Chrétien, ne cherche plus « à quel saint te vouer » : le saint, c’est toi

Ton fruit : être saint ; et ta destinée, la vie éternelle

« Mais maintenant, libérés du péché et devenus esclaves de Dieu, vous portez les fruits qui conduisent à la sanctification, et leur aboutissement, c’est la vie éternelle » (Rom.6v22. TOB)

Ce passage nous parle d’un « maintenant » – par opposition à un « avant » – que nous sommes appelés à saisir par la foi, et contient un paradoxe.

« Avant », nous servions le péché, dont nous étions les esclaves ; « mais maintenant », « libérés », affranchis, rachetés du péché, nous n’avons plus aucune obligation envers lui. Et « c’est pour la liberté que Christ nous a affranchis »(Gal.5v1).

« Amen ! Gloire à Dieu ! Merci Seigneur ! », nous exclamons-nous alors. Mais attendons la suite : Nous avons « à demeurer fermes » et à « dire non » à toute autre forme d’esclavage(Gal.5v1), pour « dire oui » à Dieu, pour le servir…..comme esclaves (Rom.6v22) ! C’est bien la peine de sortir d’un esclavage pour tomber dans un autre ! Est-ce cela notre destinée ?

Mais voici les conséquences de notre libération : « Notre fruit » – celui que nous portons et non celui que nous produirions – « est la sanctification », avec « pour aboutissement la vie éternelle ». Le terme « fruit » ou « bénéfice » est utilisé au verset 21 là où il est question des conséquences du péché.

Mais au verset 22 il est question du « fruit » ou « bénéfice immédiat » à servir Dieu : Dieu fait de nous des saints.

Le saint est celui qui est « mis à part » par Dieu et pour Lui. Saisissons-nous cela ? Le saint témoigne qu’il ne s’appartient plus et qu’il n’est plus le maître de sa destinée, car, désormais, « ses destinées sont dans la main de Dieu » (Ps.31v16) qui le conduit. De même, nous sommes appelés à appartenir à notre Seigneur et notre Dieu, totalement, librement et par amour. Nous pouvons ainsi vivre un face à face et un cœur à cœur avec le Dieu « trois fois saint », que « nul ne peut voir et vivre »(Ex.33v20), pour le servir dans ce service particulier de la prière et l’intercession (Ex.19v6 ; 1 Pie.2v9).

Étant positionnés du côté de Dieu, nous sommes désormais réellement libres de vivre une vie sainte : notre liberté ne consiste pas d’avoir le choix entre « être intègre » ou « ne pas être intègre », de « laisser courir notre langue » ou ne « pas laisser courir notre langue » (Ps.15v2-3), « d’aimer » ou « de ne pas aimer », mais parce que le Dieu que nous servons « est amour » (1 Jean 4v16) et parce qu’Il nous aime personnellement (1 Jean 3v1), nous pouvons « aimer notre Dieu de toute notre force », notre prochain « comme nous-mêmes » (Luc 10v27), et notre frère, « comme Jésus nous a aimé » (Jean 13v34). La sanctification n’est donc pas un privilège ou un honneur, la part d’une élite ou d’un clergé, mais notre part et notre service pour Dieu et le bien des autres.

Enfin, si la sanctification est un fruit, elle n’est pas un but en soi, mais un chemin et un processus. Son aboutissement est « la vie éternelle »(Rom.6v22). Et « la vie éternelle », dit Jésus, c’est de « Le connaître », Lui « le Dieu véritable » (Jean 17v3 ; 1 Jean 5v20) pour mieux Lui ressembler.

Entrer dans notre destinée nécessite de suivre le même chemin que Jésus, Notre modèle (1 Jean 2v6). Celui qui est pourtant « le Saint » (Jean 6v69), « Le Seigneur et le Maître » (Jean 13v13), a été « au milieu de nous comme celui qui sert » (Luc 22v27 ; Jean 13v1-17). Aujourd’hui, il prie et intercède pour nous (Rom.8v34, Hebr.7v25). Notre promesse reste le fruit ultime d’être avec Lui et comme Lui éternellement (1 Jean 3v2). Mais pour donner à voir des fruits, il convient d’entretenir la racine, qui est notre vie secrète ou intime avec Dieu, dans l’humble jeûne et la prière. En effet, « sans racine, pas de fruit ! ».

Prière : Je lâche prise sur ma volonté de prendre ma destinée en main et me réjouis d’entrer dans les projets de mon libérateur.

 

 

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« La liberté de choix » : une « illusion », une « malédiction » héritée de la chute (2)

Dans un billet précédent, nous soulevions le fait que la liberté dans le sens où nous l’entendons (« la liberté de choix ») n’est pas la liberté dont Dieu parle, mais une « illusion », une « malédiction » héritée de la chute, conséquence du péché, selon les auteurs bibliques. Etre vraiment libre, ce n’est pas « avoir le choix » entre le bien et le mal, mais être positionné du côté de Dieu.

