Dieu a-t-il besoin d’être disculpé de la responsabilité de la tentation ?

Depuis le 03 décembre 2017, comme décidé et annoncé par la Conférence des Évêques de France, les catholiques ne seront plus « soumis à la tentation » en disant le Notre Père….

Ou quelles sont les raisons – et ses conséquences pratiques – du changement catholique  dans la formulation commune du Notre Père ?

 

La juriste-blogueuse « Aliocha » est revenue sur le fait qu’ « un million d’auditeurs ont entendu le philosophe Raphaël Enthoven affirmer [le 21/11/17] sur Europe 1  que les catholiques avaient modifié la célèbre prière du Notre Père par pure islamophobie. Il est exact que [depuis le 3 décembre], la phrase « Et ne nous soumet pas à la tentation » du Notre Père [a été] remplacée par « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ». Ceci dit, Aliocha nous invite à « (observer) la chronique de plus près », décomposant le raisonnement[qu’elle estime peu argumenté] du philosophe : les deux formules sont équivalentes, ne diffère que le verbe « soumettre ». Or le verbe « soumettre » renvoie nécessairement et uniquement à l’Islam (…). Donc si les catholiques suppriment « soumettre », c’est qu’ils le font à cause de l’Islam (…). Et s’ils le font à cause de l’Islam c’est pour s’en démarquer (…). Et s’ils s’en démarquent, ce ne peut être que par islamophobie (….).

« En réalité », souligne-t-elle, « et contrairement à ce qu’affirme le « philosophe », « les deux formules de cette prière sont si peu équivalentes que les débats ayant abouti à cette nouvelle traduction remontent aux années 60. (…) L’utilisation du verbe « soumettre » ne renvoie pas à l’Islam, mais au rapport que les catholiques entretiennent avec leurs propres écritures. De fait, l’intervention de ce « philosophe » relève de l’erreur de débutant : affirmer sans la démontrer l’existence d’une corrélation entre deux événements, ici la modification d’une prière catholique et l’Islam ».

L’utilisation du verbe « soumettre » ne renvoie donc pas à l’Islam, mais au rapport que les catholiques entretiennent avec leurs propres écritures…..A moins qu’elle ne soit le reflet d’un rapport à (et d’une vision de) Dieu ? A ce propos, au-delà de la polémique soulevée par les propos de M. Enthoven [qui est, par la suite, revenu sur ses déclarations, en faisant son « mea culpa »], l’intéressante question de l’internaute « David » (cette « nouvelle traduction du Notre Père par l’Église catholique est-elle meilleure que la traduction œcuménique actuelle ? ») posée sur « 1001 questions », un site animé par le courant confessant protestant des « Attestants », permet de creuser un peu plus les raisons d’un tel changement.

Selon les « répondants » pasteurs et théologiens du site, « l’Église catholique a décidé ce changement dans la formulation commune du Notre Père : « Ne nous soumets pas à la tentation » est remplacé par « ne nous laisse pas entrer en tentation »Le problème est que le verbe grec eispherein, que l’on trouve aussi bien dans le texte de Matthieu que dans celui de Luc, signifie bien « transporter, mener,  induire, conduire, faire entrer dans ». Et non pas « laisser entrer ». Ce n’est pas la même chose ! Les tentatives de justifier ce changement sur la base d’une source littérale araméenne de la prière de Jésus paraissent très conjecturales, et surtout guidées par un présupposé : « Dieu ne peut pas nous tenter, c’est l’œuvre du Diable ». Mais Dieu a-t-il « besoin » d’être « disculpé » de la responsabilité de la tentation ?

Les répondants Attestants relèvent que Jésus lui-même a été poussé au désert par l’Esprit Saint pour y être tenté, éprouvé, le Diable lui-même étant soumis à la volonté de Dieu. Jésus a été tenté (y compris à Gethsémané et sur la croix) dans sa foi, dans sa relation au Père ; La tentation est la condition de tout croyant. Dès que je crois, je suis exposé au combat -contre le doute. Et Paul précise que Dieu nous donne, avec l’épreuve-tentation, le moyen d’en sortir (1 Corinthiens 10v13).

La suite de la réponse à découvrir sur le site 1001 questions.

 

 

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Revoir notre rapport au temps ?

Jésus, pour "président" ? (Source : "Mockingbird")

Jésus, pour « président » ?
(Source : « Mockingbird »)

Et si nous revoyions notre rapport au temps, afin de ne pas nous laisser influencer par la pression sociale, certaines « impatiences » individuelles ou collectives de notre entourage à notre égard ?

Et ce, à l’instar du Seigneur Jésus-Christ, lequel, n’étant pas « un homme pressé », a débuté son ministère à 30 ans et a su se retirer à l’écart lorsqu’on a voulu le faire roi…..(Jean 6v15)

A méditer, encore : Matt.12v38-40 ; Matt.4v1-11

« A qui appartiens-tu ? » Ta vie chrétienne est-elle « réelle » ou « virtuelle » ?

"Qui est au contrôle ?" Moi ? C'te blague ! (Par Andy Singer)

« Qui est au contrôle ? »
Moi ? C’te blague !
(Par Andy Singer)

Notre vie chrétienne est-elle véritablement « authentique » ? A moins qu’elle ne souffre d’une faible perception(ou d’une perception superficielle) de la vérité et de la foi, de sorte que celles-ci n’ont plus aucune conséquence pratique. En clair, nous pouvons bien savoir ce qui est vrai, ou qu’il est important « d’avoir la foi », tout en vivant en total décalage avec l’une et l’autre. Nous ne marchons pas dans la vérité et ne vivons pas mieux par la foi.

