017″, conclut avec ironie Patrice de Plunkett.

Pour rappel, le « globish » (un mot-valise signifiant « anglais global » ou « anglais planétaire ») est une version simplifiée – appauvrie ? – de l’anglais comprenant 1500 mots et une grammaire simplifiée. Cette novlangue (nouvelle langue), à moins qu’il ne s’agisse du « latin des médecins de Molière » moderne, est destinée à tous les étrangers qui ont besoin d’échanger de façon utilitaire en anglais, et pas forcement avec des anglophones. Promue par le français Jean-Paul Nerrière, ex cadre marketing chez IBM, le globish se présente comme une alternative simplifiée à l’anglais. Et qui fait notamment l’impasse sur l’apprentissage d’un accent anglophone.

De là, ces réactions intéressantes d’internautes à l’article de Patrice de Plunkett, concernant la place du « globish » dans notre quotidien, non seulement « séculier » mais aussi ecclésial. Extraits :

GLOBISH ET MANAGEMENT

1: Sur l’usage de l’anglais au milieu d’une conversation française:

Une personne qui parle globish dans une conversation en français veut généralement dire autre chose que la traduction mot-à-mot. Ainsi:
– Quelqu’un qui dit « why not » après une proposition en français ne dit pas « pourquoi pas » mais « ça me fait [……] ».
– Quelqu’un qui décrit une personne comme « open » ne dit pas qu’elle est « ouverte » mais qu’elle est un « imbécile heureux ».
– Quelqu’un qui dit qu’il a « challengé » son équipe ne dit pas qu’il l’a « mise au défi » mais plutôt qu’il « lui a mis une pression pas forcément saine ».
(…)
Depuis le temps que j’entends parler globish au travail je commence à mettre sur pied un lexique.

2: Sur l’opportunité de prolonger le congé pour enfant décédé:

Mme Pénicaud ira sûrement expliquer que les parents risquent de provoquer la mort de leur enfant pour se payer plus de congés. D’ailleurs, ça arrive tellement souvent qu’un salarié perde son enfant que cette réforme risquait de faire peser une contrainte énoooooorme sur les entreprises.
Je me rappelle, un soir qu’on venait de servir la soupe aux personnes de la rue, nous avions constaté que l’un d’entre eux était pâle et tournait de l’œil. Bref, il avait la grippe. Nous lui disions: « Ne va pas travailler demain, tu es malade. » (oui il bossait, comme un tiers des gens de la rue). Il a répondu: « Je ne peux pas, je risque des jours de carence. » Drôlement malin ces réformes pour « responsabiliser » les salariés. On épuise un travailleur malade qui ira contaminer ses collègues.

3: Sur la mentalité LREM:

Le message des chrétiens a toute sa place pour contrecarrer les schémas de pensée macronistes. Qu’est-ce qu’il y a de plus important que le profit d’une entreprise dans cette société matérialiste? Dieu serait mort alors qu’est-ce qui obligerait à prendre soin des autres? Les chrétiens ne cherchent pas à faire la preuve de l’existence de Dieu mais à montrer la dignité divine de chaque homme par Jésus-Christ. « Pour toi j’ai frappé l’Egypte, Kush et Seba à ta place. […] Tu as du prix à mes yeux » (Is 43). La bonne nouvelle des chrétiens, c’est cette dignité incommensurable qu’il y a dans le dernier des chômeurs et qui justifie les plus grands sacrifices économiques, y compris au détriment des ténors du CAC 40. « Si c’est un homme » aurait dit Primo Levi. Chrétien deviens ce que tu es… comme on dit.  Écrit par : Cyril B / | 03/02/2020

GLOBISH AUSSI DANS L’EGLISE

Globish au Palais-Bourbon, globish aussi dans l’Église avec ce titre qui en dit long : « Étudiant et chrétien, influenceur ou follower ? » On nage en pleine culture marketing : l’influenceur, selon la page Wikipedia qui lui est consacrée, « est une personne qui, par son statut, sa position ou son exposition médiatique, est capable d’être un relais d’opinion influençant les habitudes de consommation dans un but marketing ». ‘Influenceur’ est du globish hâtivement francisé (‘influencer’ en anglais) ; ‘suiveur’ eut sans doute été trop vieillot et franchouillard pour qu’on le préfère à son équivalent dans la langue de Shakespeare, évidemment dans le vent. Ces étudiants en grandes écoles se disent « gênés » de témoigner de leur foi : on les comprend car c’est la société libérale et liquide dans son ensemble qui va à contre-courant du message chrétien. Mais n’était-ce pas déjà le cas au temps du Christ ? (…) Ni ‘influenceurs’ ni ‘followers’ mais pleinement chrétiens dans les actes gratuits du quotidien (…), voilà le conseil que je donnerais humblement à ces étudiants : assurément, c’est par le témoignage concret et l’exemple donné que l’on évangélise, bien davantage que par toutes techniques de marketing qui parlent moins à Dieu qu’à Mammon. Des deux, il n’en est qu’un que nous puissions choisir. Écrit par : Philippe de Visieux / | 04/02/2020

