Le Jeu de rôle (à « la sauce chrétienne » ou non) est-il une activité qui peut pleinement participer à une vie sain(t)e et équilibrée ?

Le jeu de rôle est-il une activité « neutre » ? Suffit-il de dire que le JDR est « un domaine à racheter » et à replacer sous la seigneurie de Jésus-Christ, pour avoir « un JDR selon Dieu » ? (Source image : Wikipédia)

Le Jeu de rôle (à « la sauce chrétienne » ou non) est-il une activité qui peut pleinement participer à une vie sain(t)e et équilibrée ?

Vincent M.T., théologien et co-animateur du site d’apologétique culturelle Visio Mundus(1), lui-même rôliste et « maître de jeu » depuis un an, en est convaincu. Dans une série d’articles récents qu’il consacre sur le sujet, il nous explique (et justifie) pourquoi et comment il joue à des jeux de rôles (2).

Ainsi, sans aller jusqu’à dire « qu’il n’y aurait aucun danger, et donc aucune vigilance à avoir », il affirme, « sur la base de la théologie biblique et de son expérience », qu’il n’y aurait « pas dans le jeu de rôle un danger plus grand ou plus sérieux que dans n’importe quelle autre activité culturelle. Au contraire, c’est une activité qui peut pleinement participer à une vie sain(t)e et équilibrée ». Il va même « jusqu’à dire que ça peut être une expression légitime de notre vocation humaine. Rien que ça »(3).

Rien que ça.

Pour ma part, cette série d’articles consacrée aux JDR m’a plutôt laissé perplexe. A noter que je connais un peu le sujet pour y avoir joué en tant que joueur/MDJ durant mes années lycées, il y a 30 ans. J’ai même lu, durant ces années jusqu’à mes premières années de fac, certains magazines spécialisés. J’en suis revenu depuis, frappé, par ailleurs, à l’époque, de l’évolution de ces univers rôlistes, d’un individualisme orienté vers une quête matérialiste à un individualisme de plus en plus marqué par le spirituel, l’ésotérisme et l’occulte (univers que j’ai tenu à éviter).

Certes, l’intention est belle, et le propos tenu dans la série d’articles est séduisant intellectuellement et ambitieux. Vincent anticipe même certaines objections, en se voulant le plus lucide possible. Mais il le fait d’une façon qui, au final, me semble peu convaincante, pour ne pas dire inquiétante et interpellante.

Le présent article ne concerne pas le jeu de rôle en lui-même (il n’y a pas « le » jeu de rôle, mais « des » jeux de rôle, certains se pratiquant dans des contextes et pour des raisons très diverses). Le problème en soi n’est pas non plus « l’imagination » ou « le jeu » en lui-même*, vu que Notre Dieu est lui-même créateur et….joueur. On comprend alors que l’homme, créé à l’image de Dieu, soit naturellement joueur.

*quoique…comme me le rappelle mon ami Etienne Omnès, « le principe d’un jeu, c’est de mettre en place un espace et un temps où l’on peut faire et être tout ce qu’on veut »…comme Dieu ? Voir aussi ce qu’a fait le peuple après le culte rendu au veau d’or en Exode 32v6….

Dans le présent article, je me contenterais seulement de relever ce que j’estime être des « points de vigilance », inspirés à la lecture des arguments de Vincent.  Ma posture n’est pas « morale » mais davantage préoccupée par des enjeux de vie, et par la sortie de toute idolâtrie qui nous menace tous, en tant qu’êtres humains et en tant que croyants.

Point de vigilance N°1 : 

Je trouve premièrement problématique cette affirmation présentant le JDR comme « une solution », ou comme quoi le JDR serait « une activité qui peut pleinement participer à une vie sain(t)e et équilibrée », et même « une expression légitime de notre vocation humaine » : car c’est en Jésus-Christ seul, et par le Saint-Esprit, que nous pouvons « pleinement vivre une vie sainte et équilibrée », en être humain véritable, « selon la ressemblance de Dieu ». Et non en nous confiant dans une pratique ou une technique – ce qui est déjà en soi un prémice à l’idôlatrie et à la sorcellerie. Rien que ça.

Point de vigilance N° 2 : 

La théologie (« la science de Dieu ») peut mener à tout, et même au JDR ! Mais le JDR peut-il nous conduire à Dieu ? Une question plus pertinente serait : vers quel Dieu ?

D’autre part, la théologie est-elle à notre service ? Peut-elle servir de faire-valoir d’une activité purement ludique, dans le cas qui nous occupe ?  Et ce, d’autant plus que Vincent insiste sur le fait que l’Evangélisation / apologétique – « classé en dernier » dans sa liste des « bonnes raisons pour jouer » – n’est pas avant tout le but recherché, et qu’un jeu de rôle a toute sa légitimité même sans cet aspect (4). En clair, qu’il peut être autonome en lui-même. Sauf que rien n’est neutre, et c’est là une erreur de le croire. Ensuite, si conduire à Christ n’est pas « le but recherché », et si Christ est « hors (du) jeu », qui est au centre ? Qui règne ?

