« Priez le Père pour espérer donner et recevoir une éducation véritable »

Le sujet de la rentrée : Encourageons-nous à imiter la façon dont ceux, dont il est question dans la parabole, « demandent, cherchent et frappent »

Lecture : Matt.7v7-11

« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe on ouvrira. Ou encore, qui d’entre vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? Ou s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui le lui demandent ».

Ce passage bien connu s’inscrit dans le contexte du « Sermon sur la montagne » (ch.5-7 de Matt.), un discours prononcé par le plus grand enseignant de tous les temps : Notre Seigneur Jésus-Christ. Il n’est pas « un » maître ou un enseignant, mais « le » maître et « le » Seigneur.

Il ne s’agit pas d’un « code moral » de « bonne conduite » pour devenir « un bon chrétien », mais de la charte de vie des enfants du Père Céleste. Il y est question de la justice du « royaume » ou plutôt, « du règne » de Dieu.

Nous pouvons y lire ce que devrait être la vie de famille des enfants du Père céleste, dont la vie est clairement placée sous le règne de Dieu. Et le règne de Dieu n’a pas de limite : il commence d’abord dans le domaine de ta vie où il ne règne pas. Quel est ce domaine de ta vie où Jésus ne règne pas ?

Ainsi, par exemple, l’éducation et l’instruction(1) : Christ règne-t-il dans ce domaine de vie, que tu estimes tellement vital pour tes enfants ? As-tu placé l’éducation et l’instruction de tes enfants sous le règne de Christ ? Si ce n’est pas lui, qui règne ?

C’est une question, non de « morale », relative à ce qui serait « bien ou mal », « bien vu » ou « mal vu », mais c’est une question de vie ou de mort. Pas moins. Et quoi de plus vital que de donner et recevoir une éducation véritable, là où Christ règne ?

Objectif : (S’)encourager à imiter la façon dont ceux, dont il est question dans la parabole, « « demandent, cherchent et frappent », mais aussi à imiter la façon dont le Père céleste répond. D’habitude, à l’école, celui qui copie sur le voisin ou qui imite le prof est punit, mais dans ce cadre, à l’école de Jésus, comme la Bible nous l’enseigne (ex : en Éphésiens), nous sommes invités à « copier », imiter Dieu, Notre Père (pas à le « singer »). Encourageons-nous donc à « demander, chercher et frapper » pour recevoir mais aussi donner une éducation véritable, centrée sur Christ.

Dans notre passage de Matt.7v7-11, l’accent est mis sur la disponibilité du Père qui invite ses enfants à s’approcher de lui, pour qu’ils lui expriment en toute authenticité et simplicité leurs besoins. C’est ainsi que l’éducation véritable est un sujet de prière – de nos prières – et une préoccupation constante, de la même façon que nous veillons avec soin à l’habillement et à la nourriture de nos enfants.

Ensuite, voici un deuxième élément particulièrement frappant : il est d’emblée considéré ici que ceux qui demandent, cherchent et frappent, le font, non seulement pour recevoir une réponse, mais aussi parce qu’ils savent que c’est juste et légitime. Et parce que c’est juste et légitime, ils osent faire preuve de hardiesse, sans crainte d’être jugés.

Nous-mêmes, en tant qu’enfants du Père, du Royaume, nous sommes invités à « demander », « chercher » et à « frapper », car il y a là autant de promesses : « en effet », dit Jésus, « quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe on ouvrira » (v8).

Mais « demander » et « chercher » quoi ? « Frapper » pour quoi ? La fin du passage nous donne la clé : pour obtenir « de bonnes choses » (v11) et pour obtenir ce qui est juste, selon la volonté du Père. Il est bon de demander une bonne éducation et une bonne instruction pour nos enfants ; et il est aussi bon pour des enfants de demander une bonne éducation et une bonne instruction, car cela est juste.

« Demander » :

Tout parent cherche le meilleur pour ses enfants : si ses enfants demandent du pain, le parent ne lui donnera pas une pierre ; s’ils demandent du poisson, ils ne recevront pas un serpent, et, dit Luc, s’ils demandent un œuf, ils ne recevront pas un scorpion (Luc 11v12). Mais voilà, dit Jésus, nous sommes « méchants », « mauvais » et nous pouvons « nous planter ».

Nous demandons mal.

Jacques 4v2-3 dit : « Vous convoitez et ne possédez pas (….) Vous ne possédez pas parce que vous n’êtes pas demandeurs ; vous demandez et ne recevez pas parce que vos demandes ne visent à rien de mieux que de dépenser pour vos plaisirs ».  La pub prétend connaître mieux que vous ce que vous et vos enfants ont besoin…. Qui, d’ailleurs, oriente vos façons de vous nourrir, vous habiller, divertir ?

Nous n’osons pas « demander, chercher, frapper », doutant de la légitimité de notre démarche.

Nous avons aussi parfois un mauvais réflexe : juger ceux qui revendiquent, parce qu’ils nous paraissent bruyants. Comment ainsi considérer, par exemple, la démarche de ces étudiants québécois, qui avaient manifesté en 2012 contre la hausse des droits d’inscription à l’université ? (Là c’était « le printemps érable » au lieu du « printemps arabe »)

Mais apprenons du Père, qui Lui-même nous écoute avec bienveillance, pour accueillir avec la même bienveillance la démarche des autres. Apprenons du Père pour encourager nos enfants à demander ce qui est bon. Lui nous encourage en nous disant : « vas-y, mon enfant, c’est juste et bon ! »

Comme Lui, reconnaissons dans les cris des enfants,  les cris de ceux qui « défaillent sur les places de la Cité. A leurs mères ils disent : Où sont le blé et le vin ? [une éducation et une instruction nourrissantes, sources de vie et de joie]quand ils défaillent comme des blessés sur les places de la Ville, quand leur vie s’échappe au giron de leurs mères » (Lam.2v11-12).

