Un message de vérité pour Laodicée, une église (auto)suffisante mais « imbuvable »

« Imbuvables », ces Laodicéens ! Comme leur eau…

« A l’ange de l’Eglise qui est à Laodicée, écris : Ainsi parle l’Amen, le Témoin fidèle et véritable, le Principe de la création de Dieu : Je sais tes œuvres : tu n’es ni froid ni bouillant. Que n’es-tu froid ou bouillant ! Mais parce que tu es tiède, et non froid ou bouillant, je vais te vomir de ma bouche.

Parce que tu dis : je suis riche, je me suis enrichi, je n’ai besoin de rien, et que tu ne sais pas que tu es misérable, pitoyable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d’acheter chez moi de l’or purifié au feu pour t’enrichir, et des vêtements blancs pour te couvrir et que ne paraisse pas la honte de ta nudité, et un collyre pour oindre tes yeux et recouvrer la vue.
Moi, tous ceux que j’aime, je les reprends et les corrige. Sois donc fervent et repens-toi !
Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je prendrai la cène avec lui et lui avec moi.
Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône, comme moi aussi j’ai remporté la victoire et suis allé siéger avec mon Père sur son trône.
Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises ». (Apoc.3v14-22)

« Je sais qui je suis », chantons-nous parfois, sans doute reconnaissants de notre identité en Christ.

« Je suis qui je suis », dit Don Quichotte, « le chevalier à la triste figure », dans le roman espagnol éponyme du XVIIe siècle. « Je sais qui je suis, et sais que je peux être non seulement que j’ai dits, mais aussi tous les douze pairs de France et tous les neuf preux de la Renommée (1) : car mes hauts faits et gestes surpasseront ceux qu’ils ont jamais faits tous ensemble et un chacun d’eux à part soi ! »(2). Mais ce monomaniaque opiniâtre, victime d’une imagination déréglée, ne veut d’autre code, pour déchiffrer le monde, que celui qu’il a trouvé dans ses romans de chevalerie dont il fait sa nourriture quotidienne.

Identité en Christ ou en crise ?

Nous pouvons avoir une certaine opinion de nous-mêmes, mais l’important est davantage le point de vue de Jésus (celui dont nous portons le Nom) sur nous-mêmes et notre état spirituel.

Ainsi, les dernières paroles de Jésus-Christ à son Église, représentée par 7 églises locales d’Asie mineure au Ier siècle, dans cette section de l’Apocalypse de Jean appelée « lettres aux anges des 7 églises » (Apoc.1v9-3v22), sont particulièrement édifiantes à cet égard. Rappelons que l' »Eglise » (du grec ‘‘ekklesia » : “hors de” et “appelé”) désigne, non pas un bâtiment, mais plutôt ceux qui sont appelés par Jésus-Christ pour être assemblés en Son Nom.

L’une de ces 7 églises nous intéresse particulièrement aujourd’hui : il s’agit de celle de Laodicée. Et ce qui nous intéresse aussi est la manière dont Jésus-Christ se présente à cette église, pour lui délivrer son message personnel.

Laodicée est une église. Une église qui s’estime auto-suffisante, n’ayant besoin de personne : « je suis riche, je me suis enrichi [j’ai fait de bonnes affaires], je n’ai besoin de rien », affirme-t-elle en effet en Apoc.3v17. Riche et opulente, elle revendique sa réussite et ses capacités à surmonter seule ses plus grandes difficultés ou « challenges », dirions-nous aujourd’hui.

Effectivement, comme nous l’apprennent les commentaires et les notes de nos Bibles d’étude, Laodicée, située à l’époque au sud de la Turquie, près de la mer, est une ville nouvelle, qui ne manque pas d’atouts et de ressources, lesquels sont considérables(3). Laodicée, l’église qui s’associe à la réussite de la ville, se croit donc auto-suffisante alors qu’elle n’est en réalité que « suffisante » (orgueilleuse), suffisance masquant avec peine son véritable état spirituel démasqué par Jésus.

Le Seigneur Jésus-Christ ressuscité et glorifié lui transmet un message de vérité sur la réalité de son état spirituel : « tiède » (même pas « froid » ou « bouillant »), « à vomir », et Lui-même, Jésus-Christ, à la porte !

Il se présente à elle comme « l’Amen, le témoin fidèle et véritable et le commencement de la création de Dieu ». Pourquoi ? Il s’agit de titres se référant à l’Eternel (YHWH) dans l’Ancien Testament, et autant de rappels à retourner aux fondamentaux.

Jésus est « l’Amen » : C’est une allusion à un titre de l’Eternel (YHWH) qui se trouve dans Esaïe 65v16, le Dieu d’Amen [vérité] », dont la parole est certaine. Le terme « Amen » met généralement en évidence la fidélité ou la fiabilité. Parce que les chrétiens de Laodicée, éloignés de la source de la vérité, ont besoin d’ouvrir les yeux sur leurs illusions et d’être ramenés à Celui qui est « la vérité ».

Il est “le témoin fidèle et véritable”, jusqu’à la mort de la croix, de ce qu’Il a personnellement vu/entendu/connu, garant d’un message de vérité à une époque où l’on se plait aux illusions et aux mensonges. Et ce, pour rappeler que le centre du témoignage n’est pas nous-mêmes, nos réussites, nos compétences, nos atouts, mais Jésus Lui-même, « le Dieu véritable ».

