Comment bien parler du film « Sausage Party » : ou quand informer n’est pas donner son opinion

Il est toujours délicat de parler de certains sujets, au « parfum de scandale », même dans le but honorable d’alerter, mais avec le double-risque de faire « de la pub » au sujet dénoncé, en nourrissant la polémique, et de s’enfermer dans l’analyse catastrophiste ou l’indignation stérile. Bref, soit on n’en parle pas du tout, soit on en parle. Mais alors on en parle bien. Par exemple, du film « Sausage party », au sujet duquel vous avez certainement été alerté récemment.

 

Commençons par rappeler quelques évidences :

  • Une information est un savoir, un ensemble de connaissances, et non une opinion. Une information est censée répondre aux questions de base suivantes : « qui/quoi/quand/où/comment/pourquoi ». Or, nous réduisons trop souvent l’information à la seule expression d’une vision sur l’actualité, survalorisant l’opinion, le « coup de gueule », « l’édito » ou le commentaire.
  • La recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible.
  • Informer est un art difficile. Très difficile. Surtout si nous admettons que la recherche de la vérité doit être notre objectif majeur, étant la condition d’une information digne de ce nom, crédible.
  • Informer, c’est (toujours) choisir : de parler d’un fait et pas d’un autre ; de choisir un aspect d’une question – un « angle » – dans le traitement de ladite information.
  • Informer n’est pas communiquer. Informer implique de donner à voir la réalité dans toute sa complexité, tandis que communiquer ne vise qu’à montrer le meilleur.
  • Un témoin est celui qui rend compte de ce qu’il a vu/entendu/rencontré personnellement. Il n’est pas un simple « relais » d’une information lue/entendue quelque part, à partir de sources de seconde, voire de troisième main.
  • Le rôle de tout média devrait être de«  rassurer[ou d’inviter à prendre du recul], d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages », lisait-on dans ce manifeste de la revue « R de Réel », le 1er mai 2002.
  • « Celui qui sait » a le devoir d’alerter – mais non d’alarmer – en veillant à le faire de façon pertinente.
  • « Décryptages et ressources documentaires doivent accompagner la lecture d’un événement pour le mettre en perspective, offrir aux lecteurs des débouchés concrets à une prise de conscience, telles que pistes d’alternatives, présentation d’initiatives, contacts d’associations… »(1)
  • Face à l’information, nous avons trois possibilités : l’ignorer, ou réagir ou la lire, réfléchir et agir en connaissance de cause.

Ceci dit, aller voir « Sausage party » n’est pas ma priorité, et ne l’ayant pas vu, je me garderai de juger sur le fond. Je me contenterai, pour équilibrer ce que l’on peut lire ici ou là sur la toile, de renvoyer à une démarche qui m’a paru pertinente et correspondre aux exigences rappelées plus haut, et ce, d’autant plus qu’elle semble (sauf erreur) unique à ce jour : il s’agit de l’analyse du film par Vincent M.T., intitulée «  Sausage Party : l’éléphant, le nazi et l’idole », publiée le 05 décembre 2016 sur le site « Visio Mundus »(2).

L’auteur de cet article rappelle une autre évidence : « « Qui dit film d’animation ne dit pas film pour enfants »(3). Et tout film n’est pas fait pour les enfants. « C’est malheureusement cette association d’idées qui a porté de nombreux parents à exposer involontairement leurs enfants à une scène pornographique, incluse à la fin. Certes, il aurait été judicieux de prévenir les audiences, par exemple en déconseillant le film aux moins de 16 ans » [perso, j’ai l’impression que certaines indications d’âge pourraient être relevées de trois ou quatre ans de plus, au moins, pour certains films]. En accord avec Vincent M.T., « on peut s’interroger sur le scandale » et se demander « pourquoi le contenu explicitement sexuel fait réagir, mais pas la violence gore (tout aussi présente) ? » Notre indignation serait-elle sélective ? Le péché ne serait-il « que » sexuel ?