D’autre part, le chrétien devrait en réalité préférer à la « liberté », concept « statique », celui de « libération », qui inclue un processus et une « dynamique ». En effet, selon le pasteur Gilles Boucomont (1), l’on ne saurait parler « de liberté sans libération », car, juge-t-il avec humour sur twitter,

Scène de la série "Le Prisonnier" de et avec Patrick Mac Goohan (1967)

Scène de la série « Le Prisonnier » de et avec Patrick Mac Goohan (1967)

l’ « on n’a jamais entendu un prisonnier se dire libre parce qu’il faisait ce qu’il voulait dans sa cellule » ! Pour pouvoir vivre la liberté, il nous faut donc passer par la libération, soit le fait d’être toujours portée en avant dans un processus d’émancipation(2), contrairement à l’inertie d’une liberté qui, elle, s’étiole, quand on ne la vit pas activement au quotidien. Il est intéressant de constater que la première des « 10 Paroles », dans Exode 20v2 et Deutéronome 5v6, est justement le rappel d’une libération : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude ». Suivent ensuite les commandements de Dieu à suivre pour vivre cette libération. Nous sommes donc invités à entendre chacune des « Paroles » de Dieu comme étant précédé par la libération : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte…et toi, tu n’auras pas d’autre dieu et tu ne t’en feras pas d’images », etc…A vous de poursuivre !

Dans le Nouveau Testament, Paul rappelle fort opportunément aux Galates-tentés de se remettre sous un joug-que « c’est pour la liberté que Christ nous a libérés »(Gal.5v1). Et il y a un prix à payer, pour « garder cette liberté chèrement acquise par un autre à la croix : « tenir ferme » et ne pas se remettre « sous le joug de l’esclavage »(v1). Nous sommes donc intégrés dans un processus de « libération continue », dont l’événement fondateur est la libération en Jésus, « livré à la mort à cause de nos péchés et ramené à la vie (par Dieu) pour nous rendre justes devant lui »(Rom.4v25. BFC)

Jésus-Christ est d’ailleurs le seul homme qui a pu être véritablement libre sur la terre : personne n’a pu « le convaincre de péché »(Jean 8v46), il n’y avait en lui aucune source de mal, et même Satan n’a eu aucune prise sur lui (cf Matt.4v1-11). Et pourtant, Jésus a choisi le contraire de la liberté que nous poursuivons avec tant d’ardeur : Il est « venu, non pour faire (sa) volonté, mais pour faire la volonté de Celui qui (l’a) envoyé »(Jean 6v38)…. « non pour être servi mais pour servir et donner (sa) vie en rançon pour plusieurs »(Marc 10v45), parce qu’il avait une libération totale à conquérir : la libération de toutes nos servitudes, du pouvoir du péché, de la crainte de la mort(Hébr.2v15), et la restauration d’une relation qui avait été rompue : « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même » (2 Cor.5v19)

Jusque à présent, je pouvais croire que choisir de ne pas mettre ma confiance en Jésus et de ne pas le suivre, Lui et ses commandements, était justement l’expression de ma liberté. En réalité, je ne deviens libre qu’en refusant l’exercice de cette pseudo-liberté de pouvoir vivre sans Dieu. Je ne suis pas libre d’exercer ou non la miséricorde(ou la bonté), mais vu que j’appartiens à Jésus, je deviens miséricordieux, car c’est là « le fruit de l’Esprit »(Gal.5v22) et parce que mon Père céleste est « miséricordieux »(Matt.6v36). Je ne suis pas libre d’être, soit doux, soit violent, car j’appartiens à Jésus, qui est lui-même « doux et humble de cœur »(Matt.11v29), et le fruit de l’Esprit est ma douceur(1). Enfin, je ne suis pas libre d’aimer ou de ne pas aimer, mais parce que « Dieu est amour »(1 Jean 4v16) et parce que mon Père Céleste m’aime personnellement(1 Jean 3v1), je peux « aimer mon Dieu de toute ma force… » et mon prochain, « comme moi-même ».

Si je choisi de suivre Jésus, le Seigneur, alors mes choix sont simples(1) : j’abandonne « l’idolâtrie de soi » qui réside dans la vénération du libre-arbitre, je lâche prise sur « la liberté de choix » qui est devenue aujourd’hui un véritable dogme, et je me réjouis d’entrer dans les projets de mon libérateur : « si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création: les choses vieilles sont passées; voici, toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor.5v17) ;« Or, le Seigneur c’est l’Esprit ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Cor.3v17). Et je me réjouis de cette nouvelle relation avec Jésus : « plus esclave…mais ami » (Jean 15v15), et je vois « de quel amour le Père m’a fait don, que je sois appelé enfant de Dieu » (1 Jean 3v1 ; Jean 1v12-13)

 

Notes :

(1) Boucomont, Gilles. Au Nom de Jésus : Mener le Bon Combat. Editions Première Partie, 2011, pp 152-155

(2) C’est le sens d' »éducation » : « conduire hors de », pour élever, faire grandir(cf Jean 10v3).