Foireux liens de mai (33) : « fuir le monde » ou « s’engager dans le monde »

Les « Foireux liens » de mai : Européennes, réforme, feuilletons…

Bonjour ! Voici notre 33ème édition des « Foireux liens ». Au menu, Européennes 2019, projet de réforme « de la défiance », nouveaux épisodes de feuilletons politico-médiatico-judiciaires, Notre Dame de Paris, Vincent Lambert, GAFA, Transhumanisme, Fake news, travail dominical, Amazon….

Bonne lecture !

 

1) Européennes : « Tout ça pour ça » : Le score RN se ramène finalement à 23,3 %, soit 0,9 % d’avance sur la liste LREM (d’où même nombre de sièges à Strasbourg), et font moins bien qu’en 2014. Les macronistes se retrouvent un peu ballots après avoir clamé pendant des semaines qu’une vague brune déferlait et que seul M. Macron pouvait en préserver les peuples… Il n’y avait pas de vague brune : on le savait d’avance.

Voir aussi : Européennes 2019 : Les résultats des élections dans toute l’Union

Ce scrutin modifie les équilibres politiques dans l’hémicycle. « Contexte », média web français spécialisé sur les institutions, les politiques publiques et la fabrique de la loi, publie une série d’infographies sur les résultats, à comparer avec la composition du Parlement 2014-2019.

Et : découvrez les 74 députés français du Parlement européen

RN : 5 millions d’euros d’argent public détournés, une 20aine d’élus mis en examen, 40 collaborateurs soupçonnés dont la tête de liste aux Européennes 2019. Résultat : 1er parti français au Parlement européen durant les 5 prochaines années…

2) Ecole : Le projet de loi « de la défiance » amendé et adopté par le Sénat

Mardi 21 mai, le Sénat a approuvé le projet de loi « pour une école de la confiance » par 213 voix contre 95, après l’avoir largement amené (60 amendements adoptés, dont certains controversés, telle la possibilité d’une retenue sur les allocations familiales pour lutter contre l’absentéisme, ou cet autre amendement LR visant à interdire les signes religieux ostentatoires pour les parents accompagnateurs lors des sorties scolaires). Les sénateurs ont également supprimé l’amendement qui prévoyait la création des établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF), des structures qui regroupent un collège avec plusieurs écoles. Cette annonce avait suscité la colère grandissante des enseignants et des parents d’élèves. Députés et Sénateurs vont maintenant tenter de se mettre d’accord pour une adoption définitive rapide d’un texte inspirant, jusqu’à présent « la défiance » des enseignants et des parents.

Voir aussi le projet de loi « Pour une école de la confiance ».

3) Notre-Dame de Paris : une étrange manoeuvre financière risque de disperser les donateurs
Président de la Fondation du patrimoine depuis 2017, Guillaume Poitrinal décide unilatéralement de clore la souscription Notre-Dame et de diriger une partie de l’argent vers d’autres chantiers. Désarroi chez les donateurs. Désapprobation au ministère de la Culture, aux Monuments nationaux, à la Fondation Notre-Dame, à la Fondation de France. Et perplexité de l’opinion….

4) Affaire Vincent Lambert : le monde politique divisé après la reprise des traitements

La reprise des traitements étant acquise, les parents du patient réclament désormais son transfert, tandis que les responsables politiques opposent droit à la vie et droit à mourir dans la dignité.

Voir aussi : Vincent Lambert : quels enjeux juridiques et éthiques ?

5)  Pourquoi vous ne pouvez plus acheter chez Amazon

Lorsque vous achetez sur Amazon, tout est fluide, rapide. Tout est simple pour vous. Et c’est une réalité. Mais à quel prix ? Je ne parle pas du prix de ce que vous achetez. Mais le prix de votre petite conscience. Préférez-vous rester un citoyen qui a une conscience, une éthique ou oublier ce qui se cache ? Ainsi, voulez-vous vous offrir le beau produit pas cher, en écrasant les salariés ? Seriez vous d’accord d’être licencié par une machine ? Voulez-vous cautionner le désastre écologique et cynique d’Amazon ? Voulez-vous être surveillé dans votre chambre par Amazon ? Etc….

Voir aussi : Sept femmes enceintes licenciées par Amazon : 7 procès en 8 ans

Et Chez Amazon, un algorithme vire les employés « pas productifs »

6) Vous n’arrivez pas à vous déconnecter des GAFA ? Embrouillez-les !

Vous n’échapperez pas à la surveillance de masse, mais vous pouvez la gêner. Le livre « Obfuscation, vie privée, mode d’emploi » explique comment…

7) Quand Internet est devenu un objet mutant dysfonctionnel

Nous nous sommes trompés sur un point essentiel : Internet n’est pas une utopie mais un outil. Et pour comprendre cet outil nous devrions nous replonger dans les lectures d’Ivan Illich. Pour lui dès qu’un outil est institutionnalisé et s’impose comme ce qu’il qualifie de « monopole radical », un outil dont personne ne peut se passer et dont l’usage devient une injonction de consommation, il devient dysfonctionnel et détruit l’objectif qu’il est censé servir (…) En quelques années, Internet est devenu un objet mutant dysfonctionnel. Il était censé rapprocher les hommes, il les fracture. Au lieu de rendre la planète plus intelligente, il développe une sous-culture de la médiocrité.

8) Non, les « digital natives » ne sont pas tous des geeks, ils ne savent pas forcément utiliser les outils disponibles en ligne et ils ne font pas preuve d’un esprit critique à toute épreuve devant les flots d’information. Ne confondons pas la familiarité avec un médium et la connaissance approfondie de la manière de s’en servir. La ligne de partage ne passe pas par la date de naissance mais par la culture générale et l’éducation aux médias numériques.

9) Quand la paresse intellectuelle nous rend plus facilement manipulable

Aujourd’hui, l’information doit se faire la plus brève possible pour être susceptible d’attirer l’attention du chaland au risque de paraître “relou” et se faire zapper. Combien de fois ai-je entendu : “Mais tu es sûre que tu ne veux pas transmettre ton témoignage aussi en vidéo car tu attirerais plus de monde, tu sais les gens de nos jours n’aiment plus lire blablablablabla?” Sauf que l’information de qualité ne peut pas se résumer en quelques caractères….

10) «Attaque» de la Pitié-Salpêtrière. La fake news venait de l’Intérieur

Non, contrairement à ce qu’a affirmé Christophe Castaner, le ministre de l’intérieur, l’hôpital parisien n’a pas été pris d’assaut et dégradé par des manifestants mercredi 1er mai. Décryptage d’un emballement inquiétant.

11) Quand Marine Le Pen prônait l’interdiction des manifestations en période d’urgence

En mai 2016, en plein mouvement contre la loi travail, Marine Le Pen [qui se présente aujourd’hui comme la « grande défenseure des Gilets jaunes »] fustigeait les manifestations, appelant à leur interdiction, ainsi qu’au renforcement des forces de répression. A (re)découvrir, cet article publié sur Public Sénat et datant de 2016….

12) Le Conseil économique, social et environnemental : une institution méconnue, méprisée… et précieuse

La Ve République dispose avec lui d’une institution capable d’anticiper les grands mouvements sociaux, d’apprécier les évolutions de la société et de s’en faire le porte-voix. Plutôt que de créer de toutes pièces de nouvelles institutions, il serait sage d’utiliser celles qui existent déjà et dont c’est le rôle tel que prévu par la Constitution. Par exemple, le conseil économique, social et environnemental, de nature à être force de proposition sur tous les grands thèmes de société et anticiper d’éventuels difficultés ou blocages. C’est ainsi qu’il était en mesure d’anticiper le mouvement des « gilets jaunes », sans forcément avoir été écouté…..

13) Licenciements chez Cora : le «chaos législatif» du travail dominical

Le licenciement pour faute grave de deux salariés de la chaîne d’hypermarchés, opposés au travail le dimanche, pose à nouveau la question de son encadrement. Si les employés sont censés avoir le droit de refuser, ils n’en ont pas souvent la possibilité concrète.

14) Le succès du coaching à l’épreuve du professionnalisme

L’émoi suscité par l’émission de France Inter, diffusée en novembre 2018, sur « les dérives du coaching », met en exergue l’enjeu de la professionnalisation des coachs. Dans ce secteur en pleine expansion, la certification par les associations professionnelles (ICF, SF Coach…) ou écoles est un premier pas, mais elle n’est pas suffisante à la formation de professionnels compétents. Ceux-ci ont besoin de s’ouvrir à des approches leur permettant de mieux comprendre les contextes dans lesquels ils interviennent et d’instruire les dilemmes et tensions qui surgissent de leur pratique (…). Trois critiques alimentent de manière récurrente les analyses sociologiques du coaching.

15) Écriture inclusive et exclusion sociale

Les complexités de l’écriture inclusive ne sont pas seulement techniques si l’on considère les conséquences sociales éventuelles. Ne nuiraient-elles pas à l’égalité sociale ?

16) Des médias s’unissent pour documenter les effets du changement climatique en France

Fin 2018, Basta !MediapartPolitisReporterre et la Revue Projet se sont associés pour constituer un groupe de journalistes sur le climat. Jeudi dernier, 18 avril, ces médias ont poursuivi ce travail collectif en publiant sur leurs sites respectifs, une deuxième série d’articles concernant l’impact de la crise climatique en France chez les jeunes, les victimes de catastrophes naturelles, les agriculteurs, les personnes souffrant d’allergies… Un site baptisé « Jiec.fr » pour « Journalistes d’investigation sur l’écologie et le climat » est dédié à ces publications communes.

17) Bygmalion :Sarkozy sera bien jugé en correctionnelle

C’est un nouveau pas vers un procès en correctionnelle pour Nicolas Sarkozy. Le Conseil constitutionnel a estimé, vendredi 17 mai, que rien ne s’opposait à ce que l’ancien président soit jugé dans l’affaire Bygmalion pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012.

La justice reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir dépensé au moins 42,8 millions d’euros, soit plus de 20 millions d’euros au-dessus du plafond autorisé, grâce à un système de facturation frauduleux. L’ex-chef de l’Etat a été renvoyé en février 2017 devant le tribunal correctionnel pour répondre de ce délit, mais sa défense a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour contester cette décision. Franceinfo répond à cinq questions sur cette décision.

18) Mais que devient François Fillon ?

François Fillon sera bel et bien jugé pour détournement de fonds publics, recel de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et manquement aux obligations déclaratives de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Son épouse, Pénélope Fillon, est quant à elle renvoyée devant le tribunal pour complicité et recel de détournement de fonds publics et recel d’abus de biens sociaux. S’il va donc bien devoir répondre de ses actes passés devant la justice, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy coule, depuis sa retraite forcée de la vie politique, des jours plutôt heureux. Il ne lui a, en effet, pas fallu plus de trois mois après sa cuisante défaite lors du premier tour de l’élection présidentielle pour décrocher un job en or, en devenant associé du prestigieux fonds d’investissement Tikehau Capital.

19) Etats-Unis : Comment le parti républicain a abandonné la question du porno

Autrefois, la lutte contre la pornographie était au coeur du combat culturel américain. Aujourd’hui, la porno est une énorme industrie – nocive – sans réels adversaires. Qu’est-il arrivé ?

20) Nationalisme, populisme, politiques et identité des évangéliques

Contribution de l’alliance évangélique européenne (EEA), extrait du projet Issachar à une période où, en Europe, beaucoup s’engagent dans des politiques identitaires , il est très important que les chrétiens aient une juste compréhension de leur propre identité et sachent que penser et comment prier et s’engager dans les questions politiques. C’est notamment le cas devant la tentation de réagir en se conduisant comme un groupe identitaire en présence des défis du libéralisme et de l’islam….