Point de vigilance N° 3 :

La démarche décrite dans le 3ème article de la série (5) est particulièrement ambitieuse, mais périlleuse. Car, fondamentalement, c’est une forme de pensée critique qui demande aux gens de douter de ce qu’ils voient, voire de penser contre eux-même.

Ainsi, « pour ne pas créer de déséquilibre, et pour aménager une surprise », explique Vincent, « aucun des joueurs ne rend directement un culte au Dieu créateur au départ du jeu – ils ne le connaissent pas, ou tout juste. Si un joueur veut être religieux, je lui indiquerait le « dieu » que son peuple honore, que je présenterai sous un jour attirant. Pas nécessairement « un méchant démon qui se fait passer pour le Dieu créateur » [sauf que « les dieux ne sont pas des dieux » cf 1 Cor.8v5-6 et 1 Cor.10v20]. Puis au fur et à mesure du jeu, j’essaierai de le faire traverser à tous les joueurs des situations qui devraient pousser leurs personnages à remettre en question la légitimité de leur vision des choses – religieuse ou non. L’idée étant qu’ils se rendent compte que leur dieu est imparfait, et en partie insatisfaisant »(5). Mais qui dit que le joueur « accepte » le Dieu vivant et vrai, au final ?

Il est aussi risqué d’ajouter un imaginaire (une nouvelle cosmogonie, même « chrétienne ») aux imaginaires déjà présents dans les pensées. C’est déjà tout un enjeu de l’accompagnement spirituel et des études bibliques en groupes que de faire un travail sur les représentations. Car tout ce que les gens pensent savoir de Dieu, de l’Evangile et de la Bible, est le plus souvent déterminé par des images connexes que par la vérité du texte biblique [Test : les mages venus adorer Jésus étaient-ils trois et rois ?]. Et s’il est vital de déboulonner les idoles qui ont pris la place de Dieu, il est aussi essentiel de brûler les images/l’imaginaire mensonger qui nous empêche de nous voir en vérité, comme jésus nous voit.

Comment alors faire le ménage de toutes ces « ménageries » et comment conduire à l’abandon des idoles pour se tourner vers Dieu, afin de le servir, Lui, le Dieu vivant et vrai(cf 1 Thes.1v9), sans confronter ces imaginaires/représentations à la vérité de la Parole, laquelle Parole « est un feu » et « un marteau » (Jer.23v29) ?

Point de vigilance N°4 :

Faire pratiquer le JDR, quand bien même il serait « maison », ouvre la porte à d’autres univers et à d’autres influences, franchement tournées vers l’occulte et/ou l’ésotérique, sans oublier la drogue ou la violence. Comment gérer « ce passage », pour ne pas être une occasion de chute ?

Point de vigilance N°5 :

Dans quelle mesure les valeurs de l’occulte et autres dénis du réel sont-elles acculturées, via certains univers de JDR ? Le regard de Vincent sur le magique, et sa place dans l’univers du jeu, est en soi révélateur

Selon lui, « la clef d’un jeu qui est acceptable devant Dieu n’est donc pas, à (son) avis, un jeu sans magie, surnaturel ni violence, mais un jeu qui définit et encadre (avec une certaine subtilité) ces éléments symboliques (sic) d’une façon qui révèle le regard que Dieu porte sur eux. Ainsi, il est bon d’appliquer le même degré de prudence et de réflexion que pour toute autre activité(…) »(4).

Face à l’objection comme quoi certains univers de JDR seraient une préparation aux pratiques de sorcellerie/occulte, il estime cela « assez improbable, en tous cas pour l’édition actuelle du jeu, car la description des sortilèges se concentre sur leur effet dans le jeu plutôt que sur les actions à accomplir pour les lancer. D’ailleurs, peu de joueurs y prêtent attention et il existe de nombreux palliatifs dans le jeu pour se dispenser d’avoir à s’en inquiéter. C’est un pur mécanisme de jeu, vaguement décoré d’une forme pour les joueurs que cela intéresse – et ils sont peu (…)Quand bien même Donjons et Dragons constituerait dans la forme une préparation à certains cultes païens, peu importe ! Tout jeu, tout art, toute activité humaine peut être tournée, dans la forme, vers autre chose que Dieu, ce n’est pas nouveau. C’est justement notre responsabilité de repenser et racheter ces activités d’une façon qui honore Dieu »(4).