De fait, c’est là vivre la vie chrétienne, la vie d’église (locale) comme une « vie virtuelle » (en « jouant à l’église », en mettant « le masque du bon chrétien »), sans conséquences ou exigences majeures de vivre de façon responsable. C’est là « aller à l’église » comme d’autres iraient en boîte de nuit, en étant « un autre » tout en croyant être « je ». Sans doute pour « se déconnecter » de « la vie réelle » ?

Pour Rebecca Pippert, une telle superficialité vient d’un « appauvrissement de notre conception du titre de Seigneur reconnu à Jésus-Christ »(« La Saveur partagée ». Ed. Farel, 1986, p 60*). Or, un évangile proclamé et affirmé, qui négligerait de préciser[ou alors en l’écrivant « en petits caractères » ?] qu’il implique la reconnaissance de Christ comme Seigneur, autant que comme Sauveur, n’est déjà plus l’Evangile. Et le fait que Jésus soit Seigneur n’est pas une opinion, un frisson ou une sensation : il est un fait qui exige une réponse claire et immédiate. Le salut dépend de ladite réponse. Que vous soyez d’accord ou non ne change rien au fait que « Jésus est Seigneur ».

Et si nous négligeons d’intégrer visiblement Christ dans notre vie, que signifient nos belles professions de foi », s’interroge Rebecca Pippert (op.cit., p61) ? Rien. Ce ne sera que du virtuel.

Mais que signifie « Jésus est Seigneur » de ma vie ? Comment s’exprime la Seigneurie de quelqu’un ou de quelque chose sur notre vie ?

Est seigneur tout ce qui exerce un pouvoir sur nous. Ainsi, relève encore Becky Pippert, « celui qui recherche la puissance a la puissance pour maître. Celui qui recherche l’approbation [ou la reconnaissance-par exemple, sur facebook, twitter, en publiant tout ce que l’on fait à l’instant « T »] des hommes a pour maîtres ceux ou celles à qui il cherche à plaire »(op.cit., p 61). Nous pourrions ajouter les divertissements, les séries TV**, l’argent, l’ambition, la performance, un titre ou une position….Cassons donc un vieux mythe ou un pieux (vieux ?) mensonge : nous ne pouvons pas être notre propre maître, étant toujours assujettis à un maître extérieur à nous.

Si Jésus est bien Notre Seigneur, alors c’est à Lui que revient l’autorité suprême dans notre vie. C’est sans conditions ou sans marchandages possibles. Soit Jésus est « Seigneur de tout », soit Il n’est « pas Seigneur du tout ». De notre décision (la plus grande de notre vie, après nos études, nos choix de carrière ou notre mariage) dépend l’orientation de notre vie, pour l’éternité. Un défi à relever, en ce temps où prédomine l’esprit « CDD » (du court-terme).

Jésus nous laisse libre et respecte nos choix : avec Lui ou sans Lui. Mais si nous sommes libres de nos choix, nous ne sommes pas libres des conséquences de nos choix.

Jésus nous appelle à Le choisir, Lui, prioritairement. Aujourd’hui, et pas plus tard. « Mais alors, Il s’engage », Lui, « le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6), « à ne pas nous conduire sur une mauvaise voie, ni sur une voie facile[et illusoire], comme s’Il allait prendre les décisions à notre place[Il n’est donc pas « au contrôle », comme on l’entend souvent, mais est souverain]. Il nous dirige dans le droit chemin[un chemin qui a du sens]sur lequel Il reste ce qu’Il est, sans aucun compromis, et nous demande de devenir réellement ce à quoi nous sommes appelés**. Ce but ne peut être atteint que si nous le suivons, et si nous lui obéissons et si nous maintenons une relation vivante, chaleureuse et dynamique avec Lui »(op. cit., p 62). Jésus est venu, « pour que les hommes aient la vie, et la vie en abondance »(Jean 10v10). Et la vie qu’Il offre, « la vie éternelle », c’est de connaître « le Dieu véritable »(Jean 17v3). Lui, Jésus, est « le Dieu véritable et la vie éternelle »(1 Jean 5v21). « Séparé de Lui, nous ne pouvons rien faire »(Jean 15v5).

Il a donné sa vie pour nous. « Il a été livré pour nos offenses et est ressuscité pour que nous menions une vie juste », une vie pleine de sens, conforme à la volonté de Dieu (Rom.4v25).

Il importe de découvrir le vrai centre de gravité pour notre vie. Si notre vie gravite autour d’un autre sens que Jésus, alors nous ne vivons pas pleinement. « C’est pourquoi Jésus s’efforce de faire prendre conscience (aux hommes) de ce qui les gouverne réellement. C’est pourquoi Jésus se préoccupe davantage de (notre) vie concrète que de (nos) paroles pieuses. Plus que vos affirmations, (c’est la réalité de votre vie) qui indique votre véritable maître »(op. cit., pp 62-63) et manifeste ce en qui/en quoi vous croyez.