Au-delà de cet aspect et des « clichés navrants dont est rempli ce film », Vincent M.T. nous invite à faire « l’effort de nous intéresser au message essentiel du récit, pour tenter d’en comprendre le discours »(3). En effet, même s’il ne recommande « pas d’aller voir ce film, il attire un large public, et il se peut qu’on se retrouve à en discuter avec des amis ». Le défi sera de dépasser une simple posture « moraliste », pour aborder d’autres enjeux cruciaux, tels que les croyances et les philosophies, les questions de vie ou de mort, de liberté et de libération, de sens.

D’autre part, Vincent M.T., qui a manifestement vu le film pour être en mesure de parler de ce qu’il a vu, nous fait le résumé de l’histoire : celle-ci « se déroule dans un supermarché où tous les produits alimentaires sont vivants et attendent impatiemment d’être choisis par les humains, qu’ils révèrent comme des dieux, pour être emmenés au-delà des portes du magasin vers un monde meilleur. Chacun a sa version des règles à respecter pour être sélectionné par les « dieux », et une idée précise de ce à quoi ressemble « l’au-delà ». Mais voilà, un petit groupe d’aliments vient à découvrir l’horrible vérité : les humains dévorent les aliments ! Ce groupe tente de prévenir les autres pour fomenter une révolte. Malheureusement, les produits alimentaires sont très attachés à leurs croyances… »

 En clair, « la thèse de ce film est que les religions ne sont que des histoires inventées pour aider l’humanité à faire face à l’horrible vérité, à savoir, que les forces qui gouvernent notre monde sont cruelles et absurdes, et nous n’avons aucune emprise sur elles. Les religions font de ces forces des divinités et prétendent qu’on peut s’en sortir : il y a des règles à suivre et une récompense dans l’au-delà ». Toutes « ces religions, ces histoires inventées » nous empêchent « de profiter pleinement de la vie ici-bas, notamment de laisser cours à toutes nos pulsions ». Mais il y a une contradiction ou un paradoxe, dans cette critique, que soulève Vincent M.T. : « le roi des aveugles » de la célèbre parabole de l’éléphant « révèle à (d’autres) aveugles qu’ils se trompent tous, et que chacun ne détient qu’une partie de la vérité… », mais en réalité, « le roi n’est pas aveugle », puisque « celui qui révèle la vérité voit la vérité clairement et dans son ensemble. Affirmer que personne ne détient la vérité, c’est soi-même prétendre détenir la vérité dans son ensemble, c’est professer que sa propre vision des choses est supérieure à toutes les autres ».

Dans le film, cette vision du monde – « supérieure à toutes les autres »- est « l’hédonisme – l’idée que le sens de la vie humaine est la recherche du plaisir ». Et, soulignerai-je, le plus grand pourvoyeur du plaisir (que l’on serait « en droit d’obtenir, tout de suite ») reste aujourd’hui « le divin marché »(4). Et « cette vision du monde nous est donc présentée exactement de la même manière que les religions qu’elle critique : quiconque ne s’y rallie pas est forcément en train de « réprimer » ses pulsions, et c’est mal ». Une forme de « moralisme » qui ne dit pas son nom, en somme.

Quelle devrait alors être notre position face à cette croyance et à cette nouvelle injonction (« No limits », « jouis sans entrave », sur les plans économique et culturel/sociétal) ? Certainement pas, selon le pasteur Gilles Boucomont(5), de répondre par le moralisme ou par plus de moralisme. Et encore moins de s’aligner sur les évolutions de la société (ce qui serait adopter un autre « moralisme »).

Notre positionnement face à cette croyance mise en avant dans le film ne devrait pas être « moral », mais « dans le même registre que celui de Jésus » : celui-ci, en effet, n’est pas venu pour « faire la morale aux gens », ou « pour accuser, condamner, faire chuter ». Mais « pour relever les personnes » ; « les faire passer de la mort à la vie ». On notera que dans la scène avec la femme adultère, en Jean 8v11, Jésus donne pour consigne, après le refus de condamner, « d’avancer ». Mais « pas de rechuter ».