Il est enfin « le commencement de la création de Dieu » (cf Gen. 1v1 et Jean 1v1-3), c’est-à-dire le principe, la source, l’origine de la création de Dieu. Jésus est « le commencement », « le premier né de toute la création cf Colossiens 1v15, c’est-à-dire Celui qui est au-dessus de toute la création et a toute autorité sur elle, Celui qui occupe une place prééminente et qui, seul, reçoit toute la gloire et toute l’adoration. Un rappel important surtout quand Laodicée pense s’auto-édifier, en recherchant la gloire et les louanges pour elle seule (pour sa position, sa renommée et ses innombrables richesses matérielles et intellectuelles), sans l’aide de Jésus, lequel reste à la porte ! (cf aussi Jer.9v22-23 : « que le fort ne se vante pas de sa force ! Que le riche ne se vante pas de sa richesse ! Si quelqu’un veut se vanter, qu’il se vante de ceci : d’être assez malin pour me connaître, moi le Seigneur… »)

Jésus reproche à l’église de Laodicée de n’être « ni froid ni bouillant ». Certains commentateurs y voient une allusion à la qualité des eaux de Laodicée et de ses deux voisines, Hiérapolis et Colosses, par ailleurs révélatrices des témoignages/ministères de ces églises : ainsi, si Laodicée avait été « bouillante », comme les eaux de Hiérapolis, elle aurait pu soigner au Nom de Jésus. Si elle avait été « froide », comme les eaux de Colosses, son autre voisine, son témoignage serait « pur » et « potable », « source de vie ». Mais les eaux de Laodicée sont tièdes et nauséeuses.

Les chrétiens de Laodicée sont donc comparés à l’eau de leur ville : « tièdes », « imbuvables », « à gerber », que le Seigneur Jésus lui-même « vomit de sa bouche » (3v16), et donc « impropres » pour le témoignage et le ministère (le salut n’est pas ici remis en question).

Ce constat, ces reproches et ce verdict implacable (rien à sauver ?) nous paraissent choquants, d’autant plus que Christ s’adresse à une église. Mais tout ce que dit Jésus à son sujet est vrai. Toutefois, Jésus n’abandonne pas Laodicée à son triste sort. Ses propos sans concessions ont pour but de la réveiller et de la ramener « dans le monde réel » : « En fait », lui dit Jésus, « tu ne sais pas combien tu es malheureux et misérable ! Tu es pauvre, nu et aveugle » (v17).  C’est pourquoi Il lui recommande « d’acheter chez lui ». « D’acheter », certes « sans argent, ni or » (Es.55v1, 1 Pie.1v18-19), mais « d’acheter » quand même, parce que la grâce a un coût : pour Jésus, qui s’est donné lui-même pour nous à la croix et pour nous, parce que la grâce exige d’abord notre repentance, puis le renoncement à nos illusions et à nos prétentions à la toute-puissance ; et enfin notre obéissance.

« Acheter » quoi ? Paradoxalement pour cette église, « de l’or purifié au feu [une foi éprouvée, séparée de l’idolâtrie, du compromis cf 1 Pie.1v7], pour devenir réellement riche », « des vêtements blancs pour s’en couvrir et n’avoir plus la honte de paraître nu, d’acheter de lui des vêtements blancs”[symboles de pardon et de pureté], afin “que la honte de sa nudité [Dans l’AT, un signe de défaite, de jugement et de pauvreté] ne paraisse pas, ainsi qu’un remède pour soigner ses yeux et lui rendre la vue » (v18), afin d’acquérir un discernement spirituel sur sa propre situation et comprendre « ce qui est bon, agréable et parfait » selon Dieu (Rom.12v2)

Non seulement Jésus « ne la laisse pas tomber », mais mieux encore Il la « reprend », dans le sens de l’exposer pour la guérir et la corriger, et Il « châtie tous ceux qu’il aime » (v19). C’est une bonne nouvelle, car être châtié par Dieu le Père est un signe que nous sommes bien ses enfants et que nous faisons bien partie de sa famille (cf Héb.12v6).

Ensuite, Jésus lui recommande d’avoir « du zèle », après être revenu aux racines du problème et au fondement de sa vraie richesse. Etre « zélé » est le propre du disciple de Jésus-Christ, qui est aussi, à l’image de son Seigneur, un témoin aimant, véritable et fidèle, passionné (= « souffrant » pour la cause de Christ cf 2 Tim.1v8, 2v3, Hébr.12v2-3), ardent, « bouillant » pour Lui.

L’on pourrait alors craindre l’extrémisme du zélé. Mais le zèle sera bien orienté sur le bon objet si ce zèle s’exerce dans l’amour et la compassion, le respect de l’autre, la recherche de la paix, de la justice, et du pardon. Être zélé pour Dieu que l’on aime est un style de vie, qui se traduit par l’amour et le service du prochain/des frères.

 Jésus invite Laodicée à la repentance, une constance tout au long de ces sept lettres aux églises d’Asie mineure. La repentance est la clé de la vie chrétienne et aussi un style de vie sain. Car être continuellement dans une attitude de repentance nous fait changer de point de vue et de direction de sorte que nous serons alignés sur Christ pour marcher avec Lui et à sa suite.

La repentance n’est donc ni seulement une action initiale, ni exclusivement pour les non-chrétiens. Elle est le signe que nous sommes bien « réveillés », « ranimés » (passés de la mort à la vie) et en bonne santé spirituelle.

Une chose importante dont Laodicée doit certainement se repentir est de s’être cru « riche » et « auto-suffisante », alors que Celui qui devrait être son tout, son fondement, reste à la porte ! Et personne, dans cette église, ne semble s’en être rendu compte !

Jésus déclare en effet « se tenir (et continuer à se tenir) à la porte », continuant de « frapper » (v20). Certes, l’église de Laodicée n’a reçu aucun éloge, contrairement aux autres, mais elle reçoit une invitation chaleureuse de la part de Christ. Cette invitation, actuelle, n’est pas une invitation à devenir Chrétien, contrairement à ce que l’on pense souvent, puisqu’elle est adressée aux membres de l’église, de sorte qu’ils reviennent à la communion vitale avec Christ.

Une promesse certaine y est associée à la condition suivante, que « si quelqu’un entend sa voix et ouvre la porte », c’est-à-dire s’il se repent, s’ouvre à la présence et à la seigneurie de Christ dans sa vie. Jésus frappe encore aujourd’hui et il attend notre réponse pour vivre une relation placée sous les signes de l’alliance, de l’amour et de la communion.

Jésus promet alors d’entrer chez celui qui lui ouvrira et ils souperont ensemble.