Nous pouvons « nous planter », mais nous pouvons nous rattraper par la grâce de Dieu.

Comment avoir l’assurance « de ne pas nous planter » ?

En demandant la sagesse : Jacq.1v5-8 nous assure que « si la sagesse nous fait défaut », nous pouvons « la demander au Dieu qui donne à tous avec simplicité et sans faire de reproche ; elle (nous) sera donnée ». Mais il s’agit de « demander avec foi, sans éprouver le moindre doute ».

« Chercher » :

Comme pour « demander », il y a aussi une promesse : « Qui cherche, trouve ».

Nous trouvons, parce que nous avons longuement cherché.

Ce que mon épouse aime, c’est que je lui rapporte quelque chose que j’ai trouvé pour elle et je l’ai trouvé parce que je l’ai longuement cherché.

Le marchand de la parabole a longuement cherché des perles fines. Et en ayant trouvé une de grand prix [elle n’a pas de prix], il vend tout ce qu’il a pour l’acheter. Et qu’est-ce qui a plus de valeur qu’une perle ? La sagesse (Job 28v18) !

Jésus trouve Philippe après l’avoir longuement cherché (Jean 1v43), pour lui dire : « suis-moi ».

Nous-mêmes, nous sommes des « trouvés de Dieu ». Mon frère, ma sœur, réjouis-toi que Dieu te cherche, car tu peux espérer qu’il te trouve. Mais toi, te laisseras-tu trouver ?

Parent, tu espères que tes enfants se laissent trouver par le Seigneur, mais espères-tu trouver, comme le marchand de la parabole, une école dispensant une éducation et une instruction de grand prix, là où l’on dispense la sagesse de Christ ?

Enfin, « frapper »

Frapper à des portes fermées.

L’on peut frapper pour ne pas être ouvert, comme le roi Joas, qui avait frappé trois fois avant de s’arrêter. S’il a pu ensuite remporter quelques batailles, il n’a pu remporter la victoire finale (2 Rois 13v14-19).

L’on peut frapper pour être ouvert : avec détermination et foi, « 5 ou 6 fois », parce qu’il y a urgence, parce que c’est une question de vie ou de mort, pour remporter la victoire de l’éducation véritable, pour nos enfants. Pour que s’ouvrent les portes d’écoles où une éducation véritable est dispensée, parce que Christ est au centre de l’école.

Les portes peuvent s’ouvrir : il s’agit ensuite d’avoir foi pour entrer et y faire entrer nos enfants.

 

Note : 

(1) Éduquer : faire se développer (un être vivant). Prendre soin. Instruire : transmettre à la génération future un ensemble de connaissances (savoir et savoir-faire) et de valeurs considérées comme faisant partie d’une culture commune.

Les vœux de Pep’s café pour 2017 : pour une joyeuse année, marquée par l’espérance, la résistance et la persévérance !

« Une nouvelle année, et nous sommes vivants aujourd’hui », écrivais-je il y a un an. C’est encore vrai aujourd’hui, à l’heure où je publie le présent article. Et ce blogue aura quatre ans, lundi 09 janvier. Nous fêterons son anniversaire le vendredi 13 janvier.

En 2016, vous avez pu être troublé ou éprouvé, et l’avenir qui se profile ne semble pas rassurant du tout. C’est pourquoi- plus que jamais – il est vital de continuer à vivre, en témoin véritable et en fidèle disciple de Jésus-Christ, à contre-courant de ces deux mensonges du XXIe siècle, qui semblent s’imposer tels des rouleaux compresseurs : le seul « nous n’y pouvons (plus)rien » (conduisant au déterminisme et au fatalisme, avec une absence de foi et de confiance) et le seul « tout nous est possible » (avec une absence de garde-fou).

 

Et pour 2017, je vous souhaite :

Une nouvelle année : « nouvelle », de qualité, et promesse de pouvoir « repartir à zéro ».

Une nouvelle année joyeuse, pleine d’espérance : plus dans le retour certain de Jésus-Christ que « dans les prochaines élections » ou dans « les messies politiques », « les hommes(ou les femmes) fort(e)s »(1).

Une nouvelle année marquée par la persévérance : surtout, « ne te lasse pas en faisant le bien »(Gal.6v9), même si le contexte n’est pas favorable à cela. Et « persévère dans l’amour fraternel » (Hébr.13v1)

Une nouvelle année marquée par la vigilance, la prudence(ou la sagesse) et la résistance, à contre-courant de l’uniformisation ambiante, et des « sophismes »(sagesses qui ne le sont que d’apparence)de ce siècle : le pragmatisme et l’utilitarisme(2) (cf Rom.12v2).

Une nouvelle année marquée par la sécurité : pas ces « petites sécurités » bien commodes mais illusoires que sont « les enfers tranquilles ». Mais la meilleure et la plus grande de toutes, qui est de demeurer dans la volonté de Christ.

Une nouvelle année marquée par l’humour, que l’on apprendra à manier : sachant que « humour » (à ne pas confondre avec « ricanement » ou « moquerie ») est composé des mots « humilité » et « amour ».