Dans son analyse du jeu de cartes « Magyk », il affirme que « si le but virtuel est uniquement de détruire son adversaire, il faut se souvenir qu’il s’agit d’un jeu, et que l’objectif réel réside dans l’apprentissage des mécanismes (…….) On aurait donc tort de se focaliser sur les aspects de surface (sic) comme la magie ou les références à des « créatures démoniaques », qui ne sont pas faites pour être prises au sérieux. Ces ressorts ludiques peuvent bien sûr avoir un effet sur l’imaginaire du joueur. On peut alors en prendre conscience et rester prudent vis-à-vis de nos désirs. Ce jeu n’est pas mauvais en soi, mais y jouer peut être mauvais pour certaines personnes ». 

Mais est-il possible de recycler un tel matériau magique/de sorcellerie/de l’occulte pour un usage ludique purement « technique », « cool » et « sympa » ? Sauf que ce n’est pas du jeu. C’est tout sauf un jeu. Imagine-t-on un « voyage ludique » à Tchernobyl, en se voulant « rassurant » (l’important étant l’état d’esprit de l’organisateur) ?

L’occulte est l’affirmation comme quoi il y aurait encore des réalités cachées, sauf que c’est chercher la lumière hors de Christ. C’est aussi un goût pour la puissance. A l’inverse, le Dieu de la Bible se présente comme celui qui révèle et qui enlève le voile. Il n’a rien à cacher et il se donne dans la lumière, contre tous les ésotérismes et tous les occultismes. Toute tentative de dire qu’il y a du « caché » sont contradictoires avec l’esprit de l’Evangile.

La sorcellerie est une alliance avec le diable pour recevoir le pouvoir surnaturel de modifier le réel et le naturel, à son profit. Rien n’est plus éloigné des.miracles divins, qui ne sont en rien de la magie. Jésus n’a jamais voulu faire de sorcellerie : il a multiplié les pains mais a refusé de changer des pierres en pain ou de changer la nature des pains d’orge distribués à la foule.

Ceci considéré, il est bon de rappeler ce commandement de Dieu à son peuple dans Deut. 18v9-14, beaucoup plus radical que toutes les tentatives vaines de théoriser/rationnaliser le magique dans le JDR (pour mieux le faire entrer dans le champ du discutable et se donner bonne conscience ?) et comme étant l’une des clés d’entrée dans le pays promis : en effet, pour Dieu, la magie et de l’occulte ne sont même pas « des péchés »……mais des « abominations » !

Avec cet autre commandement radical :  » Vous brûlerez au feu les images taillées de leurs dieux. Tu ne convoiteras point et tu ne prendras point pour toi l’argent et l’or qui sont sur elles, de peur que ces choses ne te deviennent un piège; car elles sont en abomination à l’Eternel, ton Dieu »(Deut.7v25).

Dans le même esprit, Paul, loin de se livrer à des argumentaires compliqués pour essayer de justifier l’usage de la magie dans un jeu, invite le croyant à se positionner tout aussi clairement face à ces pratiques étrangères qui sont devenues non plus des « cultures majoritaires » dans les peuples alentour, mais qui sont déclinées de façon transversale dans les comportements de ceux qui se livrent dans la chair cf Gal.5v19-21 : « On sait bien à quoi conduisent les penchants humains : la débauche, l’impureté et les actions honteuses, le culte des idoles et la magie, l’hostilité, les querelles, les jalousies, les colères, les rivalités, les discordes, les divisions, l’envie, les beuveries, les orgies et bien d’autres choses semblables. Je vous avertis maintenant comme je l’ai déjà fait : les personnes qui agissent ainsi n’auront pas de place dans le règne de Dieu »(7).

Point de vigilance N°6 :

L’inculturation [soit le fait d’adapter l’annonce de l’Évangile dans une culture donnée]est-elle une stratégie payante ?

Dans le monde imaginaire élaboré par Vincent pour son JDR « maison », « il y a un seul dieu créateur/sauveur, mais plusieurs choses que les personnages peuvent choisir comme objet de culte, comme source de sens et d’espoir(sic). Certains cultes concernent des êtres qui n’existent pas. D’autres concernent des créatures qui offrent des avantages en échange de l’allégeance des humains – donc dans un rapport marchand. D’autres encore déifient des créatures qui n’ont rien demandé. D’autres enfin sont plus proches d’une sorte de philosophie qui s’exprime sous des apparences religieuses. Bref, il y a de tout ». « De tout », dont Dieu, « une divinité parmi d’autres » ?

Nous pensons alors à ce que Paul a tenté de faire à Athènes (Actes 17v16-34), en cautionnant le polythéisme et en faisant entrer le Dieu unique par la petite porte. Une stratégie et une tentative de séduction oratoire qui semble avoir été peu heureuse, si l’on en croit les réactions en Actes 17. D’autre part, qui a déjà lu l’épître de Paul aux Athéniens ?