Il le fera « asseoir avec lui sur son trône » (v21), dans un esprit de communion et d’inclusion, « comme lui a vaincu et s’est assis avec son Père sur son trône ».

« Si nous souffrons avec lui, nous régnerons aussi avec lui ; si nous le renions, il nous reniera aussi ; Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle ; il ne peut se renier lui-même ». (2 Tim.2v1-14)

 

Notes : 

(1) « Les Neuf de la Renommée » (los Nueve de la Fama) sont trois Hébreux (Josué, David et Judas Macchabee) ; trois gentils (Hector, Alexandre et César) ; et trois chrétiens (Artus, Charlemagne et Godefroy de Bouillon).

(2) Miguel de Cervantès. L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche I. Gallimard, 2004, Folio classique, p97

(3) Construite en 250 avant J.C, elle porte le nom de l’épouse de son fondateur, le roi séleucide Antiochos II, qui est un mot composé de deux mots grecs « laos » ( « peuple ») et « diké », (qui signifie à la fois le droit, la justice ou la vengeance). C’est l’une des trois villes situées dans la vallée du Fleuve Lycos (les autres villes étaient Colosse et Hiérapolis, dans lesquelles avaient été également fondé des églises). Sa position est privilégiée,  sur un site naturellement protégé et une route commerciale majeure reliant l’est et l’ouest. Sa région fertile est particulièrement adaptée à un élevage de moutons noirs, célèbre dans le monde entier. Il en résulte une production massive d’un tissu noir appelé “Trimeta.” Elle est aussi célèbre pour son centre médical ophtalmologique et son fameux collyre est exporté dans tout l’empire romain. Elle est enfin connue comme un grand centre bancaire. Ses ressources lui permettent même de reconstruire la ville, détruite par un terrible tremblement de terre en l’an 60 après J.C, sans l’aide du gouvernement romain.

Sources :  « Nouveau dictionnaire biblique Emmaüs », édition 1992 (Article « Laodicée) ; notes de la Bible d’étude « Semeur » 2000 ; commentaire de l’Apocalypse par le Dr Bob Utley.

« Faux témoin »

« Sa parole à charge est un coup qui est porté à l’autre, à sa dignité, à son nom ».

« Le verset 13 du chapitre 20 du livre « Shmot »(Les noms)/Exode, est le début de l’agglomérat le plus dense d’interdictions.

« Tu ne tueras pas,

Tu ne seras pas adultère,

Tu ne voleras pas,

Tu ne répondras pas dans ton camarade en témoin de faux » (vv13-16).

C’est une rafale que les tables de pierre scandent par quatre retours à la ligne et autant de mots de commandement. Ils sont côte à côte parce qu’ils se rapportent au mal que les personnes peuvent se faire, l’une envers l’autre. Ce sont des interdictions dressées comme des barrages.

En fin de verset, se trouve le délit de faux témoignage aux dépens d’un autre »(v16).

A ce propos, précisons qu’un témoin n’est pas celui qui donne son avis ou son opinion mais celui qui certifie ou qui peut certifier ce qu’il a vu ou entendu. Le témoin peut être « à charge » ou « à décharge », il peut être « fidèle et vrai » ou « un faux témoin ».

« Avec le mot « camarade », l’Écriture Sainte rappelle au témoin que l’accusé est, et reste, son prochain, un égal, et que lui-même pourrait se trouver à la place d’un autre. Elle emploie l’expression « répondre dans », tu ne répondras pas « dans » ton camarade, selon la formule légale d’une personne appelée à déposer devant les magistrats de son peuple.

Elle enseigne ainsi que sa réponse à leurs questions, posées en audience publique, va se graver dans une personne accusée et qu’elle produit toujours une lésion. Sa parole à charge est un coup qui est porté à l’autre, à sa dignité, à son nom. Elle n’est pas qu’un souffle, mais un fouet aussi. Maudit celui qui répond faussement « dans » son camarade.

Le livre des Proverbes, attribué à Salomon le roi sage en justice, a cette définition : « marteau et épée et flèche acérée est un homme qui répond dans son camarade en témoin de faux » (Prov.25v18).

Un grand commentateur hébraïque, le Gaon de Vilna, explique : « Pour éviter d’impardonnables erreurs, l’Ecriture Sainte exige du magistrat qu’il ne s’appuie pas uniquement sur la parole d’un seul témoin : « sur la bouche de deux témoins ou sur la bouche de trois témoins se lèvera la parole » (« Devarim/Deutéronome » 19v15). Un seul témoin n’est ni vrai ni faux, simplement il ne suffit pas. Dieu prononce ces lois ».

Ainsi, le tort d’un homme envers un autre ne regarde pas qu’eux deux, mais il foule aux pieds l’alliance entre créateur et œuvre. Ceux qui n’arrivent pas à voir les fautes humaines comme un sabotage de la création reconnaissent du moins la prudence juridique qui fonde un verdict sur plusieurs voix concordantes. C’est une mesure souvent négligée aujourd’hui. Et pourtant, le juge qui écrit une condamnation sur la parole d’un seul accusateur est aussi un témoin de faux ».

(D’après Erri de Luca. Le faux témoin IN Noyau d’olive. Folio, 2012, pp 71-73)

Voir encore sur cet inépuisable sujet : http://www.unlabo.net/dixcommandements9.htm

 

« Grand pouvoir = grandes responsabilités »

"Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités" : un sage enseignement que "Spiderman" a appris à ne jamais oublier...

« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » : un sage enseignement que « Spiderman » a appris à ne jamais oublier…

Y compris des ennuis….. C’est à prendre (en entier) ou à laisser….

 

Voici une prière, en Matt.9v37-38 que nous accompagnons volontiers du classique : « le Seigneur pourvoira ». Or, nous oublions souvent que Dieu sauve et bénit de façon incarnée. Mais qui fera le travail censé être fait par le corps de Christ si celui-ci ne le fait pas ? « Dieu pourvoira-t-il » ?