Ceci dit, revenons à cette expression si souvent entendue ici ou là – Dieu serait « au contrôle » – ou à l’obsession « du contrôle ». Car si nous ne sommes pas « contrôlés » par de mauvais maîtres, nous serons peut-être tentés d’exercer « un contrôle » sur les autres, voire sur Jésus Lui-même pour l’enfermer dans une boîte ou « l’amener dans nos vues ». Une tentative illusoire, et perdue d’avance concernant Jésus, car si le Seigneur « accepte bien notre foi, jamais Il ne tolérera la moindre emprise de notre part »(op. cit., p 63).

Beaucoup ont tenté d’assujettir Jésus, sans succès. Le premier, peut-être, à l’avoir tenté[sans jeu de mots !] est le diable, en Matt.4v1-11 et Luc 4v1-13 : « Jésus venait de passer quarante jours dans le désert sans prendre de nourriture. Aussi, tout naturellement, Satan tenta Jésus sur le plan de la nourriture. Jésus refusa à son appétit[ou à ses besoins, mêmes légitimes] le droit de diriger ses actes. Ensuite, Satan proposa de donner à Jésus le pouvoir sur tous les royaumes terrestres : il lui suffisait d’adorer Satan. A nouveau, Jésus refusa de reconnaître à la puissance le droit prioritaire dans sa vie ». Alors Satan décida de faire douter Jésus de sa propre identité : « si tu es le Fils de Dieu… »

Or, Jésus, lors de son baptême, avait entendu la voix de Son Père proclamer : « Tu es mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir… ». Mais maintenant, après 40 jours de jeûne, Jésus était en position de faiblesse. C’est à ce moment que le diable l’a attaqué sur ce point précis***.

Comment Jésus a-t-il déjoué la tentation relative à son identité ? Non pas en discutant ou en parlementant avec le diable, dans le style : « c’est étrange que tu aies amené cette question sur le tapis aujourd’hui, où je ne me sens pas très bien….peut-être serait-il bon qu’on en discute ensemble. Accorde-moi quelques instants d’introspection pour voir si je me sens bien être le Fils de Dieu. Il serait peut-être bon que je [réécoute cette prédication] ou que je relise ce livre (relatif à ) la prise de conscience de mon identité…. ». Mais non : la réponse de Jésus a été simple, claire et « basique » : « Il est écrit » ou « il est aussi écrit ». Jésus fondait et manifestait la réalité de Son identité, non sur ses sensations, le contexte du moment, ou sur ce peuvent en dire les autres, mais sur la base de la vérité de la Parole de Dieu écrite, ainsi que sur sa relation vivante et vraie avec le Père.

« Si Satan n’a pas hésité à combattre Jésus sur le terrain de la conscience de son identité, il ne serait pas surprenant qu’il nous attaque sur ce même terrain. » (op. cit., p64).

 

En clair, cette question de ce qui fait autorité dans notre vie(« qui est Seigneur ») est d’autant plus essentielle, qu’elle est liée à notre identité. Nous saurons qui nous sommes, si nous savons à qui nous appartenons.

 

Notes :

*Epuisé. Réédité sous le titre « Sortir de sa bulle : l’Evangélisation, un style de vie ». Ed. Emmaüs/GBU, 2015 (Je préfére l’ancien titre…)

**Puisque l’on parle de « chemin », Génération Hillsong Nutella »(GHN) nous en parle d’un (de chemin) « pour les petits combats du quotidien », soit comment résister aux tentations du quotidien. Ou « l’art » du chrétien authentique enseigné par la grâce, « source de salut pour tous les hommes », de savoir d’abord « dire non », avant de « dire oui » (cf Tite 2v11-12), à l’instar de Jésus Lui-même.

*** Et comme le dit si bien GHN : « Le truc de la tentation, c’est de vous prendre au moment de faiblesse ». Evidemment.

 

Banalisation (de l’)extrême : séduction

Fascination, tentation, hésitation…

Bamboo Flute par Junior Libby

Bamboo Flute par Junior Libby

Les occasions d’être séduits sont nombreuses. La Parole de Dieu en donne plusieurs exemples, assorties d’autant de mises en garde.

« Prenez garde que personne ne vous séduise », dit Jésus(Matt.24v4), qui annonce la venue de ceux qui ne manqueront pas de venir soit-disant en son nom, « disant: Moi, je suis le Christ; et ils en séduiront plusieurs(…)il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes; et ils montreront de grands signes et des prodiges, de manière à séduire, si possible, même les élus. »(v5, 24)

« Plusieurs faux prophètes s’élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens. Et, parce que l’iniquité se sera accrue, l’amour du plus grand nombre se refroidira. Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé ».(v11-13)

« Prenez garde que vous ne soyez troublés », lorsque « vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres »[ou de crises]car il faut que tout arrive », dit encore Jésus… (v6)

« Que personne ne vous séduise en aucune manière », dit Paul, mettant en garde contre « l’inique qui viendra avec la puissance de Satan, « en toute sorte de miracles et signes et prodiges de mensonge, et en toute séduction d’injustice pour ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés ». (2 Thes.2 v8-10)

Sous l’Ancien Testament, il fallait aussi se garder de tout prophète, ou « songeur de songes », qui donnerait « un signe ou un miracle, et que le signe arrive, ou le miracle dont il (avait) parlé lorsqu’il disait: Allons après d’autres dieux, des dieux que tu n’as point connus, et servons-les. »(Deut.13v1-3)

Mis à part les faux prophètes, la Parole donne encore des exemples de démagogues qui ont su séduire le peuple et attirer des foules à eux : Abimélek(Juges 9) ou encore Absalom(2 Sam.15 et ss)

Pourquoi cette séduction, jusqu’à la tentation totalitaire ?