Point de vigilance N° 7 :

Si nous considérons que les Ecritures bibliques nous encourage à rechercher ces deux choses essentielles – la Gloire de Dieu et notre édification (1 Corinthiens 10v31 et Éphésiens 4v29) – nous avons la responsabilité de nous questionner sur l’effet étrange de l’ouverture à certaines pratiques, lequel questionnement passe bien avant notre propre plaisir (ludique ou non). En tant que chrétiens, nous devons réfléchir à qui et à quoi nous nous soumettons. Ainsi, il ne suffit pas de dire que « le JDR est un domaine à racheter » et à replacer sous la seigneurie de Jésus-Christ pour avoir « un JDR selon Dieu ». Il convient d’abord d’interroger notre propre dépendance ou notre besoin même de JDR pour « vivre une vie sain(t)e et équilibrée ».

 

 

Notes :

(1) Voir la démarche du site ici.

(2) Les jeux de rôles : faut-il s’abstenir ? Pourquoi jouer ? Comment jouer ? 

En comparaison, lire le témoignage de trois anciens rôlistes dont le contact avec le jeu de rôles a conduit à plusieurs dérives.

(3) Les jeux de rôles : faut-il s’abstenir ?

(4) Les jeux de rôles : Pourquoi jouer ?

(5) Les jeux de rôles : Comment jouer ?

(6) Voir Analyser un jeu : Magic, l’assemblée.

(7) Lequel Paul souligne implicitement le manque de pertinence des commentaires suivants, publiés le 08 janvier sur la page FB de Visio Mundus, en réaction à cette série d’articles sur le JDR : « En même temps le meurtre, la convoitise, le mensonge font partie de la nature humaine(sic) plus profondément que la magie et l’occultisme. Tous le monde a déjà menti/désiré/ manipulé, mais bien peu de gens ont vraiment mis en œuvre un rituel occulte… »

Comment bien parler du film « Sausage Party » : ou quand informer n’est pas donner son opinion

Il est toujours délicat de parler de certains sujets, au « parfum de scandale », même dans le but honorable d’alerter, mais avec le double-risque de faire « de la pub » au sujet dénoncé, en nourrissant la polémique, et de s’enfermer dans l’analyse catastrophiste ou l’indignation stérile. Bref, soit on n’en parle pas du tout, soit on en parle. Mais alors on en parle bien. Par exemple, du film « Sausage party », au sujet duquel vous avez certainement été alerté récemment.

 

Commençons par rappeler quelques évidences :

  • Une information est un savoir, un ensemble de connaissances, et non une opinion. Une information est censée répondre aux questions de base suivantes : « qui/quoi/quand/où/comment/pourquoi ». Or, nous réduisons trop souvent l’information à la seule expression d’une vision sur l’actualité, survalorisant l’opinion, le « coup de gueule », « l’édito » ou le commentaire.
  • La recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible.
  • Informer est un art difficile. Très difficile. Surtout si nous admettons que la recherche de la vérité doit être notre objectif majeur, étant la condition d’une information digne de ce nom, crédible.
  • Informer, c’est (toujours) choisir : de parler d’un fait et pas d’un autre ; de choisir un aspect d’une question – un « angle » – dans le traitement de ladite information.
  • Informer n’est pas communiquer. Informer implique de donner à voir la réalité dans toute sa complexité, tandis que communiquer ne vise qu’à montrer le meilleur.
  • Un témoin est celui qui rend compte de ce qu’il a vu/entendu/rencontré personnellement. Il n’est pas un simple « relais » d’une information lue/entendue quelque part, à partir de sources de seconde, voire de troisième main.
  • Le rôle de tout média devrait être de«  rassurer[ou d’inviter à prendre du recul], d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages », lisait-on dans ce manifeste de la revue « R de Réel », le 1er mai 2002.
  • « Celui qui sait » a le devoir d’alerter – mais non d’alarmer – en veillant à le faire de façon pertinente.
  • « Décryptages et ressources documentaires doivent accompagner la lecture d’un événement pour le mettre en perspective, offrir aux lecteurs des débouchés concrets à une prise de conscience, telles que pistes d’alternatives, présentation d’initiatives, contacts d’associations… »(1)
  • Face à l’information, nous avons trois possibilités : l’ignorer, ou réagir ou la lire, réfléchir et agir en connaissance de cause.

Ceci dit, aller voir « Sausage party » n’est pas ma priorité, et ne l’ayant pas vu, je me garderai de juger sur le fond. Je me contenterai, pour équilibrer ce que l’on peut lire ici ou là sur la toile, de renvoyer à une démarche qui m’a paru pertinente et correspondre aux exigences rappelées plus haut, et ce, d’autant plus qu’elle semble (sauf erreur) unique à ce jour : il s’agit de l’analyse du film par Vincent M.T., intitulée «  Sausage Party : l’éléphant, le nazi et l’idole », publiée le 05 décembre 2016 sur le site « Visio Mundus »(2).

