Comment et pourquoi étudier la Bible (2) : La Bible ? Un livre, mais quel livre !

La Bible est un livre, mais elle est plus qu'un livre !

La Bible est un livre, mais elle est plus qu’un livre !

Un nouvel article de la série « comment et pourquoi étudier la Bible », faisant suite au précédent (« Nos motivations »)

Aujourd’hui : la Bible est « un livre », mais « plus qu’un livre ».

 

I. La Bible est un livre

Qu’est-ce qu’un livre ?

« Livre » vient du grec : « biblion » et « biblos », mot qui signifie « écorce intérieure »(de l’arbre), « moelle du papyrus », « papier à écrire », « écrit », « livre »…..soit un mot qui désigne un support, un matériau(1) sur lequel on peut écrire pour garder trace, preuve, mémoire et sens, dans un but de transmission.

En latin, le livre se dit « liber » : mot de botanique qui désigne la partie profonde de l’écorce de l’arbre servant à écrire, et à faire des livres.

Mais « liber » signifie aussi « libre » ! (2)

Le terme « Bible » vient du grec « Ta biblia »(pluriel de « biblion »), « les livres ». La Bible est donc un ensemble (ou une bibliothèque) de livres (66 en tout) : « les livres » ou « Le livre ». Elle comprend l’Ancien Testament (écrit en hébreu et en araméen) et le Nouveau Testament (écrit en grec courant).

 

 Rédaction et transmission du texte biblique :

« Dieu a parlé » à l’homme dès sa création (Gen.1v28 ; Hébr.1v1…). Au cours des siècles, Il s’est adressé directement à des personnes choisies. Mais la validité de Ses Paroles n’étaient pas limitées au seul instant où elles étaient prononcées. Elles n’ont pas de « date de péremption », à l’inverse des nouvelles des quotidiens.

Il importait donc de les communiquer aux générations futures (Deut.6v6-7 ; Matt.24v35…), de même que les commandements de Dieu qui devaient être gardés en mémoire (Deut.4v9. Nous avons aussi l’assurance que les premières tables de la loi brisées par Moïse ont été réécrites par Dieu : Ex.34v1).

D’où la mise par écrit de tout ce dont il fallait se souvenir : un texte écrit permet de fixer définitivement ce qu’une tradition orale aurait pu déformer. C’est l’une des raisons d’être de la Bible en tant que livre.

 

La première mention d’un « livre » dans la Bible se trouve en Gen.5v1, où il est question du « livre des générations (ou : généalogies) d’Adam »(3).

En Ex.17v14, Dieu ordonne à Moïse d’ajouter au livre déjà existant le compte-rendu de la bataille contre Amalek, « pour mémoire ».

Le livre fut complété au fur et à mesure des événements et des révélations( voir, par exemple, Jos.24v26…).

Tous les écrits de l’AT furent terminés au 4ème siècle av. JC. La plupart d’entre eux avaient été rassemblés au 5ème siècle av JC (Voir la mention de « la Loi » dans Esd. 7v6-21)

Sont admis comme canoniques : les cinq livres de Moïse, aux environs de 444 av JC ; les prophètes, entre 300 et 200 av JC ; et l’ensemble des Ecritures, dès 165 av JC. Un canon de 39 livres au total est fixé, excluant tous les autres textes non inspirés, plus tardifs (postérieurs au 5ème siècle av JC et d’ailleurs non cités dans le NT)

Le classement de l’AT correspond à celui auquel le Seigneur Jésus se réfère en Luc 24v44 :

« La loi » (« Torah » – les 5 livres de Moïse, de la Genèse au Deutéronome)

« Les Prophètes » (« Neviim » – incluant Josué, Juges, 1-2 Samuel, 1-2 Rois, sauf Daniel, Chroniques et Lamentations)

« Les Psaumes et autres écrits » (« Ketouvim » : Psaumes, Job, Proverbes, Ruth, Cantique des cantiques, Ecclésiaste, Lamentations, Esther, Daniel, Esdras, Néhémie, 1-2 Chroniques)

Pour être certain de pouvoir conserver le texte, il fallait faire manuellement un grand nombre de copies. Ce fut là le rôle des scribes de Jérusalem (« les Sopherim »), dont la première tâche a été de compter le nombre exact de lettres que contenait chacun des livres bibliques, écrits sur parchemin. Un seul défaut (une lettre manquante, un espace de séparation non respecté….) suffisait à rendre le livre « inapte à la lecture ».

 

La formation du Nouveau Testament :

 Les épîtres (ou lettres) ont été écrites les premières pour répondre aux besoins des communautés chrétiennes et des croyants individuels. Les premières semblent être 1-2 Thessaloniciens et Galates (50-51 ; 50-55 ap JC). Les dernières sont les écrits de Jean (85-90 ap JC)

La rédaction des Evangiles devint nécessaire suite à la disparition des témoins oculaires de la vie de Jésus-Christ. Marc semble être le premier(63-68 ap JC)

Le Nouveau Testament (27 livres), rédigé sur papyrus et parchemins, fut achevé avant la fin du 1er siècle ap JC. La liste de ses livres inspirés a été fixée aux 2èmes-3èmes siècles. En 170 ap JC, le fragment de Muratori contient une liste des livres reconnus par l’Eglise primitive et qui est très proche de notre Nouveau Testament actuel.

Aux 4èmes siècles ap JC, le canon des 66 livres de la Bible fut confirmé (et non établi) par divers conciles de l’Eglise primitive (Laodicée en 360, Carthage en 397…)

 

Les témoins du texte biblique ou la question des manuscrits :

 Vous le savez sans doute déjà, mais nous ne disposons plus de manuscrits originaux : seulement des copies…mais des milliers de copies ! Ce qui nous assure un texte bien plus fiable que les textes connus de l’Antiquité, tels que « Les Annales » de Tacite(2 manuscrits), « La Guerre des Gaules de César »(10 copies valables) ou « L’Iliade » d’Homère(643 copies)….sans pour autant que l’on remette en doute leur authenticité.

Concernant l’Ancien Testament, nous disposons de 3000 copies : le texte massorétique (« codex de Léningrad », manuscrit de 1008-1009 ap JC), le Pentateuque samaritain, les manuscrits de la Septante (« codex Sinaïticus » et « codex vaticanus », datés du 4ème siècle ap JC), les manuscrits de la mer Morte découverts en 1947 à Qumran(3èmes-1er siècles av JC), les traductions araméennes ou « targums »(du 1er siècle av JC au 8ème siècle ap JC)……

Concernant le Nouveau testament, nous disposons plus de 5000 manuscrits sur parchemin : le texte « byzantin »(212 manuscrits en majuscule, datant des 5èmes-12 siècles) ; le texte « alexandrin »(« codex sinaïticus » et « codex vaticanus », datés du 4ème siècle) ; « le codex d’Ephrem »(450 ap JC), qui est actuellement à la Bibliothèque Nationale de Paris.

Les documents les plus anciens du NT sont des papyrus : le plus ancien est un extrait de l’évangile de Jean, datant de 130 ap JC.

 

 II. La Bible est plus qu’un livre : inspiration, autorité et unité de la Bible

Son contenu a été déterminé par Dieu Lui-même (2 Pie.1v19-21), qui a veillé à ce que Sa Parole soit transmise intacte (Matt.5v18 ; Es.40v8 ; 1 Pie.1v25…). Nous y avons accès aujourd’hui, en dépit de toutes les tentatives pour la détruire, la discréditer ou l’oublier (Jer.36).

L’inspiration de la Bible est nécessaire pour que Dieu soit connu.

Prenez maintenant une pause pour faire les exercices suivants :

Rom.1v19 et ss relève ce que l’on peut discerner de Dieu dans la création : ……………………………………………………………………………………………………………………

Comment entrer dans la pensée de Dieu ? (Es.55v7-9 ; Gal.1v11-12 ; 1 Cor.2v6-12)……………………………………………………………………………………………………………….

Et seulement si Dieu nous parle ! (Gen.1v28)

 

Inspirée, la Bible elle-même affirme l’être : 2 Tim.3v16 ; 2 Pie.1v20-21

Elle est la révélation, la Parole écrite de Dieu, et « non la parole des hommes »(1 Thes.2v13)

Qu’est-ce que « l’inspiration » ?

Lorsque Dieu « fait passer Son Esprit dans l’esprit de l’homme ».

C’est « l’action surnaturelle de l’Esprit de Dieu dans des hommes » afin que leurs écrits correspondent exactement à la vérité que Dieu veut nous communiquer.

Quel est le rôle de « l’Esprit de vérité » en Jean 14v7, 26 ; 16v13-14 ? ………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

L’Ecriture biblique est infaillible et sans erreur (« inerrante ») : elle est une révélation parfaite donnée par un Dieu parfait (Matt.5v48).

L’inspiration est un miracle de Dieu, au même titre que la naissance miraculeuse de Jésus (Luc 1v35).

Cf 2 Pie.1v21, des hommes (et non des surhommes) ont été « poussés » par Dieu à parler. Ils ont été des instruments conscients (et non des « robots »), disponibles pour l’action de l’Esprit de Dieu (2 Sam.23v1-3 ; Jer.36v1-2 ; Actes 1v16…). La pensée de Dieu a été communiquée sans erreur, par des écrivains dont la personnalité a été préservée(en témoigne la diversité des écrits bibliques).

Comme Jésus-Christ est à la fois pleinement Dieu et pleinement homme, « Parole faite chair », « Christ venu en chair » (Jean 1v14 ; 1 Jean 4v2), la Bible est en même « Parole de Dieu » et « œuvre humaine », quoique sans erreur, de même que Christ est « sans péché »(Hébr.4v15).