Et, s’interroge Vincent M.T., « que pouvons-nous répondre, en tant que chrétiens, face aux accusations « d’immaturité » et « de passéisme » pour toutes les idées non-hédonistes, donc particulièrement les opinions religieuses ?  La réponse dans son article, à lire dans son intégralité.

 

 

Notes :

(1) Cf http://www.bastamag.net/Site-d-informations-independant

(2)Visio Mundus est géré par deux théologiens réformés : Yannick Imbert, professeur d’apologétique à la Faculté Jean Calvin, faculté de théologie d’Aix-en-Provence ; Vincent M.T., consultant en qualité logicielle, traducteur à ses heures, et actuellement inscrit en Master à la Faculté Jean Calvin. Via ce site, les auteurs souhaitent « discerner et démontrer la présence et la vérité de la foi en Dieu – le Dieu de la Bible – au sein de notre culture, et ainsi proclamer avec toujours plus de pertinence la grâce reçue et vécue en Christ. C’est ce qui s’appelle faire de l’apologétique culturelle » (https://www.visiomundus.fr/mission-et-vision/).

(3) Voir cette excellente fiche détaillée du film, à découvrir sur le site « Quels films pour nos enfants » . Une autre critique du film est à lire  sur le site Critikat.

(4) Voir le livre éponyme de Dany-Robert Dufour, par ailleurs auteur de « L’Individu qui vient ».

(5) D’après Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première Partie, 2010, p 92.

Foire aux médias(3) : blogues et sites

Suite de notre « Foire aux médias »(mais non « foireux médias ») poursuivie et -avec les blogues chrétiens.
Un blogue personnel, selon Henrik Lindell, « sert fondamentalement à promouvoir l’intelligence de son auteur propriétaire ». Il doit « stimuler et énerver les gens. Il doit aussi susciter la réflexion, quitte à bousculer les idées reçues de ses visiteurs. Ces derniers doivent pouvoir commenter les articles ». Et, je dirai même plus, il doit permettre une certaine interactivité avec ses lecteurs, dans un esprit de respect mutuel et de réciprocité.

Voici des blogues qui correspondent à peu près à ces critères. Nous les divisons en « Proto- » et « Catho- » sphères !

« La protosphère » ou blogosphère protestante évangélique :

Sébastien Fath. Le « weblog citoyen » d’un chercheur au CNRS, historien et sociologue dans le domaine des religions. Sébastien Fath est spécialisé dans l’étude sur le protestantisme évangélique, dont il est lui-même issu : son blogue constitue à lui seul une source intéressante en cette matière. Mais l’on trouve aussi des réflexions ou des « coups de gueule »-que nous ne partageons pas toujours ou que nous ne trouvons personnellement pas toujours très convaincants-sur des sujets de société, de la politique et plein d’autres encore.

Construire une éthique sociale chrétienne. A la base, « le blogue perso » d’Alain Ledain, un ami et un des fondateurs de l’association Actes 6(une mine au service des associations loi 1901 ou 1905 :  assistance dans la gestion administrative et financière ; outils, formations et logiciels),  qui s’intéresse à l’éthique sociale chrétienne. Le titre du blogue( « construire une éthique sociale chrétienne »), particulièrement éloquent, est à découvrir pour son approche des questions sociales, dans laquelle nous nous retrouvons. A noter que depuis quelques années, le blogue s’est « dépersonnalisé » et ouvert à d’autres auteurs. Parallèlement, avec Eric Lemaître, Alain Ledain a également réuni un groupe de chrétiens de différentes confessions, partageant les mêmes pensées sur l’éthique sociale et désireux de travailler ensemble. L’objectif de ces « Eveilleurs » est de « défendre une éthique sociale chrétienne, de travailler à un éveil des consciences et de lutter contre toutes les formes d’exclusion sans cette détestation de l’homme et de sa vulnérabilité ».