21) L’État, la Société se porteraient-ils mieux ou moins bien si les chrétiens étaient mêlés au pouvoir ?

A la dernière présidentielle, suite aux résultats du premier tour (Macron-Le Pen), certains chrétiens voire pasteurs, sur les réseaux sociaux ou blogs avaient appellé à « investir la société, ne pas juste être spectateur mais acteur ». Investir, d’accord, mais de quelle manière ?

22) Comment faire Église aujourd’hui ? Le point de vue d’un Attestant

Pascal Geoffroy, pasteur, membre des Attestants, revient sur la création de ce mouvement, au regard de l’histoire.

23) Une communauté nourrie par la prière

Dans un précédent article, le pasteur Philippe Golaz expliquait que « la prière était ce qui permettait de rester spirituellement vivant, en étant relié au Père ». Plus récemment, lui-même a mis un frein à sa frénésie du faire et à la pile de projets en attentes pour prendre un temps d’écoute et de discernement. De là cette conviction que la première chose à faire, était de réinvestir le domaine de la prière. Que si la relation au Père n’était pas entretenue en amont, alors tout le reste serait vide de sens et ne porterai pas de fruit, ou alors beaucoup plus difficilement.

24) « The Bible Project » maintenant en français

Connaissez-vous le site “The Bible Project” ? Lancé en 2014, ce site qui contient de nombreuses vidéos est une véritable mine d’or pour tous ceux qui veulent creuser les Écritures. A l’occasion des fêtes de Pâques, une version du site et des vidéos est désormais accessible en français.

25) Quand je croyais que Dieu voulait que je sois avec un non croyant

Une note de blogue adressée aux “missionnaires de l’amour” autrement dit tous ceux et celles qui pensent que Dieu les appellent à être en couple avec des personnes ne partageant pas leur foi pour les convertir par la suite.

26) Quand Rien créa Tout

Toi, tu crois en rien », réplique Paul (joué par Edouard Baer), musicien tendance punk-anar à son fils, dans « la lutte des classes » de Michel Leclerc(2019). Olivier Keshavjee, le théologeek, nous partage sa traduction autorisée d’un article de Joe Carter, lequel propose une tentative de méta‐narratif athée‐matérialiste simple et compréhensible qui explicite la question de la compréhension de soi. Il s’agit donc du regard constructif d’un chrétien sur une vision du monde scientifique réductionniste ontologique…..

27) Le corps, humus sans espoir

Nous vivons, et nous mourons. C’est un fait indépassable de la vie humaine. Qui que nous soyons, dans ce monde dans lequel nous vivons maintenant, nous vivons et nous mourons. Pour ceux qui voient s’éteindre des proches, que cela signifie-t-il ? Douleur, perte, deuil. Séparation. Dans ce processus de deuil, ce qui arrive au corps de la personne décédée a de l’importance. L’humanité a d’ailleurs toujours eu conscience de cela, d’où l’importance des rites funéraires qui apparaissent très tôt dans l’histoire humaine. Les deux « rites » autorisés en France sont la crémation et l’inhumation. Mais une autre alternative a fait le titre d’un article du Monde : l’humusation, c’est à dire la transformation du corps en humus.

28)Aux origines du transhumanisme

Le récit transhumaniste commence dès le livre de la genèse, le premier livre du pentateuque avec cette promesse « vous ne mourrez pas », tous les mythes et légendes anciennes, celles des sumériens de la Mésopotamie, des fables de l’odyssée de Homère, l’élixir des alchimistes des chinois et leurs pilules d’immortalité, nous rapportent des rêves de dépassement de l’humanité et de conquêtes contre la mort.

L’histoire très ancienne de ces récits nous évoquent de fait la mémoire d’une humanité à la quête de son paradis perdu et sa volonté de conquérir le fruit interdit en gommant si possible le récit construit de la civilisation humaine fondée depuis la chute, sur l’idée de la mort. Décryptage sur le blog « La Déconstruction de l’homme » d’Eric Lemaître, partenaire de Pep’s café.

29)Sortir ! Recension du livre de Natalia Trouiller, un essai sur la stratégie que l’église devrait adopter pour traverser notre époque post-moderne.

Comment se fait-il que nous soyons plus prompt à considérer l’impureté du monde et vouloir le fuir, plutôt que de vouloir comme Christ nous incarner dedans et embrasser à pleine bouche son impureté et sa crasse pour la purifier par l’Esprit?

Réponse, selon l’auteur: Parce que nous avons développé une disposition collective de type gnostique. Nous séparons le corps de l’âme, nous rejetons la matière pour embrasser le pur spirituel, nous fuyons le monde pour embrasser la Connaissance Salvatrice. Nous nous satisfaisons de connaissance et de saine doctrine, en refusant de nous laisser transformer par elle pour agir ensuite. Nous avons développé un habitus de cathare. Et ce n’est pas un compliment. La suite sur Phileo-sophia, le blog d’Etienne Omnès.

Et le dernier pour la route :

30) « Les plantes sont extraordinaires : c’est un modèle décentralisé dont tous les membres participent à la décision »

Pour Stefano Mancuso, fondateur du laboratoire de neurobiologie végétale, tout ce que nous construisons au niveau de nos organisations sociales est bâti sur le modèle du corps animal. Or les animaux – humains compris – ne représentent que 0,3 % de la vie sur la terre, bien moins que les trois autres catégories que sont les végétaux, les champignons et les êtres monocellulaires. L’écrasante majorité des êtres vivants utilise des modèles différents du nôtre, qui est très fragile. Il suffit d’enlever la tête et toute l’organisation s’écroule. Il y a eu des empires, comme ceux des Aztèques et des Incas, des civilisations très avancées, dont l’organisation reposait exclusivement sur l’Empereur. Il a suffi aux Espagnols de s’attaquer à ce dernier pour que tout le système s’écroule instantanément. Par son organisation horizontale, une plante survit même si, par exemple, un animal mange ou détruit une partie de son corps, quand un animal meurt dès qu’un de ses organes vitaux ou son cerveau sont ôtés ou détruits. Comment ce modèle peut nous inspirer dans l’organisation des sociétés humaines ?

 

Ces « Foireux liens » sont terminés : merci d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en juillet.

 

 

La Déconstruction de l’homme : un ouvrage collectif sur les enjeux du transhumanisme

« La Déconstruction de l’homme » : un livre écrit par des chrétiens, qui n’est pas destiné aux seuls chrétiens, mais « aux hommes et femmes de bonne volonté »…

Alors que nous venons de fêter l’incarnation de Dieu, lequel s’est exposé et abaissé en se faisant homme et en demeurant parmi nous, à l’occasion de Noël, « La Déconstruction de l’homme » est un livre événement réjouissant.

Il s’agit d’un ouvrage collectif sur les enjeux du transhumanisme (l’homme voulant « s’augmenter » par la technologie et « se faire Dieu », avec une seule loi : « No limit » ), réalisé – c’est une première – à l’initiative et sous la direction d’un évangélique, Eric Lemaître(1), socio-économiste et auteur principal associé à d’autres contributeurs. Commencé en 2016 et achevé en 2017, il est paru aux Editions La Lumière le 12 octobre 2018. 

Eric, avec lequel je suis entré en contact l’an dernier, grâce à Alain Ledain, un ami commun, me l’a gracieusement offert : qu’il en soit remercié !

Ce livre, écrit par des chrétiens, n’est pas destiné aux seuls chrétiens, notamment ceux fascinés par la technologie, mais « aux hommes et femmes de bonne volonté », interpellés par des enjeux contemporains non pas « moraux » mais d’une question de vie ou de mort : la nature et l’avenir de l’homme, créé à l’image de Dieu !

L’ouvrage traite premièrement des « fondements philosophiques de la Déconstruction », avant d’aborder « les révolutions de la Déconstruction » (révolutions anthropologique, sociétale, économique, technologique, écologique), pour terminer par des « conclusions et perspectives »(2).

Le livre « La Déconstruction de l’homme », stimulant par la réflexion qu’il suscite, « n’est pas original en soi » (de l’aveu d’Eric Lemaître) quant à la thématique traitée, puisque des dizaines d’ouvrages ont déjà été publiés sur le sujet. La dimension inédite du livre tient à cette lecture collective et plurielle (pluridisciplinaire) du phénomène, impliquant plusieurs auteurs chrétiens issus des mathématiques, de la physique, de la génétique, de la socio-économie et de la philosophie. Il apporte aussi une réflexion théologique particulièrement poussée, soulignant à quel point les Écritures bibliques nous éclairent sur la condition de l’homme (post)moderne. 

« La Déconstruction de l’homme » nous donne une vision globale d’un phénomène totalisant (puisque « colonisant » l’être humain et son quotidien), montrant en quoi « tout est lié », et pourquoi il n’est pas pertinent de séparer/cloisonner certaines thématiques faisant habituellement l’objet de luttes isolées, qu’il s’agisse de la bioéthique, de la famille et du mariage, du numérique, de l’économie, de la consommation et de l’écologie. 

Ce livre bienvenu, d’un auteur « éveilleur des consciences », nous invite également à questionner la notion même de « progrès » et de ce qui est souhaitable et juste, à l’heure où il semble possible à l’homme « de tout faire » pour dépasser sa finitude. En cela, il dénonce fort à propos toute tentative et illusion de manipuler et de fuir le réel. A ce sujet, ne manquez surtout pas le magnifique texte d’Alain Ledain contenu dans l’ouvrage et intitulé « Renoncer à la toute-puissance et plaider pour la fragilité ». 

Toutes ces « révolutions de la Déconstruction » de l’homme sont bien inquiétantes, vu qu’il s’agit là, non d’une perspective pour demain, mais bien la réalité d’aujourd’hui. Mais comme l’explique Eric Lemaître, lors d’un entretien exclusif paru sur ce blogue, il nous est encore permis d’espérer. Son « livre n’est pas pessimiste », puisqu’« il offre au contraire une feuille de route pour ne pas subir le diktat imposé par la domestication engagée par les idéologies et les objets numériques, qui redéfinissent et remodèlent l’homme, conditionnent aujourd’hui notre existence ».

A noter ce curieux procédé, à savoir les interventions de l’éditeur sous forme de « Notes de l’éditeur » en bas de pages, exprimant « des nuances » et « (modulant) les convictions de l’auteur ». Certes, lesdites « nuances » ont été prises en compte par Eric, lequel tient à favoriser un débat constructif. Néanmoins, ces commentaires critiques – certains utiles, pertinents et éclairants – nous ont paru être de nature à rationaliser et à relativiser les propos d’Eric Lemaître, principalement sur les questions du réchauffement climatique. Une situation paradoxale, vu que « l’éditant » (ou l’éditeur) devrait normalement s’effacer derrière l’(auteur) édité !

Ceci dit, ce constat n’enlève en rien à la qualité de l’ouvrage, particulièrement recommandable. L’important étant avant tout le texte, sans la glose de l’éditeur, il appartient au lecteur de se laisser interpeller et de se forger sa propre opinion. L’important aussi, de l’aveu d’Eric, est de faire vivre un livre sans cesse « en mouvement »(3), en nourrissant des rencontres – du lecteur à l’auteur et inversement – « pour témoigner, interagir et incarner une véritable relation de face à face ».

Bref, prenez le temps de lire ce livre, qu’il est possible de se procurer à cette adresseSans oublier l’essentiel : prendre le temps de discuter ensemble des enjeux soulevés et d’agir de manière concrète et cohérente, selon de ce que nous aurons compris.