 

L’autorité de la Bible

La qualité de notre marche chrétienne dépend de la reconnaissance de l’autorité, et donc, de l’inspiration de la Bible (Hébr.4v12-13 ; 2 Tim.3v16-17 ; Jean 8v31-32). La Bible fait autorité parce que Celui qui l’a inspirée ne cesse pas d’être Seigneur quand Il parle.

– Comment le peuple d’Israël voyait-il la Bible ?

 Comme la révélation de la volonté divine (Ex.24v4,7 ; Néh.8v1-6…), une norme divine pour la foi (Jos.1v8 ; Ps.1, 119…), des écrits devant être connus, lus, pratiqués, crus (Deut.27v26, 31v9-13…..)

La redécouverte de la Parole de Dieu écrite a été la source de réveils, comme celui sous le Roi Josias : 2 Rois 22-23v1-3 ; 2 Chron.34.

Voir aussi les réveils du passé (16ème, 19ème….)

– Comment Jésus-Christ, Fils de Dieu, voyait-il la Bible ?

Il est de bon ton, de nos jours, de prétendre que la Bible ne serait « pas la Parole de Dieu », et de l’opposer à « Jésus », qui est effectivement « la Parole de Dieu » (Jean 1v1-14)

Or, Christ Lui-même reconnaît l’autorité de la Parole écrite, qu’Il cite fréquemment :

 Il reconnaît que l’Ecriture est inspirée cf Matt.22v41-45 et l’oppose aux traditions humaines, en la plaçant au-dessus comme Parole de Dieu (Matt.15v3-6)

Il atteste globalement l’Ancien Testament dans ses trois parties : « Loi », « Prophètes » et « Psaumes » (Luc 24v44)

Il valide à l’avance les écrits du Nouveau Testament (Jean 14v26, 15v26-27, 16v13-14)

Il croit en l’historicité des récits, événements et personnes de l’Ancien Testament : la création (Matt.19v4), le sacrifice d’Abel, et la mort de ce dernier (« premier prophète » cf Luc 11v51, Noé et le déluge (Matt.24v37 et ss), l’épisode du serpent d’airain (Jean 3v14), Jonas (Matt.12v40-41)….

Il fait référence à Esaïe (Luc 4v16-21), appliquant la prophétie à Lui-même ;

Il interroge régulièrement les autorités religieuses de son temps : « n’avez-vous jamais lu ? »(Matt.21v42), « qu’est-il écrit ? »(Luc 10v26), « comment lis-tu ? »(v26) ;

Il réfute les Sadducéens, « qui disent qu’il n’y a pas de résurrection » en les jugeant « dans l’erreur », parce qu’ils ne connaissent « ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu » (Matt.22v23-29) et leur répond par les Ecritures (vv31-32)

Il ne reproche pas aux religieux de son temps d’ « idolâtrer la Bible », mais de ne pas y croire (Jean 5v39, 46-47 ; Luc 10v28, 16v27-31 ; Matt.5v17-19…)

Il affirme que « l’Ecriture ne peut être anéantie » (Jean 10v35)

Il fait toute une étude biblique aux pèlerins d’Emmaüs pour leur prouver que les Ecritures parlent bien de Lui (Luc 24v25-27 cf vv44-47).

Il répond aux tentations du diable dans le désert par : « il est écrit »(Matt.4v4,10) ou « il est aussi écrit »(v7)

– Comment les apôtres et les croyants de l’Eglise primitive voyaient-ils la Bible ?

L’Ancien Testament : Actes 1v16, 4v25, 7v38, 13v47, 15v15-18, 17v2-3, 28v23 ; Gal.3v8 ; Rom.4v3…….

Le Nouveau Testament : 2 Pie.3v15-16 ; 1 Thes.2v13, 5v27 ; Gal.1v18….voir aussi la raison d’être de l’Ancien Testament expliqué dans l’épître aux Hébreux.

Qu'est-ce que la bible pour vous ? Faites le point !

Vous et la Bible : un « vieux bouquin » ou….Faites aujourd’hui le point !

– Et vous ? Comment voyez-vous la Bible ? Qu’est-elle pour vous ? Faites aujourd’hui le point !

A quoi reconnaît-on que la Bible fait autorité dans une vie ? Cf Jacq.1v22-25

 

 

III. Unité, structure et équilibre dans la Bible

La Bible est composée de 66 livres écrits par des auteurs très divers (plus de quarante), en de multiples circonstances, sur une très longue période(plus de 1500 ans entre le premier et le dernier auteur – fin 1er siècle), en des lieux très différents. Pourtant, cet ensemble présente une unité extraordinaire : un témoignage supplémentaire à l’inspiration divine des Ecritures !

Unité du message biblique :

De quoi ou de qui parle la Bible ? Découvrez le centre de la révélation biblique dans Luc 24v27, 44 : …………………..Et ce, annoncé dès la Genèse : Gen.1v1-4(comparer avec Jean 1v1-9, 1 Jean 1v1-5) et Gen.3v15-21, 4v4…..

Le coeur du livre : un animal expiatoire que l'on cherche désespéremment

Le coeur du livre : un animal expiatoire que l’on cherche désespéremment

A noter que pour les « Sopherim »(scribes juifs), le cœur du livre(l’AT)se trouve en Lévitique 10v16, où il est question d’un bouc expiatoire que l’on cherche. Cette quête d’un animal que l’on offre pour les péchés est l’obsession de toute la Bible : « où est l’agneau pour l’holocauste ? » (Gen.22v7)…jusqu’à la pleine révélation que Jésus est « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1v29, 36)

Le plan du salut forme un tout cohérent, révélé par étapes. Les éléments de l’AT sont « l’ombre des choses à venir », révélées dans le NT (Hébr.8-10 ; Col.2v17) et les deux testaments se complètent. Ex : comparer cette vision de Dan.7v13-14 avec cette déclaration du Seigneur Jésus en Matt.28v18-20.

La Parole de Dieu est également équilibrée dans sa structure et dans son contenu(4) : il est essentiel de la prendre comme un tout et de la lire entièrement.

Ex. : 1 Corinthiens parle de l’abus de liberté (laxisme) et Galates, de l’abus de loi (légalisme). Ephésiens établit l’équilibre entre les deux.

Ex : Ephésiens 2v8-10 fait l’équilibre entre Romains, qui parle du « salut par la grâce sans les œuvres », et Jacques, qui parle de la nécessité des œuvres comme preuve de la foi.

Ex : Proverbes équilibre Job et Ecclésiaste. Ne lire que Job, centré sur la souveraineté de Dieu, conduit à au fatalisme (« Dieu contrôle tout », nous ne sommes que des « robots »). Ne lire que l’Ecclésiaste (vanité d’une vie sans Dieu), et le lire trop vite, sans sa clé (Eccl.12v13-15) conduit à une forme de scepticisme(où l’on doute de tout), de désespoir et d’indifférence.

Lisons donc Job, puis Ecclésiaste, et enfin Proverbes, pour comprendre que la vraie sagesse vient de Dieu et que nous avons à vivre cette sagesse.

 

(A suivre)

 

Notes : 

(1) Concernant l’écriture et les matériaux, l’invention de l’imprimerie datant du milieu du 15e siècle et celles de la photocopie et du scanner étant encore plus récentes, les textes bibliques devaient être copiés et recopiés à la main pour qu’ils traversent les générations et les siècles jusqu’à nous.

Au Proche-Orient, les civilisations de l’Antiquité développèrent très tôt différentes écritures : caractères pictographiques, hiéroglyphiques, cunéiformes…La découverte des caractères alphabétiques se généralisa vers 1500 av JC, simplifiant et rendant l’écriture accessible à un plus grand nombre de personnes. Les supports utilisés sont : les pierres et les briques (Job 19v24 ; Ex.32v15-16 ; Deut.27v2-3) ; le papyrus, d’origine végétale, connus dès le deuxième millénaire av JC, et se présentant sous forme de rouleaux (Esdr.6v2 ; Zach.5v1 ; Ezech.2v9 ; Jer.30v2…..) Inconvénient : sa fragilité. Le parchemin (2 Tim.4v13), d’origine animale, est mis au point au 2ème siècle av JC. Réutilisable, il est bien plus résistant que le papyrus et sans rival pour la conservation.

 (2) Tel que le souligne, par exemple, Marc-Alain OUAKNIN dans « Bibliothérapie ». Seuil, 2008(Points), p 232.

(3) Soit les « générations » ou « généalogies » d’Adam à Noé, relatées dans le chapitre 5 de la Genèse. Marc-Alain OUAKNIN, encore, en écho à l’ouvrage de Catherine CHALIER(« L’Histoire promise »), relève que « le livre fait son entrée en scène du texte juste après le chapitre 4 de la Genèse, où sont racontés la difficile et tragique existence d’Abel, sa presque non-vie et son assassinat » : le « livre des généalogies » est donc une « réparation » de la mort d’Abel (« Bibliothérapie », pp 327-328), restaurant une lignée menacée d’être interrompue.

(4) D’après Richard BORGMAN, dans « Le Royaume équilibré de Dieu ». Ed. Le Lion et l’Agneau, 1994, pp 171-174

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Ensemble, les Pères, Priez pour l’Education et l’Ecole

L'éducation, cela concerne aussi les hommes, et les pères.

L’éducation, cela concerne aussi les hommes, et les pères.

