Communion : le défi inclusif de Jésus face à nos tentations exclusives

« Qu’ils soient un, comme nous sommes un » : Une prière prophétique de Jésus au Père, actuellement non encore véritablement réalisée. De quoi nous pousser à la repentance, surtout quand nous mobilisons toutes nos énergies à rebâtir les murs de séparation abattus par Jésus lui-même ! (Source image : Pixabay)

Samedi 06 février, j’ai eu la joie de participer au 5ème forum des Attestants(1), en tant que « sympathisant », voyant dans ce mouvement confessant, né au sein de l’EPUDF dans des circonstances particulières, l’illustration que l’action de l’Esprit Saint ne connaît pas de frontière dénominationnelle.

Cette nouvelle édition a eu lieu par zoom, nous proposant tables rondes et ateliers, avec des intervenants de qualité, autour du thème « la communion, un défi ? »(1). Un enjeu spirituel d’actualité, à l’heure des séparatismes et des crispations identitaires, tandis qu’un protocole sanitaire nous impose de respecter des « distances sociales », et sachant que les réseaux @sociaux favorisent un entre-soi plutôt inquiétant. J’ai hâte de voir publier les actes du forum sur le site des Attestants, permettant de revoir/entendre les diverses interventions, notamment celles de la matinée, que j’ai raté ! (1)

En vérité, il ressort de ce forum que la communion, à la fois un « être et un faire ensemble », n’est pas si évidente que cela chez les chrétiens, et même pas « naturelle » du tout. C’est pour cela qu’elle est un défi en tout temps, nous confrontant à la réalité.

Or, comme si « être » et « faire » communion n’était déjà pas un défi suffisant en soi, la veille du forum, l’équipe de jeunes rédacteurs du blogue Par La Foi, s’affichant « réformé », apportait une curieuse contribution à cet enjeu spirituel, sur fond de crispation identitaire, avec un certain formalisme cultuel, via un article qui m’a paru trop long et très académique(2), mais aussi particulièrement maladroit dans le contexte actuel et, surtout, injuste et prétentieux, en prétendant faire le (dépôt de) bilan négatif des Attestants après 5 ans d’existence [selon quels critères ? Quel « magistère » ?] pour expliquer pourquoi ils marchent « sur des chemins séparés »(3).

Cet article, qui accuse certains biais (« cessationnistes », « pédobaptistes »…), est-il utile pour la gloire de Dieu (c’est à dire contribuant à rendre Dieu visible, tel qu’il est en vérité) et l’édification de tous ? La question peut se poser, car, rappelons-le, le service véritable, qui est un mini-stère (et non un magi-stère), consiste à se positionner en-dessous des pieds de celui que l’on prétend servir. Une fois relevé, nous ne laissons pas par terre (ou plus bas que terre) celui que nous avons servi, mais contribuons humblement à l’élever, à le faire grandir.

Est-ce le cas de cet article ? Jugeons-en plutôt, à la lecture de sa conclusion, laquelle ferait froid dans le dos si elle n’était pas ridicule : « À l’heure actuelle, la croissance de l’Église protestante unie de France ne nous paraît pas une chose désirable pour l’Église universelle. La présence en son sein des Attestants est d’après nous un obstacle à la reconstitution d’une identité réformée (ou luthérienne) authentiquement confessante plutôt qu’un instrument à cette fin. À ce titre, nous ne jugeons pas non plus la communion possible entre nous…. ».

En clair, « Attestants, merci de ne pas (plus) exister » ?

Ceci dit, on se marre tout de même un peu quand on lit ce qui est écrit très sérieusement, soit (pour prendre un ou deux exemples au hasard) que les Attestants seraient des « libéraux moins extrémistes et moins cohérents que les autres » au sein de l’EPUDF. Rappelons que ce mouvement de chrétiens confessants est né en 2015 « du désir de renforcer au sein de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF) les piliers de la Réforme (Sola Scriptura, bien entendu, avec Sola Gratia, Sola Fide,, Solus Christus, Semper Reformanda et Soli Deo Gloria). Certaines décisions prises en synode leur ont semblé affaiblir la dynamique de l’Eglise et négliger son enracinement dans la révélation biblique ». De fait, les Attestants « partagent une même foi au Père créateur, au Christ Seigneur et sauveur [qu’ils confessent aussi comme étant pleinement Dieu et pleinement homme, mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification], à l’Esprit Saint consolateur et puissant. « Courant de conviction parmi d’autres dans l’EPUdF », ils souhaitent « promouvoir une façon de vivre la foi, la vie de famille, la formation, à la lumière d’une lecture exigeante de l’Evangile ». Ils se veulent, notamment, « force de proposition en matière de prière, de lecture de la Bible, d’édification pour la foi, de formation, d’accueil des plus humbles ».

Et les Attestants sont tellement « libéraux » qu’ils confessent enraciner leurs convictions dans les Ecritures. La liberté chrétienne (n’excluant) pas mais (impliquant) une interprétation respectueuse des textes, pour tout ce qui fonde la foi et structure la vie »(4).

Les Attestants seraient aussi des « modernistes » et des « postmodernes », sous prétexte que certaines « traditions »(port de la robe pastorale, usage de la chaire, présence de l’orgue/harmonium….) seraient « systématiquement rejetées ».

Autant d’arguments pouvant d’ailleurs justifier un refus de communion…avec le Christ lui-même !

Imaginez en effet ce qui aurait pu se passer, pendant les 3 jours suivant la mise au tombeau de Jésus-Christ, après sa mort à la croix : « nous espérions qu’il était celui qui allait délivrer Israël, mais il est utile aujourd’hui de se poser la question s’il a réussi après 3 ans 1/2 de ministère ». Et un jeune docteur de la loi de se fendre d’un (trop) long article très académique, justifiant pourquoi lui et les siens « ne sont pas disciples de Celui que l’on appelle le Christ », concluant par ce qui ressemble à une condamnation sans appel, dans le style : « il n’est décidément pas possible d’être en communion avec ce jeune mouvement, lequel est un obstacle pour la conservation de l’identité judaïque », leur leader étant trop « libéral » (ou étant un « libéral » ne s’assumant pas) et « post-moderne », parce qu’il ne respecterait pas « la tradition des anciens »….Position tenue jusqu’à ce que le jeune docteur de la loi rencontre, confus, Jésus-Christ ressuscité….C’est ce que l’on peut se souhaiter de mieux.

Une chose est sûre : si vous souhaitez connaître les Attestants, ce n’est pas par cet article qu’il faut commencer, mais plutôt en cherchant à les fréquenter pour mieux les connaître, plutôt que de les enfermer dans des étiquettes disqualifiantes/restrictives : visitez leurs paroisses et participez (ou assistez) à leurs cultes, pour vous rendre compte si le Dieu véritable (Père, Fils, Saint-Esprit) est à sa place ; consultez leurs sites et participez à leurs formations/forums(5), non pas en cherchant « à obtenir confirmation » de ce que vous croyez savoir, mais plutôt avec la volonté humble et honnête de savoir vraiment.

Pour le reste, la sagesse sera celle de suivre le conseil d’un autre sage, un célèbre docteur de la loi, Maître du jeune docteur cité plus haut : « ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette oeuvre vient des hommes, elle se détruira; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu ». (Actes 5v38-39). En attendant, apprenons à discerner des fruits évidents et significatifs, apprenons à dire merci à Dieu pour cela, et gardons confiance que l’approbation finale sera donnée (comme à nous tous) par le Maître lui-même.

Mais, comme le dit le vieil adage, « quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt », il importe de ne pas s’arrêter « au doigt Attestant », pour fixer ses regards sur ce qu’il montre, à savoir le Christ.