 

 

Notes :

(1) Eric est auteur de plusieurs autres ouvrages co-écrits avec Alain Ledain et d’autres auteurs : « Masculin et/ou Féminin : Peut-on choisir » publié en 2014 par la maison d’Editions FAREL et « Vers une société d’Uniformisation » publié par Ethique Chrétienne en 2015 qui préfigurait la sortie de l’essai « La Déconstruction de l’homme ». Il a contribué à plusieurs blogues (« Ethique sociale chrétienne », « Phileo-sophia »…) et anime actuellement son propre blogue « la déconstruction de l’homme » (partenaire avec Pep’s café) depuis juin 2018

(2) Plan du livre :

Première partie :

Les fondements philosophiques de la déconstruction 

1 – Un monde en mutation
2 – Critique du progressisme
3 – L’apparition du transhumanisme !
4 – Racines philosophiques et théologiques du transhumanisme
5 – Les humus du transhumanisme
6 – Les enjeux de la civilisation transhumaniste
7 – Le transhumanisme, une entreprise de déconstruction spirituelle
8 – Le transhumanisme, une vision et un système totalisants
9 – Le transhumanisme et la doctrine de la création
10 – Le transhumanisme, l’inversion théologique de l’anthropologie chrétienne

Deuxième partie :

Les révolutions de la déconstruction 

La révolution anthropologique 

11 – La révolution anthropologique : le concept de genre et ses conséquences bioéthiques
12 – La France in Vitro ou les États généraux de la bioéthique
13 – La révolution génétique, le nouvel eugénisme
14 – L’Europe a-t-elle enterré ses démons ?
15 – Le transhumanisme ou la fin de la femme ?
16 – La famille, le changement de paradigme

La révolution sociétale 

17 – Transhumanisme et révolution sociale
18 – Vers une nouvelle organisation sociale
19 – Transhumanisme et vision politique, la fin du modèle institutionnel
20 – La société iconoclaste, la nouvelle culture numérique
21 – Les mondes numériques et virtuels deviendront-ils demain des univers occultes ?

La révolution économique 

22 – La nouvelle vision économique du monde numérisé
23 – La dématérialisation de la monnaie, une quadruple menace géopolitique, économique, écologique et sociale
24 – Le culte de la consommation
25 – Babylone, la civilisation du nombre
26 – Serons-nous demain «biopucés» ?

La révolution technologique 

27 – L’avènement de la « singularité » technologique
28 – L’intelligence artificielle et le transhumanisme
29 – L’intelligence artificielle, fascination et déshumanisation
30 – Le fantasme de l’intelligence artificielle consciente
31 – Le « despotisme éclairé » de la technique

La révolution écologique 

32 – Ecologie et transhumanisme

33 – Renoncer à la toute-puissance et plaider pour la fragilité

34 – Vision sociale et économique dans une perspective biblique

 Conclusion et perspectives 

 

(3) A noter qu’une deuxième édition est en cours incluant de nouveaux chapitres, notamment une troisième partie qui s’intitulera « Alternatives » avec toute une réflexion sur l’économie de proximité et l’écologie repensée. La deuxième édition intégrera également une note de lecture pour présenter la nouvelle édition et permettre la digestion de l’essai, la bonne compréhension touchant à l’articulation de l’ouvrage en trois parties (Les fondements philosophiques du transhumanisme, les quatre révolutions transhumanistes et enfin une dernière partie consacrée aux solutions et à la nécessité de faire résilience face au monde des objets numériques). Le livre sera à nouveau préfacé par le philosophe Bertrand Vergely, lui même spécialiste du transhumanisme… Plus d’informations ici.

Interview d’Éric Lemaître, auteur de « La Déconstruction de l’homme » : « ce livre exprime une urgence »

« Vous serez comme des dieux… »
Un slogan transhumaniste « vieux comme le monde », dénoncé dans « La Déconstruction de l’homme » d’Eric Lemaître

Eric Lemaître est un passionné que j’apprends à connaître et avec qui j’ai eu l’honneur d’échanger à de nombreuses reprises, sachant que nous avons une connaissance en commun.  Il est aussi l’animateur de « La Déconstruction de l’homme », un blogue partenaire avec « Pep’s café! » et auteur d’un livre, dont il m’a récemment annoncé la publication. Il s’agit d’un essai interpellant, qui, de son aveu, « est aussi un hommage à  des figures familiales témoins déjà à leur époque de bouleversements techniques et dont il pressentait la nécessité de filmer les scènes de village (Réunions familiales….) afin que la mémoire de ces événements se perpétue et que l’on se souvienne que la dimension relationnelle et incarnée devrait prévaloir afin que l’homme ne se laisse jamais écraser par la technique ».

Rencontre avec cet « éveilleur » (des consciences) de Reims, lequel a bien voulu jouer le jeu des questions-réponses pour Pep’s café, afin de nous parler de lui et de son livre.

Bonjour Éric, peux-tu te présenter ?

Oui Volontiers. Je suis marié à Sabine depuis 27 ans ; nous avons deux enfants. Professionnellement, j’exerce une activité de consultant socio-économiste depuis bientôt 30 ans. Je suis, avec mon épouse, très engagé dans notre vie d’église où nous considérons que la relation incarnée à notre prochain constitue l’essentiel de notre vie.

Quels sont tes engagements actuels ? Depuis quand et pourquoi ?

Comme socio-économiste, j’ai travaillé pour le compte de l’Etat sur des évaluations de politiques publiques pour comprendre les mutations industrielles et les enjeux pour l’entreprise. Ce travail d’analyse de l’environnement industriel m’a également conduit à œuvrer pour d’autres clients sur des champs qui concernent la vie sociale dans les quartiers dits sensibles. Mon activité m’a fait réaliser à quel point le monde qui nous environne se transforme radicalement. Cette transformation de la vie sociale est selon moi frappante, en raison d’un monde qui se désincarne sous nos yeux, où la relation à l’autre se délite. Nous sommes confrontés de plus en plus à la technique. Je te donne un seul exemple vécu récemment et symptomatique d’un monde en mutation. Je veux suivre l’expédition d’un colis qui a connu un incident d’acheminement. M’en inquiétant, j’ai souhaité avoir un interlocuteur. Au lieu de cela, mon opérateur fut une machine numérique qui m’a fourni des renseignements mais non satisfaisants. Désespéré et perdant beaucoup de temps, je suis finalement tombé sur un être humain qui a fini par me donner la procédure à suivre. Mais cet être humain ne va-t-il pas finir par disparaitre, remplacé demain par un robot ?

Quels sont tes fondements ? Tes sources d’inspiration ?  Comment te positionnes-tu, idéologiquement, théologiquement, doctrinalement …. ?

Je suis un chrétien évangélique, bien que je n’aime pas être enfermé par une étiquette. Cependant, ta question nécessiterait un long développement mais pour faire court, ma vie a changé le jour où l’évangile eût une résonnance déterminante sur mon parcours et ma trajectoire de vie. Au-delà de ce changement apporté par cette dimension de la foi, ma pensée chrétienne a été largement influencée par un auteur chrétien, Ivan Illich [1926-2002], qui fut avec Jacques Ellul [1912-1994]- mais plus tardivement – mon autre mentor. Ivan Illich m’a fait réaliser que la vie chrétienne peut se traduire en actes, non seulement en actes qui touchent à ta propre personne et à l’attitude que tu manifestes envers les autres, mais également à l’engagement social que nous pouvons avoir au sein même de notre environnement pour nous emmener à une société plus conviviale. Ce cheminement-là me conduit par exemple à m’engager, à accompagner un projet de quartier, « L’ilot Saint Gilles » à Reims, un jardin partagé avec des habitants. Mais mes engagements au sein de mon assemblée aujourd’hui m’ont conduit à secourir ceux qui sont dans le besoin, des familles pauvres à des amis migrants. Je reste cependant un membre de l’association qui s’est construite autour de la vie sociale de cet Ilot.

Avec quels autres auteurs/blogueurs te sens-tu particulièrement proche et pourquoi ?

Un blogueur m’a lancé dans l’écriture : il s’agit d’Alain Ledain(1). Le premier article que je lui ai produit concernait l’approche économique dans une conception Biblique. La lecture de ce premier article avait été très apprécié par Alain, qui m’a encouragé à produire d’autres articles pour le blog Ethique Chrétienne(1). Par la suite, j’ai publié de nombreux articles pour Info Chrétienne. Mais je ne recherchais pas nécessairement l’audience, je souhaitais donner cours à la nécessité de penser sa foi et d’offrir à mes lecteurs une méditation réfléchie. Etienne Omnès(2) autre blogueur, m’a invité à écrire puis me fit l’honneur d’être publié sur son excellent blog Philéo Sophia(2). Mais un autre blog attira mon attention. J’avais maintes fois et à plusieurs reprises entendu parler de ce blog : Pep’s café. J’ai découvert des articles réfléchis, attachés à défendre une dimension d’éthique chrétienne sans légèreté. Alain m’avait indiqué tes coordonnées, et nous avons échangé pour mutualiser nos regards, nos lectures et offrir de nouveaux relais à nos articles.

Tu nous annonces la sortie de ton livre « La Déconstruction de l’homme » : en quoi cet ouvrage est-il un événement ?

« La déconstruction de l’homme » est un livre qui aborde la question du transhumanisme. Aujourd’hui, ce sont des dizaines d’ouvrages qui ont été publiés sur le sujet. Mon livre de fait n’est pas original quant à la thématique qui est traitée, mais son contenu en revanche est différent de tous les livres qui ont abordé le monde numérique et celui de la technique. La dimension inédite du livre tient à cette lecture que nous avons croisée avec d’autres auteurs chrétiens issus des sciences dures, des sciences sociales et de la philosophie, avec notamment une préface du Philosophe Charles-Éric de Saint Germain(3).

En réalité la Bible a beaucoup à nous apprendre sur ce monde, qualifié par de nombreux penseurs comme « post humain ». Il est extrêmement intéressant de découvrir que les Ecritures nous parlent de l’image, de la relation désincarnée et de la technique, aussi incroyable que cela puisse être ! La Bible aborde, certes de façon plus indirecte, toutes les idéologiques qui culturellement redéfinissent et façonnent l’homme, le détournent de toute transcendance.  Le livre est de fait un événement car il nous fait découvrir que la Parole divine est éclairante sur la condition de l’homme moderne. Mon livre n’est pas pessimiste, il offre au contraire une feuille de route pour ne pas subir le diktat imposé par la domestication engagée par les idéologies et les objets numériques, qui redéfinissent et remodèlent l’homme, conditionnent aujourd’hui notre existence.

Est-ce là ton premier livre ? Sinon, qu’as-tu publié d’autre ?

Ce n’est pas mon premier livre. Deux autres ont été co-écrits avec Alain Ledain et d’autres auteurs. Je recommande d’ailleurs la lecture de « Masculin et/ou Féminin : Peut-on choisir »(4) publié [en 2014] par la maison d’Editions FAREL. Mais également l’excellent ouvrage « Vers une société d’Uniformisation »(4) publié par Ethique Chrétienne [en 2015] qui préfigurait la sortie de l’essai « La Déconstruction de l’homme ».

Depuis quand est-il sorti et comment se le procurer ?

La Livre a été officiellement publié le 12 octobre [2018]. Les lecteurs de Pep’s café peuvent se le procurer à cette adresse http://www.lulu.com/shop/http://www.lulu.com/shop/eric-lema%C3%AEtre/la-d%C3%A9construction-de-lhomme/paperback/product-23845055.html

Quand le trouvera-t-on bientôt dans les librairies ?

Une librairie de notre région a souhaité référencer le livre à la demande express d’un ami Philosophe, mais il n’est hélas pas actuellement enregistré dans les réseaux de libraires. Selon les conditions offertes, une demande de référencement sera probablement faite par mes soins auprès du réseau Electre, réseau qui indexe tous les auteurs retenus et les fait connaître auprès de tous les libraires.