« …parce que l’iniquité se sera accrue, l’amour du plus grand nombre se refroidira… »

Un parti politique français, le Front national, séduit, semble-t-il. De plus en plus, si l’on en croit un nouveau sondage sur le sujet.*
Il séduit, promettant le miracle, lui aussi, sous couvert du « bon sens » et de répondre aux attentes des gens :

Chèvre par Charles Rondeau

Chèvre par Charles Rondeau

« vous avez peur ? Vous avez raison d’avoir peur. On vous comprend. Voilà le problème. Voilà ceux qui sont le problème. Voilà les boucs émissaires. »

Se laisser prendre à ce qui frappe les yeux semble rassurant-« l’autre », c’est le problème-et sécurisant-s’abandonner à un « (vrai)chef »…
Pourtant, pousser à prendre une décision(« donnez-nous le pouvoir »)par la peur est dangereux, car la peur pousse à des actes irrationnels.

A l’inverse, le véritable « bon sens » serait plutôt d’examiner le fond idéologique et l’esprit du FN (est-il le mieux placé pour répondre à un besoin de ce qui relie pour contrer ce qui divise ?), ainsi que de décoder ces énièmes sondages sur « la banalisation du FN »**.

Le « bon sens » serait aussi de refuser, et de séduire les électeurs du FN(sous prétexte que celui-ci « progresserait »), et de banaliser ses idées, en se persuadant « qu’il n’est pas un danger » ou en tentant de reprendre ses thématiques sous prétexte de répondre à « des besoins réels ».***

Et les chrétiens ? Seront-ils « séduits », « fascinés »(par des discours de puissance et sécuritaires sécurisants) ou hésiteront-ils longtemps avant de prendre clairement position ?

« Chrétiens ». « Petits Christ ». A l’origine, un surnom dérisoire.
« Chrétiens », disciples de Christ.

Comment, face à la montée(masquée)d’un parti extrême, réagiront ceux qui portent le nom de Celui qui a dit : « J’étais étranger, et vous m’avez recueilli » ? (Matt.25v35)

Lui, qui a été étranger, même parmi les siens(Jean 1v11).
Lui, dont « les compatriotes » savaient où il devait naître, mais qui ne se sont pas déplacés pour l’adorer. Alors que des savants étrangers, venant de loin, sans savoir où il était, se sont donné cette peine ou plutôt cette joie. (Matt.2v1-12)

Les « chrétiens », « petits Christs » se souviendront certainement qu’ils sont appelés, dans la Bible, « étrangers et voyageurs(ou en séjour)sur la terre ».(1 Pierre 1v1).
Et que le Dieu qu’ils adorent aime l’étranger, interdit d’opprimer celui-ci(Ex.22v21 ; Lévitique 19v33-34 ; Deut.10v17-19), et déclare « maudit celui qui porte atteinte au droit de l’étranger »(Deut.27v19).

Ils se souviendront que la recherche d’un bouc émissaire n’est pas neuve(Esther 3v8-9 et ss), et qu’un seul a pu être ce « bouc-émissaire » qui a expié nos péchés.

Ils se souviendront de la « solution »(jugée sans doute « courageuse » et « de bon sens », à l’époque) d’un Pharaon, « qui ne se sentait plus chez lui », face à un peuple étranger jugé trop nombreux…(Ex.1v8-22)

Ils se souviendront que c’est un éthiopien, un immigré, qui a tiré le prophète Jérémie de la fosse dans laquelle ses « compatriotes » l’avaient jeté(Jér.38v1-13)

Et que le prochain de l’homme israélite attaqué par des voleurs était un samaritain.(Luc 10v25-37)

Ils se souviendront ensuite que, même lorsque les étrangers sont éloignés, on trouvera toujours plus étrange(r)que soi, même parmi ses « compatriotes »(Juges 12v5-6)

Main, main, main par George Hodan

Main, main, main par George Hodan

Ils se souviendront qu’ils constituent le corps de Christ, caractérisé par l’unité, l’interdépendance des membres et la solidarité, surtout envers le plus faible et le plus insignifiant, en apparence…(1 Cor.12v12-27)

Et que Celui dont ils portent le nom est Celui qui « est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, et qui a renversé le mur de séparation, l’inimitié. »(Eph.2v14 et ss)
Notes :

* 26% des Français « pourraient voter » pour le Front national à une élection nationale, et 29% « pourraient le faire » à une élection locale, « des proportions qui marquent des progrès de la formation d’extrême droite, selon un sondage BVA pour l’émission « CQFD » de i-Télé publié vendredi 21 juin ». Enquête réalisée par internet les 19 et 20 juin auprès d’un échantillon de 1.060 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, recruté par téléphone. Méthode des quotas ( http://www.lcp.fr/actualites/politique/149809-les-francais-de-plus-en-plus-nombreux-a-voter-fn-selon-un-sondage )

Mais « il se pourrait » à presque 100 % que ce soit encore un sondage qui confond  « les français » et les « sondés ». D’autre part, quid de sa pertinence, alors que les municipales auront lieu en mars 2014 et que les prochaines élections nationales sont prévues pour dans quatre ans ? D’autre part, j’aurai aimé retrouvé les questions posées sur BVA, ainsi que sur les conditions dudit sondage.