Déconstruction de l’Homme ou « critique du système technicien », quand d’autres seraient plutôt « technolâtres » : le blogue d’Eric Lemaître, socio-économiste spécialisé dans les questions éthiques, inspiré par la pensée de Jacques Ellul et partenaire de Pep’s café. Il se fait fort de nous alerter et de nous sensibiliser aux changements en cours, de nature à « déconstruire l’Homme », qu’il s’agisse du transhumanisme, du numérique, de l’économie virtuelle, du consumérisme, de l’eugénisme…L’intérêt de l’approche de l’Eric est de nous montrer à quel point « tout est lié ». Voir également notre interview de ce dernier.

Elle croit : Un excellent blogue, autant dans son esprit que dans son contenu, pensé par des femmes et « pour des femmes qui croient en Jésus-Christ et qui veulent croître en Lui et pour Lui ». Pour toutes les femmes chrétiennes-mariées, célibataires, mères seules ou mariées à un non-encore-chrétien… jeunes converties ou aînées dans la foi, adolescentes ou femmes plus mûres…. Nous en avons parlé ici.

Notre église point com  :  un blogue-ressource chrétien, jadis« pour étrangers et voyageurs », dont nous avions déjà parodié la « La foire aux liens » hebdomadaire. Ce qui était au départ le blogue personnel de Stéphane Kapitaniuk est devenu, depuis, une grosse entreprise collective qui a pour nouveau nom « Tout Pour Sa Gloire ». Son objectif ? Développer « une vision chrétienne du monde », soit « voir comme Dieu voit et vivre comme Dieu veut ».

Génération Hillsong Nutella : Un étonnant blogue évangélique, dont nous avons déjà parlé, qui ne ressemble à aucun autre, et qui se distingue par son mystère, son originalité, son humour, la qualité de la forme alliée à la qualité de contenu et, surtout, surtout, surtout, par sa générosité, à mille lieux du cynisme et du fatalisme ambiants : car  GHN ne « cherche rien » de particulier-en tout cas, pas le « buzz » ou la polémique-à part partager ce que son auteure a reçu. Soit l’essentiel : Christ et l’amour de Christ. Le sous-titre « Tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, mais une seule est vraiment nécessaire » fait d’ailleurs écho à cet essentiel, faisant l’essence du blogue.

Theologeek : l’excellent blogue personnel d’Olivier Keshavjee, théologien et fils(sauf erreur)de Shafique Keshavjee. Où l’on parle de théologie, philosophie des sciences, libertés digitales et autres geekeries… « avec l’art de poser des questions qui dérangent de manière intelligente« , comme l’a déjà dit quelqu’un d’autre avant moi.

Le Bon Combat : un blogue « réformé d’un point de vue théologique et baptiste d’un point de vue ecclésiologique ». Animé notamment par Pascal Denault et Guillaume Bourin(le fondateur).

Phileo-sophia : l’édifiant blogue d’Etienne Omnès, qui a pour seule mission d' »aider au maintien et à la prospérité d’une sagesse chrétienne », sous les deux angles suivants : 1)  « Aborder les questions culturelles et d’actualité sous un point de vue chrétien évangélique » et 2) »Vulgariser et présenter la sagesse des pères de l’église et des médiévaux, en complément de la pensée protestante classique, afin de nous enraciner davantage dans le christianisme de nos pères, et survivre un jour de plus que les vents hostiles de notre époque ».

Plumes chrétiennes : « l’incubateur audacieux des auteurs chrétiens ». Un blogue collectif d’auteurs et de poètes chrétiens qui souhaitent faire découvrir leurs propres créations et trouvailles littéraires (« romans à suivre », nouvelles, poèmes…), ainsi que leurs réflexions autour de la littérature. Si vous aimez écrire, ils sont preneurs !

Point théo : un autre blogue tout aussi édifiant, dont j’apprécie l’esprit, qui a pour objectif d’encourager et nourrir la réflexion biblique et théologique sur internet, de sorte que le lecteur puisse grandir dans la connaissance du Christ et être équipé en vue du service.