L’auteur de cet article rappelle une autre évidence : « « Qui dit film d’animation ne dit pas film pour enfants »(3). Et tout film n’est pas fait pour les enfants. « C’est malheureusement cette association d’idées qui a porté de nombreux parents à exposer involontairement leurs enfants à une scène pornographique, incluse à la fin. Certes, il aurait été judicieux de prévenir les audiences, par exemple en déconseillant le film aux moins de 16 ans » [perso, j’ai l’impression que certaines indications d’âge pourraient être relevées de trois ou quatre ans de plus, au moins, pour certains films]. En accord avec Vincent M.T., « on peut s’interroger sur le scandale » et se demander « pourquoi le contenu explicitement sexuel fait réagir, mais pas la violence gore (tout aussi présente) ? » Notre indignation serait-elle sélective ? Le péché ne serait-il « que » sexuel ?

Au-delà de cet aspect et des « clichés navrants dont est rempli ce film », Vincent M.T. nous invite à faire « l’effort de nous intéresser au message essentiel du récit, pour tenter d’en comprendre le discours »(3). En effet, même s’il ne recommande « pas d’aller voir ce film, il attire un large public, et il se peut qu’on se retrouve à en discuter avec des amis ». Le défi sera de dépasser une simple posture « moraliste », pour aborder d’autres enjeux cruciaux, tels que les croyances et les philosophies, les questions de vie ou de mort, de liberté et de libération, de sens.

D’autre part, Vincent M.T., qui a manifestement vu le film pour être en mesure de parler de ce qu’il a vu, nous fait le résumé de l’histoire : celle-ci « se déroule dans un supermarché où tous les produits alimentaires sont vivants et attendent impatiemment d’être choisis par les humains, qu’ils révèrent comme des dieux, pour être emmenés au-delà des portes du magasin vers un monde meilleur. Chacun a sa version des règles à respecter pour être sélectionné par les « dieux », et une idée précise de ce à quoi ressemble « l’au-delà ». Mais voilà, un petit groupe d’aliments vient à découvrir l’horrible vérité : les humains dévorent les aliments ! Ce groupe tente de prévenir les autres pour fomenter une révolte. Malheureusement, les produits alimentaires sont très attachés à leurs croyances… »

 En clair, « la thèse de ce film est que les religions ne sont que des histoires inventées pour aider l’humanité à faire face à l’horrible vérité, à savoir, que les forces qui gouvernent notre monde sont cruelles et absurdes, et nous n’avons aucune emprise sur elles. Les religions font de ces forces des divinités et prétendent qu’on peut s’en sortir : il y a des règles à suivre et une récompense dans l’au-delà ». Toutes « ces religions, ces histoires inventées » nous empêchent « de profiter pleinement de la vie ici-bas, notamment de laisser cours à toutes nos pulsions ». Mais il y a une contradiction ou un paradoxe, dans cette critique, que soulève Vincent M.T. : « le roi des aveugles » de la célèbre parabole de l’éléphant « révèle à (d’autres) aveugles qu’ils se trompent tous, et que chacun ne détient qu’une partie de la vérité… », mais en réalité, « le roi n’est pas aveugle », puisque « celui qui révèle la vérité voit la vérité clairement et dans son ensemble. Affirmer que personne ne détient la vérité, c’est soi-même prétendre détenir la vérité dans son ensemble, c’est professer que sa propre vision des choses est supérieure à toutes les autres ».

Dans le film, cette vision du monde – « supérieure à toutes les autres »- est « l’hédonisme – l’idée que le sens de la vie humaine est la recherche du plaisir ». Et, soulignerai-je, le plus grand pourvoyeur du plaisir (que l’on serait « en droit d’obtenir, tout de suite ») reste aujourd’hui « le divin marché »(4). Et « cette vision du monde nous est donc présentée exactement de la même manière que les religions qu’elle critique : quiconque ne s’y rallie pas est forcément en train de « réprimer » ses pulsions, et c’est mal ». Une forme de « moralisme » qui ne dit pas son nom, en somme.

Quelle devrait alors être notre position face à cette croyance et à cette nouvelle injonction (« No limits », « jouis sans entrave », sur les plans économique et culturel/sociétal) ? Certainement pas, selon le pasteur Gilles Boucomont(5), de répondre par le moralisme ou par plus de moralisme. Et encore moins de s’aligner sur les évolutions de la société (ce qui serait adopter un autre « moralisme »).