« Un coach nommé Jésus » : Epanouissement personnel et Evangile

« Un programme de réussite basé sur les valeurs de l’Evangile et une lecture managériale des Ecritures bibliques ».

J’avoue avoir d’abord « tiqué » à la lecture du titre de ce livre de Sophie Soria, qu’un ami m’a prêté : Un coach nommé Jésus : Epanouissement personnel et Evangile – Editions Dunod (12 mai 2005). En réalité, l’ouvrage mérite que l’on s’y arrête pour sa démarche et la portée de son propos….

Apparu il y a environ 25 ans, le coaching est aujourd’hui à la mode et se retrouve un peu partout – sport, entreprise, vie personnelle et même église…avec ce point commun : accompagner des personnes ou des équipes pour favoriser le développement de leur potentiel professionnel.

L’ouvrage veut simplement, semble-t-il, rendre compte d’un constat : Jésus serait « un coach extraordinaire. Coach du sens de la vie, de l’accompagnement au changement, de la sagesse et de la transformation intérieure, coach par ses paraboles, il demeure, à travers les siècles, toujours moderne et innovateur. Son message libérateur offre des points de repère et des méthodes pour guider notre existence vers un épanouissement durable, professionnel et personnel »(Résumé de 4ème de couverture). Mais Jésus est-il vraiment un « coach » ? Une telle comparaison est-elle raison, à l’heure où chacun se choisit les maîtres à penser qu’il veut, dans un esprit « free style » ?

Ce livre est publié chez Dunod, un éditeur spécialisé dans les ouvrages de formation universitaire et professionnelle (parmi ses domaines : la gestion et le management, ainsi que le développement personnel). D’où l’angle choisi de cet ouvrage théorique sur le coaching : nous présenter un programme de réussite basé sur les valeurs de l’Evangile et une lecture managériale des Ecritures bibliques.

Treize « paroles de sagesse » de Jésus donnent treize principes : relativiser l’argent, rassurer l’inquiétude, entreprendre la prise de risques, donner et pardonner dans l’amour-agapè, servir avec humilité, rêver et créer dans un esprit d’enfance, décider avec discernement, chercher avec persévérance, résister librement, changer de cadre pour créer le paradoxe, gagner en lâcher-prise, renaître de l’épreuve et savourer la joie. Suivent trois paraboles « du coaching » tirées des Evangiles, lesquelles se basent sur 4 grands principes : la parabole des talents (le potentiel), la parabole du sel de la terre et de la lumière du monde (la sagesse et la vérité) et la parabole de la maison bâtie sur le roc (les valeurs éthiques). La finalité étant de « vivre en plénitude la vie surabondante ». A la fin de chaque chapitre d’inégale longueur, Sophie Soria nous propose des exercices d’autocoaching fondés sur des situations concrètes de la vie personnelle et professionnelle.

En fin de compte, la démarche d’actualisation du langage biblique, plutôt originale et osée, se révèle pertinente en soulignant le caractère universel et intemporel de l’enseignement de Jésus-Christ. J’ai particulièrement apprécié le chapitre sur la liberté, avec le « décodage » des trois tentations de Jésus au désert. Certains trouveront que c’est ainsi réduire le Fils de Dieu et la portée de son message que de le présenter en simple « coach », « conseiller en communication », ou « maître de sagesse » (managériale), et que les quatre « titres » donné par l’auteure à Jésus (et dont elle fait les quatre parties de son livre) sont bien peu messianiques : « Jésus, conseiller merveilleux » ; « Jésus, coach du changement » ; « Jésus, coach de la sagesse » ; « Jésus, coach par la parabole ».