Lecture de Matt.10v1-33 (comparer avec Jacq.2v14-17) :

L’on note, dans ce passage, qu’après avoir demandé à ses disciples de « prier pour que le maître de la moisson pousse (à coup de pied)des ouvriers dans la moisson », le Seigneur Jésus-Christ envoie lui-même ses disciples, deux par deux.

Il leur donne un titre (« apôtre », c’est-à-dire : « envoyé »), un pouvoir(« guérir », « chasser les démons ») et une mission. « Cool », pourrait-on dire. Mais le moins « cool » est à venir, puisque Jésus leur recommande de ne prendre « ni argent, ni sac, ni chaussure », expliquant qu’ils dépendront de ceux qui les recevront. D’autre part, il leur faudra s’attendre à ce que leur message (« cool », en apparence) et eux-mêmes soient rejetés.

En gros, Jésus nous envoie, « avec des avantages » et des « privilèges », semble-t-il, mais « comme des agneaux au milieu des loups », avec une promesse de persécutions certaines plus que de résultats….

Heureusement, ce qui compte le plus pour Jésus – qui nous avertit tout de même à l’avance de ce que cela coûte de le suivre et d’être envoyé par Lui, et de ne pas craindre les persécuteurs – c’est de faire preuve de fidélité et de savoir « qu’il suffit au disciple d’être comme son maître ». Ni plus, ni moins. Et ce Maître que nous servons est Celui qui « est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs » (Marc 10v45).

Ascension

Ascension de Jésus, par John Singleton Copley (1775)

Ascension de Jésus, par John Singleton Copley (1775)

Le livre des Actes des Apôtres, dans le Nouveau Testament, « commence avec le dernier éloignement de Jésus, son élévation au ciel(1). Jésus a continué à apparaître aux siens durant quarante jours et Luc, dans son évangile, tient à nous écrire qu’ils le virent vivant, donc non pas comme une vision, mais dans sa plénitude physique(2). C’est la belle promesse de la résurrection : qu’elle restitue les formes concrètes, que les sens en soient les témoins.

De ce jour d’adieu, après lequel Jésus ne devait plus apparaître à ses apôtres, il reste écrit un bref dialogue en ouverture du livre des Actes des Apôtres ; deux répliques seulement, mais essentielles. Certains demandent à Jésus si le moment du royaume d’Israël est proche, celui qui marque le temps final du monde. En réponse, ils obtiennent un refus, car il ne leur appartient pas de connaître ce temps-là. En revanche, ajoute Jésus, c’est à eux que revient la force de devenir ses témoins dans le monde. Jésus enseigne ainsi qu’il est vain de s’interroger sur les temps de l’échéance de la confection du monde, il est vain de chercher dans les Saintes Ecritures ou ailleurs, dans les livres d’astronomie, sa date d’extinction. De nombreuses prévisions d’apocalypse ont été tentées, mais il ne nous appartient pas de connaître le terme de l’histoire. Il appartient à l’homme, s’il a la foi, de devenir témoin auprès des autres de la nouvelle sacrée[« l’Evangile »]. Et de sentir dans cette foi la force d’accomplir ce devoir [ou cette mission]. Et pour écarter morgue et orgueil, qu’il sache[ce témoin]que cette force[ou cette puissance(3)] vient d’en haut et non pas d’eux-mêmes, qu’elle leur a été donnée par grâce et non par mérite.

Au terme du bref entretien, les apôtres le voient se hisser au-dessus d’eux et flotter en l’air pour disparaître dans un nuage. Ils ne voient pas plus loin, les sens ne vont pas plus loin, ni les leurs, ni les nôtres. Plus loin, il y a seulement la foi et cette force[cette puissance]qui descend d’en haut, saisit une personne et la lance dans le monde pour raconter.

Tel est le témoin direct, celui qui vient au nom de Dieu ». Mais les autres ? « Tous ceux qui n’ont ni force ni foi » ? Ils « peuvent du moins reconnaître dans ces personnes l’empreinte digitale, la trace du soulier de Dieu. Alors, même celui qui a du mal avec le ciel peut devenir un témoin indirect. Même s’il n’a pas vu Jésus se hisser dans les airs, il peut dire qu’il a vu la force de la foi descendre dans un de ses semblables. Il peut dire qu’il a vu la nouvelle dans un autre. »(Erri de Luca. Ascension IN Noyau d’olive. Folio, 2012, pp 36-38)

Nous-mêmes, ayant à la fois « la foi et la force », et qui n’étions pas présents, pouvons témoigner : « Jésus ? Nous « l’aimons sans l’avoir vu et nous croyons en Lui sans le voir encore, nous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse »(1 Pie.1v8). D’autant plus qu’il « viendra de la même manière » qu’il a été vu s’en être allé au ciel »(Actes 1v11)

 

Notes : 

(1) Lire le récit en Actes 1v1-11, livre dont Luc est également l’auteur.

(2) Résurrection sans laquelle « notre foi est vaine » cf 1 Cor.15v1-18. Voir aussi Luc 24.

(3) Cette « force » ou cette « puissance » est en réalité une personne divine : le Saint-Esprit(Actes 1v8, cf Jean 14v1616)

« A chacun son job ! »

Es-tu sûr de faire le bon boulot ? A moins que tu ne sois en train de faire le travail de quelqu'un d'autre, délaissant le tien ?...

Es-tu sûr de faire le bon boulot ? A moins que tu ne sois en train de faire le travail de quelqu’un d’autre, délaissant le tien ?…

« Pour communiquer avec les hommes et les femmes non[encore]réconciliées avec Lui, Dieu se sert du Saint-Esprit, des Ecritures, et du chrétien. Il est important de garder en tête cette division du travail », écrit Jim Petersen-des « Navigateurs »-dans « une vie qui parle »(Ed. Navpress, p 130).

En effet, nous ne sommes ni juges(Dieu), ni sauveurs(Jésus-Christ), ni chargés de convaincre(Saint-Esprit). Nous sommes ceux qui font les présentations !

A chacun son travail ! Faisons le nôtre et laissons (le)Dieu(trinitaire)faire le sien. Nous aurons l’assurance qu’une vie nouvelle a bien été créée et qu’elle portera du fruit(op. cit., pp 130-131).