Vous les pères, et de manière générale, nous les hommes. Et ce, au nom de « l’Eternel des Armées », ce « Héros qui sauve » ! Ce Père, qui nous aime et nous éduque !(Deut.8) Et au nom du Seigneur Jésus-Christ, le Maître qui enseigne.

– Parce que nous, les « mâles »(« Zakhar »), sommes ceux « qui se souviennent » et « qui transmettent » à la génération suivante ce qui leur a été confié.

– Parce que l’homme, époux et père, est un sacrificateur dans sa maison.

– Parce qu’il y a un enjeu de vie ou de mort, liant l’enfant et l’éducation.

– Parce que l’enfant connaît trois lieux d’influences : l’Ecole, la Famille, l’Eglise….plus un quatrième et un cinquième. Où et avec qui passe-t-il le plus de temps ? Et quand vous vous retrouvez tous « en famille », à la maison, l’enfant est-il vraiment « là », avec vous ? « Il y a plusieurs demeures(ou plusieurs pièces) dans la maison (du) Père », dit Jésus (Jean 14v2). Et aucune ne devrait être étanche. Peut-on circuler de l’une à l’autre, de manière interdépendante ? La famille vit-elle vraiment « ensemble » ?
A moins que les uns et les autres ne soient chacun dans son coin ou sur son écran ?

Parce que si ce n’est pas le père qui enseigne et éduque l’enfant, ce seront ses paires. Lesquels se « ressourcent » via les jeux vidéo, la télévision, internet…

Ensemble, les Pères, les hommes ! Prions et intercédons pour l’Education et l’Ecole, ce week-end ! Main dans la main avec nos épouses et les sœurs de notre église. Car nous sommes concernés. Nous sommes tous concernés.

Notre regard sur la justice ou « Le conte des balances »

"Ce dont cet homme a besoin" ou le point de vue du dominant-bis, par Andy Singer

« Ce dont cet homme a besoin » ou le point de vue du dominant, par Andy Singer

Qu’est-ce que la justice ? La justice de Dieu ?

Une question essentielle qui mérite une étude biblique à elle toute seule. Et ce, d’autant plus que, de même qu’il ne saurait y avoir d’unité sans vérité, il ne saurait y avoir de paix sans justice.

Qu’est-ce que la justice ? Comment « bien juger » ? Tout dépend « de quel côté l’on se place ».

Et Dieu, dans tout cela ? De quel côté se place-t-Il ? Et Ses prophètes, parlant en Son nom ?

Pour illustrer ce propos, voici un conte ou une parabole moderne, intitulé : « le conte des balances ». L’on parle bien ici de ce qui sert à peser et non du terme argotique servant à désigner les indicateurs ! 😉

 