Mais l’on peut noter que l’auteure, autrefois juive athée, s’est convertie au christianisme (elle est catholique pratiquante), ayant reconnue Jésus comme étant bien le Messie promis et attendu par Israël. Et bien qu’elle prétende le contraire, cet ouvrage est un (e) remarquable « catéchisme/exégèse pratique », liant le spirituel au concret. Il explique, sans forcer à croire[mais en invitant à faire appel au « pouvoir de croire »], en quoi choisir Jésus-Christ et son enseignement, loin de pousser à la résignation et à la haine de soi, rend « réellement libre » et heureux aujourd’hui. Un tel livre peut alors toucher des personnes susceptibles d’être séduits par le New Age, l’ésotérisme et l’occultisme ou par l’ambiguïté de certaines techniques de communication et d’influence, pour mieux les conduire à Celui qui est le « Dieu véritable » et dont les paroles sont « esprit et vie ». Ce qui ne serait déjà pas si mal !

En bref :

Un coach nommé Jésus, par Sophie Soria
Chez InterEditions, collection épanouissement personnel et professionnel – 155 x 240 mm – 272 pages – 2005 – ISBN : 2100486845 – Prix : 19 €
Sommaire :
Ce livre…Jésus, «conseiller merveilleux», coach à part entière Jésus, coach du changement Jésus, coach de la sagesse l’argent. L’inquiétude. La prise de risques. L’amour. L’humilité. L’esprit d’enfance. Le discernement. La persévérance. La liberté. Le paradoxe. Le lâcher-prise. Le sens de l’épreuve. La joie. Jésus, coach par la parabole. Vivre en plénitude.

L’auteure : Coach certifié et conseil en communication. D’abord journaliste, elle devient coach en 2000 suite à une formation de 3 ans au coaching comportemental selon la psychologie humaniste. Après de premières armes en entreprise auprès de collaborateurs et dirigeants de grands groupes qu’elle coache, elle créée en 2002 son cabinet Le Coaching Ethique, orienté vers la réussite éthique. En 2005, elle publie un livre théorique sur le coaching : « Un coach nommé Jésus », devenu ouvrage de référence. Son livre présente un programme de réussite basé sur les valeurs de l’Evangile. En 2007, elle se spécialise dans l’aide aux victimes de harcèlement moral dans l’entreprise et la vie privée. Par son expérience d’aide à la reconstruction des femmes ayant subi de la violence psychologique dans le milieu familial, Sophie SORIA-GLO est alors amenée à établir sa méthodologie pour le leadership des femmes. Elle est aussi la secrétaire de l’association AVHMVP, Aide aux victimes de harcèlement moral et de violences psychologiques dans la vie privée ou professionnelle.

 

« Foireux liens » de mars : « J’ai placé devant toi la mort et la vie : choisis la vie ! » (26-a)

Les « Foireux liens » de Mars : une actualité placée sous le signe du respect de la vie

Nos « foireux liens » sont de retour, pour ce mois de mars. Du fait de leur densité, nous avons choisi de les publier en deux temps : une première sélection du matin, suivie d’une seconde du soir. Bonne lecture !

Au sommaire de celle-ci, assez « franco-française » pour l’essentiel, avec quelques petites excursions à l’étranger : élections en Russie ; les lycéens rescapés de la tuerie de Parkland (USA) opposent « une marche pour nos vies » au géant NRA ; les États généraux 2018 de la bioéthique en France ; projet de réforme de la SNCF ; projet de loi sur l’immigration ; Bure ; explications des vagues de froid en Europe ; les raisons des erreurs de management ; le concept de « charge mentale » ; dans la peau d’un rédacteur de « Fake news » ; citations apocryphes sur l’éducation…

 

« Poutinocratie », paru dans CQFD n°163 (mars 2018), rubrique Chien méchant, illustré par Fritz

1)  Le dessin du mois : Russie : une élection sans suspens. Sauf coup de théâtre, le président Vladimir Poutine, au pouvoir depuis dix-huit ans, devrait être réélu le 18 mars prochain. Face à lui, les sept candidats semblent bien inoffensifs. L’abstention s’annonce très élevée, d’après l’institut de sondages indépendant Lewada]

2) Aux USA, des jeunes « pro-vie » dénoncent « la culture de mort »

Après la tuerie qui a fait 17 morts à Parkland, de nombreuses voix s’élèvent, notamment chez les jeunes, pour dénoncer la libre circulation des armes à feu dans le pays.

« Piquée sur twitter » : Une parole du Christ réactualisée par The Old South Church de Boston, laquelle ne mâche pas ses mots !

Les lycéens de Parkland survivants prévoient un grand rassemblement le 24 mars à Washington (une « marche pour nos vies »), mais invitent aussi les américains à manifester dans leur propre ville. Plusieurs entreprises ont même informé publiquement la NRA qu’elles ne veulent plus être associés au lobby qui promeut les armes aux États-Unis.