Et ce, d’autant plus que nos réflexes exclusifs font plutôt tâche avec l’esprit inclusif du Christ et des Ecritures. Ainsi, quand certains justifient théologiquement d’exclure de leur cercle (déjà étroit) de « communion », nous lisons cette joyeuse invitation à la communion de l’apôtre Jean, au début de sa lettre [1 Jean 1v3-4] , rappelant les conditions de celle-ci : « ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Et notre communion est communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ. Et nous vous écrivons cela pour que notre joie soit complète ». Le même apôtre rappelle également que « si nous marchons dans la lumière comme (Dieu) lui-même est dans la lumière, nous sommes en communion……les uns avec les autres, et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché » (1 Jean 1v7)

Cet esprit inclusif se discerne encore dans le « faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance » de Dieu, au commencement (Gen.1v26), le « nous » inclusif du Notre (et non pas « mon ») Père, enseigné par le Christ à ses disciples (Matt.6v9-13), et dans le « Qu’ils soient un, comme nous sommes un », le projet exprimé dans une prière dite par le Fils au Père en Jean 17, sur la façon dont l’un et l’autre souhaiteraient voir vivre ensemble ceux qui lui appartiennent. Une prière prophétique actuellement non encore véritablement réalisée. De quoi nous pousser à la repentance, surtout quand nous mobilisons toutes nos énergies à rebâtir les murs de séparation abattus par Jésus lui-même (Eph.2v14) ! L’enjeu spirituel de relever le défi de vivre la communion et l’unité est de taille, puisque c’est « afin que le monde croit »…. (v21). L’inverse est malheureusement vrai, puisque si pas de communion, il y a division, et l’absence de communion et d’unité empêche de croire.

Comme il a été rappelé lors du forum des Attestants du 06 février, en situation de crise, il n’est plus le temps de rompre des lances sur des sujets secondaires [lire à ce sujet Romains 14], mais le temps de revenir à l’essentiel. Et l’essentiel est Christ.

Rappelons que le Nom de Jésus est le seul Nom qui sauve, le seul Nom qui rassemble et le Nom qui est élevé au-dessus de tout nom, y compris les étiquettes dénominationnelles, rendant ainsi vaines toute crispation/repli/tentation ou prétention identitaire. En tant que chrétiens – « petits Christs » – nous n’acceptons pour seule « étiquette » que celle que Jésus nous a déjà donnée : « enfants de Dieu », « saints et fidèles en Jésus-Christ », « appartient à Jésus-Christ »…..

Rappelons également que le Nom de Jésus signifie aussi « Dieu sauve » mais aussi « Dieu élargit », lequel nous élargit de toute l’étroitesse de nos petits cercles restreints de (pseudo) « communion », « à l’exclusion de tous les autres ». De même, à la suite du Christ et en Son Nom, nous sommes envoyés pour élargir les horizons de nos frères et de notre prochain.

 

A l’heure où certains jouent encore à être « plus royalistes que le Roi », en mode « plus réformé que moi tu meurs », contribuons à une réelle édification, aidant à grandir : puisque nous sommes censés avoir « dépouillé le vieil homme » (avec ses prétentions identitaires restrictives), revêtons-nous du Seigneur Jésus-Christ – la seule identité valable qui nous a été donnée – et n’ayons pas soin de la chair [par exemple, l’orgueil intellectuel et/ou spirituel] pour en satisfaire les convoitises (Rom.13v14).

Renversons également nos façons de penser, pour en finir avec la pensée opposée à la pensée biblique et axée sur la « saisie », la classification, le déterminisme (soit le fait de coller une étiquette sur quelqu’un), la division, la conceptualisation…avec les logiques de la prise, les pensées rapaces qui griffent et qui déchirent.

Si ta théologie te rend incapable de discerner ce qu’est une pensée biblique, et si elle contribue à rebâtir les murs de séparation ce que Christ a abattu, alors change de théologie….

Le dernier mot sera au fameux jeune docteur de loi cité plus haut, qui n’a plus été le même après sa rencontre avec le Christ ressuscité :

C’est aussi « un devoir pour nous, les forts, de porter l’infirmité des faibles et de ne pas rechercher ce qui nous plaît. Que chacun de nous cherche à plaire à son prochain en vue du bien, pour édifier. Le Christ, en effet, n’a pas recherché ce qui lui plaisait mais, comme il est écrit, les insultes de tes insulteurs sont tombées sur moi. Or, tout ce qui a été écrit jadis l’a été pour notre instruction, afin que, par la persévérance et la consolation apportées par les Ecritures, nous possédions l’espérance. Que le Dieu de la persévérance et de la consolation vous donne d’être bien d’accord entre vous, comme le veut Jésus Christ, afin que, d’un même cœur et d’une seule voix, vous rendiez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu »(Rom.15v1-7)

« Si donc il y a quelque consolation en Christ, s’il y a quelque soulagement dans la charité, s’il y a quelque union d’esprit, s’il y a quelque compassion et quelque miséricorde, rendez ma joie parfaite, ayant un même sentiment, un même amour, une même âme, une même pensée. Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres.  Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ».(Philip. 2v1-11).

Amen !

 

 

 

 

 

Notes :

(1)cf https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2021/01/30/forum-des-attestants-du-06-fevrier-communion-un-defi/

Il est possible de visionner les vidéos des temps forts (tables rondes seulement) du forum du 06 février. Le pasteur Martin Hoegger, de l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud et membre du mouvement R3 (Rassemblement pour un renouveau réformé), nous partage également son regard sur cette rencontre dans cet article consultable ici.

(2) Cf https://parlafoi.fr/2021/02/04/pas-attestants/

(3) Pour rappel, « séparé », en hébreu et araméen, a donné le nom de « pharisiens », ce groupe de religieux souvent dénoncé par Jean le Baptiste et par Jésus, et qui a fini par intriguer bassement pour condamner et livrer ce dernier pour être crucifié. Par contraste, les Attestants ont choisi de rester au sein de l’EPUDF, plutôt que d’en partir pour rejoindre les Evangéliques ou fonder une nouvelle dénomination, illustrant un cheminement possible, alternatif aux replis identitaires.

(4) A ce sujet, je renvoie au forum des Attestants consacré au thème « qui parle ? Quand je lis la Bible… » https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2019/02/08/retour-sur-le-forum-2019-des-attestants-qui-parle-quand-nous-lisons-la-bible/

(5) Cf http://lesattestants.fr/ ; http://1001questions.fr/ ; http://tablesrondes.leglisequicroit.fr/ (avec ce compte rendu d’atelier https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/08/29/ce-que-leglise-communaute-chretienne-peut-apporter-a-la-generation-z-ou-digitals-natives/) ; http://www.liberer.fr/

La Paix du Christ : les irréconciliables réconciliés

Dans l’original, en un seul mot, ce dernier cri de Jésus à la croix : « Tetelestai » ! « Tout est accompli ! »

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix », dit le Christ (Jean 14v27)

« La paix de Dieu surpasse toute compréhension, toute intelligence » (Philip 4v7)

Christ Lui-même est « notre paix : de ce qui était divisé, il a fait une unité. Dans sa chair, il a détruit le mur de séparation : la haine ». Il a réconcilié les irréconciliables « en un seul corps, au moyen de la croix : là, il a tué la haine »(Eph.2v14-17).

C’est dans une position élevée que le Christ a pu dire : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23v34) et « tout est accompli » (Jean 19v30). Cette « position élevée » n’était pas sur un trône, mais sur la croix (cf Jean 3v14), là où le Christ ne pouvait pas être plus impuissant, plus abaissé, plus nu, plus exposé, dans la faiblesse extrême. C’est dans cette faiblesse et cette impuissance que la Toute-Puissance de Dieu s’est pleinement manifestée (cf 2 Cor.12v9) pour le salut, la réconciliation, la guérison et la libération de quiconque croît.