Tu nous annonces une sortie du livre sur « Amazon » : n’est-ce pas contradictoire, vu ce que tu dénonces dans « La Déconstruction de l’Homme » ? 😉

Oui, la question n’est pas sans pertinence. Je dénonce la numérisation du monde, l’espionnage, le traçage de nos données personnelles. D’une certaine manière je conduis une forme de réquisitoire contre les GAFA et de fait Amazon qui référencera mon livre. Je prends de fait conscience d’une incohérence en tant qu’auteur du livre « La Déconstruction de l’homme », mais une incohérence assumée, une incohérence que j’assume volontiers ! Je m’explique : de nombreuses librairies ont hélas disparu, sauf celles hyper spécialisées. Ce livre « La Déconstruction de l’homme » exprime une urgence, et en tant qu’auteur, je ne vise cependant ni à faire le buzz ni même à faire du business avec la vente de ce livre. Je ressens cependant l’urgence de diffuser la pensée chrétienne concernant cette thématique du « transhumanisme ». Or, j’ai lu de nombreux livres sur le sujet, aucuns d’entre eux, n’abordent la dimension spirituelle, les Ecritures, la Bible… Ce sera le premier ouvrage écrit par un auteur évangélique associé à d’autres contributeurs qui en fera référence et c’est de fait la dimension inédite que j’entends ici souligner. Pourtant, ce livre n’est pas destiné à être lu par des chrétiens seulement mais il se propose à tous les types de publics. C’est également cette raison qui me conduit aujourd’hui de choisir un canal de diffusion numérique qui nous et t’interroge légitimement mais je l’assume, je souhaite ainsi atteindre toutes les catégories de lecteurs.

Quel rapport ton livre entretient-il avec ton blogue du même nom [créé en juin 2018] ? Pourquoi un livre et un blogue de ce (même) nom ?

Le blog est le moyen aujourd’hui d’accompagner la promotion du livre… Lancer un livre nécessite une certaine légitimité, bloguer c’est également apprendre à écrire afin de rencontrer ses lecteurs et de les sensibiliser. Ceux qui me suivent auront envie de me lire au-delà d’un écran plat et se saisir du papier imprimé. Le papier au fond nous amène à un autre contact, plus charnel si j’osais l’expression. Ressentir l’écriture en ouvrant les pages d’un livre imprime sans doute beaucoup mieux l’esprit. Le but est également de faire vivre le livre, d’aller à la rencontre de ses lecteurs pour témoigner, pour se laisser interpeller, pour interagir et pour incarner une véritable relation de face à face.

D’où viennent l’idée et le projet de ton livre ?

Le projet est né de mes veilles successives sur la place royale de Reims, de lire puis de méditer des auteurs afin d’enraciner sa conscience dans le réel de la vie. Les auteurs lus, semaine après semaine au cours de ces veilles, m’ont ouvert une fenêtre de conscience, m’ont de fait interpellé sur l’urgence d’une résilience nécessaire concernant l’être humain, d’une résistance à cet environnement qui aurait tendance à lobotomiser les consciences et la sienne en premier lieu… Penser c’est être conscient pour soi et pour les autres, pour interagir avec la réalité de mon semblable.

Quel est son message fondamental en une phrase ?

Ne devenons pas les sujets des objets numériques, aussi retrouvons le sens du prochain et de l’écoute afin d’interagir avec lui et de l’aimer. La vie ne s’apprécie que parce que nous savons que nous sommes éphémères et qu’il nous appartient d’aller dans ces sentiers pour rencontrer l’autre. Alors fuyons ces autoroutes du WEB qui fatiguent l’âme.  Désolé je ne pourrais pas faire plus court !

Comment s’est construit ce livre ? Qui a participé avec toi à l’aventure ?

Le livre a été nourri par mon expérience d’un monde numérique qui est venu considérablement modifier mon propre métier. Ce qui m’a troublé, c’est lorsqu’un de mes fournisseurs de logiciels m’avait proposé un logiciel d’analyse de données, capable de produire des commentaires. L’idée que la machine remplace l’intelligence humaine m’avait alors profondément choqué et ce choc remonte précisément dans les débuts des années 2000. On ne parlait pas encore d’intelligence artificielle(5). Puis plus tard avec les progrès fulgurants du monde technique, c’est bien l’idéologie progressiste qui commença à m’interpeller. Je me suis de fait intéressé à la philosophie des lumières. Dans ma jeunesse j’appréciais les écrits des « lumières », mais j’ai pris conscience avec davantage de recul que ces philosophes préfiguraient le nouveau monde qui se dessine, d’un nouveau monde aspirant à se débarrasser puis d’achever l’idée même qu’un Dieu créateur puisse même exister !  C’est pourquoi ce monde rentre dans une dimension d’immanence spirituelle, d’horizontalité en quelque sorte d’une pensée plus liquide que jamais et non d’une pensée qui s’appuie sur un rapport à la transcendance et sur la création, résultat d’un dessein intelligent. C’est d’ailleurs étrange que notre monde dénie l’existence d’un Dieu créateur alors que l’homme est sur le point d’enfanter sa propre création faite à son image.

A qui ce livre est-il destiné ?

Ce livre est destiné à tous, en tout cas à tous ceux qui aiment lire autre chose que des textos, des assertions publiées sur les réseaux sociaux, des commentaires à l’emporte-pièce, non nourris par la volonté de penser.  Ce livre vise la volonté de fournir des clés de lectures pour comprendre où va aujourd’hui notre monde, ce que sont les ressorts de la pensée moderne rejetant tout ce qui touche à la pensée judéo-chrétienne.

Quels sont les sujets traités et leurs enjeux ? Qu’apportes-tu de nouveau (et sous quel angle/perspective) sur ces sujets ?

La dimension de l’anthropologie est une question importante du livre. Je te renvoie au texte du Psalmiste, qui déclara « qu’est-ce que l’homme pour que tu souviennes de lui, …que tu prennes gardes à lui … ? » [Ps.8v5] Cette question du Psalmiste est d’une très grande profondeur. Nous nous sommes attachés à l’explorer et à dévoiler les réponses qu’apporte la Bible à cette question « qu’est-ce que l’homme ?! »

J’invite ici tous les lecteurs à découvrir la profondeur de cette thématique où nous n’avons pas fait l’impasse des questions qui tracassent nos concitoyens et qui touchent notamment à celle de la mort, de notre finitude, de notre fragilité !

Les sujets que tu abordes dans ce livre sont-ils des sujets habituellement prisés par les chrétiens, notamment Evangéliques ? Quel écho rencontres-tu habituellement, sur la toile mais aussi « IRL » ?

Non, je ne crois pas que le monde évangélique et le monde chrétien d’une manière générale soient sensibilisés à ces questions autour du post humanisme, du transhumanisme. Pourtant les objets du monde numérique les familiarisent, peu à peu et subrepticement les domestiquent, docilement les conditionnent à l’avènement d’une vaste emprise d’une communauté numérique qui les enfermera peu à peu, un peu finalement comme la grenouille qui s’est habituée à son environnement, une eau douce. Ainsi à notre insu, une société des individus connectés au monde et non reliés à leur prochain se forme et nous pourrions ainsi enjamber avec notre smart phone le sans domicile, le migrant, sans comprendre que nous franchissons un pas qui nous conduit vers Auschwitz comme le proclamait Alexandre Jardin, fondateur du mouvement « Les zèbres », « un pas vers Auschwitz » du fait même d’une barbarie de l’indifférence. En ce sens le monde numérique concerne bien les Chrétiens qui pourraient être attachés à ce qui constitue en réalité une forme de laisse.

Comment espères-tu toucher des lecteurs potentiels ?

Mes futurs lecteurs, je vais les rencontrer à commencer par mon quartier, ma rue, les cafés philo. Je vais participer à des rencontres auxquelles j’ai déjà été invité, notamment dans les milieux de l’écologie intégrale et humaine. Tu vois, je ne crois pas qu’Amazon ait finalement un grand impact.   Et bien entendu je pense aux librairies qui accepteront de référencer le livre pour échanger et aborder le contenu de ce livre. Ton blog, j’en suis sûr, donnera l’envie de lire ce livre.

Pourquoi et comment te lire pour en tirer profit ? Qu’attends-tu de tes lecteurs ?

Je crois qu’il sera nécessaire d’inter échanger avec ces lecteurs, de les écouter. Le livre est une voix mais celle de mes lecteurs comptera autant, pour nourrir ensemble notre pensée et étayer la feuille de route proposée dans ce livre, pour ne pas nous laisser consommer par le monde virtuel, nous laissant ainsi absorber par la technique vorace, ce monstre technologique à l’apparence douce et qui dévore en réalité la vie humaine.

Comment contribuer au succès durable de ton livre ?

Le bouche à oreille sera beaucoup plus efficace que le réseau social ou n’importe quel support, mais il ne faut pas négliger le blog, les médias, ce sont des caisses de résonnance et je ne peux pas faire l’impasse de ces moyens ; mais leur usage n’a aucune efficacité, si le lecteur n’est pas rencontré dans la dimension du relationnel !

Qu’espères-tu (Comment vois-tu tes engagements) d’ici 5 ans ?

Il faut être sage et comme chrétien, il me faut réellement dépendre de celui qui est la lampe à mes pieds et dirige mes pas… Ma vie sera belle dans cette dimension de l’éphémère, que si je considère l’importance des petits sentiers qui me conduiront vers l’autre dans le monde réel où s’exprime le geste d’une main déconnectée de tout lien avec ce qui est virtuel. Mon programme pour ces cinq années sera donc d’être en cohérence avec ma volonté de privilégier par-dessus tout le relationnel, d’éviter l’étouffement d’un monde rationnel sans réel intelligence qui prendrait le pas sur ma vie. Je préfère donc la navigation avec Dieu plutôt que d’être conduit par les objets tel le GPS…

Le mot de la fin est pour toi !

Pour revenir au livre « la Déconstruction de l’homme », le livre écrit et pensé avec Gérald Pech notamment, ne s’enferme pas dans un tableau noir. Le livre offre une feuille de route préconisant un autre chemin à emprunter et les moyens d’une résilience face aux mutations promises par le nouveau monde. Le livre nous propose ainsi de revenir aux sources bibliques, de découvrir avec étonnement des préconisations parfaitement applicables au sein même de notre modernité…

Merci de nous avoir lus et surtout de lire ce livre « La Déconstruction de l’homme » ! N’hésitez pas à en parler autour de vous et à inviter vos amis à se le procurer….

Merci à toi Eric, pour ta disponibilité et la profondeur de tes réponses à mes questions ! Je souhaite un bel avenir pour ton livre, ainsi que des échanges profonds et fructueux avec tes lecteurs.

 

En bref :

Découvrir et explorer le blogue d’Eric Lemaître : https://deconstructionhomme.com

Se procurer le livre « La Déconstruction de l’homme » d’Eric Lemaître. Editions La Lumière, 2018 : http://www.lulu.com/shop/http://www.lulu.com/shop/eric-lemaître/la-déconstruction-de-lhomme/paperback/product-23845055.html

 

 

Notes : 

(1) Un ami enseignant, blogueur, auteur et président d’ACTES 6, au service des associations : voir son site web « Construire une éthique sociale chrétienne ».

(2) Voir son blogue et notamment son article consacré à la sortie du livre d’Eric Lemaître.

(3) Par ailleurs auteur de « La Défaite de la raison »(2015), à découvrir ici.

(4) A découvrir ici, parmi cette liste d’autres ouvrages écrits par les auteurs contribuant au site « Construire une éthique sociale chrétienne ».

(5) Quoique…les IA (ainsi que « la matrice », « le réseau »…) apparaissaient déjà dans les romans de SF de William Gibson. Voir, par exemple, son « Neuromancien », un classique du « cyberpunk » paru en 1984. NDLR.