3) (France) Débats et consultations : Les États généraux 2018 de la bioéthique

« Quel monde voulons-nous pour demain ? » C’est sur cette question que se sont ouverts le 18 janvier 2018 les États généraux de la bioéthique. Ceux-ci doivent durer six mois et aboutir à une nouvelle loi sur la bioéthique à la fin de l’année 2018. L’actuelle loi bioéthique du 7 juillet 2011 prévoit qu’elle doit faire l’objet d’une révision par le Parlement dans les 7 ans et que cette révision doit être précédée d’un débat public sous la forme d’États généraux organisés par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Le CCNE lance donc une vaste consultation afin de recueillir l’opinion de la société française sur un certain nombre de thèmes. En savoir plus ici sur le cadre, les thèmes, les différentes formes du débat et le calendrier.

 Voir aussi : «  La vie ne peut pas être louée. Un enfant ne peut pas être acheté ». Sylviane Agacinski, philosophe et auteure de « Le tiers-corps, réflexions sur le don d’organes », où elle réfute l’idée d’un marché légal des organes et le consentement présumé du défunt. La philosophe souhaite remettre en avant la misère dans laquelle se retrouvent les gens qui acceptent de vendre leur sang, des organes ou de porter l’enfant d’autrui par intérêt financier.

Offensive des partisans de l’euthanasie à l’Assemblée nationale : Dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 1er mars, 156 députés, dont une grande majorité de LREM, souhaitent l’inscription dans la loi d’une « aide active à mourir ».

Exclusif : le Grand Orient de France planche déjà sur l’euthanasie des enfantsAlors que la loi sur la fin de vie est réexaminée à l’Assemblée nationale, la principale obédience maçonnique française organisait le 3 octobre à Paris un colloque dédié à la fin de vie des enfants. Pour les intervenants, l’étape suivante est déjà d’introduire l’euthanasie des mineurs, sur le modèle de la loi belge. Famille Chrétienne s’est glissée parmi l’assistance. Récit.

États généraux de la bioéthique : quel serait LE débat à surveiller ? La modification du génome est en train de passer de fiction à réalité, grâce à Crispr-Cas9, des ciseaux à ADN révolutionnaires. Avec quelles conséquences ?

Ces milliardaires et multinationales qui investissent dans la quête d’immortalité et de jeunesse éternelle

Des start-up se lancent dans des transfusions de sang de patients jeunes vers des personnes plus âgées dans le but de prolonger la vie. Des grandes fortunes ou des multinationales, comme Google-Alphabet, investissent dans des biotechnologies pour identifier les gènes de longévité et ralentir le vieillissement. D’autres mènent des expérimentations pour dupliquer le cerveau dans des machines. L’industrie de la cryoconservation – congeler un organisme en attendant un hypothétique remède contre la mort – connaît un succès grandissant. Tous partagent l’ambition transhumaniste : créer un être humain à la longévité décuplée, voire immortel. Sans aucune réflexion sur les conséquences sociales. Une enquête extraite de l’ouvrage Au Péril de l’humain, co-écrit par Agnès Rousseaux, journaliste de Basta !.

 4) « A quels enfants laisserons-nous le monde ? » (et non le contraire) par Cédric Biagini. De nombreux professionnels de la santé font désormais des constats alarmants à propos de l’impact des nouvelles technologies sur les enfants : dégradation du langage et de la pensée, troubles de l’attention, problèmes de comportement, de communication, difficultés d’apprentissage, pertes de capacités physiques, dépendance…voici ce que génère l’enfermement dans le virtuel. A lire dans le numéro de février de « La Décroissance », le mensuel des « objecteurs de croissance », p3 et 8. Accessible en kiosque ou consultable dans les bibliothèques, ces lieux que l’on peut fréquenter même quand il ne pleut pas ! 😉

 5) Service public : démantèlement de la SNCF : avec 30 ans de retard, Macron va-t-il répéter les mêmes erreurs que les Britanniques ?

Le gouvernement envisage d’accélérer la libéralisation du rail et la transformation, sinon le démantèlement, de la SNCF. Les recettes proposées sont les mêmes que celles qui ont été appliquées aux autres entreprises publiques, de France Télécom à EDF, et qui n’ont bénéficié ni aux salariés ni aux usagers. L’exemple de la libéralisation des chemins de fer britanniques, initiée dans les années 1990 et marquée par une succession de faillites et de scandales, devrait pourtant inciter à la prudence. Au Royaume-Uni, un mouvement pour la ré-appropriation de ce service public par les usagers et les salariés prend de l’ampleur.