Les Quatre Espèces: le Loulav et l’Etrog. Exprimer la joie de l’unité en Yeshouah le Messie

A Souccoth, les quatre espèces sont réunies dans un même bouquet et agitées ensemble : le signe de l’unité

[Initialement publié le 11/10/19 et mis à jour pour l’occasion]

Pendant les 7 jours de Souccot, la fête des Tabernacles ou des cabanes (excepté Shabbat), laquelle aura lieu du 02 octobre au 09 octobre, les Juifs ont coutume de prendre les Arba Minim, c’est-à-dire les « Quatre Espèces ». Que sont les Quatre Espèces ? En quoi, nous chrétiens, serions-nous concernés par ce rituel d’une « fête juive » ?

Ces « Quatre Espèces » sont décrites en Lévitique 23v40-41« Vous prendrez, le premier jour, du fruit [de beaux arbres] de l’arbre hadar (le cédratier, l’etrog), des branches de palmier (loulav), des rameaux de l’arbre avoth (le myrte), et des saules de rivière (aravot), et vous vous réjouirez, en présence de l’Éternel votre Dieu, pendant sept jours. Vous célébrerez chaque année cette fête à l’Eternel, pendant sept jours. C’est une loi perpétuelle pour vos descendants. Vous la célébrerez le septième mois. »

A Souccoth, ces quatre espèces sont réunies dans un même bouquet et agitées ensemble. Il convient de tenir le loulav dans la main droite (sauf si nous sommes gaucher), et de se tourner vers l’est en disant la bénédiction suivante :

Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou melekh haolam achère kidéchanou bemitsvotav, vétsivanou al nétilat Loulav

Béni sois-Tu Éternel notre Dieu, Roi du monde, qui nous a sanctifié par Ses commandements et nous a commandé de prendre le Loulav.

Ensuite, l’on prend l’étrog dans la main gauche, et [Si c’est le premier jour de Souccot ou la première fois pendant Souccot que nous faisons cela], l’on dit :

Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou melekh haolam chéhé’héyanou vékiyémanou véhiguiyanou lizmane hazéh

Béni sois-Tu Éternel notre Dieu, Roi du monde, qui nous a fait vivre, nous a fait exister et nous a fait parvenir à ce moment.

Enfin, il s’agit de rassembler le loulav et l’étrog et de les secouer dans les six directions : vers le sud, vers le nord, vers l’est, vers le haut, vers le bas et vers l’ouest. 

Comme souligné, ces quatre espèces sont réunies dans un même bouquet et agitées ensemble.

Ces quatre espèces nous enseignent l’unité en Jésus-Christ, Yeshouah le Messie.

L’unité dans la diversité des membres du peuple de Dieu : une unité qui maintient ces différences, qui vit et s’enrichit de ces différences. En effet, chacune de ces espèces symbolise une catégorie différente dans le peuple, dans son rapport à la Torah, la loi de Dieu.

L’Etrog (cédrat) possède un bon goût et une bonne odeur. Il représente le sage qui apprend et qui agit, celui que Jacques 1v22-25 appelle « le réalisateur agissant de la Parole : celui-là sera heureux dans ce qu’il réalisera ».

Le Hadas (myrte) possède une bonne odeur mais n’est pas comestible. Cela représente celui qui agit sans apprendre.

Le Loulav (branche de palmier) est comestible mais inodore. Il représente celui qui apprend sans agir.

La Aravah (feuille de saule) n’a ni goût ni odeur. Il représente celui qui ne fait ni l’un, ni l’autre.

Ceci constaté, quel intérêt aurait « le plus spirituel » des 4 à rester avec les 3 autres, marqués par divers degrés d’imperfection. Et quel intérêt d’intégrer celui qui « ne sert à personne », puisqu’il n’apprend pas et n’agit pas ?

Or, les quatre espèces sont réunies dans un même bouquet et agitées ensemble. Le bouquet n’est valable que si les quatre espèces sont présentes et réunies. De la même manière, nous devons nous voir, nous peuple de Dieu, de manière inclusive, à la manière de Rom.12v5 :  « Nous qui sommes plusieurs, nous sommes un seul corps en Christ, étant tous membres les uns des autres, chacun pour sa part ». Nous tous, enfants d’un même Père céleste, devons être solidaires et responsables les uns des autres devant le Seigneur (comme le peuple de Dieu l’a été pendant les jours de repentance de Yom Terouah à Kippour, tous reçoivent maintenant ensemble du Seigneur la joie de la fête de Soukkot).

Il n’y a donc pas de place pour l’individualisme, l’inégalité et la séparation, les distinctions entre « les experts » et « les non-initiés », « les plus spirituels » et « les moins spirituels », « ceux qui étudient et vivent les fêtes bibliques », « ceux qui étudient les fêtes mais ne les fêtent pas », « ceux qui vivent les fêtes sans les étudier » et « ceux qui ne font ni l’un, ni l’autre ». Nous ne vivons plus selon ces critères-là.

L’etrog nous enseigne comment considérer nos relations et juger ce qui est « spirituel »/ « pas spirituel », « Parfait »/ « imparfait »

L’Etrog est le fruit parfait et la plus précieuse des 4 espèces, puisque c’est la seule des quatre espèces à posséder une bonne odeur et un bon goûtL’odeur nous parle de l’extériorité et le goût de l’intériorité. Celui qui est parfait, c’est celui qui est cohérent : celui qui entend et qui met en pratique, celui qui dit et qui fait, en accord avec sa volonté et ses pensées.

Mais où trouver « l’etrog parfait » ? Qui, parmi nous, serait « le (plus que) parfait », « le plus spirituel », celui qui sait et met en pratique ? En réalité, le seul « homme-etrog » parfait est en Christ, le Messie Yeshouah !  Nous tous, nous sommes à des degrés divers d’imperfection, même si nous tendons vers la perfection mais sans y parvenir complètement. Nous sommes donc tous imparfaits.

Notre espérance : de même que lorsque nous saisissons le bouquet pour réciter la bénédiction, nous tenons l’Etrog rapproché de l’ensemble, Yeshouah est avec nous, lorsque nous sommes rassemblés. Cela nous enseigne que, comme Yeshouah le fait pour nous, le « plus spirituel » parmi nous doit se rapprocher du « moins spirituel », et non « l’éloigner de sa présence » cf Gal.6v1. Ainsi, nous tous, comme le dit l’Ecriture, « veillons les uns sur les autres pour nous inciter à mieux aimer et à agir en tout avec bonté », « encourageons-nous les uns les autres » (Hébreux 10v24-25)

En Yeshouah, toutes ces barrières/distinctions sont abattues et les relations sont désormais autres : « ce qui compte, c’est le Christ, qui est tout et en tous » (Col.3v11).

Cette perfection, nous pouvons la vivre en Yeshouah : « par une seule offrande (celle de sa vie), il a conduit à la perfection pour toujours les personnes qu’il a rétablies dans leur relation à Dieu » (Hébr.10v14).

Notre unité n’est pas à créer mais à maintenir. C’est l’unité en Yeshouah, selon Eph.4v3-6, « l’unité que donne l’Esprit par la paix qui nous lie les uns aux autres. Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même qu’il y a une seule espérance à laquelle Dieu nous a appelés. Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ; un seul Dieu, le Père de tous, qui règne sur tous, agit par tous et demeure en tous ».

 Plus nous serons en Yeshouah, mieux nous serons proches les uns des autres, et mieux nous manifesterons le fruit doux et paisible qu’Il attend. Notre vie portera « la bonne odeur de Christ » et nous pourrons être « le sel de la terre », « avoir bon goût », à la gloire de Dieu.

L’Action du mois : la prière pour les oiseaux

Une prière pour tous les oiseaux du monde que nous sommes, sans oublier les moineaux et leur dignité (source image : public domain pictures)

Une prière originale d’Eric George (pasteur EPUDF Versailles), 17/03/13, découvert « par hasard » cet été via le bulletin d’une paroisse protestante.