« Foireux liens » de mars : « J’ai placé devant toi la mort et la vie : choisis la vie ! » (26-a)

Les « Foireux liens » de Mars : une actualité placée sous le signe du respect de la vie

Nos « foireux liens » sont de retour, pour ce mois de mars. Du fait de leur densité, nous avons choisi de les publier en deux temps : une première sélection du matin, suivie d’une seconde du soir. Bonne lecture !

Au sommaire de celle-ci, assez « franco-française » pour l’essentiel, avec quelques petites excursions à l’étranger : élections en Russie ; les lycéens rescapés de la tuerie de Parkland (USA) opposent « une marche pour nos vies » au géant NRA ; les États généraux 2018 de la bioéthique en France ; projet de réforme de la SNCF ; projet de loi sur l’immigration ; Bure ; explications des vagues de froid en Europe ; les raisons des erreurs de management ; le concept de « charge mentale » ; dans la peau d’un rédacteur de « Fake news » ; citations apocryphes sur l’éducation…

 

« Poutinocratie », paru dans CQFD n°163 (mars 2018), rubrique Chien méchant, illustré par Fritz

1)  Le dessin du mois : Russie : une élection sans suspens. Sauf coup de théâtre, le président Vladimir Poutine, au pouvoir depuis dix-huit ans, devrait être réélu le 18 mars prochain. Face à lui, les sept candidats semblent bien inoffensifs. L’abstention s’annonce très élevée, d’après l’institut de sondages indépendant Lewada]

2) Aux USA, des jeunes « pro-vie » dénoncent « la culture de mort »

Après la tuerie qui a fait 17 morts à Parkland, de nombreuses voix s’élèvent, notamment chez les jeunes, pour dénoncer la libre circulation des armes à feu dans le pays.

« Piquée sur twitter » : Une parole du Christ réactualisée par The Old South Church de Boston, laquelle ne mâche pas ses mots !

Les lycéens de Parkland survivants prévoient un grand rassemblement le 24 mars à Washington (une « marche pour nos vies »), mais invitent aussi les américains à manifester dans leur propre ville. Plusieurs entreprises ont même informé publiquement la NRA qu’elles ne veulent plus être associés au lobby qui promeut les armes aux États-Unis.

3) (France) Débats et consultations : Les États généraux 2018 de la bioéthique

« Quel monde voulons-nous pour demain ? » C’est sur cette question que se sont ouverts le 18 janvier 2018 les États généraux de la bioéthique. Ceux-ci doivent durer six mois et aboutir à une nouvelle loi sur la bioéthique à la fin de l’année 2018. L’actuelle loi bioéthique du 7 juillet 2011 prévoit qu’elle doit faire l’objet d’une révision par le Parlement dans les 7 ans et que cette révision doit être précédée d’un débat public sous la forme d’États généraux organisés par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE). Le CCNE lance donc une vaste consultation afin de recueillir l’opinion de la société française sur un certain nombre de thèmes. En savoir plus ici sur le cadre, les thèmes, les différentes formes du débat et le calendrier.

 Voir aussi : «  La vie ne peut pas être louée. Un enfant ne peut pas être acheté ». Sylviane Agacinski, philosophe et auteure de « Le tiers-corps, réflexions sur le don d’organes », où elle réfute l’idée d’un marché légal des organes et le consentement présumé du défunt. La philosophe souhaite remettre en avant la misère dans laquelle se retrouvent les gens qui acceptent de vendre leur sang, des organes ou de porter l’enfant d’autrui par intérêt financier.

Offensive des partisans de l’euthanasie à l’Assemblée nationale : Dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 1er mars, 156 députés, dont une grande majorité de LREM, souhaitent l’inscription dans la loi d’une « aide active à mourir ».

Exclusif : le Grand Orient de France planche déjà sur l’euthanasie des enfantsAlors que la loi sur la fin de vie est réexaminée à l’Assemblée nationale, la principale obédience maçonnique française organisait le 3 octobre à Paris un colloque dédié à la fin de vie des enfants. Pour les intervenants, l’étape suivante est déjà d’introduire l’euthanasie des mineurs, sur le modèle de la loi belge. Famille Chrétienne s’est glissée parmi l’assistance. Récit.

États généraux de la bioéthique : quel serait LE débat à surveiller ? La modification du génome est en train de passer de fiction à réalité, grâce à Crispr-Cas9, des ciseaux à ADN révolutionnaires. Avec quelles conséquences ?

Ces milliardaires et multinationales qui investissent dans la quête d’immortalité et de jeunesse éternelle

Des start-up se lancent dans des transfusions de sang de patients jeunes vers des personnes plus âgées dans le but de prolonger la vie. Des grandes fortunes ou des multinationales, comme Google-Alphabet, investissent dans des biotechnologies pour identifier les gènes de longévité et ralentir le vieillissement. D’autres mènent des expérimentations pour dupliquer le cerveau dans des machines. L’industrie de la cryoconservation – congeler un organisme en attendant un hypothétique remède contre la mort – connaît un succès grandissant. Tous partagent l’ambition transhumaniste : créer un être humain à la longévité décuplée, voire immortel. Sans aucune réflexion sur les conséquences sociales. Une enquête extraite de l’ouvrage Au Péril de l’humain, co-écrit par Agnès Rousseaux, journaliste de Basta !.

 4) « A quels enfants laisserons-nous le monde ? » (et non le contraire) par Cédric Biagini. De nombreux professionnels de la santé font désormais des constats alarmants à propos de l’impact des nouvelles technologies sur les enfants : dégradation du langage et de la pensée, troubles de l’attention, problèmes de comportement, de communication, difficultés d’apprentissage, pertes de capacités physiques, dépendance…voici ce que génère l’enfermement dans le virtuel. A lire dans le numéro de février de « La Décroissance », le mensuel des « objecteurs de croissance », p3 et 8. Accessible en kiosque ou consultable dans les bibliothèques, ces lieux que l’on peut fréquenter même quand il ne pleut pas ! 😉

 5) Service public : démantèlement de la SNCF : avec 30 ans de retard, Macron va-t-il répéter les mêmes erreurs que les Britanniques ?

Le gouvernement envisage d’accélérer la libéralisation du rail et la transformation, sinon le démantèlement, de la SNCF. Les recettes proposées sont les mêmes que celles qui ont été appliquées aux autres entreprises publiques, de France Télécom à EDF, et qui n’ont bénéficié ni aux salariés ni aux usagers. L’exemple de la libéralisation des chemins de fer britanniques, initiée dans les années 1990 et marquée par une succession de faillites et de scandales, devrait pourtant inciter à la prudence. Au Royaume-Uni, un mouvement pour la ré-appropriation de ce service public par les usagers et les salariés prend de l’ampleur.

6) Immigration : le projet de loi contesté

Gérard Collomb, qui porte ce projet de loi asile et immigration, l’a décrit comme « un texte totalement équilibré qui s’aligne sur le droit européen. »Pour le directeur général de France Terre d’Asile, Pierre Henry, invité du Soir 3, ce n’est pas vraiment le cas. « La totalité des associations qui travaillent dans le secteur, le défenseur des droits, mais aussi la commission nationale des droits de l’homme, la plupart des experts pensent que ce texte est déséquilibré. On peut se poser la question de son utilité. La dernière loi date de 2016 et les décrets ne sont même pas sortis », déplore-t-il. Alors est-il vraiment utile ?

7) « Bure et Bure et ratatam » : 20 ans de projet et de contestation

C’est à la lumière du dossier Notre-Dame-des-Landes, de sa ZAD et de son évacuation, que le projet de stockage de déchets nucléaires à Bure dans la Meuse s’est révélé au grand public, au-delà des territoires concernés. Alors que le gouvernement a lancé l’évacuation du terrain occupé par des opposants, coup de projecteur sur le projet et les raisons de l’opposition au projet de stockage de déchets nucléaires, qui ne datent pas d’hier. Voir aussi https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/bure-quel-est-ce-projet-de-stockage-de-dechets-nucleaires-et-pourquoi-est-il-conteste-1519292642

8) Froid ici, mais trop chaud au Pôle : et c’est lié !

Les vagues de froid européennes de ces dernières semaines et des années récentes sont liées au réchauffement de l’Arctique : voir, sur le blogue de Patrice de Plunkett, la démonstration des scientifiques, non pour ceux qui la refuseront « jusqu’à la tombe », mais pour ceux qui, de bonne foi, ne la connaitraient pas.

9) La fin du management et du manager ?

Le management hiérarchique traditionnel est mort. Vive « le nouveau management » ! Les premières graines qui ont poussé les entreprises à se « bouger » sont celles qui ont miné les Etats-Unis au moment de la crise des subprimes. Tout le monde savait qu’on allait dans le mur, et la plus grande banque américaine Enron fait faillite. Pourquoi ? Parce qu’on n’ose s’exprimer. On n’ose pas remonter les problèmes. La responsabilité est laissée au final à une hiérarchie coupée de la base. Des erreurs sont faites dans les entreprises qui ont refusé l’écoute, et au contraire cultiver le silence. Explications par « Zeboute », sur son blogue.

Quel « partage des tâches » dans le couple Luther ? Par Andy Singer

10) « Fallait demander ! » Emma, blogueuse devenue star du Web féministe depuis la publication de sa BD sur « la charge mentale ». Voir aussi ce portrait dans La Croix.

11) Petit cimetière des citations apocryphes sur l’éducation

Plongée distrayante dans l’obscurantisme numérique moderne : Les citations apocryphes pullulent sur le web, parfois sans auteur ou au contraire attribuée à une foule d’auteurs très différents, le plus souvent sans aucune référence, parfois même à contresens du texte d’origine… quand ce texte existe seulement ! Cet usage compulsif des citations dit quelque chose de notre modernité : par sa brièveté, elle se prête parfaitement à l’immédiateté du prêt-à-penser, sa réplication à l’infini fait de la citation un poncif au sens propre. Et plus que jamais les idées sont reçues. En voici quelques-unes concernant l’éducation, que vous connaissez sans doute déjà…

12) Insolite : Dans la tête d’un rédacteur de Fake news

« Je favorise l’ignorance, certainement, et peut-être que je contribue à une atmosphère de haine. Mais je ne crois pas que des gens soient morts en conséquence de mon travail. Peut-être que je suis plus nihiliste que la plupart des gens, mais à la fin, c’est un travail et il paye bien.» C’est un jeune thésard britannique qui écrit. Étudiant en arts, se considérant de gauche, il se fait passer pour un Américain pro-armes d’âge mûr, militant sur des sites d’extrême droite : cela cultive un certain sens de «l’humour absurde», s’amuse-t-il avec ses amis.(…) Cette mise à distance forcenée des discours qui cherche à les présenter comme simples tours de passe-passe sans conséquences tend à faire oublier que derrière les mots, il y a des idéologies, et devant les idéologies, des vies…

 

Bonne lecture !

Deuxième partie de ces « foireux liens » à 17h00.