** A noter que la perversité de la méthode du sondage en ligne a été brillamment mise en lumière par Alain Garrigou, directeur de l’Observatoire des sondages, dans « Le sondage de trop » (publié sur son blog intitulé « Régime d’opinion » :  http://blog.mondediplo.net/2013-01-29-Le-sondage-de-trop )
Voir aussi http://www.rue89.com/2013/01/30/les-francais-pensent-ils-vraiment-comme-marine-le-pen-239111 ; http://3asseh.tumblr.com/post/41776444505/sondage-ipsos-remettre-le-commun-au-centre-de-la

Voir aussi : http://television.telerama.fr/television/une-vague-de-racisme-deferle-sur-france-2,95115.php

***Séduire et dé-diaboliser le FN? Certainement pas!
Par Véronique le Goaziou, sociologue (Laboratoire méditerranéen de sociologie, Aix-en-Provence). http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/250412/seduire-et-de-diaboliser-le-fn-certainement-pas

Voir aussi :

http://www.m2014.fr/17/la-strategie-en-deux-temps-du-front-national.htm

http://elections-municipales2014.fr/2013/06/20/et-si-le-fn-sortait-affaibli-des-municipales/

Face au premier « publiciste » de l’histoire…comment être victorieux ?

Boite de chocolat par Petr Kratochvil

Boite de chocolat par Petr Kratochvil

A quoi sert la publicité ?

A susciter des besoins auxquels nous n’avions pas pensé, pour mieux y répondre par la suite.

Nous, hommes et femmes du XXIe siècle, chrétiens ou non, sommes environnés par la publicité. Mais qui est le premier « publiciste » de l’histoire ?

Le diable !

 

 

Le diable ou Satan n’est pas notre ami. Son nom signifie « adversaire », « diviseur ». Il est « celui qui séduit toute la Terre »(Apoc.12v9), « l’accusateur des frères » (Apoc.12v10), et, dit Jésus, « le prince de ce monde »(Jean 14v30), « le menteur et le meurtrier dès le commencement »(Jean 8v44).

Il veut nous détourner de Dieu et a cherché-sans y parvenir-à détourner le Seigneur Jésus du chemin de la croix(Matt.4v1-11).

Dès le commencement, il a eu ce « slogan » imparable, pour tenter Ève et attiser les convoitises(voir aussi 1 Jean 2v15-17) : « vous serez comme des dieux » !(Genèse 3v4-5 ).

Et ce, alors que l’homme et la femme avaient tout pour être heureux : la  présence et la communion avec Dieu, la possibilité de jouir de tout le jardin(de pouvoir manger de tout arbre du jardin), la responsabilité de dominer sur toute la création et de gérer celle-ci…

Car à l’inverse du tentateur(et il est plus important de grandir dans cette connaissance-là)Dieu est bon. Il est Celui qui a commencé par créer la lumière au milieu du chaos(Gen.1v2-4). « Il fit la Terre et les cieux »(Gen.2v5), Il « forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint une âme vivante »(v7). Il « planta un jardin en Eden(…)et il y mit l’homme qu’il avait formé. » Il « fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. »(v9) Il « prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder. L’Eternel donna cet ordre à l’homme : mangez, mangez de tous les arbres du jardin ! Mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement. »(v15-17)….Il « créa l’homme à son image(…)Il les créa mâle et femelle. Dieu les bénit… »(Gen.1v27-28)

Or, c’est cette tentation qui a fait mouche :

« Vous serez comme des dieux »…Depuis, rien n’a changé et le slogan est toujours le même.

Cependant, écouter le premier « publiciste » de l’histoire a eu pour effet de nous donner une fausse image de Dieu(la première idole du commencement !), et donc de nous détourner de Lui, nous conduisant à nous recentrer sur nous-même. Le pasteur Robert « Bob » Ekblad rappelle, dans « Lire la Bible avec les exclus »*, que « du moment où nous portons un regard négatif sur Dieu, nous perdons confiance en Lui, et c’est ce qui nous amène à prendre par nous-même, plutôt que recevoir ce que Dieu a voulu comme un don de sa grâce ». Et quand nous nous détournons de Dieu, nous devenons vulnérables à la tentation.

Dans quelles mesures et dans quels domaines sommes-nous tentés d’être « comme des dieux »(ou nourrissons-nous cette tentation, cf Jacq.1v14-15) et de penser que Dieu veut nous « frustrer » de quelque chose ?

Ne pas nourrir les oiseaux! par Lucy Toner “Je ne peux pas empêcher les oiseaux de voler au-dessus de ma tête, mais je peux les empêcher de faire leur nid dans mon chapeau.” (Luther)

Ne pas nourrir les oiseaux! par Lucy Toner
“Je ne peux pas empêcher les oiseaux de voler au-dessus de ma tête, mais je peux les empêcher de faire leur nid dans mon chapeau.” (Luther)

Comment être victorieux de la tentation ? Comment auriez-vous répondu au serpent ?(Voir sa question en Gen.3v1 et la réponse de la femme aux v2-3)

En revenant à la source ! Le secret de la victoire nous est donné par le Seigneur Jésus lui-même en Matt.4v1-11(à lire en contrepoint de Gen.1-3 et Hebr.4v15). Soyons attentifs à la nature des tentations, à la façon dont Jésus répond(la source de ses réponses)et les réponses qu’Il donne.