 

Dieu notre père

Nous voulons te prier pour tous les oiseaux du monde

Et surtout pour tous ceux à qui nous donnons des noms d’oiseaux

 

Nous te prions bien sûr pour ceux que nous appelons

Mon poussin, mon canard, ma poulette

Tous ceux, qu’avec ou sans surnom, nous aimons

 

Nous te prions également pour ceux que nous appelons vautour

Et pour les faucons de guerre

Ceux-là qui croient pouvoir puiser leur force et leur vie

Dans la faiblesse et la mort et des autres

Donne-nous d’être face à eux des témoins vigilants

Donne-nous ton esprit de prophétie qui dénonce l’oppression

Et annonce la justice.

 

Nous te prions pour ceux que l’on appelle pigeons

Donne nous d’accepter de faire, aux yeux de ce monde, partie de ceux-là

Donne-nous de réaliser ta parole « Heureux les doux, heureux les simples »

 

Nous te prions pour les triples buses, les bécasses et les têtes de linottes

Donne-nous d’accueillir avec amour et patience les limites de nos frères et de nos sœurs

Donne-nous la lucidité et l’humour nécessaires pour reconnaître et assumer nos propres limites

 

Nous te prions pour ceux que nous voyons

Majestueux comme des aigles

Libère nous de l’aigreur et de l’idolâtrie

Et permets-nous de prendre notre place aux services des autres

 

Fais sortir leur tête du sable aux autruches

Fais atterrir un peu les albatros

Donne aux coqs l’humilité

Et rend aux moineaux la dignité

 

Nous te remercions pour les colombes

Annonciatrices de paix et d’espoir

Pour les alouettes, porteuses d’espérance

Et pour les pinsons qui nous communiquent leur joie

 

Seigneur,

Que ton Royaume germe sur la terre

Et qu’il rassemble dans son feuillage

Tous ces oiseaux que nous sommes

 

 

 

 

« De l’unité en crise à l’unité en Christ » : le défi des hommes réunis pour l’étude biblique

Ezéchiel 37v22 : « Je ferai d’eux une seule nation dans le pays, dans les montagnes d’Israël : ils auront tous un même roi, ils ne formeront plus deux nations, et ne seront plus divisés en deux royaumes. »

Jean 17v11 : « Qu’ils soient un comme nous sommes un. »

« …rappelons que notre destinée éternelle (…) est liée à un appel communautaire. Il ne peut s’envisager en marchant seul dans les ténèbres ». Source : Pixabay

Depuis cette prière du Fils au Père [rapportée par Jean dans son évangile], nous sommes promis à une existence unie et interdépendante. Nous ne formons plus « deux royaumes », à l’image d’Israël et Juda au temps du prophète Ezéchiel, mais nous avons à jamais un « même roi », et une même destination à atteindre dans la communion de l’Esprit. Ce même Esprit a été répandu sur tous les membres du corps de Christ (Joël 3v1).

Quant à parler du « corps de Christ », nous nous rappelons que notre destinée éternelle (incluant notre passage dans le monde) est liée à un appel « communautaire ». Il ne peut s’envisager en marchant seul dans les ténèbres. Si nous pensons avoir à choisir entre avancer seul ou ensemble, rappelons-nous seulement que les deux sont interdépendants. Tout comme Dieu est « un et trois » à la fois, Dieu nous a « réglé » de la même manière, afin d’être au milieu de nous (extrait de Matthieu 1v23 : « Et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu parmi nous »).

Selon 1 Jean 1v7 notre marche doit être « dans la lumière, comme le Père est lui-même dans la lumière, mutuellement en communion, purifiés de tout péché par le sang de Jésus son Fils. »

Qualifierions-nous aujourd’hui notre marche comme une marche « unie » ? Cette prière du Seigneur Jésus, « Qu’ils soient un comme nous sommes un. » (Jean 17v11) demeure dans nos Bibles, mais nous approprions-nous le fruit de cette prière prophétique ? En d’autres termes : « vivons-nous », pratiquons-nous notre unité en Christ ? Si oui, de quelle manière ?

Il faut admettre que notre vision du « corps de Christ » est mise à l’épreuve, quand le monde nous enjoint au développement « personnel » et à un amour propre qui dépasse l’amour du prochain. A ce sujet, il est bon de méditer sur le second plus grand commandement de Dieu (semblable à son premier), selon Matthieu 22v34-40 : « Aime ton prochain comme toi-même. »

Nous positionnant sur la vérité de la Parole, posons-nous à présent 4 (remises en) questions :

  1. De quoi avons-nous réellement, et visiblement, le plus soif ?
  2. Comment le partage entre frères, l’étude de la Parole et le soutien mutuel peut-il y contribuer ?
  3. Selon moi, suis-je vraiment membre du corps de Christ ? [Et de son expression locale ?] Comment le savoir, et surtout comment le vivre ?
  4. Comment « ma » marche en Christ peut-elle devenir « notre » marche en Christ ?

Ne doutons pas que Dieu ait véritablement pourvu à nos besoins : sa Parole en est un témoin fidèle ! Il se pourrait simplement que nous ayons du mal à le percevoir.

En ce sens, il est bon de se rappeler quelques bénéfices pour les hommes de (la) Parole qui entreprennent de « Lire et étudier la Bible », et de la lire, l’étudier ensemble : 

  1. C’est notre nature selon Dieu ! Le mâle, « zakar » en hébreu, signifie « celui qui se souvient ». Dieu a adressé ses commandements au genre masculin. Les hommes ont ainsi le devoir de les retenir, et de les transmettre dans leurs sphères d’influences (famille, église, société).
  2. Jésus nous donné une promesse (Matthieu 18v20) que « là où nous sommes deux ou trois en son nom, Il est là au milieu de nous »: nous connaissons donc une plus grande faveur dans la révélation de Jésus, Parole vivante, lorsque nous venons nous soumettre ensemble à sa Parole. La Parole de Dieu a donc vocation à être étudiée en groupe, pour expérimenter la communion du Fils de Dieu.
  3. Dieu désire que nous le connaissions pleinement, et que nous connaissions toute sa Parole. Voici un grand bénéfice de notre étude en groupe : lorsque nous sommes seul nous nous heurtons à nos limites, et lorsque nous sommes en fraternité, notre faiblesse est compensée dans les forces de nos vis-à-vis.

Gardons également en vue des objectifs pertinents et communs à l’ensemble du groupe :

  1. Croître en conviction : connaître et comprendre la personne de Jésus-Christ
  2. Croître en caractère : vivre en homme à l’image et à la ressemblance de Dieu
  3. Croître en compétence : connaître toute la Bible pour mieux la comprendre, garder et transmettre fidèlement son message à d’autres.

POUR FINIR EN MAJUSCULE : UNE BONNE ÉTUDE NOUS CONDUIT A L’HUMILITE, EXALTE LE SAUVEUR ET PROMEUT LA SAINTETÉ

 

[Une nouvelle contribution de mon frère en Christ Pierre-Louis, par ailleurs très impliqué dans mon groupe d’étude et de partage biblique pour hommes : qu’il en soit remercié !]

« Que tous soient un »

« Qu’ils soient un, comme nous sommes un » est une prière dite par le Fils au Père en Jean 17, sur la façon dont l’un et l’autre souhaiteraient voir vivre ensemble ceux qui lui appartiennent. Une prière prophétique actuellement non encore véritablement réalisée. De quoi nous pousser à la repentance !

Voici un chant « pep’s » (ou « spep’sial », selon) sur ce thème :

 

Et encore cet autre sur le même sujet :

 

Lagaan : l’esprit d’équipe « made in India »

L’esprit d’équipe selon « Lagaan »(« Once Upon a Time in India »), un film indien réalisé par Ashutosh Gowariker(2001)

Lagaan : Once Upon a Time in India est un film indien, produit et réalisé par Ashutosh Gowariker (2001), revu cet été sur dvd avec beaucoup de plaisir.