 

 

 

Foireux liens (7) : « au-delà de l’émotion, Il n’est pas interdit de réfléchir… »

De nouveaux « foireux liens » sur « l’avant », et « l’après Charlie »…le bon usage de nos libertés, la laïcité…ou d’autres sujets, qui sont loin d’être secondaires…

 

Attentats : le cri d’alarme de Jamel Debbouze, français, humoriste, musulman, dans « Sept à huit ». A découvrir ici : http://www.wat.tv/video/attentats-cri-alarme-jamel-76wrt_2flv7_.html

 

Traumatisme collectif ? Attentats : « Cet événement nous rappelle à quel point la parole et donner du sens sont essentiels » par Agnès Rousseaux, pour « Basta mag » (19 janvier 2015)

Depuis dix jours, la consommation de psychotropes aurait augmenté en France. Les attentats ont provoqué un choc traumatique, d’autant plus important qu’il s’agit d’attaques ciblées. Et les Français – y compris les enfants – ont été très exposés aux images télévisées, souvent en direct, via les chaines d’information en continu. Au-delà des analyses politiques, quelles seront les conséquences psychologiques de ce traumatisme collectif ? Entretien avec Hélène Romano, docteur en psychopathologie, spécialiste des psycho-traumatismes et du suivi de victimes au CHU de Créteil. A lire sur http://www.bastamag.net/Helene-Romano-Cet-evenement-nous

Du même auteur et sur le même site :

Crises, populisme : un vrai casse-tête...

Crises, populisme : un vrai casse-tête…

 

Vigilance. Crise symbolique, frustration collective et fabrication d’un ennemi intérieur nourrissent le populisme qui vient(15 janvier 2015)

Une nouvelle période de populisme s’ouvre-t-elle, capable de mettre en péril la démocratie, comme dans les années 1930 ? Le populiste, qui prétend parler au nom du peuple, se nourrit de la peur d’un ennemi intérieur, « du sentiment d’être attaqué, qu’il y a un complot, que nos valeurs centrales sont menacées et qu’il faut s’unir pour les défendre », explique Raphaël Liogier, sociologue et philosophe. Sentiment de frustration collective, laïcité brandie comme étendard, évolution au gré des fluctuations de l’opinion publique… du Front national à Eric Zemmour ou Alain Soral, quelles sont les nouvelles formes du populisme ? Entretien.

Et extrait :

« La laïcité, c’est deux choses : la séparation des églises et de l’État, définie par la loi de 1905 – et non pas la séparation du religieux et du politique – et la neutralité des agents publics. Ce qui n’est pas la neutralité de l’espace public ! Si l’espace public devient un espace contraint en ce qui concerne l’expression des opinions, qu’elles soient politiques ou religieuses, c’est une régression. Ce qu’on nous propose aujourd’hui, ce n’est même pas la neutralité de l’espace public, c’est sa neutralisation, donc un retour à une situation antérieure à 1789, au nom de la laïcité.Cette absurdité est portée non seulement par les partis « populistes », mais aussi dans l’ensemble du champ politique. Quand François Hollande dit que la laïcité ne s’arrêtera qu’au seuil de l’intimité, cela signifie qu’on est libre d’exprimer ses opinions uniquement tout seul chez soi le soir… C’est insensé ! La neutralité des agents publics est justement là pour préserver l’expression publique, pour que l’espace public reste un espace révolutionnaire, où on peut exprimer ses opinions, sans influence. Il y a aujourd’hui un renversement total lorsqu’on dit « il faut laïciser l’espace public ». Cela ne veut rien dire, ce n’est pas logique ». La suite sur http://www.bastamag.net/Raphael-Liogier-Ce-populisme-qui

 

Charlie Hebdo : Comment faire bon usage de sa liberté d’expression ? Par Guillaume Bourin(15 janvier 2015)

….en tant que chrétiens, et ce, « dans le contexte que nous traversons, au milieu des réactions cacophoniques des uns et des autres » ? A découvrir sur http://leboncombat.fr/charlie-hebdo-comment-faire-bon-usage-de-sa-liberte-dexpression/ (voir aussi : Liberté, Egalité, Fraternité…vraiment ?! http://leboncombat.fr/liberte-egalite-fraternitevraiment/ )

 

Attaque contre « Charlie Hebdo » : Michel Onfray regrette que les médias n’aient été « que dans l’émotion »

Sur le plateau de « On n’est pas couché », le philosophe a regretté l’absence de « mise en perspective » par les médias des évènements tragiques de la semaine dernière. « Je n’ai pas vu de mise en perspective de ce qui avait eu lieu avec de la politique, de la géopolitique, avec des explications qui auraient pu nous expliquer pourquoi on en était arrivé là » a-t-il regretté. « J’ai juste vu de l’émotion », a-t-il poursuivi… A lire ici : http://www.ozap.com/actu/attaque-contre-charlie-hebdo-michel-onfray-regrette-que-les-medias-n-aient-ete-que-dans-l-emotion/461358

 

Cette réflexion, « pourquoi on en est arrivé là », le journaliste Patrice de Plunkett la tente et la propose. Et ce, dès le 08 janvier : http://plunkett.hautetfort.com/archive/2015/01/08/reflexions-sur-le-drame-d-hier-5528899.html#more

Voir aussi le décryptage de Guillaume de Prémare du choc « Charlie Hebdo » et du mouvement « Je suis Charlie » : http://www.ichtus.fr/jesuischarlie-en-etat-de-choc-on-fait-nimporte-quoi/ et http://plunkett.hautetfort.com/archive/2015/01/13/reflexions-sur-le-mouvement-je-suis-charlie-5532843.html

 

« Hors sujets » :

Comment Boko Haram prospère sur les inégalités, l’analphabétisme, la corruption et l’arbitraire

Au Nigeria, 2015 a commencé avec un massacre, probablement le plus meurtrier jamais perpétré par la secte islamiste Boko Haram. Plus de quinze villages totalement détruits, des centaines de personnes tuées. Le groupe né au début du 21ème siècle dans le nord-est du pays va toujours plus loin dans la violence. Au-delà de la religion, il prospère sur le terreau d’une zone de grande pauvreté, délaissée par le pouvoir central et qui ne profite pas de la manne pétrolière. Face à Boko Haram, les forces de sécurité sont elles aussi dénoncées pour leur brutalité arbitraire et leurs pratiques de la torture. La suite ici : http://www.bastamag.net/Comment-Boko-Haram-prospere-sur

 

Thomas More, le juriste blogueur fait peu à peu son retour. Avec notamment un billet sur le film « Tibumktu », que je n’ai pas encore vu. Soit, explique-t-il, « la tragédie de l’irruption de l’islamisme au milieu d’une communauté musulmane ; un islamisme présenté calmement sans démonstration pour montrer les méchants dans toute leur monstruosité. » (Voir https://thomasmore.wordpress.com/2015/01/17/timbuktu-ou-la-tragedie-de-lislamisme/ )

 

Transhumanisme : de quoi parle-t-on ?

Et parce qu’il faut bien que quelqu’un en parle, voir cette série d’article(en cours, à ce jour) : http://cahierslibres.fr/2015/01/transhumanisme-1-de-quoi-parle-t/ ; http://cahierslibres.fr/2015/01/transhumanisme-2-vers-une-humanite-augmentee/

 

Les 1 % les plus riches possèderont plus que le reste de la population mondiale en 2016

En amont de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, l’ONG Oxfam a calculé que l’an prochain, le patrimoine cumulé des 1 % les plus riches du monde dépassera celui des autres 99 % de la population, à moins de freiner la tendance actuelle à l’augmentation des inégalités. L’étude « Insatiable richesse : toujours plus pour ceux qui ont déjà tout », publiée le 19 janvier par Oxfam, montre que la part du patrimoine mondial détenu par les 1 % les plus riches est passée de 44 % en 2009 à 48 % en 2014, et dépassera les 50 % en 2016. En 2014, les membres de cette élite internationale possédaient en moyenne 2,7 millions de dollars par adulte. La majeure partie (46 %) des 52 % restant du patrimoine mondial se trouve entre les mains du reste du cinquième le plus riche de la population mondiale. Les autres 80 % de la population mondiale ne se partagent que 5,5 % et possédaient en moyenne 3 851 dollars par adulte, soit 700 fois moins que le patrimoine moyen des 1 %.

Le communiqué : http://www.oxfam.org/fr/salle-de-presse/communiques/2015-01-19/les-1-les-plus-riches-possederont-plus-que-le-reste-de-la et le rapport : http://www.oxfam.org/fr/rapports/insatiable-richesse-toujours-plus-pour-ceux-qui-ont-deja-tout?utm_source=oxf.am&utm_medium=ZiWb&utm_content=redirect . La méthode utilisée est clairement indiquée par Oxfam sur son site.

Des chiffres contestés ou « le discours de la méthode » en question :

Une information « partagée par France TV », laquelle « démonte une info partagée par… France TV Info » ! relève Arrêt sur image, qui souligne que c’est l’économiste Alexandre Delaigue, « qui a décortiqué les chiffres avancés par l’ONG Oxfam, sur son blog « Classe Eco » du site de FranceTV ». L’économiste cite également le journaliste anglais Félix Salmon qui va dans son sens. La critique a été reprise par certains médias, outre France TV(Slate  et Ouest France  : on y lit que « des économistes » et « des journalistes » contestent la méthode Oxfam, mais l’un et l’autre ne citent au mieux que deux ou trois contradicteurs).

Or, puisque l’on parle de « discours de la méthode », il aurait été intéressant de comparer la critique de M. Delaigue avec l’analyse de l’économiste Jean Gadrey sur son blog du site Alternatives économiques : Ce dernier  juge « ces critiques, (quoique bien qu’exactes sur certains points), globalement injustes et excessives, et dans certains cas dérisoires ». Il doute même que lesdites critiques « connaissent bien les difficultés que rencontrent les statisticiens pour mesurer les niveaux et les inégalités de patrimoine des ménages. Même dans un pays comme le nôtre, disposant à mes yeux d’institutions parmi les plus sérieuses au monde (l’Insee, les services statistiques des Ministères, la Banque de France, le CNIS comme outil démocratique imparfait mais précieux), c’est une affaire très compliquée. » Jean Gadrey estime qu’ « Oxfam a bien fait de réaliser et de publier cette étude, et ses chiffres, imparfaits sans le moindre doute, sont défendables et honnêtes, en ce sens qu’ils sont transparents sur la méthode (ce qui facilite d’ailleurs les critiques…) et qu’ils s’appuient sur les meilleures sources disponibles à ce jour ». Certes, dit-il, « ces sources sont elles-mêmes très imparfaites, mais s’il avait fallu attendre de bonnes données mondiales sur les patrimoines privés des ménages, produites par des institutions statistiques telles que celles des Nations Unies ou de la Banque mondiale, c’est peut-être dans vingt ans que nous aurions pu juger du niveau actuel et de l’évolution récente de ces inégalités ! Dans de nombreux domaines cruciaux, il faut dans un premier temps « faire avec ce qu’on a », et dans le cas présent ce qu’on a n’est pas nul au point qu’il faille le rejeter ».

Et pas au point de nier les faits, lesquels décrivent une réalité insupportable. Et pas au point de s’abstenir de rechercher les causes, ou de passer à côté des propositions d’Oxfam à ce sujet. Et pas d’oublier que la Bible elle-même contient plus de 2000 versets sur la justice et les inégalités sociales.

Foireux liens(6) : « pour quoi faire ? » ou « Est-ce un bien ? »

 

Une foire aux médias(chrétiens)et non des "foireux médias" !

Une foire aux liens pour questionner l’usage : des pratiques, des « progrès », des mots…

« Le progrès fait rage », avait coutume de dire un célèbre chroniqueur radio !Voici une sélection de ce qui nous est présenté comme un « progrès » ou une « avancée », sous prétexte que ce serait « plus pratique », voire « plus utile ». De telles affirmations ne nous dispensent heureusement pas de nous questionner à ce sujet. A noter enfin que la réflexion nécessaire sur « l’usage » touche aussi aux mots, auxquels il est aussi vital de redonner le juste poids.

 
1) »Ecrire à la main n’est plus utile », juge-t-on en Finlande.

Je l’ai appris hier soir : dès 2016, et ce, bien après les Etats-Unis, les enfants finlandais n’apprendront plus à écrire à la main, mais sur un clavier. Une « compétence » (on ne parle déjà plus de « savoir »-qui se transmet)jugée plus « utile » par l’Office national de l’Education., révèle un blog de la BBC qui reprend l’article d’un journal finlandais.