 

Lectures : Jean 3, 817 ; Matt.27v18-20

Trois films (sinon rien) pour apprendre à écouter, à regarder, et pour mieux s’engager

Idées subversives subventionnées... (Goodwin/Burr. Economix)

Des idées subversives subventionnées…plein la tête !
(Goodwin/Burr. Economix)

« Ecoutez-moi tous et comprenez… »(Jésus. Marc 7v14)

« Que celui qui a des oreilles pour entendre entende »(Jésus. Matt.11v15)
« Ne jugez pas selon l’apparence mais portez un jugement juste »(Jésus. Jean 7v24)
« Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu’ il les connaissait tous. »(Jean 2v24)
« …et que les autres jugent… »(1 Cor.14v29)

 

« On dit encore que la nature, en nous donnant deux oreilles et une seule langue, voulut nous obliger à moins parler pour mieux entendre », selon Plutarque* dans « Comment écouter » (Payot/Rivages poche, 2012. Petite bibliothèque, p17). Le même aurait pu ajouter : « ainsi que deux yeux…pour nous obliger à mieux regarder ».

« Mieux entendre » ou « mieux écouter », comme « mieux regarder », sont autant d’exercices permis par le cinéma en direction d’enfants ou d’ados, mais aussi d’adultes, pour peu que l’on se livre au décryptage adéquat, avec la finalité suivante : mieux réfléchir pour « mieux s’engager ». Car, pour quelles raisons consacrer environ 1h30 à un film, pour que notre temps soit bien employé ?

A quoi rends-tu ton cerveau "disponible" ?

Pour quoi rends-tu ton cerveau « disponible » ?

Rendre notre cerveau « disponible » ? Ou bien, ou bien… ?

Voici trois films possibles, parmi d’autres, utilisables pour ce type d’exercices :
Un film muet (mais sonore) pour « mieux écouter »(non, non, ce n’est pas une blague) ; un second offrant une multiplicité de points de vue pour « mieux regarder » et un dernier, dont la finalité était de provoquer une réaction de la part du spectateur-pour « mieux s’engager ».

 

Sidewalk stories, de Charles Lane(1989) : un film muet, où l'on n'est pas dispensé d'écouter...

Sidewalk stories, de Charles Lane(1989) : un film muet, où l’on n’est pas dispensé d’écouter…

1)Un événement pour les cinéphiles ou pour les enseignants familiers d’« école et cinéma » : après sa ressortie en salle en version restaurée, en octobre 2013(il est encore visible à l’écran, notamment à Paris), voici enfin la sortie dvd de « Sidewalk stories » de Charles Lane(1989)chez Carlotta**, depuis octobre 2014.

 

L’histoire : Un artiste de rue sans le sou vivant en plein coeur de Manhattan, recueille une petite fille de 2 ans dont le papa est assassiné sous ses yeux. L’adoptant presque malgré lui, il va tenter de prendre soin d’elle et de subvenir à ses besoins, alors qu’il y parvient difficilement pour lui-même.

 

Sidewalk stories : "the artist" et la petite fille

Sidewalk stories : « the artist » et la petite fille

Bien avant « the Artist »(2011) de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin, découvrez cet autre « Artist », héros d’un film « moderne », en N & B, « muet », ou plutôt « sans paroles »(sauf à la fin) et sonore. Le parti pris artistique-faire un film « muet et en noir et blanc » en 1989, alors que le son et la couleur sont disponibles-procède d’une intention : transmettre un message à celui qui saura l’entendre. En choisissant de « priver de voix » les protagonistes, Charles Lane tente de nous sensibiliser aux « sans »(abris, argent, voix, considération, dignité…bien avant l’expression des « sans dents » qui a récemment fait polémique)qui ne parviennent pas à se faire entendre, soit ceux que la société n’écoute pas. Mais aussi ne voit pas-ou ne veut pas voir. On pense à cette exhortation, adressée à un roi, dans Proverbes 31v8-9 : « ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés. Ouvre ta bouche, juge avec justice et défends le malheureux et l’indigent. »

 

2) Rashômon*** : « la séance du spectateur »

Réalisé en 1950 par Akira Kurosawa-par ailleurs également réalisateur des « Sept Samouraïs », un véritable « Maître »(à l’instar de John Ford ou de Fritz Lang). Lion d’or à Venise et Oscar du meilleur film étranger, c’est le film qui a fait connaître le cinéma japonais en Occident. Le scénario a été coécrit par Shinob Hashimoto et Akira Kurosawa d’après « Dans le fourré », et « Rashômon », deux nouvelles d’Akutagawa Ryunosuke [IN Rashômon et autre contes. Gallimard/UNESCO, 2000. Connaissance de l’Orient, pp 76-94].

Il est possible de le voir intégralement (en VOST) ici :

L’histoire : Trois hommes, un bonze, un bûcheron et un domestique, surpris par une pluie diluvienne, se mettent à l’abri sous les ruines d’un vieux portique, « Rashômon », dans l’antique Kyoto en proie à la guerre civile. Pour se distraire, ils évoquent un procès au cours duquel ils ont été cités comme témoins. Le bûcheron a découvert dans la forêt le cadavre du samouraï Takehiro qui, voyageant avec son épouse Masago, avait été attaqué par le bandit Tajomaru et lié à un arbre. Après avoir violé sa femme, le bandit libéra le samouraï et le tua en duel.
Un dramatique fait divers, d’une banale simplicité, d’autant plus que  le coupable a été arrêté et condamné. Or, cette affaire n’est simple qu’en apparence, puisque cinq versions nous sont racontées en flash-back successifs.

Qui dit vrai ? Où est la vérité ?