De l’aveu de son auteur dans une interview pour Critikat, il s’agit d’ « une production familiale » avec « un héros, un méchant, un trio amoureux »(1), qui a été un succès commercial. En effet, « si l’on veut un film qui marche au box-office, il faut faire un film d’amour », explique encore Ashutosh Gowariker(1).

De quoi ça parle ?

 En 1893, au centre de l’Inde, les villageois de Champaner attendent en vain la mousson. Pour humilier ce peuple au bord de la famine, le capitaine Russel, chef de la garnison britannique, veut doubler le « lagaan », l’impôt sur les céréales. Le jeune Bhuvan, qui dirige la protestation contre cette injustice, se voit proposer par l’officier un terrible pari : si les Indiens battent les Anglais au cours d’un match de cricket, ils seront exemptés de « lagaan » pendant trois ans ; s’ils perdent, ils devront payer un triple impôt. Bhuvan accepte le pari mais n’a que trois mois pour former son équipe…et apprendre à jouer ! 

A l’instar des sept samouraïs, Lagaan a tout du « film parfait » : tout public, patriotique (mais non nationaliste), et épique, généreux et rafraichissant, avec plusieurs scènes de chansons et de danses, il relate sous un angle original (une compétition sportive au centre de tous les enjeux) comment des paysans opprimés doivent oublier leurs différences (de religion, de caste, d’ethnie ou de condition physique, sans oublier les conditions d’âge) et s’unir dans un but commun, pour une question de vie ou de mort. Ainsi, il est possible qu’un « fou », un muet, un handicapé de la main (mais à la façon unique de faire vriller une balle) et un jeune garçon se retrouvent dans une même équipe ; que des ennemis traditionnels – un hindou et un musulman –  combattent (pacifiquement) ensemble, et qu’un brahmin et un dalit (« intouchable » ou « paria » et « maudit ») se touchent. Ainsi, «  ce qui est folie, faible, vil ou méprisé dans le monde peut être choisi pour confondre les sages, les forts et les prétentieux » (cf 1 Cor.1v27-28). Certes, la cause paraît dérisoire ou perdue d’avance, mais, porteuse de sens, elle dépasse les challengers indiens, impliquant toute la communauté de Champaner : les villageois, qui jouent pour leur survie, quand les anglais (les dominateurs) jouent pour se distraire, feront preuve d’un véritable esprit d’équipe « made in India », et en ressortiront grandis individuellement et soudés collectivement à la suite de diverses épreuves.

A noter enfin, bien présente dans le film et comme déjà souligné plus haut, une dénonciation particulièrement culottée du système des castes, un sujet qui tient le réalisateur à cœur. Ce dernier pense-t-il que le cinéma en Inde, parce que très populaire, pourrait contribuer à changer les mentalités ? « Si vous voulez que le cinéma change les mentalités et les attitudes, vous devez faire vingt films sur le même sujet et les diffuser à la suite les uns des autres pendant au moins cinq ans », répond-t-il. « Je ne dis pas que le système des castes doit être éradiqué. C’est impossible. Avec beaucoup d’efforts, il est possible d’éradiquer la pauvreté. Mais le système des castes ne bougera pas. Ce qu’on peut changer, c’est une attitude, la tolérance entre castes…. » (1)

 

En bref : « Laagan » (« Once Upon a Time in India »). Réalisé par Ashutosh Gowariker (Inde, 2001). Produit par Aamir Khan Productions. Musique de A.R. Rahman.
Avec Aamir Khan (Bhuvan), Gracy Singh(Gauri), Rachel Shelley (Elisabeth Russel), Paul Blackthorne (Capitaine Russel), Yashpal Sharma (Lakha, le rival de Bhuvan), Amin Hajee (Bagha, l' »Hercule » muet et son tambour), Shri Vallabh Vyas (Ishwar, le médecin du village et père de Gauri), Rajesh Vivek (Guran, « l’astrologue fou »),  Aditya Lakhia (Kachra, l’intouchable), Amin Gazi (Tipu, le neveu de Bhuvan)…..

Durée : 3h40.

Nominé aux Oscars en 2002 dans la catégorie du « Meilleur film étranger », et plusieurs fois primé dans des festivals européens (dont celui de Locarno).

Une chanson : 

« Chale chalo » (une séance d’entraînement très rythmée)

 

 

 

Note : 

(1) https://www.critikat.com/actualite-cine/entretien/ashutosh-gowariker/

Qu’est-ce que nous croyons concernant l’église locale ?

Vivons-nous aujourd’hui l’église locale, comme les gens vivent en ville : en parfaits étrangers ? Source : Pixabay

Qu’est-ce que nous croyons concernant l’église locale ? Et même de l’Eglise tout court, dirai-je ? Quel est notre point de repère ?

La petite communauté paroissiale où tout le monde se connaît ? Ou bien, la réalité à laquelle nous nous confrontons aujourd’hui : une église locale pas vraiment locale, dont les membres viennent des quatre coins de la région, et qui considèrent le culte comme un « loisir » et non comme un élément fondamental pour vivre la foi, à défaut d’une obligation hebdomadaire ?

Cette question soulève un défi : comment en effet atteindre l’ambition de vivre en vérité et sans hypocrisie le fait d’être l’Eglise, le corps de Christ, et par là même d’être une communauté et une famille, tant que subsistera un esprit individualiste et consommateur particulièrement marqué (ou tant que l’individu restera la mesure de toute chose) ?

En clair, la réalité qui nous saute aux yeux aujourd’hui est cette façon de vivre l’Eglise comme les gens habitent en ville : ils fréquentent des lieux publics, prennent des transports publics ou participent à des activités publiques, mais vivent « en étrangers », isolés les uns des autres, sans sentiment d’appartenance, tout lien social coupé.

Nous pouvons constater…le constat d’une réalité sociologique mais sommes-nous condamnés à nous contenter de le déplorer de manière résignée, parce que ce serait cela, la modernité ?

Personnellement, je ne le pense pas. Et je ne le souhaite pas.

Quel sera alors notre point de repère ? Quel sera notre Projet de vie d’Eglise ?

Les Ecritures nous appellent à autre chose et nous rappellent ce que nous sommes ensemble cf 1 Cor.12-14 et Rom.12v5 : venus d’horizons différents, nous formons une grande famille, composée d’hommes et de femmes, d’adolescents et d’enfants de toutes classes sociales et de toutes origines, qui se (re)connaissent comme frères et sœurs en Jésus-Christ, enfants d’un même Père, animés d’un même souffle par l’Esprit Saint.

Ensemble nous sommes appelés, non « à aller à l’église » mais à « être l’Église », corps vivant et agissant au cœur de ce monde, non pas pour nous-mêmes mais pour les autres, afin de manifester à tous l’amour de Dieu. « L’église » avec « un petit e », expression locale de l’Eglise avec « un grand E », est composée d’hommes et de femmes qui se retrouvent ensemble pour partager des choses ensemble : ils vivent des choses ensemble, mangent ensemble, prient ensemble, pleurent et se réjouissent ensemble.

Nous ne sommes donc pas une somme d’individus vivant en étrangers mais un corps, celui de Christ, dont les membres sont interdépendants les uns les autres. Éphésiens 4v3 nous invite aussi à « conserver » (et non pas créer) l’unité de l’Esprit par le lien de la paix ».

En clair, croyons-nous que l’Eglise fait partie de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ ? La solitude est une des formes de précarité les plus violentes de notre société. Or, l’Eglise est le moyen privilégié par lequel Dieu répond à cette aliénation, en donnant le sentiment d’appartenance : c’est le lieu où nous pouvons êtres sauvés socialement, redressés, réintégrés dans un tissu relationnel vital et retrouver notre dignité dans le regard d’un autre. Dieu nous sauve en nous réconciliant les uns aux autres, en nous unissant par des liens plus solides que ceux de la famille biologique(1).