Une nouvelle année marquée par le souci de la justice, dans les standards de Dieu : ne manquez d’ailleurs pas de relire, à ce sujet, « la Loi, les Prophètes et les Psaumes » (tout l’Ancien Testament), et surtout l’interprétation de la Loi, donnée par Jésus-Christ Lui-même dans le Nouveau Testament. Ne manquez pas non plus de voir ou revoir « les dessous de la mondialisation ou comment Coca Cola colonise le Mexique », sur Public Sénat (3), pour mieux rejeter ce qui est présenté comme « acquise » cette « règle du jeu » édictée par les puissants : te voler ce qui était jusque-là « gratuit » et « de droit », et te faire payer un produit « moins bien » et même néfaste pour la santé.

Une nouvelle année marquée par le souci de la vérité et l’ancrage dans le monde réel, à mille lieux du fantasme et de l’idéalisé.

Une nouvelle année marquée par la force et l’unité véritables : car « la grande faiblesse des méchants, c’est que leur méchanceté les divise. Il faut beaucoup de bonté et d’amour pour s’unir, et seule l’union fait la force »(4). Tout dépend ensuite au nom de qui et comment l’on s’unit (cf Eph.4v1-6). Et « l’amour ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt » (1 Cor.13v5. TOB).

Une nouvelle année marquée par le retour du « bien commun » : car il est vital de « suivre les règlements établis pour le bien commun. C’est une question de vie ou de mort » (5).

 

 

 

 

Notes :

(1)A l’instar de Benoît, blogueur catholique et co-fondateur des « Cahiers libres ».

(2) Pour le pragmatisme, la vérité n’existe pas : ce qui est vrai, c’est « ce qui marche ». Il n’y aurait donc plus de « théorie », mais seulement de la « praxis », de l’action. Je ne peux donc voir ou concevoir aucune idée, mais seulement faire des expériences. L’utilitarisme, quant à lui, dit « adieu aux idéaux » (qualifiés de « discours »), et incite à croire « qu’on n’a plus du tout à se soucier de savoir si une action est vertueuse au départ ; la seule chose qui importe est qu’elle soit vertueuse à l’arrivée ». L’utilitarisme est également « im-prudent, puisqu’il incite à agir en fonction d’un futur (toujours hypothétique) en refoulant (ou ignorant) l’examen du présent (toujours certain). Et il rend « désuète la morale (ce qui vaut pour tous), au profit de l’éthique (ce que j’ose faire, y compris contre tous) ». Voir notre article à ce sujet.

(3) Voir https://youtu.be/WxPFdegA6T8  et lire https://reporterre.net/Au-Mexique-la-population-manque-d

(4) Une  « perle » découverte dans un vieux album jeunesse datant de 1944 : « les aventures de mademoiselle Hortense » d’Herman Grégoire. Ill. de Roger Sam. Edition Archat Lyon-Paris, p 69.

(5) A lire dans le même album cité plus haut, pp75-76. Contexte : pourchassés par des bandits, les héros – un jeune prince de 14 ans et une vieille demoiselle, mademoiselle Hortense – arrivent à un refuge non gardé : « il n’y avait(…) âme qui vive(…) mais tout y était dans un ordre parfait. Une pancarte au mur expliquait ce mystère : « prenez ce qui vous est nécessaire et remettez tout en place ».

– « C’est bien la première fois, s’écria mademoiselle Hortense, que je vois une pareille recommandation aussi bien suivie ».

– « En montagne, répondit le prince Armor, il faut suivre les règlements établis pour le bien commun. C’est une question de vie ou de mort ».

 

 

 

 

 

 

 

Le péché : « une dynamique », « une rupture »

(News lovers in the)Planet of the Apps (2013) Huile sur toile 36” x 36” de Patrick McGrath Muñiz Le péché : une rupture

(News lovers in the)Planet of the Apps
(2013)
Huile sur toile 36” x 36” de Patrick McGrath Muñiz
Le péché : une rupture

Souvenez-vous des deux billets de la semaine dernière (« Ce dont souffrent ceux qui sont perdus dans le monde… » et « L’avenir est-il de vendre ce qui est aujourd’hui gratuit »), qui avaient été présentés comme deux introductions à un nouveau thème, que nous abordons aujourd’hui. Avez-vous trouvé de quoi il s’agit ?

Il s’agit du péché. Ne zappez pas trop vite, s’il vous plaît…

Quel rapport avec les deux billets précédents ? Nous y venons.

Qu’est-ce que le péché ? Contrairement à ce que nous pensons souvent, le péché n’a rien à voir avec le fait d’avoir « un mauvais comportement » ou une « mauvaise moralité ». Comme nous l’apprend Genèse 3, le péché est une affaire de relations. En effet, pécher, étymologiquement(en hébreu comme en grec), veut dire « manquer le but ». Soit « être à côté de la plaque » et « passer à côté » du cadre de l’alliance de Dieu avec l’homme, en violant celle-ci. Sans ce cadre, la liberté devient une liberté de tous les désirs et le résultat est la dispersion. Le péché est donc « une cassure », une « trahison » (analogue à celle d’un des deux conjoints, dans un couple)

 

Développons un peu :

Comme nous l’apprend Genèse 1, Dieu est un être relationnel : Dans l’original hébreu, Il est appelé ici « Elohim », qui est un pluriel, quoique le verbe qui suit (« créa ») soit au singulier(Gen.1v1). Ce nom signifie « Dieu fort et puissant, créateur ». Au début, Dieu parle tout seul, ou « à lui-même »(v26). Il aurait pu le faire encore longtemps. Mais comme Il déclarera qu’ « il n’est pas bon que l’homme soit seul », il ne semble pas bon que Dieu soit seul !