Il y avait une fois, dans une ville d’orient dont je ne me rappelle plus le nom, un vieux sage nommé Abou ben Khalif. Il était si vieux que personne ne se souvenait de l’avoir vu jeune, si blanc, qu’on ne pouvait même pas imaginer que ses cheveux eussent été noirs, si cassé qu’on aurait dit qu’il était né bossu, avec une béquille à la main.
A la fin pourtant, il atteignit la limite des jours ; et comme il se sentait sur le point de mourir, il fit appeler le cadi, c’est-à-dire le juge du village.
-« Cadi », lui dit-il d’une voix faible, « ouvre ce coffre et prends-y mon héritage : il est pour toi. »
Le cadi ouvrit avec empressement le coffre, qui était grand ; mais il fit la grimace en s’apercevant que le coffre était vide, ou presque : il ne contenait qu’une petite balance aux plateaux de cuivre.
-« Prends cette balance », continua le mourant. « Tu découvriras bien vite ses propriétés merveilleuses. Non seulement elle pèse exactement tous les poids, du plus lourd au plus léger, malgré sa petite taille ; mais tu peux y peser bien d’autres choses que des marchandises. Tu peux y peser les actions et les pensées des hommes, leurs paroles et leurs promesses. Jamais elle ne te trompera. Il faut faire bien attention, seulement… »
-« ….Seulement ?… » demanda le cadi.
Mais le pauvre vieux sage fit un signe de la main pour dire qu’il ne pouvait plus parler ; la parole, en effet, s’étrangla dans sa gorge, et à l’instant même, il expira.
Le cadi se trouva à la fois très heureux et très embarrassé. Heureux parce qu’il aimait la justice et la gloire ; il pensait qu’avec l’aide de ses balances, il deviendrait bientôt le plus sage des cadis, agréable aux yeux de Dieu et de grande réputation parmi les hommes. Embarrassé, parce qu’il comprenait que le vieux sage aurait voulu lui donner encore un renseignement, lui faire une recommandation suprême : mais il ne pouvait deviner laquelle. Les parents et les voisins du mort arrivèrent pour rendre à sa dépouille les derniers devoirs ; le cadi mit les balances sous son bras et rentra chez lui.
A quelques jours de là, deux marchands vinrent trouver le cadi. L’un d’eux, Mohammed, avait prêté à l’autre, qui s’appelait Omar, cent dinars d’argent, six mois plus tôt. Omar venait de rendre les cent dinars, ou du moins il affirmait les avoir rendus ; Mohammed, au contraire, soutenait n’en avoir reçu que quatre-vingt-dix et réclamait les dix derniers. Le cadi les écouta. Chacun d’eux affirmait et jurait, invoquant le nom saint de Dieu au milieu d’une histoire si embrouillée que le Bon Roi Salomon lui-même n’y aurait rien compris. Le cadi se tirait la barbe, perplexe.
-« Mais, au fait », pensa-t-il tout à coup, « c’est le moment d’essayer ma balance ! »
Il alla chercher la petite balance(…) Dans l’un des plateaux, il mit cent dinars d’argent et, sur l’autre, la parole d’Omar qui disait les avoir rendus. Les cent dinars étaient plus lourds que la parole d’Omar.
-« Hum !… » fit le cadi, qui ôta un dinar, puis deux, puis trois, puis dix. Alors, lorsqu’il n’y eut plus que quatre-vingt-dix dinars, les deux plateaux s’équilibrèrent(…)exactement. Il se tourna vers Omar, stupéfait :
-« Tu n’as rendu que quatre-vingt-dix dinars ; donne le reste ».
Omar s’exécuta. Mohammed se réjouit ; ils sortirent tous deux remplis d’admiration pour la sagesse du cadi aux balances.
Le surlendemain, deux hommes se présentèrent devant la porte du cadi. Ils étaient très rouges, les habits en désordre : l’un se tenait la joue droite à deux mains ; l’autre appuyait fortement un chiffon de linge sur son côté gauche ; un peu de sang coulait entre ses doigts.
-« Sage cadi », s’écria le blessé, « cet homme vient de me frapper d’un coup de couteau, la blessure me brûle et mon sang coule. »
-« Très sage cadi », reprit l’autre, « il ne te dit pas qu’il m’a, le premier, insulté et frappé du poing, si fort qu’une de mes dents m’est tombée de la bouche et que je l’ai crachée comme un noyau de datte. »
-« Et que voulez-vous ? » demanda le cadi.
Ils dirent ensemble : « justice ! »
Le cadi alla chercher sa balance : il mit d’un côté la dent arrachée, de l’autre le coup de couteau. Le coup de couteau était beaucoup trop lourd.
-« Hum !… » fit le cadi. « Cela ne va pas ». A la place du coup de couteau, il mit successivement un coup de poing, un coup de pied, un coup de bâton…les deux plateaux n’arrivaient pas à s’équilibrer.
-« J’y suis ! » s’écria-t-il tout à coup. En face de la dent arrachée, il mit sur le plateau une seconde dent : et aussitôt les deux plateaux restèrent de niveau et immobiles.
-« Voici ma sentence », dit gravement le cadi. « Tu as eu tort de lui faire sauter une dent, mais il a eu tort de te rendre un coup de couteau. Pour sa dent arrachée, il avait le droit de te prendre une dent : ni plus ni moins. C’est clair ? »
Et il renvoya doucement les deux plaideurs, si surpris d’une pareille sagesse qu’ils en oubliaient leur querelle.
Bientôt, comme il l’avait souhaitait, sa réputation s’étendit dans toute la contrée et même dans les pays voisins : on venait de loin consulter le cadi aux balances ; devant lui, le mensonge hésitait, la ruse était confondue, tous l’appelaient le juste et l’ami de Dieu.
-« J’ai été bien sot », se disait-il parfois, « de me faire du souci pour cette phrase inachevée d’un vieux mendiant. Sans doute, il avait perdu son bon sens au dernier moment, ce qui peut arriver aux plus sages. J’ai eu assez de pénétration pour trouver la manière de me servir de ces balances, sans avoir besoin qu’on me donne la leçon. Les balances sont bonnes, mais il est vrai aussi que je suis sage. »
L’orgueil remplissait son cœur et il ne s’était jamais dit qu’il y a, peut-être, une justice plus juste et plus difficile à rendre que celle qu’il pratiquait.
Un jour d’entre les jours-il était devenu vieux à son tour et sa tête s’inclinait sous le poids des années-un jour d’entre les jours, comme il rêvait, assis devant sa porte, il vit venir à lui un jeune voyageur, beau de visage, droit de stature, l’air noble et radieux, qui le salua respectueusement. Le cadi lui répondit avec bienveillance et même avec curiosité car les voyageurs sont souvent des envoyés de Dieu qui nous apportent des enseignements pleins de profit.
-« Bienvenu sois-tu », dit-il, « en ce pays…. »
Le jeune voyageur tira de sous son burnous une sorte de boîte en osier de forme allongée.
-« Je suis venu », dit-il, « exprès pour te voir et t’apporter ceci… »
De la boîte d’osier, il sortit une balance aux plateaux de cuivre, exactement semblable à celle du cadi.
-« Cette balance », dit-il….
-« J’ai la pareille », répliqua le cadi.
-« Crois-tu ? » demanda l’étranger.
Le lendemain était un jour de marché. Les jours de marché, le cadi s’installait avec ses balances sur le pas de sa porte(…)Du matin au soir, il pesait sa justice, comme un marchand d’épices pèse du poivre, avec soin, avec précision, mais sans hésiter. Il venait de s’asseoir(…)quand il vit reparaître l’étranger. Celui-ci le salua en s’inclinant profondément, la main sur le cœur, ce qui est le signe du plus grand respect ; puis il s’assit par terre à quelque distance, sans façon, ses balances entre les pieds.
Les premiers qui se présentèrent furent deux jardiniers qui travaillaient au jardin du cadi. Ils venaient toucher leur salaire de la semaine, ayant chacun bêché, arrosé, ensemencé la moitié du jardin. C’était si simple que le cadi n’aurait même pas eu besoin de balances pour régler cette affaire-là. Toutefois, il pesa scrupuleusement deux salaires égaux et remit à chacun des jardiniers ce qui lui était dû. Tous deux s’en allaient contents, ou du moins sans rien dire, quand l’étranger les arrêta au passage.
-« A mon tour », dit-il, « si le cadi le permet ».
Le cadi comprit que l’étranger voulait essayer ses propres balances ; il fit oui de la tête et de la barbe, bien sûr que sa pesée était juste. Alors l’étranger mit sur un plateau le salaire du premier jardinier, et, sur l’autre, la femme et les trois petits enfants qu’il avait à nourrir ; et le salaire se trouva beaucoup trop léger(…) Il ajouta quelques pièces de monnaie dans le plateau du salaire ; l’équilibre s’établit ; après quoi, il donna au jardinier son salaire ainsi augmenté. Le cadi était stupéfait et vexé.
-« Je me serai donc trompé ? » s’écria-t-il.
-« Il faut le croire », répliqua l’étranger.
-« Et l’autre ? »
-« Nous allons voir ».
L’étranger recommença l’opération pour le second jardinier ; mais comme ce jardinier était célibataire et n’avait personne à nourrir, le salaire se trouva suffisant, et l’équilibre s’établit du premier coup.
-« Pour celui-là », dit l’étranger, « son compte est juste. » Ce qui consola un peu le cadi.
Le cadi n’avait pas encore eu le temps de bien réfléchir à ce qui venait de se passer qu’un maître et son esclave parurent devant lui. L’esclave était entravé comme un bœuf par de grosses cordes aux pieds et aux mains. Le maître avait un bandeau sur l’œil.
-« Lumière de justice ! » dit le maître en s’inclinant, je n’ai pas voulu châtier moi-même la faute de mon serviteur, je viens m’en remettre à ta sentence. »
-« Tu as bien fait », répliqua le cadi gravement. « Le châtiment qui vient du juge est la justice ; de l’offensé, c’est la vengeance. »
-« Il m’a », reprit le maître, « désobéi et résisté ; et comme je lui reprochais sa rébellion, il s’est jeté sur moi avec tant de violence que mon œil gauche a perdu la vue. »
-« Pour un œil… » reprit le cadi. Mais il n’osa pas achever sa phrase ; il regardait l’étranger.
-« Pèse », dit l’étranger ; je pèserai après. »
Alors le cadi plaça dans un plateau l’œil crevé du maître, et, dans l’autre, l’œil qu’on allait arracher à l’esclave. Il avait fait cette pesée des centaines de fois et, cette fois encore, l’équilibre se trouva juste. Mais il éprouvait tout de même un peu de doute et d’inquiétude devant son infaillible balance.
-« A ton tour », dit-il à l’étranger.
Alors l’étranger mit dans un plateau le châtiment et dans l’autre toute la vie misérable de l’esclave, les mauvais traitements qu’il avait souvent reçus, ses journées de travail sans récompense…et le châtiment se trouva beaucoup trop lourd.
-« Tu vois… », dit l’étranger.
C’était la première fois que le cadi remettait une sentence à la huitaine ; aussi les plaideurs furent-ils stupéfaits. Ils le furent plus encore quand le cadi déclara qu’il se sentait souffrant et que le reste de l’audience aurait lieu plus tard. Il fit signe à l’ étranger, l’étranger le suivit, et ils s’enfermèrent ensemble dans la chambre la plus secrète de la maison.
-« Jeune homme », dit le vieux cadi, « tes balances me paraissent meilleures que les miennes. Vends-les-moi. »
L’étranger se mit à rire.
-« Tes balances », dit-il, « sont excellentes, tu n’en trouveras pas de meilleures. La question est de savoir ce que tu mets dans les plateaux(…)Quand tu mets sur un plateau le salaire de ton serviteur, que mets-tu sur l’autre ? »
-« Mais…son travail », fit le cadi.
-« Tu n’as jamais pensé à compter aussi les petits enfants du jardinier, le pain qu’il faut leur donner, leurs cris quand ils ont faim ? »
-« Non », avoua le cadi.
-« Tu mets sur un plateau le châtiment. Et sur l’autre ? »
-« La faute », répliqua vivement le cadi, « la faute et l’offensé. Jamais je n’ai permis qu’on prît plus d’une dent pour une dent, plus d’un œil pour un œil. »
-« Tu n’as jamais pesé l’ignorance du coupable ? Les injustices qu’il a souffertes ? »
-« …Non », avoua le cadi.
Il resta longtemps songeur(…)
-« Je commence à croire », dit-il enfin, qu’Abou ben Khalif voulait m’expliquer tout cela quand la mort lui a coupé la parole. Ses balances sont de bonnes balances. Peut-être n’ai-je jamais su bien m’en servir. »
-« Peut-être », dit l’étranger.
-« Pourtant », reprit le vieil homme, « pourtant j’ai aimé la justice ; à présent que je vais mourir, je ne regrette pas de lui avoir consacré ma vie. D’autres la serviront mieux, je m’en réjouis. »
-« Tu peux », dit l’étranger, « la servir encore. »
-« Non », répliqua le vieux cadi. « Je ne saurai pas faire ces pesées nouvelles. Du reste, je sens que je vais mourir ; je comprends que tu as été envoyé ici par Dieu pour m’enseigner avant ma mort ce que je n’avais pas trouvé tout seul et pour me remplacer(…) C’est toi qui va devenir le cadi aux balances. Tu feras de meilleures pesées. Promets-moi seulement de ne pas apprendre aux hommes à railler et à mépriser ma mémoire ; car enfin j’ai fait ce que j’ai pu. »
-« Je te promets », répondit l’étranger. « Quand j’aurai pesé et jugé toute ma vie, peut-être un autre viendra-t-il me dire à son tour qu’il fallait mettre autre chose dans les plateaux. »
-« Ce qui me chagrine », reprit le cadi d’une voix affaiblie, « ce qui me chagrine, c’est de voir que la justice est changeante. Je me la représentais éternelle et toujours pareille. »
-« Elle l’est », dit l’étranger. « Seulement nous ne la découvrons que petit à petit. Ce qui change, ce n’est pas la justice, c’est l’idée que nous nous en faisons. C’est nous qui nous trompons, ce n’est pas elle. »
-« J’aime mieux ça… », murmura le cadi.
Sa vieille tête s’inclina sur sa vieille poitrine, il poussa un vieux soupir : il était mort.

 

 

Pour aller plus loin :

« Tu ne commettras point d’iniquité dans tes jugements : tu n’auras point égard à la personne du pauvre, et tu ne favoriseras point la personne du grand, mais tu jugeras ton prochain selon la justice » (Lévit.19v15) ; « Vous ne commettrez point d’iniquité ni dans les jugements, ni dans les mesures de dimension, ni dans les poids, ni dans les mesures de capacité. Vous aurez des balances justes, des poids justes, des épha justes et des hin justes. Je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte. »(v35-36)

« L’Eternel est juste dans toutes ses voies et bienveillants dans toutes ses oeuvres »(Ps.145v17) ; Il « fait droit aux opprimés »(Ps.146v7)-c’est à dire qu’Il entend leurs cris et considère que leurs plaintes « pèsent » suffisamment pour être intervenir en leur faveur.

Voici une situation, concernant « le géant » Amazon, dans cet article de Jean-Baptiste Malet, paru en novembre 2013 dans « Le Monde diplomatique »(« Amazon, l’envers de l’écran »). Comment « jugeriez-vous » cette situation ? « De quel côté » vous placez-vous ? Et pourquoi ?