Cela peut paraître « utopique », « impossible à réaliser aujourd’hui », mais c’est pourtant ce que nous sommes en Jésus et Jésus nous appelle à manifester encore aujourd’hui la même réalité dans le même esprit.

Cela mérite réflexion, notamment pour découvrir des façons « anciennes » et « nouvelles » de le manifester concrètement ensemble, de manière diverse et de façon à refléter les « grâces multicolores de Dieu ».

Quel sera alors notre point de repère ? Quel sera notre Projet de vie d’Eglise ?

 

Note :

(1) Ce paragraphe sur l’Eglise, « cette bonne nouvelle », vient de cet article d’Olivier Keshvajee, le « théologeek ».

Au Nom de Jésus, crevons les bulles !

Lecture : « Ainsi, vous n’êtes plus des étrangers (…) vous êtes de la famille de Dieu » (Eph.2v19. TOB).

Vous vivez certainement cette phase où, dans votre église locale ou votre paroisse, le rush de la rentrée est en train de passer : les activités sont lancées, les formations diverses bien avancées et l’annonce de la Bonne Nouvelle (re)déployée dans toute son ampleur. Pour un peu, nous serions déjà dans la période de Noël, avant d’avoir pris le temps de vivre l’Automne !

C’est pourquoi nous serions bien plus inspirés de répondre « présent », en étant pleinement et vraiment là où Notre Dieu nous appelle ; et d’apprendre, pour l’avenir, à ne plus vivre dans l’agitation, sachant que, comme nous le rappelle ce bon vieux Soren Kierkegaard (1813-1855), « de tout ce qui est ridicule dans ce monde ridicule, rien n’est plus ridicule que de s’agiter »(1).
En effet, lorsque notre course est si intense que nos pensées sont constamment occupées par les problèmes passés ou futurs, nous prenons le risque de devenir des étrangers pour ceux qui vivent avec nous. Avez-vous remarqué que les préoccupations construisent une bulle qui nous isole même quand nous sommes avec ceux que nous aimons ? Elles forment en nous un brouillard qui parasite les communications et nous éloigne les uns des autres…

Bientôt, si nous n’y prenons pas garde, nous ne serons plus des frères et des sœurs dans nos maisons, ni des parents et des enfants, ni mari et femme, ni même des étrangers, mais des ennemis.
Ce phénomène est une réalité dans nos foyers mais aussi dans notre relation avec Dieu. Ephésiens 2v22 nous rappelle fort opportunément que « c’est dans l’union avec (Christ), que (nous faisons)partie (nous) aussi de la construction pour devenir avec tous les autres la maison où Dieu habite par son Esprit ». C’est donc ensemble que nous faisons partie d’une même maison. Mais habitons-nous réellement cette maison avec Dieu, Notre Père, ou bien sommes-nous là « sans être là », enfermés dans nos bulles de stress ?

Dieu nous donne, comme autant de cadeaux, des frères et des sœurs qui nous sont précieux : allons-nous partager avec eux nos vies et l’amour de Christ ? Allons-nous, avec Jésus, abattre les murs de séparation pour découvrir en l’autre qui est différent une pierre importante pour l’édifice que l’Esprit construit, un frère que je peux soutenir ?
Car Christ « est notre paix : de ce qui était divisé, il a fait une unité. Dans sa chair, il a détruit le mur de séparation : la haine » (Eph.2v14). En Lui, nous pouvons vivre la paix – c’est-à-dire, non pas l’absence de ce qui nous dérange, mais l’établissement de ce qui est bon et juste – mais aussi l’unité : d’abord avec Notre Père Céleste, mais aussi dans nos foyers et au sein de la grande famille qu’est l’Eglise, corps de Christ.

Ceci dit, par où commencer ? A ce sujet, les Evangiles considèrent que le premier jour de la semaine n’est pas le lundi mais le dimanche (Luc 24v1). Et si, finalement, la saison 2017-2018 de notre église ou paroisse locale, ne commençait pas en septembre mais en juillet, un mois marqué par les temps fraternels de nos fêtes d’église et le début du repos estival ? Et si cette nouvelle saison était marquée, au Nom de Jésus, par l’explosion des bulles, la dissipation des brouillards et l’abattement des murs ? C’est ainsi que nous pourrons vivre, non plus en étrangers, mais en frères et sœurs, membres d’une même famille s’aimant les uns les autres comme Jésus nous a aimés et aimant être ensemble.

 

[Texte adapté d’après Thomas Keller, pasteur. « Vous n’êtes plus des étrangers (…) vous êtes de la famille de Dieu » IN La Flamme, lettre de l’Eglise protestante unie du Marais, Automne-Hiver 2017]

 

Notes : 

(1) Citation tirée de « Ou bien, ou bien », de S. Kierkegaard. Gallimard (Tel), p22.

Comment et pourquoi étudier la Bible (2) : La Bible ? Un livre, mais quel livre !

La Bible est un livre, mais elle est plus qu'un livre !

La Bible est un livre, mais elle est plus qu’un livre !

Un nouvel article de la série « comment et pourquoi étudier la Bible », faisant suite au précédent (« Nos motivations »)

Aujourd’hui : la Bible est « un livre », mais « plus qu’un livre ».

 

I. La Bible est un livre

Qu’est-ce qu’un livre ?

« Livre » vient du grec : « biblion » et « biblos », mot qui signifie « écorce intérieure »(de l’arbre), « moelle du papyrus », « papier à écrire », « écrit », « livre »…..soit un mot qui désigne un support, un matériau(1) sur lequel on peut écrire pour garder trace, preuve, mémoire et sens, dans un but de transmission.

En latin, le livre se dit « liber » : mot de botanique qui désigne la partie profonde de l’écorce de l’arbre servant à écrire, et à faire des livres.

Mais « liber » signifie aussi « libre » ! (2)

Le terme « Bible » vient du grec « Ta biblia »(pluriel de « biblion »), « les livres ». La Bible est donc un ensemble (ou une bibliothèque) de livres (66 en tout) : « les livres » ou « Le livre ». Elle comprend l’Ancien Testament (écrit en hébreu et en araméen) et le Nouveau Testament (écrit en grec courant).

 

 Rédaction et transmission du texte biblique :

« Dieu a parlé » à l’homme dès sa création (Gen.1v28 ; Hébr.1v1…). Au cours des siècles, Il s’est adressé directement à des personnes choisies. Mais la validité de Ses Paroles n’étaient pas limitées au seul instant où elles étaient prononcées. Elles n’ont pas de « date de péremption », à l’inverse des nouvelles des quotidiens.

Il importait donc de les communiquer aux générations futures (Deut.6v6-7 ; Matt.24v35…), de même que les commandements de Dieu qui devaient être gardés en mémoire (Deut.4v9. Nous avons aussi l’assurance que les premières tables de la loi brisées par Moïse ont été réécrites par Dieu : Ex.34v1).

D’où la mise par écrit de tout ce dont il fallait se souvenir : un texte écrit permet de fixer définitivement ce qu’une tradition orale aurait pu déformer. C’est l’une des raisons d’être de la Bible en tant que livre.

 

La première mention d’un « livre » dans la Bible se trouve en Gen.5v1, où il est question du « livre des générations (ou : généalogies) d’Adam »(3).

En Ex.17v14, Dieu ordonne à Moïse d’ajouter au livre déjà existant le compte-rendu de la bataille contre Amalek, « pour mémoire ».

Le livre fut complété au fur et à mesure des événements et des révélations( voir, par exemple, Jos.24v26…).