Notre positionnement face à cette croyance mise en avant dans le film ne devrait pas être « moral », mais « dans le même registre que celui de Jésus » : celui-ci, en effet, n’est pas venu pour « faire la morale aux gens », ou « pour accuser, condamner, faire chuter ». Mais « pour relever les personnes » ; « les faire passer de la mort à la vie ». On notera que dans la scène avec la femme adultère, en Jean 8v11, Jésus donne pour consigne, après le refus de condamner, « d’avancer ». Mais « pas de rechuter ».

Et, s’interroge Vincent M.T., « que pouvons-nous répondre, en tant que chrétiens, face aux accusations « d’immaturité » et « de passéisme » pour toutes les idées non-hédonistes, donc particulièrement les opinions religieuses ?  La réponse dans son article, à lire dans son intégralité.

 

 

Notes :

(1) Cf http://www.bastamag.net/Site-d-informations-independant

(2)Visio Mundus est géré par deux théologiens réformés : Yannick Imbert, professeur d’apologétique à la Faculté Jean Calvin, faculté de théologie d’Aix-en-Provence ; Vincent M.T., consultant en qualité logicielle, traducteur à ses heures, et actuellement inscrit en Master à la Faculté Jean Calvin. Via ce site, les auteurs souhaitent « discerner et démontrer la présence et la vérité de la foi en Dieu – le Dieu de la Bible – au sein de notre culture, et ainsi proclamer avec toujours plus de pertinence la grâce reçue et vécue en Christ. C’est ce qui s’appelle faire de l’apologétique culturelle » (https://www.visiomundus.fr/mission-et-vision/).

(3) Voir cette excellente fiche détaillée du film, à découvrir sur le site « Quels films pour nos enfants » . Une autre critique du film est à lire  sur le site Critikat.

(4) Voir le livre éponyme de Dany-Robert Dufour, par ailleurs auteur de « L’Individu qui vient ».

(5) D’après Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première Partie, 2010, p 92.

Foire aux médias(3) : blogues et sites

Suite de notre « Foire aux médias »(mais non « foireux médias ») poursuivie et -avec les blogues chrétiens.
Un blogue personnel, selon Henrik Lindell, « sert fondamentalement à promouvoir l’intelligence de son auteur propriétaire ». Il doit « stimuler et énerver les gens. Il doit aussi susciter la réflexion, quitte à bousculer les idées reçues de ses visiteurs. Ces derniers doivent pouvoir commenter les articles ». Et, je dirai même plus, il doit permettre une certaine interactivité avec ses lecteurs, dans un esprit de respect mutuel et de réciprocité.

Voici des blogues qui correspondent à peu près à ces critères. Nous les divisons en « Proto- » et « Catho- » sphères !

« La protosphère » ou blogosphère protestante évangélique :

Sébastien Fath. Le « weblog citoyen » d’un chercheur au CNRS, historien et sociologue dans le domaine des religions. Sébastien Fath est spécialisé dans l’étude sur le protestantisme évangélique, dont il est lui-même issu : son blogue constitue à lui seul une source intéressante en cette matière. Mais l’on trouve aussi des réflexions ou des « coups de gueule »-que nous ne partageons pas toujours ou que nous ne trouvons personnellement pas toujours très convaincants-sur des sujets de société, de la politique et plein d’autres encore.

Construire une éthique sociale chrétienne. A la base, « le blogue perso » d’Alain Ledain, un ami et un des fondateurs de l’association Actes 6(une mine au service des associations loi 1901 ou 1905 :  assistance dans la gestion administrative et financière ; outils, formations et logiciels),  qui s’intéresse à l’éthique sociale chrétienne. Le titre du blogue( « construire une éthique sociale chrétienne »), particulièrement éloquent, est à découvrir pour son approche des questions sociales, dans laquelle nous nous retrouvons. A noter que depuis quelques années, le blogue s’est « dépersonnalisé » et ouvert à d’autres auteurs. Parallèlement, avec Eric Lemaître, Alain Ledain a également réuni un groupe de chrétiens de différentes confessions, partageant les mêmes pensées sur l’éthique sociale et désireux de travailler ensemble. L’objectif de ces « Eveilleurs » est de « défendre une éthique sociale chrétienne, de travailler à un éveil des consciences et de lutter contre toutes les formes d’exclusion sans cette détestation de l’homme et de sa vulnérabilité ».

Déconstruction de l’Homme ou « critique du système technicien », quand d’autres seraient plutôt « technolâtres » : le blogue d’Eric Lemaître, socio-économiste spécialisé dans les questions éthiques, inspiré par la pensée de Jacques Ellul et partenaire de Pep’s café. Il se fait fort de nous alerter et de nous sensibiliser aux changements en cours, de nature à « déconstruire l’Homme », qu’il s’agisse du transhumanisme, du numérique, de l’économie virtuelle, du consumérisme, de l’eugénisme…L’intérêt de l’approche de l’Eric est de nous montrer à quel point « tout est lié ». Voir également notre interview de ce dernier.