 

Notes :

D’après Waltz, Henriette. Le Conte des Balances IN Récits et nouvelles – 1 (ANTHOLOGIE) Textes réunis par Jacques GOUTTENOIRE. HACHETTE, 1978

Le conte est tirée originairement des « Histoires pour le petit François ». Ed. Fernand Nathan
(L’auteure, née en 1875 et morte en 1968, fut professeur de philosophie et enseigna plusieurs années à Alger. Pourrait-on refuser de voir un lien entre ces faits, la forme du conte et son cadre ? )

Foireux liens(5) : « à fuir » ou « à éviter »…

Ce n’est pas une question de « morale », mais de « vie ou de mort »…
Face à la banalité ou à la « normalité »(ou ce que l’on veut nous présenter comme tels) de certaines situations, expressions, réactions, décisions, comportements ou même d’objets qui envahissent notre quotidien, certains ne manquent pas de faire de la résistance. Et de nous mettre en garde. Car l’apathie est un danger. Et si l’apathie, elle reviendra…
Nos « foireux liens » font donc leur rentrée de septembre, avec cette petite sélection, privilégiant certains blogs de « juristes » de la « cathosphère », sur le thème de ce qui est « à fuir » ou « à éviter ». De quoi réfléchir pour mieux résister, plutôt que de subir, au-delà de l’indignation simple, et nous inviter à privilégier le fondamental…
« C’est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie »(1 Cor.10v14)

« Toutes choses me sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses; toutes choses me sont permises, mais je ne me laisserai, moi, asservir par aucune ».(1 Cor.6v12)

« Fuyez la fornication: quelque péché que l’homme commette, il est hors du corps, mais le fornicateur pèche contre son propre corps ». (2 Cor.6v18)

« Mais évite les discours vains et profanes, car ceux qui s’y livrent iront plus avant dans l’impiété ». (2 Tim.2v16)

« Pour toi, homme de Dieu, fuis ces choses, et poursuis la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience, la douceur. Combat le bon combat de la foi… »(1 Tim.6v11-12)

 

« Les français sont-ils des veaux ? » ou Gleeden : place aux anticorps
Un billet de « Koztoujours », publié sur son blogue le 4 septembre 2014, par rapport à nos capacités de « résistance » ou de « tolérance » face à ce qui est affiché de façon ostentatoire, y compris sur les bus :

« Est-ce une coïncidence, un acte manqué, la Providence ? La société Gleeden semble choisir les moments où l’actualité la plus chaude étale crûment devant nos yeux les conséquences personnelles ultimes de l’infidélité – jusqu’à la tentative de suicide de la personne trompée – pour enfoncer un coin supplémentaire dans notre dignité collective par ses campagnes perverses.
Refuser ces campagnes doit être le réflexe de tous, doit être la réaction collective spontanée. Cela s’applique au site et à son principe, ainsi qu’à sa promotion publique, et cela va chercher au-delà, au rang même de notre capacité à former une société.
(…) Mais si votre conscience ne se révolte pas spontanément devant ces affiches, c’est que vous êtes des veaux. C’est que cette société, dans ce qu’elle a d’ultimement mercantile, individualiste, et oppressive, a fait de vous les veaux dont elle a besoin ».

Lire la suite sur http://www.koztoujours.fr/gleeden-place-aux-anticorps

 
Heureux celui par qui le scandale arrive !
Un « coup de griffe » d’Aliocha, journaliste, dans une note publiée sur son blogue le 05/09/14
« Tout le monde connait la formule « Malheur à celui par qui le scandale arrive » mais sait-on d’où elle vient ? De l’évangile de Luc : »Jésus dit à ses disciples : Il est impossible qu’il n’arrive pas des scandales ; mais malheur à celui par qui ils arrivent !
Il vaudrait mieux pour lui qu’on mît à son cou une pierre de moulin et qu’on le jetât dans la mer ». Rassurez-vous fidèles lecteurs, je ne m’en vais pas ici prêcher. La morale n’est pas dans l’air du temps. Elle heurte trop la liberté conçue comme absence de limite et surtout le droit de jouir sans entrave. Vous savez, ce droit dont les médias au sens large nous rappellent à chaque seconde qu’il est sacré et absolu, et pour cause, c’est en appuyant sur ce mécanisme que la société de consommation fourgue à un prix prohibitif le bonheur frelaté d’acheter n’importe quoi(…)Toujours est-il que je voulais juste attirer l’attention sur l’inversion de paradigme qu’est en train d’opérer notre société hyper médiatisée : le scandale désormais est la voie royale vers le bonheur ».

La suite : http://laplumedaliocha.wordpress.com/2014/09/05/test/

 

L’île au Trésor : la banque et les finances publiques
Par « Thomas More », qui signe son grand retour après une longue absence sur son blogue, dans un billet daté du 29 août 2014 :
« Vous vous souvenez, au Bourget, un dimanche de janvier 2012, François Hollande qui est encore candidat à la présidence de la République proclame « Mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage […], il ne sera pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance » ! La lutte contre la finance devait passer notamment par la séparation des activités dites spéculatives des activités traditionnelles (collecte des dépôts et octroi de crédit) au sein des groupes bancaires remettant en cause le modèle français dit de la banque universelle. Lors d’un récent colloque organisé par Mustapha Mekki et nos centres de recherches respectifs sur le thème du lobbying responsable, j’ai eu l’occasion d’exposer les grandes lignes de l’action de lobbying menée par les banques pour entraver le projet de séparation bancaire en 2013. Parmi les leviers d’influence, il en est un qui semblait assez méconnu : il s’agit des liens entre la banque et l’Etat moderne, au sens large du terme. Ces liens ont permis une plus grande proximité entre le pouvoir et la finance, notamment en France pour de multiples raisons tenant tant à la formation des élites qu’à une longue période de nationalisation des banques mais aussi à une grande familiarité entre l’administration des finances publiques, notamment le Trésor, et la Banque de France, d’une part, et la direction des établissements de crédit, d’autre part…… »

La suite : http://thomasmore.wordpress.com/2014/08/29/lile-au-tresor-la-banque-et-les-finances-publiques/
Article que l’on peut compléter par cette TRIBUNE de Gaël Giraud du CNRS, sur Challenges : d’après le chercheur, le diagnostic de l’ex-ministre de l’Economie était juste: « la question de savoir qui, de l’industrie ou de la finance, est prioritaire en France ».

« L’ex-ministre de l’Economie Arnaud Montebourg avait au moins compris deux choses: la première, c’est qu’il n’y a pas de prospérité économique sans une industrie puissante ; la seconde, c’est que, pour ressusciter l’industrie française, il faut une politique interventionniste audacieuse de l’État.
C’est pour avoir défendu ce point de vue qu’il a été limogé et, du point de vue du débat économique, c’est pourtant lui qui a raison. La politique d’austérité européenne repose sur un diagnostic erroné: le déni du risque déflationniste qui pèse sur notre continent surendetté.
L’Etat n’est pas l’acteur le plus endetté en zone euro (90% du Pib en moyenne, sous forme de dette publique), c’est le secteur bancaire (350%) qui l’est. L’entêtement à donner la priorité au désendettement public a déjà fait la preuve de son inefficacité dans les pays du sud européen. Le seul acteur à qui une telle politique peut bénéficier, ce sont les banques, fragilisées par l’excès de dettes publiques qu’elles détiennent, et qui seraient au tapis si l’Etat français perdait sa côte d’amour avec les marchés….. »

La suite : http://www.challenges.fr/economie/20140828.CHA7074/et-si-montebourg-avait-raison.html

 

Dans la rubrique « ces nouveaux objets qui envahissent notre quotidien », La cigarette électronique, alternative inoffensive ou nouveau produit dangereux ?
Se questionne Thomas Clerget dans un article publié le 8 septembre 2014 sur Bastamag :
« Apparue il y a quatre ans, la cigarette électronique et ses volutes de vapeur garanties sans goudron ni cancérogènes inondent le marché. Au point d’apparaître, y compris pour une partie des milieux médicaux, comme une alternative possible au tabac, dont la consommation continue de tuer, en France, près de 73 000 personnes par an. Mais le risque existe aussi d’une banalisation de l’e-cigarette, ouvrant la porte à de nouvelles formes de dépendance à la nicotine. Cela d’autant plus que les majors du tabac s’intéressent de très près aux opportunités offertes par ce nouveau marché… Une enquête pour éviter l’enfumage ».

L’essentiel sur http://www.bastamag.net/La-cigarette-electronique

 

Après toutes ces mises en garde, « coups de gueule », « coups de griffe » ou « exhortations négatives », quelques exemples « positifs » :

Gaultier Bès et Marianne Durano : veilleurs au nom de leur foi
Le mouvement des Veilleurs, protestataires non-violents et actifs notamment contre le mariage pour tous, a frappé l’opinion ces derniers mois. Rencontre avec Gaultier Bès et Marianne Durano, militants, qui viennent de publier un petit livre percutant sur « l’écologie intégrale ». Si vous l’avez manqué…

Face à « certains étudiants qui [semblent] avoir perdu ce sens du bien commun, car témoignant d’une liberté poussée à l’extrême, dont le slogan dominant est le « pourquoi pas ? », lequel permet toutes les expériences. Une posture terriblement déshumanisante », le témoignage d’un autre cheminement : « la conversion au Christ, un fondement solide pour [notre] vie et [notre] réflexions », qui permet de « s’ouvrir à la différence de l’autre »..

Interview à découvrir ici : http://www.pelerin.com/L-actualite-autrement/Gaultier-Bes-et-Marianne-Durano-veilleurs-au-nom-de-leur-foi

Ou là : http://www.editions-lecenturion.fr/fr/actualites/actualite/82/un-entretien-avec-les-auteurs-de-nos-limites-dans-pelerin-magazine

 

Tu diras à ton fils…
Un billet sous le signe de la rentrée et du Deutéronome, par le bibliste Pneumatis, publié le 29 août 2014 sur son blogue éponyme

Ou l’on parle de transmission(« religieuse »), « des commandements bibliques », d’une « tradition fondatrice », et « de ce qui fait l’homme, de ce qui fait un homme »…d’abord et avant tout au sein de la famille, d’un père à son fils, et ce, sans exclure la pédagogie. Car, « il se trouve que, malgré leur incroyable talent et leur grande compétence pédagogique (pour ceux que je connais) », son auteur croit « que la transmission religieuse par l’école est vouée à l’échec, dans le cadre de l’idéologie scolaire actuelle. Au catéchisme scolaire, la tradition biblique n’est pas transmise, elle est apprise, comme le sont les mathématiques. Or la Bible, avant de s’apprendre – ce qui est nécessaire – doit d’abord, quand c’est possible, se transmettre ».