Tous les écrits de l’AT furent terminés au 4ème siècle av. JC. La plupart d’entre eux avaient été rassemblés au 5ème siècle av JC (Voir la mention de « la Loi » dans Esd. 7v6-21)

Sont admis comme canoniques : les cinq livres de Moïse, aux environs de 444 av JC ; les prophètes, entre 300 et 200 av JC ; et l’ensemble des Ecritures, dès 165 av JC. Un canon de 39 livres au total est fixé, excluant tous les autres textes non inspirés, plus tardifs (postérieurs au 5ème siècle av JC et d’ailleurs non cités dans le NT)

Le classement de l’AT correspond à celui auquel le Seigneur Jésus se réfère en Luc 24v44 :

« La loi » (« Torah » – les 5 livres de Moïse, de la Genèse au Deutéronome)

« Les Prophètes » (« Neviim » – incluant Josué, Juges, 1-2 Samuel, 1-2 Rois, sauf Daniel, Chroniques et Lamentations)

« Les Psaumes et autres écrits » (« Ketouvim » : Psaumes, Job, Proverbes, Ruth, Cantique des cantiques, Ecclésiaste, Lamentations, Esther, Daniel, Esdras, Néhémie, 1-2 Chroniques)

Pour être certain de pouvoir conserver le texte, il fallait faire manuellement un grand nombre de copies. Ce fut là le rôle des scribes de Jérusalem (« les Sopherim »), dont la première tâche a été de compter le nombre exact de lettres que contenait chacun des livres bibliques, écrits sur parchemin. Un seul défaut (une lettre manquante, un espace de séparation non respecté….) suffisait à rendre le livre « inapte à la lecture ».

 

La formation du Nouveau Testament :

 Les épîtres (ou lettres) ont été écrites les premières pour répondre aux besoins des communautés chrétiennes et des croyants individuels. Les premières semblent être 1-2 Thessaloniciens et Galates (50-51 ; 50-55 ap JC). Les dernières sont les écrits de Jean (85-90 ap JC)

La rédaction des Evangiles devint nécessaire suite à la disparition des témoins oculaires de la vie de Jésus-Christ. Marc semble être le premier(63-68 ap JC)

Le Nouveau Testament (27 livres), rédigé sur papyrus et parchemins, fut achevé avant la fin du 1er siècle ap JC. La liste de ses livres inspirés a été fixée aux 2èmes-3èmes siècles. En 170 ap JC, le fragment de Muratori contient une liste des livres reconnus par l’Eglise primitive et qui est très proche de notre Nouveau Testament actuel.

Aux 4èmes siècles ap JC, le canon des 66 livres de la Bible fut confirmé (et non établi) par divers conciles de l’Eglise primitive (Laodicée en 360, Carthage en 397…)

 

Les témoins du texte biblique ou la question des manuscrits :

 Vous le savez sans doute déjà, mais nous ne disposons plus de manuscrits originaux : seulement des copies…mais des milliers de copies ! Ce qui nous assure un texte bien plus fiable que les textes connus de l’Antiquité, tels que « Les Annales » de Tacite(2 manuscrits), « La Guerre des Gaules de César »(10 copies valables) ou « L’Iliade » d’Homère(643 copies)….sans pour autant que l’on remette en doute leur authenticité.

Concernant l’Ancien Testament, nous disposons de 3000 copies : le texte massorétique (« codex de Léningrad », manuscrit de 1008-1009 ap JC), le Pentateuque samaritain, les manuscrits de la Septante (« codex Sinaïticus » et « codex vaticanus », datés du 4ème siècle ap JC), les manuscrits de la mer Morte découverts en 1947 à Qumran(3èmes-1er siècles av JC), les traductions araméennes ou « targums »(du 1er siècle av JC au 8ème siècle ap JC)……

Concernant le Nouveau testament, nous disposons plus de 5000 manuscrits sur parchemin : le texte « byzantin »(212 manuscrits en majuscule, datant des 5èmes-12 siècles) ; le texte « alexandrin »(« codex sinaïticus » et « codex vaticanus », datés du 4ème siècle) ; « le codex d’Ephrem »(450 ap JC), qui est actuellement à la Bibliothèque Nationale de Paris.

Les documents les plus anciens du NT sont des papyrus : le plus ancien est un extrait de l’évangile de Jean, datant de 130 ap JC.

 

 II. La Bible est plus qu’un livre : inspiration, autorité et unité de la Bible

Son contenu a été déterminé par Dieu Lui-même (2 Pie.1v19-21), qui a veillé à ce que Sa Parole soit transmise intacte (Matt.5v18 ; Es.40v8 ; 1 Pie.1v25…). Nous y avons accès aujourd’hui, en dépit de toutes les tentatives pour la détruire, la discréditer ou l’oublier (Jer.36).

L’inspiration de la Bible est nécessaire pour que Dieu soit connu.

Prenez maintenant une pause pour faire les exercices suivants :

Rom.1v19 et ss relève ce que l’on peut discerner de Dieu dans la création : ……………………………………………………………………………………………………………………

Comment entrer dans la pensée de Dieu ? (Es.55v7-9 ; Gal.1v11-12 ; 1 Cor.2v6-12)……………………………………………………………………………………………………………….

Et seulement si Dieu nous parle ! (Gen.1v28)

 

Inspirée, la Bible elle-même affirme l’être : 2 Tim.3v16 ; 2 Pie.1v20-21

Elle est la révélation, la Parole écrite de Dieu, et « non la parole des hommes »(1 Thes.2v13)

Qu’est-ce que « l’inspiration » ?

Lorsque Dieu « fait passer Son Esprit dans l’esprit de l’homme ».

C’est « l’action surnaturelle de l’Esprit de Dieu dans des hommes » afin que leurs écrits correspondent exactement à la vérité que Dieu veut nous communiquer.

Quel est le rôle de « l’Esprit de vérité » en Jean 14v7, 26 ; 16v13-14 ? ………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

L’Ecriture biblique est infaillible et sans erreur (« inerrante ») : elle est une révélation parfaite donnée par un Dieu parfait (Matt.5v48).

L’inspiration est un miracle de Dieu, au même titre que la naissance miraculeuse de Jésus (Luc 1v35).

Cf 2 Pie.1v21, des hommes (et non des surhommes) ont été « poussés » par Dieu à parler. Ils ont été des instruments conscients (et non des « robots »), disponibles pour l’action de l’Esprit de Dieu (2 Sam.23v1-3 ; Jer.36v1-2 ; Actes 1v16…). La pensée de Dieu a été communiquée sans erreur, par des écrivains dont la personnalité a été préservée(en témoigne la diversité des écrits bibliques).

Comme Jésus-Christ est à la fois pleinement Dieu et pleinement homme, « Parole faite chair », « Christ venu en chair » (Jean 1v14 ; 1 Jean 4v2), la Bible est en même « Parole de Dieu » et « œuvre humaine », quoique sans erreur, de même que Christ est « sans péché »(Hébr.4v15).

 

L’autorité de la Bible

La qualité de notre marche chrétienne dépend de la reconnaissance de l’autorité, et donc, de l’inspiration de la Bible (Hébr.4v12-13 ; 2 Tim.3v16-17 ; Jean 8v31-32). La Bible fait autorité parce que Celui qui l’a inspirée ne cesse pas d’être Seigneur quand Il parle.

– Comment le peuple d’Israël voyait-il la Bible ?

 Comme la révélation de la volonté divine (Ex.24v4,7 ; Néh.8v1-6…), une norme divine pour la foi (Jos.1v8 ; Ps.1, 119…), des écrits devant être connus, lus, pratiqués, crus (Deut.27v26, 31v9-13…..)

La redécouverte de la Parole de Dieu écrite a été la source de réveils, comme celui sous le Roi Josias : 2 Rois 22-23v1-3 ; 2 Chron.34.

Voir aussi les réveils du passé (16ème, 19ème….)

– Comment Jésus-Christ, Fils de Dieu, voyait-il la Bible ?