Elle croit : Un excellent blogue, autant dans son esprit que dans son contenu, pensé par des femmes et « pour des femmes qui croient en Jésus-Christ et qui veulent croître en Lui et pour Lui ». Pour toutes les femmes chrétiennes-mariées, célibataires, mères seules ou mariées à un non-encore-chrétien… jeunes converties ou aînées dans la foi, adolescentes ou femmes plus mûres…. Nous en avons parlé ici.

Notre église point com  :  un blogue-ressource chrétien, jadis« pour étrangers et voyageurs », dont nous avions déjà parodié la « La foire aux liens » hebdomadaire. Ce qui était au départ le blogue personnel de Stéphane Kapitaniuk est devenu, depuis, une grosse entreprise collective qui a pour nouveau nom « Tout Pour Sa Gloire ».

Theologeek : l’excellent blogue personnel d’Olivier Keshavjee, théologien et fils(sauf erreur)de Shafique Keshavjee. Où l’on parle de théologie, philosophie des sciences, libertés digitales et autres geekeries… « avec l’art de poser des questions qui dérangent de manière intelligente« , comme l’a déjà dit quelqu’un d’autre avant moi.

Le Bon Combat : un blogue « réformé d’un point de vue théologique et baptiste d’un point de vue ecclésiologique ». Animé notamment par Pascal Denault et Guillaume Bourin(le fondateur).

Phileo-sophia : l’édifiant blogue d’Etienne Omnès, qui a pour seule mission d' »aider au maintien et à la prospérité d’une sagesse chrétienne », sous les deux angles suivants : 1)  « Aborder les questions culturelles et d’actualité sous un point de vue chrétien évangélique » et 2) »Vulgariser et présenter la sagesse des pères de l’église et des médiévaux, en complément de la pensée protestante classique, afin de nous enraciner davantage dans le christianisme de nos pères, et survivre un jour de plus que les vents hostiles de notre époque ».

Plumes chrétiennes : « l’incubateur audacieux des auteurs chrétiens ». Un blogue collectif d’auteurs et de poètes chrétiens qui souhaitent faire découvrir leurs propres créations et trouvailles littéraires (« romans à suivre », nouvelles, poèmes…), ainsi que leurs réflexions autour de la littérature. Si vous aimez écrire, ils sont preneurs !

Point théo : un autre blogue tout aussi édifiant, dont j’apprécie l’esprit, qui a pour objectif d’encourager et nourrir la réflexion biblique et théologique sur internet, de sorte que le lecteur puisse grandir dans la connaissance du Christ et être équipé en vue du service.

Autres sites protestants évangéliques

CPDH : Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine
Fondé en 1999, il regroupe des chrétiens issus de toute la mouvance protestante en France et en Europe, et se veut le promoteur d’une réflexion protestante au débat éthique : respect de la dignité humaine, la défense et la protection des droits de l’enfant, de la femme, et de l’homme d’une manière générale, la protection du droit à la vie de tout être humain, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle.
Le CPDH opère un travail de sensibilisation (des églises et des chrétiens à leur rôle dans la société), de veille et de diffusion de l’information sur internet : « anticiper sur l’actualité », et « coller à l’actualité », de sorte à faire entendre un point de vue protestant évangélique sur ces sujets. À cela s’ajoutent : le « CPDH Actualités », revue de presse mensuelle à laquelle on peut s’abonner et que l’on peut recevoir par courrier ou par e-mail ; et son journal Informations, Prières et Actions(IPA). Une démarche et une action, « non de manière dogmatique, mais dans un rôle d’interpellation et de proposition ; non pour juger ou condamner, mais pour avertir, dans une démarche alliant vérité et compassion. »
A suivre, en parallèle de l’approche de « Construire une éthique chrétienne », évoquée ci-dessus.

Christnet : Officiellement lancé en octobre 2000, Christnet est un forum chrétien suisse visant à apporter une réflexion critique sur des sujets touchant aux domaines du social, de l’économie, de l’environnement, de la culture et du développement. Son objectif est de rassembler, de faire discuter et (inter)agir des chrétiens intéressés et préoccupés par des questions d’ordre social et écologique. Quatre forums sont organisés chaque année sur des thèmes très divers tels que l’écologie, la finance, la politique nationale et internationale, le genre, les alternatives économiques.  Voir aussi :  http://www.christnet.ch/sites/default/files/Regard_chretien_mondialisation.pdf

TGC – Evangile 21 :   Evangile 21, la version française de la Gospel Coalition, un blogue et un site, a pour but de « promouvoir la centralité de l’évangile dans la vie, l’église et le ministère pour les générations futures ». Au menu(alléchant) : Bible, culture, théologie, histoire de l’Église. On peut également y découvrir  « Le Dieu qui se dévoile », guide quotidien commenté par Don Carson pour découvrir la Bible en une année, ainsi que le Catéchisme de Heidelberg, chaque dimanche.