A lire la suite de cet excellent article : http://www.pneumatis.net/2014/08/tu-diras-a-ton-fils/

 

 

 

Bonnes lectures !

« Partage des tâches »

Quel "partage des tâches" dans le couple Luther ? Par Andy Singer

Quel « partage des tâches » dans le couple Luther ?
Par Andy Singer

« La première se vêtit en prostituée pour s’offrir à l’homme

désiré.

La deuxième était prostituée de profession et trahit

son peuple.

La troisième se glissa la nuit sous les couvertures

d’un riche veuf et se fit épouser.

La quatrième fut adultère, elle trahit son mari qui

fit tuer son amant.

La dernière tomba enceinte avant ses noces et l’enfant

n’était pas de son époux.

C’est par ces cinq femmes que passe l’histoire la plus ambitieuse du monde, celle du monothéisme et du messie/mashiah, littéralement oint d’huile sainte ».
Telles sont « les saintes du scandale » : Tamàr la Cananéenne, Rahàv la prostituée étrangère, Ruth la Moabite, Bethsabée la femme adultère et Miriam(Marie), « la mère de Jésus ».

« Les saintes du scandale »*, c’est aussi le titre du dernier récit d’Erri de Luca, publié dans une belle édition enrichie d’une quinzaine de reproductions en noir et blanc (dont deux versions d’un tableau de commande du peintre Le Caravage) et lu cet été. Il s’agit d’une nouvelle et passionnante aventure exégétique, dans laquelle l’auteur napolitain parle de « transmission » et reprend « l’histoire la plus ambitieuse du monde, celle du monothéisme et du Messie », en bouleversant les idées reçues. Lesdites idées reçues bouleversées sont relatives aux places respectives de l’homme et de la femme, et, de façon particulière, de celle de la femme dans le plan du salut de Dieu, via la place inattendue de « certaines » femmes dans la généalogie(mâle) du Messie(cf Matthieu 1). Par-delà « le scandale », c’est toute la raison d’être de la venue de Christ dans le monde qui apparaît au travers de cette généalogie ainsi assumée**.

 

A découvrir dans les meilleures librairies !

En attendant, voici un extrait :

« Il existe un partage des tâches entre homme et femme, plus flou aujourd’hui, mais vigoureux alors. La femme est chargée de s’occuper de la reproduction de la vie et à l’homme revient la tâche seconde de transmettre la loi, l’histoire, l’alliance, à graver dans sa chair par l’entaille du prépuce.
Mâle se dit zakhar en hébreu, qui vient du verbe rappeler. C’est en cela que consiste le masculin, recevoir et transmettre à la génération suivante le bagage sacré.
Femelle se dit nekeva en hébreu, du verbe graver. Femelle est incision, fissure, d’où sort la vie. C’est à elle que revient la charge de la nativité. Le nom du premier fils de l’histoire sainte, Caïn, est donné par sa mère. Adam, qui a pourtant mis un nom sur toutes les créatures du jardin, ne peut en donner un à son fils. c’est une prérogative d’Eve/Havva.
Les lettres hébraïques sont du genre féminin. Le corps écrit de la Thora, confié à l’arbre de transmission masculin, est composé de cellules féminines, c’est pourquoi il est vivant et produit de nouvelles pousses à chaque lecture, dans chaque génération. Même l’Ecriture sainte, le domaine le plus strictement masculin, est constituée de vie féminine grâce aux lettres ».(op. cit., pp15-17)

 

Note :

* Erri de Luca. Les saintes du scandale. Mercure de France, avril 2013. Traduction de l’italien par Danièle Valin.

**Voir notre billet sur Matthieu 1 : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/06/18/qui-jesus-appelle-t-il/

Le 6e Salon de l’Education Chrétienne a eu lieu hier : et après ?

 

Grand-père et petit-fils par George Hodan Une ère où tout ce qui est vieux est dévalorisé

Grand-père et petit-fils par George Hodan
La transmission : cela concerne toutes les générations

Le 6e Salon de l’Éducation Chrétienne, événement éducatif interdénominationnel, a eu lieu hier, jeudi 29 mai.

Une excellente journée, sur le thème de « la transmission, d’une génération à l’autre », riche et dense en enseignements, en exposants et en relations, et où toutes les générations étaient présentes. Sans oublier l’inoubliable spectacle d’ouverture d’Alain Auderset-« Athée non pratiquant »-du mercredi soir, 28 mai. Pour rappel, les plénières, la table ronde, ainsi qu’un atelier, ont été enregistrés et sont disponibles sur CD. Un DVD est également en préparation.

Vous qui lisez ceci et qui y étiez, vous avez reçu ? Alors, transmettez !

Vous avez été personnellement touchés ? Levez-vous et, à votre tour, touchez personnellement tous ceux qui sont proches de vous, pour leur parler de ce que vous avez reçu, concernant la vision de l’éducation chrétienne-fondée sur Jésus-Christ et la Bible, y compris scolaire.

Vous souhaitez que « l’éducation bouge en France » ? Bougez(vous)pour l’éducation, et l’éducation bougera en France !

 

A ce sujet, la Bible, Parole de Dieu, nous parle des conditions pour une transmission réussie : « Et ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres. »(2 Tim.2v2).

Une transmission réussie(comme pour une communication réussie)va de pair avec l’établissement de relations véritables et durables, comme aime à le rappeler l’un des intervenants du Salon, Jacques Caruel, missionnaire à Juifs Pour Jésus, et consultant en « cométhique ». Des relations véritables et durables, entre les générations, bien entendu.

La transmission, un travail d'équipe !

La transmission, un travail d’équipe !

La transmission, c’est certes une action individuelle, mais surtout un travail d’équipe, où nous sommes tous solidaires et où personne n’est en concurrence : « souffre avec moi comme un bon soldat de Jésus-Christ », dit Paul à Timothée(2 Tim.2v3). Portons ensemble et mutualisons nos efforts, nos énergies, nos dons. Car, dans ce champ de mission de l’éducation chrétienne, et face à ce mandat de « transmettre, d’une génération à l’autre », la Famille, l’Ecole et l’Eglise ne sont ni en contradiction, ni en opposition ou en concurrence, mais constituent « la corde à trois brins, qui ne se rompt pas facilement. »(Eccl.4v12). Et cela concerne toutes les générations.

Alors…si vous avez reçu, transmettez !

 

Pour en savoir plus et suivre le Salon de l’éducation chrétienne, voir ici. Page Facebook .

 

 

Pep’s café ! reprend son rythme hebdomadaire habituel à partir de lundi prochain. Merci à tous ceux qui ont continué à nous lire pendant cette période de pause. Sur ce, un bon week-end  !

 

« D’une génération à l’autre : quelle transmission ? » On en parle au Salon de l’Education chrétienne(28-29 mai 2014)

6ème Salon de l'Education chrétienne(28-29 mai 2014) Recto

6ème Salon de l’Education chrétienne(28-29 mai 2014)
Recto

Chacun connaît peut-être ce proverbe, dont l’auteur est inconnu : « celui qui s’est fait tout seul est l’élève d’un imbécile ».

Une telle affirmation, à contre-courant de l’individualisme ambiant et du mythe du « self made man », nous invite, sans langue de bois, à (re)considérer la façon dont nous apprenons, ainsi que la pertinence de toute transmission.

Mais qu’est-ce que « transmettre » ? Qui transmet ? A qui ? Et, surtout, que transmettre ? Dans quel but ?

« La transmission manifeste la continuité tout autant que la finitude des individus destinés à disparaître et à laisser la place » à ceux qui arrivent, peut-on lire dans « Transmettre, apprendre », de Marcel Gauchet, Marie-Claude Blais et Dominique Ottavi (Ed.Stock, 2014, p 60).

Enfin, Selon le professeur de philosophie Angélique del Rey*, « la transmission »est « le point d’ancrage d’une résistance, au sens de pouvoir créer autre chose ». Or, la transmission « est de plus en plus compliquée. Beaucoup d’observateurs parlent de coupure de transmission. Transmettre, c’est permettre que des valeurs, des savoirs, des savoirs-faire soient intégrés par les nouvelles générations, qu’elles s’en imprègnent et les transforment à leur façon ».

 

« D’une génération à l’autre : quelle transmission ? »  est un sujet d’actualité. Il sera le thème d’un prochain événement éducatif, le Salon de l’Éducation chrétienne**, qui aura lieu le jeudi(férié)29 mai, à Saint-Denis, de 9h00 à 18h00.

Il sera ouvert par « Athée non pratiquant »,

"Athée non pratiquant" : un show d'Alain Auderset, qui ne vous laisser pas froid...

« Athée non pratiquant » : un show d’Alain Auderset, qui ne vous laissera pas froid…

 

 

le one man show décapant d’Alain Auderset, à destination des jeunes à partir de 12 ans et adultes, croyants et leurs amis non croyants, le mercredi 28 mai à 19h30 (arrivée conseillée à 19h00).

 

 

 

 

 

 

Toute la journée du jeudi,

6ème Salon de l'Education chrétienne(28-29 mai 2014) Programme détaillé

6ème Salon de l’Education chrétienne(28-29 mai 2014)
Programme détaillé

des plénières avec Dany Hameau et Daniel Neuhaus, une table ronde, des ateliers-avec notamment Jacques Caruel, pour formateur, de nombreux exposants( stands associatifs servant la jeunesse, la famille, l’Ecole et l’Eglise), des animations gratuites pour les enfants de 3 à 12 ans.