Il est de bon ton, de nos jours, de prétendre que la Bible ne serait « pas la Parole de Dieu », et de l’opposer à « Jésus », qui est effectivement « la Parole de Dieu » (Jean 1v1-14)

Or, Christ Lui-même reconnaît l’autorité de la Parole écrite, qu’Il cite fréquemment :

 Il reconnaît que l’Ecriture est inspirée cf Matt.22v41-45 et l’oppose aux traditions humaines, en la plaçant au-dessus comme Parole de Dieu (Matt.15v3-6)

Il atteste globalement l’Ancien Testament dans ses trois parties : « Loi », « Prophètes » et « Psaumes » (Luc 24v44)

Il valide à l’avance les écrits du Nouveau Testament (Jean 14v26, 15v26-27, 16v13-14)

Il croit en l’historicité des récits, événements et personnes de l’Ancien Testament : la création (Matt.19v4), le sacrifice d’Abel, et la mort de ce dernier (« premier prophète » cf Luc 11v51, Noé et le déluge (Matt.24v37 et ss), l’épisode du serpent d’airain (Jean 3v14), Jonas (Matt.12v40-41)….

Il fait référence à Esaïe (Luc 4v16-21), appliquant la prophétie à Lui-même ;

Il interroge régulièrement les autorités religieuses de son temps : « n’avez-vous jamais lu ? »(Matt.21v42), « qu’est-il écrit ? »(Luc 10v26), « comment lis-tu ? »(v26) ;

Il réfute les Sadducéens, « qui disent qu’il n’y a pas de résurrection » en les jugeant « dans l’erreur », parce qu’ils ne connaissent « ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu » (Matt.22v23-29) et leur répond par les Ecritures (vv31-32)

Il ne reproche pas aux religieux de son temps d’ « idolâtrer la Bible », mais de ne pas y croire (Jean 5v39, 46-47 ; Luc 10v28, 16v27-31 ; Matt.5v17-19…)

Il affirme que « l’Ecriture ne peut être anéantie » (Jean 10v35)

Il fait toute une étude biblique aux pèlerins d’Emmaüs pour leur prouver que les Ecritures parlent bien de Lui (Luc 24v25-27 cf vv44-47).

Il répond aux tentations du diable dans le désert par : « il est écrit »(Matt.4v4,10) ou « il est aussi écrit »(v7)

– Comment les apôtres et les croyants de l’Eglise primitive voyaient-ils la Bible ?

L’Ancien Testament : Actes 1v16, 4v25, 7v38, 13v47, 15v15-18, 17v2-3, 28v23 ; Gal.3v8 ; Rom.4v3…….

Le Nouveau Testament : 2 Pie.3v15-16 ; 1 Thes.2v13, 5v27 ; Gal.1v18….voir aussi la raison d’être de l’Ancien Testament expliqué dans l’épître aux Hébreux.

Qu'est-ce que la bible pour vous ? Faites le point !

Vous et la Bible : un « vieux bouquin » ou….Faites aujourd’hui le point !

– Et vous ? Comment voyez-vous la Bible ? Qu’est-elle pour vous ? Faites aujourd’hui le point !

A quoi reconnaît-on que la Bible fait autorité dans une vie ? Cf Jacq.1v22-25

 

 

III. Unité, structure et équilibre dans la Bible

La Bible est composée de 66 livres écrits par des auteurs très divers (plus de quarante), en de multiples circonstances, sur une très longue période(plus de 1500 ans entre le premier et le dernier auteur – fin 1er siècle), en des lieux très différents. Pourtant, cet ensemble présente une unité extraordinaire : un témoignage supplémentaire à l’inspiration divine des Ecritures !

Unité du message biblique :

De quoi ou de qui parle la Bible ? Découvrez le centre de la révélation biblique dans Luc 24v27, 44 : …………………..Et ce, annoncé dès la Genèse : Gen.1v1-4(comparer avec Jean 1v1-9, 1 Jean 1v1-5) et Gen.3v15-21, 4v4…..

Le coeur du livre : un animal expiatoire que l'on cherche désespéremment

Le coeur du livre : un animal expiatoire que l’on cherche désespéremment

A noter que pour les « Sopherim »(scribes juifs), le cœur du livre(l’AT)se trouve en Lévitique 10v16, où il est question d’un bouc expiatoire que l’on cherche. Cette quête d’un animal que l’on offre pour les péchés est l’obsession de toute la Bible : « où est l’agneau pour l’holocauste ? » (Gen.22v7)…jusqu’à la pleine révélation que Jésus est « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1v29, 36)

Le plan du salut forme un tout cohérent, révélé par étapes. Les éléments de l’AT sont « l’ombre des choses à venir », révélées dans le NT (Hébr.8-10 ; Col.2v17) et les deux testaments se complètent. Ex : comparer cette vision de Dan.7v13-14 avec cette déclaration du Seigneur Jésus en Matt.28v18-20.

La Parole de Dieu est également équilibrée dans sa structure et dans son contenu(4) : il est essentiel de la prendre comme un tout et de la lire entièrement.

Ex. : 1 Corinthiens parle de l’abus de liberté (laxisme) et Galates, de l’abus de loi (légalisme). Ephésiens établit l’équilibre entre les deux.

Ex : Ephésiens 2v8-10 fait l’équilibre entre Romains, qui parle du « salut par la grâce sans les œuvres », et Jacques, qui parle de la nécessité des œuvres comme preuve de la foi.

Ex : Proverbes équilibre Job et Ecclésiaste. Ne lire que Job, centré sur la souveraineté de Dieu, conduit à au fatalisme (« Dieu contrôle tout », nous ne sommes que des « robots »). Ne lire que l’Ecclésiaste (vanité d’une vie sans Dieu), et le lire trop vite, sans sa clé (Eccl.12v13-15) conduit à une forme de scepticisme(où l’on doute de tout), de désespoir et d’indifférence.

Lisons donc Job, puis Ecclésiaste, et enfin Proverbes, pour comprendre que la vraie sagesse vient de Dieu et que nous avons à vivre cette sagesse.

 

(A suivre)

 

Notes : 

(1) Concernant l’écriture et les matériaux, l’invention de l’imprimerie datant du milieu du 15e siècle et celles de la photocopie et du scanner étant encore plus récentes, les textes bibliques devaient être copiés et recopiés à la main pour qu’ils traversent les générations et les siècles jusqu’à nous.

Au Proche-Orient, les civilisations de l’Antiquité développèrent très tôt différentes écritures : caractères pictographiques, hiéroglyphiques, cunéiformes…La découverte des caractères alphabétiques se généralisa vers 1500 av JC, simplifiant et rendant l’écriture accessible à un plus grand nombre de personnes. Les supports utilisés sont : les pierres et les briques (Job 19v24 ; Ex.32v15-16 ; Deut.27v2-3) ; le papyrus, d’origine végétale, connus dès le deuxième millénaire av JC, et se présentant sous forme de rouleaux (Esdr.6v2 ; Zach.5v1 ; Ezech.2v9 ; Jer.30v2…..) Inconvénient : sa fragilité. Le parchemin (2 Tim.4v13), d’origine animale, est mis au point au 2ème siècle av JC. Réutilisable, il est bien plus résistant que le papyrus et sans rival pour la conservation.

 (2) Tel que le souligne, par exemple, Marc-Alain OUAKNIN dans « Bibliothérapie ». Seuil, 2008(Points), p 232.

(3) Soit les « générations » ou « généalogies » d’Adam à Noé, relatées dans le chapitre 5 de la Genèse. Marc-Alain OUAKNIN, encore, en écho à l’ouvrage de Catherine CHALIER(« L’Histoire promise »), relève que « le livre fait son entrée en scène du texte juste après le chapitre 4 de la Genèse, où sont racontés la difficile et tragique existence d’Abel, sa presque non-vie et son assassinat » : le « livre des généalogies » est donc une « réparation » de la mort d’Abel (« Bibliothérapie », pp 327-328), restaurant une lignée menacée d’être interrompue.

(4) D’après Richard BORGMAN, dans « Le Royaume équilibré de Dieu ». Ed. Le Lion et l’Agneau, 1994, pp 171-174