Autres sites protestants évangéliques

CPDH : Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine
Fondé par Daniel Rivaud en 1999(il succède à « sentinelle » créé en 1997), il regroupe des chrétiens issus de toute la mouvance protestante en France et en Europe, et se veut le promoteur d’une réflexion protestante au débat éthique : respect de la dignité humaine, la défense et la protection des droits de l’enfant, de la femme, et de l’homme d’une manière générale, la protection du droit à la vie de tout être humain, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle.
Le CPDH opère un travail de sensibilisation (des églises et des chrétiens à leur rôle dans la société), de veille et de diffusion de l’information sur internet : « anticiper sur l’actualité », et « coller à l’actualité », de sorte à faire entendre un point de vue protestant évangélique sur ces sujets. À cela s’ajoutent : le « CPDH Actualités », revue de presse mensuelle à laquelle on peut s’abonner et que l’on peut recevoir par courrier ou par e-mail ; et son journal Informations, Prières et Actions(IPA). Une démarche et une action, « non de manière dogmatique, mais dans un rôle d’interpellation et de proposition ; non pour juger ou condamner, mais pour avertir, dans une démarche alliant vérité et compassion. »
A suivre, en parallèle de l’approche de « Construire une éthique chrétienne », évoquée ci-dessus.

Christnet : Officiellement lancé en octobre 2000, Christnet est un forum chrétien suisse visant à apporter une réflexion critique sur des sujets touchant aux domaines du social, de l’économie, de l’environnement, de la culture et du développement. Son objectif est de rassembler, de faire discuter et (inter)agir des chrétiens intéressés et préoccupés par des questions d’ordre social et écologique. Quatre forums sont organisés chaque année sur des thèmes très divers tels que l’écologie, la finance, la politique nationale et internationale, le genre, les alternatives économiques.  Voir aussi :  http://www.christnet.ch/sites/default/files/Regard_chretien_mondialisation.pdf

Samizdat : site francophone(québecquois) évangélique de Paul Gosselin, titulaire d’une maîtrise en anthropologie sociale. Après avoir vécu en Nouvelle Ecosse, en Californie et sur l’île de Vancouver, il s’est installé au Québec. Créé en 1999, Samizdat a pour buts « de servir la communauté évangélique francophone internationale et d’informer le chrétien ainsi que le non-chrétien sur une grande diversité de sujets tout en maintenant l’intégrité de la vision du monde judéo-chrétienne » : outre la théologie, les arts, la musique, la littérature, les sciences(naturelles, humaines), « les origines »…On y fait la promotion d’artistes et littéraires évangéliques francophones, sans oublier de mettre en ligne des textes qui représentent une bonne diversité des positions que l’on peut rencontrer chez les évangéliques. Un regard évangélique pluridisciplinaire.

TGC – Evangile 21 :   Evangile 21, la version française de la Gospel Coalition, un blogue et un site, a pour but de « promouvoir la centralité de l’évangile dans la vie, l’église et le ministère pour les générations futures ». Au menu(alléchant) : Bible, culture, théologie, histoire de l’Église. On peut également y découvrir  « Le Dieu qui se dévoile », guide quotidien commenté par Don Carson pour découvrir la Bible en une année, ainsi que le Catéchisme de Heidelberg, chaque dimanche.

Visio Mundus : un blogue original, consacré à « l’apologétique culturelle ». Fondé et animé par deux théologiens réformés : Yannick Imbert et Vincent M.T.. Une démarche actuellement plutôt rare, à souligner et à suivre.

 

« Cathosphère » ou « Blogosphère catholique » :

Eglises & Ecologies(E&E), Actualité de la prise de conscience écologique chrétienne : un espace éditorial qui tente de suivre l’actualité des Eglises (et des associations)chrétiennes(dans un sens large : catholique, luthéro-réformée, évangéliques, orthodoxe) en lien avec les thématiques de l’écologie. C’est aussi un lieu riche en ressources dans ce domaine. L’usage du pluriel dans le titre du blogue est significatif : il privilégie une vision non restreinte ou exclusive de « l’Eglise » et de « l’écologie », donnant à voir et à comprendre 1)la diversité des sensibilités chrétiennes et 2)le caractère « pluridisciplinaire » de l’écologie.
L’auteur de ce blog est Dominique Lang, prêtre assomptionniste, scientifique de formation et journaliste (La Croix et actuellement Pèlerin). Il a participé au lancement de la revue « Les Cahiers de Saint Lambert » et collabore aussi – de temps en temps- à la revue Projet.