Et ailleurs-en Allemagne ou en Belgique ? http://www.ufapec.be/nos-analyses/2813-apprentissage-ecriture-sur-ordi/ ; http://www.lalibre.be/debats/ripostes/l-apprentissage-de-l-ecriture-cursive-est-il-revolu-51c980923570b73efa89f0f5 ; http://www.lesoir.be/299198/article/studeo/2013-08-14/abandonner-l-ecriture-cursive-pour-clavier-un-debat-irreel

Est-ce une bonne ou mauvaise idée ? Et en France, c’est possible ?
Ce qu’en pense le linguiste Alain Bentolila.

 

2)« ONU: Les enfants ont droit au sexe, à la drogue et à l’avortement » : une information relayée notamment par le CPDH, encore bien peu commentée(à part peut-être ici) et que l’on peut lire sur c-fam.org : « La terre compte aujourd’hui une jeunesse plus nombreuse que jamais. D’après le dernier rapport du Fonds de l’Onu pour la Population (UNFPA), c’est le moment ou jamais de faire des progrès sans précédent, mais cela requiert que les futures générations soient moins nombreuses. Les instructions de l’ UNFPA visent à ce que le « dividende démographique » garantisse un libre accès à l’avortement aux adolescents, l’abrogation de l’âge minimal de consentement aux relations sexuelles, et l’affaiblissement du rôle des parents dans la formation sexuelle de leurs enfants ».
La principale préoccupation de l’UNFPA est donc de mettre un frein à la croissance démographique. Et si l’on se trompait de cible ? Et si la vraie question était liée au partage des ressources et non à la diminution de la population ? Cette offensive « malthusienne » n’est toutefois pas neuve. Déjà, en 2009

 

"Quand le système repose sur notre envie d'acheter" Ou "Adoracion Capital" (2014) Huile sur toile de Patrick McGrath Muñiz.

« Quand le système repose sur notre envie d’acheter »
Ou « Adoracion Capital » (2014) Huile sur toile de Patrick McGrath Muñiz.

3) Grenoble, première ville française sans publicité ? Une expérience qui s’attire les foudres de Jacques Séguéla qui a déclaré : « C’est criminel(…)Si vous abaissez l’envie d’acheter, vous courez directement vers la fin du système(…)Ce n’est pas parce que les banques ont fait sauter le système qu’il faut s’en prendre à l’affichage(…)Méfions-nous des castrateurs d’imaginaire ! C’est le début de toute dictature. » Où l’on apprend, en vrac, que(comme le commente le journaliste Patrice de Plunkett) : notre « imaginaire » dépend de la pub ; tout recul de la pub est une avancée de « la dictature » ; « le système » repose sur notre « envie d’acheter ».

 

4) Le transhumanisme est-il un « humanisme » ? Oeuvre-t-il pour « le bien de l’humanité » ?
Nous en avons déjà parlé ici, sur notre blogue.
Pour rappel, les transhumanistes se sont réunis à Paris, les 20, 21 et 22 novembre derniers, dans le but de réfléchir aux multiples façons (via les progrès technologiques) d’atteindre « l’homme augmenté ». L’occasion de prendre du recul à ce propos et de réfléchir, outre à leur influence actuelle, aux conséquences éthiques, spirituelles et morales d’un tel mouvement de pensée : lire  http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/11/14/face-a-l-offensive-du-transhumanisme-5489852.html et http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/11/20/31003-20141120ARTFIG00268-le-transhumanisme-n-est-pas-un-humanisme.php . Ce dernier article, découvert via la dernière « foire aux liens » de « Notre Eglise point com », me paraît toucher juste : « certains préfèrent évoquer l’espoir de technologies intelligentes utilisées dans l’intérêt de l’homme, de manière bienveillante. Mais tout ce qu’il sera donné à l’homme de faire, il le fera. L’histoire nous a par trop de fois montré combien l’homme ivre de liberté en oublie sa conscience…».

D’autres réflexions sur « l’usage » : donner du poids(le juste poids), cela va aussi pour les mots.

5) Un numéro de Libération(découvert grâce à cette note de Patrice de Plunkett éditée sur son blogue) consacre une double page à Erri de Luca, 64 ans, écrivain napolitain polyglotte, bibliste hébraïsant (neuf essais ou traductions) et militant écologiste… ce passionné de la Bible, qui se présente comme quelqu’un « qui ne croît pas », pourrait faire honte à certains croyants qui la négligent ou nient qu’elle est « la Parole de Dieu ». L’entretien tourne autour des questions bibliques, et notamment des problèmes (ardus) de traduction de l’hébreu. Lire ici : http://www.liberation.fr/societe/2014/11/07/j-aime-toucher-la-langue-originelle_1138745
6) « Les mots ont un poids, un sens et une histoire. Quand on les utilise sans réfléchir à leur contenu ou à leur passé, on s’englue dans les préjugés », écrivait il y a quelques années la journaliste et écrivain Jacqueline Rémy. Une remarque qui revient en mémoire de Joseph Gynt(co-fondateur des « Cahiers libres »), au regard des derniers débats agricolo-environnementaux. A lire ici : http://cahierslibres.fr/2014/11/edito-grand-mal-mots/

7) Et quand les mots sont des nombres : une exégèse d’Ezech.47 par Pneumatis, en lien avec Jean : http://www.pneumatis.net/2014/11/mais-le-temple-dont-il-parlait-cetait-son-corps/

8)« Doxa » :
Un mot grec employé par Parménide et surtout Platon pour désigner l’opinion, les idées reçues que la pensée rationnelle devait combattre, puis concept sociologique que Pierre Bourdieu, notamment, a développé pour caractériser l’opinion publique, ses interprètes (les doxosophes), ainsi qu’un type de perception du monde constitué par l’évidence des choses (le rapport doxique). Un mot guère connu, du moins jusqu’à ce que politiques, polémistes et « débatteurs » s’en emparent, discutant(ou remettant en cause) les conclusions de scientifiques et d’historiens.
A lire, sur le sujet, un excellent billet d’Alain Garrigou, professeur de science politique à l’université de Paris Ouest Nanterre et directeur de l’Observatoire des sondages, qui a le mérite de réactualiser ces propos de Thucydide : « En voulant justifier des actes considérés jusque-là comme blâmables, on changea le sens ordinaire des mots » (La guerre du Péloponnèse, CXXXII, III). Un phénomène observé par l’historien pendant la guerre du Péloponnèse (430-404 AC) « quand les Athéniens désemparés par la prolongation du conflit perdaient le sens des mots. Comme hier, la longue crise d’aujourd’hui fait perdre la faculté de juger ».

9) Repérer et décrypter, au-delà du vernis, les mots « qui tuent » : c’est la mission d’un site « qui repère les dérives racistes et antisémites des cadres du Front national » : « Un site internet mis en ligne le 10 novembre, Lentente.net, se propose « d’observer le Front national (FN) » et de traquer les dérives de tous les cadres ou futurs candidats du parti, alors que le FN organise son congrès les 29 et 30 novembre 2014 à Lyon. Depuis que Marine Le Pen, en succédant à son père, a pris la tête du parti et s’est attelée à le « normaliser », et après la victoire aux municipales d’élus d’extrême droite dans une dizaine de communes, une nouvelle forme d’opposition au FN voit le jour », peut-on apprendre sur Fait religieux. Comme le déclarent les animateurs du site dans une courte présentation, « la présence du Front national n’est pas la première raison de la faiblesse du débat d’idées dans l’espace médiatique : mais elle occupe trop les pensées et les discours politiques ».

Et on terminera par là :

10) Focus sur une nouvelle pratique : la curation

Ce terme vient de l’ancien français « curation » qui désigne le traitement d’une maladie. La maladie qui nous intéresse ici est « l’infobésité »(ou « surcharge informationnelle », dans le sens que « trop d’information, tue l’information »). La curation peut alors être considérée comme « un remède ». Ou, selon le blogueur « Zeboute », consultant en sciences de l’information et de la communication, « une alternative intéressante, puisqu’elle permet continuellement de « recycler » ou « dépoussiérer » la connaissance. Pas des éléments de « buzz », mais des vieux articles, des liens url surannés qui nous relient dans la webosphère sur ce qu’il y a de plus précieux : l’intelligence humaine ».
La curation provient également de l’anglais « curator » qui désigne tout type de gardien d’un héritage culturel (conservateur de musée, bibliothécaire, etc.) chargé de prendre soin des œuvres dont il a la charge, de les rassembler et de les organiser pour mieux les diffuser au public.
Pour « Zeboute », encore, « le bon curator » doit donc donner du sens au contenu qu’il diffuse. Comme le bibliothécaire qui conseille le lecteur.
A condition de ne pas contribuer à « l’infobésité » en relayant une information qui existe déjà, ou déjà relayée par d’autres, et de respecter le droit d’auteur.

Appliqué à l’Internet, la curation consiste à sélectionner, éditer et partager les contenus jugés comme étant les plus pertinents du web, pour une requête ou un sujet donné.
Mais qui va sélectionner l’information ? Sur quels critères ? Dans quel but ? Quel est son intérêt ? Réponse dans cet autre billet de « Zeboute », qui nous propose un « Focus sur cette nouvelle pratique de la curation » des chaînes d’info en continu, « en temps réel » et « au plus vite ». Une pratique « dont la valeur ajoutée pour l’organe médiatique est faible, puisqu’il suffit de « copier/coller » les dépêches AFP. Une tâche ingrate dévolue à un stagiaire. Qui ne mange pas le midi, car à midi, l’info ne s’arrête pas ».
Une dénonciation de l’usage général réservé aux stagiaires, et « d’un journalisme trop concentré sur l’instantanéité de l’information, plutôt que producteur de sens ».

 
11)Connaissez-vous les « non-conférences » ?
À la recherche d’une méthodologie pour animer des discussions théologiques dans sa paroisse, qui soit aisée à organiser, si possible sans préparation, bienfaisante pour la réflexion individuelle et communautaire, conviviale, Olivier Keshavjee s’est souvenu « des non-conférences (unconference), un concept de conférence particulièrement intéressant ». Il nous invite à le découvrir ici , tout en exprimant son « envie de vivre des cultes sur ce modèle ». Néanmoins, comme il l’explique lui-même, ce modèle n’a rien de neuf, puisqu’ « inventé par une Madame L’Esprit, et théorisé par Monsieur De Tarse, dans une lettre Aux Corinthiens, tome 1, ch. 14, v. 26) ».

« Nous finançons directement la recherche transhumaniste à chaque fois que nous donnons un euro à Amazon… »

« Alors, le serpent dit à la femme : vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »(Genèse 3v4-5)

« Allons ! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom… »(Genèse 11v4)

 

 

« Il s’est noué en Californie, depuis le début du siècle, une triple alliance qui prétend changer le cours de la destinée humaine. Dans la baie de San Francisco s’activent de riches entrepreneurs de l’économie numérique (Google, Facebook, Amazon…), des scientifiques transhumanistes, qui, rêvant d’allonger l’espérance de vie jusqu’à l’infini, révolutionnent le marché de la santé, et, enfin, des idéologues libertariens aspirant à abolir l’État. Tous militent pour une rupture métaphysique. Car là où nous, Européens, avons appris à considérer le progrès technologique comme une menace, ces Américains l’envisagent comme la solution à tous nos problèmes – et peut-être même à celui de la mort. Utopisme naïf ou pragmatisme prophétique ? » C’est ce que Philosophie magazine » tente d’éclairer dans un dossier consacré au transhumanisme : « Liberté. Inégalité. Immortalité. Le monde que vous prépare la Silicon Valley ». 