Dieu, qui est un « Dieu relationnel », décide donc de créer l’être humain « à son image » et « à Sa ressemblance »(v26). « Image » et « ressemblance » ne sont pas synonymes : « image » veut dire « ombre » et « ressemblance » évoque l’idée de « réalité », d’une reproduction fidèle (comme un portrait). Gen.1v26 ne l’explicite pas de manière directe, mais l’on peut déjà comprendre que l’identité de l’homme se définit en tant qu’être relationnel, dans son rapport avec un Dieu relationnel. L’homme, d’une manière unique-ce qui le distingue des animaux-est capable d’avoir conscience de l’existence de son créateur (cf Eccl.3v11) et donc de se rapprocher, de s’associer à Dieu, et d’être en relation/communion avec Lui.

Les relations sont « des connexions », entre Dieu et nous, entre un être humain et un autre. Les relations sont toujours interpersonnelles, au minimum entre deux personnes(sinon, c’est du fantasme).

D’autre part, si Dieu est « relationnel », il est aussi créateur. Le terme « créa » (« Bara » cf Gen. 1v1,21,27; 2v3,4) est le verbe hébreu employé exclusivement pour l’activité créatrice de Dieu. Son sens fondamental est de façonner en coupant ou en séparant, dans le sens de distinguer. Et toute la dynamique créatrice de Dieu consiste en distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais, afin que le chaos s’ordonne : la lumière est ainsi distinguée des ténèbres, le jour de la nuit, le sec du mouillé, la terre de la mer……

Or, nous souffrons d’un trouble de la perception qui s’appelle « l’indifférence : soit l’incapacité de distinguer les différences, telle que la différence entre réalité et fiction, et surtout, la différence (vitale) entre « distinguer » et « séparer ». Et Dieu veut distinguer – et non séparer- ce qui est bon, dans la création : ainsi, distinguer l’homme de la femme permet la non-confusion, mais aussi de préciser que si « l’homme doit s’attacher à sa femme », et être « une seule chair » avec elle(et réciproquement), ils restent bien homme et femme. Ils ne perdent pas leur identité.

 A l’inverse, si Dieu distingue, le Serpent de Gen.3 sépare. En effet, tandis que Dieu veille à ce que se créent et s’entretiennent de véritables liens sociaux positifs, entre Lui et l’humanité, et les hommes entre eux – du moment qu’il s’agit de projets sains (à l’inverse du projet totalisant de la Tour de Babel, en Gen.11) – le Serpent(ou le diable – « le diviseur ») fait tout pour dégrader, casser, détruire, diviser.

Dit autrement, Dieu souhaite « une distance de non-confusion » entre Lui et l’homme, et entre les hommes, mais à la condition que cette distance ne soit pas vide, qu’il y ait du liant, du contact, des passerelles. Le Serpent, quant à lui, souhaite le vide total et prêche la non-relation, la séparation, la rupture totale et radicale, quand il ne tente pas de nous faire croire aux « bienfaits » d’une prétendue (con)fusion. Ceci est illustré dans l’article « L’Avenir est-il de vendre ce qui est aujourd’hui gratuit », et chacun peut évaluer « les bienfaits » des « fusions » de plusieurs administrations/services aux missions différentes…..

Bref, le péché est donc d’abord un état, celui de mon être, où je suis séparé de Dieu ou de mon prochain/mon frère humain. Rom.3v23 déclare que « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu », et que « ce sont nos péchés qui nous cachent sa face »(Es.59v2). Bien sûr, l’on dira que « le péché est humain », et que l’on n’y peut rien. Mais ce n’est pas biblique : On se souviendra que l’homme a été créé sans péché (Voir ce que Dieu déclare au sujet de sa création et de sa créature en Gen.1v31), mais que c’est son adhésion au système du serpent (rusé, accusateur, menteur, diviseur) qui l’a fait entrer dans cette dynamique du péché. Insistons sur un point : le péché n’est pas nécessaire pour être véritablement humain : c’est pour cela que Dieu a envoyé Son Fils Jésus-Christ en tant qu’homme sans péché – « le second Adam » – pour montrer l’humanité originelle véritable(Rom.8v3, Hébr.2v14, 4v15). A ce propos, le péché est-il « inné » ou « acquis » ?(1) « Les deux, mon capitaine », peut-on répondre : d’un côté, le péché est « acquis » puisque les hommes sont responsables des actes qu’ils commettent (Romains 2v12-13), et non responsables de ceux qu’ils n’ont pas commis. De l’autre, le péché est « inné », étant une puissance qui habite en nous (Romains 7v17) suite au péché d’Adam (Romains 5v12) et qui nous rend esclaves (Romains 6v6). Dans le (seul) premier cas, nous ne pourrions y échapper au nom d’une certaine fatalité ; dans le second cas, nous pouvons y échapper et lutter contre lui. Encore faut-il avoir la puissance nécessaire de le faire : Nous le pouvons « en Christ » (2 Cor.5v17, Jean 3v3 et ss, Jer.31v33, Rom.68), mais sommes condamnés si nous restons « en Adam ». Ainsi, nous péchons tous, parce que toutes les générations précédentes enclenchent ce mouvement dès l’origine (cf « la vaine manière de vivre héritée de nos pères », cf 1 Pie.1v18)

Le péché est aussi une dynamique spirituelle, où l’éloignement avec Dieu casse ce qui nous relie aux autres.  L’épisode de Caïn et Abel l’illustre assez bien en Gen.4. Le v7 de ce chapitre décrit le péché comme un fauve « tapis à notre porte », qui n’attend que le bon moment pour nous sauter dessus, nous dominer et nous détruire, si nous lui ouvrons la porte. On relèvera, dans ce passage, que Dieu ne dit pas que Caïn est « bestial » ou que son comportement est « animal », mais qu’Il distingue bien Caïn du péché(extérieur à lui) cf Rom.7v17. S’Il invite Caïn à « dominer » sur le péché, c’est que cela est possible (cf le mandat donné par Dieu à Adam et Eve en Gen.1v28). L’alternative est alors claire : soit je domine le péché, soit c’est lui qui me domine. Il suffit de baisser un peu ma garde, d’entrouvrir un peu la porte…cf Jean 8v34.