Bonne (re)lecture et bonne étude !

Note :

* Ekblad, Bob. Lire la Bible avec les exclus. Ed. Olivétan, 2008. L’étude de Gen.2-3 se trouve aux pages 57 à 74. J’aurai l’occasion de revenir une autre fois sur cet excellent ouvrage.

« Jeûner pour avoir faim de Dieu » : Soyons des champions de jeûne !

Note : ce sujet a été proposé à des enfants/préados(10-14 ans), dans le cadre d’une leçon d' »école du dimanche ». Néanmoins, il peut tout à fait convenir à des adultes réunis pour une étude de groupe.

Accroche : diviser le groupe en quatre équipes et donner à chacune un carton numéroté.

Le carton 1 : « jeûner, c’est quoi ? De quoi jeûner ? »

Le carton 2 : « pourquoi et quand (à quelle occasion) jeûner ? »

Le carton 3 : « comment jeûner » : qu’est-ce qu’ « un bon jeûne » ? Un « mauvais jeûne » ?

Le carton 4 : « pour quoi (avec quelles conséquences) jeûner » ?

Consigne : chaque équipe réfléchit à sa question en chuchotant et en travaillant ensemble. Il est important de répondre par écrit, en exprimant ce que l’on pense vraiment et ce que l’on a compris de la question.

Récupérer les cartons et les disposer côté réponses en marguerite. Discuter des réponses.

Retourner à nouveau les cartes, une par une, pour relire les questions et passer à une nouvelle étape de la leçon :

 

I. Jeûner, c’est quoi ? Jeûner de quoi ?

 Le jeûne est en général une abstention totale ou partielle de nourriture/boisson pour une période déterminée et limitée.

C’est dans la Bible ? Le jeûne n’est pas dans la loi de Moïse (dans les 5 premiers livres), mais est une pratique courante des croyants de l’Ancien et du Nouveau Testament.

Connaissez-vous des personnages de la Bible qui ont jeûné ? Par exemple, Moïse. Au moins deux fois pendant 40 jours. David, « un homme selon le cœur de Dieu » (1 Sam 13.14), a jeûné six fois. Esdras, Néhémie, Esther, Elie, Joël et Daniel ont tous jeûné dans des circonstances de crise.

Jésus a jeûné 40 jours et a rappelé à ses disciples de jeûner en leur disant: « Lorsque vous jeûnez… » et non pas si vous jeûnez…

Le chrétien peut donc jeûner, et la Bible nous présente le jeûne comme quelque chose de bon, de profitable (pour qui ? On va le voir !) et d' »attendu ».

Lorsqu’on parle du jeûne, on pense souvent à un jeûne de nourriture. Certes. Mais il existe d’autres jeûnes possibles : par exemple, tout ce à quoi nous pouvons renoncer un temps pour mieux nous concentrer sur Dieu peut être considéré comme un jeûne.

Le jeûne devrait être limité dans le temps (sans doute pas plus de 40 jours, selon le maximum de Moïse et du Seigneur Jésus), particulièrement s’il s’agit d’un jeûne de nourriture. Des périodes prolongées sans manger sont néfastes pour le corps.

Ce que n’est pas le jeûne : Le jeûne n’est pas une punition pour le corps, mais une attention portée sur Dieu. Le jeûne n’est pas non plus un régime.

Ne jeûnons donc pas pour perdre du poids, mais

"Jeûnons pour avoir faim de Dieu !"Enfant qui a faim par George Hodan

« Jeûnons pour avoir faim de Dieu ! »
Enfant qui a faim par George Hodan

jeûnons pour « avoir faim de Dieu », c’est-à-dire pour approfondir votre relation avec Dieu.

Suis-je, moi, concerné par le jeûne ?

Tous peuvent jeûner. Certains ne peuvent pas jeûner de nourriture (les diabétiques ou les très jeunes enfants, par exemple), mais tous peuvent renoncer temporairement à quelque chose pour se rapprocher de Dieu.

 
II. Pourquoi et quand (à quelle occasion) jeûner ?

Il est important d’avoir une bonne raison, car ce n’est pas un record ! (Gare aux tentations !)

Première raison : Lecture de Daniel 9v1-6, 20

« ….Et je tournai ma face vers le Seigneur Dieu, pour le rechercher par la prière et la supplication, dans le jeûne, et le sac de la cendre. Et je priai l’Éternel, mon Dieu, et je fis ma confession, et je dis : Je te supplie, Seigneur, le Dieu grand et terrible, qui gardes l’alliance et la bonté envers ceux qui t’aiment et qui gardent tes commandements ! Nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons agi méchamment, et nous nous sommes rebellés et nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes ordonnances ; et nous n’avons pas écouté tes serviteurs les prophètes, qui parlaient en ton nom à nos rois, à nos princes, et à nos pères, et à tout le peuple du pays(…)

Et je parlais encore, et je priais et confessais mon péché et le péché de mon peuple Israël, et je présentais ma supplication devant l’Éternel, mon Dieu, pour la sainte montagne de mon Dieu, -je parlais encore en priant… »

Ici, Daniel s’humilie devant Dieu, manifestant à la fois de la tristesse(le genre de « tristesse » dont parle 2 cor.7v10) et de la repentance à cause du péché.

Celui des autres ? Non ! Le sien ! Daniel s’identifie aux péchés du peuple et les confesse comme s’ils étaient les siens. Comparer le « Nous » de Daniel avec le « je », « moi » du pharisien de la parabole racontée dans Luc 18v9-14.