« Autrement dit », commente François-Xavier Huard, de la Fraternité des chrétiens indignés(rapporté par Patrice de Plunkett dans une récente note de blogue), « à chaque fois que nous donnons un euro à Amazon, Google, PayPal ou Apple, nous finançons directement la recherche transhumaniste ».

A lire, avec l’analyse du journaliste catholique sur ce dossier. Sans oublier les pertinents commentaires en réaction à ladite analyse.

 

Voir aussi, à propos de la Silicon valley.

 

« L’Homme meilleur » : un projet (trans)humaniste « d’enfer » à décrypter dans le dernier Dan Brown

Réflexions par Bobbi Jones Jones Réfléchissons donc un peu

Réflexions par Bobbi Jones Jones
Réfléchissons donc un peu

« Pour donner la liberté du choix », selon la « Refondation de l’école », qui prévoit notamment d’introduire un enseignement obligatoire de la morale laïque dont le but est, pour le ministre « de permettre à chaque élève de s’émanciper », il faut être capable « d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel… »

Dans « Inferno », le dernier Dan Brown, l’humanité pourra être « meilleure » si elle « s’arrache » ou se « déleste ». Se « délester » de quoi ? Nous allons le bientôt le savoir(attention : « spoilers », comme on dit).

Il est possible d’éviter ce roman publié depuis mai 2013(éd française JC Lattès) si l’on ne fréquente pas les librairies, les plages ou les gares(et ses points « Relay »).

L’histoire en gros : Robert Langdon, professeur d’histoire de l’art américain, se réveille dans une chambre d’hôpital de Florence, amnésique. Il n’a guère le temps de faire la connaissance du Dr. Sienna Brooks, puisque des tueurs font leur apparition. Notre héros a le temps de s’échapper de justesse avec la doctoresse, de découvrir l’existence d’une mystérieuse organisation à leurs trousses, et que Zobrist, un milliardaire bio-généticien suisse dérangé, veut régler le problème de surpopulation mondiale de manière assez radicale…

Tasse blanche d'un thé vert par Petr Kratochvil

Tasse blanche d’un thé vert par Petr Kratochvil

Dan Brown, ce n’est pas la tasse de thé de Pep’s Café ! Son « Da Vinci Code »(2003, adapté au cinéma en 2006) m’avait déjà personnellement suffit pour me faire une idée, et du style, et des théories* véhiculées sur Christ, le Christianisme, la Bible…Théories* qui ont suscité diverses questions de la part de certains ados de mon église, alimentant plusieurs discussions.

A propos d' »Inferno », dont j’ai lu de longs extraits**, on passera sur certaines critiques plutôt conventionnelles(dont celle de Le Figaro : « Un style haletant, fait de chapitres courts, de rebondissements savamment ménagés, avec ce zeste de mystère qui a fait le succès des trois premières aventures de Robert Langdon », mais « Un manque de dimension littéraire. Le jeu de piste endiablé que nous propose Dan Brown est parfois un tantinet trop compliqué »),

Science et la technologie par Petr Kratochvil

Science et la technologie par Petr Kratochvil

pour s’attarder sur celle d’Article 11(version papier, numéro de juillet-août-septembre ou version en ligne, publiée le 4 novembre 2013)***, nettement plus intéressante, qui a attiré mon attention.

Passons sur la première partie de l’article pré-cité en double-colonne, qui charge Dan Brown sans mesure (Le plus « gentil » : « Dan Brown est partout. Il squatte les médias, les murs des métros…les serviettes de plage…. ») pour nous attarder sur la seconde, qui a le mérite de pointer avec discernement « l’aspect véritablement dérangeant(parce que pleinement politique)du bouquin de Dan Brown(qui)émerge en pleine lumière » dans les dernières pages(pp 524-553).

Extraits :

« Robert », répliqua Sienna. « Le génie génétique ne constitue pas une accélération de l’évolution. C’est le cours normal des choses ! Vous oubliez un détail d’importance : c’est justement l’évolution qui a créé Bertrand Zobrist. […] » Langdon resta muet devant la démonstration. »(p553)

Lever du soleil par Jan Balek Aube nouvelle pour l'"homme meilleur" ? Ou lumière faite sur une idéologie contestable jusque là masquée ?

Lever du soleil par Jan Balek
Aube nouvelle pour l' »homme meilleur » ? Ou lumière faite sur une idéologie contestable jusque là masquée ?

« Inferno » met un certain temps avant de dévoiler son message. Oui, il faut s’accrocher pour décrocher la timbale idéologique, mêlant délire malthusien**** et envolée transhumaniste.***** Et c’est en fait la personnalité de celui qui au départ est posé comme le méchant, soit le « biochimiste Bertrand Zobrist, qui finit par donner la tonalité morale du roman. De manière assez étrange pour ce type de littérature, Robert, le héros attendu, rate lamentablement son coup. Il ne parvient pas à contrecarrer le plan machiavélique de Zobrist. Et le virus se répand de par le monde, inexorablement. La cata ? Bah non. Car ce cher Robert avait mal interprété les indices du jeu de piste : Zobrist ne visait pas la destruction physique de l’humanité, juste la stérilisation forcée d’un tiers d’icelle(via un bio-virus fulgurant qui traficote certains codes ADN). Du coup, c’est pas trop grave. C’est même plutôt cool. Comme l’énonce benoîtement Robert : « je désapprouve évidemment les méthodes de Bertrand Zobrist, mais il dit vrai quant à l’état du monde. Cette planète doit régler son problème de surpopulation ». Un point de vue que partage(…)Elisabeth Sinskey, la patronne de l’OMS : « c’est par amour pour l’homme qu’il en a été réduit à ces extrémités ». Quant à (…)Sienna Brooks, elle enfonce le clou évoquant « les visionnaires comme Bertrand[qui vient de stériliser sans barguigner un tiers de l’humanité…], ces esprits brillants, aux convictions si fortes qu’ils s’attellent tout seuls aux problèmes de ce monde ». Au final, si tous s’accordent à trouver la méthode un chouïa « limite », ils applaudissent le résultat(pp 532, 548, 552). On ne fait pas d’omelettes sans casser des oeufs, mon pote.

Dans le livre, Zobrist est défini comme un transhumaniste*****(p 531), soit un adepte de ce courant qui estime que la technologie doit accélérer l’évolution physique du genre humain. Un darwinisme à marche forcée. Et cela passe notamment par de petits coups de boosts génétiques, un domaine que Dan Brown encourage clairement dans la vraie vie. En un récent entretien au Matin****** », (il) déclarait ainsi : « prenons l’exemple d’un singe qui apprend à utiliser un bâton pour attraper les fourmis[….] Si nous décidons de ne pas utiliser l’ingénierie génétique pour notre évolution, c’est selon moi comme si le singe renonçait à se servir de son bâton ».

En mêlant recherche génétique et obsession malthusienne, Brown conçoit(et salue)mine de rien l’un des pires projets scientifiques imaginables, celui de l’eugénisme sélectif de type « Meilleur des mondes »[roman d’Aldous Huxley]. Qu’il enrobe tout ça d’un patchwork de références artistico-historiques ne fait que rendre le propos plus dangereux, hypocrite.

En exergue d’Inferno, Brown a d’ailleurs placé cette citation de Dante : « les endroits les plus sombres de l’enfer sont réservés aux indécis qui restent neutres en temps de crise morale ». Une phrase que Robert médite longuement dans l’épilogue, pour bien asséner le message. Lequel a le mérite d’être clair : si tu ne veux pas pourrir en enfer, il est temps de joyeusement sabrer ces populations qui encombrent la planète de leurs codes génétiques pourraves. Par pur humanisme, évidemment.

Conclusion : le statut « pavé de plage » doit-il être l’alibi(comme le statut « œuvre d’art »)justifiant que l’on laisse son cerveau au placard, sous prétexte que l’on cherche simplement du « divertissement » ? Émilien Bernard, l’auteur de la critique pour Article 11, répond donc « non ».

La Bible, quant à elle, exhorte d’« examiner toutes choses », de retenir « ce qui est bon » et de s’abstenir « de toute espèce de mal »(1 Thes.5v21-22)

Mais faut-il se dispenser de lire « Inferno » pour autant ? A chacun de voir. Sachant que la question est plutôt : « comment lis-tu » ?

Néanmoins, « La Rébellution » offre la preuve qu’il est possible de dresser une liste de « lectures de plage »(avec des lectures « sérieuses »)*******, et ce, sans citer « Inferno » !

 

 

 

Notes :

*Théories par ailleurs facilement démontables pour un peu que l’on lise les quatre évangiles, sinon tout le Nouveau Testament (ce que ne fait pas Dan Brown, qui choisit de rejeter les documents historiques sérieux-datant du premier siècle ap JC, époque où les témoins de Jésus sont encore en vie-que sont les 4 évangiles et préférer des documents plus tardifs, écrits longtemps après les faits et donc peu fiables), et pour un peu que l’on ait quelques connaissances raisonnables en histoire, ou que l’on fasse simplement marcher son cerveau. Voir à ce sujet : http://biblio.domuni.org/articleshum/davincicode/ ; http://lci.tf1.fr/cinema/news/dossier-da-vinci-code-page-1-5007436.html ; http://lci.tf1.fr/cinema/news/dossier-da-vinci-code-page-2-5007437.html ; http://lci.tf1.fr/cinema/news/dossier-da-vinci-code-page-3-5007438.html ; http://lci.tf1.fr/cinema/news/dossier-da-vinci-code-page-4-5007439.html ; http://editionscle.com/commerce/catalog/product_info.php?products_id=284 

** Les premières pages et les pages 524-553 essentiellement.
*** « Forgeons un homme meilleur avec Dan Brown », d’Emilien Bernard. Article 11, juillet-août-septembre 2013, p 38.  Un journal dont nous avons déjà parlé ici et . Une critique parmi d’autres : http://journallecteur.blogspot.fr/2013/05/inferno-de-dan-brown-suite-et-fin-en.html ; http://alerte-environnement.fr/2013/06/03/inferno-de-dan-brown-le-malthusianisme-et-lecologisme/

Voir également ici ou ces interviews de Dan Brown.

**** L’économiste britannique Thomas Malthus(1766-1834)fut l’inspirateur d’un courant de pensée pointant le danger d’un développement libre-supposé exponentiel-de la population mondiale. Moralité : si nous ne pouvons avoir de croissance de population infinie sur une planète finie, nous ne pouvons avoir mieux de croissance économique infinie.

***** Sur le transhumanisme : http://www.cnetfrance.fr/news/transhumanisme-en-route-vers-l-homme-augmente-39793020.htm ; http://www.histophilo.com/transhumanisme.php ; http://www.politis.fr/Le-transhumanisme-est-il-encore-un,23236.html ; http://www.slate.fr/life/74165/transhumanisme-clone-numerique-esprit-immortalite ; http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/18/google-et-les-transhumanistes_3162104_1650684.html ; http://www.reforme.net/une/societe/pensent-protestants-transhumanisme

Avec ces autres « progrès », cela commence à faire beaucoup d’un coup :  https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/06/04/si-les-fils-sont-des-fleches-les-parents-sont-des-arcsstables/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/06/27/plus-rien-ne-semble-evident-apres-le-mariage-lecriture-le-savoir/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/07/03/ce-nest-pas-la-cupidite-qui-plongea-le-monde-entier-dans-une-crise-financiere-sans-precedent-cest-lintelligence/

****** Edition du 25 mai 2013

*******   http://www.larebellution.com/2013/07/12/le-livre-du-mois-les-recommandations-de-la-reb-team/ ; http://www.larebellution.com/2013/08/12/le-livre-du-mois-les-recommandations-de-la-reb-team-2/