Un procédé novateur pour l’époque(mais mainte fois copié depuis), particulièrement déstabilisant pour le spectateur habitué au fait que tout ce qui est montré est réel (ou que « l’image ne ment pas »), mais invité ici à se questionner sur ce qu’il voit****. Mais le plus intéressant ne me paraît pas dans une démonstration d’un certain relativisme(existe-t-il « une » vérité ? Peut-on jamais la connaître ? etc…), mais plutôt dans le fait que chaque témoin présente une version personnelle du drame, soit celle qui lui est la plus favorable, ou susceptible de le mettre en valeur. Pourquoi témoigne-t-on ? Qu’est-ce qu’être témoin ? D’où ce constat pessimiste du réalisateur sur la nature humaine : « L’Homme est incapable d’être honnête avec lui-même. Il est incapable de parler honnêtement de lui-même sans embellir le tableau. Ce scénario parle de gens comme ça (ce genre d’individus qui ne peuvent survivre sans mentir pour se montrer meilleur qu’ils ne le sont vraiment. Il montre également que ce besoin de faussement se flatter continue même dans la tombe puisque même le personnage mort ne peut s’empêcher de mentir sur lui-même en parlant à travers le médium). L’égoïsme est un péché que l’être humain porte en lui depuis la naissance et c’est le plus difficile à combattre. »*****

Dès lors, le rôle-clé n’est pas « à l’écran », joué par l’un des personnages, mais « hors de l’écran » ou « devant l’écran », interprété par le spectateur qui est invité à être un juge(ou un jury) chargé de discerner le vrai du faux.
De là la transition avec le dernier film :

 
3) 49ème parallèle de Michaël Powell****** ou « L’extension du domaine de la lutte ».
L’histoire : en 1940, six nazis, rescapés d’un équipage de sous-marin qui vient d’être coulé, essaient de traverser le Canada pour rejoindre les Etats-Unis, alors neutres. Sur leur chemin, ils rencontreront certains des habitants, tolérants et bienveillants, mais aussi, surtout, courageux, qui leur opposeront une véritable résistance spirituelle. Car la guerre est avant tout idéologique.

Comment se sentir concerné par un conflit qui paraît tellement lointain ? « Si tu ne viens pas au conflit, le conflit ira à toi », pourrait-on dire.
A la base, un film de commande et « de propagande », réalisé en 1941. Grâce à la persévérance de Michaël Powell, qui avait en vue un projet plus global, autour de la mondialisation du conflit, nous avons échappé à « un long métrage ayant pour toile de fond les techniques de guerre sous-marines ». En effet, le réalisateur souhaitait « faire un film au Canada pour flanquer la frousse aux Américains et les faire entrer en guerre plus vite. » Cela a donné un excellent film à l’angle original, plein de suspens, très moderne et jamais caricatural.

Ecouter ici le superbe thème musical de Ralph Vaughan Williams.

Voir le film, dans son intégralité(VO seulement) ici :

 

 

Notes :

* Pour une fois que nous avons une citation authentique avec auteur ! Le même Plutarque a aussi dit : « Car l’esprit n’est pas comme un vase qu’il ne faille que remplir. À la façon du bois, il a plutôt besoin d’un aliment qui l’échauffe, qui fait naître en lui une impulsion inventive et l’entraîne avidement en direction de la vérité. » (Comment écouter, Rivage poche, p. 67)

** « Sidewalk stories »(USA, 1989). Réalisation : Charles Lane. Scénario : Charles Lane. Musique : Marc Marder.

Avec : Charles Lane (L’Artiste), Nicole Alysia (La Petite Fille). Sandye Wilson (La Jeune Femme) … Noir et Blanc, sonore. Durée : 1h41. Distributeur (reprise) : Carlotta Films. Editeur Vidéo : Carlotta Films. Sortie cinéma France : 18 avril 1990. Sortie cinéma (reprise – version restaurée) : 9 octobre 2013. Sortie DVD / Blu-ray : 8 octobre 2014.

Bonus : Commentaire audio de Charles Lane et Marc Marder
« Vibrations » : entretien exclusif avec Charles Lane et Marc Marder autour du film (HD – 28′)
L’ensemble permet de mieux cerner la nature de Sidewalk Stories, notamment concernant la question des sans-abris, et de leur perception par la société. On y apprend également que le film a été tourné pendant une vague de froid de février en seulement quinze jours, le budget serré ne permettant pas d’offrir le confort de caravanes chauffées.

Court métrage : « A Place In Time » de Charles Lane, la matrice de Sidewalk Stories, réalisée plus de dix ans auparavant (1977 – HD – N&B – 34′)
Bande-annonce 2013 : http://youtu.be/SKixhUj942k

En savoir plus :

http://www.dvdclassik.com/critique/sidewalk-stories-lane

Travailler avec le film dans un cadre pédagogique :
http://www.cinehorloge.fr/IMG/pdf/SIDEWALK_STORIES_dossier_pedagogique.pdf

http://www.etab.ac-caen.fr/apiedu/ecoleetcinema/docs/Cinema-sidewalk_stories.pdf

 

***Rashômon(Japon, 1950)
Réalisation : Akira Kurosawa.
Avec : Toshirô Mifune, Machiko Kyô, Masayuki Mori, Takashi Shimura
N&B, 88 minutes (Edition DVD « films sans frontières », 2006)
Pour aller plus loin :
http://www.cinemalefrance.com/fiches/Rashomon.pdf

http://www.panorama-cinema.com/html/critiques/rashomon.htm

http://www.dvdclassik.com/critique/rashomon-Kurosawa

**** En comparaison, voir le parti pris du film « Eve »(1950-la même année que Rashômon) de Mankiewickz, où ce qui est montré « est vrai », alors que « ce qui est raconté et non montré est faux ».

***** Akira Kurosawa dans « Comme une autobiographie ». Cité par Christophe Buchet, pour Dvdclassik, dans cette analyse du film.

****** 49ème parallèle(Royaume-Uni, 1941). Réal. Michaël Powell

Avec : Eric Portman, Laurence Olivier, Anton Walbrook, Glynis Johns, Leslie Howard… N&B, 123 minutes

Deux éditions DVD : Carlotta(2013) et Institut Lumière(2006)

En savoir plus :

http://www.dvdclassik.com/critique/le-49eme-parallele-powellhttp://www.critikat.com/dvd-livres/dvd/49e-parallele.html

« Le Premier jour de la semaine » : dimanche, pas lundi

Et alors ?

« Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu’ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d’eux, et leur dit : La paix soit avec vous !
Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur ».(Jean 20v19-20)

Ce jour est le premier de la semaine : lundi ? Non ! le dimanche.

C’est le premier jour de la semaine que Jésus, mort et enseveli trois auparavant, est ressuscité, « selon les Ecritures » (Jean 20v9 et cf Luc 24v25-27, 44-47, 1 cor.15v3-4).

Et alors ? Et alors, voici les conséquences de la résurrection de Jésus :

Sors ! Tombes dans la roche par Petr Kratochvil

Sorti !
Tombes dans la roche par Petr Kratochvil

-Une évidence : il n’est plus dans le tombeau. Il n’est plus parmi les morts. Il n’est donc pas à chercher là.(cf Matt.28v6)

– Jésus ressuscité se manifeste à ses disciples dans la crainte, qui s’étaient pourtant enfermés à double tour. Il leur déclare : « la paix soit avec vous ! »

Jésus ressuscité transcende les barrières, dépasse les murs et nous rejoint là où nous (en) sommes. Il vient au milieu de nous nous apporter la paix : la paix avec Dieu, la paix de Dieu, établissant des relations nouvelles et meilleures avec ceux qui étaient dans la crainte, enfermés sur eux-mêmes.

« Sans justice, pas de paix ». Or, justement, Jésus est ressuscité « pour nous rendre justes ».

-Jésus est réellement ressuscité. Il montre à ses disciples « saisis de frayeur et d’épouvante », qui croyaient voir un esprit », les preuves de sa résurrection : « il leur montra ses mains et son côté »(Jean 20v20) et « il leur dit(…)Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi ; touchez-moi et voyez : un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai. Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds. Comme, dans leur joie, ils ne croyaient point encore, et qu’ils étaient dans l’étonnement, il leur dit : Avez-vous ici quelque chose à manger ? Ils lui présentèrent du poisson rôti et un rayon de miel. Il en prit, et il mangea devant eux ».(Luc 24v37-43)

-Et donc, « Les disciples furent dans la joie quand ils virent le Seigneur »(Jean 20v20).

Rencontrer Jésus ressuscité procure la paix et la joie.

Rencontrer Jésus ressuscité marque le début d’une nouvelle naissance, une nouvelle vie.

Jésus ressuscité fait renaître ses disciples : Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit : Recevez le Saint Esprit (Jean 20v20 : comparer avec Gen.2v7)et les équipe.

Il les équipe-« il leur ouvre l’Esprit »-pour comprendre les Ecritures, qui déclarent que « le Christ souffrirait et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour », et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem »(Luc 24v45-47), pour faire d’eux « les témoins de ces choses »(v48)

 

Tout ceci s’est passé « le premier jour de la semaine ».

Et alors ?

Savez-vous que Jésus est mort pour vos péchés et ressuscité pour vous rendre justes ? (Rom.4v25)

Avez-vous fait cette rencontre avec Jésus ressuscité ?

Ce « premier jour de la semaine » est-il le premier d’une nouvelle vie, pour vous ?

Si c’est oui, vous n’avez peut-être pas vu Jésus, comme l’ont vu les disciples. Néanmoins, la Bible, Parole de Dieu, vous le déclare :

« Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru ! » (Jean 20v29)

« (Jésus)que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse… »(1 Pierre 1v8)

 

Ceux qui exploitent tes bas instincts : vivraient-ils si on leur retirait leurs griffes ?

« …vous devenez les esclaves du maître auquel vous obéissez… »(Rom.6v16)

Ne tournons pas autour du pot.

Nous avons à lutter contre trois fléaux :

-L’ignorance(et l’oubli-celui de l’histoire, par exemple-et donc la réécriture de l’histoire-la bêtise)

-L’avidité(et le mécontentement, la frustration, la convoitise, « la cupidité-qui est une idolâtrie »-le « no limit », le « toujours plus »…)

-La peur(de l’avenir, des autres, de l’autre…)

Nous sommes avant tout responsables de nourrir en nous(ou non) ces trois fléaux.

Laisser quiconque nourrir ou exploiter ces fléaux(ou en permettant à quiconque de vivre de cette exploitation sur votre dos) est dangereux. Car c’est laisser là un grand pouvoir à ce quiconque exploite ces fléaux en vous.

C’est laisser là à ce quiconque le pouvoir de vous manipuler*. C’est laisser à ce quiconque le pouvoir de se poser en « pourvoyeur » ou en « sauveur », « homme fort », « homme providentiel ». Néanmoins, un tel « chef » (ou « pourvoyeur »)fera toujours en sorte que vous restiez insatisfaits et dépendants.

Ces trois fléaux sont dangereux, car les nourrir conduit à l’irrationnel(une mauvaise décision que vous ne prendriez pas dans un état « normal », de raison) ainsi qu’à faire sauter les verrous moraux et spirituels.

Arrêtons-nous et demandons-nous pourquoi rester dans l’ignorance, l’avidité et la peur ? D’où tirons-nous ce qui nourrit l’ignorance, l’avidité et la peur ?

Arrêtons-nous et réfléchissons un peu : de telles « sources »(personnalités, organismes/associations/groupes/partis politiques, médias papiers ou « webzine »…) vivraient-elles, si on leur retirait leurs griffes, leur « aiguillon »(leur pouvoir de nourrir l’ignorance, l’avidité, la frustration, la peur, la haine de l’autre…)….c’est à dire leur moyen de subsistance ?

De quoi te nourris-tu ? Qui fais-tu vivre ?

A l’inverse, le véritable libérateur est celui qui affranchit.

Il a un nom : Jésus-Christ.

Il n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour plusieurs(Marc 10v45).

Contre l’avidité : Il a par ailleurs refusé d’exploiter les besoins et convoitises humaines, et ainsi d’exercer un pouvoir sur les hommes.