La clé pour vaincre le péché, c’est de sortir de l’ombre, de nos (fausses) sécurités et affronter la lumière (« Dieu est lumière », nous dit 1 Jean 1v6-9) pour confesser ce péché que nous cachons(et même : aimons) et nous en repentir. Notons encore que dans le passage de Gen.4, c’est Dieu qui prend l’initiative du dialogue avec Caïn, au moment où il n’a pas encore commis l’irréparable, et même après avoir commis son meurtre : Dieu « ouvre la porte » à la possibilité d’une relation restaurée, condition nécessaire pour vaincre le péché. Comparez avec l’invitation donnée par Jésus, lequel « se tient(aussi) à la porte » en Apoc.3v20, puis décidez à qui vous voulez ouvrir la porte…Mais, a dit encore Jésus, « quiconque se livre au péché est esclave du péché »( Jean 8v34), et « le salaire du péché, c’est la mort » (Rom.6v23).

Comment le péché s’enclenche-t-il ? Par la désobéissance. Nous l’avons vu plus haut, le péché, c’est « Manquer le but » : soit de « passer à côté » du cadre de l’alliance de Dieu avec l’homme, en violant celle-ci.

Ce cadre pour la liberté est illustré par « les 10 commandements » d’Exode 20 et Deut.5, revisités par Jésus en Matt.57. Par exemple, « Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens : Tu ne tueras point ; celui qui tuera mérite d’être puni par les juges. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges ; que celui qui dira à son frère[sur twitter ou non] : imbécile ! mérite d’être puni par le sanhédrin ; et que celui qui lui dira : Insensé ! mérite d’être puni par le feu de la géhenne (Matt.5v21-22)….. Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras point d’adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur » (v27-28).

Le péché commence quand l’homme trahit l’alliance qui régit la relation. Le mécanisme d’enclenchement du péché s’explique par Jacques en Jacq.1v14-15 : « chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise….. »

Ensuite, le péché est toujours, premièrement, un péché contre Dieu : ne disons pas, à l’instar du roi Saül », « j’ai péché » d’une façon vague, mais « j’ai péché contre toi seul », Seigneur (Psaume 51v1-4), et contre les hommes (Luc 15v18).

Ce qui signifie que nous ne péchons pas contre les commandements de Dieu ou contre la loi, mais contre Dieu, Celui qui nous fait don de cette loi. La loi est simplement là pour nous montrer où nous avons dévié. Chacun peut d’ailleurs se questionner, à la lecture des commandements de Dieu, dans le style : « montre-moi ce que je dois apprendre de moi, en lisant Exode 20 ou Deut.5 ! »

Un exemple : le fameux « tu ne commettras pas de vol » semble être de prime abord une défense de la libre propriété privée, clé de voute du capitalisme. Or, ce que nous apprend fondamentalement ce commandement est que, si je vole, je détruis l’ordre créationnel. Rien moins. Comment cela ? L’ordre créationnel de Dieu consiste à recevoir (ce dont j’ai besoin et que Dieu me donne avec générosité) et non à prendre. Or, si je vole, je prends. Je ne reçois plus, puisque recevoir ne me suffit plus.

Qui a péché ? Tous (Rom.3v9-10), même ceux qui n’ont pas la connaissance des 10 commandements et qui ont « une loi naturelle » en eux, inscrite dans leur cœur (cf Rom.2v14-15). Nous pouvons donc tous savoir que nous sommes pécheurs contre Dieu et contre les hommes. « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous », rappelle 1 Jean 1v18 (Voir aussi Jean 8v7)

Nous péchons donc personnellement. Ce ne sont donc pas les autres (nos parents, nos frères et sœurs, la société, le gouvernement…), cf Deut.24v16 ; Job 19v4 et Ezech.18v20. Et je suis le seul à pouvoir confesser mes péchés, mais pas ceux des autres. Cela ne sert à rien de chercher à me justifier ou à minimiser mon péché. D’ailleurs, Dieu ne nous demande pas « pourquoi » mais « quoi », quand nous péchons (Gen.4v9). Il ne demande pas au pécheur de se justifier, mais l’invite à reconnaître la vérité de la rupture. C’est la porte ouverte au pardon, à la réconciliation et à la restauration : Jésus est venu sauver « non des …. mais des …… »(Luc 5v32. Darby), et « il y a plus de joie dans le ciel pour… » (Luc 15v7). « Mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rom.5v20) ; « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1v9).

L’enjeu (choisir la vérité face au péché, choisir d’être vrai devant Dieu, soi et les autres) est donc vital, puisque le péché est une question « de vie ou de mort », et non « de morale » (Deut.30v19) !

Et puisque l’on parle d’une question « de vie ou de mort », peut-on dire à mon frère qu’il a péché ? S’il a péché, suis-je légitime pour le reprendre ? (Matt.18v15). N’est-ce pas se mêler des affaires d’autrui ? Ne serait-ce pas faire preuve d’orgueil spirituel que de vouloir jouer les « redresseurs de tort » ? Qui suis-je, pour juger les autres ?

Mais la Bible dit autre chose. Voici un passage d’Ezéchiel 33v7-8, qui ne manque jamais de nous faire frémir : « Et toi, fils de l’homme, je t’ai établi comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu dois écouter la parole qui sort de ma bouche, et les avertir de ma part. Quand je dis au méchant : Méchant, tu mourras ! si tu ne parles pas pour détourner le méchant de sa voie, ce méchant mourra dans son iniquité, et je te redemanderai son sang ».