Informations, inscriptions et billetterie du spectacle sur le site :

http://www.salon-educationchretienne.fr

La vidéo, en résumé : http://youtu.be/DwAulemQL5I .

 

 

La cause de l’Éducation étant fédératrice(c’est l’affaire de tous), chacun, se sentant concerné ou interpellé, est le bienvenu : qu’il soit jeune, parent, grand-parent, professionnel de l’éducation et de l’enseignement, « leader de jeunes » ou engagé dans un ministère parmi la jeunesse et les enfants, pasteur, ancien, prêtre, diacre….

N’hésitez pas à venir réfléchir et discuter avec nous sur cette thématique de la transmission, et à découvrir quelques alternatives (chrétiennes) éducatives. N’hésitez pas non plus à relayer l’information autour de vous !

A bientôt !

 

 

Notes :

* auteur de « A l’école des compétences »(La Découverte, 2010) et de « La tyrannie de l’évaluation(La découverte, 2013). Propos recueillis dans le cadre d’un débat publié dans le numéro 100 de juin 2013 de « La Décroissance », pp 14-15 et dont nous avons déjà parlé dans ce billet du 27 juin 2013.

** Le Salon de l’Education chrétienne est un événement éducatif interdénominationnel, organisé depuis 2008 par l’association « Dessine-moi une école »(Je suis l’un des responsables), membre de la Fédération Protestante de France). Il est au service des intérêts éducatifs et spirituels de la jeunesse, de la famille et de l’Eglise. Plus d’infos ici : http://www.salon-educationchretienne.fr/

 

A noter que le blogue prendra une pause durant ce mois de mai, jusqu’à la fin de l’événement et reprendra début juin.

 

Transmission

Grand-père et petit-fils par George Hodan Une ère où tout ce qui est vieux est dévalorisé

Grand-père et petit-fils par George Hodan
La transmission, d’une génération à l’autre : un enjeu, à l’ère où tout ce qui est « vieux » est dévalorisé

« L’Homme de bien transmet son héritage aux enfants de ses enfants… »(Prov.13v22)

L' »homme de bien » est aussi un homme sage. A mille lieux d’une vision à court terme, il pense à l’avenir. Et même au-delà de ses propres intérêts, de ce qui peut « rapporter tout de suite », ou même de ses propres enfants. Il se soucie de ce qui sera laissé aux petits enfants.

« Ce qui sera laissé »(« l’héritage ») est révélateur de ce qui a (pré)occupé cet « homme de bien » durant sa vie : cet héritage sera-t-il matériel, moral, culturel, environnemental ou spirituel ? A moins qu’il ne soit…Dieu Lui-même ? (Deut.10v9) Sachant qu’en comparaison, Dieu s’est choisi des personnes pour héritage.(Deut.9v29)

A quoi rêvent les petits garçons ? Et les petites filles ?

Nos (petits)enfants nous accuseront-ils ? Et d’ailleurs, se préoccuperont-ils de ce qui leur sera laissé ?

Mais ce qui est aussi révélateur est la façon dont les bénéficiaires recevront l’héritage. Car la question qui suit-au delà du « comment transmettre »- reste d’actualité :

Qu’en feront-ils ?

« Plus rien ne semble évident ». Après le mariage : l’écriture, le savoir…

Antenne par Teodoro S Gruhl La transmission : une affaire de plus en plus compliquée à l'ère du numérique

Antenne par Teodoro S Gruhl
La transmission : une affaire de plus en plus compliquée à l’ère du numérique

« Le tout numérique » à l’école : ce que cela change pour la transmission

Rien n’est évident, dit-on.
Une telle « évidence » n’a jamais été aussi vraie aujourd’hui. Ainsi, par exemple, un mariage entre un homme et une femme (ou une famille composée d’un papa, d’une maman et d’au moins un enfant)sera-t-il encore une évidence demain ?
Ou bien, suite à une décision récente de 45 États d’Amérique de rendre optionnelle l’apprentissage de l’écriture manuelle, au nom de « la révolution informatique », sera-t-il encore évident de savoir écrire  ?*

La fumée de cigarette par Darren Lewis Multiplier les écrans dans les classes : un écran de fumée ?

La fumée de cigarette par Darren Lewis
Multiplier les écrans dans les classes : un écran de fumée ?

Cette « ‘Ère numérique », le ministre de l’éducation nationale Vincent Peillon veut la faire entrer dans l’école(ou plutôt « faire entrer l’école dans l’ère du numérique ») et multiplier les écrans dans les classes, présentant cette « révolution » comme « une évidence ». Au point de couper court à toute critique du bien fondé d’une telle volonté ?

Dans le dernier numéro de juin de « La Décroissance« **, on peut lire aux pages 14-15 un fort intéressant débat entre Bernard Legros, enseignant en Belgique, co-auteur de « L’Enseignement face à l’urgence écologique »(Aden, 2009) et de « L’Ecole et la peste publicitaire(Aden, 2007), Angélique del Rey, professeur de philosophie, auteur de « A l’école des compétences »(La Découverte, 2010) et de « La tyrannie de l’évaluation(La découverte, 2013), et « Petithendieck », professeur agrégé de mathématiques, qui participe à la revue « Sortir de l’économie ».
Autant de points de vue complémentaires, de par leur champ disciplinaire ou d’expertise, pour répondre à la question : « comment faire entrer la décroissance à l’école » ?
Néanmoins, au-delà d’une simple question de l’éveil à l’objection de croissance, on trouve une réflexion pertinente sur les enjeux que pose le « tout numérique à l’école » sur la transmission et les savoirs.

1)Bernard Legros relève les différentes réactions des professeurs belges-face aux technologies de l’information et de la communication(TIC) envahissant les établissements-et qui se divisent  entre « une minorité de fanaTIC(…)une grande majorité de pragmaTIC-progressistes technophiles mais prudents réclamant des balises-et enfin, une autre minorité, encore plus petite, d’héréTIC qui ose interroger le bien-fondé même des TICE(E pour Ecole) ». Certes, « après la décision, au pays de l’Oncle Sam, de rendre optionnel l’enseignement de l’écriture manuelle à l’école primaire au profit de l’écriture au clavier, le ministre de l’Éducation belge francophone promet de maintenir à égalité les deux types d’écriture…pour l’instant. Cet enfer cybernétique à venir est bien entendu pavé des meilleurs intentions » : lutter contre la menace de la ringardisation de l’école en la numérisant « au pas de charge », pour prendre de court les entreprises de soutien scolaire. Un choix qui révèle notamment que « la question de la technique n’a absolument rien de technique. Elle est philosophique et politique. »
Quelle peut-être alors la place de l’enseignement ? « Comment, enserré dans un tel système technique, l’enseignement pourra-t-il donner de l’importance(…) »à l’imagination, la poésie, le langage, la sensibilité esthétique, l’émotion, l’autonomie morale(…)?

Pour Bernard Legros, « l’école devrait devenir le lieu de l’émergence d’un nouveau sens commun conforme à la sauvegarde des communautés humaines et des écosystèmes, un sanctuaire contre l’oubli, un conservatoire d’idées philosophiques et de savoirs pratiques… »

2)Angélique del Rey s’interroge sur la notion de « compétences »[qui s’impose au détriment des « savoirs »]et la systématisation de l’évaluation à l’école. « Évaluer, c’est attendre un retour sur investissement. Les compétences attendues d’un élève sont calquées sur les compétences attendues plus tard sur le marché du travail(…)Dès la maternelle, l’enfant est évalué dans un livret de compétences qui le suit tout au long de sa scolarité.

Tricycle utilitaire par Scott Meltzer Les dérives de la pédagogie, à visée de plus en plus utilitaire

Tricycle utilitaire par Scott Meltzer
Les dérives de la pédagogie, à visée de plus en plus utilitaire

Toutes les réformes de l’évaluation et des programmes de plus en plus resserrés dans une perspective utilitariste, soumettent la pédagogie à la logique de l’économie. (…)il faut faire entrer l’école dans l’ère numérique, c’est forcément bien car cela va dans le sens du capital cognitif, de la croissance, de la compétitivité. Or les politiques abstraites qui imposent les outils numériques en norme sont dangereuses et cassent inventivité. Ce qui ne devrait être qu’un instrument à la disposition des enseignants pour éventuellement favoriser de nouvelles pratiques d’apprentissage devient une obligation à laquelle tout le monde doit se soumettre. Cela vient remplacer et même faire table rase de pratiques pédagogiques qui existaient depuis longtemps. Ces nouvelles technologies sont diffusées avant même de prendre conscience des conséquences sur l’apprentissage(…)

Le point d’ancrage d’une résistance, au sens de pouvoir créer autre chose, c’est la transmission. Et elle est de plus en plus compliquée. Beaucoup d’observateurs parlent de coupure de transmission. Transmettre, c’est permettre que des valeurs, des savoirs, des savoirs-faire soient intégrés par les nouvelles générations, qu’elles s’en imprègnent et les transforment à leur façon.

