Ce soir : « Ensemble, Prions pour l’Education et l’Ecole », et notamment contre « la pub pour enfants »

La pub pour enfants passera-t-elle par nos députés et sénateurs ? Encourageons toute bonne initiative contre le "formatage publicitaire" des (très) jeunes cerveaux" !

La pub pour enfants passera-t-elle par nos députés et sénateurs ? Encourageons toute bonne initiative contre le « formatage publicitaire » des (très) jeunes cerveaux » !

Dans le prolongement de cette précédente exhortation, nous vous invitons à nouveau à prier et intercéder, ce soir, pour l’ Education et l’Ecole, enjeu fondamental pour notre temps. Ce qui était vrai hier l’est toujours tout autant pour aujourd’hui.
Parmi les thématiques, nous proposons, dans cet ordre : les besoins des familles – à ce sujet, voici une parole de Jésus-Christ pour eux : « ne crains pas, crois seulement »(Marc 5v36), des élèves/étudiants, des professeurs et éducateurs ; l’école publique et privée ; la politique éducative de notre pays ; les projets d’alternatives éducatives(y compris scolaires)chrétiennes, tout événement faisant la promotion d’une éducation fondée et centrée sur Jésus-Christ et la Bible. Et, en guise d’antidote à tout cloisonnement, pour l’unité des différents acteurs du domaine éducatif (« la corde à trois brins » : « Famille, Ecole, Eglise »- tous trois complémentaires dans le domaine éducatif), comme pour l’unité des différentes œuvres éducatives.
Sans oublier d’encourager, par l’intercession, toutes « les bonnes initiatives » parlementaires dans les domaines de l’éducation.

Par exemple, ce qui concerne « la pub pour enfants ».
A ce sujet, je vous renvoie à cette note de blogue du journaliste catholique Patrice de Plunkett, qui se réjouit d’une « bonne surprise hier soir[15/01] pour les écologistes à l’Assemblée nationale. La proposition de loi du sénateur Europe Ecologie-Les Verts André Gattolin visant à supprimer la pub des programmes pour enfants sur la télévision publique à l’horizon 2018 a été adoptée. Elle l’avait déjà été au Sénat ». Pour le sénateur des Hauts-de-Seine, qui « s’attendait pourtant à un tout autre résultat », « c’est un joli coup : « Plus qu’une victoire politique, c’est une victoire sociétale car nous avons reposé ce débat. Ça répond à une attente forte de l’opinion. Même si (sa) loi ne passe pas, il serait vraiment très difficile de ne pas faire quelque chose dans les trois années à venir », selon le sénateur EELV(….)
Sur le fond, les raisons d’appliquer la mesure sont pourtant nombreuses. « L’enjeu ultime de cette bataille politique », au-delà d’un simple argument « comptable » ou économique, est de « limiter strictement les effets de la publicité, notamment en matière d’obésité. Une question de santé publique, d’autant plus cruciale qu’avec « 8,3 millions de jeunes de 4 à 14 ans, la France est aujourd’hui le principal marché « enfants » pour les annonceurs publicitaires à la télévision devant le Royaume-Uni et l’Allemagne », précisent les auteurs de cette proposition de loi »(cf La Croix). D’autre part, André Gattolin, père « de cinq enfants de tous les âges », est bien placé pour savoir « comment un enfant ne fait pas la différence entre un contenu publicitaire et un programme normal. C’est sympa et ludique (…) mais on les leurre beaucoup. On les incite aussi au grignotage ». Mais la ministre de la culture Fleur Pellerin n’entend pas lâcher l’affaire : « Le vote de ce soir ne clôt pas le débat », a-t-elle ensuite prévenu par communiqué : « je continuerai à me battre pour conforter les moyens et l’indépendance du service public de l’audiovisuel ».
Bref, vigilance constante ! Car, comme le commente Patrice de Plunkett, « le formatage publicitaire des cerveaux enfantins doit être combattu. L’honneur des politiques serait de le combattre. Certains osent le faire ? Merci à eux ». Encourageons-les.

 

Faut-il supprimer la pub pour enfants ? Reportage de Mounir Soussi, sur Public Sénat

Faut-il supprimer la pub pour enfants ? Reportage de Mounir Soussi, sur Public Sénat

Suivre le dossier législatif sur le site du Sénat (Voir aussi ce reportage sur Public Sénat)
En parallèle, voici un exemple de Fiche pédagogique proposé pour les 4-8 ans, dans le cadre de la 13ème semaine des médias à l’école, en Suisse romande(7-11 mars 2016). Voir sur l’excellent site e-media.ch « Choco Leo ou comment on emballe nos enfants »
Les arguments marketing sont peu discutés en famille ou à l’école. Or, c’est en prenant conscience des stratégies publicitaires que l’enfant développe un avis critique.
Et encore sur le site Habilomedia : « comment les spécialistes marketing ciblent les enfants ».

« Matraquage »

Il y a une vingtaine d’années, lors d’une séance cinéma, j’avais été frappé par le fait que l’on avait fait suivre, sans transition, une bande annonce de film par une publicité pour jeux vidéo.

Y a-t-il une différence entre la bande annonce(ou « trailer ») et le clip publicitaire ? Le procédé serait-il le même ? Dans quel but ?

Analyser la bande annonce du film « Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe » («  Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb »), satire de la guerre froide sortie en 1964, est à cet égard intéressant.

Son auteur est le graphiste américain Pablo Ferro, qui avait conçu une bande annonce burlesque pour inciter à aller voir un film burlesque.

