La question « théo » du mois : Dieu va-t-il détruire la Terre lors du retour de Jésus-Christ ?

Nommez ces marques ; nommez ces plantes (Source : Adbusters)

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de proposer ce test « nommez ces logos, nommez ces plantes » à trois leaders d’église évangélique, respectivement âgés de la vingtaine, 30 et 50 ans. Evidemment, si les trois ont su rapidement (en quelques secondes) nommer les marques, ils ont eu quelques difficultés pour nommer ne serait-ce qu’un quart des plantes. Mais le plus éloquent a été leur incapacité unanime d’en tirer des conclusions théologiques, sociologiques et pratiques (en gros, ils « ne voyaient pas le problème », « n’y pouvant de toute façon rien »), estimant les enjeux écologiques « secondaires »….Ils ne sont sans doute pas les seuls parmi les chrétiens évangéliques.

Pour nous aider à discerner la portée de cet enjeu, voici une question « théo » posée sur le site « 1001 questions » : « lors du retour du Seigneur, la Terre sera-t-elle régénérée ou bien complètement détruite, puis remplacée par la Jérusalem céleste ? »

Comme l’explique le répondant, « certains passages de l’Ecriture abordant la fin des temps décrivent une sorte de destruction totale, effectivement, comme dans la 2e lettre de Pierre, au chapitre 3, qui rappelle le précédent du déluge. Mais ce qui disparaîtra, est-il précisé au v.10, ce sont les éléments célestes (les astres etc), qui désignent, dans ce langage codé qu’est le style dit « apocalyptique », l’ordre actuel du monde. Les astres y figurent les puissances spirituelles qui prétendent le régenter à la place de Dieu (comparer avec Marc 13,24-25). La Terre et ce qu’elle contient sera, pour sa part, jugée, toujours selon le même verset. Ce passage de l’épître (de Pierre) se termine par le célèbre « nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera », au v 13.

L’adjectif utilisé dans le texte grec original pour « nouveau » est kainos, ce qui est « renouvelé », et non neos, ce qui est neuf, au sens d’inédit. Autrement dit, ce n’est pas un autre monde que le Seigneur prépare par son règne à venir, c’est ce monde abîmé, blessé, en souffrance, marqué par le mal et la mort, mais qu’il vient totalement relever, purifier, transformer, délivrer (1)…..Le jugement du monde ancien est intervenu à Golgotha, à la mort de Jésus[…..] et la nouvelle création a commencé le 3e jour après, au matin de sa Résurrection ».

De fait, loin d’être « secondaire », cette question est en réalité très pertinente, entraînant une réponse aux conséquences pratiques très importantes, comme nous pouvons le constater en lisant la suite de l’explication du répondant sur 1001 questions.
Note : 
(1) Nous retrouvons la même idée dans « Dieu, l’écologie et moi » de Dave Bookless, directeur théologique d’A Rocha, selon laquelle, à la fin des temps, Dieu ne va pas détruire ou anéantir la terre, mais va plutôt la renouveler et la purifier. Et comme toute bonne orthodoxie entraîne une bonne orthopraxie, de telles convictions théo-écologiques, fondées bibliquement, entraînent plusieurs conséquences pratiques, liées à la formation de disciple, la louange, le style de vie et la mission.

 

(Faussement « terre à terre ») Es-tu plutôt « Pluton », ou plutôt « Terre » ?

La nature nous enseigne beaucoup de choses spirituelles, disait l’apôtre Paul. Bien avant lui, le Seigneur Jésus-Christ l’avait déjà démontré, par ses enseignements en paraboles.

Dimanche dernier, la prédication rappelait,  pour illustrer la nécessité de « nous repositionner »ou de nous recentrer(en Christ), que notre bonne vieille planète(la Terre), qui tourne autour du Soleil, a le Soleil pour centre(et pas le contraire). Et de préciser que plus la Terre est proche du Soleil, plus elle tourne vite.

Le rapprochement avec notre vie spirituelle est donc facile à faire :

le Soleil, c’est la vie. Christ est « notre vie », « la lumière du monde », « le chemin, la vérité et la vie », « le Soleil de justice ». Celui qui est venu apporter « la vie en abondance ». « Séparé de Lui », nous ne pouvons « rien faire ». « En Lui », nous pouvons porter « beaucoup de fruits » et marcher à Sa suite(par exemple, sur ce modèle : cf Actes 10v38 et ss)

Repositionnons-nous donc sur Christ, à l’instar de la Terre « qui tourne autour du Soleil », et non « comme Pluton », disait le prédicateur.

« Ne pas être comme Pluton » ? Cette allusion m’a alors inspiré plusieurs choses :

Pluton est la planète* la plus éloignée du Soleil. C’est aussi le nom d’un dieu romain, dont la signification est « le riche ». Mais de quoi Pluton est-il « riche » ? Des morts. Car il est le dieu des morts et son royaume  est celui qui compte le plus d’habitants. Comme l’écrit Sophocle(dans « Oedipe-roi »), il « thésaurise les gémissements et les pleurs ». De là sa richesse.

Repositionnons-nous donc. Mais qui vas-tu choisir pour centre ?

Le « Dieu véritable et la vie éternelle » ?(1 Jean 5v21)

Ou le sinistre faux dieu, et sa richesse de mort ?

 

 

Notes :

*Une planète « naine », semble-t-il….