Grand-père et petit-fils par George Hodan Une ère où tout ce qui est vieux est dévalorisé

Grand-père et petit-fils par George Hodan
Une ère où tout ce qui est vieux est dévalorisé

Cette transmission est devenue délicate, car avec les nouvelles technologies tout ce qui est vieux est dévalorisé. On doit en permanence apprendre à apprendre, remettre en question les savoirs acquis. C’est une injonction qui va comme un gant à l’informatique, où tout tombe très vite en désuétude, mais qui ne peut pas s’appliquer à l’histoire, la philosophie ou les savoir-faire artisanaux.
Pour transmettre à nouveau, il faut s’appuyer sur les connaissances et le vêcu des jeunes afin de retrouver l’ancien dans le nouveau ». Selon Angélique del Rey « c’est un travail fondamental pour redonner du sens à l’école. »

3)Pour « Petithendieck », enfin, dans un contexte où « l’école n’est plus le lieu de transmission du savoir avec la généralisation de l’approche par compétences(…), le savoir(…)n’est plus aujourd’hui une fin en soi, mais un simple moyen, parmi d’autres, permettant d’acquérir les savoir-faire et des savoir-être utiles au bon fonctionnement du système technico-économique ». Au sein de ce nouveau système, il a été trouvé une nouvelle utilité aux mathématiques, devenues le moyen d’utiliser les TICE, autrement dit de développer l’usage de l’informatique… »

En ce qui concerne les mathématiques, la volonté de faire entrer l’école dans l’ère du numérique « s’était heurtée à une discipline consistante dont les principes qui la régissent portaient des valeurs, des modes de comportements et de pensées(concentration, calme, calcul réflexif, abstraction, symbolisation…)radicalement opposés à ceux du ludisme technicien(distraction permanente, réactions instantanées et impulsives, zapping…).
Car il faut bien se rendre à l’évidence : la technique n’est pas neutre ! Celle-ci, indépendamment de son usage, induit, façonne et produit des effets qui modifient la société, les rapports sociaux, les attitudes…dans un sens bien déterminé(…)
Aussi, pour que le système technicien pénètre au cœur de l’enseignement des mathématiques, une modification en profondeur du contenu des programmes était-elle devenue nécessaire. C’est chose faite ! »

Notes :

*Voir aussi : http://www.affutdesombres.fr/spip.php?article40

**La Décroissance, juin 2013, numéro 100. « Comment faire entrer la décroissance à l’école », pp 14-15.

« Si les fils sont des flèches, les parents sont des arcs(stables) »

L'équilibrage des roches par Petr Kratochvil Une génération solide, stable et libre ? Ou...

L’équilibrage des roches par Petr Kratochvil
Une génération solide, stable et libre ? Ou…

Le « mariage pour tous » et « la manif pour tous » feraient presque passer sous le radar une autre réforme sociétale(aux enjeux tout aussi essentiels)  :
la « refondation de l’école de la république » du ministre de l’éducation nationale Vincent Peillon (Voir aussi ici )

Après l’Assemblée nationale le 19 mars, le Sénat a adopté en première lecture dans la nuit de vendredi 24 à samedi 25/05 le projet de loi de refondation de l’Ecole. Il doit désormais retourner au Palais Bourbon, pour une seconde lecture.

De quoi s’agit-il exactement ?
Ce projet prévoit notamment d’introduire un enseignement obligatoire de la morale laïque. Morale laïque, dont le but est, pour le ministre qui s’est exprimé dans un entretien dans le JDD daté du 01/09/12, « de permettre à chaque élève de s’émanciper, car le point de départ de la laïcité c’est le respect absolu de la liberté de conscience. Pour donner la liberté du choix, il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix ».

Girouette par George Hodan ...Ou en perte de sens et de repères, « ballottée ça et là » ?

Girouette par George Hodan
…Ou en perte de sens et de repères, « ballottée ça et là » ?

Il s’agit aussi de lutter dès le plus jeune âge contre les stéréotypes de genre.

A ce sujet, comme le souligne un internaute sur le blog de Patrick de Plunkett, on se souviendra « de la polémique autour de la lettre que Vincent Peillon (avait écrite) aux recteurs, suite à celle d’Eric de Labarre aux enseignants des établissements catholiques. Au-delà du débat autour du projet de loi sur le « mariage pour tous », une question se pose: si aujourd’hui tant de couples hétérosexuels n’estiment plus nécessaire de se marier pour « protéger » leurs enfants (pacs, concubinage), pourquoi le mariage deviendrait-il si important pour protéger les enfants de couples homosexuels et leur « offrir un cadre juridique » ? N’y a t’il pas d’autres motifs derrière cette revendication?
Le mariage pour tous est la partie émergée d’un iceberg dont la lettre de M. Peillon permet d’entrevoir les contours :
au-delà de sa conception dangereuse de l’éducation (« Le gouvernement s’est engagé à s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités »), le ministre exprime avec force le positionnement inacceptable du gouvernement en matière d’éducation sexuelle dans les écoles. En particulier, il invite les recteurs « à relayer avec la plus grande énergie la campagne de communication relative à la « ligne azur» », dont voici une partie du contenu :
– théorie du genre:
http://www.ligneazur.org/sante-sexuelle/situations-individuelles-multiples;
– sensibilisation aux pratiques, par exemple :
http://www.ligneazur.org/Tomber-la-culotte, avec la brochure consultable sur le lien suivant (extraits en pj.): http://www.sida-info-service.org/sites/sida/IMG/tomber_la_culotte/.

« La ligne azur », un service soutenu par l’Education nationale depuis trois ans : l’actuel ministre de l’éducation nationale « déploie donc une campagne mise en place par le gouvernement précédent*.
Théorie du genre, normalisation de comportements sexuels, dogme du relativisme : tout cela fait partie d’un tout idéologique qui fait son chemin sans que les gens s’en aperçoivent vraiment, compte tenu de la banalisation médiatique et politique…. »

De fait, « les parents qui voudront transmettre leurs valeurs, leur religion ou leurs traditions à leurs enfants se heurteront donc à un projet qui vise à refonder la société via l’école, tout comme le projet Taubira qui refonde la filiation via le mariage… »**, comme le souligne « zardovoz », qui est aussi mère, dans un billet publié le 08/05/13 sur son blog, et intitulé  : « Ce que je veux pour mes enfants » .

Grand-père et petit-fils par George Hodan

Grand-père et petit-fils par George Hodan

Dénonçant le projet de refondation de l’école***, elle déclare surtout que ce qu’elle veut pour ses enfants « et le rôle de la cellule familiale est de leur transmettre à mon tour ce qui m’a été transmis : un ensemble de valeurs, une religion, une culture et tout ce que mes parents m’ont donné, tout ce qui fait aujourd’hui de moi ce que je suis, un individu fort, pensant, et conscient que ce sont mes racines et mon héritage qui me rendent libre.
Voilà ce que je veux pour mes enfants : au moins autant de chances que moi.
Non mes enfants n’appartiendront pas à l’Etat, pas plus qu’ils ne m’appartiendront à moi ; ils sont sujets et non objets. Ce qui m’appartient cependant, c’est le devoir de leur donner toutes les chances de se construire hors de tout endoctrinement, pour qu’ils puissent un jour offrir ces chances à leurs propres enfants.
Parce que notre héritage ne se limite pas à de l’actif imposable. »

« Voici, des fils sont un héritage de l’Éternel, Le fruit du sein maternel est une récompense.
Comme des flèches dans la main d’un homme fort, Tels sont les fils de la jeunesse ;
Heureux l’homme qui en a plein son carquois ! Ils ne seront pas confus, Quand ils parleront avec des ennemis à la porte », dit le psaume 127v3-5.

Jeune Hawks Ospreys par Christina Spiegeland

Jeune Hawks Ospreys par Christina Spiegeland

Mais si « les fils » sont « des flèches », les parents sont « des arcs » :

« Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable ».
(Khalil Gibran. Le Prophète)
Sur cette question « d’héritage », transmise par nos parents, grands-parents et les générations précédentes, un poème, jadis écrit en 1965 par un grand-oncle maternel(instituteur) me revient en mémoire :
« l’école ne sera sauvée que par ses anciens », nous a-t-on dit(…)
certes ! mais à une condition qui nous paraît vitale : elle sera sauvée par ceux(directeurs…..professeurs…)qui n’entretiendront pas dans l’esprit des jeunes dont ils ont la charge, la funeste illusion qu’ils peuvent se libérer seuls ;
par ceux qui ne craindront pas de leur dire :
défiez-vous de vos propres forces,
défiez-vous de vos richesses qui, déjà vous tiennent liées,
défiez-vous de vos préjugés de caste, de race, de religion,
défiez-vous de vos bonnes résolutions, fruits corrompus de la « vieille nature ».
Seule nous délivre,
seule nous sauve,
une rencontre personnelle avec le Christ Vivant !

L’Ecole sera sauvée par ceux qui, persuadés eux-mêmes de l’efficacité d’une telle rencontre, sauront le dire aux jeunes, dont ils ont la charge, en faisant suivre leurs paroles d’une fervente intercession.
Que les Anciens, aussi bien que les Actuels soient invités à cette croisade pacifique.
Ainsi pourrait se constituer un cercle de prières, un cercle invisible qui irait s’élargissant !
Et, en fin de compte, un tel cercle ne serait-il pas la véritable de l’Ecole ? »

(E.A., « Après avoir vu la première partie du film japonais « Rashomon » à l’Ecole des Roches ». 1965)

Notes :

*http://www.sos-homophobie.org/presidentielle/presidentielle-2012-reponses-de-nicolas-sarkozy-au-questionnaire-de-sos-homophobie  (voir notamment réponse 10)

**Un autre aspect de la « Refondation de l’école » pose également un problème pour la transmission : il s’agit de la volonté ministérielle du « tout numérique » à l’école. Nous y reviendrons dans un prochain billet.

***Voir aussi http://zardovoz.wordpress.com/2013/05/27/2013-annee-de-mobilisation-pour-la-doctrine-a-lecole/