Deuxième raison : Lecture d’Exode 34v27-28

« Moïse fut là avec l’Eternel quarante jours et quarante nuits. Il ne mangea point de pain, et il ne but point d’eau. Et l’Eternel écrivit sur les tables les paroles de l’alliance, les dix paroles »(« Jeûne de Moïse », lorsque Dieu a renouvelé son alliance avec le peuple).

Rechercher la volonté de Dieu : cela implique de se rendre disponible pour écouter Dieu et donc de se détourner de tout ce qui peut nous distraire. On n’est pas centré sur soi mais sur Dieu.

On cherche la face de Dieu et non pas sa main, c’est-à-dire pour « Lui forcer la main », obtenir un avantage.

Troisième raison : lecture de Daniel 10v1-3

« La troisième année de Cyrus, roi de Perse, une chose fut révélée à Daniel qui est appelé du nom de Belteshatsar ; et la chose est vraie, mais le temps d’épreuve déterminé est long. Et il comprit la chose et eut l’intelligence de la vision. En ces jours-là, moi Daniel, je menai deuil trois semaines entières ; je ne mangeai pas de pain agréable, et la chair et le vin n’entrèrent pas dans ma bouche ; et je ne m’oignis point, jusqu’à ce que trois semaines entières fussent accomplies. »

Intercéder en situation de détresse et de crise ; lors d’un combat spirituel (« jusqu’à l’accomplissement d’une parole »)

A noter que le jeûne et la prière sont les deux seules disciplines qui nous permettent de nous conformer aux exigences contenues en 2 Chroniques 7.14: « Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie, et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays. »

 

III. Comment jeûner ? Le « bon » et le « mauvais » jeûne : Matt.6v1, 16 ; Zach.7v1-6 ; Es.58

a) Se préparer au jeûne :

Il est essentiel d’examiner nos cœurs en ne cachant rien à Dieu. Confessons nos péchés, même les plus subtils (ex : orgueil, jalousie, « petits mensonges »…), et tout ce qui a pris la place de Jésus dans nos vies : loisirs, égoïsme, négliger de passer du temps avec Dieu (par la prière, la lecture de la Bible), notre réticence à partager notre foi, de mauvaises relations avec les membres de notre famille, nos camarades, des adultes…..

 b) Les enseignements du Seigneur Jésus sur le jeûne (Matt.4v1-4) sont précieux à cet égard :

Alors Jésus fut emmené au désert par l’Esprit, pour être tenté par le diable. Il jeûna durant quarante jours et quarante nuits, après quoi il eut faim. Et, s’approchant, le tentateur lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains. » Mais il répondit : « Il est écrit : Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Matthieu 4, 1-4)

Le jeûne n’est pas sans danger ; il peut devenir lui-même occasion de chute. Plutôt que d’être un moyen de s’approcher de Dieu, le jeûne peut même nous en éloigner.

Les tentations du jeûne :

Jésus lui-même, avant de débuter son ministère publique a jeûné pendant quarante jours. À la suite de ce jeûne, il a été tenté par Satan (Lire Matt. 4v 1-11; Luc 4v1-13). La première tentation de Jésus concerne justement la nourriture : en effet, le diable a éprouvé Jésus là où il perçoit une faille, soit là où Jésus a volontairement affaibli son corps humain.

L’Évangile nous dit qu’après avoir jeûné pendant quarante jours, Jésus « eut faim ». Le Tentateur suggère alors à Jésus de satisfaire sa faim en exerçant son pouvoir divin de changer des pierres en pain. Il est édifiant de constater que la réponse de Jésus face à la tentation est tirée du Deutéronome : Ce n’est pas de pain seulement que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Deut. 8v 3).

Ici, le « pain » ne signifie pas seulement la nourriture dont l’homme a besoin pour vivre, mais plutôt tout ce qui satisfait nos désirs et excite nos sens…tout ce qui n’est pas Dieu lui-même.

La réponse de Jésus à Satan dénonce le mensonge du Malin (« si tu es Fils de Dieu » ressemble au « quoi, Dieu a dit » de Genèse 3), que l’homme peut trouver la vie éternelle ailleurs qu’en Dieu lui-même. C’est le même mensonge que le Tentateur proféra à Adam : « Vous ne mourrez pas ! Le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux qui connaissent ce qui est bien ou mal. » (Gn 3, 5).

L’important n’est donc pas la satisfaction immédiate de tous nos désirs, mais de dépendre de Dieu seul.

La maîtrise de soi est aussi le fruit de l’Esprit, cf Galates 5v22.

Jeune femme s'ennuie par Petr KratochvilIl est essentiel de savoir se ménager du temps sans distraction, pour être à l'écoute de Dieu

Jeune femme s’ennuie par Petr Kratochvil
Il est essentiel de savoir se ménager du temps sans distraction, pour être à l’écoute de Dieu

Le jeûne de Jésus a eu lieu « au désert », c’est-à-dire dans un lieu où il y a peu de « distractions », bien loin de ce qui nous « distrait » de Dieu.

Notre désert est donc le lieu où je suis seul avec Dieu.

Mais le désert est aussi le lieu de la tentation : le moment le plus propice à la rencontre avec Dieu est aussi le moment où le Malin cherche à nous faire chuter. Si Jésus a été tenté suite à son jeûne, comment peut-on imaginer pouvoir échapper de la tentation ?