En chemin vers Ecbatane : soit « vers ton futur conjoint ou ta douce moitié… ». Un éternel sujet si essentiel, mais traité sous un angle original. A l’instar de GHN, un étonnant blogue qui allie la qualité du fond à la qualité de la forme : c’est suffisamment rare pour être signalé. Edifiant et conforme à l’esprit « évangélique ».

Thomas More (droit, politique et société) : Placé sous le patronage de saint Thomas More, patron des responsables politiques, ce blogue(à ne pas confondre avec le « think thank » libéral éponyme) d’un juriste analyse « des questions juridiques et politiques dans une perspective chrétienne ». Nous aimons l’ indépendance et la relative honnêteté intellectuelle de celui qui ne croit pas « à la neutralité et à l’objectivité, seulement à l’honnêteté, et qui reconnaît « pouvoir se tromper mais ne pas chercher à tromper »

Patrice de Plunkett : un catholique et « laïc de base qui se trouve être journaliste »(et par ailleurs, essayiste et conférencier), comme il le dit lui-même sur son blogue ouvert depuis 2005. Et ledit blogue est à la fois très réactif et très intelligent sur tous les sujets d’actualité ayant un rapport avec la pensée sociale catholique, défendue par son auteur.

Pneumatis : un intéressant blogue d’exégèse, de l’association éponyme, qui « entend promouvoir les études bibliques en faisant plus particulièrement appel aux racines juives de la foi chrétienne ».

La plume d’Aliocha, « chroniques journalistiques » : une plume(et non un clavier), mais une plume bien affutée. Celle qui a choisit son pseudo en référence à Aliocha Karamazov[personnage des « Frères Karamazov », de Dostoïevski] parle sur son blogue de journalisme : au sens large ou économique, juridique ou technique. Diplômée d’un 3ème cycle de droit de l’université de Paris II Panthéon Assas, l’auteure a exercé « trois ans en cabinet d’avocat avant de devenir journaliste en 1995 par les hasards de la vie ». Le journalisme est son métier, mais aussi surtout sa passion.

Phylloscopus inornatus : le blogue d’un naturaliste catholique. Parce que ça existe. Et qui n’oublie pas de s’émerveiller et de rendre grâce à son créateur.

Les Cahiers libres : ouverts depuis le 4 octobre 2013 mais au rythme malheureusement quelque peu ralenti depuis l’été 2016, « les Cahiers » sont une excellente jeune publication catholique, plein de « pep’s », à l’origine animée par six rédacteurs, aidés de contributeurs occasionnels ou réguliers(dont Pep’s Café ! ). Comme me l’a expliqué Benoît, l’un des fondateurs, « Les Cahiers sont nés 1)d’un constat d’un besoin de faire entendre une voix différente au sein de la blogosphère catholique et 2)d’une volonté de mutualiser les forces de quelques blogueurs pour créer un lieu de dialogue, de débat et de réflexion sur le web. Dans l’esprit des « Cahiers de la quinzaine » de Charles Péguy, l’objectif est à la fois de jouer le jeu médiatique tout en cherchant à y introduire « une crise », « une ouverture », « une brèche pour la pensée ». Les « Cahiers » se distinguent également par le ton(« ne pas utiliser les méthodes du monde, toujours rester dans la charité »), la diversité des sujets(actu politique, internationale ; dignité de la vie ; solidarité ; philo; théologie; spiritualité; art ; économie…), le désir d’ouvrir l’horizon du web chrétien en ne parlant pas que « des sujets qui font buzz », et le choix de privilégier des articles de fond (donc long) permettant une formation biblique, philosophique, théologique, des jeunes chrétiens ».

(Pour en savoir plus sur la blogosphère catholique, voir également ici)

 

Suite et fin du dossier, avec, prochainement, une certaine « presse pas pareil »(non chrétienne).