6) Immigration : le projet de loi contesté

Gérard Collomb, qui porte ce projet de loi asile et immigration, l’a décrit comme « un texte totalement équilibré qui s’aligne sur le droit européen. »Pour le directeur général de France Terre d’Asile, Pierre Henry, invité du Soir 3, ce n’est pas vraiment le cas. « La totalité des associations qui travaillent dans le secteur, le défenseur des droits, mais aussi la commission nationale des droits de l’homme, la plupart des experts pensent que ce texte est déséquilibré. On peut se poser la question de son utilité. La dernière loi date de 2016 et les décrets ne sont même pas sortis », déplore-t-il. Alors est-il vraiment utile ?

7) « Bure et Bure et ratatam » : 20 ans de projet et de contestation

C’est à la lumière du dossier Notre-Dame-des-Landes, de sa ZAD et de son évacuation, que le projet de stockage de déchets nucléaires à Bure dans la Meuse s’est révélé au grand public, au-delà des territoires concernés. Alors que le gouvernement a lancé l’évacuation du terrain occupé par des opposants, coup de projecteur sur le projet et les raisons de l’opposition au projet de stockage de déchets nucléaires, qui ne datent pas d’hier. Voir aussi https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/bure-quel-est-ce-projet-de-stockage-de-dechets-nucleaires-et-pourquoi-est-il-conteste-1519292642

8) Froid ici, mais trop chaud au Pôle : et c’est lié !

Les vagues de froid européennes de ces dernières semaines et des années récentes sont liées au réchauffement de l’Arctique : voir, sur le blogue de Patrice de Plunkett, la démonstration des scientifiques, non pour ceux qui la refuseront « jusqu’à la tombe », mais pour ceux qui, de bonne foi, ne la connaitraient pas.

9) La fin du management et du manager ?

Le management hiérarchique traditionnel est mort. Vive « le nouveau management » ! Les premières graines qui ont poussé les entreprises à se « bouger » sont celles qui ont miné les Etats-Unis au moment de la crise des subprimes. Tout le monde savait qu’on allait dans le mur, et la plus grande banque américaine Enron fait faillite. Pourquoi ? Parce qu’on n’ose s’exprimer. On n’ose pas remonter les problèmes. La responsabilité est laissée au final à une hiérarchie coupée de la base. Des erreurs sont faites dans les entreprises qui ont refusé l’écoute, et au contraire cultiver le silence. Explications par « Zeboute », sur son blogue.

Quel « partage des tâches » dans le couple Luther ? Par Andy Singer

10) « Fallait demander ! » Emma, blogueuse devenue star du Web féministe depuis la publication de sa BD sur « la charge mentale ». Voir aussi ce portrait dans La Croix.

11) Petit cimetière des citations apocryphes sur l’éducation

Plongée distrayante dans l’obscurantisme numérique moderne : Les citations apocryphes pullulent sur le web, parfois sans auteur ou au contraire attribuée à une foule d’auteurs très différents, le plus souvent sans aucune référence, parfois même à contresens du texte d’origine… quand ce texte existe seulement ! Cet usage compulsif des citations dit quelque chose de notre modernité : par sa brièveté, elle se prête parfaitement à l’immédiateté du prêt-à-penser, sa réplication à l’infini fait de la citation un poncif au sens propre. Et plus que jamais les idées sont reçues. En voici quelques-unes concernant l’éducation, que vous connaissez sans doute déjà…

12) Insolite : Dans la tête d’un rédacteur de Fake news

« Je favorise l’ignorance, certainement, et peut-être que je contribue à une atmosphère de haine. Mais je ne crois pas que des gens soient morts en conséquence de mon travail. Peut-être que je suis plus nihiliste que la plupart des gens, mais à la fin, c’est un travail et il paye bien.» C’est un jeune thésard britannique qui écrit. Étudiant en arts, se considérant de gauche, il se fait passer pour un Américain pro-armes d’âge mûr, militant sur des sites d’extrême droite : cela cultive un certain sens de «l’humour absurde», s’amuse-t-il avec ses amis.(…) Cette mise à distance forcenée des discours qui cherche à les présenter comme simples tours de passe-passe sans conséquences tend à faire oublier que derrière les mots, il y a des idéologies, et devant les idéologies, des vies…

 

Bonne lecture !

Deuxième partie de ces « foireux liens » à 17h00.