Effrayant jeune homme par Petr KratochvilUn procédé burlesque pour inciter à aller voir un film burlesque

Effrayant jeune homme par Petr Kratochvil
Un procédé burlesque pour inciter à aller voir un film burlesque

Véritable parodie de discours publicitaire, elle est composée de questions rhétoriques (un procédé très courant en publicité), conclues par une réplique absurde (car hors-contexte) des principaux acteurs. La tragédie de la situation (la menace d’un conflit nucléaire) s’en trouve alors désamorcée par un humour grinçant (d’autant plus que l’assassinat du président J.F. Kennedy a eu lieu la semaine de la sortie initiale du film).

Pablo Ferro procède à un savant montage sonore, marqué par une alternance saccadée de texte entrecoupé d’extraits du film.  Le tout fait l’effet d’un matraquage d’images subliminales.

Ce montage reposant sur la formule « mots + images + son » a sans doute inspiré TV is a drug de Beth Fulton. La créatrice multimédia y réinterprète « Télévision »*, un poème du scénariste Todd Alcott, dans cette vidéo datant d’août 2010 qui s’attaque sur le mode « matraquage » au mass media TV….par ailleurs accusé lui-même de nous matraquer ce que nous devons regarder, faire ou consommer !

La critique peut-être la plus lucide sur cette vidéo a été pêchée sur « Créanum », le magazine de la création numérique : « que l’on partage le message ou pas, c’est aussi l’utilisation d’un média – Internet – pour en critiquer un autre. Et pourtant, il me semble que le web n’est pas non plus exempt de tout reproche au niveau de l’exercice d’un « pouvoir d’influence dissimulé », comme tous les médias de masse d’ailleurs, mais ça, c’est une autre histoire… »

 

Television* — by Todd Alcott

Look at me. Look at me. Look at me, look at me,

look at me. Look at me. No no no, don’t look

over there, there’s nothing to look at over

there, look at me, look at me, look at me.

Are you looking at me? Is everybody looking at

me? Do I have your attention? Good.

Don’t get the wrong idea. I’m not trying to take over

your life. You need, what? What do you need?

You need to, what? Go to the bathroom? Fine.

Get up, go to the bathroom, come back, look at

me. You need, what? You need to get

something to eat? Fine. Get up, go to the

kitchen, get something to eat, come back, look

at me. You need to, what, sleep? Fine, get up,

go to bed, go to sleep, get up, come back, look

at me.

Okay. So we have an agreement. You will do what

you absolutely need to do, and when you’re

done, you will come back and look at me.

Don’t worry about your schedule. I am here for you.

I am here for you. Twenty-four hours a day,

seven days a week, I am here for you.

I am here for you. You need me, I’m here. Fair

and foul, thick and thin, I am here for you. I am

here for you. People try to tell you I’m bad? You

tell them that I am here for you. Twenty-four

hours a day, fair and foul, thick and thin, I am

here for you. I am here for you. People try to tell

you I’m bad, know what it sounds like to me?

Sour grapes.

You see what 1- hey, hey, hey, hey, hey, no, don’t

look over there, there’s nothing going on over

there, look at me, look at me, look at me.

I’ve got stuff you wouldn’t believe. Danger? Sex?

Action? Death? Thrills? Comedy? All here, all

in the next eight minutes.

Can you believe it? You can’t. It’s unbelievable.

You can’t believe it because it’s unbelievable!

It’s a miracle.

Just keep looking at me. Just keep looking at me.

Just keep looking at me. Look at me, look at

me, look at me, look at me, look at me.

 

**« Television » est paru dans le recueil « Spoken Word Revolution : Slam, Hip Hop & the Poetry of a new generation » de Billy Collins, édité par Mark Eleveld en 2003.

Le texte à lire ici.

« Fenêtre » (A lire avant le 20h)

(Piqué dans le journal « La Décroissance », décembre 2012-janvier 2013, numéro 95, p9)

« Y a toujours un crétin pour enrichir les discussions du poncif suivant :

Les médias sont une fenêtre sur le monde.

Les médias : une fenêtre sur le monde...des médias.La pluie sur la fenêtre 2 par Mikaela Dunn

Les médias : une fenêtre sur le monde…des médias.
La pluie sur la fenêtre 2 par Mikaela Dunn

Bon, admettons.  Si le principal média, c’est la télé, massivement regardée entre 20h00 et 22h00, alors qu’est-ce qu’on voit par la fenêtre ?

19h57 : consomme ! Du pâté pour chat, une bagnole, des tartinettes, c’que tu veux, mais consommes !(Des tartinettes de pubs)

20h00 : le journal : c’est la crise. Faut faire profil bas, ne pas moufter.

20h02 : un spécialiste explique qu’il va falloir faire des sacrifices-pour pouvoir concurrencer la chine et pour renouer avec la croissance.

20h03 : les riches sont malheureux car on les taxe trop.

20h04. reportage : il y a des pauvres qui trichent avec les Allocs.

20h05 : les bienfaits du gaz de schiste et d’un nouvel aéroport nantais.

Et jusqu’à 20h30 : la guerre. La délinquance, la drogue, l’immigration clandestine et l’Islam rampant dans nos banlieues.

20h31 : consomme !

20h32 : météo(il pleut)

20h33 : consomme !

20h35 : une bande-annonce pour un film avec un tueur psychopathe

20h36 : consomme !

21h00 : des séries. Au choix : des sociopathes séquestrent, violent et tuent à tour de bras. Des terroristes projettent des attentats sanglants et des bimbos des deux sexes, narcissiques et incultes, célèbrent leur soif de pognon et de pouvoir.

Le tout entrelardé de pages de « consomme ! »

On referme la fenêtre sur ce monde hideux. La vie est ailleurs.