Suis-je « la sentinelle de mon frère « ? Suis-je « le gardien de mon frère » ? Bien entendu. Jacques 5v19-20 dit encore que « si quelqu’un parmi vous s’est égaré loin de la vérité, et qu’un autre l’y ramène, qu’il sache que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s’était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés ».

Soyons conscients qu’il n’y a pas que « des individus ». Moi-même, je ne suis pas seul et je ne me suis pas fait tout seul. Le monde ne tourne pas autour de « moi, moi, et moi » seul. Si je suis libre de mes choix, je ne suis pas libre des conséquences de mes choix.  Nous vivons dans un cadre social bien réel, qu’il s’agisse de la famille, de la société, d’une communauté, ou d’une collectivité, autant de structures où est censée fonctionner une certaine interdépendance. Je suis ainsi reconnaissant de ce que d’autres (mes parents ou des aînés) aient veillé sur moi et n’aient pas « respecté ma liberté », à un âge où les conséquences de mes bêtises (traverser sans regarder, se pencher au balcon, mettre les doigts dans la prise) auraient été trop lourdes à porter.

Dans le même ordre d’idée, lorsque Jésus recommande à ses disciples de pratiquer « la correction fraternelle »(« si ton frère- et non ton prochain – a péché »), selon une progression par étapes décrite en Matt. 18, il fait référence à un cadre familial : l’Eglise, le corps de Christ, qui est réellement une famille spirituelle. C’est le rassemblement « au nom de Jésus » de tous ceux qui « sont sortis hors de » (du monde qui ne reconnaît pas Dieu) et qui ont le même Père céleste. Et c’est dans la famille, ce cadre intime, et non « sur les places publiques » que sont les forums/blogues (« chrétiens » ou non) d’aujourd’hui, que l’on apprend à s’aimer, à donner et à recevoir, comme à se parler en en vérité et à se pardonner.

Ne « manquons pas le but » : la finalité de la correction fraternelle reste la restauration des relations brisées (entre Dieu et nous, nous et nos frères) via le pardon que l’on donne mais aussi que l’on reçoit.

Ne craignons donc pas de reconnaître et de dire les ruptures, soit de reconnaître et de dire notre propre péché et celui des autres, pour vivre sur un fondement de vérité. Mais à la condition de le dire avec amour, sans juger. Et certainement pas pour condamner en se plaçant plus du côté de ceux qui veulent lapider la femme adultère (cf Jean 8v1-11) que du côté de Jésus, ou en se plaçant du côté du « moraliste » par un « va et ne pêche plus », oubliant ce qui précède : « je ne te condamne pas non plus »(v11).

En définitive, notre positionnement face au péché ne devrait donc pas être « moral », mais « dans le même registre que celui de Jésus » : celui-ci, en effet, n’est pas venu pour « faire la morale aux gens », ou pour accuser, condamner, faire tomber, enfoncer. Mais pour relever les personnes,  les faire passer de la mort à la vie. On notera enfin que dans la scène avec la femme adultère, en Jean 8v11, Jésus donne pour consigne, après le refus de condamner, d’avancer, mais « pas de rechuter ». C’est une invitation à « tenir ferme », une fois libéré (cf Hébr.12v4 ; Eph.6v11).

 

 

(D’après « Mener le bon combat » de Gilles Boucomont. Ed. Première partie, 2011, pp 45-59).

 

Notes : 

(1) L’avis de théologiens ou de toute personne aimant passer du temps dans l’étude de la Parole de Dieu, m’intéresse, bien entendu !

« Tout a, ou bien un prix ou bien une dignité »

Ce qui est digne "ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité" : par exemple, la vie d’un enfant, son éducation...

Ce qui est digne « ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité » : par exemple, la vie d’un enfant, son éducation…

La citation du Week-end, et ce n’est pas un « poisson d’avril » !

 

« Tout a, ou bien un prix ou bien une dignité. On peut remplacer ce qui a un prix par son équivalent ; en revanche, ce qui n’a pas de prix, et donc pas d’équivalent, c’est ce qui possède une dignité », affirme Kant(1), philosophe du XVIIIe siècle, dans ses « Fondements de la métaphysique des mœurs »(1785).

En clair, « ce qui a un prix » (marchand) est la « valeur » d’échange d’un objet : une voiture, un téléphone ou un ordinateur portable…. Lesquelles valent « tant » en euros ou en dollars, par exemple. Et c’est l’échange des biens qui transforme ceux-ci en marchandises.

Jusqu’à quel point réduisons-nous l’autre à l’état de « marchandises » ?

Or, un enfant, comme son éducation ou sa santé, par exemple, cela n’a pas de prix. L’un et l’autre ne sont pas des « moyens », nous permettant d’atteindre un but personnel, mais sont « une fin » en eux-mêmes, c’est-à-dire qu’ils ont une valeur pour eux-mêmes.

Relevons l’ambigüité (ou la confusion) qui règne autour du terme de « valeur », au sens à la fois « éthique »/« moral » et « boursier ».  Mais si nous considérons que « l’éducation » n’a « pas de prix », nous estimons (sic) qu’ « elle a un coût », ramenant encore le débat sur le terrain purement économique. La place exclusive donnée aux valeurs purement marchandes (de même que la question du coût ou la logique comptable-ne parlons pas de cette idéologie économique qui voudrait mettre les écoles en situation de « concurrence » les unes contre les autres) nous empêcherait-elle de discerner ce qui est fondamental et vital, ce qui est « une question de vie ou de mort » ?