Contre l’oubli : Il laisse un souvenir, afin que celui qui a été libéré par Jésus se souvienne d’où il vient et qu’il est un homme libre.

Contre la peur : Il a vaincu celui qui exerçait son pouvoir par la peur.

Tu appartiens à Christ. Tu portes Son nom : tu es chrétien. « Petit Christ ».

Tu es aujourd’hui porteur d’un message libérateur et d’espérance. Tu es un témoin.

« Lumière du monde » et « sel de la Terre », tu es envoyé, pour réveiller en chacun, non pas les bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien**.

 

 
Notes :

* A ce sujet, on citera le (faussement nommé)« Institut pour la justice », dont les pétitions exploitant l’émotion suscitée par un drame ou une injustice(si cela, ce n’est pas de la manipulation…)fleurissent sur internet.  Je dis « faussement », car il s’agit d’une association et non d’un « institut ». Déjà avant l’actuelle pétition contre le « laxisme » de la ministre de la justice TAUBIRA : http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/11/12/Attention-manip-:-le-pacte-2012-de-l-Institut-pour-la-Justice ; http://www.slate.fr/story/46557/ipj-institut-pour-la-justice-pacte-2012 ; http://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_pour_la_justice#cite_note-la_croix15.2F02.2F11-16 ; http://www.rue89.com/2011/11/18/institut-pour-la-justice-hold-droite-sur-les-victimes-226627 ; http://lescoulissesdelinfo.blogspot.fr/2011/11/linstitut-pour-la-justice-vraie.html

Par ailleurs, ce genre de pétition apparaît toujours(comme par hasard) à l’approche d’échéances électorales. Ici, les municipales de 2014.

On rappellera enfin, pour mémoire, que plus de 40 lois dites « sécuritaires » ont été votées en 10 ans.

** Citation(malheureusement perdue) d’une bloggueuse à propos du Tigre magazine. J’ai trouvé que cela pouvait coller pour ceux censés rechercher et disposer du don de discernement(cf 1 Cor.12)

« Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude…»

Note : Le présent billet m’a été inspiré par la lecture de l’article « chrétien et mondain ? » paru sur le blog de « La rebellution » le 24 avril 2013.

« Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays Égypte, de la maison de servitude. »(Ex.20v2)

Telle est l’introduction aux « 10 Paroles », pouvant d’ailleurs s’intercaler entre chaque commandement énuméré dans la suite du passage : car là sont proclamées les conditions nécessaires pour l’exercice (ou la mise en pratique) de ces commandements.

Dieu nous a fait sortir du pays Égypte. L’Égypte, c’est le monde. Nous y étions esclaves, et Dieu nous en a fait sortir « à main forte » et « à bras étendu », comme une libération, une (nouvelle) naissance.
L’écrivain italien Erri de Luca décrit de façon poétique et évocatrice cette sortie : «Je t’ai fait sortir (Égypte) : du réseau de canaux du grand fleuve pour te mettre au sec de la liberté. Le Sinaï s’appelle aussi Horeb, assèchement. Telle est aussi la naissance,

L'océan à travers le trou par Petr Kratochvil

L’océan à travers le trou par Petr Kratochvil

se trouver projeté à l’air libre. Une fois sorti Égypte, tu as entendu le bruit de grandes eaux se refermer après ton passage, une porte claquée dans ton dos. La sortie fut une naissance, aventure d’un aller simple. » (Erri de Luca. Et Il dit, pp 42-43)
« Sortir » ? Mais pourquoi ? Dans quel but ?
« Quand tes descendants demanderont pourquoi je t’ai fait sortir, ils compteront la valeur numérique de hotzetikha, « je t’ai fait sortir », et ils la trouveront égale à levasser, « pour annoncer ».

Personnes marchant par Peter Griffin

Personnes marchant par Peter Griffin

Je t’ai fait sortir pour apporter une annonce.» (Erri de Luca, op. cit. p 43)

« Apporter une annonce » : c’est-à-dire, pour servir Dieu, pour proclamer et affirmer l’évangile.
Pour que nous soyons des témoins crédibles, on comprend alors aisément pourquoi Dieu nous commande « de ne pas aimer le monde » (1 Jean 2v15-17)et ses convoitises : « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie ». Le danger vient en effet de vouloir « retourner en Egypte », de retourner dans le monde, selon Nombres 11v4-6 et ss, dans le seul but de satisfaire nos propres convoitises*.
Il est intéressant de constater que les trois convoitises de 1 Jean 2v15-17, mentionnées plus haut, correspondent aux trois tentations du Seigneur Jésus dans le désert (Matt.4v1-11) **. Tentations qui avaient un seul but : détourner Jésus de la croix et lui faire prendre un chemin « plus facile » (et « racoleur » ? Pour « attirer les foules » ?) : la domination et le pouvoir, la fascination des masses, la propre gloire, l’assouvissement des bas instincts…

Or, Jésus a choisit de « dresser résolument sa face pour aller à Jérusalem » (Luc 9v51), marchant vers la croix. Parce que Sa vie a été motivée par une seule chose : glorifier et faire la volonté du Père (Jean 6v38 et 17v1-4).

De même, Dieu nous a fait sortir d’Egypte, de l’esclavage du péché, pour « apporter une annonce » : pour servir Dieu, proclamer et affirmer l’évangile.

« Que le péché donc ne règne point dans votre corps mortel pour que vous obéissiez aux convoitises de celui-ci ; et ne livrez pas vos membres au péché comme instruments d’iniquité, mais livrez-vous vous-mêmes à Dieu, comme d’entre les morts étant faits vivants, -et vos membres à Dieu, comme instruments de justice » (Rom.6v12-13)

Notes :
*Voir le sidérant « pour rien » amnésique et oublieux de la condition d’esclavage en Égypte(Nombres 11v5).
Voir aussi ce qui était à l’origine du murmure et de la convoitise du peuple, cf v4

** et peut-être aussi de la tentation d’Eve(Gen.3v6) ou de Salomon(1 Rois 10v14-28 ; 11v1-4, comparer avec Deut.17v16-17)