Visio Mundus : un blogue original, consacré à « l’apologétique culturelle ». Fondé et animé par deux théologiens réformés : Yannick Imbert et Vincent M.T.. Une démarche actuellement plutôt rare, à souligner et à suivre.

 

« Cathosphère » ou « Blogosphère catholique » :

Eglises & Ecologies(E&E), Actualité de la prise de conscience écologique chrétienne : un espace éditorial qui tente de suivre l’actualité des Eglises (et des associations)chrétiennes(dans un sens large : catholique, luthéro-réformée, évangéliques, orthodoxe) en lien avec les thématiques de l’écologie. C’est aussi un lieu riche en ressources dans ce domaine. L’usage du pluriel dans le titre du blogue est significatif : il privilégie une vision non restreinte ou exclusive de « l’Eglise » et de « l’écologie », donnant à voir et à comprendre 1)la diversité des sensibilités chrétiennes et 2)le caractère « pluridisciplinaire » de l’écologie.
L’auteur de ce blog est Dominique Lang, prêtre assomptionniste, scientifique de formation et journaliste (La Croix et actuellement Pèlerin). Il a participé au lancement de la revue « Les Cahiers de Saint Lambert » et collabore aussi – de temps en temps- à la revue Projet.

Thomas More (droit, politique et société) : Placé sous le patronage de saint Thomas More, patron des responsables politiques, ce blogue(à ne pas confondre avec le « think thank » libéral éponyme) d’un juriste analyse « des questions juridiques et politiques dans une perspective chrétienne ». Nous aimons l’ indépendance et la relative honnêteté intellectuelle de celui qui ne croit pas « à la neutralité et à l’objectivité, seulement à l’honnêteté, et qui reconnaît « pouvoir se tromper mais ne pas chercher à tromper »

Patrice de Plunkett : un catholique et « laïc de base qui se trouve être journaliste »(et par ailleurs, essayiste et conférencier), comme il le dit lui-même sur son blogue ouvert depuis 2005. Et ledit blogue est à la fois très réactif et très intelligent sur tous les sujets d’actualité ayant un rapport avec la pensée sociale catholique, défendue par son auteur.

Pneumatis : un intéressant blogue d’exégèse, de l’association éponyme, qui « entend promouvoir les études bibliques en faisant plus particulièrement appel aux racines juives de la foi chrétienne ».

La plume d’Aliocha, « chroniques journalistiques » : une plume(et non un clavier), mais une plume bien affutée. Celle qui a choisit son pseudo en référence à Aliocha Karamazov[personnage des « Frères Karamazov », de Dostoïevski] parle sur son blogue de journalisme : au sens large ou économique, juridique ou technique. Diplômée d’un 3ème cycle de droit de l’université de Paris II Panthéon Assas, l’auteure a exercé « trois ans en cabinet d’avocat avant de devenir journaliste en 1995 par les hasards de la vie ». Le journalisme est son métier, mais aussi surtout sa passion.

Phylloscopus inornatus : le blogue d’un naturaliste catholique. Parce que ça existe. Et qui n’oublie pas de s’émerveiller et de rendre grâce à son créateur.

Les Cahiers libres : ouverts depuis le 4 octobre 2013 mais au rythme malheureusement quelque peu ralenti depuis l’été 2016, « les Cahiers » sont une excellente jeune publication catholique, plein de « pep’s », à l’origine animée par six rédacteurs, aidés de contributeurs occasionnels ou réguliers(dont Pep’s Café ! ). Comme me l’a expliqué Benoît, l’un des fondateurs, « Les Cahiers sont nés 1)d’un constat d’un besoin de faire entendre une voix différente au sein de la blogosphère catholique et 2)d’une volonté de mutualiser les forces de quelques blogueurs pour créer un lieu de dialogue, de débat et de réflexion sur le web. Dans l’esprit des « Cahiers de la quinzaine » de Charles Péguy, l’objectif est à la fois de jouer le jeu médiatique tout en cherchant à y introduire « une crise », « une ouverture », « une brèche pour la pensée ». Les « Cahiers » se distinguent également par le ton(« ne pas utiliser les méthodes du monde, toujours rester dans la charité »), la diversité des sujets(actu politique, internationale ; dignité de la vie ; solidarité ; philo; théologie; spiritualité; art ; économie…), le désir d’ouvrir l’horizon du web chrétien en ne parlant pas que « des sujets qui font buzz », et le choix de privilégier des articles de fond (donc long) permettant une formation biblique, philosophique, théologique, des jeunes chrétiens ».

(Pour en savoir plus sur la blogosphère catholique, voir également ici)

 

Suite et fin du dossier, avec, prochainement, une certaine « presse pas pareil »(non chrétienne).