Si donc le jeûne comporte sa part de dangers, comment pouvons-nous nous préparer à une lutte  inévitable ? Jésus nous donne une réponse dans le texte de l’Évangile de Marc : « Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière et le jeûne. » (Marc 9v25-29).

Jésus nous enseigne ici à associer la prière au jeûne, si nous voulons expulser les « esprits impurs » qui cherchent à s’installer en nous.

Certains appellent cela : « respiration spirituelle ». Si l’on est conscient d’un péché, on « expire » en le confessant immédiatement et sincèrement. Puis on enchaîne en « inspirant »,  en invitant le Seigneur Jésus à reprendre le contrôle de notre vie(cf 1 Jean 1-2). Faisons-le avec foi, avec la confiance et la certitude que Dieu nous permettra de résister, et à la tentation de pécher, et à la tentation d’abandonner notre jeûne.

 

IV. Pour quoi (quelles conséquences) jeûner ?

Un paradoxe : si l’on ne montre pas que l’on jeûne, ça se voit !

 

Matthieu 6v16-18 nous enseigne et nous met en garde concernant l’une des tentations accompagnant le jeûne.

« Quand vous jeûnez, ne vous donnez pas un air sombre, comme font les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour que les hommes voient bien qu’ils jeûnent. En vérité, je vous le dit : ils tiennent déjà leur récompense. Pour toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, pour que ton jeûne soit connu, non des hommes, mais de ton Père qui est là, dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. »(Matthieu 6, 16-18)

Le jeûne n’est pas un but en soi, ni un record à battre.

Il est important de ne pas attirer l’attention sur soi ou de rechercher les « bravo » des hommes parce qu’on jeûne.  L’important n’est pas de montrer que l’on jeûne ou prie, car cela fait partie de notre vie intime avec Dieu. C’est une offrande à Dieu et non aux hommes. Ce que l’on doit voir, c’est le résultat de ce temps d’intimité (de cette « vie secrète » avec Dieu) dans nos vies, nos rapports avec les autres.

Le jeûne ne doit pas nous éloigner des autres ou nous inciter à nous croire supérieur, « super-spirituel », mais nous rapprocher des autres.

Un « mauvais jeûne » :

« Pourquoi avons-nous jeûné, et tu ne l’as pas vu ? et avons-nous affligé nos âmes, et tu ne le sais pas? Voici, au jour de vos jeûnes, vous cherchez votre plaisir, et vous exigez durement tous les travaux qui vous sont dus. Voici, vous jeûnez pour contester et quereller, et pour frapper d’un poing méchant. Vous ne jeûnez pas maintenant, pour faire entendre votre voix en haut. Est-ce un jeûne comme celui-là que j’ai choisi, un jour où un homme afflige son âme? Courber sa tête comme un roseau, et étendre sous soi le sac et la cendre, appelleras-tu cela un jeûne, et un jour agréable à l’Éternel ? »(Es.58v3-5)

« Le jeûne auquel l’Éternel prend plaisir… »

« Ainsi parle l’Éternel des armées, disant: Prononcez des jugements de vérité, et usez de bonté et de miséricorde l’un envers l’autre, et n’opprimez pas la veuve et l’orphelin, l’étranger et l’affligé; et ne méditez pas le mal dans votre coeur, l’un contre l’autre ».(Zach.7v9-10)

« ….qu’on rompe les chaînes de l’iniquité, qu’on fasse tomber les liens du joug, et qu’on renvoie libres les opprimés, et que vous brisiez tout joug…que tu partages ton pain avec celui qui a faim, et que tu fasses entrer dans la maison les affligés qui errent sans asile(…)quand tu vois un homme nu, que tu le couvres, et que tu ne te caches pas à ta propre chair(…)Alors ta lumière jaillira comme l’aurore et ta santé germera promptement, et ta justice marchera devant toi, la gloire de l’Éternel sera ton arrière-garde »(Es.58v6-8)

Quelques « bons » résultats d’un temps de jeûne : Ex.34v29 (« Moïse ne savait pas que la peau de son visage rayonnait à la suite de son entretien avec l’Eternel ») et Daniel 1v15-21(« Daniel et ses amis avaient meilleure mine que tous les jeunes qui mangeaient les mets du roi »)

Et pour nous ? Quels fruits manifester dans nos vies ? Par exemple, les fruits de la lumière : « bonté, justice, vérité »(Eph.5v8-9)

 

En bref :

Le but du jeûne est de renoncer un temps à ce à quoi nous passons le plus de temps, pour que nous nous rapprochions de Dieu. Le jeûne est une manière de montrer à Dieu, et à nous-mêmes, que nous sommes sérieux dans notre relation avec lui (Ex : « Dieu est le Seigneur de ma vie »).

Le jeûne n’est pas une manière de forcer Dieu à faire ce que nous voulons. Le jeûne nous transforme nous, pas Dieu.

Le jeûne :

– nous rend humble (et pas vantard) devant Dieu

-nous rapproche de Dieu et des autres

-nous réveille

-nous transforme

-est associé à la prière

-est un combat spirituel

Soyons donc des « champions de jeûne ! »

 

Versets à retenir : les réponses du Seigneur Jésus au diable, au moment de la tentation.

L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.(Matt.4v4)

Tu ne tenteras point le Seigneur ton Dieu.(v7)

Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul.(v10)