Il importe donc de distinguer le moyen (ce qui a un prix et pouvant être remplacé par un autre moyen de prix équivalent), de la fin (ce qui a une valeur pour lui-même) : il s’agit là d’une invitation à dépasser une logique purement pragmatique, comme à préserver ce qui est  « non négociable », échappant au secteur exclusivement marchand.

Pour Dany-Robert Dufour, « ce principe de dignité ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité » : encore une fois, la vie d’un enfant, son éducation….« Face à la loi égoïste de la maximisation des intérêts personnels, la loi altruiste[ou de l’amour, dirai-je] « m’oblige à considérer l’autre, non comme un moyen pour réaliser mes fins, mais comme une fin en lui-même »(Dany-Robert Dufour, IN « L’individu qui vient…après le libéralisme ». Folio essais, 2016, p 58)

Le 7ème Salon de l'Education Chrétienne vous invite à réfléchir et à échanger autour de "l'éducation véritable" du vendredi 15 avril au dimanche 17 avril 2016

Le 7ème Salon de l’Education Chrétienne vous invite à réfléchir et à échanger autour de « l’éducation véritable » du vendredi 15 avril au dimanche 17 avril 2016

C’est aussi « collectivement », ensemble, que nous pourrons réfléchir à ce qui est « véritable » et non pas (uniquement) « comptable », relatif à l’éducation : il s’agit bien d’un enjeu « de vie ou de mort » ! C’est dans cette perspective que nous vous invitons à participer au 7ème Salon de l’Education chrétienne, qui aura lieu prochainement en région parisienne : toute personne interpellée, qui a ou aura une responsabilité éducative ou instructive au sein de la famille, l’école ou l’église, est la bienvenue !

Ouverture au public, le vendredi 15 avril à 19h00, avec une soirée artistique. Suivi de la journée du samedi 16 avril, riche en enseignements-plénières, table ronde, ateliers- et en rencontres potentielles avec les orateurs, intervenants, exposants. Sans oublier les animations pour enfants, avec un concours BD gratuit. Clôture avec le culte spécial « éducation », le dimanche matin 17 avril. En savoir plus sur le détail du programme. Inscriptions recommandées ici.

Venez en famille soutenir et recevoir ! Invitez vos amis et ne manquez pas de relayer cet événement autour de vous !

 

PS : ce blogue se met en pause à partir d’aujourd’hui, pendant tout le mois d’Avril. Retour prévu début mai. Profitez-en pour lire et relire les anciens billets !(2)

 

 

Notes :

(1) Bien avant lui, Dieu se révèle comme Celui qui rend l’honneur(ou de la dignité) perdu : Ps.91v15(BFC). Il « a composé le corps(de Christ) en donnant plus d’honneur à ce qui en manque, afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient un commun souci les uns des autres »(1 Cor.12v24-25. Colombe).

En 1 Cor.1v27-28, Il choisit « ce qui est faible dans le monde, pour confondre ce qui est fort » ; et choisit « ce qui dans le monde est vil et méprisé, ce qui n’est pas », pour « réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune créature ne puisse tirer quelque fierté devant (Lui) ».

Enfin, Dieu révèle au peuple d’Israël Sa conception des « valeurs », en Deut.7v7-8 : « Si le Seigneur s’est attaché à vous », leur dit-il, « et s’il vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais si le Seigneur, d’une main forte, vous a fait sortir et vous a rachetés de la maison de servitude, de la main du Pharaon, roi d’Egypte, c’est que le Seigneur vous aime et tient le serment fait à vos pères »(TOB).

(2) Par exemple, ce sondage – toujours d’actualité – ou ce défi apologétique, autour du pardon.

Pourquoi « ce n’est pas bon » de « bénir » les couples homosexuels

(Et ce qu’est vraiment « bénir »)

 

Il s'agit de "bénir une alliance". Mais quelle alliance ? Est-ce "bon", pour Dieu ?

Il s’agit de « bénir une alliance ». Mais quelle alliance ? Est-ce « bon », pour Dieu ?

L’Église protestante unie de France (EPUdF) a voté dimanche 17 mai la possibilité pour ses pasteurs de bénir les couples homosexuels. Comme le précise le communiqué du synode, il s’agit d’une « possibilité ouverte », qui n’est ni un « droit, ni une obligation », et qui « ne s’impose à aucune paroisse, à aucun pasteur ».

Il n’empêche que « pour les croyants attachés au texte biblique, il s’agit là d’une bien triste décision », commente Guillaume Bourin sur son blogue*, donnant « 4 raisons pour lesquelles l’Eglise ne doit pas apporter sa bénédiction à l’union de deux personnes du même sexe ».

Il est d’ailleurs dommage qu’il n’ait pas été invité à débattre sur cette question avec James Woody(qui représente le protestantisme libéral) et Philippe Clanché(journaliste catholique-ancien de Témoignage Chrétien) sur Radio Notre Dame(RND : émission « le débat de la semaine », datée du 15 mai-qui n’a pas abordé que ce sujet). On y aurait gagné une meilleure vision des enjeux (et des conséquences) de la décision du synode national de l’Eglise Protestante Unie, au-delà d’un simple « moralisme »(« c’est bien », « c’est pas bien »), posture dans laquelle l’on souhaite enfermer l’Eglise. Il s’agirait plutôt de rappeler pourquoi nous avons affaire à une question « de vie ou de mort ». Nous y reviendrons plus loin.

A ce sujet, le pasteur Gilles Boucomont(qui aurait du être aussi invité sur RND, à l’émission pré-citée), pasteur d’une église dans le quartier du Marais, à Paris, me paraît rejoindre Guillaume Bourin quand il estime que la formule « bénir, c’est dire du bien » est « un mensonge ». Car, souligne-t-il, « Bénir, ce n’est pas dire du bien, mais énoncer ce qui est bien. Un groupe bénit ce qu’il cautionne. Pas ce qu’il trouve gentil ou joli (…) La bénédiction première dans le fil du récit biblique est celle du créateur qui lance son “C’est bon !” (TOV) au fil des réalités qu’il a créées en ordonnant le chaos (…)initial(…) C’est bon parce que Dieu dit que c’est bon[cf Gen.1v1-4…et même “très bon” cf Gen.1v30. Ou même “pas bon” cf Gen.2v18-24]Les adeptes de la bénédiction légère, celle qui dit du bien, restent au stade de la morale en pensant que le bien qui est proclamé par la bénédiction est quelque chose de l’ordre du cool, ou du sympa, qui sont les versions modernes du bien. Ces gens sont bien sympathiques alors on les bénit. Mais la bénédiction biblique n’est pas un bien qui est socialement paramétré, le fruit d’une mode, d’une pensée majoritaire ou d’un sentiment collectif[qui dirait que « tout est bien, tout est possible, aujourd’hui »]. Le bien de la bénédiction divine est le “Bien !” de Dieu ». Lire la suite de son billet datant du 05 mai(corrigé le 07/05), mais toujours d’actualité sur http://aunomdejesus.fr/

Sur ce fondement, quel devrait alors être la position de l’Eglise ? Certainement pas de répondre par le moralisme ou par plus de moralisme. Et certainement pas de s’aligner sur les évolutions de la société (ce qui serait adopter un autre « moralisme »). A ce sujet, Gilles Boucomont explique sans langue de bois que notre positionnement au sujet de l’homosexualité, « un piège majeur de notre époque », ne devrait pas être « moral », mais être « dans le même registre que celui de Jésus » : celui-ci, en effet, n’est pas venu pour « faire la morale aux gens », ou « pour accuser, condamner, faire chuter ». Mais « pour relever les personnes » ; « les faire passer de la mort à la vie ». On notera que dans la scène avec la femme adultère, en Jean 8v11, Jésus donne pour consigne, après le refus de condamner, « d’avancer ». Mais « pas de rechuter ».

L’exemple vivant d’une des communautés réformées en France où il y a le plus d’homosexuels est susceptible de nous édifier : ce qui y est proposé à ces derniers, « s’ils le veulent », c’est « un chemin qui est au-delà de la condamnation, mais qui consiste à aller », soit « à sortir de la prison dans laquelle les autres et soi-même, conjointement, les ont enfermés ». C’est le pas choisi par « beaucoup », témoigne Gilles Boucomont. Lequel ne craint pas de dire que « l’homosexualité est mortifère (et non « pas morale ») car « elle prive de cette libération de nos incomplétudes qu’offre l’union à la personne de l’autre sexe ». Certes, les homosexuels ont eux aussi le sens de l’altérité. Sauf que ledit sens de l’altérité « ne se fixe pas sur les bons objets » : « L’homosexualité, comme tous les autres troubles de la sexualité » serait donc « une structure idolâtrique ». Relevant, non « d’abord » du psychique, de la génétique, ou du moral, mais du spirituel. En cela, « l’homosexualité n’est pas en rien différente du célibat ou du « multipartenariat », ou de la violence conjugale, ou encore de l’adultère ; c’est une stratégie de survie par rapport à une souffrance qu’on n’arrive pas à gérer. »

Ce qui fait que cela ne sert à rien de condamner les homosexuels, en se plaçant plus du côté de ceux qui veulent lapider la femme adultère(cf Jean 8v1-11) que du côté de Jésus, ou en se plaçant du côté du « moraliste » par un « va et ne pêche plus », oubliant ce qui précède : « je ne te condamne pas non plus »(v11).

Le rôle de l’Eglise est, plutôt que d’enfoncer ou polémiquer, d’aider la personne « empêtrée dans l’homosexualité » à s’ouvrir au don de Dieu par la guérison et la délivrance. Mais « les avares, les ivrognes, les adultères, les menteurs, les médisants, les orgueilleux »…en ont tout aussi besoin, de guérison ou de délivrance ! (Rom.1v23-30 et cf 1 Cor.6v9-10)**

 

 

Notes :

* Voir aussi ce manifeste « pour une lecture biblique du Mariage d’un homme et d’une femme ! » http://www.ethiquechretienne.com/manifeste-pour-une-lecture-biblique-du-mariage-d-un-homme-et-d-une-fem-a117676168

La réaction du CNEF : http://lecnef.org/images/CNEF_communique_benediction_couples_meme_sexe_150518.pdf

Celle du sociologue Jean-Paul Willaime, directeur d’études à l’EPHE, qui « estime que la décision du synode de l’Église protestante unie de France (EPUdF) de permettre la bénédiction des couples de même sexe est une « ouverture prudente et non une rupture » ( http://reforme.net/une/societe/benediction-couples-homosexuels-decision-historique )

Celles des Evangéliques de la FPF : http://www.christianismeaujourdhui.info/articles.php/eglise-protestante-unie-la-benediction-des-couples-de-meme-sexe-n-ebranle-pas-les-evangeliques-de-la-fpf-12504.html

Bénir : les pour et les contre (http://reforme.net/une/societe/benediction-couples-homosexuels-arguments-et-contre )

Et cette réflexion de Philippe Golaz sur son blogue, suite à la décision du synode évoquée plus haut, relatif à la manière de manifester la paix et l’unité dans l’Eglise, au-delà des désaccords suscités par cet événement : http://philippegolaz.ch/une-eglise-de-temoins/

**D’après Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première Partie, 2010, pp 91-93